| Les Protocoles
des Fous de Sion |
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Haro sur gros Nounours
Raymond Barre, les « Français innocents » de la rue Copernic, Maurice
Papon et le « lobby juif »
Quelques phrases
prononcées le 1er mars dernier par l’ancien Premier ministre
de Giscard (1978-1981), Raymond Barre, professeur d’économie, plusieurs
fois ministre et maire de Lyon de 1995 à 2001,
ont suscité une nouvelle tempête, les habituels hérauts du lobby
sioniste, rejoints par Marie-Georges Buffet (alias « Madame 1% »)
hurlant une fois de plus à l’antisémitisme. Raymond Barre, qui est aujourd’hui
un retraité de 83 ans, est tout sauf un extrémiste ou un excité et il
s’est rendu célèbre en s’endormant dans des cérémonies officielles,
ce qui lui valu le surnom affectueux de « Gros Nounours ».
Mais qu’a-t-il dit exactement ? Voici la transcription des propos
qu’il a tenus à l’émission « Le rendez-vous
des politiques » sur France Culture, où il était invité pour être interrogé
sur son livre "L'Expérience du pouvoir"- l'émission
a été enregistrée le 20 février 2007. On lira ensuite l’attaque insensée
portée par le redoutable Claude Lanzmann dans Libération du 6 mars et
les deux réponses de Raymond Barre, le 6 mars à l’émission « Les
grosses Têtes » de Philippe Bouvard sur RTL, et le 9 mars, dans
une déclaration transmise à l’AFP, où Gros Nounours annonce qu’il gardera
désormais le silence sur ces affaires.
« Maurice Papon était le Ministre du Budget de Raymond
Barre de 1978 à 1981. Est-ce qu’aujourd’hui vous ne regrettez pas ?
Raymond Barre : Premièrement, je ne le regrette pas, parce que je sais
dans quelle condition, j’ai proposé au président de la République de nommer
Papon ministre du Budget. C’était un grand commis de l’État. Je savais
qu’à Bordeaux, c’est le Général de Gaulle qui l’avait maintenu. Il avait
été préfet, notamment en Algérie. Très courageux. Il avait été préfet
de police à Paris pendant 10 ans. D’ailleurs il a payé surtout à cause
de Charonne - entre nous. Le reste c’était un alibi. Moi je suis convaincu
qu’il paye la remise en ordre qu’il fait, l’ordre qu’il maintient, au
moment de Charonne. [NDLR quibla : avant Charonne – le 8 février
1962 -, il y a eu le 17 octobre 1961 : environ 200 Algériens tués
par la police. Un
oubli de Barre : à son âge, la mémoire joue des tours…]
Il est ensuite à l’Assemblée nationale où il est un parlementaire tout
à fait raisonnable. Il est à la
Commission des Finances, je le connais, il est rapporteur
général à la Commission
des finances. Et quand en 1978, je suis renommé Premier ministre et
que je veux diviser ce bastion qu’était le ministère de l’économie et
des finances entre un ministère de l’Économie et un ministère des Finances,
du Budget, je choisis M. Monory pour l’économie car je savais qu’il
était comme moi, partisan de la libération des prix et je choisis M.
Papon parce qu’il est un modéré de l’UDR - je ne sais pas encore si
le RPR le supportait.
Que saviez-vous de son rôle à la préfecture de Gironde ?
RB : Mais personne n’en parlait. À aucun moment ! Cela n’a paru qu’en
1981. Certes, le jury d’honneur que M. Papon avait réuni a dit qu’il
n’avait rien fait de contraire à sa responsabilité de grand commis de
l’État mais qu’il aurait pu, le cas échéant, abandonner ses fonctions.
Alors nous nous trouvons devant un phénomène essentiel : est-ce que
tous les fonctionnaires de l’État qui étaient en fonction à l’époque
auraient dû abandonner leurs responsabilités ? Ou au contraire rester,
pour essayer de limiter la casse – si vous me permettez cette expression-
et de préparer l’avènement de la République qui
suivrait ?
Est-ce que vous comprenez, M. le Premier Ministre, qu’on
puisse être coupable de ne pas désobéir ?
RB : Personnellement j’ai plutôt le tempérament à la désobéissance.
Mais quand on a des responsabilités essentielles dans un département,
une région ou à plus forte raison dans le pays, on ne démissionne pas.
