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Les Protocoles des Fous de Sion
 

OpéraSion Tunisie


NDLR Quibla : Le Docteur Sahbi El Amri, de Sidi Bouzid, est un personnage haut en couleurs. Après avoir inondé la planète entière pendant des années de très longs emails relatant par le détail le harcèlement permanent dont il était l'objet, ainsi que sa famille, de la part du régime Ben Ali, il a soudain annoncé son ralliement au dictateur, vu que tous ses problèmes avaient été miraculeusement réglés. On aurait pu en rester là sans les dénonciations d'un autre opposant Taïeb Smaati, vivant en Tunisie, qui a suivi un moment Sahbi El Amri dans son revirement, et qui a eu le courage de faire amende honorable et révéler certains aspects de l'affaire. Voilà donc que Smaati, (opposant qui, après avoir créé le Parti du Travail, l'a rebaptisé Parti islamique), a diffusé à son tour un long email où il relate avec forces détails précis et croustillants qu'en fait, le Docteur Sahbi El Amri, a été victime d'une opération de captation de ses terres agricoles par l'homme d'affaires Hamadi Ferjaoui, qui a toutes les apparences d'être un agent du palais de Carthage. Or, ce même Hamadi a passé plusieurs semaines en Europe, où il a rencontré une quarantaine d'exilés tunisiens, pour leur proposer d'arranger leurs affaires s'ils s'engagent à cesser de critiquer Ben Ali, en fait pour les neutraliser quant à leur velléité de sopposer au projet de l'établissement de relations diplomatiques avec Israël. Telle est la conclusion à laquelle a abouti Mondher Sfar, qui a été lui aussi sollicité pour collaborer à cette opération sioniste, dont il relate ici les éléments les plus marquants. Lire aussi une interview éclairante de Roger Bismuth, le juif de Cour de Ben Ali, qui réalise la performance d'être à la fois membre du Sénat tunisen, du Congrès juif européen, du Congrès juif américain et du Conseil mondial des parlementaires juifs.

 

Lire
Derrière le feuilleton rocambolesque des aventures de Sahbi El Amri, une opération ciblée visant à parachever la mainmise sioniste sur la Tunisie, par Mondher Sfar, 24 avril 2006


Quelques graves méfaits de lantisémitisme sioniste en Tunisie : comment les Tunisiens juifs se sont retrouvés, sans le savoir, membres du Congrès juif européen et du Congrès juif américain, par Mondher Sfar, 24 avril 2006


Roger Bismuth, président de la communauté juive et député: « Oui, il y a une exception tunisienne »

 

 

Derrière le feuilleton rocambolesque des aventures de Sahbi El Amri, une opération ciblée visant à parachever la mainmise sioniste sur la Tunisie


par Mondher Sfar, 24 avril 2006
Jai suivi laffaire « Am Hamadi » dès ses débuts et je voudrais contribuer modestement à voir plus clairement ses motivations et son déroulement.
Il apparaît que cette affaire nest pas un coup du régime pour semer la zizanie entre les opposants, ni même une opération visant à acheter leur conscience.
Il apparaît clairement quil sagit dune opération initiée par le Congrès Juif Européen, dans le sillage de la pénétration sioniste dans le monde arabe. Et cest Pierre Besnainou, dorigine tunisienne, et Président de cette officine sioniste européenne créée en 1986 qui semble être derrière cette machination, comme le prouve une correspondance de notre ami et bien renseigné M. Chedli Ayadi reçue le 4 mars 2006, que je rends publique sur sa demande (traduction):

