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Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés
Les Protocoles des Fous de Sion
 

Une campagne malveillante contre la Suisse et le Professeur Jean Ziegler


par Nord - Sud XXI, Genève, avril 2006
Une fois de plus, l'ONG pro-israélienne UN Watch, organise une campagne de dénigrement contre le Prof Jean Ziegler et sa nomination par la Suisse comme expert indépendant et membre de la sous commission des Nations Unies pour la Promotion et la Protection des Droits de l'Homme.

Il semble que les gouvernements démocratiques ne soient plus autorisés à nommer en toute liberté leurs propres citoyens pour fournir des services au système international des droits de l'homme sans l'approbation d'Israël et de ses groupes de pression.

Nous pensons que la campagne de dénigrement lancée par UN Watch viole de façon flagrante les droits des individus à avoir des opinions politiques indépendantes et libres. Elle enfreint également les droits du Prof. Jean Ziegler à la liberté de pensée et de conscience.
Nous nous demandons comment une organisation qui ne respecte pas la dignité et l'opinion des autres peut-elle espérer que les siennes soient respectées ?

Cette campagne malveillante, menace essentiellement toute personne qui ose critiquer la politique et les pratiques des Etats-Unis et de l'Etat d'Israël. Elle démontre le soutien aveugle apporté par UN Watch à la transformation des Nations Unies en une organisation qui ferme les yeux sur la guerre et les agressions et s'écarte de ses principes fondamentaux de maintien de la paix et de la justice.
Il est évident que les Nations Unies et ses fonctionnaires ne devraient pas rester neutres à l'égard de situations de guerre, de menaces de guerre, de conflits armés, d'occupation, et des problèmes multiples auxquels font face des pays du Tiers Monde, comme la situation dramatique en Palestine, en Irak et dans plusieurs parties de l'Afrique.

Il est injuste qu'une telle campagne de dénigrement soit lancée contre Jean Ziegler parce qu'il a osé exercer son mandat de Rapporteur Spécial sur le Droit à l'Alimentation et qu'il a rédigé un rapport qui fait état de la souffrance, et des conditions nutritionnelles et sanitaires précaires dans lesquelles vivent les Palestiniens sous l'occupation israélienne.

Nous invitons UN Watch à montrer une neutralité et une objectivité en assurant que les résolutions des Nations Unies concernant la question palestinienne soient appliquées et respectées par Israël et les Etats-Unis.
Comme les autres organisations qui oeuvrent pour la paix, UN Watch devrait observer de près l'action de l'organisation mondiale pour mettre fin à l'occupation militaire des territoires palestiniens, en travaillant à la création d'un Etat palestinien indépendant tout en appliquant ses propres résolutions en cette matière.
A cet égard, il est conseillé à UN Watch de prendre exemple sur le mouvement de paix israélien et ses positions contre les crimes commis par le gouvernement israélien.

Nord-Sud XXI considère qu'il est inacceptable que des Etats souverains, comme la Suisse, soient soumis à des pressions pour les contraindre à retirer la nomination d'une personnalité universellement estimée, comme Jean Ziegler, à un groupe d'experts indépendants des Nations Unies.
Nous approuvons le gouvernement pour sa décision de nommer Jean Ziegler comme membre de la Sous commission des Nations Unies pour la promotion et la protection des droits de l'Homme, et soutenons pleinement cette nomination.
Nous appelons toutes les forces éprises de la paix à en faire autant.

Émeute juive à New York


La scène se passe à New York, le mardi 4 avril 2006, vers 18 h 30. Alfred Schiick, un juif hassid (orthodoxe) de 75 ans, est arrêté par la police parce qu'il parle sur son portable tout en conduisant sa voiture. L'homme est dur d'oreille, il sort de la voiture. Les policiers le menottent aussitôt. Il fait un esclandre et, d'après les policiers, se jette au sol. En quelques minutes, un millier de juifs à paillotes se concentrent sur les lieux et commencent à bombarder les policiers avec tout ce qui leur tombe sous la main et mettent le feu aux poubelles. Deux voitures de police sont détruites par les émeutiers. Des autopompes arrivent à renfort. Le calme ne reviendra dans le quartier que trois heures plus tard. Bilan : deux arrestations et deux policiers blessés.
Commentaire : dans la plus grande ville juive du monde, l'émeute n'est pas le privilège des jeunes Noirs.
Source : Big News Network.com , 6 avri 2006

 


Dieudonné en Iran pour la conférence sur la Palestine


Commniqué du Bureau de campagne de Dieudonné Mbala Mbala, Candidat à l'élection présidentielle, 7 avril 2006
Dieudonné sera présent à la conférence sur la Palestine organisée par le parlement iranien en Iran, du 14 au 16 avril. Ce déplacement sera l'occasion pour le candidat à la présidentielle Dieudonné Mbala Mbala de manifester une nouvelle fois son soutien au peuple palestinien opprimé et de plaider en faveur d'une Palestine réunifiée, multiethnique et multiconfessionnelle sur le modèle de l'Afrique du Sud. Par ailleurs face aux menaces d'agression et de sanctions qui pèsent sur l'Iran, Dieudonné exprimera à ses différents interlocuteurs Iraniens son soutien au peuple Iranien et réaffirmera son respect de la pleine et entière souveraineté Iranienne. Dieudonné entend plus que jamais dénoncer la propagande et les mensonges américains et Israéliens, hélas relayés par l'Europe et notamment la France, concernant la prétendue menace que constituerait l'Iran. Les mensonges américains sur l'Irak sont dans toutes les mémoires et leurs mensonges sur l'Iran ne trompent personne.

 

 

Olivier Duhamel condamné pour diffamation à l'encontre de Bruno Gollnisch


L'ex-député européen PS, Olivier Duhamel, a été condamné jeudi par le
tribunal correctionnel de Paris à 1.000 euros d'amende avec sursis pour
avoir tenu des propos diffamatoires à l'encontre de Bruno Gollnisch (FN) en
invoquant son "incontestable antisémitisme >".

Dans une chronique diffusée le 25 octobre 2004 sur France Culture, M.
Duhamel avait critiqué les propos du délégué général du Front national (FN)
Bruno Gollnisch, sur le rapport de la commission Rousso traitant du
négationnisme à l'Université Lyon III.

Selon les comptes rendus effectués par les médias d'une conférence de presse
de M. Gollnisch, ce dernier avait affirmé qu'Henry Rousso était "un
historien engagé, c'est une personnalité juive, une personnalité estimable,
mais sa neutralité n'est pas assurée".

Réagissant à ces propos dans sa chronique, M. Duhamel y avait vu "l'aveu, le
dévoilement de l'incontestable < antisémitisme de M. Gollnisch".

La 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Anne-Marie Sauteraud,
a estimé que M. Duhamel avait porté "atteinte à l'honneur et à la
réputation" de M. Gollnisch "accusé de réduire l'_expression d'une pensée ou
d'un travail intellectuel à l'identité supposée de celui dont elle émane".

Pénalement condamné à 1.000 euros d'amende avec sursis, M. Duhamel devra
également payer un euro de dommages-intérêts à Bruno Gollnisch.
Source : AFP, 6 avril 2006

 

 

France Soir: le parquet saisit Tracfin à propos des fonds d'Arcadi Gaydamak


Le parquet de Lille a saisi Tracfin, la cellule de renseignement du
ministère des Finances sur le blanchiment d'argent, pour vérifier l'origine
des fonds que l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak compte investir dans le
journal France Soir, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Le tribunal de commerce de Lille doit se prononcer vendredi sur la cession
ou la continuation du quotidien en difficulté, en redressement judiciaire
depuis le 31 octobre.

M. Gaydamak contrôle Moscow News, un groupe de médias russe qui a racheté
fin mars Montaigne Press, la holding britannique qui contrôle la société
éditrice de France Soir, Presse Alliance.

Moscow News doit présenter au tribunal vendredi son plan de continuation
pour le journal, a-t-on appris jeudi auprès de l'avocat de M. Gaydamak, Me
Maurice Lantourne.

L'homme d'affaires aux quatre nationalités (française, israélienne,
angolaise, canadienne), qui réside en Russie, est sous le coup d'un mandat
d'arrêt international émis en 2000 par les juges parisiens qui enquêtent sur
un trafic d'armes vers l'Angola. Il a également une dette d'environ 75
millions d'euros envers le fisc français.

Tracfin regroupe une cinquantaine de fonctionnaires, issus des douanes, de
la comptabilité publique, de la Défense et de l'Intérieur, et un magistrat
détaché, qui luttent contre le blanchiment du produit des crimes et délits.
Source : AFP, 6 avril 2006

 

 

Tariq Ramadan-Daniel Cohn-Bendit : 1 à 0


Cohn-Bendit se frotte au controversé Tariq Ramadan
À Bruxelles, le leader Vert a partagé pour la première fois une tribune avec l'intellectuel musulman.
par Alain AUFFRAY, Libération, 31 mars 2006
Bruxelles envoyé spécial - «Prenons-le au mot ! Qu'est-ce qu'on risque ?» Après deux heures de débat public, Daniel Cohn-Bendit s'est senti conforté dans sa décision de rencontrer Tariq Ramadan, le plus controversé des intellectuels musulmans. Ce face-à-face a eu lieu mercredi soir à Bruxelles dans le cadre d'une conférence internationale sur l'«islam en Europe» organisée par les Verts des Pays-Bas, traumatisés par les tensions intercommunautaires. Cohn-Bendit avait reçu de nombreuses mises en garde. «Comment peux-tu, toi, discuter avec le "prédicateur" d'un islam radical ? Ramadan, c'est un artiste du double langage», lui ont déclaré en substance des compagnons de route. Elevé en Suisse où il enseigne la philosophie, le petit-fils du fondateur des Frères musulmans égyptiens, a été parfois empêché de réunions publiques en France. Dans le même temps, en Grande-Bretagne, le gouvernement Blair l'associait à sa réflexion sur l'extrémisme musulman.

