Une campagne malveillante contre la Suisse
et le Professeur Jean Ziegler
par Nord - Sud XXI, Genève, avril 2006
Une fois de plus, l'ONG pro-israélienne UN Watch, organise
une campagne de dénigrement contre le Prof Jean Ziegler et
sa nomination par la Suisse comme expert indépendant et membre
de la sous commission des Nations Unies pour la Promotion et la Protection
des Droits de l'Homme.
Il semble que les gouvernements démocratiques ne soient plus
autorisés à nommer en toute liberté leurs propres
citoyens pour fournir des services au système international
des droits de l'homme sans l'approbation d'Israël et de ses groupes
de pression.
Nous pensons que la campagne de dénigrement lancée
par UN Watch viole de façon flagrante les droits des individus
à avoir des opinions politiques indépendantes et libres.
Elle enfreint également les droits du Prof. Jean Ziegler à
la liberté de pensée et de conscience.
Nous nous demandons comment une organisation qui ne respecte pas la
dignité et l'opinion des autres peut-elle espérer que
les siennes soient respectées ?
Cette campagne malveillante, menace essentiellement toute personne
qui ose critiquer la politique et les pratiques des Etats-Unis et
de l'Etat d'Israël. Elle démontre le soutien aveugle apporté
par UN Watch à la transformation des Nations Unies en une organisation
qui ferme les yeux sur la guerre et les agressions et s'écarte
de ses principes fondamentaux de maintien de la paix et de la justice.
Il est évident que les Nations Unies et ses fonctionnaires
ne devraient pas rester neutres à l'égard de situations
de guerre, de menaces de guerre, de conflits armés, d'occupation,
et des problèmes multiples auxquels font face des pays du Tiers
Monde, comme la situation dramatique en Palestine, en Irak et dans
plusieurs parties de l'Afrique.
Il est injuste qu'une telle campagne de dénigrement soit lancée
contre Jean Ziegler parce qu'il a osé exercer son mandat de
Rapporteur Spécial sur le Droit à l'Alimentation et
qu'il a rédigé un rapport qui fait état de la
souffrance, et des conditions nutritionnelles et sanitaires précaires
dans lesquelles vivent les Palestiniens sous l'occupation israélienne.
Nous invitons UN Watch à montrer une neutralité et
une objectivité en assurant que les résolutions des
Nations Unies concernant la question palestinienne soient appliquées
et respectées par Israël et les Etats-Unis.
Comme les autres organisations qui oeuvrent pour la paix, UN Watch
devrait observer de près l'action de l'organisation mondiale
pour mettre fin à l'occupation militaire des territoires palestiniens,
en travaillant à la création d'un Etat palestinien indépendant
tout en appliquant ses propres résolutions en cette matière.
A cet égard, il est conseillé à UN Watch de prendre
exemple sur le mouvement de paix israélien et ses positions
contre les crimes commis par le gouvernement israélien.
Nord-Sud XXI considère qu'il est inacceptable que des Etats
souverains, comme la Suisse, soient soumis à des pressions
pour les contraindre à retirer la nomination d'une personnalité
universellement estimée, comme Jean Ziegler, à un groupe
d'experts indépendants des Nations Unies.
Nous approuvons le gouvernement pour sa décision de nommer
Jean Ziegler comme membre de la Sous commission des Nations Unies
pour la promotion et la protection des droits de l'Homme, et soutenons
pleinement cette nomination.
Nous appelons toutes les forces éprises de la paix à
en faire autant.
Émeute juive à New York
La scène se passe à New York, le mardi 4 avril 2006,
vers 18 h 30. Alfred Schiick, un juif hassid (orthodoxe) de 75 ans,
est arrêté par la police parce qu'il parle sur son portable
tout en conduisant sa voiture. L'homme est dur d'oreille, il sort
de la voiture. Les policiers le menottent aussitôt. Il fait
un esclandre et, d'après les policiers, se jette au sol. En
quelques minutes, un millier de juifs à paillotes se concentrent
sur les lieux et commencent à bombarder les policiers avec
tout ce qui leur tombe sous la main et mettent le feu aux poubelles.
Deux voitures de police sont détruites par les émeutiers.
Des autopompes arrivent à renfort. Le calme ne reviendra dans
le quartier que trois heures plus tard. Bilan : deux arrestations
et deux policiers blessés.
Commentaire : dans la plus grande ville juive du monde, l'émeute
n'est pas le privilège des jeunes Noirs.
Source : Big News Network.com , 6 avri 2006
Dieudonné en Iran pour la conférence
sur la Palestine
Commniqué du Bureau de campagne de Dieudonné Mbala Mbala,
Candidat à l'élection présidentielle, 7 avril
2006
Dieudonné sera présent à la conférence
sur la Palestine organisée par le parlement iranien en Iran,
du 14 au 16 avril. Ce déplacement sera l'occasion pour le candidat
à la présidentielle Dieudonné Mbala Mbala de
manifester une nouvelle fois son soutien au peuple palestinien opprimé
et de plaider en faveur d'une Palestine réunifiée, multiethnique
et multiconfessionnelle sur le modèle de l'Afrique du Sud.
Par ailleurs face aux menaces d'agression et de sanctions qui pèsent
sur l'Iran, Dieudonné exprimera à ses différents
interlocuteurs Iraniens son soutien au peuple Iranien et réaffirmera
son respect de la pleine et entière souveraineté Iranienne.
Dieudonné entend plus que jamais dénoncer la propagande
et les mensonges américains et Israéliens, hélas
relayés par l'Europe et notamment la France, concernant la
prétendue menace que constituerait l'Iran. Les mensonges américains
sur l'Irak sont dans toutes les mémoires et leurs mensonges
sur l'Iran ne trompent personne.
Olivier Duhamel condamné pour diffamation
à l'encontre de Bruno Gollnisch
L'ex-député européen PS, Olivier Duhamel, a été
condamné jeudi par le
tribunal correctionnel de Paris à 1.000 euros d'amende avec
sursis pour
avoir tenu des propos diffamatoires à l'encontre de Bruno Gollnisch
(FN) en
invoquant son "incontestable antisémitisme >".
Dans une chronique diffusée le 25 octobre 2004 sur France
Culture, M.
Duhamel avait critiqué les propos du délégué
général du Front national (FN)
Bruno Gollnisch, sur le rapport de la commission Rousso traitant du
négationnisme à l'Université Lyon III.
Selon les comptes rendus effectués par les médias d'une
conférence de presse
de M. Gollnisch, ce dernier avait affirmé qu'Henry Rousso était
"un
historien engagé, c'est une personnalité juive, une
personnalité estimable,
mais sa neutralité n'est pas assurée".
Réagissant à ces propos dans sa chronique, M. Duhamel
y avait vu "l'aveu, le
dévoilement de l'incontestable < antisémitisme de
M. Gollnisch".
La 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée
par Anne-Marie Sauteraud,
a estimé que M. Duhamel avait porté "atteinte à
l'honneur et à la
réputation" de M. Gollnisch "accusé de réduire
l'_expression d'une pensée ou
d'un travail intellectuel à l'identité supposée
de celui dont elle émane".
Pénalement condamné à 1.000 euros d'amende avec
sursis, M. Duhamel devra
également payer un euro de dommages-intérêts à
Bruno Gollnisch.
Source : AFP, 6 avril 2006
France Soir: le parquet saisit Tracfin à
propos des fonds d'Arcadi Gaydamak
Le parquet de Lille a saisi Tracfin, la cellule de renseignement du
ministère des Finances sur le blanchiment d'argent, pour vérifier
l'origine
des fonds que l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak compte investir dans
le
journal France Soir, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
Le tribunal de commerce de Lille doit se prononcer vendredi sur la
cession
ou la continuation du quotidien en difficulté, en redressement
judiciaire
depuis le 31 octobre.
M. Gaydamak contrôle Moscow News, un groupe de médias
russe qui a racheté
fin mars Montaigne Press, la holding britannique qui contrôle
la société
éditrice de France Soir, Presse Alliance.
Moscow News doit présenter au tribunal vendredi son plan de
continuation
pour le journal, a-t-on appris jeudi auprès de l'avocat de
M. Gaydamak, Me
Maurice Lantourne.
L'homme d'affaires aux quatre nationalités (française,
israélienne,
angolaise, canadienne), qui réside en Russie, est sous le coup
d'un mandat
d'arrêt international émis en 2000 par les juges parisiens
qui enquêtent sur
un trafic d'armes vers l'Angola. Il a également une dette d'environ
75
millions d'euros envers le fisc français.
Tracfin regroupe une cinquantaine de fonctionnaires, issus des douanes,
de
la comptabilité publique, de la Défense et de l'Intérieur,
et un magistrat
détaché, qui luttent contre le blanchiment du produit
des crimes et délits.
Source : AFP, 6 avril 2006
Tariq Ramadan-Daniel Cohn-Bendit : 1 à
0
Cohn-Bendit se frotte au controversé Tariq Ramadan
À Bruxelles, le leader Vert a partagé pour la première
fois une tribune avec l'intellectuel musulman.
par Alain AUFFRAY, Libération, 31 mars 2006
Bruxelles envoyé spécial - «Prenons-le au mot
! Qu'est-ce qu'on risque ?» Après deux heures de débat
public, Daniel Cohn-Bendit s'est senti conforté dans sa décision
de rencontrer Tariq Ramadan, le plus controversé des intellectuels
musulmans. Ce face-à-face a eu lieu mercredi soir à
Bruxelles dans le cadre d'une conférence internationale sur
l'«islam en Europe» organisée par les Verts des
Pays-Bas, traumatisés par les tensions intercommunautaires.
