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14 février : Le jour le plus long pour les ramadantistes

Les émules de Tariq Ramadan vont pouvoir enfin se compter. Ils organisent samedi 14 février à Paris et dans toute la France des rassemblements-manifestations contre la loi antihijab . Ils devraient quand même être plus nombreux que lors de leurs précédent regroupement. En effet, le 4 février alors que les débats commençaient dans l'hémicycle seulement deux douzaines d'inconditionnels courageux du clan Ramadan manifestaient devant l' Assemblée nationale.

Le leader de la Ramadanmania est responsable de ce fiasco. Le 14 janvier, le philosophe appelait avec virulence à ne pas manifester et maintenait une réunion à Paris le 17 janvier, à la même heure que la manif organisée par le PMF.

Les 20 000 manifestants, qui avait répondu à l'appel de Mohamed Latreche, et dans une moindre mesure les conseils de Quibla.net (lire nos commentaires de l'époque ci-dessous) ont eu raison de son entêtement. Maintenant que les débats sont terminés et que la loi est votée le prof. Doc. T. Ramadan change d'avis. sous la pression de ses troupes, il appelle à manifester pour écrit-il "exprimer quelle idée on se fait de la France de demain".

"Mieux vaut tard que jamais" et "il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis" servent généralement de conclusion dans des cas similaires. Mais l'enjeu était suffisamment grave pour que le qualificatif "imbécile" lui soit quand même attribué. Ce qui est valable pour Ramadan l'est aussi pour les autres. Devant l'urgence, nos apprentis leader ou apprentis organisateurs auraient pu mettre leurs "egos" de côté et inciter les musulmans à l'union.

Document : Les textes du Professeur Docteur Philosophe suisse Tariq Ramadan se rapportant aux manifs :

Tariq Ramadan le 14 janvier : (Extrait du texte historique diffusé par le groupe de média virtuel Oumma.com-Le Monde et par le quotidien Libération.) " Manifester, descendre dans la rue, mobiliser les musulmans pour crier sa colère dans l'expression d'une émotion répondant à la passion qui a entouré le débat sur le foulard ne résoudra rien, voire confirmera les représentations caricaturales et les peurs des Français. Le piège se refermera… d'autant plus que les maîtres d'œuvres de ces manifestations ne sont de loin pas fiables et cherchent soit à se donner une crédibilité soit à attiser les tensions."
- Le texte complet : http://oumma.com/article.php3?id_article=886

Tariq Ramadan le 14 février : (Extrait du deuxième texte historique, toujours diffusé par Oumma.com-Le Monde. Il exprime l'inverse du texte du 14 janvier, mais en philo "paradoxal" ne veut pas dire "contraire" et Ramadan peut très bien se contredire sans se renier) "S'il faut aujourd'hui descendre dans la rue et se faire entendre en France, ce n'est pas uniquement pour discuter une loi injuste et discriminatoire, une loi de la peur … Non pas ! L'enjeu est autrement plus important, plus grave, plus déterminant. Il s'agit de dire et d'exprimer quelle idée on se fait de la France de demain,.."
Lire l'oeuvre dans son ensemble : http://oumma.com/article.php3?id_article=948

Note de la rédaction : Si vous le voyez à la manif, (le penseur daignera peut être rejoindre les humbles manifestants marcheurs) demandez lui s'il n'a pas honte de récupérer avec autant de légèreté le malheur de nos soeurs et s'il n'aurait pas été plus constructif de montrer un front uni face à l'agression laïque.

Les enfants de Tariq Ramadan contre-attaquent

18/02/04 - Sous la pression de la rue, le clan Ramadan change de stratégie. Les 20 000 manifestants de samedi ont déjà fait des victimes. Le clan Ramadan a en effet perdu ses certitudes: après avoir refusé catégoriquement l'option de manifester, le Collectif musulman de France (Ramadan and Co) appelle désormais à défiler.