Mercredi soir, au Parlement européen, on se bousculait pour assister à la confrontation entre le soixante-huitard libéral-libertaire et le quadragénaire musulman altermondialiste. Beaucoup de femmes, presque toutes voilées, dans un public essentiellement composé de musulmans belges, français et hollandais.

Face à un Cohn-Bendit qui s'était juré de ne tolérer aucune ambiguïté, l'élégant Ramadan a déroulé un discours irréprochable. Il «refuse» l'interdiction faite au musulman, sous peine de mort, de quitter sa religion. Il conteste le fondement théologique de cet interdit. Pour en finir avec les mariages forcés, les répudiations et les violences faites aux femmes, il faut, dit-il, «changer l'islam de l'intérieur».

Ramadan demande une «désislamisation» des problèmes sociaux qui s'expriment en France à travers la crise des banlieues. Le vrai communautarisme, selon lui, c'est celui qui parque dans des ghettos «une jeunesse musulmane de la troisième, voire de la quatrième génération pour qui la question n'est plus celle de l'intégration mais de l'accès à la citoyenneté».

Et quand le président du groupe Vert objecte que, sans «islamiser» les problèmes, on peut «s'interroger sur ce qui se passe aujourd'hui en France dans des quartiers où des enfants juifs ont peur d'aller à l'école», Tariq Ramadan rappelle solennellement qu'il a toujours été «parfaitement clair» dans sa dénonciation de l'antisémitisme. Il annonce l'avènement d'un islam qui n'a «aucun problème avec aucune législation européenne» et qui s'accommode parfaitement de la «sécularisation comme espace de gestion du religieux».

«Je ne sais pas ce que dit Tariq Ramadan ailleurs, mais ce qu'il dit ici a sa cohérence», a lâché Cohn-Bendit, pour conclure. C'est alors seulement que le débat s'est échauffé avec une théâtrale colère de Ramadan : «Dire cela, c'est rendre impossible notre dialogue. Il faut arrêter de fantasmer. On parle de double discours, de double appartenance, on tient sur nous le discours qu'on a tenu sur les juifs. Ta responsabilité c'est de savoir ce que je dis ailleurs !» «Tu ne vas tout de même pas m'obliger à lire tout Tariq Ramadan !» a fait remarquer son interlocuteur. «Alors, a répondu l'autre, si tu n'as pas la preuve de mon double discours, tu dois me faire confiance.»

Cohn-Bendit y est prêt. Hier, alors que s'achevait à Bruxelles la conférence sur «l'islam en Europe», le leader écologiste proposait de poursuivre, dans de nouveaux débats publics, la «clarification» engagée.

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=371306

 

 

Les responsables juifs européens veulent une "stratégie commune"


Les dirigeants des principales organisations juives européennes se sont
réunies dimanche à Paris pour construire une "stratégie commune" sur les
différentes questions qui se posent aux 2,5 millions de juifs européens et
ont réaffirmé leur soutien à Israël.

Cette réunion, la première du genre, était co-présidée par Pierre Besnainou,
président du Congrès juif européen, et Jonathan Joseph, président du Conseil
européen des Communautés juives, selon un communiqué de ces mouvements
publié lundi.

Les dirigeants juifs européens ont "fait un premier pas pour créer une
stratégie commune sur les problèmes touchant plus de 2,5 millions de juifs
dans le continent", et veulent "oeuvrer à encourager un esprit de
coopération entre organisations juives à un niveau pan-européen", ajoute le
communiqué.

Ils ont "insisté sur le rôle historique et toujours actuel du judaïsme
européen comme un élément vital du peuple juif, et exprimé leur amour
commun, et leur soutien à Israël comme patrie du peuple juif, et leur
soutien au processus de paix".

Cette réunion s'est faite en présence du grand rabbin de France, Joseph
Sitruk. La communauté juive française, la plus importante d'Europe, est
évaluée à 600.000 personnes.
Source : AFP, 6 avril 2006

 

Noam Chomsky et le Lobby pro-israélien : Quatorze thèses erronées par James Petras, avril 2006

 

Traduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

"Des réactions réflexes qui, ordinairement, volent automatiquement au secours d'un débat ouvert et de la liberté d'investiguer sont supprimés - tout du moins dans la majorité de l'élite politique américaine - dès lors qu 'il est question d'Israël et, par-dessus tout, du rôle joué par le lobby pro-israélien dans la détermination de la politique étrangère des Etats-Unis. Le chantage moral - la peur que toute remise en question de la politique israélienne et du soutien que lui apportent les Etats-Unis n' entraîne des accusations d'antisémitisme - représente une puissante dissuasion de publier des opinions iconoclastes. Cela conduit aussi à la réduction au silence du débat politique sur les campus des universités américaines, en partie en raison de campagnes ciblées contre les rares fortes têtes. Rien, de surcroît, ne porte plus atteinte aux intérêts des Etats-Unis que l'incapacité à avoir un débat correct au sujet du conflit israélo-palestinien. Contraindre les Américains à un consensus au sujet de la politique israélienne est mauvais pour Israël, et empêche les Américains de formuler leurs propres intérêts nationaux. " [Editorial du Financial Times, samedi 1er avril 2006]

Introduction

Noam Chomsky a été qualifié d'intellectuel phare des Etats-Unis par la plupart des mandarins universitaires et même certains secteurs des mass media. Il bénéficie d'une large audience dans le monde entier, en particulier dans les milieux universitaires, en grande partie en raison de ses critiques acerbes et fortes contre la politique étrangère américaine et beaucoup des injustices qui en découlent. Chomsky a néanmoins été traîné dans la boue par toutes les grandes organisations et tous les grands médias juifs et pro-israéliens, en raison de ses critiques de la politique israélienne envers les Palestiniens. Et le fait qu'il défende le droit à l' existence de l'Etat sioniste d'Israël ne fait rien à l'affaire. En dépit de sa réputation respectable, que lui doivent son instruction, sa dissection par le menu et sa dénonciation de l'hypocrisie des régimes américain et européens, ainsi que la finesse de son analyse des tromperies intellectuelles des apologues de l'impérialisme, ces vertus analytiques disparaissent totalement lorsqu'il s'agit de discuter de la genèse de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient, et tout particulièrement du rôle que joue le groupe ethnique auquel il appartient, à savoir le lobby juif pro-israélien et ses soutiens sionistes au sein du gouvernement. Cette cécité politique n'est ni sans précédent, ni rare. En effet, l'histoire regorge de ces intellectuels extrêmement critiques envers tous les impérialismes - sauf le leur propre - et impitoyables pour tous les abus de pouvoir commis par d'autres - mais pas pour ceux perpétrés par leurs congénères.

La longue histoire du déni par Chomsky du pouvoir et du rôle joué par le lobby pro-israélien dans la formation décisive de la politique moyen-orientale des Etats-Unis a atteint un point culminant, récemment, lorsqu'il a joint sa voix à la machine à propagande sioniste des Etats-Unis, en attaquant une étude faisant la critique du lobby israélien. Je fais ici référence à l'essai publié par la London Review of Books, intitulé « Le Lobby israélien et la politique étrangère des Etats-Unis » [The Israel Lobby and US Foreign Policy], co-rédigé par le Professeur John Mearsheimer, de l' Université de Chicago et le Professeur Stephan Walt, le doyen évincé de la Kennedy School of Government de l'Université d'Harvard [Une version complète de cette étude a été publiée par la Kennedy School of Government en mars 2006].

Les discours et les écrits de Chomsky consacrés au Lobby affirment plusieurs propositions éminemment douteuses :

1) Le lobby pro-israélien ne se différencierait en rien des autres lobbies ; il n'aurait ni influence particulière, ni place indue dans la politique des Etats-Unis ;

2) Le pouvoir des groupes qui soutiennent le lobby israélien ne serait pas plus important que celui d'autres groupes de pression influents ;

3) Si le programme du Lobby connaît le succès, c'est parce qu'il coïnciderait avec les intérêts des puissants du moment et avec ceux de l' Etat américain ;

4) La faiblesse du Lobby serait démontrée par le fait qu'Israël ne serait qu 'un « simple outil » pour la construction de l'empire américain, utilisé quand on en a besoin, et marginalisé quand ce n'est pas le cas ;

5) Les principales forces qui modèleraient la politique moyen-orientale des Etats-Unis seraient les « gros intérêts pétroliers » ['Big Oil'] et le « complexe militaro-industriel », ni l'un ni l'autre n'étant connecté au Lobby pro-israélien ;

6) Les intérêts des Etats-Unis coïncideraient, pour l'essentiel, avec ceux d 'Israël ;

7) La guerre contre l'Irak, les menaces contre la Syrie et l'Iran. seraient essentiellement des produits des « intérêts pétroliers » et du « complexe militaro-industriel », et absolument pas le résultat du rôle joué par le lobby pro-israélien ou ses collaborateurs au sein du Pentagone et dans d' autres instances gouvernementales.

