18/12/04
- «Vos valeurs sont celles des Européens. Vous êtes
plus proches de nous culturellement que de certains de vos voisins.
Israël fait partie de ces pays avec lesquels l'Union européenne
doit travailler plus étroitement » : Sarkozy dans le
texte
Discours prononcé par Nicolas Sarkozy,
président de l'UMP, à la Conférence 2004 d'Herzliya
le 16 décembre 2004
La conférence d'Herzliya a lieu chaque année en Israël,
à Herzliya, une localité près de Tel Aviv baptisée
d'après Theodor Herzl. Elle est organisée par The Institute
for Policy and Strategy (IPS), créé en 2000 au sein
de la Lauder School of Government, Diplomacy and Strategy, dans l'enceinte
du Interdisciplinary Center Herzliya (IDC). La Lauder Schhol a été
créée elle-même par Ronald S. Lauder, un poids
lourd de l'establishment sioniste. Cet homme d'affaires international,
ancien ambassadeur US, est président du Fonds national Juif,
trésorier du Congrès juif mondial, président
du Conseil de l'héritage juif etc. etc.
Le directeur de l'Institut et président de la Conférence
d'Herzliya est Uzi Arad. Diplômé de Harvard et Princeton,
cet ancien aviateur a été reponsable du Mossad de 1975
à 1999, puis directeur de la Division du renseignement et conseiller
en politique étrangère du Premier ministre Netanyahu.
On peut dire sans se tromper que l'IPS est l'Université du
Mossad et la Conférence annuelle sa vitrine.
L'intitulé de la conférence annuelle d'Herzliya est
: "Balance of Israel's National Security", bilan de la sécurité
nationale d'Israël. En quelques années, c'est devenu l'équivalent
du Forum de Davos pour le sionisme. Cette année étaient
inscrits 147 participants et orateurs appartenant à la fine
fleur du sionisme mondial, de Kenneth Abramowitz, patron du groupe
Carlyle à Mortimer B. Zuckerman, patron du US News and World
Report, en passant par tous les chefs de partis israéliens,
des généraux, des diplomates, des chefs d'entreprise,
des universitaires et des journalistes. Un des rares sinon le seul
Palestinien parmi ce beau monde était Yasser Abed Rabbo, membre
du Comité exécutif de l'OLP et initiateur avec Yossi
Beilin, de l'Initiative de Genève.
Nicolas Sarkozy était une des "guest stars" de la
conférence, commencée le lundi 13 décembre et
achevée le jeudi 16 décembre. Il est intervenu en milieu
de journée, le jeudi 16, après une matinée consacrée
au "développement du Néguev", à la
"feuille de route" et aux "alternatives jordaniennes",
où l'on a pu entendre des interventions comme celle du député
de la Knesset Binyamin Elon, intitulée : « La Jordanie
comme État national palestinien - Une base pour un accord régional
» (sic!). pour en savoir plus sur la Conférence d'Herzliya,
aller à : http://www.herzliyaconference.org
Mesdames et messieurs,
C'est un plaisir et un honneur pour moi d'être votre invité
aujourd'hui. Je remercie Uzi Arad de cette invitation, qui m'a donné
l'occasion de revenir en Israël. Je sais le très grand
prestige de votre conférence pourtant de création récente.
S'il n'y avait la francophilie d'Uzi Arad, qui connaît bien
la France pour y avoir vécu à plusieurs reprises, j'aurais
été étonné de cette invitation. Après
tout, je ne suis plus ministre et je suis français. Finalement
je n'en suis que d'autant plus libre pour évoquer avec vous
quelques grands sujets.
Puis-je d'abord vous dire ma conviction que la politique internationale,
la diplomatie, les relations entre les Etats doivent gagner en transparence,
en simplicité, en sincérité. Si l'on veut que
les peuples comprennent les enjeux, y adhèrent, les partagent
il faut qu'ils puissent appréhender les éléments
de chaque situation. Le parler vrai, le parler simple, le parler direct
va devenir un impératif de la scène internationale comme
il l'est devenu de la scène nationale. Obtenir des résultats,
affronter des réalités, se dire des choses me semble
une méthode toujours préférable à celle
qui consiste à contourner les problèmes, à emprunter
un langage codé et à imaginer que le temps, comprenez
la perte de temps, finit toujours par arranger les choses.
La diplomatie ne peut plus être une affaire de spécialistes
dans un monde interdépendant où tous nous dépendons
de chacun. Les limites entre ce qui est international et ce qui est
national s'estompent. Les mêmes règles doivent donc s'appliquer.
La démocratie a ses exigences et au premier rang la transparence.
La diplomatie n'a rien à redouter de cette dernière.
Puis-je ensuite défendre l'idée que dans le monde multipolaire
qui est le nôtre depuis la chute du mur de Berlin, il n'y a
plus de pays qui sous prétexte qu'il soit petit par la taille,
par l'économie ou par la démographie puisse accepter
que d'autres parlent en son nom ou que lorsqu'il parle sa voix ne
soit pas respectée. Je ne suis pas venu en Israël pour
donner des conseils, d'ailleurs à quel titre. Je suis venu
pour écouter, pour comprendre et pour partager. Je sais, ce
ne sont que des mots. On ne partage pas la souffrance et la peur de
l'extérieur. Mais c'est ma façon de vous dire que la
souffrance et parfois la peur du peuple israélien sont des
éléments de sa dignité. C'est pour cela que vous
devez bénéficier du respect du monde pour cette démocratie
que vous avez réussi à construire ici.
Je sais très bien qu'au-delà des grandes déclarations
d'amitié entre Israël et la France, il y a eu entre nous
beaucoup de malentendus qui ont pu conduire à des incompréhensions.
Vous aimez la France, mais vous doutez que la réciproque soit
vraie. En particulier, pourquoi cacher les choses ? Vous êtes
inquiets de la vague d'actes d'antisémitisme qu'a connu la
France ces dernières années. Disons même les choses
comme elles sont : selon un sondage de mai 2004, 86 % des Israéliens
interrogés pensent que les Français sont antisémites.
Vous le voyez, c'est ma manière de faire. Je dis les choses
telles qu'elles sont. J'essaye d'établir un diagnostic sans
complaisance. C'est la seule solution pour trouver les bonnes réponses
et surtout rétablir la confiance.
Alors je vous demande de me croire lorsque j'affirme que la France
n'est pas antisémite même si hélas il y a de l'antisémitisme
en France. Ceux qui me connaissent savent que la première chose
que j'ai faite lorsque je suis devenu en 2002 ministre de l'Intérieur
de la République française, ce fut de reconnaître
l'ampleur du problème, qui avait trop longtemps été
sous-estimé. Nier le problème, c'était ajouter
à la souffrance de ceux qui avaient été agressés
l'humiliation de se voir dénier le statut de victime.
J'ai demandé aux services de police d'harmoniser leurs statistiques
avec celles des organisations juives de France. J'ai ensuite fait
protéger par la police les synagogues et les écoles
juives. J'ai demandé aux forces de police d'agir sans faiblesse,
de ne rien laisser passer, et j'ai fait poursuivre ceux qui s'étaient
rendus coupables d'actes antisémites.
De même je n'ai pas accepté que l'on outrage le drapeau
d'Israël : ceux qui au cours d'une manifestation l'ont souillé
d'une croix gammée ont été mis à la disposition
de la justice qui les a condamnés à de la prison ferme.
