Et si ce n'est pas bon pour les Juifs? Ariel Toaff
retire son livre du commerce
Par Lily Galili, Haaretz, 19 février 2007. Traduit et présenté
par Djazaïri et révisé par Fausto Giudice
Introduction du traducteur
Haaretz est le quotidien
sioniste dit de "qualité," un peu comme "Le Monde"
en France, du moins à une certaine époque. Il accueille notamment les
articles de Gideon Levy, un journaliste
courageux et talentueux.
L'article que je vous
propose n'est pas de Gideon Levy et se rapporte à une affaire dont je
ne vous aurais pas parlé si la presse hexagonale l'avait fait en temps
et en heure, quitte à ce qu'elle s'entoure des précautions qu'elle estime
d'usage quand ça l'arrange.
Ce texte porte sur un
des derniers sujets d'agitation dans l'entité sioniste, agitation causée
par la publication en Italie d'un travail de recherche d'un universitaire
sioniste, fils de l'ancien grand rabbin de Rome par ailleurs, qui accrédite
l'idée que des Juifs auraient pratiqué au Moyen-Age des sacrifices rituels
d'enfants chrétiens, l'auteur disant avoir une certitude absolue dans
au moins un cas.
Diable, des sacrifices
humains! d'enfants chrétiens! C'est, de fait, une des thèses classiques
de l'antisémitisme européen traditionnel.
L'auteur prend pourtant
bien soin d'expliquer que cette pratique a été extrêmement marginale
et nullement caractéristique de l'orthodoxie juive, au contraire.
Peine perdue, l'ouvrage
avant même publication est considéré comme venant alimenter ou réalimenter
l'antisémitisme chrétien et, peut-être, donner du grain à moudre à quelque
chose d'équivalent dans le monde musulman.
Du coup, sous de multiples
pressions, l'auteur vient de différer la sortie de son livre qui ne
sera publié qu'après avoir été amendé. Pour avoir une idée de qui a
exercé la pression la plus efficace sur cet historien, il suffit de
lire dans La Croix qu'il a décidé
de reverser l'intégralité des bénéfices générés par la vente de l'ouvrage
à l'Anti-Defamation League, la
LICRA aux USA. Comme d'hab, nous attendons au tournant
les habituels défenseurs de la liberté d'expression (Philippe Val, Redeker
et consorts) qui ne manqueront pas de s'indigner. Surtout Redeker qui
"travaille" désormais au CNRS (Centre national de la recherche
scientifique) : soutenir un collègue dans la mouise serait tout à son
honneur.
Mais l'article que je
vous propose a aussi l'intérêt de parler de la liberté de la recherche
d'une manière très concrète et cette discussion qui déborde l'entité
sioniste est valable dans n'importe quel pays.
Et enfin, autre intérêt
et non des moindres, il nous permet incidemment d'apprendre comment
les Juifs de palestine avaient accueilli la première croisade. Pour
moi, ce passage de l'article est un "must" comme on dit en
franglais.
Djazaïri
Ariel Toaff et son livre, qu'il vient de demander à l'éditeur Il Mulino
(fondé par Romano Prodi) de retirer de la vente
Et si ce n'est pas bon pour les Juifs?
Dans un pays où l'histoire fait les gros titres, le livre du professeur
Ariel Toaff, "Pâques sanglantes : les Juifs d'Europe et les meutres
rituels," sur les Juifs européens et les accusations de sacrifices
humains a, sans surprise, déchaîné une tempête. Dans la controverse
qui entoure maintenant cet universitaire – qui se trouve également être
le fils d'Elio Toff, l'ancien grand rabbin de Rome – l'institution où
il enseigne, la Bar-Ilan University,
garde un silence presque total. L'université vient à peine de sortir
de la posture défensive qu'elle avait été forcée d'adopter suite à la
découverte que Yigal Amir, l'assassin du premier ministre Yitzhak Rabin,
était un de ses étudiants (certains responsables de Bar-Ilan considèrent
que l'université était allée trop loin dans les excuses à cette époque).
Aujourd'hui elle est devant un nouveau casse-tête : on rapporte que
le livre de Toaff montre qu'il pourrait bien y avoir quelque vérité
dans au moins une des accusations de sacrifice humain – celle dans laquelle
les Juifs de Trente [en Italie] étaient accusés d'avoir assassiné un
enfant nommé Simon et d'avoir utilisé son sang pour pétrir du pain azyme
pour la Pâque de 1475.
