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Protocoles des Fous de Sion

18/12/04 - «Vos valeurs sont celles des Européens. Vous êtes plus proches de nous culturellement que de certains de vos voisins. Israël fait partie de ces pays avec lesquels l'Union européenne doit travailler plus étroitement » : Sarkozy dans le texte
Discours prononcé par Nicolas Sarkozy, président de l'UMP, à la Conférence 2004 d'Herzliya le 16 décembre 2004
La conférence d'Herzliya a lieu chaque année en Israël, à Herzliya, une localité près de Tel Aviv baptisée d'après Theodor Herzl. Elle est organisée par The Institute for Policy and Strategy (IPS), créé en 2000 au sein de la Lauder School of Government, Diplomacy and Strategy, dans l'enceinte du Interdisciplinary Center Herzliya (IDC). La Lauder Schhol a été créée elle-même par Ronald S. Lauder, un poids lourd de l'establishment sioniste. Cet homme d'affaires international, ancien ambassadeur US, est président du Fonds national Juif, trésorier du Congrès juif mondial, président du Conseil de l'héritage juif etc. etc.
Le directeur de l'Institut et président de la Conférence d'Herzliya est Uzi Arad. Diplômé de Harvard et Princeton, cet ancien aviateur a été reponsable du Mossad de 1975 à 1999, puis directeur de la Division du renseignement et conseiller en politique étrangère du Premier ministre Netanyahu. On peut dire sans se tromper que l'IPS est l'Université du Mossad et la Conférence annuelle sa vitrine.
L'intitulé de la conférence annuelle d'Herzliya est : "Balance of Israel's National Security", bilan de la sécurité nationale d'Israël. En quelques années, c'est devenu l'équivalent du Forum de Davos pour le sionisme. Cette année étaient inscrits 147 participants et orateurs appartenant à la fine fleur du sionisme mondial, de Kenneth Abramowitz, patron du groupe Carlyle à Mortimer B. Zuckerman, patron du US News and World Report, en passant par tous les chefs de partis israéliens, des généraux, des diplomates, des chefs d'entreprise, des universitaires et des journalistes. Un des rares sinon le seul Palestinien parmi ce beau monde était Yasser Abed Rabbo, membre du Comité exécutif de l'OLP et initiateur avec Yossi Beilin, de l'Initiative de Genève.
Nicolas Sarkozy était une des "guest stars" de la conférence, commencée le lundi 13 décembre et achevée le jeudi 16 décembre. Il est intervenu en milieu de journée, le jeudi 16, après une matinée consacrée au "développement du Néguev", à la "feuille de route" et aux "alternatives jordaniennes", où l'on a pu entendre des interventions comme celle du député de la Knesset Binyamin Elon, intitulée : « La Jordanie comme État national palestinien - Une base pour un accord régional » (sic!). pour en savoir plus sur la Conférence d'Herzliya, aller à : http://www.herzliyaconference.org

