Repüblik de Sarköland

La vidéo du jour

http://www.dailymotion.com/video/x1o07i_sarko-est-mort


Manifestations et condamnations

Pendant que le président élu Nicolas Sarközy est en vacances au large de Malte sur le yacht d'un milliardaire français et qu'à Paris, ses conseillers préparent sa prise de fonction, les rues de plusieurs villes de France sont le théâtre d'affrontements entre militants de gauche et forces de l'ordre.
Mardi soir, pour la troisième journée consécutive depuis l'élection de Sarközy à la présidence, entre 200 et 300 personnes ont manifesté place de la Bastille , à Paris. Lançant des slogans anti-Sarközy , les manifestants ont bloqué la circulation une partie de la soirée, soit jusqu'à l'intervention de la police. Plusieurs personnes ont été interpellées. Pour éviter une répétition des violents affrontements de la veille, les policiers avaient cependant préalablement bloqué certaines rues.
D'autres manifestations ont aussi eu lieu à Grigny, au sud de Paris, et à Lyon. À Grigny, les manifestants ont lancé des projectiles et des cocktails Molotov aux policiers. Des équipes envoyées en renfort sont alors intervenues et ont dispersé les manifestants à l'aide de gaz lacrymogène. Un policier antiémeute a été légèrement blessé et deux jeunes ont été interpellés.
À Lyon, un affrontement a eu lieu entre les forces de l'ordre et environ 200 manifestants dans une rue du centre-ville. À Villeurbanne, près de Lyon, un local du parti UMP de M. Sarközy a été endommagé par un incendie qui serait d'origine criminelle, selon la police.

Souvenirs de 2005
Dans la nuit de lundi à mardi, lors de scènes qui n'étaient pas sans rappeler, dans une moindre mesure, les émeutes de l'automne 2005, plusieurs centaines de véhicules ont été incendiés aux quatre coins du pays.
Les autorités, qui imputent ces plus récentes violences urbaines à des « mouvements d'extrême gauche, anarchistes ou autonomes », ont interpellé près de 600 personnes dans plusieurs villes françaises, notamment Paris, Rennes, Nantes, Lyon, Toulouse et Lille.
Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a pour sa part lancé un appel au calme, estimant que « tous ceux qui se livrent à ces violences ne rendent service qu'à ceux qui veulent plus d'ordre, plus de dureté », se référant sans le nommer au président élu.
En 2005, Nicolas Sarközy , alors ministre de l'Intérieur, avait soulevé la colère de milliers de Français et mis le feu aux poudres en promettant de « nettoyer » les banlieues de la « racaille » qui s'y trouvait. Plus de 300 immeubles, dont des écoles, et 10 000 véhicules ont été incendiés par les émeutiers lors des violences qui ont suivi les controversées déclarations de Nicolas Sarközy .

Des peines de prison ferme
La justice française ne lésine plus avec les manifestants. Mardi, plusieurs jeunes adultes interpellés à la suite des manifestations anti-Sarközy ont été condamnés à des peines de prison ferme.
À Lyon, quatre individus ont été condamnés à deux mois de prison ferme, trois d'entre eux pour avoir cassé des vitres et un autre pour avoir lancé une bouteille sur les forces de l'ordre.
À Rennes, quatre manifestants ont également été condamnés mardi à des peines de deux mois de prison ferme.
Plusieurs autres comparutions doivent avoir lieu mercredi dans plusieurs villes.
Source : agences de presse

La première bourde du président élu

Lors de son premier discours Nicolas Sarkozy n'a pas manqué d'évoquer le sort des infirmières bulgares emprisonnées à Tripoli, une cause qui lui semble chère depuis sa campagne pour la présidentielle. Sauf qu'il a parlé des "infirmières libyennes"... La presse bulgare s'interroge.
Il y a une chose qui n'aura pas échappé aux Bulgares dans le premier discours du futur président français, Nicolas Sarkozy, c'est son engagement pour les opprimés et les injustices dans les monde - les "femmes en burqa" et les dictatures... -, une partie fort lyrique où il a également mentionné les "infirmières libyennes".
Il s'agit, bien évidemment, d'une petite erreur de la part du nouveau président de la République. C'est bien des infirmières bulgares emprisonnées en Libye qu'il était question, une cause à laquelle Nicolas Sarkozy, encore candidat de l'UMP, s'était dédié les derniers jours de sa campagne. Il avait alors franchement impressionné ses interlocuteurs bulgares, les proches et la familles des cinq infirmières de passage à Paris, en s'engageant notamment à en faire une "priorité de sa présidence" s'il venait à être élu."S'il le faut, j'irai les chercher moi-même en Libye", a-t-il lancé aux proches des infirmières condamnées à mort pour avoir volontairement inocculé le virus du sida à des enfants libyens.

