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25 chaoual 1427 - 17 novenbre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr


Protocoles des Fous de Sion


Finkielkraut en correctionnelle pour racisme anti-noir : Compte-rendu de l'audience du 7 novembre 2006 au TGI de Paris

Par le Comité de Soutien à Joss Rovélas Contre la Négrophobie, communiqué n°21, 13 novembre 2006

 

 

Le 7 nov. 2006 au TGI de Paris, Alain Finkielkraut était renvoyé en correctionnelle face à la 17e chambre pour propos et écrits racistes sur citation directe.

 

Le COFFAD et le MNH, parties civiles, étaient représentés par cinq brillants avocates et avocats (2 femmes + 3 hommes) dont Maître Missamou coordonnateur principal.

 

Pour la deuxième fois tout le monde a pu constater l'arrogance et le mépris du philosophe négrophobe et arabophobe vis à vis de l'institution judiciaire et surtout vis à vis des victimes noires : il ne s'est pas présenté !

 

Voici l'attitude inadmissible d'un individu phare, enseignant, chargé d’une émission hebdomadaire sur France culture, idole de la presse israélienne et des médias français ; ce qu’il prétend enseigner aux autres, c’est à  stigmatiser la jeunesse française noire ou arabe ; il aggrave les  problèmes sociaux en les racialisant et insulte publiquement les Noirs.

 

Ses avocats, conduits par Maître Zaoui, ont tenté de justifier cette absence en indiquant qu'ils provoquaient un incident de séance par la présentation d'une exception d'irrecevabilité de la plainte déposée par le COFFAD. Leur explication rocambolesque : les statuts du COFFAD, principalement l'objet de l'association, ne seraient pas conformes à la loi leur permettant d'ester en justice pour racisme.

 

Nous avons assisté alors à un numéro "de cirque". En effet Maïtre Zaoui,  s'est lancé dans une accusation grossière, affirmant la main sur le coeur que le COFFAD avait  trafiqué ses statuts et abusé le tribunal et le peuple français... Rien que ça !

Le professeur Assani Fassassi, Président du COFFAD a expliqué pourquoi les statuts de son association étaient réglementaires, et comment ils avaient été déposés dans les délais ; il a aussi fourni les références et des détails sur le déroulement des opérations lors de l'enregistrement en préfecture.

 

Puis Maître Missamou est passé à la contre-attaque : son intervention  a été claire, ferme et tonitruante lorsqu'il a dénoncé la machination orchestrée par la défense. Il a apporté des preuves déterminantes. Il a ainsi démontré que les documents présentés par la défense n'étaient pas les bons puisqu'ils ne présentaient aucune trace d'enregistrement officiel de la préfecture. Immédiatement il s'est interrogé puis a interrogé le tribunal sur ce fait bizarre et très inquiétant. Ensuite il a produit le document officiel d'enregistrement en préfecture du COFFAD, celui-là muni des sceaux officiels de l'Etat français et du n° d'enregistrement du J.O...

 

Le comportement des avocats de la défense est très grave  puisqu'il apparaît clairement au cours de cette audience que des documents sans valeur officielle, ont été invoqués dont le seul but était de ne pas répondre aux accusations très graves de racisme anti-noir à l'encontre du Philosophe-Phare de la communauté juive, et permettre ainsi une diversion en ajoutant de nouvelles accusations diffamatoires contre les parties civiles et leurs avocats.

 

Décidément ces gens qui se croient au dessus des lois sont prêts à tout pour ne pas avoir à répondre de leurs actes et propos hautement condamnables par la société française ; ils bafouent l’instrument du respect des lois que doit être l'institution judiciaire.

 

Le jugement est mis en délibéré au 12 décembre 2006 et fera l'objet de deux parties :

1) la demande d'irrecevabilité de la plainte (forme)    2) La décision de juger ou pas sur le fond de l'affaire

 

Dès maintenant nous appelons l'ensemble des parties concernées par les propos et écrits négrophobes tenus par Alain Finkielkraut et diffusés par la radio communautariste juive radio RCJ à se mobiliser  en diffusant massivement cette information et à se préparer à venir nombreux et nombreuses le 12 décembre à la 17e ch. correctionnelle au TGI de Paris. 

 

La forfanterie, les trucages, les magouilles, les faux et usage de faux ne sont pas acceptables , encore moins sur des sujets aussi sérieux que le racisme ! Cette attitude venant de ceux qui accusent à tort et à travers d'antisémitisme toute personne qui critique la politique ethniciste et génocidaire de l' Etat d'israël ne peut plus être tolérée dans ce pays où il n'y a pas de Peuple Elu, mais des citoyens égaux les uns par rapport aux autres en droits et en devoirs !

 

Source : comsoutjossrovelas@hotmail.fr

 

A propos d’Alain Finkielkraut et autres mélanophobes

par Raphaël Confiant, 1er avril 2005

L’auteur est écrivain martiniquais           

Depuis quelques semaines, le philosophe Alain Finkielkraut se répand dans tous les médias, en particulier sur les radios juives, pour stigmatiser les Antillais, en particulier les Martiniquais, au motif que ces derniers seraient tout à la fois des « assistés » et des anti-sémites, adeptes de Louis Farakhan. Mieux (ou pire) : la créolité serait une idéologie haineuse distillant un discours anti-blanc et francophobe.

Profitant des différents procès intentés à l’humoriste Dieudonné et des bagarres provoquées par des « casseurs noirs », venus des banlieues, à l’encontre des « lycéens blancs et juifs » lors des dernières manifestations contre la loi Fillon, il enfonce le clou en lançant une pétition nationale qui se révèle être un véritable appel à la haine anti-Noirs, un manifeste de ce qu’on pourrait appeler la « mélanophobie ».