Cohn-Bendit avait reçu de nombreuses mises en garde. «Comment
peux-tu, toi, discuter avec le "prédicateur" d'un
islam radical ? Ramadan, c'est un artiste du double langage»,
lui ont déclaré en substance des compagnons de route.
Elevé en Suisse où il enseigne la philosophie, le petit-fils
du fondateur des Frères musulmans égyptiens, a été
parfois empêché de réunions publiques en France.
Dans le même temps, en Grande-Bretagne, le gouvernement Blair
l'associait à sa réflexion sur l'extrémisme musulman.
Mercredi soir, au Parlement européen, on se bousculait pour
assister à la confrontation entre le soixante-huitard libéral-libertaire
et le quadragénaire musulman altermondialiste. Beaucoup de
femmes, presque toutes voilées, dans un public essentiellement
composé de musulmans belges, français et hollandais.
Face à un Cohn-Bendit qui s'était juré de ne
tolérer aucune ambiguïté, l'élégant
Ramadan a déroulé un discours irréprochable.
Il «refuse» l'interdiction faite au musulman, sous peine
de mort, de quitter sa religion. Il conteste le fondement théologique
de cet interdit. Pour en finir avec les mariages forcés, les
répudiations et les violences faites aux femmes, il faut, dit-il,
«changer l'islam de l'intérieur».
Ramadan demande une «désislamisation» des problèmes
sociaux qui s'expriment en France à travers la crise des banlieues.
Le vrai communautarisme, selon lui, c'est celui qui parque dans des
ghettos «une jeunesse musulmane de la troisième, voire
de la quatrième génération pour qui la question
n'est plus celle de l'intégration mais de l'accès à
la citoyenneté».
Et quand le président du groupe Vert objecte que, sans «islamiser»
les problèmes, on peut «s'interroger sur ce qui se passe
aujourd'hui en France dans des quartiers où des enfants juifs
ont peur d'aller à l'école», Tariq Ramadan rappelle
solennellement qu'il a toujours été «parfaitement
clair» dans sa dénonciation de l'antisémitisme.
Il annonce l'avènement d'un islam qui n'a «aucun problème
avec aucune législation européenne» et qui s'accommode
parfaitement de la «sécularisation comme espace de gestion
du religieux».
«Je ne sais pas ce que dit Tariq Ramadan ailleurs, mais ce qu'il
dit ici a sa cohérence», a lâché Cohn-Bendit,
pour conclure. C'est alors seulement que le débat s'est échauffé
avec une théâtrale colère de Ramadan : «Dire
cela, c'est rendre impossible notre dialogue. Il faut arrêter
de fantasmer. On parle de double discours, de double appartenance,
on tient sur nous le discours qu'on a tenu sur les juifs. Ta responsabilité
c'est de savoir ce que je dis ailleurs !» «Tu ne vas tout
de même pas m'obliger à lire tout Tariq Ramadan !»
a fait remarquer son interlocuteur. «Alors, a répondu
l'autre, si tu n'as pas la preuve de mon double discours, tu dois
me faire confiance.»
Cohn-Bendit y est prêt. Hier, alors que s'achevait à
Bruxelles la conférence sur «l'islam en Europe»,
le leader écologiste proposait de poursuivre, dans de nouveaux
débats publics, la «clarification» engagée.
Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=371306
Les responsables juifs européens veulent
une "stratégie commune"
Les dirigeants des principales organisations juives européennes
se sont
réunies dimanche à Paris pour construire une "stratégie
commune" sur les
différentes questions qui se posent aux 2,5 millions de juifs
européens et
ont réaffirmé leur soutien à Israël.
Cette réunion, la première du genre, était co-présidée
par Pierre Besnainou,
président du Congrès juif européen, et Jonathan
Joseph, président du Conseil
européen des Communautés juives, selon un communiqué
de ces mouvements
publié lundi.
Les dirigeants juifs européens ont "fait un premier pas
pour créer une
stratégie commune sur les problèmes touchant plus de
2,5 millions de juifs
dans le continent", et veulent "oeuvrer à encourager
un esprit de
coopération entre organisations juives à un niveau pan-européen",
ajoute le
communiqué.
Ils ont "insisté sur le rôle historique et toujours
actuel du judaïsme
européen comme un élément vital du peuple juif,
et exprimé leur amour
commun, et leur soutien à Israël comme patrie du peuple
juif, et leur
soutien au processus de paix".
Cette réunion s'est faite en présence du grand rabbin
de France, Joseph
Sitruk. La communauté juive française, la plus importante
d'Europe, est
évaluée à 600.000 personnes.
Source : AFP, 6 avril 2006
Noam Chomsky et le Lobby pro-israélien
: Quatorze thèses erronées par James Petras, avril 2006
Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier,
membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
"Des réactions réflexes qui, ordinairement, volent
automatiquement au secours d'un débat ouvert et de la liberté
d'investiguer sont supprimés - tout du moins dans la majorité
de l'élite politique américaine - dès lors qu
'il est question d'Israël et, par-dessus tout, du rôle
joué par le lobby pro-israélien dans la détermination
de la politique étrangère des Etats-Unis. Le chantage
moral - la peur que toute remise en question de la politique israélienne
et du soutien que lui apportent les Etats-Unis n' entraîne des
accusations d'antisémitisme - représente une puissante
dissuasion de publier des opinions iconoclastes. Cela conduit aussi
à la réduction au silence du débat politique
sur les campus des universités américaines, en partie
en raison de campagnes ciblées contre les rares fortes têtes.
Rien, de surcroît, ne porte plus atteinte aux intérêts
des Etats-Unis que l'incapacité à avoir un débat
correct au sujet du conflit israélo-palestinien. Contraindre
les Américains à un consensus au sujet de la politique
israélienne est mauvais pour Israël, et empêche
les Américains de formuler leurs propres intérêts
nationaux. " [Editorial du Financial Times, samedi 1er avril
2006]
Introduction
Noam Chomsky a été qualifié d'intellectuel phare
des Etats-Unis par la plupart des mandarins universitaires et même
certains secteurs des mass media. Il bénéficie d'une
large audience dans le monde entier, en particulier dans les milieux
universitaires, en grande partie en raison de ses critiques acerbes
et fortes contre la politique étrangère américaine
et beaucoup des injustices qui en découlent. Chomsky a néanmoins
été traîné dans la boue par toutes les
grandes organisations et tous les grands médias juifs et pro-israéliens,
en raison de ses critiques de la politique israélienne envers
les Palestiniens. Et le fait qu'il défende le droit à
l' existence de l'Etat sioniste d'Israël ne fait rien à
l'affaire. En dépit de sa réputation respectable, que
lui doivent son instruction, sa dissection par le menu et sa dénonciation
de l'hypocrisie des régimes américain et européens,
ainsi que la finesse de son analyse des tromperies intellectuelles
des apologues de l'impérialisme, ces vertus analytiques disparaissent
totalement lorsqu'il s'agit de discuter de la genèse de la
politique étrangère américaine au Moyen-Orient,
et tout particulièrement du rôle que joue le groupe ethnique
auquel il appartient, à savoir le lobby juif pro-israélien
et ses soutiens sionistes au sein du gouvernement. Cette cécité
politique n'est ni sans précédent, ni rare. En effet,
l'histoire regorge de ces intellectuels extrêmement critiques
envers tous les impérialismes - sauf le leur propre - et impitoyables
pour tous les abus de pouvoir commis par d'autres - mais pas pour
ceux perpétrés par leurs congénères.
La longue histoire du déni par Chomsky du pouvoir et du rôle
joué par le lobby pro-israélien dans la formation décisive
de la politique moyen-orientale des Etats-Unis a atteint un point
culminant, récemment, lorsqu'il a joint sa voix à la
machine à propagande sioniste des Etats-Unis, en attaquant
une étude faisant la critique du lobby israélien. Je
fais ici référence à l'essai publié par
la London Review of Books, intitulé « Le Lobby israélien
et la politique étrangère des Etats-Unis » [The
Israel Lobby and US Foreign Policy], co-rédigé par le
Professeur John Mearsheimer, de l' Université de Chicago et
le Professeur Stephan Walt, le doyen évincé de la Kennedy
School of Government de l'Université d'Harvard [Une version
complète de cette étude a été publiée
par la Kennedy School of Government en mars 2006].
Les discours et les écrits de Chomsky consacrés au
Lobby affirment plusieurs propositions éminemment douteuses
:
1) Le lobby pro-israélien ne se différencierait en
rien des autres lobbies ; il n'aurait ni influence particulière,
ni place indue dans la politique des Etats-Unis ;
2) Le pouvoir des groupes qui soutiennent le lobby israélien
ne serait pas plus important que celui d'autres groupes de pression
influents ;
3) Si le programme du Lobby connaît le succès, c'est
parce qu'il coïnciderait avec les intérêts des puissants
du moment et avec ceux de l' Etat américain ;
4) La faiblesse du Lobby serait démontrée par le fait
qu'Israël ne serait qu 'un « simple outil » pour
la construction de l'empire américain, utilisé quand
on en a besoin, et marginalisé quand ce n'est pas le cas ;
5) Les principales forces qui modèleraient la politique moyen-orientale
des Etats-Unis seraient les « gros intérêts pétroliers
» ['Big Oil'] et le « complexe militaro-industriel »,
ni l'un ni l'autre n'étant connecté au Lobby pro-israélien
;
6) Les intérêts des Etats-Unis coïncideraient,
pour l'essentiel, avec ceux d 'Israël ;
7) La guerre contre l'Irak, les menaces contre la Syrie et l'Iran.
seraient essentiellement des produits des « intérêts
pétroliers » et du « complexe militaro-industriel
», et absolument pas le résultat du rôle joué
par le lobby pro-israélien ou ses collaborateurs au sein du
Pentagone et dans d' autres instances gouvernementales.