GRÂCE À LA FRANCE, LES INFIRMIÈRES RENTRERONT À LA MAISON ?
Le lendemain de ces déclarations, la presse bulgare ne cachait pas sa satisfaction : "Grâce à la France, les infirmières rentreront à la maison" , titrait un quotidien à grand tirage de Sofia. En privé, les proches des condamnées disaient que, après plus de neuf ans de calvaire, pas mal de déceptions et beaucoup de tentatives de récupération de leur cause, ils étaient enfin rassurés par un homme politique européen.
D'où le désarroi, voir la déception des quelques correspondants bulagres à Paris d'entendre le nouveau président français évoquer des "infirmières lybiennes". "J'ai l'impression qu'il n'a pas bien compris de quoi il s'agissait", confie l'une d'entre elles. "C'est peut-être pour cela que lors du débat télévisé avec Royal, il leur avait offert l'asile en France."
Vladi Nikolov, dont les articles sont publiés par le quotidien Dnevnik et l'hebdomadaire économique Kapital " ne manquera pas d'inclure cette 'bourde'" dans son prochain portrait de Nicolas Sarkozy. "J'ai été catastrophé , explique-t-il. Cela montre bien comment des causes sont récupérées par des hommes politiques, sans être forcément comprises et assimilées."" Cela fait tellement longtemps qu'elles sont emprisonnées à Tripoli qu'elles ont peut-être obtenu la nationalité libyenne ?" ironise un autre correspondant de Sofia.
Alexandre Lévy (Courrier International)
Source : Le Monde

Mes chers compatriotes,

En m'adressant à vous ce soir, dans ce moment qui est, chacun le comprend, exceptionnel dans la vie d'un homme contraint de porter des talonnettes, je ressens une immense émotion.

J'éprouve depuis mon plus jeune âge le complexe de mesurer 1,60 en levant les bras. La vie m'en a fait voir et les Français se sont bien souvent payés ma fiole. Maintenant, c'est à mon tour de leur rendre.

Ce soir, ma pensée va aux millions de Français qui aujourd'hui m'ont témoigné leur confiance. Je veux leur dire qu'ils m'ont fait le plus grand honneur qui soit à mes yeux en me jugeant digne de présider aux destinées de la France. Pour les autres, ça va saigner.

Ma pensée va à tous ceux qui m'ont accompagné dans cette campagne. Je veux leur dire ma gratitude et mon affection.

Ma pensée va à Monsieur Le Pen. Je veux lui dire que j'ai du respect pour lui et pour ses idées dans lesquelles tant de Français se sont reconnus.

Ma pensée va à tous les Français qui n'ont pas voté pour moi. Je veux leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences d'opinions, il n'y a pour moi qu'une seule France, que l'on aime ou que l'on quitte.

Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d'entre eux, et qu'ils peuvent donc d'ores et déjà fermer leur gueule. Je veux leur dire que ce soir, ce n'est pas la victoire d'une France contre une autre. C'est juste celle des vieux contre les jeunes qui vont se remuer le cul, je peux vous le dire. Il n'y a pour moi ce soir qu'une seule victoire, celle de la démagogie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l'idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se mépriser, de se dénoncer, de médire ensemble.

Le peuple français s'est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements issus de la Libération. Je veux réhabiliter l'autorité, le travail, l'autorité, la morale, la patrie, le respect, l'autorité, le mérite et puis aussi l'autorité et le travail et la patrie. Je veux remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d'être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. Ca va ratonner sec et on demandera pas pardon.

Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en œuvre parce que c'est le mandat que j'ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français qui n'égorgent pas de moutons dans leurs baignoires. Je le ferai dans un esprit d'union et de fraternité entre les actionnaires. Je le ferai sans que personne n'ait le sentiment d'être exclu, d'être laissé pour compte et de devoir s'exiler en Suisse. Je le ferai avec la volonté que chacun puisse trouver sa place dans notre République, que chacun s'y sente reconnu et respecté dans sa dignité de citoyen blanc et dynamique et dans sa dignité d'homme blanc et dynamique. Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usés doivent savoir qu'ils ne seront pas abandonnés, mais qu'ils ont intérêt à se remuer. Ceux qui ont le sentiment que quoi qu'ils fassent ils ne pourront pas s'en sortir doivent être sûrs que c'est ce qui leur arrivera d'ici peu s'ils continuent de faire les marioles.

J'appelle tous les Français par-delà leurs partis, leurs croyances, leurs origines, à s'unir à moi pour que la France se remette en mouvement. Y'aura des 4x4 pour tout le monde et on va se faire plaisir.

J'appelle chacun à ne pas se laisser enfermer dans l'intolérance et dans le sectarisme de gauche, mais à s'ouvrir aux autres, à ceux qui ont des idées différentes, à ceux qui croient dans les vertus du libre-échange et de la tolérance zéro.

Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie j'ai été européen, que je crois en la forteresse Europe et que ce soir la France est de retour en Occident. Mais je les conjure d'entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l'Union Européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie des bougn... de l'Islam.

Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu'ils peuvent compter sur notre amitié qui s'est forgée dans les tragédies de l'Histoire que nous avons affrontées ensemble. Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d'elle. Mais je veux leur dire aussi que l'amitié c'est accepter que ses amis puissent penser différemment, et que de temps en temps, c'est quand même eux qui feront la fille.

Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée pour leur dire que c'est en Méditerranée que tout se joue, et que c'est donc avant même que les navires clandestins ne touchent nos côtes qu'on commencera à tirer. Je veux leur dire que le temps est venu de bâtir un mur.

Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix, à condition qu'ils cessent de venir nous faire chier jusque sur les terrains de foot où ils empestent. A cette condition, on leur achètera de jolis masques africains et des boubous, mais faudrait pas non plus abuser sur les prix.

Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que c'est plus la peine de se pointer chez nous, parce que ça sera un bon coup de pied au cul.

Mes chers compatriotes, nous allons écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire. Je suis sûr qu'elle sera grande et belle, comme ma femme, et du fond du cœur ce soir je vous dis :

Vive la République !

Vive la France !

Source : Anonyme, France, mai 2007

Chroniques de la vie quotidienne dans la  France sarkozyenne (13bis) - La justice recule, après la menace de prélèvement d'empreintes sur deux
enfants : des voleurs de joujoux évitent de peu le fichage ADN
Par Patricia TOURANCHEAU, Libération, 8 mai 2007

