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7 ème année - 21 Octobre 2007 - Courriel : redactionquibla@yahoo.fr

Repüblik de Sarköland

Une deuxième prise d’otage

La référence à Guy Môquet, un détournement de mémoire, une captation d’héritage

Par René Naba , 20 octobre 200767

 

L’instruction présidentielle prescrivant la lecture, le 22 octobre, dans toutes les écoles de France, de la lettre de Guy Môquet à ses parents, avant son exécution, relève du détournement de mémoire et de la captation d’héritage.

Nicolas Sarkozy a été pendant près de vingt ans maire de la banlieue huppée de Neuilly sans avoir jamais songé à baptiser une rue du nom de ses illustres personnalités de gauche qu’il invoque à tout moment depuis sa campagne électorale. Pas plus Jean  Jaurès que Guy Môquet n’ y figurent  mais Maurice Barrès, chantre de la droite conservatrice, si.

 

Un tel comportement s’apparente à une imposture lorsque l’on songe que l’une des premières mesures du nouveau quinquennat post-gaulliste aura été le «bouclier fiscal», une mesure qui bénéficie quasi-exclusivement aux privilégiés, ainsi que le pistage génétique des migrants, un dispositif qui renvoie aux pires pratiques du totalitarisme.

 

La France a baigné depuis un an dans un narcissisme entretenu par son nouveau président, mais à l’instar d’un couple qui se fracasse, le miroir se brise sur les dures réalités des contraintes de la vie et la dissipation des mirages entretenus à coup de promesses non tenues.  Et «Magic Sarkozy» se révèlera être rétrospectivement une Fée Carabosse.

Saluer comme l’a fait le Président de la République la mémoire de Guy Môquet, ce jeune communiste français fusillé durant la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945) par les Allemands, est un acte de justice. Mais cela aurait été pédagogiquement exemplaire si cet hommage s’était accompagné de la condamnation des bourreaux, c'est-à-dire cette police française zélée qui a livré à la mort un compatriote, au seul prétexte qu’il était un patriote français. C’était en cela que le supplice de Guy Môquet eut été exemplaire des dérives infâmantes et odieuses de l’appareil étatique. Cette même police a aussi été maître d’œuvre de la rafle du Vel' d'Hiv et n’a jamais été condamnée pour cela. Une prophylaxie sociale aurait commandé d’exalter la lumière de la France, sans négliger de stigmatiser sa part d’ombre. Mais vous voyez Nicolas Sarkozy condamner la police, le socle de son pouvoir sécuritaire ? 

 

Il en est de même d’un autre subterfuge: «Le secrétariat d’État aux affaires étrangères chargé des Droits de l’homme» est un borborygme, dans la mesure où Les Droits de l'Homme sont en principe universels, sauf à considérer que la France ne commet, pour sa part, aucune violation des Droits de l'homme. L'intitulé des fonctions de Mme Rama Yade-Zimet signifie sa mise à l'écart des violations françaises qui interviendraient sur le sol national (charters de la honte, sans-papiers, etc.). Il lui sera donc loisible de dénoncer tous les pays du monde, sauf le sien. Voila en clair l'intitulé de sa mission.

 

Rama Yade sera particulièrement sous observation. Devra-t-elle limiter sa défense des Droits de l’homme aux seules instances internationales et donc ne disposer d’aucun droit de regard sur les violations des Droits de l’Homme en France ?

 

 

Si tel devrait être la cas, elle risque de servir d’alibi pour la bonne conscience chronique de la mauvaise conscience du pouvoir français.

 

Qu’elle garde à l’esprit la malheureuse expérience de son prestigieux aîné: le général Colin Powell, ancien chef d’État-major interarmées des États-Unis, premier secrétaire d’État afro-américain de l’Histoire, qui s’est couvert de ridicule avec son éprouvette remplie de poudre de perlimpinpin brandie devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour justifier l’invasion américaine de l’Irak. Il est à espérer que Rama Yade ne sera pas une nouvelle «Uncle Ben» à la sauce française…

 

Cela étant dit, il est à espérer aussi que ces nouvelles promues ne se révèlent pas être un gadget exotique visant à masquer une xénophobie d’État, comme en témoignent les rodomontades du nouveau président français et la création d’un Ministère de l’Identité nationale et de l’Intégration. Relevons au passage que Fadela Amara, qui rejetait haut et fort toute sujétion à la tête de son mouvement  Ni putes, ni soumises, s’est révélée être très soumise aux sirènes du pouvoir de droite, quand bien même elle trouve «dégueulasse» le test ADN sur les postulants à la migration en France. Il est des faiblesses coupables voire mortelles.  Pour la crédibilité de nos engagements, gardons présent à l’esprit l’impérieuse nécessité de donner toujours l’exemple d’une « éthique de conviction ». L’exact contraire, en somme, de l’opportunisme d’occasion.

