03/08/06 - Douce France : Fausse amie des
Arabes
Par Mondher Sfar, Paris, 2 août 2006. Courriel
: mondher.sfar@club-internet.fr
La France fait figure aujourdhui dune puissance amie des Arabes, cherchant
à pondérer les
ardeurs fanatiques des Américains dans la nième guerre
israélienne.
Il nen est rien. Ce nest quune douce illusion. La réalité
est toute autre.
La France, cest Israël, et Israël cest la France, depuis
bien longtemps.
Leurs crimes dhier, comme ceux daujourdhui, sont communs.
Le poids majeur du lobby sioniste en France est loin dexpliquer le
proisraélisme français. La
France nest pas devenue sioniste à cause du lobby sioniste.
La France a plutôt adopté le
sionisme. Elle en a fait un des piliers stratégiques de la
République. Elle en a fait un outil
efficace dans sa politique impérialiste non seulement dans
le Moyen-Orient, mais aussi dans le
monde arabe, en Afrique et ailleurs. La France sest volontairement
sionisée du fait de sa
vocation impérialiste.
Cest que le sionisme est fondamentalement un pur produit impérialiste.
Cest un mercenariat au
service de limpérialisme mondial. Dès ses débuts,
Herzl a offert les services du sionisme aux
Empires de son époque : aux Ottomans, aux Russes, et après
sa mort, les mêmes services ont été
offerts aux Français, aux Allemands, aux Anglais, et aujourdhui
aux Américains. Et cest en tant
que mercenaires au service de limpérialisme occidental que
les sionistes sont devenus aux yeux du
monde une superpuissance en soi. Celle-ci nest quune illusion et un
leurre. Le sionisme nest
rien dautre que de limpérialisme occidental déguisé.
Il en est la créature, et il ne subsiste
que par son bon vouloir.
Dès avril 1917, et bien avant la déclaration Balfour
du 2 novembre 1917, la France a été la
première puissance mondiale à faire appel au mercenariat
sioniste dans la guerre qui lopposait à
lAllemagne. Il sagissait de reconnaître diplomatiquement le
sionisme en contre partie de
lintervention de celui-ci auprès des Révolutionnaires
russes pour empêcher une paix unilatérale
avec lAllemagne. Cest à cette occasion que le sionisme sest
hissé au rang dun partenaire
diplomatique mondial, confirmé aussitôt dans ce nouveau
rôle par la Déclaration Balfour. Et cest
la France, lors de la Conférence de la Paix en 1919, qui a
donné son plein appui au mandat de
lAngleterre sur la Palestine en vue de la réalisation dun prétendu
Etat « juif » au service des
puissances réunies peu après au sein de la Société
des Nations (SDN), dont le premier acte a été
dinscrire dans ses statuts la réalisation du projet sioniste
sur la Palestine.
A la fin de la Deuxième guerre mondiale, la France sest trouvée
face à un grand défi : récupérer
et restaurer son Empire mis à mal par la Guerre. Dès
la Conférence de Dumbarton Oaks en 1944,
fondatrice des Nations Unies, la France a obtenu des Etats Unis labandon
de sa proposition du
démantèlement des empires coloniaux, dont celui de la
France, en contre partie de ladoption de la
règle du veto au sein du Conseil de sécurité
exigé par les USA. Le nouvel ordre mondial sest
ainsi inscrit depuis 1945 dans la continuité de la politique
impérialiste classique.
Lon sexplique dès lors que la France, nayant pas dengagement
direct en Palestine, mais ayant
un empire à majorité arabo-musulmane à consolider,
a décidé au cours du mois de novembre 1947 de
sopposer au coup de force des Etats-Unis dimposer un Etat juif en
Palestine présenté à lONU
sous la forme diplomatique de « partage de la Palestine ».
La France a donné à ses représentants
des consignes pour voter contre le projet. Mais, les sionistes, et
à leur tête Léon Blum, se
rappelèrent au bon souvenir de la France et à ses engagements
sionistes de trente ans. Sur
instigation de Nahum Goldmann, président du Congrès
Juif Mondial, Léon Blum, sioniste de la
première heure (dès 1919 il intervient en faveur du
mandat britannique sur la Palestine, et en
1937 un kibboutz est créé en son honneur en Haute Galilée)
écrit à son ami Georges Bidault,
Ministre des Affaires étrangères, pour faire revenir
la France sur sa décision de voter contre la
résolution de partage. Un télégramme de dernière
minute a alors été envoyé par le Quai dOrsay
à
New York donnant la consigne dun vote favorable au « partage
» de la Palestine. Et cest grâce à
ce vote français que la Résolution fatidique eut la
majorité requise des deux tiers, et elle fut
adoptée. Ce coup dEtat sioniste à lintérieur
de la diplomatie française montre losmose établie
depuis novembre 1917 entre le sionisme et la France coloniale : ils
sont les deux faces dune même
pièce de monnaie : limpérialisme.
Cette fois-ci, la tâche impartie au sionisme est daider limpérialisme
américain à sopposer au
communisme bolchevique qui menaçait de damer le pion aux puissances
dominant le Moyen-Orient, sans
parler de leur servir de base militaire pour leurs opérations
dans le monde et protéger les
réserves pétrolières tombées entre leurs
mains. Cest ce rôle que joue encore de nos jours le
mercenariat sioniste, devenu bastion contre les mouvements de libération
nationale dans tout le
Moyen-Orient et en Afrique.
Ainsi, Israël na cessé dêtre conforme à sa
nature de joker de limpérialisme ouvert au plus
offrant. En octobre 1956, la France a offert la bombe atomique à
Israël à charge à celle-ci
dattaquer lEgypte accusée de fournir des armes au FLN. Un symbole
qui ne trompe pas : laviation
française a participé à lexpédition sous
les couleurs israéliennes. Et cest sous les couleurs
israéliennes que les Européens et les Américains
font aujourdhui la guerre aux peuples de
lOrient, y compris dans la guerre actuelle contre le Liban martyre.
Ne nous y trompons pas. La France de Chirac, comme celle naguère
de de Gaulle, reste lennemie -
au sens militaire de lOrient au moyen dun pseudo Etat qui na aucune
autre raison dêtre que
la préservation des intérêts stratégiques
des puissants. Croire que la France joue les modérateurs
face à lOncle Sam, ce serait se bercer de doucereuses illusions
que lon paie au prix du sang. La
France nest pas moins sioniste que les Etats-Unis, et elle le restera
tant quelle naura pas
renoncé définitivement à sa politique impérialiste,
et tant quelle naura pas mis fin à son
empire colonial au Moyen-Orient, dans les pays arabes et africains,
et dans ses confettis
océaniens.
Ce nest pas seulement Israël qui envahie et assassine au Liban.
Cest aussi la France qui larme,
le finance et le soutient. Et la France est moins entre les mains
des sionistes, que ceux-ci sont
aux mains de la France : les sionistes sont de fidèles mercenaires
au service de projets
impérialistes. Le sionisme, cest comme les paradis fiscaux
: limpérialisme y prospère dans
lanonymat, à labri des juridictions établies, ou des
lois humaines.
Ne nous trompons pas. Le vrai combat contre le sionisme, nous devons
le mener non pas contre
Israël, mais contre limpérialisme qui se cachent derrière
lui.
La France doit avouer sa politique coloniale et impérialiste.
Elle doit sengager solennellement à
y renoncer, non seulement en rendant leur indépendance aux
territoires et aux pays qui sont encore
sous sa domination directe ou indirecte au moyen de ses marionnettes,
mais elle doit aussi mettre
fin au contrat stratégique qui la lie aux mercenaires sionistes,
ses créatures.
Aujourdhui, le combat contre limpérialisme passe par léradication
du sionisme, son véritable
alibi.
Loin dêtre lamie du Liban ou des Arabes, la France en a été
le plus grand prédateur.
Nous demandons à la France de cesser son agression contre le
Liban, en cessant de soutenir,
darmer et de financer ses mercenaires sionistes oeuvrant à
lintérieur de son territoire comme à
lextérieur.
Paris, le 2 août 2006
Mondher Sfar
[Pour plus de détails, lire : Manifeste pour léradication
du sionisme, mars 2006, Collection
Manifestes.]
************************************
Annexe :
Les couleurs israéliennes
de lArmée française
Extraits de « LAffaire de Suez 1956 »,
par Jean-Michel Staebler, mars 1997
http://medintelligence.free.fr/BdSuez.htm
(?)
Veillée d'armes et conspirations
Le 1er septembre 1956, une réunion secrète se tient
chez Louis Mangin à Paris entre Christian
Pineau, Bourgès-Maunoury, le général Challe et
Abel Thomas, qui sera la cheville ouvrière civile
de lopération que lon commence à envisager avec le concours
britannique. Les Anglais estiment en
effet, que linaction [après la nationalisation de la société
du Canal de Suez par Nasser et
lembargo sur le passage de navires israéliens] sonnerait définitivement
le glas de leur Empire et
de leur influence au Proche-Orient. Ils entendent invoquer le traité
de 1955 qui permet à leurs
troupes de réoccuper la zone du canal, où du matériel
a été prépositionné, au cas où
une guerre
mettrait en danger la libre circulation dans cette artère maritime
vitale.
Cependant, Français comme Anglais nentendent pas lier laffaire
de Suez au différend
israélo-arabe, afin de ne pas compromettre leurs positions
dans le monde arabe. Dès août, Sir
George Young, porte-parole du Foreign Office a affirmé la position
britannique: «Cette question
est tout à fait indépendante du problème israélo-arabe.
Toute tentative de faire intervenir Israël
compliquera la solution de la crise.» (7) Quant à Shimon
Pérès qui accompagne vers cette époque
Golda Meir à Paris, il relate: «Les Français mexpliquaient
quils avaient à faire face à des
nécessités contradictoires. Ils doivent poursuivre la
guerre en Algérie et en même temps résoudre
au plus vite la question de Suez tout en évitant de briser
leurs liens dassociation avec la
Grande Bretagne.» Et plus loin, Simon Pérès rapporte
que le gouvernement français affirme
publiquement quil nest pas à la remorque du gouvernement israélien.
Un mois plus tard, le 1er octobre, une autre réunion secrète,
toujours chez Mangin, regroupe les
généraux Challe et Ely, le Colonel Simon et le général
Moshe Dayan qui expose son plan de conquête
du Sinaï. Une délégation senvole le soir même
pour Tel Aviv afin détudier lappui que la France
peut apporter.