Maintenant que Toaff est rentré en Israël après avoir quitté Rome où
il s'était rendu pour la publication du livre en italien, Moshe Kaveh,
le président de la Bar-Ilan University
a demandé à le rencontrer. En attendant, les collègues de Toaff, dont
la plupart n'a pas lu "Pâques sanglantes" s'intéressent à
ses motifs, avec des explications qui vont de la forte envie d'être
publié à celle de faire connaître le lien avec son père qui avait joué
un rôle central dans le grand changement concernant les relations entre
le monde juif et l'église catholique romaine. C'est lui qui avait accueilli
le Pape Jean-Paul II lors de sa visite historique dans une synagogue
de Rome en 1986.
Il aurait été bien plus aisé de rejeter ce livre si son auteur avait
été chrétien. Le dilemme aurait alors été vite résolu en taxant l'universitaire
d'antisémite. Il est également facile de s'occuper des Juifs radicaux
de la Diaspora qui non seulement
s'en prennent aux politiques israéliennes mais remettent aussi parfois
en cause le droit même à l'existence d'Israël. On peut simplement les
traiter de Juifs honteux. L'affaire devient bien plus compliquée quand
un intellectuel juif d'une université religieuse juive s'occupe d'une
question qui ravive des peurs fondamentales chez les Juifs.
Au cours de toute l'histoire des Juifs, les accusations de sacrifice
humain, qui réactualisent métaphoriquement l'accusation selon laquelle
les Juifs ont tué Jésus, n'ont pas été une simple question d'image;
elles étaient une question de vie ou de mort. Certains universitaires
pensent qu'elles remettent encore en cause la survie des Juifs parce
qu'elles transforment l'antisémitisme en discours rationnel. Le professeur
Israël Jacob Yuval de l'Université hébraïque où il enseigne l'histoire
déclare : "J'ai moins d'inquiétude pour les développements en Europe
qui connait actuellement un processus de sécularisation, Par contre
je suis très inquiet des réactions dans le monde islamique où une histoire
de de ce genre pourrait exciter les passions et être utilisée à d'autres
fins."
Yuval, qui rejette catégoriquement l'éventualité d'une quelconque
véracité des accusations de sacrifice humain, compte tenu de la nature
précaire de l'existence de la minorité juive dans l'Europe médiévale,
avait été lui-même la cible d'attaques du milieu universitaire en relation
avec ce sujet très chargé émotionnellement. En 1993, il avait publié
un article dans lequel il affirmait que les accusations européennes
de sacrifices humains au XIIème siècle étaient liées au comportement
des Juifs pendant la première croisade quand, par des actes de martyre,
des Juifs s'étaient suicidés après avoir tué leurs propres enfants.
Yuval s'était intéressé à la manière dont ces événements avaient été
déformés dans la Chrétienté où on affirmait que si des Juifs pouvaient
tuer leurs propres enfants, ils faisaient certainement de même avec
les enfants chrétiens. Même s'il affirmait que les accusations de sacrifices
humains étaient sans fondement et étaient le fruit de l'imaginaire chrétien,
il avait fait l'objet d'attaques sévères de la part de ses collègues.
Des publications universitaires maintenaient qu'il avait rendu les victimes
juives responsables des accusations de sacrifices humains et avait profané
leur martyre. Il apprit plus tard que des gens avaient même appelé à
son éviction de l'université. En dépit de sa propre expérience, il ne
pense pas que les chercheurs devraient s'abstenir de publier des découvertes
qu'ils considèrent comme valables.
Même si la
Bar-Ilan University affirme n'avoir aucune intention
de nuire à la position académique de Toaff, toute cette affaire soulève
le problème de la liberté d'expression académique en Israël. La question
est devenue l'objet d'un débat public dans la controverse sur une thèse
de master à l'université d'Haïfa. Théodore Katz, un étudiant diplômé
de premier cycle, avait soutenu que la
brigade Alexandroni de l'armée israélienne avait perpétré
un massacre dans le village arabe de Tantura pendant la guerre d'indépendance
d'Israël. Dans une lettre qu'il avait fait parvenir aux anciens membres
de cette brigade, le chef de cette opération affirmait que ses "sentiments
de frustration et d'humiliation ne pouvaient se comparer qu'aux émotions
provoquées par une accusation de sacrifice humain."
Une chose est indiscutable dans la communauté universitaire israélienne
: les limites de la liberté d'expression sont déterminées d'abord et
surtout par la qualité et le niveau de la méthodologie de recherche.
