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Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés
Les Protocoles des Fous de Sion
 

12/06/06 - La parole à Mahmoud Ahmadinejad - Linterview au Spiegel

 

NDLR Quibla : «Pour moi, cet homme est un deuxième Hitler. Il nie l'Holocauste, ce qui est illégal en Allemagne. Le gouvernement allemand ne devrait donc pas le protéger par l'immunité dplomatique. les autorités devraient plutôt ouvrir une enquête sur lui et l'inculper. »
Ces paroles sont de Charlotte Knobloch, dans une interview donnée à la Bild Zeitung, le 9 juin au lendemain de son élection comme présidente du Conseil central des juifs d'Allemagne, qui dit représenter les 105 000 juifs allemands et étrangers vivant en Allemagne. Madame Knobloch peut se rassurer : Ahmadinejad ne viendra pas assister au Mondial en Allemagne.
Elie Wiesel est, pour sa part, était allé plus loin. La veille, il avait déclaré au quotidien israélien Ha'aretz : «Je suis contre la guerre, je ne peux pas prendre sur moi de m'entendre dire que je suis en faveur de la guerre. Je ne suis pas un général, mais peut-être est-il nécessaire d'envoyer un commando pour détruire les installations nucléaires iraniennes. » Elie Wiesel, prix Nobel de la ...guere ?
Le président iranien suscite les foudres des sionistes et des conservateurs, mais aussi d'une bonne partie de la gauche laïque humaniste, pour deux raisons : il serait en train de préparer l' Iran à se doter d'une bombe atomique et il serait un négationniste de l'Holocauste des juifs. mais qu'a-t-il donc dit, exactement sur l'Holocauste ?

 

NDT : La presse française, en particulier le journal Le Monde sous la signature dAntoine Jacob (30 mai, p. 6), a largement édulcoré le contenu dun entretien accordé à Téhéran, le 22 mai, par le président iranien à trois journalistes allemands. Cet entretien a été publié dans Der Spiegel du 29 mai, p. 22-28. On en lira ci-dessous, dans une traduction française, trois extraits particulièrement significatifs. Au lecteur de se faire sa propre opinion.


Version anglaise intégrale :
http://service.spiegel.de/cache/international/0,1518,418660,00.html

 

Premier extrait sur « lHolocauste »

- SPIEGEL : Il y a eu une grande indignation en Allemagne quand on a appris que vous viendriez peut-être au championnat du monde de football. Cela vous a-t-il surpris ?

- Ahmadinejad : Non, ce nest pas important ; je nai pas du tout compris comment cest arrivé. Cela navait aucun sens pour moi. Je ne peux comprendre toute cette agitation.

- SPIEGEL : Elle provient de vos remarques sur lHolocauste. Le fait que le président iranien nie le meurtre systématique des juifs par les Allemands provoque inévitablement de lindignation.

- Ahmadinejad : Je ne vois pas bien le rapport.

- SPIEGEL : Dabord, vous faites vos commentaires sur lHolocauste. Puis on annonce que vous allez peut-être vous rendre en Allemagne : cela déclenche une agitation. Alors, étiez-vous donc surpris ?

- Ahmadinejad : Non, pas du tout, parce que le réseau du sionisme est très actif dans le monde entier, y compris en Europe ; je nai donc pas été étonné. Nous nous adressions au peuple allemand. Nous navons rien à faire avec les sionistes.

- SPIEGEL : Nier la réalité de lHolocauste est passible de sanctions en Allemagne. Vous est-il indifférent quun mouvement dindignation vous frappe en retour ?

- Ahmadinejad : Je sais que le Spiegel est un magazine renommé. Mais je ne sais pas sil vous est possible de publier la vérité au sujet de lHolocauste. Etes-vous autorisé à tout écrire là-dessus ?

- SPIEGEL : Nous sommes, bien sûr, autorisés à écrire sur les acquis de la recherche historique de ces soixante dernières années. A notre point de vue, il ny a aucun doute sur le fait que les Allemands, malheureusement, portent la responsabilité du meurtre de six millions de juifs.

- Ahmadinejad : Hé bien donc, nous venons douvrir là une discussion tout à fait concrète. Nous posons deux questions très claires. La première est : lHolocauste a-t-il réellement eu lieu ? Vous répondez à cette question par laffirmative. La seconde question est alors la suivante : à qui la faute ? La réponse à cette question est à trouver en Europe et non en Palestine. Cest parfaitement clair : si lHolocauste a eu lieu en Europe, on doit pareillement trouver la réponse en Europe. En revanche, si lHolocauste na pas eu lieu, pourquoi alors ce régime doccupation .....

- SPIEGEL : ? Vous voulez parler de lEtat dIsraël ?

- Ahmadinejad : ? a-t-il pris place ? Pourquoi les pays européens sastreignent-ils à défendre ce régime ? Permettez-moi de soulever encore un autre point. Nous pensons que, si un événement historique est conforme à la réalité, cette réalité viendra dautant plus au grand jour quon multipliera les recherches et les débats à son sujet.

- SPIEGEL: Cest ce qui se fait depuis longtemps en Allemagne.

- Ahmadinejad : Nous ne voulons pas confirmer ou nier lexistence de lHolocauste. Nous nous opposons à tout type de crime contre quelque peuple que ce soit. Mais nous voulons savoir si ce crime a effectivement eu lieu ou non. Si oui, alors ce sont ceux qui en sont responsables qui doivent être punis, et non les Palestiniens. Pourquoi ne permet-on pas de conduire des recherches sur un fait qui sest produit il y a soixante ans ? Après tout, dautres événements historiques, dont certains remontent à des milliers dannées, font lobjet de libres recherches, et même les gouvernements soutiennent ces dernières.

- SPIEGEL : Monsieur le Président, si vous permettez, lHolocauste a eu lieu, il y a eu des camps de concentration, des documents sur lextermination des juifs, un grand nombre de recherches ont été réalisées et il ny a pas le moindre doute sur lHolocauste ainsi que sur le fait, et nous le regrettons amèrement, que les Allemands en sont responsables. Si nous pouvions ajouter un point : le sort des Palestiniens est une tout autre question, qui nous ramène au présent.

- Ahmadinejad : Non, non, les origines du conflit palestinien doivent être recherchées dans lhistoire. LHolocauste et la Palestine sont deux sujets directement liés lun à lautre. Et si lHolocauste a bien eu lieu, alors vous devriez permettre à des groupes impartiaux du monde entier de faire des recherches à ce sujet. Pourquoi restreignez-vous ces recherches à un certain groupe ? Je ne parle naturellement pas de vous mais des gouvernements européens.

- SPIEGEL : Maintenez-vous que lHolocauste nest quun « mythe » ?

- Ahmadinejad : Je naccepte quelque chose comme vérité que si jen suis vraiment convaincu.

- SPIEGEL : Même si tous les spécialistes occidentaux némettent aucun doute au sujet de lHolocauste ?