Message du samedi 4 mars 2006 à 00,57 heures
Objet : Pour information
Personnel


Cher frère,
Je viens dapprendre à linstant quun des leaders sionistes européens a conseillé à la « tête du régime en Tunisie » de contrôler et de maîtriser le plus grand nombre possible dopposants à lintérieur du pays et à lextérieur pour faciliter au régime lexécution de ce que le Congrès Juif Européen lui demandera de faire.
De même quil y a un projet de création dune association civile constituée de certains opposants au régime vivant en Tunisie ou à létranger, contre des avantages moraux et matériels.
Un des agents du régime de Ben Ali ma contacté personnellement hier le 2/3/2006 à 23 heures (heure de Damas) où il a réitéré sa demande que je retourne en Tunisie et que je travaille dans les Services spéciaux de la Sûreté au rang de haut fonctionnaire de lEtat. Jai posé une condition « impossible » : la création dune haute instance de la Sûreté nationale et des libertés fondamentales qui soccuperait de la sécurité du pays et des citoyens et de la société civile tunisienne en sappuyant sur des enquêtes documentées ; de même elle aura pour fonction de faciliter administrativement et sur le terrain lexercice de la démocratie dans tous ses aspects et quelle soppose à la tendance de lappareil sécuritaire à commettre des coups bas publics ou privés et quelle veille à punir ceux qui ne respectent pas la vie humaine et son intégrité physique quils appartiennent à la sécurité civile ou militaire.
De même jai demandé que le bureau de cet organisme soit secondé par un comité formé de figures connues pour leur intégrité et leur indépendance des sphères du pouvoir, à recruter au sein de la société civile des avocats des juges et de figures de proue dans lopposition dans lexil. De même jai exigé que je prenne moi-même en charge ce comité qui doit dépendre de la personne du chef de lEtat sans ingérence de nulle part ailleurs. Et jai demandé quen cas daccord sur ces principes, ce projet soit publié dans le Journal officiel de la République avant mon retour en Tunisie.
Mon correspondant a alors éclaté de rire assez longuement et ma répondu carrément que ma demande constituait un coup dEtat blanc, ce qui amènerait les hommes de la sécurité à me liquider et quil nétait pas prêt à transmettre cette proposition, puis il a ajouté : « Crois-tu que nous sommes en Suisse et que les composantes de la société civile sont des anges dignes de se sacrifier pour elles. Chacun ne pense quà son intérêt et la plupart aspire à sattirer les faveurs de Belhassen Trabelsi. Ce sont des vipères qui rampent sur leur ventre et pour leur ventre qui sacrifient leur honneur et leur dignité pour un peu plus de pouvoir dachat et pour les honneurs. Reviens à toi, Chedli ! et rends-toi compte que ce quon te propose, bien des gens souhaiteraient bien quon le leur propose. »
Cest pourquoi, [Mondher !] au nom de lamitié et de la fraternité je vous mets en garde et que Dieu men soit témoin : ne vous faites pas abuser par des promesses alléchantes de toute personne qui voudrait vous parler de votre retour en Tunisie. De même que je vous demanderais de me mettre au courant de tout projet de retour au pays.
Signé : Chedli Ayadi

 