La menace de prélèvement d'ADN proférée, la semaine dernière, contre deux
petits voleurs du Nord qui avaient piqué des jouets dans un supermarché,
alimente la polémique sur le fichage génétique des mineurs, dénoncé
notamment par la Ligue des droits de l'homme (LDH) et le Syndicat de la
magistrature (SM). C'est le père qui a rendu publique l'intention des
gendarmes de prendre les empreintes digitales et génétiques de ses fils de 8
et 11 ans pour ce larcin. L'homme a en effet découvert, atterré, que la
dernière loi sur l'extension du Fichier national automatisé des empreintes
génétiques (Fnaeg) permet d'y intégrer les ADN d'enfants.
Les deux frères ont fauché deux Tamagoschi et deux balles rebondissantes
dans un hypermarché du Nord. Les vigiles les ont repérés sur les caméras de
surveillance et les ont appréhendés quand leur mère passait à la caisse.
Leur père, Vincent, a indiqué au Parisien que son épouse a «tout de suite
payé les jouets volés, environ 50 euros. On les a mis à la poubelle. On a
sermonné nos enfants, on les a privés de jeux vidéo, de cadeaux
d'anniversaire. On leur a demandé de nous rembourser progressivement sur
leur argent de poche et d'effectuer quelques travaux d'intérêt général dans
la maison». Ils ont reçu la visite des gendarmes qui venaient leur apporter
une convocation. Et le père en était «ravi», croyant qu'ils allaient «faire
prendre conscience» à ses fils «qu'il ne fallait pas recommencer». Mais les
propos des deux officiers de police judiciaire ont dépassé à ses yeux toute
mesure : «Ils ont expliqué à mon fils aîné qu'il serait photographié, qu'on
lui prendrait ses empreintes digitales et aussi ses empreintes génétiques,
ajoutant même que mon fils ne pourrait pas forcément exercer le métier qu'il
veut faire plus tard car il serait fiché !»
Persuadé que le Fnaeg était réservé aux seuls délinquants sexuels, le père a
d'abord cru à du bluff, avant de réaliser que les gendarmes avaient le droit
de mettre à exécution cette menace.
«Pas du bétail».   Révolté, il a annoncé qu'il refuserait tout prélèvement
génétique sur ses enfants, même si la loi punit ce refus d'un an
d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende : «C'est une connerie de gamins
! Je ne suis pas d'accord pour qu'ils le paient au prix fort, a-t-il tonné
dans le Parisien , ce n'est pas du bétail que l'on doit marquer au fer.»
Lors de l'audition le 5 mai des deux gamins, les enquêteurs et le substitut
du procureur ont finalement fait machine arrière, n'ont demandé ni relevé
d'empreintes digitales, ni effectué de prélèvement génétique, et ont bouclé
l'affaire par «un rappel à la loi».  «Il y a une part de maladresse des deux
gendarmes qui n'ont pas voulu les ficher mais leur faire peur», dit-on à la
gendarmerie, «même si la loi l'autorise.»
Lancé en 1998 après l'arrestation du tueur en série Guy Georges, le Fnaeg a
d'abord été conçu pour pister les pédophiles, délinquants et criminels
sexuels. En 2001, le ministre de l'Intérieur socialiste Daniel Vaillant l'a
fait élargir aux autres crimes, de sang, de terrorisme, d'actes de torture
et de barbarie, et d'attaques à main armée.
Arrachages d'OGM. Puis le 19 mars 2003, la loi de sécurité intérieure de
Nicolas Sarkozy a encore étendu le champ d'application du Fnaeg à quasi tous
les délits, même aux vols à l'étalage, dégradations d'abribus ou arrachages
d'OGM. Seuls désormais échappent au fichage génétique les usagers de
stupéfiants, les personnes punies de simples contraventions et les auteurs
d'abus de biens sociaux.
Si le Fnaeg, qui contient aujourd'hui quelque 400 000 profils génétiques,
permet de résoudre des crimes anciens et d'innocenter des suspects, son
extension  massive «à de petites infractions et sans distinction d'âge»
inquiète Ollivier Joulin, vice-président du tribunal de grande instance de
Bordeaux et membre du Syndicat de la magistrature : «Un enfant fiché pour
une bêtise risque de le traîner pendant quarante ans, soit la durée
autorisée pour la conservation des ADN. Il risque aussi de ne pas pouvoir
accéder à la fonction publique ou à certains autres métiers.» Intervenu
plusieurs fois de «façon préventive» pour que des mineurs punis par des
sanctions éducatives (et non par une peine) ne soient pas enregistrés dans
le Fnaeg, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme,
redoute qu'un jour des très jeunes enfants le soient : «L'idée de marquer
génétiquement un gosse qui n'a pas dix ans pour un vol dans un magasin et
d'en garder la trace indélébile dans un tel fichier est injustifiée,
disproportionnée, scandaleuse. Damner à vie un enfant qui a fait une ânerie
ou repérer les petits turbulents dès la crèche, c'est une politique qui
consiste à enfermer les gens dans la délinquance.»
Source :   http://www.liberation.fr/actualite/societe/252380.FR.php


– Jour 2

-Bilan de la nuit du 6 au 7 mai 2007 : 730 voitures brûléees, 592 interpellations. Des affrontements ont eu lieu à Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Rennes, Caen et Bordeaux. Pendant ce temps SarköLéon s’est envolé vers l’île de Malte pur y passer quelques jours à bord d’un yacht.

