Protocoles
des Fous de Sion
Idylle avec Olmert,
Peretz et Livni, clash avec le CRIF : Ségolène
Royal en Israël, vue par Haaretz
Par
Daniel Ben Simon, Haaretz, 8 décembre 2006
Une rebuffade de Ségolène
Royal
Ce fut un moment particulièrement embarrassant. Le
décor : la réception de l'Hôtel King David,
à Jérusalem. Les acteurs : le porte-parole de
Ségolène Royal, Julien Dray [1], et un représentant
du CRIF, l'organisation parapluie de la communauté
juive de France.
« Je n'ai rien à vous dire ! », lança
un Dray ulcéré au représentant juif stupéfait.
« Vous avez vendu votre âme à l'autre camp
; vous n'avez rien à faire ici. Retournez chez votre
pote Nicolas [Sarközy] : c'est lui, votre propriétaire!
»
Le représentant du CRIF tentait de convaincre Dray,
en y mettant toute son énergie, que son organisation
est en train d'adopter une position de stricte objectivité
[sic] en ce qui concerne la compétition électorale
en France.
Mais
Dray est resté inflexible : « Vous allez payer
très cher votre racolage unilatéral »,
se mit-il à hurler. « Ségolène
sera président(e) ( ?), et vous allez devoir vous mettre
à genoux, quand vous souhaiterez qu'elle vous reçoive
! ! »
Cet incident s'est produit dimanche matin, quelques minutes
avant la conversation qu'allait avoir Royal avec des journalistes
au sujet de ce qu'elle considéra comme une visite réussie
en Israël. Dray, influent parlementaire du parti socialiste,
exprimait la colère qui s'était accumulée
dans le camp royaliste à l'encontre de la communauté
juive, et en particulier contre l'organisation dirigée
par Roger Cukierman [Cookie, pour les intimes : président
du CRIF. NdT]
Que les juifs en tant que communauté organisée
aient juré allégeance au candidat de la droite,
Sarközy, c'est un secret de polichinelle.
À la moindre occasion, Sarközy les rencontre et
les consulte. A chaque opportunité, ils manifestent
leur enthousiasme pour lui, afin de bien montrer qu'ils le
soutiennent dans sa course à la présidence.
C'est la raison pour laquelle Royal n'a pas accepté
une invitation à rencontrer les responsables du CRIF,
au cours des derniers mois écoulés.
C'est aussi la raison pour laquelle elle a ignoré [royalement
!] leur existence quand elle a décidé, à
la dernière minute, d'aller faire un tour en Israël,
et c'est enfin la raison pour laquelle le porte-parole du
PS [Juju Dray] a eu vis-à-vis du représentant
du CRIF l'attitude qu'on adopte généralement
vis-à-vis d'un pestiféré.
Par
le passé, des dirigeants français qui avaient
l'intention de venir en visite officielle en Israël emmenaient
dans leurs bagages un représentant du CRIF, afin de
démontrer leur accointances avec les juifs. Royal est
venue en Israël avec sa propre cour, et elle a laissé
les responsables du CRIF dans leurs bureaux, à se ronger
les sangs.
Ceux-ci,
dans un premier temps, l'avaient snobée, voyant en
elle un électron libre venu se perdre dans une bataille
de titans. Par la suite, tandis qu'elle commençait
à monter en puissance, ils envoyèrent des estafettes
dans son camp, afin d'étudier les conditions d'une
trêve, voire plus si affinités.
Quand Ségolène battit à plate couture
les mecs de son camp, dès le premier tour [des primaires
du PS], les responsables du CRIF prirent conscience qu'ils
avaient misé sur le mauvais cheval. S'étant
remis du choc de la victoire de Ségolène, ils
n'en demeuraient pas moins convaincus que leur alezan, Sarközy,
la coifferait au poteau, les doigts dans les naseaux. Mais
aujourd'hui, les derniers sondages montrent une course extrêmement
serrée, avec un léger avantage pour [la pouliche]
Royal.
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu ; qu'allons-nous faire ? Ils
essaient de négocier une retraite élégante
et de signaler au camp de Royal que les juifs, en réalité,
n'ont pas encore décidé de qui, à leurs
yeux, est le candidat préférable. Il est toutefois
possible que le racolage du CRIF en faveur de Sarközy
ait d'ores et déjà créé une profonde
crise de confiance avec le camp royaliste.
