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Les
Protocoles des Fous de Sion |
23/06/06 - Clémente justice : 10 mois de prison avec sursis et... 5010 Euro à payer pour Raphaël Schoemann
19/05/06 - "La prochaine n'arrivera pas par la poste": 12 mois de prison avec sursis requis contre l'apprenti-terroriste Raphaël Schoemann
19/05/06 - Menaces de mort sionistes : jugement d'un acte terroriste ou mascarade judiciaire ?
par Ginette Hess Skandrani , 17 mai 2006 L'affaire des balles envoyées par courrier et accompagnées de menaces de mort proférées contre des militants/es de la cause palestinienne par M. Schoemann, 64 ans, a enfin été présentée au juge - après bien des tergiversations - devant la 10è Chambre du Tribunal Correctionnel de Paris, le 11 mai 2006 . Nous étions quatre victimes de ce sinistre personnage à nous présenter sans avocat, ayant décidé de nous représenter nous-mêmes. Mais ce n'est pas facile, n'ayant pas accès au dossier et étant obligé de nous défendre contre un malfaiteur qui nous accusait, de comprendre la finalité de ce procès. De victimes, il a essayé de nous faire passer pour des accusés. Et je ne suis pas sûre qu'il ait échoué dans ce procédé Entre 2002 et 2003, douze personnes connues pour leur engagement " pro-palestinien " ou pour avoir critiqué la politique israélienne (1), ont reçu des menaces de mort sous la forme de coups de téléphone anonymes ou d'une lettre contenant deux balles de 22 Long Riffle assorties d'un message inquiétant : " La prochaine n'arrivera pas par la poste ". Le coupable a été appréhendé en février 2004 et a avoué les faits reprochés. Je croyais rêver en ouvrant mon courrier. Etais-je encore en France ou aux USA ? Y avait-il un nouveau Kuk Klux Kan qui s'installait chez nous ? Ou bien allait-on recommencer à envoyer des cercueils à des anticolonialistes comme ce fut le cas durant la guerre de libération de l'Algérie ? J'ai porté plainte contre X en me constituant partie civile, ainsi que toutes les autres personnes menacées, bien qu'étant persuadée que ça ne servirait pas à grand chose vu que la police n'arrêtait jamais les auteurs de ce genre de menaces, surtout si les menaces sont proférées par des groupes ou des personnes faisant partie de la communauté juive Si M. Schoemann avait été Noir ou Arabe, il n'aurait jamais été relâché aussi vite et aurait certainement été traité de terroriste par toute la presse de France et de Navarre et condamné par les politiciens de tout bord. On connaît le deux poids/ deux mesures pratiqué presque quotidiennement. Dieudonné accompagné de ses enfants a été agressé, il y a trois semaines, par deux jeunes juifs venus de banlieue et, comble d'injustice, il a passé trois heures au commissariat à devoir justifier de son agression. La presse ne s'est pas émue alors qu'elle s'est souvent focalisée dès qu'on parle d'agression antisémite avec ou sans preuve. Nous nous rappelons tous du feuilleton inventé du RER D. ou celui du rabbin auto-- poignardé Des journalistes et des militants pro-palestiniens avaient été agressés physiquement par les nervis du BETAR, en plein tribunal lors du procès du philosophe Roger Garaudy, le 27 février 1998. Un écrivain iranien a été sauvagement agressé et laissé par terre sans connaissance. Ils n'ont pas hésité à s'en prendre aux gendarmes qui nous protégeaient Les agresseurs ont été relaxés bien que reconnus par plusieurs victimes. Plusieurs intervenants ont également été agressés et gazés lors d'une conférence à la Sorbonne la même année. La Ligue de défense juive et le BETAR, ces groupuscules paramilitaires, sont coutumiers de ce genre d'agression lors des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien et leurs interventions restent toujours impunies, malgré la gravité des faits, même s'ils s'en prennent aux forces de l'ordre. Ils ont toujours pignon sur rue et paradent officiellement Selon certaines sources du dossier communiqué, Raphaël Schoemann est " un homme froid et décidé marqué par l'expérience de ses parents, internés à l'arrivée des nazis en Allemagne ". Il reflète exactement les arguments haineux du mensuel sioniste L'Arche, périodique qui exerce le terrorisme intellectuel en dressant des listes de gens qu'il classe comme antisémites. Les enquêteurs ont trouvé chez Raphaël Schoermann un nombre impressionnant d'armes - carabine, pistolet, revolver, fusil d'assaut - des cartouches de différents calibres, un réducteur de son et une lunette de visée laser de nuit. De quoi assassiner à titre d'exemple, et discrètement, les intellectuels qu'il accuse de propager " des thèses négationnistes et antisémites ", sous couvert de critiques de l'armée israélienne. Malgré la gravité des faits, il a été laissé en liberté provisoire, alors qu'il aurait très bien pu continuer à proférer des menaces et les mettre à exécution. Le procureur a demandé 12 mois de prison avec sursis, une amende et la confiscation des armes. Le jugement sera rendu le 22 juin. Parions que les douze mois vont se réduire à quatre ou cinq et que l'amende sera symbolique Et Schoemann pourra recommencer. En tous les cas, ce procès m'aura permis de réaffirmer que la lutte pour la décolonisation de la Palestine est une lutte juste et digne et que je préfère être dans ma peau plutôt que dans celle de ce personnage odieux. Oui ! Je soutiens le peuple palestinien dans son juste combat de récupération de ses terres et de sa mémoire spoliés par la création de l'Etat