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Les Protocoles des Fous de Sion
 

23/06/06 - Clémente justice : 10 mois de prison avec sursis et... 5010 Euro à payer pour Raphaël Schoemann


Raphaël Schoemann a été condamné à 10 mois de prison avec sursis jeudi par la Xème chambre du tribunal correctionnel de Paris pour avoir envoyé des lettres de menaces accompagnées de balles de 22 Long Rifle à douze personnalités quil avait ciblées pour leur soutien à la cause palestinienne, qui faisait delles, selon lui, des antisémites dextrême-droite.
Schoemann a également été condamné à verser un Euro de dommages-intérêts aux dix personnes visées qui s'étaient constituées partie civile et à rembourser 5 000 Euro de frais d'avocats. Sa condamnation est assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve de trois ans.
Une des parties civiles, Me Isabelle Coutant-Peyre, présente à la lecture du jugement, a dénoncé "l'absence d'indemnité pour des victimes qui ont été menacées de mort".
Autre partie civile, Gilles Munier, secrétaire des amitiés franco-irakiennes, a dénoncé une décision "deux poids, deux mesures", ajoutant : «lorsque vous être Breton, Corse ou musulman, vous allez en taule ».
Me Coutant-Peyre et Gilles Munier ont l'intention de faire appel sur le montant des dommages-intérêts.
Lire aussi http://quibla.net/protocoles2006/protocoles13.htm

 

 

19/05/06 - "La prochaine n'arrivera pas par la poste": 12 mois de prison avec sursis requis contre l'apprenti-terroriste Raphaël Schoemann


La Xème chambre du tribunal correctionnel de Paris a examiné le le jeudi 11 mai l'affaire Raphaël Schoemann. Ce retraité de 66 ans, citoyen français juif d'origine allemande, rescapé d'un camp de concentration nazi, avait été interpellé en février 2004 et avait reconnu avoir envoyé des lettres anonymes contenant une balle de 22 Long Rifle et la phrase : "la prochaine n'arrivera pas par la poste" à douze personnes connues pour leur engagement antisioniste. Les personnes visées étaient Eyal Sivan, cinéaste israélien émigré en France, Isabelle Coutant-Peyre, avocate et épouse de Carlos, Ginette Hess-Skandrani, militante antisioniste, Maria Poumier, enseignante et traductrice, Lucien Bitterlin, président de l'association France-pays arabes, Monique Chemiller-Gendreau, professeur de droit international, Alain Lipietz, député européen des Verts, Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, José Bové, porte-parole de la Confédération paysanne, Annie Coussemant, traductrice et membre de l'Association France-Palestine solidarité, Mondher Sfar, historien et éditeur, et Jean-Claude Willem, maire (PCF) de Seclin (Nord).
Six des personnes visées étaient présentes à l'audience, les autres étant représentées par leurs avocats.
Schoemann avait été identifié par les enquêteurs suite à un email envoyé à Maria Poumier et signé "Nadine Mouk" ("Maudite soit la religion de ta mère", en arabe). À son domicile, la police avait trouvé un véritable arsenal, notamment un fusil d'assaut suisse SIG de 5,56 mm, acheté en Suisse en décembre 2003, et pourvu de tout l'équipement nécessaire à une opération de type "exécution professionnelle" : un pied, un viseur laser et un silencieux ainsi que 784 cartouches, dont des balles perforantes.
Pendant les cinq heures qu'a duré l'audience, Schoemann a revendiqué haut et fort son acte, le justifiant par une théorie délirante : les personnes qu'il avait menacé de mort faisaient toutes parties d'un réseau d'extrême-droite antisémite auxquelles il avait l'intention de faire peur en "alimentant leur paranoïa". Il a évidemment nié avoir eu l'intention de mettre ses menaces à exécution, affirmant que les armes à feu qu'il détenait lui servaient à "chasser les nuisibles". Quant aux balles perforantes, il s'était, di-il, "fait avoir" par l'armurier suisse auquel il avait acheté le fusil d'assaut, celui-ci ayant prétendu ne pas en avoir d'autres.
À aucun moment, Schoemann n'a exprimé de remords ni même de regrets. Au contraire : pour lui, les choses sont claires, toutes les personnes qu'il a menacées de mort sont des "délinquants antisémites" et s'il a agi ainsi, c'est parce que les "institutionnels", auxquels il s'est adressé, comme la LICRA, n'ont rien fait, par "laxisme". Bien sûr, "la liberté d'opinion, c'est très important, mais il y a des opinions qui sont des délits. J'aurais préféré aller en justice, mais regardez le feuilleton Dieudonné. J'ai contacté des associations, mais sans résultats - par laxisme. Les institutionnels ne font pas leur boulot, le parquet non plus."
Exemple de dialogue entre le prévenu et la présidente du tribunal :
-Pourquoi n'avez-vous pas signé vos lettres ?
- Une lettre anonyme, ça ne se signe pas.
- Pourquoi des lettres anonymes ?
- Pour ne pas me faire prendre
- Vous n'étiez pas personnellement mis en cause ?
- C'était un débat d'idées.
- Ce n'était pas des idées, mais des menaces. Vous pensiez que ça pouvait interférer, modifier leurs prises de position ?
- Ce sont des gens qui se présentent comme d'héroïques révolutionnaires qui sortent de l'état de droit républicain.
- Drôle de réponse !
- C'est ce qu'on appelle une défense de rupture. Sous prétexte de soutien aux défavorisés palestiniens, ils s'en prennent à nous (sous-entendu : les juifs).
À la question d'une des parties civiles - Schoemann réalise-t-il qu'il a terrorisé des gens ? -, celui-ci répond :
« C'était un canular plus qu'autre chose. je ne m'affole pas. Ça (les lettres de menaces de mort) fait beaucoup moins de dégâts que leurs textes. »
Drôle de "canular" tout de même, lui fait-on remarquer. Réponse de Schoemann : tout ça, c'est la faute d'Internet, une "vrai machine infernale". Et, ajoute-t-il, "tout compte fait, j'aurais du les laisser continuer à semer la zizanie dans le Palestine-business."
Schoemann est-il fou ? Pas du tout, ont conclu les experts psychiatres.
Acceptant les dénégations du prévenu, qui a nié de bout en bout qu'il ait pu exister un lien entre les menaces de mort proférées et la détention d'armes à feu - autrement dit qu'il ait eu un quelconque projet de passer aux actes -, la procureure, dans son réquisitoire, s'est contentée de requérir une peine symbolique de douze mois de détention avec sursis, avec indemnisation symbolique des victimes. L'apprenti-terroriste s'en tirera donc à bon compte.
Jugement le 22 juin.
quibla.net, 19 mai 2006

 

19/05/06 - Menaces de mort sionistes : jugement d'un acte terroriste ou mascarade judiciaire ?

 

par Ginette Hess Skandrani , 17 mai 2006

L'affaire des balles envoyées par courrier et accompagnées de menaces de mort proférées contre des militants/es de la cause palestinienne par M. Schoemann, 64 ans, a enfin été présentée au juge - après bien des tergiversations - devant la 10è Chambre du Tribunal Correctionnel de Paris, le 11 mai 2006 .

Nous étions quatre victimes de ce sinistre personnage à nous présenter sans avocat, ayant décidé de nous représenter nous-mêmes. Mais ce n'est pas facile, n'ayant pas accès au dossier et étant obligé de nous défendre contre un malfaiteur qui nous accusait, de comprendre la finalité de ce procès. De victimes, il a essayé de nous faire passer pour des accusés. Et je ne suis pas sûre qu'il ait échoué dans ce procédé

Entre 2002 et 2003, douze personnes connues pour leur engagement " pro-palestinien " ou pour avoir critiqué la politique israélienne (1), ont reçu des menaces de mort sous la forme de coups de téléphone anonymes ou d'une lettre contenant deux balles de 22 Long Riffle assorties d'un message inquiétant : " La prochaine n'arrivera pas par la poste ". Le coupable a été appréhendé en février 2004 et a avoué les faits reprochés.

Je croyais rêver en ouvrant mon courrier. Etais-je encore en France ou aux USA ? Y avait-il un nouveau Kuk Klux Kan qui s'installait chez nous ? Ou bien allait-on recommencer à envoyer des cercueils à des anticolonialistes comme ce fut le cas durant la guerre de libération de l'Algérie ?

J'ai porté plainte contre X en me constituant partie civile, ainsi que toutes les autres personnes menacées, bien qu'étant persuadée que ça ne servirait pas à grand chose vu que la police n'arrêtait jamais les auteurs de ce genre de menaces, surtout si les menaces sont proférées par des groupes ou des personnes faisant partie de la communauté juive Si M. Schoemann avait été Noir ou Arabe, il n'aurait jamais été relâché aussi vite et aurait certainement été traité de terroriste par toute la presse de France et de Navarre et condamné par les politiciens de tout bord. On connaît le deux poids/ deux mesures pratiqué presque quotidiennement.

Dieudonné accompagné de ses enfants a été agressé, il y a trois semaines, par deux jeunes juifs venus de banlieue et, comble d'injustice, il a passé trois heures au commissariat à devoir justifier de son agression. La presse ne s'est pas émue alors qu'elle s'est souvent focalisée dès qu'on parle d'agression antisémite avec ou sans preuve. Nous nous rappelons tous du feuilleton inventé du RER D. ou celui du rabbin auto-- poignardé

Des journalistes et des militants pro-palestiniens avaient été agressés physiquement par les nervis du BETAR, en plein tribunal lors du procès du philosophe Roger Garaudy, le 27 février 1998. Un écrivain iranien a été sauvagement agressé et laissé par terre sans connaissance. Ils n'ont pas hésité à s'en prendre aux gendarmes qui nous protégeaient Les agresseurs ont été relaxés bien que reconnus par plusieurs victimes. Plusieurs intervenants ont également été agressés et gazés lors d'une conférence à la Sorbonne la même année.

