Les
protocoles des Fous de Sion
Carter
et l’essaim de moucherons
par Israel Shamir,28 janvier 2007
La publication de l’ouvrage de Jimmy Carter –
Palestine
: La paix, pas l’apartheid ! – est un grand événement, tant
pour l’Amérique que pour chacun d’entre nous. Non que Carter ait dit
à propos de la Palestine quoi que ce soit
que nous aurions ignoré. Que je sache, nous n’avons pas attendu Carter
pour savoir que les sionistes ont installé un régime raciste d’apartheid
en Terre Sainte – un système dans lequel les juifs ont tous les droits,
alors que les goyim n’ont que des devoirs (et le droit de la fermer).
Avant Carter, nous savions qu’un indigène palestinien n’a pas le droit
de voter, ni de se déplacer, ni de travailler librement dans son propre
pays et qu’il est enfermé derrière une muraille de huit mètres de haut.
Avant Carter, nous savions que c’est le soutien des Etats-Unis qui a
permis que ces atrocités se produisent et que le régime d’apartheid
bétonne ses positions. En revanche, ce que nous ignorions, c’était qu’il
pouvait y avoir d’éminents Américains qui oseraient dire tout haut ce
qu’il en est, bravant l’ire de la juiverie organisée.
Pourquoi le Président Carter a-t-il décidé
de parler ? Pourquoi a-t-il mis en balance la paix de sa retraite
bien méritée et de sa gloire en train de se faner gentiment, pour s’exposer
de la sorte à une attaque de la Cinquième Colonne israélienne tout aussi impitoyable
que l’assaut de la Quatrième Colonne contre Gaza ?
Il a été mû par la compassion, par cette
vertu chrétienne suprême consistant à ressentir, avec ceux qui souffrent
et sont opprimés, les mêmes souffrances et la même oppression. Il a
vu la souffrance de la
Palestine, alors il lui devint impossible de demeurer
coi. Il s’est montré à la hauteur d’une honorable tradition américaine :
celle d’un Mark Twain dénonçant les atrocités perpétrées par les Etats-Unis
aux Philippines, ou encore celle d’un Henry Thoreau condamnant la guerre
du Mexique. C’est là une tradition universelle, aussi : Multatuli
a révélé les atrocités hollandaises en Indonésie, Roger Casement a dénoncé
celles des Belges au Congo et Radishchev a pleuré le triste sort de
la paysannerie russe.
Et leurs voix ont changé notre monde, même
si cela ne fut pas immédiat. Carter n’est certes pas un radical -
un homme au sang plus chaud aurait exhorté à ce qu’on mît sans autre
forme de procès un terme à l’infamie dénommée « État juif ».
Le message de Carter fut doux et gentil ; tellement doux et compassionnel
que seul un pouvoir arrogant et auto-intoxiqué allait pouvoir en prendre
ombrage. D’autres (dont moi-même) se sont montrés plus durs, et plus
explicites. Mais il est vrai que ces autres-là n’étaient pas, en ce
qui les concerne, présidents des Etats-Unis...
Pourquoi est-ce seulement maintenant, que
Carter a décidé de parler ? L’apartheid, en Palestine, était déjà
suffisamment atroce, voici dix ans de cela, pour justifier amplement
qu’il intervînt, mais l’impuissance et l’abattement auxquels nous assistons
aujourd’hui sont des phénomènes récents. L’espoir entretenu, toujours
et encore, par Camp David, par la paix avec l’Égypte, par les conférences
de Madrid et d’Oslo… est mort et enterré. Une année de blocus impitoyable
a entraîné une confrontation entre les factions palestiniennes et le
rêve rose des juifs – une guerre civile intra-palestinienne – est en
passe de devenir réalité. La
Terre Sainte est sur le point de s’effondrer. Le Président
Carter a quatre-vingt-deux ans, et il n’a plus peur de rien. A cet âge-là,
et à ce stade de leur biographie, on peut s’attendre à ce que les hommes
d’État disent ce qu’ils ont sur le cœur, comme le fit le Premier ministre
malais, Mohammad Mahathir, une fois à la retraite. Le temps est venu
de reconnaître cette vérité insupportable : la guidance idéologique
et spirituelle de l’Occident a été arrachée des mains de l’Eglise et
elle est aujourd’hui entre celles des usurpateurs de Sion. Tant qu’ils
tiendront la barre, la
Palestine n’aura aucune chance.