 

«Égorger les moutons dans la baignoire».  Cette suspicion pèsera toujours, peu ou prou, sur les personnes d’origine arabe ou africaine du fait même de cette origine et du fait même de la volonté de M. Sarkozy, responsable au premier chef de la généralisation de ce cliché démagogique à vocation électoraliste.  Mais ce cliché va lui coller à la peau, longtemps après son départ du pouvoir, de la même manière que «le bruit et l'odeur» des immigrés ont durablement plombé son prédécesseur Jacques Chirac, obérant son discours humaniste.

 

Certes, par rapport à la séquence antérieure, la promotion de Rachida Dati, de Rama Yade et de Fadela Amara constitue un léger mieux par rapport à Tokia Saïfi, qui avait bénéficié d’un strapontin et d’une aide parcimonieuse dans le premier gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en 2002. De par son extrême discrétion, la modicité de sa fonction et le peu de considération accordée à son département, elle eut droit au titre de « premier titulaire évanescent du ministère du Développement durable ». Mais il est à craindre que ce gouvernement multicolore n’apparaisse à l’usage comme un conglomérat de personnalités bariolées sans grande expérience, sans véritable stature politique, comme un gadget médiatique, un assortiment pour plateaux de télévision.

 

Madagascar 1947 : 40 à 80 000 morts en 21 mois

 

 «Les murmures de Yad Vashem», qui dictent selon ses propres dires la conduite du nouveau président français, ne sauraient occulter les râles des suppliciés de Sétif (Algérie, mai 1945), de Thiaroye (Sénégal, décembre 1944), de Madagascar (1947) et du Cameroun (19955-1971), pas plus que la longue complainte contemporaine du peuple palestinien.

Les camps de concentration hitlériens ont abouti à la liquidation d’êtres humains du fait de leur origine ethnico-religieuse, de la même manière que l’esclavage et les zoos humains ont provoqué l’anéantissement mental et physique d’êtres humains, transformés en cadavres vivants du seul fait de leur origine ethnico-religieuse. Les deux actes sont hautement condamnables.

Les deux doivent être condamnés et induire la même réparation. Il ne saurait y avoir une concurrence mémorielle. Cela relève de la dignité de l’espèce humaine et, à ce titre, cela est moralement non négociable.

 

Retour sur le discours fondateur de Sarko l’Africain

La prestation de M. Sarkozy lors de la première tournée africaine de sa présidence, en juillet dernier a été consternante. Et plus consternant encore le silence de la kyrielle des intellectuels qui participent de son aréopage. Et plus consternante enfin la satisfaction béate de sa plume, Henri Guaino, qui se propose de populariser la parole présidentielle par l’impression du pensum  fondateur de «Sarkozy l’Africain».


Ce discours du Président Sarkozy renvoie à des stéréotypes coloniaux primaires et ses propos outranciers révèlent sa vision d’une «anthropologie raciste», selon l’admirable expression de Thomas Heams, maître de conférences en génétique à Paris (1) Ainsi donc l’Africain est figé dans la nostalgie. Ainsi donc, à l’instar des pédophiles, cela est «inné» chez eux, suggère le président. L’Africain, dit-il, «ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès… »

 

C’est vrai qu’il y a de la répétition chez  l’Africain. La première fois c’était à Verdun en 1916, la deuxième fois à Monte-Cassino en 1944. Mais il y a aussi de la répétition chez les Français eux-mêmes. Il s’agit d’une répétition dans l’ingratitude, marquée par les massacres de Sétif (Alger), Thiaroye (Sénégal) et Madagascar.

