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Le quotidien online des Musulmans libres et actifs et leurs alliés

Protocoles des Fous de Sion

La gauche et la Palestine


par Mary Rizzo, http://peacepalestine.blogspot.com, 23 février 2005. Traduit de l'anglais.
[...] En Europe et aux Etats-Unis, la gauche traditionnelle a toujours été en rapport avec des organisations juives et vice versa. Pourtant, ces dernières années, cette alliance a perdu de sa solidité. Naturellement, il n'y a d'autre raisons à cela que le soutien manifeste apporté par les organisations juives à Israël et qui constitue, bien sûr, un motif de désaccord. A l'instar du contrôle des armes à feu ou de l'avortement prôné dans les plates-formes conservatrices, c'est une question qui, en elle-même, divise votes et sympathies.
Dans son livre « L'Abbandono » (L'abandon), Fiamma Nirenstein se plaint de ce que la gauche traditionnelle délaisse les intérêts juifs. Son emphase ne s'adresse pas à des questions concernant les juifs considérés individuellement ni leurs libertés civiques, qui consisteraient dans le libre exercice de la foi juive et la mise en valeur de la culture juive. En fait, du moins en Italie, et je m'aventurerais à dire la même chose du reste du monde occidental sans exception, il y a des droits qui sont acquis et qui ne sont plus des « questions de minorités » dans lesquelles on peut pointer du doigt certaines discriminations. Je ne crois pas qu'il y ait, dans les sociétés multiculturelles occidentales, un seul exemple où l'on empêche aujourd'hui un individu juif de vivre son identité juive. Non, Nirenstein déplore que la gauche ait abandonné les juifs, puisqu'elle ne soutient plus Israël comme elle, Nirenstein, aimerait que cette même gauche le fît.
Pour comprendre la position centrale d'Israël aux yeux des juifs qui font partie de communautés juives organisées (en Italie, 22 communautés, regroupant approximativement 30.000 personnes, sont représentées par l'UCEI), il est intéressant de lire ce qu'un site commentant le Cinquième Congrès avait à dire du document de conclusion.
http://www.ragionamentidistoria.it/n05-n06/ucei.htm/


« Le Cinquième Congrès de l'Union des Communautés judéo-italiennes (UCEI) s'est tenu à Rome du 23 au 25 juin 2002.

Le document publié est très sincère, très pondéré, dans une tentative de découvrir un lien solide entre les diverses composantes de la société juive italienne et, en particulier, entre les deux listes de la majorité : celle de centre-droite 'Pour Israël' (dirigeante, Fiamma Nirenstein) et celle de centre-gauche, 'Keillah' (dirigeant, Gad Lerner).
Israël représente pour nous l'essence de notre identité juive qui s'était déjà trouvé de nouvelles motivations dans le développement du mouvement sioniste, mais qui avait radicalement changé en 1948, lorsqu'il était devenu un peuple indépendant, avec sa langue, sa culture, ses institutions. Un nouveau patrimoine qui ne peut être abandonné, qui a rassemblé la Diaspora de façon plus large, qui a fourni une volonté d'existence et de résistance même aux communautés juives en difficulté ou en danger. Il est de notre devoir de faire en sorte que l'opinion publique comprenne que l'existence d'Israël représente une valeur, non seulement pour nous, les juifs, mais pour le monde civilisé tout entier. »
Puisque, pour les juifs italiens, le problème fondamental juif et l'essence de l'identité juive résident dans le soutien à Israël, la gauche italienne, en vue de continuer à s'allier à la communauté juive, serait obligée d'afficher un point de vue positif à propos d'Israël. Dans la plupart des cas, c'est ce qu'elle a fait. La gauche serait censée (et elle le fait) témoigner son soutien à Israël en tant qu'Etat juif. Toutefois, en agissant de la sorte, elle s'aliénerait (et s'aliène effectivement) ceux qui, au sein de la gauche, condamnent les crimes de guerre, les violations des droits de l'homme et l'illégalité inhérente au modus operandi israélien, lesquels tirent leur origine dans la fondation même d'Israël et se concrétisent de la façon la plus extrême et la plus obscène dans les horreurs de l'occupation et les violations des droits de l'homme qui font partie intégrante de cette même occupation.
Ce qui semble si manifestement, si ouvertement illégal et immoral au citoyen ordinaire et aux gens dotés d'une certaine jugeote politique, est un non-problème. Sans jamais entrer dans la polémique autour de la légitimité d'Israël, depuis sa fondation et tout au long de son histoire, au vu de la façon dont la création de cet Etat est un fait accompli et dont l'un des piliers est l'expulsion de sa population originelle, la gauche ignore même des événements actuels qui n'améliorent pas l'image qu'Israël a de lui-même. Le refus d'autoriser le retour, ne fût-ce que d'un seul réfugié, est la continuation de ce paradigme, remontant à la fondation d'Israël, que constituent les violations des conventions internationales telles la Quatrième Convention de Genève et la Convention de La Haye. Afin d'éviter une déclaration autour de cet argument ­ puisque le faire dénoncerait la nature cruelle d'Israël ­ et d'entamer un discours qui entraînerait l'aliénation des constituants juifs, pour autant qu'ils soient similaires, même de loin, à ceux qui, en Italie, acceptent Israël comme point essentiel de référence, la gauche traditionnelle a adopté le fameux paradigme du 2S42P.