Bien que la plupart des juifs américains
ordinaires soient sains d’esprit et raisonnables, les décisions sont
prises par des juifs méga-riches, ultra-chauvins et super-puissants,
qui ne veulent rien entendre. C’est eux, la force qui pousse à la guerre.
Carter voulait arrêter le désastre au Moyen-Orient, en convainquant
les sains d’esprit et en remettant les arrogants à leur place. Ainsi,
il s’est lancé dans la bataille, tout comme l’Amérique traditionnelle
WASP (=white, anglo-saxon, protestant, blanche, anglo-saxonne,, protestante)
tente de reconquérir le terrain perdu et de sauver le pays aimé de la
destruction. Les WASP américains, en dépit de leur immense richesse
matérielle, de leurs traditions et de leurs racines, se sont retrouvés
marginalisés par les juifs, qui ont une mainmise totale sur les médias
et les universités : oui, en effet, on le constate, c’est bien
l’esprit qui gouverne la matière. La commission d’évaluation Baker-Hamilton
sur l’Irak et le rapport Walt & Mearsheimer sont les premières salves
de cette Intifada des Bobos. Un éditorialiste juif américain (qui réside
en Israël et écrit dans le quotidien israélien Haaretz), Burston, a
dit à juste titre que « la véritable cible visée par Carter, c’était
la communauté juive américaine organisée ». Carter a mis le doigt sur
les principales causes de l’apartheid en Terre sainte, explique ce même
Burston :
- le contrôle du gouvernement US par les
juifs : « Il serait pratiquement suicidaire, pour des membres
du Congrès, d’épouser une position équilibrée entre Israël et la Palestine, de suggérer
qu’Israël se conforme au droit international ou encore de prendre fait
et cause pour la justice ou pour les droits humains des Palestiniens » ;
- le contrôle des médias US par les juifs :
« Plus difficile encore à comprendre est la raison pour laquelle les
pages éditoriales des plus grands journaux et magazines, aux USA, pratiquent
une telle autocensure, tout à fait contraire aux évaluations personnelles
exprimées – et avec quelle force ! – par leurs correspondants en
Terre Sainte ».
Après s’être exprimé, Carter fut immédiatement
contre-attaqué par la juiverie organisée. Et ça valait le coup d’œil !
Dans ma Sibérie natale, durant les étés – brefs, mais terribles –, on
peut voir un essaim de moucherons attaquer un cheval, chaque petit vampire
assoiffé de sang jouant hardiment sa partie. En rien de temps, l’animal
aveuglé et rendu furieux se lance tête baissée dans une course folle,
et trouve la mort dans les marais sans fond. Les juifs ont développé
ce style d’attaque. Il n’y a jamais une voix isolée défendant la cause,
mais toujours une attaque massive venant de droite et de gauche, d’en
dessus et de par en dessous, jusqu’à ce que la victime, épuisée et brisée,
s’éloigne en titubant, la queue entre les jambes.
Chaque attaquant est minuscule et insignifiant
comme un moucheron pris isolément, mais en tant qu’essaim, ils sont
redoutables. Observez-les, un à un : Dershowitz, thuriféraire de
la torture et de l’assassinat d’otages, un plagiaire pris sur le vif,
jamais élu à une quelconque position de pouvoir et n’inspirant strictement
aucun respect, exige de débattre avec l’ancien président. C’est, pour
le coup, vraiment au-delà de la chutzpah, mais Dershowitz est soutenu
par d’autres juifs occupant des positions éminentes, et son exigence
ridicule est appuyée par l’université et les médias, jusqu’à ce que
cette nullité factice obtienne un temps de parole équivalent, sur une
chaîne de télévision, pour présenter « sa vision des choses ».
Autre moucheron : Deborah Lipstadt, une nullité mise en avant par
le Washington Post. Plein d’autres encore sont encore plus minus que
ces deux-là, comme, par exemple, ces quatorze juifs qui ont démissionné
de leurs fonctions au Carter Center. Si ces gens-là ne détenaient pas
les journaux, personne ne les écouterait, si ce n’est leur épouse [et
encore…]
Leur technique est des plus simples. Ils
détournent la conversation sur la personnalité de leur adversaire. Ainsi,
au lieu de parler de l’apartheid israélien, nous parlons de Jimmy Carter,
nous débattons de la question de savoir s’il s’agit d’un bigot et d’un
antisémite (ainsi de Foxman, un mauvais juif), ou non (ainsi d’Avnery,
un bon juif). La réponse correcte, c’est : « hors sujet » !
