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Les protocoles des Fous de Sion France : de l'accusation d'antisémitisme comme arme
de dissuasion Par René Naba, 4 janvier 2007 Le mutisme est complet sur
ce point, refoulé au tréfonds du subconscient national, un point noir
de la conscience, telle une consigne implicite, comme la marque d'une
connivence entre la classe politique française et la communauté journalistique. Le sujet fâche, car il fait
tache. Au risque de s'exposer à l'accusation d'antisémitisme, il importe
toutefois d'assumer le risque de troubler la bonne conscience léthargique occidentale
pour la placer face à ses responsabilités, tant il est vrai que la
solidarité avec Israël, pour légitime qu'elle puisse être pour de larges
secteurs de l'opinion occidentale, ne saurait occulter le débat de fond
que cette question pose tant au niveau du droit que de la morale. Cette question revêt d’autant
plus d’actualité que la chorale de l’armée israélienne a organisé, fin
décembre 2006, en France, une tournée de collecte de solidarité en compagnie
de la famille du caporal Shalit, sans la moindre objection des pouvoirs
publics ou de la presse, sans la moindre attention pour les dix mille
prisonniers palestiniens et arabes détenus,
parfois sans jugement, par les autorités d’occupation israéliennes. Un citoyen français engagé
volontaire dans une armée étrangère en opération de guerre contre un
peuple ami, sans mandat explicite du gouvernement français, peut-il
se prévaloir de la nationalité française? Autrement dit, Gilad Shalit,
le caporal de l'armée israélienne capturé le 25 juin 2006 par les
Palestiniens, peut-il se prévaloir de la nationalité française et réclamer
ès-qualité l'intervention diplomatique du gouvernement français ?
Son engagement dans l'armée israélienne, sans mandat gouvernemental
français, entraîne-t-il, sinon la déchéance de sa nationalité, à tout
le moins la caducité de son droit à invoquer la protection de la nationalité
française? Mutatis mutandis, un Français de confession musulmane qui choisit d'effectuer
son service militaire au Soudan en guerre contre le Tchad, ou un Arabe
chrétien de nationalité française qui sert dans les rangs de l'armée
ivoirienne, continueraient-ils de bénéficier, eux, de la protection
de la nationalité française dans l'hypothèse de leur capture où pèserait
sur eux immanquablement la suspicion ? Le cas de Gilad Shalit ne
constitue pas un cas isolé. Ainsi un bi-national franco-allemand
qui choisit de servir le drapeau d'un pays tiers par affinité religieuse,
en exerçant non une option de nationalité mais une requête en naturalisation, a-t-il
vocation à assumer des fonctions de conseiller ministériel dans son
pays d'origine? Son statut de réserviste d'une armée
en guerre contre un pays ami de La nomination de Arno Klarsfeld,
juriste français et réserviste de l'armée israélienne, au poste
de conseiller du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy sanctionne-t-elle
la carence française dans le domaine des compétences ou relève-t-elle
d'une manoeuvre électoraliste? La question peut paraître
dérisoire au regard des enjeux de puissance que sous-tend cette nouvelle
guerre du Liban, des morts et destructions de l'été 2006 qui
se sont ensuivis tant au Liban qu'en Palestine qu'en Israël même. Sauf à considérer Israël comme
le fer de lance du combat occidental contre l'ensemble arabo-musulman
et que son service dans l'armée israélienne constitue une forme déguisée
de coopération stratégique militaire franco-israélienne, le cas
du caporal Shalit se doit d'être soumis pour avis aux autorités juridictionnelles
compétentes et faire oeuvre de jurisprudence en ce domaine, car au delà
de ce problème de droit se pose un problème de morale politiqu e: la
double allégeance justifie-t-elle la confusion juridique? Exonère-t-elle
de toute obligation de réserve? Autorise-t-elle toute licence au point
de constituer un "passe-droit"? Le service militaire dans
l'armée israélienne constitue-t-il désormais un passage obligé à
des promotions politico-administratives en France? Préfigure-t-il la
collaboration future entre les diverses composantes de l' «axe du bien»,
telle qu'elle est préconisée par les néo-conservateurs américains et
leurs relais français? Un axe constitué, selon ses promoteurs, par
les États-Unis, Israël, au-delà, la droite française et le judaïsme
institutionnel français, face à un «axe du mal» regroupant grosso modo
le tiers monde arabo-musulman bariolé et dont le ralliement à sa cause
de Philippe de Villers, représentant de la droite traditionnelle, le
découvreur des mosquées souterraines de l'aéroport de Roissy, n'est
que la manifestation la plus pathétiquement symptomatique.