Sans doute Alain Finkielkraut ignore-t-il ce qu’est exactement la Martinique (à moins qu’il ne feigne de l’ignorer). Pour sa gouverne et celle de ceux qui le soutiennent dans sa croisade anti-nègre, il me semble important de rappeler un certains nombre de faits historiques :

-   en 1635, les Français débarquent dans une île peuplée depuis des millénaires par les Caraïbes, île que ces derniers nommaient « Matinino » ou « Jouanakaéra ». En moins de trente ans, ils massacrent ceux-ci jusqu’au dernier, continuant ainsi le génocide des Amérindiens entamé avant eux par les Espagnols et les Portugais.

-   vers 1660, et cela jusqu’en 1830, ils importent des centaines de milliers d’Africains qu’ils transforment en esclaves dans des plantations de canne à sucre lesquelles contribueront pendant trois siècles à faire la fortune des ports de Bordeaux, Nantes, La Rochelle etc...et plus généralement de la France, participant ainsi, aux côtés des autres puissances européennes, à l’esclavage des Nègres.

-   en 1853, l’esclavage aboli car désormais non rentable, ils importent, et cela jusqu’en 1880, des dizaines de milliers d’Hindous du Sud de l’Inde qu’ils installent sur les plantations, en partie désertées par les anciens esclaves noirs, et leur imposent un système d’asservissement et de travail forcé qui n’a rien à envier à l’esclavage.

-   en 1960, l’Etat français crée le BUMIDOM (Bureau des Migrations des Départements d’Outre-Mer) et importe des dizaines de milliers de postiers, filles de salles et infirmières, ouvriers d’usine et autres agents de police antillais qui, aux côtés des travailleurs immigrés maghrébins, contribueront pour une large part à ce qu’il est convenu d’appeler les « trente glorieuses ».

Telle est, en raccourci, l’histoire de la Martinique. On est loin des plages de sable blanc, des cocotiers et des belles « doudous », n’est-ce pas ? Mais sans doute est-il bon de rappeler deux autres points à Alain Fienkielkraut :

-   A l’abolition de l’esclavage des Noirs (1848), pas un arpent de terre, pas un sou de dédommagement n’a été accordé aux anciens esclaves lesquels n’avaient d’autre ressource que de défricher les mornes (collines) de nos îles pour tenter de survivre grâce à des jardins créoles ou de retourner travailler, en tant qu’ouvriers agricoles sous-payés, sur les mêmes plantations où leurs ancêtres et eux avaient été réduits en esclavage. Même les Etats-Unis, accusés pourtant d’être, dans le Sud profond (Mississipi, Alabama etc.), un enfer pour les Nègres, l’Etat s’est fait un devoir d’accorder à chaque ancien esclave « twenty-two acres and a mule » (vingt-deux acres de terre et un mulet). C’est d’ailleurs là, très symboliquement, le nom de la compagnie cinématographique du cinéaste noir américain Spike Lee. Aux Antilles, une fois les chaînes ôtées, le nègre s’est retrouvé Gros-Jean comme devant.

-   Pas rancunier pour deux sous, le Nègre antillais a participé à toutes les guerres qu’a lancé ou qu’a subi la France : guerre de conquête du Mexique en1860 au cours de laquelle le « bataillon créole », de son nom officiel, fit preuve d’une bravoure extrême comme le reconnurent elles-mêmes les autorités militaires françaises ; guerre de 1870 contre l’Allemagne ; guerre de 14-18 au cours de laquelle de nombreux soldats martiniquais furent décorés pour leur vaillance lors de la fameuse bataille des Dardanelles ; guerre de 39-45 au cours de laquelle 8.000 volontaires Martiniquais et Guadeloupéens gagnèrent, au péril de leur vie, les îles anglaises voisines d’où ils purent rejoindre les Forces Françaises Libres du Général De Gaulle et participer ainsi aux combats, alors même que nos îles étaient dirigées par deux gouverneurs vychistes, les amiraux Robert et Sorin ; guerre d’Indochine où périrent de nombreux Antillais (notamment à Dien Bien Phu) ; guerre d’Algérie au cours de laquelle, pour un Frantz Fanon, un Daniel Boukman ou un Sonny Rupaire qui rallièrent le FLN, des centaines de soldats antillais participèrent sans état d’âme à cette « sale guerre » ; guerre du Tchad dans les années 80 etc...etc...

Alors, anti-blancs et francophobes les Martiniquais ? Assistés les Antillais alors que pendant trois siècles, ils ont travaillé sans salaire, sous le fouet et le crachat, pour enrichir et des planteurs blancs et l’Etat français ? Que pèsent, effet, ces cinquante dernières années de « départementalisation » et de juste remboursement de la dette de l’esclavage face à ces trois siècles d’exploitation sans merci ? Sans doute faudrait-il aussi rappeler à Alain Finkielkraut qu’au XVIIIè siècle, la France faisait les trois-quarts de son commerce extérieur avec Saint-Domingue (devenue Haïti), la Martinique et la Guadeloupe et qu’entre ces « quelques arpents de neige du Canada » comme l’écrivait Voltaire et les Antilles, elle n’hésita pas une seconde. Aux Anglais, le Canada peu rentable à l’époque (d’où le lâche abandon des Canadiens français, subitement redécouverts par De Gaulle en 1960). Aux Français, les riches terres à sucre de canne, café, tabac et cacao des Antilles.

Toute personne qui fait fi des données historiques et sociologiques présentées plus haut (et je n’ai même pas parlé de l’idéologie raciste et anti-nègre qui a sévi dans nos pays pendant trois siècles !) ferait preuve soit de malhonnêteté intellectuelle soit d’ignorance. Je préfère accorder le bénéfice du doute à Alain Finkielkraut et croire qu’il ignorait tout cela avant de traiter les Antillais d’assistés.