- Ahmadinejad : Mais il existe deux points de vue à ce sujet en Europe. Un groupe de spécialistes ou de personnes, la plupart avec des motivations politiques, disent que lHolocauste a eu lieu. Puis il y a le groupe de ces spécialistes qui représentent la position contraire et qui, à cause de cela, ont été, pour la plupart, emprisonnés. Par conséquent, un groupe impartial doit être formé pour enquêter et rendre un avis sur ce très important sujet. Car la clarification de cette question contribuera à la résolution de problèmes mondiaux. Sous le prétexte de lHolocauste, une polarisation très forte sest mise en place dans le monde et des fronts se sont formés. Il serait donc très bon quun groupe international impartial examine cette affaire afin de la tirer au clair une bonne fois pour toutes. Normalement, les gouvernements encouragent et soutiennent le travail de chercheurs sur des événements historiques et ne les jettent pas en prison.

- SPIEGEL : A qui faites-vous référence? De quels chercheurs parlez-vous ?

- Ahmadinejad : Vous savez cela mieux que moi ; vous en avez la liste. Ce sont des gens originaires dAngleterre, dAllemagne, de France et dAustralie.

- SPIEGEL : Vous parlez probablement, par exemple, de lAnglais David Irving, du Germano-Canadien Ernst Zündel, qui est jugé actuellement à Mannheim, et du Français Georges Theil, qui, tous autant quils sont, nient lHolocauste.

- Ahmadinejad : Le simple fait que mes déclarations aient provoqué des protestations aussi vives, bien que je ne sois pas européen, et aussi le fait que jaie été comparé à certaines personnes de lhistoire allemande [Adolf Hitler], montrent à quel point latmosphère est, pour les chercheurs, conflictuelle dans votre pays. Ici, en Iran, il ny pas dinquiétude à avoir.

- SPIEGEL : Si nous avons ce débat historique avec vous, cest pour une raison tout à fait actuelle : contestez-vous le droit à lexistence dIsraël ? [1]

- Ahmadinejad : Ecoutez, mes idées sont très claires. Nous disons que, si lHolocauste a eu lieu, alors lEurope doit en tirer les conséquences et ce nest pas la Palestine qui doit en payer le prix. Sil na pas eu lieu, alors les juifs doivent retourner là doù ils sont venus. Je pense quaujourdhui le peuple allemand est, lui aussi, prisonnier de lHolocauste. Soixante millions de gens sont tombés pendant la deuxième guerre mondiale ; la deuxième guerre mondiale a été un crime gigantesque. Tout cela, nous le condamnons ; nous sommes contre les effusions de sang, que le crime soit commis contre un musulman ou contre un chrétien ou un juif. Mais la question est : pourquoi, parmi ces soixante millions de victimes, seuls les juifs sont-ils au centre de lattention ?

- SPIEGEL : Ce nest pas le cas. Tous les peuples pleurent les victimes qua coûtées la deuxième guerre mondiale, les Allemands, les Russes, les Polonais et les autres aussi. Mais nous, en tant quAllemands, nous ne pouvons nous décharger dune culpabilité spéciale, cest-à-dire celle du meurtre systématique des juifs. Mais peut-être devrions-nous maintenant passer au sujet suivant.

- Ahmadinejad : Non, jai une question pour vous. Quelle sorte de rôle les jeunes daujourdhui ont-ils joué dans la deuxième guerre mondiale ?

- SPIEGEL : Aucun.

- Ahmadinejad : Pourquoi devraient-ils éprouver des sentiments de culpabilité envers les sionistes ? Pourquoi devraient-ils, de leur poche, en payer le prix aux sionistes ? Si des gens ont commis des crimes dans le passé, alors ils auraient dû être jugés il y a soixante ans. Un point, cest tout ! Pourquoi le peuple allemand doit-il être humilié aujourdhui parce quau cours de lhistoire un groupe de gens a commis des crimes au nom des Allemands ?

- SPIEGEL : Le peuple allemand daujourdhui ne peut plus rien y faire. Mais il y a une sorte de honte collective pour ces actes commis au nom de lAllemagne par nos pères et nos grands-pères.

- Ahmadinejad : Comment une personne qui nétait pas même née à lépoque peut-elle être considérée comme responsable en droit ?

- SPIEGEL : Pas en droit mais moralement.

- Ahmadinejad : Pourquoi inflige-t-on un tel fardeau au peuple allemand ? Le peuple allemand ne porte aujourdhui aucune responsabilité. Pourquoi le peuple allemand na-t-il pas le droit de se défendre ? Pourquoi mettre ainsi en laccent sur les crimes dun groupe au lieu, bien plutôt, de mettre en relief le grand héritage culturel allemand ? Pourquoi les Allemands nauraient-ils pas le droit dexprimer librement leur opinion ?

- SPIEGEL : Monsieur le Président, nous sommes bien conscients que lhistoire de lAllemagne ne se résume pas aux douze années du Troisième Reich. Néanmoins, nous devons accepter que des crimes horribles ont été commis au nom de lAllemagne. Cela nous ladmettons, et cest une grande réalisation des Allemands dans lhistoire daprès-guerre que davoir affronté leur passé de manière critique.

- Ahmadinejad : Etes-vous prêts à dire aussi cela au peuple allemand ?

- SPIEGEL : Oh oui, nous le faisons.

- Ahmadinejad : Accepteriez-vous alors quun groupe neutre demande au peuple allemand sil partage votre opinion ? Aucun peuple naccepte sa propre humiliation.

- SPIEGEL : Dans notre pays toutes les questions sont autorisées. Mais, bien sûr, il y a des radicaux de droite en Allemagne qui se montrent non pas seulement antisémites, mais aussi xénophobes, et nous les considérons effectivement comme un danger.

- Ahmadinejad : Jai une question à vous poser : combien de temps cela va-t-il durer ? Combien de temps encore, croyez-vous, le peuple allemand doit-il être lotage des sionistes ? Quand cela va-t-il se terminer : dans vingt, cinquante, mille ans ?

- SPIEGEL : Nous ne pourrions parler quen notre nom. Le Spiegel nest lotage de personne ; le Spiegel ne soccupe pas seulement du passé de lAllemagne et des crimes des Allemands. Dans le conflit palestinien, ce nest aucunement sans le critiquer que nous sommes du côté dIsraël. Mais il est un point auquel nous voulons nous tenir fermement : nous sommes critiques, nous sommes indépendants, mais nous nallons pas tolérer, en tout cas pas sans protestations, que le droit à l'existence de lEtat dIsraël, où vivent un grand nombre de survivants de lHolocauste, soit mis en question.

- Ahmadinejad : Cest précisément là ce que nous disons. Pourquoi devriez-vous vous sentir obligés à lendroit des sionistes ? Sil y a vraiment eu un Holocauste, Israël doit se situer en Europe et non en Palestine.

- SPIEGEL : Voulez-vous à nouveau déplacer tout un peuple soixante ans après la fin de la guerre ?

- Ahmadinejad : Cinq millions de Palestiniens sont sans patrie depuis soixante ans. Cest étonnant : depuis soixante ans vous versez des réparations pour lHolocauste et vous devrez encore payer pendant cent ans. Mais pourquoi le sort des Palestiniens nest-il pas ici un objet de la discussion ?

- SPIEGEL : Les Européens soutiennent activement les Palestiniens car naturellement nous avons aussi une responsabilité historique pour quenfin la paix sinstalle dans cette région. Mais ne partagez-vous pas cette responsabilité ?