L’amour (ou l’absence d’amour) de Carter pour les juifs n’a rien à voir
avec la question de l’apartheid en Palestine. De même, si nous débattons
de la situation en Bosnie ou au Kosovo, nous ne nous étendons pas sur
nos sentiments envers les Serbes, les Albanais ou les Croates. Mais
les juifs, eux, si…
Ainsi, par exemple, le Général Wesley Clark
a déclaré que des juifs fortunés, les grands mécènes des hommes politiques
de Washington, sont en train de pousser à la guerre contre l’Iran. Bien.
Cela se discute ; cela peut éventuellement être contesté. Mais,
non : ils font dérailler la question afin qu’on passe à un autre
sujet : « Ce Clark ne serait-il pas, par hasard, antisémite ? »
Matthew Yglesias fournit les sources de l’ensemble du toutim cachère,
depuis les comparaisons avec Les Protocoles, jusqu’à l’incontournable
citation de Foxman, qui a dit que Clark a « versé dans la bigoterie
conspirationniste ». Dès lors, Clark va s’acharner à tenter de
se défendre, et les mecs vont se charger de veiller à ce qu’il soit
pris les mains dans le sac. Là encore, la réponse correcte est un haussement
d’épaules poli : qui en a quoi que ce soit à cirer, que Clark soit
un bigot ? Clark est peut-être, aussi, pédophile et usurier, mais
cette attaque ad hominem n’a aucune incidence sur ce
qu’il a dit. Quant à l’accusation « Vous, vous n’aimez pas les
juifs », elle ne diffère en rien de l’accusation : « Toi,
tu n’aimes pas ta tatie » – accusation avec laquelle nous avons
appris à vivre dès l’âge de six ans.
Il est un livre – excellent –, qui permet
de s’habituer à ce genre d’attaque : Le Maître et Marguerite, de
Mikhaïl Boulgakov. Ce roman épatant montre l’attaque d’un essaim de
critiques juifs contre un écrivain ayant osé écrire sur le Christ. De
fait, quiconque mentionne un jour le Christ en fera, tôt ou tard, l’expérience…
J’ai eu personnellement à connaître ce
genre d’attaque par un essaim. Durant la catastrophe du tsunami, en
Thaïlande, j’ai découvert que la société israélienne de pompes funèbres,
Zaka, a obligé les Thaïs à repousser l’ensevelissement collectif des
victimes d’un jour ou deux, en dépit du danger – réel et immédiat –
d’épidémie, afin d’éviter une autre calamité, autrement « authentique »,
celle-là : des corps juifs - par nature sacrés – auraient pu être
enterrés – par inadvertance – avec des charognes de goyim… Ce sont des
gens de chez Zaka, très fiers d’eux, qui m’en avaient informé. J’ai
écrit à ce sujet [voir mon article : Tsunami à Gaza http://quibla.net/alire/israelshamir.htm].
Cet article a été repris par plusieurs sites ouèbe. Puis un juif britannique,
un certain Manfred Ropschitz, a lancé une violente campagne ad hominem – contre moi. D’autres juifs
se sont joints à la meute, débattant de la grave question de savoir
si j’étais un juif, ou « un antisémite nazi vikingo-russe »,
comme si cela avait un rapport quelconque avec l’histoire du tsunami.
Au lieu de hausser les épaules, d’autres supporters de la
Palestine se branchèrent sur ce sujet piquant. Ils
transférèrent leur discussion depuis le Times (de Londres) jusqu’à leurs
listes de dialogue par méls, jusqu’à ce qu’en définitive un autre juif
soi-disant « antisioniste » conclue, avec une satisfaction
non dissimulée : « Shamir est marginalisé, sa réputation est
cuite ».
Ropschitz ne s’est jamais fendu de démentir
l’histoire des enterrements accélérés, car elle était authentique. Il
a écrit : « Avec une armée de journalistes jouant des coudes
pour traiter de l’histoire du Tsunami, j’aurais certainement eu connaissance
de cette information choquante, à l’heure qu’il est – si tant est qu’elle
soit vraie. Je suis journaliste, et je n’en crois rien. » Non,
Messieurs, vous n’entendrez pas une information véridique, si elle n’est
pas du goût des Ropschitzes en circulation. Ils vous pourchasseront
jusqu’au fin fond du monde, et il n’y a pas foule de gens qui soient
prêts à risquer leur attaque parfaitement planifiée. Il faudrait, de
fait, être un véritable kamikaze pour engager un combat tel celui-là.
