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Protocoles des Fous de Sion

Israël et les nouveaux conservateurs : l'affaire Libby et la guerre interne

par James Petras, Counterpunch, 3 novembre 200.
Original : http://www.counterpunch.org/petras12242005.html.
Traduit par J-M. Flémal Stop USA, http://www.stopusa.be/home/index.php

L'auteur, ancien professeur de sociologie à l’Université Binghamton de New York, est engagé depuis 50 ans dans la lutte de classe, il conseille les sans-terre et les chômeurs au Brésil et en Argentine, et est l’auteur, avec Henry Veltemeyer, de "Globalization Unmasked" (Zed). Ce livre important est paru en français sous le titre "La face cachée de la mondialisation (Parangon, Paris, 2002). Son nouvel ouvrage, rédigé en compagnie de Henry Veltmeyer, Social Movements and the State: Brazil, Ecuador, Bolivia and Argentina, vient de sortir de presse Contact : jpetras@binghamton.edu.

 

Le débat national suscité dans les mass media par la mise en accusation d’Irving Lewis Libby pour parjure et obstruction à la justice n’a même pas posé les questions les plus élémentaires à propos du contexte structurel profond qui a influencé le comportement délictueux de cet homme. Une explication on ne peut plus superficielle a dit qu’en dénonçant Valerie Plame (une employée de la CIA), Libby avait agi par vengeance afin de punir son mari Wilson d’avoir révélé au grand jour les mensonges proférés par Bush quant à l’« importation » par l’Irak d’uranium du Niger. Cette affirmation, toutefois, soulève une question plus importante : Qui étaient les auteurs de cette propagande guerrière et qui Libby protégeait-il ? Et non seulement les « fauteurs de guerre », mais aussi les planificateurs stratégiques, les faiseurs de discours et les architectes de la guerre qui ont agi main dans la main avec les propagandistes et les journalistes chargés de faire circuler cette propagande ? Quel est le lien entre tous ces fonctionnaires de haut niveau, ces propagandistes et ces journalistes ?

Autre question tout aussi importante, étant donné les postes de pouvoir que cette cabale occupait et l’influence qu’elle exerçait sur les mass media aussi bien que sur la mise en forme de la politique stratégique : Quelles forces ont été engagées pour initier des poursuites judiciaires contre un acteur majeur de cette cabale ?

La montée de Libby vers le pouvoir faisait partie intégrante de l’ascension des nouveaux conservateurs vers les cimes de la politique américaine. Libby fut un étudiant, un protégé et un collaborateur de Paul Wolfowitz durant plus de 25 ans. Libby, Wolfowitz, Elliot Abrams, Douglas Feith, Kagan, Cohen, Rubin, Pollack, Chertoff, Fleisher, Kristol, Marc Grossman, Shumsky et une multitude d’autres acteurs politiques étaient les inconditionnels à long terme et les propagandistes agressifs d’une tendance frénétiquement militariste du sionisme associée au parti de droite israélien qu’est le Likoud. Déjà au début des années 1980, Wolfowitz et Feith avaient été accusés d’avoir fait passer des documents secrets en Israël et Feith se voyait même privé temporairement de ses accréditations pour des raisons de sécurité.

Les idéologues allaient entamer leur « longue marche » à travers les institutions de l’État. Dans certains cas, en tant que conseillers des membres pro-israéliens et de droite du Congrès, dans d’autres, dans les niveaux inférieurs du Pentagone et du département d’État, dans d’autres encore, en tant qu’universitaires ou dirigeants de réservoirs à cerveaux conservateurs de Washington durant les mandats de Reagan et de Bush père. Avec l’élection de Bush en 2001, ils gagnaient des positions stratégiques majeures au sein du gouvernement et en tant que principaux idéologues et propagandistes d’une série de guerres contre des adversaires arabes de l’État d’Israël.

En 1996, les nouveaux conservateurs de premier plan, comme Libby, élaboraient une stratégie guerrière pour le gouvernement Likoud et, avant et juste après le 11 septembre 2001, recyclaient la même stratégie pour la guerre des États-Unis contre l’Irak. Conjointement à leur ascension vers les positions de pouvoir les plus influentes au sein de l’administration Bush, ces mêmes nouveaux conservateurs attiraient de nouvelles recrues, comme Judith Miller, journaliste au New York Times.

Ce qui frappe à propos des opérations de la « cabale », c’est sa façon très ouverte et directe d’opérer : l’ancien directeur de la National Security Agency (sous Reagan), le lieutenant de corps d’armée William Odom, le général en retraite des marines, Anthony Zinni, le colonel Lawrence Wilkerson (ancien chef d’état-major de Powell), le lieutenant-colonel en retraite de l’aviation, Karen Kwiatkowski, le conseiller en Sécurité nationale du président George Bush père, Brent Scowcroft, et de nombreux officiels désenchantés, y compris des vétérans des agences de renseignements, des observateurs de haut niveau et d’anciens diplomates, ont critiqué ouvertement la mainmise néo-conservatrice sur la politique américaine et l’étroite relation entre ces nouveaux conservateurs et les officiels israéliens.

Dans la ruée vers l’invasion de l’Irak, Wolfowitz et Libby ont été les architectes de la stratégie militaire de Rumsfeld et Cheney, leurs patrons. Douglas Feith a créé le « Bureau des planifications spéciales » pour fabriquer les mensonges censés justifier la guerre. Le rôle de Judith Miller, David Frum et Ari Fleisher a été de diffuser ces mensonges et la propagande guerrière par le biais d’articles, d’interviews, de conférences de presse et de la rédaction des discours du président Bush.

