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Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés
Les Protocoles des Fous de Sion
 

L’affaire Redeker


A –t-on droit de critiquer l’Islam ?

Par Lahsen R

 

Cette question devrait être posée par des gens qui sont musulmans. Pourquoi ? parce que ces gens ont plus au moins une base de discussion sur le sujet à discuter .Mais un écrivain comme Robert Redeker ou un simple mortel qui n’a pas pratiqué sérieusement la religion musulmane un moment donné, n’a pas à blasphémer une religion céleste . Je ne suis pas d’accord aussi avec ce pauvre Soheib Ben cheikh que Dieu lui pardonne son égarement malgré son ancien statut de « Mufti »et directeur de l’institut des sciences islamiques occidentalisées et non moyen orientalisées. L’Ange Gabriel, l’envoyé de Dieu n’a pas apporté un burnous certes, mais une définition de conduite humaine universelle qui nous permettra de vivre dans une harmonie totale. Une conduite bien claire valable pour toute race et toute couleur. L’Islam ne dit pas de se déshabiller (d’enlever la djellaba) devant tout un monde et de faire des scènes d’amour dans des jardins publics ou sur les plages ou sur les bords des routes au su et au vu de tout un chacun .Gabriel l’a autorisé pour des animaux et encore tels que les ânes et les chiens.

Est- ce raisonnable de lober au nom des libertés de faire marier un homme à un homme, pire un général de corps d’armée qui a comme époux son planton ? Voir ce qu’il a rapporté Gabriel au sujet de Qom Loth.

Est-il raisonnable de voir toute une famille (grands parents au petit fils) nus dans un complexe thermale ex : à Baden -Baden et ailleurs .Tout ça au nom de l’ouverture et la civilisation .Je ne parlerai pas des lesbiennes et leurs revendications. N’est-il pas scandaleux, immoral de jouer une opérette actuellement en tournée, par des femmes nues! Sous des applaudissements on a enterré les règlements universels des êtres humains. La nudité, les péchés, se mal conduire sont personnels alors on se les fait chez soi sans offenser personne, pour dire qu’on est civilisé, démocratique, libre …L’Islam par Gabriel dit que si vous tuez un homme vous êtes considéré par Dieu comme si vous avez tué toute l’humanité et si vous sauvez un homme comme si vous avez sauvé toute l’humanité. Mr Redeker a-t-il une preuve que l’Islam a tué des dizaines de millions d’êtres humains lors de la guerres de 100 ans ?ou lors de celle de 1918, ou celle de 1939 ou celle du Vietnam ou celle du Cambodge ou celle d’Irak ou celle de Palestine ou celle récemment du Liban. L’Islam dit que cet univers est crée par un Dieu unique et non par un physicien ou un chimiste donc nous, on y croit. Il faut respecter notre croyance comme nous on respecte votre avis d’avoir déserter et laisser à l’abandon des milliers d’églises. Ces églises qui continuent toutes les heures de clocher pour essayer de faire entendre raison aux sourds parlants qui diluent leurs langues uniquement contre l’Islam.

Les quelques références citées ne sont que les quelques plus choquantes d’une vie quotidienne qui froissent aussi un vrai chrétien ou un vrai juif ou un vrai bouddhiste.

L’Islam prône d’élargir son cœur et aimer la créature de Dieu (l’homme), aider cette créature à ne pas vivre dans la misère imposée, la rendre heureuse et ne pas lui imposer l’injustice. Ce qui n’est pas du tout évident actuellement dans cette planète (matérialiste). Je plains Mr Robert Redeker pour sa nouvelle situation, son cœur s’emballe pour chaque bruit dans sa chambre, sa cuisine, son bureau, sa toilette, son jardin en plus que la région où il habite reçoit sa part d’orages et d’éclairs. Dieu a beaucoup parlé de ses foudres divines et craintives envers ce genre d’homme qui veut être aussi par ses écrits osés, un nouveau Dieu sur terre. Sa solution à l’apaisement est facile, à lui de piocher dans la bonne direction, le pardon de Dieu qui nous a recommandé l’Islam, est immense. Il sait très bien que le problème ne réside pas en Islam qui est géré et protégé éternellement par son créateur. Il faut juste une ouverture et une largesse de cœur sans blasphémer pour que nous nous entendions comme des frères siamois.

Nb : ne pas confondre et ne pas voir Islam en une personne basanée, barbue, des cheveux crépus et noirs, pauvre, illettrée, abattu et ne parlant que l’arabe.

Lahcen

NB : un forum appelé " franchement " au Parisien n'a pas voulu publier cet article pour eux il n'est pas modéré à moins qu'il ne convient pas à leur sauce !

Lettre ouverte à Robert Redeker


par Eva-Luise Hirschmugl, 20 octobre 2006


L’auteur est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.

URL de cet article : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=1364&lg=fr