Bien qu'en général Chomsky s'abstienne délibérément de dénoncer spécifiquement le lobby pro-israélien dans ses discours, dans ses interviews et dans ses publications où il analyse la politique américaine vis-à-vis du Moyen-Orient, les très rares fois où il le fait, c'est en recourant au répertoire décliné ci-dessus.

Le problème de la guerre et de la paix au Moyen-Orient et le rôle du lobby israélien sont choses bien trop sérieuses pour être marginalisées comme s'il s'agissait d'arrière-pensées. Mais il y a plus grave : la censure qui s' exerce de plus en plus à l'encontre de notre liberté d'_expression et l' érosion de nos libertés civiques et de notre liberté académique par un lobby agressif bénéficiant de soutiens puissants tant dans le pouvoir législatif qu'à la Maison Blanche menacent notre démocratie, déjà sérieusement écornée.

Il nous incombe, par conséquent, d'examiner les quatorze thèses erronée de l 'éminemment respecté Professeur Chomsky, afin d'aller de l'avant et d' affronter les menaces que représente le Lobby pour la paix, à l'extérieur, et nos libertés civiques, à l'intérieur des Etats-Unis.

Quatorze thèses à dormir debout

1) Chomsky affirme que le Lobby ne serait qu'un lobby parmi d'autres, comme il en existe beaucoup, à Washington. Ce faisant, il ignore que le lobby s' est assuré des plus confortables majorités au Congrès en faveur de l' allocation à Israël du triple des aides internationales annuelles destinées à l'ensemble de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique latine (pour un montant de plus de 100 milliards de dollars sur les quarante années écoulées). Le Lobby dispose de cent cinquante fonctionnaires à plein-temps qui travaillent à l'AIPAC (American-Israel Public Affairs Committee), secondés par une armée de lobbyistes de toutes les grandes organisations juives (Anti-Defamation League, American Jewish Committee, American Jewish Congress, etc.) et par les fédérations juives nationales, régionales et locales, qui suivent fidèlement la ligne des « grandes » et sont actives dans le monde politique et dans l'opinion locale au sujet d'Israël, assurant la promotion et le financement de candidats législateurs sur la base de leur adhésion à la ligne du parti définie par le Lobby. Aucun autre lobby n' associe de cette manière la richesse, les réseaux d'influence jusqu'aux fondements de la société, l'accès aux médias, le levier législatif et l' objectif obsessionnel propre au lobby pro-israélien.

2) Chomsky n'analyse pas les majorités quasi unanimes au Congrès, qui soutiennent année après année tous les privilèges et les aides promus par le Lobby en faveur d'Israël, en matière militaire, économique et migratoire. Il se garde bien d'étudier la liste des cent initiatives parlementaires couronnées de succès que publie pourtant chaque année l'Aipac, même durant les années marquées par la crise budgétaire, la désintégration des budgets intérieurs destinés à la santé et les pertes en hommes générées par la guerre.

3) L'attribution, relevant du cliché, des objectifs de la guerre aux « grossiums du pétrole », à laquelle procède Chomsky, est totalement infondée. En réalité, les guerres moyen-orientales des Etats-Unis obèrent leurs intérêts pétroliers à plusieurs titres, notamment stratégiques. Les guerres génèrent une hostilité généralisée envers les compagnies pétrolières entretenant des relations sur le long terme avec des pays arabes. Les guerres (dites « américaines ») ont pour résultat de saper la conclusion de nouveaux contrats dans des pays arabes, pour des investissements pétroliers américains. Les compagnies pétrolières américaines sont bien plus favorables à une résolution pacifique des conflits que ne l'est Israël, et tout particulièrement ses Lobbyistes : toutes les revues spécialisées et tous les porte-parole de l'industrie pétrolière y insistent. Chomsky choisit d' ignorer totalement les activités et la propagande pro-guerre des organisations juives pro-israéliennes et l'absence de propos favorables à la guerre, en revanche, dans les médias de « Big Oil » [les magnats du pétrole, ndt]. Il ignore, de la même manière, la tentative déployée par ces médias de « Big Oil » afin de préserver des liens avec des régimes arabes opposés aux ambitions hégémoniques belliqueuses d'Israël. Contrairement à ce qu'affirme Chomsky, en allant faire la guerre au Moyen-Orient, les Etats-Unis sacrifient les intérêts vitaux des compagnies pétrolières au profit de la quête israélienne d'hégémonie au Moyen-Orient, sur l'injonction et au profit du Lobby pro-israélien. Dans la compétition des lobbies, il n'y a absolument pas photo entre le bloc de pouvoir pro-israélien et les compagnies pétrolières, quand il s'agit de favoriser les intérêts israéliens au détriment des intérêts pétroliers, qu'il s'agisse de guerre, ou de contrats pétroliers. Chomsky n'examine jamais la force relative des deux lobbies en ce qui concerne la détermination de la politique moyen-orientale des Etats-Unis. En général, ce chercheur habituellement actif à exhumer une documentation quasi introuvable, est particulièrement relax dès lors qu'il s 'agirait de dévoiler des documents pourtant d'ores et déjà disponibles, qui anéantissent ses assertions au sujet de Big Oil et du Lobby israélien.

4) Chomsky refuse d'analyser les désavantages diplomatiques qu'encourent les Etats-Unis en opposant leur veto automatique aux résolutions du Conseil de sécurité qui condamnent les violations systématiques des droits de l'homme perpétrées par Israël. Ni le complexe militaro-industriel, ni Big Oil n'ont la moindre prise sur le comportement des Etats-Unis en matière de votes à l' ONU. Les lobbies pro-israéliens sont les seuls lobbies à exercer des pressions en faveur de tels veto allant à l'encontre des alliés les plus proches des Etats-Unis, de l'opinion publique mondiale et, cela, au prix d' un rôle, quel que soit ce rôle, que les Etats-Unis seraient susceptibles de jouer, en tant que « médiateurs » entre le monde arabo-musulman et Israël.

5) Chomsky refuse d'analyser le rôle du Lobby dans l'élection des membres du Congrès, son financement de candidats pro-israéliens et les plus de cinquante millions de dollars qu'il dépense en dons aux partis, aux candidats et au financement des diverses campagnes électorales. Avec, pour résultat, un vote à 90 % du Congrès sur les thèmes prioritaires mis en avant par le Lobby, avec le soutien des associations pro-israéliennes locales et régionales qui y sont affiliées.

6) Il n'entreprend pas plus d'analyser le cas de ces candidats battus électoralement par le Lobby, les excuses abjectes extorquées à des membres du Congrès qui ont osé remettre en question les politiques et les tactiques du Lobby, ni l'effet d'intimidation que ces « châtiments pour l'exemple » ont sur tous les autres membres du Congrès. L'effet « boule de neige » des sanctions électorales et des pots de vin est une des explications de ces majorités sans précédent en faveur de toutes les initiatives de l'Aipac. Les pitoyables tentatives déployées par Chomsky afin de mettre un signe d' égalité entre les initiatives pro-israéliennes de l'Aipac et des intérêts politiques américains plus larges est manifestement absurde, pour quiconque a étudié l'alignement des groupes politiques associés à l'élaboration, au soutien, aux pressions et au co-parrainage des mesures de l'Aipac : la puissance du lobby juif excède de très loin son électorat, comme le démontre le déversement de fric (un million de dollars) consacré à la défaite de Cynthia McKinney, une femme représentant la Géorgie au Congrès. Le fait qu' elle ait été réélue, par la suite, essentiellement parce qu'elle a mis la sourdine à ses critiques envers Israël, montre l'ampleur de l'impact du Lobby, y compris sur des Démocrates dignes de ce nom.

7) Chomsky ignore le pouvoir sans égal qu'a le Lobby de rameuter l'élite. Son congrès annuel attire tous les principaux leaders du Congrès, les membres clés du Gouvernement, plus de la moitié des membres du Congrès, qui jurent soutien inconditionnel à Israël et vont jusqu'à identifier les intérêts d'Israël à ceux des Etats-Unis. Aucun autre lobby n'est en mesure d 'assurer une telle participation de l'élite politique, ni ce degré de servilité abjecte, depuis tant de temps, au sein des principaux partis politiques. Particulièrement important est le fait que l' « électorat juif » représente moins de 5 % de l'électorat américain total, les juifs pratiquants ne représentant que moins de 2 % de la population, et encore, tous ne sont pas des partisans « d'Israël, avant tout », loin de là ! Aucun des principaux lobbies des Etats-Unis, ni la NRA, ni l'AARP, ni l' Association nationale des Industriels, ni la Chambre Nationale de Commerce ne peuvent convoquer une telle brochette de dirigeants politiques, ni encore moins s'assurer de leur soutien inconditionnel à des lois et des décrets exécutifs favorables à Israël. C'est rien moins qu'une autorité en la matière, tel que le Premier ministre d'Israël, Ariel Sharon, qui a vanté la puissance du lobby pro-israélien en matière de politique moyen-orientale des Etats-Unis. Néanmoins, impavide, Chomsky se contente d'affirmer que le lobby pro-israélien ne diffère en rien des autres lobbies, sans faire le moindre effort pour comparer leurs influences relatives, ni leur capacité de mobilisation et le caractère bi-partisan des soutiens dont ils bénéficient, ni leur efficacité en matière d'obtention de l'adoption en urgence de textes législatifs à leur convenance.