- Ahmadinejad : Oui, mais lagression, loccupation et le rappel de lHolocauste ne conduisent pas à la paix. Ce que nous voulons, cest une paix durable ; nous devons prendre le problème à la racine. Je suis heureux de constater que vous êtes des gens honnêtes et admettez que vous êtes obligés de soutenir les sionistes.

- SPIEGEL : Ce nest pas ce que nous avons dit, Monsieur le Président.

- Ahmadinejad : Vous avez dit « Israéliens ».[2]

- SPIEGEL : Monsieur le Président, nous parlons de lHolocauste parce que nous voulons aborder le sujet dun éventuel armement nucléaire de lIran, raison pour laquelle lOccident vous considère comme un danger.

- Ahmadinejad : Certains groupes en Occident aiment à qualifier les choses ou les gens de dangereux. Mais, je vous en prie, vous êtes libres den juger comme bon vous semble.

- SPIEGEL : La question fondamentale est : voulez-vous des armes nucléaires pour votre pays ?

- Ahmadinejad : Permettez-moi de vous proposer un sujet de discussion : combien de temps croyez-vous que le monde pourra être gouverné par les discours de quelques puissances occidentales ? Chaque fois quon a quelque chose contre quelquun, alors se donnent libre cours propagande et mensonges, avec diffamations et chantage. Combien de temps cela va-t-il durer ?


Deuxième extrait sur « lHolocauste »


- Ahmadinejad : Je crois que ceux qui emprisonnent les gens qui font des recherches sur lHolocauste préfèrent la guerre à la paix.


Troisième extrait sur « l'Holocauste »


- Ahmadinejad : Je métonne et me demande pourquoi vous adoptez et défendez fanatiquement la position des politiciens européens. Vous êtes un magazine et non un gouvernement. Dire que nous devrions accepter le monde tel quil est signifie que les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale devront rester des puissances victorieuses pour encore mille ans et que le peuple allemand devra être humilié pour mille ans encore. Pensez-vous que ce soit là de la vraie logique ?

Interview recueillie à Téhéran, le 22 mai 2006, par Stefan Aust, Gerhard Spörl et Dieter Bednarz.

Notes :

[1] Les journalistes du Spiegel sont statutairement obligés, au moment de la signature de leur contrat d'embauche, de souscrire l'engagement de défendre le droit d'existence de l'Etat d'Israël (NDT).
[2] Cest quand le journaliste de Spiegel a dit « nous n'allons pas tolérer, en tout cas pas sans protestations, que le droit à l'existence d'Israël, où vivent un grand nombre de survivants de l'Holocauste, soit mis en question" que le président iranien a compris que son journal se soumettait inconditionnellement au gouvernement israélien. Il n'y a pas que pour le législateur que "nommer" ou "désigner" revient, somme toute, au même. (NDT)

 

 

L'ouverture de Bush envers l'Iran sème la zizanie entre Israël et les Néocons

 

par Ori Nir in The Forward, 9 juin 2006 [Etats-Unis]

 

http://www.forward.com/main/printer-friendly.php?id=7937

 

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

Washington - L'offre faite par l'administration Bush d'ouvrir des pourparlers directs avec Téhéran si celle-ci arrête d'enrichir de l'uranium est en train de révéler une fracture politique entre, d'un côté, les néoconservateurs et, de l'autre, le gouvernement israélien + les organisations juives.

 

Certains analystes néoconservateurs sont en train de vouer l'administration aux gémonies, en disant que le fait d'avoir des conversations avec le régime islamiste n'aurait pour seul effet que de le renforcer et de saper l' opposition anti-fondamentaliste en Iran. Ils clament que l'objectif ultime de l'Amérique devrait être de renverser le régime théocratique de Téhéran.

 

« L'administration (américaine) ne peut pas jouer sur les deux tableaux à la fois. Ils ne peuvent pas avaliser le régime (iranien) tout en continuant de parler de liberté pour le peuple iranien », a dit l'analyste « iranologue » Michael Rubin, de l'American Enterprise Institute, une boîte à idées conservatrices de Washington associée de près aux pressions en faveur d'un changement de régime en Irak, récemment. Ancien responsable au Pentagone, ce Rubin a ajouté que la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice « peut bien déblatérer toutes les platitudes qu'elle voudra, quand c'est de liberté dont il s'agit, elle n'a aucune crédibilité. »

 

Des responsables israéliens et plusieurs associations juives influentes, pendant ce temps, s'abstenaient de critiquer la nouvelle approche américaine - décrite par certains experts comme le retournement de veste le plus spectaculaire en matière de politique étrangère sous la présidence Bush - en se contentant d'indiquer qu'ils étaient en faveur de méthodes plus pragmatiques pour bloquer ce qui ressemble furieusement à une embardée iranienne vers l'acquisition d'armes nucléaires. Pour Israël et ces associations juives - en dépit des appels iraniens à la destruction d' sraël - l'objectif fondamental n'est pas le changement de régime, mais d' empêcher l'Iran d'acquérir lesdites armes.

 

Cette brouille semble contredire quelque peu de récents efforts en haut lieu visant à dépeindre le lobby pro-israélien comme un réseau sans couture dominé par des organisations juives et néoconservatrices coordonnant leurs activités avec le gouvernement israélien du moment. Plus particulièrement, cet avis avait été avancé par deux universitaires éminents - John Mearsheimer (un théoricien des relations internationales au top niveau, en poste à l'Université de Chicago) et Stephen Walt, ancien doyen de l'Ecole d' Administration John F. Kennedy (de l'Université Harvard) - dans une étude publiée en mars dernier. Ce « papier Mearsheimer & Walt » a déclenché un débat croissant sur l'influence d'Israël et des organisations juives, qui a débordé jusque dans les pages « opinion » des principaux journaux, dont le New York Times et le Washington Post.

 

Récemment, en raison de la montée de cet intérêt (critique), les dirigeants israéliens ont demandé aux organisations juives américaines d'adopter un profil plus bas sur la question iranienne, avons-nous appris, à Forward [une revue juive américaine de gauche, ndt].

 

Exemple illustratif : une délégation de dirigeants de l'American Jewish Congress a rencontré le Premier ministre israélien Ehud Olmert peu de temps avant de rentrer aux Etats-Unis. [Expression comique, car ces gens-là, on se demande toujours quand est-ce qu'ils « sortent » et quand est-ce qu'ils « rentrent » (et : ou ?). ndt]. A la question de savoir de quelle manière les organisations juives devraient suivre la question iranienne, Olmert aurait implicitement fait savoir qu'il préférerait un profil bas, d'après une source ayant assisté à la conversation.

 

« Nous ne voulons pas que la question tourne autour d'Israël », aurait répondu Olmert, expliquant que, bien que le président iranien focalise sa rhétorique belliqueuse sur Israël, tant Jérusalem que Washington ont intérêt à convaincre la communauté internationale qu'une Iran disposant de l'arme nucléaire représenterait une menace pour la région, mais aussi pour le monde entier.

 

Le président Bush a mis Olmert au jus, peu de temps avant que Rice n'annonce la nouvelle politique américaine, au cours d'une conférence de presse tenue le 31mai dernier, ont indiqué des sources tant américaines qu'israéliennes. Rice a annoncé que Washington était prêt à se joindre à ses alliés européens dans des conversations directes avec l'Iran, si Téhéran « suspendait totalement, et de manière vérifiable, ses activités d'enrichissement et de retraitement. » Rice a indiqué très clairement que Washington n'avait nulle intention d'empêcher l'Iran de développer son programme nucléaire civil.

