Les Protocoles des Fous de Sion

Une caricature met en colère « les juifs » du Québec (ou du moins ceux qui prétendent les représenter)

« Pardonnez-moi de poser cette question idiote, mais on mesure ça comment, le «taux d'antisémitisme» d'une région? Avec un thermomètre? Une sonde? Une règle ? »

 Richard Martineau, Le Journal de Montréal

Mario Dumont est le jeune leader de l’Action démocratique du Québec, qu’il a fondée en 1994, après avoir quitté le Parti libéral, suite à ses désaccords avec Robert Bourassa. Le leader « adéquiste », comme on dit au Québec, menace de poursuivre en justice quiconque ose le comparer avec Jean-Marie le Pen. La dernière affaire qui fait jaser dans la Belle Province est une caricature de Mario Dumont, faite par le dessinateur Serge Chapleau. Si Dumont n’a rien trouvé à redire à cette caricature, le B’nai Brith, lui, y a vu une caricature antisémite. Mais nos amis québecois ne se sont pas laissés impressionner par cette accusation grotesque. Il est à remarquer que  les médias francophones n’ont pas donné un grand écho à cette controverse, qui a fait en revanche la une des médias anglophones (voir par exemple Shame on Chapleau sur  The Suburban).
Quibla documente l’affaire. Pour en savoir plus sur les pratiques étranges des Juifs hassidiques d’Outremont,  première ville des Amériques mise sous « érouv », lire http://quibla.net/protocoles2006/protocoles-erouv.htm

Communiqué du B’nai Brith
Réponse d’André Pratte

Les Juifs (sic) choqués par les caricatures (resic) de «La Presse»

La peau courte, par Richard Martineau

La caricature de Mario Dumont n’était pas la première de Serge Chapleau


18 juin 2007


caricature : Serge Chapleau

Une caricature offensante ?

Voici le texte d'un communiqué diffusé par B'nai Brith Canada au sujet d'un dessin réalisé par Serge Chapleau publié dans nos pages vendredi dernier. On trouvera ensuite la réponse d'André Pratte, éditorialiste en chef.

B'nai Brith Canada a qualifié de grossièrement offensante une caricature représentant Mario Dumont, le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), sous les traits d'un Juif hassidique au sourire railleur et aux yeux exorbités. La caricature de Serge Chapleau a été publiée dans le quotidien francophone La Presse sous le titre « Mario Dumont courtisé par la communauté juive. »

Tout comme une image vaut mille mots, le tort causé par la caricature haineuse que fait M. Chapleau du "Juif diabolique" dans La Presse s'apparente aux pires divagations antisémites », dit Frank Dimant, vice-président de B'nai Brith Canada. « Laisser entendre que la rencontre entre M. Dumont et les leaders de la communauté juive la semaine dernière a transformé le chef de l'ADQ en un Juif hassidique au teint bistré, au rire saccadé et à l'esprit dérangé relève des stéréotypes séculaires, perpétue les malentendus et diffame tout un groupe de Québécois loyaux et fiers. »

Steve Slimovitch, conseiller juridique national de B'nai Brith Canada, ajoute : « Le fait même de suggérer que Dumont a fait quelque chose de mal en parlant à la communauté juive dans le cadre de son réseautage politique va à l'encontre de tous les droits et de toutes les libertés reconnus à tous les groupes minoritaires dans ce pays. Laisser entendre comme le fait la caricature que les Juifs sont des fanatiques religieux qu'il faudrait exclure du processus politique est carrément inacceptable. »

Publier aujourd'hui la caricature raciste de M. Chapleau, au moment où le taux d'antisémitisme au Québec a fait un bond de 70 % l'année dernière pour atteindre un nombre record de 226 incidents par rapport à 2005, ne fera qu'attiser les flammes de l'intolérance et de la haine, » affirme Dimant. « Nous exigeons que La Presse et les autres médias qui ont publié la caricature au Québec retirent le message offensant qu'ils ont choisi de diffuser et qu'ils présentent des excuses publiques. »

Des accusations sans fondement


André Pratte
Éditorialiste en chef
Avec tout le respect que je dois aux dirigeants du B'nai Brith, je comprends mal la teneur excessive de leur communiqué. MM. Dimant et Slimovitch semblent avoir vu dans le dessin de Chapleau beaucoup de choses qui ne s'y trouvaient d'aucune façon.

Ce n'est pas la communauté juive ou les Hassidim qui sont le sujet de cette caricature, mais Mario Dumont. Si quelqu'un aurait pu se plaindre d'être dessiné avec « un sourire railleur et des yeux exorbités », c'est le chef de 1'ADQ. C'est de M. Dumont dont Chapleau se moque en le dessinant prêt à faire n'importe quoi pour atteindre le pouvoir, y compris se déguiser en Juif hassidique ou faire du vélo nu. Cette caricature n'a donc absolument rien de haineux », encore moins d'« antisémite ».