Il est alors convenu que larmée de lair française mettra
en place un parapluie aérien pour
assurer la défense de lespace hébreux, ce qui permettra
à laviation israélienne de traiter les
aérodromes égyptiens dans un premier temps, puis de
soutenir sur le terrain les forces blindées de
Moshe Dayan. A cet effet, les escadres de chasseurs Mystère
IV et Sabres F86 basées à Dijon et
Saint Dizier, frappées de létoile de David, seront dépêchées
sur le territoire israélien. Des
unités équipées de Noratlas ravitailleront les
forces de Tsahal engagées dans le Sinaï. Enfin, la
Marine nationale déploiera le Kersaint, le Surcouf et le Bouvet
au large des côtes palestiniennes
pour en assurer la protection.
Le 22 octobre au soir, à Villacoublay, David Ben Gourion et
Moshe Dayan débarquent du DC 4 que le
Président Truman a offert au général de Gaulle,
et qui est allé les chercher à Tel Aviv. Ils se
rendent alors dans une villa de Sèvres où les attendent
Guy Mollet et Selwyn Lloyd. Pour que la
collusion avec létat Hébreux napparaisse pas trop, le
chef du Foreign Office propose au Premier
ministre dIsraël le scénario suivant : Larmée israélienne
attaquera lEgypte. Londres et Paris
lanceront alors un ultimatum aux deux belligérants leur enjoignant
de se retirer à dix miles de
part et dautre du canal. Israël obtempérera, mais il est
plus que probable que le raïs égyptien
refusera. Les Franco-britanniques auront alors un prétexte
pour débarquer dans la zone du canal en
invoquant les clauses du traité de 1955. Réticent au
départ, Ben Gourion finit par accepter ce
scénario.
Tout le monde sait que le Moyen-Orient va sembraser. La station de
Rome de la CIA observe un
trafic radio inhabituel et décrypte quelques messages compromettants.
Le SHAPE de Rocquencourt a
autorisé la base américaine de Chateauroux à
fournir des réservoirs supplémentaires de F-86 et des
pièces de rechange à laviation française, et
la 10 ème division parachutiste du Général Massu
a
quitté lAlgérie, dans le plus grand secret certes, mais
cela ne peut passer inaperçu. Le 15
octobre, le Président Eisenhower est informé quIsraël
mobilise ses réservistes et, se trouvant
inopinément à laéroport de Lods, lattaché
militaire américain à Tel Aviv découvre avec
stupeur
des Sabres F-86 frappés de létoile de David alors quil
sait que son pays na pas livré de tels
appareils aux Israéliens. Ces avions ont été
parqués sur le tarmac de laéroport civil, faute de
place sur les terrains militaires. Se rapprochant des appareils, il
saperçoit que les mécaniciens
parlent français !
Le 27 octobre, la France livre deux cents Dodges 4x4. « Ils
sauvent la situation » sécrie Moshe
Dayan qui, dans la nuit du 29 au 30 octobre lance son offensive dans
le Sinaï selon les principes
de la blitzkrieg. Ecoutons Uri Dan, journaliste proche du Mossad,
alors lieutenant parachutiste :
«Et je tombe sur un officier français, le colonel Simon.
Il porte la tenue des parachutistes,
coiffé du béret rouge. Ce nest toutefois pas la tenue
du colonel Simon qui mintéresse mais le
canon qui laccompagne... Par cette matinée ensoleillée
du 29 octobre, le colonel Simon explique
le maniement du canon 106 sans recul de fabrication américaine.
Nous apprenons alors par le
truchement dun interprète que des avions gros-porteurs français
décolleront de Chypre pour nous
larguer des canons de ce genre sur les lieux de notre parachutage...
Il sest avéré, plus tard,
que la France a enfreint sur ce point ses engagements vis à
vis de lOTAN... Mais à lépoque,
Paris se fiche pas mal de Washington et de la campagne présidentielle
du général Eisenhower...La
présence du colonel Simon réchauffe les coeurs... Cest
dailleurs à bord davions de transport
envoyés par la France que nous serons parachutés derrière
les lignes égyptiennes... Mais ce nest
là que la partie la plus visible de la coopération franco-israélienne,
la pointe de liceberg.»
L'attaque
Moshe Dayan lance son offensive dans le Sinaï le 30 octobre,
après destruction au sol de
l'aviation égyptienne. Comme prévu dans ce scénario
cousu de fil blanc, Londres et Paris lancent
leur ultimatum. A la demande de Nasser, la Syrie a fait sauter les
Pipes-lines, à lexception du
Tapline, loléoduc appartenant à lARAMCO, ce qui montre
la volonté du Caire de ménager les
Américains. Par solidarité, le roi Séoud dArabie
a décrété lembargo sur les livraisons de
pétrole à destination de lEurope. Mais larmée
égyptienne oppose peu de résistance à Tsahal
qui
atteint ses objectifs les 3 et 4 novembre. (?)
Jean-Michel Staebler
[Notre conclusion : Israël avait fonctionné comme une
base arrière pour la sauvegarde de lEmpire
français, particulièrement de lAlgérie.
La question que lon se pose aujourdhui : et si lattaque du Liban de
juillet 2006 nest pas elle
aussi une opération concoctée en partie par la France,
avec lapprobation des Etats-Unis, pour des
intérêts stratégiques impérialistes en
faveur de son ancienne aire dinfluence ? Les larmes de
crocodiles de Chirac peuvent ils nous faire oublier quIsraël
est un machin stratégique pour la
France, et que la France entrerait en guerre ouverte pour le réoccuper
sil venait à être libéré
par les Arabes ?
Au fait, pourquoi tant de discrétion sur le poids militaire,
financier et démographique de la
France en « Israël » ? Peut-être découvrions-nous
le pot aux roses : que « Israël » nest quun
tout petit département français menacé par de
grands méchants loups arabes ? M. Sfar]
28/07/06 - Le lobby juif existe-t-il ?
par Mauro Manno, 26 juillet 2006
Traduit de l'italien par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre
de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité
et de mentionner son auteur et sa source.
L'auteur est membre de Tlaxcala
Il y a encore quelques années, quiconque osait poser cette
question se faisait immédiatement taxer d' "antisémitisme",
non seulement par des sionistes ou des juifs, mais surtout pas des
gens de "gauche". Après la guerre contre l'Iraq,
qu'Israël est parven à faire faire par procuration par
les USA, cela n'est plus possible. Deux respectables chercheurs américains,
Mearsheimer et Walt, ont prouvé, avec une abondance de détails,
qu'Israël, via son lobby en Amérique, a le pouvoir de
déterminer la politique extérieure US à son avantage.
Faut-il s'étonner de ce qu'aujourd'hui la soi-disant "gauche",
et pas seulement institutionnelle, ait glissé dans le marécage
répugnant des supporters du sionisme, des colonies, d'Israël
et de leurs innombrables crimes, sans cesse renouvelés ? Non,
il n'y a pas là de quoi s'étonner. C'est la conséquence
logique de choix malheureux faits depuis de longues années.
À partir du moment où on définit le sionisme
comme "lutte de libération des juifs", de tous les
juifs, même les non-sionistes ou les non-israéliens,,
alors il est est logique que l'on dise que quiconque s'oppose à
israël, c'est-à-dire au produit de cette "lutte de
libération", n'est qu'un "antisémite",
qui refuse la libération des juifs et ne veut que leur élimination.
Mais si le sionisme est la "lutte de libération des juifs",
pourquoi tant de juifs, communistes, socialistes, ou simplement démocrates,
se sont-ils opposés au sionisme ? Étaient-ils contre
leur propre libération ? Pourquoi trouve-t-on encore ce genre
de personnes dans la communauté juive mondiale ?
Une lutte de libération en est une parce qu'elle libère
un territoire d'une puissance coloniale et non de ses habitants. En
revanche, le sionisme a négocié avec l'empire britannique
la possession de la Palestine, qu'il a finalement "liberée"
de ses habitants, pour construire un État qui constitue aujourd'hui
la pointe de dimaant de l'impérialisme ooccidental, usaméricain
en tête.
Avant même que les sionistes ou Israël le disent, la "gauche"
italienne, confondant sionisme et judaïsme, lançait à
droite et à gauche des accusaions faciles d' "antisémitisme".
Maintenant que la droite historique est pro-israélienne parce
qu'elle est pro-impérialiste et pro-américaine, la gauche
se retrouve déphasée. Les antisémites historiques
sont devenus philosémites. Gianfranco Fini et Alessandra Mussolini
elle-même sont de bons amis d'Israël et accusent même
la "gauche" de trahir Israël et d'être inconsciemment
aux côtés des "terroristes". Les seuls "antisémites"
aujourd'hui sont les antiimpérialistes, les "anti-américains",
ceux qui combattent le sionisme et Israël.
Fassino se déclare ouvertement et sans honte "sioniste",
Bertinotti déclare qu'il est "difficile de critiquer Israël",
mais la majorité des supporters d'Israël préfèrent
se taire, ce qui, devant les crimes de guerre et contre l'humanité
commis tous les jours par Israël (aujourd'hui à Gaza et
au Liban) équivaut à un soutien clair. Qui ne dit mot
consent. Les plus "courageux" vont jusqu'à murmurer
que les rispostes d'Israël sont "disproportionnées".
Disporportionnées ? Détruire un pays, tuer des centaines
de cvils, créer un désastre humanitaire en déplaçant
700 000 personnes pour obtenir la libération de deux soldats
enlevés, ça n'est qu'une riposte "disproportionnée"
?
On dit aussi que les agissement d'Israël sont une "riposte"
à l'enlèvement des soldats et que donc, en quelque manière,
ils sont justifiés. Une riposte ? Qui a commencé à
enlever des militants palestiniens, ou à les tuer, dans des
rafles et des assauts contre les territoires palestiniens ? Les Palestiniens
enlevés sont environ 8 000, en prison sans procès et
sans inculpation, comme à Guantánamo, et il y a parmi
eux des femmes et des enfants. Il y a encore des résistants
libanais dans les prisons israéliennes, qui ont été
enlevés en temps de paix, même si la résistance
à l'occupation du Liban-Sud a chassé les Israéliens
en 2000. De ceux-là, nos "gaucho-sionistes" ne disent
rien.
Mais "Israël a le droit de se défendre", dit
Bush, répétant ce que lui souffle Olmert. "Israël
a le droit de se défendre", crie en choeur la gauche sioniste,
Bertinotti inclus. Bien sûr, c'est naturel, qui est attaqué
a le droit de se défendre. On ne peut certes le nier. Mais
il n'en est pas ainsi. Ceux qui, depuis 1948, sont attaqués
sont les Palestiniens et tout le monde arabe. On leur enlève
la Palestine et on la donne aux sionistes, on empêche la naissance
d'un État palestinien, on conquiert et on refuse de rendre
des terrritoires arabes, on submerge les pays voisins de refugiés
palestiniens, on envahit et on détruit les pays voisins sous
mille prétextes : tout cela, ce n'est pas attaquer ? Pour qui
accepte l'existence de l'État sioniste, né d'un abus
impérialiste et non d'une "lutte de libération",
il est logique de dire qu'il est attaqué, avant tout parce
qu'il est un allié de l'Occident. Et puis, c'est un État
"démocratique" et qui l'attaque est "terroriste".
