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Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés

Protocoles des Fous de Sion

Les diables de la France vus de Mars...
Entretiens réalisés par Meriem Laribi, journaliste martienne. Source : http://lesogres.org
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22 décembre 2005

1 -

Janvier 2004. Les gratte-papiers hystériques se calment enfin un peu. Tariq Ramadan est en partance pour les États-Unis et la loi sur la laïcité va être votée. Ouf, on respire enfin ! La République n’est plus en danger. Celui qui « voulait islamiser la France » va quitter l’Europe, les autres seront exclues si elles résistent. On peut enfin dormir tranquille. Depuis la découverte de l’eau sur Mars, nous avons reçu en France des habitants de cette planète qui s’étonnent quelques peu des soucis de notre République. Voici donc, pour exemple, une interview de la France, réalisée par une journaliste martienne pour la chaîne tm1.

Mais qui est donc ce dangereux Tariq Ramadan ?


Tout d’abord, c’est un homme, donc par définition pas féministe. Il est arabe, alors il a forcément des tendances islamistes. Il est aussi barbu, ce qui est la première définition du terroriste. Enfin, il est très intelligent et, là, pour nous, c’est l’apocalypse. Les Arabes, nous avons pris l’habitude de parler pour eux. Donc monsieur Ramadan et ses semblables seraient priés de se mettre en veilleuse parce que là, ça ne va plus du tout. Qu’est-ce que c’est que ces manières de venir perturber nos idées reçues sur les Arabes en général et les musulmans en particulier ? Depuis quand « le monde musulman n’est pas homogène » ? Depuis quand l’Islam n’est pas synonyme d’archaïsme et de sous-développement ? Depuis quand les musulmans de France sont-ils Français ? Et d’abord depuis quand un Arabe maîtrise-t-il la langue de Molière ?


Eh bien, depuis que la République s’en est allée « civiliser » les bougnoules de l’autre côté de la Méditerranée, depuis qu’elle a semé le sous-développement chez eux, depuis qu’ils sont venus construire la France, mais surtout, depuis que les bougnoules en question ont fait des enfants français.


Français... je n’irai pas jusque là quand même ! Ils ont encore des têtes d’Arabes, des cheveux frisés, des idées bizarres et ils menacent la laïcité. En plus, ils sont encore attachés à leurs pays d’origine et jeûnent encore pendant le ramadan - d’ailleurs en parlant de Ramadan, il est grand temps qu’il s’en aille celui-là. Bref, « si vous ajoutez à cela, le bruit et l’odeur »... Ils ne doivent pas avoir des origines très gauloises ceux là. Et maintenant, même leurs femmes s’y mettent : aujourd’hui, ça veut porter le foulard et demain la Tour Eiffel sera transformée en minaret et adieu la laïcité, adieu la République !


Mais au fait, qu’est-ce que la laïcité ?


Eh bien c’est l’interdiction de porter le foulard, pardi !


Beau programme ! Et la liberté de conscience, qu’en faites-vous ?


La liberté de conscience ? Un Arabe n’a pas de liberté de conscience et sa femme, sa fille ou sa sœur n’en ont encore moins. Elles sont soit forcées, soit soumises, soit embrigadées. Nous avons le devoir de protéger ces pauvres filles qui ne savent pas réfléchir correctement.


Et comment allez-vous vous y prendre ?


Eh bien on va légiférer. Nous allons voter une loi qui dira : « soit vous réfléchissez correctement, c’est à dire comme nous, soit vous êtes exclues ». De toutes manières, elles seront exclues tôt ou tard, donc quel est le problème ?


Revenons sur le cas de Tariq Ramadan, qu’est-ce qui vous préoccupe à son propos ?


Il est arabe, il est musulman pratiquant, il le revendique et en plus il n’est ni Beni Oui-Oui, ni terroriste.


Mais encore ?


Il est philosophe, connaît tous ses classiques et maîtrise l’histoire de notre civilisation et de la sienne.


Et alors ?


Et alors, ça prouve bien qu’il est louche, ça ne vous suffit pas ?


Non !