La Ligue de défense juive et le BETAR, ces groupuscules paramilitaires, sont coutumiers de ce genre d'agression lors des manifestations de solidarité avec le peuple palestinien et leurs interventions restent toujours impunies, malgré la gravité des faits, même s'ils s'en prennent aux forces de l'ordre. Ils ont toujours pignon sur rue et paradent officiellement

Selon certaines sources du dossier communiqué, Raphaël Schoemann est " un homme froid et décidé marqué par l'expérience de ses parents, internés à l'arrivée des nazis en Allemagne ". Il reflète exactement les arguments haineux du mensuel sioniste L'Arche, périodique qui exerce le terrorisme intellectuel en dressant des listes de gens qu'il classe comme antisémites.

Les enquêteurs ont trouvé chez Raphaël Schoermann un nombre impressionnant d'armes - carabine, pistolet, revolver, fusil d'assaut - des cartouches de différents calibres, un réducteur de son et une lunette de visée laser de nuit. De quoi assassiner à titre d'exemple, et discrètement, les intellectuels qu'il accuse de propager " des thèses négationnistes et antisémites ", sous couvert de critiques de l'armée israélienne. Malgré la gravité des faits, il a été laissé en liberté provisoire, alors qu'il aurait très bien pu continuer à proférer des menaces et les mettre à exécution.

Le procureur a demandé 12 mois de prison avec sursis, une amende et la confiscation des armes. Le jugement sera rendu le 22 juin. Parions que les douze mois vont se réduire à quatre ou cinq et que l'amende sera symbolique Et Schoemann pourra recommencer.

En tous les cas, ce procès m'aura permis de réaffirmer que la lutte pour la décolonisation de la Palestine est une lutte juste et digne et que je préfère être dans ma peau plutôt que dans celle de ce personnage odieux.

Oui ! Je soutiens le peuple palestinien dans son juste combat de récupération de ses terres et de sa mémoire spoliés par la création de l'Etat d'Israël.

Oui ! Je soutiens ce peuple exclu de tout, martyrisé et génocidé par des Européens qui lui ont volé son histoire.

Oui ! Je soutiens sa juste lutte et je reconnais que ça m'a valu bien des ennuis de la part de gens haineux comme ce Monsieur qui cherchent à nier que la création par la résolution 181, le 29 novembre 19 47 d'un Etat illégitime et ethnique et la proclamation unilatérale de l'Etat d'Israël du 15 mai 48 après avoir rasé les villages palestiniens est un acte colonial

Car ceux qui se définissent comme une partie des victimes du nazisme auraient pu créer un État avec les autochtones palestiniens de toutes confessions, au lieu de le créer en cherchant à les éliminer.

Cette terre n'était pas sans peuple comme ils ont voulu le faire croire : la preuve, le peuple palestinien est toujours là et il résiste toujours à l'occupation.

Oui, je suis fière de soutenir un tel peuple que rien : ni le mur de la honte, ni les colonies de peuplement, ni les massacres, les enfermements, les déportations, les tortures, les harcèlements ne pourra faire plier.

Et aujourd'hui, sous prétexte de le punir parce qu'il aurait mal voté, les USA et Israël avec la complicité de l'Europe veulent continuer à le décimer en l'affamant et en l'excluant de tout ce qui fait la légitimité d'un peuple. Plus que jamais, le peuple palestinien a besoin de notre soutien. Tous ceux qui se battent pour plus de justice et pour le respect de chaque être humain à vivre dans la dignité se doivent d'être à ses côtés. En tous les cas pour ma part, je n'y manquerai pas.

(1) Eyal Sivan, Isabelle Coutant-Peyre, Ginette Hess-Skandrani, Maria Poumier, Lucien Bitterlin, Monique Chemiller-Gendreau, Alain Lipietz, Gilles Munier, José Bové, Annie Coussemant, Mondher Sfar, Jean-Claude Willem).

 

 

19/05/06 - Procès d'Ernest Zündel : compte-rendus des audiences du 26 avril et du 12 mai


Audience du 26 avril
Il s'est passé des choses étranges, lors de l'audience du 26 avril à
Mannheim. Jürgen Rieger, l'un des avocats de Ernst Zündel, était absent.
Absent aussi, le procureur Grossmann, qui s'est fait remplacer.
Me Sylvia Stolz et Me Horst Mahler, comme prévu (voir nos messages
précédents), ont été contraints de prendre place dans l'assistance.
Un peu moins de forces de l'ordre que les fois précédentes.
Ernst Zündel semblait en bonne forme et plein d'énergie.
Le juge Meinerzhagen a commencé par faire visionner, sur écran blanc, une
vidéo de Zündel qui, aux environs de 1999, avait été présentée sur les
écrans de télévision en Allemagne avec les habituels commentaires mettant en
garde contre les "néo-nazis" et le danger qu'ils représentaient sur la
Toile... Pas très bon pour la défense, et même "mauvais", selon certains
spectateurs venus assister au procès.
Puis le juge a diffusé une des deux seules émissions de radio que Zündel
avait réussi à réaliser, il y a plusieurs années, depuis Kaliningrad
(Königsberg) avant que n'intervienne le lobby des interdictions pour mettre
le holà à de telles diffusions. Pendant près d'une heure l'assistance a pu
entendre cette émission "fabuleuse", selon plusieurs auditeurs, "Ernst au
mieux de sa forme", dans laquelle Zündel s'adressait au peuple allemand pour
lui expliquer que le système dit "démocratique" dans lequel il vivait était
en réalité une force d'occupation inculquant dans les esprits une histoire
mensongère, et contrôlant tout, y compris la justice.
Puis, sans faire le moindre commentaire, le juge Meinerzhagen a lu la
"Lettre ouverte d'Ingrid Zündel au juge" du 8 février 2006 [en réalité, du
31 janvier 2006; nous la réclamer éventuellement, en anglais]: il a fait
cette lecture, paraît-il, avec une certaine sensibilité dans la voix et, les
derniers mots lus, a quitté la salle d'audience: la séance était terminée.
Ingrid Zündel n'a toujours pas pris de décision en ce qui concerne
l'invitation que lui a faite le juge de venir témoigner à Mannheim mais un
communiqué récent - du 18 avril - trouvé sur le site de l'ambassade
d'Allemagne et intitulé "Le ministre allemand de la justice Zypries et le
ministre de la justice américain Gonzales signent des accords bilatéraux
d'assistance juridique mutuelle" ne laisse pas de l'inquiéter.
Selon ce communiqué, le ministre Brigitte Zypries aurait prononcé: "Grâce
aux traités complémentaires signés aujourd'hui, nous avons créé les
conditions permettant aux accords d'assistance juridique mutuelle en matière
criminelle et d'extradition conclus entre l'Union européenne et les
Etas-Unis de prendre effet également au sein des relations entre l'Allemagne
et les Etats-Unis."
On y lit aussi: "De plus, ce traité complémentaire simplifie les procédures
de notarisation et de transfert de documents d'extradition qui jusqu'à
maintenant étaient très compliquées."
Les mailles du filet se resserrent-elles sur Ingrid Zündel, citoyenne
américaine?

Audience du 12 mai 2006
L'audience a commencé avec une demi-heure de retard, à 13h 30, et s'est
terminée à 16h 15: moins de policiers que les fois précédentes mais aussi
moins de public. Tous les avocats étaient présents. Me Mahler et Me Stolz
avaient pris place dans l'assistance.
Le juge a fait savoir qu'il avait bien reçu la lettre de Bruce Leichty,
avocat américain d'Ingrid Zündel (voy. n/message du 13 mai intitulé "Réponse
d'Ingrid Zündel au juge de Mannheim") et qu'il en avait ordonné la
traduction.
Un "expert" en droit international comparé, collaborateur du Max-Planck
Institut, est venu présenter un rapport de 32 pages que le juge Meinerzhagen
lui avait commandé dès l'automne 2005 pour déterminer si le temps déjà
effectué par Ernst Zündel dans sa prison canadienne devrait être pris en
compte en cas de condamnation dans ce procès. Dans son rapport l'auteur
employait un certain nombre d'expressions en anglais, que, par paresse ou
par incapacité, il ne s'était pas donné le mal de traduire en allemand.
Jürgen Rieger, avocat de Zündel, a alors contre-interrogé l'"expert", ce
qui a déclenché un certain nombre de réactions de la part du public: une
personne qui s'était plainte à voix haute de ne pas comprendre, a dû être
évacuée; Günter Deckert, qui, en tant que traducteur, avait voulu intervenir
pour traduire les mots de "white supremacists" (suprémacistes blancs), s'est
fait admonester.
J. Rieger a essayé de savoir sur quoi l'expert en question avait pu fonder
son rapport - il est allé jusqu'à lui demander si "l'Holocauste" avait joué
un rôle dans l'extradition de Zündel du Canada, ce que l'expert n'a pas pu
nier. Les juges Meinerzhagen et Hamm ont alors voulu intervenir pour rejeter
ce genre de question mais les avocats Bock, Rieger et Schaller, tous les
trois, ont tenu bon. Le Dr. Schaller a fait remarquer que l'acte
d'accusation émanant du Canada portait les mots de "déstabilisation de
l'Etat" alors que celui émanant de l'Allemagne portait "incitation à la
haine raciale et négation de l'Holocauste".
Pour la première fois un des avocats nommés par le tribunal a réagi pour
demander comment on pouvait être qualifié d'"expert" quand on manifestait
aussi peu de compétence sur un tel sujet.
Prochaine audience: vendredi 19 mai.
quibla.net, 16 mai 2006

 

 

Du mésusage de l'accusation d' « antisémitisme »

 

par Norman Solomon, CounterPunch, 8 mai 2006

 

Original : http://www.counterpunch.org/solomon05082006.html

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

 

 

Norman Solomon est l'auteur de l'ouvrage : La Guerre à la portée des enfants : Comment les Présidents (des USA) et les grands pontes continuent à nous embobiner jusqu'à ce que mort s'ensuive [War Made Easy : How Presidents and Pundits Keep Spinning Us to Death]. On peut le joindre à l'adresse suivante : mediabeat@igc.org.

