L'affaire Xavier Lemoine
(NDLR quibla.net) - Après Alain Finkielkraut
et Dieudonné, c'est au tour de Xavier Lemoine, maire de Montfermeil,
en Seine Saint-Denis (France-93) de provoquer un scandale à
partir d'un entretien publié par le quotidien israélien
Haaretz, où il déclare purement et simplement la guerre
à ses administrés basanés... À ce rythme,
Haaretz devrait sérieusement songer à éditer
une version française, pour compléter ses versions hébreue
et anglaise ! Nous documentons cette affaire.
17/06/06 - C'est : « Eux, ou nous »
! - Un journaliste israélien se balade de la Rue des Rosiers
à Montfermeil, dont le maire est un héros...de guerre
par Daniel Ben Simon, Ha'aretz, 9 juin
2006
Original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/725064.html
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette
traduction est en Copyleft.
Bien que deux semaines aient passé, les commerçants
juifs du quartier juif [de Paris] étaient encore en émoi.
Certains d'entre eux avaient encore à l'esprit la bande de
jeunes Noirs tout de noir vêtus, qui avaient lancé une
attaque contre la Rue des Rosiers, en brandissant de massives battes
de base-ball, menaçant les boutiquiers de leur fracasser le
crâne. Durant d' interminables minutes, des dizaines d'adeptes
de la Tribu KA avaient parcouru la rue juive, criant des slogans anti-juifs.
Le propriétaire d'une librairie juive, au début de la
rue, a raconté il y a quelques jours de cela que ces jeunes
criaient : « Mort aux juifs ! » Quant au tenancier d'un
kiosque à falafels, il a raconté qu'ils menaçaient
de « niquer tous les juifs ».
La Rue des Rosiers est située au cur du quartier juif [parisien]
du Marais, qui attire depuis quelques années des membres de
la communauté homosexuelle de la ville. Des milliers de juifs
ont été chassés de chez eux, dans ce quartier,
il y a soixante ans, par le régime de Vichy : ils ont été
envoyés dans des camps de transit, d'où ils ont été
déportés vers des camps d' extermination. Les souvenirs
sont encore frais, et les habitants juifs de ce quartier portent encore
les cicatrices de cette époque où le ciel s'était
assombri en France.
Depuis quelques années, le quartier a retrouvé son
caractère juif, avec des synagogues, des restaurants casher,
des charcuteries à delikatessen, des
gargotes à falafel et à shawarma, et beaucoup de juifs
qui flânent dans la rue, portant une kippa ou une fedora. Les
week-ends, ce quartier juif devient un musée vivant, et des
foules de touristes viennent musarder dans ses ruelles étroites
pour s'imprégner de la « yiddishkeit », cette ambiance
juive des jours d'antan.
Le Betar, un mouvement sioniste de jeunesse, est particulièrement
actif, dans le Marais. Ses membres semblent ne pas avoir pris conscience
des changements intervenus en Israël au cours des dernières
décennies, et beaucoup d'entre eux en tiennent toujours pour
un État juif sur les deux rives du Jourdain et pour l'expulsion
des Palestiniens. A leurs yeux, toute personne critiquant la politique
israélienne est nécessairement antisémite. Il
y a de cela quelques années, les dirigeants de la communauté
juive française avaient été profondément
offensés par le Premier ministre israélien de l'époque,
Benjamin Netanyahu, qui avait délibérément décidé
d' entamer sa visite d'Etat en France en compagnie de Betarim [= membres
du Betar, ndt], et de ne rencontrer les dirigeants officiels de la
communauté juive qu'en deuxième instance.
Après l'assassinat d'Ilan Halimi, en février dernier,
les Betarim ont « pris le contrôle » des rues du
Marais, appelant à la vengeance, apposant des autocollants
jaunes de la Ligue de Défense Juive portant ce même message
un peu partout, sur les murs disponibles. Après quoi, des membres
de la Tribu KA, relevant le gant lancé par ces fanatiques juifs,
ont fait une incursion dans le quartier. « Où se cachent
les Betarim ? » vociféraient les gros bras du culte mélanolâtre,
faisant pour la première fois irruption dans les rues juives.
« Nous allons tous vous zigouiller ! » criaient-ils en
direction des résidents - terrorisés - du quartier.
Le réveil des immigrés noirs originaires d'Afrique,
en France, coïncide avec la « rébellion »
des immigrés originaires du Maghreb (Maroc, Algérie
et Tunisie). Les Noirs exigent que la France exprime ses regrets -
et présente des excuses - pour l'ère de l'esclavage
dont leurs ancêtres ont été les victimes au temps
de l'occupation française. Aujourd'hui, ils affirment que les
victimes africaines devraient bénéficier du même
statut que les juifs survivants du génocide nazi. Quant au
culte [mélanolâtre, ndt], ses revendications ne sont
pas très claires. Il n'a que quelques centaines d'adeptes,
qui observent un style de vie sectaire, et maintiennent un secret
absolu sur leurs méthodes opérationnelles. Leur principal
objectif, aujourd'hui, c'est de faire se terrer les Betarim dans les
caves, histoire de montrer « qui est le boss, dans les parages
».
Montfermeil
Lundi dernier, toute la France retenait son souffle. Des citoyens
français étaient effrayés et angoissés,
après qu'on eut appris que dans une ville de la banlieue Nord
de Paris, des échauffourées s'étaient produites,
opposant des immigrés et la police.
« Au début, j'ai pensé que nous allions assister
à une répétition des émeutes qui avaient
éclaté en novembre de l'année dernière
(et qui avaient porté la tension à un point d'ébullition
dans les banlieues à forte population immigrée dans
l'ensemble de la France) », a dit à Ha'aretz Xavier Lemoine,
maire de Montfermeil - cette ville de banlieue, au Nord de Paris,
où ces incidents se sont produits, ajoutant : « En une
seule nuit, il y a eu plus de blessés et plus de dégâts
que durant toutes les émeutes de l'an dernier. »
En quelques minutes, la passion était à son comble,
dans cette petite ville pittoresque, voisine de Clichy-sous-Bois,
cette banlieue où les émeutes avaient éclaté,
à l'automne dernier. Durant ces émeutes, l' «
Intifada » des immigrés de Clichy-sous-Bois, pauvres
et défavorisés, s'était propagée à
toutes les banlieues entourant Paris, et avaient fini par incendier
tous les quartiers à forte population immigrée dans
l'ensemble de la France. Jusqu'à aujourd'hui, les citoyens
français ont du mal à oublier le sentiment de chaos
total généré par la violence de cette «
insurrection ». C'est la raison pour laquelle des centaines
de policiers ont été envoyés à Montfermeil
afin de calmer les premiers signes annonciateurs d'une nouvelle rébellion.
Durant plusieurs heures, cette petite ville (de 62 000 habitants)
a fait les gros titres des journaux du pays.
Tout a commencé à la suite d'une décision administrative
du maire. Voici quelques mois, il a interdit les rassemblements de
plus de quatre jeunes en centre-ville. Depuis janvier dernier, le
nombre des vols et des cambriolages avait monté en flèche,
connaissant une augmentation de 600 %, et le dynamique maire de la
localité cherchait des solutions susceptibles d' améliorer
le sentiment de sécurité de ses administrés.
En étudiant le problème, il découvrit que la
plupart des délits étaient commis par des gangs comptant
plus de quatre membres. Sa décision eut le don de mettre hors
d'eux les jeunes de la ville. Peu de villes de banlieue, en France,
présentent une mosaïque ethnique aussi bariolée
que cette petite ville : plus de 30 % des habitants sont des étrangers.
Ils viennent de quarante pays, et sont musulmans à 80 %. Des
antennes satellites en forme d'assiette, sur les balcons et aux fenêtres,
captent les émissions d'Al Jazira et de centaines de chaînes
de télévisions des pays arabes.
Dans les quartiers de la ville plus particulièrement peuplés
d'immigrés, la moitié des habitants ont moins de vingt
ans. A midi, on voit des centaines de jeunes appuyés avec nonchalance
aux barrières, devant les immeubles d' habitations ou devant
les commerces. La semaine passée, le maire a de nouveau fait
les gros titres des journaux après une confrontation avec un
groupe de jeunes qui avaient attaqué le passager d'un autobus.
La police est arrivée et le maire, qui avait assisté
à l'agression, a identifié les agresseurs. La nouvelle
de l'incident s'est répandue comme feu dans la paille, dans
l'ensemble des quartiers d'immigrés, et la nuit suivante, des
centaines de jeunes se sont rassemblés devant la mairie. Après
quoi, ils se sont mis à lancer des cocktails Molotov.
Ensuite, ils se sont rendus devant la résidence privée
du maire, qu'ils ont caillassée. Au matin, plusieurs personnes
avaient été blessées. Depuis lors, la maison
du maire est sous surveillance constante, et des policiers sont en
faction à l'entrée de la mairie, vingt-quatre heures
sur vingt-quatre. Néanmoins, en dépit de ces mesures
de sécurité, l'épouse et les enfants du maire
ont été blessés, après avoir été
agressés physiquement.
En quelques mois seulement, la vie de M. Lemoine a été
entièrement chamboulée. Ce maire âgé de
quarante-cinq ans, membre du parti au pouvoir en France, s'est retrouvé
au beau milieu d'une situation chaotique menaçant de transformer
sa commune tranquille en champ de bataille. Sa position courageuse
au milieu des immigrés a fait de lui un héros, aux yeux
de la droite, et en particulier de sa variante extrême. Même
des gens de gauche reconnaissent son héroïsme, qui contraste
si favorablement avec la politique timorée du Président
Jacques Chirac.
« Regardez », nous a-t-il dit tandis qu'il se tenait
à la fenêtre de son bureau et qu'il nous désignait
le quartier des immigrés : « C'est : Eux, ou nous ! Si
ce sont eux qui gagnent, nous sommes cuits. Je suis un Français
catholique fier de l'être, et je n'ai pas l'intention de vivre
comme un « dhimmi » [c'est-à-dire un non-musulman
jouissant d'un statut protégé, dans un pays musulman
- NdA Daniel Ben Simon] dans mon propre pays. Nous sommes différents
d'eux : ces gens ne sont pas représentatifs de la France. Nous
sommes pris au beau milieu d'une guerre islamique menée dans
le monde entier : en Irak, en Iran, au Pakistan et en Afghanistan.