d'Israël. Oui ! Je soutiens ce peuple exclu de tout, martyrisé et génocidé par des Européens qui lui ont volé son histoire. Oui ! Je soutiens sa juste lutte et je reconnais que ça m'a valu bien des ennuis de la part de gens haineux comme ce Monsieur qui cherchent à nier que la création par la résolution 181, le 29 novembre 19 47 d'un Etat illégitime et ethnique et la proclamation unilatérale de l'Etat d'Israël du 15 mai 48 après avoir rasé les villages palestiniens est un acte colonial Car ceux qui se définissent comme une partie des victimes du nazisme auraient pu créer un État avec les autochtones palestiniens de toutes confessions, au lieu de le créer en cherchant à les éliminer. Cette terre n'était pas sans peuple comme ils ont voulu le faire croire : la preuve, le peuple palestinien est toujours là et il résiste toujours à l'occupation. Oui, je suis fière de soutenir un tel peuple que rien : ni le mur de la honte, ni les colonies de peuplement, ni les massacres, les enfermements, les déportations, les tortures, les harcèlements ne pourra faire plier. Et aujourd'hui, sous prétexte de le punir parce qu'il aurait mal voté, les USA et Israël avec la complicité de l'Europe veulent continuer à le décimer en l'affamant et en l'excluant de tout ce qui fait la légitimité d'un peuple. Plus que jamais, le peuple palestinien a besoin de notre soutien. Tous ceux qui se battent pour plus de justice et pour le respect de chaque être humain à vivre dans la dignité se doivent d'être à ses côtés. En tous les cas pour ma part, je n'y manquerai pas. (1) Eyal Sivan, Isabelle Coutant-Peyre, Ginette Hess-Skandrani, Maria Poumier, Lucien Bitterlin, Monique Chemiller-Gendreau, Alain Lipietz, Gilles Munier, José Bové, Annie Coussemant, Mondher Sfar, Jean-Claude Willem).
19/05/06 - Procès d'Ernest Zündel : compte-rendus des audiences du 26 avril et du 12 mai
Audience du 12 mai 2006 Du mésusage de l'accusation d' « antisémitisme »
par Norman Solomon, CounterPunch, 8 mai 2006
Original : http://www.counterpunch.org/solomon05082006.html Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
Norman Solomon est l'auteur de l'ouvrage : La Guerre à la portée des enfants : Comment les Présidents (des USA) et les grands pontes continuent à nous embobiner jusqu'à ce que mort s'ensuive [War Made Easy : How Presidents and Pundits Keep Spinning Us to Death]. On peut le joindre à l'adresse suivante : mediabeat@igc.org. La controverse qui ne cesse de faire tache d'huile au sujet d'un papier rédigé par deux universitaires, « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère des Etats-Unis », est en train de soulever le couvercle vissé sur un débat soigneusement confiné depuis des décennies. En temps « ordinaire », les médias américains ignoraient ou mettaient au pilori toute critique forte du soutien massif apporté par Washington à Israël. Mais le document (ainsi qu'un article le reprenant en version abrégée) de deux universitaires éminents, John Mearsheimer (de l'université de Chicago) et Stephen Walt (doyen de l'Ecole d'Administration Kennedy, dépendant de l'université Harvard), publié pour la première fois le 23 mars dernier dans la London Review of Books, ont joué le rôle de catalyseur, permettant un débat public salutaire sur des questions fondamentales. Les premières réactions, à chaud, des médias - souvent accompagnées des coutumières volées de noms d'oiseaux - ont consisté principalement en des efforts (désespérés) pour couper court au débat, avant même qu'il n'ait pu s 'instaurer. Parmi les premières vitupérations et fulminations contre le document, relevons plusieurs éditos du New-York Times [avec l'appréciation : « délirant »], du Boston Herald [avec le gros titre : « Paranoïa antisémite à Harvard »] ou encore du Washington Post [avec le gros titre : « Oui : c'est bien de l'antisémitisme à l'état pur ! »] Mais d'autres voix se sont fait entendre, sur les ondes et d'autres avis se sont manifestés sur le papier, qui ont coiffé au poteau les attaques faciles et ont abordé et traité des questions cruciales. Si ce phénomène se poursuit, le tollé suscité par ce que MM. Mearsheimer et Walt ont jugé de leur devoir de nous dire pourrait fort bien dynamiser le débat public au sujet de la politique de Washington vis-à-vis d'un pays qui n'a cessé de bénéficier de la plus importante aide extérieure allouée par les Etats-Unis et, ce, depuis la plus longue période, que celle accordée à tous les autres pays. En avril, l'éditorialiste Molly Ivins a mis son doigt avisé sur un point vital : « Aux Etats-Unis, nous n'avons pas de débat de vive voix au sujet d' Israël », a-t-elle écrit. « En Israël, ce débat a lieu, bien entendu. Mais la grande différence, en vérité, c'est que l'accusation d'antisémitisme est bien trop souvent lancée, chez nous, contre toutes les personnes qui critiquent le gouvernement israélien. Je ne sais pas si ces personnes ont été ou non intimidées par l'accusation pavlovienne « vous êtes antisémite ! » lancée contre quiconque critique Israël. Mais une chose est sûre : je l' ai moi-même entendu proférer à mon encontre tellement souvent que j'en suis lassée. Et je crains que cette lassitude ne finisse par produire le résultat désiré : que l'on renonce à toute discussion.» C'est bien vu, et c'est en l'occurrence un des thèmes soulignés par MM. Mearsheimer et Walt. Si les barrières imposées au débat démocratique pouvaient être dépassées, disent les auteurs de l'essai, les