On démissionne lorsqu’il s’agit vraiment d’un intérêt national majeur.
Ce n’était pas le cas ?
RB : Ce n’était pas le cas car il fallait faire fonctionner la France.
Chirac a reconnu que la France devait se regarder en face, c’est considérer
que l’État comme État avait participé à la Shoah et donc invoquer la clause
de conscience qui existe dans certaines professions. Est-ce qu’on ne
devrait pas introduire une clause de conscience dans l’État ?
RB : Mais vous avez toujours le droit de faire jouer la clause de conscience
et à tout moment. Mais je reviens à ce qu’était la France en 1944-1945. Pensez
au nombre de fonctionnaires qui étaient en place qui ont essayé tant
bien que mal de limiter ce drame qu’a été la persécution des Juifs et
n’oublions pas quand même qu’en France c’est le pays où le nombre de
Juifs sauvés a été le plus élevé. Et qu’est-ce qui se passe à la Libération, ce
pays ne peut pas s’effondrer, il faut bien que l’administration demeure,
sauf ceux qui ont été manifestement des serviteurs de l’ennemi. Je pense
à Bousquet et M. Mitterrand n’a pas été d’une sévérité extrême à l’égard
de M. Bousquet.
Alors a surgi cette affaire et M. Papon est devenu un bouc émissaire.
Je ne porte pas un jugement moral sur l’attitude que l’on devait avoir
à l’égard des déportations de Juifs ou non. Mais je considère qu’il
y a dans ce pays une hypocrisie fondamentale à chercher quelques boucs
émissaires alors qu’il faut bien le reconnaître : si le pays a continué
à fonctionner, c’est parce que le général de Gaulle a maintenu ceux
qui étaient en place quand il le pouvait et ceux qui s’étaient trop
manifestés dans les voies de la collaboration, il les a envoyés en Allemagne.
N’oubliez pas cela, tout le personnel français qui est allé gérer la
partie de l’Allemagne occupée par la France est composé en grande
partie de fonctionnaires de grande qualité qu’il aurait peut-être été
nécessaire d’éliminer sur le plan national mais qui devaient continuer
à servir le pays au plan international.
Je m’excuse, je vous ai parlé très franchement. Que vous me fassiez
passer pour un antisémite, pour quelqu’un qui ne reconnaît pas la Shoah, j’ai entendu cela cent
fois et cela m’est totalement égal. Mais ce que je viens de dire, je
le répète. Et comme M. Papon avait été un ministre parfait, quand il
y a eu à Bordeaux son jugement, nous avons été deux hommes politiques
à aller porter témoignage : Olivier Guichard qu’on ne peut pas soupçonner
et moi-même comme ancien Premier Ministre. Alors je voudrais que cela
soit clair.
Pourquoi Papon n’a-t-il pas
exprimé des regrets ?
RB:
M. Papon a pu expliquer qu’il s’est retrouvé dans beaucoup de cas dans
l’obligation - soit du fait de Vichy soit du fait des autorités allemandes
- de se livrer à des actes répréhensibles et qu’il était resté pour
essayer de limiter la casse, mais il lui a manqué la phrase disant que
ce qui avait été fait sous son autorité était quand même regrettable
et qu’il l’avait fait parce qu’il pensait que c’était son devoir de
le faire. Je crois que c’est cela et il n’a jamais rien dit ensuite,
parce que M. Papon était un homme fier. C’est un homme qui exerçait
de grandes responsabilités, ce n’était pas quelqu’un à dire : « Je regrette
ce que j’ai fait ».
Regrettez-vous d’avoir eu ce mot lors de l’attentat de la
rue Copernic: « un attentat odieux qui voulait frapper les Juifs se
trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents
qui traversaient la rue Copernic ». ?
RB: Non, je me souviens très bien du climat dans lequel j’ai dit cela.
N’oubliez pas que dans la même déclaration, je dis que la communauté
juive ne peut pas être séparée de la communauté française. Quand on
cite on cite en entier. Et la campagne qui a été faite par le lobby
juif le plus lié à la gauche, venait du fait que nous étions en climat
électoral et moi cela ne m’a pas impressionné et ils peuvent continuer
à le répéter.
Mais pourquoi « Français innocents » ?