Cher Monsieur,
Après lecture de votre article « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? », publié par Le Figaro le 19 septembre 2006, je suis arrivée à la conclusion que le manque de personnel dans l’Éducation nationale doit être arrivé à un stade très inquiétant si l’on permet même à des personnes comme vous de dispenser des cours dans un lycée français.
Globalement, j’avais du mal à trouver un leitmotiv dans votre article, puisque vous sautez, permettez-moi cette expression un peu familière, du coq à l’âne ou devrais-je dire, pour rester fidèle au sujet, « du chameau au dromadaire » ? Les seuls leitmotivs que j’ai pu trouver sont la désinformation volontaire, la calomnie et l’incitation à la haine. Je ne suis pas en mesure de juger si vos paroles émanent de votre ignorance totale ou bien si vous les employez sciemment afin de tenter de créer un clivage artificiel entre la communauté musulmane française et le reste du pays. Une amie, qui a eu la gentillesse d’attirer mon attention sur votre gribouillis, en a, je pense, fait une très bonne synthèse : « Ce prof de philo montre à ses élèves et à la France à quel point la connerie humaine (tout particulièrement la sienne!) donne le mieux l'idée de l'infini ». En réalité, il n’y a rien à ajouter à son résumé.
Et pourtant je le fais car je trouve ce genre d’article particulièrement dangereux. Les personnes qui connaissent l’Islam, l’histoire de notre Prophète (Paix et Bénédiction divine sur lui) et qui entretiennent des relations amicales avec des membres de la communauté musulmane, savent que nous autres musulmans ne souhaitons pas « soumettre plus au moins consciemment [les non musulmans] aux diktats de l’Islam » ou bien « islamiser les esprits ». Mon message s’adresse plutôt à ceux qui, pour des raisons quelconques, n’ont pas encore eu l’occasion de connaître des musulmans ou les enseignements de l’Islam et qui n’ont jamais lu le Coran, visité une mosquée, etc.
L’Islam n’est pas une religion archaïque, au contraire, l’arrivée de l’Islam a été vécue par de nombreux peuples comme une libération, une révolution populaire qui a rétabli la justice et l’équilibre des richesses dans les sociétés. Après 1400 ans d’existence, les enseignements de l’Islam n’ont en rien perdu de leur actualité. Les sociétés occidentales commencent à prendre conscience des maux qui les affligent et essayent de les combattre (alcoolisme en augmentation chez les jeunes, appauvrissement de la société, manque de courage civique et de solidarité, sentiment d’insécurité, déclin des mœurs, etc.) avec plus ou moins de succès. Les enseignements de l’Islam offrent des réponses à ces problèmes et notre Prophète (Paix et Bénédiction divine lui) nous a montré le comportement exemplaire d’un vrai musulman tout au long de sa vie.
Il suffit de lire l’un des nombreux livres d’histoire musulmane pour connaître la personnalité du prophète Mohammed (Paix et Bénédiction divine sur lui), l’histoire de la civilisation musulmane et, surtout, les souffrances des premiers musulmans qui, après avoir été persécutés, torturés voire tués pour avoir adopté cette nouvelle foi, étaient contraints d’émigrer à Yathrib, une ville qui était prête à les accueillir et qui est aujourd’hui connue sous le nom de Médine. Par ailleurs, même ceux qui étaient opposés voire ouvertement hostiles à l’Islam, notamment les membres de la tribu des Quraychites à la Mecque, appréciaient tous le Prophète Mohammed pour ses bonnes origines familiales, son bon caractère et son honnêteté. Mentionner des mot-clé comme « chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame » en dehors du contexte historique et sans aucun exemple ne fait que démontrer encore plus clairement que vous ne vous exprimez que pour polémiquer et pour surfer sur la vague populaire de l’islamophobie.
Il est impossible d’expliquer en si peu de lignes le contenu entier du Coran qui est composé d’environ 6000 versets, tout en sachant que, pour vraiment saisir le sens profond des versets, il faut disposer soit d’une très bonne traduction et explication du texte, soit avoir d’excellentes connaissances de la langue arabe ainsi que connaître le contexte historique dans lequel les versets ont été révélé. Étant donné que vous ne donnez aucune citation précise d’un ou plusieurs versets du Coran ou d’exemples de ces « rites banals » qui « exalte[nt] violence et haine », il est impossible de prendre position afin de prouver le contraire au lecteur non informé mais ouvert d’esprit. Je ne pense pas qu’un simple philosophe et écrivain puisse se permettre d’émettre un quelconque jugement sur le Coran et les enseignements de l’Islam s’il existe, parallèlement, des hommes ayant suivi des études très poussées à ce sujet lesquels, par ailleurs, ne se permettraient jamais de rédiger un article aussi peu recherché que le vôtre sur les deux autres religions monothéistes.
L’un des rites que vous citez, la lapidation des stèles à Mina, est un acte purement symbolique qui s’effectue dans le cadre du pèlerinage. Il est vrai qu’il y a souvent un certain nombre de morts à cet endroit, suite aux mouvements de foule et à une panique soudaine, des phénomènes bien connus dans une situation où un nombre conséquent de personnes se trouve dans un espace confiné (autres exemples plus profanes : stades de foot, halls de concerts, etc.). Ainsi, en 2004, on a recensé 251 morts suite à une telle panique sur un total d’environ 2 millions de visiteurs (0,01%). Pour comparaison : en 2004 l’INSEE a recensé 68 457 morts en Île-de-France sur une population totale de 11 291 000 personnes, ce qui représente 0,6%. Je cite ces chiffres uniquement pour illustrer que le pourcentage des victimes, dont la mort est certes tragique, est minime quant au nombre total de participants à l’événement.
Je pense que dans nos pays démocratiques occidentaux nous n’avons pas eu besoin d’attendre l’arrivée de l’Islam pour « étouffer ce que l’Occident a de plus précieux [...] : la liberté de penser et de s’exprimer ».La liberté de penser et de s’exprimer est un mythe qui n’existe plus que sur le papier précieux de nos différentes constitutions. C’est l’un de nos droits fondamentaux que la classe dirigeante (politique et économique) dans nos pays a réussi à nous enlever en douce depuis longtemps. S’opposer à l’inauguration du Parvis Jean-Paul II à Paris à cause de son interprétation rigoriste du catholicisme (l’association « Act-up Paris » mentionne notamment l’attitude sexiste, homophobe et misogyne dont il aurait fait preuve – voir http://www.actupparis.org/article2662.html) n’est, à mon avis, pas en contradiction avec le fait d’être favorable à la construction d’une mosquée. La mosquée en soi n’est pas synonyme de la mise en application incorrecte que font certains imams des enseignements de l’Islam. La construction de mosquées officielles pourrait justement lutter contre la création de petites salles de prière par ci, par là où règnent parfois des imams mal formés en petit chefs qui réussissent à avoir l’emprise sur certains membres influençables de leur communauté.
En outre, dire que l’Islam est « la voix des pauvres de la planète » ne peut relever que de la plaisanterie (NB : Sur la liste des milliardaires publiée chaque année par le magazine américain Forbes, au moins 7 musulmans s’inscrivent parmi les 100 personnes les plus riches au monde, voir http://www.forbes.com/billionaires/). Le nombre de musulmans a largement dépassé le milliard, dont un grand nombre vit dans des pays asiatiques. Face à ces marchés émergeants et prometteurs, le monde occidental et ses institutions financières laissent très facilement leur islamophobie de côté et réfléchissent à des solutions « islamiques » afin de s’assurer de leur part du gâteau halal. Il en est de même pour les pays du Golfe et leurs fortunes basées sur les recettes provenant de l’or noir. Entretemps, des pays comme Dubaï et Qatar misent plutôt sur le développement du tourisme afin d’assurer l’après-pétrole – et ce tout en préservant et en appliquant les valeurs islamiques.
Je ne pense pas que la Mairie de Paris ait interdit les tenues indécentes (naturisme, monokini et string) sur les quais de la Seine dans le cadre de Paris-Plages cet été de crainte de heurter les sensibilités des citoyens musulmans ou de crainte de devoir faire face à une émeute de jeunes banlieusards affamés de chair féminine. Je pense que cette interdiction relève plutôt du bon sens et du souhait de respecter les bonnes mœurs et de donner une belle image de notre ville aux innombrables touristes étrangers. En outre, Paris-Plages est un événement destiné à toute la famille et je ne pense pas non plus que le fait de voir des seins et fesses dénudés plus ou moins beaux soit bénéfique au développement mental de nos enfants, sauf si vous souhaitez qu’ils deviennent autodidactes et esquiver ainsi plus tard le fameux exposé gênant sur les fleurs et les abeilles. Étant donné que même un pays comme l’Italie, qui n’est pas célèbre pour son ouverture d’esprit vis-à-vis des étrangers, réfléchit à la création de plages réservées aux femmes puisque le nombre de riches touristes venus des pays du Golfe ne cesse d’augmenter, il reste de l’espoir pour Paris-Plages.
Afin de vous prouver que le fait d’être musulmane ne m’empêche pas de me montrer généreuse et chaleureuse envers les non musulmans, je vous souhaite, Cher Monsieur, que Dieu Le Très Grand vous ouvre les yeux avant qu’il ne soit trop tard pour vous et qu’Il vous guide sur le chemin de la vérité. Amine. Après tout, l’histoire a déjà vu des non musulmans plus violents et plus têtus que vous se convertir à l’Islam et devenir des membres célèbres et utiles de notre communauté…
Je lance un appel à mes frères et sœurs musulmans dans le monde entier et je les encourage à répondre à ce genre d’accusations infondées, non par la violence mais en avançant des arguments, en informant les non musulmans de notre belle religion et à ne surtout pas sombrer dans un état d’indifférence.

 

Le texte de Robert Redeker


Voici le texte intégral du philosophe Robert Redeker * publié sous forme de tribune dans le journal Le Figaro du 19 septembre 2006 sous le titre "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?".
"LES REACTIONS suscitées par l’analyse de Benoît XVI sur l’islam et la violence s’inscrivent dans la tentative menée par cet islam d’étouffer ce que l’Occident a de plus précieux qui n’existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s’exprimer.

L’islam essaie d’imposer à l’Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d’un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l’école, accusation d’islamophobie contre les esprits libres.

Comment expliquer l’interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l’argument avancé : risque de «troubles à l’ordre public».

Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l’affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?

Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l’oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l’ordre public» que le string. Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme.

Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l’instar du communisme d’autrefois, l’islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible.
Il se targue d’une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd’hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.

Dans l’ouverture à autrui, propre à l’Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l’autre doit toujours passer avant moi. L’Occidental, héritier du christianisme, est l’être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l’identique de feu le communisme, l’islam tient la générosité, l’ouverture d’esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.

Ce sont des faiblesses qu’il veut exploiter au moyen «d’idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d’imposer l’ordre coranique au monde occidental lui-même.

Le Coran est un livre d’inouïe violence.
Maxime Rodinson énonce, dans l’Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D’une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».

D’autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu’il accusait d’un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d’années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».

Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.

De fait, l’Église catholique n’est pas exempte de reproches.
Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L’Inquisition, la chasse aux sorcières, l’exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l’islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l’Église.

Aucune des fautes de l’Église ne plonge ses racines dans l’Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l’institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d’amour, Mahomet un maître de haine.

La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n’est pas qu’un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.

Cette lapidation, s’accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.

Au lieu d’éliminer cette violence archaïque, à l’imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c’est-à-dire l’entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l’islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l’islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.

Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein."

* Robert Redeker est philosophe. professeur au lycée Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens de Gammeville. Prochain ouvrage à paraître: "Dépression et philosophie" (éditions Pleins Feux).


Quand le philo-sophisme trahit la philosophie


Par Pierre Granet, parent d’élève, Labège, France.


L’auteur nous écrit :
Bonjour,
Monsieur Sparagano dit vrai et Monsieur Richaud parle d'or. Répondre sur le fond à M. Redeker est un service à lui rendre. Lui ont rendu un très mauvais service ses «soutiens inconditionnels» qui l'ont érigé en l’«enfant roi» que lui-même vilipendait en avril, le gosse mal élevé qui insulte son camarade de classe et demande au prof non seulement de le défendre contre l’autre qui le menace mais aussi d¹approuver les insultes, sous prétexte qu’elles ont été proférées en un langage châtié.
Ce tohu-bohu créé de toutes pièces par des irresponsables qui ont inventé une fatwa qui n'a jamais été prononcée a effectivement mis les honnêtes gens du lycée en demeure de se taire pour ne pas ajouter au trouble. Pour ma part, je suis sorti de ce «devoir de réserve», tant le mépris manifesté à l'oeuvre de Rodinson et le mauvais exemple donné à ses élèves m'ont été insupportables. Ci-dessous, ce que j'ai écrit et que je maintiens (La Dépêche du Midi l'a mis en ligne le 29 septembre [http://forum.ladepeche.com/asp/forum/mail.asp?ref=21917]). Je vous autorise à mettre mes écrits en ligne si vous pensez que cela peut aider tout le monde à en revenir à un débat serein porteur d'intelligence et de paix.
Pierre Granet, parent d'élève

 