Mais venons-en maintenant à la question de l’anti-sémitisme des Antillais. Et là, que l’on me permette d’énoncer une vérité d’évidence : la Shoah est un crime occidental ! Comme l’a été le génocide des Amérindiens, comme l’a été l’esclavage des Noirs, comme l’a été la déportation des Hindous, comme l’a été l’extermination des Aborigènes australiens etc...Le terme de « crime contre l’humanité » est une hypocrisie. Un faux-semblant. Une imposture. En effet, quand un individu commet un crime, personne ne songerait à taire son nom. Guy Georges (Antillais) et Patrice Allègre (Français) sont des « serial killers ». Fort bien. Mais alors qu’on m’explique pourquoi, quand il s’agit d’un crime commis par un peuple, un état ou une civilisation bien particulière, on s’acharne à en dissimuler le nom ? Pourquoi ?

Non, monsieur Fienkielkraut, si la Shoah est bien une abomination, elle n’a été mise en œuvre ni par les Nègres, ni par les Amérindiens, ni par les Chinois, ni par les Hindous, ni par les Arabes. Elle a été mise en œuvre par l’Occident. Ce même Occident qui n’a cessé de pourrir la vie des Juifs depuis 2.000 ans. Citons :

-   destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70 et dispersion du peuple Juif.

-   inquisition au Moyen-âge par les Espagnols.

-   pogroms au XIXè siècle par les Russes et les Polonais.

-   chambres à gaz par les Allemands au XXè siècle.

-   rafle du Vel d’Hiv’ par les Français au même siècle etc...etc...

Et puis, deux petites précisions à nouveau et là, Alain Finkielkraut ne peut feindre l’ignorance :

-   « Le Protocole des Sages de Sion » n’a été rédigé ni en hindi, ni an quechua, ni en swahili, ni en chinois, ni en arabe. C’est un faux grossier, un chef d’œuvre d’anti-sémitisme, concocté par la police tsariste et écrit en russe, langue européenne si je ne m’abuse.

-   Ce ne sont pas les Juifs vivant dans les pays arabes, les Séfarades, qui ont dû fuir comme des dératés pour s’en aller construire un état où ils seraient enfin libres mais bien les Juifs d’Europe, les Ashkénazes, parce qu’ils avaient compris qu’il ne pouvaient plus vivre sur ce continent. Quand la France arrive, par exemple, en Algérie, en 1830, elle découvre trois populations vivant en relative harmonie, les Arabes, les Berbères et les Juifs. Certes, en terre musulmane, le Juif avait un statut inférieur, dit « de protégé » car peuple du Livre, mais on n’a jamais entendu parler, ni au Maroc, ni en Tunisie, ni au Yémen d’entreprise scientifiquement élaborée d’extermination du peuple juif.

-   Ma question à Alain Finkielkraut est donc simple, naïve même : pourquoi après avoir subi tant d’avanies de la part de l’Occident vous considérez-vous quand même comme des Occidentaux ? Pourquoi un ministre des affaires étrangères d’Israël s’est-il permis de déclarer récemment : « Nous autres, Occidentaux, nous ne nous entendrons jamais avec les Arabes car ce sont des barbares ». Toute la presse bien-pensante d’Europe s’est émue du mot « barbares ». Moi, ce qui m’a choqué par contre, c’est le terme « Occidentaux ». Comment, monsieur Fienkielkraut, peut-on se réclamer de l’Occident après avoir subi l’Inquisition, les pogroms, les chambres à gaz et la rafle du Vel d’Hiv’ ? Oui, comment ?

Quand vous aurez répondu à cette question, le vrai débat pourra commencer...

Un ultime point tout de même : quand vous déclarez, sur Radio Communauté Juive, que nous détesterions Israël « parce que ce n’est pas un pays métissé », je préfère croire que vous voulez rire. Quel pays est plus muticulturel et plus multilingue qu’Israël avec ses blonds aux yeux bleus russophones, ses Noirs d’Ethiopie (Falashas) parlant l’amharique, ses Séfarades au type sémite et souvent arabophones et même ses Juifs hindous et chinois ?

Source : LesOgres.Org

Déconstruction d'une campagne d'intoxication
De l’art israélien de fomenter le « clash entre les civilisations »

Par Jonathan Cook, 23 septembre 2006
Traduit par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice

 

Nazareth - En remontant la trajectoire d’une campagne de longue haleine ayant donné naissance, ce mois-ci, à un scandaleux rapport pluraliste du Parlement britannique sur le soi-disant « antisémitisme » au Royaume-Uni, on tombe sur un intense lobbying du gouvernement israélien qui remonte à plus de quatre ans en arrière, soit au tout début de l’année 2002.

 

 

 

A l’époque, Ariel Sharon finissait de déchiqueter les lambeaux des accords d’Oslo en ré-envahissant les villes de Cisjordanie  confiées à l’Autorité palestinienne, en procédant à ses destructions dévastatrices connues sous l’antiphrase d’ « Opération Bouclier de Protection »… Mais il n’en avait pas oublié, pour autant, de lancer les médias israéliens dans la bataille. Des quotidiens (britanniques, notamment) commencèrent à mettre en exergue des préoccupations au sujet de l’arrivée d’on ne sait trop quel « antisémitisme nouveau » [à consommer avec modération… NdT], thème promptement repris au vol, avec un bel enthousiasme, par le lobby sioniste aux USA.

 

 

 

Bien entendu, ce n’était pas la première fois qu’Israël appelait à la rescousse ses loyaux amis américains. Dans son ouvrage Beyond Chutzpah [Au-delà du Culot], Norman Finkelstein attribue de manière circonstanciée l’apparition d’allégations d’un nouvel antisémitisme à la piètre performance israélienne dans la guerre d’Octobre 1973. A cette occasion, escomptaient d’aucuns, l’accusation d’antisémitisme pourrait toujours être formulée contre les détracteurs d’Israël, afin de réduire la pression s’exerçant sur ce pays pour lui faire restituer le Sinaï à l’Egypte et le contraindre à négocier avec les Palestiniens.