II - Une profusion d’experts occidentaux: Michel
Houelbecq, Claude Imbert, Maurice Le Dantec, Alain Finkielkraut, Yves
Charles Zarka, Yvan Rouffiol, Alexandre Adler, Georges Frèche, Pascal
Sevran Pas un jour ne passe sans
qu'un ouvrage n'annonce des révélations sur les islamistes, objet certes
de préoccupations des spécialistes mais dernier thème à la mode des
marchands de sensation, pas un jour sans qu'un «islamologue», ces personnes
qui se déclarent spécialistes de l'Islam, n'apparaisse sur les écrans
de télévision pour donner sa propre explication du «phénomène du terrorisme
islamiste» ou de l'arriération du monde arabe. Cette littérature se nourrit
d'ailleurs de l'actualité particulièrement abondante en ce domaine,
dont les derniers en date sont l'attentat de Madrid, le 11 mars 2004
en représailles contre la participation de l'Espagne à la guerre contre
l'Irak --et qui a conduit à la défaite électorale du Parti populaire
espagnol du Premier ministre espagnol José Maria Aznar-- ou encore les
attentats de Londres en juillet 2005. Les Arabes eux-mêmes ne se
privent pas non plus de la nourrir par l'étalage de leur division, et
beaucoup de commentateurs occidentaux ont puisé dans l'échec des derniers
sommets arabes justification à leurs analyses ou à leurs préjugés
anti-arabes, de même que la prise de distance opérée par les régimes
sunnites arabes (Égypte, Arabie saoudite, Jordanie) contre la guérilla
anti-israélienne du Hezbollah libanais. Certes, les Arabes sont pour
des raisons multiples responsables de la situation déplorable dans laquelle
ils se trouvent. Il n'est, pour s'en convaincre, que de relire
le remarquable «programme sur le développement humain» pour 2003 réalisé
par un groupe d'experts arabes, qui y recense à l'origine du handicap
arabe, plusieurs gros maux notamment l'analphabétisme, la pauvreté,
l'autoritarisme des régimes politiques, l'absence de liberté, l'inégalité
entre les sexes, l'intolérance à l'égard des minorités, etc. Mais la profusion d'experts
occidentaux est impressionnante, voire même préoccupante, au point de
se demander si certains experts ne souhaitent mettre à profit ce regain
d'intérêt pour la sphère arabo-musulmane pour y consacrer des stéréotypes
dans l'imaginaire occidental. Après le romancier français
Michel Houelbecq, qui avait jugé «stupide» la religion musulmane,
l'italienne Oriana Fallaci, qui avait dénoncé la saleté et l'arrièrisme
des Arabes, et l'aveu d´un grand journaliste français Claude Imbert,
directeur de l'hebdomadaire «Le Point», se déclarant «islamophobe» un
ouvrage collectif, réalisé par une soixantaine d'universitaires français
et arabes, consacré à «L'Islam en France», et édité par «Les Presses
Universitaires de France» (PUF), apporte une touche intellectuelle et
scientifique à cette nouvelle xénophobie anti-arabe. Numéro hors série de la revue
«Cités», la publication illustre sa couverture par une gravure reproduisant
un musulman au nez crochu, tenant le Coran par la main et tournant le
dos à Plus regrettable est que cette
publication ait été cautionnée par un directeur
de recherche au CNRS, mais le chercheur en question, Yves Charles Zarka,
pense au contraire travailler à la mobilisation des esprits en France,
qu´il considère comme le principal champ de bataille du conflit entre
l'Occident et l'Islam. «Face à l'esprit de conquête, il faut développer
l'esprit de résistance», écrit-il, en affirmant que Il ressort de la lecture de
cet ouvrage le fait que l'image de l'Arabe se réduit à quelques images
fortes, (délinquance, fanatisme, antisémitisme). Sous l'apparence scientifique,
l'analyse est simpliste, sans que ces intellectuels n'aient jugé bon
de se pencher sur les véritables raisons de la violence anti-occidentale
du monde arabo-musulman, ou de la xénophobie antiarabe ou musulmane
des occidentaux. Une lepénisation des esprits
et du langage prend corps en France avec la banalisation du racisme
ordinaire au quotidien cautionné par de grandes figures de l’intelligentsia
ou de la classe politico-médiatique.