résultats en seraient très bénéfiques : « Ouvrir le débat aura pour effet de dévoiler au grand jour les limites de la justification stratégique et morale du soutien unilatéral des Etats-Unis, et cela pourra amener les Etats-Unis à une position plus conforme à leurs propres intérêts nationaux, ainsi qu'à ceux des autres pays du Moyen-Orient. Sans oublier les intérêts d'Israël eux-mêmes, sur le long terme. » Le soutien disproportionné d'Israël est le « plat de résistance de la politique américaine au Moyen-Orient », affirment les deux universitaires - et ce soutien est rendu possible par le lobby pro-israélien. « D'autres groupes d'intérêt ont réussi à influencer la politique étrangère, mais aucun autre lobby n'a réussi à la détourner aussi diamétralement de ce que les intérêts nationaux impliqueraient qu'elle soit », affirme le document. Une des conséquences de cette réalité, c'est le fait que « les Etats-Unis soient devenus, de facto, le facteur qui a permis l'expansion israélienne dans les territoires occupés. Ce qui fait d'eux le complice des crimes perpétrés [par Israël] contre les Palestiniens. » Aux Etats-Unis, « la campagne du lobby visant à étouffer tout débat au sujet d'Israël n'est pas saine pour la démocratie », mettent en garde MM. Mearsheimer et Walt. Ils en dénoncent les graves effets sur les corps constitués politiques : « L'incapacité du Congrès à mener un débat sincère sur ces questions importantes paralyse dans son entièreté le processus de délibération démocratique ». Même si leur papier majore vraisemblablement la portée effective de l' influence des pressions pro-israéliennes sur la politique étrangère états-unienne au Moyen-Orient, il n'en reste pas moins qu'un lobby pro-israélien extrêmement puissant détient un levier énorme à Washington. Et les deux universitaires sont convaincants lorsqu'ils démontrent que le gouvernement états-unien est depuis fort longtemps aligné d'une manière éhontée sur Israël - au détriment des droits de l'homme, de la démocratie et d'autres principes supposés constituer les valeurs américaines. La non-distinction [délibérée] entre antisémitisme et critique d'Israël [= antisionisme, ndt] a pour effet le plus souvent d'étouffer dans l'ouf tout débat public. Quand ils le jugent expédient, les groupes pro-israéliens des Etats-Unis concèdent qu'il est à la rigueur possible de manifester son opposition à la politique israélienne sans être antisémite pour autant. Néanmoins, beaucoup des fans d'Israël sortent très rapidement la grosse artillerie, comme par réflexe, et accusent tous azimuts leurs contradicteurs d' « antisémitisme » dès qu'ils se sentent en difficulté. Plusieurs associations juives américaines dédiées au soutien à Israël sont très enclines à identifier le judaïsme à Israël. Parfois, elles ont l' arrogance de dépeindre ce pays et ette religion comme s'ils étaient inséparables. Ainsi, en avril 2000, un placard sur toute une page du New York Times, payé par l'Appel Juif Unifié, proclamait : « Les semences de la vie juive [ ? sic, ndt] et des communautés juives, où que ce soit dans le monde, se trouvent en Israël. » Comme beaucoup d'autres Américains juifs qui ont grandi dans les années 1950 et 1960, j'ai fait du porte-à-porte avec les fameuses petites tirelires bleues en fer-blanc de l'Agence Juive Américaine, afin de collecter de l' argent pour planter des arbres en Israël. J'ai entendu parler de proches morts dans des camps d'extermination durant l'Holocauste, une vingtaine d' années auparavant, et aussi de parents qui avaient survécu et qui avaient émigré en Israël. En 1959, ma famille est allé rendre visite à certains d' entre eux, dans un kibboutz et à Tel Aviv. En 1960, le film à grand spectacle Exodus dramatisait la naissance d'Israël, douze ans auparavant. A ma souvenance, les Arabes y étaient portraiturés en tueurs de sang-froid, alors que les Juifs qui tuaient des Arabes y étaient sublimés en combattants héroïques luttant pour leur seule survie. Ce film était en synchronisation totale avec des messages diffusés par les médias, louangeant les juifs pour avoir entrepris leur équipée périlleuse vers la Palestine et pour avoir fait fleurir le désert [ou refleurir, si on remonte à deux mille ans en arrière ! ndt], comme si les gens qui avaient pu habiter là auparavant comptaient pour du beurre. La guerre des Six Jours, en 1967, permit à Israël d'étendre le territoire qu 'il contrôlait jusqu'alors, dont il décupla la superficie, chassant et tuant dans l'opération un nombre effroyable de Palestiniens tant en Cisjordanie que dans la bande de Gaza. Néanmoins, leur calvaire et leurs griefs légitimes ne trouvèrent pratiquement aucun espace d'_expression dans les médias des Etats-Unis. En 1969, le journaliste indépendant américain I. F. Stone forma l'espoir « d 'une Palestine reconstruite, constituée d'un Etat juif et d'un Etat arabe vivant dans la coexistence pacifique. » Il préconisait qu' « afin de faire advenir [cette coexistence], il faudra[it] qu'Israël et les communautés juives dans le monde entier décident de regarder en face certaines vérités dérangeantes. L'une d'entre elles est la nécessité de prendre conscience du fait que les combattants palestiniens sont en train de nous faire subir ce que nos terroristes et nos saboteurs, de l'Irgoun, du Stern et de la Haganah, ont fait subir aux Britanniques. Une autre de ces nécessités, c'est d'admettre que leurs motifs sont tout aussi honorables que