Mesdames et messieurs,
C'est un plaisir et un honneur pour moi d'être votre invité aujourd'hui. Je remercie Uzi Arad de cette invitation, qui m'a donné l'occasion de revenir en Israël. Je sais le très grand prestige de votre conférence pourtant de création récente. S'il n'y avait la francophilie d'Uzi Arad, qui connaît bien la France pour y avoir vécu à plusieurs reprises, j'aurais été étonné de cette invitation. Après tout, je ne suis plus ministre et je suis français. Finalement je n'en suis que d'autant plus libre pour évoquer avec vous quelques grands sujets.
Puis-je d'abord vous dire ma conviction que la politique internationale, la diplomatie, les relations entre les Etats doivent gagner en transparence, en simplicité, en sincérité. Si l'on veut que les peuples comprennent les enjeux, y adhèrent, les partagent il faut qu'ils puissent appréhender les éléments de chaque situation. Le parler vrai, le parler simple, le parler direct va devenir un impératif de la scène internationale comme il l'est devenu de la scène nationale. Obtenir des résultats, affronter des réalités, se dire des choses me semble une méthode toujours préférable à celle qui consiste à contourner les problèmes, à emprunter un langage codé et à imaginer que le temps, comprenez la perte de temps, finit toujours par arranger les choses.
La diplomatie ne peut plus être une affaire de spécialistes dans un monde interdépendant où tous nous dépendons de chacun. Les limites entre ce qui est international et ce qui est national s'estompent. Les mêmes règles doivent donc s'appliquer. La démocratie a ses exigences et au premier rang la transparence. La diplomatie n'a rien à redouter de cette dernière.
Puis-je ensuite défendre l'idée que dans le monde multipolaire qui est le nôtre depuis la chute du mur de Berlin, il n'y a plus de pays qui sous prétexte qu'il soit petit par la taille, par l'économie ou par la démographie puisse accepter que d'autres parlent en son nom ou que lorsqu'il parle sa voix ne soit pas respectée. Je ne suis pas venu en Israël pour donner des conseils, d'ailleurs à quel titre. Je suis venu pour écouter, pour comprendre et pour partager. Je sais, ce ne sont que des mots. On ne partage pas la souffrance et la peur de l'extérieur. Mais c'est ma façon de vous dire que la souffrance et parfois la peur du peuple israélien sont des éléments de sa dignité. C'est pour cela que vous devez bénéficier du respect du monde pour cette démocratie que vous avez réussi à construire ici.
Je sais très bien qu'au-delà des grandes déclarations d'amitié entre Israël et la France, il y a eu entre nous beaucoup de malentendus qui ont pu conduire à des incompréhensions. Vous aimez la France, mais vous doutez que la réciproque soit vraie. En particulier, pourquoi cacher les choses ? Vous êtes inquiets de la vague d'actes d'antisémitisme qu'a connu la France ces dernières années. Disons même les choses comme elles sont : selon un sondage de mai 2004, 86 % des Israéliens interrogés pensent que les Français sont antisémites. Vous le voyez, c'est ma manière de faire. Je dis les choses telles qu'elles sont. J'essaye d'établir un diagnostic sans complaisance. C'est la seule solution pour trouver les bonnes réponses et surtout rétablir la confiance.
Alors je vous demande de me croire lorsque j'affirme que la France n'est pas antisémite même si hélas il y a de l'antisémitisme en France. Ceux qui me connaissent savent que la première chose que j'ai faite lorsque je suis devenu en 2002 ministre de l'Intérieur de la République française, ce fut de reconnaître l'ampleur du problème, qui avait trop longtemps été sous-estimé. Nier le problème, c'était ajouter à la souffrance de ceux qui avaient été agressés l'humiliation de se voir dénier le statut de victime.
J'ai demandé aux services de police d'harmoniser leurs statistiques avec celles des organisations juives de France. J'ai ensuite fait protéger par la police les synagogues et les écoles juives. J'ai demandé aux forces de police d'agir sans faiblesse, de ne rien laisser passer, et j'ai fait poursuivre ceux qui s'étaient rendus coupables d'actes antisémites.
De même je n'ai pas accepté que l'on outrage le drapeau d'Israël : ceux qui au cours d'une manifestation l'ont souillé d'une croix gammée ont été mis à la disposition de la justice qui les a condamnés à de la prison ferme. Cette stratégie de refus de toute complaisance a fini par porter ses fruits puisque ceux qui avaient tenté de détruire un local de la synagogue de Montpellier ont été condamnés à des peines allant jusqu'à quatre ans de prison ferme, comme ceux qui avaient tenté de détruire la synagogue de Cronenbourg, en Alsace. Cette année-même, le tribunal correctionnel de Dijon a condamné un homme qui avait tenu des propos antisémites à deux mois de prison ferme. Et dernièrement, le jeune homme de 22 ans qui avait profané le mémorial de Fleury-devant-Douaumont dans la Meuse a été condamné à deux ans de prison dont un an de prison ferme.
Enfin à l'initiative du parlementaire Pierre Lellouche, nous avons à l'unanimité de toutes les forces politiques françaises aggravé les peines punissant les infractions à caractère raciste ou antisémite. Vous le voyez, c'est maintenant la France entière qui est engagée dans la lutte contre l'antisémitisme. Nous le devons à tous ceux qui ont disparu dans l'horreur de la Shoah, comme à tous ceux qui en sont revenus. Nous vous le devons.
J'ajoute deux choses. La première, c'est que l'antisémitisme ne s'explique pas puisqu'il est inexcusable. Il se combat. Chercher à expliquer l'inexplicable, c'est se préparer à excuser l'inexcusable. La deuxième, c'est que la lutte contre l'antisémitisme n'est pas l'affaire des juifs de France. C'est l'affaire de tous les Français. Insulter un juif parce qu'il est juif, c'est insulter la république dans son ensemble. Et la république doit réagir, comme elle doit réagir contre toutes les formes de racisme et de xénophobie.
S'agissant de la diplomatie, je sais aussi que les Israéliens se demandent parfois si la France est toujours votre amie. Et je sais qu'alors qu'Israël a fait presque quotidiennement l'épreuve cruelle du terrorisme aveugle et barbare, vous avez eu le sentiment qu'en France, on restait trop insensible à votre souffrance, et qu'à tout le moins vous n'aviez pas toujours ressenti notre compassion.
Alors soyons clairs : la France n'a jamais transigé et ne transigera jamais avec la sécurité d'Israël. A nos yeux il n'y a pas plusieurs formes de terrorisme dont certaines seraient plus acceptables que d'autres : toutes sont abjectes. Je sais l'horreur de ces attentats : le Dolphinarium, Netanya, la pizzeria Sbarro, les deux enfants de Sderot... Nous sommes solidaires de la souffrance de vos victimes. Face à ce fléau commun, notre détermination est totale : rien n'excuse, rien n'explique un attentat.
Je n'oublie pas non plus que 27 Français ont été tués en Israël dans des attentats. Qu'il me soit donné ici l'occasion de redire ma compassion sans réserve pour toutes les victimes du terrorisme, et mon admiration pour le courage et la force de caractère des citoyens israéliens, qui font face à ce danger permanent et continuent de bâtir un grand Etat, une démocratie vivante et une économie vigoureuse. Je ne dis pas cela parce que je suis votre invité. Je le dis parce que je le pense !
Je voudrais aborder maintenant trois questions avec vous. Où en est la relation entre Israël et la France ?J'ai lu que des sondages récents montraient une faible sympathie des Israéliens pour les Français. Je le regrette, car malgré les désaccords, cette situation est à bien des égards paradoxale, c'est même un contre-sens. Il y a 80 000 Français et 500 000 francophones en Israël et 600 000 Français de culture ou de confession juive en France, qui représentent la troisième communauté juive au monde par le nombre, après les Etats-Unis et Israël. L'histoire elle-même nous a davantage rapprochés qu'elle nous a séparés. C'est à Paris que Ben Gourion établit son quartier général après la deuxième guerre mondiale. C'est en combattant en Syrie au côté des forces françaises libres que Moshe Dayan perdit son oeil. Nos soldats ont combattu ensemble en 1956. Et je sais d'expérience que nos services de renseignement travaillent très étroitement ensemble, y compris sur des missions difficiles. Quant aux liens économiques et commerciaux entre nos deux pays, ils sont chaque jour plus solides. Le commerce franco-israélien a quasiment doublé depuis le début des années 1990, atteignant aujourd'hui près de 2 milliards d'Euros. Nous constatons à la fois une forte progression de nos exportations vers Israël et de celles d'Israël vers la France. Et, preuve de la vitalité de l'économie israélienne, cette progression n'est pas limitée à tel ou tel secteur. Tout au contraire, elle concerne en pratique tous les secteurs d'activité.
Concrètement, les entreprises françaises qui ont fait le choix stratégique de s'implanter en Israël sont de plus en plus nombreuses ces dernières années : Veolia, Danone, Schneider, l'Oréal, Aventis, Alcatel, Vilmorin, Rhodia, ... Dans le secteur bancaire : BNP-Paribas, Calyon, CIC, Dexia ou la Compagnie Edmond de Rothschild. Réciproquement, un véritable courant d'investissements israéliens en France tend désormais à se développer. C'est le cas en particulier dans l'électro-ménager, avec le rachat de Brandt par le groupe israélien ELCO, de la filiale française de Bayer par le groupe pharmaceutique israélien TEVA, ou plus récemment d'Allibert par le groupe israélien de plasturgie KETER.
Les investisseurs français ne doutent pas du potentiel de votre économie. Plus profondément encore, ils ont confiance en Israël et en sa population. Je citerai à cet égard deux projets exemplaires où nos entreprises se sont engagées.
En premier lieu, le groupe Véolia, avec ses partenaires israéliens, est en train de construire à Ashkelon une usine de dessalement d'eau de mer de 120 millions de mètres cubes, la plus grande du Moyen Orient, qui devrait être opérationnelle dès l'année prochaine. Par ailleurs, Alstom et Connex vont construire et exploiter, avec leurs partenaires israéliens, la première ligne de tramway de Jerusalem. Ces deux projets représentent chacun plusieurs centaines de millions d'Euros d'investissements et sont parmi les plus importants d'Israël en termes d'infrastructures publiques : il n'y a pas je crois de meilleure illustration de l'intensité et de la qualité de notre coopération.
Je souligne d'ailleurs que les entreprises françaises n'ont pas eu tort de faire le pari israélien puisque l'économie israélienne a retrouvé le chemin d'une croissance vigoureuse, qui avoisinera cette année les 4%. Je voudrais à cet égard saluer la courageuse politique de réformes structurelles mise en oeuvre en Israël en termes de fiscalité, de transferts sociaux, de privatisations ou de réformes du système financier. Ces réformes sont le gage d'une meilleure compétitivité et d'une croissance durable.
Au-delà des malentendus de circonstance, la réalité, c'est que nous avons beaucoup en commun et que nous ne pouvons nous permettre des désaccords durables qui n'auraient comme résultat que de nuire à nos deux pays.
Comment pouvons-nous construire une relation désormais indispensable entre l'Europe et Israël ?