Pour qui n'accepte pas l'État sioniste, justement par ce qu'il
est né d'un abus impérialiste (même camouflé
sous la "légalité internationale"), il est
logique de se ranger du côté des opprimés, des
sans État, des réfugiés, des "terroristes".
Nous proposons la constitution en Palestine, dans les plus brefs délais,
d'un seul État démocratique pour tous, Palestiniens
et juifs sur la base du principe "un homme, une voix". Comme
cela s'est passé en Afrique du sud. Mais cela implique la dissolution
de l'État sioniste pour les seuls juifs, qui est un État
d'apartheid, tout comme l'était l'Afrique du sud avant sa libération.
Pourquoi cete position raisonnable et démocratique, qui permettrait,
entre autres, aux juifs de se libérer de leur menalité
de ghetto (Israël est un État-ghetto pour les seuls juifs),
n'est-elle pas celle qui s'affirme parmi les démocrates, les
gens de gauche alors qu'elle est inspirée par les valeurs humanistes,
d'égalité et de tolérance, par les principes
de démocratie et de liberté ?
Certains diront : parce que la gauche a trahi ses propres principes
et valeurs fondateurs. Certes. mais cete réponse ne nous satisfait
pas.
Revenons à la question initiale : le lobby juif existe-t-il
?
Pour Jeff Blankfort, un juif antisioniste cohérent et courageux,
la réponse est OUI ! Par ses écrits nous pouvons comprendre
comment les États -Unis d'Amérique, après avoir
vendu leurs institutions parlementaires au lobby juif, opèrent
au Moyen-Orient contre ces mêmes principes de liberté
et d'égalité qu'ils proclament si souvent comme les
valeurs fondatrices de leur démocratie.
Certes les États-Unis sont impérialistes, mais que gagnent-ils
à être complices et responsables de l'échec de
la naissance d'un Éat palestinien, si petit et réduit
soit-il ? Que perdent-ils en revanche, du fait de leur politique pro-israélienne
inconditionnelle, en termes d'influence sur les pays arabes ? Que
gagnent les États-Unis aujourd'hui en consentant à la
destruction du Liban ? Ils n'ont pas été capables de
bien comprendre la leçon du 11 septembre. Peut-être parce
que le lobby juif américain a empêché que se développe
un débat sérieux sur les fruits d'une politique étrangère
totalement pro-israélienne. L'impérialisme usaméricain,
tout en restant impérialiste, aurait tout à gagner d'une
atittude plus équilibrée. Il réussirait ainsi
à atteindre plus facilement ses objectifs, du moins par rapport
aux régimes arabes pro-occidentaux, qui ont toujours plus de
difficultés à gérer les masses arabes, solidaires
des Palestiniens et fortement antisraéliennes et toujours plus
antioccidentales. Jeff Blankfort est un juif courageux car il dénonce
depuis longtemps l'oeuvre et le pouvoir du lobby juif. Aujourd'hui,
après la guerre en Iraq, les choses sont en train de changer
aussi en Amérique. Les sionistes continuent à accuser
d' "antisémitisme" ceux qui dénoncent le lobby
juif, mais les lances qu'ils rompent sont toujours plus émoussées.
Deux chercheurs usaméricains, Mearsheimer et Walt, ont publié
une étude détaillée sur le lobby. Le débat
a été ouvert, il ne peut plus être arrêté.
Nous voyons un tabou s'écrouler : il état temps ! Il
aura fallu pour cela la bravade sioniste consistant à faire
envahir l'Iraq par l'armée US pour le compte d'Israël.
Il a fallu cette guerre désastreuse pour l'Amérique
et il a fallu que presque 3 000 Gi meurent pour Israël.
Le lobby juif existe-t-il en Italie ? Non seulement il existe, mais
il est fort et, chose grave, il n'a pas d'opposants et personne n'en
dénonce la dangerosité. Le Parti radical de Pannella-Bonino-Capezzone
prend son argent et ses ordres à Tel Aviv. Le gouvernement
lui finance bêtement (avec nos impôts) la gesion factieuse
e sioniste de Radio Radicale. Pourquoi sont-ils tellement intéressés
à placer leurs acolytes dans des ministères comme les
Affaires étrangères, la Défense, les Relations
avec le Parlement européen ? Pourquoi pas à la Santé
ou a l'Éducation nationale, par exemple ? À part les
considérations sur leur force électorale, il est clair
que ce qui les intéresse, ce sont les ministères qui
ont à faire avec les États-Unis et avec Israël.
Pourquoi se meuvent-ils de droite à gauche selon les possibilités
de victoire de l'un ou l'autre pôle ? Pour pouvoir entrer au
gouvernement, quelle que soit sa couleur, afin de défendre
les intérêts d'Israël.
Et venons-en au journal - parti sioniste - italien "La Repubblica",
du juif sioniste De Benedetti. Rangé aux côtés
de la gauche sioniste, il exerce une gande influence sur le groupe
dirigeant du PDS (Parti démocratique de guache, ex-parti communiste)
et il en conditionne de mille manières la politique et la culture.
Il est parvenu à prendre la place de "L'Unità"
comme le journal du parti ayant le plus de poids dans l'Union. Il
exerce aussi une influence culturelle néfaste sur la société.
Le PDS, qui n'est plus un parti de militants mais un mouvement électoral
et d'opinion, n'était plus en mesure de maintenir le journal
en vie par les souscriptions et les festivals, il a donc accepté
l'offre de se sioniser avec De Benedetti. Le glorieux journal "L'Unità"
d'autrefois a été mis entre les mains d'un autre juif
sioniste, Furio Colombo, ex-homme de la Fiat et ami de Kissinger,
qui le maintient en vie avec l'argent, encore lui, de De Benedetti.
Le premier responsable de cette reddition inconditionnelle est Fassino.
Le lobby juif italien, comme le Parti radical, travaille à
droite et à gauche, sur les deux branches du pouvoir. Il est
ainsi parvenu à placer Feltri au journal "Libero"
de Berlusconi et divers de ses hommes dans d'autres journaux et à
la télévision. Mieli à la direction du Corriere
delle Sera', l'eexcitée Fiamma Nierenstein à "La
Stampa", Clemente Mimoun au TG1, son ami Enrico Mentana à
Canale 5, Gad Lerner sur la 7. Nous nous contentons d'évoquer
les postes dirigeants, sans parler des simples journalistes.
La communauté juive juive italienne compte environ 40 000 membres.
Existe-t-il une ville italienne de ces dimensions d'où proviennent
tant de directeurs de journaux imprimés et télévisés
aussi importants ? Imaginez qu'un nombre similaire de directeurs de
médias proviendraient de Merano (Meran) et passeraient leur
temps à chanter les louanges de la politique allemande ou autrichienne.
Il y a de toute évidence une stratégie d'attention aux
médias italiens de la part du lobby juif italien (et international).
La même stratégie s'est avérée victorieuse
en Amérique. Il faut ajouter à cela Sky (aux USA : Fox),
du fameux Rupert Murdoch, australien de naissance mais de mère
juive, donc vrai juif. Cet ami de Sharon a eu la tâche importante
à l'échelle mondiale d'orienter l'opinion publique en
faveur de la guerre en Iraq et d'Israël. C'es un instrument important
dans la "guerre contre le terrorisme" menée par les
USA et Israël, ou, mieux encore, USraël. Tout le monde s'en
prend aux idiots vaniteux qui occupent le devant de la scène,
comme Ferrara et Fede, et personne ne voit les vraies forces vives
du sionisme à l'oeuvre en Italie.
Deux lignes dans la lutte contre le sionisme
À ce stade, la véritable dimension du danger pour la
paix et la coexistence entre les gens représenté par
le sionisme, derait apparaître clairement. Le sionisme en soi,
s'il n'y avait le lobby juif qui le soutient, ne serait pas un grand
problème pour l'humanité. Imaginons un moment un Israël
isolé, accroché à la terre de Palestine, haï
par les peuples arabes, méprisé par les démocrates
et les antiracistes du monde, sans aucune grande puissance pour l'armer
et le défendre, condamné un nombre considérable
de fois par l'ONU (sans vetos américains), et ne disposant
pas de la cohorte de journalistes, journaux et télévisions
qui aujourd'hui le défendent becs et ongles.
La communauté internationale aurait liquidé le problème
sionisme/Israël en une minute, par une résolution de l'ONU
imposant un État démocratique en Palestine. Le problème
subsiste uniquement parce que le lobby israélien américain,
soutenu par une grande partie de la communauté juive (mais
pas toute), est parvenu, selon les termes de Sharon, à "contrôler"
le Congrès et la culture américaine. Cela a créé
un monstre impérialiste, que certains appellent désormais
USraël, qui a fait sienne l'idéologie raciste, colonialiste
et belliciste du sionisme, surtout avec les néoconservateurs
likoudniks au sommet du pouvoir américain et solidement arrimés
à la tête des deux partis politiques du Congrès.
Que reste-t-il à faire au miliant, au démocrate qui
veut lutter contre le sionisme, contre l'USraël et les dangers
de guerre actuels, dont la menace est tojjours plus aigüe, vu
la situation au Moyen-orient et la perspective qu'Israël attaque
l'Iran et entraîne les USA et l'Europe dans une guerre généralisée
?
Avant tout, il faut liquider les ennemis internes. C'est une nécessité
et une caractéristique de tous les mouvements de lutte. C'est
une nécessité absolue, car les ennemis internes, ceux
qui nous dorent la pilule sioniste, paralysent la lutte, dévalorisent
les efforts généraux, font dévier par rapport
aux objectifs justes, sabotent et font dérailler le train de
la lutte pour la paix. Qui sont les ennemis internes ?
Ce sont tous ceux qui soutiennent :
1 - que c'est de "l'anitisémitisme" d'attaquer Israël,
le sionisme et tout simplement le lobby juif. Vous trouyverez en particulier
des faux antisionistes qui disent lutter contre le sionisme mais défendent
le "droit à l'existence d'Israël" comme État
juif et nient l'existence du lobby juif ou, s'ils en reconnaissent
l'existence, le font seulement pour en diminuer le rôle et le
pouvoir. Ce n'est pas un hasard si ces gens-là sont opposés
à la perspective d'un seul État démocratique
en Palestine.
