27/05/06 - Comment va la tribu ? En Chine,
ça pète le feu par Amiram Barkat, Haaretz, 21 mai 2006.
Original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/717655.html
Traduit - librement - par Marcel Charbonnier
Au cours d'une intervention controversée, au cours du récent
congrès marquant le centenaire du Comité Juif Américain,
l'écrivain A.B. Yehoshua a prédit que les juifs de la
diaspora ne manqueraient pas de se précipiter en nombre en
Chine, s'il se confirmait que ce pays est effectivement en passe de
devenir une puissance mondiale. Le Dr. Avrum Ehrlich, professeur au
Centre pour les Etudes judaïques et inter-religieuses de l'université
de Shandong [Chine], dit que ce processus est d'ores et déjà
actif.
« La communauté juive à Hong Kong est florissante
», explique-t-il, « il y a au minimum 3 000 juifs aujourd'hui,
qui vivent de manière permanente, rien qu'à Pékin
! »
Au cours des deux siècles écoulés, il y a eu
une présence juive continue en Chine. Cela a commencé
avec des commerçants séfarades, venus avec les Anglais.
Cela a continué avec des juifs russes qui se sont installés
à Harbin (avec, parmi eux, le pépé d'Ehud Olmert).
Durant la Seconde guerre mondiale, beaucoup de réfugiés
allemands [lire : juifs allemands] se sont tout d'abord réfugiés
à Shanghai - un des très rares endroits ouverts aux
juifs, à l'époque.
L'histoire contemporaine de la Chine est ponctuée de personnalités
juives, tel Morris Cohen [« Deux Flingots »], un aventurier
né en Pologne, qui a servi d'agent de liaison entre le gouvernement
taiwanais et les dirigeants de la Chine communiste. Parmi ces personnages
célèbres, Israël Epstein, un intellectuel marxiste
né à Varsovie, et disparu l'an dernier, après
avoir été honoré par tous les présidents
chinois, de Mao à l'actuel - Hu Jintao.
Ehrlich dit regretter qu'aujourd'hui, les relations entre Israël
et la Chine soient limitées aux sphères économique
et militaire, sans réel dialogue culturel. Parmi les nombreux
hommes d'affaires israéliens et juifs qu'il a rencontrés
récemment en Chine, explique-t-il, il y a des contrôleurs
ultra-orthodoxes de la kashrut. « A croire que toute l'industrie
de la kashrut, la production de produits chimiques et de matières
premières se sont délocalisées en Chine !. »,
plaisante-t-il.
Ehrlich doit lui-même sa position sociale actuelle au boom
économique que connaît le pays le plus populeux de la
planète. En 2004, cet Israélien d' origine australienne
âgé de 38 ans s'était rendu en Chine pour y rendre
visite à son frère, qui dirige une usine (dont leur
famille est propriétaire), près de Shanghai. C'est alors
qu'il a entendu parler d'un centre universitaire d'études juives,
dans la province de Shandong, relativement proche. Ehrlich est entré
en contact avec les enseignants et il a proposé une conférence
sur le messianisme.
Très fier, il explique : « On m'a proposé une
chaire de titulaire à plein temps immédiatement après
ma conf'. » Son déménagement en Chine n'a pas
représenté pour lui quelque chose d'extraordinaire,
ce qui se comprend quand on connaît son existence plutôt
chaotique : il a immigré en Israël à l'âge
de seize ans, il a étudié dans quatre yeshivot différentes
et il a été ordonné rabbin à la yeshiva
Tomchei Tmimim située à Kfar Chabad [sans doute sur
les ruines de quelque village palestinien. ndt]. Après quoi
il décida de changer de vie : il étudia à l'Institut
Shalom Hartman, connu pour son pluralisme, ainsi qu'à l'université
Bar-Ilan. Il a terminé son doctorat, consacré aux dirigeants
hassidiques, à l'université de Sidney.
« J'ai constaté qu'en Israël, on ne peut pas faire
grand-chose qui laisse une trace », explique-t-il. « C'est
la raison pour laquelle j'ai cherché un endroit où mon
action pourrait faire une différence. »
Le centre universitaire de Shandong [où il enseigne] a été
créé il y a une dizaine d'années par un universitaire
du coin. D'après Ehrlich, ce centre a reçu en 2004 mandat
du gouvernement chinois de mettre sur pied un curriculum d'études
juives en Chine. « Cela signifiait amener des chercheurs du
monde entier, traduire en chinois tous les classiques juifs et organiser
des séminaires et d'autres activités », explique-t-il.
Ehrlich a établi une liste de 25 classiques juifs fondamentaux
à traduire, dont la Mishna, le Kuzari et le Zohar, ainsi que
les écrits de notabilités comme Maïmonides, Herman
Cohen, le rabbin Cook, Ahad Ha'am et le rabbin Mordechai Kaplan. Quand
on l'interroge sur la qualité du travail de traduction accompli
par des étudiants locaux, il sourit :
« Je dirais que mon boulot a consisté à limiter
les dégâts », dit-il ironiquement. « On leur
a demandé de traduire, alors : ils traduisent. Même s'ils
devront passer les vingt prochaines années à corriger
ces traductions. »
Ce sont au moins huit des 300 universités de la Chine qui
proposent aujourd' hui des cours en études juives. Ehrlich
estime qu'environ une centaine d' étudiants, dans tout le pays,
s'inscrivent en hébreu chaque année, à comparer
à cinq étudiants seulement, dans les années 1990.
Il dit que le Chinois [sic ! « the Chinese ». Ce langage
colonialiste n'est pas le mien, ndt] considère qu'étudier
les juifs est quelque chose d'absolument fondamental pour comprendre
les soubassements de la pensée occidentale.
« Ils voient dans les juifs les démiurges de la pensée
et de l'idéologie occidentales », dit-il. Mais la principale
motivation de cet intérêt pour les juifs n'est ni culturel,
ni intellectuel, explique-t-il. Et, cela, il l' a remarqué
dès son premier voyage en Chine, et même dès son
arrivée - en regardant les livres exposés dans le kiosque
de l'aéroport :
« J'ai vu plusieurs bouquins avec des titres flashy du style
: « Comment devenir un millionnaire juif. »
Par la suite, j'ai compris que lorsque la plupart des Chinois parlent
de la « confiance juive », ils désignent par là
ce qu'ils considèrent comme la capacité phénoménale
des juifs à faire du fric. Je n'y vois rien de négatif,
car j'espère que cela est susceptible de leur permettre d'accéder
à d'autres domaines [du génie juif] également.
