Protocoles des Fous
de Sion
Le compromis symbolique du Luxembourg : L'Union européenne se
dote d'une législation pour pénaliser le racisme et le négationnisme,
mais pas les crimes staliniens
Désormais, on pourra ajouter au Dictionnaire des idées
reçues de Flaubert cette définition : « Crimes staliniens : crimes acceptables puisque non motivés par le
racisme ou la xénophobie »
Les
27 disposeront bientôt de sanctions pénales communes contre le racisme
et le négationnisme, une décision surtout symbolique, car les États
membres
resteront libres de ne l'appliquer que dans des cas limités.
Après cinq ans de discussions, les ministres européens
de la Justice sont
parvenus jeudi à Luxembourg à un compromis sur une législation visant
à
lutter contre le racisme et la xénophobie, qui démontre que "l'Europe
a des
valeurs morales communes" selon le commissaire à la Justice Franco Frattini.
"C'est un signal politique important", s'est
félicitée la ministre
allemande de la
Justice Brigitte Zypries, dont le pays préside l'UE.
L'Allemagne avait remis ce texte à l'agenda européen "au
nom de son
devoir historique particulier", après deux échecs en 2003 et 2005.
Le compromis entériné jeudi est un équilibre délicat entre
les pays qui
refusent toute atteinte à la liberté d'expression (Grande-Bretagne,
Irlande,
pays nordiques) et ceux qui punissent déjà les discours racistes ou
négationnistes (France, Autriche, Allemagne).
Chaque État devra ainsi rendre passible d'un à trois ans
de prison
"l'incitation publique à la violence ou à la haine visant un groupe
de
personnes ou un membre d'un tel groupe, défini par référence à la race,
la
couleur, la religion, l'ascendance, l'origine nationale ou ethnique".
Les mêmes sanctions seront appliquées pour "l'apologie
publique, la
négation ou la banalisation grossière des crimes de génocide, crimes
contre
l'humanité et crimes de guerre", tels qu'ils sont définis dans
les statuts
de la Cour
pénale internationale ainsi que dans la charte du tribunal de
Nuremberg.
Même s'il n'est pas mentionné tel quel, cela couvre donc
l'Holocauste et
potentiellement d'autres crimes reconnus par des juridictions
internationales (Srebrenica, Rwanda).
Mais un tel comportement ne devra être sanctionné "que
s'il est exercé
d'une manière qui risque d'inciter à la violence ou à la haine à l'égard
d'un groupe de personnes".
Les États pourront aussi choisir de ne punir le comportement
raciste ou
négationniste que s'il est "soit exercé d'une manière qui risque
de troubler
l'ordre public, soit menaçant, injurieux ou insultant".
Autrement dit, un négationniste pourra continuer à s'exprimer
au
Royaume-Uni et au Danemark sans risquer grand chose. Alors qu'en France,
il
continuera à s'exposer à la "loi Gayssot" qui prévoit un an
d'emprisonnement
pour des propos contestant le génocide juif.
Les efforts d'harmonisation européens dans ce domaine sont
"non seulement
anti-libéraux, mais absurdes" car "l'UE n'a pas à légiférer
sur l'Histoire",
a ainsi jugé Graham Watson, leader britannique des eurodéputés centristes,
même si le Parlement européen n'a pas voix au chapitre sur ce type de
législation.
"Le texte a une portée plus symbolique et politique
que juridique", a
admis un diplomate français, qui juge néanmoins "important que
les 27 aient
une plateforme commune contre le racisme".
Le débat a duré plusieurs heures jeudi à cause de la volonté
farouche des
États baltes d'inclure les crimes staliniens dans ce texte, ce que
refusaient les autres pays membres dans la mesure où ils n'avaient pas
pour
principale motivation le racisme et la xénophobie.
Au final, le compromis reconnaît le droit aux États de
poursuivre
nationalement les crimes basés "sur le statut social ou les convictions
politiques".
En outre, les 27 ont adopté une déclaration dans laquelle
ils déplorent
"tous les crimes" commis pour d'autres raisons par des régimes
totalitaires.
Enfin, la
Commission européenne s'est engagée à organiser une
"audition
publique européenne" sur les crimes des régimes totalitaires, et
si
nécessaire étudiera la possibilité de légiférer.