2 - que ceux qui dénoncent le lobby juif et son pouvoir en
Amérique et en Europe recourent à la "théorie
du complot juif", un complot secret des juifs pour dominer le
monde. On ne parle pas des "Sages de Sion" mais l'idée
est la même. Attention : ceux qui accusent les antisionistes
d'être des partisans de la théorie du "complot juif"
les accusent de manière indirecte d'être "antisémites".
Il n'y a pas de complot secret juif. Tout se passe en pleine lumière.
Le lien entre Israël e la majorité de la communauté
juive américaine est certes fondé sur des rapports racistes/ethniques/idéologiques
mais aussi et surtout matériels, vu les intérêts
matériels communs retirés par Israël et le lobby
de la domination sur la politique de la superpuissance américaine.
3 - que la guerre en Iraq n'est pas une guerre sioniste au proft
d'Israël, une guerre catastrophique du point de vue du peuple
américain et des interêts matériels eux-mêmes
de l'impérialisme US.
4 - que la guerre en Iraq a été menée pour les
intérêts pétroliers US. Les USA auraient pu avoir
plus de pétrole iraquien, beaucoup plus, en se mettant d'accord
avec Saddam Hussein au lieu de lui imposer des sanctions qui ont réduit
les exportations pétrolières iraquiennes à moins
d'un cinquième. La même chose vaut pour la guerre. À
cause des désordres et sabotages, la production pétrolière
iraquienne ne parvient pas à décoller. La rareté
de pétrole iraquien sur le marché mondial contribue
à l'augmentation extraordinaire du prix du pétrole.
Remercions Israël si le prix de l'essence a crevé le plafond.
5 - qu'il existe une "spirale guerre-terrorisme". Ces paroles
sont dangereuses. Il n'y a pas de guerre contre le terrorisme. Il
y a une guerre contre les peuples et les nations qui ne se plient
pas à l'USraël. Une grande partie de ce qui a été
défini comme "terrorisme" est une lutte de libération.
Le vrai terrorisme, c'est l'agression de l'USraël contre les
peuples. En Palestine, il n'y a pas de terrorisme, mais une résistance
à l'expansionnisme sioniste. Au Liban, il n'y a pas de terrorisme,
mais une défense de la communauté nationale, un désir
d'affirmation des masses chiites opprimées et une résistance
au projet franco-us-israélien de mettre le Liban dans l'orbite
occidentale en se servant des chrétiens maronites et de l'Arabie
saoudite contre la majorité chiite (d'ailleurs en forte croisance
démographique). En Afghanistan, il n'y a pas de terrorisme,
mais une lutte contre un régime pro-occidental corrompu imposé
par l'OTAN. Le gouvernement Karzaï est composé de trafiquants
d'héroïne et de seigneurs de guerre. Les masses déshéritées
se reconnaissent dans la résistance taliban. En Iraq, il n'y
a pas de terrorisme, il y a une lutte contre l'occupation militaire
américano-britannique. Cette lutte est destinée à
s'étendre, entraînant aussi les masses chiites, restées
jusqu'ici spectatrices, encouragées en cela par les dirigeants
chiites, qui espèrent que les Américains élimnent
pour eux la résistance sunnite.
6 - qu'un régime laïc corrmpu est préférable
à un gouvernement islamique populaire, authentique e anti-occidental.
Qu'ils le soutiennent ouvertement ou de manière voilée
ne change rien.
7 - le caractère inévitable d'une guerre de civilisation
contre l'Islam, défini comme "répressif",
"antiféministe", "fanatique", "violent",
"expansionniste" etc. Qu'ils le soutiennent de manière
directe ou indirecte ne change rien.
Atention à tous ceux qui soutiennent et diffusent de telles
positions dans le mouvement contre la guerre et de soutien à
la Palestine. Ce sont ceux-là qui rendu impuissant un mouvement
qui a engagé des millions de personnes et avait des potentialités
énormes. Ceux qui ont soutenu (ou soutiennent encore) de telles
positions ont agi (ou agissent) consciemment ou inconsciemment selon
une ligne politique déterminée par le sionisme. La ligne
juste et gagnante est celle qui évitera tous ces pièges
et obstacles.
"Sentier
II": quatre banques et une centaine de prévenus renvoyés
devant le tribunal
PARIS (AP) - Quatre banques,
dont la Société générale et son PDG Daniel
Bouton, et une centaine de prévenus ont été renvoyés
devant le tribunal correctionnel de Paris dans une affaire de blanchiment
entre la France et Israël, a-t-on appris vendredi de sources
judiciaires. Outre la Société Générale,
la Barclays-France, la National Bank of Pakistan et la Société
Marseillaise de Crédit (SMC) ont été renvoyées
en tant que personnes morale pour "blanchiment aggravé"
par la juge d'instruction Xavière Simeoni, précise-t-on
de mêmes sources. Plusieurs responsables de ces banques sont
également renvoyés devant le tribunal correctionnel
de Paris. Quatre établissement bancaires ont bénéficié
d'un non-lieu: la banque israélienne Leumi, la BRED/Banque
Populaire, la banque libanaise Saradar France, et American Express
Paris. Quarante-neuf prévenus ont bénéficié
d'un non-lieu. Le parquet de Paris avait souhaité un non-lieu
pour la Société Générale et son PDG, M.
Bouton, ainsi que pour Barclays-France mais n'a pas été
suivi par la juge d'instruction. Ce dossier de blanchiment a été
mis au jour au cours de l'enquête dite "Sentier 1",
vaste réseau d'escroquerie dans le quartier parisien de la
confection. Près d'une centaine de prévenus ont également
été renvoyés devant le tribunal pour "blanchiment".
Via cinq réseaux, composés de commerçants, de
particuliers, d'associations cultuelles israélites, des chèques
émis en France étaient déposés dans des
banques ou bureaux de change en Israël où la réglementation
permet d'obtenir en échange des espèces. Les faits se
seraient déroulés entre 1997 et 2001. Ces chèques,
dont les montants excédaient rarement 1.500 à 2.200
euros, étaient ensuite compensés en France par des banques
comme la Société Générale ou la SMC. Ces
faits de blanchiment dissimulaient des délits de vols, abus
de biens sociaux, fraude fiscale ou escroquerie..
Les sommes volées
ont-elles financé le terrorisme juif ?
(NDLR) Israël, comme
toutes les organisations terroristes, a besoin de fonds pour programmer
de nouveaux attentats ou pour corrompre leurs adversaires les plus
faibles. Les milliards de dollars que l'Oncle Samuel d'Amérique
envoie chaque année ne suffisent pas. Ainsi des membres de
la diaspora infiltrés dans beaucoup de pays ont constitué
de vastes réseaux d'escroquerie qui rapatrient l'argent sale.
En France, après des décennies de laxisme, les pouvoirs
publics ont enfin réagis et le tribunal correctionnel de Paris
juge une deuxième affaire dite du Sentier
II.
Si l'honnête citoyen, que je
suis, se félicite de la condamnation des escrocs du Sentier,
il y a tout de même un pan entier du dossier qui restera dans
l'ombre, ce qui alimente un profond sentiment de frustration. En effet,
la justice française et les médias, toujours prompt
à voir derrière chaque voleurs maghrébin un financier
des maquis algérien, ne se sont pas demandé à
quoi pouvaient servir les millions d'Euros volés. Ou plutôt,
ils n'ont pas jugé bon de nous en informer. Pensant sûrement
que le sionisme avait déjà suffisamment d'ennemis en
France et qu'ils ne devaient donc pas en rajouter.
Mais vu la complexité de l'organisation, le nombre d'intervenant
et la quasi impossibilité de reverser les sommes volées
à chaque intervenant, ùl est probqble que les réseaux
étaient chapeauté
par une institution suffisamment apprécié des voleurs
pour qu'ils prennent des risquent pour elle et qu'ils lui abandonnent
ensuite leurs parts du butin.
C'est bien un travail de fanatique. De fanatique du Grand Israël.
Mais nous ne le saurons sans doute jamais avec certitude.
10/07/06 - Conférence de presse de
Kemi Seba, fara de la Tribu Ka (06/07/06) suite à la lettre
du ministre de l'intérieur la menaçant de dissolution
http://www.thotep.com/
10/07/06 - Musulmans terroristes ou piste
israélienne ? L'attentat de Buenos Aires contre l'AMIA en 1994
par José Petrosino et Oscar Abudara Bini,
http://uruguay.indymedia.org,
juillet 2006.
Traduit de l'espagnol par Leyla Chávez pour Quibla.
Résumé: L'Argentine à la hauteur des USA dans
les enquêtes sur les attentats terroristes. Un libéral
de droite, l'écrivain Vargas Llosa, donne le coup d'envoi à
"l'holocauste du mythe" israélien, celui d'un État d'Israël
« made in Walt Disney ».
« Je n'accepte pas le chantage consistant à qualifier
d'antisémite ceux qui dénoncent les abus et les crimes
que comment le gouvernement israélien (Marco Vargas Llosa)
Les auteurs sont de simples citoyens argentins qui ont enquêté
et ont porté plainte sur les attentats commis à Buenos-Aires
contre l'ambassade d'Israël en 1992 et contre AMIA en 1994.
L'Argentine a reconnu ses torts devant l'OEA, pour n'avoir pas su
prévenir l'hécatombe lors de l'attentat contre le centre
communautaire AMIA après celui qui avait eu lieu deux ans plus
tôt contre l'ambassade d'Israël et d'avoir en outre inventé
de faux coupables. Qui a-t-on aidé activement ou passivement
à commettre l'attentat, quels intérêts étrangers
protège-t-on ? En fait, le président Menem s'est entendu
avec Itzak Rabin pour dire que les coupables étaient des musulmans.
Cela paraît incroyable ? Et pourtant
Des recherches internationales dénoncent le terrorisme d'État
post-moderne , coordonné par Israël, l'Angleterre et les
États-Unis. Cette violence fabrique une guerre sainte depuis
l'implosion de l'URSS. Le 11 septembre, a eu lieu le massacre de 3000
"citoyens" noirs et latinos dans l'attentat des Tours jumelles; mais
il y avait eu des précédents : explosion du cuirassé
Maine dans la baie de la Havane, prétexte pour intervenir dans
la guerre hispano-cubaine en 1898, Pearl Harbour pour entrer dans
la Deuxième Guerre mondiale, incident du Tonkin, pour envahir
le Viet-Nam.