Bien qu'en général Chomsky s'abstienne délibérément
de dénoncer spécifiquement le lobby pro-israélien
dans ses discours, dans ses interviews et dans ses publications où
il analyse la politique américaine vis-à-vis du Moyen-Orient,
les très rares fois où il le fait, c'est en recourant
au répertoire décliné ci-dessus.
Le problème de la guerre et de la paix au Moyen-Orient et
le rôle du lobby israélien sont choses bien trop sérieuses
pour être marginalisées comme s'il s'agissait d'arrière-pensées.
Mais il y a plus grave : la censure qui s' exerce de plus en plus
à l'encontre de notre liberté d'_expression et l' érosion
de nos libertés civiques et de notre liberté académique
par un lobby agressif bénéficiant de soutiens puissants
tant dans le pouvoir législatif qu'à la Maison Blanche
menacent notre démocratie, déjà sérieusement
écornée.
Il nous incombe, par conséquent, d'examiner les quatorze thèses
erronée de l 'éminemment respecté Professeur
Chomsky, afin d'aller de l'avant et d' affronter les menaces que représente
le Lobby pour la paix, à l'extérieur, et nos libertés
civiques, à l'intérieur des Etats-Unis.
Quatorze thèses à dormir debout
1) Chomsky affirme que le Lobby ne serait qu'un lobby parmi d'autres,
comme il en existe beaucoup, à Washington. Ce faisant, il ignore
que le lobby s' est assuré des plus confortables majorités
au Congrès en faveur de l' allocation à Israël
du triple des aides internationales annuelles destinées à
l'ensemble de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique latine
(pour un montant de plus de 100 milliards de dollars sur les quarante
années écoulées). Le Lobby dispose de cent cinquante
fonctionnaires à plein-temps qui travaillent à l'AIPAC
(American-Israel Public Affairs Committee), secondés par une
armée de lobbyistes de toutes les grandes organisations juives
(Anti-Defamation League, American Jewish Committee, American Jewish
Congress, etc.) et par les fédérations juives nationales,
régionales et locales, qui suivent fidèlement la ligne
des « grandes » et sont actives dans le monde politique
et dans l'opinion locale au sujet d'Israël, assurant la promotion
et le financement de candidats législateurs sur la base de
leur adhésion à la ligne du parti définie par
le Lobby. Aucun autre lobby n' associe de cette manière la
richesse, les réseaux d'influence jusqu'aux fondements de la
société, l'accès aux médias, le levier
législatif et l' objectif obsessionnel propre au lobby pro-israélien.
2) Chomsky n'analyse pas les majorités quasi unanimes au Congrès,
qui soutiennent année après année tous les privilèges
et les aides promus par le Lobby en faveur d'Israël, en matière
militaire, économique et migratoire. Il se garde bien d'étudier
la liste des cent initiatives parlementaires couronnées de
succès que publie pourtant chaque année l'Aipac, même
durant les années marquées par la crise budgétaire,
la désintégration des budgets intérieurs destinés
à la santé et les pertes en hommes générées
par la guerre.
3) L'attribution, relevant du cliché, des objectifs de la
guerre aux « grossiums du pétrole », à laquelle
procède Chomsky, est totalement infondée. En réalité,
les guerres moyen-orientales des Etats-Unis obèrent leurs intérêts
pétroliers à plusieurs titres, notamment stratégiques.
Les guerres génèrent une hostilité généralisée
envers les compagnies pétrolières entretenant des relations
sur le long terme avec des pays arabes. Les guerres (dites «
américaines ») ont pour résultat de saper la conclusion
de nouveaux contrats dans des pays arabes, pour des investissements
pétroliers américains. Les compagnies pétrolières
américaines sont bien plus favorables à une résolution
pacifique des conflits que ne l'est Israël, et tout particulièrement
ses Lobbyistes : toutes les revues spécialisées et tous
les porte-parole de l'industrie pétrolière y insistent.
Chomsky choisit d' ignorer totalement les activités et la propagande
pro-guerre des organisations juives pro-israéliennes et l'absence
de propos favorables à la guerre, en revanche, dans les médias
de « Big Oil » [les magnats du pétrole, ndt]. Il
ignore, de la même manière, la tentative déployée
par ces médias de « Big Oil » afin de préserver
des liens avec des régimes arabes opposés aux ambitions
hégémoniques belliqueuses d'Israël. Contrairement
à ce qu'affirme Chomsky, en allant faire la guerre au Moyen-Orient,
les Etats-Unis sacrifient les intérêts vitaux des compagnies
pétrolières au profit de la quête israélienne
d'hégémonie au Moyen-Orient, sur l'injonction et au
profit du Lobby pro-israélien. Dans la compétition des
lobbies, il n'y a absolument pas photo entre le bloc de pouvoir pro-israélien
et les compagnies pétrolières, quand il s'agit de favoriser
les intérêts israéliens au détriment des
intérêts pétroliers, qu'il s'agisse de guerre,
ou de contrats pétroliers. Chomsky n'examine jamais la force
relative des deux lobbies en ce qui concerne la détermination
de la politique moyen-orientale des Etats-Unis. En général,
ce chercheur habituellement actif à exhumer une documentation
quasi introuvable, est particulièrement relax dès lors
qu'il s 'agirait de dévoiler des documents pourtant d'ores
et déjà disponibles, qui anéantissent ses assertions
au sujet de Big Oil et du Lobby israélien.
4) Chomsky refuse d'analyser les désavantages diplomatiques
qu'encourent les Etats-Unis en opposant leur veto automatique aux
résolutions du Conseil de sécurité qui condamnent
les violations systématiques des droits de l'homme perpétrées
par Israël. Ni le complexe militaro-industriel, ni Big Oil n'ont
la moindre prise sur le comportement des Etats-Unis en matière
de votes à l' ONU. Les lobbies pro-israéliens sont les
seuls lobbies à exercer des pressions en faveur de tels veto
allant à l'encontre des alliés les plus proches des
Etats-Unis, de l'opinion publique mondiale et, cela, au prix d' un
rôle, quel que soit ce rôle, que les Etats-Unis seraient
susceptibles de jouer, en tant que « médiateurs »
entre le monde arabo-musulman et Israël.
5) Chomsky refuse d'analyser le rôle du Lobby dans l'élection
des membres du Congrès, son financement de candidats pro-israéliens
et les plus de cinquante millions de dollars qu'il dépense
en dons aux partis, aux candidats et au financement des diverses campagnes
électorales. Avec, pour résultat, un vote à 90
% du Congrès sur les thèmes prioritaires mis en avant
par le Lobby, avec le soutien des associations pro-israéliennes
locales et régionales qui y sont affiliées.
6) Il n'entreprend pas plus d'analyser le cas de ces candidats battus
électoralement par le Lobby, les excuses abjectes extorquées
à des membres du Congrès qui ont osé remettre
en question les politiques et les tactiques du Lobby, ni l'effet d'intimidation
que ces « châtiments pour l'exemple » ont sur tous
les autres membres du Congrès. L'effet « boule de neige
» des sanctions électorales et des pots de vin est une
des explications de ces majorités sans précédent
en faveur de toutes les initiatives de l'Aipac. Les pitoyables tentatives
déployées par Chomsky afin de mettre un signe d' égalité
entre les initiatives pro-israéliennes de l'Aipac et des intérêts
politiques américains plus larges est manifestement absurde,
pour quiconque a étudié l'alignement des groupes politiques
associés à l'élaboration, au soutien, aux pressions
et au co-parrainage des mesures de l'Aipac : la puissance du lobby
juif excède de très loin son électorat, comme
le démontre le déversement de fric (un million de dollars)
consacré à la défaite de Cynthia McKinney, une
femme représentant la Géorgie au Congrès. Le
fait qu' elle ait été réélue, par la suite,
essentiellement parce qu'elle a mis la sourdine à ses critiques
envers Israël, montre l'ampleur de l'impact du Lobby, y compris
sur des Démocrates dignes de ce nom.
7) Chomsky ignore le pouvoir sans égal qu'a le Lobby de rameuter
l'élite. Son congrès annuel attire tous les principaux
leaders du Congrès, les membres clés du Gouvernement,
plus de la moitié des membres du Congrès, qui jurent
soutien inconditionnel à Israël et vont jusqu'à
identifier les intérêts d'Israël à ceux des
Etats-Unis. Aucun autre lobby n'est en mesure d 'assurer une telle
participation de l'élite politique, ni ce degré de servilité
abjecte, depuis tant de temps, au sein des principaux partis politiques.
Particulièrement important est le fait que l' « électorat
juif » représente moins de 5 % de l'électorat
américain total, les juifs pratiquants ne représentant
que moins de 2 % de la population, et encore, tous ne sont pas des
partisans « d'Israël, avant tout », loin de là
! Aucun des principaux lobbies des Etats-Unis, ni la NRA, ni l'AARP,
ni l' Association nationale des Industriels, ni la Chambre Nationale
de Commerce ne peuvent convoquer une telle brochette de dirigeants
politiques, ni encore moins s'assurer de leur soutien inconditionnel
à des lois et des décrets exécutifs favorables
à Israël. C'est rien moins qu'une autorité en la
matière, tel que le Premier ministre d'Israël, Ariel Sharon,
qui a vanté la puissance du lobby pro-israélien en matière
de politique moyen-orientale des Etats-Unis. Néanmoins, impavide,
Chomsky se contente d'affirmer que le lobby pro-israélien ne
diffère en rien des autres lobbies, sans faire le moindre effort
pour comparer leurs influences relatives, ni leur capacité
de mobilisation et le caractère bi-partisan des soutiens dont
ils bénéficient, ni leur efficacité en matière
d'obtention de l'adoption en urgence de textes législatifs
à leur convenance.