»
25/05/06 - Un humour très, très,
très noir
Un étudiant, qui a utilisé des images du camp d'extermination
nazi d'Auschwitz dans une vidéo circulant sur l'internet pour
annoncer une "rave party" inexistante, a été
condamné mercredi à 40 heures de travaux d'intérêt
général par la justice néerlandaise, a annoncé
l'agence de presse ANA. L'étudiant, Dickie Thijssen, 23 ans,
était accusé de discrimination et risquait jusqu'à
un an de prison et 4.500 euros d'amende. Il a reconnu à l'audience
qu'il s'agissait "d'un humour très, très très
noir" et a admis qu'il était allé trop loin. Le
juge a estimé mercredi que ce clip vidéo était
"insultant et offensant". Il faisait la promotion d'un festival
de musique techno intitulé "Housewitz" en référence
au style de musique "House" et au camp d'Auschwitz-Birkenau,
et le slogan du festival, "Tanzen macht frei" (La danse
libère), s'inspirait du credo nazi "Arbeit macht frei"
(le travail libère) qui ornait la porte d'entrée principale
du camp d'Auschwitz, situé en Pologne alors occupée
par les nazis. Dans la vidéo figuraient des images du camp
de la mort, notamment des chambres à gaz, où 1,1 million
de Juifs originaires de toute l'Europe ont été assassinés
pendant la Seconde Guerre mondiale. Le film annonçait que le
festival devait avoir lieu aux Pays-Bas le 4 mai, jour de commémoration
nationale des victimes de guerre mais aucun événement
de ce type n'était réellement organisé. Il avait
suscité l'indignation du ministère néerlandais
de la Justice, du musée d'Auschwitz et du ministère
polonais des Affaires étrangères.
Source : AFP, 24 mai 2006
25/05/06 - La Cour dAppel confirme la condamnation
de « La Paix Maintenant » pour diffamation de CAPJPO-EuroPalestine
par CAPJPO-EuroPalestine, 11 mai 2006
La 11ème Chambre de la Cour dAppel du tribunal de Paris a confirmé
jeudi la condamnation du responsable de « La Paix Maintenant
- Les Amis de Shalom Archav » pour diffamation de CAPJPO, quil
avait accusée davoir commis une agression antisémite,
en mars 2003 à Paris.
Une accusation inventée de toutes pièces, pour tenter
de jeter le discrédit sur une association qui réclame
la fin de limpunité dont bénéficient les crimes
du gouvernement israélien à lencontre du peuple palestinien.
David Chemla, auteur de larticle diffamatoire publié sur son
site lapaixmaintenant.org, avait déjà été
condamné en première instance, par le tribunal correctionnel
de Paris, en juin 2005, conjointement avec les responsables du site
proche-orient.info, auteurs dun article également diffamatoire.
Proche-orient.info avait accepté le jugement, et acquitté
les sommes quil était condamné à payer, «
La Paix Maintenant » choisissant de faire appel, sans avoir,
et pour cause, « darguments » supplémentaires à
avancer pour tenter de justifier lopération de dénigrement
de CAPJPO (aujourdhui, CAPJPO-EuroPalestine).
David Chemla est donc condamné à 1.500 euros damende,
1.500 euros de dommages et intérêts, et 2.500 euros de
paiement des frais de procédure que nous avons encourus. Il
devra en outre publier sur son site un communiqué rendant compte
du jugement le condamnant. Nous donnerons éventuellement des
informations supplémentaires sur cette affaire lorsque larrêt
de la Cour dAppel, dans sa forme écrite, sera disponible dici
quelques jours.
Laffaire remonte aux lendemains dune manifestation anti-guerre, le
22 mars 2003 à Paris, en marge de laquelle deux adhérents
et/ou sympathisants du mouvement de jeunesse sioniste Hashomer Hatzaïr
avaient été blessés. Ni à lépoque,
ni au cours des trois années qui viennent de sécouler,
les autorités policières nont rendu public le résultat
éventuel de leurs investigations sur le déroulement
des faits eux-mêmes.
Mais pour les prévenus, un coupable était immédiatement
trouvé : la CAPJPO, alors même que notre association
navait été impliquée, ni de près, ni de
loin, dans le moindre affrontement. Les mass-médias accordèrent
une large place à cette "affaire de lHashomer Hatzaïr".
Tout en faisant preuve de plus de prudence que proche-orient.info
ou lapaixmaintenant.org, plusieurs grands journaux (Libération,
Le Monde notamment) avaient néanmoins colporté ces rumeurs
sur la CAPJPO. Saffranchissant des règles élémentaires
dun journalisme digne de ce nom, qui auraient voulu quils procèdent
à un minimum denquête indépendante sur les événements,
ils avaient en outre refusé de nous donner la parole, nous
empêchant ainsi de nous défendre publiquement daccusations
aussi infamantes (exception faite de rares publications, dont le journal
LHumanité et lagence de vidéo Digipresse, qui avaient
travaillé sérieusement sur le sujet). Cest pourquoi
nous avions porté plainte dès le mois de mai 2003.
Nous ne pouvons que nous réjouir du jugement prononcé
jeudi par la Cour dAppel. Mais parce que nous navons pas dillusions
sur une presse plus prompte à véhiculer de fausses informations
quà rétablir la vérité quand celle-ci
finit par percer, nous demandons à chacun dentre vous, amis
lecteurs, de nous aider à la diffusion de ce communiqué,
notamment par emails, ou sur tous les sites internet ou radios auxquels
vous pouvez contribuer. Merci davance.
Source : http://www.europalestine.com
25/05/06 - Finkielkraut poursuivi pour avoir
traité d'antisémite le cinéaste israélien
Eyal Sivan
Le philosophe français Alain Finkielkraut était poursuivi,
mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir déclaré
à la radio que le réalisateur israélien Eyal
Sivan était l'un des acteurs de "l'antisémitisme
juif" actuel.
Ce procès devant la 17e chambre du tribunal, présidée
par Nicolas Bonnal, a été l'occasion d'un débat
sur l'histoire des relations israélo-palestiniennes, le film
de M. Sivan oeuvrant, selon ses supporteurs, à construire un
dialogue entre les deux peuples, alors que M. Finkielkraut y voit
un appel à la violence contre Israël.
Dans un entretien diffusé le 30 juin 2003 sur la radio de
la communauté juive (RCJ), à la suite de la sortie du
film intitulé "Route 181, fragments d'un voyage en Palestine-Israël",
le philosophe avait affirmé que le réalisateur était
"l'un des acteurs de cette réalité particulièrement
pénible, particulièrement effrayante, l'antisémitisme
juif qui sévit aujourd'hui".