Tout ce qui se passe « là-bas » a des réverbérations
ici, en France, et influence les immigrés. »
Au début, il avait pensé que la « rébellion
» était alimentée par la pauvreté et les
problèmes posés par l'intégration dans une société
différente. Il a très vite pris conscience du fait que
les musulmans représentaient un défi culturel pour son
pays. Un incident, notamment, continue à le hanter :
« C'était deux mois après le 11 septembre [2001]
», se remémora-t-il. « Nous avions organisé
un festival de dessin dans nos jardins d'enfants et nos écoles
primaires. J'ai été sidéré de découvrir
que 20 % des enfants - tous musulmans - avaient peint une icône
d'Oussama Ben Laden en héros national. Cette découverte
continue à me faire froid dans le dos. »
Durant ces dernières nuits, il a été dérangé
par un cauchemar récurrent, au cours duquel des immigrés
s'enfuient de chez eux et incendient la ville. Il est persuadé
que les immigrés musulmans ont déclaré la guerre
à la France, dans l'intention de la mettre à genoux.
Il considèrent que, dans ses confrontation, les juifs sont
des alliés. « Je suis peiné à l'idée
que mon pays a honte de sa culture et de ses valeurs. Quand la France
dénie sa propre histoire et s'excuse à tout bout de
champ pour l'esclavage, pour ses conquêtes et pour le colonialisme,
doit-on encore s'étonner si les immigrés se révoltent
contre elle et s'ils ne montrent pas le moindre respect à son
endroit ? Malheureusement, la France n'a pas exigé d'eux qu'ils
changent. Elle leur a permis de parler arabe et de cultiver leur héritage
[culturel], aux dépens de la culture française. »
Bientôt, ce sera le démarrage du chantier de construction
d'une mosquée, à Montfermeil, dotée d'un minaret
de douze mètres de hauteur. D'après M. Lemoine, c'est
en raison du manque de lieux de culte musulmans qu'il a cédé
aux pressions et qu'il a autorisé la construction de cette
mosquée, qui devrait desservir les 25 000 musulmans résidant
dans la ville. Il espère que les services religieux et que
l'ouverture d'un lieu où les musulmans pourront se rencontrer
auront pour effet d'apaiser les passions dans leur communauté
; toutefois, il ne se fait aucune illusion. « C'est une guerre
entre cultures », soupire-t-il. « C'est une guerre entre
l'Islam et la culture occidentale. La France et l'ensemble de l'Europe
sont en danger. Si nous ne prenons pas conscience de la gravité
de la menace musulmane, nous encourrons un grave péril. »
17/06/06 - Le croisé de Montfermeil
Par Pascale NIVELLE, Libération, 15 juin 2006
Xavier Lemoine, 46 ans, maire UMP dune commune de Seine-Saint-Denis
emblématique de la crise des banlieues, ce pratiquant brandit
la bannière de lOccident chrétien.
Xavier Lemoine en 4 dates
1960 Naissance à Boulogne-Billancourt.
1989 Directeur de cabinet à la mairie de Montfermeil.
2001 Adjoint au maire.
2002 Maire.
Allez, il se lance. « Vous voulez savoir ? Ma conviction, au
plus profond de moi ? La voilà. » Une feuille vole :
une lettre du père de Foucauld de 1916. Le maire a pâli
: « Il faut savoir prendre des risques, dans la vie. »
Se livrer coeur ouvert à la presse en est un. La presse forcément
« marxiste » et « complice du terrorisme intellectuel
qui attise la rage dans les banlieues » (1). Prêcher hors
de sa paroisse nest pas le plus facile. Charles de Foucauld (Strasbourg
1858- Tamanrasset 1916) est mort sous les coups de ceux quil voulait
évangéliser. Il adressait cette pensée à
son ami lécrivain catholique René Bazin : « Les
musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement,
oui. Dune manière générale, non. »
Le missionnaire du Sahara écrit ce qui bouleverse Xavier Lemoine.
Maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis) et donc de la cité
des Bosquets à 80 % dorigine immigrée, nest-il pas lui
même en mission ? Faire oeuvre de pacification, comme on disait
dans les années 50 en Algérie, rétablir lordre
dans son coin de banlieue, lui redonner les couleurs de la France,
remettre les pendules à lheure du clocher... Xavier Lemoine
travaille dur, douze heures par jour. La fenêtre de son bureau
est toujours la dernière à séteindre dans la
nuit. Il est rude, le chemin : ses initiatives (interdiction aux mineurs
de former des groupes de plus de trois personnes au centre-ville)
sont diabolisées par la presse et le tribunal administratif.
Son pavillon, avant-poste à la lisière de la cité
des Bosquets, est caillassé, ses filles injuriées, molestées.
Xavier Lemoine nen a pas perdu la foi, mais il est parvenu à
cette conclusion : les deux cultures, judéo-chrétienne
et musulmane, génèrent des comportements incompatibles.
Comme sil y avait « deux ADN différents ». Cest
la République qui la envoyé à Montfermeil. Et
surtout lancien maire, Pierre Bernard. Un bonhomme comme on les aime
dans « le vieux village », débonnaire, convivial,
et condamné deux fois pour discrimination raciale. Sans étiquette,
ce qui veut dire beaucoup. « Mon seul parti, cest Dieu »,
répétait-il. Aux dernières municipales, Pierre
Bernard sest fait réélire tranquillement, son jeune
directeur de cabinet juste derrière lui sur la liste. Un an
plus tard, le vieux maire raccrochait lécharpe, dix-neuf ans,
je nen peux plus, place aux jeunes. Le dauphin, par une sorte de droit
divin, sest retrouvé sur le trône. La seule fois où
Xavier Lemoine sétait présenté devant les électeurs,
aux législatives de 1997, il avait fait 2,71 %, sous la bannière
de Philippe de Villiers. Peu importe. En 2002, à lui le grand
bureau.
Xavier Lemoine, disent ses opposants, ne semble pas toujours connaître,
ou comprendre, les règles de la démocratie. Il naime
pas la contradiction et sest entouré de sujets dociles. Parfois,
il commet ce quil reproche à ses administrés de lautre
culture : mélanger le divin et le profane. Le maire, par exemple,
interdit les mariages en foulard dans le strict respect de la laïcité.
Mais il clôt toutes les séances du conseil municipal
par « Que le ciel soit avec vous ». En toute bonne foi.
La foi, Xavier Lemoine y a baigné, sen est éloigné,
sen est rapproché. Une rencontre avec « Jipitou »,
à 20 ans passés, a cimenté les doutes. Avec Benoît
XVI, ça roule sans problème. Quand le pape explique
que le nihilisme de lOccident ouvre un boulevard au fondamentalisme
musulman, cela donne du panache à sa mission. « Nos banlieues
sont un concentré des enjeux mondiaux. Une ville comme Montfermeil
est aux avant-postes de lhistoire de France », dit Xavier Lemoine
(2). Il a placé son mandat sous le signe de la paix, ce nest
pas gagné. Son opposition le soupçonne de vouloir faire
de la ville un petit Neuilly. Pas gagné non plus.
Il a été élevé dans lOuest parisien,
dans une famille de la bourgeoisie moyenne. Un père représentant
de commerce souvent parti et une mère à plein temps
avec ses six enfants. Xavier Lemoine na fait aucunes études.
Mauvais en tout, même en sport. Et rebelle, violent, mal dans
sa peau. Parents ? Milieu ? « Tout ça était très
bien, mais je memmerdais », répond-il, peu porté
sur lintrospection. Il sest échappé du lycée
bien avant le bac, pour sembarquer, mousse sur le Mermoz, paquebot
de la compagnie des Croisières Paquet. « La meilleure
école de la vie », dit-il. A 25 ans, il est marié,
avec « une fille, petite-fille et arrière petite fille
de cap-hornier », capable de supporter la vie des femmes de
marin. Et il est père de sa première fille. Envie de
jeter lancre, il a fait le tour du monde et de la question. Il sinscrit
dans une école de communication à Angers, qui décidera
de son destin en lui permettant de trouver son job à la mairie
de Montfermeil. Vingt ans plus tard, le reproche majeur qui lui est
fait à Montfermeil est de vouloir tout diriger, comme sil était
« le seul maître à bord ».
Son épouse ne travaille pas, façon de parler avec sept
enfants, elle donne des cours dalphabétisation dans la cité
des Bosquets. Les enfants, six filles et un garçon, font leurs
études dans le privé. Laînée veut devenir
infirmière. Ils ont de la famille en Vendée, où
ils passent des vacances. Xavier Lemoine aime le golf et léquitation.
Il se sent en phase avec son époque. Dans la course à
la présidentielle, il a déjà son quarté,
Sarkozy, Royal, Villiers, Le Pen. Tous ont un petit quelque chose,
à ses yeux. Surtout « Ségo » : « Tout
ce quelle dit, japprouve. » Fille de militaire, il aime bien,
ça fait vieille France.
Cest important la France, pour Xavier Lemoine. La grandeur, lhistoire,
les valeurs, le patrimoine... On en parle beaucoup à Montfermeil,
patrie de Cosette et des Thénardier. Du temps où il
était villiériste (il est aujourdhui à lUMP)
et directeur de cabinet, il a initié un son et lumières
très inspiré du Puy du Fou. Chaque mois de juin, on
sort calèches et chevaux dans le parc du château des
Cèdres, les Montfermeillois enfilent les costumes de leurs
ancêtres et refont trois siècles dhistoire. Ça
danse le menuet et le french cancan. Tous les habitants participent.
Enfin presque tous. Les jeunes du grand ensemble, « ça
ne les intéresse pas », constate le maire.
La lettre du père de Foucauld, il semble regretter de lavoir
donnée. Cassant, distant, il voudrait arrêter les questions,
la discussion. Comme sil avait tout et trop dit. Il enfile son blazer
marine sur sa chemise rayée, rajuste ses lunettes, cest lheure,
je vous raccompagne. Un dernier coup doeil quand même. Il ressemble
à Albert de Monaco, sa mairie est un château de sable
hérissé de tricolore. Un jouet, une miniature, avec
une croix de Lorraine plantée dans le jardin, le profil du
général en bas-relief et, « Vive la France ! »,
un fac-similé de lappel du 18 juin.
(1) Le Figaro du 2 juin 2006.
(2) Le Monde du 1er juin 2006.