Quand le philo-sophisme trahit la philosophie


Qui a écrit : « [Mahomet] montra, en bien des cas, de la clémence, de la longanimité, de la largeur de vues et fut souvent exigeant envers lui-même. Ses lois furent sages, libérales (notamment vis-à-vis des femmes), progressistes par rapport à son milieu. »? Maxime Rodinson, dans l’article de l’Encyclopædia Universalis (tome 11, p. 520, éd. 1985) que cite M. Redeker et dont il ne mentionne que des extraits choisis conformes à sa thèse d’un Prophète des musulmans « chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame ». Le comble étant ici pour un polémiste qui revendiquait naguère de mettre le « savoir au centre de l’éducation », d’avoir ajouté : « tel se révèle Mahomet à travers le Coran », quand Maxime Rodinson en dit ceci : « […] son texte est en grand désordre. On ne peut y rétablir qu’avec peine et avec bien des incertitudes l’ordre chronologique. Les événements de la vie du Prophète n’y sont évoqués que de façon allusive. C’est donc une source difficile à utiliser » (p. 517). M. Redeker s’est ainsi inventé un Coran imaginaire inconnu de Maxime Rodinson et des islamologues. Il fabrique en outre un personnage hors du commun quand il n’était qu’un parmi tant d’autres selon, toujours, Maxime Rodinson (« [Mahomet] recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie où la notion d’État était inconnue » [p. 519]). Notre philo-sophiste trahit la philosophie qui édicte que la connaissance commence par l’apprentissage de la lecture des œuvres et la compréhension de leur sens, de tout leur sens. Que Maxime Rodinson ait produit, en historien matérialiste, un article apparemment contradictoire (mais qui ne l’est pas, rendant compte d’une réalité historique elle-même pétrie de contradictions, comme toute réalité historique) sur la vie et l’œuvre politique et théologique de Mahomet, aurait dû être sujet à réflexion pour un professeur de philosophie : polygame et législateur libéral « notamment vis-à-vis des femmes » en dit assez sur les premières années médinoises de l’Islam pour qui veut bien lire sans œillères. M. Redeker est passé outre, poursuivant sa querelle en s’annexant un Maxime Rodinson qui désormais n’en peut mais. Que ses élèves lisent attentivement l’article de leur professeur, qu’ils le comparent avec l’article de Maxime Rodinson dans l’Encyclopædia Universalis et s’en inspirent pour surtout ne jamais céder aux sophismes ni trahir leurs sources s’ils veulent apprendre à philosopher.

 

Bagatelle avant un massacre


Par Jacques Richaud, 2 octobre 2006


« FACE AUX INTIMIDATIONS ISLAMISTES, QUE DOIT FAIRE LE MONDE LIBRE ? »
Tel était le titre, assurément politique, que ROBERT REDEKER donnait à sa tribune du 19 septembre 2006 dans le Figaro. C’est donc principalement sur le terrain politique qu’il convient de lui répondre ; sans se laisser aveugler par le questionnement concernant la liberté de pensée reconnue à tous.
DE QUOI S’AGISSAIT-IL ?
Un pamphlet sans nuance étalant réellement sa haine de l’Islam et de tous les musulmans, qui a suscité en réplique des menaces elles aussi bien réelles. Le même pamphlet stigmatisait aussi l’aveuglement et la lâcheté de tous ceux qui ne partagent pas les mêmes thèses.
Robert REDEKER nous demandait hier de partager ses haines et ceux qui le soutiennent aujourd’hui amplifient sa démarche en dénonçant l’inconséquence de ceux qui voient dans cette affaire autre chose et plus qu’une atteinte inqualifiable à la liberté d’expression.
TOUS LES INGREDIENTS SONT REUNIS D’UNE GIGANTESQUE MANIPULATION :
Les conséquences de nos positionnements individuels ou collectifs pourraient aller bien au-delà de la défense d’un singulier philosophe, associé à la revue «les Temps Modernes » fondée par Jean Paul SARTRE, qui n’est plus là pour approuver ou désavouer une ligne éditoriale dirigée désormais par Claude LANZMANN et ses collaborateurs, dont Robert REDEKER est une des plûmes les plus sulfureuses dans le temps troublé que nous vivons depuis quelques années.
- Nous pouvons déclarer que les menaces dont il est l’objet sont inacceptables, sans oublier de rappeler
qu’elles ont été immédiatement condamnées aussi par toutes les autorités musulmanes de notre pays.
- La vraie question est ailleurs : Est-il possible de le protéger sans le soutenir ? Cette problématique est implicitement incluse dans la tribune même de Robert REDEKER stigmatisant la démission du «monde libre » face aux «intimidations islamistes ». Pour lui, le monde est déjà coupé en deux et la guerre est commencée dans laquelle chacun «doit faire » ce que sa peur devrait lui inspirer.
Le protéger sans le soutenir ? C’est non seulement possible mais indispensable !
- La protection c’est le rôle de la force publique.
- Mais le soutien c’est une interpellation de l’intelligence de chacun d’entre nous.
LE SOUTIEN QUI S’AFFICHE DEJA :
Ce soutien sous des formes diverses implique, que cela nous plaise ou non, de reconnaître le caractère «licite » de propos qui, appréciés au regard de nos lois et prononcés par une autre bouche, constitueraient un délit authentique et sanctionnable. Il faut d’abord avoir lu l’écrit du philosophe, que l’on ne peut déjà plus trouver sur le site internet du Figaro qui l’en a courageusement retiré !
Après lecture s’impose cette évidence : Ce ne sont que des «mots ». Des mots que certains voudraient banaliser et, sans même porter appréciation sur leur contenu, affirmer que ces «mots » mériteraient le soutien de leur auteur menacé, au nom de la liberté d’expression…Est-ce si simple ?
NOUS SOMMES DANS L’ETERNEL DEBAT QUI SEMBLAIT CLAIR AU TEMPS DE VOLTAIRE :
Au temps de ce philosophe, l’humanisme naissant et la liberté absolue d’expression semblaient constituer les fondements d’une civilisation fondée sur la raison, privilégiant le débat sur la censure et la rencontre sur la stigmatisation. Une « foi » humaniste non dépourvue d’utopie considérait que la parole libre saurait mener l’humanité vers des lendemains plus fraternels.
Mais REDEKER n’est pas CALAS et cette seule référence à la liberté absolue, non seulement de pensée mais aussi d’expression, posture facile d’intellectuel, nous inviterait clairement à occulter les enseignements de l’histoire ; ceux de faits anciens ou récents :
- VOLTAIRE n’ignorait pas que dans les temps anciens le monde avait été ensanglanté par d’authentiques appels au Djihad armé et par d’authentiques prêches pour des Croisades sanglantes qui devaient durer plusieurs siècles ; il n’ignorait pas non plus que plus proches de son époque l’Europe s’était déchirée de guerres de religions, toutes attisées et portées par des «mots » mis au service de l’intolérance ; mais VOLTAIRE avait foi en la sagesse possible de l’humanité future.
- Les faits plus récents du siècle écoulé et de sa tragédie totalitaire ont montré que les «mots » pouvaient aboutir à l’extermination de millions d’êtres, pour le seul motif de ce qu’ils étaient. Ce sont les «mots » qui ont préparé l’adhésion ou la tolérance envers le pire. Fallait-il défendre, au nom de la liberté d’expression le «Bagatelle pour un massacre » de Louis Ferdinand CELINE ? Ou fallait-il rompre avec le «privilège d’expression » reconnu à certains intellectuels qui, sans porter les armes eux-mêmes, se réjouissent par avance de l’utilisation sanglante de leurs thèses ?
Le siècle écoulé nous appris que les «mots » tuent aussi sûrement que les armes, mais nous préférons oublier que la liberté elle-même peut contribuer au pire.
NOUS SOMMES A LA VEILLE D’UN AUTRE BASCULEMENT HISTORIQUE ANNONCE QUI EST LE THEME MEME DE LA TRIBUNE DE ROBERT REDEKER : « LE CHOC DES
CIVILISATIONS. »
Ce choc est voulu par certains ; dans une frange marginale d’un Islam perverti ; dans une part hélas dominante d’un occident tout-puissant qui a désigné déjà sans nuance «l’axe du mal » qu’il convient d’anéantir dans une guerre sans merci et sans limite.
Tous ceux qui connaissent les écrits de ROBERT REDEKER savent qu’il se positionne sans ambiguïté dans le camp de ceux qui veulent légitimer le «choc des civilisations » et toute forme de «guerre préventive ». Pour ce philosophe, la menace ressentie et la supériorité militaire de l’occident autorisent à faire l’économie d’une réflexion prospective qui rechercherait un autre dessein pour l’occident qu’un affrontement éternel avec l’Islam.
L’idée même de vivre ensemble et de considérer les injustices faites à certains lui est étrangère ; comme si les crimes annoncés nécessaires représentaient un projet de civilisation !
La tribune du Figaro n’est pas un texte philosophique, c’est un acte politique et un acte de guerre. Dans une ancienne tribune proposée au «Monde » il avait qualifié déjà l’Islam de «Régression barbarisante » et cette outrance simplificatrice lui avait valu de ne pouvoir intégrer comme il le souhaitait le Collège International de Philosophie. Dans le Figaro du 28 novembre 2005 il transposait dans les banlieues enflammées le siège du «nihilisme » qu’il convenait de combattre sans merci ; pour lui l’axe du mal traverse nos villes et nous sommes nombreux a être complices de ce péril islamiste dont la perception semble entretenue par une paranoïa qui domine sa pensée autrefois féconde.
EN QUOI CELA NOUS CONCERNE T-IL ?
Qu’un philosophe laisse parler sa passion plus que sa raison pose en soi un problème qui le concernerait seul s’il n’était aussi enseignant de notre école laïque et républicaine.
Mais qu’il tente d’induire après une provocation consciemment assumée, une «solidarité obligée » en signant sa tribune es-qualité de professeur de philosophie enseignant dans un établissement désigné de la ville de St ORENS proche de Toulouse, est une implication obligée inqualifiable de ceux là même dont il prétend désormais attendre un soutien. On comprend la gêne de la FSU et de l’UNSA-éducation, et celle de sa tutelle ministérielle.
- En réalité cette attitude est cohérente avec sa tribune dans le FIGARO qui vise autant à stigmatiser l’Islam qu’à dénoncer le laxisme présumé ou l’aveuglement de tous ceux qui refusent de prendre déjà les armes pour la croisade a ses yeux souhaitable.
- Il semble clair que ROBERT REDEKER tente ainsi de nous instrumentaliser tous, dans le seul but de
donner une crédibilité a ses thèses.
- Notre liberté qui vaut bien la sienne, est de ne pas y consentir :
• Dire non à REDEKER ce n’est pas porter atteinte à la liberté d’expression, c’est rappeler qu’il
n’existe pas de liberté sans responsabilité.
• Dire non à REDEKER ce n’est pas ignorer le caractère inacceptable des menaces exprimées à son encontre, mais revendiquer de pouvoir les dénoncer par une autre voie que le soutien à son intolérance.
ROBERT REDEKER EST-IL PROTEGE ?
En moins de 24 heures le philosophe s’est retrouvé «protégé » et «exfiltré » par un ministre de l’intérieur pour lequel cet événement est aussi une aubaine légitimant son discours sécuritaire.
On doit espérer pour ROBERT REDEKER que cette aubaine ne soit pas utilisée jusqu'à sa logique extrême faisant du philosophe la victime expiatoire qui accréditerait ses propres thèses.
Il est des «protections » qui pourraient s’avérer plus inquiétantes que sécurisantes, tant leur inefficacité servirait la thèse de tous les partisans de l’intolérance et de l’islamophobie. Souhaitons une longue vie à ROBERT REDEKER qui lui permette de rencontrer demain des hommes et des femmes d’Islam qui lui feront mesurer la profondeur de ses erreurs.
LE MALAISE N’EST PAS ETEINT :
Nous sommes nombreux à ressentir l’ambiguïté et le danger d’un positionnement que l’on voudrait réduire à un choix binaire, nous entraînant dans la perversion même de la pensée de ROBERT REDEKER.
La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a eu raison de dire à la fois que «L’on ne saurait admettre que
quiconque, fut-ce en raison d’idées nauséabondes, soit l’objet d’intimidations », mais aussi de rajouter «On ne combat pas les idées de M REDEKER en le transformant en victime ».
L’enjeu est bien de ne pas tomber dans le piège d’un soutien qui serait perçu dans le monde comme le ralliement de la pensée dominante à sa frange la plus intolérante.
Cette prudence ne semble pas avoir été celle du journal « LE MONDE » dans son éditorial de ce jour 1-2 octobre 2006, intitulé «POUR ROBERT REDEKER » ! Ce même journal qui le 11 septembre 2001 éditorialisait sous le titre «Nous sommes tous américains ! », confondant déjà compassion légitime avec adhésion anticipée a ce que fut la réplique US, nous invite désormais à être «POUR Robert REDEKER ».
Le «nous » de 2001 n’est plus guère revendiqué depuis qu’il a pu être confirmé que la dangerosité du monde s’était amplifiée sous l’effet d’une politique basée sur le «choc des civilisations ». Il nous est demandé maintenant d’être «pour » REDEKER et c’est NON !
Ce titre choisi par le Monde, à peine nuancé dans le contenu de l’éditorial, est sans doute plus qu’une
maladresse. Il semble même incompréhensible après la phrase incluse «Qui croit être lu par les seuls habitués du Figaro (aujourd’hui du Monde, mais cela a échappé à l’auteur) heurte au même instant des millions de sensibilités dans le monde ». Quelle démonstration d’inconséquence !
Sommes nous vraiment « POUR » ROBERT REDEKER ?
Si nous hésitions à répondre NON nous donnerions à sa tribune exactement l’impact souhaité par son auteur, dont les conséquences seraient très considérables.