Là aussi, je veux parler librement. Je sais que l'Europe évoque encore parfois pour vous les souffrances indicibles du peuple juif, des persécutions du Moyen Age, de l'expulsion des Juifs d'Espagne et du Portugal en 1492, à la Shoah. Mais regardons en face les choses. Notre avenir est commun, car nous sommes voisins, et ni vous ni nous n'allons changer d'adresse. Nous partageons la même mer : la Méditerranée. Vos valeurs sont celles des Européens. Vous êtes plus proches de nous culturellement que de certains de vos voisins.
L'Union européenne est votre premier partenaire économique : 40% de vos importations, 30% de vos exportations. Par ailleurs, et ce n'est pas rien, nous n'avons pas besoin de visa pour venir en Israël, et vous non plus pour venir dans l'espace Schengen. Alors, même si votre premier réflexe est de vous tourner vers les Etats-Unis, vous ne devez pas oublier l'Europe.
Quel est mon raisonnement ?
L'Europe doit être un pôle de stabilité pour elle-même, et un garant de stabilité pour les autres. L'Europe est une puissance économique qui peut vous aider à développer la croissance dans votre région, à faire reculer la pauvreté dont se nourrissent tous les extrémismes, à créer des intérêts entre vous et vos voisins qui mieux que tous les traités enracinent la paix. L'Europe ne doit pas, ne peut pas oublier qu'elle est une puissance méditerranéenne. Derrière la question de la Turquie, c'est en fait toute la problématique de nos rapports avec la Méditerranée qui se profile. Question vitale pour toute l'Europe du Sud mais également pour l'identité européenne qui doit tant à la civilisation méditerranéenne. C'est la raison pour laquelle je milite pour des partenariats privilégiés avec les pays de la région, au premier rang desquels j'inscris Israël. Cette solution me semble bien préférable à celle de l'adhésion à l'Union européenne.
L'Union fonctionnait déjà difficilement à 15, nous découvrons maintenant la difficulté de prendre des décisions à 25, et nous devons dès maintenant préparer un nouvel élargissement à la Bulgarie, la Roumanie et, très vite sans doute, la Croatie.
Mais tout nouvel élargissement, qu'il apparaisse légitime ou non au regard de l'histoire et de la géographie des nouveaux candidats, reviendrait à revoir nécessairement à la baisse les objectifs de l'Union européenne. Plus nous serons nombreux, moins nous serons intégrés. Moins nous serons intégrés, plus nous serons fragiles. C'est ce que je ne veux pas. L'Union européenne est un projet en soi. Elle ne doit pas être une simple zone de libre-échange. Le cadre européen doit nous permettre de bénéficier d'effets d'échelle et de partager des valeurs bien au delà du seul grand marché de 450 millions de consommateurs.
Je crois à la logique, à l'intérêt mutuel et surtout à la nécessité de Partenariats euroméditerranéens pour organiser la coopération autour de notre mer commune. D'ailleurs, les outils de coopération se sont multipliés depuis 10 ans : Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures, Facilité euroméditerranéenne d'investissement et de partenariat, Fonds Meda, sans il est vrai que des résultats concrets puissent d'ores et déjà être valablement mis en avant.
Ma conviction est que nous devons ensemble être plus pragmatiques pour être plus efficaces. Nous, les Européens, nous avons entamé la construction européenne pour enraciner la paix. La première pierre de cet édifice, la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA), était un projet extrêmement concret, avec une logique supranationale. Pourquoi ne pas imaginer pour vous et vos voisins immédiats une organisation régionale en charge de la gestion des ressources en eau ? Pourquoi ne pas réfléchir à des réseaux régionaux de transport, et concevoir des voies de communication entre Israël et ses voisins ? Nous devrions aussi favoriser l'intégration de la zone euroméditerranéenne par des grands projets régionaux dans le domaine des télécommunications. Israël, avec sa très grande compétence en matière de haute technologie, doit y prendre toute sa part.
Et, pour aller encore un peu plus loin, pourquoi ne pas envisager un marché commun de la Méditerranée de l'Est, avec Israël, le futur Etat palestinien et la Jordanie ? Pourquoi à plus court terme ne pas étendre à Israël le bénéfice de ce que les spécialistes appellent les « droits consolidés » et qui dans le cadre des dispositions de l'OMC permettront de créer entre l'Europe et les pays de la Méditerranée une zone de solidarité favorisée par des droits de douane réduits, pour mieux faire face à la concurrence de l'Asie ? De façon générale, lorsque les modalités d'une paix juste auront été agréées par chacun, c'est bien un véritable Plan Marshall européen qu'il faudra mettre en oeuvre dans la région. On n'a jamais rien imaginé de mieux pour enraciner la paix que le développement d'intérêts économiques partagés et croisés.
Il m'apparaît légitime enfin que l'Union européenne accorde sa confiance et son aide en priorité à ceux de ses voisins dont les valeurs sont les plus proches des siennes. Je crois plus juste d'engager une coopération approfondie avec une démocratie vivante et stable qu'avec un régime autoritaire. Israël fait partie de ces pays avec lesquels l'Union européenne doit travailler plus étroitement. Elle le fait déjà dans un certain nombre de domaines, et notamment en matière de recherche et de technologie, puisque l'Europe lui a déjà ouvert son Programme Européen de Recherche et de Développement, et puisque Israël a décidé de s'associer au projet européen Galileo. Israël et ses entreprises seront associés au développement de ce projet destiné à doter l'Europe, en 2008, de son propre système de radionavigation par satellite à couverture mondiale, concurrent et complément du GPS américain. Tout ceci est bien, mais on doit faire beaucoup mieux encore. Dans la recherche-développement par exemple, que ce soit par l'échange scientifique ou par la création d'outils financiers adaptés aux entreprises naissantes, ou bien dans l'échange d'étudiants : j'appelle de mes voeux la création de cursus universitaires qui permettent aux jeunes d'obtenir leurs diplômes en alternant les études dans les universités européennes et dans les universités israéliennes.
Un lien renforcé nous permettrait de travailler ensemble plus étroitement sur un certain nombre de politiques communes. Nous devons aller beaucoup plus loin que l'accord d'association de 1995. Et à cet égard je souhaite faire une proposition de méthode. L'Union européenne a passé des accords d'association avec plusieurs pays. Je suggère qu'une revue de ces accords soit faite et que, secteur par secteur, l'Union européenne et Israël s'efforcent de rechercher le meilleur niveau d'association qui a été atteint. C'est un niveau exceptionnel de coopération qui serait ainsi atteint. Je me félicite que les négociations entre la Commission européenne et Israël aient enfin abouti il y a quelques jours à l'adoption du plan d'action pour la politique de voisinage avec Israël. Je serai toutefois attentif à sa portée réelle. Je souhaite que soit véritablement ouverte la possibilité pour Israël de prendre part aux programmes communautaires, de mieux participer au marché unique européen, et de bénéficier également des aides ciblées en matière d'énergie, de transport et de lutte contre les trafics et l'immigration illégale.
Alors bien sûr, ce rapprochement que nous appelons de nos voeux sera facilité par l'établissement d'une paix juste et durable dans la région. Soyez-en persuadés : rien de ce qui se passe dans votre pays n'est indifférent aux Européens en général et aux Français en particulier. Nous suivons de près la situation en Israël et au Moyen Orient.
Les Français comme leurs voisins sont également attentifs à la cause des Palestiniens. Acceptez que je vous dise quelques mots en ami sur ce sujet.
Ma conviction est non seulement que les Palestiniens dans leur majorité ont intérêt à la paix pour leurs enfants, mais surtout que cette paix n'est pas nécessairement lointaine. Et quoi que vous pensiez des Palestiniens, c'est finalement avec eux que vous ancrerez la sécurité dans une paix juste. Cette paix sera juste parce qu'elle sera négociée, et parce que vos ennemis d'hier comme vous y trouveront leur compte.
Les Palestiniens vont choisir leur nouveau dirigeant. J'imagine bien que vous, qui avez toujours vécu en démocratie, avez des opinions bien arrêtées sur la personnalité des candidats déclarés. Mais quel que soit celui que les Palestiniens élisent, il sera pour vous le bon interlocuteur pour bâtir la paix. Il sera le bon partenaire parce qu'il sera celui que les Palestiniens auront choisi démocratiquement, et le peuple a toujours raison lorsqu'il s'exprime par la voie des urnes. La démocratie, ce n'est pas que les élections, mais sans les élections, il n'y a pas de démocratie. Il est essentiel pour vous comme pour eux que ces élections se déroulent dans la transparence, et que chaque Palestinien puisse s'exprimer en toute liberté. Cela suppose de votre part des gestes pour faciliter l'exercice du vote, et donc pour faciliter la circulation des candidats et des électeurs.
Je veux rendre hommage au Premier ministre d'Israël, Ariel SHARON, qui a eu le courage politique et physique de prendre une décision historique et de s'y tenir. Rares sont les hommes politiques qui prennent le risque d'aller un moment contre leur camp, contre leurs alliés, contre leurs ministres, pour imposer une idée qu'ils croient juste. C'est une opportunité pour Israël. Ce n'est pas la première fois qu'un grand chef de guerre - et Ariel SHARON est le héros de toutes les guerres d'Israël - deviendrait un faiseur de paix.
Je sais que pour les 8.000 Israéliens qui sont installés a GAZA, qui y ont travaillé la terre et l'ont faite prospérer, partir sera un déchirement. Je sais qu'il y a des enjeux bien plus importants que ceux que nous pouvons connaître en Europe, nous qui avons la chance de vivre en paix avec nos voisins. Mais je connais l'esprit de raison du peuple israélien, qui, est comme bien des peuples, en avance sur certaines de ses élites, puisqu'il soutient le plan de retrait de GAZA à une très large majorité.
Mais la sincérité m'oblige à rappeler que vous n'aurez pas réglé le problème de votre coexistence avec les Palestiniens quand vous vous serez retirés de Gaza. Il vous faudra encore aider vos voisins à se constituer en un État viable du point de vue économique, un Etat dont ils ont besoin du point de vue politique. Il faudra aussi trouver une solution pour la Cisjordanie. La situation ne pourra durablement rester ce qu'elle est aujourd'hui. Personne ne saurait perdre de vue cette réalité fondamentale : un peuple occupé ne renoncera jamais, quoi qu'il endure, l'histoire le montre.
Mesdames et Messieurs, je suis venu en ami d'Israël. J'arrive maintenant au terme de mon voyage chez vous. J'ai beaucoup appris en me confrontant à la géographie des lieux et au peuple israélien. Je vous souhaite le meilleur pour les mois et les années qui viennent. Ne l'oubliez jamais. La paix chez vous, c'est davantage de paix dans le monde. Ce que vous réussirez pour vous, vous le réussirez pour le monde.
Source : UMP, Union pour un Mouvement Populaire, 16 Décembre 2004