8) Dans son analyse de la montée en puissance de la guerre américaine contre l'Irak, le passage en revue par ailleurs méticuleux auquel procède Chomsky de documents relatifs à la politique étrangère, des analyses des liens politiques entre décideurs politiques et centres de pouvoir, est totalement abandonné, en faveur de commentaires impressionnistes totalement vides du moindre fondement empirique. Les principaux architectes gouvernementaux de la guerre, ses promoteurs intellectuels, leur stratégie publiquement énoncée et publiée pour cette guerre, ont été, dans leur totalité, profondément liés au lobby israélien, et ont apporté de l'eau au moulin de l'Etat d'Israël. Wolfowitz, le numéro 2 du Pentagone, Douglas Feith, le numéro 3, du Conseil National de Sécurité, et des dizaines d'autres décideurs clés au sein du gouvernement et d'idéologues dans les mass médias étaient des activistes en faveur d'Israël depuis toujours, certains d'entre eux ayant même perdu leur accréditation auprès d'Administrations américaines précédentes, au motif d' avoir communiqué des documents au gouvernement israélien.

Chomsky ignore les documents stratégiques fondamentaux rédigés par Perle, Feith et d'autres Sionocons, dès 1996, afin de réclamer une action belliqueuse contre l'Irak, l'Iran et la Syrie, qu'ils ont mise en application plus tard, après avoir pris le pouvoir grâce à l'élection de Bush. Chomsky ignore totalement le bureau de désinformation créé au sein du Pentagone par l'ultrasioniste Douglas Feith - l'ainsi dit « Bureau des Plans Spéciaux » - géré par son collègue sionocon Abram Shumsky, afin d'aiguiller des « données » bidonnées vers la Maison Blanche, en court-circuitant et en discréditant la CIA et les services du renseignement militaire qui contredisaient cette désinformation. Un spécialiste non-sioniste du bureau « Moyen-Orient » du Pentagone, la colonelle Karen Kwiatkowski, a décrit avec force détails le flot constant et très à l'aise d'officiers du Mossad et de l'armée israélienne, entrant dans le bureau de Feith et en sortant, alors qu 'au même moment des experts américains de très haut niveau s'en voyaient interdire l'accès. Aucun de ces décideurs politiques clés, qui ont prôné et obtenu la guerre, n'ont eu le moindre contact direct, ni avec le complexe militaro-industriel, ni avec Big Oil, mais tous étaient profondément et activement liés à l'Etat d'Israël et soutenus par le Lobby. Etonnamment, Chomsky, qui est connu pour sa critique des intellectuels entichés de pouvoir impérial et des universitaires obéissants, suit une voie similaire dès lors qu'il s'agit d'intellectuels pro-israéliens au pouvoir et de leurs collègues universitaires sionistes. Le problème, ce n'est pas seulement le « lobby » exerçant des pressions depuis l'extérieur, mais bien, en revanche, les comparses dudit lobby à l'intérieur de l'Etat.

9) Fréquemment, Chomsky se moque des critiques formulées du bout des lèvres par les libéraux au sujet de la politique étrangère des Etats-Unis. Néanmoins, il ne soulève pas la moindre objection au sujet du silence absolu des progressistes juifs en ce qui concerne le rôle majeur joué par le Lobby dans la promotion de l'invasion de l'Irak. A aucun moment il n'engage le débat, ni ne formule de critiques, sur les dizaines de partisans universitaires israéliens de premier plan soutenant la guerre contre l'Irak, l'Iran ou la Syrie. En lieu et place, sa critique de la guerre se contente de tourner autour des leaders de partis, de l'administration Bush, etc. sans jamais tenter de comprendre quelle était la base organisée et les mentors idéologiques des militaristes va-t-en-guerre.

10) Chomsky n'analyse pas l'impact de la campagne concertée et ininterrompue de tous les principaux lobbies et personnalités pro-israéliens américains afin de réduire au silence les critiques d'Israël et le soutien apporté à la guerre par le Lobby. Le refus de Chomsky de critiquer l'abus fait par le Lobby de l'accusation d'antisémitisme (allégué) afin de détruire nos libertés civiles, de chasser des universitaires de leurs universités et d' autres positions sociales au motif qu'ils ont osé critiqué Israël et le Lobby est particulièrement évident dans le cas de la récente campagne de diffamation à l'encontre des Professeurs Walt et Mearsheimer. Alors que le Lobby a exercé - on sait avec quel succès - des pressions énormes sur l' Université Harvard, afin qu'elle révoque le Professeur Walt et que, finalement, elle le contraigne à démissionner de son poste de Doyen de la Kennedy School d'Harvard, Chomsky, se joignant à la meute du Lobby, a condamné leur étude critique exhaustive et leur analyse méticuleuse. A aucun moment Chomsky ne traite des faits centraux de leur analyse consacrée au pouvoir actuel du Lobby sur la politique moyen-orientale des Etats-Unis. L' ironie veut que Chomsky soit pourtant lui-même une victime occasionnelle des épurations académiques sionistes. Mais, cette fois-ci, il est du côté du manche.

11) Chomsky se refuse à évaluer la puissance du Lobby, par comparaison avec d'autres forces instituées. Ainsi, des hauts gradés de l'armée américaine se sont fréquemment plaints du fait que l'armée israélienne reçoive des équipements sophistiqués de dernière génération avant même qu'ils ne soient devenus opérationnels aux Etats-Unis. Grâce au Lobby, leurs plaintes sont rarement examinées. Les industries américaines de la défense (dont certaines ont conclu des contrats de coopération avec des entreprises israéliennes de la défense) se sont plaintes amèrement de la concurrence déloyale d'Israël, ainsi que de la violation par ce pays des accords commerciaux et de la vente illégale par Israël de haute technologie militaire à la Chine. Or, menacé de perdre toutes ses relations lucratives avec le Pentagone, Israël a bel et bien été contraint d'annuler ces ventes à la Chine, au grand dam du Lobby. Durant la préparation de l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, beaucoup de responsables militaires, d'active et en retraite, ainsi que beaucoup d' analystes de la CIA se sont opposés à cette guerre, remettant en question les présupposés et les projections des idéologues pro-israéliens du Pentagone, comme Wolfowitz, Perle, et du Conseil de Sécurité Nationale, du Département d'Etat et du cabinet du Vice-président (comme le sionocon Libby). Ils ont été mis en minorité, leur avis a été mis à la poubelle par les sionocons et ils ont été sous-estimés par leurs soutiens idéologiques, qui écrivent dans les principaux médias imprimés. La position des sionocons dans le gouvernement leur permit de dépasser leurs critiques institutionnelles, dans une large mesure du fait que leur opinion et leurs politiques relatives à la guerre étaient acceptées sans aucune critique par les mass médias, en particulier le New York Times, dont la propagandiste de guerre Judith Miller entretient des relations serrées avec le Lobby. Ce sont là des liens et des débats historiques bien connus, dont un lecteur attentif des mass médias comme l'est Chomsky, avait nécessairement conscience, mais qu'il a néanmoins choisi délibérément d'omettre et de dénier, en substituant une critique plus « sélective » de la guerre en Irak, basée sur l'omission de faits pourtant absolument essentiels.

12) Dans ce qui passe pour la « réfutation » chomskienne de la puissance du Lobby, mentionnons son passage en revue historique superficiel des relations américano-israéliennes, dans lequel il cite ces conflits d'intérêts occasionnels à propos desquels, encore plus rarement, le lobby pro-israélien n'a parfois pas eu gain de cause. Les arguments historiques invoqués par Chomsky ressemblent à un rapport d'avocat beaucoup plus qu'à un inventaire exhaustif du pouvoir du Lobby. Par exemple, alors qu'en 1956 les Etats-Unis refusèrent de se joindre à l'attaque tripartite franco-britannico-israélienne contre l'Egypte, tout au long des cinquante années suivantes, les Etats-Unis ont financé et livré à Israël une machine de guerre d'un ordre de 70 milliards de dollars, grâce, dans une très large mesure, aux pressions exercées par le Lobby. En 1967, l'aviation israélienne a bombardé un navire espion recueillant du renseignement pour les Etats-Unis, l'USS Liberty, dans les eaux internationales, tuant ou blessant plus de deux cents marins et officiers américains. L'administration Johnson - geste sans aucun précédent historique - refusa de sévir, et elle fit taire les survivants de cette agression non-provoquée en les menaçant de la « cour martiale ». Aucune des administrations suivantes n 'a jamais soulevé cette question, quant à diligenter une investigation officielle du Congrès, n'en parlons même pas. Tout au contraire, l' administration Johnson a considérablement augmenté l'aide américaine à Israël et s'est tenue prête à recourir à l'arme atomique pour défendre Israël en un moment critique où ce pays fut sur le point de perdre la guerre d'Octobre 1973. Cette défense américaine d'Israël aboutit à un très coûteux boycott pétrolier arabe, qui entraîna une hausse massive du prix du pétrole et l'animosité d'anciens alliés arabes, qui menaça la stabilité monétaire mondiale. Autrement dit, dans ce cas comme dans bien d'autres, le lobby pro-israélien fut plus influent que l'armée américaine dans la prise de décision d'une réplique à un acte d'agression délibérée d'Israël contre des hommes servant le drapeau américain dans des eaux internationales. Au cours des dernières années, la puissance du Lobby a sérieusement inhibé la poursuite, par le FBI, de dizaines d'espions israéliens entrés aux Etats-Unis en 2001. Le plus qui ait été fait, à ce sujet, ce fut de les muter à un poste pépère. L'arrestation récente de deux responsables de l'Aipac accusés d'avoir remis des documents gouvernementaux ultra secrets à des responsables de l' ambassade d'Israël à Washington a amené le lobby pro-israélien a mobiliser une campagne médiatique massive afin de tenter de se défendre, en faisant passer un acte d'espionnage à l'encontre des Etats-Unis pour l'exercice de sa liberté d'_expression. Les éditoriaux et tribunes favorables à l'abandon des poursuites ont fait leur apparition dans la plupart des grands journaux, au cours de ce qui fut sans doute une campagne sans précédent en faveur d' agents d'un gouvernement étranger, de toute l'histoire des Etats-Unis. La puissance et la portée de la propagande du Lobby excèdent de très loin tout pouvoir susceptible de s'y opposer, même si les preuves qui accablent les responsables de l'Aipac sont très étayées, y compris le témoignage d'un responsable clé du Pentagone, dont il a été prouvé qu'il a remis les documents en question aux espions israéliens.

