L’affaire Redeker
A –t-on droit de critiquer l’Islam
?
Par Lahsen R
Cette question devrait être posée par des gens qui sont
musulmans. Pourquoi ? parce que ces gens ont plus au moins une base
de discussion sur le sujet à discuter .Mais un écrivain
comme Robert Redeker ou un simple mortel qui n’a pas pratiqué
sérieusement la religion musulmane un moment donné,
n’a pas à blasphémer une religion céleste
. Je ne suis pas d’accord aussi avec ce pauvre Soheib Ben cheikh
que Dieu lui pardonne son égarement malgré son ancien
statut de « Mufti »et directeur de l’institut des
sciences islamiques occidentalisées et non moyen orientalisées.
L’Ange Gabriel, l’envoyé de Dieu n’a pas
apporté un burnous certes, mais une définition de conduite
humaine universelle qui nous permettra de vivre dans une harmonie
totale. Une conduite bien claire valable pour toute race et toute
couleur. L’Islam ne dit pas de se déshabiller (d’enlever
la djellaba) devant tout un monde et de faire des scènes d’amour
dans des jardins publics ou sur les plages ou sur les bords des routes
au su et au vu de tout un chacun .Gabriel l’a autorisé
pour des animaux et encore tels que les ânes et les chiens.
Est- ce raisonnable de lober au nom des libertés de faire
marier un homme à un homme, pire un général de
corps d’armée qui a comme époux son planton ?
Voir ce qu’il a rapporté Gabriel au sujet de Qom Loth.
Est-il raisonnable de voir toute une famille (grands parents au petit
fils) nus dans un complexe thermale ex : à Baden -Baden et
ailleurs .Tout ça au nom de l’ouverture et la civilisation
.Je ne parlerai pas des lesbiennes et leurs revendications. N’est-il
pas scandaleux, immoral de jouer une opérette actuellement
en tournée, par des femmes nues! Sous des applaudissements
on a enterré les règlements universels des êtres
humains. La nudité, les péchés, se mal conduire
sont personnels alors on se les fait chez soi sans offenser personne,
pour dire qu’on est civilisé, démocratique, libre
…L’Islam par Gabriel dit que si vous tuez un homme vous
êtes considéré par Dieu comme si vous avez tué
toute l’humanité et si vous sauvez un homme comme si
vous avez sauvé toute l’humanité. Mr Redeker a-t-il
une preuve que l’Islam a tué des dizaines de millions
d’êtres humains lors de la guerres de 100 ans ?ou lors
de celle de 1918, ou celle de 1939 ou celle du Vietnam ou celle du
Cambodge ou celle d’Irak ou celle de Palestine ou celle récemment
du Liban. L’Islam dit que cet univers est crée par un
Dieu unique et non par un physicien ou un chimiste donc nous, on y
croit. Il faut respecter notre croyance comme nous on respecte votre
avis d’avoir déserter et laisser à l’abandon
des milliers d’églises. Ces églises qui continuent
toutes les heures de clocher pour essayer de faire entendre raison
aux sourds parlants qui diluent leurs langues uniquement contre l’Islam.
Les quelques références citées ne sont que les
quelques plus choquantes d’une vie quotidienne qui froissent
aussi un vrai chrétien ou un vrai juif ou un vrai bouddhiste.
L’Islam prône d’élargir son cœur et
aimer la créature de Dieu (l’homme), aider cette créature
à ne pas vivre dans la misère imposée, la rendre
heureuse et ne pas lui imposer l’injustice. Ce qui n’est
pas du tout évident actuellement dans cette planète
(matérialiste). Je plains Mr Robert Redeker pour sa nouvelle
situation, son cœur s’emballe pour chaque bruit dans sa
chambre, sa cuisine, son bureau, sa toilette, son jardin en plus que
la région où il habite reçoit sa part d’orages
et d’éclairs. Dieu a beaucoup parlé de ses foudres
divines et craintives envers ce genre d’homme qui veut être
aussi par ses écrits osés, un nouveau Dieu sur terre.
Sa solution à l’apaisement est facile, à lui de
piocher dans la bonne direction, le pardon de Dieu qui nous a recommandé
l’Islam, est immense. Il sait très bien que le problème
ne réside pas en Islam qui est géré et protégé
éternellement par son créateur. Il faut juste une ouverture
et une largesse de cœur sans blasphémer pour que nous
nous entendions comme des frères siamois.
Nb : ne pas confondre et ne pas voir Islam en une personne basanée,
barbue, des cheveux crépus et noirs, pauvre, illettrée,
abattu et ne parlant que l’arabe.
Lahcen
NB : un forum appelé " franchement " au Parisien
n'a pas voulu publier cet article pour eux il n'est pas modéré
à moins qu'il ne convient pas à leur sauce !
Lettre ouverte à Robert Redeker
par Eva-Luise Hirschmugl, 20 octobre 2006
L’auteur est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs
pour la diversité linguistique.
URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1364&lg=fr
Cher Monsieur,
Après lecture de votre article « Face aux intimidations
islamistes, que doit faire le monde libre ? », publié
par Le Figaro le 19 septembre 2006, je suis arrivée à
la conclusion que le manque de personnel dans l’Éducation
nationale doit être arrivé à un stade très
inquiétant si l’on permet même à des personnes
comme vous de dispenser des cours dans un lycée français.
Globalement, j’avais du mal à trouver un leitmotiv dans
votre article, puisque vous sautez, permettez-moi cette expression
un peu familière, du coq à l’âne ou devrais-je
dire, pour rester fidèle au sujet, « du chameau au dromadaire
» ? Les seuls leitmotivs que j’ai pu trouver sont la désinformation
volontaire, la calomnie et l’incitation à la haine. Je
ne suis pas en mesure de juger si vos paroles émanent de votre
ignorance totale ou bien si vous les employez sciemment afin de tenter
de créer un clivage artificiel entre la communauté musulmane
française et le reste du pays. Une amie, qui a eu la gentillesse
d’attirer mon attention sur votre gribouillis, en a, je pense,
fait une très bonne synthèse : « Ce prof de philo
montre à ses élèves et à la France à
quel point la connerie humaine (tout particulièrement la sienne!)
donne le mieux l'idée de l'infini ». En réalité,
il n’y a rien à ajouter à son résumé.
Et pourtant je le fais car je trouve ce genre d’article particulièrement
dangereux. Les personnes qui connaissent l’Islam, l’histoire
de notre Prophète (Paix et Bénédiction divine
sur lui) et qui entretiennent des relations amicales avec des membres
de la communauté musulmane, savent que nous autres musulmans
ne souhaitons pas « soumettre plus au moins consciemment [les
non musulmans] aux diktats de l’Islam » ou bien «
islamiser les esprits ». Mon message s’adresse plutôt
à ceux qui, pour des raisons quelconques, n’ont pas encore
eu l’occasion de connaître des musulmans ou les enseignements
de l’Islam et qui n’ont jamais lu le Coran, visité
une mosquée, etc.
L’Islam n’est pas une religion archaïque, au contraire,
l’arrivée de l’Islam a été vécue
par de nombreux peuples comme une libération, une révolution
populaire qui a rétabli la justice et l’équilibre
des richesses dans les sociétés. Après 1400 ans
d’existence, les enseignements de l’Islam n’ont
en rien perdu de leur actualité. Les sociétés
occidentales commencent à prendre conscience des maux qui les
affligent et essayent de les combattre (alcoolisme en augmentation
chez les jeunes, appauvrissement de la société, manque
de courage civique et de solidarité, sentiment d’insécurité,
déclin des mœurs, etc.) avec plus ou moins de succès.
Les enseignements de l’Islam offrent des réponses à
ces problèmes et notre Prophète (Paix et Bénédiction
divine lui) nous a montré le comportement exemplaire d’un
vrai musulman tout au long de sa vie.
Il suffit de lire l’un des nombreux livres d’histoire
musulmane pour connaître la personnalité du prophète
Mohammed (Paix et Bénédiction divine sur lui), l’histoire
de la civilisation musulmane et, surtout, les souffrances des premiers
musulmans qui, après avoir été persécutés,
torturés voire tués pour avoir adopté cette nouvelle
foi, étaient contraints d’émigrer à Yathrib,
une ville qui était prête à les accueillir et
qui est aujourd’hui connue sous le nom de Médine. Par
ailleurs, même ceux qui étaient opposés voire
ouvertement hostiles à l’Islam, notamment les membres
de la tribu des Quraychites à la Mecque, appréciaient
tous le Prophète Mohammed pour ses bonnes origines familiales,
son bon caractère et son honnêteté. Mentionner
des mot-clé comme « chef de guerre impitoyable, pillard,
massacreur de juifs et polygame » en dehors du contexte historique
et sans aucun exemple ne fait que démontrer encore plus clairement
que vous ne vous exprimez que pour polémiquer et pour surfer
sur la vague populaire de l’islamophobie.
Il est impossible d’expliquer en si peu de lignes le contenu
entier du Coran qui est composé d’environ 6000 versets,
tout en sachant que, pour vraiment saisir le sens profond des versets,
il faut disposer soit d’une très bonne traduction et
explication du texte, soit avoir d’excellentes connaissances
de la langue arabe ainsi que connaître le contexte historique
dans lequel les versets ont été révélé.
Étant donné que vous ne donnez aucune citation précise
d’un ou plusieurs versets du Coran ou d’exemples de ces
« rites banals » qui « exalte[nt] violence et haine
», il est impossible de prendre position afin de prouver le
contraire au lecteur non informé mais ouvert d’esprit.