Le philosophe reproche notamment au réalisateur d'avoir effectué
dans son film un rapprochement entre le traitement infligé
par Israël aux Palestiniens et la Shoah.
"Mais attention, déclarait à la radio l'écrivain,
ceux qui nous cousent (...) sur la poitrine une croix gammée
ont envie de revendiquer pour eux-mêmes l'étoile jaune".
M. Finkielkraut a expliqué avoir voulu réagir au "caractère
violemment unilatéral du film" qui présente l'histoire
des relations israélo-palestiniennes comme "l'agression
d'un peuple rendu dingue par la Shoah contre un peuple profondément
pacifique".
Le prévenu a reçu le soutien du réalisateur
du film "Shoah", Claude Lanzmann, qui a qualifié
à la barre le film de "négationniste".
"Je ne vois pas pourquoi cet homme s'indigne d'être traité
d'antisémite, il l'est", a-t-il affirmé, évoquant
"un film piège où la caméra se fait elle-même
instrument du mensonge".
"On veut montrer que les Israéliens sont les nazis d'aujourd'hui",
a-t-il ajouté.
M. Sivan a de son côté qualifié M. Finkielkraut
de "pompier pyromane", cherchant "à l'assassiner
politiquement et intellectuellement" par ce qualificatif de "juif
antisémite".
Le philosophe "fait partie de ces gens prêts à
se battre jusqu'au dernier citoyen israélien, y compris moi-même,
pour préserver l'idée de l'Etat d'Israël, ce n'est
pas ma position", a ajouté M. Sivan.
Plusieurs intellectuels israéliens sont venus témoigner
en sa faveur, notamment Haim Bresheeth, professeur de sciences sociales,
dont la famille a été exterminée dans les camps
de concentration, qui a estimé que "le plus grand crime
de ce film était d'appeler au dialogue entre les deux peuples".
"Ce film est une immense contribution à la construction
d'une contre-mémoire israélienne, à la reconnaissance
de la souffrance du peuple palestinien, à la construction d'un
public en Israël susceptible d'engager un dialogue sur la base
de la reconnaissance de cette souffrance", a considéré
de son côté un autre professeur, cité par la défense
de M. Sivan.
Le procès se poursuivait mardi en début de soirée.
Source : AFP, 23 mai 2006
25/05/06 - Il n'y a pas de sionisme sans judaïsme
par Natan Sharansky, Haaretz, 12 mai 2006. Original
:
http://www.haaretz.com/hasen/spages/715087.html
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
[Né Anatoly Shcharansky en 1948 à Donetsk en Ukraine
d'une famille juive, lauteur fut un des plus célèbres
dissidents soviétiques. Condamné en juillet 1978 à
13 années de travaux forcés, pour trahison et espionnage
en faveur des USA. Après 16 mois d'incarcération dans
la prison Lefortovo il est envoyé en Sibérie dans un
goulag nommé Perm 35 où il travaille 9 ans. En 1986,
il est échangé contre un espion soviétique et
émigre en Israël. Il change alors son prénom en
Natan.
En 1988 Sharansky a été élu président
du Zionist Forum, une organisation d'ancien activistes sionistes soviétiques.
Sharansky travaillait également pour The Jerusalem Report.
En 1989 le Président US Ronald Reagan le récompense
en le décorant de la médaille de la paix.
Sharansky a fondé en 1995 le parti politique Yisrael Ba'aliyah
("Israël pour l'aliyah") promouvant l'intégration
des juifs soviétiques dans la société israélienne.
En 1996 ils remportèrent 7 sièges à la Knesset.
Il a été également :
* Ministre de l'Industrie et du Commerce de 1996 à 1999.
* Ministre de l'Intérieur de juillet 1999, il démissionna
en juillet 2000.
* chef de cabinet du Premier ministre israélien et Ministre
de la maison et de la construction .
* membre du cabinet du gouvernement israélien de 2003 à
2005
Il a démissionné du gouvernement Sharon le 2 mai 2005
pour protester contre l'expulsion des colons israéliens conformément
au plan de désengagement des territoires occupés.
Il a été listé par le magazine Time dans la liste
des 100 personnes les plus influentes en 2005.]
Les remarques formulées par A.B. Yehoshua lors du récent
congrès du Comité Juif Américain a soulevé
comme prévu une tempête sur les deux rives de l' Océan
atlantique. En Israël, on a protesté : dire que les Israéliens
seraient indifférents au sort des juifs de la diaspora est
erroné. Aux Etats-Unis, on a dit que sans l'aide continue et
le soutien indéfectible apporté à Israël,
ce pays n'aurait pas survécu. Des deux côté, encore
une fois et comme toujours, telles furent les habituelles réactions
paternalistes. Nous savons ce qui est bon pour vous, d'ailleurs nous
vous aidons. Sans nous, vous ne survivriez pas.
Mais les observations de Yehoshua, au sujet des relations entre Israël
et la diaspora, aussi irritantes soient-elles, me dérangent
bien moins que la manière dont il présenté sa
propre identité : « Je suis Israélien »,
a-t-il dit. « La religion juive ne joue aucun rôle dans
ma vie ; ce sont le territoire et la langue qui construisent mon identité
».
Une telle définition de l'identité équivaut
à la répudiation du peuple juif, de l'héritage
juif, de trois mille ans de culture, de créativité,
de prières, de rituels, de traditions et de tout ce qui est
subsumé par le terme « judaïsme », et elle
montre une préférence pour la « nation »
israélienne, qui « a surgi de la mer », voici un
siècle. Pour Yehoshua - et beaucoup, beaucoup de gens en Israël
- la seule chose qui importe, la seule chose qui soit existentielle
et pertinente du point de vue juif, c'est ce qui se passe ici, en
Israël ; tout ce qui se passe en-dehors d'Israël est considéré
obsolète, condamné à disparaître. En affirmant
cela, Yehoshua sape et affaiblit la justification de l'Etat d'Israël
[sic].
Le débat interne, entre nous, ici [en Israël], sur la
question des frontières du pays, et la discussion sur la manière
appropriée de réaliser la paix dans notre région,
dérivent entièrement de l'assomption que l'Etat d 'Israël
a un droit à exister - moralement, légalement et historiquement.