2S42P = « Two States For Two People » (Deux Etats, deux peuples)


Cette revendication pourrait paraître progressiste si on la considère sous la perspective de l'histoire d'Israël. Ce n'est que tout récemment que les Israéliens se sont rendu compte que les Palestiniens, eux aussi, « sont » effectivement un peuple. Avec la reconnaissance de leur identité nationale, on considère que les Palestiniens devraient avoir droit à l'autodétermination garantie par les traités juridiques internationaux. Quoi qu'il en soit, depuis Oslo, Israël a déclaré qu'il était intéressé par le fait d'accepter ou, plus exactement, de permettre l'existence d'une sorte d'Etat palestinien à côté d'un Etat juif. Le droit des Palestiniens à l'autodétermination dépend mutuellement du droit des Juifs à l'autodétermination en Israël. Il en est une résultante. En d'autres termes, il est subordonné à la reconnaissance préliminaire par les Palestiniens (et le gouvernement, et le peuple) de la légitimité d'Israël en tant qu'Etat juif. Il est très difficile d'accorder une quelconque légitimité à une chose qui, manifestement, n'a rien de légitime et, par conséquent, le discours ne doit jamais s'approcher de trop près de cet incontournable dilemme.
En raison des problèmes concernant l'autodétermination des populations, la majeure partie de la gauche traditionnelle en Europe et aux Etats-Unis a accepté sans discuter le principe des deux Etats. Cela semble presque logique et honnête. Presque.
Pourtant, derrière ce principe, un autre se cache et c'est le principe de la suprématie des droits des groupes. Alors que les groupes eux-mêmes se voient accorder un droit à l'autodétermination (Article I de la Charte des Nations unies et autres lois), les individus ont des droits qui sont également garantis et la plupart des juristes ­ et pas exclusivement ceux du principe de l'« individualisme » ­ considèrent qu'ils l'emportent sur les droits des groupes, également appelés « droits identitaires ». Dans une société où il existe une culture dominante, ou une identité dominante, il convient de créer des lois pour protéger les minorités de la discrimination. Les droits égalitaires et les droits de l'homme sont extrêmement individuels de par leur nature. Quand un Etat se mue en organe dont la constitution ou les lois servent à valider la suprématie d'un groupe sur les autres en institutionnalisant l'idée de la suprématie de la majorité via la promulgation de telles lois, nous obtenons ce qu'on peut tout simplement appeler un Etat d'apartheid. En Israël, des questions comme la liberté de mouvement, la liberté de pensée (y compris la pensée politique ­ Israël ne permet pas à un parti de se présenter s'il ne souscrit pas au caractère d'Israël en tant qu'Etat juif), l'accès aux services, les lois civiques et familiales concernant des questions comme le mariage, le divorce et la résidence, les obligations militaires, etc., sont déterminées sur une base ethnique. Car, dans cet Etat laïc, ne pas être juif est en effet une cause de discrimination. Les Palestiniens en Israël subissent tout simplement une discrimination. Les Palestiniens soumis au contrôle israélien sont opprimés et subissent des discriminations. Ce n'est pas un tableau très flatteur pour Israël et il est très aisé de condamner ce dernier du fait que les preuves de cette situation sont macroscopiques.
A l'époque de l'apartheid sud-africain, dénoncer la discrimination ethnique était un impératif moral de la gauche. Je ne pense pas qu'il y ait jamais eu une conférence progressiste qui ait présenté les points de vue des militants pro-apartheid. Il semblait précisément naturel qu'il y eût de graves violations des droits de l'homme et, en tant que telles, celles-ci étaient indéfendables et il n'y eut pas d'appel en faveur de l'« équilibre », ni d'obligation d'un camp « favorable aux Boers » au sein du débat.
Ce n'est pas le cas, avec Israël. Si vous avez une personne qui dénonce des assassinats ciblés, des démolitions de maisons et des raids qui emprisonnent l'entière population mâle d'une ville, vous êtes également tenu d'accorder « un temps de parole égal » à la version israélienne de l'histoire. C'est tout simplement exigé. « Bien sûr ! », qu'ils doivent avoir de très bonnes raisons de recourir aux punitions collectives et à la violence arbitraire. « Eh bien ! Il y a d'importantes raisons » de violer les lois internationales de façon aussi flagrante et de discriminer des personnes sur une base ethnique. Le public moyen est obligé d'écouter leurs raisons. Cela ne suffit pas que les atrocités trouvent rarement une place dans un discours public et qu'elles soient dénoncées dans de timides chuchotements, dissimulées dans quelque page intérieure des journaux les plus progressistes, mais il faut encore que nous entendions leur justification au cours d'un « temps de parole égal », comme si ces actions étaient légitimes. Je trouve cela offensant.
Apparemment, la gauche, non. Apparemment, c'est ce qu'on appelle rapporter les faits de façon honnête et impartiale. Parfois même, certaines des rares voix de la gauche dans les mass media tombent à tel point dans le panneau qu'elles en deviennent dangereuses pour la cause même qu'elles pourraient soutenir.