 

Faisant suite immédiatement aux déclarations de Rice, son homologue israélienne Tzipi Livni a publié un communiqué disant : « Israël apprécie les initiatives et les mesures prises par les Etats-Unis en vue de poursuivre la direction de la coalition internationale et de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher l'Iran d'acquérir une capacité nucléaire. »

 

Un officiel israélien nous a dit [Forward] que Jérusalem était satisfait de la reconnaissance internationale manifeste que « l'instant critique était venu de clarifier la question de savoir si l'Iran est réellement en train de poursuivre un programme nucléaire pacifique, ou bien un programme nucléaire militaire. » Ce responsable a repoussé l'argument avancé par certains opposants à la démarche de Rice, consistant à dire que toute ouverture que feraient les Etats-Unis ne feraient que permettre à l'Iran de gagner du temps, tout en poursuivant son programme d'armement nucléaire et en repoussant les sanctions internationales. L'initiative américaine, a dit un officiel israélien, ne ferait que hâter et renforcer la communauté internationale tandis qu'elle s'achemine vers un règlement de comptes avec l 'Iran, à l'Onu.

 

Le soutien apporté par Israël à la requête faite par Rice et Olmert aux organisations juives d'adopter un profil bas est bien accueilli par la plupart des associations juives. Certaines associations juives avaient même déjà demandé à la Maison Blanche d'arrêter de laisser entendre que les efforts américains visant à bloquer la recherche d'armes nucléaires par l' Iran étaient motivés avant tout par un désir de protéger Israël.

« Les organisations juives n'ont aucun intérêt à devenir le « lobby favorable à la guerre contre l'Iran », a ainsi expliqué un responsable communautaire.

 

Par le passé, quand l'administration cherchait à s'orienter vers l'option diplomatique au lieu de pousser immédiatement dans le sens de sanctions internationales, elle s'attirait les critiques publiques de certaines associations juives. Mais cette fois-ci, alors que certaines associations juives ressentent un certain malaise en raison du virage de l'administration américaine en direction de pourparlers directs avec l'Iran, seul le Jewish Institute for National Security Affairs, de centre droit, a critiqué ouvertement cette initiative.

 

L'an dernier, l'administration Bush ayant accepté de donner à la Russie une chance de négocier un plan qui allait permettre à l'Iran d'enrichir de l' uranium sous supervision internationale, le principal lobby pro-israélien, l 'American Israël Public Affairs Committee [Aipac] a publier une exceptionnelle réfutation de la position de la Maison Blanche. En revanche, cette semaine, en réponse à l'annonce américaine récente, l'Aipac nous [Forward] a envoyé un communiqué aux termes mesurés disant que si l' administration bloque la production d'uranium enrichi par l'Iran en proposant des pourparlers à celle-ci, cela représenterait un « développement positif ». Cette déclaration, toutefois, rappelait la nécessité de ne jamais perdre de vue la mauvaise habitude qu'a l'Iran de décevoir l'Amérique et ses alliés.

 

Des sources Aipac ont dit, cette semaine, qu'elles ne s'attendaient pas à ce que le tournant dans la politique de l'administration américaine remette en cause ses efforts en vue de faire adopter la Loi de Soutien à la Liberté en Iran, un texte visant à renforcer les sanctions américaines contre l'Iran, qui a été massivement avalisé par la Chambre des Représentants, mais qui doit encore être soumis au vote du Sénat. Cette semaine, l'Aipac a envoyer une lettre d'appels de fonds à plusieurs milliers de ses fans, disant : « Pour arrêter l'Iran, nous avons besoin de : vous ! » Un porte-parole de l' Aipac a indiqué que cette lettre s'inscrivait dans le cadre des actions routinières de levée de fonds de cette organisation, et qu'elle n'avait aucun rapport avec la nouvelle stratégie de l'exécutif américain.

 

Certains responsables d'organisations juives partagent l'inquiétude exprimée par beaucoup de détracteurs néoconservateurs de la nouvelle approche américaine, à savoir que des négociations, quelle qu'en soit la forme, ne feraient que donner un délai supplémentaire à l'Iran pour avancer dans son programme d'armement nucléaire.

 

« Pour les Iraniens, la diplomatie est l'autre nom qu'on donne aux délais, aussi ; c'est dangereux », a ainsi dit David Twersky, directeur des affaires internationales à l'American Jewish Congress. Toutefois, a-t-il ajouté, « il serait dangereux, aussi, d'agir précipitamment et prématurément. Les Etats-Unis ne peuvent y aller tous seuls, en disant : « Nous allons imposer des sanctions ! » »

 

La plupart des associations juives acceptent l'argument avancé par l' administration, à savoir que cette ouverture faciliterait à Washington la mise en place de la coalition internationale indispensable si l'on veut imposer des sanctions effectives à l'Iran.

 

« Quand ils considèrent, au fond de l'abîme, les choix à faire, qui, en termes les plus crus, consistent soit à accepter que l'Iran soit une puissance nucléaire, soit à attaquer ce pays militairement, je pense que les gens veulent voir si une troisième voie est possible, permettant d'atteindre le même objectif », a dit Jess Hordes, directeur des relations publiques de la branche de l'Anti-Defamation League de Washington.

 

Ce sentiment était en train de trouver un certain écho parmi certains amis d 'Israël sur la Colline du Capitole. « Dans l'abstraction, qui veut parler au régime iranien, et qui veut lui donner une légitimité et lui permettre de prolonger le petit jeu auquel il est en train de jouer ? » a demandé le républicain Elit Engel, membre de la Commission des Relations Internationales à la Chambre des Représentants. « Mais c'est là le prix que nous devrons sans doute acquitter afin d'obtenir de la communauté mondiale qu'elle adopte une position plus ferme sur l'Iran, en fin de compte. »

 

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Bush Overture To Iran Splits Israel, Neocons By Ori Nir

 

June 9, 2006 http://www.forward.com/main/printer-friendly.php?id=7937

 

WASHINGTON - The Bush administration's offer to open direct talks with Iran and reward Tehran if it stops enriching uranium is exposing a policy rift between neoconservatives on one hand, and the Israeli government and Jewish organizations on the other.

 

Neoconservative analysts are blasting the administration, saying that holding talks with the Islamic regime would serve only to embolden it and undermine the anti-fundamentalist opposition in Iran. They argue that America's ultimate goal should be to change Tehran's theocratic regime.

"The administration can't have it both ways. They can't embrace the regime and still talk about liberty for the Iranian people," said Iran analyst Michael Rubin of the American Enterprise Institute, a conservative Washington think tank widely associated with the push for regime change in Iraq. A former Pentagon official, Rubin added that Secretary of State Condoleezza Rice "can spout whatever platitudes she wants to spout, but at this point, when it comes to liberty and freedom, she has no credibility."

 

Israeli officials and several influential Jewish groups, meanwhile, have refrained from criticizing the new American approach - which some experts are depicting as the most dramatic foreign policy shift of the Bush presidency - saying that they support more pragmatic ways to block Iran's apparent dash toward a nuclear weapon. For Israel and Jewish groups - despite Iranian calls for Israel's destruction - the fundamental goal is not regime change, but to block Tehran from acquiring nuclear weapons.