Eh bien on continue : il dit aux musulmans de France de ne pas avoir honte de leur religion et d’affirmer leur citoyenneté française. Mais c’est anticonstitutionnel, rendez-vous compte !


Et ils l’écoutent ?


Ils sont complètement fanatiques ! Le fanatisme de toutes les manières doit être inscrit dans leurs gènes. Dès qu’il donne une conférence, c’est des centaines de personnes qui viennent l’aduler. Nous sommes obligés d’annuler à la dernière minute les salles qu’il a réservées par peur de troubles à l’ordre public, obligés de lui interdire la parole. C’est la démocratie qui l’exige.


A-t-il déjà appelé ou sous-entendu inciter les gens à troubler l’ordre public ?


Non, mais on ne sait jamais ! Vous savez, chez ces gens là, le double discours, ça fonctionne très bien.


Double discours ?


Bien sûr ! Le problème, c’est qu’il n’y a qu’entre eux qu’ils se comprennent ces gens là. Tariq Ramadan dit « il faut promouvoir la paix » et « encourager la non-violence », et eux ils comprennent « il faut se rallier à Ben-Laden » et « s’engager dans la Guerre Sainte ». Tout cela est codé, il faut être initié pour comprendre !


Vous voulez dire que c’est une sorte de gourou, de sorcier ?


Absolument ! Ses origines africaines doivent y être pour quelque chose. D’ailleurs, sa famille présente des symptômes très révélateurs : son grand-père était un islamiste, son père un intégriste et son frère est un apprenti terroriste à mi-temps.


Et lui ? Il est quoi ?


Lui, eh bien le mélange de tout cela avec une pincée de vice, un zeste de double discours, une bonne dose d’ambition et beaucoup d’intégrité.


Intégrité ? Je pensais qu’il était « intégriste » ?


Ah oui pardon ! C’est ce que je voulais dire, c’est un intégriste, absolument.


Donc, récapitulons : selon vous, monsieur Ramadan est donc accusé d’être arabe, musulman, intelligent, captivant et promoteur de diversité. Tout le reste n’étant visiblement que le fruit de vos suppositions racistes.


Ce ne sont pas des suppositions, simplement des certitudes qu’on ne peut pas prouver. Et puis nous ne sommes pas racistes. La preuve, c’est que nous avons nommé un Préfet musulman au nom de la « discrimination positive ».


« Discrimination » « positive » ? Mais ce sont deux termes antinomiques ?


Pourquoi ?


Mais enfin ! « Discrimination » est synonyme de racisme et racisme est un terme négatif de nos jours...


La preuve que non : il y a un Préfet musulman en France aujourd’hui. Donc « discrimination » est désormais un terme positif.


Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Revenons à Ramadan, vous n’avez donc rien contre lui concrètement ?


Si. Il est antisémite.


Ah... Et quelle est la preuve ?


Il a écrit un article en désignant des intellectuels comme étant juifs.


Et ils le sont ?


Oui.


Donc, où est le problème ?


Quand on dit qu’un Juif est juif, c’est de l’antisémitisme.


Donc vous, vous êtes raciste et islamophobe ?


Non.


Vous appelez toujours Tariq Ramadan « intellectuel musulman ou d’origine égyptienne ». Vous rappelez sans cesse son appartenance religieuse ou communautaire. Donc, si je suis votre raisonnement, si dire qu’un Juif est juif c’est de l’antisémitisme, donc, dire qu’un Arabe est arabe, qu’un Musulman est musulman, c’est du racisme, de l’islamophobie.


Ah non, ce n’est pas la même chose !


Pourquoi ?


Parce que les Juifs ont connu la Shoah, madame ! Six millions de morts, madame !


C’est horrible en effet mais dites-moi, connaissez vous le nombre des victimes arabes et musulmanes pendant le siècle et demi de colonisation française ?


Non, mais bon... Là n’est pas le problème. Et puis nous devons vous quitter maintenant.


Une dernière question : quels sont les problèmes actuels de la France ?


Tariq Ramadan et le foulard islamique. À part ça, tout va bien. Mais les choses vont s’arranger : monsieur Ramadan est en partance et la loi contre le foulard va bientôt passer.