 

Et cela ne relève pas de la répétition de ma part, mais de la réitération pour que cela soit définitivement ancré dans la conscience nationale française: la France est le seul pays au monde à avoir pratiqué une répression compulsive au sortir de la Deuxième Guerre mondiale à l’encontre de ses colonies, au moment où le Royaume-Uni accordait leur indépendance tant à l’Inde qu’au Pakistan…

 

M. Sarkozy soutient que la France n’est responsable ni de la corruption, ni de la dictature en Afrique.  S’agit-il d’une méconnaissance de notre histoire nationale, ou plus simplement de mauvaise foi ? Le Président de la France semble ignorer l’existence de M. Jacques Foccart et des réseaux de la Françafrique. Il semble ignorer l’assassinat le 15 octobre 1960 à Genève de Félix Moumié, chef de la Résistance camerounaise, dont le prédecesseur Ruben Um Nyobè fut assassiné en septembre 1958 et le successeur Ernest Ouandié fut fusillé en 1971.

 

      

         


Ruben Um Nyobè   

Félix Moumié  

Ernest Ouandié

                                                            

 

Il semble ignorer le supplice de Patrice Lumumba, Premier ministre charismatique du Congo indépendant, en 1961. Il semble ignorer le supplice de Mehdi Ben Barka, figure de proue de l’opposition marocaine et du Tiers-monde. Toutes ces personnalités ont été éliminées avec l’aide des réseaux gaullistes, l’ancêtre du parti de M. Sarkozy.

 

 La Belgique, elle, a reconnu depuis belle lurette sa responsabilité morale dans les dérives de son système colonial. Mais la France, pour sa part, persiste à louvoyer, quand bien même elle a été grandement bénéficiaire de son aventure coloniale tant en termes économiques qu’en termes d’influence diplomatique dans le monde… Être grand, c’est assumer ses propres actes, c’est s’assumer sans fioritures. Il est à craindre que la France ait encore des progrès à faire dans ce domaine.

 

Il importe de ne pas banaliser l’infâme, mais d’établir une claire démarcation entre compromis et compromission. Faire travailler gauche et droite dans l’espace démocratique est une chose, dédouaner un personnage qui a érigé la xénophobie en principe de vie et programme de gouvernement en est une autre. Nicolas Sarkozy a phagocyté la thématique de l’idéologie du Front National, la vidant de sa substance et siphonnant du même coup l’électorat lepéniste. En recevant Jean-Marie Le Pen à l’Élysée, c’est en tant que vainqueur qu’il reçoit un vaincu sur son propre terrain, mais dans le même temps, il banalise sa thématique.

Le laxisme idéologique entretient la confusion mentale et justifie a posteriori tout le débauchage politique dont la vie française a offert le spectacle depuis la campagne présidentielle 2007 et l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Il y a des mutations qui retentissent comme des désertions. A défaut, la lutte des classes cède le pas à la lutte des places et cette dérive dévalorise le combat politique…

 

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Références

1-    « L’homme africain… », Retour sur le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet dernier, par Thomas Heams, Libération, 2 Août 2007.

&  Sur la commémoration de Guy Môquet, lire aussi
Guy Môquet, et après ? Effacement de l’histoire et culte mémoriel
par le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire

Chroniques de la vie quotidienne dans la France sarkozyenne (20) – Le doigt d’honneur

Comment un doigt d'honneur de Sarkozy est passé par la Belgique

Emoi sur la Toile.
Vou
s avez été plusieurs à nous écrire.
Des étudiants français risqueraient d'être poursuivis pour outrage au chef de l'Etat, pour avoir collé cette affiche ?
Et seule la télé belge l'aurait dit ?