 

The split appears to fly in the face of recent high-profile efforts to paint the pro-Israel lobby as a seamless network dominated by Jewish organizations and neoconservatives coordinating their activities with the Israeli government. Most notably, such a view was advanced by two highly respected academics - John Mearsheimer, a top international relations theorist based at the University of Chicago, and Stephen Walt, former academic dean of Harvard University's John F. Kennedy School of Government - in a research paper released in March. The Walt-Mearsheimer paper has triggered an escalating debate on the influence of Israel and Jewish organizations that has spilled over onto the opinion pages of major publications, including The New York Times and The Washington Post.

 

Recently, with such scrutiny mounting, Israeli leaders asked American Jewish organizations to lower their profile on the Iran issue, the Forward has learned.

 

In one notable example, a delegation of leaders from the American Jewish Congress met with Israeli Prime Minister Ehud Olmert shortly before returning to the United States. When asked how he thinks Jewish groups should pursue the Iran issue, Olmert reportedly implied that he would prefer a low profile, according to one source familiar with the proceedings.

 

"We don't want it to be about Israel," Olmert is said to have replied, explaining that although Iran's president focuses his belligerent rhetoric on Israel, both Jerusalem and Washington have an interest in convincing the international community that a nuclear armed Iran would be a menace to the region and to the entire world.

 

President Bush updated Olmert shortly before Rice announced the new American policy at a May 31 press conference, Israeli and American sources said. Rice announced that Washington would be willing to join its European allies in direct talks with Iran if Tehran "fully and verifiably suspends its enrichment and reprocessing activities." Rice made clear that America would not attempt to hinder an Iranian civilian nuclear program.

 

Immediately following Rice's comments, her Israeli counterpart, Foreign Minister Tzipi Livni, issued a statement, saying, "Israel appreciates the steps and measures by the United States in continuing to lead the international coalition and in taking all necessary steps to prevent Iran from gaining nuclear capability."

 

One Israeli official told the Forward that Jerusalem is satisfied with the apparent international recognition that "this is the critical time to clarify whether Iran is really pursuing a peaceful nuclear program or a belligerent one." The official dismissed the argument made by some opponents of Rice's move that all the overture by the United States would do is allow Iran to buy time while pursuing nuclear weapons and fending off international sanctions. America's move, the Israeli official said, only would hasten and embolden the international community as it approaches a likely showdown with Iran in the United Nations.

 

Israel's support for Rice and Olmert's request for Jewish groups to take a lower profile are being well received by many Jewish groups. Already, some Jewish groups had been asking the White House to stop suggesting that American efforts to block Iran's pursuit of nuclear weapons are motivated primarily by a desire to protect Israel.

 

Jewish organizations have no interest in becoming "the lobby for war with Iran," one communal official said.

In the past, when the administration chose to pursue diplomatic options instead of an immediate push for international sanctions, it drew public criticism from some Jewish organizations. This time around, while some Jewish groups are uncomfortable with the administration's shift on direct talks with Iran, only the right-of-center Jewish Institute for National Security Affairs openly criticized the move.

 

Last year, when the Bush administration agreed to give Russia a chance to negotiate a plan that would allow Iran to enrich uranium under international supervision, the main pro-Israel lobby, the American Israel Public Affairs Committee, issued a rare public rebuke of the White House. But this week, in response to the recent American announcement, Aipac issued a measured statement to the Forward, saying that if the administration blocks Iran's production of enriched uranium by offering talks, that would be a "positive development." The statement, however, cautioned against losing sight of Iran's habit of deceiving America and its allies.

 

Aipac sources said this week that they don't expect the administration's policy shift to hinder their efforts to pass the Iran Freedom Support Act, a bill aimed at tightening U.S. sanctions on Iran, which has overwhelmingly passed the House of Representatives but must still be voted on in the Senate. This week Aipac sent a fund-raising letter to thousands of its supporters saying "we need your help to stop Iran." A spokesman for Aipac said that the letter is part of the organization's routine fund-raising efforts and not connected to the administration's new strategy.

 

Some officials with Jewish groups share the concern expressed by many neoconservative critics of the new American approach, that any negotiations simply would buy Iran time to advance its nuclear weapons program.

"For the Iranians, diplomacy is a form of delay, so it is dangerous," said David Twersky, director of international affairs for the American Jewish Congress. However, he added, "it will also be dangerous to act precipitously, prematurely. The United States cannot go by itself and say, we are imposing sanctions."

 

Most Jewish groups accept the administration's argument that the overture would make it easier for Washington to put together the international coalition necessary for effective sanctions against Iran.

 

"Looking down the abyss at the choices, which, in their starkest terms, are either accepting Iran as a nuclear power or attacking militarily, I think people are looking to see whether or not a third way can be found to achieve the same purpose," said Jess Hordes, the Anti-Defamation League's Washington affairs director.

 

This sentiment was being echoed among some friends of Israel on Capitol Hill. "In the abstract, who wants to talk to the Iranian regime and who wants to give it legitimacy and to prolong the game they are playing?" said Rep. Eliot Engel, a Democratic member of the House International Relations Committee. "But that's the price we might have to pay in order to get the world community to take a tougher stand on Iran down the line."

 

 

08/06/06 - Elie Wiesel, un portrait critique


Nos amis du RebelMedia Group viennent de créer une encyclopédie en ligne du sionisme, qui est appelée à devenir le" wikipédia" de l'antisionisme, Ziopedia. Nous en publions une des fiches, consacrée à l'inénarrable Elise Wiesel. N'hésitez pas à visiter le site et à l'alimenter

 

Original anglais : http://www.ziopedia.org/components/com_mambowiki/index.php?title=Elie_Wiesel
Version française : http://www.ziopedia.org/components/com_mambowiki/index.php?title=Elie_Wiesel_%28Fran%C3%A7ais%29

 

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseua de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). cette traduction est en Copyleft.
(mise à jour : 2 juin 2006)

 

Eliezer Wiesel (communément connu sous le prénom d'Elie), né le 30 septembre 1928, est un romancier américain de réputation mondiale, Prix Nobel de la Paix et activiste sioniste. Il est l'auteur de plus de quarante ouvrages, le plus célébre d'entre eux - Nuit - étant des mémoires dans lesquels il décrit ce qu'il est censé avoir vécu durant l'Holocauste.

Wiesel vit aux USA où il enseigne, à l'Université de Boston, et où il assure la fonction de président de la Fondation Elie Wiesel pour l'Humanité [Elie Wiesel Foundation for Humanity]

La vie et l'oeuvre littéraire d'Elie Wiesel ont été profondément marquées par son vécu d'Auschwitz, qui différe de tous les récits qui en ont été faits par des témoins oculaires sur un point majeur : les victimes n'auraient pas été exécutées dans des chambres à gaz homicides, mais - pire encore, peut-être - elles auraient été brûlées vives, lentement, dans d'immenses bûchers en plein air [1].