 

Redeker, un philosophe "voltairien" vraiment ?

Par Marc-Antoine Coppo, Nice, octobre 2006

 

Quelques jours après son éditorial intitulé « Pour Robert Redeker », Le
Monde, dans son édition du jeudi 5 octobre, a publié un élogieux
portrait de Mr Redeker dans lequel celui-ci est présenté comme « un
voltairien dans un siècle qui ne l'est pas », « quelqu'un d'attentif, à
l'écoute et épris de dialogue ». Cette hagiographie ne correspond
nullement à la réalité.

D'un manichéisme effrayant la tribune de Robert Redeker parue dans Le
Figaro n'a rien de voltairien : loin de s'inspirer de l'esprit des
Lumières, elle ressucite l'esprit de la guerre froide de sinistre
mémoire. Avec son « maître de haine » , son « monde libre » et ses «
idiots utiles », la rhétorique de Robert Redeker emprunte bien davantage
à Ronald Reagan qu'à Voltaire (qui, rappelons-le, avait dénoncé en
1770 les caricatures que les prêtres faisaient de l'islam).

Comment un philosophe « attentif et épris de dialogue » a t-il pu
écrire qu'« à l'identique (sic) de feu le communisme, l'islam
tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la
liberté de la femme et des moeurs pour des marques de décadence » ?
C'est insensé et une insulte à l'intelligence !

Nous ne devons pas accepter que, dans notre pays, les musulmans soient
tenus en haute suspicion et ostracisés comme le furent les communistes
dans les années 50. Plus que jamais, il faut refuser la logique de
guerre sans fin dans laquelle des intellectuels réactionnaires et
fanatiques comme Mr Redeker veulent nous enfermer.

 

Lire aussi


Redeker, le « philosophe » qui voulait péter plus haut que son c...
Par Leila Salem
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2006-10-08%2014:12:08&log=invites

 

Pourquoi je ne suis pas solidaire de mon collègue Robert Redeker


par Michel Sparagano, professeur de philosophie au lycée de Saint-Orens, octobre 2006

 

Enseignant de philosophie et, qui plus est, dans le même établissement que lui, beaucoup s’attendaient à ce que je manifeste ma solidarité avec Monsieur Redeker. Je n’ai pas voulu faire le jeu de la polémique en disant tout le mal que je pensais de ces pauvres lignes. Je me suis tu pensant que les pyromanes en seraient pour leurs frais. Reste qu’aujourd’hui, les appels se multiplient, les pressions se font plus fortes, des pétitions nationales circulent, des éditorialistes s’enflamment, les associations laïques de notre région interpellent les associations musulmanes sommées de choisir leur camp...etc., et cet article qui ne méritait qu’un ricanement est en passe de devenir le symbole de la liberté d’expression ! ! ! Je prends donc le risque du désaccord public, car le risque de l’accord tacite me semble, aujourd’hui, plus dangereux. Tout d’abord, il est important de condamner les menaces à l’encontre de ce collègue. Personne ne doit être menacé pour ce qu’il écrit, même si ce qu’il écrit est, comme nous allons le voir, lamentable. Il faut bien tout de même, à un moment donné, s’occuper un peu du fond de cet article (je sais bien qu’immédiatement certains se diront qu’il faut être solidaire au nom du principe de la liberté d’expression, quel que soit le fond, mais je répondrai à cela après avoir discuté du contenu).