C'est
toujours ainsi que les choses se passent, dès lors
que la France est confrontée
à des décisions majeures : les juifs font de
leur mieux pour sembler neutres. Dans une tentative désespérée
de ne pas être confondus avec les forces politiques
dirigeantes, ils se sont toujours efforcés d'adopter
une politique de portes ouvertes dans leurs contacts avec
les deux principaux partis politiques français [l'UMP
et le PS, NdT]
Récemment,
toutefois, ils ont été piqués par un
vif désir de rivaliser avec l'American Israel Public
Affairs Committee [AIPAC : le principal lobby pro-israélien,
aux USA, NdT]. Depuis des années, ce lobby usaméricain
se dresse, tel une fortification défendant les faucons
israéliens. Les caciques de la droite sont fêtés
en héros, à ses conférences, tandis que
les personnalités de gauche quémandent - en
vain - l'égalité de traitement en la matière.
Les
responsables du CRIF ont donc franchi un pas, et ils n'ont
pas tardé à comprendre qu'il y avait un prix
à acquitter. « Il ne nous était encore
jamais arrivé de ne pas avoir d'excellents rapports
avec une personnalité clé dans le staff électoral
d'un quelconque candidat », a reconnu une haute personnalité
de l'organisation. C'est la raison pour laquelle ils tentent
d'effectuer un pèlerinage en direction de Julien Dray,
dans l'idée que celui-ci leur débroussaille
une piste vers le coeur de la candidate. Toutefois, Dray,
juif déclaré et partisan fanatique d'Israël,
et dont le frère exerce la médecine ici [en
Israël, NdT [2]], leur a carrément tourné
le dos.
Rien
d'étonnant, par conséquent, que les premiers
à lancer des accusations contre Royal à la veille
de sa visite en Israël aient été les responsables
du CRIF. Alors que les cercles officiels israéliens
ont passé l'éponge sur les gaffes de la candidate
au Liban, y voyant les erreurs d'une novice, les responsables
du CRIF l'ont attaquée pour avoir osé rencontrer
un député du Hezbollah. Le CRIF a publié
une déclaration de condamnation absolument abracadabrantesque,
dans laquelle il rappelait à Royal que l'organisation
chiite est responsable de massacres de masse et que sa chaîne
de télévision propage l'antisémitisme.
Dans une guerre, tout fait ventre - et les deux camps aiguisent
leurs couteaux, en prévision d'une poursuite des combats.
Cette
situation n'est pas « bonne pour » les juifs de
France, ni pour Israël, ni pour les relations entre les
deux pays.
[C'est dommage], le CRIF avait acquis son prestige en s'étant
montré un pont enjambant largement les eaux tumultueuses
de la vie politique française. C'est la raison pour
laquelle les sages du pays, quel que soit leur camp, se donnaient
la peine d'accepter la moindre de ses invitations à
s'afficher devant ses membres, car ils savaient que l'organisation
juive était une institution française qui s'élevait
au-dessus de la mêlée politicienne.
Mais
il y a encore un autre risque inhérent à cette
situation. Quand l'alliance entre les juifs et le candidat
de la droite à la présidentielle sera un fait
coulé dans le béton, les électeurs de
culture musulmane se rallieront massivement à la candidate
socialiste, afin de faire contrepoids aux juifs.
Dans exactement la même mesure où les juifs attendent
un renvoi d'ascenseur pour leur soutien à Sarközy,
les musulmans attendront un échange de bon procédés
pour leur soutien à Royal.
Si cela se produit effectivement, la distance entre les deux
communautés, dont il faut être conscient qu'elles
sont déjà en froid, pourrait encore s'accentuer.
Notes du
réviseur :
[1]
Julien Dray (surnom : Juju), que Haaretz s’acharne
à appeler Julian
Dray (on croirait un personnage d’Oscar Wilde) est le
porte-parole de la candidate Ségolène Royal
et probablement son futur ministre de l’Intérieur.