Les Baltes ont cependant indiqué avoir besoin de l'accord
de leur
Parlement national avant de confirmer leur accord à l'adoption du texte,
que
les États membres auront ensuite deux ans pour transposer.
Source : AFP, 19 avril
2007
Non, vous n’êtes ni uniques, ni spéciaux
Du fond de mon coeur : lettre à mes amis juifs
Par
Nahida Izzat, avril 2007
Les
gens parlent en toute liberté d’extrémistes musulmans et de fondamentalistes
chrétiens, mais dès qu’il s’agit de prononcer l’expression “extrémistes
juifs”, il y a un blocage.
Nous qui désirons la justice et rêvons de paix, nous qui sommes humains,
ne pourrons jamais atteindre l’égalité si nous n’appliquons pas les
mêmes critères et les mêmes normes à TOUS. Et cela devrait inclure tout
autre idéologie, pas seulement religieuse : il nous faut reconnaître
qu’il existe aussi des extrémistes laïcs, des athées fondamentalistes,
des marxistes extrémistes etc.
L’autre point important qu’il nous fait reconnaître c’est que l’holocauste
a été “kidnappé” par les sionistes, et est devenu une propriété presque
exclusivement juive, ce qui, nous le savons tous, ne correspond pas
à la vérité historique de la deuxième guerre mondiale.
Ce n’est pas seulement devenu exclusivement juif, mais il y a une aura
de sainteté et de sacré autour de ce sujet, qui est enveloppé de révérence.
Cela n’est pas sans poser de sérieux problèmes, dans la mesure où cela
peut apparaître aux yeux d’observateurs non juifs comme du favoritisme
: « Les juifs ont droit à un traitement spécial, vu leur insistance
à exiger que le monde reconnaisse leur souffrance comme unique, sacrée
et spéciale. »
Toute l’humanité a souffert à travers l’histoire, récemment, dans le
passé et dans les temps anciens.
Personne ne peut revendiquer que la souffrance d’un groupe soit plus
spéciale, unique ou sacrée que celle d’autres. Si les juifs
continuent à insister pour que le monde considère leur souffrance comme
“spéciale”, “unique” et “au-delà de la souffrance des autres”, ils ne
peuvent que conformer les visions de certains, qui perçoivent les juifs
comme se voyant eux-mêmes comme « spéciaux », « uniques » ou « choisis
».
Voyez-vous, cher ami, les gens sont libres de critiquer et de désapprouver
l’Islam et les musulmans, et c’est leur droit. Les gens peuvent émettre
des jugements sur la chrétienté et les chrétiens sans craindre de reproches,
et c’est leur droit. Les gens sont libres de désapprouver les communistes,
les marxistes, les anarchistes etc. et c’est leur droit. Mais si vous
osez exprimer la moindre critique des juifs ou du judaïsme, vous aurez
de gros ennuis. L’étiquette « antisémite » vous restera collée pour
toujours.
Les gens peuvent aussi dire, sans craindre d’être accusés, blâmés ou
criminalisés, qu’ils n’aiment pas les extrémistes musulmans, ou le Hamas
ou le Hezbollah, ou les fondamentalistes chrétiens. Mais si vous osez
dire la même chose sur les fondamentalistes juifs, vous risquez d’être
accusés d’antisémitisme.
La gauche juive n’hésite pas à critiquer le sionisme, mais ils ont une
attaque si vous qualifiez les sionistes de fondamentalistes juifs, de
terroristes juifs, d’extrémistes juifs, ce que, malheureusement, ils
sont.
Pourquoi en est-il ainsi ?
Qu’est ce donc qui rend les gens si sensibles, avec un vrai point
aveugle, dès qu’on aborde cette question ? Pourquoi ne peuvent-ils pas
se sentir libres d’examiner et d’exprimer leur désaccord avec certains
aspects de la vie juive ou du judaïsme comme ils le feraient avec d’autres
idéologies ? (Bien sûr, tant que cela reste sur un plan intellectuel,
avec des manières académiques, et non dans un but d’outrager,d’insulter
ou de ridiculiser).