Cette assomption est confrontée à une remise en question
constante. Les gens du Hamas tentent de la saper, comme le font bien
d'autres dirigeants dans le monde palestinien et arabe. Et beaucoup
d'intellectuels, dans le monde occidental, qui ont fait leur la narration
arabe, qui voit en nous un reste anachronique d'un colonialisme suranné,
s'efforcent eux aussi de miner cette assomption. Se dressant face
à ces forces débilitantes, il y a la certitude, dont
beaucoup de gens, dans le monde, que le peuple juif a droit à
un Etat national, dans sa patrie historique. Nous pouvons remporter
la bataille entre ces deux approches, à condition que nous
mêmes, nous qui vivons à Sion, croyions et ressentions
cela.
Les disciples ultra-orthodoxes du Gaon de Vilnius, qui immigra en
Terre d' Israël au dix-huitième siècle, les sionistes
socialistes, à la fin du dix-neuvième siècle,
et les juifs assimilés de l'Union soviétique qui luttèrent
pour conquérir leur droit à immigrer, à la fin
du vingtième siècle, n'ont rien en commun entre eux,
en ce qui concerne la manière dont ils perçoivent la
tradition juive. Toutefois, tous se sont vus comme des partenaires
dans la réalisation du même rêve ancestral, l'antique
prière juive invoquant le retour en Terre d'Israël. Tous
se sont vus comme appartenant à un peuple spécial, et
se sont sentis concernés par le processus historique du retour
à Sion. Cette persuasion fut la source de leur force et la
seule garantie de leur succès.
Il ne saurait y avoir de sionisme sans judaïsme et il n'y en
a d'ailleurs jamais eu. De même que le peuple israélien
n'a jamais eu un droit à la Terre d'Israël. Ce droit est
le droit exclusif du peuple juif. C'est le peuple juif qui a reçu
la Déclaration Balfour [ ! ndt] et c'est lui qui s'est vu garantir
par les Nations Unies le droit légal d'établir un Etat.
C'est le peuple juif qui est retourné dans son ancienne patrie,
pour laquelle il avait prié et à laquelle il avait aspiré
durant deux millénaires. Car si nous parlons de « peuple
» israélien - comment le droit d'un « peuple »
qui n'existe que depuis environ un siècle pourrait-il donc
être supérieur, ou équivalent, à celui
des Palestiniens, qui ont vécu sur leur territoire depuis environ
trois siècles [sic ! ndt] ? Qu'est-ce qui le distinguerait,
en réalité, des autres projets coloniaux qui ont disparu
de la surface de la planète ?
La contestation de notre droit à cette terre et la guerre
entre notre narration et la leur n'est pas une dispute purement philosophique.
Tout du moins, pas aux yeux des dirigeants palestiniens. Quand les
dirigeants du Hamas, à l'instar e Yasser Arafat, dans le temps,
étaient ou sont en train de se préparer à reconsidérer
l'existence de facto d'Israël, mais non de jure, ils ne jouent
pas sur les mots. C'est la raison pour laquelle Arafat n 'a cessé
de répéter ses allégations prétendument
historiques à propos de l' absence de lien historique entre
le Mont du Temple et le peuple juif. Pour lui, il était clair
que le lien historique qui est ancré et fondé dans la
tradition juive est la base de l'existence de l'Etat d'Israël,
et que sans ce lien, l'Etat disparaîtrait, tout juste comme
il avait « surgi de la mer ».
D'après Yehoshua, la différence entre l'identité
israélienne et l'identité juive, c'est exactement celle
qui existe entre le fait d'exister et le droit à exister. La
différence est entre un groupe de gens qui vivent sur un territoire
et parlent l'hébreu, et les descendants d'un peuple, dispersés
dans le monde entier, et qui sont revenus dans leur patrie historique.
Au cas - ce qu'à Dieu ne plaise - où nous nous couperions
de la chaîne qui nous relie au peuple juif, si nous nous coupions
de trois mille ans d' histoire juive, si nous nous coupions de la
réalisation de deux mille ans d' espoir juif - d'être
l'an prochain à Jérusalem - alors nous perdrions notre
droit à l'existence. Et en perdant ce droit, nous serions perdus.
Sans doute les juifs de la diaspora ont-ils été insultés
par les remarques abruptes de Yehoshua, mais nous, les juifs de la
Terre d'Israël, nous devons continuer à nous dresser contre
ces observations, car il en va de notre existence même.
25/05/06 - Avec le lobby israélien,
ça n'est pas une question de « soit - soit »
par Norman Finkelstein, CounterPunch, 1er mai 2006.
Original : http://www.counterpunch.org/finkelstein05012006.html Traduit
de l'anglais par Marcel Charbonnier
Dans le débat actuel, très tranché, sur le
rôle du lobby israélien dans la formulation et l'exécution
de la politique états-unienne au Moyen-Orient, le cadre «
soit - soit » - qui donnerait la primauté soit au lobby
israélien, soit aux intérêts stratégiques
états-uniens - n'est pas très pertinent, à mon
humble avis.
Mis à part le conflit israélo-palestinien, la politique
fondamentale des Etats-Unis au Moyen-Orient n'a pas été
significativement affectée par le Lobby. Pour diverses raisons,
les élites tant américaines qu'israéliennes ont
toujours cru que les Arabes devaient être maintenus dans un
état de soumission. Toutefois, les Etats-Unis ayant consolidé
leur alliance avec Israël à la suite de la guerre de juin
1967, les Américains ont commencé à voir dans
les Israéliens - et les Israéliens se sont mis à
se concevoir eux-mêmes - en « experts ès «
mentalité arabe » » ! En conséquence, l'
alliance avec Israël a renforcé les politiques américaines
les plus extrêmes, les Israéliens étant persuadés
que les Arabes « ne connaissent que le langage de la force »
et que, tous les trois ou quatre ans, il faut que tel ou tel pays
arabe soit laminé. Le spectre des différentes politiques
américaines est sans doute extrêmement étroit,
mais en termes d'impact sur les vies réelles des vraies gens
dans le monde arabe, ces différences feraient probablement
sens, l'influence israélienne ne faisant dans tous les cas
de figure que rendre les choses encore pires.