Besnaïnou
Ces renseignements ont été corroborés au cours de la mission de Hamadi Ferjaoui/Sahbi El Amri où le nom de Besnainou a été prononcé en tant quenquêteur en Tunisie au profit dIsraël pour recenser tous les juifs tunisiens et dont le Rapport a été communiqué tant à lEtat dIsraël quaux autorités tunisiennes.
La nature sioniste de lopération est en outre prouvée et de façon définitive par les deux lettres tonitruantes de Sahbi El Amri appelant à la création dune ambassade israélienne, lettres visées par des parties sionistes à Tunis (voir Houcine Mhamdi dans Tunisnews du 10 février 2006.).
Cest ainsi que lors de leur séjour à Paris, Sahbi El Amri et Hamadi Ferjaoui ont oeuvré pour la création dune association en vue dinitier un mouvement damnistie des prisonniers politiques au sein dune « Commission dAmnistie, de Réconciliation et de Réinsertion des Tunisiens de la Diaspora. » à caractère « purement humanitaire », avec projet de création dun journal « El Aoudaa Le Retour ». Ce dernier point a évolué en proposition de captation du journal LAudace [mensuel dopposition édité par Slim Bagga en france et interdit en Tunisie] pour les mêmes objectifs, qui a échoué.
De même, il a été question de réanimer le Comité Provisoire des Juifs Tunisiens, créé à lIndépendance mais qui na jamais fonctionné depuis. Lidée avancée est dorganiser le retour des juifs tunisiens, et de promouvoir le « droit à la différence ». En plus donner à ce CPJT linitiative de lancer un appel à Ben Ali pour la libération des prisonniers politiques, auquel Ben Ali répondrait favorablement ; opération devant déboucher sur un appel en faveur de louverture dune ambassade israélienne à Tunis. De même il était question de faire de Ben Ali linitiateur dune réconciliation israélo-palestinienne. Il est à rappeler quau cours du séjour de Sylvain Shalom en Tunisie lors du SMSI, il a été question dune visite de Ben Ali à Jérusalem (voir Guysen News du 20 novembre 2005 : « Tunis souvre au monde. »). Lon doit comprendre ici le sens de ladhésion (non encore documentée) ces derniers temps de la « Communauté juive de Tunisie » présidée par Roger Bismuth au Congrès Juif Européen : autant dindices qui montrent que la Tunisie est particulièrement visée dans le projet du Congrès Juif Européen de sioniser le monde arabe, surtout après la réussite de la même opération en Mauritanie, en inscrivant la Tunisie en deuxième position.
En fait, le projet de Besnainou de précipiter la reconnaissance dIsraël a totalement échoué une première fois lors du SMSI. Cet échec ,on le doit à la mobilisation de la société civile tunisienne contre la visite de Sharon, la déclaration de Me Néjib Chebbi, la résistance et lemprisonnement de Me Abbou, et le renoncement de Sharon à venir en Tunisie. Les pressions officielles dIsraël pour pousser Ben Ali à la reconnaissance de lEtat sioniste à cette occasion ont échoué. Mais, léviction de Shalom du dernier gouvernement israélien a achevé de ruiner tous les efforts déployés pour mettre en uvre le projet sioniste en Tunisie.
Cest sans doute dans ces conditions qua été prise linitiative du Congrès Juif européen pour mettre en uvre une opération de captage de lopposition tunisienne, et donc de la neutralisation de ceux qui demain pourront sopposer au projet sioniste, comme ce fut le cas lors du SMSI.