Cet ancien trotskyste (LCR d’Alain Krivine et Olivier
Besancenot) a rejoint le Parti socialiste après 1981,
après une transition par le Mouvement d’action
syndicale (MAS), un grpupuscule étudiant. Il a créé
en 1983 – sur ordre de l’Élysée
-, avec Françoise Castro, la femme de Laurent Fabius
et une équipe de publicitaires, SOS-Racisme, à
la tête duquel fut placé le jeune Antillais Harlem
Désir (aujourd’hui sage député
socialiste au Parlement européen), qui était
entièrement dévoué à Julien Dray.
SOS-Racisme était conçu comme une machine de
guerre contre le mouvement autonome des jeunes Arabes des
banlieues, alors en révolte et en lutte pour leur reconnaissance.
Le premier congrès de SOS-Racisme, à Noisiel
vit un affrontement entre le clan juif sioniste et le clan
arabe antisioniste de SOS-Racisme sur la question d’Israël
et des droits des Palestiniens. Les antisionistes quittèrent
rapidement SOS-Racisme, qui est devenu, 23 ans après
sa création, une simple officine socialiste et sioniste.
Les conflits entre le CRIF et Julien Dray ne doivent pas faire
illusion : il s’agit d’un conflit de leadership
entre Anciens et Modernes au sein de la grande famille sioniste,
et nullement d’une querelle sur des principes tels que
les droits du peuple palestinien et autres naïvetés.
Quant au CRIF et à son président Roger Cukierman,
il est évident qu’ils font de la surenchère
par rapport à leurs maîtres à penser israéliens,
Olmert en tête, en tentant d’être plus sionistes
qu’eux, comme ont dit « être plus royaliste
que le roi »…
[2]
Le frère de Julien Dray, qui a fait son aliya en Israël,
a été longtemps dirigeant du Betar-Tagar France,
une milice appartenant à la mouvance sioniste révisionniste
de Vladimir Jabotinsky, père spirituel du Likoud et
de Kadima.
Une néophyte
en diplomatie ? Pas du tout
Soudain le sourire captivant s’est effacé et
son visage a affiché une rare froideur de glace. C’est
arrivé juste après que Ségolène Royal,
la candidate socialiste à l’élection présidentielle
française, avait achevé sa rencontre avec le Premier
ministre Ehud Olmert dans son bureau à la
Knesset, une rencontre qui a reçu une
grosse couverture médiatique
Les reporters et journalistes étaient invités au
burau d’Olmert pour couvrir l’événement.
Les vétérans de l’équipe du bureau
du Premier ministre ne peuvent se souvenir d’avoir jamais
assisté à un tel vacarme. Avant même que Royal
sorte à la rencontre de la presse, des douzaines de photographes
se bousculaient pour avoir
un bon angle de vue. En quelques instants, les gens se sont mis
à agiter leurs mains et ça a failli tourner à
la bagarre. Si les gardes
du corps n’avaient pas été là, ça
aurait pu mal tourner. Des photographes “revenus de tout”,
qui ont déjà pris des photos de présidents,
de Premiers ministres et de leaders du monde entier, se battaient
pour une position stratégique comme s’il s’agissait
d’une bataille à la vie à la mort..
Quand Royal est sortie
du bureau d’Olmert, accompagnée par le Premier ministre,
les photographes sont devenus comme fous. Pendant ce qui a semblé
une éternité, les flashes ont crépité
et les caméras se sont cocentrées uniquement sur
la femme aux traits fins qui a déjà atteint une
place respectable dans le panthéon national français,
alors qu’elle n’est pas encore élue. Tous,
photographes et reporters, s’adressaient à elle en
criant “Ségolène, Ségolène”,
comme s’il s’agissait d’une vieille camarade
de classe. Elle a répondu à chacun, ne cessant de
faire ce sourire qui a fait fondre les coeurs en Israël,
au Liban et en Jordanie.
Heureux
d’avoir un répit dans les migraines qui l’assaillent,
Olmert tenait sa main, lui lançant des bons mots pour tenter
de l’impressionner. Royal lui a parlé de ses rencontres
au Liban et de ses impressions sur ce pays éprouvé.
Le Premier ministre a écouté l’étudiante
appliquée assise en face de lui, qui a pénétré
dans le champ de mines le plus dangereux du monde sans aucune
préparation. Jusqu’à il y a quelques mois,
il n’avait jamais entendu parler d’elle. Même
le ministère israélien des Affaires étrangères
donnait peu d’importance à sa campagne : les reponsables
du ministère pensaient que cette femme attirante –
dont le partenaire est le leader du parti socialiste français
françois Hollande – ne ferait qu’apporter une
détente comique dans une saga politique qui la dépassait.