Tout le reste peut néanmoins être sujet à dispute. Certains universitaires
Israéliens maintiennent que tant qu'une recherche correspond aux critères
académiques, aucun sujet ne devrait être censuré ou interdit; d'autres
affirment que les chercheurs devraient s'auto-censurer et toujours se
demander si leur travail est "bon ou pas bon pour les Juifs."
"Je pense que des mesures administratives ne devraient pas s'appliquer
à la délimitation des limites de la liberté académique," observe
le Dr Ze'ev Hanin qui enseigne la sociologie politique à Bar-Ilan. "Toutefois
les chercheurs ne doivent pas seulement essayer d'avoir raison; ils
devraient aussi se demander si ce qu'ils font est sage. Nulle part dans
son étude Toaff n'affirme de manière étayée que des Juifs ont utilisé
du sang chrétien; son livre est plutôt un jeu intellectuel sur des analogies.
Si c'est ce qui a été publié, alors cet universitaire manque à la fois
de culture et de goût. Il doit tenir compte de sa responsabilité qu'il
assume quant aux conséquences qu'aura ce livre." Hanin concède
qu'il ne publierait personnellement jamais une telle étude. "Cela
tient à ma propre culture académique," affirme-t-il catégoriquement.
"Ses découvertes ne sont pas fiables à 100 %. C'est pourquoi je
ne me demande pas quel genre d'universitaire est Toaff, mais bien quel
genre de personne il est."
Si Hanin parle avec franchise de ses propres limites dans le domaine
de la recherche, d'autres parlent de la censure qui leur est imposée,
généralement pour des raisons politiques et par des méthodes qui tiennent
du "terrorisme universitaire."
L'historien Moshe Zimmerman, professeur à l'Université hébraïque a personnellement
subi une telle censure. Zimmerman, qui a le goût de la provocation,
avait déclaré que les colons juifs d'Hébron élevaient leurs enfants
selon les principes des Jeunesses Hitlériennes. A ce jour, il plaide
que cette analogie résultait d'une recherche académique. Le résultat
a été affligeant. "Mes collègues avaient exigé mon renvoi,"
se souvient-il. Même si je n'ai pas été révoqué, mes perspectives de
carrière se sont amoindries. Dans mon affaire, comme dans celle de Toaff,
le bruit courait que 'les donateurs de l'Université allaient commencer
à s'inquiéter'. Et c'est vraiment une menace."
Le Dr Ron Breiman, membre de Professeurs pour un Israël Fort, une organisation
de droite, voit naturellement les choses autrement. Pour lui, tout est
politique. "Nous abusons de la liberté d'expression universitaire.
Même si l'étude de Toaff était correcte du point de vue factuel, qu'a-t-elle
produit en dehors du sensationnalisme et de la stigmatisation du nom
du peuple juif dans les générations à venir? Une recherche de ce genre,
censée être publiée au nom de la liberté de la recherche, entame la
validité morale qui pèse sur l'interdiction de la négation de l'holocauste.
Ceux qui soutiennent une liberté complète de la recherche doivent accepter
la négation de l'holocauste du fait qu'elle fait l'objet de travaux
de recherche dans lesquels des universitaires remttent en question l'existence
même de l'holocauste ou son étendue."
Cependant Breinman est opposé à toute sanction contre Toaff. "J'attendrais
de lui qu'il montre un sens de la responsabilité personnelle. Il y a
assez d'antisémitisme dans le monde." Dans ce contexte, Zimmerman
fait une suggestion intéressante. Tout Juif qui se sent personnellement
humilié et insulté par l'étude de Toaff et pense qu'il est possible
de prouver que la méthodologie qu'il a utilisée pour parvenir à ses
conclusions était incorrecte a la possibilité d'entamer une procédure
judiciaire à son encontre. Il esiste un précédent d'une telle action
: "Les Protocoles des sages de Sion," avaient été présentés
à un tribunal suisse dans les années 20 en vue de déterminer si c'était
un faux. Toutefois, à la lumière de sa propre expérience du système
judiciaire ici, Zimmerman pense que les tribunaux israéliens n'aiment
pas être impliqués dans des disputes entre historiens.
Dans ce débat, tout le monde admet que Toaff s'est mis lui-même dans
la zone de turbulences. Pour un de ces collègues, "ce drame personnel
va changer sa vie. D'un autre côté, combien de fois des historiens ont-ils fait
la une des journaux en Israël et dans le monde?"