Vous n’aurez donc plus de problèmes ?


Tout à fait. D’ailleurs, on dit qu’un pays qui n’a pas de problèmes n’est pas un pays. Heureusement, en ce qui nous concerne, nous n’aurons bientôt plus de problèmes !

PS : Depuis l’entretien, la journaliste martienne qui comptait immigrer dans notre pays a préféré retourner hiberner dans les eaux glacées de sa planète natale, en attendant des jours meilleurs sur Terre. (NDLR)

2 -

Décembre 2005. Comme il y a une pénurie d’eau sur Mars, la journaliste martienne qui nous avait rendu visite il y a deux ans est à nouveau de passage sur terre pour remplir ses bouteilles et s’enquérir des soucis de notre République. Elle rencontre donc pour la seconde fois la voix de la France pour la télévision martienne tm1.


Comment allez-vous chère amie ? La dernière fois que nous nous étions vues, vous étiez pleine d’espoir de changements pour votre pays, qu’en est-il maintenant ?

De grâce, ne m’en parlez pas. Non seulement Tariq Ramadan n’a pas quitté l’Europe parce que Bush a préféré nous le laisser gratos pour cause de Patriot Act. « Chacun se démerde avec ses intégristes » qu’il nous a dit, mais en plus y a eu un nouveau spécimen qui est apparu depuis et alors là franchement je n’en peux plus, s’il faut en gérer plusieurs, moi je dis non, stop, ça suffit, ce n’est plus possible.


Mais qui est donc ce nouveau trublion qui vous préoccupe tant ?


Oh la la, ne m’en parlez pas ! Si vous saviez ! Nous l’avions gentiment domestiqué dans le milieu du show-business depuis des années, il passait à la télé, il faisait rire les gens, un vrai bouffon quoi ! Bon, il se débattait déjà un peu, il y avait des signes avant-coureurs, c’est vrai, mais nous n’avons pas voulu voir et un jour, d’un coup d’un seul, sur un plateau télé, pétage de câbles en direct à la télévision : lui aussi se met à critiquer le sionisme et Israël et de manière encore plus virulente que Ramadan. Sur le service public ! Rendez-vous compte ! A n’y rien comprendre franchement ! Qu’est-ce qui lui manquait ? Il était privilégié par rapport à ses semblables, il passait à la télé, il gagnait du pognon, les gens l’aimait bien et d’un coup, hop, monsieur n’est plus content et il tape sur son bienfaiteur, le sioniste ! Ah le nègre est ingrat...


Le nègre ?


Dieudonné M’bala M’bala qu’il s’appelle l’animal. Alors bon, les arabes, on savait que c’était des têtes de mules mais alors là, si les négros s’y mettent aussi, on n’est pas sortis de l’auberge, moi je quitte le navire, je vous le dis tout de suite.


Mais vous avez essayé de l’arrêter ?


Si on a essayé ? On a tout essayé madame ! Déjà, les méthodes habituelles : comme pour Ramadan, on lui a retiré toutes les salles dans lesquelles il devait se produire. On lui a fermé tous les robinets, on lui a coupé le son aussi, interdit d’ouvrir la bouche pour répondre aux attaques de nos chiens de garde. Le principe est de le laisser se faire lyncher sans pouvoir répliquer. Ah ben oui, parce que plus on le laissait ouvrir la bouche, plus il nous crachait dessus, indomptable ces bêtes là. Donc, on n’avait plus qu’une seule solution, la camisole de force et le bâillon à vie. Il n’y avait que ça à faire. Malgré tout ça, il a continué à se déchaîner dans des sphères plus restreintes alors là, ce n’était plus possible, obligés d’utiliser le plan B, on l’a surpris à 4 dans le dos (comme on fait d’habitude) dans un parking et on lui a cassé la gueule. Si ça l’a calmé ? Vous plaisantez ? C’est tenace ce genre d’énergumène. En plus on a un peu déconné, on a fait ça en territoires d’outre-mer, on n’avait pas calculé tous ses compères indigènes de là bas. Tout, on a tout essayé ! Rien à faire, il ne reste plus que la liquidation physique mais bon, ça on peut pas, ils risquent de mal le prendre et ils sont nombreux, c’est ça le problème, ils se reproduisent tellement vite, c’est de la folie ! Ah oui le nombre, c’est la seule arme qu’ils possèdent. Vous imaginez si ils se mettent à tout casser après ça ! On sera obligé de passer à la solution finale...