13) Chomsky, pourtant un critique hautement fiable en matière des partis pris des médias, attribue leurs informations anti-ouvrières à leurs liens avec le grand patronat. Toutefois, dès qu'il s'agit du parti pris massif en faveur d'Israël, il n'analyse jamais l'influence du Lobby israélien, ni le lien entre l'élite médiatique pro-israélienne et le parti pris pro-israélien des médias. S'agit-il d'un simple problème de point aveugle, ou bien d'une amnésie intellectuelle d'origine idéologique ? Nul ne le sait.

14) Chomsky invoque l'importance d'Israël, pour la stratégie impérialiste des Etats-Unis en matière d'affaiblissement du nationalisme arabe, ainsi que son rôle dans la fourniture d'aide et de conseillers militaires à des régimes totalitaires terroristes (Guatemala, Argentine, Colombie, Chili, Salvador, etc.), dans les cas où le Congrès impose des restrictions à un engagement militaire direct des Etats-Unis dans ces pays. Nul doute qu' Israël soit au service des objectifs impériaux des Etats-Unis, en particulier dans des situations où des politiques sanglantes sont impliquées. Mais Israël l'a fait parce qu'il en tirait bénéfice - ses revenus militaires accrus, la conquête de nombreux partisans de la politique coloniale d'Israël, des marchés assurés pour les marchands d'armes israéliennes, etc. Toutefois, une analyse plus complète des intérêts américains démontre que les coûts générés par le soutien à Israël excède de très loin les bénéfices occasionnels, que l'on prenne en considération les avantages pour les objectifs impériaux des Etats-Unis, ou - a fortiori - l' avantage notable que constituerait une politique étrangère américaine qui soit démocratique. En prenant en considération les guerres coûteuses et destructrices faites à l'Irak sous la houlette d'Israël et de ses lobbies, la politique pro-israélienne des Etats-Unis a gravement sapé leur capacité militaire de défendre l'empire. Elle a entraîné une perte de prestige et elle a discrédité les prétentions des Etats-Unis à être les champions de la liberté et de la démocratie. Du point de vue d'une politique extérieure démocratique, cette politique a renforcé l'aile militariste du gouvernement, elle a sapé les libertés démocratiques aux Etats-Unis mêmes. C'est Israël qui, seul, en bénéficie, bien entendu, parce que la guerre a détruit un de ses principaux ennemis laïcs, tout en permettant à Israël de resserrer son emprise sur les Territoires palestiniens occupés. L'alignement inconditionnel sur l'Etat colonial israélien a érodé les relations des Etats-Unis avec les pays les plus riches et les plus peuplés du monde arabo-musulman. En termes de marché, la différence se situe entre des centaines de milliards de dollars d'exportations américaines et la défense inconditionnelle et particulièrement mal avisée d'un récipiendaire d 'aides financières massives des Etats-Unis. Les pays arabes sont des acheteurs nets de matériel militaire américain. Au contraire, l'industrie israélienne de l'armement représente, pour les Etats-Unis, un impitoyable concurrent. Les compagnies américaines du pétrole et du gaz sont des perdants nets en matière d'investissements, de profits et de marchés, à cause des liens entre les Etats-Unis et Israël qui, en raison du marché très limité de ce pays, a très peu à offrir dans chacune des catégories mentionnées ici. Enfin, le nettoyage ethnique des Palestiniens par Israël et la campagne efficace du Lobby visant à assurer le veto des Etats-Unis à l'encontre de toute résolution internationale placent les Etats-Unis dans le camp d'une torture à grande échelle et légalisée, d'exécutions extrajudiciaires légalisées et de déplacements massifs de populations, totalement illégaux. Le résultat final, c'est l'affaiblissement du droit international, et une volatilité accrue dans une région de grande importance stratégique. Chomsky ne tient aucun compte des coûts géostratégique et énergétiques, ni des pertes de nos propres libertés, qui résultent directement des guerres au Moyen-Orient au nom et pour Israël, et encore moins de l'ascension d'une forme virulente de néo-maccarthysme sioniste, qui se répand dans l'ensemble de nos institutions universitaires, artistiques et autres, aussi bien publiques que privées. S'il y a une chose qui démontre éloquemment la croissance du pouvoir des sionistes et l'étendue de leur autoritarisme, c' est bien la campagne brutale et particulièrement efficace contre les Professeurs Mearsheimer et Walt, qui les confirme de manière éclatante.

Conclusion

Dans des circonstances normales, on n'apporterait à juste titre qu'une attention limitée à des polémiques académiques, à moins qu'elles n'aient d' importantes conséquences politiques. Dans le cas qui nous occupe, toutefois, Noam Chomsky est une icône des mouvements anti-guerre américains, et pour tout ce qui passe pour de la dissidence intellectuelle. Le fait qu'il ait choisi d'absoudre le lobby pro-israélien et les groupes qui lui sont liges, ainsi que leurs supplétifs médiatiques, est un événement politique considérable, en particulier quand les questions de la guerre ou de la paix sont sur la balance, et quand la majorité des Américains est opposée à la guerre. Laisser « la bride sur le cou » aux principaux auteurs, architectes et lobbyistes favorables à la guerre, voilà qui représente un obstacle indéniable devant la volonté de faire la lumière sur ceux contre qui nous nous battons, et pour quelles raisons. Ignorer le lobby pro-israélien, cela revient à lui laisser les mains libres pour pousser à l'intervention contre l'Iran et la Syrie. Pire, détourner l'opinion des responsabilités de ce lobby, en pointant du doigt des ennemis imaginaires, cela revient à affaiblir notre compréhension, non seulement de la guerre, mais aussi de qui sont les ennemis de la liberté dans notre pays. Par-dessus tout, cela permet à un gouvernement étranger de jouir d'une position privilégiée, d'où il nous dicte notre politique au Moyen-Orient, tout en proposant des méthodes de police d'Etat et des législations afin de prohiber le débat et d'inhiber le désaccord chez nous, aux Etats-Unis. Permettez-moi de conclure en disant que les mouvements pour la paix et la justice, tant aux Etats-Unis qu'à l' étranger, sont plus puissants que n'importe quel individu ou que n'importe quel intellectuel - quels que soient leurs états de service passés.

Hier, les principales organisations sionistes nous ont dicté qui nous pouvions ou ne pouvions pas critiquer, au Moyen-Orient. Aujourd'hui, elles nous disent qui nous pouvons critiquer, aux Etats-Unis. Demain, elles nous intimeront l'ordre de baisser la tête et de nous soumettre à leurs mensonges et à leurs tromperies, afin de nous engager dans de nouvelles guerres de conquête, au service d'un régime colonial moralement répugnant.

 

 

Polémique sur une étude sur le lobby pro-israélien aux Etats-Unis


Un rapport controversé critique son influence sur la politique étrangère américaine.


par Pascal RICHE, Libération (ou LibéraSion ?), 4 avril 2006

 

Washington de notre correspondant - L'étude est titrée «Le lobby pro-Israël et la politique étrangère américaine». Elle aurait probablement été dédaignée par les médias, jetée directement dans les égouts de l'antisémitisme, si ses deux auteurs n'étaient pas aussi sérieux. Mais elle a été signée par deux universitaires de haut vol, Stephen Walt, doyen de la Kennedy School of Government (Harvard), et John Mearsheimer, professeur à l'université de Chicago. Sa publication, à la mi-mars, dans The London Review of Books, a soulevé une énorme tempête, au plus grand embarras de la vénérable institution qu'est Harvard. Depuis quinze jours, ces deux professeurs sont accusés par les uns d'avoir cédé à un vieux réflexe antisémite, cependant que d'autres vantent leur «courage» d'avoir abordé de front un «tabou».