Où les gens de B'nai Brith vont-ils chercher que le dessin laisse entendre que la rencontre entre M. Dumont et les leaders de la communauté juive la semaine dernière a transformé le chef de l'ADQ en un Juif hassidique au teint bistré, au rire saccadé et à l'esprit dérangé » ? Il n'y a aucune allusion à cela dans la caricature. Pas plus qu'il n'y est « suggéré que Dumont a fait quelque chose de mal en parlant à la communauté juive dans le cadre de son réseautage politique » ou que «les Juifs sont des fanatiques religieux qu'il faudrait exclure du processus politique ».

En réagissant avec une telle virulence, B'nai Brith nuit à la cause qu'il défend. En effet, si la caricature de Chapleau « s'apparente aux pires divagations antisémites » à leurs yeux, bien des gens se demanderont quelle valeur il faut accorder aux données de l'organisme selon lesquelles « le taux d'antisémitisme au Québec a fait un bond de 70 % l'année dernière ». En cette matière délicate, comme l'a écrit Michel Wieviorka dans La tentation antisémite (Laffont, 2005), l'excès et le défaut menacent. Nous oscillons entre la tentation de minimiser, ou au contraire d'amplifier les dérapages de notre société ».

Nous sommes désolés que certains membres de la communauté juive aient pu être blessés par ce dessin. Les pages éditoriales de La Presse ont depuis toujours prêché le respect des droits des minorités. Chaque fois que la communauté juive du Québec a été prise à partie, La Presse l'a défendue avec vigueur. Par exemple, lorsque la bibliothèque de l'école Talmud Torah Unis a été incendiée, La Presse a écrit : « L'indignation et l'inquiétude des juifs de Montréal sont parfaitement compréhensibles. Nous les partageons. C'est notre école qui été attaquée. »

Il n'est pas question de nous excuser pour une offense que nous n'avons pas commise. C'est au contraire B'nai Brith qui devrait s'excuser pour avoir porté contre La Presse et Serge Chapleau des accusations aussi graves que sans fondement.

Les Juifs (sic) choqués par les caricatures (sic) de «La Presse»

Média Mosaïque, Montréal, 18 juin 2007


http://www.mediamosaique.com/afficherNouvelle.asp?newsId=1020&bc=d1efd7&rub=Nouvelles

Le leader adéquiste Mario Dumont
Le leader adéquiste
Les caricatures, parues notamment dans le journal «La Presse» suite à la  rencontre de Mario Dumont avec des  leaders juifs la veille de l’adoption  du budget du gouvernement Charest,  laissent un goût amer dans la  communauté.

Mario Dumont

Dans un communiqué reçu à la rédaction de «Média Mosaïque», le directeur des «Amis canadiens du Centre Simon Wiesenthal» juge «inqualifiable» le fait de «dessiner M. 
Dumont sous les traits d'un Juif hassidique».
 
Léo Adler  estime que c’est encore plus «pire (sic) lui dessiner des signes de dollar dans les yeux alors qu'il rencontre des Juifs -avec des valises probablement 
remplies d'argent». Car, selon lui, cela ne fait que «contribue(r) à véhiculer les pires stéréotypes antisémites».
 
«Ceci est inacceptable et intolérable. Si de tels préjugés étaient publiés sur les Québécois francophones, il y aurait un tollé - justifié. De telles publications 
nuisent à la réputation internationale du Québec», a pesté Léo Adler.
 
«La Presse» rapportait en effet que Mario Dumont était l’hôte du sénateur retraité Léo Kolher. On estime que ce dernier est un richissime et aurait joué un rôle pivot 
dans le financement des libéraux tant à Ottawa qu’à Québec.
 
Toutefois, selon Léo Adler,  «laisser entendre qu'il y aurait quelque chose de malsain, de sombre à ce que ses représentants rencontrent un élu québécois est 
inacceptable». À son avis, il y a lieu de «se questionner sur les motivations de telles actions».
 
Le directeur des affaires nationales pour les «Amis canadiens du Centre Simon Wiesenthal » rappelle enfin que «la communauté juive du Québec est vieille de plus 
de 300 ans. Elle a puissamment contribué au développement économique, social, culturel et politique du Québec».
NDLR Quibla : Amen

Franc-Parler
La peau courte

Par Richard Martineau, Le Journal de Montréal, 19 juin 2007

Ainsi, selon l'organisme B'Nai Brith Canada, le caricaturiste de La Presse, Serge Chapleau, aurait accompli un geste antisémite en dessinant Mario Dumont en juif hassidique la semaine dernière. Paraît que ça ne se fait tout simplement pas. Ça attiserait la «flamme de l'intolérance et de la haine».