Les enquêtes françaises, allemandes, américaines
et les inculpations judiciaires aux États-Unis avancent. Voyez
sur Google les notices sur Philips Berg, Stanley Hilton, Reopen 9-11,
Réseau Voltaire, Thierry Meyssan, Axis of Peace, Alex Jones,
James Petras, William Rodriguez, Andreas von Bulow etc. : une étude
comparée des différents attentats attribués à
des musulmans aide à comprendre ce qui a pu se passer en Argentine,
et ce qui s'y passe encore.
Nous avons présenté une requête à la justice,
sur la base de notre enquête sur la piste israélienne.
Une question nous est posée : comment Israël aurait-il
pu faire massacrer ses propres ressortissants ; c'est pourtant ce
que les États-Unis ont fait avec les leurs, et, malgré
notre dégoût, nous devons comprendre que ce sont là
des modalités de la guerre. Si 3000 Américains ne comptent
pas, pourquoi certains se feraient-ils du souci pour une centaine
d'Argentins sacrifiés ?
On murmure d'ailleurs que pour le 11 septembre, les 2800 victimes
[finalement recensées] doivent être classés dans
les "dommages collatéraux"; et qu'à l'ambassade d'Israël
on a pris soin d'épargner la vie des 100 personnalités
qui, quelques instants plus tôt, se trouvaient là pour
discuter de la paix au Proche Orient ; seuls périrent donc
des ouvriers boliviens, quelques Argentins, et des diplomates de rang
secondaire. L'écrivain Marcos Aguinis a évoqué
à titre de fiction le résultat, si l'attaque avait eu
lieu au siège de la Société hébraïque
: 1500 victimes, probablement ; on peut en déduire à
tout le moins que si le but de l'attentat contre AMIA avait été
d'exterminer des « gens importants », il aurait eu lieu
dans un horaire différent [l'attentat s'est produit à
l'heure du déjeuner, une fois toutes les personnalités
sorties].
Israël, l'Angleterre et les États-Unis invoquent une guerre
entreprise contre le terrorisme, mais ils ont déclenché
une guerre « avec » terrorisme, invasions de pays souverains
et torture (voir les articles de Naomi Klein sur la torture à
Abu Ghraib et à Guantanamo ; on doit à Noam Chomski
le démontage des guerres entreprises par les États-Unis
« avec » terrorisme : celle des Contras au Nicaragua,
le plan condor dans le Cône Sud.L'Argentine conduit des enquêtes
contre des militaires pour des entreprises génocidaires dans
les années 1970 mais on « n'est pas autorisé »
à enquêter sur le parrainage de Kissinger pour le plan
Condor. Nous ne devrions pas nous contenter du fait que ce soit seulement
de la « viande locale » qui ait été victime
des attentats de 1992 et 1994 à Buenos Aires.
Mais, si la piste israélienne s'avérait logique, l'Argentine
pourrait-elle mener l'enquête ? Même l'écrivain
renommé Mario Vargas Llosas, s'il s'y risquait, serait traité
d'antisémite. Les ambassadeurs israéliens ont brandi
l'anathème chaque fois qu'un résultat d'enquête
ne collait pas avec la théorie qu'ils proposaient, concernant
les attentats de Buenos Aires. Par là, ils ont fait du tort
aux Argentins, mais aussi, tout particulièrement aux Argentins
juifs. Des juifs progressistes ont dénoncé le fait que
le lobby juif a collaboré pour camoufler les faits, et que
le « jugement sale » du juge Galeano avait été
encouragé par les dirigeants de la communauté.
Malgré l'évidence, les Argentins ne parviennent pas
à admettre une piste israélienne : les Américains
non plus, ne surmontent pas leur terreur, face à l'hypothèse
que le carnage des Tours Jumelles et l'attaque du Pentagone soient
l'¦uvre de leur propre gouvernement.
Or le 11 septembre a permis aux États-Unis de relancer son
programme d'armement et d'envahir l'Irak, et le succès du premier
coup d'État contre la démocratie la plus avancée
au monde. Aujourd'hui les libertés constitutionnelles sont
suspendues, grâce au « Patriot Act », qui est une
monstruosité plus brutale encore que le « Proceso de
reorganización nacional » du régime militaire
argentin de 1976.
Notre enquête, comparée à celle des attentats
de Madrid, de Londres et des États-Unis, est en fait la plus
avancée! Et elle avancera bien plus lorsqu'on demandera au
juge Galeano destitué et à Teilleldin [le faux fournisseur
d'une fausse camionnette piégée, emprisonné 10
ans puis relâché avec des excuses] ce qu'ils avaient
négocié avec Eldad Gaffner, un faux procureur israélien,
qui était accouru pour violer les lois nationales et internationales.
Aucun besoin de preuves secrètes pour étayer ces termes
: c'est le journal juif Nueva Sion, qui a révélé
la man¦uvre frauduleuse, reconnue par la "Unidad AMIA" du ministère
de la justice et par le TOF (Tribunal Oral Federal).
Le juge qui a succédé à Galeano, M. Canicoba
Corral, ne poursuit nullement le faux procureur israélien,
mais il nous a envoyé un camion de type SWAT, terrorisant le
voisinage et nous réclamant des document secrets de la SIDE
(services secrets argentins) volés au tribunal.
Les parties prenantes dans l'affaire taisent le vol de cette documentation,
de même que les journalistes. Cependant, une enquête a
été ouverte, une fois que nous avons informé
la SIDE et que nous nous sommes présentés devant Nissman.
mais sur ces documents, silence radio ! Or dans ce cas, le vol est
l'aspect le moins grave de la chose : il se trouve que la documentation
prouvait que la SIDE n'avait rien trouvé pour étayer
la piste musulmane. C'est dans le style des meilleurs romans d'espionnage
que la SIDE secoue le joug qui lui avait été imposé,
et révèle indirectement, avec douze ans de retard, qu'il
n'existe aucune preuve sérieuse pour incriminer des Arabes.
Que cache donc la SIDE ? A notre avis, les services secrets cachent
ce qu'ils ne peuvent pas montrer. Il est probable qu'ils en savent
bien plus que nous, simples citoyens, sur la piste israélienne
qui nous saute objectivement aux yeux. Mais ils attendent l'occasion
favorable pour mettre sur le tapis la politique terroriste d'Israël
et des États-Unis.
La débâcle annoncée de Bush et les critiques au
lobby israélien aux États-Unis (rapport Walt et Maersheimer,
mars 2006) créent les conditions attendues, pour apprécier
les preuves existantes et pour en faire apparaître d'autres.
Il y a deux innocentes : les camionnettes Ford et Renault incriminées
respectivement dans l'attentat contre l'ambassade d'Israël et
contre AMIA. Mais il faut au gouvernement argentin le soutien des
juifs argentins pour les ramener au statut qu'elles méritent
: celui de deux créatures imaginaires.
Le général israélien Zeev Livne a « trouvé
» un morceau de moteur, puis un gouvernement et des juges argentins
ont collaboré pour corroborer cette trouvaille. La possibilité
d'une explosion interne, comme le dit l'intellectuel juif Gabriel
Levinas, a été rejetée parce qu'elle impliquait
une responsabilité de la part de la direction de AMIA.
Pourtant, à l'ambassade, en 1992, la police fédérale
avait immédiatement conclu à l'explosion à l'intérieur
du bâtiment, et avait ordonné au juge d'instruction Alfredo
Bisordi d'arrêter les livreurs de matériaux [qui étaient
passés par là peu avant, déposant des tas de
sacs de ciment dans le bâtiment]. Mais le soir même, Roni
Gorni, chef de la sécurité de l'ambassade, a persuadé
le gouvernement de l'existence d'une voiture piégée.
Aussitôt, il a été interdit de pousser l'enquête
sur une explosion interne jusqu'en 1996, lorsqu'une expertise d'ingénieurs
argentins concluait une fois de plus à l'explosion interne.
Alors ce fut l'hécatombe. Ambassade, DAIA, AMIA lancèrent
des attaques contre les ingénieurs et les juges, jusqu'à
ce que ceux ci décident d'ouvrir un débat entre les
partisans de la thèse israélienne (voiture piégée)
et de l'explosion intérieure. L'audience s'est tenue en 1997,
mais elle a eu lieu à huis-clos, et c'est par des fuites qu'on
sait que les experts de la thèse israélienne ont été
désavoués.
Cette victoire argentine donna lieu à une débâcle.
L'ambasadeur Aviran redoubla de fureur, jusqu'à ce que les
courtisans refilent le dossier à un Secrétariat Spécial.
Et celui-ci suivit docilement les pistes indiquées par le gouvernement
israélien, pour finir par mettre le tout. au frigo !
La pression israélo-états-unienne a été
telle que le juge Bisordi, aujourd'hui magistral à la Cour
de Cassation a fait une déclaration à ce sujet en mars
2002 devant une commission législative en présence d'Elisa
Carrio [députée, figure de proue de l'opposition], et
a insisté sur les preuves d'ingérence d'Israël
dans l'enquête sur l'attentat à l'ambassade. Mais Mme
Carrio n'a ordonné aucune action.... À la fin de l'année
dernière, nous nous sommes présentés à
la Cour Suprême, avec nos arguments pour exiger la reprise de
l'enquête sur la piste israélienne. Pour ce qui est du
premier attentat, les preuves sont accablantes, au point que le gouvernement
de Menem n'a pas osé les détruire. C'est un baril de
poudre, et il suffira d'une note dans un journal, ou d'un soupir du
nouveau tribunal, ou d'un geste minime de l'exécutif, pour
allumer l'incendie. Nous invitons les parents des victimes à
s'en mêler activement, et nous suggérons à nos
frères boliviens parmi eux, à demander au président
Evo Morales son soutien.
Lors du second attentat, on nous a ressorti l'histoire des «
musulmans » ; c'était indispensable, selon le scénario
prévu, tout comme il fallait absolument qu'il y ait eu des
véhicules piégés. Quelques heures après
l'explosion, on fit pression sur les blessés pour qu'ils affirment
avoir vu une camionnette Trafic, tandis que les experts déclaraient
dans les médias qu'il y avait eu une « autre »
explosion intérieure.
Jorge Lanata [directeur du quotidien Página 12 à l'époque]
est l'un des journalistes qui interrogea le mieux tous les témoins
qui auraient dû voir une voiture piégée le jour
de l'attentat, et qui n'avaient rien vu du tout.
Si Israël et les États-Unis ont couvert ces falsifications
pendant si longtemps, c'est qu'il y allait de leurs intérêts.
Les enquêteurs sur les Tours jumelles partent d'une question
semblable: à qui profitent ces attentats ? Une seule réponse
possible : aux pays qui définissent leur politique extérieure
sur la base d'une guerre mondiale contre des terroristes arabes supposés.