17/06/06 - Le maire UMP dérape à
propos des immigrés
par nouvelobs.com, 15 juin 2006
"Ce sera eux ou nous. Sils gagnent, on est morts". Cest
ce qua déclaré Xavier Lemoine (UMP), au quotidien israélien
Haaretz, à propos des musulmans.
Le Mrap sest insurgé jeudi 15 juin contre des propos du maire
UMP de Montfermeil, Xavier Lemoine, publiés par le quotidien
israélien Haaretz, accusant lélu d"incitation à
la haine, à la violence et à la discrimination",
et annonçant son intention de porter plainte. "Xavier
Lemoine, maire UMP de Montfermeil, persiste et signe dans sa haine
anti-immigrés et son racisme", affirme le Mrap (Mouvement
contre le racisme et pour lamitié entre les peuples) dans un
communiqué. "Ce sera eux ou nous. Sils gagnent, on est
morts. Moi je suis catholique, Français et fier de lêtre,
et je nai pas lintention de vivre comme un dhimmi (un non-musulman
bénéficiant dun statut particulier dans les pays musulmans,
ndlr) dans mon propre pays. Nous sommes différents deux et
ces gens ne représentent pas la France", selon la traduction
des déclarations de lélu réalisée par
le Mrap, qui renvoie au site anglophone du journal, où figure
larticle dont sont extraites ces citations.
Poursuites judiciaires
"Quand la France renie sa propre histoire et passe son temps
à sexcuser de lesclavage, de ses conquêtes et du colonialisme,
faut-il sétonner que les immigrés relèvent la
tête, quils sen prennent à la France, et quils ne la
respectent pas ?. Malheureusement, la France ne leur a pas demandé
de changer. Elle les autorise à parler arabe, et à cultiver
leur héritage, aux dépens de la culture française",
a ajouté Xavier Lemoine, cité par Haaretz. "Pour
le Mrap ces propos ignominieux participent à lincitation à
la haine, à la violence et à la discrimination envers
les immigrés. Devant cette provocation supplémentaire,
le Mrap entend engager les poursuites judiciaires appropriées
en déposant une plainte entre les mains du doyen des juges
dinstruction", indique lassociation. Interrogé sur ses
déclarations, Xavier Lemoine a répondu : "Ce sont
des extraits, des bribes de conversation, totalement déconnectés
de tout le contexte" sur "une discussion qui a duré
deux heures". "Je ne renonce pas à aborder un certain
nombre de questions qui méritent dêtre posées",
a-t-il ajouté, assurant navoir pas voulu désigner lensemble
des musulmans, mais "une minorité".
16/06/06 - C'est : « Eux, ou nous »
! - Un journaliste israélien se balade de la Rue des Rosiers
à Montfermeil, dont le maire est un "héros"...de guerre
par Daniel Ben Simon, Ha'aretz, 9 juin 2006
Original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/725064.html
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette
traduction est en Copyleft.
Bien que deux semaines aient passé, les commerçants
juifs du quartier juif [de Paris] étaient encore en émoi.
Certains d'entre eux avaient encore à l'esprit la bande de
jeunes Noirs tout de noir vêtus, qui avaient lancé une
attaque contre la Rue des Rosiers, en brandissant de massives battes
de base-ball, menaçant les boutiquiers de leur fracasser le
crâne. Durant d' interminables minutes, des dizaines d'adeptes
de la Tribu KA avaient
parcouru la rue juive, criant des slogans anti-juifs. Le propriétaire
d'une
librairie juive, au début de la rue, a raconté il y
a quelques jours de cela
que ces jeunes criaient : « Mort aux juifs ! » Quant au
tenancier d'un
kiosque à falafels, il a raconté qu'ils menaçaient
de « niquer tous les
juifs ».
La Rue des Rosiers est située au ceour du quartier juif [parisien]
du Marais, qui attire depuis quelques années des membres de
la communauté homosexuelle de la ville. Des milliers de juifs
ont été chassés de chez eux, dans ce quartier,
il y a soixante ans, par le régime de Vichy : ils ont été
envoyés dans des camps de transit, d'où ils ont été
déportés vers des camps d' extermination. Les souvenirs
sont encore frais, et les habitants juifs de ce quartier portent encore
les cicatrices de cette époque où le ciel s'était
assombri en France.
Depuis quelques années, le quartier a retrouvé son
caractère juif, avec des
synagogues, des restaurants cachère, des charcuteries à
delikatessen, des
gargotes à falafel et à shawarma, et beaucoup de juifs
qui flânent dans la
rue, portant une kippa ou une fedora. Les week-ends, ce quartier juif
devient un musée vivant, et des foules de touristes viennent
musarder dans ses ruelles étroites pour s'imprégner
de la « yiddishkeit », cette ambiance juive des jours
d'antan.
Le Betar, un mouvement sioniste de jeunesse, est particulièrement
actif,
dans le Marais. Ses membres semblent ne pas avoir pris conscience
des
changements intervenus en Israël au cours des dernières
décennies, et
beaucoup d'entre eux en tiennent toujours pour un Etat juif sur les
deux
rives du Jourdain et pour l'expulsion des Palestiniens. A leurs yeux,
toute
personne critiquant la politique israélienne est nécessairement
antisémite.
Il y a de cela quelques années, les dirigeants de la communauté
juive française avaient été profondément
offensés par le Premier ministre
israélien de l'époque, Benjamin Netanyahu, qui avait
délibérément décidé d' entamer
sa visite d'Etat en France en compagnie de Betarim [= membres du Betar,
ndt], et de ne rencontrer les dirigeants officiels de la communauté
juive qu'en deuxième instance.
Après l'assassinat d'Ilan Halimi, en février dernier,
les Betarim ont « pris le contrôle » des rues du
Marais, appelant à la vengeance, apposant des autocollants
jaunes de la Ligue de Défense Juive portant ce même message
un peu partout, sur les murs disponibles. Après quoi, des membres
de la Tribu KA, relevant le gant lancé par ces fanatiques juifs,
ont fait une incursion dans le quartier. « Où se cachent
les Betarim ? » vociféraient les gros bras du culte mélanolâtre,
faisant pour la première fois irruption dans les rues juives.
« Nous allons tous vous zigouiller ! » criaient-ils en
direction des résidents - terrorisés - du quartier.
Le réveil des immigrés noirs originaires d'Afrique,
en France, coïncide avec la « rébellion »
des immigrés originaires du Maghreb (Maroc, Algérie
et Tunisie).
Les Noirs exigent que la France exprime ses regrets - et présente
des excuses - pour l'ère de l'esclavage dont leurs ancêtres
ont été les victimes au temps de l'occupation française.
Aujourd'hui, ils affirment que les victimes africaines devraient bénéficier
du même statut que les juifs survivants du génocide nazi.
Quant au culte [mélanolâtre, ndt], ses revendications
ne sont pas très claires. Il n'a que quelques centaines d'adeptes,
qui observent un style de vie sectaire, et maintiennent un secret
absolu sur leurs méthodes opérationnelles. Leur principal
objectif, aujourd'hui, c'est de faire se terrer les Betarim dans les
caves, histoire de montrer « qui est le boss, dans les parages
».
Montfermeil
Lundi dernier, toute la France retenait son souffle. Des citoyens
français
étaient effrayés et angoissés, après qu'on
eut appris que dans une ville de
la banlieue Nord de Paris, des échauffourées s'étaient
produites, opposant
des immigrés et la police.
« Au début, j'ai pensé que nous allions assister
à une répétition des
émeutes qui avaient éclaté en novembre de l'année
dernière (et qui avaient
porté la tension à un point d'ébullition dans
les banlieues à forte
population immigrée dans l'ensemble de la France) »,
a dit à Ha'aretz Xavier
Lemoine, maire de Montfermeil - cette ville de banlieue, au Nord de
Paris,
où ces incidents se sont produits, ajoutant : « En une
seule nuit, il y a eu
plus de blessés et plus de dégâts que durant toutes
les émeutes de l'an
dernier. »
En quelques minutes, la passion était à son comble,
dans cette petite ville
pittoresque, voisine de Clichy-sous-Bois, cette banlieue où
les émeutes
avaient éclaté, à l'automne dernier. Durant ces
émeutes, l' « Intifada » des
immigrés de Clichy-sous-Bois, pauvres et défavorisés,
s'était propagée à
toutes les banlieues entourant Paris, et avaient fini par incendier
tous les
quartiers à forte population immigrée dans l'ensemble
de la France. Jusqu'à
aujourd'hui, les citoyens français ont du mal à oublier
le sentiment de
chaos total généré par la violence de cette «
insurrection ». C'est la
raison pour laquelle des centaines de policiers ont été
envoyés à
Montfermeil afin de calmer les premiers signes annonciateurs d'une
nouvelle
rébellion. Durant plusieurs heures, cette petite ville (de
62 000 habitants)
a fait les gros titres des journaux du pays.
Tout a commencé à la suite d'une décision administrative
du maire. Voici que
lques mois, il a interdit les rassemblements de plus de quatre jeunes
en
centre-ville. Depuis janvier dernier, le nombre des vols et des cambriolages
avait monté en flèche, connaissant une augmentation
de 600 %, et le
dynamique maire de la localité cherchait des solutions susceptibles
d'
améliorer le sentiment de sécurité de ses administrés.
En étudiant le
problème, il découvrit que la plupart des délits
étaient commis par des
gangs comptant plus de quatre membres. Sa décision eut le don
de mettre hors
d'eux les jeunes de la ville. Peu de villes de banlieue, en France,
présentent une mosaïque ethnique aussi bariolée
que cette petite ville :
plus de 30 % des habitants sont des étrangers. Ils viennent
de quarante
pays, et sont musulmans à 80 %. Des antennes satellites en
forme d'assiette,
sur les balcons et aux fenêtres, captent les émissions
d'Al-Jazeera et de
centaines de chaînes de télévisions des pays arabes.
Dans les quartiers de la ville plus particulièrement peuplés
d'immigrés, la
moitié des habitants ont moins de vingt ans. A midi, on voit
des centaines
de jeunes appuyés avec nonchalance aux barrières, devant
les immeubles d'
habitations ou devant les commerces. La semaine passée, le
maire a de
nouveau fait les gros titres des journaux après une confrontation
avec un
groupe de jeunes qui avaient attaqué le passager d'un autobus.
La police est
arrivée et le maire, qui avait assisté à l'agression,
a identifié les
agresseurs. La nouvelle de l'incident s'est répandue comme
feu dans la
paille, dans l'ensemble des quartiers d'immigrés, et la nuit
suivante, des
centaines de jeunes se sont rassemblés devant la mairie. Après
quoi, ils se
sont mis à lancer des cocktails Molotov.