L'auteur fera grâce aux lecteurs
des embardées répétitives et de leur impunité corrélative d'Alain Finkielkraut
(l'équipe de France de foot « black, black, black, risée de l'Europe »),
du parlementaire socialiste Georges Frêche sur le statut de «sous-hommes»
qu’il assigne aux harkis, ces anciens supplétifs musulmans algériens
de l’armée française, ou encore l’eugénisme préconisé par une vedette
de la télévision publique, Pascal Sevran, en vue de réduire les capacités
génésiques des Africains et de stériliser leur reproduction, dans la
pire tradition hitlérienne, de même que celles les deux éditorialistes
vedettes du "Figaro" le journal du grand capital, Yvan Riouffol
sur le "nazi-islamisme", d'Alexandre Adler sur le "fascisme
vert" et de l’universitaire Robert Redeker. La neutralité, l'objectivité
et l'impartialité, qui caractérisaient jadis le travail universitaire,
ne sont plus de mise face à la violence de la bataille, dont la
polémique sur le port du foulard islamique et le tollé suscité
par les bien-pensants de l'équipe de l'hebdomadaire satirique Charlie-hebdo,
autour de Philippe Val, à propos des caricatures de Mohamed, l'hiver
2006. n'en sont que les derniers avatars. A noter qu'aucun de ces ouvrages,
ni celui de Houellebecq, ni celui de Fallaci, pas plus que la revue
«Cités», n'a fait l'objet d'une censure ou ses auteurs poursuivis en
justice pour incitation à la haine raciale. Il n'en est pas de même
pour les écrivains de l'autre bord. L'exaspération du débat est
telle que par un effet de transposition, toute critique vive de la politique
israélienne, qu'elle émane d'Arabes, de Musulmans ou même d'intellectuels
ou de personnalités de tradition culturelle ou religieuse juive, est
assimilée à de l'antisémitisme. Ainsi quand l'écrivain Renaud
Camus, auteur d´un livre sur «la campagne de France», relève que les
principaux chroniqueurs de France-culture, la radio de l'élite culturelle
française, radio d'État tout de même, sont de confession juive, un tollé
accueille ses propos, relayé par le Journal Le Monde, qui l'accuse de
favoriser l'antisémitisme». Renaud mentionne ce fait dans quelques pages,
d'une manière incidente, dans un volumineux ouvrage de 700 pages. Mais
cela a suffi pour que soit déclenchée une campagne contre lui. Mais
quand un auteur de roman policier, Maurice Le Dantec, se lie avec un
groupe d'extrême-droite française, et justifie la violence anti-arabe
et anti-musulmane, son éditeur, la prestigieuse maison d'édition Gallimard,
se contente de déplorer ses propos sans pour autant rompre sa collaboration
avec lui. Cédant à l'esprit du temps,
Jean-Jacques Aillagon, l'ancien ministre de La complaisance mondaine ne
saurait tenir lieu de politique. Aillagon a été écarté du gouvernement
Raffarin à la suite de la déroute électorale de la droite aux dernières
élections régionales françaises, le 28 mars 2004, recasé à Venise par
l’ami de Bernard-Henry Lévy, l’homme d’affaires François Pinault. Mais
le film documentaire continue de développer son audience. Toutefois
le cinéaste israélien Eyal Sivan n´a pu s´épargner l´accusation d´«antisémitisme »
que lui a infligée, en toute impunité, l´un des chefs de file de ce
courant, Alain Finkielkraut.
Le président du CRIF en personne,
M. Roger Cukiermann, s'est ainsi félicité publiquement, sans être désavoué,
du succès du chef de l'extrême-droite française, Jean-Marie Le Pen,
à l’élection présidentielle de 2002, en considérant qu'il s'agit d'une
«bonne leçon aux Arabes». Nulle personnalité de premier plan française,
ni politique, ni religieuse, n'a émis une protestation à cette occasion.