Hamadi Ferjaoui
Et cest Hamadi Ferjaoui qui a été recruté pour mettre en uvre lopération de captage de lopposition. Il semble que bien des indices montrent que celui-ci est un homme daffaires qui a réussi ces dernières années à se lier damitié avec Ben Ali, et qui est proche des milieux sionistes, en tout cas qui croit que la Tunisie a tout à gagner à se rapprocher dIsraël. Ces amitiés sont illustrées par exemple par le fait que quand il sest rendu à lAéroport de Carthage pour cette mission, il était accompagné par le grand rabbin de Tunisie. Plus remarquable encore, le rôle quon a voulu faire jouer à Sahbi El Amri dans cette affaire, avec ses appels tonitruants pour létablissement dune Ambassade israélienne en Tunisie, et la tarte à la crème du dialogue des civilisations, en poussant ce zèle jusquà des attaques violentes contre lAmbassadeur américain à Tunis, accusé de manquer denthousiasme pour la cause sioniste en Tunisie.
Pourquoi lopération devait-elle échouer à court ou à moyen terme ? Tout dabord, le projet est destiné à un échec programmé dans la mesure où naïvement lon demande à des opposants au régime daccepter la sionisation de la Tunisie. Cest cette contradiction qui semble avoir échappé aux promoteurs et aux exécuteurs du projet. Il semble que ladhésion aveugle et suicidaire de Sahbi El Amri au projet les ait enhardi et les a fait croire que tout le monde est un « Sahbi El Amri » en puissance. Cest pourquoi Hamadi Ferjaoui a évité devant ses interlocuteurs de parler du vrai sens du projet, en nous expliquant faussement que Ben Ali est mal conseillé et quil est victime de son entourage dans lappareil sécuritaire qui comploterait contre lui en lui faisant croire que lopposition lui en veut personnellement, et en lui faisant endosser la répression dans le pays. Il nous a demandé de laider car dit-il Ben Ali doit changer de politique, autrement il aura le même sort que Saddam Hussein. Autrement dit, Ben Ali sera prêt à engager les réformes et quil manifestera sa bonne volonté en libérant les prisonniers politiques et en rendant leurs passeports à ceux qui en sont privés. Cest ainsi quau cours de son séjour européen, il rencontra plusieurs opposants qui lui ont soumis leurs doléances, mais à ma connaissance il na pas exigé deux de se renier ou de déclarer leur adhésion au régime. La seule chose quil a demandée en tout cas aux débuts des rencontres a été que lon cesse dattaquer la personne de Ben Ali, et quon puisse critiquer le reste, y compris la maffia de Leila et des Trabelsi. Ainsi nous a-t-il caché le vrai sens de sa démarche.
Je nai pas été le seul à trouver cette proposition acceptable, dans la mesure où elle pourrait déboucher sur la libération des prisonniers et lallégement des souffrances de certains opposants, surtout en labsence de volonté den finir avec le régime. Ces souffrances sont en effet gratuites et inhumaines. Cest ainsi quAhmed Ouerghemi, un des opposants les plus farouches à Ben Ali qui a souffert depuis près de vingt ans sans passeport et sans papiers a été bien reçu au Consulat tunisien et on lui a remis un reçu pour venir plus tard récupérer son passeport, lui et sa fille qui a vécu depuis sa naissance à Paris sans existence administrative. Mais, M. Ouerghemi ma expliqué récemment quon lui a demandé de présenter ses excuses à Ben Ali, ce qui semble avoir précipité la rupture.
Mais lors du retour de Hamadi Ferjaoui en Tunisie, rien na avancé. Il nous a déclaré quil a rencontré des « difficultés », mais quil garde confiance dans la suite du projet. On en était là jusquà la publication du communiqué de Taïeb Smati qui a précipité la rupture totale qui était déjà à lordre du jour depuis près dun mois, car on saccrochait encore à lespoir de résoudre les problèmes humanitaires de certains opposants.
Que conclure ? léchec de la mission de Hamadi Ferjaoui a-t-il été précipité par une fraction du pouvoir sécuritaire (Mohamed Ali Ganzoui, ou lentourage de Ben Ali ?) qui a refusé de jouer le jeu ? Pourquoi ? Mystère.
Mais il reste encore un autre mystère plus important : comment expliquer les attaques violentes des sionistes tunisiens par la voix de Sahbi El Amri contre lAmbassadeur américain à Tunis ? La guéguerre que se livrent entre eux les juifs de Djerba et les juifs de Tunis y est-elle pour quelque chose ? Ou bien les sionistes voudraient-ils mettre en échec lappui de ladministration américaine à la société civile dans son combat contre la dictature de Ben Ali, ce qui expliquerait laudace des Tunisiens quand ils sen sont pris à Neila Charchour à son retour des USA ? Bref, on a limpression que lappareil de lEtat tunisien, y compris le Palais de Carthage, est devenu le jouet des puissants de ce monde. Ben Ali puise sa force en eux. Mais ils sont aussi son point faible. Comme disait Frédéric II de Prusse en renvoyant Voltaire chez lui : «Quand le citron est pressé, on le jette.»
Cest pourquoi laffaire est dune grande importance pour lavenir de notre pays. Nous tous devons y veiller de près.

 

 


Quelques graves méfaits de lantisémitisme sioniste en Tunisie : comment les Tunisens juifs se sont retrouvés, sans le savoir, membres du Congrès juif européen et du Congrès juif américain


par Mondher Sfar , 21 avril 2006


En marge de lAffaire Sahbi/Hamadi où jai dénoncé le rôle de Pierre Besnainou, dorigine tunisienne et Président du Congrès Juif Européen, dans la tentative de captage des opposants tunisiens en vue de favoriser les chances de louverture dune ambassade dIsraël en Tunisie, je voudrais apporter quelques éléments qui éclairent la portée de cette opération.
Commençons par cette information donnée le 18 août 2005 par la CICAD, association sioniste en Suisse, équivalente de la LICAR française :

Le Président de la Communauté juive tunisienne, élu au Sénat :