Je ne pense pas qu’un simple philosophe et écrivain puisse
se permettre d’émettre un quelconque jugement sur le
Coran et les enseignements de l’Islam s’il existe, parallèlement,
des hommes ayant suivi des études très poussées
à ce sujet lesquels, par ailleurs, ne se permettraient jamais
de rédiger un article aussi peu recherché que le vôtre
sur les deux autres religions monothéistes.
L’un des rites que vous citez, la lapidation des stèles
à Mina, est un acte purement symbolique qui s’effectue
dans le cadre du pèlerinage. Il est vrai qu’il y a souvent
un certain nombre de morts à cet endroit, suite aux mouvements
de foule et à une panique soudaine, des phénomènes
bien connus dans une situation où un nombre conséquent
de personnes se trouve dans un espace confiné (autres exemples
plus profanes : stades de foot, halls de concerts, etc.). Ainsi, en
2004, on a recensé 251 morts suite à une telle panique
sur un total d’environ 2 millions de visiteurs (0,01%). Pour
comparaison : en 2004 l’INSEE a recensé 68 457 morts
en Île-de-France sur une population totale de 11 291 000 personnes,
ce qui représente 0,6%. Je cite ces chiffres uniquement pour
illustrer que le pourcentage des victimes, dont la mort est certes
tragique, est minime quant au nombre total de participants à
l’événement.
Je pense que dans nos pays démocratiques occidentaux nous n’avons
pas eu besoin d’attendre l’arrivée de l’Islam
pour « étouffer ce que l’Occident a de plus précieux
[...] : la liberté de penser et de s’exprimer ».La
liberté de penser et de s’exprimer est un mythe qui n’existe
plus que sur le papier précieux de nos différentes constitutions.
C’est l’un de nos droits fondamentaux que la classe dirigeante
(politique et économique) dans nos pays a réussi à
nous enlever en douce depuis longtemps. S’opposer à l’inauguration
du Parvis Jean-Paul II à Paris à cause de son interprétation
rigoriste du catholicisme (l’association « Act-up Paris
» mentionne notamment l’attitude sexiste, homophobe et
misogyne dont il aurait fait preuve – voir http://www.actupparis.org/article2662.html)
n’est, à mon avis, pas en contradiction avec le fait
d’être favorable à la construction d’une
mosquée. La mosquée en soi n’est pas synonyme
de la mise en application incorrecte que font certains imams des enseignements
de l’Islam. La construction de mosquées officielles pourrait
justement lutter contre la création de petites salles de prière
par ci, par là où règnent parfois des imams mal
formés en petit chefs qui réussissent à avoir
l’emprise sur certains membres influençables de leur
communauté.
En outre, dire que l’Islam est « la voix des pauvres de
la planète » ne peut relever que de la plaisanterie (NB
: Sur la liste des milliardaires publiée chaque année
par le magazine américain Forbes, au moins 7 musulmans s’inscrivent
parmi les 100 personnes les plus riches au monde, voir http://www.forbes.com/billionaires/).
Le nombre de musulmans a largement dépassé le milliard,
dont un grand nombre vit dans des pays asiatiques. Face à ces
marchés émergeants et prometteurs, le monde occidental
et ses institutions financières laissent très facilement
leur islamophobie de côté et réfléchissent
à des solutions « islamiques » afin de s’assurer
de leur part du gâteau halal. Il en est de même pour les
pays du Golfe et leurs fortunes basées sur les recettes provenant
de l’or noir. Entretemps, des pays comme Dubaï et Qatar
misent plutôt sur le développement du tourisme afin d’assurer
l’après-pétrole – et ce tout en préservant
et en appliquant les valeurs islamiques.
Je ne pense pas que la Mairie de Paris ait interdit les tenues indécentes
(naturisme, monokini et string) sur les quais de la Seine dans le
cadre de Paris-Plages cet été de crainte de heurter
les sensibilités des citoyens musulmans ou de crainte de devoir
faire face à une émeute de jeunes banlieusards affamés
de chair féminine. Je pense que cette interdiction relève
plutôt du bon sens et du souhait de respecter les bonnes mœurs
et de donner une belle image de notre ville aux innombrables touristes
étrangers. En outre, Paris-Plages est un événement
destiné à toute la famille et je ne pense pas non plus
que le fait de voir des seins et fesses dénudés plus
ou moins beaux soit bénéfique au développement
mental de nos enfants, sauf si vous souhaitez qu’ils deviennent
autodidactes et esquiver ainsi plus tard le fameux exposé gênant
sur les fleurs et les abeilles. Étant donné que même
un pays comme l’Italie, qui n’est pas célèbre
pour son ouverture d’esprit vis-à-vis des étrangers,
réfléchit à la création de plages réservées
aux femmes puisque le nombre de riches touristes venus des pays du
Golfe ne cesse d’augmenter, il reste de l’espoir pour
Paris-Plages.
Afin de vous prouver que le fait d’être musulmane ne m’empêche
pas de me montrer généreuse et chaleureuse envers les
non musulmans, je vous souhaite, Cher Monsieur, que Dieu Le Très
Grand vous ouvre les yeux avant qu’il ne soit trop tard pour
vous et qu’Il vous guide sur le chemin de la vérité.
Amine. Après tout, l’histoire a déjà vu
des non musulmans plus violents et plus têtus que vous se convertir
à l’Islam et devenir des membres célèbres
et utiles de notre communauté…
Je lance un appel à mes frères et sœurs musulmans
dans le monde entier et je les encourage à répondre
à ce genre d’accusations infondées, non par la
violence mais en avançant des arguments, en informant les non
musulmans de notre belle religion et à ne surtout pas sombrer
dans un état d’indifférence.
Le texte de Robert Redeker
Voici le texte intégral du philosophe Robert Redeker * publié
sous forme de tribune dans le journal Le Figaro du 19 septembre 2006
sous le titre "Face aux intimidations islamistes, que doit faire
le monde libre ?".
"LES REACTIONS suscitées par l’analyse de Benoît
XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative
menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident
a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman
: la liberté de penser et de s’exprimer.
L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses
règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement
aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un
traitement diététique particulier des enfants musulmans
dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école,
accusation d’islamophobie contre les esprits libres.
Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages,
cet été ? Étrange fut l’argument avancé
: risque de «troubles à l’ordre public».
Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient
de devenir violents à l’affichage de la beauté
? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades
de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?
Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du
fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression
contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre
public» que le string. Il n’est pas déplacé
de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits
en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de
l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte
de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation
des esprits : ceux-là même qui s’élevaient
contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à
Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées.
L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier
à sa vision de l’homme.
Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous
surveillance idéologique. L’islam se présente,
à l’image du défunt communisme, comme une alternative
au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois,
l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde
sensible.
Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience
occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres
de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait
venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui
à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme
ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour
islamophobie, comme hier pour anticommunisme.
Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident,
se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond
se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant
moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être
qui met son âme à découvert. Il prend le risque
de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme,
l’islam tient la générosité, l’ouverture
d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté
de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour
des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots
utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin
d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.
Le Coran est un livre d’inouïe violence.
Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis,
quelques vérités aussi importantes que taboues en France.
D’une part, «Muhammad révéla à Médine
des qualités insoupçonnées de dirigeant politique
et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée,
institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt
des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises,
punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même
coup acquérant un riche butin».
D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour
éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière
tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un
comportement suspect». Enfin, «après la mort de
Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère,
Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine
d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus,
devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».
Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard,
massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet
à travers le Coran.
De fait, l’Église catholique n’est pas exempte
de reproches.
Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle
a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières,
l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants
épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier
de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur.
Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît
: il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques,
la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.
Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines
dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour
à Jésus est un recours contre les excès de l’institution
ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce
la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour,
Mahomet un maître de haine.
La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est
pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met
pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant
avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà
en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à
se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré
au coeur du croyant.
Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par
piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs
centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.
Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à
l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant
(le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire
l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme
le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid,
où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le
christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence,
la délégitiment, l’islam est une religion qui,
dans son texte sacré même, autant que dans certains de
ses rites banals, exalte violence et haine.
Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est
éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide,
violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie
à vocation hégémonique, l’islam, pour poser
sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle
expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident
«le monde libre» par rapport à au monde musulman,
et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde
libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du
Coran, pullulent en son sein."
* Robert Redeker est philosophe. professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet
à Saint-Orens de Gammeville. Prochain ouvrage à paraître:
"Dépression et philosophie" (éditions Pleins
Feux).
Quand le philo-sophisme trahit la philosophie
Par Pierre Granet, parent d’élève, Labège,
France.
L’auteur nous écrit :
Bonjour,
Monsieur Sparagano dit vrai et Monsieur Richaud parle d'or. Répondre
sur le fond à M. Redeker est un service à lui rendre.
Lui ont rendu un très mauvais service ses «soutiens inconditionnels»
qui l'ont érigé en l’«enfant roi»
que lui-même vilipendait en avril, le gosse mal élevé
qui insulte son camarade de classe et demande au prof non seulement
de le défendre contre l’autre qui le menace mais aussi
d¹approuver les insultes, sous prétexte qu’elles
ont été proférées en un langage châtié.
Ce tohu-bohu créé de toutes pièces par des irresponsables
qui ont inventé une fatwa qui n'a jamais été
prononcée a effectivement mis les honnêtes gens du lycée
en demeure de se taire pour ne pas ajouter au trouble. Pour ma part,
je suis sorti de ce «devoir de réserve», tant le
mépris manifesté à l'oeuvre de Rodinson et le
mauvais exemple donné à ses élèves m'ont
été insupportables. Ci-dessous, ce que j'ai écrit
et que je maintiens (La Dépêche du Midi l'a mis en ligne
le 29 septembre [http://forum.ladepeche.com/asp/forum/mail.asp?ref=21917]).