Voilà ce que diffuse Yamin Makri, le porte-parole du Collectif musulman de france :

Associations musulmanes : manifestation le jour de l'examen de la loi
par l'AFP, 17 janvier 2004
Les porte-parole des "assises nationales des responsables associatifs musulmans", qui se sont tenues samedi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ont appelé à manifester devant l'Assemblée nationale le 3 février, jour de l'examen par les députés de la loi sur les signes religieux à l'école, a constaté un journaliste de l'AFP.
Un meeting sur le sujet est ensuite prévu le 6 février à Paris, et UNE MANIFESTATION NATIONALE CONTRE LA LOI SUR LES SIGNES RELIGIEUX A L'ECOLE DEVRAIT AVOIR LIEU LE 14 FEVRIER, à Paris et peut-être en province, selon les porte-parole des associations musulmanes.
Toutes ces manifestations seront organisées par le collectif "une école pour tous" qui rassemble également des associations laïques.Les assises de samedi rassemblaient plus de 150 associations musulmanes, selon les organisateurs qui ont dénoncé une loi sur les signes religieux "liberticide, discriminante et de diversion" favorisant l'islamophobie.A ce titre, les organisateurs ont demandé
LA CREATION, "DANS LES DELAIS LES PLUS BREFS", D'UN OBSERVATOIRE NATIONAL DE L'ISLAMOPHOBIE.
Mahmoud Kalkoul, président des Jeunes musulmans de France (JMF) s'exprimant au nom de toutes les associations présentes, a dénoncé une "manipulation éhontée qui vise à faire croire que l'urgence nationale consiste à alarmer tout le pays afin d'exclure de l'école quelques jeunes filles voilées".
" Cette mise en scène entretient un climat de peur et de suspicion justifiant toutes les mesures sécuritaires", a-t-il ajouté."On a eu beaucoup plus de problèmes suite au discours du président Chirac sur la laïcité qu'après les attentats du 11 septembre 2001.
En France, des hommes politiques irresponsables sont en train de créer des murs entre les communautés", tout comme le Parti des musulmans de France (PMF) à l'initiative de la manifestation parisienne de samedi, a renchéri Yamin Makri, représentant du Collectif des musulmans de France (CMF). Abdelmalek Salhi, porte-parole de Participation et spiritualité musulmane (PSM), a jugé le PMF "infréquentable".
" Les gens peuvent répondre n'importe comment au moindre appel, car la colère couve", a-t-il prévenu."On est clair sur la distance qu'on prend vis-à-vis du PMF. On n'est pas sur la même longueur d'onde. Ce qui est dommage, c'est que le PMF a su surfer sur une vague", a estimé Mahmoud Kalkoul.

 

Si les Ramadanistes ont changé de tactique, ils gardent néanmoins leurs mauvaises habitudes. Plutôt que de manifester avec les soeurs le 7 février, ils proposent de le faire le 3, le 6 et le 14 février. Ils continuent aussi leur travail de sape en attaquant dans leur réunions M. Latrèche ( qui n'en demande pas tant).
Pour ne pas mettre de l'huille sur le feu d'un débat des plus stériles, La rédaction de Quibla encourage ses honorables lecteurs à participer a tous les rassemblements, meetings et défilés.

Enfin, cet article met un peu de lumière dans la manoeuvre. Alliance gauchos-ramadanistes contre les "islamistes"...

Le Collectif des musulmans de France, proche de Tariq Ramadan, tente de fédérer un pôle laïque Xavier Ternisien, Le Monde du 19.01.04

Leur démarche était à l'opposé de la manifestation parisienne : réflexive, élitiste et en lien avec des non-musulmans. Le Collectif des musulmans de France, un réseau proche de l'intellectuel suisse Tariq Ramadan, s'est allié avec Jeunes musulmans de France (JMF) et Etudiants musulmans de France (EMF), deux associations liées à l'UOIF, ainsi qu'à Participation et spiritualité musulmanes (PSM), d'inspiration soufie, pour organiser un rassemblement de responsables associatifs à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), samedi 17 janvier, sur la future loi visant à interdire le foulard à l'école. Plus de 150 associations locales ont participé à cette journée de réflexion. Les cadres musulmans, qui dénoncent dans un communiqué "une loi liberticide, discriminante et de diversion", s'inquiètent de "la recrudescence du racisme et de l'islamophobie, qui ne sont plus le monopole de l'extrême droite". Ils ont annoncé la création, "dans les délais les plus brefs, d'un observatoire national de l'islamophobie, chargé de recenser les actes islamophobes et de soutenir juridiquement les victimes". Au cours de la matinée, les associations musulmanes ont entendu les interventions de plusieurs militants et représentants d'associations non confessionnelles, susceptibles de se joindre à leur action. Hamida Ben Sadia, de la Fédération Léo-Lagrange, a dénoncé "une loi d'exception, une loi inégalitaire, parce que l'accès au savoir est fondamental". Mais elle a mis en garde les associations musulmanes : "Je préfère être toute seule dans le combat, plutôt que de m'allier avec n'importe qui, des négationnistes et des antisémites." MANIFESTATION EN FÉVRIER La députée verte européenne Alima Boumediène a apporté son soutien aux associations musulmanes : "Je voudrais dire à mes amies féministes de faire attention quand elles parlent du voile uniquement en termes de soumission. Intellectuellement, on ne peut pas mettre sur le même plan le choix des femmes dans des pays où l'islam est une minorité et dans les pays musulmans." A l'issue de cette journée de réflexion, les associations musulmanes ont choisi de rejoindre le collectif Une école pour tou(te)s/Contre les lois d'exclusion. Celui-ci est en train de préparer un rassemblement devant l'Assemblée nationale début février, lors de la discussion du projet de loi en première lecture, un meeting pour le 6 février et, surtout, une grande manifestation nationale, prévue pour le samedi 14 février. Le collectif Une école pour tou(te)s réunit pour l'instant le Cedetim (Centre d'études et d'initiatives de solidarité international), le MIB (Mouvement de l'immigration et des banlieues), le collectif Les mots sont importants, de Pierre Tévanian, l'Association des travailleurs maghrébins de France et la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives, l'association féministe Femmes publiques, les Jeunesses communistes révolutionnaires. La Ligue des droits de l'homme et le MRAP sont sollicités pour rejoindre ce mouvement. Le secrétaire général du MRAP, Mouloud Aounit, pose plusieurs conditions : une position claire à l'égard de mouvements infréquentables comme le Parti des musulmans de France (PMF) ; un combat contre toutes les formes de racisme ; le refus du communautarisme ; enfin, "une réaffirmation très forte de la liberté de conscience de ne pas porter le foulard".