Il y a quelque temps, Michele Santoro, un journaliste modéré de la chaîne nationale italienne, la RAI, et dont les positions sont souvent aux antipodes mêmes de celles de la gauche traditionnelle (il avait critiqué les bombardements de l'Otan contre la Serbie, par exemple), ce qui lui a fait prendre ses distances vis-à-vis de la télévision italienne, discutait de la Palestine dans l'un de ses shows télévisés de soirée. Pour représenter le point de vue israélien, il y avait là Fiamma Nirenstein. Pour représenter le point de vue palestinien, on avait prévuŠ tenez-vous bienŠ un garçon de douze ans. Naturellement, un journaliste professionnel ou un écrivain, un homme politique ou une personne bien au courant des questions israéliennes sait, du fait que Fiamma Nirenstein a épousé un colonel israélien, qu'elle connaît toutes les ficelles du métier pour présenter des arguments convaincants. Elle fit même preuve de chaleur maternelle à l'endroit du garçon et il était très clair que ses manières habituellement condescendantes avaient été soigneusement rangées au placard. Elle prouva qu'elle avait non seulement quelque chose dans la tête, mais qu'elle avait également beaucoup de c¦ur. Le garçonnet, de façon dramatique, témoigna sa colère, mais il ne parlait pas notre langue, il ne disposait pas du contexte « historique » pour étayer ses affirmations et, en fin de compte, il ne fut rien de plus qu'un représentant émouvant de son camp, un élément sans grand rapport avec la question et pouvant difficilement servir de référence. Et on viendra parler d'équilibre ?
Il y a une grande différence entre l'information et la communication. Ce que l'information est censée faire, c'est de présenter des faits et des données sans dévier du côté de l'émotion. Toutefois, du fait que nous sommes des humains, nous en référons bien plus intimement et profondément aux sentiments. C'est via la communication que nous cherchons à consolider le consensus et, pour être un communicateur efficace, nous recourons à toutes les ficelles disponibles.
Lorsque les faits sont si évidents, que l'information toute nue est si limpide et si manifestement du côté des Palestiniens, puisque ce sont LEURS droits qui sont systématiquement violés, et non ceux des juifs, le monde de la communication se met en pilotage automatique.
Pour l'une ou l'autre raison, nous sommes censés considérer le conflit israélo-palestinien sous forme de deux adversaires égaux aux raisons également valables et aux prétentions également légitimes. D'une façon ou d'une autre, nous sommes tout simplement censés accepter la violation des Résolutions 181, 194 et 242 des Nations unies, de même que les soixante et onze autres qu'Israël continue à violer, sans intervention de quelque puissance que ce soit, comme si c'était un comportement acceptable dénué de conséquences. Il est évident et naturel qu'il n'y ait de conséquences que lorsqu'une nation arabe n'en viole qu'une seule, comme l'Irak avec la Résolution 1441 des Nations unies, mais, pour Israël, ce luxe est permis et plus encore. C'est NOTRE consensus qui lui a donné ce droit. Les deux poids et deux mesures ne nous ennuient pas, mais ils le devraient.
Et c'est ici que la gauche traditionnelle entre en scène. Pour éviter une confrontation entre sa base traditionnelle et la « base sociale », constituée en gros par les gens qui ont suivi les questions comme la Colombie, la Palestine, l'Afghanistan, pour n'en citer que quelques-unes, sur la place publique, sans quoi ces questions retourneraient bien vite dans l'oubli (qui se souvient encore du Timor oriental ?), elle a concentré ses énergies à trouver des militants qui se mettent à exprimer les revendications du peuple palestinien.
On nous suggère de les encourager à considérer des solutions « modérées », mais progressistes et honnêtes, tel « l'Accord de Genève », qui ne garantissait aux Palestiniens ni les droits d'accès à l'eau, ni les droits frontaliers et encore moins le droit de se défendre, mais prônait comme point central le renoncement aux droits individuels, y compris le droit au retour, en échange de quelques actes passablement nébuleux de bonne volonté. On nous encourage à oublier que ces droits ne sont pas arbitraires et qu'ils sont garantis par la législation internationale. Ils sont inaliénables et ne peuvent faire l'objet d'un échange avec d'autres droits moindres. Arafat en était conscient et c'est pourquoi il ne pouvait signer la proposition de Barak, dont on avait pourtant affirmé qu'elle était une « offre généreuse ». En tant que dirigeant de son peuple et signataire de l'accord, il n'était nullement mandaté pour renoncer aux droits acquis, et personne ne le sera jamais, grâce à la législation internationale. La gauche nous encourage à convaincre nos amis palestiniens d'accepter et d'entériner les accords de ce genre. Le raffut que la gauche a fait autour de l'Accord de Genève, le présentant comme assez défavorable à Sharon et aux projets de la droite fut accompagné par une campagne des dirigeants de la gauche, en compagnie du toujours populaire contingent hollywoodien, qui préconisait que nous suggérions que les Palestiniens cherchent une « solution plus pragmatique » à leurs problèmes. Ils sont censés comprendre que le renoncement à leurs droits favorise au mieux leurs intérêts, vu que personne ne forcera Israël à remplir ses devoirs et à obéir aux lois. Même les Etats-Unis se sont opposés à une résolution appelant les Etats à respecter les lois internationales, de sorte qu'il est raisonnable politiquement d'affirmer qu'en aucun cas, Israël n'adhérera aux résolutions des Nations unies et que, par conséquent, un petit quelque chose est toujours mieux que rien. On nous encourage à trouver des voix modérées, des voix qui encouragent un « dialogue » où les deux camps se voient attribuer a priori une égale légitimité. Un colon qui détruit une propriété palestinienne va être mis sur le même pied qu'un enfant qui défend sa rue de la seule manière qu'il connaît, en jetant une pierre contre un char blindé pénétrant dans son village et dont l'arrivée même annonce quelque terrible destruction que nous ne pouvons qu'imaginer. Un Etat qui construit un mur sur la propriété palestinienne et force un homme a demander une autorisation (souvent refusée) rien que pour aider sa famille par son propre travail et ses propres récoltes, va être mis sur le même pied que des dirigeants politiques qui, lorsqu'ils ne sont pas arrêtés, doivent vivre dans la clandestinité s'ils ne veulent pas être assassinés en compagnie de leur famille.