La controverse qui ne cesse de faire tache d'huile au sujet d'un papier rédigé par deux universitaires, « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère des Etats-Unis », est en train de soulever le couvercle vissé sur un débat soigneusement confiné depuis des décennies.

En temps « ordinaire », les médias américains ignoraient ou mettaient au pilori toute critique forte du soutien massif apporté par Washington à Israël. Mais le document (ainsi qu'un article le reprenant en version abrégée) de deux universitaires éminents, John Mearsheimer (de l'université de Chicago) et Stephen Walt (doyen de l'Ecole d'Administration Kennedy, dépendant de l'université Harvard), publié pour la première fois le 23 mars dernier dans la London Review of Books, ont joué le rôle de catalyseur, permettant un débat public salutaire sur des questions fondamentales.

Les premières réactions, à chaud, des médias - souvent accompagnées des coutumières volées de noms d'oiseaux - ont consisté principalement en des efforts (désespérés) pour couper court au débat, avant même qu'il n'ait pu s 'instaurer.

Parmi les premières vitupérations et fulminations contre le document, relevons plusieurs éditos du New-York Times [avec l'appréciation : « délirant »], du Boston Herald [avec le gros titre : « Paranoïa antisémite à Harvard »] ou encore du Washington Post [avec le gros titre : « Oui : c'est bien de l'antisémitisme à l'état pur ! »]

Mais d'autres voix se sont fait entendre, sur les ondes et d'autres avis se sont manifestés sur le papier, qui ont coiffé au poteau les attaques faciles et ont abordé et traité des questions cruciales. Si ce phénomène se poursuit, le tollé suscité par ce que MM. Mearsheimer et Walt ont jugé de leur devoir de nous dire pourrait fort bien dynamiser le débat public au sujet de la politique de Washington vis-à-vis d'un pays qui n'a cessé de bénéficier de la plus importante aide extérieure allouée par les Etats-Unis et, ce, depuis la plus longue période, que celle accordée à tous les autres pays.

En avril, l'éditorialiste Molly Ivins a mis son doigt avisé sur un point vital : « Aux Etats-Unis, nous n'avons pas de débat de vive voix au sujet d' Israël », a-t-elle écrit. « En Israël, ce débat a lieu, bien entendu. Mais la grande différence, en vérité, c'est que l'accusation d'antisémitisme est bien trop souvent lancée, chez nous, contre toutes les personnes qui critiquent le gouvernement israélien. Je ne sais pas si ces personnes ont été ou non intimidées par l'accusation pavlovienne « vous êtes antisémite ! » lancée contre quiconque critique Israël. Mais une chose est sûre : je l' ai moi-même entendu proférer à mon encontre tellement souvent que j'en suis lassée. Et je crains que cette lassitude ne finisse par produire le résultat désiré : que l'on renonce à toute discussion.»

C'est bien vu, et c'est en l'occurrence un des thèmes soulignés par MM. Mearsheimer et Walt. Si les barrières imposées au débat démocratique pouvaient être dépassées, disent les auteurs de l'essai, les résultats en seraient très bénéfiques : « Ouvrir le débat aura pour effet de dévoiler au grand jour les limites de la justification stratégique et morale du soutien unilatéral des Etats-Unis, et cela pourra amener les Etats-Unis à une position plus conforme à leurs propres intérêts nationaux, ainsi qu'à ceux des autres pays du Moyen-Orient. Sans oublier les intérêts d'Israël eux-mêmes, sur le long terme. »

Le soutien disproportionné d'Israël est le « plat de résistance de la politique américaine au Moyen-Orient », affirment les deux universitaires - et ce soutien est rendu possible par le lobby pro-israélien. « D'autres groupes d'intérêt ont réussi à influencer la politique étrangère, mais aucun autre lobby n'a réussi à la détourner aussi diamétralement de ce que les intérêts nationaux impliqueraient qu'elle soit », affirme le document.

Une des conséquences de cette réalité, c'est le fait que « les Etats-Unis soient devenus, de facto, le facteur qui a permis l'expansion israélienne dans les territoires occupés. Ce qui fait d'eux le complice des crimes perpétrés [par Israël] contre les Palestiniens. »

Aux Etats-Unis, « la campagne du lobby visant à étouffer tout débat au sujet d'Israël n'est pas saine pour la démocratie », mettent en garde MM. Mearsheimer et Walt. Ils en dénoncent les graves effets sur les corps constitués politiques : « L'incapacité du Congrès à mener un débat sincère sur ces questions importantes paralyse dans son entièreté le processus de délibération démocratique ».

Même si leur papier majore vraisemblablement la portée effective de l' influence des pressions pro-israéliennes sur la politique étrangère états-unienne au Moyen-Orient, il n'en reste pas moins qu'un lobby pro-israélien extrêmement puissant détient un levier énorme à Washington. Et les deux universitaires sont convaincants lorsqu'ils démontrent que le gouvernement états-unien est depuis fort longtemps aligné d'une manière éhontée sur Israël - au détriment des droits de l'homme, de la démocratie et d'autres principes supposés constituer les valeurs américaines.

La non-distinction [délibérée] entre antisémitisme et critique d'Israël [= antisionisme, ndt] a pour effet le plus souvent d'étouffer dans l'ouf tout débat public.

Quand ils le jugent expédient, les groupes pro-israéliens des Etats-Unis concèdent qu'il est à la rigueur possible de manifester son opposition à la politique israélienne sans être antisémite pour autant. Néanmoins, beaucoup des fans d'Israël sortent très rapidement la grosse artillerie, comme par réflexe, et accusent tous azimuts leurs contradicteurs d' « antisémitisme » dès qu'ils se sentent en difficulté.

Plusieurs associations juives américaines dédiées au soutien à Israël sont très enclines à identifier le judaïsme à Israël. Parfois, elles ont l' arrogance de dépeindre ce pays et ette religion comme s'ils étaient inséparables. Ainsi, en avril 2000, un placard sur toute une page du New York Times, payé par l'Appel Juif Unifié, proclamait : « Les semences de la vie juive [ ? sic, ndt] et des communautés juives, où que ce soit dans le monde, se trouvent en Israël. »

Comme beaucoup d'autres Américains juifs qui ont grandi dans les années 1950 et 1960, j'ai fait du porte-à-porte avec les fameuses petites tirelires bleues en fer-blanc de l'Agence Juive Américaine, afin de collecter de l' argent pour planter des arbres en Israël. J'ai entendu parler de proches morts dans des camps d'extermination durant l'Holocauste, une vingtaine d' années auparavant, et aussi de parents qui avaient survécu et qui avaient émigré en Israël. En 1959, ma famille est allé rendre visite à certains d' entre eux, dans un kibboutz et à Tel Aviv.

En 1960, le film à grand spectacle Exodus dramatisait la naissance d'Israël, douze ans auparavant. A ma souvenance, les Arabes y étaient portraiturés en tueurs de sang-froid, alors que les Juifs qui tuaient des Arabes y étaient sublimés en combattants héroïques luttant pour leur seule survie.

Ce film était en synchronisation totale avec des messages diffusés par les médias, louangeant les juifs pour avoir entrepris leur équipée périlleuse vers la Palestine et pour avoir fait fleurir le désert [ou refleurir, si on remonte à deux mille ans en arrière ! ndt], comme si les gens qui avaient pu habiter là auparavant comptaient pour du beurre.

La guerre des Six Jours, en 1967, permit à Israël d'étendre le territoire qu 'il contrôlait jusqu'alors, dont il décupla la superficie, chassant et tuant dans l'opération un nombre effroyable de Palestiniens tant en Cisjordanie que dans la bande de Gaza. Néanmoins, leur calvaire et leurs griefs légitimes ne trouvèrent pratiquement aucun espace d'_expression dans les médias des Etats-Unis.

En 1969, le journaliste indépendant américain I. F. Stone forma l'espoir « d 'une Palestine reconstruite, constituée d'un Etat juif et d'un Etat arabe vivant dans la coexistence pacifique. » Il préconisait qu' « afin de faire advenir [cette coexistence], il faudra[it] qu'Israël et les communautés juives dans le monde entier décident de regarder en face certaines vérités dérangeantes. L'une d'entre elles est la nécessité de prendre conscience du fait que les combattants palestiniens sont en train de nous faire subir ce que nos terroristes et nos saboteurs, de l'Irgoun, du Stern et de la Haganah, ont fait subir aux Britanniques. Une autre de ces nécessités, c'est d'admettre que leurs motifs sont tout aussi honorables que l'étaient les nôtres.

En tant que juif, même si le terrorisme [des sionistes, ndt] me répugnait, j 'ai eu le sentiment qu'il était justifié par l'errance des juifs rescapés des camps nazis et par ces scènes déchirantes lorsque des esquifs bondés de réfugiés coulaient - voire, parfois, se sabordaient - après qu'on leur eût refusé de débarquer en Palestine.

« Le fleuron de la jeunesse arabe a le même sentiment ; ces jeunes gens ne peuvent oublier les atrocités perpétrées par notre soldatesque contre des villages comme Deir Yassine, ni le déracinement des Arabes palestiniens de leur patrie ancestrale, envers laquelle ils ressentent les mêmes liens extrêmement profonds d'attachement, que tant de juifs, fussent-ils assimilés et vécussent-ils ailleurs. »

En traversant le Pont Allenby, pour passer de Jordanie en Cisjordanie, il y a quinze ans de cela, j'ai parlé avec un garde-frontière âgé de dix-neuf ans, qui portait une mitraillette. Il m'a dit qu'il avait immigré en Israël de Brooklyn [un quartier de New York], quelques mois seulement auparavant. Il me dit aussi que les Palestiniens devraient déguerpir de « son » pays. A Jérusalem Est, j'ai vu des soldats israéliens brandir la crosse de leur fusil contre de vieilles femmes qui attendaient dans une file indienne : certaines de ces femmes, dans cette queue, me rappelaient ma grand-mère. Seule différence : ces femmes étaient des femmes arabes.