Intérêt national. Dans leur étude, Walt et Mearsheimer affirment que certaines décisions de politique étrangère n'ont pas de justification morale ou stratégique : les Etats-Unis mettent parfois leurs intérêts nationaux de côté pour poursuivre ceux d'Israël. «Aucun lobby n'aura réussi à autant éloigner la politique étrangère des Etats-Unis de ce qui devrait être l'intérêt national, tout en persuadant les Américains que les intérêts des Etats-Unis et d'Israël sont, pour l'essentiel, les mêmes», écrivent-ils. Ou encore : «Si les Etats-Unis ont un problème avec le terrorisme, c'est en grande partie parce qu'ils ont Israël comme allié proche.»

Ils estiment que la guerre en Irak a été poussée par des piliers du lobby pro-israélien, citant le rôle de certains responsables du Pentagone, comme Paul Wolfowitz (l'ancien numéro 2) ou Doug Feith (numéro 3). Ils pointent les lieux d'influence du lobby pro-israélien, des pages opinion du New York Times à l'American Enterprise Institute, en passant par la Brooking Institution. Répondant à l'avance à ceux qui les accuseraient d'antisémitisme, les auteurs font une distinction claire entre les organisations pro-Israël (qui ont soutenu la guerre en Irak) et les juifs américains (qui, dans les sondages, s'y opposaient dans des proportions plus importantes que le reste de la population).

A peine publié sur le site web de Harvard (1), le 13 mars, l'article a été signalé par la représentation de l'OLP à Washington. De nombreux collègues de Walt et Mearsheimer se sont aussitôt désolidarisés d'eux. Le célèbre avocat Alan Dershowitz, prof à Harvard, juge que les deux auteurs ont «détruit leur réputation» en colportant le stéréotype antisémite du lobby-juif-contrôlant-tout. Il préparerait une contre-étude. Sur la blogosphère, les détracteurs des deux professeurs ont rebaptisé leur travail de 83 pages «les nouveaux protocoles des sages de Sion», en référence au célèbre faux antisémite.

Mais Walt et Mearsheimer comptent aussi des partisans. «Il est impossible de critiquer le lobby pro-Israël aux Etats-Unis sans être accusé d'être un antisémite, un allumé, un isolationniste, ou, comme souvent, les trois à la fois», écrit ainsi le chroniqueur Eric Alterman, sur le site de MSNBC. Le professeur Juan Cole, de l'université du Michigan, loue le «courage» des deux universitaires : «La plupart des juifs américains sont en désaccord profond avec les politiques défendues par l'American Enterprise Institute, le Jewish Institute for National Security Affairs, etc. Mais un confetti du spectre politique, prétendant faussement qu'il représente tous les juifs américains, s'est débrouillé pour fausser la politique étrangère américaine et la couverture de la question palestinienne», accuse-t-il sur son blog.

Distances. Prise dans ce maelström, l'université Harvard bredouille. Quelques jours après avoir publié l'article sur son site, elle a décidé de retirer son logo de la première page du document, et d'ajouter une note introductive pour prendre ses distances. L'annonce de la démission de Walt de son poste de doyen a soulevé maints sarcasmes. Le New York Sun, un journal conservateur, a accusé l'université de l'avoir destitué sous la pression de «donateurs pro-israéliens», ce que Harvard dément : le départ de Walt était prévu bien avant la controverse, ce que confirme l'entourage du professeur.

(1) http://ksgnotes1.harvard.edu/Research/wpaper.nsf/rwp/RWP06-011

 

 

Une synagogue branchée près de la Bastille : la seule femme rabbin de France ouvre à Paris une Maison du judaïsme libéral

 

La seule femme rabbin de France, Pauline Bebe, va animer à Paris une Maison du judaïsme libéral, un judaïsme qui se veut ancré dans la tradition mais ouvert sur la cité et notamment l'égalité hommes-femmes.

La Maison, une première dans la capitale où prédomine plutôt le courant orthodoxe du judaïsme chez les juifs pratiquants, sera inaugurée dimanche près de la Bastille. Elle se veut "un lieu de culte et de culture, ouvert à tous, juifs et non juifs", explique à l'AFP Mme Bebe, 41 ans, fondatrice en 1995 de la Communauté juive libérale d'Ile-de-France.

Construit dans un ancien parking rue Moufle, ce centre moderne et lumineux, conçu par l'architecte Marc Fitoussi, garde la mémoire de la Shoah. "Durant la guerre, c'était une usine de métallurgie où travaillaient, selon des témoignages d'habitants du quartier, des juifs qui ont été déportés", souligne Mme Bebe.

Le centre doit être inauguré par le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë avec le maire chevènementiste du 11e arrondissement Georges Sarre, des responsables religieux et d'associations du quartier. La partie religieuse de la synagogue sera inaugurée en mai.

Le local, propriété de la Mairie de Paris, est loué à faible prix avec un bail emphytéotique au centre Maayan ("la source"), qui regroupe depuis dix ans la communauté de Mme Bebe et l'association culturelle Nitsa ("le bourgeon"). Le projet --1,6 million d'euros au total-- a été financé par des dons, l'aide de fondations juives ainsi que des subventions de la Mairie de Paris et de la région pour la partie culturelle.

Une salle polyvalente de 300 places, équipée de cloisons mobiles et éclairée par une voûte de pavés en verre, jouxte six salles de cours et le bureau du rabbin. Vitraux, tableaux, tapisseries, mosaïques et statues: cette "synagogue des arts" s'orne aussi d'une pierre venue de Jérusalem.

Dans un deuxième temps seront construits au sous-sol une cafétéria, une médiathèque, des salles de danse ou d'arts plastiques qui côtoieront le bain rituel ("mikveh") alimenté en eau de pluie recueillie sur le toît et acheminée par un tuyau spécial ne comportant aucun métal.

Le judaïsme libéral, né à la fin du XVIIIe siècle, prône l'adaptation au temps présent, en particulier l'égalité des droits et devoirs entre hommes et femmes. Ce mouvement ouvert au dialogue inter-religieux se dit majoritaire dans le monde avec plus d'1,6 million de membres.

"Chez nous, les femmes mettent le +taleth+ (châle de prières), les filles font leur +bat mitzsvah+ comme les garçons en lisant dans la Torah", souligne Mme Bebe. "Nous accueillons les couples mixtes et permettons à leurs enfants d'avoir aussi une éducation juive".

Dans la nouvelle Maison, il y aura de la danse, du théâtre, des expositions mais aussi des repas pour les sans-abris. Les offices se feront en musique --"des airs latino-américains, puisqu'une partie de la communauté vient d'Argentine, mais aussi du rock", explique cette maman de quatre enfants. Son mari, le rabbin américain Tom Cohen, joue de la guitare électrique.

"J'essuie moins de critiques aujourd'hui, je ne souffre plus d'exclusion, explique Mme Bebe, j'ai des rapports collégiaux avec des collègues orthodoxes". Sa communauté, l'une des quinze communautés libérales de France, regroupe plus de 300 familles.

Ordonnée en 1990, elle a fait ses études rabbiniques au Leo Baeck College de Londres et a été l'une des premières femmes rabbins d'Europe. Aujourd'hui, elles sont 600 à travers le monde.

Source : AFP, 5 avril 2006

 

 

Aix-en-Provence : succès de la mobilisation contre la présence du raciste Finkielkraut


La manifestation de protestation contre la venue à Aix-en-Provence de ce grand représentant de « l'intelligence française » (dixit son ami Sarkozy) qu'est Alain Finkielkraut a connu un vif succès, samedi, à la Cité du Livre de la ville.

A l'appel de plusieurs associations aixoises et régionales, nous nous sommes retrouvés à plus de cent, dans une ambiance chaleureuse et colorée, pour réserver à Finkielkraut l'accueil qu'il méritait.

Le personnage, plus tristement célèbre désormais pour ses tirades sur les bienfaits de la colonisation des « sauvages » que pour sa « philosophie », entendait une nouvelle fois vendre ses salades, sur ce qu'il appelle « l'antisémitisme » en l'occurrence, puisque l'individu a officiellement déclaré la guerre à l'anti-racisme.

Le discrédit de Finkielkraut est cependant largement connu aujourd'hui en France, et le directeur de la Cité du Livre, Gilles Eboli, avait fait savoir en début de semaine aux organisateurs qu'il n'était pas d'accord pour la tenue d'une telle conférence dans des locaux a priori dédiés à la promotion de la culture.

C'était sans compter sans les pressions exercées par le CRIF et la députée-maire UMP de la ville, Maryse Joissains, aux petits soins du lobby israélien, quoi que puissent en penser ses administrés et électeurs, ou plutôt futurs ex-électeurs. Car la politicienne va perdre des plumes avec cette affaire, et ce sera bien fait pour elle. La presse locale (le journal La Provence), en rendant compte du scandale grâce à trois articles successifs au cours de la même semaine, a assuré à l'affaire la publicité qu'elle méritait.

Toujours est-il que sur ordre du couple CRIF-Joissains, un imposant dispositif policier (police municipale, police nationale) avait été déployé aux abords et sur le site même de la Cité du Livre, le Finkielkraut étant introduit en catimini dans l'enceinte par une porte dérobée, pour accueillir des invités triés sur le volet, dûment munis d'un carton d'invitation.

Nous étions pour notre part présents sur les lieux dès 14 heures, avec une floraison de pancartes et affichettes, et des slogans rappelant aux usagers de la Bibliothèque, ainsi qu'aux sympathisants du CRIF, ce qu'était le personnage et sa dangerosité : « Le racisme, çà commence avec des mots, et çà finit, chez les fachos », « Cité du Livre, pas du racisme », ou encore « Finkielkraut, on n'en veut pas, les racistes hors la loi ! ».