RB: Mais oui, parce c’était des Français qui circulaient dans la rue
et qui se trouvent fauchés parce qu’on veut faire sauter une synagogue.
Alors, ceux qui voulaient s’en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire
sauter la synagogue et les juifs. Mais pas du tout, ils font un attentat
aveugle et y a 3 Français, non juifs, c’est une réalité, non juifs.
Et cela ne veut pas dire que les Juifs, eux ne sont pas Français.
Oui mais « Innocents » ?
RB: Parce que ce qui était la caractéristique de ceux qui faisaient
l’attentat c’était de châtier des Juifs coupables.
À leurs yeux !
RB: À leurs yeux mais bien sûr. Aux miens, les Français n’étaient pas
du tout liés à cette affaire. Non, je suis très clair sur ce point.
D’ailleurs, aucun de mes amis juifs – et j’en compte – ne m’a fait grief
là-dessus. Là, je tiens à vous dire que sur cette affaire, je considère
que le lobby juif – pas seulement en ce qui me concerne – est capable
de monter des opérations qui sont indignes et je tiens à le dire publiquement.
Bruno Gollnisch, conseiller municipal de Raymond Barre à
Lyon pendant 6 ans : après sa condamnation vous avez dit que c’était
quelqu’un de bien alors qu’il venait d’être condamné pour propos négationnistes.
Le regrettez-vous ?
RB: Voilà, vous revenez aujourd’hui avec toutes les petites critiques
sordides que j’ai entendues. Et je vais mettre les choses au point.
Gollnisch était mon collègue à Caen, il est universitaire, je le connaissais,
je ne le fréquentais pas pour la raison bien simple qu’il n’était pas
de mon bord. Il est élu car il y avait à Lyon, au moins 15 à 20% de
la population qui votait FN. Il est élu, il devient membre du conseil
municipal. Il se conduit correctement. Toutes les fois où il veut introduire
des considérations qui lui sont propres dans les débats du Conseil municipal,
je lui demande de se taire et il le fait. Pour le reste, pour tout ce
dont il est chargé, comme conseiller municipal, il fait les choses d’une
manière tout à fait correcte. Moi je suis quelqu’un qui considère que
les gens peuvent avoir leur opinion, c’est leur opinion et par ailleurs,
quand je les ai vus fonctionner dans un climat particulier, je reconnais
leurs qualités. Et ce que j’ai dit simplement c’est que certes, je blâmais
les propos de M. Gollnisch, mais j’ai tellement entendu les propos de
M. Gollnisch à Lyon que cela finissait par ne plus m’émouvoir. Quand
on entend à longueur de journée tout ce qui se dit à droite et à gauche,
à la fin on n’y porte plus attention. Et j’ai dit en parlant de Gollnisch
que je blâmais ce qu’il avait dit, mais que pour le reste je l’avais
connu et que c’était un homme bien. C’était un bon conseiller municipal
et que ceux qui ne sont pas satisfaits de cela pensent ce qu’ils veulent. »
J'accuse Raymond Barre d'être un antisémite
Par Claude LANZMANN,
Libération, 6 mars 2007
Lanzmann, historien et cinéaste (réalisateur du
célèbre film-fleuve de 9 heures « Shoah » ainsi que d’un film
à la gloire de l’armée israélienne), directeur des Temps modernes, déclenche
la grosse artillerie.
Premier ministre, M. Raymond Barre était
tout en rondeurs : on pouvait aisément le regarder comme le paradigme
du Français innocent, il en avait les airs, les allures, l'onction,
le patelin, le débonnaire, il exsudait le bon droit, la légitimité,
la satisfaction et la sûreté de soi. Même si, aujourd'hui, Raymond Barre
a gagné en minceur, sa francité n'en a souffert nulle atteinte, on serait
presque tenté d'ajouter «hélas». Ce qui fait problème, s'agissant de
lui, c'est la confluence des deux prédicats : «Français» et «innocent».
M. Barre en effet récidive : interrogé sur France Culture, le 1er mars,
dans une émission intitulée le Rendez-vous des politiques, l'ex-
«meilleur économiste de France» tombe
carrément le masque, remplace ses rondeurs anciennes par la hargne têtue,
laisse libre carrière à une vindicte qui lui fait réitérer, le jabot
gonflé des satisfecit qu'il
s'octroie, les proférations sinistres d'il y a vingt-sept ans.