Aujourd'hui, les visiteurs du site ouèbe de l'association israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem peuvent consulter une abondante documentation sur le déni systématique des droits des Palestiniens et sur la violence qui se perpétue, prenant des formes multiples. Depuis l'automne 2000 [début de l'Intifada d'al-Aqçâ, ndt], en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, disent les derniers chiffres disponibles, le nombre d'Israéliens tués par des Palestiniens s'est élevé, au total, à 998 personnes, et le nombre de Palestiniens tués par les Israéliens s'établissent à 3 446 personnes.

D'une manière générale, dans les médias d'information américains, les Israéliens tués dans des conditions horribles par des kamikazes palestiniens font la une des journaux et sont couverts aux bulletins des heures de grande écoute à la télévision, tandis que les Palestiniens tués dans des conditions horribles par les Israéliens font l'objet d'une couverture quasi indifférente et en tous les cas dépassionnée.

Si les médias américains changeaient et devenaient fidèles à un unique standard en matière de droits de l'homme, cette mutation transformerait le discours public au sujet des politiques israéliennes fondamentales - tout en mettant en danger le soutien que leur apporte le gouvernement états-unien.

Or, c'est précisément à l'encontre de ce « un seul poids une seule mesure » juste et équitable que le stigmate de l' « antisémitisme » est communément brandi. Du point de vue d'Israël et de ses admirateurs, la menace perpétuelle de recourir à cette diffamation aide grandement à empêcher la couverture assurée par les médias états-uniens d'échapper à tout contrôle. Les journalistes savent très bien que le fait d'employer des termes critiques à l'encontre d'Israël reviendrait à mettre leur carrière en danger.

Dans le monde réel, la bigoterie favorable aux juifs et le soutien à Israël sont demeurées très longtemps des paramètres indépendants. Ainsi, par exemple, comme en attestent les enregistrements du Bureau Ovale [à la Maison-Blanche, ndt] [effectués à son insu, ndt], le Président Richard M. Nixon était antisémite, et il ne se gênait pas pour exprimer ses violents préjugés, en privé. Il n'en était pas moins un grand admirateur de l'armée israélienne, et il a toujours soutenu avec une belle constance le gouvernement israélien !

Actuellement, l'agenda néoconservateur, pour le Moyen-Orient, consiste à maintenir le soutien des Etats-Unis à Israël avec un grand enthousiasme. Et les partisans de ce programme ont souvent recours à des tactiques élimées pour tenter de couper court à toute discussion.

L'automne dernier, alors que je rencontrais des éditorialistes d'un quotidien, dans le Nord Est du pays [sur la côte du Pacifique], un membre de son comité de rédaction répliqua à une allusion que j'avais faite aux néocons en affirmant tout de go que « « néocon » est, en soi, un terme « antisémite » ». Cette assertion absurde amuserait sans doute les plus puissants des néocons au sein de l'exécutif américain aujourd'hui, j'ai nommé : le vice-président Dick Cheney et le Secrétaire à la Défense Donald H. Rumsfeld (dont ni l'un ni l'autre n'est juif !)

Ces vingt dernières années, un nombre croissant de juifs américains [sic] se sont libérés du carcan et expriment clairement leur opposition aux agissements d'Israël. Toutefois, leur voix continue à être presque totalement noyée dans la plupart des grands médias états-uniens par des officines soutenant Israël de manière inconditionnelle, comme l'Aipac [American Israel Public Affairs Committee], l'Anti-Defamation League et l' American Jewish Committee.

Comme pour toutes les formes de fanatisme, l'antisémitisme doit être condamné.

Demeure le fait que, ces jours-ci, le principal problème auquel l'Amérique est confrontée, en matière d'antisémitisme, a trait au mésusage de l' accusation d'antisémitisme en guise de tactique manipulatrice visant à court-circuiter tout débat risquant d'aborder l'alliance stratégique de Washington avec Israël.

 

 

Le lobby sioniste - Réponses à divers courriers


par John Mearsheimer et Stephen Walt, The London Review of Books, vol 28, n° 9, 11 mai 2006


Original : http://www.lrb.co.uk/v28/n09/letters.html
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

 