Le procureur Nissman a juré qu'il avait retrouvé le
conducteur kamikaze de la camionnette inexistante, et le journaliste
Hugo Presman en a fait des gorges chaudes. Mais la mise en scène
sembla convaincante un temps, car on avait introduit de force les
restes d'une camionnette dans le décor, et personne ne protestait.
Puis Renault prouva qu'il n'y avait pas de restes d'une carrosserie
correspondante que Telleldin, le revendeur de voitures volées,
aurait trafiquée. On inventa donc une deuxième Trafic,
mais malgré tous les efforts déployés, on n'en
retrouva pas l'ombre.
Les complices du montage sont des Argentins traités comme chair
à canon, mais la falsification s'est faite sur pressions directes
d'Israël, par le truchement de ses organisations relais DAIA
et AMIA.
La population juive argentine, la plus importante et prestigieuse
de toute l'Amérique latine, généralement de gauche
[depuis les années 1970 où les étudiants ont
été sauvagement réprimés] est aujourd'hui
atterrée par la politique de l'État d'Israël, dénoncée
dans le monde entier.
Il faut lire Israël-Palestine, le témoignage récemment
publié par Vargas Llosa après une visite à Gaza
: on le croirait financé par les barbus du Hamas ! Or c'est
un libéral de droite ce qui prouve l'approche imminente d'un
« holocauste du mythe » israélien, celui d'un État
israélien « made in Walt Disney ». Chez nous, les
militants juifs ont les mains liées par la peur d'être
accusés d'antisémitisme, mais ailleurs, heureusement,
il n'en va pas de même.
Il y a désormais un Goulag israélien, avec des dissidents,
comme Mordechai Vanunu, Barry Chamish, Israël Shamir et d'autres,
qui clament, dénoncent et appellent au secours la communauté
internationale. En Israël, notre compatriote Daniel Baremboin
encaisse vaillamment les insultes et les coups. Les cow-boys juifs
Jeffrey Blankfort et Chomsky continuent de tonitruer. Les rabbins
antisionistes de Neturei Karta, implantés à New York,
sont acclamés à Téhéran et accusent le
militarisme sioniste d'être la principale usine de production
d'antisémitisme. Vargas Llosa nous invite à connaître
la vie et l'¦uvre d'Amos Oz, d'Ilan Pappe, de Meir Margalit,
de Claudia Levin, de Gideon Levy, de Yehuda Shaul, d'Amira Hass, de
Benny Morris, d'Allegra Pacheco etc.
Comment se fait-il que je juifs progressistes argentins restent en
marge de cette révolution mondiale du judaïsme ? Il est
probable que l'un des « effets positifs » des deux attentats
de Buenos Aires soit précisément la soumission des masses
juives argentines à n'importe quelle politique israélienne.
Lors du récent sommet de Mar del Plata, le président
Bush a insisté pour que nous l'aidions dans sa « guerre
sainte ». Alors qu'on nous annonçait de nouvelles «
relations charnelles » [comme les qualifiait le président
Menem] entre nos deux pays, le président USaméricain
reçut une claque du président Kirchner, qui répondit
à peu de choses près: « unis, certes contre le
terrorisme, mais pas seulement contre celui dont tu fais la promotion,
ami Bush, contre TOUS les terrorismes, de tous les horizons ».
Quelques jours après le « niet » retentissant de
Kirchner, le lobby sioniste USaméricain, avec le procureur
Nissamn et le soutien du FBI, jura devant le monde entier qu'on avait
obtenu des « aveux » des frères du chauffeur kamikaze
présumé ! 24 heures plus tard, le gouvernement argentin
réalisa l'opération d'intelligence la plus éclatante
de toute l'histoire : on a fourni un véritable Exocet à
Rolando Hanglin [le journaliste qui a découvert que le kamikaze
imaginaire était en fait mort au Liban ; son corps, capturé
par les Israéliens, n'a jamais été rendu] qui
a prouvé que l'histoire du « procureur » [bidon,
un agent des services secrets israéliens intervenu pour dévier
l'enquête sur l'attentat contre AMIA] était une histoire
presque aussi rigolote que l'histoire de la somme [de 400 000 dollars]
versée à Telleldin [pour qu'il témoigne dans
le sens voulu]. Jorge Lanata a plaisanté sur les « salades
» de Nissman à propos de Berro [« cresson »],
le nom du kamikaze imaginaire. Hugo Pressman [journaliste juif de
gauche] a renchéri, ce qui lui a valu les foudres des dirigeants
communautaires.
La SIDE et notre gouvernement doivent et peuvent réaliser des
opérations secrètes contre les camouflages complices,
même si un procureur argentin, le lobby juif international et
le FBI lui-même tentent de l'en empêcher.
La famille du kamikaze imaginaire déclara à Hanglin
que Nissman avait tout inventé ; puis le lobby sioniste revint
à la charge, et ce fut pire. Aux États-Unis, Nissman
avait rencontré des dirigeants de AMIA, et les fit par là
tomber dans un piège funeste. C'est une agence juive d'informations
basée à Washington qui a révélé
ce conclave. Certains juristes ont trouvé si scandaleuse la
violation des lois et l'ingérence étrangère qu'une
plainte a été déposée contre le procureur
Nissman et le procureur Martinez Burgos, contre les responsables de
l'American Jewish Committee et contre les responsables de AMIA.
L'Argentine doit se manifester, avec tout le poids de sa communauté
juive, la plus à gauche et la plus prestigieuse de toute l'Amérique
latine, face à la déferlante qui s'annonce, contre le
système combinant terrorisme, torture et guerre, mis en place
par États-Unis, Israël et Grande Bretagne.
L'Argentine se dresse contre ses militaires génocidaires dans
les années 1970, mais s'écrase devant Kissinger, auteur
du Plan Condor. Surmontons cette faiblesse en ce qui concerne nos
deux attentats. Ce furent deux ballons d'essais de la politique d'hégémonie
mondiale qui a suivi la Guerre Froide, et que dénoncent désormais
les Arabes, les juifs démocrates, les Américains eux-mêmes.
Nous avons proposé récemment au juge Canicoba Corral
un face-à-face avec l'ambassadeur Munir Menem [frère
du président Menem, ambassadeur en Syrie, acharné pour
empêcher la diffusion du film réalisé par oscar
Abudara Bini sur l'attentat contre AMIA], qui a servi de guide à
Monser Al Kasar [trafiquant d'armes et agent de la CIA, qui vit à
Marbella, en Espagne, comme un certain nombre de brigands] dans sa
tournée en Argentine, et que nous dénonçons comme
l'auteur de la destruction de documents officiels de la présidence
argentine. Nous demandons également un face à face avec
Carlos Corach [ministre de l'intérieur sous Menem] et H. Anzorregui
[chef de la SIDE sous Menem ; c'est lui qui a fourni les 400 000 dollars
pour acheter le témoignage de Teilleldín].
Et de même que l'Argentine a fait son mea culpa devant l'OEA,
nous demandons aux gouvernements israélien et Usaméricain
de reconnaître, pour commencer, qu'ils entravent l'enquête
sur les deux attentats.
Signatures à adresser à : petrosino@speedy.com.ar ou
à drabudarabini@yahoo.com.ar
07/06/06 - Tribu Ka: son leader refuse la
dissolution envisagée par l'Intérieur
Le leader de la Tribu Ka, groupuscule noir radical (sic) mis en
cause dans des incidents de la rue des Rosiers à Paris en mai,
a jugé jeudi "nulle et non avenue" la procédure
de dissolution lancée par le ministère de l'Intérieur
sur le fondement de la loi de janvier 1936 sur les groupes de combat.
"En aucun cas on ne tiendra compte de cette demande de dissolution",
a affirmé Kemi Seba jeudi lors d'une conférence de presse
au siège de ce mouvement à Paris. "Nous allons
passer à la vitesse supérieure dans les actions",
a-t-il ajouté sur un ton
incantatoire (sic).
Le 28 mai, une trentaine de membres de la Tribu Ka s'étaient
rendu rue des Rosiers pour s'en prendre à la Ligue de défense
juive ou au Betar (mouvements extrémistes juifs) [NDLR Quibla
: pourquoi pas "groupuscules juifs radicaux" ?]. Kemi Seba a précisé
jeudi que les enquêteurs saisis de cette affaire n'avaient pu
prouver aucune violence ou propos antisémites.
Le ministère de l'Intérieur estime que ce groupuscule
(resic) propage des théories racistes et antisémites.
La dissolution, si elle est décidée, sera ordonnée
par décret présidentiel.
Source : AP, 6 juillet 2006
07/07/06 - La "tribu Ka" ne tiendra
pas compte de la demande de dissolution la visant
Le leader de la "tribu Ka", groupuscule noir ultra-radical
et antisémite (sic), Kemi Seba, a indiqué jeudi lors
d'une conférence de presse qu'"en aucun cas" il ne
tiendrait compte de la demande de dissolution faite par le gouvernement
à l'encontre de son organisation.
"En aucun cas, on ne tiendra compte de cette demande de dissolution",
a déclaré Kemi Seba, entouré des membres de son
groupe, lors d'une conférence de presse, organisée dans
le local de la "Tribu Ka", dans le 10e arrondissement de
Paris.
"Cette France qui nous juge veut dissoudre la tribu Ka, ce n'est
pas Chirac ou Sarkozy qui vont décider si elle doit être
dissoute", a-t-il lancé.
"La Tribu Ka sera dissoute le jour où la Françafrique
sera dissoute, la tribu Ka sera dissoute le jour où les potentats,
les roitelets à la tête de nos Etats (africains, ndlr),
nommés à Paris, seront démis de leurs fonctions,
elle sera dissoute lorsque vous ferez très attention à
la manière dont vous vous comportez vis-à-vis des nôtres",
a poursuivi M. Seba, appelé "fara" (leader) par ses
disciples.
Pour le leader de la "tribu Ka", "Sarkozy dit: +ceux
qui n'aiment pas la France, qu'ils la quittent+. Nous, on répond
que la France, non seulement on l'aime pas mais on la quittera le
jour où elle nous remboursera ce qu'elle nous doit".
Une procédure de dissolution a été lancée
contre le groupement mis en cause dans des incidents à caractère
antisémite (resic) le 28 mai rue des Rosiers, au coeur du quartier
juif de Paris.
Si elle intervenait, la dissolution, rendue possible par la loi du
10 janvier 1936 sur les groupes de combat, serait ordonnée
par un décret présidentiel, sur proposition du Premier
ministre et du ministre de l'Intérieur.
Source : AFP, 6 juillet 2006
06/07/06 - La Tribu Ka bientôt dissoute
?