Al Manar pourrait être interdite aux USA en tant qu'«organisation terroriste»
Le département d'État a annoncé mercredi qu'il envisageait de déclarer la chaîne de télévision Al Manar comme «organisation terroriste », ce qui permettrait d'interdire sa diffusion aux USA en exposant les diffuseurs à de lourdes amendes ou des poursuites. La Commission fédérale des communications avait déclaré qu'elle ne pouvait rien faire contre la chaîne puisqu'elle est diffusée par satellite et n'est pas américaine. Une "télévision terroriste", voilà une grande première. Décidément, on n'arrête pas le progrès.
Source : CNN, 15 décembre 2004

Rencontre CSA-Al Manar
Les membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) devaient rencontrer vendredi 17 décembre à 15h00, comme prévu, les représentants de la chaîne du Hezbollah chiite libanais Al Manar, bien que celle-ci ait renoncé à être diffusée sur le territoire français par l'intermédiaire du satellite Hot Bird 4 d'Eutelsat.
L'arrêt de la diffusion d'Al Manar laisse en effet intact le problème de la convention conclue entre le CSA et la chaîne libanaise, dont certains programmes s'inscrivent, selon le Conseil d'Etat, "dans une perspective militante, qui comporte des connotations antisémites".
Selon une convention proposée par le CSA, la chaîne s'était engagée à respecter des obligations "rigoureuses", notamment de s'abstenir de tout propos à caractère raciste, xénophobe ou antisémite. En conséquence, elle avait obtenu d'être conventionnée par le CSA le 19 novembre.
Onze jours plus tard, le 30 novembre, le CSA avait mis la chaîne en demeure de "respecter ses obligations légales et conventionnelles".
Le CSA citait un intervenant dans une revue de presse diffusée par la chaîne satellitaire le 23 novembre, dont les propos étaient "de nature à troubler l'ordre public et à porter atteinte aux principes fondamentaux du droit de l'audiovisuel qui prohibe toute incitation à la haine ou à la violence, notamment pour des raisons de religion ou de nationalité".
Selon le CSA, ces propos, attribués à "un expert pour les affaires relatives à l'entité sioniste", constituaient un "manquement à plusieurs stipulations de la convention souscrite par Al Manar".
Le 7 décembre, le CSA avait indiqué qu'il avait décidé d'engager "une procédure de sanction" contre la chaîne après de nouveaux manquements constatés sur son antenne.
Il avait aussi annoncé son intention d'entendre les représentants d'Al Manar "en assemblée plénière" le 17 décembre, au siège du CSA, toute sanction étant soumise à une procédure contradictoire qui permet de faire valoir les droits de la défense. Ces sanctions peuvent aller de la suspension de l'autorisation au retrait de l'autorisation dans les cas les plus graves.
Source : AFP, 17 décembre 2004

Suite aux pressions sionistes, l'Allemagne va fermer ses portes aux juifs de l'ex-URSS
Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot,l'Allemagne a décidé de fermer ses frontières aux juifs de l'ex-Union soviétique et d'annuler leurs possibilités d'obtenir le statut de réfugiés. La décision de Berlin de limiter drastiquement les possibilités d'immigration pour les juifs de l'ex-URSS fait suite à des pressions de responsables politiques israéliens.
L'immigration vers Israêl est en chute libre. En 2004, seules 22 000 personnes ont fait leur aliya. Les juifs de l'ex-URSS préfèrent en effet désormais émigrer en Allemagne.

2236 Français ont émigré en Israël en 2004
L'émigration juive depuis la France vers Israël a atteint son plus haut niveau de ces 30 dernières années, selon un officiel de l'immigration. L'Agence juive a comptabilisé 2 236 Français juifs ayant émigré entre janvier et fin Octobre 2004 (contre 1860 pour la même période en 2003). C'est tout de même loin des 30 000 "olim" visés par l'Agence juive. Il va donc falloir mettre les bouchées doubles dans la campagne sur la "judéophobie" en France...
Source : Haaretz, 15 décembre 2004

Névrose : 86% des Israéliens pensent que la France est hostile à Israël
La "névrose anti-française" dénoncée par l'ambassadeur de France en Israël se confirme. Selon un sondage publié par le quotidien israélien Maariv, 86% des Israéliens estiment ainsi que la France est hostile à Israël, 46% pensent cela de l'Allemagne, 32% de la Russie, 13% de l'Angleterre et 5% des USA. Le sondage révèle également que 16% seulement des Israéliens ont une opinion positive de la France, 40% se déclarent neutres et 40% en ont une opinion négative.