Si nous avons écrit « Le lobby israélien », c'est afin d'initialiser un
débat sur un sujet qu'il était devenu difficile d'aborder aux États-Unis
(Voir http://quibla.net/protocoles2006/protocoles8.htm). Nous savions que cet article allait vraisemblablement provoquer une réaction violente, et nous ne sommes nullement surpris par le fait que certains de nos détracteurs aient choisi de s'en prendre à nos
personnes ou encore de déformer notre argumentation. Nous avons aussi été
gratifiés de nombreuses réactions positives qui nous ont été transmises,
ainsi que par les commentaires novateurs qui ont commencé à émerger dans les
médias et dans la blogosphère. Il est clair que beaucoup de personnes - dont
des juifs et des Israéliens - considèrent qu'il est grand temps d'entamer un
dialogue froidement technique sur les relations entre les États-Unis et
Israël. C'est dans cet esprit que nous répondons ici aux courriers qui nous
ont été adressés. Nous nous en tiendrons ici aux points les plus saillants
de la polémique.
Une des accusations les plus prégnantes portées contre nous tient au fait
que nous verrions dans le lobby un complot juif bien organisé. Ainsi,
Jeffrey Herf et Andrei Markovits, commencent par relever que « des
accusations mettant en cause des juifs puissants dans les coulisses relèvent
des traditions les plus dangereuses de l'antisémitisme moderne » (voir :
Letters, 6 avril). C'est là une tradition que nous déplorons et que nous
avons pourtant catégoriquement et explicitement rejetée, dans notre article.
En réalité, nous avons présenté le lobby pour ce qu'il est, c'est-à-dire :
une coalition plutôt protéiforme d'individualités et d'organisations, sans
quartier général central. Cette coalition comporte aussi des gentils (= des
non-juifs, ndt), et pas seulement des juifs, et beaucoup d'Américains juifs
n'endossent pas toutes ses positions, voire n'en endossent aucune. Plus
important : le lobby pro-israélien n'a rien de secret ; il ne s'agit
absolument pas d'une cabale qui tiendrait à conserver l'anonymat. Au
contraire, il est ouvertement engagé dans des politiques de groupes d'
intérêts, et il n'y a rien de conspirateur ni d'illicite, dans sa manière d'
agir. Aussi croyons-nous aisément que Daniel Pipes n'a jamais « pris ses
ordres » auprès du lobby, car la caricature léniniste du lobby qu'il décrit
dans sa lettre est une caricature que nous avons rejetée sans aucune
ambiguïté. Les lecteurs relèveront aussi que Pipes ne nie pas que son
organisation, Campus Watch, a bien été créée afin de surveiller ce que les
universitaires disent, écrivent et enseignent, afin de les décourager de s'
engager dans des débats publics sur le Moyen-Orient.
Plusieurs correspondants nous reprochent de recourir à des arguments
manichéens, et nous accusent de dire qu'Israël serait l'unique cause de l'
anti-américanisme dans les mondes arabe et musulman (comme le dit un des
courriers que nous avons reçus, « l'anti-américanisme existerait, même si
Israël n'existait pas »), ou encore de suggérer que le lobby serait le seul
responsable de la décision d'envahir l'Irak prise par l'administration Bush.
Mais ce n'est absolument pas ce que nous avons dit ! Nous avons souligné que
le soutien états-unien à la politique israélienne dans les territoires
occupés est une source puissante d'anti-américanisme, ce qui est une
conclusion à laquelle sont parvenues plusieurs recherches universitaires et
plusieurs commissions gouvernementales états-uniennes (dont la Commission d'
enquête sur les attentats du 11 septembre 2001). Mais nous avons aussi fait
observer que le soutien à Israël est très loin de représenter la seule
raison faisant que l'estime dans laquelle on tient les États-Unis au
Moyen-Orient est si basse. De même, nous avons clairement affirmé qu'Oussama
Ben Laden avait d'autres griefs que la question palestinienne à l'encontre
des États-Unis, mais comme l'indique la Commission sur le 11 Septembre,
cette question n'en est pas moins très importante, à ses yeux. Nous avons
aussi indiqué explicitement que le lobby, à lui seul, aurait été incapable
de convaincre tant l'administration Clinton que l'administration Bush d'
envahir l'Irak. Néanmoins, les preuves abondent que les néoconservateurs et
d'autres groupes au sein du lobby ont joué un rôle central dans la prise de
décision en la matière.
Deux courriers, au moins, nous reprochaient de « passer en revue les failles
morales d'Israël , tout en fermant les yeux sur les imperfections d'autres
pays ». Si nous nous sommes concentrés sur le comportement israélien, ce n'
est nullement en raison d'une animosité quelconque envers Israël, mais bien
parce que les États-Unis accordent à ce pays un soutien absolument énorme,
et sans équivalent, tant matériel que diplomatique. Notre but était de
déterminer la raison pour laquelle Israël est censé mériter ce traitement de
faveur : est-ce parce que ce pays est un atout stratégique absolument
unique, ou bien parce qu'il se comporte mieux que ne le font les autres pays
? Nous avons dit que ni l'un, ni l'autre argument n'étaient convaincants :
la valeur stratégique d'Israël décline continûment depuis la fin de la
Guerre froide, et Israël ne se comporte guère mieux que la plupart des
autres pays.
Herf et Markovitz interprètent nos dires à leur façon : selon eux, nous
aurions écrit que « la survie artificielle d'Israël devrait être le cadet
des soucis des États-Unis ». Nous n'avons jamais exprimé cet argument. En
réalité, nous avons souligné qu'il y a des raisons morales très puissantes à
l'existence d'Israël, et nous sommes convaincus que les États-Unis devraient
agir afin d'assurer sa survie, au cas où cet État serait menacé. Nos
critiques visaient la politique israélienne et les relations spéciales de l'
Amérique avec Israël, et non l'existence d'Israël.
Un autre thème récurrent, dans les courriers que nous avons reçus,
consistait à dire qu'en fin de compte le lobby n'a pratiquement pas d'
importance, dès lors que ce seraient les « valeurs intrinsèques à Israël qui
motiveraient un soutien spontané et sincère dans la population américaine ».
Cependant, Herf et Markovits affirment qu'il existe bien un soutien
substantiel à Israël dans les milieux militaires et diplomatiques des
États-Unis. Nous sommes d'accord : il y a un puissant soutien populaire à
Israël en Amérique, qui s'explique pour partie par le fait que ce soutien
est considéré compatible avec la culture judéo-chrétienne de l'Amérique.
Mais nous pensons que cette popularité est principalement due au fait que le
lobby a réussi à dépeindre Israël sous un jour favorable, ainsi qu'à limiter
la conscience et le débat publics au sujet des agissements moins reluisants
d'Israël. Des diplomates et des officiers sont, eux aussi, affectés par ce
discours dominant biaisé, mais beaucoup d'entre eux sont capables de le lire
entre les lignes et d'y voir clair. Toutefois, ils sont restés silencieux,
de crainte que des groupes de pression tel l'Aipac ne brisent leur carrière
au cas où ils auraient osé s'exprimer. Le fait est que si l'Aipac n'existait
pas, les Américains auraient une perception plus critique d'Israël et la
politique américaine au Moyen-Orient aurait un aspect différent.
Sur un point lié à cette question, Michael Szanto compare les relations
américano-israéliennes aux engagements militaires américains vis-à-vis de l'
Europe occidentale, du Japon et de la Corée du Sud, afin de (tenter de)
démontrer que les États-Unis apporteraient une aide substantielle à d'autres
pays qu'à Israël (6 avril). Il ne mentionne toutefois pas le fait que ces
autres relations bilatérales ne dépendent en rien de puissants lobbies
(nationaux) aux États-Unis. La raison est très simple : ces pays n'avaient
nul besoin de lobbying, tout simplement parce que des liens très étroits
avec chacun d'entre eux étaient réellement dans l'intérêt stratégique de l'
Amérique [souligné par le traducteur]. Conséquence logique : Israël étant
devenu un boulet stratégique attaché à la cheville des États-Unis, les
sponsors américains de ce pays ont dû mettre un coup de collier redoublé
afin de préserver la « relation spéciale ».
D'autres personnes qui nous critiquent nous reprochent d'avoir exagéré la
puissance du lobby en négligeant des forces opposées à lui, comme les «
paléo-conservateurs, les groupes de pression arabes et islamiques. et l'
establishment de la diplomatie ». Ces contrepoids existent effectivement,
mais ils ne sont pas de taille - ni isolément, ni tous ensemble - à
contrebalancer le pouvoir du lobby pro-israélien. Il existe bien, par
exemple, des associations d'Arabo-Américains, mais ces associations sont
faibles et divisées, et elles exercent une influence bien moindre que celle
de l'Aipac et d'autres organisations qui véhiculent de manière appuyée et
constante le message du lobby.
L'affirmation de Herf et Markovits - à savoir que le point focal de la
politique moyen-orientale américaine serait le pétrole et non Israël -
représente sans doute l'argument le plus répandu au sujet d'hypothétiques
forces censées faire contrepoids au lobby pro-israélien. Nul doute que l'
accès au pétrole de cette région du monde représente un intérêt stratégique
vital pour les États-Unis. Washington est également profondément engagé à
soutenir Israël. Ainsi, la question pertinente est celle de savoir de quelle
façon chacun de ces deux intérêts affecte-t-il la politique américaine ?
Nous affirmons que ce sont au premier chef les engagements des États-Unis
envers Israël (et non pas leurs intérêts pétroliers) qui leur dictent leur
politique au Moyen-Orient. Si c'étaient les compagnies pétrolières ou les
pays producteurs de pétrole qui dirigeaient sa politique, Washington serait
enclin à privilégier les Palestiniens. Et non les Israéliens. Par ailleurs,
si tel était le cas, les États-Unis n'auraient vraisemblablement pas fait la
guerre à l'Irak en mars 2003, et l'administration Bush ne serait pas en
train de menacer de recourir à la force militaire contre l'Iran aujourd'hui.
Même si beaucoup de gens affirment que la guerre contre l'Irak était motivée
par le pétrole, il n'y a pratiquement aucune preuve étayant cette
supposition. En revanche, les preuves de l'influence du lobby en la matière
abondent. Le pétrole est, à l'évidence, une préoccupation importante pour
les décideurs américains, mais à l'exception d'épisodes comme l'embargo
pétrolier décrété par l'Opep en 1973, l'engagement américain vis-à-vis d'
Israël n'a encore jamais mis en danger l'accès des États-Unis au pétrole.
Cet engagement, toutefois, contribue effectivement au problème du terrorisme
auquel l'Amérique est confrontée, et il contredit ses efforts contre la
prolifération nucléaire. Il a aussi contribué à impliquer les États-Unis
dans des plusieurs guerres, notamment en Irak.
De manière regrettable, certains de nos détracteurs ont tenté de nous discréditer
en nous associant à des racistes notoires, suggérant ainsi que nous serions
nous-mêmes racistes ou antisémites. Ainsi, Michael Taylor relève que notre
article a été « salué » par le dirigeant du Ku Klux Klan, David Duke (6
avril). Alan Dershowitz insinue que certaines de nos informations auraient
été recueillies sur des sites ouèbes néonazis et dans d'autres textes
véhiculant la haine (20 avril). Nous n'avons aucun contrôle sur ceux qui
apprécient ou qui abhorrent notre article, mais nous regrettons que Duke l'
ait utilisé afin de faire la promotion de son programme raciste, que nous
rejetons catégoriquement. De plus, rien, dans notre article, n'a été tiré d'
une quelconque source raciste, et Dershowitz est incapable de fournir une
seule preuve étayant ses allégations fallacieuses. Nous avons donné une
version complète de l'article, avec toutes les sources, afin que les
lecteurs soient en mesure de vérifier par eux-mêmes que nous n'avons utilisé
que des sources fiables et honnêtes.
Enfin, d'aucuns critiquent le fait que certaines de nos références, de nos
citations ou des faits que nous invoquons présenteraient des erreurs. Ainsi,
par exemple, Dershowitz met en doute notre affirmation qu'Israël a été «
explicitement fondé en tant qu'État juif, dans lequel la citoyenneté est
basée sur le principe ethnique ». Israël a pourtant bien été fondé en tant
qu'État juif (chose que Dershowitz ne conteste pas) et notre référence à la
citoyenneté concernait évidemment les citoyens juifs d'Israël, dont l'
identité est généralement fondée sur leur ascendance. Nous avons indiqué qu'
Israël comporte un nombre important de citoyens non-juifs (essentiellement
des Arabes), et ce que nous voulions principalement souligner, c'est le fait
que beaucoup de ceux-ci sont relégués dans un statut de deuxième catégorie,
au sein d'une société majoritairement juive.
Nous avons fait aussi référence à la célèbre déclaration de Golda Meir : «
Les Palestiniens, quels Palestiniens ? Les Palestiniens n'existent pas ! »,
et Jeremy Schreiber interprète cela comme si nous affirmions que Mme Meir,
par ces propos, déniait l'existence de ce peuple, plutôt que simplement nier
le fait que les Palestiniens constituaient une nation (20 avril). Sur ce
point, il n'y a pas désaccord entre nous ; nous sommes d'accord avec l'
interprétation de Schreiber, et nous avons cité Golda Meir dans le cadre de
la discussion des efforts prolongés d'Israël en vue de « dénier les
aspirations nationales des Palestiniens ».
Dershowitz conteste notre affirmation, selon laquelle les Israéliens n'ont
pas offert d'Etat présentant une continuité territoriale, à Camp David, en
juillet 2000. A l'appui de ses dires, il cite une déclaration de l'ancien
Premier ministre israélien Ehud Barak et les mémoires d'un ancien
négociateur américain, Dennis Ross. Il existe plusieurs versions
contradictoires de ce qui s'est passé à Camp David. Toutefois, beaucoup de
ces versions confirment notre affirmation. De plus, Barak reconnaît lui-même
que l'on a « promis aux Palestiniens un territoire souverain continu, à l'
exception d'un corridor mince comme une lame de rasoir, entre Jérusalem...
et la vallée du Jourdain. » Ce corridor, qui aurait coupé en deux la
Cisjordanie, était essentiel, pour les plans israéliens consistant à
conserver le contrôle sur la vallée du Jourdain pour encore six à vingt ans.
Finalement - et contrairement à l'assertion de Dershowitz, il n'y a jamais
eu de « deuxième carte », ni de « proposition définitive », à Camp David ».
En réalité, il est explicitement spécifié dans une note annexée à la carte
publiée dans les mémoires de Ross qu' « aucune carte n'a été présentée au
cours des sessions finales, à Camp David. » Quand on sait cela, on n'est pas
surpris par le fait que le ministre des Affaires étrangères de Barak, Shlomo
Ben-Ami, qui fut un participant clé aux négociations de Camp David [II], ait
reconnu, par la suite : « Si j'étais Palestinien, j'aurais moi aussi rejeté
Camp David. »
Dershowitz affirme aussi que nous aurions cité David Ben Gourion « hors
contexte », et qu'ainsi nous aurions donné une représentation déformée de
ses opinions sur la nécessité du recours à la force pour édifier un État
juif dans la totalité de la Palestine. Dershowitz se trompe. Comme l'ont
montré plusieurs historiens israéliens, Ben Gourion a fait de nombreuses
déclarations concernant la nécessité de recourir à la force (ou de disposer
de la dissuasion d'une force militaire écrasante) afin de créer un État juif
dans l'ensemble de la Palestine. Ainsi, par exemple, en octobre 1937, il
écrivait à son fils, Amos, que le futur État juif disposerait « d'une armée
hors de pair. aussi suis-je certain que nous ne serons pas empêchés de nous
installer dans le reste du pays, soit par accord mutuel et grâce à la
compréhension avec nos voisins arabes, soit (si nécessaire), par tout autre
moyen ». De plus, le sens commun indique qu'il n'y avait pas d'autre moyen
permettant d'atteindre cet objectif, les Palestiniens n'étant pas
particulièrement enclins à quitter leur pays volontairement. Ben Gourion
était un stratège consommé, et il comprit qu'il serait peu avisé, pour les
sionistes, de parler ouvertement de la nécessité d'une « coercition
brutale ». Nous citons un mémorandum rédigé par Ben Gourion, peu avant la
Conférence sioniste extraordinaire tenue à l'Hôtel Biltmore de New York, en
mai 1942. Il écrivait qu'il était « impossible d'imaginer une évacuation
générale » des Arabes de Palestine, « sans le recours à la coercition, et à
une coercition brutale ». Dershowitz prétend que les propos de Ben Gourion -
« nous ne devrions en aucun cas en faire un point de notre programme
politique » - montreraient que celui-ci était opposé au transfert des
populations arabes et à la « coercition brutale » qu'elle aurait entraînée.
Mais Ben Gourion ne rejetait en rien une telle politique : il notait,
simplement, que les sionistes ne devaient pas la proclamer haut et fort. De
fait, il a dit que les sionistes ne devaient pas « décourager d'autres
peuples, les Britanniques et les Américains (qui y sont favorables) de
prôner ce recours [à la violence armée, ndt], mais nous devrions en aucun
cas en faire un point de notre programme politique ».
Nous conclurons par un dernier commentaire au sujet de la controverse qui
entoure désormais notre article. Bien que nous ne soyons nullement surpris
par l'hostilité dirigée contre nous, nous sommes néanmoins déçus que la
substance de notre exposé n'ait pas plus retenu l'attention. Demeure le fait
que les États-Unis sont dans une situation épouvantable au Moyen-Orient et
qu'il sera impossible de proposer des politiques alternatives tant qu'il
demeurera impossible d'avoir un débat civilisé sur le rôle joué par Israël
dans la politique étrangère des États-Unis.