Je vous autorise à mettre mes écrits en ligne si vous
pensez que cela peut aider tout le monde à en revenir à
un débat serein porteur d'intelligence et de paix.
Pierre Granet, parent d'élève
Quand le philo-sophisme trahit la philosophie
Qui a écrit : « [Mahomet] montra, en bien des cas, de
la clémence, de la longanimité, de la largeur de vues
et fut souvent exigeant envers lui-même. Ses lois furent sages,
libérales (notamment vis-à-vis des femmes), progressistes
par rapport à son milieu. »? Maxime Rodinson, dans l’article
de l’Encyclopædia Universalis (tome 11, p. 520, éd.
1985) que cite M. Redeker et dont il ne mentionne que des extraits
choisis conformes à sa thèse d’un Prophète
des musulmans « chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur
de juifs et polygame ». Le comble étant ici pour un polémiste
qui revendiquait naguère de mettre le « savoir au centre
de l’éducation », d’avoir ajouté :
« tel se révèle Mahomet à travers le Coran
», quand Maxime Rodinson en dit ceci : « […] son
texte est en grand désordre. On ne peut y rétablir qu’avec
peine et avec bien des incertitudes l’ordre chronologique. Les
événements de la vie du Prophète n’y sont
évoqués que de façon allusive. C’est donc
une source difficile à utiliser » (p. 517). M. Redeker
s’est ainsi inventé un Coran imaginaire inconnu de Maxime
Rodinson et des islamologues. Il fabrique en outre un personnage hors
du commun quand il n’était qu’un parmi tant d’autres
selon, toujours, Maxime Rodinson (« [Mahomet] recourut à
la guerre privée, institution courante en Arabie où
la notion d’État était inconnue » [p. 519]).
Notre philo-sophiste trahit la philosophie qui édicte que la
connaissance commence par l’apprentissage de la lecture des
œuvres et la compréhension de leur sens, de tout leur
sens. Que Maxime Rodinson ait produit, en historien matérialiste,
un article apparemment contradictoire (mais qui ne l’est pas,
rendant compte d’une réalité historique elle-même
pétrie de contradictions, comme toute réalité
historique) sur la vie et l’œuvre politique et théologique
de Mahomet, aurait dû être sujet à réflexion
pour un professeur de philosophie : polygame et législateur
libéral « notamment vis-à-vis des femmes »
en dit assez sur les premières années médinoises
de l’Islam pour qui veut bien lire sans œillères.
M. Redeker est passé outre, poursuivant sa querelle en s’annexant
un Maxime Rodinson qui désormais n’en peut mais. Que
ses élèves lisent attentivement l’article de leur
professeur, qu’ils le comparent avec l’article de Maxime
Rodinson dans l’Encyclopædia Universalis et s’en
inspirent pour surtout ne jamais céder aux sophismes ni trahir
leurs sources s’ils veulent apprendre à philosopher.
Bagatelle avant un massacre
Par Jacques Richaud, 2 octobre 2006
« FACE AUX INTIMIDATIONS ISLAMISTES, QUE DOIT FAIRE LE MONDE
LIBRE ? »
Tel était le titre, assurément politique, que ROBERT
REDEKER donnait à sa tribune du 19 septembre 2006 dans le Figaro.
C’est donc principalement sur le terrain politique qu’il
convient de lui répondre ; sans se laisser aveugler par le
questionnement concernant la liberté de pensée reconnue
à tous.
DE QUOI S’AGISSAIT-IL ?
Un pamphlet sans nuance étalant réellement sa haine
de l’Islam et de tous les musulmans, qui a suscité en
réplique des menaces elles aussi bien réelles. Le même
pamphlet stigmatisait aussi l’aveuglement et la lâcheté
de tous ceux qui ne partagent pas les mêmes thèses.
Robert REDEKER nous demandait hier de partager ses haines et ceux
qui le soutiennent aujourd’hui amplifient sa démarche
en dénonçant l’inconséquence de ceux qui
voient dans cette affaire autre chose et plus qu’une atteinte
inqualifiable à la liberté d’expression.
TOUS LES INGREDIENTS SONT REUNIS D’UNE GIGANTESQUE MANIPULATION
:
Les conséquences de nos positionnements individuels ou collectifs
pourraient aller bien au-delà de la défense d’un
singulier philosophe, associé à la revue «les
Temps Modernes » fondée par Jean Paul SARTRE, qui n’est
plus là pour approuver ou désavouer une ligne éditoriale
dirigée désormais par Claude LANZMANN et ses collaborateurs,
dont Robert REDEKER est une des plûmes les plus sulfureuses
dans le temps troublé que nous vivons depuis quelques années.
- Nous pouvons déclarer que les menaces dont il est l’objet
sont inacceptables, sans oublier de rappeler
qu’elles ont été immédiatement condamnées
aussi par toutes les autorités musulmanes de notre pays.
- La vraie question est ailleurs : Est-il possible de le protéger
sans le soutenir ? Cette problématique est implicitement incluse
dans la tribune même de Robert REDEKER stigmatisant la démission
du «monde libre » face aux «intimidations islamistes
». Pour lui, le monde est déjà coupé en
deux et la guerre est commencée dans laquelle chacun «doit
faire » ce que sa peur devrait lui inspirer.
Le protéger sans le soutenir ? C’est non seulement possible
mais indispensable !
- La protection c’est le rôle de la force publique.
- Mais le soutien c’est une interpellation de l’intelligence
de chacun d’entre nous.
LE SOUTIEN QUI S’AFFICHE DEJA :
Ce soutien sous des formes diverses implique, que cela nous plaise
ou non, de reconnaître le caractère «licite »
de propos qui, appréciés au regard de nos lois et prononcés
par une autre bouche, constitueraient un délit authentique
et sanctionnable. Il faut d’abord avoir lu l’écrit
du philosophe, que l’on ne peut déjà plus trouver
sur le site internet du Figaro qui l’en a courageusement retiré
!
Après lecture s’impose cette évidence : Ce ne
sont que des «mots ». Des mots que certains voudraient
banaliser et, sans même porter appréciation sur leur
contenu, affirmer que ces «mots » mériteraient
le soutien de leur auteur menacé, au nom de la liberté
d’expression…Est-ce si simple ?
NOUS SOMMES DANS L’ETERNEL DEBAT QUI SEMBLAIT CLAIR AU TEMPS
DE VOLTAIRE :
Au temps de ce philosophe, l’humanisme naissant et la liberté
absolue d’expression semblaient constituer les fondements d’une
civilisation fondée sur la raison, privilégiant le débat
sur la censure et la rencontre sur la stigmatisation. Une «
foi » humaniste non dépourvue d’utopie considérait
que la parole libre saurait mener l’humanité vers des
lendemains plus fraternels.
Mais REDEKER n’est pas CALAS et cette seule référence
à la liberté absolue, non seulement de pensée
mais aussi d’expression, posture facile d’intellectuel,
nous inviterait clairement à occulter les enseignements de
l’histoire ; ceux de faits anciens ou récents :
- VOLTAIRE n’ignorait pas que dans les temps anciens le monde
avait été ensanglanté par d’authentiques
appels au Djihad armé et par d’authentiques prêches
pour des Croisades sanglantes qui devaient durer plusieurs siècles
; il n’ignorait pas non plus que plus proches de son époque
l’Europe s’était déchirée de guerres
de religions, toutes attisées et portées par des «mots
» mis au service de l’intolérance ; mais VOLTAIRE
avait foi en la sagesse possible de l’humanité future.
- Les faits plus récents du siècle écoulé
et de sa tragédie totalitaire ont montré que les «mots
» pouvaient aboutir à l’extermination de millions
d’êtres, pour le seul motif de ce qu’ils étaient.
Ce sont les «mots » qui ont préparé l’adhésion
ou la tolérance envers le pire. Fallait-il défendre,
au nom de la liberté d’expression le «Bagatelle
pour un massacre » de Louis Ferdinand CELINE ? Ou fallait-il
rompre avec le «privilège d’expression »
reconnu à certains intellectuels qui, sans porter les armes
eux-mêmes, se réjouissent par avance de l’utilisation
sanglante de leurs thèses ?
Le siècle écoulé nous appris que les «mots
» tuent aussi sûrement que les armes, mais nous préférons
oublier que la liberté elle-même peut contribuer au pire.
NOUS SOMMES A LA VEILLE D’UN AUTRE BASCULEMENT HISTORIQUE ANNONCE
QUI EST LE THEME MEME DE LA TRIBUNE DE ROBERT REDEKER : « LE
CHOC DES
CIVILISATIONS. »
Ce choc est voulu par certains ; dans une frange marginale d’un
Islam perverti ; dans une part hélas dominante d’un occident
tout-puissant qui a désigné déjà sans
nuance «l’axe du mal » qu’il convient d’anéantir
dans une guerre sans merci et sans limite.
Tous ceux qui connaissent les écrits de ROBERT REDEKER savent
qu’il se positionne sans ambiguïté dans le camp
de ceux qui veulent légitimer le «choc des civilisations
» et toute forme de «guerre préventive ».
Pour ce philosophe, la menace ressentie et la supériorité
militaire de l’occident autorisent à faire l’économie
d’une réflexion prospective qui rechercherait un autre
dessein pour l’occident qu’un affrontement éternel
avec l’Islam.
L’idée même de vivre ensemble et de considérer
les injustices faites à certains lui est étrangère
; comme si les crimes annoncés nécessaires représentaient
un projet de civilisation !
La tribune du Figaro n’est pas un texte philosophique, c’est
un acte politique et un acte de guerre. Dans une ancienne tribune
proposée au «Monde » il avait qualifié déjà
l’Islam de «Régression barbarisante » et
cette outrance simplificatrice lui avait valu de ne pouvoir intégrer
comme il le souhaitait le Collège International de Philosophie.