Cette stratégie de refus de toute complaisance a fini par porter
ses fruits puisque ceux qui avaient tenté de détruire
un local de la synagogue de Montpellier ont été condamnés
à des peines allant jusqu'à quatre ans de prison ferme,
comme ceux qui avaient tenté de détruire la synagogue
de Cronenbourg, en Alsace. Cette année-même, le tribunal
correctionnel de Dijon a condamné un homme qui avait tenu des
propos antisémites à deux mois de prison ferme. Et dernièrement,
le jeune homme de 22 ans qui avait profané le mémorial
de Fleury-devant-Douaumont dans la Meuse a été condamné
à deux ans de prison dont un an de prison ferme.
Enfin à l'initiative du parlementaire Pierre Lellouche, nous
avons à l'unanimité de toutes les forces politiques
françaises aggravé les peines punissant les infractions
à caractère raciste ou antisémite. Vous le voyez,
c'est maintenant la France entière qui est engagée dans
la lutte contre l'antisémitisme. Nous le devons à tous
ceux qui ont disparu dans l'horreur de la Shoah, comme à tous
ceux qui en sont revenus. Nous vous le devons.
J'ajoute deux choses. La première, c'est que l'antisémitisme
ne s'explique pas puisqu'il est inexcusable. Il se combat. Chercher
à expliquer l'inexplicable, c'est se préparer à
excuser l'inexcusable. La deuxième, c'est que la lutte contre
l'antisémitisme n'est pas l'affaire des juifs de France. C'est
l'affaire de tous les Français. Insulter un juif parce qu'il
est juif, c'est insulter la république dans son ensemble. Et
la république doit réagir, comme elle doit réagir
contre toutes les formes de racisme et de xénophobie.
S'agissant de la diplomatie, je sais aussi que les Israéliens
se demandent parfois si la France est toujours votre amie. Et je sais
qu'alors qu'Israël a fait presque quotidiennement l'épreuve
cruelle du terrorisme aveugle et barbare, vous avez eu le sentiment
qu'en France, on restait trop insensible à votre souffrance,
et qu'à tout le moins vous n'aviez pas toujours ressenti notre
compassion.
Alors soyons clairs : la France n'a jamais transigé et ne transigera
jamais avec la sécurité d'Israël. A nos yeux il
n'y a pas plusieurs formes de terrorisme dont certaines seraient plus
acceptables que d'autres : toutes sont abjectes. Je sais l'horreur
de ces attentats : le Dolphinarium, Netanya, la pizzeria Sbarro, les
deux enfants de Sderot... Nous sommes solidaires de la souffrance
de vos victimes. Face à ce fléau commun, notre détermination
est totale : rien n'excuse, rien n'explique un attentat.
Je n'oublie pas non plus que 27 Français ont été
tués en Israël dans des attentats. Qu'il me soit donné
ici l'occasion de redire ma compassion sans réserve pour toutes
les victimes du terrorisme, et mon admiration pour le courage et la
force de caractère des citoyens israéliens, qui font
face à ce danger permanent et continuent de bâtir un
grand Etat, une démocratie vivante et une économie vigoureuse.
Je ne dis pas cela parce que je suis votre invité. Je le dis
parce que je le pense !
Je voudrais aborder maintenant trois questions avec vous. Où
en est la relation entre Israël et la France ?J'ai lu que des
sondages récents montraient une faible sympathie des Israéliens
pour les Français. Je le regrette, car malgré les désaccords,
cette situation est à bien des égards paradoxale, c'est
même un contre-sens. Il y a 80 000 Français et 500 000
francophones en Israël et 600 000 Français de culture
ou de confession juive en France, qui représentent la troisième
communauté juive au monde par le nombre, après les Etats-Unis
et Israël. L'histoire elle-même nous a davantage rapprochés
qu'elle nous a séparés. C'est à Paris que Ben
Gourion établit son quartier général après
la deuxième guerre mondiale. C'est en combattant en Syrie au
côté des forces françaises libres que Moshe Dayan
perdit son oeil. Nos soldats ont combattu ensemble en 1956. Et je
sais d'expérience que nos services de renseignement travaillent
très étroitement ensemble, y compris sur des missions
difficiles. Quant aux liens économiques et commerciaux entre
nos deux pays, ils sont chaque jour plus solides. Le commerce franco-israélien
a quasiment doublé depuis le début des années
1990, atteignant aujourd'hui près de 2 milliards d'Euros. Nous
constatons à la fois une forte progression de nos exportations
vers Israël et de celles d'Israël vers la France. Et, preuve
de la vitalité de l'économie israélienne, cette
progression n'est pas limitée à tel ou tel secteur.
Tout au contraire, elle concerne en pratique tous les secteurs d'activité.
Concrètement, les entreprises françaises qui ont fait
le choix stratégique de s'implanter en Israël sont de
plus en plus nombreuses ces dernières années : Veolia,
Danone, Schneider, l'Oréal, Aventis, Alcatel, Vilmorin, Rhodia,
... Dans le secteur bancaire : BNP-Paribas, Calyon, CIC, Dexia ou
la Compagnie Edmond de Rothschild. Réciproquement, un véritable
courant d'investissements israéliens en France tend désormais
à se développer. C'est le cas en particulier dans l'électro-ménager,
avec le rachat de Brandt par le groupe israélien ELCO, de la
filiale française de Bayer par le groupe pharmaceutique israélien
TEVA, ou plus récemment d'Allibert par le groupe israélien
de plasturgie KETER.
Les investisseurs français ne doutent pas du potentiel de votre
économie. Plus profondément encore, ils ont confiance
en Israël et en sa population. Je citerai à cet égard
deux projets exemplaires où nos entreprises se sont engagées.
En premier lieu, le groupe Véolia, avec ses partenaires israéliens,
est en train de construire à Ashkelon une usine de dessalement
d'eau de mer de 120 millions de mètres cubes, la plus grande
du Moyen Orient, qui devrait être opérationnelle dès
l'année prochaine. Par ailleurs, Alstom et Connex vont construire
et exploiter, avec leurs partenaires israéliens, la première
ligne de tramway de Jerusalem. Ces deux projets représentent
chacun plusieurs centaines de millions d'Euros d'investissements et
sont parmi les plus importants d'Israël en termes d'infrastructures
publiques : il n'y a pas je crois de meilleure illustration de l'intensité
et de la qualité de notre coopération.
Je souligne d'ailleurs que les entreprises françaises n'ont
pas eu tort de faire le pari israélien puisque l'économie
israélienne a retrouvé le chemin d'une croissance vigoureuse,
qui avoisinera cette année les 4%. Je voudrais à cet
égard saluer la courageuse politique de réformes structurelles
mise en oeuvre en Israël en termes de fiscalité, de transferts
sociaux, de privatisations ou de réformes du système
financier. Ces réformes sont le gage d'une meilleure compétitivité
et d'une croissance durable.
Au-delà des malentendus de circonstance, la réalité,
c'est que nous avons beaucoup en commun et que nous ne pouvons nous
permettre des désaccords durables qui n'auraient comme résultat
que de nuire à nos deux pays.
Comment pouvons-nous construire une relation désormais indispensable
entre l'Europe et Israël ?
Là aussi, je veux parler librement. Je sais que l'Europe évoque
encore parfois pour vous les souffrances indicibles du peuple juif,
des persécutions du Moyen Age, de l'expulsion des Juifs d'Espagne
et du Portugal en 1492, à la Shoah. Mais regardons en face
les choses. Notre avenir est commun, car nous sommes voisins, et ni
vous ni nous n'allons changer d'adresse. Nous partageons la même
mer : la Méditerranée. Vos valeurs sont celles des Européens.
Vous êtes plus proches de nous culturellement que de certains
de vos voisins.
L'Union européenne est votre premier partenaire économique
: 40% de vos importations, 30% de vos exportations. Par ailleurs,
et ce n'est pas rien, nous n'avons pas besoin de visa pour venir en
Israël, et vous non plus pour venir dans l'espace Schengen. Alors,
même si votre premier réflexe est de vous tourner vers
les Etats-Unis, vous ne devez pas oublier l'Europe.