C’est dans vos projets ?


Bien entendu mais on attend encore un peu, on va y aller doucement, discrètement. Immeuble par immeuble... Avion par avion... discrètement, on a le temps !


Mais là, vous êtes tranquilles puisqu’il n’a plus accès au grand public ?


Vous plaisantez, déjà l’année dernière, il avait rempli le Zénith de Paris. Oui oui : 5000 antisémites venus applaudir le fils d’Hitler... et cette année, il récidive. Le 22 décembre, il y est à nouveau.


S’il est antisémite, vous avez du le faire condamner en justice ?


La justice, c’est de la merde !


Comment ça ?


Rien, zéro, on a perdu tous les procès qu’on lui a intenté, combien de procès ? euh, vingt... Mais ça ne compte pas parce que la justice de ce pays, c’est de la merde. On va s’en occuper d’ailleurs.


Je comprends que lorsqu’on s’enrichit avec l’injustice, on voit la justice comme un ennemi...Mais bon, si il a gagné 20 procès, il ne doit pas avoir de sérieuses filiations avec le 3ème Reich, non ?


Je vous dis que si ! Prenez l’habitude de ne jamais me contredire !


Mais donnez-moi au moins un exemple de son antisémitisme ?


Mille exemples si vous voulez, tiens, voilà, son grand truc, c’est qu’il veut qu’on commémore l’esclavage, la traite négrière, le colonialisme, etc. comme on commémore la Shoah ! Vous vous rendez compte un peu ? ça c’est l’apogée de l’antisémitisme. Même Hitler n’a pas demandé ça !


Ben c’était pas son boulot je crois ! Puis, c’est un peu anachronique ce que vous racontez... Bref, mais pourquoi ne pas commémorer les autres crimes de la même manière que la Shoah ?


Parce qu’on ne touche pas à six millions de morts madame ! Jamais !


Mais qui a parlé d’y toucher ?


Si on se met à commémorer les bougnoules et les négros comme on commémore les juifs, on touche à six millions de morts madame ! Jamais !


En quoi ça les touche, les six millions de morts ?


Parce que ça voudrait dire qu’il y a eu d’autres drames humains. Or il n’y en a pas ! et quand bien même il y en aurait, on s’en fout pour tout vous dire !


Comment ça « on s’en fout » ? ce n’est pas normal ce que vous dites ? et l’égalité et la fraternité, vous en faites quoi ?


Alors, là, je n’en peux plus, si même les martiens s’y mettent, où va-t-on ? L’égalité, la fraternité, ok mais on a pas dit avec qui, eh oui, renseignez-vous madame, on n’a pas précisé !


A suivre...

P.S : Toute ressemblance avec une situation réelle ou du déjà vu est fortuite.
P.S 2 : « un peu d’humour n’a jamais fait de mal... »
P.S 3 : Je fais ce que je veux !

 

« Nous sommes engagés dans un combat très fort » : Alain Juppé rencontre les leaders de la Communauté juive du Québec