Ensuite, ils se sont rendus devant la résidence privée
du maire, qu'ils ont
caillassée. Au matin, plusieurs personnes avaient été
blessées. Depuis lors,
la maison du maire est sous surveillance constante, et des policiers
sont en
faction à l'entrée de la mairie, vingt-quatre heures
sur vingt-quatre.
Néanmoins, en dépit de ces mesures de sécurité,
l'épouse et les enfants du maire ont été blessés,
après avoir été agressés physiquement.
En quelques mois seulement, la vie de M. Lemoine a été
entièrement
chamboulée. Ce maire âgé de quarante-cinq ans,
membre du parti au pouvoir en France, s'est retrouvé au beau
milieu d'une situation chaotique menaçant de transformer sa
commune tranquille en champ de bataille. Sa position
courageuse au milieu des immigrés a fait de lui un héros,
aux yeux de la
droite, et en particulier de sa variante extrême. Même
des gens de gauche reconnaissent son héroïsme, qui contraste
si favorablement avec la politique timorée du Président
Jacques Chirac. « Regardez », nous a-t-il dit tandis qu'il
se tenait à la fenêtre de son bureau et qu'il nous désignait
le quartier des immigrés : « C'est : Eux, ou nous ! Si
ce sont eux qui gagnent, nous sommes cuits. Je suis un Français
catholique fier de l'être, et je n'ai pas l'intention de vivre
comme un « dhimmi » [c'est-à-dire un non-musulman
jouissant d'un statut protégé, dans un pays musulman
- NdA Daniel Ben Simon] dans mon propre pays. Nous sommes différents
d'eux : ces gens ne sont pas représentatifs de la France. Nous
sommes pris au beau milieu d'une guerre islamique menée dans
le monde entier : en Irak, en Iran, au Pakistan et en Afghanistan.
Tout ce qui se passe «
là-bas » a des réverbérations ici, en France,
et influence les immigrés. »
Au début, il avait pensé que la « rébellion
» était alimentée par la pauvreté et les
problèmes posés par l'intégration dans une société
différente. Il a très vite pris conscience du fait que
les musulmans représentaient un défi culturel pour son
pays. Un incident, notamment, continue à le hanter :
« C'était deux mois après le 11 septembre [2001]
», se remémora-t-il. « Nous avions organisé
un festival de dessin dans nos jardins d'enfants et nos écoles
primaires. J'ai été sidéré de découvrir
que 20 % des enfants - tous musulmans - avaient peint une icône
d'Oussama Ben Laden en héros national.
Cette découverte continue à me faire froid dans le dos.
»
Durant ces dernières nuits, il a été dérangé
par un cauchemar récurrent, au cours duquel des immigrés
s'enfuient de chez eux et incendient la ville. Il est persuadé
que les immigrés musulmans ont déclaré la guerre
à la France, dans l'intention de la mettre à genoux.
Il considèrent que, dans ses confrontation, les juifs sont
des alliés. « Je suis peiné à l'idée
que mon pays a honte de sa culture et de ses valeurs. Quand la France
dénie sa propre histoire et s'excuse à tout bout de
champ pour l'esclavage, pour ses conquêtes et pour le colonialisme,
doit-on encore s'étonner si les immigrés se révoltent
contre elle et s'ils ne montrent pas le moindre respect à son
endroit ? Malheureusement, la France n'a pas exigé d'eux qu'ils
changent.
Elle leur a permis de parler arabe et de cultiver leur héritage
[culturel], aux dépens de la culture française. »
Bientôt, ce sera le démarrage du chantier de construction
d'une mosquée, à Montfermeil, dotée d'un minaret
de douze mètres de hauteur. D'après M. Lemoine, c'est
en raison du manque de lieux de culte musulmans qu'il a cédé
aux pressions et qu'il a autorisé la construction de cette
mosquée, qui devrait desservir les 25 000 musulmans résidant
dans la ville. Il espère que les services religieux et que
l'ouverture d'un lieu où les musulmans pourront se rencontrer
auront pour effet d'apaiser les passions dans leur communauté
; toutefois, il ne se fait aucune illusion. « C'est une guerre
entre cultures », soupire-t-il. « C'est une guerre entre
l'Islam et la culture occidentale. La France et l'ensemble de l'Europe
sont en danger. Si nous ne prenons pas conscience de la gravité
de la menace musulmane, nous
encourrons un grave péril. »
17/06/06 - À Shanghaï,
Ahmadinejad remet ça
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a de nouveau mis en
cause la réalité de l'extermination de millions de juifs
pendant la Seconde Guerre mondiale, en réclamant vendredi à
Shanghai une enquête "impartiale" sur le génocide
auquel les nazis ont procédé.
"Une enquête menée par des parties impartiales
et indépendantes est nécessaire pour les événements
historiques", a déclaré le président iranien
lors d'une visite en Chine, interrogé pendant une conférence
de presse sur ses récents propos concernant l'Holocauste, un
génocide qu'il a nié a plusieurs reprises.
"Si cela est vrai, alors la question ne devrait pas être
réglée en Palestine", a encore dit M. Ahmadinejad,
précisant que "juifs, chrétiens et musulmans sont
tous respectables et ont tous leurs propres droits et dignité".
"Le problème, ce n'est pas les juifs, c'est le problème
d'un mouvement politique appelé sionisme qui se cache derrière
le judaïsme", a poursuivi le président iranien, dans
la même réponse.
Il se trouvait à Shanghai pour une rencontre avec son homologue
chinois Hu Jintao après avoir assisté la veille au sommet
de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS).
L'institut israélien Yad Vashem, qui se consacre à
la mémoire des millions de juifs exterminés par les
nazis, a dénoncé les nouveaux "propos antisémites"
du président iranien.
"Ces déclarations répétées sont
la manifestation d'un antisémitisme contemporain", a déclaré
à l'AFP une porte-parole, qui a mis en garde contre "l'indifférence
du monde face à ces propos visant à nier la réalité
de
l'Holocauste".
"Elles témoignent du lien entre l'extrémisme islamiste
et le négationnisme", a-t-elle ajouté.
Contactés par l'AFP, des responsables israéliens ce
sont refusés à tout commentaire, estimant qu'une réaction
officielle israélienne ferait "le jeu de telles provocations"
et que les déclarations du président iranien ne pouvaient
que lui faire du tort.
De nombreux historiens ont effectué des recherches sur le
génocide depuis 1945, confirmant que le nombre de juifs assassinés
était de cinq à six millions, le chiffre de six millions
ayant été donné par le criminel de guerre nazi
Adolf Eichmann.
En avril, M. Ahmadinejad avait estimé qu'il y avait "un
sérieux doute" sur l'existence de l'Holocauste.
"S'il y a un sérieux doute sur l'holocauste (des juifs),
il n'y a pas de doute sur la catastrophe et l'holocauste qui touchent
les Palestiniens", avait alors dit le président Ahmadinejad.
"Certaines puissances occidentales croient que, lors de la Seconde
Guerre mondiale, une importante population juive a été
tuée et, pour compenser cette catastrophe, ils ont créé
le régime (sioniste)", avait-t-il affirmé.
"Si une telle catastrophe est vraie, pourquoi sont-ce les peuples
de la région qui devraient en payer le prix ?", avait-il
ajouté.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert avait mis en garde
l'Occident contre la menace que représentait, selon lui, le
président iranien qu'il avait comparé à Adolf
Hitler.
Dans plusieurs pays occidentaux, dont la France et l'Allemagne, les
propos ou écrits niant la réalité de l'extermination
des juifs sont passibles de poursuites judiciaires pouvant aller jusqu'à
des condamnations à des peines
de prison.
Source : AFP, 16 juin 2006
17/06/06 - Menahem Begin et l'attentat contre
Adenauer en 1952
par Adrien de Tricornot, Le Monde, 16 juin 2006
Francfort - Le mystère de l'attentat manqué contre le
chancelier allemand Konrad Adenauer, le 27 mars 1952, vient sans doute
d'être levé. Selon une enquête de la Frankfurter
Allgemeine Zeitung (FAZ), publiée mardi 13 juin, l'opération
aurait été orchestrée par le futur premier ministre
israélien et Prix Nobel de la paix Menahem Begin. Alors député
et président du parti nationaliste Herout - issu de l'organisation
terroriste dissoute Irgoun, dont il avait été commandant
-, M. Begin s'opposait à un accord d'indemnisation des victimes
de la Shoah que le chancelier négociait avec le gouvernement
de David Ben Gourion. Le génocide ne pouvait être racheté
par l'"argent ensanglanté" qu'offrait le "peuple
meurtrier", dénonçait alors Begin dans ses discours.
La révélation de son implication dans la tentative
d'attentat s'appuie sur les écrits du principal acteur de l'opération,
Elieser Sudit. Cet ancien artificier de l'Irgoun avait fabriqué
la bombe et l'avait dissimulée dans un livre. Il avait ensuite
remis le colis à un complice, qui l'avait lui-même confié
à deux gamins, à la gare de Munich, leur demandant de
le poster. Mais ils s'étaient méfiés de ce paquet
suspect adressé au chancelier Adenauer. L'engin avait finalement
explosé dans un commissariat de Munich, tuant un policier chargé
de le désamorcer. Des lettres piégées avaient
été aussi expédiées aux négociateurs
de l'accord.
Ces actions avaient été revendiquées par une
"organisation des partisans juifs" "pour venger le
sang des millions de juifs tués par l'Allemagne". Quelques
jours plus tard, Elieser Sudit était arrêté à
Paris - où il avait fabriqué la bombe -, ainsi qu'un
journaliste israélien et trois membres du Herout, dont le député
Elieser Shostak. Faute de preuves, ils avaient été expulsés.
Menahem Begin aurait défendu les membres de son parti auprès
du chargé d'affaires français à Tel-Aviv.
Spécialiste de ce dossier, le journaliste berlinois Henning
Sietz en avait déjà dévoilé de nombreux
aspects dans son livre, publié en 2003, Attentat contre Adenauer.
L'histoire secrète d'un attentat politique (éditions
Siedler).