 

 

 

Israël mit en alerte le monde entier contre une énième vague d’antisémitisme au début des années 1980, juste au moment où il se trouvait sous un feu roulant de critiques sans précédent au sujet de son invasion et de son occupation du Liban. Ce qui distinguait le nouvel antisémitisme du racisme anti-juif classique du type de celui qui avait conduit aux camps d’extermination allemands, c’était que, cette fois-ci, il s’emparait plutôt de la gauche progressiste que de l’extrême droite.

 

 

 

La dernière cuvée d’antisémitisme nouveau a été annoncée au printemps 2002, le site en anglais du prestigieux quotidien israélien Haaretz affichant en Une, plusieurs mois d’affilée, un supplément spécial on-line proposant des articles consacrés au « nouvel antisémitisme », mettant en garde sur le fait qu’une « haine ancestrale » était en train de connaître un regain tant en Europe qu’en Amérique. Ce refrain ne tarda pas à être repris par le Jerusalem Post, un quotidien de droite de langue anglaise, régulièrement utilisé par l’establishment israélien pour racoler du soutien à sa politique parmi les juifs de la Diaspora.

 

 

 

Comme celles qui l’avaient précédée, affirmaient les thuriféraires d’Israël, la dernière vague d’antisémitisme en date était attribuable aux mouvements européens progressistes de gauche – avec toutefois un je ne sais quoi de nouveau. Un antisémitisme occidental toujours bien présent, mais largement de manière latente, aurait été porté au degré de la frénésie par l’influence politique et intellectuelle croissante d’immigrants musulmans fanatiques…. Le sous-entendu étant qu’une alliance sacrilège aurait été conclue entre la gauche et l’islamisme militant.

 

 

 

Ce genre de billevesée fut tout d’abord diffusé par des membres du cabinet de Sharon. Ainsi, au cours d’une interview accordée au Jerusalem Post en novembre 2002, Benyamin Netanyahu avertissait que l’antisémitisme latent était en train de sortir de sa léthargie :

 

 

 

« A mon avis, il y a beaucoup de gens, en Europe, qui condamnent l’antisémitisme, et beaucoup de gouvernements et de dirigeants qui luttent activement contre ce fléau, mais la tendance n’en existe pas moins, sur ce Continent. Dire que l’antisémitisme n’y est pas présent, ce serait ignorer la réalité. Désormais, il est associé comme marié au – et stimulé par le – vecteur d’antisémitisme sans doute le plus puissant et le plus effronté qui soit, j’ai nommé  : l’antisémitisme islamique, issu de certaines minorités musulmanes dans les pays européens. Cet antisémitisme est souvent camouflé en antisionisme. »

 

 

 

Netanyahu a proposé de « crever l’abcès » en entreprenant une campagne de relations publiques agressive à base d’ « autodéfense ». Un mois après, le président israélien Moshe Katsav sélectionna l’objectif le plus aisé de tous, en avertissant, au cours d’une visite d’État, que la lutte contre l’antisémitisme devait être entreprise en Allemagne, où « des voix antisémites commencent à se faire entendre ».

 

 

 

Mais, comme toujours, la cible principale de la campagne à propos du nouvel antisémitisme furent de larges publics aux USA, dont on sait qu’ils sont les parrains généreux d’Israël. C’est dans ce pays que les officines du lobby pro-israélien se transformèrent progressivement en un chœur de pleureuses.

 

 

 

Aux premiers stades de la campagne, la motivation réelle du lobby n’était nullement dissimulée : le lobby voulait étouffer dans l’œuf un débat pourtant encore balbutiant au sein de la société civile américaine, notamment dans les Églises et dans les universités, au sujet de la nécessité de retirer d’Israël des sommes considérables qui y avaient été investies, en protestation et en réplique à son opération Bouclier Défensif.

 

 

 

En octobre 2002, Israël ayant effectivement réoccupé la Cisjordanie, le toujours serviable Abraham Foxman, directeur de l’Anti-Defamation League, mit les contempteurs d’Israël prônant ce désinvestissement dans le même sac que les nébuleux « nouveaux antisémites ». Il exhorta une nouvelle institution mise sur pied par le gouvernement israélien, appelée « Forum en vue de la Coordination de la Lutte contre l’Antisémitisme » [Forum for Co-ordinating the Struggle against anti-Semitism] à exprimer à haute et intelligible voix « ce que nous ressentons dans nos cœurs et dans nos tripes : à savoir quand la bande jaune (de l’antisémitisme) a été franchie. »

 

 

 

Quinze jours plus tard, Foxman était lancé : il avertissait que les juifs étaient plus vulnérables que jamais depuis la Seconde guerre mondiale. « Je ne pensais pas qu’à un moment quelconque de ma vie je serais  - hmmm nous serions – inquiet(s) au point où nous le sommes aujourd’hui, ni que nous aurions à affronter l’intensité d’antisémitisme que nous connaissons actuellement », déclara-t-il au Jerusalem Post.

 

 

 

Se faisant l’écho de l’avertissement de Netanyahu, Foxman ajouta que la diffusion rapide du nouvel antisémitisme avait été rendue possible par la révolution communicationnelle, en particulier par Internet, qui permettait aux musulmans de relayer leurs messages de haine à travers le monde en quelques secondes, infectant le brave monde dans le monde entier.

 

 

 

Il est clair, désormais, qu’Israël et ses affidés avaient à l’esprit trois objectifs, lorsqu’ils entamèrent leur campagne. Deux de ces objectifs étaient des mobiles déjà connus, utilisés lors des précédentes tentatives de mettre en exergue un « nouvel antisémitisme ». Le troisième, en revanche, était nouveau.

 

 

 

Le premier objectif, sans doute le mieux compris, consistait à couper court à toute critique d’Israël, tout particulièrement aux usa. Au cours de l’année 2003, il devint de plus en plus apparent, pour tout journaliste, comme moi-même, que les médias usaméricains, bien plus tôt que les médias européens, étaient de plus en plus réticents à imprimer ne fût-ce que les critiques les plus modérées sur Israël qu’ils ne le faisaient auparavant. Ainsi, alors qu’Israël commençait à accélérer notablement le rythme de construction de sa muraille monstrueuse à travers la Cisjordanie, au printemps 2003, les éditeurs de journaux étaient réticents à seulement aborder ce sujet.