De même, lorsque des organisations
juives organisent des concerts de gala pour récolter de l'argent pour
l'armée israélienne et «le bien-être du soldat juif», nul, non plus,
ne se hasarde à critiquer cette opération de promotion d'autant plus
inopportune et provocante que son principal bénéficiaire apparaît, tout
de même, au regard du droit international, comme une «armée d'occupation»
en Cisjordanie, à Gaza et en Syrie.
Pas une critique lorsque la chorale de l’armée israélienne organise,
fin décembre 2006, une tournée de gala en France en compagnie de
la famille du caporal Shalit et des deux autres soldats israéliens capturés
par le Hezbollah, occultant le sort des dix mille prisonniers libanais,
palestiniens et arabes croupissant dans les geôles israéliennes sous
un régime qualifié par l’ancien président américain Jimmy Carter de
«régime d’apartheid». Pas une critique non plus
quand Israël se livre à une destruction systématique du Liban, en violation
flagrante du droit humanitaire international, en représailles à la capture
de deux soldats israéliens au sud-Liban. Indice complémentaire de la
dégradation du sens civique national, pas une objection n'a été soulevée
pour contester la qualité de "Français" au caporal Shalit,
"le nouveau soldat Ryan" des temps modernes. Plus grave, nul
dans la classe politique ou la presse ne s'est hasardé à soulever le
problème de la dualité d'allégeance des bi-nationaux franco-israéliens dans
l'exercice de responsabilités politiques ou militaires en France ou
en Israël, particulièrement en temps de guerre. Le Quai d'Orsay a donné à
savoir à diverses reprises qu'il s'impliquait dans la libération
du caporal Shalit, -non pas tant pour des raisons humanitaires ce qui
peut paraître concevable, mais du fait de sa "nationalité
française"-, omettant de préciser que ce citoyen se trouvait en
opération de guerre dans une armée étrangère contre un peuple supposé
ami de III - Une mise au point
du Quai d’Orsay sur la situation juridique des bi-nationaux franco-israéliens
servant dans l’armée israélienne Le Quai d’Orsay a précisé à l’auteur de cet article que «Le statut
juridique des soldats israéliens qui disposent également de la nationalité
française est réglé par Donnons acte au Quai d’Orsay en observant
toutefois que cet accord, conclu en 1959, en pleine euphorie franco
israélienne consécutive à l’agression tripartite de Suez (anglo-franco-israélienne-1956), a été signé
à une époque où l’armée israélienne n’occupait pas de territoires arabes
et ne constituait donc pas, au regard du droit international, une «armée
d’occupation». IV - Une haine imaginaire ? De son côté, Le CRIF s'est
opposé, dans le passé, à des opérations pédagogiques conjointes israélo-palestiniennes
comme pour maintenir le clivage ambiant. Il s'est ainsi notamment opposé
à la tenue d'une conférence de presse conjointe, dans un collège
de Nice dans le sud de Sans risquer de se contredire,
le CRIF avait pourtant demandé et obtenu que des élèves français du
sud de La pédagogie ne saurait être
à sens unique. L'annulation de la conférence de Leila Shahid à Nice
a entraîné symétriquement l'annulation du voyage d'Auschwitz par les
parents des élèves arabes, qui estimaient qu’il ne saurait y avoir deux
poids deux mesures dans la lutte anti-raciste. C'est au CRIF, d´ailleurs,
que Jean-Pierre Raffarin, a conféré, le 18 mars 2004, trois jours avant
les élections régionales, le droit d’être associé à la police de l'
Internet pour dépister les sites «antisémites». Un droit qui constitue
un privilège exorbitant, en contradiction avec le principe de légalité,
un des principes fondateurs de Le CRIF n'a pas attendu cette
faculté pour faire la police à l'égard de toute opinion dissidente,
y compris au sein des intellectuels de culture ou de religion juive.