Le Président de la Communauté juive de Tunisie, Roger Bismuth, fait partie de la Chambre des Conseillers tunisiens qui a tenu, mardi 16 août 2005, sa première séance.
« Je suis très ému et fier d'avoir été élu dans cette institution parlementaire, une illustration de la politique d'ouverture et de tolérance qui caractérise la Tunisie », a déclaré ce sexagénaire.
Bismuth a fait état de « la grande répercussion » qu'a eue à l'étranger, notamment aux Etats-Unis et en France, son élection au Sénat tunisien. « Les félicitations étaient surtout adressées au Président Zine El Abidine Ben Ali qui a permis l'élection d'un juif au sein de cette instance », a-t-il fait observer.
Il a mentionné notamment les félicitations reçues du Président du Comité juif américain, Robert Goodkind, pour qui « le fait de porter un juif à un poste parlementaire dans un pays arabe et musulman constitue une marque distinctive de la position qu'occupe la Tunisie dans le monde arabe».
Quant au Président du Congrès juif européen, Pierre Besnainou, il y relève « un pas positif sur la voie du renforcement de la démocratisation du pays et des relations entre Juifs et Musulmans ».

Quelques remarques :


1) Besnainou est un fieffé menteur : Bismuth na pas été « élu », mais nommé par Ben Ali parmi le tiers des sièges désignés par lui dans la Chambre Haute. Donc, quand les sionistes font léloge de la « Tunisie » qui serait le modèle de la « tolérance », il sagit en fait non de la Tunisie mais de leur pote Ben Ali qui a décidé de lentrée de Bismuth au Sénat. Et que lami Ben Ali sait envers qui il faut être « tolérant » et envers qui il ne le faut pas, surtout sagissant des 10 millions de Tunisiens. En matière de « tolérance », la Tunisie de Ben Ali est devenue une véritable « maison de tolérance » pour le sionisme.
2) En quoi la désignation dun Tunisien dorigine juive dans les institutions tunisiennes serait-elle en soi une performance extraordinaire en Tunisie, et qui mériterait les éloges des matronnes des « maisons de tolérance » ? En Tunisie tout Tunisien quel quil soit est avant tout un Tunisien et ses origines nintéressent que lui. Depuis quand a-t-on interdit aux Tunisiens dorigine juive de participer aux élections des corps représentatifs en tant quélecteurs ou en tant quélus ? Alors, pourquoi ce tintamarre sur la « tolérance » tunisienne que lon feint découvrir et attribuer au despote Ben Ali ? La seule explication est quon a voulu signifier que ce nest pas un Tunisien dorigine juive qui est devenu membre du Sénat tunisien, mais précisément un sioniste, et que désormais, le sionisme est entré dans les institutions nationales tunisiennes. Telle est la vraie signification de l « élection » de Bismuth à la Chambre des Conseillers, et le sens que les instances sionistes mondiales nont pas de déclamer sur tous les toits. Et, inversement, Ben Ali nest pas dupe de la manuvre, puisque cette nomination a été conclue en accord avec les sionistes, pour ne pas dire sur leur conseil amical. Et si Ben Ali mérite les éloges du sionisme, cest quil a toléré quun Tunisien - qui saffiche ouvertement en tant que sioniste et en tant quadhérent dune officine sioniste : le Congrès Juif Américain - puisse faire partie de la représentation nationale tunisienne.
3) Plus grave encore, ce sont les juifs tunisiens en tant que juifs que les sionistes font adhérer à lofficine sioniste européenne : le Congrès Juif Européen. En effet, le 19 février 2006, le Congrès Juif Européen a accepté la demande faite par Roger Bismuth pour y faire adhérer la Communauté Juive Tunisienne. En somme, tout Tunisien dorigine juive est devenu désormais officiellement un sioniste. Cest une opération antisémite menée rondement par la plus grande instance antisémite du monde : le Congrès Juif Mondial, auquel adhère le CJE. Il est remarquable aussi de signaler que la même Communauté Juive de Tunisie est devenue en 2001 une organisation « associée » au Congrès Juif Américain ! Nous nous acheminons ainsi à petits pas à ce que les juifs tunisiens puissent un jour élire directement leurs représentants à la Knesset. Le pas est déjà franchi par le même Bismuth qui a participé en Palestine occupée au Parlement International Juif tenu en janvier 2006 à Jérusalem.
Ces adhésions à des associations sionistes internationales constituent des actes antisémites qui oeuvrent pour prouver que les juifs tunisiens ont des allégeances politiques étrangères qui les associent ouvertement aux ennemis sionistes de la Tunisie. Autant dactes antisémites confirmés lors du SMSI en Tunisie par lappel lancé par Dalia Itzik, ministre israélienne des Télécommunications, aux juifs tunisiens dimmigrer en Israël, appel qui sinscrit dans la pure tradition antisémite. La Tunisie est devenue une « maison de tolérance » de lantisémitisme sioniste.
4) A ce propos, je rappelle que lors des élections présidentielles de 1994, Ben Ali sur recommandation du rabbin de Tunis, a instauré un bureau de vote à la rue de Rome, en plein centre de Tunis, uniquement pour les juifs. Quand jai protesté auprès de lAFP qui a révélé laffaire, contre cette pratique de soumettre les juifs tunisiens à un traitement spécial digne de lAllemagne nazie, on na pas su me répondre et jattends encore que lAFP informe ses lecteurs de mes protestations contre ces pratiques antisémites.
5) Les Tunisiens dorigine juive devraient être parmi les premiers à protester contre laffiliation de force des juifs tunisiens dans la centrale sioniste du Congrès Juif Européen, et à condamner le sionisme en tant que mouvement politique antisémite et antidémocratique, qui na aucun respect pour les juifs et pour leurs opinions, et qui cherche à les séparer de leurs concitoyens par des provocations incessantes et des appels à lémigration.