par ELIAS LEVY, The Canadian Jewish News, 8 décembre 2005
L’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, tient à rassurer la Communauté juive du Québec.
L’actuel président de la République française, Jacques Chirac, dont il a été un des plus proches collaborateurs durant de nombreuses années, les membres de son gouvernement et toutes les institutions publiques hexagonales sont en première ligne pour lutter vigoureusement contre l’antisémitisme.
En France, ce fléau, issu essentiellement des milieux arabo-maghrébins, n’a cessé de proliférer depuis l’automne 2000, date de l’éclatement de la seconde Intifada palestinienne.
C’est ce qu’a reitéré, à plusieurs reprises, Alain Juppé au cours d’une rencontre avec un groupe de leaders des principales institutions juives de Montréal.
L’ex-Premier ministre et son épouse, Isabelle, ont été les hôtes d’un déjeuner offert en leur honneur, à la FÉDÉRATION CJA, par le leadership de la Communauté juive.
Avant de rencontrer les principaux leaders de la FÉDÉRATION CJA, du Comité Québec-Israël, du Congrès Juif Canadien-Région du Québec et de de la Communauté sépharade unifiée du Québec, le couple Juppé visita le Musée de l’Holocauste de Montréal.
Dans ses Blog-Notes (www.al1jup. com), Alain Juppé a relaté sa visite du Musée de la Shoah, qui l’a profondément bouleversé.
La récente publication dans le quotidien anglophone National Post d’une série de trois articles, intitulée France’s Jewish Exodus -L’Exode juif de France-, l’a grandement surpris par sa teneur peu nuancée et fort alarmiste.
“Pas une seule ligne dans ces articles ne mentionne les actions et les mesures très importantes prises ces dernières années par le gouvernement français pour combattre l’antisémitisme”, constata-t-il.
Il est indéniable qu’il y a, et qu’il y a toujours eu, de l’antisémitisme en France, ajouta-t-il. Mais, ce fléau funeste est réapparu aussi avec force dans d’autres grands pays démocratiques, s’empressa-t-il de rappeler. Pour corroborer ce constat, il égrena quelques statististiques provenant d’enquêtes menées par l’Anti-Defamation League (ADL). En 2002-2003, les actes antisémites ont augmenté de 17% aux États-Unis. En 2004, les exactions antisémites se sont accrues de 42% en Grande-Bretagne…
“Je ne veux pas nier, ou minimiser, ce grave phénomène. Je tiens simplement à vous dire que la France ne s’est pas résignée à l’antisémitisme. Nous le combattons avec la plus grande énergie. Apparemment, nous enregistrons quelques résultats positifs. Lorsqu’on vous dit que la France ne fait rien pour combattre l’antisémitisme, ou qu’elle banalise ou minimise cette plaie, ce n’est pas vrai! Nous sommes engagés dans un combat très fort. Je ne dis pas que ça marche à 100%.”
Alain Juppé est bien conscient du malaise qui sévit depuis quelques années dans la Communauté juive de France.
“ Je comprends parfaitement l’angoisse que ressent la Communauté juive française. Je sais que depuis quelque temps les demandes d’immigration au Canada, aux États-Unis et en Israël ont augmenté. Je suis conscient de tout cela. Pour la France, c’est un grand défi. Nous sommes déterminés à combattre ce phénomène morbide qu’est l’antisémitisme. À l’exception de l’extrême droite et des mouvements d’extrême gauche, qui au nom de leur solidarité avec les Palestiniens minimisent les actes antisémites, la plupart des formations politiques françaises sont engagées dans ce combat crucial pour l’avenir de notre pays.”
Selon lui, le Président Jacques Chirac et les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années à Matignon ont fait preuve d’une résolution inébranlable pour endiguer l’antisémitisme. Pour preuve: la politique draconienne, ayant comme credo: “tolérance zéro”, qu’ils ont sciemment mise en oeuvre.
“Il ne faut pas oublier la déclaration publique, extrêmement forte, faite par le Président Chirac le 17 novembre 2003: “Toute attaque contre un Juif français est une attaque dirigée contre la France”, rappela-t-il.
Alain Juppé est offusqué lorsqu’il entend des contempteurs de la France reprocher à Jacques Chirac d’éluder, ou banaliser, l’antisémitisme.
“Il est vrai que j’ai des relations presque filiales avec le Président Chirac. Cela ne m’empêche pas d’avoir les yeux ouverts, ni de porter un jugement lucide. Là, je pense franchement qu’on lui cherche une mauvaise querelle. On ne peut pas lui faire ce reproche. Lorsque le Président déclare que “tout acte dirigé contre un Juif français est un acte dirigé contre la France entière”, c’est qu’il reconnaît qu’il y a de l’antisémitisme en France. S’il ne l’avait pas reconnu, il n’aurait pas fait cette déclaration. Si nous essayions de banaliser ce phénomène abject, nous n’aurions pas fait tout ce que nous avons fait depuis quelques années pour le combattre.”
La France, poursuit-il, ne s’est pas contentée d’émettre des déclarations lénifiantes. Elle a agi à trois niveaux.