La différence est celle-ci : un groupe est traité en tant que groupe légitime, et l'autre est illégal. Et, contre toute logique, c'est le second qui se voit conférer une légitimité. Les colons et toutes les infrastructures que requiert leur présence dans les territoires occupés transforment l'existence des Palestiniens sous l'occupation en enfer terrestre. Pourtant, ces résidents illégaux (aux yeux de la loi internationale, pas aux yeux d'Israël) sont considérés comme ayant des droits d'autodéfense, droits que l'on refuse au peuple occupé. Un adolescent qui jette une pierre inoffensive contre un char quand celui-ci entre dans Naplouse est considéré comme un agresseur. L'Etat israélien qui viole de façon si offensante les droits de l'homme avec ses raids, ses check-points, ou en tirant dans des foules de manifestants et plus encore, est censé être mis sur un même pied que les petits groupes de résistance dont les opérations sont très limitées.
Il est intéressant de voir comment la plupart des groupes juifs progressistes traitent ce dilemme. D'une part, ils jettent le blâme sur les colons eux-mêmes et sur le secteur de l'administration israélienne qui a appuyé ces nombreuses installations de colonies. Pour eux, c'est là que se situe le fond du problème, et non dans la discrimination bien réelle inhérente à la société israélienne. D'une certaine façon, il importe toujours pour eux que la suprématie juive demeure intacte, c'est-à-dire que l'Etat d'Israël maintienne son caractère juif, bien que 20% ou plus (les statistiques de la présence en Israël de travailleurs non juifs et non arabes de surcroît ne donnent aucune indication quant à leur base numérique dans la société israélienne, puisque beaucoup d'entre eux sont « illégaux ») des humains qui vivent en ce pays, citoyens ou pas, ne sont pas juifs. Une très large majorité doit souffrir de la discrimination institutionnalisée par Israël. Certains d'entre eux ont choisi de s'y rendre pour y vivre, mais pas tous, loin s'en faut. Les familles de bon nombre d'entre eux remontent à d'innombrables générations, bien avant que le caractère juif de l'Etat se mue en loi nationale.
D'autre part, les groupes juifs progressistes cherchent une solution pragmatique qui peut être appliquée rapidement. Rapidement pour mettre un terme aux souffrances palestiniennes, mais aussi pour redorer le blason d'Israël présenté comme un Etat paria. Si le renoncement (palestinien) aux droits, le renoncement à posséder une force armée nationale (palestinienne), de même que le renoncement à un contrôle (palestinien) des frontières (palestiniennes) constituent les moyens d'y arriver, la chose peut être considérée comme une évolution positive. Autour de la table, il n'est pas question qu'Israël renonce à quoi que ce soit de similaire, et encore moins à l'occupation illégale, laquelle, depuis longtemps, est considérée en Israël comme un investissement à risque. Avec un accord comme celui de Genève, c'est toujours Israël qui annoncera les coups, de sorte qu'il aura peu à perdre.
Sur le site de Tikkun, une organisation religieuse juive progressiste de Californie, on peut trouver un forum qui demande à ses membres de discuter de la question de savoir si le droit palestinien au retour doit se trouver au centre de leur plate-forme ­ car ils considèrent comme étant légitime le droit palestinien au retour. Ce droit n'a jamais figuré dans la plate-forme d'aucune organisation juive progressiste, pas même Gush Shalom. Quelle question étonnante à se poser à soi-même, de la part d'un groupe progressiste ! Les droits de l'homme ne sont-ils pas censés avoir été acceptés comme un don, une acquisition du militantisme progressiste ? Est-il évident pour tout le monde que les droits de l'homme constitue le c¦ur du problème et non un problème secondaire que l'on peut ajouter ou supprimer selon son gré ?
Quelles conclusions peut-on tirer de tout ceci ? Si l'aspect émotionnel est en effet celui que préfèrent les partisans d'Israël, du fait que la froide présentation de faits cinglants ne peut absolument pas se révéler favorable à Israël, dans ce cas, en tant que militants pro-palestiniens, commençons donc par utiliser ces outils-là nous-mêmes.