l'étaient les nôtres. En tant que juif, même si le terrorisme [des sionistes, ndt] me répugnait, j 'ai eu le sentiment qu'il était justifié par l'errance des juifs rescapés des camps nazis et par ces scènes déchirantes lorsque des esquifs bondés de réfugiés coulaient - voire, parfois, se sabordaient - après qu'on leur eût refusé de débarquer en Palestine. « Le fleuron de la jeunesse arabe a le même sentiment ; ces jeunes gens ne peuvent oublier les atrocités perpétrées par notre soldatesque contre des villages comme Deir Yassine, ni le déracinement des Arabes palestiniens de leur patrie ancestrale, envers laquelle ils ressentent les mêmes liens extrêmement profonds d'attachement, que tant de juifs, fussent-ils assimilés et vécussent-ils ailleurs. » En traversant le Pont Allenby, pour passer de Jordanie en Cisjordanie, il y a quinze ans de cela, j'ai parlé avec un garde-frontière âgé de dix-neuf ans, qui portait une mitraillette. Il m'a dit qu'il avait immigré en Israël de Brooklyn [un quartier de New York], quelques mois seulement auparavant. Il me dit aussi que les Palestiniens devraient déguerpir de « son » pays. A Jérusalem Est, j'ai vu des soldats israéliens brandir la crosse de leur fusil contre de vieilles femmes qui attendaient dans une file indienne : certaines de ces femmes, dans cette queue, me rappelaient ma grand-mère. Seule différence : ces femmes étaient des femmes arabes. Aujourd'hui, les visiteurs du site ouèbe de l'association israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem peuvent consulter une abondante documentation sur le déni systématique des droits des Palestiniens et sur la violence qui se perpétue, prenant des formes multiples. Depuis l'automne 2000 [début de l'Intifada d'al-Aqçâ, ndt], en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, disent les derniers chiffres disponibles, le nombre d'Israéliens tués par des Palestiniens s'est élevé, au total, à 998 personnes, et le nombre de Palestiniens tués par les Israéliens s'établissent à 3 446 personnes. D'une manière générale, dans les médias d'information américains, les Israéliens tués dans des conditions horribles par des kamikazes palestiniens font la une des journaux et sont couverts aux bulletins des heures de grande écoute à la télévision, tandis que les Palestiniens tués dans des conditions horribles par les Israéliens font l'objet d'une couverture quasi indifférente et en tous les cas dépassionnée. Si les médias américains changeaient et devenaient fidèles à un unique standard en matière de droits de l'homme, cette mutation transformerait le discours public au sujet des politiques israéliennes fondamentales - tout en mettant en danger le soutien que leur apporte le gouvernement états-unien. Or, c'est précisément à l'encontre de ce « un seul poids une seule mesure » juste et équitable que le stigmate de l' « antisémitisme » est communément brandi. Du point de vue d'Israël et de ses admirateurs, la menace perpétuelle de recourir à cette diffamation aide grandement à empêcher la couverture assurée par les médias états-uniens d'échapper à tout contrôle. Les journalistes savent très bien que le fait d'employer des termes critiques à l'encontre d'Israël reviendrait à mettre leur carrière en danger. Dans le monde réel, la bigoterie favorable aux juifs et le soutien à Israël sont demeurées très longtemps des paramètres indépendants. Ainsi, par exemple, comme en attestent les enregistrements du Bureau Ovale [à la Maison-Blanche, ndt] [effectués à son insu, ndt], le Président Richard M. Nixon était antisémite, et il ne se gênait pas pour exprimer ses violents préjugés, en privé. Il n'en était pas moins un grand admirateur de l'armée israélienne, et il a toujours soutenu avec une belle constance le gouvernement israélien ! Actuellement, l'agenda néoconservateur, pour le Moyen-Orient, consiste à maintenir le soutien des Etats-Unis à Israël avec un grand enthousiasme. Et les partisans de ce programme ont souvent recours à des tactiques élimées pour tenter de couper court à toute discussion. L'automne dernier, alors que je rencontrais des éditorialistes d'un quotidien, dans le Nord Est du pays [sur la côte du Pacifique], un membre de son comité de rédaction répliqua à une allusion que j'avais faite aux néocons en affirmant tout de go que « « néocon » est, en soi, un terme « antisémite » ». Cette assertion absurde amuserait sans doute les plus puissants des néocons au sein de l'exécutif américain aujourd'hui, j'ai nommé : le vice-président Dick Cheney et le Secrétaire à la Défense Donald H. Rumsfeld (dont ni l'un ni l'autre n'est juif !) Ces vingt dernières années, un nombre croissant de juifs américains [sic] se sont libérés du carcan et expriment clairement leur opposition aux agissements d'Israël. Toutefois, leur voix continue à être presque totalement noyée dans la plupart des grands médias états-uniens par des officines soutenant Israël de manière inconditionnelle, comme l'Aipac [American Israel Public Affairs Committee], l'Anti-Defamation League et l' American Jewish Committee. Comme pour toutes les formes de fanatisme, l'antisémitisme doit être condamné. Demeure le fait que, ces jours-ci, le principal problème auquel l'Amérique est confrontée, en matière d'antisémitisme, a trait au mésusage de l' accusation d'antisémitisme en guise de tactique manipulatrice visant à court-circuiter tout débat risquant d'aborder l'alliance stratégique de Washington avec Israël.