1- Renforcement de la législation visant à combattre et à sanctionner sévèrement les actes antisémites. Depuis 2003, des sanctions beaucoup plus fortes sont imposées aux auteurs d’actes racistes, antisémites et xénophobes. Depuis 2004, des procureurs spéciaux ont été nommés pour traiter les cas de racisme et d’antisémitisme. Dans chaque Cour d’appel, il y a désormais un magistrat référent spécialisé dans la poursuite contre les actes d’antisémitisme. En juillet 2004, le Parlement français a adopté une loi renforçant les sanctions contre les actes de racisme et d’antisémitisme dans les médias. Loi qui a permis que la chaîne de télévision antisémite, Al Manar, diffusant à partir du Liban, soit interdite en France. En novembre 2003, une loi spéciale a créé un Comité interministériel, présidé par le Premier ministre, pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme.
2- Des mesures ont été prises aussi au niveau de l’Éducation. Dans toutes les écoles, il y a aujourd’hui des équipes spécialisées chargées d’identifier et combattre les incidents antisémites. Une Brochure républicaine expliquant aux élèves les méfaits pernicieux de l’antisémitisme et du racisme est distribuée dans toutes les écoles de France…
3- Troisième axe important de cette politique visant à combattre l’antisémitisme: une coopération étroite avec l’Union Européenne, le Conseil de l’Europe, l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et les Nations Unies pour engager un certain nombre d’actions internationales pour juguler l’antisémitisme.
Au cours de la période de questions, on demanda à Alain Juppé si la Justice française n’avait pas connu quelques dérapages dans le traitement de l’épineux dossier de l’antisémitisme? Sa réponse fut catégorique.
“On ne peut pas dire ça! Je crois que les tribunaux et les policiers français appliquent très fermement les instructions qu’on leur donne. Je ne dis pas qu’il n’y a pas un seul policier antisémite en France. Mais, mis à part quelques milieux radicaux d’extrême droite et d’extrême gauche, la classe politique et la société civile françaises sont fermement engagées dans ce rude combat. L’antisémitisme est un poison tenace qu’il faut éradiquer. Je comprends que certains de nos compatriotes juifs se sentent mal à l’aise. Mais, je peux vous assurer qu’il n’y a pas de complicité ni d’indulgence de la part des pouvoirs publics en ce qui a trait à l’antisémitisme. Par ailleurs, des instituions juives, dont le CRIF -institution représentative politique du judaïsme français-, travaillent en étroite coopération avec le gouvernement. Il n’y a pas eu une rupture du dialogue entre les organismes de la Communauté juive et les pouvoirs publics français. Au contraire, ils travaillent main dans la main, aussi bien au niveau national que municipal. En tant qu’ancien Maire de Bordeaux, je peux vous l’affirmer.”
D’après Alain Juppé, la politique de lutte contre l’antisémitisme menée par le gouvernement français commence à donner des résultats probants: de janvier à la fin septembre 2005, les actes antisémites en France ont diminué de 50%.
“Vous allez me dire que les années précédentes les actes antisémites ont augmenté de 100%! Il semble que la tendance s’est inversée. Même le Premier ministre d’Israël, Ariel Sharon, l’a reconnu lors de son dernier séjour en France, en juillet 2005. Il a alors déclaré: “Dans la le domaine de la lutte contre l’antisémitisme, la France est un exemple à suivre par les autres pays européens”. Des déclarations de ce type ne sont pas fréquentes dans la bouche de Sharon. Il avait dit l’inverse quelques mois auparavant.”
Alain Juppé a aussi commenté les incidents qui ont embrasé dernièrement plusieurs villes françaises.
“Ces événements ont eu des répercussions très importantes, pas seulement en France, mais dans le monde aussi. Je suis navré de voir comment l’image de la France en a souffert. Là aussi, il faut relativiser un peu les choses. Du Québec, lorsque je regardai la télévision de Radio-Canada, je me disais: “On ne peut plus sortir à Paris. Toute la France est à feu et à sang”. J’ai beaucoup d’amis et de la famille à Paris. On leur a téléphoné. Ils nous ont confirmé que dans la quasi totalité des villes et des quartiers de France c’était business as usual. Il y a une cinquantaine de quartiers où ça a chauffé. Je ne dis pas cela pour minimiser ces événements sinistres, mais pour les relativiser.”
Dans une démocratie, poursuit-il, de tels actes sont inacceptables.
“On on a beau être au chômage ou vouloir protester contre la façon dont le gouvernement nous traite, ce ne sont pas des raisons pour brûler des voitures, des écoles, des institutions publiques… La priorité des priorités, c’était de rétablir la loi et l’ordre. Aujourd’hui, apparemment, les choses sont en train de rentrer dans l’ordre. Mais, il ne suffit pas de rétablir l’ordre, il faut s’interroger sur les racines profondes de cette crise. Pour le modèle d’intégration à la française, c’est un véritable défi.”
Selon lui, une des raisons majeures de la crise actuelle c’est le chômage.
“Il faut que la société française change ses comportements. Toutes les lois possibles et imaginables ne régleront pas ce problème si nous n’acceptons pas de vivre ensemble avec les communautés qui se sentent marginalisées.”
Dans la deuxième partie de son allocution, Alain Juppé livra ses réflexions sur les relations entre la France et Israël et les perspectives futures du processus de paix israélo-palestinien.
Nous vous rendrons compte de ses analyses sur ces deux sujets, toujours d’une brûlante actualité, dans un prochain article.

