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des Fous de Sion |
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Des mots
et des actes - À propos de l’initative britannique « Voix
juives indépendantes »
Par Gilad Atzmon, 9 février 2007
David Ben Gourion, le légendaire leader sioniste
qui fut le premier Premier ministre d’Israël, avait coutume de
dire : »Ce qui compte, ce n’est pas ce que les Goys disent, mais
ce que font les juifs. »
Il y a quelques jours, un groupe de juifs qui ont pu être indépendants
à un certain stade ont décidé de se rassembler
et de constituer une nouvelle synagogue humaniste collective éprise
de paix. Ils se sont appelés Voix juives indépendantes
(Independent Jewish Voices-IJV). Ils sont déterminés à
défier l’hégémonie du Conseil des délégués
des Juifs britanniques (Board Of Deputies Of British Jews-BOD). Je suis
loin d’être un supporter du BOD et même je les méprise.
Étant d’origine juive, je n’ai d’ailleurs jamais considéré
que cet organe nous représenait, moi et mes amis soi-disant juifs.
En outre, dans ma pratique de pensée indépendante, je
considèe que le BOD représente tout ce contre quoi je
me bats. Je reconnais pourtant que cet organe représente de fait
la communauté des Juifs de Grande-Bretagne. Je comprends également
que la majorité des Juifs de Grande-Bretagne et du monde soutiennent
le sionisme. C’est fort malheureux et plutôt préoccupant.
Mais il y a plus inquiétant encore et c’est le fait que IJV n’est
pas exactement contre Israël ou le sionisme. Comme le BOD, ils
croient dans le droit des Juifs de vivre en paix en Palestine. À
leur décharge, il faut dire que, bien qu’ils soient favorables
à l’idée d’un État juif, ils veulent qu’il soit
différent. Ils croient en la possibilité d’un colonislaimse
moralisé, dans lequel les colonialistes (ceux qui vivent à
Tel Aviv) et ceux qui ont été victimes d’une épuration
ethnique (ceux qui vivent à Gaza, par exemple) vivent en «
paix » côte à côte.
Face à cela, une querelle interne juive entre deux synagogues
sionistes ne devrait pas vraiment devenir l’une des grandes priortés
de la société britannique. Ce débat aurait du se
cantonner aux pages jaunes de la Jewish Chronicle. Mais IJV veut gagner
le public britannique à sa cause. Comment s’y sont-ils pris pour
cela ? Ils ont saupoudré leur déclaration de termes humanistes
post-coloniaux et ont planté le mot Palestine toutes les deux
phrases. Il faut souligner que dans la déclaration d’IJV, le
BOD n’est pas mentionné une seule fois. La Palestine, elle, est
mentionnée six fois.
Sur les cinq principes énoncés par IJV, trois concernent
le conflit israélo-palestinien. L’auteur de la déclaration
doit bien se rendre compte que le peuple britannique est de plus en
plus conscient du niveau atteint par les crimes siraéliens contre
la population palestinienne. Il est plutôt crucial de souligner
que tout en véhiculant l’image d’un engagement sur la question
palestinienne, IJV s’abstient nettement de tout engagement moral consistant
vis-à-vis de la Palestine, des Palestiniiens ou de l’humanisme.
IJV ne va pas au-delà de la rhétorique de la gauche israélienne
du type La Paix maintenant. Tout en se référant aux droits
humains, ils s’abstiennent bien de mentionner le droit au retour des
Palestiniens. Ils succombent au vieux truc sioniste de gauche : ils
identifient tout le conflit israélo-palestinien, ainsi que sa
solution, avec l’occupation (des territoires occupés en 1967,
NdT) et sa cessation. C’est évidemment un mensonge et les auteurs
de la déclaration d’IJV en sont pleinement conscients. J’aimerais
bien croire qu’une bonne part des signataires d’IJV ne sont pas conscients
du fait qu’ils ont signé un document sophistiqué de manipulation.
Une fois de plus, la vérité doit être dite. La cause
palestinienne concerne largement le droit au retour et la solution du
problème des réfugiés. Bien que la fin de l’occupation
(de 1967, NdT) soit bien sûr une nécessité, elle
ne garantira aucun accord de paix. En évitant la cause palestinienne,
IJV se rend coupable d’ignorer les droits élémentaires
des Palestiniens à vvre sur leur propre terre. IJV peut marquer
momentanément des points et rouler les Palestiniens tout en ne
s’engageant pas pour leur vraie cause. Malheureusement, un tel élan
éthique qui aurait pu servir à susciter un réveil
général des Juifs a été gâché
dans une nouvelle opération « feuille de vigne sioniste
de gauche ».
Tirant les leçons de succès de Ben Gourion et de sa version
du sionisme, je voudraits faire une suggestion à mes frères
et sśurs palestiniens : ce que disent les Juifs ne compte pas vraiment,
ce qui compte, c’est ce que les Palestiniens font. De ce point de vue,
la décision de créer un gouvernment d’union nationale
(entre le Fatah et le Hamas, NdT) semble être un pas en avant
positif.
Original : http://peacepalestine.blogspot.com/2007/02/gilad-atzmon-words-and-deeds.html
Traduit de l’anglais par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
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