8) Dans son analyse de la montée en puissance de la guerre
américaine contre l'Irak, le passage en revue par ailleurs
méticuleux auquel procède Chomsky de documents relatifs
à la politique étrangère, des analyses des liens
politiques entre décideurs politiques et centres de pouvoir,
est totalement abandonné, en faveur de commentaires impressionnistes
totalement vides du moindre fondement empirique. Les principaux architectes
gouvernementaux de la guerre, ses promoteurs intellectuels, leur stratégie
publiquement énoncée et publiée pour cette guerre,
ont été, dans leur totalité, profondément
liés au lobby israélien, et ont apporté de l'eau
au moulin de l'Etat d'Israël. Wolfowitz, le numéro 2 du
Pentagone, Douglas Feith, le numéro 3, du Conseil National
de Sécurité, et des dizaines d'autres décideurs
clés au sein du gouvernement et d'idéologues dans les
mass médias étaient des activistes en faveur d'Israël
depuis toujours, certains d'entre eux ayant même perdu leur
accréditation auprès d'Administrations américaines
précédentes, au motif d' avoir communiqué des
documents au gouvernement israélien.
Chomsky ignore les documents stratégiques fondamentaux rédigés
par Perle, Feith et d'autres Sionocons, dès 1996, afin de réclamer
une action belliqueuse contre l'Irak, l'Iran et la Syrie, qu'ils ont
mise en application plus tard, après avoir pris le pouvoir
grâce à l'élection de Bush. Chomsky ignore totalement
le bureau de désinformation créé au sein du Pentagone
par l'ultrasioniste Douglas Feith - l'ainsi dit « Bureau des
Plans Spéciaux » - géré par son collègue
sionocon Abram Shumsky, afin d'aiguiller des « données
» bidonnées vers la Maison Blanche, en court-circuitant
et en discréditant la CIA et les services du renseignement
militaire qui contredisaient cette désinformation. Un spécialiste
non-sioniste du bureau « Moyen-Orient » du Pentagone,
la colonelle Karen Kwiatkowski, a décrit avec force détails
le flot constant et très à l'aise d'officiers du Mossad
et de l'armée israélienne, entrant dans le bureau de
Feith et en sortant, alors qu 'au même moment des experts américains
de très haut niveau s'en voyaient interdire l'accès.
Aucun de ces décideurs politiques clés, qui ont prôné
et obtenu la guerre, n'ont eu le moindre contact direct, ni avec le
complexe militaro-industriel, ni avec Big Oil, mais tous étaient
profondément et activement liés à l'Etat d'Israël
et soutenus par le Lobby. Etonnamment, Chomsky, qui est connu pour
sa critique des intellectuels entichés de pouvoir impérial
et des universitaires obéissants, suit une voie similaire dès
lors qu'il s'agit d'intellectuels pro-israéliens au pouvoir
et de leurs collègues universitaires sionistes. Le problème,
ce n'est pas seulement le « lobby » exerçant des
pressions depuis l'extérieur, mais bien, en revanche, les comparses
dudit lobby à l'intérieur de l'Etat.
9) Fréquemment, Chomsky se moque des critiques formulées
du bout des lèvres par les libéraux au sujet de la politique
étrangère des Etats-Unis. Néanmoins, il ne soulève
pas la moindre objection au sujet du silence absolu des progressistes
juifs en ce qui concerne le rôle majeur joué par le Lobby
dans la promotion de l'invasion de l'Irak. A aucun moment il n'engage
le débat, ni ne formule de critiques, sur les dizaines de partisans
universitaires israéliens de premier plan soutenant la guerre
contre l'Irak, l'Iran ou la Syrie. En lieu et place, sa critique de
la guerre se contente de tourner autour des leaders de partis, de
l'administration Bush, etc. sans jamais tenter de comprendre quelle
était la base organisée et les mentors idéologiques
des militaristes va-t-en-guerre.
10) Chomsky n'analyse pas l'impact de la campagne concertée
et ininterrompue de tous les principaux lobbies et personnalités
pro-israéliens américains afin de réduire au
silence les critiques d'Israël et le soutien apporté à
la guerre par le Lobby. Le refus de Chomsky de critiquer l'abus fait
par le Lobby de l'accusation d'antisémitisme (allégué)
afin de détruire nos libertés civiles, de chasser des
universitaires de leurs universités et d' autres positions
sociales au motif qu'ils ont osé critiqué Israël
et le Lobby est particulièrement évident dans le cas
de la récente campagne de diffamation à l'encontre des
Professeurs Walt et Mearsheimer. Alors que le Lobby a exercé
- on sait avec quel succès - des pressions énormes sur
l' Université Harvard, afin qu'elle révoque le Professeur
Walt et que, finalement, elle le contraigne à démissionner
de son poste de Doyen de la Kennedy School d'Harvard, Chomsky, se
joignant à la meute du Lobby, a condamné leur étude
critique exhaustive et leur analyse méticuleuse. A aucun moment
Chomsky ne traite des faits centraux de leur analyse consacrée
au pouvoir actuel du Lobby sur la politique moyen-orientale des Etats-Unis.
L' ironie veut que Chomsky soit pourtant lui-même une victime
occasionnelle des épurations académiques sionistes.
Mais, cette fois-ci, il est du côté du manche.
11) Chomsky se refuse à évaluer la puissance du Lobby,
par comparaison avec d'autres forces instituées. Ainsi, des
hauts gradés de l'armée américaine se sont fréquemment
plaints du fait que l'armée israélienne reçoive
des équipements sophistiqués de dernière génération
avant même qu'ils ne soient devenus opérationnels aux
Etats-Unis. Grâce au Lobby, leurs plaintes sont rarement examinées.
Les industries américaines de la défense (dont certaines
ont conclu des contrats de coopération avec des entreprises
israéliennes de la défense) se sont plaintes amèrement
de la concurrence déloyale d'Israël, ainsi que de la violation
par ce pays des accords commerciaux et de la vente illégale
par Israël de haute technologie militaire à la Chine.
Or, menacé de perdre toutes ses relations lucratives avec le
Pentagone, Israël a bel et bien été contraint d'annuler
ces ventes à la Chine, au grand dam du Lobby. Durant la préparation
de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, beaucoup de responsables
militaires, d'active et en retraite, ainsi que beaucoup d' analystes
de la CIA se sont opposés à cette guerre, remettant
en question les présupposés et les projections des idéologues
pro-israéliens du Pentagone, comme Wolfowitz, Perle, et du
Conseil de Sécurité Nationale, du Département
d'Etat et du cabinet du Vice-président (comme le sionocon Libby).
Ils ont été mis en minorité, leur avis a été
mis à la poubelle par les sionocons et ils ont été
sous-estimés par leurs soutiens idéologiques, qui écrivent
dans les principaux médias imprimés. La position des
sionocons dans le gouvernement leur permit de dépasser leurs
critiques institutionnelles, dans une large mesure du fait que leur
opinion et leurs politiques relatives à la guerre étaient
acceptées sans aucune critique par les mass médias,
en particulier le New York Times, dont la propagandiste de guerre
Judith Miller entretient des relations serrées avec le Lobby.
Ce sont là des liens et des débats historiques bien
connus, dont un lecteur attentif des mass médias comme l'est
Chomsky, avait nécessairement conscience, mais qu'il a néanmoins
choisi délibérément d'omettre et de dénier,
en substituant une critique plus « sélective »
de la guerre en Irak, basée sur l'omission de faits pourtant
absolument essentiels.
12) Dans ce qui passe pour la « réfutation » chomskienne
de la puissance du Lobby, mentionnons son passage en revue historique
superficiel des relations américano-israéliennes, dans
lequel il cite ces conflits d'intérêts occasionnels à
propos desquels, encore plus rarement, le lobby pro-israélien
n'a parfois pas eu gain de cause. Les arguments historiques invoqués
par Chomsky ressemblent à un rapport d'avocat beaucoup plus
qu'à un inventaire exhaustif du pouvoir du Lobby. Par exemple,
alors qu'en 1956 les Etats-Unis refusèrent de se joindre à
l'attaque tripartite franco-britannico-israélienne contre l'Egypte,
tout au long des cinquante années suivantes, les Etats-Unis
ont financé et livré à Israël une machine
de guerre d'un ordre de 70 milliards de dollars, grâce, dans
une très large mesure, aux pressions exercées par le
Lobby. En 1967, l'aviation israélienne a bombardé un
navire espion recueillant du renseignement pour les Etats-Unis, l'USS
Liberty, dans les eaux internationales, tuant ou blessant plus de
deux cents marins et officiers américains. L'administration
Johnson - geste sans aucun précédent historique - refusa
de sévir, et elle fit taire les survivants de cette agression
non-provoquée en les menaçant de la « cour martiale
». Aucune des administrations suivantes n 'a jamais soulevé
cette question, quant à diligenter une investigation officielle
du Congrès, n'en parlons même pas. Tout au contraire,
l' administration Johnson a considérablement augmenté
l'aide américaine à Israël et s'est tenue prête
à recourir à l'arme atomique pour défendre Israël
en un moment critique où ce pays fut sur le point de perdre
la guerre d'Octobre 1973. Cette défense américaine d'Israël
aboutit à un très coûteux boycott pétrolier
arabe, qui entraîna une hausse massive du prix du pétrole
et l'animosité d'anciens alliés arabes, qui menaça
la stabilité monétaire mondiale. Autrement dit, dans
ce cas comme dans bien d'autres, le lobby pro-israélien fut
plus influent que l'armée américaine dans la prise de
décision d'une réplique à un acte d'agression
délibérée d'Israël contre des hommes servant
le drapeau américain dans des eaux internationales. Au cours
des dernières années, la puissance du Lobby a sérieusement
inhibé la poursuite, par le FBI, de dizaines d'espions israéliens
entrés aux Etats-Unis en 2001. Le plus qui ait été
fait, à ce sujet, ce fut de les muter à un poste pépère.