Les nouveaux conservateurs ont tout mis en œuvre pour manipuler et marginaliser un grand nombre d’institutions clés de l’État impérial américain. Pour contourner les renseignements de la CIA, laquelle ne soutenait pas l’agenda israélien de la guerre contre l’Irak, le nouveau conservateur Douglas Feith (n° 3 au Pentagone) a instauré le Bureau des planifications spéciales, qui fabriquait de la propagande et l’acheminait directement vers le bureau du président, tout en contournant et marginalisant le moindre commentaire critique émanant de la CIA. Wolfowitz et Rumsfeld ont marginalisé les principaux généraux, nommant des « loyalistes » quelconques et autres seconds couteaux aux postes clés et dédaignant tout conseil qui s’opposait à leurs plans de guerre contre l’Irak. Le secrétaire d’État a traité de « foutaises » un discours que lui avait préparé Libby en raison des mensonges dont il était truffé. Son principal assistant, le colonel Wilkerson, a écrit des choses très désobligeantes à propos de la « cabale », parce qu’elle marginalisait le département d’État, y compris son patron, Powell.

Toutefois, les poursuites contre Libby révèlent l’intensité de la lutte intestine pour le contrôle de l’État impérial américain qui se livre entre les nouveaux conservateurs et les dirigeants traditionnels des institutions majeures. Conjointement à la mise en accusation de Libby par un grand jury et ce, à la demande du procureur spécial, le FBI arrêtait les deux principaux décideurs du très influent lobby pro-israélien, l’AIPAC, pour espionnage au profit de l’État d’Israël. Il ne s’agit pas simplement d’actions isolées entreprises à titre individuel par des fonctionnaires ou des enquêteurs. Pour avoir lancé une procédure contre Libby et les dirigeants de l’AIPAC, il leur fallait de puissants appuis institutionnels, sinon les enquêtes auraient été classées avant même d’avoir débuté.

La CIA est profondément offensée par l’usurpation par les nouveaux conservateurs de son rôle dans les renseignements, de ses filières de communications avec la présidence et de sa loyauté à l’égard d’Israël. Les militaires sont extrêmement courroucés de leur exclusion des conseils gouvernementaux traitant des affaires de guerre, de la politique belliciste désastreuse qui a réduit le nombre de nouvelles recrues dans les forces armées et sapé le moral des troupes, et de l’ignorance grotesque qu’ont affichée les nouveaux conservateurs à propos des coûts d’une occupation coloniale. Il n’est guère étonnant que le général Tommy Franks ait dit de Douglas Feith qu’il était « le salaud le plus stupide que j’aie jamais rencontré ».

L’actuelle guerre des institutions rappelle un conflit bien antérieur qui eut lieu entre le sénateur de droite Joseph McCarthy et le département de la Défense. À l’époque, au milieu des années 1950, le sénateur McCarthy avait accumulé un pouvoir considérable, d’abord en purgeant les syndicats, Hollywood, les universités, puis en nommant des fonctionnaires conservateurs qui partageaient ses vues. Avec succès, il avait étendu ses enquêtes et ses purges au département d’État et, finalement, il avait essayé de faire la même chose au sein de l’armée. Ce fut là que le sénateur McCarthy connut son Waterloo, son attaque lui retomba sur le dos, l’armée tint bon, réfuta ses accusations et jeta le discrédit sur ses histoires inventées de toutes pièces et sur sa soif maladive de pouvoir.

En attendant, les nouveaux conservateurs n’ont pas du tout été intimidés par les procès de leurs collègues de l’AIPAC et du bureau de la vice-présidence : ils exercent une pression directe pour que les États-Unis attaquent la Syrie et l’Iran en recourant à des sanctions économiques et à des bombardements militaires. Le 30 octobre 2005, l’ancien chef de la police secrète israélienne (le Shin Beth) demandait à l’AIPAC d’intensifier sa campagne en vue de pousser les États-Unis à attaquer l’Iran (voir Israel National News.com). Le Congrès votait presque à l’unanimité en faveur de sanctions économiques contre la Syrie. Malgré les manifestations massives et du fait que le Congrès est « prisonnier », il s’avère, paradoxalement, que la seule force capable de venir à bout du raz-de-marée néo-conservateur (comme ce fut le cas dans le temps avec Joe McCarthy) n’est autre que celle des voix puissantes dans un État menacé par de nouvelles guerres désastreuses qui ne viennent pas de lui.

 

 

Mohammed Mahdi Akef, chef des Frères musulmans, contre le “mythe de l’Holocauste”


En écho aux propos que l’agence AP qualifie de “négationnistes” du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, le chef des Frères musulmans, principal mouvement d'opposition en Egypte, a qualifié jeudi l'Holocauste de "mythe".
"Les démocraties occidentales s'en sont pris à tous ceux qui ne partagent pas la vision des sionistes sur le mythe de l'Holocauste", a écrit Mohammed Mahdi Akef dans une tribune hebdomadaire publiée sur le site Internet des Frères musulmans.
M. Akef a également accusé les Etats-Unis et d'autres démocraties occidentales de mener une campagne contre l'Islam. "Ces mots ont pour but de mettre à jour la fausse autorité américaine qui est devenue le cauchemar d'un nouvel ordre mondial", a-t-il expliqué.
Cette rhétorique dure contraste avec le ton modéré récemment adopté par les Frères musulmans lors des élections législatives en Egypte. Le mouvement avait alors mis de côté ses appels à l'application de la loi islamique en Egypte et s'était présenté comme une formation démocratique.
Les Frères musulmans ont créé la surprise en remportant 88 sièges au Parlement égyptien, soit 20% des sièges.
La semaine dernière, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l'Holocauste était un "mythe" utilisé par les Européens pour créer un Etat juif au coeur du monde islamique.
Source : AP, 23 décembre 2005