Quel est mon raisonnement ?
L'Europe doit être un pôle de stabilité pour elle-même,
et un garant de stabilité pour les autres. L'Europe est une
puissance économique qui peut vous aider à développer
la croissance dans votre région, à faire reculer la
pauvreté dont se nourrissent tous les extrémismes, à
créer des intérêts entre vous et vos voisins qui
mieux que tous les traités enracinent la paix. L'Europe ne
doit pas, ne peut pas oublier qu'elle est une puissance méditerranéenne.
Derrière la question de la Turquie, c'est en fait toute la
problématique de nos rapports avec la Méditerranée
qui se profile. Question vitale pour toute l'Europe du Sud mais également
pour l'identité européenne qui doit tant à la
civilisation méditerranéenne. C'est la raison pour laquelle
je milite pour des partenariats privilégiés avec les
pays de la région, au premier rang desquels j'inscris Israël.
Cette solution me semble bien préférable à celle
de l'adhésion à l'Union européenne.
L'Union fonctionnait déjà difficilement à 15,
nous découvrons maintenant la difficulté de prendre
des décisions à 25, et nous devons dès maintenant
préparer un nouvel élargissement à la Bulgarie,
la Roumanie et, très vite sans doute, la Croatie.
Mais tout nouvel élargissement, qu'il apparaisse légitime
ou non au regard de l'histoire et de la géographie des nouveaux
candidats, reviendrait à revoir nécessairement à
la baisse les objectifs de l'Union européenne. Plus nous serons
nombreux, moins nous serons intégrés. Moins nous serons
intégrés, plus nous serons fragiles. C'est ce que je
ne veux pas. L'Union européenne est un projet en soi. Elle
ne doit pas être une simple zone de libre-échange. Le
cadre européen doit nous permettre de bénéficier
d'effets d'échelle et de partager des valeurs bien au delà
du seul grand marché de 450 millions de consommateurs.
Je crois à la logique, à l'intérêt mutuel
et surtout à la nécessité de Partenariats euroméditerranéens
pour organiser la coopération autour de notre mer commune.
D'ailleurs, les outils de coopération se sont multipliés
depuis 10 ans : Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures,
Facilité euroméditerranéenne d'investissement
et de partenariat, Fonds Meda, sans il est vrai que des résultats
concrets puissent d'ores et déjà être valablement
mis en avant.
Ma conviction est que nous devons ensemble être plus pragmatiques
pour être plus efficaces. Nous, les Européens, nous avons
entamé la construction européenne pour enraciner la
paix. La première pierre de cet édifice, la Communauté
Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA), était un
projet extrêmement concret, avec une logique supranationale.
Pourquoi ne pas imaginer pour vous et vos voisins immédiats
une organisation régionale en charge de la gestion des ressources
en eau ? Pourquoi ne pas réfléchir à des réseaux
régionaux de transport, et concevoir des voies de communication
entre Israël et ses voisins ? Nous devrions aussi favoriser l'intégration
de la zone euroméditerranéenne par des grands projets
régionaux dans le domaine des télécommunications.
Israël, avec sa très grande compétence en matière
de haute technologie, doit y prendre toute sa part.
Et, pour aller encore un peu plus loin, pourquoi ne pas envisager
un marché commun de la Méditerranée de l'Est,
avec Israël, le futur Etat palestinien et la Jordanie ? Pourquoi
à plus court terme ne pas étendre à Israël
le bénéfice de ce que les spécialistes appellent
les « droits consolidés » et qui dans le cadre
des dispositions de l'OMC permettront de créer entre l'Europe
et les pays de la Méditerranée une zone de solidarité
favorisée par des droits de douane réduits, pour mieux
faire face à la concurrence de l'Asie ? De façon générale,
lorsque les modalités d'une paix juste auront été
agréées par chacun, c'est bien un véritable Plan
Marshall européen qu'il faudra mettre en oeuvre dans la région.
On n'a jamais rien imaginé de mieux pour enraciner la paix
que le développement d'intérêts économiques
partagés et croisés.
Il m'apparaît légitime enfin que l'Union européenne
accorde sa confiance et son aide en priorité à ceux
de ses voisins dont les valeurs sont les plus proches des siennes.
Je crois plus juste d'engager une coopération approfondie avec
une démocratie vivante et stable qu'avec un régime autoritaire.
Israël fait partie de ces pays avec lesquels l'Union européenne
doit travailler plus étroitement. Elle le fait déjà
dans un certain nombre de domaines, et notamment en matière
de recherche et de technologie, puisque l'Europe lui a déjà
ouvert son Programme Européen de Recherche et de Développement,
et puisque Israël a décidé de s'associer au projet
européen Galileo. Israël et ses entreprises seront associés
au développement de ce projet destiné à doter
l'Europe, en 2008, de son propre système de radionavigation
par satellite à couverture mondiale, concurrent et complément
du GPS américain. Tout ceci est bien, mais on doit faire beaucoup
mieux encore. Dans la recherche-développement par exemple,
que ce soit par l'échange scientifique ou par la création
d'outils financiers adaptés aux entreprises naissantes, ou
bien dans l'échange d'étudiants : j'appelle de mes voeux
la création de cursus universitaires qui permettent aux jeunes
d'obtenir leurs diplômes en alternant les études dans
les universités européennes et dans les universités
israéliennes.
Un lien renforcé nous permettrait de travailler ensemble plus
étroitement sur un certain nombre de politiques communes. Nous
devons aller beaucoup plus loin que l'accord d'association de 1995.
Et à cet égard je souhaite faire une proposition de
méthode. L'Union européenne a passé des accords
d'association avec plusieurs pays. Je suggère qu'une revue
de ces accords soit faite et que, secteur par secteur, l'Union européenne
et Israël s'efforcent de rechercher le meilleur niveau d'association
qui a été atteint. C'est un niveau exceptionnel de coopération
qui serait ainsi atteint. Je me félicite que les négociations
entre la Commission européenne et Israël aient enfin abouti
il y a quelques jours à l'adoption du plan d'action pour la
politique de voisinage avec Israël. Je serai toutefois attentif
à sa portée réelle. Je souhaite que soit véritablement
ouverte la possibilité pour Israël de prendre part aux
programmes communautaires, de mieux participer au marché unique
européen, et de bénéficier également des
aides ciblées en matière d'énergie, de transport
et de lutte contre les trafics et l'immigration illégale.
Alors bien sûr, ce rapprochement que nous appelons de nos voeux
sera facilité par l'établissement d'une paix juste et
durable dans la région. Soyez-en persuadés : rien de
ce qui se passe dans votre pays n'est indifférent aux Européens
en général et aux Français en particulier. Nous
suivons de près la situation en Israël et au Moyen Orient.
Les Français comme leurs voisins sont également attentifs
à la cause des Palestiniens. Acceptez que je vous dise quelques
mots en ami sur ce sujet.
Ma conviction est non seulement que les Palestiniens dans leur majorité
ont intérêt à la paix pour leurs enfants, mais
surtout que cette paix n'est pas nécessairement lointaine.
Et quoi que vous pensiez des Palestiniens, c'est finalement avec eux
que vous ancrerez la sécurité dans une paix juste. Cette
paix sera juste parce qu'elle sera négociée, et parce
que vos ennemis d'hier comme vous y trouveront leur compte.