Pour compléter le puzzle dans la FAZ, M. Sietz a déniché
un opuscule quasiment introuvable, publié à compte d'auteur
par Elieser Sudit en 1994 : Mission de conscience. Elieser Sudit a
attendu le décès de Menahem Begin pour coucher ses souvenirs
sur 146 pages, sans publicité. Selon les extraits publiés
par la FAZ, l'artificier a pris contact, au printemps 1952, avec le
leader nationaliste, qui "était même prêt
à une action symbolique dans le but d'exprimer notre colère,
même si nous ne pouvions être en mesure d'empêcher
l'accord", écrit Elieser Sudit. Menahem Begin aurait organisé
une rencontre avec deux députés du Herout, Jochanan
Bader et Chaim Landau, et un ancien chef des renseignements de l'Irgoun,
Abba Scherzer. Il aurait été décidé d'envoyer
Elieser Sudit à Paris, où il pouvait disposer d'appuis,
afin de préparer la bombe-livre.
Les participants à la réunion pensaient que les envois
n'atteindraient pas leurs buts, mais voulaient "réveiller
la conscience du monde". Menahem Begin aurait proposé
de mettre en vente sa montre en or pour financer l'opération.
Elieser Sudit aurait dissimulé son matériel explosif
dans des étuis à cigares ou des bouteilles de médicaments
contre l'asthme. Arrivé à Paris, il aurait acheté
les composants manquants passage de l'Hôtel-de-Ville, ainsi
qu'un volume de l'encyclopédie Brockhaus, lettres L à
Z, pour dissimuler la bombe.
Après l'attentat manqué, Elieser Sudit n'a pas su
rester discret, acceptant d'aider ses amis parisiens du Betar à
déménager une cache d'armes et dissimulant des pistolets
et des munitions sous le matelas de sa chambre d'hôtel. Finalement
arrêté et expulsé, il sera condamné à
quatre mois de prison à son retour en Israël.
16/06/06 - Ehoud Olmert : "trois conditions
sine qua non"
Ehoud Olmert a tenté mercredi de convaincre Jacques Chirac
du bien-fondé de son plan de retrait de Cisjordanie, apparemment
en vain jusqu'ici : le président français continue de
plaider, lui, pour une reprise des négociations entre Israéliens
et Palestiniens.
Le rétablissement de la paix "suppose une reprise des
négociations entre Israël et l'Autorité palestinienne",
a réaffirmé M. Chirac en accueillant à l'Elysée
Ehoud Olmert. Lors de leur déjeuner de travail, Jacques Chirac
lui a "redit, en détaillant les raisons, la priorité
absolue que la France accordait à un processus négocié
entre Israël et les Palestiniens", expliquait-on au sein
de la délégation française.
Côté français, on refusait de prendre position
sur le plan de retrait unilatéral de Cisjordanie, qu'Ehoud
Olmert envisage si les négociations s'avèrent impossibles
avec les Palestiniens et qu'il a longuement exposé à
son hôte mercredi.
"Ce plan est inévitable. Il sera appliqué, je
l'espère avec un accord (des Palestiniens) mais il sera appliqué",
a prévenu Olmert devant des journalistes après son entretien
avec Jacques Chirac.
"Si nous parvenons à la conclusion, après un délai
raisonnable et en concertation avec nos partenaires de la communauté
internationale, qu'ils (les Palestiniens) ne sont pas prêts,
nous avancerons sans avoir un accord", avait expliqué
mardi Olmert dans "Le Figaro".
En visite à Londres,Olmert avait précisé mardi
que ce retrait ne serait pas total, contrairement à la Bande
Gaza, et que l'Etat hébreu conserverait certains secteurs de
la Cisjordanie. Israël a conquis la Cisjordanie et la Bande de
Gaza lors de la guerre des Six-Jours en juin 1967. L'an dernier, l'Etat
hébreu a retiré son armée et ses colons de toute
la Bande de Gaza.
Devant Jacques Chirac, Olmert a rappelé les "trois conditions
sine qua non" pour une reprise des négociations : "arrêt
du terrorisme, le respect des accords signés entre Israéliens
et Palestiniens et la reconnaissance par les Palestiniens du droit
à l'existence d'Israël".
"Aujourd'hui plus que jamais (...) nous sommes prêts et
nous désirons faire tout le nécessaire pour que, sur
la base de ces trois conditions et de la feuille de route, nous puissions
reprendre de véritables négociations avec l'Autorité
palestinienne", a-t-il assuré.
"Ce conflit israélo-palestinien a duré depuis
trop longtemps" et le retour à la paix "suppose une
reprise des négociations entre Israël et l'Autorité
palestinienne", a insisté de son côté Jacques
Chirac.
Olmert s'est aussi dit prêt à accepter le mécanisme
européen de transfert de fonds aux Palestiniens à des
fins humanitaires, projet soutenu par Paris. Mais il refuse que l'argent
soit "versé pour les salaires de l'administration"
ainsi que tout "soutien direct ou indirect à des agences
gouvernementales".
Pour sa première visite officielle en France, Olmert a rendu
un hommage appuyé à Jacques Chirac, "un des hommes
les plus brillants, qui est à la tête, à la pointe
du combat contre l'antisémitisme". Jacques Chirac a assuré
Olmert de sa "volonté de concertation étroite sur
tous les sujets" avec Israël.
Ces marques d'amitié interviennent alors que les relations
entre les deux pays ont été longtemps tendues, les Israéliens
accusant Paris d'être pro-palestinienne et, plus récemment,
de lutter insuffisamment contre l'antisémitisme. Ces relations
se sont toutefois nettement réchauffées depuis la visite
en France du président israélien Moshé Katsav
le 16 février 2004, suivie de celle d'Ariel Sharon le 27 juillet
2005.
Dans l'après-midi, Ehoud Olmert a inauguré le "Mur
des Justes", qui porte les noms des 2.693 "Justes"
français, au mémorial de la Shoah à Paris, en
présence du Premier ministre Dominique de Villepin et du maire
de Paris Bertrand Delanoë.
"En risquant par leurs actes leur vie et leur avenir",
ils "n'ont pas seulement sauvé des juifs, ils ont sauvé
l'honneur de l'homme", a souligné M. Olmert. Alors que
"l'Etat français a secondé la folie nazie",
"les Justes de France ont sauvé l'âme de notre nation",
a renchéri M. de Villepin
Source : agences de presse
16/06/06 - Olmert-Chirac : l'amour est tellement
fusionnel qu'on a de + en + de mal à distinguer deux pays...
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé
mercredi à Paris qu'il y
avait un "accord total" avec la France sur le dossier du
nucléaire iranien,
dans des déclarations à des journalistes l'accompagnant.
"Il y a eu un accord total sur l'Iran. C'est un sujet que nous
avons discuté
à fond", a dit M. Olmert après un entretien avec
le président Jacques
Chirac.
"La France a été le pays occidental le moins disposé
à faire des concessions
à l'Iran", a ajouté le Premier ministre israélien.
M. Olmert a souligné à de nombreuses reprises que la
menace iranienne, selon
lui, ne visait pas seulement Israël mais tout le monde occidental
et
l'Europe.
Le représentant de la diplomatie de l'Union européenne,
Javier Solana, a
présenté le 6 juin à Téhéran des
propositions de coopération au nom des
grandes puissances.
Ces dernières, qui craignent que Téhéran cherche
à se doter de l'arme
atomique, espèrent que ces propositions convaincront l'Iran
de suspendre
toutes leurs activités d'enrichissement d'uranium.
MM. Chirac et Olmert ont discuté du dossier nucléaire
iranien, avait-on
auparavant indiqué de source française.
Le chef de l'Etat a expliqué la démarche des Européens
(France,
Grande-Bretagne et Allemagne), associé aux Etats-Unis, à
la Russie et à la
Chine, pour que "l'Iran respecte ses engagements et se voit reconnaître
le
droit au nucléaire civil".
Source : AFP, 14 juin 2006
16/06/06 - Le "Mur des Justes" inauguré
à Paris
"Justes" et juifs sauvés par des non-juifs se recueillent
devant le "Mur des
Justes"
Plusieurs centaines de juifs se sont retrouvés
dans un moment de profond recueillement mercredi soir avec des "Justes",
des
non-juifs qui leur ont sauvé la vie ou celle de leurs proches,
à l'occasion
de l'inauguration du "Mur des Justes", dans le quartier
du Marais, à Paris.
Sur ce Mur, d'une quarantaine de mètres, inauguré dans
l'après-midi par les
Premiers ministres français Dominique de Villepin et israélien
Ehud Olmert,
ont été gravés les noms de 2.693 Français
ayant protégé ou sauvé des juifs
pendant l'occupation nazie. La "médaille du Juste"
est décernée par le
musée-mémorial israélien de la Shoah Yad Vashem.
"C'est formidable de rendre ainsi hommage à des Justes,
même si je trouve
cela un peu tardif. Moi-même, j'ai été sauvée
en 1941, à Aix-en-Provence,
par des non-juifs. Je ne l'oublierai jamais", explique à
l'AFP la chanteuse
et comédienne Régine.
"Je ne me sens pas héroïne. Ce que j'ai fait est
normal. C'était le fruit de
mon éducation", affirme Hélène Duc, 89 ans,
qui, à Bergerac et à Marseille,
avec sa mère Jeanne, institutrice, a sauvé des dizaines
de juifs.
"Nous leur trouvions des maisons, des meubles. Il y avait en
province moins
de dénonciations qu'à Paris. Nous sauvions aussi des
juifs allemands et des
parachutistes anglais", ajoute-t-elle, extrêmement émue.
Dévoilant, aux côtés du président du Mémorial
de la Shoah, Eric de
Rotschild, les 37 plaques de bronze constituant le Mur, le maire socialiste
de Paris, Bertrand Delanoë a rappelé l'importance de l'allée
des Justes.
"Nous sommes ensemble, debout, et déterminés à
vivre ensemble, autour des
valeurs de la civilisation, et des valeurs de la France qui sont:
liberté,
égalité, fraternité !".
"Que vive cette fraternité", lance Sarah Zajdner,
96 ans, seule rescapée de
sa famille d'Auswhitz où elle fut emmenée le 1er mai
1944. "Nous avons été
emmenés, mon père et mes trois frères, dans une
rue toute proche. Quelle
émotion, cette journée", dit-elle.
Egalement présents, Jacques et Hélène Wawer
se rappellent comment, enfants,
ils ont vu leur père partir lors d'une rafle de la police le
20 août 1942.