Le lobby sioniste - Réponses à divers courriers
Si nous avons écrit « Le lobby israélien »,
c'est afin d'initialiser un
Sur le rapport Mearsheimer-Walt, lire aussi :
Un avertissement venu d'Amérique, Éditorial du quotidien
israélien Haaretz, 22 mars 2006 Noam Chomsky et le Lobby pro-israélien : Quatorze thèses erronées, par James Petras, avril 2006 http://quibla.net/protocoles2006/protocoles10.htm Polémique sur une étude sur le lobby pro-israélien aux États-Unis Un rapport controversé critique son influence sur la politique étrangère américaine, par Pascal RICHE, Libération, 4 avril 2006 http://quibla.net/protocoles2006/protocoles10.htm Sardaigne, territoire occupé en mai : La Suède se retire d'un exercice militaire en raison de la présence d'Israël
Hex and Zion
Ethné soul signe de lHexagone,
Itambrass au mois de Janvier,
Ils sont pas lourds, au mois davril,
Quand on exécutait au mois de mars,
Ethné soul signe de l'Hex and Zione,
On leur a dit, une fois de plus,
Ethné soul signe de l'Hex and Zione,
Finies les vendanges en octobre,
En Novembre, au salon des salauds,
En décembre c'est l'apothéose,
Ethné soul signe de lHex and Zione,
Sil roi des cons perdrait son trône
Une nouvelle loi Gayssot : proposition de loi PS pour sanctionner la négation du génocide arménien
Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a déposé mercredi une proposition de loi visant à sanctionner pénalement la négation du génocide arménien et qui sera discutée lors de sa niche parlementaire, le 18 mai. Cette proposition de loi, annoncée le 13 avril par le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) à Marseille, complétera, si elle est adoptée, la loi du 29 janvier 2001 dans laquelle l'Etat français reconnaissait le génocide arménien. Elle vise à "étendre les dispositions de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse relatives à la négation des crimes contre l'humanité au génocide arménien", en punissant d'un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende "ceux qui auront contesté l'existence du génocide arménien de 1915". Le vice-président UMP de l'Assemblée nationale, Eric Raoult, a indiqué mardi avoir déposé une proposition de loi similaire. Dans le cadre de cette même niche parlementaire du 18 mai (séance dont il a l'initiative), le groupe socialiste a par ailleurs inscrit une proposition de loi sur l'évaluation des lois. La deuxième niche socialiste, le 16 mai, sera consacrée à l'examen d'une proposition de loi sur l'emploi, notamment l'emploi des jeunes, qui sera déposée "dans les jours qui viennent", a précisé le groupe PS.
Petit calibre et grosse artillerie : Louis Sala-Molins répond au Nouvel Obs à propos de La férocité blanche de Rosa-Amelia Plumelle-Uribe
Monsieur, Rentrant d 'un séjour à l'étranger, je lis avec retard le Nouvel Obs du 13 au 19 avril. Éditeur du "Code Noir ou le calvaire de Canaan" et préfacier de "La férocité blanche" de Rosa-Amelia Plumelle-Uribe, je lis avec l'attention et l'intérêt que vous devinez votre long article Nous, les Noirs de France. Tout naturellement, je me trouve parfois en accord, parfois en désaccord avec vos pondérations, estimations et commentaires. C'est la loi du genre. Mais je dois vous faire part de mon indignation à propos, non pas d'une pondération subjective, mais d'une faute grave de journalisme et de tenue politique lorsque vous avez le front - ou la légèreté?- d'écrire: "mais aussi Rosa-Amelia Plumelle-Uribe, auteur d'un livre-brûlot, 'la Férocité blanche' (Albin Michel), où elle soutient que la furie nazie était de petit calibre comparée à la haine anti-noire" . Je vous mets au défi de trouver dans cette excellente étude ,que mon ami Thierry Pfister , responsable des éditions Albin Michel et moi-même avons lu, avant édition, avec la méticulosité que vous pouvez imaginer, un passage qui puisse ressembler de près ou de loin à votre fallacieux résumé. Madame Plumelle-Uribe dit, et prouve, que les propédeutiques de la "solution" appliquée aux "non ariens" sont bien en place , bien longtemps avant le nazisme, dans le traitement des "non-Blancs". Avez-vous au moins remarqué le sous-titre de ce livre? Et c'est avec des mensonges (furie nazie, petit calibre comparée à...) de ce style, cher Monsieur, que, par le temps qui courent, on stigmatise d'anti-sémitisme, d'anti-judaïsme tels et tels chercheurs qui se lancent à revisiter l'histoire des "non Blancs" dans les pages de magazines qui, comme le vôtre, jurent la main sur le cur de livrer en toute honnêteté et en toute rigueur le bon combat et le bon seulement Je ne résiste pas à vous informer par ailleurs que si le livre de Plumelle-Uribe a été systématiquement ignoré par la presse de gauche française, sa version allemande, publiée il y a deux ans, a fait l'objet de très nombreux comptes-rendus, études, rencontres en Allemagne et que nulle part, personne là-bas n'a jugé nécessaire d'en parler comme vous venez de le faire. Veuillez croire, monsieur, à l'_expression de mes sentiments attristés et vigilants. Louis Sala-Molins
La prophétie d'Oded Yinon - Les USA font-ils les guerres d'Israël à sa place ?
par Linda S. Heard, CounterPunch, 25 avril 2006. Original : http://www.counterpunch.org/heard0425006.html.
Une première version de cet article a été publiée dans le magazine Al-Shindagah, publié à Dubai. Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Lauteure est une spécialiste britannique du Moyen-Orient. Elle réside au Caire.