Le leader du groupe extrémiste noir affirme avoir reçu
une lettre du
ministre de l'Intérieur qui indiquerait avoir demandé
à Jacques Chirac
sa dissolution.
Nicolas Sarkozy a fait parvenir au groupe extrémiste noir la
Tribu Ka
une lettre dans laquelle il annonce avoir saisi le président
de la
République d'une demande de dissolution du mouvement, a affirmé
Kémi Séba, le leader de la Tribu Ka, dans un appel téléphonique
à
nouvelobs.com lundi 3 juillet.
Cette information a été confirmée par le ministère
de l'Intérieur, qui
précise que le courrier en question indique que la mesure était
envisagée et l'invite à faire connaître ses arguments,
dans le cadre
d'une procédure contradictoire.
Si elle intervenait, la dissolution, rendue possible par la loi du
10
janvier 1936 sur les groupes de combat, serait ordonnée par
un
décret présidentiel, sur proposition du Premier ministre
et du
ministre de l'Intérieur.
Un vif émoi
La demande de dissolution, pour "incitation à la haine
raciale", faite
par le ministère de l'Intérieur serait liée à
l'opération menée par le
Tribu Ka le 31 mai rue des Rosiers, dans le quartier du Marais, à
Paris. Des militants s'étaient rendus dans cette rue fréquentée
du
quartier juif afin de réclamer que lui soient livrés
des membres
d'associations radicales juives, accusés d'avoir agressé
des Noirs.
Plusieurs témoins affirment que les membres de la Tribu Ka
étaient
armés et proféraient des insultes antisémites,
ce que démentent les
intéressés. La police, rapidement sur les lieux, avait
pu contrôler les
militants sans retrouver d'armes. Cet incident avait suscité
un vive
émoi, de nombreuses associations de lutte contre l'antisémitisme
demandant que des sanctions soient prises à l'encontre de la
Tribu
Ka.
"Ministre du Crif"
Selon Kémi Séba, Nicolas Sarkozy, qu'il nomme "le
ministre de Crif"
[NDLR : Conseil représentatif des institution juives], "aurait
dû
attendre les conclusions de l'enquête qui va infirmer ses propos".
"Les policiers vont confirmer que nous n'étions pas armés
et que
nous n'avons pas proféré d'insultes antisémites".
Depuis l'incident de la rue des Rosiers, la Tribu Ka a multiplié
les
actions médiatiques, notamment en se rendant, dimanche 24 juin,
à
Compiègne où un homme avait tiré le 18 juin sur
plusieurs
personnes de couleur, faisant deux blessés. Une quinzaine de
militants s'étaient rendus au chevet d'une des victimes du
tireur afin
de dénoncer l'inaction des pouvoirs publics, et notamment de
Nicolas
Sarkozy.
Plus récemment, mercredi 28 juin, des représentants
de la Tribu Ka
étaient présents au tribunal correctionnel de Paris
pour soutenir une
famille dont l'enfant est décédé à la
suite d'un tir accidentel, le 26
juin 2004, d'un policier qui manipulait son arme de service à
son
domicile.
Le policier, poursuivi pour "homicide involontaire et blessure
involontaire", avait mortellement blessé un enfant noir
dans un
appartement voisin du sien en manipulant son arme de service.
Conférence de presse
Le représentant de la Tribu Ka, Kémi Seba, avait alors
qualifié le
prévenu d'assassin. Entouré d'une dizaine de sympathisants,
Kémi
Séba avait comparé les cinq siècles d'oppression
des Noirs au
génocide des juifs pendant la Seconde guerre mondiale.
En réaction à la lettre du ministère de l'Intérieur,
le leader de la Tribu
Ka a annoncé la tenue d'une conférence de presse jeudi
6 juillet
dans l'après-midi, au cours de laquelle le groupe devrait annoncer
une série d'actions.
Source : nouvelobs.com, 5 juillet 2006
05/07/06 - Alain Finkielkraut relaxé
pour un jeu de mots sur le MRAP
Le philosophe Alain Finkielkraut a été relaxé
par le tribunal correctionnel de Paris de la poursuite en diffamation
intentée contre lui par le Mrap qui lui reprochait un jeu de
mots sur un risque de dérive antisémite de la mouvance
anti-raciste.
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les
peuples (Mrap) reprochait à M. < Finkielkraut son intervention
lors d'un colloque intitulé "antisémitisme: la
gauche face à elle-même", organisé le 23
novembre 2003.
Lors de cette manifestation, il avait déclaré, évoquant
l'échec de la conférence de l'ONU sur le racisme à
Durban (Afrique du Sud) en septembre 2001: "il s'est constitué
à Durban un mouvement contre le racisme et pour l'antisémitisme
des peuples. Et ce Mrap-là est toujours plus puissant".
La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a estimé
que le philosophe avait "nécessairement créé
une parenté, au moins autour de cet acronyme commun (Mrap,
ndlr)", destiné à sous-entendre une dérive
de l'organisation française.
Pour autant, "il demeure que le propos poursuivi, aussi allusif
soit-il à l'égard de la partie civile, n'énonce
ni n'insinue à son encontre aucun fait précis qui serait
susceptible d'un débat sur la preuve, sans lequel le délit
de diffamation ne saurait être constitué", énonce
le jugement du tribunal pour relaxer le philosophe.
Le Mrap a fait appel de cette décision, a indiqué à
l'AFP son avocat, Me Pierre Mairat. Source : AFP, 4 juillet 2006
05/07/06 - Voici de quelle manière
le tribalisme juif a pu devenir politiquement correct
par Jonathan Cook, The Electronic Intifada, 30
juin 2006.
Original : http://electronicintifada.net/v2/article4881.shtml
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Au cours d'une récente passe d'armes avec des membres de
la communauté juive américaine organisée, le
romancier israélien lauréat de plusieurs prix littéraires
A. B. Yeoshua a prétendu que l'identité juive laïque
n'aurait aucun sens en-dehors d'Israël. Mettant mal à
l'aise son public de Washington, il a avancé que la judaïté
n'était pas pertinente, dans la diaspora : si la Chine devait
devenir un jour la plus puissante superpuissance mondiale, a-t-il
prévenu, les juifs y émigreraient afin de s' y assimiler,
de préférence aux Etats-Unis.
« Mais, en ce qui me concerne, il n'y a pas d'alternative.
Je ne peux pas, moi, conserver mon identité en-dehors d'Israël.
Ce qu'il y a d'israélien, chez moi, c'est ma peau - ce n'est
pas mes chemises », a-t-il dit aux dirigeants du Comité
Juif Américain. Certains délégués ont
qualifié ses remarques d' « impertinentes », de
« folledingues », de « mauvais goût »
ou encore d' « impolies ».
Cependant, cette brève algarade faisait bien plus sens encore
que l'un et l' autre camp n'étaient vraisemblablement enclins
à l'admettre.
Bien qu'étant enracinée dans une interprétation
de l'identité juive qui n'a cours que depuis moins d'un siècle,
la conviction de Yehoshua est aujourd' hui la conviction dominante
: c'est la vision d'une identité juive qui est sous-jacente
au sionisme, et c'est la seule qui soit en mesure d'expliquer l 'existence
d'un nationalisme juif. C'est celle qui est partagée par pratiquement
tous les Israéliens, et admise tacitement par une majorité
de juifs de la diaspora, même s'ils se rengorgent devant les
conclusions abruptes de Yehoshua.
Le malaise que les juifs de la diaspora manifestent devant cette
conception typiquement israélienne de l'identité juive
découle pour partie du fait que Yehoshua dévoile allègrement
le deux poids - deux mesures inhérent au sionisme : les sionistes
revendiquent le droit, pour les juifs, à réinventer
leur identité à l'ère de l'Etat nation, tout
en déniant le même droit à leurs voisins palestiniens.
Les sionistes, à l'instar de Yehoshua, voudraient conserver
entier leur gâteau, tout en y mordant à belles dents
!
Jusqu'à l'avènement du sionisme, au début du
vingtième siècle, les juifs pour qui leur judaïté
avait quelque importance pensaient soit que leur identité était
de nature strictement religieuse, soit, s'ils étaient laïcs,
qu'elle était un indicateur signifiant de leur appartenance
ethnique. Autrement dit : les juifs qui voulaient s'identifier en
tant que tels étaient soit des juifs pratiquant une religion
appelée judaïsme, soit des juifs dans le sens qu'ils étaient
convaincus d'appartenir à un groupe ethnique déterminé.
Mais voilà que le sionisme est venu ajouter une troisième
catégorie d' identité juive aux deux précédentes.
Un juif n'avait désormais plus le droit d'envisager le choix
simplement en termes de soit - soit. A savoir : juif, en tant que
croyant en un Dieu juif, ou jui, en tant que membre d'un groupe ayant
en commun un même héritage biologique.
En lieu et place, un juif pouvait désormais s'identifier en
tant que membre d'une « nation », dont ses droits découlaient
sans pouvoir pour autant être entièrement satisfaits
ni au niveau purement biologique, ni au niveau purement métaphysique.
Pour les sionistes (ou tout au moins, pour la quasi-totalité
de ceux qui s'affirment tels de nos jours), la judéité,
en tant qu'identité nationale, devait aussi trouver sa réalisation
au niveau territorial : au minimum, les juifs avaient besoin d'un
Etat où leur souveraineté serait susceptible de s'exercer.
Bien entendu, aujourd'hui, tous les sionistes ne pensent pas qu'ils
doivent vivre personnellement dans un Etat tel que celui-là
pour que la nation juive puisse exister. Un grand nombre d'entre eux,
se contentant de soutenir l' Etat juif de loin, choisissent de vivre
en Europe et en Amérique.
A leurs yeux, la nation juive peut exister indépendamment
de l'Etat juif. Mais, pour la plupart d'entre eux, il ne s'agirait
que d'une nation théorique - d'un peuple - s'il n'existait
un foyer national concret où les droits nationaux juifs soient
incarnés, où les intérêts juifs puissent
être affirmés sur la scène mondiale et où
les juifs puissent éventuellement se réfugier, en cas
de pétard.
Telle est, pour l'essentiel, l'opinion développée par
Yehoshua.
Dès le début, la nouvelle variante de l'identité
juive a toujours été un hybride quelque peu étrange.
Les sionistes pensaient nécessaire qu'un Etat juif existât
pour que les juifs fussent en mesure de s'identifier eux-mêmes
en tant que nation. Mais, en même temps, les seuls critères
à l'aune desquels juger de l'appartenance à cet Etat
étaient de nature religieuse ou ethnique, voire les deux à
la fois. En fusionnant les identités religieuse et ethnique,
la nation juive excéda la somme de ses deux composantes.