Les Palestiniens vont choisir leur nouveau dirigeant. J'imagine bien
que vous, qui avez toujours vécu en démocratie, avez
des opinions bien arrêtées sur la personnalité
des candidats déclarés. Mais quel que soit celui que
les Palestiniens élisent, il sera pour vous le bon interlocuteur
pour bâtir la paix. Il sera le bon partenaire parce qu'il sera
celui que les Palestiniens auront choisi démocratiquement,
et le peuple a toujours raison lorsqu'il s'exprime par la voie des
urnes. La démocratie, ce n'est pas que les élections,
mais sans les élections, il n'y a pas de démocratie.
Il est essentiel pour vous comme pour eux que ces élections
se déroulent dans la transparence, et que chaque Palestinien
puisse s'exprimer en toute liberté. Cela suppose de votre part
des gestes pour faciliter l'exercice du vote, et donc pour faciliter
la circulation des candidats et des électeurs.
Je veux rendre hommage au Premier ministre d'Israël, Ariel SHARON,
qui a eu le courage politique et physique de prendre une décision
historique et de s'y tenir. Rares sont les hommes politiques qui prennent
le risque d'aller un moment contre leur camp, contre leurs alliés,
contre leurs ministres, pour imposer une idée qu'ils croient
juste. C'est une opportunité pour Israël. Ce n'est pas
la première fois qu'un grand chef de guerre - et Ariel SHARON
est le héros de toutes les guerres d'Israël - deviendrait
un faiseur de paix.
Je sais que pour les 8.000 Israéliens qui sont installés
a GAZA, qui y ont travaillé la terre et l'ont faite prospérer,
partir sera un déchirement. Je sais qu'il y a des enjeux bien
plus importants que ceux que nous pouvons connaître en Europe,
nous qui avons la chance de vivre en paix avec nos voisins. Mais je
connais l'esprit de raison du peuple israélien, qui, est comme
bien des peuples, en avance sur certaines de ses élites, puisqu'il
soutient le plan de retrait de GAZA à une très large
majorité.
Mais la sincérité m'oblige à rappeler que vous
n'aurez pas réglé le problème de votre coexistence
avec les Palestiniens quand vous vous serez retirés de Gaza.
Il vous faudra encore aider vos voisins à se constituer en
un État viable du point de vue économique, un Etat dont
ils ont besoin du point de vue politique. Il faudra aussi trouver
une solution pour la Cisjordanie. La situation ne pourra durablement
rester ce qu'elle est aujourd'hui. Personne ne saurait perdre de vue
cette réalité fondamentale : un peuple occupé
ne renoncera jamais, quoi qu'il endure, l'histoire le montre.
Mesdames et Messieurs, je suis venu en ami d'Israël. J'arrive
maintenant au terme de mon voyage chez vous. J'ai beaucoup appris
en me confrontant à la géographie des lieux et au peuple
israélien. Je vous souhaite le meilleur pour les mois et les
années qui viennent. Ne l'oubliez jamais. La paix chez vous,
c'est davantage de paix dans le monde. Ce que vous réussirez
pour vous, vous le réussirez pour le monde.
Source : UMP, Union pour un Mouvement Populaire, 16 Décembre
2004
Al
Manar pourrait être interdite aux USA en tant qu'«organisation
terroriste»
Le département d'État a annoncé mercredi qu'il
envisageait de déclarer la chaîne de télévision
Al Manar comme «organisation terroriste », ce qui permettrait
d'interdire sa diffusion aux USA en exposant les diffuseurs à
de lourdes amendes ou des poursuites. La Commission fédérale
des communications avait déclaré qu'elle ne pouvait
rien faire contre la chaîne puisqu'elle est diffusée
par satellite et n'est pas américaine. Une "télévision
terroriste", voilà une grande première. Décidément,
on n'arrête pas le progrès.
Source : CNN, 15 décembre 2004
Rencontre
CSA-Al Manar
Les membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) devaient
rencontrer vendredi 17 décembre à 15h00, comme prévu,
les représentants de la chaîne du Hezbollah chiite libanais
Al Manar, bien que celle-ci ait renoncé à être
diffusée sur le territoire français par l'intermédiaire
du satellite Hot Bird 4 d'Eutelsat.
L'arrêt de la diffusion d'Al Manar laisse en effet intact le
problème de la convention conclue entre le CSA et la chaîne
libanaise, dont certains programmes s'inscrivent, selon le Conseil
d'Etat, "dans une perspective militante, qui comporte des connotations
antisémites".
Selon une convention proposée par le CSA, la chaîne s'était
engagée à respecter des obligations "rigoureuses",
notamment de s'abstenir de tout propos à caractère raciste,
xénophobe ou antisémite. En conséquence, elle
avait obtenu d'être conventionnée par le CSA le 19 novembre.
Onze jours plus tard, le 30 novembre, le CSA avait mis la chaîne
en demeure de "respecter ses obligations légales et conventionnelles".
Le CSA citait un intervenant dans une revue de presse diffusée
par la chaîne satellitaire le 23 novembre, dont les propos étaient
"de nature à troubler l'ordre public et à porter
atteinte aux principes fondamentaux du droit de l'audiovisuel qui
prohibe toute incitation à la haine ou à la violence,
notamment pour des raisons de religion ou de nationalité".
Selon le CSA, ces propos, attribués à "un expert
pour les affaires relatives à l'entité sioniste",
constituaient un "manquement à plusieurs stipulations
de la convention souscrite par Al Manar".
Le 7 décembre, le CSA avait indiqué qu'il avait décidé
d'engager "une procédure de sanction" contre la chaîne
après de nouveaux manquements constatés sur son antenne.
Il avait aussi annoncé son intention d'entendre les représentants
d'Al Manar "en assemblée plénière"
le 17 décembre, au siège du CSA, toute sanction étant
soumise à une procédure contradictoire qui permet de
faire valoir les droits de la défense. Ces sanctions peuvent
aller de la suspension de l'autorisation au retrait de l'autorisation
dans les cas les plus graves.
Source : AFP, 17 décembre 2004
Suite
aux pressions sionistes, l'Allemagne va fermer ses portes aux juifs
de l'ex-URSS
Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot,l'Allemagne a
décidé de fermer ses frontières aux juifs de
l'ex-Union soviétique et d'annuler leurs possibilités
d'obtenir le statut de réfugiés. La décision
de Berlin de limiter drastiquement les possibilités d'immigration
pour les juifs de l'ex-URSS fait suite à des pressions de responsables
politiques israéliens.
L'immigration vers Israêl est en chute libre. En 2004, seules
22 000 personnes ont fait leur aliya. Les juifs de l'ex-URSS préfèrent
en effet désormais émigrer en Allemagne.
2236
Français ont émigré en Israël en 2004
L'émigration juive depuis la France vers Israël a atteint
son plus haut niveau de ces 30 dernières années, selon
un officiel de l'immigration. L'Agence juive a comptabilisé
2 236 Français juifs ayant émigré entre janvier
et fin Octobre 2004 (contre 1860 pour la même période
en 2003). C'est tout de même loin des 30 000 "olim"
visés par l'Agence juive. Il va donc falloir mettre les bouchées
doubles dans la campagne sur la "judéophobie" en
France...
Source : Haaretz, 15 décembre 2004
Névrose
: 86% des Israéliens pensent que la France est hostile à
Israël
La "névrose anti-française" dénoncée
par l'ambassadeur de France en Israël se confirme. Selon un sondage
publié par le quotidien israélien Maariv, 86% des Israéliens
estiment ainsi que la France est hostile à Israël, 46%
pensent cela de l'Allemagne, 32% de la Russie, 13% de l'Angleterre
et 5% des USA. Le sondage révèle également que
16% seulement des Israéliens ont une opinion positive de la
France, 40% se déclarent neutres et 40% en ont une opinion
négative.