Courriel : sierra12th@yahoo.co.uk
Énormément de gens, dans l'ensemble du monde musulman, et aussi ailleurs, se posent cette question : « Quelles sont les raisons réelles, derrière l' invasion de l'Irak par les États-Unis et aussi, derrière leur désir de renverser les gouvernements de la Syrie et de l'Iran ? » En dépit de leurs gesticulations grandioses, en réalité, l'Irak, la Syrie et l'Iran n'ont jamais représenté une menace directe pour les États-Unis proprement dits. Tout simplement : ces pays sont trop loin de l'Amérique ! Alors : pourquoi les États-Unis insistent-ils comme ils le font à sacrifier autant de vies humaines et tant d'argent à seule fin de changer dans ces pays des régimes politiques qui n'ont pas l'heur de leur plaire ? Les théories abondent. En tête de liste, il y a la soif de pétrole de l' Amérique, ce pétrole qui est, comme on sait, une ressource en voie d' épuisement et non-renouvelable. Mais en réalité, les États-Unis reçoivent qu 'une infime partie de leur pétrole du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique : la plus grande partie de leur consommation importée provient d'Amérique du Sud et d'Afrique. Une autre théorie en circulation tourne autour du monopole du pétrodollar que tant l'Irak que l'Iran ont cherché à casser en négociant leur pétrole en Euros. Il y a peut-être quelque chose de vrai dans cette tentative d' explication, mais cela n'explique toujours pas pourquoi la Syrie est, elle aussi, en ligne de mire. Les États-Unis disent qu'ils désirent exporter « la démocratie » dans cette région du monde. Mais leur réaction face à l'élection d'un gouvernement chiite en Irak, conduit par le Parti Da'wa, qui entretient des relations étroites avec l'Iran, et la manière dont le nouveau gouvernement démocratiquement élu à direction Hamas en Palestine a été isolé sont loin de donner des gages en la matière. La démocratie n'amènera pas au pouvoir dans ces pays des gouvernements américano-compatibles. Or, c'est bien là ce que l 'administration Bush recherche, en réalité. Un axiome auquel beaucoup de gens, dans le monde arabe, ont tendance à croire doit être, lui aussi, disséqué : les États-Unis ne seraient-ils pas en train de remodeler et de manipuler la région à seule fin qu'Israël demeure la seule superpuissance régionale et ce, à perpétuité ? Cela n'est pas aussi fantaisiste que cela pourrait paraître à première vue. Lisez, ci-après, l'extrait étrangement prophétique d'un article publié en 1982 par la revue Kivunim, publication de l'Organisation Sioniste Mondiale [World Zionist Organisation] sous la plume d'Oded Yinon, un journaliste israélien très lié au ministère israélien des Affaires étrangères : [La stratégie de Yinon était fondée sur cette même hypothèse : pour survivre, Israël doit devenir une superpuissance impériale régionale et il doit aussi s'assurer de l'éclatement de tous les pays arabes, afin que la région puisse être dépecée en petits pays impuissants et incapable de faire face à la puissance militaire israélienne.]
Voici ce que Yinon avait à nous dire, à propos de l'Irak : « La dissolution de la Syrie et de l'Irak en zones ethniques et religieuses monocolores, comme au Liban, est notre premier objectif sur le front oriental : l'Irak, riche en pétrole, d'une part, et déchiré intérieurement, d'autre part, est un candidat idéal pour être pris pour cible par Israël. Sa dissolution est même plus importante pour nous [= les sionistes., ndt] que celle de la Syrie. L'Irak est [en effet] un pays plus puissant que la Syrie. A court terme, c'est le pouvoir irakien qui représente la plus grande menace, pour Israël. « Une guerre irako-iranienne fera éclater l'Irak et causera sa chute, intérieurement, avant même qu'il soit à même d'organiser une lutte à grande échelle contre nous [= les sionards, again, ndt]. Toute confrontation interarabe, quelle qu'en soit la forme, nous aidera dans le court terme et raccourcira le chemin vers notre but fondamental, à savoir : l'éclatement de l'Irak entre de multiples communautés ethnico-religieuses, comme en Syrie et au Liban. « En Irak, une division suivant des lignes de séparation ethnico-religieuses, héritées de l'époque ottomane (comme en Syrie), est tout à fait réalisable. Aussi, trois États (voire plus) existeront autour des trois principales métropoles : Basra, Bagdad et Mossoul. De plus, des régions chiites, dans le Sud du pays, se sépareront des régions sunnites et kurdes, dans le Nord. » Cela ne vous rappelle rien ?