L'assertion selon laquelle Israël serait devenu un boulet pour
les intérêts (dits) « nationaux » des Etats-Unis
au Moyen-Orient passe à côté du scénario
général. Parfois, ce qui est particulièrement
évident, c'est précisément ce que l'oil ne capte
pas. Israël est la seule base stable et sûre permettant
de projeter la force américaine dans cette région du
monde. Tous les autres pays sur lesquels les Etats-Unis pensent pouvoir
compter pourraient fort bien, comme chacun le sait, échapper
demain matin au contrôle américain. Les Etats-Unis ont
découvert cela, à leur grande horreur, en 1979, après
d' immenses investissements sur le Shah d'Iran. Par ailleurs, Israël
est une création de l'Occident ; il l'est à tous points
de vue : culturellement, politiquement, économiquement - c'est
un pays totalement entiché d'Occident, et en particulier de
tout ce qui est américain. Cela n'est pas seulement vrai au
niveau d'une élite étatique corrompue, comme ailleurs
au Moyen-Orient, mais - et c'est beaucoup plus important - cela fait
la quasi unanimité, au niveau populaire. L'orientation pro-américaine
d'Israël n' existe pas seulement chez les élites israéliennes
: elle existe dans toutes les couches sociales en Israël. Quoi
qu'il se passe en Israël, il est inconcevable que cette orientation
fondamentale puisse changer en quoi que ce soit. Combiné à
sa supériorité militaire écrasante, cela fait
d'Israël un atout unique et irremplaçable pour les Etats-Unis,
au Moyen-Orient.
De ce point de vue, il est utile de rappeler la logique qui présida
au soutien britannique au sionisme. Le dirigeant sioniste Chaim Weizman
demanda un jour à un officiel britannique pourquoi la Grande-Bretagne
continuait à soutenir le sionisme en dépit de l'opposition
arabe ? N'aurait-il pas été plus logique, pour les Britanniques,
de conserver la Palestine, et de laisser tomber le sionisme ?
« Bien qu'une telle attitude soit susceptible d'apporter un
répit temporaire et de calmer les Arabes pour un bref moment,
» répondit l'officiel, « cela ne règlera
certainement pas le problème, car les Arabes ne veulent pas
des Britanniques, en Palestine et, après avoir réglé
leur compte aux juifs, ils attaqueraient la position britannique,
comme les musulmans [irakiens, ndt] sont en train de le faire en Mésopotamie,
en Egypte et en Inde. »
Un autre officiel britannique jugea rétrospectivement qu'aussi
grand qu'ait pu être le ressentiment provoqué chez les
Arabes par le soutien britannique au sionisme, ce soutien était
une politique prudente, car elle instituait au milieu d' « un
monde arabe peu sûr une communauté moderne et éduquée,
très capable et en définitive encline à dépendre
de l'Empire britannique. » Même si elle était possible,
les Britanniques avaient peu d'intérêt à promouvoir
une réelle coopération judéo-arabe, car cela
aurait inévitablement affaibli cette dépendance. De
même, les Etats-Unis ne veulent pas d'un Israël authentiquement
en paix avec les Arabes, car un Israël tel celui-là pourrait
desserrer ses liens de dépendance vis-à-vis des Etats-Unis,
faisant de lui un atout moins fiable pour ceux-ci. C'est une des raisons
qui font que l' affirmation selon laquelle les élites juives
seraient globalement « pro-israéliennes » est peu
pertinente. Les élites juives [américaines] sont bien
« pro » quelque chose, mais elles sont « pro »
un Israël qui puisse être utile aux Etats-Unis et, donc,
utile pour elles. Quel usage un Paul Wolfowitz pourrait-il faire d'un
Israël vivant en paix avec ses voisins arabes, et d'autant moins
enclin à faire le sale boulot des Etats-Unis ?
L'Histoire suggère fortement que ni les néoconservateurs
juifs, en particulier, ni les intellectuels juifs consensuels, de
manière générale, n' ont une allégeance
première vis-à-vis d'Israël. De fait, ils n'ont
pas d' allégeance vis-à-vis d'Israël du tout. Les
intellectuels juifs consensuels sont devenus « pro »-israéliens
après la guerre de juin 1967, c'est-à-dire au moment
où Israël est devenu un atout stratégique pour
les Etats-Unis, au Moyen-Orient, autrement dit : quand Israël
était en sécurité et quand il engrangeait des
bénéfices. Les créditer d'une quelconque conviction
idéologique serait, à mon avis, très naïf.
Ils ne sont pas plus dévoués au sionisme que les néoconservateurs,
parmi eux, ne l'étaient jadis vis-à-vis du trotskisme.
Leur seul « -isme », c'est l'opportunisme ! Du point de
vue des profils psychologiques, ces Amoureux de Sion sortis des presses
ressemblent fortement à la police juive dans le ghetto de Varsovie.
« Chaque jour, pour sauver sa peau, chaque policier juif devait
apporter sept vies sacrificielles sur l'autel de l'extermination »,
a rappelé abruptement un dirigeant de la Résistance.
« Il y avait des policiers qui sacrifiaient leurs propres parents
âgés, avec l'excuse qu'ils allaient mourir bientôt,
de toute manière. » Les néoconservateurs juifs
veillent sur les intérêts (dits) « nationaux »
des Etats-Unis, et c'est là la source de leur pouvoir et de
leurs privilèges. Or il se trouve qu'au Moyen-Orient, cet intérêt
(dit) « national » coïncide largement avec l'intérêt
(dit) « national » d'Israël.
Si un jour ces intérêts devaient entrer en conflit,
qui douterait qu'afin de sauver leur propre peau, ils ne fassent exactement
ce qu'on leur aura ordonné de faire, et avec enthousiasme,
de surcroît ? !
A la différence de ce qui peut se passer ailleurs au Moyen-Orient,
la politique de l'élite états-unienne dans le conflit
israélo-palestinien serait quasi certainement différente
dût le lobby pro-israélien ne pas exister. Qu'est-ce
qui fait que les Etats-Unis retirent un profit des colonies et de
l'occupation israéliennes ? En termes d'aliénation du
monde arabe, les Américains avaient à y perdre (et ils
y ont perdu). Le Lobby n' est probablement pas assez puissant pour
menacer un intérêt américain fondamental, mais
il peut faire monter de manière significative le seuil que
les élites américaines doivent franchir avant d'être
prêtes à agir - par exemple, en ordonnant à Israël
de se retirer des territoires palestiniens occupés, comme les
Etats-Unis ont finalement contraint par la pression les Indonésiens
à se retirer du Timor Oriental occupé. Même si
Israël n'a pas beaucoup d'options au cas où les Etats-Unis
finiraient par lui donner l' ordre de faire son baluchon, les Etats-Unis
n'en feront rien avant que l' occupation israélienne ne soit
devenue un handicap majeur pour eux : du point de vue du lobby, le
point auquel cet « avant» sera atteint fait l' objet de
dissensions considérables. En l'absence du Lobby et devant
un ressentiment arabe généralisé, les Etats-Unis
auraient peut-être à l'heure qu'il est déjà
ordonné à Israël de mettre un terme à son
occupation, épargnant ainsi aux Palestiniens des souffrances
considérables.