In a meeting with Montreal Jewish leaders, Alain Juppé, former prime minister of France, spoke about anti-Semitism in his country.

 

Rafale de plaintes du MRAP : contre William Goldnadel, Malek Boutih et Alain Finkielkraut

 

Le 2 décembre 2005, William Goldnadel, chroniqueur sur Radio J, a tenu, à l'antenne, les propos suivants :

« Au nom du principe de la disqualification dont je vous entretenais lors de ma précédente chronique, il convenait de disqualifier Alain Finkielkraut comme il convenait de disqualifier Nicolas Sarkozy, pour les exclure d'un débat qui devenait trop démocratique. L'occasion était si tentante : Finkielkraut : trop talentueux, trop insoupçonnable, trop attaché à Israël. Je ne lui ferai qu'un seul reproche, c'est d'avoir présenté ses excuses au micro de Jean-Pierre Elkabbach. S'excuser de quoi ? D'avoir dit trop crûment les choses ? S'excuser auprès de qui ? Auprès de la racaille - oui, la racaille ! - et de ses défenseurs extatiques ? Peut-être auprès du MRAP, de Mouloud Aounit, l'ami de Ramadan, le compagnon de route des islamistes, celui qui va dans les manifestations où l'on crie « mort aux juifs ». ? »

Ces propos gravement diffamatoires conduisent Mouloud Aounit à porter plainte contre William Goldnadel. Ce dernier distille volontairement des propos insultants à l'égard du Président du MRAP qui ont déjà fait l'objet d'une condamnation à l'encontre d'Arno Klarsfeld. Le MRAP et Mouloud Aounit interpellent le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel afin qu'il puisse s'exprimer sur ces dérives délibérées que Radio J offre à William Goldnadel et à Philippe De Villiers, lequel a tenu il y a quelques semaines des propos immondes sur cette même radio, sans accepter un droit de réponse que le MRAP avait souhaité apporter à la suite de cette émission d'une heure.

Enfin, le MRAP rappelle que deux procédures sont actuellement en cours, l'une contre Malek Boutih, qui avait déclaré le 23 novembre 2003 : « le MRAP qui défile aux cris de mort aux juifs » ; et l'autre contre Alain Finkielkraut, qui avait déclaré le même jour : « il s'est constitué à Durban un mouvement contre le racisme et pour l'antisémitisme des peuples ».