Bien. Maintenant, concentrons-nous sur la réalité, vingt-quatre ans après. La guerre irano-irakienne, huit années durant (elle a pris fin en 1988), a causé plus d'un million de morts. Néanmoins, elle n'a pas entraîné l' éclatement tellement désiré par Yinon. L'Irak était demeuré une entité homogène et puissante. L'Irak, toutefois, fut sévèrement affaibli en 1991, à la suite de la guerre du Golfe causée par l'invasion du Koweït par Saddam Hussein. Néanmoins, là encore, le pays demeura uni. Il a fallu l'invasion de l'Irak en 2003, sous houlette américaine, et l' occupation qui s'en est ensuivie, pour déstabiliser l'Irak et partager le pays selon des frontières sectaires. De fait, sa nouvelle constitution a été rédigée autour de l'idée d'une fédération très lâche, avec une autonomie partielle pour les Kurdes, au Nord, et les Chiites, au Sud. Et le pays est aujourd'hui en proie aux guerres intestines, sectaires, religieuses et ethniques. D'aucuns évoquent une « guerre civile ». Prenons maintenant le cas de la Syrie. Jusqu'à l'invasion de l'Irak, en mars 2003, la Syrie, sous la direction du Président Bashar al-Asad, a joui de relations relativement bonnes avec l'Occident. Nous devons aussi nous rappeler que la Syrie a combattu du côté des forces alliées sous direction américaine durant la guerre du Golfe. La Syrie a aussi voté, fût-ce à son corps défendant, la résolution de l'Onu qui donnait l'onction à l'invasion et elle était un puissant partenaire dans la soi-disant « Guerre contre le Terrorisme ». Et puis, oh, miracle : la Syrie s'est mise à avoir tout faux ! Soudain, elle a été accusée de tous les « crimes » possibles et imaginables, depuis la dissimulation de mythiques armes irakiennes de destruction massive, en passant par le havre accordé à des insurgés et à des terroristes, jusqu'au libre passage accordé vers l'Irak à des combattants et à des armes ! On mit alors une pression maxi sur Damas pour qu'il mette un terme à son occupation de facto du Liban, après l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafik Hariri. Et aujourd'hui, le gouvernement syrien, accusé d' implication dans cet assassinat [sans aucune preuve, ndt] doit répondre aux enquêteurs de l'Onu. Aujourd'hui, les États-Unis sont activement engagés dans l'affaiblissement du gouvernement al-Asad et ils soutiennent des partis syriens d'opposition. S'ils réussissent, prédisent beaucoup d'experts, la Syrie - à l'instar de l' Irak - sera la victime de guerres sectaires et intestines. Le Liban, qui se remettait lentement d'une longue guerre civile doublée d' une interminable occupation israélienne et qui était sur le point de trouver un semblant d'unité, est lui aussi en danger de déstabilisation, des factions se rangeant dans deux confédérations : pro-syrienne et anti-syrienne. Yinon avait donné du monde arabo-musulman la description d'un château de cartes précaire, monté par des puissances étrangères et arbitrairement divisé en États, tous faits de bric et de broc, de combinaisons de minorités et de groupes ethniques qui ne peuvent pas se voir mutuellement, fût-ce en peinture. Ensuite, il grommelait, désapprouvant la restitution du Sinaï à l'Égypte par Israël, en vertu du traité de Camp David, parce que - pas de bol. - cette région s'avère détenir d'importantes réserves de pétrole, de gaz et d'autres ressources naturelles. « La reconquête de la péninsule du Sinaï est, par conséquent, une priorité politique, à laquelle Camp David fait obstacle », écrit-il. « Et nous devrons agir afin de faire retourner la région au statu quo qui existait au Sinaï avant la visite de Sadate [à Jérusalem, en 1978] et les accords de paix calamiteux signés avec lui, en mars 1979. » Yinon prédit ensuite que, pour peu que l'Égypte soit divisée et déchirée, d' autres pays arabes cesseront d'exister sous leur forme actuelle. Pour lui, la fondation d'un État chrétien copte en Haute Égypte est une quasi-certitude. Actuellement, on constate des problèmes croissants entre les musulmans et les coptes d'Égypte, ces derniers étant perçus par certains musulmans égyptiens fondamentalistes comme plus loyaux envers les États-Unis qu'envers leur propre pays. Ceci a abouti à des affrontements ouverts avec, hélas, souvent des morts. Mis à part les dissensions islamo-coptes, Yinon s'est gouré dans ses calculs concernant l'Égypte. Il pensait que Le Caire résilierait le traité de paix avec Israël, donnant ainsi l'occasion aux Israéliens de ramener leurs tanks tout droit dans le Sinaï et dans d'autres régions convoitées. Toutefois, le gouvernement égyptien, sous la direction de ce pragmatique de tous les instants qu'est le Président Hosni Moubarak, s'en est tenu à la lettre du traité. Et il est même devenu un important allié des États-Unis, durant toute cette période. La solution proposée par Yinon au problème israélo-palestinien toujours pas réglé consistait à cornaquer les Palestiniens au-delà du Jourdain et de changer les panneaux indicateurs « Jordanie » en panneaux indicateurs « État palestinien ». [Simple, non ?] Il rejetait le principe « les territoires contre la paix », disant : « Il n' est pas possible de continuer à vivre, comme ça, dans ce pays, dans la situation actuelle, sans séparer les deux nations : les Arabes en Jordanie et les juifs dans les territoires situés à l'Ouest du Jourdain. Une authentique coexistence régnera sur cette région seulement quand les Arabes auront compris que sans un pouvoir juif entre le Jourdain et la Méditerranée, ils n'auront ni existence, ni sécurité. Une nation, et une sécurité bien à eux : cela ne sera possible qu'en Jordanie ! » Encore une fois, Yinon et ses acolytes doivent être fort déçus. La Jordanie a renoncé à toute idée de panarabisme, bien avant la démission du Roi Hussein, et son fils, le roi Abdullah, est aujourd'hui le plus fidèle allié arabe des États-Unis dans la région. Les Palestiniens représentant les deux tiers de sa population, Abdullah a choisi l'auto-conservation en s' accrochant aux basques des