Dans le débat « soit - soit » actuel sur la question
de savoir si le lobby affecte la politique américaine au Moyen-Orient,
au niveau des élites, la plupart des interlocuteurs sont passés
à côté du fait qu'une des dimensions cruciales
de ce débat devrait être à quel point le lobby
pro-israélien étouffe tout débat public et ouvert
sur ce thème. Car en termes de tentatives d'élargir
la discussion publique, ici (aux Etats-Unis) sur le conflit israélo-palestinien,
le lobby fait une différence majeure et condamnable. En particulier,
dès lors que les élites américaines n'ont aucun
intérêt sacro-saint dans l'occupation israélienne,
la mobilisation de l' opinion publique peut avoir un impact véritablement
réel et efficace en matière de prise de position politique
- c'est d'ailleurs la raison pour laquelle le Lobby investit autant
d'énergie dans ses efforts visant à éradiquer
tout débat.
[* Le dernier ouvrage de Norman Finkelstein est : Beyond Chutzpah
: On the misuse of anti-Semitism and the abuse of history [Au-delà
du Culot (à l' israélienne) : Du mésusage de
l'antisémitisme et des distorsions de l' Histoire] (University
of California Press). Son site ouèbe est à l'adresse
URL ci-dessous : http://www.NormanFinkelstein.com ]
25/05/06 - Et voilà pourquoi Israël
et Tony Judt sont incapables de devenir adultes ! par Patrick H. McNally
(Tokyo), 23 mai 2006.
Courriel : patrick@fps.chuo-u.ac.jp.
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
[Patrick McNally est d'un anti-judaïsme, d'un antiracisme, d'un
anticapitalisme garantis grand teint ; il est tout simplement pro-humain.
Il est aussi très drôle, dans un style 'raisins verts'.
Il n'a pas toujours raison, il n'est pas toujours fair-play dans ses
attaques, mais il nous rappelle la nécessité qu'il y
a à regarder plus loin : au-delà, derrière le
sionisme. Une voix comme la sienne est très utile ; elle nous
évite de tomber dans la complaisance. Signalons toutefois que
cet article a été élagué, afin de le conformer
à la législation en vigueur. I. A. Shamir]
Tony Judt en tient pour que l'incapacité de l'Etat juif d'Israël
à devenir adulte mette désormais en danger l'existence
même dudit Etat. [voir son article : « Le pays (incorrigible)
qui décidément ne grandira jamais » [« The
Country that Wouldn't Grow Up »]]. Le professeur Judt est l'exemplification
de votre concierge cousin typique. C'est ce qui fait de son bref article
une combinaison intéressante d'aveu candide et d'auto-tromperie
consciente. Mon propos n'est pas de défendre les juifs israéliens
ni de suggérer qu'il s'agirait de personnes honnêtes,
mais bien de démontrer que les juifs américains sont
bien plus racistes, lâches et menteurs [qu'eux], et que certains
juifs américains pseudo-de-gôche sont en train de poignarder
les juifs israéliens dans le dos, à seule fin de laisser
leurs co-tribaux un peu moins futés qu'eux, dans l'Etat juif,
faire le sale boulot, tandis que l 'Etat juif est en passe de devenir
l'accusé d'un procès de Nuremberg pour crimes de guerre
nouvelle manière. [Pour faciliter la lecture, les déclarations
de Judt seront mises entre parenthèse et entre guillemets.]
1. (« l'Etat d'Israël demeure immature et ne grandira
jamais ») C'est faux : Israël a bel et bien cru et «
embelli », le monstre saurien tenant les promesses de ses débuts
racistes reptiliens. Tony Judt ne fait que se bercer de l'idée
préconçue et vieille comme le monde selon laquelle la
bigoterie et le racisme de ses co-tribaux pourraient conduire les
Auto-Elus dans quelque Terre Auto-Promise [et dans tous les cas volée
à d' autres], l'ensemble de l'opération se résumant
à une promenade de santé, une part de gâteau et
une solution à base de lait et de miel à leurs problèmes.
Mais aujourd'hui, Judt est désemparé, car les Relations
Publiques n'ont pas marché si bien que cela pour vendre l'Etat
« Jews Only » [exclusivement pour les juifs] d' «
apart-hate » [jeu de mots sur 'apartheid', littéralement
: « la haine, bien dans son « chez-soi », ndt].
Mais par ailleurs, Israël ne saurait grandir, parce que les
juifs, dans le monde entier, ne peuvent ni grandir, ni reconnaître
les mensonges éhontés qui sont à la base de leurs
projets politiques déments. De plus, certains juifs israéliens
ont le sentiment que si les Auto-Elus américains poussent Isra-hell
[litt. : Isra-Enfer] dans des politiques extrémistes, c'est
à la seule fin que les juifs américains puissent réaliser
leurs fantasmes de revanche contre les Gentils, pour des crimes imaginaires.
Certains juifs israéliens se plaignent du fait que la juiverie
américaine envoie essentiellement des malades et des cinglés
faire leur aliyah. Dans tous les cas, un excellent exemple de cet
extrémisme psychotique est donné par le document du
PNAC [Project for a New American Century - Projet pour un nouveau
siècle (forcément) américain], dans lequel les
fauconneaux cousins de New York exhortaient Bennie Net'yahoo [il s'agit
de Benjamin Netanyahou ;jeu de mots sur le 'net' (le réseau
internet), et Yahoo (le célèbre moteur de recherche),
ndt] à redessiner totalement la carte de l'ensemble du Moyen-Orient.
Ces guerriers en fauteuil de New York sont décidés à
se battre jusqu'au dernier juif israélien, juste pour montrer
de quel bois ils se chauffent. Bien entendu, ils s'arrangeront toutes
affaires cessantes pour que des tas de goyim américains à
encéphalogramme plat aillent - à leur place - combattre
et mourir pour l'Etat juif.
2. (« Mais ça, vont me dire mes lecteurs israéliens,
ça n'est rien d'autre que la vision subjective des observateurs
extérieurs. ») Le professeur Judt voudrait nous faire
croire que le racisme narcissique auto-indulgent cousinesque serait
une exclusivité des juifs israéliens. En réalité,
les juifs israéliens sont dans l'ensemble moins obscurantistes,
moins ignorants et moins fanatiques que les joos américains,
qui n'ont pas à endosser les crimes terroristes d'Etat perpétrés
en permanence contre des civils palestiniens sans défense.