 

17/12/04 - Sujets proposés à un concours d’entrée à Sciences po Paris : une fiction
par Manfred Stricker, 16 décembre 2004
Motto : nihil sine ratione
Vous pouvez choisir l’un des quatre sujets suivants :
1/ la purification ethnique se poursuit en Palestine, sous pression génocidaire (actuellement l’objectif génocide semble même prendre le dessus sur l’objectif purification); les sentiments négatifs envers une minorité s’accroissent dans toute l’Europe et dépassent 60% de la population dans certains pays; la législation anti-raciste se multiplie et se durcit en France; le nombre de policiers employés à s’occuper de telles affaires s’accroît; les magistrats s’occupant de telles affaires font de meilleures carrières et ramassent plus de décorations. Y a-t-il une relation de cause à effet entre ces faits ?
2/ Vous êtes un enseignant devant préparer des étudiants au concours de Sciences po Paris, vous devez leur donner les meilleurs conseils possibles pour qu’ils réussissent au concours d’entrée. Vous devez donc préparer vos élèves à retomber sur leurs pieds dans toutes les situations et à répondre avantageusement aux questions les plus étranges, à l’écrit comme à l’oral. Comment devraient-ils, à vos avis, traiter le sujet n°1 ?
3/ Par accident ou par hasard, vous avez échappé à la formation à la pensée unique dans votre scolarité. Et vous avez même un penchant vers ce qu’on pourrait appeler la philosophie politique, par exemple par la lecture d’ouvrages d’avant la fin du 19ème siècle que vous avez trouvés par hasard dans une bibliothèque de la famille. Trouveriez-vous une raison expliquant que, et comment, et pourquoi les sciences humaines disparaissent peu à peu des universités françaises et de leurs clones privés pour s’enfoncer dans la clandestinité ? Et dans combien de temps, à votre avis, n’y aura-t-il plus du tout de sciences humaines dans les universités françaises ? Décrivez les effets de ces tendances sur la civilisation française, en vous inspirant, éventuellement du célèbre discours sur l’auto-affirmation de l’université allemande tenu par Martin Heidegger en 1933.
4/ Expliquez librement pourquoi vous ne voulez traiter aucun des trois sujets précédents.

Affaire Al Manar
Al Manar et après ?
Éditorial de Richard Labévière, Radio France Internationale, 15 décembre 2004
En décidant elle-même, hier, de suspendre la diffusion de ses programmes en
direction de l'Europe, la chaîne libanaise Al-Manar se soumet à la décision
du Conseil d'Etat et recherche une solution négociée avec Paris.
Lundi dernier, la plus haute instance administrative française a rendu une
ordonnance prescrivant l'arrêt de la diffusion de la chaîne à qui différents
mouvements et associations reprochaient des propos racistes et antisémites.
Al-Manar avait pourtant déprogrammé, en août dernier, un feuilleton syrien
précisément antisémite qui avait suscité un tollé en France.
Hormis l'Europe et le Moyen-Orient, Al-Manar est diffusé par satellite sur l
Afrique et l'Amérique du nord. En vertu du premier amendement, la chaîne
libanaise émet aux Etats-Unis, sans aucune condition posée quant au contenu
de ses programmes. Par ailleurs, il existe un moyen encore plus simple de
regarder Al-Manar, échappant à toute espèce de contrôle: son site Web, sur
lequel est disponible la majorité de ses programmes. C'est dire à quel point
l'affaire est symbolique, revêtant désormais une dimension essentiellement
politique.
En cherchant l'apaisement, la direction de la chaîne rappelle qu'elle a opté
elle-même pour le conventionnement, manifestant sa volonté de se conformer à
la législation française. Ce vendredi, le directeur général de la chaîne
Mohammad Haïdar et son adjoint seront à Paris pour négocier avec le CSA une
sortie de crise. «Sans renoncer à son engagement en faveur de la résistance
du peuple palestinien», explique l'avocat d'Al-Manar, «la chaîne se dit
prête à faire des efforts pour comprendre et tenir compte de la différence
de perception qu'il peut y avoir entre eux et nous». Et la chaîne annonce qu
elle va se doter d'un comité déontologique, chargé d'élaborer un guide
pratique du conventionnement à l'usage des salariés afin d'éviter les
dérapages.
Certes, Al-Manar n'est pas Disney-Channel.
Cette télévision est l'organe d'_expression d'une organisation politique, le
Hezbollah libanais, qu'il faut, bien évidemment, remettre dans son biotope
régional des plus complexes, dans son contexte d'un région en guerre où des
mouvements politico-militaires sont confrontés à une des plus puissantes
armées du monde. Aussi, et c'est une évidence dans l'Orient compliqué, il n
est pas toujours si simple de dire le droit.
Mais l'affaire est également révélatrice d'une évolution significative de la
société française où les communautés, sinon les communautarismes pèsent de
plus en plus à travers des relais associatifs et autres outils d'influence
drainant de plus en plus d'argent, afin d'influencer les choix des pouvoirs
publics. En la matière, l'affaire Al-Manar fera jurisprudence.
Et, il est désormais nécessaire de voir appliquer la même rigueur à l
encontre des autres médias communautaires et communautaristes - radios,
télévisions et sites internet -, notamment ceux qui continuent, en toute
impunité, de cultiver l'arabophobie et la démonisation, sinon la
criminalisation de la résistance palestinienne.