Dans le Figaro du 28 novembre 2005 il transposait dans les banlieues
enflammées le siège du «nihilisme » qu’il
convenait de combattre sans merci ; pour lui l’axe du mal traverse
nos villes et nous sommes nombreux a être complices de ce péril
islamiste dont la perception semble entretenue par une paranoïa
qui domine sa pensée autrefois féconde.
EN QUOI CELA NOUS CONCERNE T-IL ?
Qu’un philosophe laisse parler sa passion plus que sa raison
pose en soi un problème qui le concernerait seul s’il
n’était aussi enseignant de notre école laïque
et républicaine.
Mais qu’il tente d’induire après une provocation
consciemment assumée, une «solidarité obligée
» en signant sa tribune es-qualité de professeur de philosophie
enseignant dans un établissement désigné de la
ville de St ORENS proche de Toulouse, est une implication obligée
inqualifiable de ceux là même dont il prétend
désormais attendre un soutien. On comprend la gêne de
la FSU et de l’UNSA-éducation, et celle de sa tutelle
ministérielle.
- En réalité cette attitude est cohérente avec
sa tribune dans le FIGARO qui vise autant à stigmatiser l’Islam
qu’à dénoncer le laxisme présumé
ou l’aveuglement de tous ceux qui refusent de prendre déjà
les armes pour la croisade a ses yeux souhaitable.
- Il semble clair que ROBERT REDEKER tente ainsi de nous instrumentaliser
tous, dans le seul but de
donner une crédibilité a ses thèses.
- Notre liberté qui vaut bien la sienne, est de ne pas y consentir
:
• Dire non à REDEKER ce n’est pas porter atteinte
à la liberté d’expression, c’est rappeler
qu’il
n’existe pas de liberté sans responsabilité.
• Dire non à REDEKER ce n’est pas ignorer le caractère
inacceptable des menaces exprimées à son encontre, mais
revendiquer de pouvoir les dénoncer par une autre voie que
le soutien à son intolérance.
ROBERT REDEKER EST-IL PROTEGE ?
En moins de 24 heures le philosophe s’est retrouvé «protégé
» et «exfiltré » par un ministre de l’intérieur
pour lequel cet événement est aussi une aubaine légitimant
son discours sécuritaire.
On doit espérer pour ROBERT REDEKER que cette aubaine ne soit
pas utilisée jusqu'à sa logique extrême faisant
du philosophe la victime expiatoire qui accréditerait ses propres
thèses.
Il est des «protections » qui pourraient s’avérer
plus inquiétantes que sécurisantes, tant leur inefficacité
servirait la thèse de tous les partisans de l’intolérance
et de l’islamophobie. Souhaitons une longue vie à ROBERT
REDEKER qui lui permette de rencontrer demain des hommes et des femmes
d’Islam qui lui feront mesurer la profondeur de ses erreurs.
LE MALAISE N’EST PAS ETEINT :
Nous sommes nombreux à ressentir l’ambiguïté
et le danger d’un positionnement que l’on voudrait réduire
à un choix binaire, nous entraînant dans la perversion
même de la pensée de ROBERT REDEKER.
La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a eu raison de dire à
la fois que «L’on ne saurait admettre que
quiconque, fut-ce en raison d’idées nauséabondes,
soit l’objet d’intimidations », mais aussi de rajouter
«On ne combat pas les idées de M REDEKER en le transformant
en victime ».
L’enjeu est bien de ne pas tomber dans le piège d’un
soutien qui serait perçu dans le monde comme le ralliement
de la pensée dominante à sa frange la plus intolérante.
Cette prudence ne semble pas avoir été celle du journal
« LE MONDE » dans son éditorial de ce jour 1-2
octobre 2006, intitulé «POUR ROBERT REDEKER » !
Ce même journal qui le 11 septembre 2001 éditorialisait
sous le titre «Nous sommes tous américains ! »,
confondant déjà compassion légitime avec adhésion
anticipée a ce que fut la réplique US, nous invite désormais
à être «POUR Robert REDEKER ».
Le «nous » de 2001 n’est plus guère revendiqué
depuis qu’il a pu être confirmé que la dangerosité
du monde s’était amplifiée sous l’effet
d’une politique basée sur le «choc des civilisations
». Il nous est demandé maintenant d’être
«pour » REDEKER et c’est NON !
Ce titre choisi par le Monde, à peine nuancé dans le
contenu de l’éditorial, est sans doute plus qu’une
maladresse. Il semble même incompréhensible après
la phrase incluse «Qui croit être lu par les seuls habitués
du Figaro (aujourd’hui du Monde, mais cela a échappé
à l’auteur) heurte au même instant des millions
de sensibilités dans le monde ». Quelle démonstration
d’inconséquence !
Sommes nous vraiment « POUR » ROBERT REDEKER ?
Si nous hésitions à répondre NON nous donnerions
à sa tribune exactement l’impact souhaité par
son auteur, dont les conséquences seraient très considérables.
Redeker, un philosophe "voltairien"
vraiment ?
Par Marc-Antoine Coppo, Nice, octobre 2006
Quelques jours après son éditorial intitulé
« Pour Robert Redeker », Le
Monde, dans son édition du jeudi 5 octobre, a publié
un élogieux
portrait de Mr Redeker dans lequel celui-ci est présenté
comme « un
voltairien dans un siècle qui ne l'est pas », «
quelqu'un d'attentif, à
l'écoute et épris de dialogue ». Cette hagiographie
ne correspond
nullement à la réalité.
D'un manichéisme effrayant la tribune de Robert Redeker parue
dans Le
Figaro n'a rien de voltairien : loin de s'inspirer de l'esprit des
Lumières, elle ressucite l'esprit de la guerre froide de sinistre
mémoire. Avec son « maître de haine » , son
« monde libre » et ses «
idiots utiles », la rhétorique de Robert Redeker emprunte
bien davantage
à Ronald Reagan qu'à Voltaire (qui, rappelons-le, avait
dénoncé en
1770 les caricatures que les prêtres faisaient de l'islam).
Comment un philosophe « attentif et épris de dialogue
» a t-il pu
écrire qu'« à l'identique (sic) de feu le communisme,
l'islam
tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la
tolérance, la douceur, la
liberté de la femme et des moeurs pour des marques de décadence
» ?
C'est insensé et une insulte à l'intelligence !
Nous ne devons pas accepter que, dans notre pays, les musulmans soient
tenus en haute suspicion et ostracisés comme le furent les
communistes
dans les années 50. Plus que jamais, il faut refuser la logique
de
guerre sans fin dans laquelle des intellectuels réactionnaires
et
fanatiques comme Mr Redeker veulent nous enfermer.
Lire aussi
Redeker, le « philosophe » qui voulait péter plus
haut que son c...
Par Leila Salem
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2006-10-08%2014:12:08&log=invites
Pourquoi je ne suis pas solidaire de mon collègue
Robert Redeker
par Michel Sparagano, professeur de philosophie au lycée
de Saint-Orens, octobre 2006
Enseignant de philosophie et, qui plus est, dans le même établissement
que lui, beaucoup s’attendaient à ce que je manifeste
ma solidarité avec Monsieur Redeker. Je n’ai pas voulu
faire le jeu de la polémique en disant tout le mal que je pensais
de ces pauvres lignes. Je me suis tu pensant que les pyromanes en
seraient pour leurs frais. Reste qu’aujourd’hui, les appels
se multiplient, les pressions se font plus fortes, des pétitions
nationales circulent, des éditorialistes s’enflamment,
les associations laïques de notre région interpellent
les associations musulmanes sommées de choisir leur camp...etc.,
et cet article qui ne méritait qu’un ricanement est en
passe de devenir le symbole de la liberté d’expression
! ! ! Je prends donc le risque du désaccord public, car le
risque de l’accord tacite me semble, aujourd’hui, plus
dangereux. Tout d’abord, il est important de condamner les menaces
à l’encontre de ce collègue. Personne ne doit
être menacé pour ce qu’il écrit, même
si ce qu’il écrit est, comme nous allons le voir, lamentable.
Il faut bien tout de même, à un moment donné,
s’occuper un peu du fond de cet article (je sais bien qu’immédiatement
certains se diront qu’il faut être solidaire au nom du
principe de la liberté d’expression, quel que soit le
fond, mais je répondrai à cela après avoir discuté
du contenu).