Original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/827036.html
Traduit par Djazaïri pour http://mounadil.blogspot.com et révisé par
Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs
pour la diversité linguistique.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2110&lg=fr
Une justice à deux vitesses
Par
Ginette Hess Skandrani, 22 février 2007
Kemi
Seba et ses deux compagnons condamnés à 5 mois de prison, dont deux
mois fermes pour avoir répondu vivement à des policiers lors d'un contrôle
d'identité sur le parking d'un supermarché à Chartres...
Raphaël Schoeman condamné à 6 mois de prison avec sursis pour
menaces de mort matérialisée par écrit et image, détention sans autorisation
d'un arsenal d'armes et munitions de catégorie 1 ou 4, arrêté puis relâché...
Pourquoi ces deux poids, deux mesures ?
Où est la différence de traitement ?
Kemi Seba, si lourdement condamné, n'a jamais agressé personne et
n'a commis aucun acte terroriste, contrairement à ce M. Schoemann.
Je sais que Kemi Seba a la langue bien pendue, mais il n'est pas le
seul. La parole, y compris si elle dérange, ne doit pas devenir un
délit punissable par incarcération, sinon ce sera, au-delà d'une
justice sélective, le début d'un déni de démocratie.
Raphaël Schoenman, un retraité, avait envoyé des menaces de mort
accompagnées de deux balles de 22 long rifle et d'un message "
la
prochaine n'arrivera pas par la poste " entre 2002 et 2004 à douze
personnes connues pour leur engagement de soutien au peuple
palestinien. Ces méthodes rappellent étrangement celles de l'OAS au
temps de la guerre d'Algérie, ou du KKK aux USA.
Il a avoué les faits.
Lors du procès du 22 juin 2006, il été condamné à 6 mois de prison
avec sursis et à verser 1000 Euro pour frais d'avocat aux
personnes qui étaient défendues et 1 Euro à celles qui se
défendaient toutes seules.
Les enquêteurs ont trouvé chez R. Schoemann un nombre
impressionnant d'armes : carabine, pistolet, revolver, fusil d'assaut,
cartouches de différents calibres, un réducteur de son et une lunette
de visée laser nocturne. De quoi assassiner discrètement les
personnes qu'il a menacées et qu'il accuse mensongèrement de
propager des thèses antisémites et négationnistes.
Dans ce dossier, il n'y a eu aucun approfondissement sur les liens
entre M. Schoemann et un État étranger, en l'occurrence Israël, ni sur
ses liens avec les organisations sionistes et paramilitaires comme le
BETAR et la Ligue
de Défense Juive qui agressent les gens dans des
lieux publics et privés, y compris les forces de l'ordre, ni sur ses
activités politiques. Aucune réelle recherche n'a été faite sur l'origine
de cet énorme arsenal, particulièrement sur les armes de guerre que
l'accusé n'a pas pu se procurer en France n'a été faite.
Malgré la gravité des faits et le manque évident d'enquête objective,
il a d'une part, été laissé en liberté provisoire, et d'autre part
bénéficié de circonstances atténuantes pour sa condamnation, actes
autorisant de ce fait et justifiant toutes sortes d'agressions. contre
des militants de la cause palestinienne, comme celle dont j'ai été
victime le 25 octobre à mon domicile par deux jeunes gens tout de
noir vêtus avec des casques à la main dont ils se sont servis pour
me cogner.
M. Schoemann a été condamné, en appel le 14 février 2007, à verser
600 Euro à chacune de ses victimes : Mondher Sfar, Isabelle
Coutant-Peyre , Maria Poumier, Gilles Munier et moi-même, plus 800
Euro pour frais d'avocat pour ceux qui ont voulu être défendus, ce
qui n'était pas mon cas ni celui de Mondher.
Je me suis pourvue en cassation afin que cette affaire ne tombe pas
dans les oubliettes de la justice.
Affaire à suivre...
Sur cette affaire, lire :
http://azls.blogspot.com/2007/01/histoire-de-balles-et-de-menaces-de.html
http://azlsbasta.splinder.com/tag/ginette_hess_skandrani
L'affaire Schoemann en
appel - Et pour 400 euros de plus
par
Gilles Munier, 15 février 2007
Raphaël Schoemann, le fanatique qui m’a menacé de mort en juillet
2003, ainsi que douze personnes connues pour leur soutien au peuple
palestinien (1), avait été condamné le 11 mai 2006 à 10 mois
de prison avec sursis, et à payer à ses victimes la somme ridicule de…
1 euro de dommages et intérêts, plus 1000 euros à quatre avocats.