Paris souhaite “européaniser” l’affaire, Beyrouth envisage des mesures de rétorision
Le gouvernement français a saisi l’Union européenne du problème posé par la diffusion par satellite de programmes de chaînes de télévision comme al-Manar, a annoncé mercredi le ministre français de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres.
À Beyrouth, le chef de l’État, Émile Lahoud, s’est réuni avec le président du Conseil national de l’audiovisuel, Abdelhadi Mahfouz, pour discuter des développements de l’affaire. Auparavant dans la journée, 200 étudiants de l’Université libanaise avaient effectué une marche silencieuse symbolique jusqu’au siège de l’ambassade de France.
Selon des sources ministérielles, une position officielle vis-à-vis de l’affaire Al Manar devrait être adoptée, prochainement, en Conseil des ministres.
Place de l’Étoile, la commission parlementaire de l’Information et des Télécommunications s’est réunie mercredi pour appeler, encore une fois, à mettre un terme aux « privilèges » des chaînes françaises qui émettent au Liban. Privilèges régis par des accords signés entre les gouvernements libanais et français et qui se rapportent essentiellement à TV5 et RFI, qui émettent respectivement via Radio Liban et Canal neuf.
À Paris donc, le ministre français de la Culture a déclaré, lors d’une interview donnée à la chaîne France 3 : « Au nom du gouvernement, j’ai fait une démarche auprès de la Commission européenne, auprès de Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la communication, et auprès de la présidence de l’Union européenne, pour que la diffusion par satellite de programmes de chaînes de télévision comme Al Manar fasse l’objet d’une discussion européenne ».
« Nous pouvons en tant que Français être fiers, parce que nous sommes le premier pays sur le plan européen à avoir cette vigilance légitime », s’est réjoui le ministre, alors que la chaîne du Hezbollah a mis fin mardi à ses programmes en direction de la France.
M. Donnedieu de Vabres a indiqué également que le Conseil d’État français a pris une « décision irrévocable concernant l’interdiction de la diffusion de la chaîne Al Manar », ajoutant que « les propos à caractère raciste, antisémite, appelant à la violence et à la haine raciale n’ont pas droit de cité en France ». « Ce n’est pas une décision du gouvernement, c’est une décision de la justice de notre pays », a-t-il poursuivi.
« Eutelsat et Arabsat ont ordonné l’interdiction de la diffusion d’une telle chaîne, non pas en fonction de l’appellation et du nom de la chaîne elle-même, mais exclusivement sur base des propos tenus dans les émissions de cette télévision. La France est un État de droit, nous l’avons montré avec force dans les débats au Conseil de sécurité des Nations unies (...). Nous sommes donc cohérents », a déclaré le ministre.
Viviane Reding avait salué mardi cette décision de la justice française, qui donne selon elle un bon exemple « du partage de responsabilité » dans l’UE.
Les règles européennes, à travers la directive « Télévision sans frontières », « interdisent clairement des émissions incitant à la haine pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité », avait rappelé Mme Reding, estimant que « l’Europe ne peut pas tolérer de tels contenus audiovisuels ».
Le groupe d’amitié France-Israël du Sénat français a, pour sa part, exprimé « sa satisfaction » après l’annonce par la chaîne de sa décision de mettre fin à ses émissions en direction de l’Europe.
Dans un communiqué de son vice-président Jean-Pierre Plancade (PS, Haute-Garonne), le groupe sénatorial « se réjouit qu’une issue appropriée ait pu être trouvée à une situation qui constituait un véritable scandale », évoquant des « émissions prônant ouvertement la haine raciale et invitant même, au moins implicitement, à la destruction physique des juifs ».
Les membres du groupe d’amitié « considèrent que la fermeté de la position du Conseil d’État était la seule réponse possible » et entendent rester « particulièrement vigilants à la suite qui devrait être donnée à ce dossier », indique le communiqué.
Ils veilleront notamment « à ce qu’une modification substantielle des programmes ne constitue pas un simple alibi permettant à Al Manar de briguer de nouvelles autorisations d’émettre en France ou dans un autre pays de l’Union européenne ».
L’arrêt de diffusion d’Al Manar en France a provoqué une flopée de réactions dans le monde arabe. En Égypte, notamment les représentants des Frères musulmans, du Hamas et du Jihad islamique ont condamné l’ordonnance de la justice française.
Source : L’Orient-Le Jour, 16 décembre 2004

Racisme et antisémitisme : un rapport appelle l'État français à "assumer son devoir"
par Sylvia Zappi, Le Monde, 17 décembre 2004
Le "plan d'action" que le Haut Conseil à l'intégration devait présenter, jeudi, déplore "la détérioration des relations intercommunautaires".
"Pour une mobilisation nationale et locale de l'Etat républicain." Face à la montée du racisme et de l'antisémitisme, l'Etat doit mobiliser tous ses agents et "assumer son devoir" de défense de l'égalité et de la tolérance.
C'est en ces termes que Jean-Philippe Moinet, secrétaire général du Haut Conseil à l'intégration, devait présenter, jeudi 16 décembre, au ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, son "plan d'action et d'information civique pour la cohésion sociale".
Le rapport, commandé par M. Borloo en juillet 2004 pour étudier les modes d'action publique contre le racisme et l'antisémitisme, dresse tout d'abord un portrait peu engageant de la France d'aujourd'hui. Reprenant les chiffres de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), M. Moinet rappelle qu'entre 1999 et 2003 le nombre d'actes et menaces racistes a doublé, tandis que les menaces et agressions antisémites étaient multipliées par huit.
La tendance s'aggrave en 2004. On dénombrait au premier semestre autant de faits - racistes et antisémites - que pour l'ensemble de l'année 2003.
L'auteur relève deux données nouvelles sur cette période. Tout d'abord, l'émergence d'un "antisémitisme de l'actualité importée", fortement lié à des événements comme le conflit israélo-palestinien, produisant, "dans les banlieues ou ailleurs", "des phobies et des fantasmes". Ensuite, la "sous-estimation" du racisme antimaghrébin, due essentiellement à un phénomène de non déclaration, lié à la difficulté à faire enregistrer sa plainte auprès des services de police, ou à la méfiance à l'égard d'institutions vécues comme discriminantes. La "dégradation du climat et la détérioration des relations intercommunautaires" seraient, en tout cas, patentes, et nécessitent un "devoir d'intervention républicaine".
Il y a urgence à améliorer les instruments de mesure : une cartographie devrait être élaborée pour mesurer l'ampleur et l'évolution des actes racistes et antisémites. Le rapport propose aussi la mise en place d'un "instrument de veille" réunissant les représentants des instituts de sondage et des centres d'études de l'opinion.

Trois rendez-vous civiques
Au-delà, le rapport insiste sur l'engagement des autorités publiques : "Il est de la responsabilité directe et immédiate des services de l'Etat, de ses agents publics, de porter une action forte et visible pour recrédibiliser le pacte républicain", souligne M. Moinet.
Pour ce faire, deux moyens seront mis en œuvre, la mobilisation de l'administration publique et la communication. Le rapporteur propose de faire du civisme et de la tolérance une grande "cause nationale"pour 2005.
Ce "plan d'action civique" serait incarné par une nouvelle direction, appelée "direction centrale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme", placée sous l'autorité du premier ministre et chargée de coordonner l'action interministérielle. Elle serait secondée par un correspondant dans chaque préfecture, référent unique en lieu et place des commissions pour la promotion de l'égalité des chances et de la citoyenneté (Copec, ex-Codac).
Un centre d'action et d'information civique serait créé afin "d'animer les actions et communications publiques". Dans tous les départements, une formation serait dispensée aux travailleurs sociaux et services municipaux pour les "sensibiliser aux spécificités des diverses communautés", en particulier celles de la "communauté arabo-musulmane".
Les agents de l'Etat ne sont pas oubliés : éducateurs, policiers, enseignants et magistrats seraient destinataires d'un "livret d'information civique", outil d'argumentation sur la lutte contre le racisme et les discriminations.
Sur 200 "quartiers ultrasensibles", "devenus des foyers d'intolérance inacceptable", des actions de communication ciblée seront déployées à partir d'expériences associatives comme les "caravanes" de l'association Femmes contre l'intégrisme ou la diffusion de films par Ciné-Quartiers. Il s'agit là de "faire reculer les logiques de repli".
Trois rendez-vous civiques seraient donnés comme moment clé de diffusion de la tolérance et du respect : le passage à la majorité, les journées d'appel de préparation à la défense et l'accès à la nationalité. Ils doivent être l'occasion, dit M. Moinet, de diffuser une "formation courte" contre le racisme et l'antisémitisme.
Enfin, le rapport propose un "plan civique pour l'école". L'objectif est d'organiser dans toutes les classes - du CP à la terminale -, "systématiquement à chaque rentrée scolaire", une journée consacrée à la lutte contre l'intolérance.
Les programmes devraient être revus pour mieux intégrer l'enseignement du fait religieux et de la laïcité. A chaque fin de cycle, des cours de civisme "approfondis" seraient dispensés et évalués.