La différence, c'est qu'en 1980, quand,
après l'attentat de la synagogue de la rue Copernic, Raymond Barre déplorait
la mort de «Français innocents», il
le faisait «innocemment» si l'on peut dire, parlant selon sa pente naturelle,
ne comprenant rien au scandale et à la condamnation unanimes qu'allaient
susciter ses propos. Aujourd'hui, il sait, il ne peut pas ne pas savoir,
il n'a pas un mot de regret et, voulant mettre les points sur les i,
il s'enferre d'une façon aussi révoltante que comique. Que les terroristes
massacrent des juifs à l'intérieur d'une synagogue n'a, pour M. Barre,
rien de contraire à l'ordre du monde et au train des choses. Ce qu'il
reproche aux auteurs de l'attentat, c'est de ne pas avoir assez «ciblé»
l'assassinat, c'est la bavure qui a transformé l'explosion en «attentat aveugle» puisque trois
«Français innocents», «pas du tout liés à cette affaire» (
sic ) y ont laissé
leur vie. «Ce qui était la caractéristique
de ceux qui faisaient l'attentat, c'était de châtier des juifs coupables» (
sic ), poursuit-il.
Coupables de quoi ? Nul ne le sait, M. Barre ne le dit pas, mais on
infère aisément : ontologiquement coupables. Tuer, comme ce fut le cas,
mon amie l'Israélienne Aliza Shagrir, qui passait, elle aussi par hasard,
rue Copernic, tuer des femmes juives, des enfants juifs, des vieillards
juifs, comme cela arrive ailleurs dans les cafétérias et les autobus,
ce n'est pas une action aveugle, mais ciblée et méditée au contraire,
puisque, coupables, les juifs attirent un juste châtiment.
Ayant dit, l'ex-Premier enfile les perles
dans un très cohérent délire. Après avoir longuement exonéré Maurice
Papon de toute faute (la déportation des Juifs n'était pas pour lui
«d'un intérêt national majeur» ;
son problème, c'était de «faire
fonctionner la France» ),
il reprend à son compte, en la portant à son acmé, l'antienne de la
collaboration : Pétain et de Gaulle étaient l'avers et le revers de
la médaille France, tous deux concouraient, chacun à sa façon, à maintenir
la Nation en ordre de marche.
La Nation, c'est-à-dire les «grands
commis» à la Papon
et la sacro-sainte administration. Une extraordinaire division du travail
et un génie certain de la communication font, selon Barre, que de Gaulle,
dès la Libération, maintient
en place et en France les fonctionnaires de Vichy pas trop compromis,
tandis qu'il expédie au contraire en Allemagne, pour administrer les
vaincus, «ceux qui s'étaient trop manifestés dans les voies
de la collaboration» (sic). On n'avait encore jamais
entendu cela, le général Pierre Koenig, vainqueur de Bir-Hakeim et premier
gouverneur militaire français en Allemagne occupée, doit frémir dans
son sépulcre...
Après Papon, l'ex-Premier ministre exonère
Bruno Gollnisch, son ancien collègue d'université et son conseiller
municipal quand il était maire de Lyon, bien connu comme négateur obstiné
et pinailleur de la Shoah
: «Moi, je suis quelqu'un qui
considère que les gens peuvent avoir leur opinion, c'est leur opinion», (
sic ). Raymond
Barre, on le voit, est large d'esprit. A la fin des fins, conclusion
de tout, il nous livre à deux reprises la clé universelle des attaques
portées contre lui et des maux du monde : «le lobby juif» ! Le lobby
juif est un fait de nature : de même que le soleil se lève et que l'eau
bout à 100 °C, il y a un lobby
juif, et c'est lui le responsable. «Je
vous ai parlé très franchement, dit-il à Raphaël Enthoven,
le présentateur de l'émission. Que
vous me fassiez passer pour un antisémite, pour quelqu'un qui ne reconnaît
pas la Shoah, j'ai entendu cela cent
fois et cela m'est totalement égal.» Diantre ! Entre
le «lobby juif», la «conspiration des sages de Sion», la «juiverie internationale»,
il faut un trébuchet ultrasensible pour déceler une différence de nature.