"C'était à Barenton, dans la Manche. Nous devons
la vie à des religieuses,
et à une famille, les Bouquey, qui ont été reconnus
Justes. Notre
reconnaissance est immense", dit M. Wawer.
Les "Justes" français ont participé, par
leur action, à la survie des trois
quarts des 330.000 juifs de France, dont les autorités sous
l'occupation ont
collaboré avec les nazis.
Lors de l'inauguration, le Mémorial de la Shoah a présenté
un document de
252 pages intitulé "Les Justes de France", qui accorde
une place très
importante aux personnalités religieuses ayant sauvé
des juifs et figurant
parmi les Justes.
Sont cités notamment les cardinaux Jules Saliège, Pierre-Marie
Gerlier -
pourtant rallié, en 1940, au maréchal Pétain
-, Mgr Paul Rémond, - l'oncle
de l'historien René Rémond - Mgr Pierre-Marie Théas,
Mgr Gabriel Piguet, le
jésuite Pierre Chaillet, fondateur de Témoignage chrétien,
et des
religieuses, soeur Marie-Régis et soeur Marie-Paule.
Les pasteurs protestants sont également nombreux, notamment
Marc Boegner,
André Dumas, Albert Delord et Paul Haering, ainsi que son épouse
Suzanne.
La France, selon le Mémorial de la Shoah, compte le plus grand
nombre de
Justes, après la Pologne (5.941) et les Pays-Bas (4.726), loin
devant
l'Allemagne (427), ou l'Italie (391).
Source : AFP, 14 juin 2006
14/06/06 - Paris, 14 juin 2006 : un Injuste
inaugure un Monument aux Justes
Les Premiers ministres français et israélien Dominique
de Villepin et Ehud Olmert doivent inaugurer mercredi après-midi
à Paris, le "Mur des Justes", où sont gravés
les noms de 2.693 Français ayant protégé ou sauvé
des Juifs pendant l'occupation nazie.
La cérémonie, à laquelle participera le maire
de Paris Bertrand Delanoë, sera une "occasion exceptionnelle
d'associer Israël, qui a créé le terme de +Juste+,
le gouvernement français, et le Mémorial de la Shoah
dans un remerciement public à l'égard de non-Juifs qui
ont sauvé des Juifs", a expliqué lundi à
l'AFP Jacques Fredj, directeur du Mémorial, situé dans
le quartier du Marais, dans le centre de Paris.
La cérémonie, qui sera entourée de mesures de
sécurité exceptionnelles, aura lieu en présence
de nombreux "Justes", mais elle ne sera pas "religieuse".
"Nous célébrerons la vie et l'espoir", a souligné
M. Fredj.
Le Mur, d'une trentaine de mètres, consiste en 37 plaques
de bronze installées dans l'"allée des Justes",
qui jouxte le Mémorial. Y sont inscrits le nom, le prénom,
le lieu de sauvetage et le nom de la région -essentiellement
la région parisienne- où ont agi les "Justes".
De nouveaux noms seront ajoutés chaque année, Israël
attribuant le "titre" à une centaine de Français
par an.
Le "Mur des Justes" est érigé, à côté
du "Mur des Noms" déjà construit à
l'entrée du Mémorial de la Shoah où sont gravés
les noms des 76.000 hommes, femmes et enfants juifs déportés
depuis la France entre 1942 et 1944.
Ce mur rend hommage aux personnes qui ont reçu -où
dont les ayant-droits ont reçu- la "médaille du
Juste", décernée par le musée-mémorial
israélien de la Shoah Yad Vashem à des personnes ayant
sauvé des Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale,
surtout pendant les années 1943 et 1944.
Plusieurs dizaines de "Justes" français sont ainsi
cités chaque année. Le 1er juin, des médailles
ont été décernées notamment à Janine
Louis Marty, qui, petite, sauva, avec ses parents et sa grand-mère,
son amie Lea, dans l'est de Paris, et à la mémoire d'Eugénie
Labolle, aujourd'hui décédée, qui avait caché
et sauvé six enfants et onze adultes à Malakoff, près
de Paris, et dans un village de la Nièvre, prenant ainsi d'énormes
risques.
Les médailles ont été remises par le chargé
d'affaires d'Israël, Rafael Barak, en présence du président
du Mémorial de la Shoah, Eric de Rothschild.
Le Mémorial de la Shoah a été inauguré
en janvier 2005 pour raconter l'histoire des Juifs de France.
L'action des Justes français a contribué à la
survie des trois quarts des 330.000 Juifs de France.
La France, selon le Mémorial de la Shoah, compte le plus grand
nombre de Justes, après la Pologne (5.941) et les Pays-Bas
(4.726). 410 Allemands se sont vus décerner le titre.
Ce titre de "Juste parmi les Nations" est décerné
depuis 1963. En janvier 2006, 21.310 personnes au total dans le monde
avaient reçu la médaille.
Le Mémorial est soutenu financièrement par la Fondation
pour la Mémoire de la Shoah, créée en 2000 et
dont la dotation provient de la spoliation des juifs de France. Source
: AFP, 13 juin 2006
14/06/06 - Ehud Olmert veut que Jacques Chirac
devienne "un partenaire" de son plan
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a souhaité
lundi soir à Londres que le président français,
Jacques Chirac, qu'il doit rencontrer mercredi, devienne "un
partenaire" de son plan de paix avec les Palestiniens.
"Je crois qu'il va devenir un partenaire de ce processus (...)
je ferai tout pour le convaincre d'accompagner" le plan, a dit
M. Olmert lors d'une rencontre avec des représentants de la
communauté juive.
Ehud Olmert souhaite fixer unilatéralement les frontières
d'Israël en Cisjordanie s'il ne parvient pas à négocier
avec les Palestiniens.
Après un entretien qu'il a jugé encourageant lundi
avec son homologue britannique, Tony Blair, il s'est engagé
à nouer avec M. Chirac "une relation amicale comme il
en avait une avec Ariel Sharon".
M. Olmert a jugé que la France avait "une nouvelle compréhension"
de la situation au Proche-Orient. Il y a, a-t-il dit, "une nouvelle
attitude amicale de la France".
Il s'est également félicité qu'"un vent
nouveau souffle en Europe".
"Nous ne voulons pas boycotter l'Europe", a-t-il poursuivi,
avant de s'engager à "essayer de bâtir une relation
amicale avec d'autres gouvernements européens, comme celui
de Romano Prodi en Italie". Source : AFP, 12 juin 2006
14/06/06 - Défilé de ministres
et de responsables politiques au gala de soutien à Radio J
De nombreux ministres et responsables politiques de droite et de
gauche ont pris part lundi soir à Vincennes (Val-de-Marne)
au gala de soutien à Radio J, l'une des radios de la communauté
juive, qui fêtait son 25e anniversaire.
Le gouvernement était largement représenté à
ce dîner de gala, avec notamment Philippe Douste-Blazy (Affaires
étrangères), Renaud Donnedieu de Vabres (Culture), Christian
Estrosi (Aménagement du territoire) ou Xavier Bertrand (Santé).
De nombreuses autres personnalités politiques étaient
présentes, dont les socialistes François Hollande, Laurent
Fabius, Dominique Strauss-Kahn, Julien Dray, et à droite, Claude
Goasguen, Nicole Guedj ou Pierre Lellouche, de même que Philippe
de Villiers, président du Mouvement pour la France.
Tous ont dénoncé dans de brèves interventions
le racisme et l'anti-sémitisme, devant plusieurs centaines
de personnes, avant l'organisation d'une collecte publique qui a rassemblé
170.000 € d'engagements de dons au profit de la radio associative,
qui est animée par Frédéric Aziza.
Radio J a été créée le 16 juin 1981,
dans la foulée de l'élection de François Mitterrand
qui permit l'éclosion de nombreuses "radios libres".
Source : AFP, 13 juin 2006
14/06/06 - Lorsque l'Agence juive veut faire
prendre ses désirs pour des réalités et reconstruit
le troisième Temple de Jérusalem, du moins sur la carte...
par David Shapira, Arouts7 (site web sioniste proche des colons),
12 juin 2006
Le ministère de l'Éducation israélienne en
coopération avec l'Agence juive ont distribué à
des milliers élèves scolarisés dans des dizaines
d'écoles juives en Russie une carte moderne de la ville de
Jérusalem sur laquelle figurait, à la place de la mosquée
d'El-Aksa, le futur troisième Temple reconstruit. Suite à
la publication et la distribution de cette carte où apparaissait
entre autres le logo de l'Agence juive, les réactions ne se
sont pas fait attendre: "C'est une manipulation politique qui
a été préparée avec l'aide d'éléments
quasi-officiels. C'est d'autant plus grave que cette carte est destinée
à des adolescents qui ne vivent pas en Israël et son objectif
est bien évidemment de les orienter politiquement", ont
déclaré certains.
En verso du plan de Jérusalem apparaît une autre carte
biblique comprenant les frontières promises par l'Éternel
au patriarche Abraham et qui englobent également une partie
de l'Irak. Cette carte est annotée par le nom des responsables
de l'Agence juive et de l'adresse email du responsable auprès
du ministère de l'Éducation.
Au sein du ministère on a réagit en ces termes: "Cette
carte a été diffusée par l'Agence juive dans
l'objectif de donner un aperçu de la vieille ville de Jérusalem
au temps de la Bible. Nous avons pris conscience de l'erreur et nous
la corrigerons lorsque nous réimprimerons de nouvelles cartes".
L'explication des responsables de l'Agence juive était quant
à elle moins convaincante: "Une regrettable erreur s'est
produite au moment de la traduction. Deux cartes de Jérusalem,
une moderne et une autre, représentante la ville sainte à
l'époque biblique, se sont entremêlées avec le
résultat que nous connaissons."
L'Agence juive, institution qui a depuis fort longtemps anticipé
sur les événements à venir, aura eu au moins
le mérite de nous prévenir de la future et prochaine
reconstruction du troisième Temple de Jérusalem. Source
: http://a7fr.net/Default.aspx?tabid=52&articleType=ArticleView&articleId=8720,
14/06/06 - Le monopole suédois de vente
des spiritueux au détail recule devant les pressions israéliennes
par Kristoffer Larsson, http://www.imemc.org/content/view/19296/1,
12 juin 2006
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le
réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es), dont fait aussi partie l’auteur. Cette traduction
est en Copyleft.