-"Je vais donc réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je vais remettre à l’honneur la Nation et l’identité nationale. Je vais rendre aux Français la fierté de la France. Je vais en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres."


La première nuit de la Repüblik de Sarköland a bien commencé :
avec des émeutes « anarchistes » à Paris, Marseille, Lyon, Lille, Rennes et Nantes.
Flashballs et lacrymogènes contre bouteilles et pavés.
Ça commence bien.

 

Résistances


Par Olivier Le Cour Grandmaison, 7 mai 2007


Nous publions ci-après l’article que nous a fait parvenir Olivier Le Cour Grandmaison au lendemain des présidentielles. Son appel à résister à la politique réactionnaire et revancharde de Sarkozy, ainsi que sa critique de la gauche et de l’extrême gauche, constituent une contribution au nécessaire débat (que nous avons inauguré sur notre site avec la chronique d’Aurélie Messaoudi-Lévy) sur la riposte à engager pour mettre en échec l’offensive que prépare la classe dirigeante.

Enseignant à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne, Olivier Le Cour Grandmaison est l’auteur de « Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial » (Fayard, 2005).

Ce que beaucoup appréhendaient vient de se produire ; Nicolas Sarkozy l’a donc emporté au second tour des élections présidentielles. Pour la troisième fois consécutive en l’espace de douze ans, un candidat de la droite, aux discours et au programme radicalisés comme jamais sur l’ensemble des questions économiques, sociales et politiques, s’impose au terme d’une campagne où les électeurs du Front national ont « été cherchés un par un », selon la délicate formule de celui qui est désormais chef de l’Etat. On connaît les conséquences de cette main constamment tendue : la banalisation sans précédent de certains thèmes chers à Jean-Marie Le Pen. Mais le candidat de l’UMP a aussi été fort des faiblesses de la gauche, de toute la gauche qui, du Parti socialiste à la Ligue communiste révolutionnaire, n’a pas su s’opposer efficacement à son projet et à ses ambitions. De même, et ceci est en partie lié à cela, ces organisations ont été incapables d’offrir des perspectives politiques claires et unitaires au lendemain des mobilisations pourtant exceptionnelles contre le CPE suivies d’une victoire retentissante imposée par la rue au terme de manifestations comme il y en eut rarement. Souvenez-vous, c’était il y a un an à peine, on croirait pourtant que des années se sont déjà écoulées ! Souvenez-vous des espoirs immenses alors suscités ! Souvenez des attentes joyeuses qui sont nées de cette force enfin retrouvée après plusieurs défaites importantes et douloureuses subies dans les urnes et sur le terrain économique et social ! De ceux-là et de celles-ci, une fois encore, les gauches parlementaires et radicales n’ont rien su faire, par sectarisme, pour défendre leurs intérêts d’appareil et cultiver solitairement leur petit jardin électoral avec le succès que l’on sait puisque le total des voix ainsi rassemblé est l’un des plus bas de toute l’histoire de la Cinquième République. Grandiose bilan et champ de ruines. De même pour les syndicats qui, à la veille d’un second tour pourtant décisif, ont préféré étaler de nouveau leurs divisions le jour même où Nicolas Sarkozy réitérait ses attaques contre le monde du travail, comme on dit.