L'arrestation récente de deux responsables de l'Aipac accusés
d'avoir remis des documents gouvernementaux ultra secrets à
des responsables de l' ambassade d'Israël à Washington
a amené le lobby pro-israélien a mobiliser une campagne
médiatique massive afin de tenter de se défendre, en
faisant passer un acte d'espionnage à l'encontre des Etats-Unis
pour l'exercice de sa liberté d'_expression. Les éditoriaux
et tribunes favorables à l'abandon des poursuites ont fait
leur apparition dans la plupart des grands journaux, au cours de ce
qui fut sans doute une campagne sans précédent en faveur
d' agents d'un gouvernement étranger, de toute l'histoire des
Etats-Unis. La puissance et la portée de la propagande du Lobby
excèdent de très loin tout pouvoir susceptible de s'y
opposer, même si les preuves qui accablent les responsables
de l'Aipac sont très étayées, y compris le témoignage
d'un responsable clé du Pentagone, dont il a été
prouvé qu'il a remis les documents en question aux espions
israéliens.
13) Chomsky, pourtant un critique hautement fiable en matière
des partis pris des médias, attribue leurs informations anti-ouvrières
à leurs liens avec le grand patronat. Toutefois, dès
qu'il s'agit du parti pris massif en faveur d'Israël, il n'analyse
jamais l'influence du Lobby israélien, ni le lien entre l'élite
médiatique pro-israélienne et le parti pris pro-israélien
des médias. S'agit-il d'un simple problème de point
aveugle, ou bien d'une amnésie intellectuelle d'origine idéologique
? Nul ne le sait.
14) Chomsky invoque l'importance d'Israël, pour la stratégie
impérialiste des Etats-Unis en matière d'affaiblissement
du nationalisme arabe, ainsi que son rôle dans la fourniture
d'aide et de conseillers militaires à des régimes totalitaires
terroristes (Guatemala, Argentine, Colombie, Chili, Salvador, etc.),
dans les cas où le Congrès impose des restrictions à
un engagement militaire direct des Etats-Unis dans ces pays. Nul doute
qu' Israël soit au service des objectifs impériaux des
Etats-Unis, en particulier dans des situations où des politiques
sanglantes sont impliquées. Mais Israël l'a fait parce
qu'il en tirait bénéfice - ses revenus militaires accrus,
la conquête de nombreux partisans de la politique coloniale
d'Israël, des marchés assurés pour les marchands
d'armes israéliennes, etc. Toutefois, une analyse plus complète
des intérêts américains démontre que les
coûts générés par le soutien à Israël
excède de très loin les bénéfices occasionnels,
que l'on prenne en considération les avantages pour les objectifs
impériaux des Etats-Unis, ou - a fortiori - l' avantage notable
que constituerait une politique étrangère américaine
qui soit démocratique. En prenant en considération les
guerres coûteuses et destructrices faites à l'Irak sous
la houlette d'Israël et de ses lobbies, la politique pro-israélienne
des Etats-Unis a gravement sapé leur capacité militaire
de défendre l'empire. Elle a entraîné une perte
de prestige et elle a discrédité les prétentions
des Etats-Unis à être les champions de la liberté
et de la démocratie. Du point de vue d'une politique extérieure
démocratique, cette politique a renforcé l'aile militariste
du gouvernement, elle a sapé les libertés démocratiques
aux Etats-Unis mêmes. C'est Israël qui, seul, en bénéficie,
bien entendu, parce que la guerre a détruit un de ses principaux
ennemis laïcs, tout en permettant à Israël de resserrer
son emprise sur les Territoires palestiniens occupés. L'alignement
inconditionnel sur l'Etat colonial israélien a érodé
les relations des Etats-Unis avec les pays les plus riches et les
plus peuplés du monde arabo-musulman. En termes de marché,
la différence se situe entre des centaines de milliards de
dollars d'exportations américaines et la défense inconditionnelle
et particulièrement mal avisée d'un récipiendaire
d 'aides financières massives des Etats-Unis. Les pays arabes
sont des acheteurs nets de matériel militaire américain.
Au contraire, l'industrie israélienne de l'armement représente,
pour les Etats-Unis, un impitoyable concurrent. Les compagnies américaines
du pétrole et du gaz sont des perdants nets en matière
d'investissements, de profits et de marchés, à cause
des liens entre les Etats-Unis et Israël qui, en raison du marché
très limité de ce pays, a très peu à offrir
dans chacune des catégories mentionnées ici. Enfin,
le nettoyage ethnique des Palestiniens par Israël et la campagne
efficace du Lobby visant à assurer le veto des Etats-Unis à
l'encontre de toute résolution internationale placent les Etats-Unis
dans le camp d'une torture à grande échelle et légalisée,
d'exécutions extrajudiciaires légalisées et de
déplacements massifs de populations, totalement illégaux.
Le résultat final, c'est l'affaiblissement du droit international,
et une volatilité accrue dans une région de grande importance
stratégique. Chomsky ne tient aucun compte des coûts
géostratégique et énergétiques, ni des
pertes de nos propres libertés, qui résultent directement
des guerres au Moyen-Orient au nom et pour Israël, et encore
moins de l'ascension d'une forme virulente de néo-maccarthysme
sioniste, qui se répand dans l'ensemble de nos institutions
universitaires, artistiques et autres, aussi bien publiques que privées.
S'il y a une chose qui démontre éloquemment la croissance
du pouvoir des sionistes et l'étendue de leur autoritarisme,
c' est bien la campagne brutale et particulièrement efficace
contre les Professeurs Mearsheimer et Walt, qui les confirme de manière
éclatante.
Conclusion
Dans des circonstances normales, on n'apporterait à juste
titre qu'une attention limitée à des polémiques
académiques, à moins qu'elles n'aient d' importantes
conséquences politiques. Dans le cas qui nous occupe, toutefois,
Noam Chomsky est une icône des mouvements anti-guerre américains,
et pour tout ce qui passe pour de la dissidence intellectuelle. Le
fait qu'il ait choisi d'absoudre le lobby pro-israélien et
les groupes qui lui sont liges, ainsi que leurs supplétifs
médiatiques, est un événement politique considérable,
en particulier quand les questions de la guerre ou de la paix sont
sur la balance, et quand la majorité des Américains
est opposée à la guerre. Laisser « la bride sur
le cou » aux principaux auteurs, architectes et lobbyistes favorables
à la guerre, voilà qui représente un obstacle
indéniable devant la volonté de faire la lumière
sur ceux contre qui nous nous battons, et pour quelles raisons. Ignorer
le lobby pro-israélien, cela revient à lui laisser les
mains libres pour pousser à l'intervention contre l'Iran et
la Syrie. Pire, détourner l'opinion des responsabilités
de ce lobby, en pointant du doigt des ennemis imaginaires, cela revient
à affaiblir notre compréhension, non seulement de la
guerre, mais aussi de qui sont les ennemis de la liberté dans
notre pays. Par-dessus tout, cela permet à un gouvernement
étranger de jouir d'une position privilégiée,
d'où il nous dicte notre politique au Moyen-Orient, tout en
proposant des méthodes de police d'Etat et des législations
afin de prohiber le débat et d'inhiber le désaccord
chez nous, aux Etats-Unis. Permettez-moi de conclure en disant que
les mouvements pour la paix et la justice, tant aux Etats-Unis qu'à
l' étranger, sont plus puissants que n'importe quel individu
ou que n'importe quel intellectuel - quels que soient leurs états
de service passés.
Hier, les principales organisations sionistes nous ont dicté
qui nous pouvions ou ne pouvions pas critiquer, au Moyen-Orient. Aujourd'hui,
elles nous disent qui nous pouvons critiquer, aux Etats-Unis. Demain,
elles nous intimeront l'ordre de baisser la tête et de nous
soumettre à leurs mensonges et à leurs tromperies, afin
de nous engager dans de nouvelles guerres de conquête, au service
d'un régime colonial moralement répugnant.
Polémique sur une étude sur
le lobby pro-israélien aux Etats-Unis
Un rapport controversé critique son influence sur la politique
étrangère américaine.
par Pascal RICHE, Libération (ou LibéraSion
?), 4 avril 2006
Washington de notre correspondant - L'étude est titrée
«Le lobby pro-Israël et la politique étrangère
américaine». Elle aurait probablement été
dédaignée par les médias, jetée directement
dans les égouts de l'antisémitisme, si ses deux auteurs
n'étaient pas aussi sérieux. Mais elle a été
signée par deux universitaires de haut vol, Stephen Walt, doyen
de la Kennedy School of Government (Harvard), et John Mearsheimer,
professeur à l'université de Chicago. Sa publication,
à la mi-mars, dans The London Review of Books, a soulevé
une énorme tempête, au plus grand embarras de la vénérable
institution qu'est Harvard. Depuis quinze jours, ces deux professeurs
sont accusés par les uns d'avoir cédé à
un vieux réflexe antisémite, cependant que d'autres
vantent leur «courage» d'avoir abordé de front
un «tabou».