États-Unis. L'idée d'envoyer paître 4,5 millions de Palestiniens de l'autre côté du Jourdain n'est désormais plus évoquée ouvertement, bien que cette option ait été encore sur la table en 2002, d'après un article du Professeur van Creveld publié par le quotidien britannique Daily Telegraph. A l'époque, un sondage Gallup avait montré que 44 % des juifs israéliens étaient en faveur de l'expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain. Le Professeur Creveld pensait qu'Ariel Sharon y était personnellement favorable. Sharon était cité, dans l'article mentionné : il mettait l'accent sur la majorité palestinienne de la population jordanienne, et il parlait de la Jordanie comme s'il s'était agi de l'État palestinien. « La déduction qu' il fallait envoyer les Palestiniens là-bas était évidente », écrivit Creveld. Si vous pensez que l'idée que les États-Unis sont prêts à s'exposer au danger pour les beaux yeux d'Israël est tirée par les cheveux, alors il vaut la peine de vous remémorer les propos du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, qui affirma dans un de ses livres que le gouvernement israélien était, de facto, responsable de la détermination de la politique américaine au Moyen-Orient, et ce depuis la guerre dite « des Six Jours », en 1967. L'essai de Yinon ne se focalise pas sur l'Iran. Mais examinons des déclarations relativement récentes provenant d'Israël, à ce sujet. Au cours d'une visite à Washington, en novembre 2003 - soit deux ans avant que les États-Unis ne tournent leurs canons vers l'Iran - le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz dit à des officiels américains qu' « en aucune circonstance, Israël ne saurait admettre que l'Iran entre en possession d'armes nucléaires. Le même mois, Meir Dagan, directeur du Mossad, déclarait devant une commission parlementaire que l'Iran représentait une « menace existentielle » pour Israël, assurant aux parlementaires qu'Israël serait capable de faire face à cette menace. L'an dernier, la rhétorique en provenance d'Israël monta d'un cran, le ministre israélien des Affaires étrangères Silvan Shalom déclarant à la presse que « l'idée que cette tyrannie qui gouverne l'Iran puisse détenir une arme nucléaire est un cauchemar, pas seulement pour nous, mais pour le monde entier. » Le Premier ministre israélien désigné, Ehud Olmert, continue la tradition consistant à faire monter en mayonnaise la menace iranienne, fortement aidé en cela, il faut bien le dire, par la rhétorique débridée du dirigeant casse-cou de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad. Le Daily Telegraph du 18 février titrait : « L'Amérique soutiendrait une attaque israélienne contre l'Iran », indiquant clairement que c'est Israël qui dirige l'assaut contre l'Iran.
L'article rapporte des propos de George W. Bush : « A l'évidence, si j'étais le leader d'Israël et que j'entende certaines des déclarations des ayatollahs iraniens concernant la sécurité de mon pays, je serais moi aussi très préoccupé à l'idée que l'Iran puisse détenir une arme nucléaire. Israël est notre allié, et c'est pourquoi nous avons fait une déclaration très forte pour le soutenir : nous soutiendrons Israël si sa sécurité est menacée. » Un an après, le gouvernement américain ne présente plus les ambitions nucléaires prêtées à l'Iran comme une menace pour Israël : il s'agit désormais d'une menace directement pour les États-Unis. De cette manière, les accusations contre l'Iran et les éventuelles répercussions qu'elles pourraient avoir sont susceptibles d'être vendues au peuple américain. Soudain, les préoccupation d'Israël sont devenues ses propres préoccupations. Il est intéressant de noter que plus de 55 % des Américains disent qu'ils soutiendraient des frappes contre les installations nucléaires de l'Iran, d'après un sondage récent. Comme l'écrit l'éditorialiste Doug Ireland dans un de ses articles : « La véritable histoire de l'espion de l'Aipac : tout tournait autour de l'Iran » : « Le lapsus de Bush, qui a révélé ses véritables intentions, a fait la une du Monde et des autres quotidiens européens, mais il n'a pratiquement pas retenu l'attention des principaux médias outre-Atlantique. » En septembre de l'an dernier, Justin Raimondo écrivait : « Cette affaire a fait l'objet de très peu de publicité, en dépit de son importance. Il ne s'agit pas seulement du fait que, pour la première fois dans la mémoire contemporaine, le puissant lobby pro-israélien ait été humilié. Ce qui est en train de se passer, en l'occurrence, c'est la mise au grand jour de l'armée souterraine d'Israël dans les légions états-uniennes clandestines de propagandistes et carrément d'espions, dont le job consiste non seulement à faire la propagande d'Israël, mais même de distordre la politique américaine jusqu'à ce qu'elle corresponde aux besoins de ce pays, et qui, par la même occasion, sont mis au jus des secrets les mieux gardés des États-Unis. » Revenons à la question de savoir si les États-Unis sont effectivement en train de mener des guerres pour les beaux yeux d'Israël. En bref, nous ne pouvons pas en être absolument certains, et nous ne le saurons peut-être jamais nous-mêmes, étant donné que la Maison Blanche, à l'instigation de Bush, a mis sous scellés ses enregistrements et ses archives papier privées pour une durée de cent ans. Mais il y a une chose que nous savons. Le « Plan sioniste pour le Moyen-Orient », rédigé en 1982 par Oded Yinon, est en train de prendre forme sous nos yeux, dans une large mesure. Est-ce là une pure coïncidence ? Yinon était-il un cinglé surdoué ? Peut-être ! Mais quoi qu'il en soit, nous autres, les Occidentaux, nous sommes les victimes d'un agenda remontant loin dans le temps, que nous n'avons pas contribué à fixer. Et qui, à n'en pas douter, n'est absolument pas dans notre intérêt. > De la même auteure, lire aussi Une effrayante « stratégie pour Israël », 29 novembre 2005 > http://quibla.net/palestine2006/pal3.htm
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