17/12/04 - Sujets proposés à un concours d’entrée
à Sciences po Paris : une fiction
par Manfred Stricker, 16 décembre 2004
Motto : nihil sine ratione
Vous pouvez choisir l’un des quatre sujets suivants :
1/ la purification ethnique se poursuit en Palestine, sous pression
génocidaire (actuellement l’objectif génocide
semble même prendre le dessus sur l’objectif purification);
les sentiments négatifs envers une minorité s’accroissent
dans toute l’Europe et dépassent 60% de la population
dans certains pays; la législation anti-raciste se multiplie
et se durcit en France; le nombre de policiers employés à
s’occuper de telles affaires s’accroît; les magistrats
s’occupant de telles affaires font de meilleures carrières
et ramassent plus de décorations. Y a-t-il une relation de
cause à effet entre ces faits ?
2/ Vous êtes un enseignant devant préparer des étudiants
au concours de Sciences po Paris, vous devez leur donner les meilleurs
conseils possibles pour qu’ils réussissent au concours
d’entrée. Vous devez donc préparer vos élèves
à retomber sur leurs pieds dans toutes les situations et à
répondre avantageusement aux questions les plus étranges,
à l’écrit comme à l’oral. Comment
devraient-ils, à vos avis, traiter le sujet n°1 ?
3/ Par accident ou par hasard, vous avez échappé à
la formation à la pensée unique dans votre scolarité.
Et vous avez même un penchant vers ce qu’on pourrait appeler
la philosophie politique, par exemple par la lecture d’ouvrages
d’avant la fin du 19ème siècle que vous avez trouvés
par hasard dans une bibliothèque de la famille. Trouveriez-vous
une raison expliquant que, et comment, et pourquoi les sciences humaines
disparaissent peu à peu des universités françaises
et de leurs clones privés pour s’enfoncer dans la clandestinité
? Et dans combien de temps, à votre avis, n’y aura-t-il
plus du tout de sciences humaines dans les universités françaises
? Décrivez les effets de ces tendances sur la civilisation
française, en vous inspirant, éventuellement du célèbre
discours sur l’auto-affirmation de l’université
allemande tenu par Martin Heidegger en 1933.
4/ Expliquez librement pourquoi vous ne voulez traiter aucun des trois
sujets précédents.
Affaire
Al Manar
Al Manar et après ?
Éditorial de Richard Labévière, Radio France Internationale,
15 décembre 2004
En décidant elle-même, hier, de suspendre la diffusion
de ses programmes en
direction de l'Europe, la chaîne libanaise Al-Manar se soumet
à la décision
du Conseil d'Etat et recherche une solution négociée avec
Paris.
Lundi dernier, la plus haute instance administrative française
a rendu une
ordonnance prescrivant l'arrêt de la diffusion de la chaîne
à qui différents
mouvements et associations reprochaient des propos racistes et antisémites.
Al-Manar avait pourtant déprogrammé, en août dernier,
un feuilleton syrien
précisément antisémite qui avait suscité
un tollé en France.
Hormis l'Europe et le Moyen-Orient, Al-Manar est diffusé par
satellite sur l
Afrique et l'Amérique du nord. En vertu du premier amendement,
la chaîne
libanaise émet aux Etats-Unis, sans aucune condition posée
quant au contenu
de ses programmes. Par ailleurs, il existe un moyen encore plus simple
de
regarder Al-Manar, échappant à toute espèce de
contrôle: son site Web, sur
lequel est disponible la majorité de ses programmes. C'est dire
à quel point
l'affaire est symbolique, revêtant désormais une dimension
essentiellement
politique.
En cherchant l'apaisement, la direction de la chaîne rappelle
qu'elle a opté
elle-même pour le conventionnement, manifestant sa volonté
de se conformer à
la législation française. Ce vendredi, le directeur général
de la chaîne
Mohammad Haïdar et son adjoint seront à Paris pour négocier
avec le CSA une
sortie de crise. «Sans renoncer à son engagement en faveur
de la résistance
du peuple palestinien», explique l'avocat d'Al-Manar, «la
chaîne se dit
prête à faire des efforts pour comprendre et tenir compte
de la différence
de perception qu'il peut y avoir entre eux et nous». Et la chaîne
annonce qu
elle va se doter d'un comité déontologique, chargé
d'élaborer un guide
pratique du conventionnement à l'usage des salariés afin
d'éviter les
dérapages.
Certes, Al-Manar n'est pas Disney-Channel.
Cette télévision est l'organe d'_expression d'une organisation
politique, le
Hezbollah libanais, qu'il faut, bien évidemment, remettre dans
son biotope
régional des plus complexes, dans son contexte d'un région
en guerre où des
mouvements politico-militaires sont confrontés à une des
plus puissantes
armées du monde. Aussi, et c'est une évidence dans l'Orient
compliqué, il n
est pas toujours si simple de dire le droit.
Mais l'affaire est également révélatrice d'une
évolution significative de la
société française où les communautés,
sinon les communautarismes pèsent de
plus en plus à travers des relais associatifs et autres outils
d'influence
drainant de plus en plus d'argent, afin d'influencer les choix des pouvoirs
publics. En la matière, l'affaire Al-Manar fera jurisprudence.
Et, il est désormais nécessaire de voir appliquer la même
rigueur à l
encontre des autres médias communautaires et communautaristes
- radios,
télévisions et sites internet -, notamment ceux qui continuent,
en toute
impunité, de cultiver l'arabophobie et la démonisation,
sinon la
criminalisation de la résistance palestinienne.
Paris
souhaite “européaniser” l’affaire, Beyrouth
envisage des mesures de rétorision
Le gouvernement français a saisi l’Union européenne
du problème posé par la diffusion par satellite de programmes
de chaînes de télévision comme al-Manar, a annoncé
mercredi le ministre français de la Culture et de la Communication,
Renaud Donnedieu de Vabres.
À Beyrouth, le chef de l’État, Émile Lahoud,
s’est réuni avec le président du Conseil national
de l’audiovisuel, Abdelhadi Mahfouz, pour discuter des développements
de l’affaire. Auparavant dans la journée, 200 étudiants
de l’Université libanaise avaient effectué une marche
silencieuse symbolique jusqu’au siège de l’ambassade
de France.
Selon des sources ministérielles, une position officielle vis-à-vis
de l’affaire Al Manar devrait être adoptée, prochainement,
en Conseil des ministres.
Place de l’Étoile, la commission parlementaire de l’Information
et des Télécommunications s’est réunie mercredi
pour appeler, encore une fois, à mettre un terme aux «
privilèges » des chaînes françaises qui émettent
au Liban. Privilèges régis par des accords signés
entre les gouvernements libanais et français et qui se rapportent
essentiellement à TV5 et RFI, qui émettent respectivement
via Radio Liban et Canal neuf.
À Paris donc, le ministre français de la Culture a déclaré,
lors d’une interview donnée à la chaîne France
3 : « Au nom du gouvernement, j’ai fait une démarche
auprès de la Commission européenne, auprès de Viviane
Reding, commissaire européenne en charge de la communication,
et auprès de la présidence de l’Union européenne,
pour que la diffusion par satellite de programmes de chaînes de
télévision comme Al Manar fasse l’objet d’une
discussion européenne ».
« Nous pouvons en tant que Français être fiers, parce
que nous sommes le premier pays sur le plan européen à
avoir cette vigilance légitime », s’est réjoui
le ministre, alors que la chaîne du Hezbollah a mis fin mardi
à ses programmes en direction de la France.