R.Redeker procède par amalgame (nombre de ses défenseurs en conviennent, d’ailleurs) et confond l’Islam et les intégristes islamiques. Notre liberté serait menacée par les revendications musulmanes (string, voile, repas dans les cantines..), oubliant ainsi que les revendications en question font débat dans la communauté musulmane et qu’il existe, faut-il le rappeler, des associations de musulmans laïcs ! C’est d’ailleurs cet amalgame qui permet à M.Redeker de retrouver un des thèmes de campagne de Philippe de Villiers : « l’islamisation des esprits » ; lequel n’a d’ailleurs pas manqué de voler au secours de son allié, involontaire, sans doute... Dire que ce sont les islamistes qui ont manifesté contre l’inauguration d’un parvis Jean Paul II à Paris est tout simplement faux et tout le monde a pu voir que les opposants étaient massivement des militants d’association de défense des homosexuels reprochant au défunt pape ses propos jugés homophobes. Peut-être Monsieur Redeker a-t-il deviné les orientations religieuses de ces militants de la cause homosexuelle... Passons sur le parallèle avec le communisme qui fait de celui-ci une « alternative au monde occidental ». Comme si cette théorie était apparue à Oulan-Bator. Comme si, finalement, l’Occident était, par essence, capitaliste ! Soutenir que l’Islam « tient la générosité, l’ouverture d’esprit...pour des marques de décadence », c’est tout simplement ignorer qu’un des cinq piliers de l’Islam est la charité ! Expliquer que les musulmans sont des barbares parce qu’un de leur rite « s’accompagne annuellement de la mort par piétinement », c’est commettre une erreur logique d’importance. En effet, il n’est évidemment dit nul part que ce rite doit s’accompagner de piétinements mortels pour être valable ! Il s’agit donc d’une conséquence et non pas d’un but. Comment une distinction aussi triviale a-t-elle pu échapper à un professeur de philosophie ? Je passe, mais pas trop vite tout de même, sur le verbe « pulluler » qui, à la fin de l’article, est censé désigner les défenseurs du Coran et qui conviendrait mieux à un botaniste décrivant des insectes qu’à un professeur de l’enseignement public et laïc animé des valeurs humanistes propres à sa fonction... Tout aussi surprenant de la part d’un enseignant formé à l’étude des textes, ce passage où M.Redeker se contente de recopier quelques lignes de l’Encyclopédia Universalis censées juger le prophète Mahomet et, par ricochet, tout le Coran, lors même que ces extraits ne parlent que du Mahomet de Médine et pas de celui du temps de son séjour à la Mecque ! Bref, l’auteur de l’article se place résolument et uniquement du point de vue du « verset de l’épée » en ignorant celui de la « tolérance » ! Je résume donc. Nous avons dans cet article une thèse qui nous renvoie à des discussions moyenâgeuses que l’on croyait disparues : la religion chrétienne est meilleure que la religion musulmane. Cette thèse est appuyée par des amalgames, des citations partielles et partiales, des erreurs logiques, des présupposés politiques surprenants pour qui sait que Marx n’était pas chinois...etc. Comment un professeur de philosophie peut-il commettre autant d’erreurs ? On peut, bien sûr, invoquer une formation lacunaire, une faiblesse intellectuelle masquée pendant des années et se révélant tout à coup sous la pression des évènements, mais je n’y crois pas un instant. Les études universitaires, pour perfectibles qu’elles soient, ne permettent pas de telles approximations et l’agrégation, si elle n’atteste pas que l’on sait enseigner, prouve, à tout le moins, que l’on a une approche rigoureuse et solide de la philosophie. Alors quoi ? L’hypothèse la plus plausible est qu’il s’agissait tout simplement d’une provocation tactiquement habile, car l’auteur se doutait bien que ses propos allaient déclencher l’ire de beaucoup de musulmans amalgamés avec les plus violents, haineux et intolérants d’entre eux. La violence des réactions devait lui donner raison (il n’a d’ailleurs pas manquer d’en tirer cette conséquence illogique dans La Dépêche du Midi). Las ! Le boomerang est revenu plus fort que prévu. Ces lignes d’une faiblesse philosophique rare ont été prises au sérieux et il s’est trouvé une poignée d’individus, non pas pour lui donner raison, mais pour le conforter (ce qui n’est pas la même chose) dans sa position. Il faut donc condamner les menaces reçues par ce pamphlétaire sans être instrumentalisés par ce qui ne peut qu’être une habile provocation (pas si habile) ayant mal tournée. Ainsi, l’homme en fuite à droit à notre aide, mais nous n’avons pas à être solidaires d’un pyromane.

 

Affaire Robert Redeker : il n’y a jamais eu de fatwa ! ( Chronique d’une islamophobisation des esprits)

 

Par Jacques RICHAUD, 13 octobre 2006

 

La sur-médiatisation et la dramatisation de «l’affaire Robert Redeker » par nos services politico-médiatiques aurait pu inciter à la prudence tous ceux qui en toute bonne foi souvent ont cru devoir réagir après s’être indignés. Une simple investigation «journalistique » menée correctement aurait peut-être pu éveiller quelques soupçons concernant les intentions de ceux qui ont instrumentalisé ce fait en évoquant les noms de Rushdie et Calas, un peu trop vite peut-être. C’est alerté par des amis arabophones étonnés de la teneur des affirmations exploitées par la presse que j’ai demandé à trois sources arabophones différentes, dont une universitaire, de vérifier la teneur des propos tenus sur la chaîne Al-jazeera, incriminés comme à l’origine de la «FATWA » dont serait victime Robert Redeker. Les trois «retours » reçus ce jour douze octobre sont similaires et surprenants !

Pour donner à cette modeste investigation la rigueur nécessaire et l’interprétation utile, il est important de reconsidérer la chronologie des faits établis, en se posant à chaque étape les questions que cette affaire non encore achevée, ne manque pas de soulever.

 

- I - CHRONOLOGIE D’UNE AFFAIRE SINGULIERE :

- C’est le 19 septembre 2006 que le Figaro publie une double tribune sur la même page, celle de Robert Redeker et celle d’Antoine Sfeir. Celle de Robert Redeker se nomme «Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? »

- Le jour même de la parution de ce quotidien du matin, 19 septembre, sa diffusion est interdite en Tunisie (Elle sera le 24 septembre également interdite en Egypte par décret – source Reporters sans frontières le 25 9 2006)

- C’est le même jour que Robert Redeker déclare «avoir reçu des menaces de mort » et prévient le responsable de son établissement de son incapacité à assurer la poursuite de ses cours ; il est aussitôt «exfilté » et caché en lieu sur, ainsi que sa famille mise également sous «protection » par la Défense et Surveillance du Territoire (DST). Le professeur luimême sur I-Télé précisera avoir reçu des «menaces directes par mail » et révèle que des forums jihadistes «qui ne sont pas accessibles à tout le monde » donnent «toutes les coordonnées pour pouvoir (l)’assassiner ».

- Ce n’est que le 20 septembre sur la chaîne Al-jazeera dans le bulletin d’information bref de Hassad Al Yaoun d’une minute qu’est transmise l’information de la censure du Figaro en Tunisie, à cause «d’un article insultant le prophète Mohammed » écrit par un philosophe dont le nom n’est pas même cité, mais qui «accuse le Coran d’inciter à la violence » et qui «se moque des rites du pèlerinage chez les musulmans » (Tout ceci est effectivement contenu dans la tribune de RR). Dans une information complémentaire la parole est donnée au «Président de l’union islamiste des savants musulmans » le cheikh Youssef Al-Gardaoui qui dans son commentaire au sujet de l’article, appelle les musulmans «à protester d’une manière sage le vendredi 22 septembre…pour défendre l’islam et son prophète contre les propos du Pape Benoît XVI et l’auteur de l’article du Figaro », dont le nom ne sera pas cité ; en appelant à la modération et «à ne pas s’attaquer aux églises ou aux ambassades…pour ne pas donner l’image de musulmans violents dont les médias occidentaux sont friands »

 

2 - A ce stade retenons que le nom de l’auteur n’a pas même été cité et que la protestation émise n’appelle nulle vengeance, mais une expression de réprobation calme pour le surlendemain. Il n’a jamais été question de «fatwa » qui possède un sens religieux et juridique particulier connu de tous !

- Le 21 septembre, et sans attendre la manifestation prévue le lendemain, Pierre Rousselin directeur adjoint du Figaro exprime sur la chaîne Al-jazeera «ses regrets concernant la publication de l’article…(qui) est une erreur…(et) n’exprime pas l’avis du journal…(cette) tribune libre n’engageant que son auteur…(cette publication a été faite) sans vérification préalable, il s’en excuse ». Le même jour 21 septembre l’article est retiré du site du Figaro (j’ai pu le vérifier), l’intervention de Pierre Rousselin sera aussi retirée du site d’Al-jazeera…

A ce stade on peut s’étonner de la non-mention de ce fait dans les médias français ; et plus encore de la complaisance plus tardive de tous ceux qui partiront en campagne au nom de la «liberté d’expression » sans même évoquer le désaveu et la dérobade du Figaro, qui s’associera à la même campagne ! Personne n’a reproché au Figaro une quelconque «islamisation » des esprits comme le déclarait l’auteur de la tribune incriminée et qui l’aurait poussé à commettre cette autocensure !

Surtout aucun lien ne peut non plus être établi entre les menaces reçues la veille par RR et l’émission de la chaîne arabe ; ce fait est d’évidence ! Si des menaces ont été faites leur source est ailleurs. - Pourtant le même jour 21 septembre le texte de Robert Redeker ainsi que celui d’Antoine Sfeir sont repris et diffusés sur le site français PROCHOIX animé par Fiammetta Venner et Caroline Fourest), accompagnés d’un article Fiammetta Venner intitulé « Quelques remarques à propos du Pape, de l’Islam et du Figaro ». Cette diffusion est explicitement destinée à «notre lectorat tunisien » pour contourner la «censure ». Cet article, il faut le souligner prend nettement ses distances avec celui de RR en stigmatisant aussi les violences des autres religions.

- Le vendredi 22 septembre les médias français sont présents à la manifestation appelée par le cheikh Youssef Al-Gardaoui qui se passe dans le calme et ne sera donc pas relayée par les chaînes nationales. Le même jour Nasrallah se faisait ovationner à Beyrout par une foule immense au cours d’une manifestation pour «le jour de la victoire », cette manifestation a été intégrée aux journaux télévisés français et a fait le sujet principal des chaînes arabes, pour lesquelles Robert Redeker reste toujours un inconnu !