Ce que la faction pro-israélienne a utilisé depuis des années et que l'on peut également appeler manipulation ou chantage émotionnel, c'est l'élément de culpabilité que l'Occident a éprouvé, soit pour avoir été responsable de la persécution des juifs en Europe, soit pour n'avoir pas ¦uvré suffisamment pour l'empêcher. Ce fut souvent un prétexte pour associer Israël à quelque chose ayant les allures d'une entreprise humanitaire. Une mythologie s'est constituée à partir de là et dans les esprits de la majeure partie de la population occidentale, Israël est devenu un Etat idéalisé. Une petite démocratie (la seule, disent-ils) coincée au milieu de millions d'Arabes agressifs faisant partie d'Etats plus ou moins hostiles cherchant sa destruction en raison de quelque antisémitisme naturel qui leur est inhérent en tant que nations et peuples non occidentaux. Cette campagne sert à induire les gens à se sentir protecteurs à l'égard d'Israël, encourageant de la sorte l'« aide » massive dont bénéficie Israël. Imaginez donc qu'une minuscule démocratie occidentale, avec une économie florissante, a besoin de plus d'aide qu'une immense nation du tiers monde aux prises avec des problèmes écologiques, sanitaires et humanitaires. Israël a bénéficié de ce statut privilégié des décennies durant et il a semblé que rien ne pourrait mettre en danger ce statut acquis.
C'est-à-dire jusqu'à la première Intifada, quand les premières craquelures sont apparues. Pour la première fois, le monde commençait à se rendre compte des conditions de vie des Arabes sous la férule juive, et tout particulièrement ceux qui étaient confinés dans les camps de réfugiés non loin des endroits où ils avaient vécu durant des générations, et ce fut un choc pour beaucoup. Comme coup de public relations, c'en fut un de la pire espèce. Les juifs ont toujours été considérés comme des gens pacifiques, et assister à une violence qui n'était plus de la défense, mais de l'agression pure et simple dirigée contre des enfants, détruisit cette image d'une façon demeurée indélébile. Ce qui était évident pour le monde arabe tout entier et pour quelques regards occidentaux à peine était désormais dévoilé à la vue de tout le monde. Il y eut bien évidemment des efforts pour censurer ces images mais, aujourd'hui, la cause palestinienne est devenue l'une des habituelles causes des droits de l'homme qui mobilise l'Occident.
Ce qu'il fallait, c'était se refaire une virginité et ce fut la campagne visant à présenter les Palestiniens comme dangereux, comme une menace à la sécurité. Pour cela, quel meilleur emblème qu'un mur ? « Ils sont si dangereux, nous devons nous retrancher derrière un mur. » Tel est le message. « Nous nous faisons du tort à nous-mêmes pour la sécurité de nos citoyens. » Plutôt que d'écouter l'offense qui avait dû être causée, l'Occident a écouté les raisons sous-tendant cette aberration qu'Israël appelle une « clôture de sécurité ». Cette dernière s'est vu accorder une légitimité. Même des progressistes comme Uri Avneri ont dit que cela allait cesser d'être un problème s'il [le mur] se trouvait du côté israélien et en deçà de la Ligne Verte (ce qu'il ne fera pas, naturellement, et même de loin, puisqu'il empiète sur le territoire palestinien à tous les tournants). La légitimité de cette affaire a été admise « pour le principe », même par les amis de la faction 2S42P. Qu'importe la façon dont un Etat palestinien viable pourrait être réalisé désormais, avec le fait accompli du mur.
Si la culpabilité a été réelle dans le fait de garder les gens ignorants des violations des droits de l'homme et des cris de guerre, lesquelles font partie de l'illégalité de la politique israélienne, nous, progressistes, avons pour tâche de manipuler le sentiment qui sert d'accessoire à la culpabilité : la honte. Si les mesures politiques d'Israël sont discriminatoires, si elles violent les droits individuels de qui que ce soit et, tout particulièrement, de ceux que la loi l'oblige à protéger, ces mesures politiques doivent être dénoncées pour ce qu'elles sont, et c'est une mesure pratique justifiée que de couvrir Israël d'opprobre tant qu'il ne se pliera pas à la loi et se mettra à agir décemment.
Il a souvent été dit qu'Israël est plus inquiet de son image publique que de ce qu'il perpètre, en fait. Si c'est vrai, peut-être la seule façon pour le public mondial d'amener un changement serait-elle de retirer son approbation à Israël et de le blâmer de vive voix.
Un autre problème, dans la dénonciation des méfaits d'Israël, et qui empêche des personnes habituellement attentives d'agir en ce sens, est l'accusation d'antisémitisme lancée à la tête de tous ceux qui osent critiquer Israël. Certains des arguments utilisés par les partisans progressistes d'Israël incluent l'accusation selon laquelle les gens imposent à Israël des normes plus élevées qu'aux autres. Si on met de côté le concept israélien de la « Lumière des Nations », cette accusation est carrément ridicule. Les gens attendent d'une nation qui se targue d'être une démocratie qu'elle agisse au moins en tant que telle. Qu'il s'agit d'un Etat juif ne change rien à l'affaire et les groupes progressistes juifs devraient cesser de soutenir Israël en détournant le regard des critiques fondées ou en cherchant des justifications reposant sur une appartenance tribale ou ethnique.
En fait, c'est leur attitude défensive maladive qui sent le racisme. Si les droits de l'homme sont importants, ils ne devraient pas s'appliquer sur base sélective. Si les restrictions des les libertés des individus reposant sur la religion, la race ou l'appartenance politique sont mauvaises, les Etats qui violent systématiquement les droits de l'homme de cette façon doivent être condamnés et critiqués ouvertement. En gros, cela veut dire qu'Israël devrait rendre des comptes et se faire morigéner tant qu'il ne se conformera pas à des normes acceptables dans une démocratie. Les progressistes devraient adopter ce point de vue dans leur plate-forme sans tolérer d'exceptions.