 

 

 

Le quatrième pouvoir étant devenu muet comme une carpe, les voix progressistes de nos universités et de nos églises commencèrent à se taire elles aussi. La question du désinvestissement disparut totalement de l’ordre du jour. Des organisations de type mccarthyste comme Campus Watch contribuèrent à imposer le règne de l’intimidation. Des universitaires qui maintenaient leurs positions, comme Joseph Massad, de l’Université de Columbia, attirèrent sur eux les foudres vengeresses de nouveaux groupes d’activistes sionistes, tel le David Project.

 

 

 

Un deuxième objectif, beaucoup moins souvent relevé, était le désir impérieux d’éviter qu’un certain nombre de juifs israéliens ne fassent défection, ce qui aurait bénéficié aux Palestiniens, les deux groupes ethniques approchant de la parité démographique dans la zone connue des Israéliens sous le nom de Grand Israël et des Palestiniens sous celui de Palestine historique.

 

 

 

La démographie a de tout temps été l’obsession lancinante du mouvement sioniste : durant la guerre de 1948, l’armée israélienne terrorisa ou chassa délibérément quelque 80 % des Palestiniens vivant à l’intérieur des frontières de ce qui allait devenir Israël, afin de garantir son nouveau statut d’État juif.

 

 

 

Mais au tournant du millénaire, à la suite de l’occupation par Israël de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, en 1967, et avec la croissance démographique rapide des populations palestiniennes opprimées tant dans les territoires occupés qu’en Israël même, la démographie se retrouva à nouveau en tête de l’ordre du jour politique israélien.

 

 

 

Durant la deuxième Intifada, tandis que les Palestiniens se battaient contre la machine de guerre israélienne au moyen d’une vague d’attentats suicides contre des autobus dans les principales villes israéliennes, le gouvernement Sharon redouta que les juifs israéliens aisés ne commencent à regarder du côté de l’Europe ou de l’Amérique, en y voyant des lieux de vie moins dangereux que Jérusalem ou même Tel Aviv. Le danger étant que la bataille démographique risquait d’être perdue, au cas où les juifs israéliens émigreraient.

 

 

 

En insinuant que l’Europe, comme par hasard, était devenue une pépinière pour le fondamentalisme islamique, on espérait que les juifs israéliens, dont beaucoup détiennent plusieurs passeports, prendraient peur et resteraient en Israël. Un sondage effectué par l’Agence juive dès le mois de mai 2002 a ainsi montré que 84 % des Israéliens croyaient que l’antisémitisme était redevenu une menace sérieuse pour les juifs du monde entier. Au même moment, certains hommes politiques israéliens concentraient leur attention sur deux pays européens comportant les populations juives les plus importantes : la Grande-Bretagne et la France ; soit deux pays comportant aussi [bingo !] d’importantes communautés d’immigrés musulmans. Ils braquèrent les projecteurs sur la montée supposée d’un antisémitisme dans ces deux pays, dans l’espoir d’en attirer la population juive en Israël.

 

 

 

Ainsi, par exemple, en France, des agressions antisémites particulières se virent accorder une couverture médiatique maximale : d’un rabbin âgé poignardé [par lui-même, allait-on apprendre un peu plus tard, mais passons…] jusqu’à une jeune femme juive attaquée dans un train de banlieue par une bande d’antisémites [à ceci près qu’elle n’était pas juive… (et qu’elle n’a pas été agressée non plus ! NdT)].

 

 

 

Sharon tira avantage de ce climat de peur totalement artificiel, en juillet 2004, pour proclamer que la France était aux prises avec l’ « antisémitisme le plus sauvage », exhortant les juifs français à venir s’installer en Israël.

 

 

 

Le troisième objectif, quant à lui, était du jamais vu. Il consistait à établir un lien entre le nouvel antisémitisme et la montée du fondamentalisme musulman en Occident, signifiant implicitement que les musulmans islamistes étaient en train de s’assurer d’un contrôle idéologique sur la pensée occidentale. Cela s’harmonisait particulièrement bien avec l’atmosphère paranoïde découlant des attentats du 11 septembre 2001.

 

 

 

C’est dans cet esprit que des universitaires juifs usaméricains comme David Goldhagen caractérisèrent l’antisémitisme comme « en évolution constante ». Dans un article intitulé « Mondialisation de l’antisémitisme » [The Globalisation of anti-Semitism] publié en mai 2003 par la revue hebdomadaire juive américaine Forward, Goldhagen avançait l’argument que l’Europe avait exporté son antisémitisme raciste classique vers le monde arabe, lequel, à son tour, était en train de re-contaminer l’Occident…

 

 

 

« C’est alors que les pays arabes réexportèrent la nouvelle démonologie hybride vers l’Europe et, via les Nations unies et d’autres institutions internationales, vers d’autres pays, dans le monde entier. En Allemagne, en France, en Grande-Bretagne et ailleurs, une expression et une agitation antisémites intenses recourent à de vieux poncifs s’appliquant naguère aux juifs locaux – des accusations de semer le désordre, de vouloir subjuguer autrui – avec un nouveau contenu, dirigé quant à lui pour l’essentiel contre des juifs vivant en-dehors de ces pays. »

 

 

 

Cette théorie à base de contagion « flottante » de haine envers les juifs, propagée par les Arabes et leurs sympathisants à travers Internet, les médias et les institutions internationales, a trouvé de nombreux admirateurs. Ainsi la journaliste néo-conservatrice britannique Melanie Philips a clamé d’une manière racoleuse, et parfaitement abusive, que l’identité britannique était en train d’être subvertie et évincée par une identité islamique qui transformait sa ville natale en la capitale du terrorisme : le « Londonistan »…

 