Les Ropschitzes, ces juifs tout ce qu’il y a de plus ordinaire, qui
s’identifient totalement à leur communauté, représentent la clé de l’attaque
de l’essaim de moucherons.
Nombreux sont les magnats juifs des médias,
et encore plus nombreux les éditeurs juifs, mais ce sont les Ropschitzes
qui maintiennent la ligne du parti. Ces exécuteurs bénévoles de nos
libertés, ces fantassins des magnats des médias, défendent de manière
pavlovienne « les juifs », c’est à dire la communauté juive
organisé, coûte que coûte. Les êtres humains ordinaires d’origine juive
peuvent avoir les opinions les plus diverses. De la même manière, les
Américains ordinaires ne décident nullement si leur pays attaquera,
ou non, l’Iran. Mais Bush et Cheney ne peuvent mener, à eux seuls, la
guerre en Irak, et les magnats juifs des médias seraient impuissants
sans leurs exécuteurs zélés de la liberté.
Les philosémites gentils [= non-juifs]
sont encore pires, a observé Eustace Mullins, cet écrivain américain
de légende dont les best-sellers (tirés à plusieurs millions d’exemplaires)
n’ont jamais été ni publiés, ni distribués, par les réseaux bien-pensants.
Il a écrit :
« Il est connu de tout le monde, depuis
bien longtemps – depuis la fusion des trois principaux réseaux nationaux
[américains] de télévision, que chacun d’entre eux était détenu, dirigé
et contrôlé par des juifs. Aujourd’hui, enfin – c’est du moins l’impression
qu’on pouvait avoir – les chrétiens d’Amérique allaient avoir leur propre
réseau chrétien de télévision, sur lequel ils seraient en mesure d’observer
les préceptes de la religion chrétienne. C’est du moins ce qu’il semblait.
Et, la chaîne CBN [Christian Broadcasting Network] ayant commencé à
émettre quotidiennement, quel message a-t-elle répété, jour après jour ?
« Il faut aimer les juifs. Il faut soutenir l’État d’Israël dans
toutes ses déprédations et dans sa dévastation immorale des sanctuaires
sacrés chrétiens du pays natal de Notre Sauveur. Nous devons aider les
juifs, et nous devons, par-dessus tout, éviter le péché mortel, le péché
d’ « antisémitisme », quoi que cela puisse bien signifier.
Même les chaînes juives ne diffusent pas une propagande aussi ouvertement
pro-juive que CBN. »
Cette semaine, en France, un homme est mort – un véritable
saint, connu sous son surnom affectueux d’ « Abbé Pierre »
- un prêtre qui a combattu dans la Résistance, qui
a aidé des sans domicile, qui a nourri les pauvres et qui fut un grand
ami des Palestiniens. En 1996, ce fut la curée contre lui, après qu’il
eut exprimé son soutien à un autre ami de la
Palestine, Roger Garaudy, qui venait d’écrire son ouvrage
Les mythes fondateurs de la politique israélienne. Victime de l’attaque
d’un essaim de moucherons juifs, il alla s’exiler en Italie et en Suisse,
abandonné par ceux-là mêmes pour lesquels il combattait. Les Français
devraient se remémorer le triste sort qui fut le sien, et cela devrait
fouailler leur conscience. Si la Pucelle d’Orléans fut exécutée
par le régime d’occupation britannique (en dépit du recours à des collabos
français), ceux qui ont ostracisé l’Abbé Pierre n’ont absolument pas
cette excuse : ils ont tout simplement été effrayés par une attaque
de moucherons !
Cette peur des attaques de moucherons juifs a d’ores
et déjà causé bien à l’humanité bien des désolations. Dans les années
1930, le célèbre aviateur américain Charles Lindberg exhortait les USA
de se tenir à l’écart de la guerre qui commençait à gronder, en Europe.
Il fut attaqué par les médias juifs, qui dénoncèrent en lui un « nazi »
et un « suppôt d’Hitler ». Il fut sali et, « du jour
au lendemain, Lindbergh passa du statut de héros culturel à celui de
paria moral » .
Aujourd’hui, derechef, les USA sont poussés
par les mêmes forces dans une nouvelle guerre, cette fois-ci, au Moyen-Orient.