Faire de ces questions un tabou forcera les gens à commencer à poser
des questions : la liberté de pensée permet aux gens de douter/remettre
en cause l’existence de Dieu, qui pour beaucoup de gens est ce qu’il
y a de plus sacré. Mais pourquoi donc le judaïsme, les juifs et l’holocauste
– à la différence de tout autre sujet – sont-ils si sacrés qu’il n’est
permis à personne de douter, d’examiner ou de critiquer ? Si qui que
ce soit essaye d’inclure la souffrance d’autres groupes dans les célébrations
holocaustiques, ou essaye de comparer la souffrance d’autres groupes
à celles des juifs, il y aura un tumulte d’indignation.
Vous rendez-vous compte, cher ami, de l’hypocrisie et du deux poids-deux
mesures ?
Ce qui me préoccupe, c’est que la gauche juive, en ignorant ces questions,
est vraiment contre-productive et que cela ne fait qu’accroître la suspicion
et l’inconfort – c’est le moins qu’on puisse dire – face à la demande
de traitement spéciale émanant des juifs.
Si les juifs veulent éradiquer ou réduire au minimum l’antisémitisme,
ils doivent tout d’abord accepter d’être traits sur un pied d’égalité
avec le reste de l’humanité :
1) Ils doivent accepter avec tolérance toute critique intellectuelle
d’Israël comme État juif, du sionisme comme idéologie extrémiste juive,
du judaïsme comme religion. Car c’est de cela qu’il s’agit avec la liberté
d’expression, qui doit inclure tout le monde, tant que cette liberté
n’est pas utilisée pour outrager, insulter mentir, diffamer ou ridiculiser
l’autre.
2) Ils doivent cesser de revendiquer l’exclusivité de leur “souffrance”,
que ce soit dans l’histoire ou plus récemment (l’holocauste), car c’est
toute l’humanité qui a souffert à travers les âges et durant la deuxième
Guerre mondiale.
3) Ils doivent arrêter de diviniser l’holocauste en en faisant un thème
exclusivement juif, intouchable et au-delà de toute étude scientifique,
ce qui le convertit en une religion sacrée.
4) Ils doivent accepter de vivre sous le parapluie des mêmes principes
qui s ‘appliquent au reste de l’humanité.
Cher ami,
Les deux poids-deux mesures et l’hypocrisie suscitent la colère des
gens. Le fait d’avoir un jeu de règles pour le monde et un autre jeu
pour les juifs rend les gens suspicieux et paranoïaques, car ils se
demandent pourquoi les juifs refusent d’être traités comme le reste
du monde.
Les extrémistes juifs (sionistes) croient et veulent faire croire
au monde que les juifs sont choisis, spéciaux, uniques, la lumière des
nations.
Les peuples du monde ont le droit de ne pas croire que les juifs sont
choisis, uniques, ou la lumière des nations, car TOUS LES PEUPLES SONT
ÉGAUX.
La gauche juive croit et veut faire croire au monde que les souffrances
des juifs et le racisme contre eux sont uniques, mais tous les peuples
ont souffert et souffrent encore du racisme auxquels ils ont fait face
et font encore face. Les peuples du monde ont le droit de croire que
les souffrances des juifs ne sont pas uniques.
Il est aussi très important de reconnaître est une forme et non la forme
unique de racisme.
C’est pourquoi il est vital que les juifs progressistes qui élèvent
leur voix reconnaissent que les juifs ne sont ni pires ni meilleurs
que les autres humains, et que leurs souffrances ne sont ni pires ni
meilleures que celles des autres humains.
Plus vite les juifs reconnaîtront ces faits et mieux ce sera. Plus vite
ils accepteront d’être traits exactement comme n’importe qui, et non
comme un cas unique en toute chose, et mieux ce sera, pour les juifs
d’abord et pour notre monde.
Avec tout mon amour
Nahida
Original : peacepalestine
Nahida Izzat est Palestinienne, née à Jérusalem, contrainte de quitter
sa terre natale à l’âge de sept ans, par la Guerre des six jours. Mathématicienne, elle consacre
tout son temps libre à l’art, en premier lieu la poésie, et anime notamment
un blog, poetryforpalestine, d’où est tiré ce texte.
Traduit de l’anglais par Fausto
Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de
traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est
en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction,
à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et
auteurs.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=2446&lg=fr
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