Ces attaques ignominieuses à l'encontre du MRAP et de son Président illustrent la guerre sans merci que certains mènent contre le postulat que le MRAP a toujours défendu selon lequel il n'existe qu'une seule race, la race humaine, et son corollaire, l'universalité et l'indivisibilité du combat contre le racisme. Maître Pierre Mairat représentera le MRAP dans ces trois procédures. Source : MRAP, 20 décembre 2005.

 

Pierre-André Taguieff vole au secours de Sarközy et Finkielkraut : «Les stars se comportent comme les stalino-trotskistes de jadis»


Philosophe et politologue, directeur de recherche au CNRS, Pierre-André Taguieff décrit le processus qui conduit à «vouer à la vindicte publique quelques ennemis imaginaires».

Propos recueillis par Alexis Lacroix , Le Figaro, 22 décembre 2005


LE FIGARO. – Quel regard portez-vous sur la mise en cause de Nicolas Sarkozy par des stars et des humoristes ?

Pierre-André TAGUIEFF. – C'est l'évolution plus large du débat sur la scène française qui permet de prendre la mesure de ce phénomène. En son temps, Guy Debord qualifiait de «stalinos-trotskistes» les militants révolutionnaires acharnés à délégitimer toute position politique un tant soit peu éloignée de leur vulgate gauchiste. En présentant le ministre de l'Intérieur comme l'emblème d'un nouvel esprit de réaction, certaines «stars» se comportent désormais comme les «stalino-trotskistes» de jadis. Ces détracteurs télégéniques s'indignent du mot «racaille» ou s'attardent pesamment sur l'_expression «Kärcher». Ces amuseurs jouent aux gardiens de l'orthodoxie néo-gauchiste. Ils ont les rieurs de leur côté. Or, à aucun moment, il ne s'agit de soumettre les propositions, les déclarations ou les actes de ce dirigeant politique à un examen critique rigoureux de leurs avantages comme de leurs effets pervers. L'objet de ce nouveau «code culturel» n'est pas d'argumenter, mais de vouer à la vindicte publique quelques ennemis imaginaires, tantôt en les ridiculisant, tantôt en les diabolisant.


Comment est né ce «code culturel» ?

En fait, un des enjeux principaux de cette vulgate antisarkozyste est la construction d'un nouveau personnage-repoussoir de droite. Jean-Marie Le Pen occupe le poste «extrême droite», Philippe de Villiers le poste «droite extrême». Seul restait libre d'accès le poste «nouveau réactionnaire». La transposition française de l'étiquette infamante «néo-cons» n'ayant pas réussi, les dénonciateurs doivent désormais se contenter du qualificatif de «néo-réacs». Mais qu'importe... La montée de la popularité du ministre de l'Intérieur dans le contexte des émeutes du mois dernier inquiétait la gauche. Il devenait très urgent d'inventer une riposte, une parade !


Quelles sont les composantes idéologiques de cette riposte ?

Jusque-là, Sarkozy était stigmatisé par la bien-pensance en tant que «populiste», manière de l'assimiler confusément à Le Pen. C'était oublier l'essentiel, à savoir que le «populisme» de Sarkozy s'inscrivait dans la noble tradition républicaine – et gaulliste – de l'appel au peuple, par-delà le clivage fonctionnel droite/gauche. Pour les stratèges culturels d'une gauche sur la défensive, l'occasion s'est présentée, il y a un mois, de ramener à une cause unique, d'une part la «dégauchisation» du monde intellectuel, et, d'autre part, l'irruption d'un nouveau leader politique né à droite mais désormais présidentiable sérieux, capable de mordre sur l'électorat de la gauche en mobilisant des Français de sensibilités politiques très diverses en faveur de l'ordre, de l'autorité et du «changement», ce mot fétiche de tous les progressistes. Face aux intellectuels qualifiés par Daniel Lindenberg de «nouveaux réactionnaires», le cliché stigmatisant n'a pas tardé à fuser : «Ils roulent pour Sarko !» Et, à la fin novembre 2005, la chimère de la menace néo-réac a pris corps, avec un Sarkozy érigé en chef de tribu et un Finkielkraut imaginé en conseiller du chef !