 

 

Si l’objectif ultime des tenants du « nouvel antisémitisme » a été atteint avec un tel succès, c’est parce qu’il a pu être facilement confondu avec d’autres idées associées à la guerre usaméricaine contre la terreur, à l’instar du concept de « clash entre civilisations ». Dès lors que c’était « eux » contre « nous », le « nouvel antisémitisme » permettait de poser d’entrée de jeu que les juifs étaient du côté des anges. Il incomba donc à l’Occident chrétien de choisir son camp, en décidant de conclure un pacte soit avec le Bien (le judaïsme, Israël, la civilisation) soit avec le mal (l’Islam, Oussama Ben Laden, le Londonistan) [aussi simple que ça !]…

 

 

 

Nous sommes encore très loin d’atteindre le bout de cette route traîtresse, à la fois parce que la Maison Blanche est en banqueroute d’initiatives politiques autres que sa guerre contre la terreur et parce que la place d’Israël reste, pour le moment, bien assurée, au cœur de l’ordre du jour néo-conservateur de l’administration US.

 

 

 

Cela a été précisé de manière extrêmement claire, la semaine dernière, quand Netanyahu, l’homme politique le plus populaire en Israël, a ajouté, s’il en était besoin, une énième couche de malignité mortelle à la machine à bobards néo-conservatrice en train de faire ronfler les moteurs en vue d’une confrontation avec l’Iran, ayant pour mobile les ambitions nucléaires de ce pays : Netanyahu a carrément comparé l’Iran à l’Allemagne de 1933 et son président, Mahmoud Ahmadinejad, à Adolf Hitler… :

 

 

 

« Hitler a fait ses débuts dans le cadre d’une campagne militaire mondiale, après quoi il a tenté d’acquérir des armes nucléaires. L’Iran essaie d’obtenir des armes nucléaires en premier. Par conséquent, de ce point de vue, il est bien plus dangereux qu’Hitler », a déclaré Netanyahu à des décideurs israéliens en matière de lutte contre le terrorisme.

 

 

 

L’insinuation de Netanyahu était parfaitement transparente : l’Iran rechercherait une nouvelle Solution Finale, visant cette fois-ci Israël, ainsi que les juifs du monde entier. Le moment de rendre des comptes est proche, d’après Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères, qui affirme contre toute évidence que l’Iran n’est plus qu’à quelques mois de détenir des armes nucléaires.

 

 

 

« «  Terrorisme international » est une expression erronée », a ajouté Netanyahu. Non que le terrorisme international n’existerait pas, mais parce que le problème, c’est en réalité l’islamisme international militant. C’est ce mouvement qui recourt au terrorisme au niveau international, et c’est aussi lui qui est en train de mettre au point le stade ultime du terrorisme, à savoir le terrorisme nucléaire. »

 

 

 

Ainsi, le tour est joué : confronté comme Israël est censé l’être aux noirs desseins des « fascistes islamiques », tels ceux d’Iran, l’arsenal nucléaire israélien – et l’Holocauste nucléaire qu’Israël est en capacité [et même envisage] de déchaîner – peut être présenté comme la planche de salut du monde civilisé !



Source : CounterPunch http://www.counterpunch.org/cook09232006.html
 Jonathan Cook, écrivain et journaliste britannique, vit à Nazareth, en Israël, où il a fondé la Nazareth Press Agency. Il est l’auteur de l’ouvrage à paraître [en anglais] : Blood and Religion : The Unmasking of the Jewish and Democratic State [Sang et religion : Bas les masques sur l’Etat « juif et démocratique »] aux éditions Pluto Press, et qui sera diffusé également aux USA par University of Michigan Press. 

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité et de mentionner auteurs et sources.
URL de cet article :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1548&lg=fr

Illustrations de Farhad Foroutanian, un artiste iranien vivant aux Pays-bas

Lettre ouverte au peuple iranien et au président Ahmadinejad

Les deux attaques terroristes contre l’ambassade d’Israël en mars 1992 et contre le centre communautaire juif AMIA en juillet 1994 à Buenos Aires : la connexion israélienne

 

Par José Petrosino et Oscar Abudara Bini, novembre 2006
Traduit par Maria Poumier et révisé par Fausto Giudice

 

Le juge argentin Rodolfo Canicoba Corral a délivré jeudi 9 novembre un mandat d’arrêt international, transmis à Interpol, contre l’ancien président iranien Ali Rafsanjani, l’ancien ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati, l’ancien ministre des Renseignements Alí Fallahian. Sont aussi visés par la mandat Mohsen Rezai, ancien commandant des Gardiens de la Révolution, Moshen Rabbani, ex-conseilelr culturel de l’ambassade d’Iran en Argentine, Ahmad Reza Ashgari, ex-scerétaire de cette même ambassade, Ahmed Vahidi et le Libanais   Imad Fayez Moughnieh, ancien responsable du service de sécurité extérieure du Hezbollah. À cette liste  impressionnante s’ajoute le nom de Hadi Soleimanpour, ancien ambassadeur d’Iran en Argentine. Tous ces hommes sont soupçonnés par la justice argentine d’avoir organisé l’attentat contre le siège de l’AMIA,  le centre communautaire juif de Buenos Aires en juillet 1994.

 

José Petrosino et Oscar Abudara Bini, qui enquêtent depuis 14 ans sur les deux attentats de 1992 et 1994 à Buenos Aires, ne partagent vraiment pas l’opinion du juge argentin. Ils viennent d’écrire au président Mahmoud Ahmadinejad. (Tlaxcala)


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Le rôle de l'Argentine dans la préparation psychologique de l'attaque de l'Iran: Consolider la thèse

 

 

Les attentats terroristes de Buenos Aires, Londres, Madrid et New York (11 septembre) : des caractéristiques comparables

 

Nous demandons le soutien du gouvernement iranien pour ouvrir une enquête internationale.