Systembolaget, la société qui détient le monopole
de la vente au détail des spiritueux en Suède, avait
reçu des plaintes après avoir étiqueté
ses deux vins casher en provenance des hauts plateaux du Golan : «
Produit en « Israël » ». Le public, qui s'était
ému, protesta contre cet étiquetage
incorrect. Rappelons qu'en effet, Israël a conquis le Golan sur
la Syrie en
1967 et que, sous l'empire de la Résolution 497 de l'Onu, le
Golan n'est pas considéré du tout comme faisant partie
d'Israël : il s'agit d'un territoire militairement occupé.
A la suite de ces plaintes, Systembolaget a modifié ses étiquettes,
la
semaine passée. Il a spécifié, pour origine des
vins en question : «
Israël - territoire syrien occupé ». Toutefois,
cette décision a été
immédiatement critiquée par Israël et par des organisations
pro-israéliennes. Le Monopole céda très rapidement
aux pressions.
Systembolaget a donc décidé de ne plus indiquer du tout
l'origine de ces
vins !
« Nous tirons la conclusion que nos efforts pour signaler l'origine
de ces
vins - les Hauteurs du Golan - ont fait l'objet de critiques venues
de
différents camps. Nous nous abstiendrons donc désormais
d'indiquer l'origine
de ces produits dans nos documents d'information des consommateurs.
Notre ambition est de continuer à offrir à nos clients
qui souhaitent consommer des vins casher des produits de bonne qualité
», a dit Anitra Steen, directrice du management de Systembolaget
au cours d'une conférence de presse.
Mme Steen est l'épouse du Premier ministre suédois Göran
Persson, lequel est bien connu pour son soutien zélé
et de longue date à Israël. Que cet élément
ait joué ou non dans la décision de Systembolaget est
difficile à dire. Mais cela donne manifestement à la
question un bouquet d'autant plus politique.
14/06/06 - Mouloud Aounit, “le dernier
rempart avant les intégristes”
Un article sur une affaire tragi-comique de Jean-Baptiste de Montvalon
paru sous le titre «L'"islamophobie" secoue le MRAP»
dans le quotidien Le Monde du 7 juin 2006
Né en 1949 sous le signe de la lutte contre l'antisémitisme,
le MRAP traverse une période agitée. Symptôme
de l'évolution profonde de la société française,
c'est aujourd'hui le principe du combat contre "l'islamophobie",
entériné en décembre 2004, qui cristallise les
tensions internes.
Issu d'un réseau créé en 1941 pour sauver des
enfants juifs de la déportation, le Mouvement contre le racisme,
l'antisémitisme et pour la paix (MRAP) a subi une première
transformation, en 1977, en devenant le Mouvement contre le racisme
et pour l'amitié entre les peuples. Autre innovation, en 1989
: le mouvement porte à sa tête un "beur" de
Seine-Saint-Denis, premier dirigeant à ne pas être membre
du PCF. Dix-huit ans plus tard, Mouloud Aounit est accusé de
faire le lit du communautarisme religieux.
L'"islamophobie" ? "C'est un clivage très important",
souligne Emmanuelle Le Chevallier. Pour l'ancienne présidente
de la fédération de Paris, "ce concept va à
l'encontre du principe d'universalité et confond défense
de l'homme et défense d'une religion". "Les laïques
sont traités de "laïcards", ou d'"intégristes
laïcs"", regrette Nadia Kurys, membre de la direction
nationale du MRAP. Président de la fédération
des Landes, Gérard Kerforn voit dans cette notion d'"islamophobie"
la marque d'"un tiers-mondisme primaire, qui conduit à
tolérer dans les religions dites "des pauvres" ce
que l'on n'aurait pas toléré pour d'autres religions".
Présidente du comité MRAP de Marseille, Horiya Mekrelouf
est d'autant plus blessée par ce concept que les militants
de sa fédération "ont reçu des victimes
de l'intégrisme pendant les dix ans de guerre civile en Algérie".
"Désormais, déplore-t-elle, on ne peut plus dénoncer
le caractère réactionnaire de l'UOIF (l'Union des organisations
islamiques de France)."
Dans un contexte - pour partie importé du conflit au Proche-Orient
- de tensions interreligieuses croissantes, le combat contre l'"islamophobie"
a relancé les soupçons d'antisémitisme qui étaient
déjà portés à l'encontre de ce mouvement
et de son président. Tous les faits et gestes de Mouloud Aounit
- comme ses deux apparitions, dans des colloques, au côté
de Tariq Ramadan - sont observés à la loupe, le moindre
dérapage étant immédiatement diffusé et
commenté (très) librement sur Internet.
L'intéressé se dit victime de ces "radicalités"
qui surgissent "de partout" dans la société
française. "Ce n'est pas moi qui ai changé. C'est
l'environnement qui s'est modifié", assure-t-il. L'Islam
? "J'ai vu ma mère plusieurs fois faire la prière,
mon père occasionnellement le ramadan. Mais on ne m'a jamais
interdit de manger du cochon", raconte Mouloud Aounit, qui se
définit lui-même comme un fervent "laïque",
par ailleurs "amateur de bon bordeaux". Cet autoportrait
dessine une première réponse à ses détracteurs,
qu'il accuse implicitement d'avoir déformé ses positions
en s'appuyant sur ses origines.
Des responsables et militants du MRAP ne l'entendent pas de cette
oreille, énumérant les étapes d'une "dérive"
qu'ils dénoncent avec vigueur : la demande de libération
de Maurice Papon, le soutien aux élèves voilées,
et le dépôt de plainte contre France-Soir - en raison
de la publication des caricatures de Mahomet - ont été
les épisodes les plus spectaculaires de cette crise ininterrompue,
provoquant des réactions virulentes et des départs en
cascade.
Certains s'inquiètent d'une propension du président
du MRAP à relativiser l'antisémitisme lorsqu'il est
le fait de populations d'origine arabo-musulmane. "Au prétexte
de ne pas les stigmatiser, on ne peut plus parler du racisme antisémite
en banlieues", déplore Maya Vigier, membre du conseil
d'administration du MRAP et d'un comité parisien.
Mouloud Aounit s'insurge contre ces accusations, assure qu'il fait
l'objet d'une "campagne calomnieuse". Mais il ne récuse
pas la nécessité, à ses yeux, d'un rééquilibrage.
Pour traduire cette idée, selon laquelle un crime commis contre
une personne d'origine maghrébine ne suscite pas la même
émotion que si la victime est juive, il pèse ses mots
: "La République n'est pas équitable par rapport
aux victimes du racisme (...) Je regarde des deux côtés,
y compris celui où les autres ne regardent pas (...). Je n'ai
pas choisi une communauté. Mais j'ai choisi, dans un contexte
particulier, de défendre des gens qui ne sont pas défendus."
Si ce débat complexe et sensible traverse d'autres associations
antiracistes et mouvements politiques, le MRAP y a plongé sans
bouée de sauvetage. "Ce mouvement, qui était très
lié au Parti communiste, n'a pas de tradition de débat
intellectuel", souligne le sociologue Vincent Geisser. "Le
MRAP est la caisse de résonance de la société.
Or nous manquons d'élites qui pourraient nous amener à
rendre compréhensibles des problématiques nouvelles,
auxquelles nous n'étions pas préparés",
convient Mouloud Aounit.
Elu conseiller régional d'Ile-de-France, en 2004, sur la liste
conduite par la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet,
M. Aounit lorgne, dit-on, sur une possible investiture aux élections
législatives en Seine-Saint-Denis. Ses détracteurs ont
fait le lien entre ses prises de position et la préparation
de cette éventuelle candidature dans le "9-3". "Le
concept d'islamophobie lui permet de s'identifier à la communauté
musulmane. Il veut se recycler, et pratique du marketing politique",
estime un ancien dirigeant du MRAP, Alain Calles.
Mouloud Aounit indique qu'il "sera présent, d'une façon
ou d'une autre", lors des prochaines échéances
électorales. Les Français musulmans ? "Cette population
qui, hier, ne votait pas, peut désormais faire et défaire
des députés et des maires", dit-il. Tout en affirmant
que l'enjeu de son combat a une autre envergure : "Je suis le
dernier rempart avant les intégristes."
13/06/06 - Procès des éditions
Alqalam, audience du 7 juin à la Cour dappel de Versailles
: ils en ont vu de toutes les couleurs !
par le Collectif du 7 juin, 12 juin 2006
Rappel : il sagit du procès intenté par la LICRA
contre les Editions Al Qalam pour avoir édité le livre
d'Israel Adam Shamir, L'Autre visage d'Israël (Préface
par Silvia Cattori ; 413 p. Prix public : 20 commandes : FNAC et Librairie
du Monde Arabe, 220 rue Saint-Jacques, 75005)
Ce procès restera longtemps dans les mémoires, vu la
cinquantaine de personnes qui se sont déplacées jusqu'à
Versailles pour soutenir les éditions Al Qalam et la liberté
dexpression. La diversité des gens était un véritable
régal pour les yeux. Jeunes filles, étudiants, adultes,
retraités, hommes, femmes en hijab ou en décolleté,
Noirs, Blancs, Arabo- musulmans, rassemblés par une agréable
journée très ensoleillée, venus de très
loin afin d'apporter leur soutien à M. Cherifi Alaoui qui faisait
appel contre la décision d'une justice pas toujours impartiale.
Les trois avocats noirs de M. Cherifi Alaoui complétaient ce
magnifique tableau de La France d'en bas mais aussi den haut, un échantillonnage
des penseurs raffinés et de toute couleur qui tiennent à
défendre la liberté dexpression en France.
Plusieurs témoins s'étaient présentés
spontanément ou avaient envoyé des témoignage
écrits. Mais Maître Lévy, avocat de la LICRA,
les ayant tous récusés, il y a eu une interruption de
séance. Il n'a accepté qu'un témoignage, et du
bout des lèvres, à titre de renseignement, sans déclaration
de serment, d'une universitaire très compétente en litttérature
et histoire de la littérature, Mme Maria Poumier, qui a décortiqué
le livre et la pensée de Shamir afin d'offrir une vision plus
objective des tenants et aboutissants de l'affaire. Le Président
et ses deux assesseurs ont été très surpris de
ce quils découvraient : toute la richesse du livre et le comportement
paranoïaque de la LICRA pour étouffer la réflexion
antisioniste ! Cétait vraiment un « autre visage dIsraël
»quon avait bien caché aux juges, et qui permettait une
appréciation globale plus proche de la réalité
donc plus juste.