Bien entendu, il y a ce petit noyau de maniaques joos, à Hébron,
qui exposent leurs enfants au danger dans l'espoir chiliastique que
quelques cinq cents occupants et colons juifs seront un jour en mesure
de chasser plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens de chez
eux.
De plus, l'article de Judt a été publié par
le site en anglais d'un quotidien israélien. Aucun journal
jooish américain ne l'aurait seulement pris en main, si bien
qu'il a dû l'envoyer dans « le pays qui ne deviendra jamais
adulte » pour qu'il puisse être publié. Vraiment,
ce Judt devrait grandir un peu. Son commentaire critique, sur le site
en anglais du quotidien israélien Ha'aretz, n'aurait jamais
pu passer dans les médias joos des UassA [USA] : ce Judt est
vraiment ingrat vis-à-vis de ses co-tribaux de l'Etat juif.
3. (« Ce qu'Israël a perdu en raison de son occupation
prolongée de territoires arabes, il l'a regagné grâce
à son identification intime avec la mémoire retrouvée
des juifs massacrés en Europe [la reconnaissance internationale
croissante de l'Holocauste dans l'éducation et dans les médias].
»)
Ici, Judt nous démontre qu'il est resté un enfant.
C'est tout simplement outrageant, de voir ainsi un camelot juif tenter
de nous refiler l' Holocauste depuis sa chaire universitaire, c'est-à-dire
depuis une institution publique ou quasi publique. Ce genre de prêche
devrait être confiné aux synagogues, aux camps d'été
cousinesques et aux instituts gériatriques destinées
à ces cousins que leur Alzheimer amène à croire
qu' ils seraient des survivants du mot commençant par un grand
H.
4. (« Aujourd'hui, seule une petite minorité de gens
extérieurs [extérieurs, à Isra-Hell] voient dans
les Israéliens des victimes. »)
Fidèle à son habitude, le professeur Juifdt [Jewdt]
délire. Le contraste réel n'est pas entre « aujourd'hui
et les années 1960 », mais entre « les juifs et
les humains ordinaires ». L'immense majorité des Joos
américains persistent à ne pas admettre la moindre critique
publique d'Israël de la part d'être humains ordinaires,
et jusqu'à aujourd'hui encore, ils deviennent totalement dingues
dès lors qu'il est fait allusion, à propos de leur précieux
petit Etat juif, à sa nature. (hé bien : oui !). d'Etat.
juif
5. (« Comparer Israël. au pire à l'Afrique du Sud
de l'apartheid et des bantoustans. est devenu une banalité.
»)
Il est vraiment injuste de comparer l'Etat juif à l'Afrique
du Sud de l' apart-hate [voir plus haut, ndt], à l'Espagne
de Franco ou encore à l' Allemagne nazie. Ces trois gouvernements
n'ont jamais bombardé les régions habitées par
leurs minorités, ni empoisonné leur eau potable. L'Afrique
du Sud n'a jamais importé des milliers de coolies chinois afin
de congédier les indigènes de leurs corvées de
quasi-esclaves. C'est bien pourtant ce que fait aujourd'hui Izzie
[sobriquet 'affectueux ' désignant l' « unique démocratie
du Moyen-Orient », ndt]. L'Allemagne nazie a fait de son mieux
afin d'aider les sionistes, en les autorisant à monter des
camps spéciaux destinés à entraîner les
juifs à faire ouvre utile en Palestine, à publier des
journaux sionistes en Allemagne et à hisser publiquement le
drapeau sioniste. L'Allemagne voulait aider l'installation des juifs
en Palestine, et ce sont les juifs qui lui ont déclaré
la guerre. Mais ils se sont arrangés pour que ces imbéciles
de goyim se chargent dû rôle consistant à crever.
Aujourd'hui, le président iranien veut contribuer à
installer pacifiquement les juifs en Europe, et que font les juifs
? Ils lui déclarent la guerre ! Une fois de plus, ces stupides
de goyim sont supposés se charger du rôle consistant
à crever. Je vous demande un peu.
8. (« L'habitude de ternir toute critique étrangère
avec le pinceau de l' antisémitisme est profondément
ancrée dans les instincts politiques israéliens. Mais
les juifs de la diaspora paient très cher cette tactique. »)
Ha-ha-ha ! Ce Juifdt [Jewdt] est vraiment un menteur effronté
: il veut que ce soient ces pauvres Israéliens qui soient pris
la main dans le sac et paient les mensonges, les trahisons et les
tromperies des juifs de la diaspora ! Le fait de crier « auntie-Semite
! » [« Taty Sémite » ! ndt] et « anti-Semenist
! » [« anti-spermiste » ! ndt] est quelque chose
de profondément enraciné dans les instincts juifs, et
pas seulement chez les Israéliens. Voir : Alley Weasel [«
Allée Fouine », ndt], Alan Dirtshits [« Alain Sales
Merdes » - Dershowitz, ndt] : c'est bien en tant que Joos, et
non en tant qu'Israéliens que les QG américains chargés
de l'Industrie de l' Holocauste diffament, traînent dans la
boue, mentent et prévariquent, que je sache ?
9. (« cela [le recours au badigeon d'antisémitisme]
encourage d'autres à voir dans les juifs, partout, des collaborateurs
de facto des exactions d' Israël - cela revient en effet à
dire que ces agissements seraient non pas des agissements israéliens,
mais des agissements juifs. »)
Enfin, le professeur Juifdt dit quelque chose de censé et
d'à moitié honnête. Les crimes israéliens
sont de fait des crimes juifs, parce qu' Israël est l'Etat juif
[c'est le Judenstaat d'Herzl]. Les juifs américains volent
traîtreusement les UassA pour donner à Israël le
système de survie sans lequel il se dessécherait et
exploserait dès demain. Judt voudrait-il faire des Eskimos
et des Mongols les responsables des agissements d'Israël ? Non
: ce sont les juifs, et uniquement les juifs. Je ne dis pas que les
juifs soient responsables à 100 %. Ce ne sont peut-être
que 96 %, ou autour de 96 % des juifs qui sont coresponsables du comportement
dévastateur de l' Etat juif. Si l'Abraham biblique devait revenir
rendre visite à la juiverie diasporique aujourd'hui, il serait
bien en mal de trouver ses cinquante juifs honnêtes qui exigeraient
: a) le démantèlement de l'Etat juif intrinsèquement
et irrémédiablement raciste, b) une enquête criminelle
complète sur la diffamation sanglante de l'Hoaxco$t et c) une
dénonciation exhaustive du rôle de diversion joué
par le Mossad dans les faux attentats terroristes contre le World
Trade Center (un certain 11 septembre 2001, ndt). Pour revenir à
Israël : d'aucuns y évoquent une solution à deux
Etats, et d' autres une solution à un seul Etat. Mais la seule
et unique solution, c'est : « Pas d'Etat Juif ! »
10. (« Le fait est que l'invasion désastreuse de l'Irak
et ses conséquences commencent à produire un changement
radical dans le débat autour de la politique étrangère,
ici, aux Etats-Unis. »)
Le rapport ennuyeux, superficiel et « rien de nouveau »
pondu par John Mearsheimer et Stephen Walt n'est important que parce
qu'il s'agit d' intellectuels de haut niveau du Pentagone et de mandarins
universitaires, qui ont commis l'erreur fatale pour leur carrière
d'écrire publiquement ce que tout le monde dit en privé
depuis des années et des années.