Faisons tout pour l’empêcher, en nous montrant
impavides, car comme le dit un chant spirituel juif hassidique, « haikar
lo lefahed bihlal » : « l’important, c’est de n’avoir
absolument pas peur ». Carter nous a apporté l’espoir qu’il existe
une Amérique avec laquelle le monde soit en mesure de coexister, une
Amérique démocratique et non-agressive, dont les politique ne soient
pas décidées par des financeurs opulents, mais par les Américains ordinaires,
qui ont voté contre la guerre, et qui s’assemblent, aujourd’hui, à Washington,
afin d’en appeler à l’arrêt de l’escalade.
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier
« Ce
soir, je me sens juif » : ode à Israël (et à Sarkozy, Lanzman,
Redeker, Simon Wiesenthal et Ilan Halimi) et diatribe contre Youssouf
Fofana, Ahmadinejad, Dieudonné et…oumma.com
Intervention
de M. Christian ESTROSI, Ministre délégué à l’Aménagement du Territoire
lors du dîner du CRIF Isère, 14 décembre 2006
Monsieur
le président, cher maître Médina,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Je voulais vous dire que je suis venu d’abord et avant tout en tant
qu’ami. Ami du Crif, ami d’ Israël, ami de la tolérance, ami de la fraternité
et du bonheur d’être ensemble.
Et à ce titre je me réjouis de retrouver dans cette salle tant de connaissances,
tant d’amis, de personnalités et d’élus de toutes sensibilités dont
je veux saluer ici la présence.
Je suis également très heureux et fiers de m’exprimer devant des
représentants des cultes chrétiens et musulmans qui montrent combien
le CRIF est un mouvement ouvert sur l’extérieur et le monde qui l’entoure.
Cette ouverture, bien sûr, commence par le dialogue avec les autres
communautés et avec l’ensemble des institutions républicaines auxquelles
nous sommes tous attachées.
Elle s’inscrit au sein de ce principe de laïcité qui nous est si cher,
et autour duquel nous sommes aussi ce soir réunis.
C’est pour moi un grand honneur d’être parmi vous à Grenoble dans cette
capitale française des "Justes", ville de Résistance, qui
est aussi le berceau du CRIF.
J’ai un attachement tout particulier pour la communauté juive.
Je suis très fier, je dois vous
le dire, du grand honneur qui m’a été fait il y a quelques jours, à
Bruxelles, où j’ai reçu, de la part des juges rabbiniques d’Europe "le
prix de la liberté" [1].
Je n’ai pas reçu ce prix comme une récompense, mais comme un encouragement
à la vigilance. Je l’ai pris d’abord comme un devoir.
Ce devoir, à mes yeux, et l’actualité encore une fois nous le démontre,
il commence par le devoir de mémoire.
Vous avez évoqué le CRIF Grenoble Isère et sa responsabilité particulière
vis-à-vis de la mémoire, et le prestigieux Prix Louis BLUM que vous
avez créé ici à Grenoble et que M. le maire va décerner cette année
au cinéaste Claude Lanzmann. Vous avez parlé des collégiens et Lycéens
Grenoblois et Isérois revenant d’une journée passée au camp d’Auschwitz
Birkenau, et vous avez dit : ils vont revenir transformés.
Oui, ils vont revenir transformés. Et c’est la raison pour laquelle,
en tant que Président du conseil général des Alpes-Maritimes, je tiens
à financer chaque année le voyage de milliers de jeunes à Auschwitz.
Car il n’est pas, à mes yeux, de meilleure prévention contre l’intolérance
que ces voyages initiatiques.
Une journée à Auschwitz, cela vaut cent leçons d’histoire.
Une journée à Auschwitz, c’est un vaccin contre le racisme.
Mais à tout vaccin, il faut des rappels : c’est pourquoi j’ai voulu
qu’un collège de mon département porte le nom de Simon Wiesenthal, le
chasseur de nazis.
C’est pour graver dans le marbre de l’histoire mon refus de l’oubli
et ma reconnaissance envers un homme qui, comme Claude Lanzmann, a donné
le temps de sa vie pour que l’on n’oublie pas, pour que l’on oublie
jamais.
Cela dit, je n’ai pas l’innocence de croire que de pratiquer quelques
vaccins suffisent à éradiquer une maladie millénaire. À l’heure où nous
parlons, se tient à Téhéran la conférence iranienne sur l’Holocauste.
Des révisionnistes venus d’un peu partout, et de chez nous, entre autres,
débattent et exposent leurs thèses. Des thèses immondes selon lesquelles
la Shoah n’aurait jamais eu lieu.