« Pas trés loin de nous, des flammes s'élevaient d'une tranchée - des flammes gigantesques. On brûlait quelque chose, là-bas. Un camion s'approcha du trou et la benne se releva, déversant sa cargaison : des petits enfants. Des bébés ! Oui, je l'ai vu - je l'ai vu de mes propres yeux ! Ces enfants, dans les flammes. (Doit-on s'étonner si j'ai totalement perdu le sommeil, aprés cela ? Le sommeil s'était envolé de mes yeux.) Ainsi, c'est ça, qui nous attendait. Un peu plus loin, il y avait une autre tranchée, plus grande, destinée aux adultes. « Pére », dis-je. « Dans ces conditions, je ne veux pas rester ici, à attendre. Je vais me précipiter sur les fils de fer barbelés électrifiés. Cela serait préférable à cette lente agonie dans les flammes ». »

L'original en français dit en réalité : « à végéter, des heures durant, dans les flammes » [2] , ce qui est une description à laquelle la traduction anglaise n'a pas fait entiérement droit.

« Les flammes s'échappaient d'une haute cheminée, dans le ciel plombé. Vous voyez cette cheminée, là-bas ? Vous la voyez ? Vous voyez ces flammes ? » [3]

Heureusement, Wiesel a été sauvé, par miracle [4] :

« Notre rang n'avait désormais plus que quinze pas à franchir. Je me mordais les lévres pour que mon pére n'entende pas claquer mes dents. Encore dix pas. Huit. Sept. Nous marchions lentement, comme si nous suivions un convoi, mais le convoi de notre propre enterrement. Plus que quatre pas... Trois. Et voilà : nous étions arrivés. Juste en face de nous : la tranchée, et ses flammes. Je rassemblai tout ce qui me restait de forces, pour pouvoir briser les rangs et me jeter sur les barbelés électrifiés. Au fond de mon c¦ur, je dis au revoir à mon pére, et à l'univers entier. Et, malgré moi, les mots se formérent et un murmure s'échappa de mes lévres : « Yitgadal veyitkadach shmé raba » : « Puisse Son nom être célébré et béni ! » Mon c¦ur était sur le point d'éclater. Le moment était arrivé. J'étais face à face avec l'Ange de la Mort. Non ! Arrivés à deux pas de la fosse, on nous donna l'ordre de tourner à gauche, et on nous reconduisit à nos baraquements. »

Le témoignage d'Elie Wiesel continue jusqu'à ce jour à entraîner la confusion chez ses lecteurs. Il décrit comment, alors que l'Armée Rouge était sur le point de libérer le camp d'Auschwitz en janvier 1945, les Allemands qui évacuaient ce camp laissérent aux détenus malades le choix : soit ils prenaient la fuite avec eux ; soit ils attendaient sur place l' arrivée de l'Armée Rouge. Voici les propos authentiques rapportés par Wiesel, sur la maniére dont lui-même et son pére prirent leur décision [5] :

« Le choix était entre nos mains. Pour une fois, nous pouvions prendre une décision nous-mêmes. Nous pouvions rester tous les deux à l'hôpital, où j' avais pu, grâce à mon médecin, le faire entrer tantôt en tant que patient, tantôt en tant qu'infirmier. Ou bien, nous pouvions suivre les autres, qui partaient. « Eh bien ; qu'allons-nous faire, Pére ? » Il ne répondait rien. « Partons avec les autres évacués ! », tranchai-je. »

Plusieurs années durant, Elie Wiesel et son pére avaient vécu dans un véritable enfer, où des gens avaient été brûlés vifs, en masse. Les détenus survivants avaient été brutalisés et maltraités de toutes les maniéres imaginables. Et puis, au début 1945, il y eut une chance de s'échapper des griffes de ces criminels de masse et d'être libérés par les soldats russes, qui avançaient. Et que décident Wisie et son papa ? Ils décident de fuir leurs libérateurs, en compagnie de leurs assassins monstrueux ! Ils décident de demeurer des esclaves dans l'enfer créé par les Allemands diaboliques. Ils décident de s'enfuir, de sortir dans l'incertitude d'une nuit glaciale et noire, sous la garde de leurs Satans teutons. Il semble qu' Elie Wiesel et son pére eussent plus redouté leur libération par l'Armée Rouge que les Allemands, ou le sort qu'ils vraisemblablement fatal qu'ils encouraient en s'enfuyant.

Leur cas n'est pas unique ; il est étayé par les déclarations de Primo Levi. A la journée du 17 janvier 1945, Levi écrit, dans son ouvrage intitulé Survivre à Auschwitz, qu'il aurait voulu suivre une sorte d'instinct collectif, et se joindre aux autres détenus qui s'étaient enfuis avec les SS, s'il n'avait pas été terriblement malade [6] :

« Ce n'était pas une question de raisonnement. Moi aussi, j'aurais probablement suivi l'instinct du troupeau, si je n'avais pas été si faible : la peur est suprêmement contagieuse, et la réaction immédiate qu'elle provoque, c'est de vous pousser à fuir ».

La peur qu'évoque ici Primo Levi, c'est cette peur qui s'empara des détenus - il évoque l'instinct grégaire - et qui les poussa à fuir avec les Allemands. Il semble que tant Wiesel que Levi n'avaient pas réellement peur des Allemands. Il ne semble pas qu'ils aspiraient à être libérés par les Russes, ni qu'ils auraient absolument tout tenté afin d'échapper aux Allemands.

Et Levi nous donne même le résultat de ce référendum avec les pieds : 800 détenus - de surcroît : pratiquement tous invalides - décidérent de rester à Auschwitz. Mais ce sont pas moins de 20 000 déportés qui suivirent les assassins de masse nazis dans leur fuite.

 

Notes

1. E. Wiesel, Night, Hill and Wang, New York 1960, p. 30
2. E. Wiesel, La Nuit, éditions de minuit, Paris 1958, p. 58f.
3. E. Wiesel, op. cit (note 1), pp. 25, 28.
4. Ibid. p. 31
5. Ibid. p. 78
6. P. Levi, Survival in Auschwitz, Summit Books, New York 1986

 

 

06/06/06 - Jours noirs pour le systéme universitaire usaméricain : le renvoi du professeur Giles de Chicago


Source : http://groups.yahoo.com/group/foracademicfreedom/ , 2 juin 2006.