Les
femmes membres de la faction travailliste, qui se sont battues
pour avouir une place à côté d’elle
à la cafétéria de la
Knesst, voient Royal comme un symbole de toutes
les femmes et sont moins intéressées par ses ambitiosn
présidentielles. Si elle gagne, pourquoi Colette Avital
ne pourrait-ele pas être présidente d’Israël
, Pourquoi Yuli Tamir ne pourrait-elle pas viser le poste de Premier
ministre ? Et pourquoi Nadia Hilou ne pourrait-elle pas devenir
ministre ?
Lors
de toutes ses rencontres, Royal a fait preuve d’un mélange
de fragilité et de chic qui a fait fondre tous les hommes
qui l’ont approchée. Même les durs à
cuire du Parti travailliste - Benjamin (Fouad) Ben-Eliezer, Matan
Vilnai, Yoram Marciano et Danny Yatom – se sont métamorphosés
en super-charmeurs quand ils ont parlé avec elle. Apparemment,
la “French touch” peut dans de telles circonstances
adoucir les Israéliens les plus rudes.
À
un moment de leur rencontre à huis clos, Olmert a posé
à son invitée une question qui pouvait être
embarrassante : pensait-elle vraiment que la
France était prête pour avoir une
femme comme présidente ? L’interprète Giselle
Barzon a traduit la question pour Royal, qui a répondu
sans hésiter : “Absolument!”
Bien
qu’elle connaisse l’anglais, Royal a tenu à
parler français et à entendre les réponses
de son hôte en fançais, par le biais de l’interprète.
Sage précaution de sa part, afin de ne pas se voir accusée
d’avoir mal compris ce qui se passe au Moyen-Orient.
Pendant
sa visite dans la région , des gens de droite en France
l’ont accusée d’avoir fait preuve d’une
complète ignorance des faits durant ses rencontres au Liban.
Elle a écouté ces critiques sans faire de commentaires,
mais a promis à ses assistants qu’elle mettrait les
pendules à l’heure après son retour en France.
Royal a été rendue partculièremnt furieuse
par les propos de la ministre de la Défense Michèle
Alliot-Marie, qui lui a parlé comme si
elle était une ménagère ignoante des choses
de la politique. “Elle doit savoir que des déclarations
irresponsables pourraient coûter la vie à nos hommes
au Liban”, a dit Alliot-Marie dans une attaque pleine de
colère
L’ opposition rembarrée
Quand
elle est entrée à l’Hôtel King David
de Jérusalem, tout de suite après sa rencontre avec
le Premier ministre, Royal est tombée sur une ponte de
l’UMP. Françoise de Panafieu, candidate de son parti
au poste de Maire de Paris, était aussi en visite officielle
en Israël. Leurs regards se sont croisés et la femme
de droite a dit “bonsoir” à la femme de gauche,
lui tendant la main.
”Je ne vous serrerai pas la main”,
a répondu Royal à sa collègue et rivale,
laissant de Panafieu en plan, la main tendue vers le vide. L’entourage
des deux femmes a été absourdi. La veille, de Panafieu
avait critiqué vertement Royal pour son manque d’expérience
diplomatique et pour l’embarras qu’elle était
censé avoir causé à la
France lors de sa rencontre avec des membres
du parlement libanais associés au Hezbollah.”Après
ses critiques cinglantes de mon action”, a ajouté
Royal, “je ne veux rien avoir à faire avec elle”.
L’incident a fait la Une des médias en France. Soudain, la première
visite de la candidate socialiste au Moyen-Orient est devenue
le thème le plus brûlant de la campagne présidentielle
française.
Ce n’est que quand Royal se sent attaquée qu’elle
révèle son autre face, elle qui a acquis en Europe
la réputation d’être capable de captiver toute
personne qu’elle rencontre par un simple sourire.