Ainsi, afin de revendiquer son caractère de citoyen de l'Etat
juif - afin, donc, de devenir israélien - un juif doit prouver
soit qu'il est un juif pratiquant, soit qu'il a hérité
de gènes juifs. Telle est la base légale - la Loi du
Retour adoptée en 1950 - qui permet de déterminer qui
est éligible, ou non, à la citoyenneté israélienne.
Personne ne saurait dénier aux juifs leur droit à réinventer
leur identité et à s'y complaire, pour peu que la réalisation
d'une telle identité revisitée soit légale et
morale. L'identité, par nature, est quelque chose de fluide.
Pour chacun d'entre nous, elle change, au fil du temps, sur les plans
personnel, politique, social et culturel. Mais en même temps,
dans l' intérêt de la cohérence et de la justice,
les juifs ne devraient pas dénier à d'autres les droits
qu'ils revendiquent pour eux-mêmes.
Ainsi, dans la pratique, quelle fut l'attitude des sionistes - ces
partisans d'un Etat juif destiné à une nation juive
- vis-à-vis d'autres groupes ethniques et religieux, distincts,
qui réclament eux aussi un Etat pour eux ? Plus important encore
: quelle a été l'attitude des sionistes vis-à-vis
des revendications nationales des habitants autochtones de la Palestine,
dont la plupart en ont été chassés - soit par
la terreur, soit par la force armée - durant la guerre de 1948,
qui aboutit à la création de l'Etat juif ?
Aujourd'hui, ces réfugiés et leurs descendants - ainsi
que ceux qui sont restés sur leurs terres et qui sont actuellement
soumis à la loi israélienne, tant à l'intérieur
d'Israël que dans les territoires occupés de Cisjordanie
et de Gaza - sont plus de huit millions. L'immense majorité
d' entre eux s'identifient en tant que Palestiniens, c'est-à-dire
en tant que membres d'une nation dont le foyer national était
jadis connu sous le nom de Palestine.
Tout au long de l'histoire d'Israël, les sionistes ont tenu
à assigner une double identité ethnique et religieuse
aux Palestiniens ; mais surtout pas ( !) une identité nationale.
C'est la raison pour laquelle les Israéliens font couramment
référence aux Palestiniens en parlant d' « Arabes
», et non en tant que membres d'une nation. Une des rebuffades
les plus courantes des Israéliens voulant envoyer paître
des Palestiniens affirmant leurs droits nationaux, c'est : «
Mais pourquoi auriez-vous besoin d'un énième pays ?
Vous avez déjà vingt-deux pays arabes ; choisissez-en
un, et allez y vivre ! »
C'est tout particulièrement le cas en ce qui concerne la minorité
des un million de citoyens palestiniens d'Israël. Ils ne sont
pas autorisés à s' identifier en tant que Palestiniens,
contrairement aux Italo-Américains qui, eux, sont autorisés
- et même, de fait, encouragés - à s'identifier
en tant que membres d'une communauté italienne vivant aux Etats-Unis.
Non. Loin de là, ils sont des « Arabes israéliens
», qu'ils le veuillent, ou non [et l' immense majorité
ne le veut pas ! ndt].
Pour les juifs israéliens, un Palestinien citoyen d'Israël
qui exige que son identité palestinienne soit reconnue soulève
automatiquement des suspicions quant à sa loyauté, le
présupposé étant qu'il ne peut être à
la fois Palestinien et fidèle à Israël. Bien sûr,
aucun juif n'accepterait qu'on le soupçonne de loyauté
duplice, en ce qui le concerne personnellement. Un juif américain,
fût-il sioniste, dénoncerait comme antisémite
toute suggestion qu 'il ne serait pas toujours un citoyen américain
loyal.
Par ailleurs, les sionistes ne sont que trop heureux de concéder
aux Palestiniens leur(s) identité(s) religieuse(s). Là
encore, c'est absolument évident en Israël même,
où les autorités préfèrent traiter les
Palestiniens non pas en tant que minorité nationale, ni même
en tant que groupe ethnique unifié, mais en tant qu'une série
de communautés sans liens entre elles : des communautés
religieuses, comme les musulmans et les chrétiens, aussi bien
que ce qu'Israël considère représenter des groupes
ethno-religieux séparés, comme les Druzes et les bédouins.
Ce contre-pied israélien de l'affirmation par les Palestiniens
d'une identité nationale relève d'une stratégie
coloniale bien pratique, et qui a fait ses preuves : il s'agit tout
simplement du « diviser pour régner ».
Dans les territoires occupés, aussi, Israël a ouvré
à accentuer l'identité religieuse des Palestiniens -
et en particulier celle de l'importante majorité musulmane.
Il a encouragé et financé le réseau d'organisations
islamistes qui allaient se cristalliser plus tard dans le parti Hamâs,
afin de saper l'allégeance au nationalisme séculier
du mouvement Fath de Yasser Arafat. Pour des raisons évidentes,
Israël préfère depuis longtemps être aux
prises avec une résistance luttant pour la ré-instauration
du Califat, plutôt qu'avoir affaire à la résistance
que lui opposerait un mouvement de libération nationale.
Ainsi, tout en exigeant que les profondes différences propres
au peuple juif - tels les clivages ethniques séparant les ashkénazes,
les mizrahim, les juifs éthiopiens et les juifs russes, et
les clivages religieux entre les courants orthodoxes, haredim, conservateurs
et réformateurs, sans oublier les laïcs - soient ignorées,
les sionistes tiennent à ce que les clivages palestiniens soient
non seulement exagérés, mais aussi utilisés afin
d'obérer tout droit palestinien à la nationalité
et à une patrie.
Pourquoi les sionistes sont-il tellement déterminés
à refuser aux Palestiniens un droit qu'ils revendiquent pour
eux-mêmes ?
Parce que le foyer national territorial que revendiquent les Palestiniens
n' est sous domination israélienne que depuis quelques décennies
seulement. Les Palestiniens, à l'instar de nombre de groupes
nationaux de l'ère coloniale, peuvent ne pas avoir connu de
souveraineté dans leur propre patrie soumise à occupation
comme elle l'est depuis des siècles (dans le cas des Palestiniens,
il s'agit d'une occupation successivement : ottomane, britannique,
jordanienne, égyptienne et enfin israélienne). Mais
leur patrie, fût-elle occupée, n'en est pas moins leur
patrie. Après tout, ils n' auraient pas pu vivre sous occupation,
s'ils n'avaient vécu là depuis des générations
et des générations !
Par contraste, la revendication juive d'une patrie nationale en Palestine
(plutôt que n'importe où ailleurs) ne saurait être
excipée d'aucune revendication nationale, ni ethnique. Jusqu'au
début de la dépossession des Palestiniens, voici un
siècle, le nombre des juifs vivant en Palestine était
resté minuscule durant près de deux mille ans. Leurs
effectifs étaient plus importants - de très loin - partout
ailleurs : en Amérique, en Europe et dans le reste du Moyen-Orient.
Mais, en lieu et place, les sionistes recherchent une légitimité
à leur revendication sur la Palestine à partir d'une
affirmation religieuse : les juifs se seraient vu promettre cette
terre par rien moins que Dieu ! Cette assomption le plus souvent tacite,
chez les sionistes, a deux conséquences, aussi problématiques
l'une que l'autre :
- cela porte au degré de l'irrationalité dogmatique
cette croyance selon laquelle les Israéliens ne doivent à
aucun prix faire la moindre concession tant sur leur souveraineté
que sur le territoire qu'ils possèdent hic et nunc. Ceci signifie
qu'il ne saurait y avoir aucune discussion au sujet d'un quelconque
droit au retour pour les Palestiniens dépossédés,
ni d'un quelconque partage du pouvoir, ni d'un quelconque Etat binational,
ni d'une quelconque démocratisation d'Israël (en transformant
Israël, d'Etat juif qu' il est actuellement en un Etat pour tous
ses citoyens) ;
- par ailleurs, cela continue à faire obstruction à
l'émergence d'un Etat palestinien séparé, et
en tous les cas d'un Etat palestinien séparé viable.
Pourquoi ? Parce que, d'après la Bible, ce ne sont ni Tel Aviv,
ni Haïfa, que Dieu a promis [aux juifs], mais bien les villes
cisjordaniennes de Naplouse, Hébron, Bethléem et Jérusalem
- autant de parties de la Terre sainte qui, en vertu du droit international,
continuent à appartenir aux Palestiniens.
Aussi les colons, bien qu'ils en soient venus au point d'incarner
l' aspiration agressive à des endroits sacrés pour le
peuple juif, ne font-ils que refléter les assomptions irrationnelles
inhérentes au remodelage de l' identité juive opéré
par le sionisme - un remodelage dans le genre de celui exprimé
par des intellectuels laïcs, comme un certain Yehoshua.
Et c'est dans ce contexte que le débat international autour
du conflit israélo-palestinien met en application un deux poids
- deux mesures effarant. Tout en voyant dans le conflit un contentieux
entre deux nationalismes rivaux combattant pour le même territoire,
l'Occident exige comme préalable des Palestiniens (un non-peuple
dispersé) qu'ils reconnaissent Israël (un Etat nation),
à tel point que la communauté internationale en est
arrivée aujourd'hui à affamer les Palestiniens et leurs
dirigeants du parti Hamâs au moyen de sanctions, jusqu'à
ce qu'ils se soumettent et obtempèrent.
Mais en réalité, si le conflit perdure, c'est parce
qu'Israël et ses partisans sionistes refusent de reconnaître
les Palestiniens, et parce qu' ils continuent à faire preuve
de mauvaise foi dans les négociations de paix. Le plan de convergence
du Premier ministre israélien Ehud Olmert, à l'instar
du processus d'Oslo, avant lui, est une méthode destinée
à déguiser une séparation territoriale illusoire
qui permettrait de garantir la perpétuation de la reconnaissance
d'on ne sait trop bien quelle « identité nationale juive
» en Israël, tout en déniant une identité
nationale palestinienne tout à fait fondée en Palestine.
Olmert veut préserver et renforcer l'Etat juif, y compris
en élargissant ses frontières, au détriment mortel
des objectifs nationaux des Palestiniens. Les Palestiniens seront
mis en cage dans une série de ghettos qui pourraient, pourquoi
pas, être baptisés « Etat palestinien »,
mais dans lesquels ils ne seront pas en mesure d'exercer une quelconque
souveraineté nationale.
Yehoshua a peut-être raison quand il dit que son identité
nationale juive ne saurait survivre qu'en Israël, où l'intégration
régionale et le compromis ne semblent pas, en effet - comme