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Les protocoles des Fous de Sion

Victimes d'hier, bourreaux d'aujourd'hui, avec la bénédiction des bourreaux d'hier
Les Palestiniens devraient exiger des réparations de l’Allemagne
Par   Khalid AMAYREH, 21 février 2008.  Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

 

Metin Kutusu:  Durant les premiers mois de l’Intifada Al Aqsa (30 septembre 2000, NdT) contre l’occupation israélienne, un officier israélien dans la région de Naplouse dit à plusieurs dizaines de prisonniers palestiniens menottés et encagoulés par les soins de ses soldats : « Nous vous traitons comme les nazis nous ont traités, et peut-être que quand vous aurez échappé à notre emprise, vous trouverez d’autres gens, que vous traiterez à votre tour, de la même manière dont nous vous traitons aujourd’hui. »

Ce n’était pas là une remarque facétieuse. Cet officier manifestait véritablement des symptômes caractérisés d’une psychose collective qui imprègne l’ensemble de la société juive israélienne. C’est cette maladie mentale collective qui fait commettre aux Israéliens les crimes les plus odieux sans ressentir le moindre soupçon d’un quelconque sentiment de culpabilité.

Dan Halutz, l’ancien commandant en chef de l’aviation de guerre israélienne, puis chef d’État-major des armées, ne s’est-il pas vanté de dormir à poings fermés comme un bébé et de n’avoir pas le moindre remords après avoir donné l’ordre à un avion de chasse F-16 de lâcher une bombe d’une tonne sur un immeuble résidentiel, en plein centre de Gaza, tuant seize personnes, dont onze enfants  dans leur sommeil ?

De fait, il y a une relation ombilicale entre l’holocauste et le comportement d’une cruauté inouïe qui est celui d’Israël à l’encontre des Palestiniens. Dernière analyse, les Palestiniens sont les victimes des victimes, comme l’avait formulé le regretté intellectuel palestinien Edward Said.

Ce ne serait pas s’aventurer dans le royaume de l’absurde que de dire que si les Juifs n’avaient pas été victimes de l’holocauste, les Palestiniens n’auraient pas été brutalisé par desJjuifs d’une manière si diabolique, et sur une si longue durée.

Dans un certain sens, il serait à peine  exagéré de dire que c’est l’Allemagne nazie qui a créé Israël. Oui, certes, le sionisme a précédé l’holocauste ; mais c’est bien l’holocauste qui a fourni au sionisme l’argument déterminant en faveur de la création d’un État juif.

Et non seulement cela : l’holocauste s’est avéré – et c’est encore le cas, aujourd’hui – être le dernier obstacle à toute objection étayée élevée contre les crimes d’Israël à l’encontre des peuples du Moyen-Orient. Cela explique la raison pour laquelle, et de quelle manière, Israël, qui peut être considéré, plus ou moins, comme une réincarnation de l’Allemagne nazie, est traité par la communauté internationale comme étant au-dessus des lois qui régissent le reste du monde.

En outre, Israël continue à invoquer l’holocauste pour justifier sa répression féroce contre les Palestiniens. Même les appels de colons juifs à « envoyer les Arabes dans les fours » (que tout visiteur de la ville d’Hébron verra barbouillés sur les murs de l’enclave de colons juifs, en plein centre-ville), sont justifiés au nom de l’holocauste. Toute critique de la criminalité et du suprématisme de l’État israélien, toute objection légitime contre la répression arbitraire déchaînée contre les Palestiniens, toute critique des colons en maraude se retrouve, à chaque fois, en butte au mantra de l’holocauste ! Bref, tout homme, toute femme et tout enfant palestinien doit souffrir et mourir, à cause de l’holocauste.

Aujourd’hui, tout-e conscrit-e israélien-ne, en particulier ceux-elles  qui sont affecté-es à la répression en Cisjordanie, est tenu-e de visiter le mémorial de l’holocauste Yad va Chem, à Jérusalem, juste avant d’être déployé-e dans les centres de population palestiniens pour y réprimer et y harceler ces civils désarmés et impuissants, qui n’ont jamais rien eu à voir avec l’holocauste.

Nul besoin d’être un grand psychologue pour remplir les pointillés et comprendre les implications réelles et dévastatrices de cette association des nazis, les persécuteurs des juifs, avec les Palestiniens, les victimes des sionistes.

Pour la plupart des soldats israéliens, le message mental est inéquivocable. Les Palestiniens  sont les nazis d’aujourd’hui… et  en les tuant et en les brutalisant de la façon la plus extrême, les juifs ne font que prévenir la résurgence d’un nouvel holocauste. Certains Israéliens ont le sentiment qu’en attaquant sauvagement les Palestiniens, ils ne font en réalité que venger l’holocauste par procuration, ce qui leur procure une intense satisfaction psychologique.

Dans leur subconscient, beaucoup de juifs israéliens admirent, en réalité, les nazis et leur brutalité. C’est la raison pour laquelle certains de ces soldats et de ces officiers cherchent, bien souvent à imiter la brutalité nazie, et à la transférer sur les Palestiniens, dès lors qu’à leurs yeux, la force prime toujours le droit.


Carlos Latuff

Aveuglement moral

Cela nous conduit à aborder l’Allemagne d’après-guerre et sa capitulation morale devant le chantage sioniste. Depuis presque soixante ans, désormais , l’Allemagne s’ingénie à essayer de se faire pardonner son holocauste en permettant à Israël de commettre un nouvel holocauste à l’encontre des Palestiniens – et le fait que ce nouvel holocauste n’utilise pas de chambre à gaz importe peu.