John Mearsheimer & Stephen Walt


University of Chicago & Harvard University

 

Sur le rapport Mearsheimer-Walt, lire aussi :

 

Un avertissement venu d'Amérique, Éditorial du quotidien israélien Haaretz, 22 mars 2006
http://quibla.net/protocoles2006/protocoles9.htm
Pourquoi faut-il s'opposer au lobby israélien ? Commentaires sur le rapport Mearsheimer & Walt, par Gabriel Ash
http://quibla.net/protocoles2006/protocoles11.htm
Lobby israélien ? Vous avez dit : Lobby israélien ? par Noam Chomsky, 28 mars 2006
http://quibla.net/protocoles2006/protocoles9.htm
Le lobby [sioniste] mis en accusation, par Joseph Massad, Al-Ahram Weekly, 23-29 mars 2006
http://quibla.net/protocoles2006/protocoles9.htm

Noam Chomsky et le Lobby pro-israélien : Quatorze thèses erronées, par James Petras, avril 2006

http://quibla.net/protocoles2006/protocoles10.htm

Polémique sur une étude sur le lobby pro-israélien aux États-Unis

Un rapport controversé critique son influence sur la politique étrangère américaine, par Pascal RICHE, Libération, 4 avril 2006

http://quibla.net/protocoles2006/protocoles10.htm
Ils mettent à nu la bassesse de leur esprit, par Jihad El Khazen, Al Hayat, Londres, 31 mars 2006.
http://quibla.net/protocoles2006/protocoles10.htm

 

Sardaigne, territoire occupé en mai : La Suède se retire d'un exercice militaire en raison de la présence d'Israël


La Suède s'est retirée d'un exercice militaire européen prévu au mois de mai en Italie en raison de la participation d'Israël, a-t-on appris de source gouvernementale et militaire mercredi.
L'entraînement aérien Spring Flag en Sardaigne du 8 au 25 mai "a été organisé pour des opérations de maintien de la paix et nous ne souhaitons pas y prendre part en raison de la participation d'Israël", a déclaré à l'AFP Nina Ersman, porte-parole au ministère suédois des Affaires étrangères.
Les neuf pays concernés -- l'Allemagne, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, Israël, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède -- devaient s'entraîner ensemble en vue d'une collaboration future lors d'opérations internationales de maintien de la paix.
Mais il semble peu probable qu'Israël puisse participer à de telles opérations, a estimé le ministère suédois des Affaires étrangères, s'interrogeant sur l'utilité de l'entraînement.
"Israël ne participe actuellement à aucune opération de maintien de la paix", a affirmé Mme Ersman.
Un autre porte-parole de la diplomatie suédoise à affirmé sur les ondes des la radio publique SR "actuellement, notre analyse de la situation est qu'une participation israélienne dans ce genre d'efforts pour le maintien de la paix est improbable vu la situation politique au Moyen-Orient".
La base aérienne F17 à Blekinge, dans le sud de la Suède, devait représenter le pays scandinave aux entraînements en Italie "mais nous avons reçu des ordres du QG militaire" de nous retirer, a indiqué à l'AFP Kent Löwing, porte-parole de la base.
Source : AFP, 26 avril 2006

 

Hex and Zion


par Mister Chacal, avril 2006

 

Ethné soul signe de lHexagone,
On peu pa dire ksa soi bandan ;
Sil roi des cons perdrait son trône
Yauré pas mal de prétendan

 

Itambrass au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la zone
Passent les jours et les semaines,
y a qu'la nature qui évolue,
la mentalité est la même :
tous des tocards, tous des faux culs

 

Ils sont pas lourds, au mois davril,
à se souvenir ksé des Sharognes,
des matraqueurs et des tueurs
qui fignolèrent leur besogne,
à Deir Yassine, Sabra et Chatila
Là bas cest un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire régner l'ordre public
ils assassinent impunément

 

Quand on exécutait au mois de mars,
de l'autr' côté du mur,
le cheikh Yassine puis Rantisi,
pour leur apprendre à s'révolter,
ils riaient, ils dansaient et ils se marrent encore
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu'la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore

 

Ethné soul signe de l'Hex and Zione,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j'parierai pas qu'il est ailleurs

 

On leur a dit, une fois de plus,
à la télé, dans les journaux,
qula feuille de route fera lprintan,
kla Palestine sé pour bientôt,
les vieux mensonges du vintièm siècle,
et les vieilles arnaques débiles,
ysy croi tous au pied dla lettre,
y m'font pitié ces imbéciles

 


Ethné soul signe de l'Hex and Zione,
c'est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu'il est portugais

 


Lorsqu'en tous temps on assassine,
un peuple et une liberté,
en affamant la Palestine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Tel Aviv comme à Paris

 

Ethné soul signe de l'Hex and Zione,
c'est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j'en suis sûr.

 

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs prisons,
leurs bombes A et leur bombe H,
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leurs avocats et leurs juges achetés,
c'est leur seule gloire à ces tarrés

 

En Novembre, au salon des salauds,
ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle Caterpillar,
Koikon puiss pa tous slé payer,
yaura encor des pauvres à écraser ;
se croire les rois de la planète,
c'est l'opium du peuple des Élus,
lui supprimer c'est le tuer,
c'est une drogue à accoutumance

 

En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
la banlieue cest plus morose,
mais y a d'la joie dans les ghettos,
la Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons

 

Ethné soul signe de lHex and Zione,
On peu pa dire ksa soi bandan ;
Méjle di commjle panse
Passque la loi my otorise :
« les musulmans sont tous des cons »
(jurisprudence affaire Houelbec)
« les blancs sont aussi cons que les noirs »
(ya que les blancs qui savent pas ça)
mais les Zébreux sé différent
(essayez donc dle dire pour voir).

 

Sil roi des cons perdrait son trône
Y auré pas mal de prétendan :
Dis Papa cest quoi kiss pass ?
Cest Six millions mon fils, exactement !
Et moi et moi et moi?

 

 

 

Une nouvelle loi Gayssot : proposition de loi PS pour sanctionner la négation du génocide arménien

 

Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a déposé mercredi une proposition de loi visant à sanctionner pénalement la négation du génocide arménien et qui sera discutée lors de sa niche parlementaire, le 18 mai.

Cette proposition de loi, annoncée le 13 avril par le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) à Marseille, complétera, si elle est adoptée, la loi du 29 janvier 2001 dans laquelle l'Etat français reconnaissait le génocide arménien.

Elle vise à "étendre les dispositions de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse relatives à la négation des crimes contre l'humanité au génocide arménien", en punissant d'un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende "ceux qui auront contesté l'existence du génocide arménien de 1915".

Le vice-président UMP de l'Assemblée nationale, Eric Raoult, a indiqué mardi avoir déposé une proposition de loi similaire.

Dans le cadre de cette même niche parlementaire du 18 mai (séance dont il a l'initiative), le groupe socialiste a par ailleurs inscrit une proposition de loi sur l'évaluation des lois.

La deuxième niche socialiste, le 16 mai, sera consacrée à l'examen d'une proposition de loi sur l'emploi, notamment l'emploi des jeunes, qui sera déposée "dans les jours qui viennent", a précisé le groupe PS.