 

 

 

Roger Bismuth, président de la communauté juive et député: « Oui, il y a une exception tunisienne »

 


Propos recueillis par Ugo Rankl pour Guyesen TV, Jérusalem, 15 janvier 2006 et retranscrits par Jeune Afrique, 2 avril 2006

 

Le président de la communauté juive de Tunisie répond aux questions de Guysen TV, lagence de presse israélienne francophone.
A loccasion de la réunion, au mois de janvier à Jérusalem, du Conseil des parlementaires juifs [embryoon de la Knesset mondial en gestation depuis deux ans, à linitiative de lAgence juive et gouvernement siraélien, NDR Quibla], Guysen TV, lagence de presse francophone dIsraël, a rencontré Roger Bismuth, le président de la communauté juive de Tunisie, par ailleurs membre de la Chambre des conseillers. Dans un entretien accordé à Ugo Rankl, celui-ci décrit ce quil appelle « lexception tunisienne » dans le monde arabe et y évoque la personnalité du président Ben Ali, lattentat de Djerba et les moyens mis en uvre pour juguler lislamisme.
Guysen TV : Je vais vous poser ma question brutalement : quel avantage avons-nous à aider les Arabes ?
Roger Bismuth : Cela leur donnera de nous une image positive. Je ne vous apprends rien en vous disant que limage négative des juifs ne date pas des Arabes. Elle date de deux mille ans, des chrétiens. Il faut que nous parvenions à modifier cette image. Ce sera moins difficile en Tunisie, parce que nous avons toujours développé dexcellentes relations avec ce pays, en dépit de quelques petits incidents survenus à la suite dévénements moyen-orientaux.
Lattentat de Djerba était-il un événement exogène ou autochtone ?
Complètement exogène. Je pense quun groupe, je ne peux pas dire sil sagit dal-Qaïda ou dun groupe similaire, a voulu porter un coup à la Tunisie, qui a toujours eu une image de pays modéré, ouvert. Du reste, lattentat de Djerba a été très néfaste pour le tourisme. La synagogue a été très peu touchée, mais cela a porté un coup à la Tunisie. Les Allemands, par exemple, ont boycotté le pays.
Les relations entre juifs et Arabes en Tunisie sont-elles vraiment aussi harmonieuses que vous lespériez ?
Absolument. Jai commencé à travailler en 1940, cela fait donc soixante-six ans. De toute ma vie, je nai jamais été confronté à un incident.
Pourquoi la Tunisie est-elle le pays le plus attaqué en France après Israël ?
Cest la discussion que jai eue avec le précédent ambassadeur de France, une semaine avant son départ. Il ma posé une question sur lantisémitisme. Je lui ai répondu que lantisémitisme en Tunisie avait disparu avec lindépendance. Cétait un peu exagéré, mais la presse française, pour différentes raisons...
Que vous allez mexpliquer...
Lorsque lambassadeur ma demandé: « Que pensez-vous de la démocratie en Tunisie ? », je lui ai répondu que je pensais simplement une chose: demandez à vos médias de nous lâcher les baskets, parce que vraiment, vous nous pourrissez la vie. Malheureusement, la presse tunisienne est très liée à la culture française et elle reprend beaucoup ce que disent les Français, lesquels disent parfois des choses quils ne devraient pas dire. Même si nous avons quelques imperfections, ce nest pas à eux de les dénoncer.
Si la Tunisie est attaquée par les médias français, nest-ce pas parce quelle va nouer des relations avec Israël ?