 

Nous enquêtons depuis dix ans sur les attentats de Buenos Aires dont l’Iran et le Hezbollah sont injustement accusés, et considérons que le travail de l’ambassadeur (en fait chargé d’affaires, NdT) Mohsen Baharvand est très important. En mai 2006 nous avons remis une documentation à ce sujet au Réseau Voltaire en France, déposée auprès de Thierry Meyssan.

 

La présence d’un faux procureur israélien a été signalée dans le journal local Nueva Sion, dont nous vous joignons copie.

 

Voici quelques détails à ce sujet :

 

Pendant quatorze ans d’enquête indépendante, nous avons confronté les informations officielles et avons découvert un secret de Polichinelle : tout le monde est convaincu qu’il faut enquêter sur une piste israélienne bien plus plausible que la piste iranienne sur laquelle nous poussent vainement les USA et Israël.

 

Nous avons transmis nos informations aux tribunaux argentins. Nous suivons attentivement la presse, les médias et les publications, et sommes en mesure d’affirmer que nous avons les preuves de ce que nous affirmons, sur certains points, et de très fortes présomptions sur les autres. Ce sont des faits concrets qui nous amènent aux conclusions suivantes :

 

1.                  Les explosions ont eu lieu à l’intérieur des deux bâtiments.

 

2.                  De fausses preuves ont été introduites sur les lieux afin de faire figurer des voitures piégées inexistantes dans les deux attaques

 

3.                  De faux témoignages, relayés par les services de police locale, les agences de renseignement et la classe politique, ont visé à impliquer des voitures piégées et des kamikazes, de façon à orienter l’opinion sur des terroristes musulmans  fondamentalistes.

 

De ces trois certitudes, nous déduisons :

 

Qu’il est impossible qu’il s’agisse d’attaques commises par des musulmans et que le gouvernement argentin a été accompagné ou plutôt guidé par l’État d’Israël sur cette fausse piste.

 

La complicité conjointe des USA, de l’Argentine et d’Israël est établie. Quels que soient les coupables de ces attentats, la responsabilité solidaire des trois États est engagée.

 

Tout ceci relève de la « raison d’État » ; elle seule est à l’œuvre, pour expliquer ces attentats israéliens contre leurs propres institutions représentatives,  ceux d’un État qui mène une guerre pour subsister comme tel, avec un pronostic de plus en plus réservé. Cela se produit dans un contexte où la puissance hégémonique, qui est également le mentor et l’unique  soutien d’Israël, les USA, déploie des stratégies de contrôle de la planète toute entière. Ces stratégies sont complexes et tellement audacieuses, qu’il devient difficile pour le public non averti de comprendre ce qui s’est passé.

 

Nous demandons l’assistance internationale pour une enquête internationale sur les caractéristiques communes des attaques commises à Buenos Aires, Madrid, Londres et New York.

 

Notre groupe de citoyens argentins est convaincu, après dix ans d’enquête locale, de la nécessité d’enquêter sur la responsabilité d’Israël et des USA, pour les attentats  perpétrés en Argentine. Le professeur James Petras a récemment exposé les falsifications à l’œuvre dans la tentative britannique pour expliquer l’attaque dont les Anglais ont été victimes. En Espagne, les mensonges sur le « sac à dos de Vallecas » apparaissent comme une manœuvre pour plomber des musulmans. Thierry Meyssan est le pionnier qui a montré que le Pentagone n’a pas été attaqué par un Boeing mais par un missile de l’armée américaine.

 

Il est très difficile aux USA mêmes d’enquêter sur les attentats du 11 septembre, qui ont été réalisés par le gouvernement américain. C’est pourquoi le héros William Rodriguez et le millionnaire Jimmy Walter ont demandé son aide au président Chavez. Nous demandons un soutien international pour organiser une rencontre des enquêteurs argentins, espagnols, anglais et américains, pour établir des conclusions sur les caractéristiques communes à tous ces attentats et un modus operandi commun. Nous demandons au peuple iranien et à son président de collaborer à ce projet, avec leur approche propre.

 

José Petrosino est ingénieur.  Oscar Abudara Bini est cinéaste, psychiatre et psychanalyste. Il poursuit en justice Munir Menem, frère de l’ex-président Carlos Menem, responsable de la « connexion syrienne » en Argentine (connu et dénoncé dans la presse pour trafic d’armes et enrichissement illicite) pour complicité dans les attentats commis à Buenos Aires en 1992 (ambassade d’Israël) et 1994 (siège de l’AMIA), tuant 92 personnes. Le documentaire qu’il a réalisé sur ces attentats fait l’objet de la censure en Argentine.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1514&lg=fr

 

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Laura Ginsberg : « Le lancement d’un mandat d’arrêt argentin contre l’ancien président iranien est une décision sur mesure pour Bush et l’État d’Israël »


La Verdad Obrera, 2 novembre 2006

Traduit par Maria Poumier et révisé par Fausto Giudice

Entretien avec Laura Ginsberg, présidente de l’APEMIA , Association pour l’enquête sur le Massacre Impuni du Centre communautaire AMIA de Buenos Aires, qui fit 85 morts en 1994, par La Verdad Obrera, organe du Parti des Travailleurs pour le Socialisme, 2 novembre 2006.

La Verdad Obrera : Que faut-il penser de la décision des procureurs Nisman et Martinez Burgos, qui accusent l’Iran d’être responsable de l’attentat contre AMIA [et qui ont lancé des mandats d’arrêt internationaux contre l’anicien président Rasfanjani et d’autres hauts responsables iraniens]?