 

 

Petit calibre et grosse artillerie : Louis Sala-Molins répond au Nouvel Obs à propos de La férocité blanche de Rosa-Amelia Plumelle-Uribe

 

Monsieur,

Rentrant d 'un séjour à l'étranger, je lis avec retard le Nouvel Obs du 13 au 19 avril.

Éditeur du "Code Noir ou le calvaire de Canaan" et préfacier de "La férocité blanche" de Rosa-Amelia Plumelle-Uribe, je lis avec l'attention et l'intérêt que vous devinez votre long article Nous, les Noirs de France. Tout naturellement, je me trouve parfois en accord, parfois en désaccord avec vos pondérations, estimations et commentaires. C'est la loi du genre.

Mais je dois vous faire part de mon indignation à propos, non pas d'une pondération subjective, mais d'une faute grave de journalisme et de tenue politique lorsque vous avez le front - ou la légèreté?- d'écrire: "mais aussi Rosa-Amelia Plumelle-Uribe, auteur d'un livre-brûlot, 'la Férocité blanche' (Albin Michel), où elle soutient que la furie nazie était de petit calibre comparée à la haine anti-noire" . Je vous mets au défi de trouver dans cette excellente étude ,que mon ami Thierry Pfister , responsable des éditions Albin Michel et moi-même avons lu, avant édition, avec la méticulosité que vous pouvez imaginer, un passage qui puisse ressembler de près ou de loin à votre fallacieux résumé. Madame Plumelle-Uribe dit, et prouve, que les propédeutiques de la "solution" appliquée aux "non ariens" sont bien en place , bien longtemps avant le nazisme, dans le traitement des "non-Blancs". Avez-vous au moins remarqué le sous-titre de ce livre? Et c'est avec des mensonges (furie nazie, petit calibre comparée à...) de ce style, cher Monsieur, que, par le temps qui courent, on stigmatise d'anti-sémitisme, d'anti-judaïsme tels et tels chercheurs qui se lancent à revisiter l'histoire des "non Blancs" dans les pages de magazines qui, comme le vôtre, jurent la main sur le cur de livrer en toute honnêteté et en toute rigueur le bon combat et le bon seulement Je ne résiste pas à vous informer par ailleurs que si le livre de Plumelle-Uribe a été systématiquement ignoré par la presse de gauche française, sa version allemande, publiée il y a deux ans, a fait l'objet de très nombreux comptes-rendus, études, rencontres en Allemagne et que nulle part, personne là-bas n'a jugé nécessaire d'en parler comme vous venez de le faire.

Veuillez croire, monsieur, à l'_expression de mes sentiments attristés et vigilants. Louis Sala-Molins

 

 

 

La prophétie d'Oded Yinon - Les USA font-ils les guerres d'Israël à sa place ?

 

par Linda S. Heard, CounterPunch, 25 avril 2006.

Original : http://www.counterpunch.org/heard0425006.html.

 

Une première version de cet article a été publiée dans le magazine Al-Shindagah, publié à Dubai. Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

Lauteure est une spécialiste britannique du Moyen-Orient. Elle réside au Caire.

 

Courriel : sierra12th@yahoo.co.uk

 

Énormément de gens, dans l'ensemble du monde musulman, et aussi ailleurs, se posent cette question : « Quelles sont les raisons réelles, derrière l' invasion de l'Irak par les États-Unis et aussi, derrière leur désir de renverser les gouvernements de la Syrie et de l'Iran ? »

En dépit de leurs gesticulations grandioses, en réalité, l'Irak, la Syrie et l'Iran n'ont jamais représenté une menace directe pour les États-Unis proprement dits. Tout simplement : ces pays sont trop loin de l'Amérique ! Alors : pourquoi les États-Unis insistent-ils comme ils le font à sacrifier autant de vies humaines et tant d'argent à seule fin de changer dans ces pays des régimes politiques qui n'ont pas l'heur de leur plaire ?

Les théories abondent. En tête de liste, il y a la soif de pétrole de l' Amérique, ce pétrole qui est, comme on sait, une ressource en voie d' épuisement et non-renouvelable. Mais en réalité, les États-Unis reçoivent qu 'une infime partie de leur pétrole du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique : la plus grande partie de leur consommation importée provient d'Amérique du Sud et d'Afrique.

Une autre théorie en circulation tourne autour du monopole du pétrodollar que tant l'Irak que l'Iran ont cherché à casser en négociant leur pétrole en Euros. Il y a peut-être quelque chose de vrai dans cette tentative d' explication, mais cela n'explique toujours pas pourquoi la Syrie est, elle aussi, en ligne de mire.

Les États-Unis disent qu'ils désirent exporter « la démocratie » dans cette région du monde. Mais leur réaction face à l'élection d'un gouvernement chiite en Irak, conduit par le Parti Da'wa, qui entretient des relations étroites avec l'Iran, et la manière dont le nouveau gouvernement démocratiquement élu à direction Hamas en Palestine a été isolé sont loin de donner des gages en la matière. La démocratie n'amènera pas au pouvoir dans ces pays des gouvernements américano-compatibles. Or, c'est bien là ce que l 'administration Bush recherche, en réalité.

Un axiome auquel beaucoup de gens, dans le monde arabe, ont tendance à croire doit être, lui aussi, disséqué : les États-Unis ne seraient-ils pas en train de remodeler et de manipuler la région à seule fin qu'Israël demeure la seule superpuissance régionale et ce, à perpétuité ?

Cela n'est pas aussi fantaisiste que cela pourrait paraître à première vue. Lisez, ci-après, l'extrait étrangement prophétique d'un article publié en 1982 par la revue Kivunim, publication de l'Organisation Sioniste Mondiale [World Zionist Organisation] sous la plume d'Oded Yinon, un journaliste israélien très lié au ministère israélien des Affaires étrangères :

[La stratégie de Yinon était fondée sur cette même hypothèse : pour survivre, Israël doit devenir une superpuissance impériale régionale et il doit aussi s'assurer de l'éclatement de tous les pays arabes, afin que la région puisse être dépecée en petits pays impuissants et incapable de faire face à la puissance militaire israélienne.]

 

Voici ce que Yinon avait à nous dire, à propos de l'Irak :

« La dissolution de la Syrie et de l'Irak en zones ethniques et religieuses monocolores, comme au Liban, est notre premier objectif sur le front oriental : l'Irak, riche en pétrole, d'une part, et déchiré intérieurement, d'autre part, est un candidat idéal pour être pris pour cible par Israël. Sa dissolution est même plus importante pour nous [= les sionistes., ndt] que celle de la Syrie. L'Irak est [en effet] un pays plus puissant que la Syrie. A court terme, c'est le pouvoir irakien qui représente la plus grande menace, pour Israël.

« Une guerre irako-iranienne fera éclater l'Irak et causera sa chute, intérieurement, avant même qu'il soit à même d'organiser une lutte à grande échelle contre nous [= les sionards, again, ndt]. Toute confrontation interarabe, quelle qu'en soit la forme, nous aidera dans le court terme et raccourcira le chemin vers notre but fondamental, à savoir : l'éclatement de l'Irak entre de multiples communautés ethnico-religieuses, comme en Syrie et au Liban.

« En Irak, une division suivant des lignes de séparation ethnico-religieuses, héritées de l'époque ottomane (comme en Syrie), est tout à fait réalisable. Aussi, trois États (voire plus) existeront autour des trois principales métropoles : Basra, Bagdad et Mossoul. De plus, des régions chiites, dans le Sud du pays, se sépareront des régions sunnites et kurdes, dans le Nord. »

Cela ne vous rappelle rien ?

 

Bien. Maintenant, concentrons-nous sur la réalité, vingt-quatre ans après.

La guerre irano-irakienne, huit années durant (elle a pris fin en 1988), a causé plus d'un million de morts. Néanmoins, elle n'a pas entraîné l' éclatement tellement désiré par Yinon. L'Irak était demeuré une entité homogène et puissante.

L'Irak, toutefois, fut sévèrement affaibli en 1991, à la suite de la guerre du Golfe causée par l'invasion du Koweït par Saddam Hussein. Néanmoins, là encore, le pays demeura uni.

Il a fallu l'invasion de l'Irak en 2003, sous houlette américaine, et l' occupation qui s'en est ensuivie, pour déstabiliser l'Irak et partager le pays selon des frontières sectaires. De fait, sa nouvelle constitution a été rédigée autour de l'idée d'une fédération très lâche, avec une autonomie partielle pour les Kurdes, au Nord, et les Chiites, au Sud. Et le pays est aujourd'hui en proie aux guerres intestines, sectaires, religieuses et ethniques. D'aucuns évoquent une « guerre civile ».

Prenons maintenant le cas de la Syrie. Jusqu'à l'invasion de l'Irak, en mars 2003, la Syrie, sous la direction du Président Bashar al-Asad, a joui de relations relativement bonnes avec l'Occident. Nous devons aussi nous rappeler que la Syrie a combattu du côté des forces alliées sous direction américaine durant la guerre du Golfe. La Syrie a aussi voté, fût-ce à son corps défendant, la résolution de l'Onu qui donnait l'onction à l'invasion et elle était un puissant partenaire dans la soi-disant « Guerre contre le Terrorisme ».

Et puis, oh, miracle : la Syrie s'est mise à avoir tout faux ! Soudain, elle a été accusée de tous les « crimes » possibles et imaginables, depuis la dissimulation de mythiques armes irakiennes de destruction massive, en passant par le havre accordé à des insurgés et à des terroristes, jusqu'au libre passage accordé vers l'Irak à des combattants et à des armes !

On mit alors une pression maxi sur Damas pour qu'il mette un terme à son occupation de facto du Liban, après l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafik Hariri. Et aujourd'hui, le gouvernement syrien, accusé d' implication dans cet assassinat [sans aucune preuve, ndt] doit répondre aux enquêteurs de l'Onu.