Les dirigeants de ces différents partis et organisations affirment être au service des jeunes, des salariés, des retraités, ils prétendent vouloir défendre le service public, le pouvoir d’achat, combattre les inégalités et les discriminations sexuelles, raciales et religieuses. Qu’ils le prouvent en organisant, ici et maintenant, sans attendre les élections législatives, moins encore les prochaines présidentielles, la résistance contre la politique réactionnaire et revancharde de cette majorité. Qu’ils le prouvent en mettant leurs militants et leur expérience au service de cette indispensable résistance. Pour défendre ceux qui sont stigmatisés parce qu’ils sont réputés « ne pas se lever tôt » car nul employeur ne les attend depuis des semaines, des mois, des années, résistance ! Pour défendre ceux qui, méprisés, humiliés, discriminés et relégués dans des banlieues laissées en déshérence, sont voués au Kärcher élyséen et livrés en pâture à une fraction de l’opinion publique raciste et xénophobe, résistance ! Pour défendre ceux dont les salaires sont indignes et à qui la seule perspective désormais offerte est « de travailler plus pour gagner plus », c’est-à-dire perdre davantage leur vie à tenter de la gagner en vain, résistance ! Pour tous les travailleurs précaires qui n’ont d’autre avenir que de le demeurer et de s’inquiéter constamment de lendemains qui depuis longtemps ne chantent plus, résistance ! Pour tous ceux qui sont victimes d’une insécurité professionnelle et financière croissante qui les laisse sans perspective, sans autre perspective du moins qu’une crainte sans fin, résistance ! Pour tous ceux qui considèrent que les avancées sociales ne sont pas des privilèges mais des acquis précieux péniblement conquis par des femmes et des hommes qui se sont battus avec obstination et courage pour améliorer leur condition de travail et de vie, résistance ! Pour tous ceux qui jugent, contrairement aux mensongères déclarations du candidat aujourd’hui président, que la colonisation n’a pas été synonyme de civilisation comme il l’a déclaré à l’occasion d’un meeting tenu à Toulon au mois de février, résistance ! Pour tous ceux qui ne veulent pas de médias et d’une justice mis au pas, résistance ! Pour tous ceux qui n’aiment pas cette France désormais sarkozienne et qui ne veulent ni ne peuvent la quitter, résistance ! Pour tous les Musulmans qui « égorgent », selon la rhétorique indigne et islamophobe de l’actuel président, « des moutons dans leur baignoire », résistance ! Pour les étrangers en situation irrégulière et leurs enfants scolarisés, pourchassés, raflés parfois, tous menacés d’expulsion en violation d’une Convention internationale - celle sur les droits de l’enfant - pourtant ratifiée par la France et de dispositions nationales sanctionnées par le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, résistance ! Résistance et désobéissance civile car les diverses mesures prises à leur encontre sont aussi légales qu’elles sont illégitimes.

Source : http://www.mouvement-egalite.org/

Chroniques de la vie quotdienne dans la  France sarkozyenne (13) - À 8 et 11 ans, ils sont menacés de fichage génétique pour vol de jouets


Leur père est choqué. Deux frères de 8 et 11 ans pourraient se voir prélever leur ADN par la gendarmerie pour avoir volé deux tamagotchi et deux balles rebondissantes dans un hypermarché du Nord, raconte Le Parisien, samedi 5 mai. Les échantillons seraient conservés dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg).

Des gendarmes se sont rendus cette semaine au domicile familial. "Ils venaient nous apporter une convocation pour vol dans la mesure où le magasin a porté plainte, explique le père au Parisien. Ils ont expliqué à mon fils aîné qu'il serait photographié, qu'on lui prendrait ses empreintes digitales et aussi ses empreintes génétiques, ajoutant même que mon fils ne pourra pas forcément faire le métier qu'il veut plus tard car il sera fiché !"

Comme beaucoup de Français, le père pensait que le fichage génétique était réservé aux délinquant sexuels, et aux adultes. Pour surprenant que cela puisse paraître, il n'en n'est rien, précise Le Parisien : la loi ne prévoit pas d'âge minimum, rappelle le quotidien.

ÉLARGISSEMENT CROISSANT DU FICHAGE DEPUIS 2003

Depuis la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure de 2003, une centaine de délits obligent à se soumettre au prélèvement génétique. Limitée, à l'origine, aux infractions sexuelles, la législation concerne aujourd'hui les meurtres et les cambriolages, les vols simples, les tags ou les dégradations. Le prélèvement s'applique aux personnes condamnées mais aussi aux simples suspects.

Depuis l'entrée en vigueur de ces dispositions, le Fnaeg explose. Entre 2003 et 2006, le nombre de profils enregistrés est passé de 2 807 à plus de 330 000. Bien que ce système ait permis d'élucider plus de 5 000 affaires, ceux qui s'opposent aux prélèvements dénoncent l'instauration d'un "répertoire de masse". Les refus de prélèvements génétiques pour des petits délits se multiplient, entraînant des procès.