M. Donnedieu de Vabres a indiqué également que le Conseil
d’État français a pris une « décision
irrévocable concernant l’interdiction de la diffusion de
la chaîne Al Manar », ajoutant que « les propos à
caractère raciste, antisémite, appelant à la violence
et à la haine raciale n’ont pas droit de cité en
France ». « Ce n’est pas une décision du gouvernement,
c’est une décision de la justice de notre pays »,
a-t-il poursuivi.
« Eutelsat et Arabsat ont ordonné l’interdiction
de la diffusion d’une telle chaîne, non pas en fonction
de l’appellation et du nom de la chaîne elle-même,
mais exclusivement sur base des propos tenus dans les émissions
de cette télévision. La France est un État de droit,
nous l’avons montré avec force dans les débats au
Conseil de sécurité des Nations unies (...). Nous sommes
donc cohérents », a déclaré le ministre.
Viviane Reding avait salué mardi cette décision de la
justice française, qui donne selon elle un bon exemple «
du partage de responsabilité » dans l’UE.
Les règles européennes, à travers la directive
« Télévision sans frontières », «
interdisent clairement des émissions incitant à la haine
pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité
», avait rappelé Mme Reding, estimant que « l’Europe
ne peut pas tolérer de tels contenus audiovisuels ».
Le groupe d’amitié France-Israël du Sénat français
a, pour sa part, exprimé « sa satisfaction » après
l’annonce par la chaîne de sa décision de mettre
fin à ses émissions en direction de l’Europe.
Dans un communiqué de son vice-président Jean-Pierre Plancade
(PS, Haute-Garonne), le groupe sénatorial « se réjouit
qu’une issue appropriée ait pu être trouvée
à une situation qui constituait un véritable scandale
», évoquant des « émissions prônant
ouvertement la haine raciale et invitant même, au moins implicitement,
à la destruction physique des juifs ».
Les membres du groupe d’amitié « considèrent
que la fermeté de la position du Conseil d’État
était la seule réponse possible » et entendent rester
« particulièrement vigilants à la suite qui devrait
être donnée à ce dossier », indique le communiqué.
Ils veilleront notamment « à ce qu’une modification
substantielle des programmes ne constitue pas un simple alibi permettant
à Al Manar de briguer de nouvelles autorisations d’émettre
en France ou dans un autre pays de l’Union européenne ».
L’arrêt de diffusion d’Al Manar en France a provoqué
une flopée de réactions dans le monde arabe. En Égypte,
notamment les représentants des Frères musulmans, du Hamas
et du Jihad islamique ont condamné l’ordonnance de la justice
française.
Source : L’Orient-Le Jour, 16 décembre 2004
Racisme
et antisémitisme : un rapport appelle l'État français
à "assumer son devoir"
par Sylvia Zappi, Le Monde, 17 décembre 2004
Le "plan d'action" que le Haut Conseil à l'intégration
devait présenter, jeudi, déplore "la détérioration
des relations intercommunautaires".
"Pour une mobilisation nationale et locale de l'Etat républicain."
Face à la montée du racisme et de l'antisémitisme,
l'Etat doit mobiliser tous ses agents et "assumer son devoir"
de défense de l'égalité et de la tolérance.
C'est en ces termes que Jean-Philippe Moinet, secrétaire général
du Haut Conseil à l'intégration, devait présenter,
jeudi 16 décembre, au ministre de la cohésion sociale,
Jean-Louis Borloo, son "plan d'action et d'information civique
pour la cohésion sociale".
Le rapport, commandé par M. Borloo en juillet 2004 pour étudier
les modes d'action publique contre le racisme et l'antisémitisme,
dresse tout d'abord un portrait peu engageant de la France d'aujourd'hui.
Reprenant les chiffres de la Commission nationale consultative des droits
de l'homme (CNCDH), M. Moinet rappelle qu'entre 1999 et 2003 le nombre
d'actes et menaces racistes a doublé, tandis que les menaces
et agressions antisémites étaient multipliées par
huit.
La tendance s'aggrave en 2004. On dénombrait au premier semestre
autant de faits - racistes et antisémites - que pour l'ensemble
de l'année 2003.
L'auteur relève deux données nouvelles sur cette période.
Tout d'abord, l'émergence d'un "antisémitisme de
l'actualité importée", fortement lié à
des événements comme le conflit israélo-palestinien,
produisant, "dans les banlieues ou ailleurs", "des phobies
et des fantasmes". Ensuite, la "sous-estimation" du racisme
antimaghrébin, due essentiellement à un phénomène
de non déclaration, lié à la difficulté
à faire enregistrer sa plainte auprès des services de
police, ou à la méfiance à l'égard d'institutions
vécues comme discriminantes. La "dégradation du climat
et la détérioration des relations intercommunautaires"
seraient, en tout cas, patentes, et nécessitent un "devoir
d'intervention républicaine".
Il y a urgence à améliorer les instruments de mesure :
une cartographie devrait être élaborée pour mesurer
l'ampleur et l'évolution des actes racistes et antisémites.
Le rapport propose aussi la mise en place d'un "instrument de veille"
réunissant les représentants des instituts de sondage
et des centres d'études de l'opinion.
Trois rendez-vous
civiques
Au-delà, le rapport insiste sur l'engagement des autorités
publiques : "Il est de la responsabilité directe et immédiate
des services de l'Etat, de ses agents publics, de porter une action
forte et visible pour recrédibiliser le pacte républicain",
souligne M. Moinet.
Pour ce faire, deux moyens seront mis en œuvre, la mobilisation
de l'administration publique et la communication. Le rapporteur propose
de faire du civisme et de la tolérance une grande "cause
nationale"pour 2005.
Ce "plan d'action civique" serait incarné par une nouvelle
direction, appelée "direction centrale de lutte contre le
racisme et l'antisémitisme", placée sous l'autorité
du premier ministre et chargée de coordonner l'action interministérielle.
Elle serait secondée par un correspondant dans chaque préfecture,
référent unique en lieu et place des commissions pour
la promotion de l'égalité des chances et de la citoyenneté
(Copec, ex-Codac).
Un centre d'action et d'information civique serait créé
afin "d'animer les actions et communications publiques". Dans
tous les départements, une formation serait dispensée
aux travailleurs sociaux et services municipaux pour les "sensibiliser
aux spécificités des diverses communautés",
en particulier celles de la "communauté arabo-musulmane".
Les agents de l'Etat ne sont pas oubliés : éducateurs,
policiers, enseignants et magistrats seraient destinataires d'un "livret
d'information civique", outil d'argumentation sur la lutte contre
le racisme et les discriminations.
Sur 200 "quartiers ultrasensibles", "devenus des foyers
d'intolérance inacceptable", des actions de communication
ciblée seront déployées à partir d'expériences
associatives comme les "caravanes" de l'association Femmes
contre l'intégrisme ou la diffusion de films par Ciné-Quartiers.
Il s'agit là de "faire reculer les logiques de repli".
Trois rendez-vous civiques seraient donnés comme moment clé
de diffusion de la tolérance et du respect : le passage à
la majorité, les journées d'appel de préparation
à la défense et l'accès à la nationalité.
Ils doivent être l'occasion, dit M. Moinet, de diffuser une "formation
courte" contre le racisme et l'antisémitisme.
Enfin, le rapport propose un "plan civique pour l'école".
L'objectif est d'organiser dans toutes les classes - du CP à
la terminale -, "systématiquement à chaque rentrée
scolaire", une journée consacrée à la lutte
contre l'intolérance.
Les programmes devraient être revus pour mieux intégrer
l'enseignement du fait religieux et de la laïcité. A chaque
fin de cycle, des cours de civisme "approfondis" seraient
dispensés et évalués.