Aujourd'hui, les États-Unis sont activement engagés dans l'affaiblissement du gouvernement al-Asad et ils soutiennent des partis syriens d'opposition. S'ils réussissent, prédisent beaucoup d'experts, la Syrie - à l'instar de l' Irak - sera la victime de guerres sectaires et intestines.

Le Liban, qui se remettait lentement d'une longue guerre civile doublée d' une interminable occupation israélienne et qui était sur le point de trouver un semblant d'unité, est lui aussi en danger de déstabilisation, des factions se rangeant dans deux confédérations : pro-syrienne et anti-syrienne.

Yinon avait donné du monde arabo-musulman la description d'un château de cartes précaire, monté par des puissances étrangères et arbitrairement divisé en États, tous faits de bric et de broc, de combinaisons de minorités et de groupes ethniques qui ne peuvent pas se voir mutuellement, fût-ce en peinture.

Ensuite, il grommelait, désapprouvant la restitution du Sinaï à l'Égypte par Israël, en vertu du traité de Camp David, parce que - pas de bol. - cette région s'avère détenir d'importantes réserves de pétrole, de gaz et d'autres ressources naturelles.

« La reconquête de la péninsule du Sinaï est, par conséquent, une priorité politique, à laquelle Camp David fait obstacle », écrit-il. « Et nous devrons agir afin de faire retourner la région au statu quo qui existait au Sinaï avant la visite de Sadate [à Jérusalem, en 1978] et les accords de paix calamiteux signés avec lui, en mars 1979. »

Yinon prédit ensuite que, pour peu que l'Égypte soit divisée et déchirée, d' autres pays arabes cesseront d'exister sous leur forme actuelle. Pour lui, la fondation d'un État chrétien copte en Haute Égypte est une quasi-certitude. Actuellement, on constate des problèmes croissants entre les musulmans et les coptes d'Égypte, ces derniers étant perçus par certains musulmans égyptiens fondamentalistes comme plus loyaux envers les États-Unis qu'envers leur propre pays. Ceci a abouti à des affrontements ouverts avec, hélas, souvent des morts.

Mis à part les dissensions islamo-coptes, Yinon s'est gouré dans ses calculs concernant l'Égypte. Il pensait que Le Caire résilierait le traité de paix avec Israël, donnant ainsi l'occasion aux Israéliens de ramener leurs tanks tout droit dans le Sinaï et dans d'autres régions convoitées. Toutefois, le gouvernement égyptien, sous la direction de ce pragmatique de tous les instants qu'est le Président Hosni Moubarak, s'en est tenu à la lettre du traité. Et il est même devenu un important allié des États-Unis, durant toute cette période.

La solution proposée par Yinon au problème israélo-palestinien toujours pas réglé consistait à cornaquer les Palestiniens au-delà du Jourdain et de changer les panneaux indicateurs « Jordanie » en panneaux indicateurs « État palestinien ». [Simple, non ?]

Il rejetait le principe « les territoires contre la paix », disant : « Il n' est pas possible de continuer à vivre, comme ça, dans ce pays, dans la situation actuelle, sans séparer les deux nations : les Arabes en Jordanie et les juifs dans les territoires situés à l'Ouest du Jourdain.

Une authentique coexistence régnera sur cette région seulement quand les Arabes auront compris que sans un pouvoir juif entre le Jourdain et la Méditerranée, ils n'auront ni existence, ni sécurité. Une nation, et une sécurité bien à eux : cela ne sera possible qu'en Jordanie ! »

Encore une fois, Yinon et ses acolytes doivent être fort déçus. La Jordanie a renoncé à toute idée de panarabisme, bien avant la démission du Roi Hussein, et son fils, le roi Abdullah, est aujourd'hui le plus fidèle allié arabe des États-Unis dans la région. Les Palestiniens représentant les deux tiers de sa population, Abdullah a choisi l'auto-conservation en s' accrochant aux basques des États-Unis.

L'idée d'envoyer paître 4,5 millions de Palestiniens de l'autre côté du Jourdain n'est désormais plus évoquée ouvertement, bien que cette option ait été encore sur la table en 2002, d'après un article du Professeur van Creveld publié par le quotidien britannique Daily Telegraph.

A l'époque, un sondage Gallup avait montré que 44 % des juifs israéliens étaient en faveur de l'expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain.

Le Professeur Creveld pensait qu'Ariel Sharon y était personnellement favorable. Sharon était cité, dans l'article mentionné : il mettait l'accent sur la majorité palestinienne de la population jordanienne, et il parlait de la Jordanie comme s'il s'était agi de l'État palestinien. « La déduction qu' il fallait envoyer les Palestiniens là-bas était évidente », écrivit Creveld.

Si vous pensez que l'idée que les États-Unis sont prêts à s'exposer au danger pour les beaux yeux d'Israël est tirée par les cheveux, alors il vaut la peine de vous remémorer les propos du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, qui affirma dans un de ses livres que le gouvernement israélien était, de facto, responsable de la détermination de la politique américaine au Moyen-Orient, et ce depuis la guerre dite « des Six Jours », en 1967.

L'essai de Yinon ne se focalise pas sur l'Iran. Mais examinons des déclarations relativement récentes provenant d'Israël, à ce sujet.

Au cours d'une visite à Washington, en novembre 2003 - soit deux ans avant que les États-Unis ne tournent leurs canons vers l'Iran - le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz dit à des officiels américains qu' « en aucune circonstance, Israël ne saurait admettre que l'Iran entre en possession d'armes nucléaires.

Le même mois, Meir Dagan, directeur du Mossad, déclarait devant une commission parlementaire que l'Iran représentait une « menace existentielle » pour Israël, assurant aux parlementaires qu'Israël serait capable de faire face à cette menace.

L'an dernier, la rhétorique en provenance d'Israël monta d'un cran, le ministre israélien des Affaires étrangères Silvan Shalom déclarant à la presse que « l'idée que cette tyrannie qui gouverne l'Iran puisse détenir une arme nucléaire est un cauchemar, pas seulement pour nous, mais pour le monde entier. »

Le Premier ministre israélien désigné, Ehud Olmert, continue la tradition consistant à faire monter en mayonnaise la menace iranienne, fortement aidé en cela, il faut bien le dire, par la rhétorique débridée du dirigeant casse-cou de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad.

Le Daily Telegraph du 18 février titrait : « L'Amérique soutiendrait une attaque israélienne contre l'Iran », indiquant clairement que c'est Israël qui dirige l'assaut contre l'Iran.

 

L'article rapporte des propos de George W. Bush :

« A l'évidence, si j'étais le leader d'Israël et que j'entende certaines des déclarations des ayatollahs iraniens concernant la sécurité de mon pays, je serais moi aussi très préoccupé à l'idée que l'Iran puisse détenir une arme nucléaire. Israël est notre allié, et c'est pourquoi nous avons fait une déclaration très forte pour le soutenir : nous soutiendrons Israël si sa sécurité est menacée. »

Un an après, le gouvernement américain ne présente plus les ambitions nucléaires prêtées à l'Iran comme une menace pour Israël : il s'agit désormais d'une menace directement pour les États-Unis. De cette manière, les accusations contre l'Iran et les éventuelles répercussions qu'elles pourraient avoir sont susceptibles d'être vendues au peuple américain. Soudain, les préoccupation d'Israël sont devenues ses propres préoccupations. Il est intéressant de noter que plus de 55 % des Américains disent qu'ils soutiendraient des frappes contre les installations nucléaires de l'Iran, d'après un sondage récent.

Comme l'écrit l'éditorialiste Doug Ireland dans un de ses articles : « La véritable histoire de l'espion de l'Aipac : tout tournait autour de l'Iran » : « Le lapsus de Bush, qui a révélé ses véritables intentions, a fait la une du Monde et des autres quotidiens européens, mais il n'a pratiquement pas retenu l'attention des principaux médias outre-Atlantique. »

En septembre de l'an dernier, Justin Raimondo écrivait :

« Cette affaire a fait l'objet de très peu de publicité, en dépit de son importance. Il ne s'agit pas seulement du fait que, pour la première fois dans la mémoire contemporaine, le puissant lobby pro-israélien ait été humilié. Ce qui est en train de se passer, en l'occurrence, c'est la mise au grand jour de l'armée souterraine d'Israël dans les légions états-uniennes clandestines de propagandistes et carrément d'espions, dont le job consiste non seulement à faire la propagande d'Israël, mais même de distordre la politique américaine jusqu'à ce qu'elle corresponde aux besoins de ce pays, et qui, par la même occasion, sont mis au jus des secrets les mieux gardés des États-Unis. »

Revenons à la question de savoir si les États-Unis sont effectivement en train de mener des guerres pour les beaux yeux d'Israël. En bref, nous ne pouvons pas en être absolument certains, et nous ne le saurons peut-être jamais nous-mêmes, étant donné que la Maison Blanche, à l'instigation de Bush, a mis sous scellés ses enregistrements et ses archives papier privées pour une durée de cent ans.

Mais il y a une chose que nous savons. Le « Plan sioniste pour le Moyen-Orient », rédigé en 1982 par Oded Yinon, est en train de prendre forme sous nos yeux, dans une large mesure.

Est-ce là une pure coïncidence ?

Yinon était-il un cinglé surdoué ?

Peut-être !

Mais quoi qu'il en soit, nous autres, les Occidentaux, nous sommes les victimes d'un agenda remontant loin dans le temps, que nous n'avons pas contribué à fixer.

Et qui, à n'en pas douter, n'est absolument pas dans notre intérêt.

> De la même auteure, lire aussi Une effrayante « stratégie pour Israël », 29 novembre 2005 > http://quibla.net/palestine2006/pal3.htm

 

 

 

Rien ne