Intérêt national. Dans leur étude, Walt et Mearsheimer
affirment que certaines décisions de politique étrangère
n'ont pas de justification morale ou stratégique : les Etats-Unis
mettent parfois leurs intérêts nationaux de côté
pour poursuivre ceux d'Israël. «Aucun lobby n'aura réussi
à autant éloigner la politique étrangère
des Etats-Unis de ce qui devrait être l'intérêt
national, tout en persuadant les Américains que les intérêts
des Etats-Unis et d'Israël sont, pour l'essentiel, les mêmes»,
écrivent-ils. Ou encore : «Si les Etats-Unis ont un problème
avec le terrorisme, c'est en grande partie parce qu'ils ont Israël
comme allié proche.»
Ils estiment que la guerre en Irak a été poussée
par des piliers du lobby pro-israélien, citant le rôle
de certains responsables du Pentagone, comme Paul Wolfowitz (l'ancien
numéro 2) ou Doug Feith (numéro 3). Ils pointent les
lieux d'influence du lobby pro-israélien, des pages opinion
du New York Times à l'American Enterprise Institute, en passant
par la Brooking Institution. Répondant à l'avance à
ceux qui les accuseraient d'antisémitisme, les auteurs font
une distinction claire entre les organisations pro-Israël (qui
ont soutenu la guerre en Irak) et les juifs américains (qui,
dans les sondages, s'y opposaient dans des proportions plus importantes
que le reste de la population).
A peine publié sur le site web de Harvard (1), le 13 mars,
l'article a été signalé par la représentation
de l'OLP à Washington. De nombreux collègues de Walt
et Mearsheimer se sont aussitôt désolidarisés
d'eux. Le célèbre avocat Alan Dershowitz, prof à
Harvard, juge que les deux auteurs ont «détruit leur
réputation» en colportant le stéréotype
antisémite du lobby-juif-contrôlant-tout. Il préparerait
une contre-étude. Sur la blogosphère, les détracteurs
des deux professeurs ont rebaptisé leur travail de 83 pages
«les nouveaux protocoles des sages de Sion», en référence
au célèbre faux antisémite.
Mais Walt et Mearsheimer comptent aussi des partisans. «Il
est impossible de critiquer le lobby pro-Israël aux Etats-Unis
sans être accusé d'être un antisémite, un
allumé, un isolationniste, ou, comme souvent, les trois à
la fois», écrit ainsi le chroniqueur Eric Alterman, sur
le site de MSNBC. Le professeur Juan Cole, de l'université
du Michigan, loue le «courage» des deux universitaires
: «La plupart des juifs américains sont en désaccord
profond avec les politiques défendues par l'American Enterprise
Institute, le Jewish Institute for National Security Affairs, etc.
Mais un confetti du spectre politique, prétendant faussement
qu'il représente tous les juifs américains, s'est débrouillé
pour fausser la politique étrangère américaine
et la couverture de la question palestinienne», accuse-t-il
sur son blog.
Distances. Prise dans ce maelström, l'université Harvard
bredouille. Quelques jours après avoir publié l'article
sur son site, elle a décidé de retirer son logo de la
première page du document, et d'ajouter une note introductive
pour prendre ses distances. L'annonce de la démission de Walt
de son poste de doyen a soulevé maints sarcasmes. Le New York
Sun, un journal conservateur, a accusé l'université
de l'avoir destitué sous la pression de «donateurs pro-israéliens»,
ce que Harvard dément : le départ de Walt était
prévu bien avant la controverse, ce que confirme l'entourage
du professeur.
(1) http://ksgnotes1.harvard.edu/Research/wpaper.nsf/rwp/RWP06-011
Une synagogue branchée près
de la Bastille : la seule femme rabbin de France ouvre à Paris
une Maison du judaïsme libéral
La seule femme rabbin de France, Pauline Bebe, va animer à
Paris une Maison du judaïsme libéral, un judaïsme
qui se veut ancré dans la tradition mais ouvert sur la cité
et notamment l'égalité hommes-femmes.
La Maison, une première dans la capitale où prédomine
plutôt le courant orthodoxe du judaïsme chez les juifs
pratiquants, sera inaugurée dimanche près de la Bastille.
Elle se veut "un lieu de culte et de culture, ouvert à
tous, juifs et non juifs", explique à l'AFP Mme Bebe,
41 ans, fondatrice en 1995 de la Communauté juive libérale
d'Ile-de-France.
Construit dans un ancien parking rue Moufle, ce centre moderne et
lumineux, conçu par l'architecte Marc Fitoussi, garde la mémoire
de la Shoah. "Durant la guerre, c'était une usine de métallurgie
où travaillaient, selon des témoignages d'habitants
du quartier, des juifs qui ont été déportés",
souligne Mme Bebe.
Le centre doit être inauguré par le maire socialiste
de Paris Bertrand Delanoë avec le maire chevènementiste
du 11e arrondissement Georges Sarre, des responsables religieux et
d'associations du quartier. La partie religieuse de la synagogue sera
inaugurée en mai.
Le local, propriété de la Mairie de Paris, est loué
à faible prix avec un bail emphytéotique au centre Maayan
("la source"), qui regroupe depuis dix ans la communauté
de Mme Bebe et l'association culturelle Nitsa ("le bourgeon").
Le projet --1,6 million d'euros au total-- a été financé
par des dons, l'aide de fondations juives ainsi que des subventions
de la Mairie de Paris et de la région pour la partie culturelle.
Une salle polyvalente de 300 places, équipée de cloisons
mobiles et éclairée par une voûte de pavés
en verre, jouxte six salles de cours et le bureau du rabbin. Vitraux,
tableaux, tapisseries, mosaïques et statues: cette "synagogue
des arts" s'orne aussi d'une pierre venue de Jérusalem.
Dans un deuxième temps seront construits au sous-sol une cafétéria,
une médiathèque, des salles de danse ou d'arts plastiques
qui côtoieront le bain rituel ("mikveh") alimenté
en eau de pluie recueillie sur le toît et acheminée par
un tuyau spécial ne comportant aucun métal.
Le judaïsme libéral, né à la fin du XVIIIe
siècle, prône l'adaptation au temps présent, en
particulier l'égalité des droits et devoirs entre hommes
et femmes. Ce mouvement ouvert au dialogue inter-religieux se dit
majoritaire dans le monde avec plus d'1,6 million de membres.
"Chez nous, les femmes mettent le +taleth+ (châle de prières),
les filles font leur +bat mitzsvah+ comme les garçons en lisant
dans la Torah", souligne Mme Bebe. "Nous accueillons les
couples mixtes et permettons à leurs enfants d'avoir aussi
une éducation juive".
Dans la nouvelle Maison, il y aura de la danse, du théâtre,
des expositions mais aussi des repas pour les sans-abris. Les offices
se feront en musique --"des airs latino-américains, puisqu'une
partie de la communauté vient d'Argentine, mais aussi du rock",
explique cette maman de quatre enfants. Son mari, le rabbin américain
Tom Cohen, joue de la guitare électrique.
"J'essuie moins de critiques aujourd'hui, je ne souffre plus
d'exclusion, explique Mme Bebe, j'ai des rapports collégiaux
avec des collègues orthodoxes". Sa communauté,
l'une des quinze communautés libérales de France, regroupe
plus de 300 familles.
Ordonnée en 1990, elle a fait ses études rabbiniques
au Leo Baeck College de Londres et a été l'une des premières
femmes rabbins d'Europe. Aujourd'hui, elles sont 600 à travers
le monde.
Source : AFP, 5 avril 2006
Aix-en-Provence : succès de la mobilisation
contre la présence du raciste Finkielkraut
La manifestation de protestation contre la venue à Aix-en-Provence
de ce grand représentant de « l'intelligence française
» (dixit son ami Sarkozy) qu'est Alain Finkielkraut a connu
un vif succès, samedi, à la Cité du Livre de
la ville.
A l'appel de plusieurs associations aixoises et régionales,
nous nous sommes retrouvés à plus de cent, dans une
ambiance chaleureuse et colorée, pour réserver à
Finkielkraut l'accueil qu'il méritait.
Le personnage, plus tristement célèbre désormais
pour ses tirades sur les bienfaits de la colonisation des «
sauvages » que pour sa « philosophie », entendait
une nouvelle fois vendre ses salades, sur ce qu'il appelle «
l'antisémitisme » en l'occurrence, puisque l'individu
a officiellement déclaré la guerre à l'anti-racisme.
Le discrédit de Finkielkraut est cependant largement connu
aujourd'hui en France, et le directeur de la Cité du Livre,
Gilles Eboli, avait fait savoir en début de semaine aux organisateurs
qu'il n'était pas d'accord pour la tenue d'une telle conférence
dans des locaux a priori dédiés à la promotion
de la culture.
C'était sans compter sans les pressions exercées par
le CRIF et la députée-maire UMP de la ville, Maryse
Joissains, aux petits soins du lobby israélien, quoi que puissent
en penser ses administrés et électeurs, ou plutôt
futurs ex-électeurs. Car la politicienne va perdre des plumes
avec cette affaire, et ce sera bien fait pour elle. La presse locale
(le journal La Provence), en rendant compte du scandale grâce
à trois articles successifs au cours de la même semaine,
a assuré à l'affaire la publicité qu'elle méritait.
Toujours est-il que sur ordre du couple CRIF-Joissains, un imposant
dispositif policier (police municipale, police nationale) avait été
déployé aux abords et sur le site même de la Cité
du Livre, le Finkielkraut étant introduit en catimini dans
l'enceinte par une porte dérobée, pour accueillir des
invités triés sur le volet, dûment munis d'un
carton d'invitation.
Nous étions pour notre part présents sur les lieux
dès 14 heures, avec une floraison de pancartes et affichettes,
et des slogans rappelant aux usagers de la Bibliothèque, ainsi
qu'aux sympathisants du CRIF, ce qu'était le personnage et
sa dangerosité : « Le racisme, çà commence
avec des mots, et çà finit, chez les fachos »,
« Cité du Livre, pas du racisme », ou encore «
Finkielkraut, on n'en veut pas, les racistes hors la loi ! ».