C'est ainsi que coup sur coup, le sociologue Edgar Morin, qui s'était
désolidarisé de la politique du gouvernement d’Ariel Sharon, de même
que le politologue américain Norman Finkielstein, qui avait rédigé un
ouvrage sur «l'industrie de l'holocauste», qui constitue une «réflexion
sur l'exploitation de la souffrance des juifs», ont été poursuivis en
justice par l'association France-Israël pour diffamation à l'égard d'Israël. Bravant l’interdit, un avocat
du barreau de Paris, Guillaume Weill-Raynal, frère jumeau du journaliste
Clément Weill-Raynall, un des chefs de file du combat communautariste,
s’est livré à une «contre-enquête sur le nouvel antisémitisme en France»
pour déplorer cette « haine imaginaire » nourrie par le judaïsme
institutionnel, les médias et des intellectuels de renom, à base de constructions intellectuelles relevant
de «l’ordre fantasmatique», et qui plonge la communauté juive dans la
peur, plutôt que de l’inciter
à affronter les défis du contemporain ». (1) V - Une indignation sélective L’indignation est sélective :
Georges Frêche, Alain Finkielkraut, Pascal Sevran continuent d’avoir
droit de cité, mais l'humoriste franco-camerounais Dieudonné est voué
aux gémonies pour avoir caricaturé l'extrémisme de l’ancien Premier
ministre israélien Ariel Sharon, en adaptant le salut nazi «Heil Hitler»
en «IsraHeil». Interdit d'accès
de certaines salles de concert, notamment le célèbre Olympia de Paris,
il a été, lui, poursuivi en justice «pour incitation à une haine à caractère
racial». Robert Ménard, responsable
de l'organisation «Reporters sans Frontières», a déploré, lors du procès
Dieudonné, le 2 avril 2004, «l'espèce de régression de la liberté d'expression»
en France, dénonçant une «communautarisation de la pensée», phénomène,
qui aboutit, selon lui, à faire que «si vous n'êtes pas juif, vous ne
pouvez parler des juifs». «La dernière passion du Christ»,
le film de Mel Gibson relatant le crucifixion de Jésus-Christ, en est
la dernière manifestation. Les grands producteurs français en ont refusé
sa commercialisation au motif qu'elle relançait la responsabilité des
juifs dans la mort du Christ et favorisait un renouveau de l'antisémitisme.
Comme si les actes de quelques
rabbins qui passent pour avoir ordonné, il y a deux mille
ans, la mort de Jésus engageaient la responsabilité de tous les Juifs,
religieux ou athées, pour l'éternité et à travers le temps, de la même
manière que les attentats anti-occidentaux d'Al Qaïda ou de toute autre
organisation ne sauraient rejaillir sur tous les Arabes et tous
les Musulmans, condamnés par l'opinion occidentale à en assumer la responsabilité
pour l'éternité. En raison de la collaboration
dont ont fait preuve les autorités françaises avec le régime nazi, durant
la 2ème guerre mondiale (1939-1945), et de leur contribution à la déportation
des Juifs de France vers les camps de concentration, l'antisémitisme
est un sujet sensible en France. Accusation infamante, elle condamne
quiconque en est l'objet à une sorte d'ostracisme. L'accusation d'«antisémitisme»
est en quelque sorte l'arme de destruction massive absolue et équivaut
à une condamnation absolue. Elle constitue l´arme de dissuasion par
excellence pour neutraliser toute critique à l´égard de la politique
israélienne. Mais à force de la brandir
à chaque bout de champ, il est à craindre quelle ne perde de son efficacité.
De la même manière, à force de vouloir substituer l'islamophobie à la
judéophobie pour se dédouaner de l'antisémitisme traditionnel récurrent
à la société française, il est aussi à craindre que l'on ne perpétue
une autre forme de racisme, également hideuse, également condamnable. Note 1- «Une haine imaginaire ? contre-enquête
sur le « nouvel antisémitisme» Guillaume Weill-Raynal- Armand Colin-Mars
2005 « le drame est qu’en entretenant ce mythe d’une haine antijuive
sous-jacente, notamment dans le traitement du conflit israélo-palestinien
par les grands médias, les apprentis sorciers font tout ce qu’il faut
pour que la communauté juive, loin d’affronter les défis du contemporain,
s’enlise dans une peur, voire un rejet de l’autre qui lui risque de
lui faire perdre son âme », écrit notamment Weill Raynal. René Naba, ancien responsable
du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse,
ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé
de l’information, est l’auteur notamment des ouvrages suivants: - Aux origines de la tragédie arabe, Editions Bachari
2006. - Du bougnoule au sauvageon,
voyage dans l'imaginaire français, Harmattan 2002. - Rafic Hariri, un homme d’affaires,
premier ministre, Harmattan 2000. - Guerre des ondes, guerre de religion, la bataille hertzienne dans le ciel méditerranéen, L’Harmattan 1998 |
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