R.Redeker procède par amalgame (nombre de ses défenseurs
en conviennent, d’ailleurs) et confond l’Islam et les
intégristes islamiques. Notre liberté serait menacée
par les revendications musulmanes (string, voile, repas dans les cantines..),
oubliant ainsi que les revendications en question font débat
dans la communauté musulmane et qu’il existe, faut-il
le rappeler, des associations de musulmans laïcs ! C’est
d’ailleurs cet amalgame qui permet à M.Redeker de retrouver
un des thèmes de campagne de Philippe de Villiers : «
l’islamisation des esprits » ; lequel n’a d’ailleurs
pas manqué de voler au secours de son allié, involontaire,
sans doute... Dire que ce sont les islamistes qui ont manifesté
contre l’inauguration d’un parvis Jean Paul II à
Paris est tout simplement faux et tout le monde a pu voir que les
opposants étaient massivement des militants d’association
de défense des homosexuels reprochant au défunt pape
ses propos jugés homophobes. Peut-être Monsieur Redeker
a-t-il deviné les orientations religieuses de ces militants
de la cause homosexuelle... Passons sur le parallèle avec le
communisme qui fait de celui-ci une « alternative au monde occidental
». Comme si cette théorie était apparue à
Oulan-Bator. Comme si, finalement, l’Occident était,
par essence, capitaliste ! Soutenir que l’Islam « tient
la générosité, l’ouverture d’esprit...pour
des marques de décadence », c’est tout simplement
ignorer qu’un des cinq piliers de l’Islam est la charité
! Expliquer que les musulmans sont des barbares parce qu’un
de leur rite « s’accompagne annuellement de la mort par
piétinement », c’est commettre une erreur logique
d’importance. En effet, il n’est évidemment dit
nul part que ce rite doit s’accompagner de piétinements
mortels pour être valable ! Il s’agit donc d’une
conséquence et non pas d’un but. Comment une distinction
aussi triviale a-t-elle pu échapper à un professeur
de philosophie ? Je passe, mais pas trop vite tout de même,
sur le verbe « pulluler » qui, à la fin de l’article,
est censé désigner les défenseurs du Coran et
qui conviendrait mieux à un botaniste décrivant des
insectes qu’à un professeur de l’enseignement public
et laïc animé des valeurs humanistes propres à
sa fonction... Tout aussi surprenant de la part d’un enseignant
formé à l’étude des textes, ce passage
où M.Redeker se contente de recopier quelques lignes de l’Encyclopédia
Universalis censées juger le prophète Mahomet et, par
ricochet, tout le Coran, lors même que ces extraits ne parlent
que du Mahomet de Médine et pas de celui du temps de son séjour
à la Mecque ! Bref, l’auteur de l’article se place
résolument et uniquement du point de vue du « verset
de l’épée » en ignorant celui de la «
tolérance » ! Je résume donc. Nous avons dans
cet article une thèse qui nous renvoie à des discussions
moyenâgeuses que l’on croyait disparues : la religion
chrétienne est meilleure que la religion musulmane. Cette thèse
est appuyée par des amalgames, des citations partielles et
partiales, des erreurs logiques, des présupposés politiques
surprenants pour qui sait que Marx n’était pas chinois...etc.
Comment un professeur de philosophie peut-il commettre autant d’erreurs
? On peut, bien sûr, invoquer une formation lacunaire, une faiblesse
intellectuelle masquée pendant des années et se révélant
tout à coup sous la pression des évènements,
mais je n’y crois pas un instant. Les études universitaires,
pour perfectibles qu’elles soient, ne permettent pas de telles
approximations et l’agrégation, si elle n’atteste
pas que l’on sait enseigner, prouve, à tout le moins,
que l’on a une approche rigoureuse et solide de la philosophie.
Alors quoi ? L’hypothèse la plus plausible est qu’il
s’agissait tout simplement d’une provocation tactiquement
habile, car l’auteur se doutait bien que ses propos allaient
déclencher l’ire de beaucoup de musulmans amalgamés
avec les plus violents, haineux et intolérants d’entre
eux. La violence des réactions devait lui donner raison (il
n’a d’ailleurs pas manquer d’en tirer cette conséquence
illogique dans La Dépêche du Midi). Las ! Le boomerang
est revenu plus fort que prévu. Ces lignes d’une faiblesse
philosophique rare ont été prises au sérieux
et il s’est trouvé une poignée d’individus,
non pas pour lui donner raison, mais pour le conforter (ce qui n’est
pas la même chose) dans sa position. Il faut donc condamner
les menaces reçues par ce pamphlétaire sans être
instrumentalisés par ce qui ne peut qu’être une
habile provocation (pas si habile) ayant mal tournée. Ainsi,
l’homme en fuite à droit à notre aide, mais nous
n’avons pas à être solidaires d’un pyromane.
Affaire Robert Redeker : il n’y a jamais
eu de fatwa ! ( Chronique d’une islamophobisation des esprits)
Par Jacques RICHAUD, 13 octobre 2006
La sur-médiatisation et la dramatisation de «l’affaire
Robert Redeker » par nos services politico-médiatiques
aurait pu inciter à la prudence tous ceux qui en toute bonne
foi souvent ont cru devoir réagir après s’être
indignés. Une simple investigation «journalistique »
menée correctement aurait peut-être pu éveiller
quelques soupçons concernant les intentions de ceux qui ont
instrumentalisé ce fait en évoquant les noms de Rushdie
et Calas, un peu trop vite peut-être. C’est alerté
par des amis arabophones étonnés de la teneur des affirmations
exploitées par la presse que j’ai demandé à
trois sources arabophones différentes, dont une universitaire,
de vérifier la teneur des propos tenus sur la chaîne
Al-jazeera, incriminés comme à l’origine de la
«FATWA » dont serait victime Robert Redeker. Les trois
«retours » reçus ce jour douze octobre sont similaires
et surprenants !
Pour donner à cette modeste investigation la rigueur nécessaire
et l’interprétation utile, il est important de reconsidérer
la chronologie des faits établis, en se posant à chaque
étape les questions que cette affaire non encore achevée,
ne manque pas de soulever.
- I - CHRONOLOGIE D’UNE AFFAIRE SINGULIERE :
- C’est le 19 septembre 2006 que le Figaro publie une double
tribune sur la même page, celle de Robert Redeker et celle d’Antoine
Sfeir. Celle de Robert Redeker se nomme «Face aux intimidations
islamistes, que doit faire le monde libre ? »
- Le jour même de la parution de ce quotidien du matin, 19
septembre, sa diffusion est interdite en Tunisie (Elle sera le 24
septembre également interdite en Egypte par décret –
source Reporters sans frontières le 25 9 2006)
- C’est le même jour que Robert Redeker déclare
«avoir reçu des menaces de mort » et prévient
le responsable de son établissement de son incapacité
à assurer la poursuite de ses cours ; il est aussitôt
«exfilté » et caché en lieu sur, ainsi que
sa famille mise également sous «protection » par
la Défense et Surveillance du Territoire (DST). Le professeur
luimême sur I-Télé précisera avoir reçu
des «menaces directes par mail » et révèle
que des forums jihadistes «qui ne sont pas accessibles à
tout le monde » donnent «toutes les coordonnées
pour pouvoir (l)’assassiner ».
- Ce n’est que le 20 septembre sur la chaîne Al-jazeera
dans le bulletin d’information bref de Hassad Al Yaoun d’une
minute qu’est transmise l’information de la censure du
Figaro en Tunisie, à cause «d’un article insultant
le prophète Mohammed » écrit par un philosophe
dont le nom n’est pas même cité, mais qui «accuse
le Coran d’inciter à la violence » et qui «se
moque des rites du pèlerinage chez les musulmans » (Tout
ceci est effectivement contenu dans la tribune de RR). Dans une information
complémentaire la parole est donnée au «Président
de l’union islamiste des savants musulmans » le cheikh
Youssef Al-Gardaoui qui dans son commentaire au sujet de l’article,
appelle les musulmans «à protester d’une manière
sage le vendredi 22 septembre…pour défendre l’islam
et son prophète contre les propos du Pape Benoît XVI
et l’auteur de l’article du Figaro », dont le nom
ne sera pas cité ; en appelant à la modération
et «à ne pas s’attaquer aux églises ou aux
ambassades…pour ne pas donner l’image de musulmans violents
dont les médias occidentaux sont friands »
2 - A ce stade retenons que le nom de l’auteur n’a pas
même été cité et que la protestation émise
n’appelle nulle vengeance, mais une expression de réprobation
calme pour le surlendemain. Il n’a jamais été
question de «fatwa » qui possède un sens religieux
et juridique particulier connu de tous !
- Le 21 septembre, et sans attendre la manifestation prévue
le lendemain, Pierre Rousselin directeur adjoint du Figaro exprime
sur la chaîne Al-jazeera «ses regrets concernant la publication
de l’article…(qui) est une erreur…(et) n’exprime
pas l’avis du journal…(cette) tribune libre n’engageant
que son auteur…(cette publication a été faite)
sans vérification préalable, il s’en excuse ».
Le même jour 21 septembre l’article est retiré
du site du Figaro (j’ai pu le vérifier), l’intervention
de Pierre Rousselin sera aussi retirée du site d’Al-jazeera…
A ce stade on peut s’étonner de la non-mention de ce
fait dans les médias français ; et plus encore de la
complaisance plus tardive de tous ceux qui partiront en campagne au
nom de la «liberté d’expression » sans même
évoquer le désaveu et la dérobade du Figaro,
qui s’associera à la même campagne ! Personne n’a
reproché au Figaro une quelconque «islamisation »
des esprits comme le déclarait l’auteur de la tribune
incriminée et qui l’aurait poussé à commettre
cette autocensure !
Surtout aucun lien ne peut non plus être établi entre
les menaces reçues la veille par RR et l’émission
de la chaîne arabe ; ce fait est d’évidence ! Si
des menaces ont été faites leur source est ailleurs.
- Pourtant le même jour 21 septembre le texte de Robert Redeker
ainsi que celui d’Antoine Sfeir sont repris et diffusés
sur le site français PROCHOIX animé par Fiammetta Venner
et Caroline Fourest), accompagnés d’un article Fiammetta
Venner intitulé « Quelques remarques à propos
du Pape, de l’Islam et du Figaro ». Cette diffusion est
explicitement destinée à «notre lectorat tunisien
» pour contourner la «censure ». Cet article, il
faut le souligner prend nettement ses distances avec celui de RR en
stigmatisant aussi les violences des autres religions.
- Le vendredi 22 septembre les médias français sont
présents à la manifestation appelée par le cheikh
Youssef Al-Gardaoui qui se passe dans le calme et ne sera donc pas
relayée par les chaînes nationales. Le même jour
Nasrallah se faisait ovationner à Beyrout par une foule immense
au cours d’une manifestation pour «le jour de la victoire
», cette manifestation a été intégrée
aux journaux télévisés français et a fait
le sujet principal des chaînes arabes, pour lesquelles Robert
Redeker reste toujours un inconnu !