Plusieurs dizaines d'usagers de la bibliothèque, prenant connaissance
de l'événement à notre contact, ont choisi de
rester sur les lieux, et de crier avec nous en direction de la salle
où Finkielkraut et ses amis devaient officier, dans un brouhaha
croissant.
« C'est incroyable, il faut montrer patte blanche pour entrer,
alors qu'on nous dit que la salle est aux trois-quarts vide. C'est
du jamais vu à la Méjanes (le nom de la Bibliothèque
d'Aix, NDLR). En somme, ce monsieur n'est fort qu'à la télévision
ou à la radio, quand il monologue sans contradicteurs »,
déclarait l'un des usagers de la bibliothèque.
Après des prises de parole par des représentants d'Aix-Solidarité,
de CAPJPO-EuroPalestine, de Palestine 13 et de l'Union Juive Française
pour la Paix, l'ordre de dispersion fut donné vers 15h30. «
Vous lui avez bien pourri son truc, au Finkielkraut », résumait
un participant à la manifestation.
Source : CAPJPO-EuroPalestine, 2 avril 2006
Le maire de Montreuil condamné pour
diffamation envers Elie Chouraqui
Le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard (apparenté PCF),
a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel
de Paris à une amende de 500 euros avec sursis pour avoir diffamé
le cinéaste Elie Chouraqui qu'il avait accusé d'avoir
manipulé un reportage sur des écoles de sa ville.
Le 15 avril 2004, France 2 avait diffusé dans le cadre de
l'émission "Envoyé Spécial" un reportage
signé Elie Chouraqui consacré à l'antisémitisme
"ordinaire", dans le contexte des heurts opposant, selon
lui, les élèves d'un lycée public de Montreuil
(Seine-Saint-Denis) aux lycéens d'un établissement juif
voisin.
Au lendemain de sa diffusion, le sujet avait créé une
vive émotion. Au cours d'une conférence de presse tenue
en compagnie du ministre de l'Education nationale François
Fillon, le maire de Montreuil avait dénoncé "une
manipulation".
"Tout a été scénarisé et les enfants
ont été les acteurs bénévoles d'un film
dont ils ne connaissaient pas le scénario. Il (Elie Chouraqui)
leur a fait dire un texte qu'il avait déjà conçu
lui-même, c'est une manipulation", avait dit M. Brard.
La 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée
par Philippe Jean-Draeher, a reconnu le maire coupable de diffamation
envers M. Chouraqui et l'a condamné à une amende de
500 euros avec sursis.
M. Brard devra également verser un euro de dommages-intérêts
au réalisateur mais le tribunal a rejeté la demande
de publication du jugement faite par la partie civile.
Les motivations de la décision n'étaient pas consultables
vendredi après-midi. Source : AFP, 31 mars 2006
Ils mettent à nu la bassesse de leur
esprit
par Jihad El Khazen, Al Hayat, Londres, 31 mars
2006.
Original : http://www.alhayat.com/opinion/editorials/03-2006/Item-20060331-516d9328-c0a8-10ed-0105-0034f77427a9/story.html/
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www. tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Je n'ai jamais imaginé, de ma vie, pouvoir lire un jour, ce
que moi-même et d'autres auteurs arabes avons écrit depuis
des décennies, sur les USA, Israël, le lobby, et la queue
qui fait bouger le chien, et ce sous la plume de deux illustres universitaires
usaméricains. Pourtant c'est ce qui vient de se produire après
la publication par le professeur John Mearsheimer, du département
des sciences politiques à l'université de Chicago et
le professeur Stephen Walt, doyen de la faculté J.F.Kennedy
de l'université de Harvard, d'une étude intitulée
« Le lobby israélien et la politique étrangère
américaine », qui a soulevé une tempête
politique et académique qui ne s'éteindra pas de sitôt.
L'université Harvard a retiré son nom de l'étude
et le professeur Walt a perdu, illico, son poste de doyen de la faculté
J.F.Kennedy.
L'étude tient en 81 pages dont la moitié est constituée
de références. On lit dans la première page,
que le soutien usaméricain total à Israël, conjugué
avec les efforts de répandre la démocratie, ont menacé
la sécurité usaméricaine et les auteurs se demandent
comment les USA ont accepté de mettre leur sécurité
de côté pour servir les intérêts d'un Etat
tiers ?
La réponse : c'est le lobby israélien, hégémonique
jusqu'à la suffocation, qui domine le Congrès, oriente
les médias et empêche tout débat sur le sujet.
Nous l'avons tous dit et répété, mais l'intérêt
de le réitérer aujourd'hui, est qu'il n'émane
pas d'un protagoniste dans le conflit, condamné d'avance et
avant qu'il n'ouvre le bec, mais d'un professeur de l'université
de Chicago d'où sont partis les étudiants de Leo Strauss
à la liquidation des intérêts usaméricains
et au service d'Israël, et d'un autre professeur, dans la meilleure
faculté de sciences politiques, dans une université,
Harvard, considérée comme la meilleure au monde, en
m'excusant auprès d'Oxford et de Cambridge.
Les références citées et accompagnant l'étude,
ont autant d'importance que l'étude elle-même. C'est
pour cela que j'ai suggéré à mes amis en Arabie
Saoudite et au Liban de traduire l'ensemble de l'étude et de
la distribuer gratuitement à travers le monde arabe et en même
temps de la publier dans sa langue d'origine et de la diffuser partout.
Les partisans d'Israël sont devenus doublement fous à
sa lecture. La première fois, à cause de son contenu
et la seconde, parce que la plupart d'entre eux a choisi de ne pas
répondre aux auteurs, afin de ne pas leur assurer ainsi qu'à
l'étude, une publicité gratuite. Ils ont choisi cependant
d'imposer aux deux auteurs, les sinistres procédés oppressifs
likoudiens et kadimiens.
Ceux qui ont choisi d'y répondre ont démontré
la véracité de chaque ligne de l'étude et mis
à nu la bassesse de leur esprit. Ainsi, j'ai lu une critique
sur un site de néocons extrémistes, au titre révélateur
« Les nouveaux protocoles de Harvard des sages de Sion »,
qui conclut en rappelant aux gens la Shoah, comme si le génocide
de millions de Juifs par les Européens justifiait que ces derniers
spolient la terre des Palestiniens, démolissent leur vie et
assassinent leurs femmes et leurs enfants.
Le pire des néocons actuellement est Alan Dershowitz, l'avocat
de OG Simpson l'auteur d'un livre sur Israël, qui a été
complètement démoli par l'auteur de « l'industrie
de l'holocauste », Norman Finkelstein, dans son dernier livre
« Au-delà du culot » [Beyond Chutzpah]. Le nom
de Dershowitz a été cité dans l'étude
incidemment, comme mes excuses à Israël, mais il décida
de répondre aux auteurs, pour mettre les choses au point, c'est-à-dire
pour persister dans le mensonge et défendre, non pas l'assassin
d'un individu, mais les assassins de l'armée israélienne
et le gouvernement des criminels de guerre.
Les partisans d'Israël ont un tel culot qu'ils défendent
le lobby et deux d'entre eux se trouvent confrontés à
la justice sous l'inculpation d'espionnage au profit d'Israël.
Mais c'est un détail pour eux, tant ils sont habitués
à donner la priorité aux intérêts israéliens
sur ceux de leur pays. C'est ce que nous avons toujours dit et il
y a, fort heureusement, deux éminents universitaires usaméricains,
qui sont venus le confirmer.
Les deux universitaires disent qu'Israël et ses partisans ont
poussé les USA dans la guerre contre l'Irak. Leur étude
comporte des références sûres à des gens
crédibles et inattaquables, confirmant cette thèse.
Pourtant Abraham Foxman, directeur de l'Alliance de lutte contre l'anti-judaïsme,
B'nai Brith, a démenti qu'Israël et ses partisans aient
un quelconque rapport avec la guerre contre l'Irak, exprimant ses
craintes qu'une telle allégation puisse être utilisée
pour présenter cette guerre comme « la guerre des juifs
» et la « guerre d'Israël ».
C'est en effet la guerre d'Israël et il suffit de se rappeler
qu'il y avait parmi ses instigateurs, Paul Wolfovitz, Richard Perle
et Douglas Faith, pour s'en convaincre. J'estime pour ma part, que
ce sont les ultras de la bande des néocons, par leur extêmisme
et leur va-t-en guerre qui sont responsables de la propagation de
la haine des juifs et des USA, alors que la majorité des juifs
à travers le monde n'a rien à voir avec ces extrémistes,
la plupart des sondages en Israël et ailleurs dans le monde,
a montré que les Juifs étaient partisans de la paix.
Dans les réactions à cette étude, la plus curieuse,
parce que la plus modérée dans la défense d'Israël,
a été celle du journal Haaretz, alors que les extrémistes
usaméricains, à dix mille kms du feu qui consume Israéliens
et Palestiniens, étaient les plus ultras. Ils le resteront
tant que leurs fils et leurs filles ne s'exposeront pas à ce
feu. C'est ce qui me permet de dire que la nouvelle Knesset, comme
la précédente, restera meilleure que le Congrès
américain, parce que la moitié de ses 120 députés
sont des libéraux, se positionnent au centre et qu'on peut
faire la paix avec eux. Alors que sur les 535 membres des deux chambres
du Congrès, il n'y en a pas plus de dix qui soient modérés.