Dans ce rare moment, dans le hall d’un hôtel de Jérusalem,
son visage s’est durci, ses yeux ont lancé des éclairs
furieux et ses lèvres se sont serrées. Cela lui
était déjà arrivé une fois durant
sa campagne électorale. Lors d’une prestation devant
des jeunes membres du parti, une jeune fille s’était
levée et avait posée à la candidate une question
qui lui avait déplu. “Qui vous a envoyé ?”,
a crié Royal. “J’ai l’impression que
vous travaillez pour des gens qui ont des intérêts
occultes.” L’assistance fut visiblement choquée.
La jeune fille s’est rassise, en larmes. Ce n’est
qu’après l’incident avait fait la
Une que Royal a appelé la jeune fille
pour s’excuser. “Et si on se rencontrait en tête
à tête ?”, a suggéré Royal. “Avec
joie”, fut la réponse.
Dans des conversations privées, le partenaire
de Royal dit que sa volonté de fer ne dout jamais être
sous-estimée. Il fait allusion à sa réponse
à la stratégie de la droite pour pour détruire
son image aux yeux du public. Beaucoup de commentateurs politiques
croient encore que dans l’affrontement avec un politicien
dur comme Nicolas Sarkozy, elle devra faire des concessions et
lever le drapeau blanc. Ce ne sera pas le cas, ajoute son partenaire
:”Faites-moi confiance. Après tout, je la connais
très bien. Je vis avec elle.”
Expérience tumultueuse
Quelques heures avant de quitter Israël, Royal a montré
des signes évidents de ce que cette visite avait été
une expérience tumultueuse pour elle. Dès qu’elle
a mis les pieds au Moyen-orient, elle a été au centre
de l’attention publique. Des foules la suivaient à
Beyrout et Amman, criant son nom. À chaque rencontre officielle,
elle était assaillie par des bataillons de reporters et
de photographes, venus voir de près le “phénomène
Royal”. À Jérusalem, ses assistants ont rencontré
une frénésie médiatique qu’ils n’avait
pas du tout prévu. Ils pensaient que les Israéliens
avaient d ‘autres préoccupations et avaient fait
l’erreur de croire qu’elle serait considérée
comme un personnage anonyme en Terre sainte.
”C’est vraiment surprenant”, commente Agnès
Longueville, la conseillère médias de Royal. “Où
que nous allions, il y a des grands rasssemblements de foule,
juste pour l’apercevoir, même dans les villages les
plus reculés de France. Je ne sais pas s’ils viennent
pour la voir ou pour entendre ce qu’elle a à dire.
J’ai le sentiment que le public français n’est
pas encore revenu du fait qu’une femme soit allée
si loin et c’est pour cela que les gens viennent pour voir
Royal. Ils veulent vérifier par eux-mêmes qu’elle
existe vraiment.”
Royal n’a pas eu asssez de temps pour se préparer
correctement pour sa viste en Israël, car l’agenda
lui a été imposé. “Mais c’est
comme ça qu’elle travaille”, explique Longueville;
“Elle fait confiance à son intuition et sent qu’elle
doit être en permanence en mouvement. Nous avons eu le plaisir
de constater que nous avons pu organsier tous les rendez-vous
avec les chefs d’État que nous voulions rencontrer,
malgré les délais très courts. Parout, elle
a été traitée comme si elle était
elle-même un chef d’État.”
Pour Royal, la visite à Gaza a été déprimante.
Elle a trouvé incroyable de voir une telle noirceur et
souffrance autour d’elle. “Mahmoud Abbas n’avait
pas grand-chose à ajouter : elle pouvait facilement comprendre
ce qui se passait là”, dit Longueville. “C’était
terrible : une dshumanisation qu semblait sortir d’un livre
de Primo Levi.”
Appparemment, c’est pour cela que Royal
a mangé si peu au restaurant Montefiore de Jérusalem,
où elle a eu un dîner avec la ministre des AE Livni.
Royal lui a fait part de ses impressions et Livni a acquiescé
à plusieurs reprises. Deux femmes, deux hautes représentantes
de la révolution féminine qui est en train d’avoir
lieu dans la politique globale.
Original :
http://www.haaretz. com/hasen/ spages/797420.
html et http://www.haaretz.com/hasen/spages/798425.html
Premier
texte traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier et révisé
par Fausto Giudice et deuxième texte traduit par Fausto
Giudice, membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour
la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft
pour tout usage non-commercial : elle est libre de toute reproduction,
à condition de respecter son intégrité et
de mentionner auteurs et sources.
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