Plusieurs dizaines d'usagers de la bibliothèque, prenant connaissance de l'événement à notre contact, ont choisi de rester sur les lieux, et de crier avec nous en direction de la salle où Finkielkraut et ses amis devaient officier, dans un brouhaha croissant.

« C'est incroyable, il faut montrer patte blanche pour entrer, alors qu'on nous dit que la salle est aux trois-quarts vide. C'est du jamais vu à la Méjanes (le nom de la Bibliothèque d'Aix, NDLR). En somme, ce monsieur n'est fort qu'à la télévision ou à la radio, quand il monologue sans contradicteurs », déclarait l'un des usagers de la bibliothèque.

Après des prises de parole par des représentants d'Aix-Solidarité, de CAPJPO-EuroPalestine, de Palestine 13 et de l'Union Juive Française pour la Paix, l'ordre de dispersion fut donné vers 15h30. « Vous lui avez bien pourri son truc, au Finkielkraut », résumait un participant à la manifestation.
Source : CAPJPO-EuroPalestine, 2 avril 2006

 

 

Le maire de Montreuil condamné pour diffamation envers Elie Chouraqui

 

Le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard (apparenté PCF), a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 500 euros avec sursis pour avoir diffamé le cinéaste Elie Chouraqui qu'il avait accusé d'avoir manipulé un reportage sur des écoles de sa ville.

Le 15 avril 2004, France 2 avait diffusé dans le cadre de l'émission "Envoyé Spécial" un reportage signé Elie Chouraqui consacré à l'antisémitisme "ordinaire", dans le contexte des heurts opposant, selon lui, les élèves d'un lycée public de Montreuil (Seine-Saint-Denis) aux lycéens d'un établissement juif voisin.

Au lendemain de sa diffusion, le sujet avait créé une vive émotion. Au cours d'une conférence de presse tenue en compagnie du ministre de l'Education nationale François Fillon, le maire de Montreuil avait dénoncé "une manipulation".

"Tout a été scénarisé et les enfants ont été les acteurs bénévoles d'un film dont ils ne connaissaient pas le scénario. Il (Elie Chouraqui) leur a fait dire un texte qu'il avait déjà conçu lui-même, c'est une manipulation", avait dit M. Brard.

La 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Philippe Jean-Draeher, a reconnu le maire coupable de diffamation envers M. Chouraqui et l'a condamné à une amende de 500 euros avec sursis.

M. Brard devra également verser un euro de dommages-intérêts au réalisateur mais le tribunal a rejeté la demande de publication du jugement faite par la partie civile.

Les motivations de la décision n'étaient pas consultables vendredi après-midi. Source : AFP, 31 mars 2006

 

 

Ils mettent à nu la bassesse de leur esprit

 

par Jihad El Khazen, Al Hayat, Londres, 31 mars 2006.
Original : http://www.alhayat.com/opinion/editorials/03-2006/Item-20060331-516d9328-c0a8-10ed-0105-0034f77427a9/story.html/

 

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www. tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

Je n'ai jamais imaginé, de ma vie, pouvoir lire un jour, ce que moi-même et d'autres auteurs arabes avons écrit depuis des décennies, sur les USA, Israël, le lobby, et la queue qui fait bouger le chien, et ce sous la plume de deux illustres universitaires usaméricains. Pourtant c'est ce qui vient de se produire après la publication par le professeur John Mearsheimer, du département des sciences politiques à l'université de Chicago et le professeur Stephen Walt, doyen de la faculté J.F.Kennedy de l'université de Harvard, d'une étude intitulée « Le lobby israélien et la politique étrangère américaine », qui a soulevé une tempête politique et académique qui ne s'éteindra pas de sitôt. L'université Harvard a retiré son nom de l'étude et le professeur Walt a perdu, illico, son poste de doyen de la faculté J.F.Kennedy.

L'étude tient en 81 pages dont la moitié est constituée de références. On lit dans la première page, que le soutien usaméricain total à Israël, conjugué avec les efforts de répandre la démocratie, ont menacé la sécurité usaméricaine et les auteurs se demandent comment les USA ont accepté de mettre leur sécurité de côté pour servir les intérêts d'un Etat tiers ?

La réponse : c'est le lobby israélien, hégémonique jusqu'à la suffocation, qui domine le Congrès, oriente les médias et empêche tout débat sur le sujet. Nous l'avons tous dit et répété, mais l'intérêt de le réitérer aujourd'hui, est qu'il n'émane pas d'un protagoniste dans le conflit, condamné d'avance et avant qu'il n'ouvre le bec, mais d'un professeur de l'université de Chicago d'où sont partis les étudiants de Leo Strauss à la liquidation des intérêts usaméricains et au service d'Israël, et d'un autre professeur, dans la meilleure faculté de sciences politiques, dans une université, Harvard, considérée comme la meilleure au monde, en m'excusant auprès d'Oxford et de Cambridge.

Les références citées et accompagnant l'étude, ont autant d'importance que l'étude elle-même. C'est pour cela que j'ai suggéré à mes amis en Arabie Saoudite et au Liban de traduire l'ensemble de l'étude et de la distribuer gratuitement à travers le monde arabe et en même temps de la publier dans sa langue d'origine et de la diffuser partout.

Les partisans d'Israël sont devenus doublement fous à sa lecture. La première fois, à cause de son contenu et la seconde, parce que la plupart d'entre eux a choisi de ne pas répondre aux auteurs, afin de ne pas leur assurer ainsi qu'à l'étude, une publicité gratuite. Ils ont choisi cependant d'imposer aux deux auteurs, les sinistres procédés oppressifs likoudiens et kadimiens.

Ceux qui ont choisi d'y répondre ont démontré la véracité de chaque ligne de l'étude et mis à nu la bassesse de leur esprit. Ainsi, j'ai lu une critique sur un site de néocons extrémistes, au titre révélateur « Les nouveaux protocoles de Harvard des sages de Sion », qui conclut en rappelant aux gens la Shoah, comme si le génocide de millions de Juifs par les Européens justifiait que ces derniers spolient la terre des Palestiniens, démolissent leur vie et assassinent leurs femmes et leurs enfants.

Le pire des néocons actuellement est Alan Dershowitz, l'avocat de OG Simpson l'auteur d'un livre sur Israël, qui a été complètement démoli par l'auteur de « l'industrie de l'holocauste », Norman Finkelstein, dans son dernier livre « Au-delà du culot » [Beyond Chutzpah]. Le nom de Dershowitz a été cité dans l'étude incidemment, comme mes excuses à Israël, mais il décida de répondre aux auteurs, pour mettre les choses au point, c'est-à-dire pour persister dans le mensonge et défendre, non pas l'assassin d'un individu, mais les assassins de l'armée israélienne et le gouvernement des criminels de guerre.

Les partisans d'Israël ont un tel culot qu'ils défendent le lobby et deux d'entre eux se trouvent confrontés à la justice sous l'inculpation d'espionnage au profit d'Israël. Mais c'est un détail pour eux, tant ils sont habitués à donner la priorité aux intérêts israéliens sur ceux de leur pays. C'est ce que nous avons toujours dit et il y a, fort heureusement, deux éminents universitaires usaméricains, qui sont venus le confirmer.

Les deux universitaires disent qu'Israël et ses partisans ont poussé les USA dans la guerre contre l'Irak. Leur étude comporte des références sûres à des gens crédibles et inattaquables, confirmant cette thèse. Pourtant Abraham Foxman, directeur de l'Alliance de lutte contre l'anti-judaïsme, B'nai Brith, a démenti qu'Israël et ses partisans aient un quelconque rapport avec la guerre contre l'Irak, exprimant ses craintes qu'une telle allégation puisse être utilisée pour présenter cette guerre comme « la guerre des juifs » et la « guerre d'Israël ».

C'est en effet la guerre d'Israël et il suffit de se rappeler qu'il y avait parmi ses instigateurs, Paul Wolfovitz, Richard Perle et Douglas Faith, pour s'en convaincre. J'estime pour ma part, que ce sont les ultras de la bande des néocons, par leur extêmisme et leur va-t-en guerre qui sont responsables de la propagation de la haine des juifs et des USA, alors que la majorité des juifs à travers le monde n'a rien à voir avec ces extrémistes, la plupart des sondages en Israël et ailleurs dans le monde, a montré que les Juifs étaient partisans de la paix. Dans les réactions à cette étude, la plus curieuse, parce que la plus modérée dans la défense d'Israël, a été celle du journal Haaretz, alors que les extrémistes usaméricains, à dix mille kms du feu qui consume Israéliens et Palestiniens, étaient les plus ultras. Ils le resteront tant que leurs fils et leurs filles ne s'exposeront pas à ce feu. C'est ce qui me permet de dire que la nouvelle Knesset, comme la précédente, restera meilleure que le Congrès américain, parce que la moitié de ses 120 députés sont des libéraux, se positionnent au centre et qu'on peut faire la paix avec eux. Alors que sur les 535 membres des deux chambres du Congrès, il n'y en a pas plus de dix qui soient modérés.