Traduit de l'anglais par Maria Poumier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

L' Université Roosevelt à Chicago (Illinois) a mis à pied un professeur de philosophie et de religion parce qu'il avait permis à ses étudiants de poser des questions sur le judaïsme et l'islam. La directrice du département, Susan Weininger, a fait destituer Douglas Giles, sous prétexte que les étudiants ne devraient pas pouvoir poser n'importe quelle question en cours. Mme Weininger a ordonné au professeur Giles de censurer son programme, de restreindre le champ des questions de ses étudiants, et de ne pas répondre aux questions ou aux commentaires sujets à débat de ses étudiants.
Mme Weininger s'est expliquée : un libre débat sur les différentes religions pourrait « ouvrir la porte à la critique du judaïsme. » Il n'est pas envisageable de mentionner de théme de ce type, dit-elle, que ce soit dans les cours, dans les manuels scolaires ou dans le cadre des examens. Ensuite, elle a ordonné au professeur Giles d'interdire toute discussion sur « la question palestinienne », ou sur les droits des Palestiniens, ou encore sur Jérusalem comme ville sainte selon la foi musulmane, et sur le sionisme. Quand le professeur a refusé de sanctionner ses étudiants, Mme Weininger l'a mis à la porte.
L'Organisation de la Faculté Associée à l'Université Roosevelt (RAFO) a enregistré une plainte, car Giles invoque la charte de la Faculté qui interdit à l'Université de restreindre la liberté académique. Le vice-doyen de l'Université Roosevelt, M. Louis Love, a rejeté la plainte de la RAFO en disant que Weininger était habilitée, en tant que directrice du département, à établir les normes du programme d'un professeur, et qu'il ne s'agissait pas là de liberté académique, mais « d'une question pédagogique ». La RAFO a fait appel et demande un arbitrage, persuadée qu'il s'agit d'une violation de la liberté académique du professeur Giles, et qu'un arbitre impartial confirmerait cette analyse.
Ce cas n'est qu'un exemple parmi des tentatives en nette augmentation, provenant de la droite, de restreindre la liberté académique des professeurs et des étudiants. Ici, un directeur de département avait traité tous les Palestiniens d' « animaux » et dit que les cours de religion au collège devraient enseigner que seuls les juifs peuvent revendiquer légitimement la terre d'Israël ; le même personnage s'est permis de mettre à la porte un enseignant dont le seul « péché » était d'avoir refusé de donner un cours biaisé et d'avoir permis le libre débat dans sa classe. C'est une pratique INADMISSIBLE !
Les étudiants du professeur Giles ont lancé un forum yahoo pour mettre en relation les militants du monde entier qui veulent nous aider à forcer l'Université Roosevelt à en finir avec la censure et à réintégrer Gilles. Pour plus d'information, voir http://groups.yahoo.com/group/foracademicfreedom/ .

 

05/06/06 - Une bourde diplomatique : Le statut de Jérusalem tranché par Québec...


par Taïeb Moalla, La Presse, Montréal, 2 juin 2006

Alors que le Québec revendique plus de place dans les forums internationaux, les autorités provinciales ont commis une bévue diplomatique. Lundi, un coup d'oeil dans le site Internet du ministére québécois des Affaires internationales nous a appris que Jérusalem était la capitale d'Israël. Le hic, c'est que la communauté internationale- y compris le Canada- ne reconnaît pas cette prétention israélienne.

Signalée hier par certains médias, l'erreur a été immédiatement rectifiée et Tel-Aviv est redevenue la capitale israélienne. Jean Fortin, directeur des communications au ministére des Affaires internationales, admet qu'il s'agit d'une " erreur bébête et malheureuse ". Il précise du même souffle que " le Québec, qui s'est toujours aligné sur la politique canadienne, ne veut pas se singulariser ". D'aprés lui, il ne faudrait pas accorder une trop grande signification à une simple " inattention ".

Alain Prujiner, directeur de l'Institut québécois des hautes études internationales, estime que cette affaire " aura une portée limitée et ne causera pas un incident diplomatique puisque le Québec n'est pas doté de la personnalité juridique au niveau international ". Cependant, la province a intérêt à tirer les conclusions de son erreur. " Dans sa quête d'élargir ses compétences internationales, le Québec devra être trés attentif à ce qu'il fait ", ajoute M. Prujiner.

Jérusalem: une ville convoitée

Jérusalem (Al Quds en arabe) est une ville sainte pour les trois principales religions monothéistes. Selon les juifs, c'est là que furent édifiés le premier et le second temples. Dans la croyance chrétienne, c'est dans cette " ville de la Passion " que Jésus a été crucifié avant de ressusciter. Jérusalem est également sacrée pour les musulmans, puisque selon l'islam, Mahomet a effectué son ascension vers le ciel à partir du rocher de cette ville.

Dans le conflit israélo-palestinien, la négociation sur Jérusalem a toujours été une question explosive. Lors du sommet de Camp David, en juillet 2000, son statut a figuré parmi les principaux litiges entre le chef palestinien défunt, Yasser Arafat, et l'ancien premier ministre israélien, Ehoud Barak.

Le plan de partage de 1947 prévoyait que Jérusalem allait constituer un " corpus separatum sous régime international ". Mais dés 1948, le jeune État israélien avait annexé la partie ouest de la ville, alors que la section orientale tombait sous le contrôle de la Transjordanie, soit la Jordanie actuelle.

Aprés la guerre de 1967, l'armée de l'État hébreu occupe Jérusalem-Est. En 1980, le Parlement israélien adopte une loi stipulant que " Jérusalem entiére et réunifiée est la capitale de l'État d'Israël ". Une décision immédiatement condamnée par l'ONU.

Le Canada résume bien le consensus international en spécifiant, sur le site Internet du ministére des Affaires étrangéres, que " le statut final de Jérusalem n'a pas encore été réglé et le Canada, comme la plupart des autres pays, maintient son ambassade à Tel-Aviv ".

En 1995, le Congrés américain a prôné le transfert, à Jérusalem, de l'ambassade des États-Unis. Une exigence qui a toujours été repoussée par la Maison-Blanche.
NDLR Quibla :
La page sans "correction" est encore disponible dans le cache de Google. Voir à
http://72.14.207.104/search?q=cache:JmmZEXbCcs4J:www.mri.gouv.qc.ca/fr/action_internationale/pays_regions/
afrique/israel/introduction.asp+&hl=en&gl=ca&ct=clnk&cd=1&client=firefox-a

 

 


Lobby israélien


05/06/06 - Tenons-nous vraiment à nous discréditer en tant qu'Arabo-Américains ?
par Hussein Ibish, The Daily Star, 19 mai 2006. Original : http://dailystar.com.lb
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
L'auteur est un ancien membre de l'American Task Force on Palestine. Il a écrit ce commentaire spécialement pour The Daily Star.]


Le plus étonnant, dans les réactions à l'article sur l'influence du lobby pro-israélien sur la politique étrangére des Etats-Unis récemment publié par Steven Walt et John Mearsheimer, ce n'est pas le tollé des condamnations venues des pro-israélien, mais bien le fait que des critiques en tout point similaires aient été formulées par d'aucuns, chez les Américains de gauche d'origine arabe.

Cet article, consistant en un ensemble d'observations coulant de source au sujet des agissements d'un des centres de pouvoir les plus influents à Washington, mâtinées de certaines affirmations contestables et de quelques erreurs
[ http://dailystar.com.lb/printable.asp?art_ID=24533&cat_ID=5# ] mineures, n'aurait dû susciter que de rares commentaires. Mais étant donné l'atmosphére d'intimidation pesant sur les cercles politique et universitaire dés qu'il est question d'Israël, sa publication a déclenché une véritable tempête.

La réaction de la droite pro-israélienne était prévisible : « Il n'y a pas de lobby israélien », tonna un ponte connu. Un autre a qualifié l'article des deux universitaires de « pire que les Protocoles des Sages de Sion ».

L'argument massue avancé par certains commentateurs pro-israéliens consista à prétendre que des centaines de millions de dollars, d'innombrables heures de travail et une organisation incessante, à tous les niveaux de la société américaine, depuis des décennies et des décennies, n'aurait joué aucun rôle dans la détermination de la politique américaine contemporaine, violemment israélo-centrique. Pas plus, à leurs dires, que les expressions spontanées d'amour pour Israël, de la part des Américains. Véritable insulte à l'intelligence de tout un chacun, cette affirmation revient à dire que l'effet intentionnellement visé n'aurait pas été produit par sa cause vraisemblable.