- Le même jour 22 septembre Tarik Ramadan publie sur son site un long article «le Pape et l’Islam : le vrai débat » sans mentionner la tribune de RR. Le forum de discussion qui suit mentionne l’article du Figaro pour s’en indigner ainsi que de sa reprise sur le site de Prochoix ; en réponse il est écrit que «sœur Caroline (Fourest)…prétendue antiraciste…cette femme est une Oriana Fallaci déguisée…voilée sous les appellations de …féministes, antiracistes, laïques…no comment ».

- Le 25 septembre sur le site Prochoix c’est cette fois Caroline Fourest elle-même qui signe un éditorial mensonger au regard des faits rappelés ci-dessus : « Sur Al-jazeera, Youssef Al-Quradami désigne Robert Redeker à la vindicte » en écrivant mensongèrement « Le 20 septembre sur la chaîne Al-jazira le cheikh Youssef al-Qaradani a profité de son immense audience pour désigner le philosophe Robert Redeker comme islamophobe du moment. Ce n’est pas rien lorsqu’on connaît l’influence du cheikh…aucun texte ne mérite une FATWA MONDIALE ». Et Caroline Fourest «soutien le droit de Redeker à s’exprimer », elle assume d’avoir repris la publication, mais prend elle aussi ses distances avec le ton de RR en disant «toutes les religions sont instrumentalisables pour le pire »

LE MOT « FATWA « » A ETE LANCE ET LA SUITE EST CONNUE : Tous les bien-pensants qui se croient démocrates choisissent leur camp sur l’énoncé d’une imposture. Il n’y a jamais eu de Fatwa et le nom de Robert Redeker n’ a pas même été prononcé !

 

3 - A CE STADE QUE RESTE T-IL ?

- Des menaces exprimées dés le 19 septembre dont la police serait dans l’incapacité de déterminer la provenance informatique, régionale ? nationale ? internationale ? Chacun sait que n’importe qui peut envoyer un mail à n’importe qui, même à soi-même ; mais la tracabilité de ces envois est tout à fait possible et même devenue légale depuis les lois Perben et les mesures «antiterroriste ».

- Alors que fait la police ? Info-intox ou manipulation ? L’origine des menaces est elle identifiée ? Tenue encore secrète ? Cela accréditerait l’hypothèse d’une manipulation policière et politique désireuse de tirer aubaine de la publication de cette tribune islamophobe, en entretenant une pesanteur dont Robert Redeker est la première victime désormais, même s’il n’y a jamais eu de « fatwa » !

- On laisse se dérouler la réaction à une «fatwa » qui n’a jamais existé. Une Presse complaisante à l’émotion générale ressentie fournit jour après jour les tribunes qui accréditent les thèses de Robert Redeker, sans prudence ni discernement. L’ensemble de la presse se positionne clairement dans le «choc des civilisations » annoncé du côté de Robert Redeker dont la tribune immonde trouve un succés inespéré de l’auteur lui-même !

- Robert Redeker est-il à l’abris pour autant ? Même en l’absence de « fatwa » ? Sûrement pas, tant il est évident qu’une agression sur sa personne accréditerait à la fois sa thèse et celle de ceux qui le soutiennent, en même temps qu’elle démontrerait le bien fondé d’une accentuation des mesures «sécuritaires » déjà développées dans notre pays.

- Robert Redeker pourrait bien avoir à se méfier de certaines «protections ». Il pourrait devenir demain «l’idiot utile » ou la victime même d’une cause qui le dépasse désormais.

- Ceux qui logiquement doivent le plus souhaiter sa protection efficace sont ceux qui trouvent ses thèses immondes justement ! Longue vie à Robert Redeker pour qu’il puisse demain rencontrer d’autres hommes et femmes, musulmans et sains d’esprit qui lui feront percevoir la profondeur de ses erreurs.

 

L’EMBALLEMENT :

- C’est le 27 septembre que le grand public par «la Dépêche du Midi » apprend «à la une » que «un professeur de philosophie est menacé par les islamistes »

- Le 29 septembre la revue électronique «Respublica » éditorialise sous le pseudo habituel «Evariste » un article : « Robert Redeker : première victime de la FATWA en France » et stigmatise de façon très virulente tous ceux qui oseraient ne pas le soutenir. L’Union des Familles Laïques (UFAL) par la voix d’Evariste apporte «un soutien inconditionnel à Robert Redeker » et dénonce «la rhétorique insidieuse qui consiste à assortir la condamnation de la FATWA dont est victime Robert Redeker d’un même si ou d’un bien que ». Une pétition de «la Gauche Républicaine » est donc lancée immédiatement signée par des dizaines de personnalités.

- Le 30 septembre 2006 le recteur de la grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane, dans un communiqué, «Emet les plus grandes réserves quant à l’origine exacte de ces menaces… l’heure est aussi aux manipulations », il faut que «les auteurs soient identifiés et sanctionnés comme le permettent les lois de la République » (cité sur le site Prochoix)

- Le même jour 30 septembre «libération » fait sa une sur «Peut-on encore critiquer l’Islam ? » et Olivier Roy écrit «certains jouent à chatouiller la fatwa » et dans ce numéro Caroline Fourest précise «nous sommes passés d’une affaire Ruschdie tous les dix ans à une affaire Ruschdie tous les ans, voire maintenant quasiment tous les mois. A l’époque quand l’ayatollah Khomeiny lança sa FATWA contre l’écrivain, la gauche était soudée pour défendre la liberté d’expression et le droit d’offenser toutes les religions ». Le même joue «le Monde » évoque le «repérage » par la DST de «forums jihadistes anglais » qui confirmeraient la menace avec photos, adresse plan d’accès au domicile de RR….Mais quel crédit peuton apporter à ces allégations ?

Il va de soi que ces menaces sont injustifiables et imposent la protection de Robert Redeker par la force publique. Mais la situation n’est pas véritablement la même entre une condamnation à mort par une autorité religieuse islamiste (qui n’a jamais eu lieu) et une menace par des propos haineux sur Internet comme il en circule quotidiennement sur des dizaines de forums accessibles à tous, particulièrement entre les communautés impliquées dans les drames du Moyen Orient.

Redisons le clairement, il n’y a jamais eu de «fatwa », ce qui n’exclue pas la matérialité de menaces d’autre nature et elles aussi préoccupantes, dénoncées par l’intéressé lui-même. Le web est devenu un terrain privilégié de la manipulation et les idées les plus abjectes circulent quotidiennement sur des forums plutôt mal pondérés, les interventions y sont le plus souvent signées de «pseudo » qui autorisent toutes les outrances, se faisant même parfois passer pour «la partie adverse» pour lui donner une image révoltante, personne ne peut empêcher cela.

 

4 -Mais transformer un «fait grave » en un phénomène de société relève de l’irresponsabilité et de la démesure. Caroline Fourest elle-même et Philippe Val et bien d’autres ont été «menacés » après certains de leurs écrits et protégés de façon plus discrète !

La résonance donnée à la menace dénoncée par RR lui-même a pour premier effet d’amplifier, en la généralisant, la sensation d’une menace qui est à la base de la xénophobie et de tous les racismes. Plus personne ne perçoit que pour RR la critique de la religion musulmane dans son ensemble n’est pas une discussion philosophique mais une «opinion » qui s’inscrit dans la promotion du «choc des civilisations ». Qu’une large assemblée d’intellectuels se soit rangés derrière sa frange la plus extrémiste est un succès considérable pour les thèses de RR ! Tout cela ne fait le jeu que des néoconservateurs les plus extrémistes et de la partie adverse authentiquement jihadiste…Mais que vont faire certains dans cette galère ?

Le 30 septembre Caroline Fourest écrit «Affaire Redeker : A quoi joue la DST ? » pour s’étonner du fait que «davantage que le niveau des menaces, habituel, c’est bien le niveau de la réaction policière qui a changé » et questionne en référence aux menaces islamistes supposées : « Les services détiennent-ils des informations précises ou sont-ils dans le bleu ». elle questionne «s’agit-il de créer un effet de panique légèrement disproportionné qui punit Redeker au lieu de le protéger » ? Il faut dit-elle «s’interroger sur le choix policier et donc politique opéré »…

Une autre voie est étouffée : Le 30 septembre le groupe progressiste du «Manifeste des Libertés » édite une autre pétition «Pour la liberté de parole » dont le texte est le suivant : « Nous dénonçons avec la plus grande force les menaces de mort dont fait l’objet Robert Redeker, bien que nous soyons en désaccord avec ce qu’il a écrit, avec la médiocrité triviale de ses propos, avec ses outrances verbales en miroir avec les islamistes violents ». Cette pétition plus «voltairienne » que celles affirmant un soutien inconditionnel ou une approbation aura de nombreuses signatures de personnalités musulmanes, mais curieusement ne sera ni médiatisée ni reprise par la presse nationale.

Nos médias massivement se sont retranchés dans le camp du soutien à l’intolérance de Redeker, occultant aussi bien des vérités factuelles (l’absence de fatwa) que des voix plus pondérées que celles attisant objectivement le «choc des civilisations » replacé dans l’actualité par la tribune de Robert Redeker ! - En effet l’emballement s’est poursuivi. Le 1 octobre 2006 «le Monde » à son tour éditorialise «Pour Robert Redeker ».

- On peut retenir, mais nous le savions déjà, que l’opinion publique «ca se fabrique » et des ouvrages ont déjà été consacrés à l’invention de cet «islam imaginaire » qui doit nous terroriser, non pas dans sa perversion islamiste mais bien dans son ensemble.