Maître Philippe Missamou et Maître Simplice NKouka ont
fait une remarquable prestation combinant arguments techniques (il
ny a de délit dincitation à la haine, à la violence
et à la discrimination que si cette incitation porte sur un
groupe bien précis, or quoi de plus indéfini et objectivement
divers que la notion de judaïté) , jurisprudence de la
cour de Cassation et de la Cour européenne des Droits de lHomme,
et arguments philosophiques, pour défendre lhonneur de la France
comme haut lieu universellement admiré de la liberté
dexpression.
Maître Missamou a placé le fondement de sa plaidoirie
sur le droit d'expression et d'opinion dont de nombreuses jurisprudences
donnent raison à son client. La LICRA ayant été
déboutée à chaque fois, il s'étonne de
cet entêtement cette fois-ci vis à vis d'un citoyen israélien.
C'est d'autant plus choquant que le président de la LICRA,
M. Gaubert est par ailleurs condamnable pour avoir nié le crime
contre l'humanité qu'est l'esclavage et la traite négrière,
tel quils ont été pratiqués, à une échelle
industrielle et dans des conditions concentrationnaires, par lOccident
pendant 4 siècles. De plus M. Gaubert s'est illustré
par son soutien scandaleux à des chefs d'Etat africains accusé
de crimes contre l'humanité... Il est donc le moins qualifié
pour traiter le livre de Shamir comme un remake de " Mein Kampf
" ou des "Protocoles des Sages de Sion ".
Maître NKouka a insisté sur le fait que lauteur étant
né juif et devenu israélien, il restait juif malgré
sa conversion au christianisme orthodoxe grec - il a cité Mgr
Lustiger, qui a déclaré qu'une personne née juive
le restait toute sa vie - et s'était montré patriote,
ayant fait ses preuves comme officier parachutiste durant la guerre
de 1973; laccusation dantisémitisme était donc une grossière
absurdité. Après lecture et commentaires détaillés
de certains chapitres du livre, il a démontré le message
de justice et de paix qui dominait l'ouvrage. Ensuite il a évoqué
la contradiction entre l'Ancien et le Nouveau Testament et rappelé
que dans les Evangiles ainsi que dans les propos et les actes de Jésus
il y avait davantage de provocations et de raisons pour que la LICRA
intente un procès aux religions chrétiennes pour antisémitisme...Pourquoi
la LICRA ne l'a-t-elle jamais fait ? La peur du ridicule ? Ne serait-ce
pas tout simplement parce que tout être humain à le droit
de critiquer son peuple ou tout autre peuple qui se livre à
des actes graves de violations des droits humains ou des dérives
contraires à ses propres enseignements spirituels ?
M. Cherifi Alaoui a fait une prestation étonnante en rappelant
que lusage veut quon entreprenne des poursuites sur le lieu de linfraction
supposée ; dans le cas particulier, léditeur étant
à Paris, il est évident que la LICRA voulait éviter
que laffaire se traite dans les tribunaux parisiens, parce quelle
y est systématiquement déboutée, les prétentions
et loutrecuidance de la LICRA étant bien connues de la XVIIème
chambre. Le Ministère public ne sest pas exprimé.
Si on ne devait retenir qu'une phrase de ce procès, on retiendrait
celle-ci, qui correspond à la diffusion planétaire des
écrits dIsraël Adam Shamir sur internet, en une dizaine
de langues : comme la dit lun des avocats de M. Cherifi :
" Le rêve d'un auteur passionnant et passionné qui
a réveillé le rêve d'un éditeur. "
Les avocats demandent lannulation pure et simple des poursuites. LAutre
Visage dIsraël est d'une part un formidable appel pour la paix
par des droits humains pour tous palestiniens comme juifs et d'autre
part un livre prophétique, dont plusieurs prédictions
se sont déjà réalisées, et qui donne tous
les outils pour lanalyse du lobby israélien aux Etats-Unis
et dans les pays occidentaux en général, analyse désormais
reprise par plusieurs universitaires usaméricains et par le
New York Times, quoique les médias français tentent
encore détouffer le scandale.
Le verdict sera rendu le 6 septembre prochain.
Dossier complet sur <www.plumenclume.net>
Les témoignages de la défense
au procès Alqalam-LICRA, audience du 7 juin à la cour
dappel de Versailles
Textes déposés et interventions orales faites au Tribunal
à loccasion du procès en appel de M. Cherifi Alaoui
relativement à la publication de LAutre visage dIsraël
d'Israel Shamir.
1. Jean-François Poirier, philosophe
Le livre dIsrael Shamir est un bon livre et un beau livre.
Il a un credo : lindivisibilité de lespèce humaine.
Il nexiste pas de subdivisions dans le genre humain, de sous-ensembles
ni de hiérarchie. En revanche Israel Shamir voit avec désolation
bon nombre de juifs convaincus de constituer une race, et il faut,
selon lui, combattre de toutes ses forces cette conviction délétère.
On peut dire que cette position relève du plus élémentaire
bon sens. Il est navrant que chez les sionistes le bon sens semble
la chose du monde la plus mal partagée.
Israel Shamir défend une conception très pure, très
belle et très honnête de lhospitalité. Chacun
peut ressentir à un moment de sa vie lenvie de quitter son
pays natal et de sinstaller dans un autre pays. Les pays arabes sont
réputés pour pratiquer encore lantique hospitalité,
mais cest abuser de lhospitalité que de sinstaller chez celui
qui vous place à sa table puis de semparer de la maison et
de chasser le maître des lieux. Cest pour avoir gravement manqué
aux lois de lhospitalité que les colonisateurs et les colons
israéliens se sont rendus coupables dun crime immense. Le pardon
nest jamais impossible, encore faut-il rendre ce qui a été
volé. Cest cette façon respectueuse den user avec lhospitalité
qui vous est offerte que ne cesse de défendre Israel Shamir.
Il nous propose ainsi une admirable leçon de morale.
2. Jean-Claude Manifacier, physicien
Je tiens à faire savoir quaprès lecture du livre dIsrael
Shamir Lautre Visage dIsrael je suis extrêmement surpris par
le mauvais procès quon fait à cet auteur. Ce livre qui
porte un regard très critique et parfaitement justifié
concernant la politique criminelle dun État pratiquant le terrorisme
et lexpropriation des habitants de cette terre donne également
des arguments solides pour que la paix sinstalle dans ce pays meurtri.
Loin dêtre un livre de haine, cest tout au contraire un livre
damour.
2. Xavier Lavaud, chef dentreprise
Attestation
Nietzsche a écrit : "il faut défendre les forts
contre les faibles" d'où certaines personnes ont déduit
qu'il était un précurseur du National-Socialisme.
Il est nécessaire de "défendre les forts contre
les faibles", les gens sensibles, intellectuellement intègres
contre la puissance formidable de lignorance.
Shamir est accusé dantisémitisme.
Il me semble quen lisant son texte on y trouve, au contraire, un travail
considérable délimination des principales sources auxquelles
peut salimenter ce sentiment.
Page 101 Shamir détruit parfaitement lune des bases de lantisémitisme
: « Pendant plus dun siècle, les gens de droite restèrent
persuadés que le communisme était un complot juif »
Puis il démontre « Ontologiquement les communistes sont
des chrétiens et non des juifs ».
Page 109 il cite Jeff Blankfort : « dune manière générale,
les juifs nadhérent pas aux dogmes antichrétiens quIsrael
Shahak a décrits (?) en les reprenant de textes religieux juifs
et de leur glose »
Cette observation également est capitale : lantisémitisme
est une pensée magique fondée sur lidée quun
juif, par nature, serait animé dune hostilité particulière
envers les non-juifs.
Page 173 il insiste à nouveau sur linexistence dune ontologie
du Juif (qui conférerait aux personnes dascendance juive des
sentiments spécialement hostiles). Cela aussi cest très
important : par exemple selon une rumeur qui circule sur Internet
: « les juifs ont voulu la guerre en Iraq »
Cependant, un sondage a montré que les juifs américains
sont depuis le début de ce conflit lune des composantes de
la société américaine la plus opposée
à cette guerre.
Shamir, cependant, écrit que la communauté juive organisée
se plie, en majorité, aux exigences de ses chefs autoproclamés
»
Cette question est dordre général : « la communauté
française organisée se plie aux exigences de ses chefs
» (les administrés par rapport à lÉtat
Français) ou encore « la communauté chrétienne
organisée se plie, en majorité, aux exigences des ses
chefs autoproclamés » (son clergé). Nest-il pas
vrai que la langue dominante est celle des dominants ?
Ici apparaît la dimension politique, et au-delà, spirituelle
de cette affaire. Israel Shamir affronte des organisations et parfois
des personnes (dans ce cas, il les nomme) qui sont loin dêtre
dépourvues de moyens de se défendre. Il adopte, alors,
le ton de la polémique allant, dans certains cas, jusquà
ne pas être parfaitement exact. Cependant, quels sont ses lecteurs
? Ceux qui ne le comprennent pas nen tireront, au mieux, que des bouts
de phrases, mais aucune doctrine?En quoi lauteur, dans ce cas, pourrait-il
être tenu pour responsable de lemploi dune citation mal comprise
?
Il serait intéressant de trouver une seule personne qui, après
lecture de cet ouvrage, ait commis, lécume aux lèvres,
une quelconque exaction?Il faudrait examiner de près un pareil
cas.
Le lectorat dIsrael Shamir paraît se composer dadultes, possédant
un niveau dinstruction, de culture, en général élevé
auxquels il semble inopportun dimposer une quelconque censure.
Accuser Shamir dêtre antijuif me parait tout aussi valide que
de reprocher à Dante ou à François dAssise dêtre
antichrétiens.
En revanche, limposition de lourdes sanctions à son éditeur
est un excellent moyen dempêcher le libre débat didées.
Mais cela, serait-ce équitable ?
Versailles appréciera sereinement les périls prétendus
que ferait courir, à lordre public, la publication de ces écrits.
Avant de conclure, je précise que je suis redevable à
I.Shamir dune excellente analyse juridique qui ma beaucoup aidé
dans un litige de nature commerciale qui nentretient aucun lien avec
aucun des acteurs et thèmes abordés dans la présente
attestation.
3. Maria Poumier, témoignage oral, déposé à
titre de simple renseignement, suite au refus de lavocat de la LICRA
de laccepter comme témoignage sous serment.
Israel Adam Shamir est un écrivain dun type exceptionnel, dans
la mesure où il a des admir