Même si cela lui est «totalement égal», j'accuse M. Raymond
Barre d'être un antisémite. Plus encore : je l'accuse de se faire le
héraut de cette passion immonde, de la propager, de s'en glorifier,
délit qui tombe sous le coup de la loi.
Raymond Barre se dit victime d'une "clique"
Après les accusations portées
à son encontre ces derniers jours, l'ancien Premier ministre se dit
victime d'une "clique" depuis 1979. Il avait défendu Maurice
Papon et Bruno Gollnisch, le 1er mars sur France-Culture, parlant de
"lobby juif".
L'ancien Premier ministre Raymond Barre estime
être victime d'une "clique" qui veut le "faire apparaître
comme antisémite". "Il y a une clique qui depuis 1979 me poursuit
pour me faire apparaître antisémite", a-t-il dit sur RTL, au micro
de Philippe Bouvard mardi 6 mars.
"Je dois dire, a-t-il ajouté, que les procédés sont très singuliers
mais que cela me laisse totalement indifférent et c'est mon indifférence
qui les outrage".
L'animateur l'interrogeait au sujet des propos qu'ils a tenus la semaine
dernière sur France Culture, défendant Maurice Papon et Bruno Gollnisch
et parlant du "lobby juif".
Source : nouvelobs.com, 6 mars 2007
Raymond Barre se défend de tout antisémitisme
L'ancien Premier ministre "n'accepte pas les
attaques dont" il fait l'objet suite à ses déclarations sur le
"lobby juif" et entend se "tenir désormais à l'écart
de toute polémique".
Raymond
Barre récuse toutes les accusations d'antisémitisme dont il est l'objet
et annonce sa décision de se "tenir désormais à l'écart de toute
polémique" sur ce sujet, dans une déclaration écrite adressée vendredi
9 mars à l'AFP.
"Je n'accepte pas les attaques dont je suis l'objet à propos de
récentes déclarations que j'ai faites sur France-Culture", écrit-il,
faisant allusion à ses propos sur Maurice Papon, Bruno Gollnisch et
le "lobby juif".
"Je souhaite préciser ma pensée dans la sérénité de l'écrit",
insiste l'ancien Premier ministre.
"Je suis gaulliste et j'ai choisi mon camp depuis longtemps. (...)
Je suis et j'ai toujours été du côté des survivants de l'Holocauste
pour condamner la barbarie et ses complices", ajoute-t-il.
"En aucune façon"
"Nul ne peut trouver dans mes activités de professeur, dans
mes responsabilités à Bruxelles, dans mon action de Premier ministre
et de maire de Lyon, la moindre trace d'antisémitisme, pour une raison
simple, c'est que je ne suis pas antisémite, en aucune façon",
écrit M Barre.
Revenant sur le "lobby juif", il "incrimine l'instrumentalisation
par un petit comité de soi-disant porte-parole de la communauté Juive"
et dénonce "ce 'lobby de gauche' qui ne représente pas (...) la
communauté juive de France".
Il rappelle avoir dit après l'attentat de la rue Copernic, en 1980,
que "la communauté juive est une communauté française qui est respectée
par tous les Français", regrettant qu'on ne le cite qu'à propos
des "Français innocents" victimes de cet attentat.
"J'ai condamné l'attentat de Copernic. Je n'ai jamais contesté
les sanctions prises à l'encontre de M. Gollnisch ni le jugement condamnant
Maurice Papon", ajoute-t-il. "En réalité, Copernic, Gollnisch
et Papon, tout cela conduit à présenter mes propos de façon tendancieuse
en me prêtant des sentiments qui me sont totalement étrangers".
"Ces considérations, conclut-il, expliqueront de la manière la
plus claire mon intention de me tenir désormais à l'écart de toute forme
de polémique sur les thèmes que je viens d'évoquer".
L'ancien Premier ministre n'a pu être joint pour commenter oralement
cette déclaration.
Source :
nouvelobs.com, 10 mars 2007
Le
vrai-faux timbre israélien à l’effigie de Sarkozy : désinformation
L’agence de presse sioniste Guysen Israël News publiait le 1er mars 2007 l’article suivant
Présidentielle Française : Un candidat à la poste.
Par Caroll Azoulay pour
Guysen Israël News.