11. (« C'est [le fait que les accusations fallacieuses d'antisémitisme
ne soient plus prises au sérieux] mauvais pour les juifs. »)
Dit en anglais, Juifdt nous dit que ce qui est mauvais pour les juifs,
c'est que les bobards ne marchent plus. Ce faisant, il se confond
enfin lui-même, il cesse de se cacher derrière ses grandes
périodes de pseudo-universaliste des Lumières, et il
démontre que la vieille question juive [« Est-ce que
c' est bon pour les juifs ? »] est quelque chose de tout à
fait fondamental dans sa pensée. Il réalise, à
juste titre, qu'il s'agit de la seule manière correcte pour
retenir l'attention de M. Juif et de faire apparaître le problème
sur son écran radar. Après tout, Judt lui-même
ne voit toujours pas quel est le véritable problème
inhérent à Israël, à savoir : le fait qu'il
n 'ait pas le droit d'exister, de par sa nature même.
12. (« J'essayais d'expliquer. pourquoi l'Espagne de Franco
tient une place tellement spéciale dans notre imagination morale.
Je ne vois pas, ai-je expliqué à mes étudiants,
qu'un autre pays occupe une place aussi péjorative dans la
conscience publique démocratique de nos jours. « Vous
vous trompez », m'a répondu une jeune femme : «
Et Israël, alors ? » A ma grande surprise, la majorité
de mon amphi - y compris beaucoup d'étudiants appartenant à
un contingent juif pourtant plutôt étoffé - hochèrent
du chef, en approbation. »)
Bravo aux étudiants du Professeur Juifdt, qui l'ont réveillé
un tant soit peu ! En réalité, l'Espagne d'après
la guerre civile était un modèle de tolérance
et d'harmonie interethnique, en comparaison avec l'Etat juif. Le Professeur
Juifdt va-t-il modifier le contenu de ses topos à ses étudiants
juifs américains ? J'en doute fort.
12. (« Toutefois, l'Israël moderne a aussi ses propres
options. »)
Malheureusement, toutes les options recensées par Juifdt se
réduisent à la nécessité pour Israël
de cesser d'être Israël, c'est-à-dire un Etat «
pour les juifs seulement », un Etat raciste, un Etat d'apart-hate
de juifs, constitué de juifs, créé par les juifs,
et pour les juifs. De même qu'une panthère ne perd jamais
ses taches, un crocodile ne saurait cesser d'être un crocodile,
ni par conséquent parvenir à l'illumination bouddhiste.
Judt n'est pas seul dans son cas. Mme Andreas a publié un
article intitulé « Le sionisme n'est l'ami de personne
» [« Zionism is Nobody's Friend »]. Elle se complaît
dans l'absurdité consistant à blâmer uniquement
le sionisme des crimes jooish. Toutefois, la paranoïa du complexe
de persécution, le racisme reptilien et la mégalomanie
politique des juifs existaient bien avant que le mot « sionisme
» n'ait été inventé. Cette paranoïa,
ce racisme et cette mégalomanie ont atteint leur apex avec
les enseignements anti-humains du Talmud. Les sionistes, les artistes
néocons, les traîtres de l'Aipac, les sodomites kissingeriens
et les ADLers [Les ligueurs de l' Anti-Defamation League] ne sont
rien d'autre que les manifestations actuelles de siècles d'extrémisme
blasphématoire et d'ignorance dégoûtante du Jewdayisme.
De plus, le sionisme n'a jamais représenté une option
politique sérieuse pour les Joos eux-mêmes. Il n'a jamais
existé qu'au sens de la vieille plaisanterie juive : «
Qu'est-ce qu'un sioniste ? C'est un juif rusé qui veut envoyer
des Joos stupides en Palestine ! ». Les Joos israéliens
d' aujourd'hui sont les jouets de la joorie mondiale, et ils ne sont
que les éponges à subsides soutirés à
des gouvernements 'gentils' stupides par leurs co-tribaux plus insidieux
et habiles, constituant une cinquième colonne félonne
au milieu de goyim politiquement naïfs.
Joody Andreas nous fait la leçon : « C'est une grave
erreur que de croire que tous les juifs seraient sionistes. »
Encore une absurdité de la part de cette auteure passionnée
! Le Solomon Sixpacker [sur « sixpacker » : pack de six
cannettes de bière, ndt] ou le Leonard Lunchboxer [sur «
lunchbox » : boîte à fast-food, ndt] de base peut
ne pas ETRE sioniste, il n'en SOUTIENT pas moins virtuellement tout
comportement siono-criminel. Bien entendu, tous les juifs ne sont
pas racistes. Il ne sont peut-être qu'environ 96 %, à
l' être ! Selon moi, les juifs les plus intelligents et les
plus à gauche, comme Tony Judt et Judy Andreas, comprennent
qu'Israël représente un danger pour tous les juifs. C'est
pourquoi ils se targuent d'être à l'avant-garde de la
critique de l'Etat juif.
Mais ils refusent obstinément d'examiner la profondeur et
l'ampleur des racines historiques du racisme juif. Ils regardent Israël
de haut, n'y voyant qu'un malheureux épiphénomène
venu on ne sait d'où.
Si je souffrais de la malédiction d'être un juif israélien,
je protesterais vigoureusement contre la tactique de Judt et Andreas,
consistant à me laisser tenir le sac proverbial [de l'_expression
: 'avoir la main dans le sac'] alors même que la merde ne va
pas tarder à tomber dans les pales du ventilateur et l'Etat
juif de partir en fumée métaphorique et/ou littérale.