Tariq Ramadan contre les manifs.

Le philosophe suisse Tariq Ramadan rejoind Dalil Boubakeur, le recteur de la mosquée du cinquième arrondissement de Paris dans sa condamnation des manifestations.

Dans un texte publié par le quotidien Libération et rediffusé après correction par le site Oumma.com, Tariq Ramadan appelle clairement à ne pas manifester :
http://oumma.com/article.php3?id_article=886

Ce texte fera date. A l'occasion du débats sur la loi antihijab, le philosophe en herbe reprend les points importants de sa pensée et les développe.

1) En bon sectaire, il attaque en premier les musulmans qui ne lui plaisent pas : "On entend et l'on voit malheureusement parmi les musulmans des propos et des attitudes excessifs qui tendent à brouiller l'image et à propager la peur. Foulards imposés à des jeunes filles dès l'âge de 6 ou 7 ans, obsession du noir, visages voilés, propos superficiels, réducteurs et sectaires qui assimilent dangereusement la non adhésion à la conception islamique de la pudeur à une promotion de « l'impudique ». Il appartient aux musulmans, ici aussi, de dénoncer ces comportements de groupes minoritaires qui ne tiennent compte ni de la liberté des femmes ni des réalités du contexte social et qui, au demeurant, portent un regard par trop méprisant sur la société dans laquelle ils ont pourtant décidé de vivre. Certaines tendances littéralistes et traditionalistes sont grandement responsables de l'entretien de la peur au sein de la société française, il faut le dire, le reconnaître et prendre position."

2) En bon Suisse, il demande aux Musulmans de ne pas faire d'esclandre : "Manifester, descendre dans la rue, mobiliser les musulmans pour crier sa colère dans l'expression d'une émotion répondant à la passion qui a entouré le débat sur le foulard ne résoudra rien, voire confirmera les représentations caricaturales et les peurs des Français. Le piège se refermera…"

3) En tant que philosophe égocentrique, il demande aux Musulmans de ne pas suivre d' autres voies que la sienne : "Dans le même ordre d'idée, s'opposer à la loi ne peut pas vouloir dire s'associer sans discernement à tous ceux qui s'y opposent. L'ennemi de mon ennemi n'est pas forcément mon ami. On voit aujourd'hui des groupes radicaux, sectaires et agressifs essayer de tirer profit du mécontentement des musulmans pour se mettre en avant et acquérir une audience auprès de la base. Des groupes musulmans qui n'ont pas hésité à s'associer à des mouvements d'extrême droite, à soutenir le tyran Saddam Hussein, à développer des thèses radicales apparaissent ou réapparaissent aujourd'hui et cherchent un leadership fondé sur la capitalisation de l'émotivité blessée des musulmanes et des musulmans. Ils en font une affaire strictement musulmane, ils entretiennent le sentiment victimaire et n'ont dans les faits aucune stratégie de résistance à long terme. Ils appellent les musulmans à manifester pour dire « Non » sans autre projet ni vision. Il ne peut s'agir de faire cause commune avec ce type d'opportunisme, fusse-t-il le fait de musulmans."