 

 

Canal + : Cantona donne la parole aux anti-Fogiel

Canal +. Mercredi soir, un groupe de personnes demandant la démission de Marc-Olivier Fogiel a réussi, avec l'appui d'Eric Cantona, à prendre la parole dans "Le Grand Journal" de Canal Plus. Le CSA s'est autosaisi.


Les manifestants lors du "Grand Journal"

Des manifestants protestant contre le racisme à la télévision et demandant la démission de Marc-Olivier Fogiel ont pris la parole, mercredi 30 novembre, lors de l'émission de Michel Denisot sur Canal +, "Le Grand Journal", aidés par l'invité du jour, l'acteur Eric Cantona.
L'incident s'est produit vers 20h10, dès le début de l'émission, alors que le public se levait pour accueillir l'ancien footballeur. Au moment de se rasseoir, une petite dizaine de personnes ont enfilé des T-shirts proclamant "non au racisme dans les médias" ou "Fogiel démission", et sont restées debout, silencieusement, en signe de protestation. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel s'est autosaisi sur cette affaire.

"Vous pouvez vous rasseoir"

Après quelques instants de gène visible, Michel Denisot décide d'interrompre l'interview d'Eric Cantona qu'il venait tout juste d'entamer: "Attendez, il y a des jeunes gens qui restent debout avec un tee-shirt". "On a vu le message: non au racisme dans les médias. Bon, vous vous êtes exprimés, on vous a laissé vous exprimer. C'est très bien, vous pouvez vous rasseoir".
Mais les manifestants refusent de s'exécuter et annoncent qu'ils resteront debout tant que l'animateur ne leur donnera pas la parole. "Vous pouvez rester comme ça", leur répond Michel Denisot qui ne semble pas vouloir céder. "On peut vous donner la parole, mais si vous voulez la prendre comme ça, vous ne l'aurez pas".

"Ca mérite d'être défendu"

Mais alors que l'émission semblait devoir se poursuivre dans ces conditions, c'est l'invité, Eric Cantona, qui a refusé de reprendre l'interview et s'est rangé du côté des manifestants: "S'ils veulent venir trois minutes, je trouve que ça mérite d'être défendu", a déclaré l'acteur sous les applaudissements du public.
Trois protestataires sont donc descendus sur le plateau, l'un d'entre eux sortant un papier de sa poche et s'apprêtant à faire une déclaration. Selon le site des Ogres Utopistes, fortement engagé dans la défense de l'humoriste Dieudonné, il s'agirait de Doc K, du groupe de rap La Brigade et fondateur l'association Alliance Noire pour la Citoyenneté.

"En tant que citoyen français..."

"Les médias, surtout à travers la télévision, participent à la structuration de la pensée et de la citoyenneté de chaque individu", a-t-il déclaré au micro. "Monsieur Fogiel, en tant que représentant du service public, symbolise la France républicaine et tous ses citoyens, même les Français d'origine étrangère. Or, il a été condamné le 29 septembre 2005 par le tribunal de Montpellier pour le montage et la diffusion d'un SMS à caractère raciste qui insulte l'ensemble de la communauté noire. En tant que citoyen français, nous ne pouvons payer la redevance télé pour nous faire insulter par le service public censé représenter la France et son visage multiculturel".
A la fin de son intervention, l'orateur a appelé les médias à relayer les rassemblements organisés chaque dimanche soir devant les locaux où se déroulent l'émission de Marc-Olivier Fogiel, "On ne peut pas plaire à tout le monde", et à manifester le jour du jugement en appel de l'animateur. Il conclut par "merci monsieur Denisot et excusez nous" et repart s'assoire dans le public.