L’Allemagne, de Konrad Adenauer à Angela Merkel s’est toujours comportée, vis-à-vis d’Israël, d’une manière ignorant grossièrement et totalement l’oppression monumentale infligée par Israël au peuple palestinien.

Les Allemands, de manière générale, et l’élite politique allemande, en particulier, ont regardé, les bras croisés, Israël perpétrer tous les crimes possibles et imaginables à l’encontre de Palestiniens sans défense. En revanche, ils ont détourné le regard, de peur de déplaire à leurs puissantes victimes de naguère, après qu’elles eurent pris le contrôle de puissants États, comme les USA.

L’Allemagne a été toujours effrayée et réticente à l’idée d’appeler un chat un chat, surtout quand ses griffes étaient juives, de peur de s’entendre rappeler l’horreur brutale de son récent passé.

Certes, l’Allemagne est un géant économique et politique, mais c’est, de toute évidence, un nain moral, qui non seulement a gardé le silence devant les crimes israéliens, durant toutes ces années, mais qui a donné à Israël les moyens technologiques d’assassiner des enfants palestiniens. L’Allemagne a aussi donné à Israël, à titre gracieux, dit-on, des sous-marins dernier cri, capables de lancer des missiles nucléaires.

Je ne sais pas quand l’Allemagne se réveillera de sa longue léthargie morale, ni quand elle se libérera du sinistre étouffoir sioniste.

Le temps n’est-il pas venu, pour l’Allemagne, de reconnaître que son holocauste était diabolique en soi, et non pas nécessairement juste parce que ses victimes étaient essentiellement juives ? Un holocauste contre tout autre groupe ethnique ou religieux a-t-il jamais été plus acceptable ? L’Allemagne se serait-elle comportée différemment, eût son holocauste pris pour cible des non-juifs ? Les Allemands sont-ils à ce point absorbés par leur holocauste en raison de son énormité morale, ou simplement en raison de la puissance juive d’après-guerre ?

Ces questions sont vitales et pertinentes dès lors qu’elles peuvent contribuer à libérer – enfin ! – les Allemands de leur dilemme moral obsédant, consistant à rester moralement engagés à aider leurs victimes d’hier à brutaliser, assassiner et détruire un autre peuple sans défense, qui n’avait strictement rien à voir avec l’holocauste, un peuple dont le seul crime est d’être faible, désarmé, mais déterminé à vivre libre.

Sans doute est-il inutile d’en appeler à la nomenklatura politique en Allemagne, un pays qui, à l’instar de son pays frère tout aussi maléfique, les USA, n’est nullement fondé sur la moralité, mais sur l’intérêt politique immédiat.

Néanmoins, nous sommes confortés par certaines indications récentes selon laquelle l’Allemagne pourrait, enfin, recouvrer sa lucidité, sortant de décennies d’aveuglement moral et d’indifférence criminelle à l’égard des Palestiniens, ses dernières victimes en date.

D’après certaines informations des médias, un groupe d’intellectuels allemands a appelé Berlin à abandonner son soutien aveugle à Israël conditionné par sa shoah, invoquant à juste titre l’argument selon lequel la création de l’État juif a fait des Palestiniens, eux aussi, des victimes de l’holocauste nazi.

Ces intellectuels, au nombre desquels figurent 25 personnalités éminentes, ont avancé l’idée que c’est l’holocauste perpétré par l’Allemagne qui a entraîné les souffrances incessantes, tout au long des six décennies écoulées, au Moyen-Orient, ces souffrances qui sont devenues, ces dernières années, absolument insupportables.

De plus, ces intellectuels ont déclaré que « sans l’holocauste des juifs, Israël ne se sentirait pas fondé, voire obligé, de fouler aux pieds les droits humains des Palestiniens et des habitants du Liban.

Bien entendu, le langage utilisé ici est extrêmement modéré, car, comme on le sait, les agissements d’Israël en Palestine et au Liban outrepassent, et de très loin, le simple fait de violer les droits humains des Palestiniens et des Libanais…

Israël, il faut dire les choses telles qu’elles sont, est en train de perpétrer un véritable génocide. Ainsi, le lâchage de deux ou trois millions de bombes à fragmentation sur les zones civiles, dans le Sud du Liban, est constitutif, par excellence, d’un acte de génocide d’une extrême gravité, puisque deux ou trois de ces bombes à sous-munitions suffisent à tuer de deux à trois millions d’enfants. On peut en dire de même du blocus en cours contre Gaza, qui tue des Palestiniens innocents, par centaines.

Réparations

A la lumière de la relation ombilicale démontrée entre l’holocauste et le calvaire actuel des Palestiniens, on peut dire que le peuple palestinien a un droit moral légitime à exiger des réparations pour son holocauste aux autorités allemandes.

Les Palestiniens ont quasiment tout perdu. Et tout Palestinien, sous le soleil, a une histoire de souffrances. Le soussigné, par exemple, qui a perdu trois oncles paternels, tombés sous les balles sionistes, le même jour. Et jusqu’à ce jour, il n’y a eu, de la part d’Israël, nulle reconnaissance de sa culpabilité, aucune compensation – rien !

Je sais que mes propos risquent de provoquer maints froncements de sourcils en Allemagne. Toutefois, si les Allemands ont le courage moral de procéder à une introspection profonde, ils découvriront, je ne saurais en douter, que les Palestiniens sont plus que fondés à réclamer des réparations adéquates et justes à l’Allemagne, en raison des calamités énormes que l’Allemagne nazie nous a infligées.

Original  : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=4680&lg=en