L’instruction ayant été bâclée, et les miliciens du
Bétar et de la
Ligue de Défense Juive jouissant en France
– de facto - d’un statut particulier les mettant au dessus
des lois, je ne m’attendais pas à ce que Schoemann soit vraiment sanctionné.
En revanche, je pensais qu’il écoperait, pour la forme, de quelques
mois de prison ferme pour « détention d’armes non déclarées » :
la police avait en effet découvert à son domicile une cache d’armes
de guerre, des caisses de munitions, un réducteur de son et une lunette
de visée laser de nuit. Je me faisais des illusions.
L’incroyable et scandaleuse
mansuétude de la Justice
française
En France, comme
jadis les Européens dans l’Empire Ottoman, des « capitulations »
protègent les partisans d’Israël, du moins ceux qui changent d’allégeance
en fonction des délits qu’ils commettent. On a l’impression qu’ils ne
peuvent être jugés que par les lois du pays dont ils se réclament. Autant
dire : jamais.
La loi française ne permettant pas de remettre en cause
une décision pénale, nous avons été cinq à faire appel sur le plan civil
et à solliciter « une appréciation plus juste du préjudice causé »
(2). Là encore, nous nous faisions des illusions. Le 14 février,
la Cour d’appel de Paris a condamné
Raphaël Schoemann à verser à chacun de nous 500 euros et 800 à nos avocats!
« Service après vente
du 3ème Reich ! »
Au cours du procès qui s’est déroulé le 17 janvier
2007, il était arrogant, comme sûr de son impunité. Il n’a présenté
aucune excuse, ni dit qu’il ne recommencera pas. Pour sa défense, il
nous a simplement désigné comme étant « le cœur du mouvement
négationniste français… le service après vente du 3ème Reich… » !
Il n’a pas nié s’être rendu au domicile de Maria Poumier,
une de ses victimes, accompagné d’un complice apparemment muni d’une
carte de police, comme pour reconnaître les lieux.
Il n’a pas nié, non plus, m’avoir adressé – malgré
sa mise en examen - un courriel
inspiré d’un article paru dans une revue d’extrême droite, pour me rappeler
qu’il existe des milices juives, intouchables, qui sont à l’origine
de : « mort d’hommes, blessures suivies de coma profond,
infirmités à vie, séquelles graves, actes de barbarie, yeux crevés,
tabassage, vitriolage…, en la présence des policiers ou de gardes refusant
d’intervenir, nombreuses hospitalisations, nombreux guet-apens… ».
Autrement dit : « Voilà ce qui peut t’arriver… et à
bon entendeur, salut ! ».
Ginette Hess-Skandrani, 68 ans, a relaté aux juges
l’agression dont elle a été victime à son domicile le 25 octobre dernier,
et dit qu’elle a peut être un lien avec l’affaire Schoemann. Deux jeunes
miliciens juifs ont pénétré chez elle et l’ont rouée de coups de casques
en lui criant : « Tu sais pourquoi nous sommes venu ».
Elle a été transportée d’urgence à l’hôpital. Un des agresseurs est
connu de la police qui enquête. Espérons que son procès aura lieu un
jour, et sous de meilleurs auspices que le nôtre !
Pot de terre contre pot
de fer
Ulcérée par le verdict de la Cour d’appel, Ginette Hess-Skandrani
a décidé de se pourvoir en cassation. Moi, je laisse tomber. En portant
plainte, nous avons prouvé une nouvelle fois l’incroyable et scandaleuse
mansuétude des tribunaux républicains pour les nervis pro israéliens.
Arrivés comme victimes, nous nous sommes quasiment retrouvés en position
de coupables et notre procès s’est transformé en bataille de pot de
terre contre pot de fer.
Comme je l’ai dit aux juges de la Cour d’appel : « L’impunité
dont jouissent en France les extrémistes juifs les rend de plus en plus
violents. Elle favorise l’antisémitisme et risque de pousser un jour
leurs victimes excédées à faire justice elles mêmes ».
(1) Eyal Sivan, Isabelle Coutant-Peyre, Ginette Hess-Skandrani, Maria
Poumier, Lucien Bitterlin, Monique Chemiller-Gendreau, Alain Lipietz,
Gilles Munier, José Bové, Annie Coussemant, Mondher Sfar, Jean-Claude
Willem.
(2) Isabelle Coutant-Peyre,
Gilles Munier, Maria Poumier, Ginette Skandrani et Mondher Sfar.
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