16/12/04 - Tapis rouge pour Sarkozy à Tel Aviv
C'est un accueil digne d'un chef d'État qu'a reçu Nicolas Sarkozy, nouveau patron de l'UMP, pour sa visite de 2 jours en Israël, qui était son premier voyage à l'étranger dans ses nouvelles fonctions. Il devait être reçu par Moshé Katsav, président de la république et Ariel sharon, premier ministre. Dès son arrivée, Sarkozy a fait des déclarations vigoureuses et tonitruantes. Florilège :
« Nous éprouvons de la compassion pour ceux qui souffrent du terrorisme le plus aveugle et le plus barbare. Il n'y a dans le monde qu'une seule forme de terrorisme et les Français sont solidaires de ceux qui souffrent. Le terrorisme est l'ennemi de la démocratie et Israël est avant tout une démocratie. Lorsque que l'on est Français et juif, l'attachement à Israël est un attachement sur lequel on ne peut transiger. »
« L'antisémitisme ne s'explique pas, car il ne peut y avoir d'explications à l'inexplicable. L'antisémitisme, ça ne s'explique pas, ça se combat. »
« La question de l'antisémitisme n'est pas la question des juifs. C'est la question de la République française. Chaque fois qu'un juif est injurié en tant que juif, c'est une tache sur la République. Ce serait faire trop d'honneur aux racistes et aux antisémites que de laisser penser que la France est un pays antisémite. »
Prenant la défense de l'ambassadeur de France en israël, Gérard Araud, qui, il y a quelques jours, avait déclaré que les Israéliens souffraient d'une "névrose anti-française", il a déclaré : « Quand l'un regarde une situation avec passion, l'autre avec raison, ça peut expliquer certains décalages. La France est un pays ami d'Israël, et si parfois, il y a des tensions, ce sont des tensions entre personnes qui attendent beaucoup l'une de l'autre. Je vous demande de ne pas accepter la caricature. »
Sur l'interdiction d'Al Manar, Sarkozy a dit à Katsav : « La France est le premier pays au monde à avoir interdit sur le satellite Eutelstat de législation française, une chaîne où des émissions sont racistes. Il n'y a pas un autre pays au monde qui a fait ce que nous avons fait. J'ai également indiqué au Président qu'il fallait que l'Europe se dote de la même législation que celle en vigueur en France, car interdire Al Manar sur Eutelstat ne signifie pas l'interdire sur d'autres satellites, qui ne dépendent pas de la législation française. »
Sources : AFP et proche-orient.info, 15 décembre 2004

Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il populaire au sein de la communauté juive ?
Depuis le début de sa carrière, l'ancien maire de Neuilly « travaille » avec un soin tout particulier ses relations avec la communauté juive. Il a célébré des dizaines de mariages civils de couples juifs et n'a jamais raté une fête de la synagogue de Neuilly, sa ville, qui abrite une importante communauté. "Son face-à-face télévisé avec l'intellectuel musulman Tariq Ramadan a conforté son statut de « star chez les juifs », comme dit Patrick Gaubert, président de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) et député européen UMP. Qui ajoute : « Il connaît toutes les fêtes et les rites de la religion sur le bout des doigts. Il s'adresse de façon exceptionnelle, pour un non-juif, à une communauté qui aime qu'on l'aime. Il a donné le sentiment aux gens qu'il était le seul à faire quelque chose pour eux, le seul qui puisse nous sauver de l'antisémitisme ambiant. » Son passage à l'Intérieur va encore lui permettre de renforcer ses liens avec les juifs pour mieux les convertir au sarkozysme. Dès son installation, il explique, les yeux dans les yeux, à Chirac qu'« il ne faut pas être trop intelligent avec les actes antisémites en cherchant des explications, mais qu'il faut être sévère ». Les principaux lobbies juifs américains le portent au pinacle, tel David Harris, le directeur de l'AJC, qui le présente comme « un homme de charisme, de vision, de courage, de dynamisme ». Les dirigeants israéliens voient en lui un futur chef d'Etat et, surtout, un homme susceptible de mettre fin au dogme gaulliste de « la politique arabe de la France ». « Il n'a pas la politique étrangère de la France à son passif, comme d'autres dirigeants qui portent comme une croix les mauvaises relations avec Israël », souligne Roger Cukierman, président du Crif. »
Source : Libération, 14 décembre 2004

Al Manar a cessé d'émettre via Eutelsat
La télévision du mouvement chiite libanais Hezbollah Al Manar a cessé de diffuser ses programmes vers la France via le satellite Hot Bird 4 d'Eutelsat mardi à 15h00 heure française, a annoncé l'opérateur.
Au lendemain de la décision du Conseil d'Etat d'interdire la diffusion d'Al Manar en France, Eutelsat a précisé dans un communiqué que la chaîne libanaise avait décidé d'arrêter "volontairement" sa diffusion via Hot Bird 4.
Le Conseil d'Etat avait donné 48 heures à Eutelsat pour faire cesser la transmission d'Al Manar, accusée de diffuser des programmes antisémites et des appels à la violence.
Al Manar était en fait diffusée via le satellite de l'opérateur français dans le cadre d'un bouquet de neuf chaînes arabes émis en multiplex de Tunis par la société Arabsat. Toute la difficulté était d'arrêter la diffusion de la télévision du Hezbollah sans pénaliser les autres chaînes.
L'arrêt de la diffusion d'Al Manar via Eutelsat ne suffira pas à empêcher la chaîne libanaise d'être vue en France et en Europe. Trois autres satellites diffusent encore la chaîne islamiste vers l'Europe, a souligné Giuliano Berretta, PDG d'Eutelsat. Il suffira aux téléspectateurs jusqu'ici "branchés" sur Eutelsat de modifier l'orientation de leur parabole de réception.
Source : Reuters, 14 décembre 2004

Contre la décision du Conseil d'Etat visant Al Manar
par le Conseil National de la Résistance des Journalistes, Paris, 14 décembre 2004