Si c'était vrai, l'Aipac [American Israel Public Affairs Committee] ne serait pas une force politique redoutable, mais une fraude et un cas d'abus de confiance remarquables : des millions de juifs américains et de leurs amis ont été escroqués par des rufians sans scrupules qui ne cessent de mendier, sous le prétexte fallacieux qu'il aurait fallu consolider la relation américano-israélienne. Appelez les flics !

Mais, sérieusement : ça n'est possible, personne ne pense ça !

Et voilà qu'entrent en scéne certains commentateurs arabo-américains, prétendument de gauche. Joseph Massad, de l'Université Columbia, et Asaad Abu Khali, de l'Université d'Etat californienne de Stanislaus, ont rejeté le papier Walt & Mearsheimer, et ils sont d'avis que le lobby pro-israélien est fondamentalement hors-sujet.

Dans un article largement diffusé, publié dans la revue Al-Ahram Weekly, Massad alléguait que le vrai probléme, c'étaient les « politiques impérialistes » des Etats-Unis, qui existent indépendamment de l'influence du lobby pro-israélien. Il y a certainement des intérêts impériaux américains qui ont été recherchés de maniéres particuliérement dévastatrices dans les mondes arabe et post-colonial. Mais Massad n'essaie pas d'expliquer comment, pourquoi ou par qui ces fameux intérêts sont déterminés : la seule chose dont il soit absolument certain, c'est que le lobby sioniste n'y joue virtuellement aucun rôle !

De tels arguments sont déterministes, a-historiques et profondément débilitants. Cette pensée a conduit la communauté arabo-américaine à s'exclure elle-même dans une trés large mesure du systéme politique américain, garantissant ainsi sa propre marginalisation et sa propre impuissance à influencer le comportement politique, tout en offrant au lobby pro-israélien un vaste champ ouvert, sans la moindre opposition digne de ce nom.

On constate là une profonde ignorance (ou plus exactement un désintérêt total pour la question) du processus de prise de décision politique américain, tel qu'il fonctionne actuellement. Il n'y a aucune prise de conscience du fait que le gouvernement des Etats-Unis incarne la résultante de leurs parties constituantes, qui aspire à l'influence sur un systéme conçu précisément pour être influencé par les lobbies, dés lors qu'une faction quelconque cherche à influencer d'une quelconque façon tant la politique que la loi.

Au lieu de ces réalités trés terre-à-terre, nous avons des « politiques impériales » amorphes, décrites par Massad comme s'il s'agissait d'un absolu divin, flottant au-dessus d'un spectacle de Kabuki politique. Sa vision est une version simpliste de la politique américaine, dans laquelle le pouvoir serait exercé de maniére automatique et irrésistible par une main impériale cachée ­ une caricature de la vieille idée marxiste qu'il existerait une superstructure sociale.

Cet argument ne saurait rendre compte des développements de la politique américaine envers Israël, à moins d'admettre que les intérêts américains au Moyen-Orient auraient évolué indépendamment, en synchronisation quasi parfaite avec l'accroissement de la taille, des compétences et du pouvoir du lobby pro-israélien.

Prenons par exemple le retrait militaire forcé d'Israël, lors de la crise de Suez, en 1956, suivi par sa victoire grâce au soutien de la France, dans la guerre de 1967, le développement d'un régime de transfert de technologie militaire avec l'administration Nixon, le renforcement des relations durant la présidence de Ronald Reagan, et la convergence quasi totale entre les politiques américaine et israélienne sous Bill Clinton et son successeur George W. Bush ; est-il mieux rendu compte du mouvement vers les derniers développements par les changements dans le climat international que par le développement graduel et recherché d'une influence politique acquise grâce aux efforts d'un lobby ethnique hautement déterminé et de ses alliés ? La mise à l'écart d'un certain nombre de législateurs clés, à la fin des années 1970 et à la fin des années 1980 et la défaite du président George H.W. Bush, qui s'opposa à Israël au sujet des colonies [autant de scalps précieux réclamés par l'Aipac] compteraient donc pour du beurre ? L'adoption, ces derniéres années, d'Israël comme principal centre d'intérêt d'une droite chrétienne fondamentaliste trés bien organisée n'aurait pas de signification particuliére ? A d'autres !

Comme le fait observer le papier Walt & Mearsheimer, les Arabo-Américains sont restés assis sur la touche, pour la plupart d'entre eux, plutôt que de s'engager politiquement, contrairement au lobby pro-israélien. Aprés tout, pourquoi un quelconque homme politique se préoccuperait-il de ce qu'un groupe qui ni ne participe sérieusement, ni ne contribue en temps ou en argent, d'une maniére substantielle ou coordonnée à la vie publique américaine, pourrait bien avoir à dire ?

Si Walt et Mearsheimer sont dans le vrai, alors les Arabo-Américains représentent une grosse part du probléme, en s'excluant du jeu politique et en refusant de défier leurs opposants ou d'assurer une couverture et un soutien à leurs amis. Si, en revanche, ce sont Massad et Abu Khalil qui ont raison, et si les politiques américaines ne sont pas les produits de forces sociales amenées à peser sur les institutions politiques, mais au contraire suivant les diktats d'un impératif impérial inéluctable et ineffable, alors : à quoi bon débattre ?

C'est sans doute en ceci que réside la séduction de cette analyse, au-delà des confins de l'ultra-gauche : elle décroche tant les Arabes que les juifs de leur hameçon, elle les libére de leurs rivalités et elle fait retomber la « faute », comme dit Massad, « sur les Etats-Unis », une entité qui ne ressemble en rien à la résultante de ses parties constitutives. Trés expédient, comme argument, mais aussi totalement erroné.

Nous autres, les Arabo-Américains, nous nous sommes fait échouer nous-mêmes et nous avons fait échouer nos fréres arabes à cause de notre auto-aliénation, de notre auto-exclusion de la vie politique américaine. Alors que des efforts substantiels sont requis et que des obstacles considérables doivent être surmontés, rien n'empêche les Arabo-Américains de s'engager sérieusement dans la politique, ni d'avoir un impact majeur sur la politique extérieure des Etats-Unis, si ce n'est cette tradition consistant à ignorer nos propres intérêts et à nous laisser séduire par des excuses pseudo-révolutionnaires enjôleuses et paralysantes.

Le regretté Edward Said nous mettait en garde contre l'attitude consistant à « rester assis dans notre coin, à faire retomber la faute de nos malheurs sur « les Arabes », étant donné qu'en fin de compte, les Arabes, c'est nous ! », et que nous jouons tous un rôle dans la définition de nos propres conditions sociales et politiques. Il est grand temps, pour les Arabo-Américains, de prendre conscience du fait que nous sommes aussi, exactement de la même maniére, « les Américains » !

Bien loin de blâmer « les Etats-Unis », nous devons nous retrousser les manches, affirmer tout l'éventail de nos droits en tant que citoyens dans le cadre de notre systéme politique, et prendre nos responsabilités afin d'apporter notre contribution à la détermination de la politique de notre gouvernement.