"Le Pen avec un masque"

Alors que Michel Denisot tente de reprendre le fil de son émission, c'est Eric Cantona qui se lance à son tour dans la polémique: "Sans en rajouter", affirme l'ex-footballeur, "on peut s'exprimer de temps en temps d'une façon ou d'une autre. On donne difficilement la parole. C'est-à-dire qu'en France on va faire tout un truc sur Napoléon qui a rétabli l'esclavage. Et c'est un géant, qui était petit quoi. Et aujourd'hui, il est remplacé par Le Pen avec un masque: Sarkozy."
La fin de l'incident est clos par Michel Denisot qui s'engage à inviter dès le lendemain Marc-Olivier Fogiel afin de rétablir les temps de parole. Selon le blog de Jean-Marc Morandini, l'animateur de France 3 de son côté ne souhaite pas réagir afin de ne pas donner "plus d'importance" à cette affaire.

Le CSA s'autosaisit

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a indiqué jeudi s'être autosaisi de cet événement. Le CSA s'est autosaisi, ce qui est une procédure habituelle après ce genre d'incident, car "la question qui se pose est celle de la maîtrise de l'antenne", a indiqué le CSA. Les services du CSA vont à présent regarder les images, un groupe de travail va délibérer et le conseil va se demander s'il y a lieu d'entendre les responsables, voire de sanctionner.
Ce processus "se produit à chaque fois qu'il y a un incident", a rappelé le CSA.
Interrogé jeudi matin sur Europe 1 par Jean-Marc Morandini, Michel Denisot a déclaré: "De mon point de vue, l'incident a été géré de façon très correcte".
Source : Le Nouvel Observateur , 1er décembre 2005

 

Le pyromane crie au feu

Israël ne peut accepter une situation dans laquelle l'Iran détiendrait l'arme nucléaire, a affirmé jeudi le Premier ministre israélien Ariel Sharon.

"Israël, et pas seulement Israël, ne peut pas accepter une situation dans laquelle l'Iran serait détentrice de l'arme nucléaire", a déclaré M. Sharon lors d'une rencontre avec des journalistes à Tel Aviv.

"Nous faisons tout pour nous préparer à une telle situation. Mais Israël n'est pas à la pointe de ce combat", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas seulement un danger pour Israël mais pour le Moyen Orient et pour d'autres pays", a insisté le Premier ministre, en affirmant que son pays suivrait les efforts déployés dans ce dossier par les Etats-Unis.

Interrogé sur l'option d'une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes, M. Sharon a dit qu'une telle capacité "existe". "Mais j'espère qu'avant que quelqu'un y ait recours, toutes les pressions possibles seront exercées sur l'Iran afin qu'il cesse cette activité".

"Nous voyons que pour l'heure, il continue. Mais je pense que les efforts déployés vont porter leurs fruits", a-t-il estimé.

Plus tôt, le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, avait exclu l'option militaire contre le programme nucléaire iranien en prônant la poursuite des pressions diplomatiques sur Téhéran.

"La voie diplomatique est le meilleur moyen de faire face au programme atomique iranien", a affirmé M. Mofaz à la radio militaire israélienne. "Nous devons tout faire pour placer ce sujet brûlant (NDLR: le programme nucléaire iranien) sur la table du Conseil de sécurité de l'Onu, afin que des sanctions et des contrôles stricts des installations nucléaires iraniennes soient imposés", a ajouté M. Mofaz.

Selon un "haut responsable du ministère de la Défense", cité par le quotidien Maariv, l'Etat hébreu va devoir apparemment s'habituer au fait que l'Iran va disposer de l'arme nucléaire".

"Aucun pouvoir au monde n'est en mesure actuellement de changer ce fait", a ajouté ce responsable anonyme.

Le chef des renseignements militaires israéliens, Aharon Zeevi, avait pour sa part affirmé mercredi que les efforts diplomatiques visant à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire arrivaient en bout de course.

Le général Zeevi a tenu ces propos lors d'une intervention devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement.

Le 25 novembre, le général Zeevi avait estimé que l'Iran pourrait posséder, à compter d'une éventuelle reprise de ses activités d'enrichissement d'uranium, le savoir-faire nécessaire pour produire une bombe atomique en six mois. Source : AFP, 1er décembre 2005

Actualité Juive se fait du mauvais sang

Nous avons trouvé cet article dans Actualité Juive, N° 909 du 10 novembre 2005, à la page 35 : Critiquer Dieudonné ? La Justice censure un livre sur l'humoriste

Surprenant. Le tribunal de Grande instance de Paris a exigé la suppression de dix passages du livre "La vérité sur Dieudonné", jugé "injurieux". Analyse de la décision.

C'est une étonnante décision qu'a rendue la semaine dernière le tribunal de Grande instance de Paris. En l'espèce, on peut estimer que la justice vient de passer un nouveau cap dans ce qu'il est convenu d'appeler « l'affaire » ou plutôt « les affaires » Dieudonné.

Jusqu'à présent, dans la vingtaine de cas qui leur avaient été soumis, les juges avaient feint d'ignorer ou ont minimisé les dérapages antisémites de l'humoriste pour justifier leurs décisions de relaxe. Mais non contents de l'absoudre de manière quasi systématique dans ses outrances, les magistrats parisiens semblent avoir décidé d'inter-dire désormais toute cri-tique de l'artiste, dès lors que celle-ci fait référence à son obsession des Juifs et de décourager tous ceux qui voudraient dénoncer son antisémitisme.