Savez-vous ce qui attise la «flamme de l'intolérance et de la haine»? Des groupes de pression qui crient au loup dès qu'un minou se pointe le museau. Des organismes de défense des droits des minorités qui voient des actes de racisme partout.

Des porte-parole officiels qui déchirent leur soutane, leur redingote ou leur djellaba au moindre petit gag. Ça, ça jette de l'huile sur le feu.

Sortez le thermomètre!

Selon B'Nai Brith Canada, le taux d'antisémitisme au Québec a fait un bond de 70% l'année dernière. Pardonnez-moi de poser cette question idiote, mais on mesure ça comment, le «taux d'antisémitisme» d'une région? Avec un thermomètre? Une sonde? Une règle ?

Et puis, c'est quoi, au juste, un acte antisémite?

Dire que certains Juifs agissent de façon absurde en gardant les ronds de leur cuisinière ouverts pendant 24 heures, est-ce antisémite? Écrire que c'est un peu exagéré de réserver un ascenseur aux Juifs pendant la durée du sabbat, comme je l'ai écrit la semaine dernière, est-ce antisémite?

Si oui, c'est étonnant que B'Nai Brith trouve que le taux d'antisémitisme au Québec n'a augmenté que de 70%! Avec cette façon particulière de mesurer l'intolérance d'un peuple, on devrait arriver à un chiffre beaucoup plus gros -550%, 790%, 1000%!

Frapper un mur

J'ai demeuré à Outremont pendant quelques années. J'avais des voisins hassidiques à gauche de mon logement, à droite et en face. Malgré mes sourires et mes multiples tentatives de rapprochement, ils ne m'ont jamais adressé la parole, car je n'étais pas juif. Et leurs enfants ont toujours refusé de jouer avec mes enfants car ils n'étaient pas juifs.

La Société Saint-Jean-Baptiste devrait-elle mesurer leur taux d'intolérance chaque année? Si oui, accrochez votre kippa avec de la broche, car le chiffre risque d'être élevé...

Je vais vous faire une confession, ô messieurs du B'nai Brith. Il y a quelques semaines, j'ai visité des maisons à Outremont. Il y en a une qui m'est tombée dans l'oeil. Mais je ne l'ai pas achetée. Vous savez pourquoi? Il y avait trop de juifs hassidiques dans la rue.

Non, je ne suis pas raciste. Mais je veux que mes enfants puissent jouer avec les autres enfants de la rue (je suis pour la fraternité universelle, voyez-vous). Or, les petits juifs hassidiques refusent de jouer avec les enfants qui sont différents d'eux.

C'est qui, les racistes? Qui se coupe des autres, qui élève des murs, qui crée des barrières?

Assez!

Quand ce n'est pas une chroniqueuse Canadian qui écrit que le Québec crée des tueurs en série avec ses lois linguistiques, ce sont les bonzes de B'Nai Brith qui nous traitent d'antisémites.

Vous savez quoi? On en a ras le bol. Par «on», j'entends tous les Québécois de bonne foi. Noirs, Blancs, Jaunes, Rouges et Bleus avec des pois verts.

Nous dénonçons le racisme. Défendons la liberté d'expression. Et refusons de vivre derrière des vitres givrées.

La caricature de Mario Dumont n’était pas la première de Serge Chapleau


© Musée McCord

Dessin, caricature
Un regard sur l'avenir politique de Mario Dumont
Serge Chapleau
1992, 20e siècle
Mine de plomb sur papier
48.1 x 35.5 cm
Don de M. Serge Chapleau
M998.51.183
© Musée McCord

Clefs de l'histoire:

"Cette caricature décrit très bien qui était Mario Dumont jusqu'à tout récemment. La transformation Dumont-Bourassa s'imposait d'elle-même. Somme toute, c'est un gars avec une vision très éclatée !"

Serge Chapleau

Quoi:

Dès l'âge de vingt-deux ans, Mario Dumont s'impose comme un joueur important sur la scène politique québécoise. Émule de Robert Bourassa, il s'oppose néanmoins à ce dernier à propos de la question de la place du Québec dans la fédération canadienne.

Où:

Originaire de Cacouna, près de Rivière-du-Loup, Mario Dumont ne tarde pas à imposer son discours sur toutes les tribunes politiques et médiatiques du Québec.

Quand:

En 1992, le Parti libéral est aux prises avec un débat qui le déchire. D'un côté, Robert Bourassa défend l'entente de Charlottetown - résultat d'une négociation avec les premiers ministres des autres provinces -, et de l'autre, Mario Dumont attaque ce projet dont il juge la portée insuffisante. Cette situation incitera ce dernier à quitter le Parti libéral du Québec en novembre 1992.

Qui:

Président de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec à compter de mars 1991, Mario Dumont quitte cette formation en 1992 pour joindre Jean Allaire et fonder avec lui l'Action démocratique du Québec dont il est le chef depuis 1994, année de la création de ce parti.