- Le même jour un nouveau «Respublica » appelle à un «soutien sans réserve » et réaffirme que Robert Redeker est «victime d’une FATWA » qui le force à la clandestinité, réfutant toute «analyse indécente de ses propos ». Il réédite une tribune ancienne de Robert Redeker publiée dans La Dépêche du Midi le 21 octobre 2003 consacrée à « L’islamophobie, l’arme des islamistes contre la laïcité » faisant référence au livre de Caroline Fourest et Fiammetta Venner reprenant l’histoire du concept d’islamophobie décrit comme « une arme forgée par les islamistes » ! Il cite aussi la formule de Maïakovski «les mots sont des balles » (Qu’il ne pouvait donc ignorer en écrivant sa tribune du 19 septembre 2006 !). L’auteur tentait aussi péniblement de démontrer que l’islamophobie n’est pas un racisme et écrivait « Un islam à visage humain est-il possible ? » . Le même numéro contient un communiqué de presse de l’UFAL «la République doit protéger les victimes des FATWA » et un article d’Antoine Peillon (président de la France Radicale Gauche Démocratique et Républicaine) menaçant : « Nous mettons aussi en garde …ceux qui ne le soutiennent pas totalement et sans condition, car ils sont dés lors, plus que jamais nos adversaires ». Cela ressemble au discours de Bush en septembre 2001 ««Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous ! ». On a envie de dire tu déconnes Antoine ?

- Le 2 octobre «le Monde » rattache, d’après la DST la menace à AL-Qaida (qui possédait donc dés le 19 septembre un plan de la commune de Saint-Orens et l’adresse du professeur…brrrr, il y a de quoi trembler !) La menace ne relèverait plus d’une fatwa mais du terrorisme ? Le journal publie une autre «liste de soutien » que celle lancée par Respublica, intitulée celle-ci «En faveur de Robert Redeker ».

- Le 3 octobre la revue Prochoix de Caroline Fourest relaie cet appel avec invitation à le signer sur l’adresse de la revue «les Temps Modernes » dont RR était éditorialiste.

- Le 4 octobre « Evariste » dans un nouveau «Respublica » stigmatise le MRAP et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) ou «Quelques islamo-gauchistes pèsent bien peu, de même que le sectarisme congénital d’une organisation laïque qui trouve encore le moyen de lancer une polémique au lieu de se rassembler derrière la défense de Redeker ». Il stigmatise aussi «Nicolas Sarkozy, qui encourage les fous d’Allah à réclamer toujours plus de dérogations communautaristes » et Evariste prétend s’exprimer au nom des «citoyens » qui «en ont assez », rappelant que Redeker est «victime » et «condamné à mort ». Dans le même numéro Sonja Rivière écrit «Redeker a finalement raison », rajoutant même aux propos de RR que

 

5 - «Le mois sacré de ramadan doit apporter son quota de sacrifices humains » et il est temps de «dénoncer l’effroyable imposture »…(Cela ne vous rappelle rien ?) et une «islamisation des esprits devenue insupportable ». Le même jour dans Charlie-Hebdo, Caroline Fourest collaboratrice régulière de cet hebdomadaire s’étonnait des excuses de Rousselin : « Les éditorialistes du Figaro ne nous avaient pas habitués à tant de prudence sur l’Islam », tout en confirmant encore une fois que «le théologien vedette d’Al-jazeera et des frères musulmans…a désigné Robert Redeker à la vindicte le 20 septembre ». Elle ironise sur «le courage économique » du Figaro ayant présenté ses excuses. Elle surenchérit à propos d’une «fatwa contre Mozart » après le retrait préventif d’Idoménée du Deutsche Oper à Berlin, même si elle relève que pour Angela Merkel «l’autocensure par la peur n’est pas tolérable »…Ainsi donc peu importe qu’il y ait eu ou non «fatwa » ; il nous faut penser seulement «qu’il aurait pu y avoir, qu’il y aurait certainement même eu fatwa, inspirant une peur qui explique le retrait de la pièce ! ». Dans le même numéro Philippe Val stigmatise «Sa sainteté Mouloud Aounit » qui avait eu le tort de rappeler au nom du MRAP que «toute forme de violence en appelle hélas d’autres en retour, parfois plus extrêmes encore ». Le «canard Enchaîné » du 4 octobre à raison de décrire «Une affaire islamentable » et de conclure «pour …passer de l’invective au dialogue, du simplisme à la complexité, il faudrait des gens qui savent penser en profondeur…comment dit-on, déjà ? Des philosophes ». Hélas les philosophes ont signé en masse leur soutien «inconditionnel » à Robert Redeker.

- Le 5 octobre «le Point » titre «Nous sommes tous des Redeker » mais donne aussi la parole à Tarik Ramadan : « Robert Redeker est libre de dire ce qu’il veut, je l’ai affirmé et répété, mais j’ai moi aussi le droit de dire que son texte est haineux ». Le «Nouvel Observateur » du même jour réaffirme encore «le 20 septembre, Redeker est dénoncé sur Al-jazira ».

- Le 6 octobre «valeurs actuelles » titre «la fatwa Redeker ».

- Le 7 octobre dans «Marianne » Guy Konopnichi s’égare «Je tiens le principe de respect pour une saloperie…entre Mahomet et Robert Redeker, je choisis Redeker. N’en déplaise à Mouloud Aounit ! ».

- Le 9 octobre 2006 c’est dans le journal «la Croix » que sera précisé à propos de la chaîne Al-jazeera : « Le nom du philosophe (n’a) pas été prononcé » dans un sujet traité en «à peine une minute ». Toutes les démarches rapportées montrent que l’économie de la vérité devient la base d’un appel à dénonciation universelle d’une menace, exactement celle qui est au cœur de la chronique de Robert Redeker !

Il est confirmé que dénoncer la surenchère des extrêmes n’est pas dans l’air du temps pour les pétitionnaires. Pour Philippe Val « La situation a de quoi inquiéter », la menace contre RR est assimilable à l’attitude de Ahmadinedjab en Iran qui veut «mettre du plutonium dans les centrifugeuses » ! La boucle est enfin bouclée qui nous désigne en filigrane la logique et l’objectif de toute la campagne menée : Il s’agit d’instrumentaliser «l’affaire Redeker » pour préparer l’opinion à la troisième guerre de Georges Bush, après l’Afghanistan et l’Irak, ce sera demain l’Iran…

- Le 5 octobre 2006 Pascal Boniface directeur de l’Institut de Recherche Internationale et Stratégique (IRIS) publie une note dans Témoignage Chrétien qui rappelle que « Robert Redeker est favorable au choc des civilisations », tout autant que «ceux qui l’ont menacé ». Il précise «ses idées sont nauséabondes, mais c’est bien sur le domaine des idées qu’il faut les combattre. Ses propos auraient pu même avoir une suite sur le plan juridique, car il contredit très réellement les lois françaises sur l’interdiction de propager la haine raciale. Mais tout est fait pour que le débat soit piégé. Les menaces ont transformé Robert Redeker de coupable en victime. Plus personne ne parle du caractère raciste de ses propos, mais des menaces qu’il a subies. Or les deux sont condamnables ». Il conclue « Soit on admet le droit de tout dire y compris les injures raciales au nom de la liberté…soit l’on considère que le climat est tellement lourd et explosif qu’il faut apporter certaines limites à la liberté d’expression. En tous les cas on ne peut pas plaider pour la première thèse dans certains cas et pour la seconde dans d’autres ».

 

- II – DE NOMBREUX QUESTIONNEMENTS PERSISTENT AUTOUR DE CET EVENEMENT ET SURTOUT DE SON INSTRUMENTALISATION: LES FAITS :

- Il n’y a pas eu de Fatwa, mais tout le monde feint de l’ignorer ; ce mensonge était nécessaire pour une dramatisation de la menace.

- Il y aurait bien eu des menaces dont les services de renseignement affirment qu’elles seraient «de mort » et en relation avec «al-qaida » sans étayer cette affirmation de preuves depuis plusieurs semaines. Ceci est surprenant de la part d’un ministre de l’intérieur qui nous avait habitué à une communication plus agressive sur des faits divers de gravité moindre.

 

6- Il est avéré que les premières menaces, le jour même de la publication, sont antérieures à une émission sur la chaîne Al-jazeera présentée, de façon mensongère, comme le relais d’une «fatwa » qui relève du fantasme ; sachant bien que très peu d’arabophones auront eu la capacité de vérifier ce fait. La vraie question est de savoir si ces menaces relèvent d’une piste locale (expliquant la précision de la menace), d’une piste nationale ou internationale ; l’incertitude entretenue plaide pour que l’hypothèse d’une gigantesque intoxication ou manipulation doive être considérée.