16/12/04
- Tapis rouge pour Sarkozy à Tel Aviv
C'est un accueil digne d'un chef d'État qu'a reçu Nicolas
Sarkozy, nouveau patron de l'UMP, pour sa visite de 2 jours en Israël,
qui était son premier voyage à l'étranger dans
ses nouvelles fonctions. Il devait être reçu par Moshé
Katsav, président de la république et Ariel sharon, premier
ministre. Dès son arrivée, Sarkozy a fait des déclarations
vigoureuses et tonitruantes. Florilège :
« Nous éprouvons de la compassion pour ceux qui souffrent
du terrorisme le plus aveugle et le plus barbare. Il n'y a dans le monde
qu'une seule forme de terrorisme et les Français sont solidaires
de ceux qui souffrent. Le terrorisme est l'ennemi de la démocratie
et Israël est avant tout une démocratie. Lorsque que l'on
est Français et juif, l'attachement à Israël est
un attachement sur lequel on ne peut transiger. »
« L'antisémitisme ne s'explique pas, car il ne peut y avoir
d'explications à l'inexplicable. L'antisémitisme, ça
ne s'explique pas, ça se combat. »
« La question de l'antisémitisme n'est pas la question
des juifs. C'est la question de la République française.
Chaque fois qu'un juif est injurié en tant que juif, c'est une
tache sur la République. Ce serait faire trop d'honneur aux racistes
et aux antisémites que de laisser penser que la France est un
pays antisémite. »
Prenant la défense de l'ambassadeur de France en israël,
Gérard Araud, qui, il y a quelques jours, avait déclaré
que les Israéliens souffraient d'une "névrose anti-française",
il a déclaré : « Quand l'un regarde une situation
avec passion, l'autre avec raison, ça peut expliquer certains
décalages. La France est un pays ami d'Israël, et si parfois,
il y a des tensions, ce sont des tensions entre personnes qui attendent
beaucoup l'une de l'autre. Je vous demande de ne pas accepter la caricature.
»
Sur l'interdiction d'Al Manar, Sarkozy a dit à Katsav : «
La France est le premier pays au monde à avoir interdit sur le
satellite Eutelstat de législation française, une chaîne
où des émissions sont racistes. Il n'y a pas un autre
pays au monde qui a fait ce que nous avons fait. J'ai également
indiqué au Président qu'il fallait que l'Europe se dote
de la même législation que celle en vigueur en France,
car interdire Al Manar sur Eutelstat ne signifie pas l'interdire sur
d'autres satellites, qui ne dépendent pas de la législation
française. »
Sources : AFP et proche-orient.info, 15 décembre 2004
Pourquoi
Nicolas Sarkozy est-il populaire au sein de la communauté juive
?
Depuis le début de sa carrière, l'ancien maire de Neuilly
« travaille » avec un soin tout particulier ses relations
avec la communauté juive. Il a célébré des
dizaines de mariages civils de couples juifs et n'a jamais raté
une fête de la synagogue de Neuilly, sa ville, qui abrite une
importante communauté. "Son face-à-face télévisé
avec l'intellectuel musulman Tariq Ramadan a conforté son statut
de « star chez les juifs », comme dit Patrick Gaubert, président
de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme)
et député européen UMP. Qui ajoute : « Il
connaît toutes les fêtes et les rites de la religion sur
le bout des doigts. Il s'adresse de façon exceptionnelle, pour
un non-juif, à une communauté qui aime qu'on l'aime. Il
a donné le sentiment aux gens qu'il était le seul à
faire quelque chose pour eux, le seul qui puisse nous sauver de l'antisémitisme
ambiant. » Son passage à l'Intérieur va encore lui
permettre de renforcer ses liens avec les juifs pour mieux les convertir
au sarkozysme. Dès son installation, il explique, les yeux dans
les yeux, à Chirac qu'« il ne faut pas être trop
intelligent avec les actes antisémites en cherchant des explications,
mais qu'il faut être sévère ». Les principaux
lobbies juifs américains le portent au pinacle, tel David Harris,
le directeur de l'AJC, qui le présente comme « un homme
de charisme, de vision, de courage, de dynamisme ». Les dirigeants
israéliens voient en lui un futur chef d'Etat et, surtout, un
homme susceptible de mettre fin au dogme gaulliste de « la politique
arabe de la France ». « Il n'a pas la politique étrangère
de la France à son passif, comme d'autres dirigeants qui portent
comme une croix les mauvaises relations avec Israël », souligne
Roger Cukierman, président du Crif. »
Source : Libération, 14 décembre 2004
Al
Manar a cessé d'émettre via Eutelsat
La télévision du mouvement chiite libanais Hezbollah Al
Manar a cessé de diffuser ses programmes vers la France via le
satellite Hot Bird 4 d'Eutelsat mardi à 15h00 heure française,
a annoncé l'opérateur.
Au lendemain de la décision du Conseil d'Etat d'interdire la
diffusion d'Al Manar en France, Eutelsat a précisé dans
un communiqué que la chaîne libanaise avait décidé
d'arrêter "volontairement" sa diffusion via Hot Bird
4.
Le Conseil d'Etat avait donné 48 heures à Eutelsat pour
faire cesser la transmission d'Al Manar, accusée de diffuser
des programmes antisémites et des appels à la violence.
Al Manar était en fait diffusée via le satellite de l'opérateur
français dans le cadre d'un bouquet de neuf chaînes arabes
émis en multiplex de Tunis par la société Arabsat.
Toute la difficulté était d'arrêter la diffusion
de la télévision du Hezbollah sans pénaliser les
autres chaînes.
L'arrêt de la diffusion d'Al Manar via Eutelsat ne suffira pas
à empêcher la chaîne libanaise d'être vue en
France et en Europe. Trois autres satellites diffusent encore la chaîne
islamiste vers l'Europe, a souligné Giuliano Berretta, PDG d'Eutelsat.
Il suffira aux téléspectateurs jusqu'ici "branchés"
sur Eutelsat de modifier l'orientation de leur parabole de réception.
Source : Reuters, 14 décembre 2004
Contre
la décision du Conseil d'Etat visant Al Manar
par le Conseil National de la Résistance des Journalistes, Paris,
14 décembre 2004
Statuant
en référé, la section de contentieux du Conseil
d'Etat s'est prononcé en faveur de l'interdiction de diffusion
sur le territoire français d'Al-Manar, la chaîne de télévision
de la Résistance Libanaise. Cette décision comporte des
attendus inadmissibles, inquiétants, lourds de dangers pour la
liberté de la presse dans notre pays - une liberté qui,
faut-il le rappeler, n'a pas été octroyée par l'Etat,
mais arrachée de haute lutte par la Révolution Française,
prolongée par les sacrifices des combattants de la Résistance
patriotique contre l'occupation nazie. Le Conseil d'Etat ne tire, certes,
pas argument du feuilleton inacceptable, raciste et vulgaire diffusé
par la chaîne il y a quelques mois, à la suite d'une défaillance
de contrôle, corrigée depuis. C'est heureux. Car s'il fallait
interdire, sur les chaînes de télévision françaises,
ou diffusées en France, toutes les émissions racistes,
vulgaires, etc, il ne resterait plus grand chose. Où irions-nous?
Il est aujourd'hui reproché à la chaîne de télévision
de la Résistance Libanaise la diffusion d'informations et de
commentaires "contenant une incitation à la haine ou à
la violence pour des raisons de religion ou de nationalité."
Mais alors, sauf à admettre que le Conseil d'Etat se prostititue
en adoptant "deux poids et deux mesures", comment tolérer
la diffusion de LCI, dont un des principaux éditorialistes, aujourd'hui,
fort heureusement, mais pour d'autres raisons, écarté
des écrans, avait publiquement affiché sa peur, son horreur,
son aversion violente et sa haine pour une grande religion, l'islam?