- Le même jour 22 septembre Tarik Ramadan publie sur son site
un long article «le Pape et l’Islam : le vrai débat
» sans mentionner la tribune de RR. Le forum de discussion qui
suit mentionne l’article du Figaro pour s’en indigner
ainsi que de sa reprise sur le site de Prochoix ; en réponse
il est écrit que «sœur Caroline (Fourest)…prétendue
antiraciste…cette femme est une Oriana Fallaci déguisée…voilée
sous les appellations de …féministes, antiracistes, laïques…no
comment ».
- Le 25 septembre sur le site Prochoix c’est cette fois Caroline
Fourest elle-même qui signe un éditorial mensonger au
regard des faits rappelés ci-dessus : « Sur Al-jazeera,
Youssef Al-Quradami désigne Robert Redeker à la vindicte
» en écrivant mensongèrement « Le 20 septembre
sur la chaîne Al-jazira le cheikh Youssef al-Qaradani a profité
de son immense audience pour désigner le philosophe Robert
Redeker comme islamophobe du moment. Ce n’est pas rien lorsqu’on
connaît l’influence du cheikh…aucun texte ne mérite
une FATWA MONDIALE ». Et Caroline Fourest «soutien le
droit de Redeker à s’exprimer », elle assume d’avoir
repris la publication, mais prend elle aussi ses distances avec le
ton de RR en disant «toutes les religions sont instrumentalisables
pour le pire »
LE MOT « FATWA « » A ETE LANCE ET LA SUITE EST
CONNUE : Tous les bien-pensants qui se croient démocrates choisissent
leur camp sur l’énoncé d’une imposture.
Il n’y a jamais eu de Fatwa et le nom de Robert Redeker n’
a pas même été prononcé !
3 - A CE STADE QUE RESTE T-IL ?
- Des menaces exprimées dés le 19 septembre dont la
police serait dans l’incapacité de déterminer
la provenance informatique, régionale ? nationale ? internationale
? Chacun sait que n’importe qui peut envoyer un mail à
n’importe qui, même à soi-même ; mais la
tracabilité de ces envois est tout à fait possible et
même devenue légale depuis les lois Perben et les mesures
«antiterroriste ».
- Alors que fait la police ? Info-intox ou manipulation ? L’origine
des menaces est elle identifiée ? Tenue encore secrète
? Cela accréditerait l’hypothèse d’une manipulation
policière et politique désireuse de tirer aubaine de
la publication de cette tribune islamophobe, en entretenant une pesanteur
dont Robert Redeker est la première victime désormais,
même s’il n’y a jamais eu de « fatwa »
!
- On laisse se dérouler la réaction à une «fatwa
» qui n’a jamais existé. Une Presse complaisante
à l’émotion générale ressentie fournit
jour après jour les tribunes qui accréditent les thèses
de Robert Redeker, sans prudence ni discernement. L’ensemble
de la presse se positionne clairement dans le «choc des civilisations
» annoncé du côté de Robert Redeker dont
la tribune immonde trouve un succés inespéré
de l’auteur lui-même !
- Robert Redeker est-il à l’abris pour autant ? Même
en l’absence de « fatwa » ? Sûrement pas,
tant il est évident qu’une agression sur sa personne
accréditerait à la fois sa thèse et celle de
ceux qui le soutiennent, en même temps qu’elle démontrerait
le bien fondé d’une accentuation des mesures «sécuritaires
» déjà développées dans notre pays.
- Robert Redeker pourrait bien avoir à se méfier de
certaines «protections ». Il pourrait devenir demain «l’idiot
utile » ou la victime même d’une cause qui le dépasse
désormais.
- Ceux qui logiquement doivent le plus souhaiter sa protection efficace
sont ceux qui trouvent ses thèses immondes justement ! Longue
vie à Robert Redeker pour qu’il puisse demain rencontrer
d’autres hommes et femmes, musulmans et sains d’esprit
qui lui feront percevoir la profondeur de ses erreurs.
L’EMBALLEMENT :
- C’est le 27 septembre que le grand public par «la
Dépêche du Midi » apprend «à la une
» que «un professeur de philosophie est menacé
par les islamistes »
- Le 29 septembre la revue électronique «Respublica
» éditorialise sous le pseudo habituel «Evariste
» un article : « Robert Redeker : première victime
de la FATWA en France » et stigmatise de façon très
virulente tous ceux qui oseraient ne pas le soutenir. L’Union
des Familles Laïques (UFAL) par la voix d’Evariste apporte
«un soutien inconditionnel à Robert Redeker » et
dénonce «la rhétorique insidieuse qui consiste
à assortir la condamnation de la FATWA dont est victime Robert
Redeker d’un même si ou d’un bien que ». Une
pétition de «la Gauche Républicaine » est
donc lancée immédiatement signée par des dizaines
de personnalités.
- Le 30 septembre 2006 le recteur de la grande mosquée de
Lyon Kamel Kabtane, dans un communiqué, «Emet les plus
grandes réserves quant à l’origine exacte de ces
menaces… l’heure est aussi aux manipulations »,
il faut que «les auteurs soient identifiés et sanctionnés
comme le permettent les lois de la République » (cité
sur le site Prochoix)
- Le même jour 30 septembre «libération »
fait sa une sur «Peut-on encore critiquer l’Islam ? »
et Olivier Roy écrit «certains jouent à chatouiller
la fatwa » et dans ce numéro Caroline Fourest précise
«nous sommes passés d’une affaire Ruschdie tous
les dix ans à une affaire Ruschdie tous les ans, voire maintenant
quasiment tous les mois. A l’époque quand l’ayatollah
Khomeiny lança sa FATWA contre l’écrivain, la
gauche était soudée pour défendre la liberté
d’expression et le droit d’offenser toutes les religions
». Le même joue «le Monde » évoque
le «repérage » par la DST de «forums jihadistes
anglais » qui confirmeraient la menace avec photos, adresse
plan d’accès au domicile de RR….Mais quel crédit
peuton apporter à ces allégations ?
Il va de soi que ces menaces sont injustifiables et imposent la
protection de Robert Redeker par la force publique. Mais la situation
n’est pas véritablement la même entre une condamnation
à mort par une autorité religieuse islamiste (qui n’a
jamais eu lieu) et une menace par des propos haineux sur Internet
comme il en circule quotidiennement sur des dizaines de forums accessibles
à tous, particulièrement entre les communautés
impliquées dans les drames du Moyen Orient.
Redisons le clairement, il n’y a jamais eu de «fatwa
», ce qui n’exclue pas la matérialité de
menaces d’autre nature et elles aussi préoccupantes,
dénoncées par l’intéressé lui-même.
Le web est devenu un terrain privilégié de la manipulation
et les idées les plus abjectes circulent quotidiennement sur
des forums plutôt mal pondérés, les interventions
y sont le plus souvent signées de «pseudo » qui
autorisent toutes les outrances, se faisant même parfois passer
pour «la partie adverse» pour lui donner une image révoltante,
personne ne peut empêcher cela.
4 -Mais transformer un «fait grave » en un phénomène
de société relève de l’irresponsabilité
et de la démesure. Caroline Fourest elle-même et Philippe
Val et bien d’autres ont été «menacés
» après certains de leurs écrits et protégés
de façon plus discrète !
La résonance donnée à la menace dénoncée
par RR lui-même a pour premier effet d’amplifier, en la
généralisant, la sensation d’une menace qui est
à la base de la xénophobie et de tous les racismes.
Plus personne ne perçoit que pour RR la critique de la religion
musulmane dans son ensemble n’est pas une discussion philosophique
mais une «opinion » qui s’inscrit dans la promotion
du «choc des civilisations ». Qu’une large assemblée
d’intellectuels se soit rangés derrière sa frange
la plus extrémiste est un succès considérable
pour les thèses de RR ! Tout cela ne fait le jeu que des néoconservateurs
les plus extrémistes et de la partie adverse authentiquement
jihadiste…Mais que vont faire certains dans cette galère
?
Le 30 septembre Caroline Fourest écrit «Affaire Redeker
: A quoi joue la DST ? » pour s’étonner du fait
que «davantage que le niveau des menaces, habituel, c’est
bien le niveau de la réaction policière qui a changé
» et questionne en référence aux menaces islamistes
supposées : « Les services détiennent-ils des
informations précises ou sont-ils dans le bleu ». elle
questionne «s’agit-il de créer un effet de panique
légèrement disproportionné qui punit Redeker
au lieu de le protéger » ? Il faut dit-elle «s’interroger
sur le choix policier et donc politique opéré »…
Une autre voie est étouffée : Le 30 septembre le groupe
progressiste du «Manifeste des Libertés » édite
une autre pétition «Pour la liberté de parole
» dont le texte est le suivant : « Nous dénonçons
avec la plus grande force les menaces de mort dont fait l’objet
Robert Redeker, bien que nous soyons en désaccord avec ce qu’il
a écrit, avec la médiocrité triviale de ses propos,
avec ses outrances verbales en miroir avec les islamistes violents
». Cette pétition plus «voltairienne » que
celles affirmant un soutien inconditionnel ou une approbation aura
de nombreuses signatures de personnalités musulmanes, mais
curieusement ne sera ni médiatisée ni reprise par la
presse nationale.
Nos médias massivement se sont retranchés dans le
camp du soutien à l’intolérance de Redeker, occultant
aussi bien des vérités factuelles (l’absence de
fatwa) que des voix plus pondérées que celles attisant
objectivement le «choc des civilisations » replacé
dans l’actualité par la tribune de Robert Redeker ! -
En effet l’emballement s’est poursuivi. Le 1 octobre 2006
«le Monde » à son tour éditorialise «Pour
Robert Redeker ».