Statuant en référé, la section de contentieux du Conseil d'Etat s'est prononcé en faveur de l'interdiction de diffusion sur le territoire français d'Al-Manar, la chaîne de télévision de la Résistance Libanaise. Cette décision comporte des attendus inadmissibles, inquiétants, lourds de dangers pour la liberté de la presse dans notre pays - une liberté qui, faut-il le rappeler, n'a pas été octroyée par l'Etat, mais arrachée de haute lutte par la Révolution Française, prolongée par les sacrifices des combattants de la Résistance patriotique contre l'occupation nazie. Le Conseil d'Etat ne tire, certes, pas argument du feuilleton inacceptable, raciste et vulgaire diffusé par la chaîne il y a quelques mois, à la suite d'une défaillance de contrôle, corrigée depuis. C'est heureux. Car s'il fallait interdire, sur les chaînes de télévision françaises, ou diffusées en France, toutes les émissions racistes, vulgaires, etc, il ne resterait plus grand chose. Où irions-nous? Il est aujourd'hui reproché à la chaîne de télévision de la Résistance Libanaise la diffusion d'informations et de commentaires "contenant une incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de religion ou de nationalité." Mais alors, sauf à admettre que le Conseil d'Etat se prostititue en adoptant "deux poids et deux mesures", comment tolérer la diffusion de LCI, dont un des principaux éditorialistes, aujourd'hui, fort heureusement, mais pour d'autres raisons, écarté des écrans, avait publiquement affiché sa peur, son horreur, son aversion violente et sa haine pour une grande religion, l'islam? ("islamophobie: aversion haineuse pour l'islam; judéophobie: aversion haineuse pour la religion juive, ou pour les Juifs, en général). Et comment tolérer que la presse de caniveau, qui s'est livré, tout le monde s'en souvient, pendant plusieurs jours, au mois de juillet dernier, à un lynchage raciste contre les "jeunes de banlieue" indisctinctement et faussement accusés d'une agression antisémite purement imaginaire continue à bénficier des subsides de l'Etat, sans lesquels son pitoyable niveau de diffusion ne lui permettrait pas de survivre? Plus grave encore, ce sont clairement les reportages et commentaires d'Al-Manar sur la Résistance du peuple palestinien contre l'oppression coloniale et la discrimination raciale qui sont aujourd'hui spécifiquement visés par le Conseil d'Etat. Et cela au moment où, précisément, dans Gaza occupée, au terminal de rafah, ce 12 décembre, la Résistance Palestinienne vient de réaliser une de ses opérations les plus glorieuses en plaçant une forte charge d'explosifs sous un poste militaire de l'armée d'occupation raciste - prouvant par là-même la possibilité d'une stratégie de résistance militaire populaire frappant directement les forces d'occupation coloniales, même sur leurs points forts, comme l'avait toujours recommandé le Président Arafat (Abou Ammar), le de Gaulle palestinien. Nous journalistes français, ou journalistes étrangers travaillant en France, fidèles aux valeurs universelles de la Résistance des peuples face à l'humiliation, la discrimination et l'oppression, fidèles aux valeurs fondatrices de la Révolution Française et de la République Française, et plaçant notre action de défense de notre profession dans la tradition et les valeurs du Conseil National de la Résistance: - apportons notre soutien à nos confrères d'Al-Manar, touchés par une mesure injuste et discriminatoire, dont il n'est pas possible à ce jour de dire s'il faut l'attribuer à un parti-pris politique, à une haine politique, ou à un a-priori purement et simplement raciste, islamophobe et pro-Israélien. - au travers de ce soutien à nos frères et s¦urs journalistes, nous confirmons notre soutien à la Résistance Libanaise, comme à la Résistance des peuples palestinien et irakien confrontés à des guerres d'agression coloniale, immorales autant qu'illégales, et à celle du peuple iranien menacé d'agression ou de sanctiosns pour son refus d'accepter le monopole nucléaire d'Israël dans la région. - dans un esprit positif, dans un souci de conciliation et de mesure, nous proposons qu'un groupe de journalistes professionneles français ou travaillant sur le sol de France entreprenne une mission d'étude et de conseil auprès d'Al-Manar, pour permettre à la chaîne de poursuivre son travail en toute liberté, en résistant au harcèlement de groupes de pression à la solde d'un Etat étranger, et aux persécutions judiciaires. - nous appelons toute la profession à se mobiliser, comme les meilleurs d'entre nous l'ont fait pour soutenir nos confrères Jacques-Marie Bourget, de Match, victime d'une tentative d'assassinat par un "sniper" israélien, au cours d'un reportage, à Ramallah (il souffre toujours des séquelles d'un tir de précision à longue distance visant le thorax gauche - le c¦ur) et Alain Ménargues, licencié de RFI après une campagne haineuse de certains syndicats de journalistes, pour avoir déclaré, hors antenne, et à l'occasion de la diffusion d'un livre, qu'Israël est "un Etat Raciste". Sur ces bases, qui incluent, bien entendu, la condamnation de toute forme de racisme, sans hierarchie ni exclusive, nous appelons à la création d'un Conseil National de la Résistance des Journalistes, pour la liberté de la presse et la liberté de tous, pour la dignité de l'oinformation, contre la discimination et la censure.


CNRJ - Contact provisoire : Jean-Paul Cruse (Libération: 1977-1994. VSD: 1998-2002. Carte professionnelle 41 574). Courriel : JPCruse@ifrance.com

Sur les relations entre l'Union Européenne et Israël
par Bernard Bot, ministre néerlandais des Affaires étrangères, Présidence de l'Union Européenne, 14 décembre 2004
L'UE et Israël ont aujourd'hui tenu leur cinquième rencontre dans le cadre des discussions du Conseil de coopération.
Elles ont été particulièrement fructueuses : en effet il y a maintenant un accord politique sur le plan d'action commun UE - Israël.
C'est pourquoi je voudrais exprimer ma gratitude à tous ceux qui ont participé à l'établissement de ce plan -nos amis israéliens, la Commission, le Haut Représentant et son équipe ainsi que les présidences antérieures.
La mise en oeuvre du plan aura lieu au début de l'an prochain [ 2005 ] , lorsque l'ensemble des procédures officielles auront été achevées.
En attendant, je tiens à insister sur l'importance de ce plan :
Pour commencer, ce plan servira de base à l'approfondissement de notre dialogue et de notre collaboration non seulement par rapport à des questions du domaine politique, telles que le processus de paix au Moyen-Orient, mais aussi à des questions telles que les menaces internationales posées par le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Ce plan d'action est adapté à Israël et répond à des besoins spécifiques.
Il offre en outre la possibilité d'entamer une collaboration plus étroite entre l'UE et Israël dans le domaine économique : les programmes communautaires européens sont maintenant ouverts à Israël.
En conclusion, je suis convaincu que ce plan d'action est l'instrument indispensable qui permettra à Israël, un proche voisin de l'Union, de vivre en paix dans un environnement stable.


Une déclaration scandaleuse

par Robert Thompson, avocat honoraire, 15 décembre 2004
Ayant passé des années à travailler dans le domaine international, je suis choqué par le texte de cette déclaration de la Présidence de l'Union Européenne. Elle évite de façon tortueuse la clarté qui doit sortir de toute déclaration de principe, et elle laisse sans réponses les questions qui doivent trouver des réponses avant l'ouverture des tout premiers pourparlers.
Ce fameux "Etat d'Israël" refuse de se conformer aux règles les plus élémentaires du droit international, et ceci implique à mon avis que sa parole donnée n'a aucune valeur. Comment peut notre Union entamer des négociations sans avoir au préalable des assurances que l'autre partie accepte de revenir à la légalité ?
L'Union aurait dû insister sur une confirmation immédiate que les colons seraient retirés des territoires occupés depuis 1967, y compris de Jérusalem Est, et que le mur de la honte serait rasé et des compensations adéquates versées aux expropriés. Un retour à la "Feuille de Route" lâchée par les Etats Unis à la demande de Monsieur Sharon devrait figurer parmi les demandes préalables.
La Présidence aurait dû insister avant toute chose sur le devoir du gouvernement israélien, si nous devons accepter l'existence d'un état ouvertement raciste tout près de nous, de respecter au moins le droit international.
En cas de refus, il est de notre devoir de continuer à nous opposer au droit de cet état néo-fasciste de vivre en paix sans qu'il n'y ait justice pour nos frères et soeurs palestiniens. La déclaration semble justifier les horreurs de tout régime totalitaire, tel que ceux qui ont sévi en Europe sous les nazis ou sous les stalinistes.
Demandons tous à nos chefs politiques d'insister sur une solution démocratique au problèmes de la Palestine fondée sur la justice selon notre devise nationale "Liberté, Egalité, Fraternité" et non pas sur le simulacre de la démocratie prôné par les administrations successives des Etats Unis.



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