J'ajouterai ces deux points importants de l'étude : le premier
concerne l'alliance du lobby avec les fondamentalistes chrétiens
et leurs dirigeants les plus en vue, tels que Gary Bauer, Jerry Falwell,
Ralph Reed, Pat Robertson, Deack Armey et Tom DeLay. Le second point
concerne l'accusation d'antisémitisme distribuée gratuitement
à tous ceux qui les contredisent ou dénoncent la dérive
de la politique israélienne. Accusation éculée,
tant on en a abusé. Retour au début de mon article :
cette étude mérite d'être distribuée à
très grande échelle dans le monde arabe, mais mieux
encore dans son édition originale en anglais, à travers
le monde entier. Ses auteurs, deux éminents universitaires
d'un grand niveau, étrangers au conflit avec Israël et
qu'on ne peut donc taxer d'un quelconque parti pris avec l'un des
belligérants. J'ai lu, dans un premier temps, un résumé
de cette étude, publié dans le mensuel « London
Review of Books » qui s'occupe de présenter des livres,
puis j'ai retrouvé l'étude intégrale sur internet
:
http://ksgnotes1.harvard.edu/Research/wpaper.nsf/rwp/RWP06-011.
Le professeur Mearsheimer a déclaré dans une interview
à la presse qu'il n'existe pas un éditeur usaméricain
qui accepterait ou aurait l'audace de publier cette étude.
Je crois que les maisons arabes d'édition n'auraient pas de
problème de ce genre
La Pologne veut qu'Auschwitz soit défini
comme camp «nazi et allemand»
La Pologne a demandé à l'UNESCO que l'ancien camp de
la mort d'Auschwitz, inscrit sur sa liste du patrimoine mondial, soit
désormais qualifié de camp de concentration «nazi
et allemand», a annoncé jeudi le ministère polonais
de la Culture.
Ce changement de terminologie permettrait, selon Varsovie, d'éviter
l'utilisation erronée par de nombreux médias de l'adjectif
«polonais» pour désigner Auschwitz-Birkenau et
les autres camps de concentration ou d'extermination installés
par les nazis en Pologne occupée (1939-1945).
Varsovie a demandé à l'UNESCO que ce camp, symbole de
l'Holocauste, soit appelé «ancien camp de concentration
nazi et allemand d'Auschwitz-Birkenau» sur sa liste du patrimoine
mondial.
Actuellement, il y est inscrit en tant que «camp de concentration
d'Auschwitz».
La demande a été faite au début du mois de mars
dans une lettre du ministère polonais de la Culture adressée
au siège de l'UNESCO à Paris.
«L'ancien nom a perdu sa lisibilité et son sens d'information
pour les nouvelles générations. La nouvelle appellation
(NDLR: proposée par Varsovie) l'attribue de manière
précise au régime nazi allemand», a expliqué
le vice-ministre de la culture Tomasz Merta, cité par le journal
Gazeta Wyborcza.
L'ambassade de Pologne à Berlin vient de protester contre l'utilisation
de l'_expression «camp d'extermination polonais» dans
la dernière édition de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
La plupart des camps de la mort où des millions de personnes,
en grande majorité des juifs, ont été exterminés
pendant la Seconde guerre mondiale, avaient été construits
par les nazis sur le territoire de l'actuelle Pologne.
Source : AFP, 30 mars 2006
Le supposé incident à la première
conférence sur le racisme anti-Noir le 17 mars dernier à
Genève
Communiqué du CRAN - Carrefour de Réflexion et d'Action
contre le Racisme anti-Noir, Berne, 31 mars 2006 Dans le journal le
Matin dimanche du 26 mars 2006, nous avons pu lire sous la plume de
M. Michel Jeanneret - qui du reste n'a jamais assisté aux faits
qu'il rapporte - que Dieudonné aurait tenu des « propos
antisémites » et proféré « des appels
à la haine » lors de la première conférence
européenne sur le racisme anti-Noir tenue les 17 et 18 mars
derniers à Genève. Les propos du journaliste jettent
un discrédit sur une conférence au cours de laquelle
universitaires, intellectuels et militants des droits humains se sont
succédé pour évoquer le racisme anti-Noir en
Europe et réfléchir sur les voies et moyens pour l'éradiquer.
Autant il est vrai que Dieudonné n'a pas été
invité, autant la conférence était ouverte à
tout le monde comme d'ailleurs le matin Bleu l'avait annoncé
dans son édition du jeudi 16 mars. Le caractère fabulateur
de cet article le dispute avec le manque de professionnalisme dont
fait preuve ce journaliste.
Une escroquerie morale
Les 17 et 18 mars derniers le Carrefour de Réflexion et d'Action
contre le Racisme anti-Noir (CRAN) a organisé la première
européenne sur le racisme anti-Noir à Genève.
Cette conférence qui a réuni près de 200 personnes
venues de toute l'Europe fut un succès. Quel ne fut l'étonnement
du CRAN et de plusieurs participants de lire dans Le Matin dimanche
du 26 mars à la page 3, l'article de M. Jeanneret affirmant
que Dieudonné aurait proféré dans son court propos
des appels à la haine et à l'antisémitisme. Soit
ce monsieur ne sait pas du tout de quoi il parle car n'ayant pas assisté
à la conférence, soit il a décidé sciemment
de passer sous silence la première conférence au profit
de ce qui lui semblait plus important. C'est CRAN qui a organisé
cette conférence. Dire que quelqu'un s'est « invité
au carrefour », est tout simplement grotesque. Depuis le mois
de février nous avons écrit à un certain nombre
de journaux suisses dont Le Matin, pour les inviter à la première
conférence sur le racisme anti-Noir que le CRAN organisait
aux dates précitées. Que M. Jeanneret n'y vienne pas,
cela est son droit le plus absolu. Mais écrire, sur la base
des bouts de phrase entendus ici et là, que le CRAN a organisé
une conférence où des appels à la haine et des
propos antisémites ont été tenus, relève
d'une contre-vérité inqualifiable tant le contenu de
l'article ne repose sur aucun fondement.
Qu'a dit Dieudonné ?
Loin de nous l'idée de vouloir prendre la défense
de Dieudonné. Mais il nous faut lever tout de même quelques
équivoques qui ternissent l'image cette conférence.
M. Dieudonné a insisté sur :
- les difficultés des communautés noires de France
à faire face au racisme et aux discriminations dont elles sont
victimes, - le fait que France a le devoir de traiter ses enfants
sur le même pied d'égalité quand il y a violation
des droits humains, ce qui éviterait de donner l'impression
d'une compétition victimaire, - le regret de voir son pays,
la France, être si injuste en faisant obstruction à l'éclatement
de la vérité historique quant aux crimes contre l'humanité
que les Noirs ont subis ; il a dit en substance, vouloir travailler
dans ce sens-là.
Au vu de ce qui précède, force est de constater que
les critiques de M. Dieudonné s'adressaient à la République
Française et non à un groupe ethnique donné.
Jamais M. Dieudonné n'a dit à cette conférence
que le racisme anti-Noir était plus grave que la Shoah. Il
a fait un rapport sur la situation dans son pays où les Noirs
subissent un déni d'humanité. Nous sommes alors outrés
de lire que M. Dieudonné a proféré des appels
à la haine. Il y a de la part du journaliste une volonté
manifeste d'induire ses lecteurs en erreur tant ces propos portent
une atteinte au travail que le CRAN effectue depuis 5 ans quant au
respect de la dignité humaine. En outre l'affirmation selon
laquelle Dieudonné est allé au fond de la salle pour
serrer la main aux gens sans prêter attention au reste du débat
est dénuée de tout fondement. M. Dieudonné n'est
pas le premier à serrer la main aux gens après un discours.
En allant reprendre sa place au fond de la salle, les gens se sont
levés spontanément pour le remercier suite à
son discours. On ne peut pas non plus lui reprocher de ne pas avoir
prêté attention au discours des autres orateurs puisqu'après
lui, il y a eu la pause. M. Micheloni Président du FIMM qui
était le président de séance peut en témoigner.
En outre le DVD ainsi que la retranscription de la communication de
Dieudonné (moins de 4 minutes) sont disponible au siège
du CRAN et quiconque en manifeste le désir pourra les obtenir.
Quant aux propos antisémites qu'auraient tenu les personnes
interrogées par le journaliste, la retranscription intégrale
de la communication de Dieudonné montre qu'il n'en est rien.
Position du CRAN
Le CRAN est une organisation qui s'est donné pour but de
lutter contre le racisme et le racisme anti-Noir en particulier. Ses
objectifs sont, entre autres, combattre les atteintes à la
dignité des Noir(e)s, favoriser et susciter le travail de mémoire
indispensable. Car un passé effacé, oublié, empoisonne
le présent et l'empêche de trouver son ancrage. Nous
sommes indignés des accusations récurrentes dont sont
victimes les communautés Noires qui ne luttent que pour la
reconnaissance pleine et entière de leurs droits et le respect
de leur dignité. Le CRAN ne mettra jamais en question la lutte
menée par les autres communautés pour combattre le racisme
dont elles sont victimes. Loin de lui l'idée de porter atteinte
au travail de mémoire qu'elles effectuent également.
Nous sommes solidaires avec elles comme d'ailleurs mentionné
dans la Déclaration de Genève et attendons en retour
que le principe de la réciprocité soit respecté.
Si M. Jeanneret avait été présent, il aurait
certainement compris que le but de cette première conférence
sur le racisme anti-Noir était tout sauf des appels à
la haine et l'antisémitisme. Bien au contraire. La qualité
des personnalités invitées (près de 200 personnes
présentes) et la teneur des débats qui ont suivi nous
semblent trop importantes pour qu'on les réduise aux propos
d'une seule personne, propos qui, en plus ont été déformés.