- On peut retenir, mais nous le savions déjà, que
l’opinion publique «ca se fabrique » et des ouvrages
ont déjà été consacrés à
l’invention de cet «islam imaginaire » qui doit
nous terroriser, non pas dans sa perversion islamiste mais bien dans
son ensemble.
- Le même jour un nouveau «Respublica » appelle
à un «soutien sans réserve » et réaffirme
que Robert Redeker est «victime d’une FATWA » qui
le force à la clandestinité, réfutant toute «analyse
indécente de ses propos ». Il réédite une
tribune ancienne de Robert Redeker publiée dans La Dépêche
du Midi le 21 octobre 2003 consacrée à « L’islamophobie,
l’arme des islamistes contre la laïcité »
faisant référence au livre de Caroline Fourest et Fiammetta
Venner reprenant l’histoire du concept d’islamophobie
décrit comme « une arme forgée par les islamistes
» ! Il cite aussi la formule de Maïakovski «les mots
sont des balles » (Qu’il ne pouvait donc ignorer en écrivant
sa tribune du 19 septembre 2006 !). L’auteur tentait aussi péniblement
de démontrer que l’islamophobie n’est pas un racisme
et écrivait « Un islam à visage humain est-il
possible ? » . Le même numéro contient un communiqué
de presse de l’UFAL «la République doit protéger
les victimes des FATWA » et un article d’Antoine Peillon
(président de la France Radicale Gauche Démocratique
et Républicaine) menaçant : « Nous mettons aussi
en garde …ceux qui ne le soutiennent pas totalement et sans
condition, car ils sont dés lors, plus que jamais nos adversaires
». Cela ressemble au discours de Bush en septembre 2001 ««Ceux
qui ne sont pas avec nous, sont contre nous ! ». On a envie
de dire tu déconnes Antoine ?
- Le 2 octobre «le Monde » rattache, d’après
la DST la menace à AL-Qaida (qui possédait donc dés
le 19 septembre un plan de la commune de Saint-Orens et l’adresse
du professeur…brrrr, il y a de quoi trembler !) La menace ne
relèverait plus d’une fatwa mais du terrorisme ? Le journal
publie une autre «liste de soutien » que celle lancée
par Respublica, intitulée celle-ci «En faveur de Robert
Redeker ».
- Le 3 octobre la revue Prochoix de Caroline Fourest relaie cet
appel avec invitation à le signer sur l’adresse de la
revue «les Temps Modernes » dont RR était éditorialiste.
- Le 4 octobre « Evariste » dans un nouveau «Respublica
» stigmatise le MRAP et la Ligue des Droits de l’Homme
(LDH) ou «Quelques islamo-gauchistes pèsent bien peu,
de même que le sectarisme congénital d’une organisation
laïque qui trouve encore le moyen de lancer une polémique
au lieu de se rassembler derrière la défense de Redeker
». Il stigmatise aussi «Nicolas Sarkozy, qui encourage
les fous d’Allah à réclamer toujours plus de dérogations
communautaristes » et Evariste prétend s’exprimer
au nom des «citoyens » qui «en ont assez »,
rappelant que Redeker est «victime » et «condamné
à mort ». Dans le même numéro Sonja Rivière
écrit «Redeker a finalement raison », rajoutant
même aux propos de RR que
5 - «Le mois sacré de ramadan doit apporter son quota
de sacrifices humains » et il est temps de «dénoncer
l’effroyable imposture »…(Cela ne vous rappelle
rien ?) et une «islamisation des esprits devenue insupportable
». Le même jour dans Charlie-Hebdo, Caroline Fourest collaboratrice
régulière de cet hebdomadaire s’étonnait
des excuses de Rousselin : « Les éditorialistes du Figaro
ne nous avaient pas habitués à tant de prudence sur
l’Islam », tout en confirmant encore une fois que «le
théologien vedette d’Al-jazeera et des frères
musulmans…a désigné Robert Redeker à la
vindicte le 20 septembre ». Elle ironise sur «le courage
économique » du Figaro ayant présenté ses
excuses. Elle surenchérit à propos d’une «fatwa
contre Mozart » après le retrait préventif d’Idoménée
du Deutsche Oper à Berlin, même si elle relève
que pour Angela Merkel «l’autocensure par la peur n’est
pas tolérable »…Ainsi donc peu importe qu’il
y ait eu ou non «fatwa » ; il nous faut penser seulement
«qu’il aurait pu y avoir, qu’il y aurait certainement
même eu fatwa, inspirant une peur qui explique le retrait de
la pièce ! ». Dans le même numéro Philippe
Val stigmatise «Sa sainteté Mouloud Aounit » qui
avait eu le tort de rappeler au nom du MRAP que «toute forme
de violence en appelle hélas d’autres en retour, parfois
plus extrêmes encore ». Le «canard Enchaîné
» du 4 octobre à raison de décrire «Une
affaire islamentable » et de conclure «pour …passer
de l’invective au dialogue, du simplisme à la complexité,
il faudrait des gens qui savent penser en profondeur…comment
dit-on, déjà ? Des philosophes ». Hélas
les philosophes ont signé en masse leur soutien «inconditionnel
» à Robert Redeker.
- Le 5 octobre «le Point » titre «Nous sommes
tous des Redeker » mais donne aussi la parole à Tarik
Ramadan : « Robert Redeker est libre de dire ce qu’il
veut, je l’ai affirmé et répété,
mais j’ai moi aussi le droit de dire que son texte est haineux
». Le «Nouvel Observateur » du même jour réaffirme
encore «le 20 septembre, Redeker est dénoncé sur
Al-jazira ».
- Le 6 octobre «valeurs actuelles » titre «la
fatwa Redeker ».
- Le 7 octobre dans «Marianne » Guy Konopnichi s’égare
«Je tiens le principe de respect pour une saloperie…entre
Mahomet et Robert Redeker, je choisis Redeker. N’en déplaise
à Mouloud Aounit ! ».
- Le 9 octobre 2006 c’est dans le journal «la Croix
» que sera précisé à propos de la chaîne
Al-jazeera : « Le nom du philosophe (n’a) pas été
prononcé » dans un sujet traité en «à
peine une minute ». Toutes les démarches rapportées
montrent que l’économie de la vérité devient
la base d’un appel à dénonciation universelle
d’une menace, exactement celle qui est au cœur de la chronique
de Robert Redeker !
Il est confirmé que dénoncer la surenchère
des extrêmes n’est pas dans l’air du temps pour
les pétitionnaires. Pour Philippe Val « La situation
a de quoi inquiéter », la menace contre RR est assimilable
à l’attitude de Ahmadinedjab en Iran qui veut «mettre
du plutonium dans les centrifugeuses » ! La boucle est enfin
bouclée qui nous désigne en filigrane la logique et
l’objectif de toute la campagne menée : Il s’agit
d’instrumentaliser «l’affaire Redeker » pour
préparer l’opinion à la troisième guerre
de Georges Bush, après l’Afghanistan et l’Irak,
ce sera demain l’Iran…
- Le 5 octobre 2006 Pascal Boniface directeur de l’Institut
de Recherche Internationale et Stratégique (IRIS) publie une
note dans Témoignage Chrétien qui rappelle que «
Robert Redeker est favorable au choc des civilisations », tout
autant que «ceux qui l’ont menacé ». Il précise
«ses idées sont nauséabondes, mais c’est
bien sur le domaine des idées qu’il faut les combattre.
Ses propos auraient pu même avoir une suite sur le plan juridique,
car il contredit très réellement les lois françaises
sur l’interdiction de propager la haine raciale. Mais tout est
fait pour que le débat soit piégé. Les menaces
ont transformé Robert Redeker de coupable en victime. Plus
personne ne parle du caractère raciste de ses propos, mais
des menaces qu’il a subies. Or les deux sont condamnables ».
Il conclue « Soit on admet le droit de tout dire y compris les
injures raciales au nom de la liberté…soit l’on
considère que le climat est tellement lourd et explosif qu’il
faut apporter certaines limites à la liberté d’expression.
En tous les cas on ne peut pas plaider pour la première thèse
dans certains cas et pour la seconde dans d’autres ».
- II – DE NOMBREUX QUESTIONNEMENTS PERSISTENT AUTOUR DE CET
EVENEMENT ET SURTOUT DE SON INSTRUMENTALISATION: LES FAITS :
- Il n’y a pas eu de Fatwa, mais tout le monde feint de l’ignorer
; ce mensonge était nécessaire pour une dramatisation
de la menace.
- Il y aurait bien eu des menaces dont les services de renseignement
affirment qu’elles seraient «de mort » et en relation
avec «al-qaida » sans étayer cette affirmation
de preuves depuis plusieurs semaines. Ceci est surprenant de la part
d’un ministre de l’intérieur qui nous avait habitué
à une communication plus agressive sur des faits divers de
gravité moindre.
6- Il est avéré que les premières menaces, le
jour même de la publication, sont antérieures à
une émission sur la chaîne Al-jazeera présentée,
de façon mensongère, comme le relais d’une «fatwa
» qui relève du fantasme ; sachant bien que très
peu d’arabophones auront eu la capacité de vérifier
ce fait. La vraie question est de savoir si ces menaces relèvent
d’une piste locale (expliquant la précision de la menace),
d’une piste nationale ou internationale ; l’incertitude
entretenue plaide pour que l’hypothèse d’une gigantesque
intoxication ou manipulation doive être considérée.