Ne nous y trompons pas. Il s’agit là d’une double provocation : nier
le mal qui a été fait tout en lançant une invitation à le refaire. Il
ne faut pas laisser Téhéran remettre en cause la paix du monde. Nous
devons redoubler notre vigilance. J’y reviendrai tout à l’heure. Hélas,
l’antisémitisme n’a pas disparu en France non plus. Les événements nous
montrent quotidiennement que le racisme existe, plus ou moins souterrainement.
On le retrouve aussi associé à de nouvelles formes de violence, chez
les jeunes notamment, dans une nouvelle violence gratuite, aveugle,
stupide - je pense autant au crimes abominables perpétrés sur Ilan Halimi
par Youssouf Fofana et ses complices qu’aux récentes violences autour
des stades. Cette violence trouve parfois ses racines ou une part de
sa justification dans l’antisémitisme. C’est pourquoi, au-delà de ce
devoir de mémoire, nous avons, je vous le disais, une obligation de
fermeté et de vigilance. J’en profite pour vous dire ma fierté d’appartenir
à ce Gouvernement et toute ma satisfaction devant l’attachement, le
respect, et je dirais même la fraternité que tous ses membres ont toujours,
collectivement ou individuellement, témoigné envers la communauté juive
de notre pays. La France - et au-delà de la France, la République - a
fait de la liberté la première de ses valeurs.
Et, au sein même de notre gouvernement, je ne peux que me féliciter
de ce que le ministère de l’Intérieur, c’est-à-dire le ministère de
la "Liberté", ait été confié à Nicolas Sarkozy, dont je sais
et dont vous savez la constance qu’il a toujours manifestée dans ses
sentiments à l’égard du peuple juif.
J’en profite pour lever une ambiguïté : vous avez tout à l’heure, et
à juste titre, évoqué le communautarisme en tant que revendication d’un
statut à part dans la nation, constituant par conséquent une remise
en cause du principe de laïcité.
J’y souscris pleinement et je veux vous dire que c’est aussi l’opinion
de Nicolas Sarkozy. Ses propositions, je pense notamment à l’idée d’accélérer
et d’améliorer les mécanismes d’intégration par le biais de la discrimination
positive, ont fait dire à quelques commentateurs qu’il serait favorable
au communautarisme.
Il n’en est rien. Nicolas Sarkozy est fondamentalement républicain et
viscéralement attaché à notre principe de laïcité.
Vous l’avez dit, et vous avez raison : la laïcité, c’est la meilleure
garantie pour toutes les religions de se voir traiter à égalité.
Mais qu’est-ce que c’est que l’égalité ? De la même manière que l’obsession
égalitaire nous a peu à peu éloignée de l’idée de justice, en supprimant
de notre échelle de valeurs la notion de mérite, l’obsession de la tolérance
nous a conduit au déni de nous mêmes. Vous avez exprimé votre indignation
à propos de l’affaire Redeker, ce philosophe toulousain qui, pour une
tribune publiée dans le Figaro, est sous le coup d’une "fatwa"
qui lui impose de quitter son lycée, de déménager et de vivre caché.
Tout le monde s’accorde à dire que ce n’est pas bien, mais l’indignation
s’arrête là. On a déjà oublié M. Redeker et on n’est pas loin de penser,
au fond, qu’il n’avait qu’à avoir un peu plus de tact. Pourquoi ? Sans
doute parce que nous sommes au c¦ur de cet Occident dont l’histoire
est indissociable de l’héritage judéo-chrétien", un Occident qui
s’est - et c’est encore plus vrai pour le Christianisme - affranchi
de sa religiosité. Pour beaucoup d’Occidentaux, la croyance est liée
à une forme de naïveté que l’on pardonnera beaucoup plus volontiers
à certains intégristes, victimes de l’Occident soit disant cynique et
dominateur. Aux yeux de ceux-là, nous sommes coupables d’être ce que
nous sommes. Et c’est pourquoi une certaine forme de « bien-pensance
» pousse notre société à l’accueil sans condition, à la compréhension
de "l’autre" qui va jusqu’à l’oubli de soi. Or, il n’y a qu’un
pas entre l’oubli de soi et le déni de ses propres racines.
L’Occident aux racines judéo-chrétiennes est-il condamné à l’oubli de
soi ?
Non, je ne le crois pas.
Mais ce "non", il n’est possible que si nous décidons de nous
assumer et cela commence par la réhabilitation d’un certain nombre de
valeurs perdues, considérées depuis des décennies comme négatives, je
pense en particulier à la notion de "réussite".