("islamophobie: aversion haineuse pour l'islam; judéophobie:
aversion haineuse pour la religion juive, ou pour les Juifs, en général).
Et comment tolérer que la presse de caniveau, qui s'est livré,
tout le monde s'en souvient, pendant plusieurs jours, au mois de juillet
dernier, à un lynchage raciste contre les "jeunes de banlieue"
indisctinctement et faussement accusés d'une agression antisémite
purement imaginaire continue à bénficier des subsides
de l'Etat, sans lesquels son pitoyable niveau de diffusion ne lui permettrait
pas de survivre? Plus grave encore, ce sont clairement les reportages
et commentaires d'Al-Manar sur la Résistance du peuple palestinien
contre l'oppression coloniale et la discrimination raciale qui sont
aujourd'hui spécifiquement visés par le Conseil d'Etat.
Et cela au moment où, précisément, dans Gaza occupée,
au terminal de rafah, ce 12 décembre, la Résistance Palestinienne
vient de réaliser une de ses opérations les plus glorieuses
en plaçant une forte charge d'explosifs sous un poste militaire
de l'armée d'occupation raciste - prouvant par là-même
la possibilité d'une stratégie de résistance militaire
populaire frappant directement les forces d'occupation coloniales, même
sur leurs points forts, comme l'avait toujours recommandé le
Président Arafat (Abou Ammar), le de Gaulle palestinien. Nous
journalistes français, ou journalistes étrangers travaillant
en France, fidèles aux valeurs universelles de la Résistance
des peuples face à l'humiliation, la discrimination et l'oppression,
fidèles aux valeurs fondatrices de la Révolution Française
et de la République Française, et plaçant notre
action de défense de notre profession dans la tradition et les
valeurs du Conseil National de la Résistance: - apportons notre
soutien à nos confrères d'Al-Manar, touchés par
une mesure injuste et discriminatoire, dont il n'est pas possible à
ce jour de dire s'il faut l'attribuer à un parti-pris politique,
à une haine politique, ou à un a-priori purement et simplement
raciste, islamophobe et pro-Israélien. - au travers de ce soutien
à nos frères et s¦urs journalistes, nous confirmons
notre soutien à la Résistance Libanaise, comme à
la Résistance des peuples palestinien et irakien confrontés
à des guerres d'agression coloniale, immorales autant qu'illégales,
et à celle du peuple iranien menacé d'agression ou de
sanctiosns pour son refus d'accepter le monopole nucléaire d'Israël
dans la région. - dans un esprit positif, dans un souci de conciliation
et de mesure, nous proposons qu'un groupe de journalistes professionneles
français ou travaillant sur le sol de France entreprenne une
mission d'étude et de conseil auprès d'Al-Manar, pour
permettre à la chaîne de poursuivre son travail en toute
liberté, en résistant au harcèlement de groupes
de pression à la solde d'un Etat étranger, et aux persécutions
judiciaires. - nous appelons toute la profession à se mobiliser,
comme les meilleurs d'entre nous l'ont fait pour soutenir nos confrères
Jacques-Marie Bourget, de Match, victime d'une tentative d'assassinat
par un "sniper" israélien, au cours d'un reportage,
à Ramallah (il souffre toujours des séquelles d'un tir
de précision à longue distance visant le thorax gauche
- le c¦ur) et Alain Ménargues, licencié de RFI
après une campagne haineuse de certains syndicats de journalistes,
pour avoir déclaré, hors antenne, et à l'occasion
de la diffusion d'un livre, qu'Israël est "un Etat Raciste".
Sur ces bases, qui incluent, bien entendu, la condamnation de toute
forme de racisme, sans hierarchie ni exclusive, nous appelons à
la création d'un Conseil National de la Résistance des
Journalistes, pour la liberté de la presse et la liberté
de tous, pour la dignité de l'oinformation, contre la discimination
et la censure.
CNRJ - Contact provisoire : Jean-Paul Cruse (Libération: 1977-1994.
VSD: 1998-2002. Carte professionnelle 41 574). Courriel : JPCruse@ifrance.com
Sur
les relations entre l'Union Européenne et Israël
par Bernard Bot, ministre néerlandais des Affaires étrangères,
Présidence de l'Union Européenne, 14 décembre 2004
L'UE et Israël ont aujourd'hui tenu leur cinquième rencontre
dans le cadre des discussions du Conseil de coopération.
Elles ont été particulièrement fructueuses : en
effet il y a maintenant un accord politique sur le plan d'action commun
UE - Israël.
C'est pourquoi je voudrais exprimer ma gratitude à tous ceux
qui ont participé à l'établissement de ce plan
-nos amis israéliens, la Commission, le Haut Représentant
et son équipe ainsi que les présidences antérieures.
La mise en oeuvre du plan aura lieu au début de l'an prochain
[ 2005 ] , lorsque l'ensemble des procédures officielles auront
été achevées.
En attendant, je tiens à insister sur l'importance de ce plan
:
Pour commencer, ce plan servira de base à l'approfondissement
de notre dialogue et de notre collaboration non seulement par rapport
à des questions du domaine politique, telles que le processus
de paix au Moyen-Orient, mais aussi à des questions telles que
les menaces internationales posées par le terrorisme et la prolifération
des armes de destruction massive. Ce plan d'action est adapté
à Israël et répond à des besoins spécifiques.
Il offre en outre la possibilité d'entamer une collaboration
plus étroite entre l'UE et Israël dans le domaine économique
: les programmes communautaires européens sont maintenant ouverts
à Israël.
En conclusion, je suis convaincu que ce plan d'action est l'instrument
indispensable qui permettra à Israël, un proche voisin de
l'Union, de vivre en paix dans un environnement stable.
Une déclaration scandaleuse
par Robert Thompson, avocat honoraire, 15 décembre 2004
Ayant passé des années à travailler dans le domaine
international, je suis choqué par le texte de cette déclaration
de la Présidence de l'Union Européenne. Elle évite
de façon tortueuse la clarté qui doit sortir de toute
déclaration de principe, et elle laisse sans réponses
les questions qui doivent trouver des réponses avant l'ouverture
des tout premiers pourparlers.
Ce fameux "Etat d'Israël" refuse de se conformer aux
règles les plus élémentaires du droit international,
et ceci implique à mon avis que sa parole donnée n'a aucune
valeur. Comment peut notre Union entamer des négociations sans
avoir au préalable des assurances que l'autre partie accepte
de revenir à la légalité ?
L'Union aurait dû insister sur une confirmation immédiate
que les colons seraient retirés des territoires occupés
depuis 1967, y compris de Jérusalem Est, et que le mur de la
honte serait rasé et des compensations adéquates versées
aux expropriés. Un retour à la "Feuille de Route"
lâchée par les Etats Unis à la demande de Monsieur
Sharon devrait figurer parmi les demandes préalables.
La Présidence aurait dû insister avant toute chose sur
le devoir du gouvernement israélien, si nous devons accepter
l'existence d'un état ouvertement raciste tout près de
nous, de respecter au moins le droit international.
En cas de refus, il est de notre devoir de continuer à nous opposer
au droit de cet état néo-fasciste de vivre en paix sans
qu'il n'y ait justice pour nos frères et soeurs palestiniens.
La déclaration semble justifier les horreurs de tout régime
totalitaire, tel que ceux qui ont sévi en Europe sous les nazis
ou sous les stalinistes.
Demandons tous à nos chefs politiques d'insister sur une solution
démocratique au problèmes de la Palestine fondée
sur la justice selon notre devise nationale "Liberté, Egalité,
Fraternité" et non pas sur le simulacre de la démocratie
prôné par les administrations successives des Etats Unis.
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