 

LA MANIPULATION :

- C’est une constante du discours extrémiste d’englober dans sa stratégie l’existence reconnue d’une «liberté d’expression » qui crée de fait une «obligation d’en débattre » et de reconnaître le caractère «licite » de quelque opinion que ce soit, en restant libre de la désavouer… « les chambres à gaz n’ont pas existé ? Bon, débattons-en, à ma droite X, à ma gauche Y qui représente la thèse inverse… » - Mais avec l’affaire Robert Redeker le débat a changé de nature, car une étape a été franchie qui consiste à court-circuiter même l’obligation d’apprécier la thèse en présence, pour consacrer ses efforts seulement à la défense de la liberté d’expression de son auteur ! Il est vrai que la thèse aurait du mal a trouver des défenseurs crédibles aux yeux de l’opinion comme des érudits sur le sujet de l’Islam ! « Ne parlons donc pas de ses thèses islamophobes délirantes, unissons seulement nos efforts pour la défense de leur auteur menacé, même sans trop bien savoir par qui…Et si ce texte a suscité la colère de fanatiques, c’est donc qu’il était juste de les dénoncer ! CQFD », Redeker : un ; Raison :zéro !

 

LES CONSEQUENCES PREVISIBLES :

 

- Pour comprendre l’importance de ce «glissement » il nous faut nous rappeler que lorsque les intellectuels se sont mobilisés pour contrer, dans le passé des thèses révisionnistes ou négationnistes ; il s’agissait de ne pas étouffer ou déformer une vérité historique passée. L’article de Redeker, lui, même s’il se réfère à une fausse connaissance du Coran, s’exprime en fait dans et pour le temps présent et le temps à venir ; il pose une affirmation qui est un acte de guerre dans un choc des civilisations dont nous ne vivons que les premiers soubresauts. Ce choc se prépare, par les armes et par les mots.

- Nous savons l’existence authentique de forces en présence que personne ne songe à nier ; celles d’un islam perverti extrémiste mais encore ultra-minoritaire et celles de l’axe du bien autoproclamé porteur de valeurs de la civilisation judéo-chrétienne. Les deux sont prêts à incendier la planète, certains, dont Redeker croient ce choc inéluctable et contribuent à la «diabolisation » de l’Islam tout entier pour faire accepter ; le pire au plus grand nombre.

- Lorsque nos intellectuels les plus médiatiques se sont solidarisés avec la frange la plus intolérante de la pensée occidentale, c’est bien cette image globale (et non celle d’un paradis de la liberté d’expression !) qu’ils ont donné au reste du monde, comme un immense «quitus » à tous ceux qui militent pour le choc des civilisations.

- Mais les premières victimes des écrits de Robert Redeker et du soutien inconditionnel qui lui est apporté par beaucoup ne seront pas les islamistes ; ce seront les très nombreux musulmans ou intellectuels éclairés qui n’épousent pas leurs thèses et luttent dans ce monde complexe pour faire sortir des peuples entiers de la théocratie et de l’obscurantisme par certains entretenu. Ceux qui en Islam ont compris que les «lumières » d’occident ne sont ni éloignées ni incompatibles avec les «lumières » d’Islam, ignorées chez nous par le plus grand nombre, auront à répondre sur leur vie de la haine répandue par Robert Redeker et ses soutiens. Le pire, qui doit être admis, est que l’élimination programmée de ces «modérés » est au centre de la stratégie des uns comme des autres. Le choc des civilisations annoncé par tous les néoconservateurs militaristes de la planète n’est pas une option de progrés espéré mais une option de confrontation armée considérée comme inévitable.

- Robert Redeker, par ses écrits antérieurs et actuels, est un soldat de ce combat. La question qui est posée à tous d’un soutien voulu inconditionnel n’est pas une question philosophique, c’est une question politique.

- Notre choix «pour Redeker » peut paraître peu signifiant et allant de soi dans nos salons mondains. Mais pour ceux qui luttent contre l’intolérance dans des lieux ou la connivence n’est pas de mise entre penseurs aux opinions divergentes, mais ou les minoritaires et démocrates sont en danger de mort permanent, ce choix peut être une sentence fatale au motif même des liens établis avec une forme de la pensée occidentale qui a porté au cours des siècles le germe de la plupart des mouvements d’émancipation. Nous sommes tous comptables, au nom même des idées que nous prétendons défendre, de la vie de tous ceux qui sur d’autres rives ne nous haïssent pas et ne peuvent comprendre notre venin ou notre lâcheté. Soutenir RR c’est clairement consentir au sort fait à ceux là dont le sort, déjà et pour longtemps, semble nous être étranger.

 

7- La démocratie d’opinion n’a t’elle pas généré une philosophie de la protection ? Une philosophie qui pour affirmer sa liberté dénonce ce qui serait susceptible de l’entraver ? Cette évolution peut même contribuer à cautionner, paradoxalement, des lois liberticides.

- Ce que nous observons n’est-il pas l’extinction de tout débat sur la responsabilité des intellectuels ? Ces débats qui en un autre temps ont séparé et parfois réunis Jean Paul Sartre et Raymond Aron, seraient-ils encore possibles aujourd’hui ? Lequel de ces deux penseurs aurait osé stigmatiser l’autre en le menaçant de complaisance envers une « islamisation des esprits », simplement pour avoir tenté de poser la raison en avant de la passion ?

- Au stade ou nous en sommes arrivés, en sortant ce n’est pas la peine d’éteindre la lumière ; l’ampoule a déjà rendu l’âme…

- Comme tant d’autres philosophes qui se voulaient médiatiques, Robert Redeker souhaitait obtenir par sa tribune «son quart d’heure de célébrité » comme disait Andy Warhol ; sans imaginer qu’en s’auto-désignant expert en islam, il allait se prendre les pieds dans le tapis et être placé devant la responsabilité d’un acte qu’il croyait de pure forme. Le marketing des idées a aussi ses revers, comme une mauvaise pub qui fait un "flop"

- La réalité de la détresse de Redeker ne semble pas faire de doute, qui n’était pas préparé par son statut d’intellectuel, à devoir vivre en clandestin selon les conseils que lui prodigue la DST. Mais les victimes de son attitude sont aussi son épouse et ses enfants que nul ne songe à soutenir et qui le méritent pourtant, totalement victimes, eux, de cette surenchère sécuritaire qui devrait cesser dans l’intérêt de tous.

 

CONCLUSION PROVISOIRE :

Cet événement d’une importance factuelle dérisoire représente en réalité un événement majeur, révélateur d’un glissement de nos perceptions qui nous fait banaliser l’intolérance. On peut y voir l’effet de «la peur » qui a saisi nos sociétés depuis le 11 septembre 2001. On peut aussi y voir l’impact d’une sournoise propagande au quotidien qui travaille pour banaliser aussi bien le découpage du monde en un axe du bien et un axe du mal, légitimant toutes les lois sécuritaires et les guerres préventives. Il est dans ce contexte attendu que les intellectuels ne soient au service que d’une seule cause qui sert les intérêts de l’occident ; ceux d’entre eux qui tenteraient de garder une pensée « universaliste » sont suspects et discrédités, assimilés au camp déjà désigné ennemi !

Robert Redeker, dans sa sincérité délirante et sa phobie voyait partout une «islamisation des esprits » ; en réalité ce que cet événement a révélé c’est tout le contraire, c’est une ISLAMOPHOBISATION massive des esprits !

Parce que les mots «tuent » il ne faut banaliser aucun discours excessif. Le tribunal de Nuremberg n’a pas jugé des combattants de terrain qui auraient survécu à leurs crimes, il a jugé les penseurs et les instigateurs de ces crimes qui avaient élaboré une idéologie faisant de l’intolérance un dogme.

Il est fait appel à Voltaire en omettant de dire qu’il n’a jamais préconisé de taire la critique, mais seulement de la fonder sur la raison et non sur la force. Qui peut imaginer qu’un Voltaire aurait signé un soutien inconditionnel à une thèse dont il aurait détesté le contenu, sans engager toute son énergie d’abord pour la combattre. C’est ce que semblent avoir collectivement oublié nombre de ceux qui croient devoir donner leur bénédiction laïque à des propos islamophobes détestables. Tous ceux la sont déjà formatés à une pensée de l’intolérance qui pourrait bien mener le XXI ème siècle vers la tragédie.

Rares sont ceux qui s’interrogent, comme Mohammed Arkoun dans «Histoire de l’Islam en France » (Albin Michel 2006) sur l’émergence de l’islamisme mais aussi sur la construction médiatique de l’islamophobie. Assurément un ouvrage tel que celui là doit paraître insupportable à tous les annonciateurs du «Choc des civilisations ». Il se pourrait que la survie même de notre société dépende de notre capacité à reconquérir une pensée obscurcie, non par l’islam, mais notre peur de voir s’ébranler nos dogmes hégémoniques et nos certitudes intellectuelles.

 

8 - EPILOGUE : Pendant que nos pseudo-intellectuels médiatiques font de la surenchère pour soutenir l’un des leurs engagé dans un combat douteux ; le 7 octobre 2006 à Moscou tombait sous les balles la journaliste et écrivaine Anna Politkovskaïa dont une part de la vie a été consacrée à témoigner du sort fait au peuple tchétchène.

La Tchétchènie, cette ex-république musulmane de l’ex-empire soviétique est soumise à la folie d’une Russie gangrenée par la xénophobie, le racisme et particulièrement l'islamophobie. Anna Politkovskaïa défendait admirablement cette cause, non en soutien de la forme de ses combats, sachant refuser toutes les complaisances dans les deux camps, mais en soutien et par essence même d’une exigence de justice. Le racisme était total