En 1983, Pascal Bruckner publiait un livre basé sur un constat qui éclaire
encore l’actualité d’aujourd’hui. Il évoquait déjà la propension de
l’Occident à se renier.
« Nous autres Européens, disait-il, avons été élevés dans la haine de
nous-mêmes, dans la certitude qu’au sein de notre culture un mal essentiel
exigeait pénitence. »
C’était la naissance de l’idéologie « tiers-mondiste » désignant l’Europe
et l’Amérique comme la cause unique de tout ce qui est négatif dans
l’histoire.
Aujourd’hui, il suffirait de rajouter le nom de l’État d’Israël, qui,
à peine sorti du camp des victimes, est entré dans celui des coupables.
Bienvenue dans le camp des coupables !
Alors, Maître Médina, je pose avec vous la question : « est-ce cela,
la France de 2006 ? »
Je suis presque tenté de vous répondre "oui", mais l’année
se termine, et c’est à nous de faire en sorte que 2007 soit l’année
de la rupture avec cet état d’esprit.
La France que nous voulons, c’est une France ouverte mais une France
ouverte avec des "si", pas une France qui accueille sans condition.
Une France qui impose à tous de respecter la République et tous
ses enfants, qu’ils soient Juifs, Chrétiens, athées, Musulmans ou agnostiques...
Cela dit, et je ne veux pas me ranger derrière un aveu d’impuissance,
le vrai problème que pose l’intégrisme et les "fatwas" lancées
sur tel ou tel, c’est qu’elles n’émanent d’aucune autorité ou institution
identifiable.
La menace qu’elles instaurent dépasse le cadre de la territorialité
des lois. Devant quel tribunal faut-il porter plainte, et contre qui
?
C’est là une des grandes forces des réseaux intégristes.
La seule force que nous puissions leur opposer, c’est notre détermination
et notre courage.
Et, sur ce plan-là, je dois dire que l’audace, la témérité dont ont
fait preuve de nombreux dessinateurs et caricaturistes un peu partout
en Europe, et en France en particulier, au moment de l’affaire des "caricatures
de Mahomet", est exemplaire.
Il faut saluer le courage de la presse en général et de ces artistes
qui ont habituellement vocation à faire rire ou sourire, et auxquels
on reproche parfois de rester tranquillement à l’abri de leurs fonctions
de critique.
Et, puisque nous parlons de ceux qui ont vocation à faire rire, je pense
bien sûr à Dieudonné, qui, personnellement, a cessé depuis longtemps
de me faire rire, et qui semble ne plus tout à fait savoir vers qui
ou vers quoi orienter ses discours extrémistes.
Ce personnage singulier se cherche des alliances sur l’échiquier politique,
et on a été surpris de le trouver s’invitant à une réunion des militants
de Jean-Marie Le Pen.
Mais est-ce si surprenant ?
Il symbolise peut-être la naissance d’un antisémitisme de circonstance,
qui associerait à l’antisémitisme des années 30, celui de la montée
du nazisme, à l’anti-sionisme d’aujourd’hui, porté par l’extrême gauche
la plus radicale.
Il est évident que certains apôtres déçus de l’ex bloc soviétique ont
trouvé dans le monde musulman un nouveau prolétariat sans lequel le
rêve marxiste ne peut survivre. Ce qui fait de l’État d’Israël le coupable
idéal.
Dès lors, on peut comprendre la visite de politesse faite par Dieudonné
à son nouvel ami du Front National.
Les voilà faisant cause commune, certes pas avec les mêmes mobiles,
mais avec la même conviction, celle qui fait dire à Youssouf Fofana,
qui semble bien, lui, n’en avoir aucune : « J’ai choisi un juif parce
que les juifs sont riches. »
Tous procèdent par idées reçues et pratiquent l’amalgame, tous se nourrissent
de fantasmes qui leur permettent de désigner des coupables.
Mais, comme vous le disiez, monsieur le président, le racisme des exclus
est irrigué par l’intégrisme islamique révolutionnaire qui n’a bien
entendu rien à voir avec l’Islam et, comme par hasard, le site islamiste
Ouma.com qui fait l’apologie de qui ? De Dieudonné. Qui est athée !
Le racisme, comme la bêtise, se dispense volontiers de logique, c’est
pourquoi il arrive souvent que leurs chemins se croisent.
Sur le terrain de la diplomatie et des affaires en cours mettant en
cause, entre autres, la nation française - je pense aux ripostes militaires
que vous avez évoquées tout à l’heure - permettez-moi, cher maître,
d’observer une certaine réserve liée à la solidarité gouvernementale,
et par conséquent de ne pas émettre d’avis.