Le message de Quibla à Tariq Ramadan (on doute qu'il daignera nous lire, mais nous l'écrivons quand même, si d'autres personnes sont intéressées) : « Monsieur Ramadan, la République Française est née dans la rue. Et c'est sur les boulevards parisiens que les forces se mesurent. Si je veux manifester aux cotés de jeunes femmes le visage voilé, en Bourka ou en djellaba, c'est mon droit. Et c'est un honneur que de les soutenir. En tant que Musulman, je n'ai pas de complexe et en tant que Français, je compte bien montrer à mes compatriotes que je suis bien vivant et que je suis fier de réclamer mes droits comme l'on fait avant moi les Communards et des générations de Français. C'est un sentiment étranger aux Suisses il est vrai.
Je suis tolérant, alors soyez-le également.»

Faut-il manifester le 17 janvier avec le PMF?


Il n'y a pas de sujet tabou Chez Quibla.net. La question que tout le monde se pose, en cette veille de manifestation nationale, mérite une réponse.

Quel est le but de la manifestation? Dénoncer le projet de loi antihijab.
Qui l'organise ? Le Parti des Musulmans de France organise cette manifestation qui devrait démarrer place de la République à Paris à 14 heure et se terminera à Stalingrad.

1) Pourquoi faut-il y aller?
2) Pourquoi ne faut-il pas y aller?
3) Annexe: Quelques considérations sur le PMF

1) Pourquoi faut il y aller? Si vous souhaitez exprimer votre indignation après l'annonce d'un projet de loi qui interdirait aux élèves des écoles publiques de porter un hijab, et que vous désirez défiler en toute sécurité dans les rues de Paris pour exprimer votre opinion, alors il faut y aller. Le PMF est spécialisé dans l'organisation de manifestations sur la voie publique (il ne fait de toutes manières que cela ) et vous ne serez pas obligé-es de prendre votre carte, ni de vous engager a participer à leurs prochaines réunions. Défiler le 17/01 ne vous empêchera pas non plus de manifester le 7 février avec l'ensemble des mouvements qui appellent à cette autre manifestation (voir leur appel dans la rubrique "agenda").

2) Pourquoi ne faut-il pas y aller? Si vous pensez que manifester dans les rues est inutile ou que les réunions prévues le même jour par des organisations concurrentes sont plus importantes ou que vous êtes pour l'interdiction du hijab, alors n'y allez pas.
L'argument de la récupération d'un événement pour se faire de la pub est difficilement applicable au PMF, et ne saurait influer sur le fait d'y aller ou pas. Le PMF n'a pas attendu ce projet de loi pour exister et ne recherche en rien à se développer. (Voir l'annexe).
De plus, les Musulmans étant très motivés pour combattre ce projet de loi injuste, le PMF ne pourra pas se glorifier du nombre probablement important de participants.

3) Annexe: Quelques considérations sur le PMF
Depuis 1997, date de sa création, le PMF a su mobiliser des foules et organiser avec succès des manifestations pour défendre des causes que beaucoup refusent de porter sur la place publique, lors des travaux entrepris par les sionistes sous l'Esplanade des mosquées à Jérusalem ou à la veille de la guerre d'Iraq par exemple. Mais en six ans, le Parti des Musulmans de France n'a jamais réussi à se structurer, ni à concocter les moindres statuts. Ce qui n'est pas obligatoire en France pour un parti politique, mais qui freine sérieusement son développement. À l'exception de son président M. Mohamed Ennacer Latrèche, les membres du PMF changent continuellement. Non pas que les activités ou que l'éthique de ce parti politique soient remises en causes par ceux-ci, mais M. Latrèche préfère sans doute conserver un embryon de parti plutôt que de voir son oeuvre lui échapper.
C'est dommage, tant les musulmans de France ont besoin d'un soutien politique par ces temps confus. Un parti peut agir là ou des associations restent sans force. Par exemple : quelle influence peuvent avoir, vis-à-vis des autorités, les nombreux adhérents de l'UOIF, quand sa direction est engagée dans le CFCM et qu'elle a, pour y siéger, fait d'obscures promesses?

Il ne fait aucun doute qu'un parti politique regroupera en France des Musulmans dans les prochaines années. Faudra t-il attendre l'avènement de l'État européen? Ou la nouvelle génération saura-t-elle surmonter les nombreux obstacles?

Nous restons optimistes.