Pour nous, c’est une nouvelle escroquerie gouvernementale contre ceux qui demandent une enquête sérieuse et le châtiment des coupables. Rappelons que Nisman travaillait pour le juge Galeano [destitué ensuite pour irrégularités] au début de l’année 2003. A ce moment, ils avaient déjà tenté de lancer un mandat d’arrêt contre des fonctionnaires iraniens, mais la procédure a échoué, parce qu’ils n’avaient pas pu étayer leur accusation. Maintenant, ils recommencent sur les instructions reçues d’Interpol, Nisman lui-même le reconnaît. La décision peut bien adopter des formes juridiques, c’est en fait un acte purement politique. Nisman fait preuve de docilité face à l’insistance des pressions qu’exercent sur le gouvernement argentin le Département d’État des USA, l’ambassade de l’État d’Israël et les organisations judéo-américaines, que Kirchner a rencontrées à Buenos Aires et à Washington.
Cette accusation politique contre le régime iranien n’a rien à voir avec la recherche de la vérité sur le massacre de nos proches dans l’attentat contre l’AMIA, mais fait partie d’une opération pour utiliser l’affaire de l’AMIA de façon à déclencher la guerre au Moyen Orient, contre l’Iran et le Hezbollah. C’est le résultat des manœuvres du président Kirchner pour transformer l’Argentine en pays de référence pour l’Amérique latine en matière de lutte contre le terrorisme international. Il s’agit d’un simple alignement sur la politique de Bush. Cela contribue en fait à étouffer l’affaire de l’attentat ; notre gouvernement a remis en liberté, après un procès frauduleux, les principaux inculpés pour le crime, et ne poursuit personne, même pas ceux qui ont commis des « irrégularités » au cours de l’instruction. Le juge Galeano n’a pas été arrêté, et le conseil de la magistrature laisse tranquille Bonadío, un autre des juges complices. Kirchner fait le jeu des USA, et il consacre l’impunité. Ce qui est grave, dans le cas de Nisman, c’est que sa décision se base sur une information secrète fournie par les services de renseignement étrangers.

LVO : Y a-t-il un rapport entre la décision de Nisman et les agissements de Galeano ?

Absolument. Nisman reprend les mêmes méthodes et les approfondit. Il a prétendu se distinguer de l’ex-juge, mais il agit de façon à lancer une accusation politique plus profonde. Il a rendu publique sa décision quand le gouvernement lui a donné le feu vert, parce qu’il avait tout mis au point avec ses interlocuteurs aux USA et en Israël. A la différence de Galeano, il est soutenu par tous les autres pour « oublier » que le Tribunal Oral a déjà déclaré nulles une bonne partie des accusations instruites par le procureur lui-même, et les remises en liberté des individus censés constituer le « réseau local ». Notre collectif APEMIA continue à protester, car le gouvernement cache des archives, qui restent secrètes. Et il y a d’autres dossiers en rapport avec l’affaire AMIA en Israël et aux USA. Il s’agit donc pour Kirchner de préparer le terrain pour faire ce que même Bush ne parvient pas à faire aux USA, c’est-à-dire accuser sans fournir de preuves. Un point très grave, c’est la modification de la loi sur les services secrets nationaux. Les associations Memoria Activa et le CELS ont font connaître leur inquiétude à la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH). Nous avons pris la peine de comparer le texte de la loi en vigueur avec celle dont ils ont convenu avec le ministère de la Justice, et qu’ils ont transmise à la CIDH. Selon la nouvelle mouture, même les juges ne vont pas avoir accès à l’information des services de renseignement et aux preuves éventuelles. L’accès à l’information secrète leur sera interdit.
Il s’agit donc, dans l’opération conduite par Nisman, de satisfaire aux exigences de l’ambassade d’Israël, du lobby judéo-américain et du Département d’État, pour aligner l’Argentine sur leur politique belliciste, avec le prétexte de la lutte contre le terrorisme ; il s’agit de valider une méthodologie qui est illégale, dans n’importe quel pays au monde, telle que l’accusation sur la base d’informations secrètes des services de renseignement. Un exemple : Nisman affirme avoir des preuves – qu’il ne montre pas, naturellement – sur une réunion des ex-fonctionnaires iraniens mis en cause, dans la ville iranienne de Mashad le 14 août 1993 ; c’est là qu’ils auraient décidé de commettre l’attentat contre l’AMIA. Or - et il le cache bien- les mêmes services secrets avaient reconnu que l’État argentin, Israël, et le Brésil, savaient six mois avant cette date (depuis février 1993) qu’il se préparait un attentat à Buenos Aires. Il cache aussi une information qui est du domaine public : en 2004, un ex-directeur du FBI a déclaré au Brésil que l’attentat contre l’AMIA avait été préparé au Brésil.

LVO : Que penser des positions de la DAIA (Délégation d’Associations Israélites Argentines) et de l’AMIA ?

Les représentants de la communauté juive, des associations comme Memoria Activa, le gouvernement israélien et celui des USA ont félicité ensemble Nisman et l’État argenin. Nous rejetons ce comportement des représentants de la communauté juive, et d’autres associations de parents des victimes ; c’est le point d’orgue à la « performance », au show consistant à soutenir sans limite le gouvernement de Kirchner. Je considère qu’ils ont renoncé à chercher la vérité sur le massacre et à punir les coupables. Il s’agit d’une affaire pour laquelle il n’y a pas une détention, pas un condamné, pas un suspect, même pas en matière de  complicités (la complicité est un délit mineur, dans le cadre de la gravité du crime commis il y a douze ans). Douze ans sont passés, et vous verrez que le gouvernement va finir par dire qu’il n’est pas obligé de poursuivre qui que ce soit parce qu’il y a prescription. Or ce que cherche l’État argentin, c’est à être lavé de sa propre responsabilité criminelle. C’est l’État argentin, le coupable du massacre, non seulement à titre de complice, mais aussi pour sa responsabilité criminelle directe. Il savait que l’attentat était en cours de préparation, il a mis ses forces de sécurité à disposition pour qu’il se réalise, et il a couvert le tout pendant douze ans. Ses complices et compères pour occulter les faits sont les USA, le Brésil, la Grande Bretagne, l’Israël et l’Allemagne.
Nous lançons une accusation formelle contre ces États, et particulièrement l’État argentin, qui compte sur le soutien des organisations locales [