Non, pas du tout. La France nous attaque pour de nombreuses raisons. Pas pour une seule.
? quand létablissement de relations diplomatiques entre la Tunisie et Israël ?
Ce nest pas lexistence dIsraël qui pose problème, ce sont les relations et les réactions interarabes. Les gens sont gênés de ce que va dire le voisin. La géographie est ce quelle est, nous avons les voisins que nous avons. Nous devons vivre avec.
Israël et la Tunisie peuvent-ils se rencontrer sur le terrain de la modernité ?
Je pense que nous partageons beaucoup didéaux communs, avec un peu plus de réussite dun côté ou de lautre. Quand nous avons ouvert le bureau israélien à Tunis [de 1996 à 2000], dans des conditions difficiles, javais plusieurs amis tunisiens qui venaient régulièrement aux réceptions que donnait Shalom Cohen, qui était à lépoque à la tête du bureau et est aujourdhui ambassadeur au Caire. Nous avons la même volonté de développement. Je ne sais pas si vous êtes allé récemment à Tunis. Regardez la ville. Depuis cinq ou dix ans, les infrastructures sont absolument méconnaissables.
Vous êtes membre dune nouvelle Chambre législative...
Elle sappelle la Chambre des conseillers. Ses membres sont élus par les grands électeurs, membres du Parlement et maires des grandes villes. La Chambre des députés est, elle, élue directement par la population [et Roger Bismuth, quant à lui, fait partie du tiers désigné par Ben ALi et nest donc pas élu, NDLR Quibla].
La fonction des conseillers est-elle de faire passer des idées et des messages dans les hautes sphères du pouvoir, de défendre les dossiers ?
Pas tout à fait. Cela fonctionne vraiment comme le Sénat français. Les projets de loi passent devant la Chambre des députés, sont examinés, commentés. Ils sont ensuite transmis au Sénat. Nous examinons, discutons, émettons des critiques. ?a repart ensuite... Il nous arrive aussi de recevoir directement certains projets de la présidence, avant les députés.
Comment définiriez-vous le président Ben Ali ?
Cest un homme que je respecte énormément parce quil a vraiment fait de la Tunisie un pays très bien. Il a surtout, de mon point de vue, une qualité rare, cest quen arrivant au pouvoir il na pas cherché à déprécier ce qui a été fait avant lui. Il la repris, puis la amélioré, développé. Et alors, de très grande manière. Par exemple, il a amplifié le statut personnel de la femme, instauré dès lindépendance. Aujourdhui, nous avons des femmes ministres, des femmes ambassadeurs... Le ministre des Travaux publics est une femme, qui est par ailleurs ingénieure. Nous avons une société très développée. Je suis sidéré chaque fois que je vois le curriculum vitae des ministres, des gouverneurs et de ceux qui travaillent au gouvernement. Ils ont tous fait des études de haut niveau.
Peut-on vraiment parler dexception tunisienne dans le monde arabe ?
Oui, je nhésite pas à parler dexception tunisienne. Cest une société très ouverte au progrès, à la modernisation. Ici, on fait beaucoup pour les enfants, les femmes, les familles... Et puis, les gens sont industrieux, commerçants. On a beaucoup développé le tourisme. Nous recevons 6 millions de visiteurs par an et aimerions arriver à 10 millions. Ce nest peut-être pas pour demain ou après-demain, mais ça viendra.

Source :
http://www.jeuneafrique.com/pays/tunisie/gabarit_art.asp?art_cle=LIN02046rogerenneis0