"CE N'EST PAS DU BÉTAIL QUE L'ON DOIT MARQUER AU FER"

Le père des auteurs du larcin s'opposera au fichage génétique de ses enfants, le cas échéant, malgré les lourdes sanctions prévues pour les contrevenants : jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende.

"Ce n'est pas du bétail que l'on doit marquer au fer", plaide-t-il dans Le Parisien. Les parents des deux chapardeurs les ont punis et sermonnés, et se réjouissaient initialement du passage des gendarmes et de ses vertus pédagogiques.

"Cette situation met en lumière les dérives possibles de l'utilisation abusive du fichage génétique", réagit Josiane Bigot, magistrat et président du Réseau pour l'accès au(x) droit(s) des enfants et des jeunes, dans Le Parisien.

Le père et les deux fils étaient convoqués samedi après-midi à la gendarmerie pour "audition des enfants".

Source : Le Monde.fr

Le Comité juif américain félicite Sarközy pour sa victoire

6 mai 2007 – New York – Le Comité juif américain (AJC, American Jewish Committe) félicite Nicolas Sarkozy pour sa victoire électorale à l’élection présidentielle française.

« Nous admirons depuis longtemps Nicolas Sarkozy en tant que leader politique profondément engage en faveur des valeurs démocratiques de la France, son empressement à affronter les menaces à ces principes et son dévouement au renforcement des relations transatlantiques », a déclaré David A. Harris, directeur exécutif de l’AJC. « L’AJC envisage de travailler étroitement avec le Présidnet Sarkozy et son administration sur les questions cruciales relevant de l’intérêt commun. »

L’AJC a eu la joie d’avoir une relation coopérative et productive avec Sarkozy depuis qu’il  est devenu ministre de l’Intérieur en 2002.

 « À un moment où, il y  quelques années,  les Juifs français se sentaient directement menaces par la montée d’un antisémitisme violent à Paris et ailleurs à travers la France, Sarkozy a joué un rôle crucial pour amener le gouvernement français à enfin reconnaître la gravité du problème et à faire le nécessaire pour affronter les vents mauvais qui menacent non seulement la plus grande communauté juive d’Europe occidentale mais, comme l’histoire nous l’enseigne, constitueraient en dernière analyse une menace pour la société française dans son ensemble », a dit  Harris.

« Je considère toute insulte contre les Juifs comme une insulte contre la France », a vait déclaré Sarkozy dns un discours à l’AJC à Washington en avril 2004, réaffirmant ce qu’il avait dit à une délégation de l’AJC à Paris six mois plus tôt. Il a œuvré de manière décisive, dans cette période critique, à augmenter la protection policière autour des bâtiments et écoles juifs et à arrêter et poursuivre les individus ayant commis des actes antisémites.  

Sarkozy a rencontré régulièrement l’ AJC à Paris, ainsi qu’à New York et Washington durant ses visites aux USA.
« Nous espérons que vous continuerez à  consiéerer l’AJC comme un allié dans la tâche essentielle du renforcement de la compréhension et de la coopération entre la France et les USA”, ont écrit le président de l’ AJC Richard Sideman et le directeur exécutif David A. Harris dans une lettre de félicitations envoyée à Sarkozy aujourd’hui..

 En outre, l’AJC apprécie l’empathie de Sarkozy face aux menaces affrontées par Israël et envisage de discuter avec le nouveau président des moyens par lesquels la France, en travaillant à l’intérieur de l’UE, pourra contribuer de manière efficace à la recherche de l paix et de la sécurité pour Israël et ses voisins.

L’AJC, une organisation mondiale de plaidoyer, maintient une présence à Paris par sa repésentante Valerie Hoffenberg

Source : http://www.ajc.org/site/c.ijITI2PHKoG/b.851561/apps/nl/content2.asp?content_id={1DAD521B-DD0D-401C-B8E6-0CD403120135}&notoc=1

Traduction quibla.net