Jeudi 1 mars
2007 à 14:32
Au lendemain d’une conférence de presse donnée à Paris par Nicolas
Sarkozy au cours de laquelle il exprimait sa vision de la politique
extérieure française, Guysen Israël News apprenait qu’un timbre israélien
à l’effigie du candidat UMP avait été créé par son comité de soutien
en Israël.
À l’origine
de cette initiative originale, Sylvain Semhoun délégué élu UMP Israël,
et conseiller élu à l’assemblée des Français de l’étranger.
"Il s’agit d’un petit geste symbolique destiné à resserrer les
liens qui unissent les Français d’Israël à Nicolas Sarkozy. Nous avons
pris comme prétexte l’anniversaire de N.Sarkozy, le 28 janvier, pour
éditer ce timbre que l’on peut désormais trouver dans les postes israéliennes"
indique S.Semhoun.
Selon S.Semhoun, la tendance de vote des Français en Israël penche largement
en faveur du candidat UMP.
"Au Consulat, nous avons assisté à une inscription en masse des
Français qui souhaitent exprimer leur vote pour ces présidentielles,
lesquelles semblent mobiliser tout particulièrement l’électorat français
à l’étranger, et notamment celui présent en Israël. Les gens nous disent
clairement qu’ils souhaitent s’inscrire au Consulat pour pouvoir voter
en faveur de Sarkozy".
"Le comité de soutien à la candidature de N.Sarkozy est ouvert
à tous et a pour objectif de fédérer les Français vivant en Israël qui
se retrouvent dans les valeurs véhiculées par celui que nous espérons
voir prochainement élu à la tête de la
France" précise S.Semhoun qui revendique par ailleurs
être celui qui représente officiellement Sarkozy en Israël.
À l’hôtel Méridien-Montparnasse, le 28 février, N.Sarkozy indiquait
en préambule de sa conférence de presse que "la politique étrangère
de la France ne peut plus se concevoir
dans le seul secret des chancelleries et des cabinets" en précisant
que "la perspective d’un nouveau quinquennat représente l’opportunité
de procéder à un diagnostic de notre politique étrangère".
Rappelant sa position sans faille concernant le droit à la sécurité
d’Israël, il a parallèlement évoqué son engagement en faveur du Liban
en appelant la Syrie à bien vouloir "considérer
que le Liban est un pays libre".
N.Sarkozy a également exprimé le souhait que le Hezbollah "redevienne
une organisation politique, accepte d’être désarmé et modifie ses relations
avec son partenaire iranien". Il n’a d’ailleurs pas mâché ses mots
concernant ce fameux 'partenaire iranien' en appelant notamment Téhéran
à "choisir entre les sanctions et la coopération avec la communauté
internationale".
Quelques jours après son entrevue avec Benyamin Natanyaou, au cours
de laquelle le chef israélien de l’opposition rappelait au candidat
UMP les dangers représentés par la menace nucléaire iranienne, le candidat
UMP, N.Sarkozy semblait plus décidé que jamais à manifester son opposition
aux prétentions nucléaires de Mohamed Ahmadinedjad. Laisser l’Iran posséder
l’arme nucléaire "ouvrirait la voie à une course aux armements
dans la région et deviendrait une menace constante pour l’existence
d’Israël et le sud-est de l’Europe" a t-il effet indiqué.
Une position de nature à encourager son comité de soutien en Israël.
"Nous faisons confiance à N.Sarkozy pour mener une politique étrangère
équilibrée au Proche et Moyen Orient et les déclarations qu’il a prononcé
le 28 février semblent nous donner raison" a indiqué S.Semhoun.
***
Dès que nous avons eu connaissance de cette information, relayée
telle quelle par le site europalestine.com, qui n’a pas pris le soin
de la vérifier, nous nous sommes empressés d’aller sur le site de la Poste israélienne pour voir
si ce timbre était vraiment en vente et à quoi il ressemblait. Nous
n’avons rien trouvé sur le site. Et pour cause : l’information
était fausse. La section israélienne de l’UMP a en effet imprimé un
timbre, mais celui-ci est sans valeur postale et ne peut donc être utilisé
pour affranchir des lettres. Autrement dit, c’est un vrai-faux timbre.
De plus, il est vraiment très moche. Bref, pas de quoi fouetter un chat.
Le voici, ce fameux « timbre » :
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