J'ajouterai ces deux points importants de l'étude : le premier concerne l'alliance du lobby avec les fondamentalistes chrétiens et leurs dirigeants les plus en vue, tels que Gary Bauer, Jerry Falwell, Ralph Reed, Pat Robertson, Deack Armey et Tom DeLay. Le second point concerne l'accusation d'antisémitisme distribuée gratuitement à tous ceux qui les contredisent ou dénoncent la dérive de la politique israélienne. Accusation éculée, tant on en a abusé. Retour au début de mon article : cette étude mérite d'être distribuée à très grande échelle dans le monde arabe, mais mieux encore dans son édition originale en anglais, à travers le monde entier. Ses auteurs, deux éminents universitaires d'un grand niveau, étrangers au conflit avec Israël et qu'on ne peut donc taxer d'un quelconque parti pris avec l'un des belligérants. J'ai lu, dans un premier temps, un résumé de cette étude, publié dans le mensuel « London Review of Books » qui s'occupe de présenter des livres, puis j'ai retrouvé l'étude intégrale sur internet :

http://ksgnotes1.harvard.edu/Research/wpaper.nsf/rwp/RWP06-011. Le professeur Mearsheimer a déclaré dans une interview à la presse qu'il n'existe pas un éditeur usaméricain qui accepterait ou aurait l'audace de publier cette étude. Je crois que les maisons arabes d'édition n'auraient pas de problème de ce genre

 

La Pologne veut qu'Auschwitz soit défini comme camp «nazi et allemand»


La Pologne a demandé à l'UNESCO que l'ancien camp de la mort d'Auschwitz, inscrit sur sa liste du patrimoine mondial, soit désormais qualifié de camp de concentration «nazi et allemand», a annoncé jeudi le ministère polonais de la Culture.
Ce changement de terminologie permettrait, selon Varsovie, d'éviter l'utilisation erronée par de nombreux médias de l'adjectif «polonais» pour désigner Auschwitz-Birkenau et les autres camps de concentration ou d'extermination installés par les nazis en Pologne occupée (1939-1945).
Varsovie a demandé à l'UNESCO que ce camp, symbole de l'Holocauste, soit appelé «ancien camp de concentration nazi et allemand d'Auschwitz-Birkenau» sur sa liste du patrimoine mondial.
Actuellement, il y est inscrit en tant que «camp de concentration d'Auschwitz».
La demande a été faite au début du mois de mars dans une lettre du ministère polonais de la Culture adressée au siège de l'UNESCO à Paris.
«L'ancien nom a perdu sa lisibilité et son sens d'information pour les nouvelles générations. La nouvelle appellation (NDLR: proposée par Varsovie) l'attribue de manière précise au régime nazi allemand», a expliqué le vice-ministre de la culture Tomasz Merta, cité par le journal Gazeta Wyborcza.
L'ambassade de Pologne à Berlin vient de protester contre l'utilisation de l'_expression «camp d'extermination polonais» dans la dernière édition de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
La plupart des camps de la mort où des millions de personnes, en grande majorité des juifs, ont été exterminés pendant la Seconde guerre mondiale, avaient été construits par les nazis sur le territoire de l'actuelle Pologne.
Source : AFP, 30 mars 2006

 

Le supposé incident à la première conférence sur le racisme anti-Noir le 17 mars dernier à Genève

 

Communiqué du CRAN - Carrefour de Réflexion et d'Action contre le Racisme anti-Noir, Berne, 31 mars 2006 Dans le journal le Matin dimanche du 26 mars 2006, nous avons pu lire sous la plume de M. Michel Jeanneret - qui du reste n'a jamais assisté aux faits qu'il rapporte - que Dieudonné aurait tenu des « propos antisémites » et proféré « des appels à la haine » lors de la première conférence européenne sur le racisme anti-Noir tenue les 17 et 18 mars derniers à Genève. Les propos du journaliste jettent un discrédit sur une conférence au cours de laquelle universitaires, intellectuels et militants des droits humains se sont succédé pour évoquer le racisme anti-Noir en Europe et réfléchir sur les voies et moyens pour l'éradiquer. Autant il est vrai que Dieudonné n'a pas été invité, autant la conférence était ouverte à tout le monde comme d'ailleurs le matin Bleu l'avait annoncé dans son édition du jeudi 16 mars. Le caractère fabulateur de cet article le dispute avec le manque de professionnalisme dont fait preuve ce journaliste.

 

Une escroquerie morale

Les 17 et 18 mars derniers le Carrefour de Réflexion et d'Action contre le Racisme anti-Noir (CRAN) a organisé la première européenne sur le racisme anti-Noir à Genève. Cette conférence qui a réuni près de 200 personnes venues de toute l'Europe fut un succès. Quel ne fut l'étonnement du CRAN et de plusieurs participants de lire dans Le Matin dimanche du 26 mars à la page 3, l'article de M. Jeanneret affirmant que Dieudonné aurait proféré dans son court propos des appels à la haine et à l'antisémitisme. Soit ce monsieur ne sait pas du tout de quoi il parle car n'ayant pas assisté à la conférence, soit il a décidé sciemment de passer sous silence la première conférence au profit de ce qui lui semblait plus important. C'est CRAN qui a organisé cette conférence. Dire que quelqu'un s'est « invité au carrefour », est tout simplement grotesque. Depuis le mois de février nous avons écrit à un certain nombre de journaux suisses dont Le Matin, pour les inviter à la première conférence sur le racisme anti-Noir que le CRAN organisait aux dates précitées. Que M. Jeanneret n'y vienne pas, cela est son droit le plus absolu. Mais écrire, sur la base des bouts de phrase entendus ici et là, que le CRAN a organisé une conférence où des appels à la haine et des propos antisémites ont été tenus, relève d'une contre-vérité inqualifiable tant le contenu de l'article ne repose sur aucun fondement.

 

Qu'a dit Dieudonné ?

Loin de nous l'idée de vouloir prendre la défense de Dieudonné. Mais il nous faut lever tout de même quelques équivoques qui ternissent l'image cette conférence. M. Dieudonné a insisté sur :

- les difficultés des communautés noires de France à faire face au racisme et aux discriminations dont elles sont victimes, - le fait que France a le devoir de traiter ses enfants sur le même pied d'égalité quand il y a violation des droits humains, ce qui éviterait de donner l'impression d'une compétition victimaire, - le regret de voir son pays, la France, être si injuste en faisant obstruction à l'éclatement de la vérité historique quant aux crimes contre l'humanité que les Noirs ont subis ; il a dit en substance, vouloir travailler dans ce sens-là.

Au vu de ce qui précède, force est de constater que les critiques de M. Dieudonné s'adressaient à la République Française et non à un groupe ethnique donné. Jamais M. Dieudonné n'a dit à cette conférence que le racisme anti-Noir était plus grave que la Shoah. Il a fait un rapport sur la situation dans son pays où les Noirs subissent un déni d'humanité. Nous sommes alors outrés de lire que M. Dieudonné a proféré des appels à la haine. Il y a de la part du journaliste une volonté manifeste d'induire ses lecteurs en erreur tant ces propos portent une atteinte au travail que le CRAN effectue depuis 5 ans quant au respect de la dignité humaine. En outre l'affirmation selon laquelle Dieudonné est allé au fond de la salle pour serrer la main aux gens sans prêter attention au reste du débat est dénuée de tout fondement. M. Dieudonné n'est pas le premier à serrer la main aux gens après un discours. En allant reprendre sa place au fond de la salle, les gens se sont levés spontanément pour le remercier suite à son discours. On ne peut pas non plus lui reprocher de ne pas avoir prêté attention au discours des autres orateurs puisqu'après lui, il y a eu la pause. M. Micheloni Président du FIMM qui était le président de séance peut en témoigner. En outre le DVD ainsi que la retranscription de la communication de Dieudonné (moins de 4 minutes) sont disponible au siège du CRAN et quiconque en manifeste le désir pourra les obtenir.

Quant aux propos antisémites qu'auraient tenu les personnes interrogées par le journaliste, la retranscription intégrale de la communication de Dieudonné montre qu'il n'en est rien.

 

Position du CRAN

Le CRAN est une organisation qui s'est donné pour but de lutter contre le racisme et le racisme anti-Noir en particulier. Ses objectifs sont, entre autres, combattre les atteintes à la dignité des Noir(e)s, favoriser et susciter le travail de mémoire indispensable. Car un passé effacé, oublié, empoisonne le présent et l'empêche de trouver son ancrage. Nous sommes indignés des accusations récurrentes dont sont victimes les communautés Noires qui ne luttent que pour la reconnaissance pleine et entière de leurs droits et le respect de leur dignité. Le CRAN ne mettra jamais en question la lutte menée par les autres communautés pour combattre le racisme dont elles sont victimes. Loin de lui l'idée de porter atteinte au travail de mémoire qu'elles effectuent également. Nous sommes solidaires avec elles comme d'ailleurs mentionné dans la Déclaration de Genève et attendons en retour que le principe de la réciprocité soit respecté.

Si M. Jeanneret avait été présent, il aurait certainement compris que le but de cette première conférence sur le racisme anti-Noir était tout sauf des appels à la haine et l'antisémitisme. Bien au contraire. La qualité des personnalités invitées (près de 200 personnes présentes) et la teneur des débats qui ont suivi nous semblent trop importantes pour qu'on les réduise aux propos d'une seule personne, propos qui, en plus ont été déformés.