La télé belge et le doigt d'honneur de Sarkozy


Mais comment la télé belge peut-elle savoir ce qui se passe à La Rochelle, et pas le télés françaises ?
L'histoire est plus compliquée
Mercredi 10 Octobre, il est 23h30 quand trois jeunes étudiants militants de l'Unef de la Rochelle s'apprêtent à coller sur un point d'affichage public cette affiche choc de la nouvelle campagne.
Une patrouille de police de routine s'arrête. L'affiche est trop provocante à leur goût: les policiers questionnent les trois étudiants sur les raisons de cette campagne avant de décider de les embarquer au commissariat.
"Nous avons discuté un moment, raconte Thomas Timmonier, président de l'Unef La Rochelle, puis un des policiers a reçu l'instruction par téléphone d'un ses supérieurs, à qui il avait expliqué l'histoire, de nous emmener au commissariat. Ils nous ont pris chacun dans un bureau, et nous ont posé des questions pendant environ une heure trente, et puis ils nous ont relâché."
Motif invoqué : outrage et dégradation légère. C'est du moins la première version donnée aux trois colleurs d'affiches.
Car quinze minutes après l'interpellation, un représentant du bureau national, Reynaldo Dos Santos, qui collait des affiches non loin de là, les a rejoint au poste de police. Les policiers lui donnent alors une toute autre version: le motif sur lequel le procureur va devoir statuer est bien plus surprenant : il s'agit de l"offense au président de le république".
Averti dès le lendemain, le bureau national de l'Unef décide aussitôt d'alerter les médias. Juliette Griffond, responsable de la communication, envoie dans la journée des communiqués à quelques journalistes (dont l'AFP, qui n'a pas repris l'information). Samuel Aslanoff, journaliste à France Bleue Ile de France, est de ceux-là. Cela tombe plutôt bien: il avait prévu d'interviewer Bruno Julliard sur le lancement de la nouvelle campagne. Il le fait réagir sur l'incident et envoie dans la foulée cette partie de l'interview à ses collègues de France Bleue La Rochelle, pas encore au courant de l'affaire.
L'information continue de circuler et après diffusion d'un sujet, l'équipe de France Bleue La Rochelle prévient rapidement l'équipe de France 3 La Rochelle, qui envoie une équipe à la rencontre des trois militants. Le reportage est diffusé dans le 19/20h du Vendredi 12 Octobre.
France3 et le doigt d'honneur de Sarkozy
Le lendemain, c'est à dire Samedi 13 Octobre, la chaine belge RTBF décide de consacrer un sujet à l'incident dans son JT de 19H30.
Comme nous, vous devez vous demander: "comment se fait-il qu'une chaine étrangère envoie une équipe à plus de 1000km de chez eux, pour un évènement dont ni l'AFP ni les JT nationaux n'ont même pas dit un mot?"
En fait, en regardant attentivement les deux reportages, on s'aperçoit que ce sont les mêmes images. La RTBF ne s'est pas déplacée. Le chef d'édition du journal est tombé par hasard sur les images de France 3 mises en partage sur le réseau d'images EVN.
Interloquée par le motif "d'offense au chef de l'Etat", la journaliste Sylvie Duquesnoy, décide aussitôt de reprendre le sujet. "Nous suivons de très près tout ce qui touche à Nicolas Sarkozy ( la video du président "hilare" au G8, c'était eux, ndlr) raconte la journaliste, et cette histoire d'article d'une loi vieille de plus de 120 ans, jamais invoqué depuis Pompidou, ça m'a paru incroyable, et surtout très révélateur d'un climat de tension dans les médias et dans la société en général depuis l'arrivée au pouvoir de votre nouveau président."
Pendant le week-end, la video est mise en ligne sur dailymotion, et repérée par des blogueurs à l'affût. Thierry Pelletier, qui tient un blog sur libération.fr envoie un mail au site du quotidien, qui publie un article Lundi 15 Octobre.
Aucun journal télévisé national français n'a traité l'affaire.
Les étudiants (et tous ceux qui, par la suite, colleront cette affiche nationale de l'Unef) seront-ils vraiment poursuivis pour offense au chef de l'Etat ?
Nous n'en savons rien: le parquet de La Rochelle n'a pas souhaité répondre à @si.
(Enquête de Romain Boutilly)

Source : http://arretsurimages.net/post/2007/10/16/Affiche

 

Quand la Police Nationale veille aussi à l’image du Président de La République
 par Union Nationale des Etudiants de France La Rochelle, vendredi 12 octobre 2007


Quand la Police Nationale veille aussi à l’image du Président de La République
Mercredi
soir, 20h, à la Maison de l’Etudiant, les jeunes et anciens militants de l’UNEF La Rochelle sont réunis pour assister à une formation sur l’Allocation d’Autonomie. Après un Collectif National à Paris, où 5 rochelais s’étaient déplacés, l’équipe (une quinzaine de membres présents) décide d’organiser la semaine militante.
La nouvelle campagne nationale, tournant autour des faibles moyens alloués à l’éducation et à l’enseignement supérieur malgré les engagements du candidat Sarkozy, a été lancée le 7 octobre dernier. L’UNEF ayant l’habitude des campagnes « choc », le président de la République est ici mis à l’honneur puisque c’est la mode !
Quelques uns des militants motivés, décident de « se faire une session collage » aux Minimes : au programme, collage de la nouvelle campagne dans tous les endroits autorisés du campus. Nos quatre camarades font donc le tour du campus rochelais sans encombre.
23h50, arrivés au dernier panneau d’affichage proche de la cité universitaire Antinéa, deux patrouilles de la police nationale débarquent…
Les policiers viennent aux nouvelles et demandent ce que nos camarades collent. Sans aucune inquiétude, Marion qui expérimente son premier collage, leur montre l’affiche. GLOUP ! Les policiers décident d’en aviser leurs supérieurs…