Permettez-moi cependant, et au nom de notre gouvernement, de revenir
sur cette "conférence iranienne sur l’Holocauste".
C’est un outrage fait à toutes les valeurs que nous défendons.
C’est un affront fait à la démocratie, une insulte à l’histoire.
Cela dit, il est plus que jamais urgent d’être prudent.
Nous sommes dans le camp de ceux qui cherchent la paix.
Les provocateurs le savent.
Et nous devons songer aussi à tous nos amis Musulmans qui sont les premières
victimes de ces tentatives de déstabilisation.
Nous devons faire front ensemble pour répondre par l’intelligence à
ceux qui cherchent à créer la confusion par l’amalgame, à nous dresser
les uns contre les autres.
Il n’y a pas de solution radicale, immédiate et définitive pour régler
cette situation.
À titre tout à fait personnel, j’ai simplement envie de vous dire qu’un
sentiment très particulier me lie au peuple juif.
Je ne sais pas si c’est une affaire de sensibilité, d’intelligence,
ni quelle est la nature de cet attachement, mais cette relation me paraît
si naturelle, si spontanée, si évidente que je la ressens comme un lien
de parenté.
Si je me suis rendu plusieurs fois en Israël depuis mon entrée au gouvernement
- et il y a quelques jours encore -, si j’ai éprouvé le besoin d’aller
me recueillir au mémorial de Yad Vashem, c’est pour répondre à une intériorité
et à des sentiments qui me dépassent.
Alors, lorsque vous vous posez la question de la confiance, j’ai simplement
envie de vous dire que pour moi la
France est la deuxième patrie du peuple juif. C’est
en tout cas l’idée qui me guide.
Enfin, quand vous vous demandez si les éléments qui ont conduit Monsieur
Le Pen à être présent au deuxième tour de l’élection présidentielle
sont encore réunis aujourd’hui, je serais tenté de répondre "oui",
non pas, bien sûr, parce que je le souhaite, non pas parce que je le
crois, mais parce que c’est le meilleur moyen de mobiliser toutes les
bonnes volontés pour éviter que cela se reproduise.
Je ne crois pas que nous connaîtrons un monde totalement débarrassé
du racisme car, comme le dit Einstein : « il y a deux choses qui sont
infinies : l’univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’univers,
je n’en ai pas encore la certitude absolue. » Pour ce qui est de la
paix universelle, je ne le crois pas non plus, mais en citant cette
fois Raymond Poincaré je vous dirais que « la paix est une création
continue. » Et, confidence pour confidence, la paix, l’harmonie entre
les peuples, est le seul vrai mobile de mon engagement politique. Voilà,
monsieur le président, cher maître, chers amis, j’ai essayé non pas
de répondre, mais de vous dire "ma part de vérité" sur les
questions souvent délicates que vous avez évoqué avant moi tout à l’heure.
Permettez-moi simplement de dire que, comme beaucoup de responsables
politiques du monde libre, ce soir je me sens juif.
Je vous remercie.
Note :
1 - Christian
Estrosi honoré par le Centre rabbinique européen
Christian
Estrosi, Président du Conseil Général des Alpes Maritimes et Ministre
de
l'Aménagement
du Territoire vient de recevoir, à Bruxelles, le « Prix de la Liberté 2006 »
attribué
par le Centre rabbinique européen. Il a reçu ce prix pour « son engagement
au coté de
la communauté
juive de France, notamment, dans les Alpes Maritimes, département qu’il
préside.
» Le Centre rabbinique européen est l’organisation représentant les
rabbins d’Europe
et lui a
remis ce prix dans l’enceinte du Parlement européen. Dans son discours,
Christian
Estrosi
a fait part de son émotion et a cité ses deux récents voyages, l’un
à Auschwitz avec
des étudiants, et
l’autre dans le nord d’Israël, durement touché lors du conflit de l’été
dernier avec le Hezbollah.
Il s’est aussi engagé, au nom du Gouvernement, à agir pour
renforcer la sécurité
des Juifs de France.
Source : http://www.upjf.org/medias/breves-upjf-breves-15-decembre-2006_media352_TUJscYybWRlzNMQ.pdf
Source : http://www.interieur.gouv.fr/misill/sections/a_l_interieur/ministres-delegues/le_ministre_delegue2/interventions/diner-crif-isere/view
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