LA MANIPULATION :
- C’est une constante du discours extrémiste d’englober
dans sa stratégie l’existence reconnue d’une «liberté
d’expression » qui crée de fait une «obligation
d’en débattre » et de reconnaître le caractère
«licite » de quelque opinion que ce soit, en restant libre
de la désavouer… « les chambres à gaz n’ont
pas existé ? Bon, débattons-en, à ma droite X,
à ma gauche Y qui représente la thèse inverse…
» - Mais avec l’affaire Robert Redeker le débat
a changé de nature, car une étape a été
franchie qui consiste à court-circuiter même l’obligation
d’apprécier la thèse en présence, pour
consacrer ses efforts seulement à la défense de la liberté
d’expression de son auteur ! Il est vrai que la thèse
aurait du mal a trouver des défenseurs crédibles aux
yeux de l’opinion comme des érudits sur le sujet de l’Islam
! « Ne parlons donc pas de ses thèses islamophobes délirantes,
unissons seulement nos efforts pour la défense de leur auteur
menacé, même sans trop bien savoir par qui…Et si
ce texte a suscité la colère de fanatiques, c’est
donc qu’il était juste de les dénoncer ! CQFD
», Redeker : un ; Raison :zéro !
LES CONSEQUENCES PREVISIBLES :
- Pour comprendre l’importance de ce «glissement »
il nous faut nous rappeler que lorsque les intellectuels se sont mobilisés
pour contrer, dans le passé des thèses révisionnistes
ou négationnistes ; il s’agissait de ne pas étouffer
ou déformer une vérité historique passée.
L’article de Redeker, lui, même s’il se réfère
à une fausse connaissance du Coran, s’exprime en fait
dans et pour le temps présent et le temps à venir ;
il pose une affirmation qui est un acte de guerre dans un choc des
civilisations dont nous ne vivons que les premiers soubresauts. Ce
choc se prépare, par les armes et par les mots.
- Nous savons l’existence authentique de forces en présence
que personne ne songe à nier ; celles d’un islam perverti
extrémiste mais encore ultra-minoritaire et celles de l’axe
du bien autoproclamé porteur de valeurs de la civilisation
judéo-chrétienne. Les deux sont prêts à
incendier la planète, certains, dont Redeker croient ce choc
inéluctable et contribuent à la «diabolisation
» de l’Islam tout entier pour faire accepter ; le pire
au plus grand nombre.
- Lorsque nos intellectuels les plus médiatiques se sont
solidarisés avec la frange la plus intolérante de la
pensée occidentale, c’est bien cette image globale (et
non celle d’un paradis de la liberté d’expression
!) qu’ils ont donné au reste du monde, comme un immense
«quitus » à tous ceux qui militent pour le choc
des civilisations.
- Mais les premières victimes des écrits de Robert
Redeker et du soutien inconditionnel qui lui est apporté par
beaucoup ne seront pas les islamistes ; ce seront les très
nombreux musulmans ou intellectuels éclairés qui n’épousent
pas leurs thèses et luttent dans ce monde complexe pour faire
sortir des peuples entiers de la théocratie et de l’obscurantisme
par certains entretenu. Ceux qui en Islam ont compris que les «lumières
» d’occident ne sont ni éloignées ni incompatibles
avec les «lumières » d’Islam, ignorées
chez nous par le plus grand nombre, auront à répondre
sur leur vie de la haine répandue par Robert Redeker et ses
soutiens. Le pire, qui doit être admis, est que l’élimination
programmée de ces «modérés » est
au centre de la stratégie des uns comme des autres. Le choc
des civilisations annoncé par tous les néoconservateurs
militaristes de la planète n’est pas une option de progrés
espéré mais une option de confrontation armée
considérée comme inévitable.
- Robert Redeker, par ses écrits antérieurs et actuels,
est un soldat de ce combat. La question qui est posée à
tous d’un soutien voulu inconditionnel n’est pas une question
philosophique, c’est une question politique.
- Notre choix «pour Redeker » peut paraître peu
signifiant et allant de soi dans nos salons mondains. Mais pour ceux
qui luttent contre l’intolérance dans des lieux ou la
connivence n’est pas de mise entre penseurs aux opinions divergentes,
mais ou les minoritaires et démocrates sont en danger de mort
permanent, ce choix peut être une sentence fatale au motif même
des liens établis avec une forme de la pensée occidentale
qui a porté au cours des siècles le germe de la plupart
des mouvements d’émancipation. Nous sommes tous comptables,
au nom même des idées que nous prétendons défendre,
de la vie de tous ceux qui sur d’autres rives ne nous haïssent
pas et ne peuvent comprendre notre venin ou notre lâcheté.
Soutenir RR c’est clairement consentir au sort fait à
ceux là dont le sort, déjà et pour longtemps,
semble nous être étranger.
7- La démocratie d’opinion n’a t’elle pas
généré une philosophie de la protection ? Une
philosophie qui pour affirmer sa liberté dénonce ce
qui serait susceptible de l’entraver ? Cette évolution
peut même contribuer à cautionner, paradoxalement, des
lois liberticides.
- Ce que nous observons n’est-il pas l’extinction de
tout débat sur la responsabilité des intellectuels ?
Ces débats qui en un autre temps ont séparé et
parfois réunis Jean Paul Sartre et Raymond Aron, seraient-ils
encore possibles aujourd’hui ? Lequel de ces deux penseurs aurait
osé stigmatiser l’autre en le menaçant de complaisance
envers une « islamisation des esprits », simplement pour
avoir tenté de poser la raison en avant de la passion ?
- Au stade ou nous en sommes arrivés, en sortant ce n’est
pas la peine d’éteindre la lumière ; l’ampoule
a déjà rendu l’âme…
- Comme tant d’autres philosophes qui se voulaient médiatiques,
Robert Redeker souhaitait obtenir par sa tribune «son quart
d’heure de célébrité » comme disait
Andy Warhol ; sans imaginer qu’en s’auto-désignant
expert en islam, il allait se prendre les pieds dans le tapis et être
placé devant la responsabilité d’un acte qu’il
croyait de pure forme. Le marketing des idées a aussi ses revers,
comme une mauvaise pub qui fait un "flop"
- La réalité de la détresse de Redeker ne semble
pas faire de doute, qui n’était pas préparé
par son statut d’intellectuel, à devoir vivre en clandestin
selon les conseils que lui prodigue la DST. Mais les victimes de son
attitude sont aussi son épouse et ses enfants que nul ne songe
à soutenir et qui le méritent pourtant, totalement victimes,
eux, de cette surenchère sécuritaire qui devrait cesser
dans l’intérêt de tous.
CONCLUSION PROVISOIRE :
Cet événement d’une importance factuelle dérisoire
représente en réalité un événement
majeur, révélateur d’un glissement de nos perceptions
qui nous fait banaliser l’intolérance. On peut y voir
l’effet de «la peur » qui a saisi nos sociétés
depuis le 11 septembre 2001. On peut aussi y voir l’impact d’une
sournoise propagande au quotidien qui travaille pour banaliser aussi
bien le découpage du monde en un axe du bien et un axe du mal,
légitimant toutes les lois sécuritaires et les guerres
préventives. Il est dans ce contexte attendu que les intellectuels
ne soient au service que d’une seule cause qui sert les intérêts
de l’occident ; ceux d’entre eux qui tenteraient de garder
une pensée « universaliste » sont suspects et discrédités,
assimilés au camp déjà désigné
ennemi !
Robert Redeker, dans sa sincérité délirante
et sa phobie voyait partout une «islamisation des esprits »
; en réalité ce que cet événement a révélé
c’est tout le contraire, c’est une ISLAMOPHOBISATION massive
des esprits !
Parce que les mots «tuent » il ne faut banaliser aucun
discours excessif. Le tribunal de Nuremberg n’a pas jugé
des combattants de terrain qui auraient survécu à leurs
crimes, il a jugé les penseurs et les instigateurs de ces crimes
qui avaient élaboré une idéologie faisant de
l’intolérance un dogme.
Il est fait appel à Voltaire en omettant de dire qu’il
n’a jamais préconisé de taire la critique, mais
seulement de la fonder sur la raison et non sur la force. Qui peut
imaginer qu’un Voltaire aurait signé un soutien inconditionnel
à une thèse dont il aurait détesté le
contenu, sans engager toute son énergie d’abord pour
la combattre. C’est ce que semblent avoir collectivement oublié
nombre de ceux qui croient devoir donner leur bénédiction
laïque à des propos islamophobes détestables. Tous
ceux la sont déjà formatés à une pensée
de l’intolérance qui pourrait bien mener le XXI ème
siècle vers la tragédie.
Rares sont ceux qui s’interrogent, comme Mohammed Arkoun dans
«Histoire de l’Islam en France » (Albin Michel 2006)
sur l’émergence de l’islamisme mais aussi sur la
construction médiatique de l’islamophobie. Assurément
un ouvrage tel que celui là doit paraître insupportable
à tous les annonciateurs du «Choc des civilisations ».
Il se pourrait que la survie même de notre société
dépende de notre capacité à reconquérir
une pensée obscurcie, non par l’islam, mais notre peur
de voir s’ébranler nos dogmes hégémoniques
et nos certitudes intellectuelles.
8 - EPILOGUE : Pendant que nos pseudo-intellectuels médiatiques
font de la surenchère pour soutenir l’un des leurs engagé
dans un combat douteux ; le 7 octobre 2006 à Moscou tombait
sous les balles la journaliste et écrivaine Anna Politkovskaïa
dont une part de la vie a été consacrée à
témoigner du sort fait au peuple tchétchène.
La Tchétchènie, cette ex-république musulmane
de l’ex-empire soviétique est soumise à la folie
d’une Russie gangrenée par la xénophobie, le racisme
et particulièrement l'islamophobie. Anna Politkovskaïa
défendait admirablement cette cause, non en soutien de la forme
de ses combats, sachant refuser toutes les complaisances dans les
deux camps, mais en soutien et par essence même d’une
exigence de justice. Le racisme était total