Entre temps, Thomas T. (président de l’UNEF La Rochelle) avise son responsable, suivi du Bureau National, présent à La Rochelle. Les policiers ne lui laissent pas le temps de les rejoindre et embarquent les trois militants en direction de Verdun : ceux-ci auraient commis un « outrage et de légères dégradations », l’objet du délit est d’ailleurs saisi….
Au poste, les trois camarades subiront des interrogatoires séparément plutôt musclés (selon les propos de Thomas P., le secrétaire général), surtout pour des jeunes militants n’ayan rien à se reprocher. Les questions fusent : « Que pensez-vous de cette affiche ? Pourquoi la collez-vous ? Le feriez-vous si cela avait été avec le salut nazi ou avec une croix gammée ? » …
1h30 Inquiets, perturbés, mais toujours calmes les camarades de l’UNEF sortent enfin du commisariat.
Il est clair que les policiers ont tenté d’intimider nos militants rochelais, il est clair aussi que cette interpellation sans fondement est une attaque frontale aux libertés et droits syndicaux en vigueur dans notre pays !
Mais une chose est sûre, cet « incident » qui nous éclaire sur la politique sarkozyste ne nous fera pas baisser les bras – il ouvre, d’ailleurs, la voix à une unité syndicale, voire politique, car tous s’émeuvent et s’indignent du traitement réservé aux militants syndicaux rochelais- mais surtout rendez-vous est pris pour un nouveau collage, la semaine prochaine, sur l’ensemble de la Ville de La Rochelle… A bon entendeur !
L’équipe de l’UNEF La Rochelle

Déclaration commune du 19/10/2007
par Union Nationale des Etudiants de France La Rochelle, vendredi 19 octobre 2007


Au vu des évènements qui se sont déroulés à La Rochelle dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 octobre 2007, Les organisations syndicales, associatives, ou politiques, et les personnalités signataires de ce texte partageant la conscience qu’une intervention citoyenne pour soutenir les trois militants de l’UNEF est indispensable pour garantir la sauvegarde de la liberté d’expression, déclarent communément s’inquiéter de la restriction de libertés syndicales et militantes exercées par les forces de police…
Ainsi dans la nuit du 10 au 11 octobre 2007, 3 militants de l’UNEF La Rochelle ont été interpellés par la Police et entendus pendant plus d’une heure et demie pour avoir collé des affiches de la campagne nationale de leur organisation syndicale étudiante sur les panneaux d’affichage administratif prévus à cet effet. Cette affiche représentant le Président de la République Française faisant un doigt d’honneur n’a visiblement pas plu aux forces de l’ordre. Les questions posées, lors de l’interrogatoire mené au commissariat, n’ont tourné qu’autour d’un seul thème : les opinions des militants concernant cette campagne. D’abord interpellés pour dégradations légères sans aucune justification et que l’UNEF La Rochelle récuse, ils ont vu le chef d’accusation être transformé en « offense à la fonction de Président de La République » (article 26 de la loi du 29/07/1881). Une enquête a alors été soumise au Procureur de la République.
A
u vu des questions posées (que pensez-vous de l’affiche ? est-elle choquante ? … ), nous, organisations diverses, citoyen(ne)s, militant(e)s, nous interrogeons sur un point majeur : le délit d’opinion existe-t-il en France ? Nous nous étonnons également de l’extrême susceptibilité du pouvoir, justifiant une telle action d’intimidation.
Par la présente, nous déclarons donc notre entier soutien aux trois militants de l’UNEF, et, considérant cette enquête comme une restriction à la liberté syndicale, nous demandons l’abandon des éventuelles poursuites engagées par le Procureur de la République à l’encontre des étudiants rochelais.
UNEF La Rochelle, FERUF La Rochelle, MJS17, NUF666, LDH La Rochelle, LDH Saintes, Emancipation17, FSU17, LCR17, UD-CGT 17, SUD Etudiant La Rochelle, SUD Education Charente-Maritime, SE-UNSA de Charente maritime, UNSA Education