C'est ainsi que le juge des référés du tribunal de Paris a ordonné le 2 novembre la suppression de dix passages du livre de la journaliste Anne-Sophie Mercier « La vérité sur Dieudonné » (Plon), considérés comme « outrageants » à son en-contre. Dans son ordonnance, le président du tribunal, Jacques Gondran de Robert, a estimé que l'ouvrage « contient des passages injurieux » et a condamné les éditions Pion « à supprimer lesdits passages dans toutes les éditions ultérieures ainsi qu'à insérer dans l'édition actuellement en librairie un avertissement aux lecteurs ». Pour justifier sa décision, le président Gondran de Robert souligne que « ces ex-pressions sont outrageantes et que ˜ ne se rapportant à aucun fait précis - elles sont constitutives du délit d'in-jures publiques envers M.Dieudonné M'Bala M'Bala, dit Dieudonné ».

« Les bras m'en tombent !, confiait au lendemain du jugement l'avocat d'Anne-Sophie Mercier, Maître Jean-Claude Zylberstein. J'aurais aimé tout de même une motivation plus circonstanciée. Soutenir comme le fait le président du tribunal qu'il n'y a aucun fait précis permettant d'évoquer l'antisémitisme de Dieudonné, c'est un peu fort ! Ou alors, nous n'avons pas appris le français dans la même école ».

La lecture des passages incriminés conduit en effet à s'interroger sur le degré de perspicacité des juges qui ont parcouru l'ouvrage avant de se prononcer. Premier extrait dont le tribunal a demandé la suppression : « S'il y a quelqu'un que Dieudonné, justement, voudrait sans doute voir disparaître, c'est Bernard-Henri Lévy ». Pour justifier une telle affirmation. Anne-Sophie Mercier s'appuie sur toute une série de déclarations publiques de l'humoriste. La journaliste rappelle que BHL est vilipendé dans tous les spectacles de l'artiste depuis des années. Qu'il est devenu pour Dieu-donné, « la quintessence du juif puissant et profiteur ». Le livre rapporte notamment cette citation de Dieu-donné datant de novembre 2004: « Bernard-Henri Lévy, qui a voulu me priver de ce qui est ma raison d'exister, me ruiner, est l'enfant d'une famille qui a bâti son immense fortune sur le sol africain, sur l'exploitation éhontée des bois précieux d'Afrique ». Et la journaliste de conclure : « Le mythe du Juif suceur de sang a encore de beaux jours devant lui ». Cette dernière phrase fait également partie des dix passages dont le tribunal a exigé la suppression.

Autre extrait censuré, le récit du spectacle donné au Zénith il y a un an : « Le 29 décembre 2004, s'est donc déroulé à Paris le plus grand meeting antisémite qu'on ait vu depuis soixante ans.

Et c'est un homme de gauche, proche des Verts, héros de l'antiracisme, qui l'a animé ». Là aussi, le tribunal de Grande Instance de Paris a estimé qu'il s'agissait d'une imputation injurieuse carne reposant « sur aucun fait précis ».

Pourtant, Anne-Sophie Mercier se livre à un compte-rendu détaillé de cette soirée au Zénith. Elle raconte le bras d'honneur de Dieudonné envoyé « au peuple élu » devant un public hilare ; Dieudonné faisant huer par les cinq mille spectateurs les noms, de BHL, Finkielkraut, Patrick Bruel, Pierre Bénichou, Marc-Olivier Fogiel... ; Dieudonné et ses personnages fictifs : le Professeur Goldinkrote, le Professeur Blumenthal... ; Djamel Debbouzze rejoignant Dieu-do sur scène et déplorant devoir se taper à la télé « les Drucker et les Enrico Macias » ; enfin, l'acteur Daniel Prevost lui aussi sur scène félicitant l'humoriste de « dire tout haut ce qu'une bonne partie des Français disent tout bas »... Actualité Juive, il faut le rappeler, avait été l'an passé le premier organe de presse à avoir révélé le scandale de ce spectacle au Zénith.

Mais tout cela est manifestement insuffisant pour les juges du tribunal de Grande Instance de Paris qui, une fois de plus, ont décidé de donner raison à Dieudonné en condamnant l'ouvrage, en le mettant en cause et en imposant une astreinte de 100 euros pour chaque exemplaire qui se-rait mis en vente sans les modifications imposées. « Nous avons fait appel de ce jugement, indique-t-on chez Plon, mais en attendant, la sortie du livre est totalement compromise. C'est bien une décision de censure à laquelle nous sommes confrontés».

Clément Weill-Raynal

Troisième rencontre européenne de juifs et catholiques dimanche à l'Hôte de Ville de Paris

Des responsables catholiques et juifs se retrouvent dimanche à l'Hôtel de Ville de Paris pour leur troisième rencontre européenne, a-t-on appris mercredi auprès du Congrès juif européen, qui organise la rencontre. Cette rencontre, avec le président de l'exécutif du Congrès juif mondial Israël Singer, s'inscrit dans des réunions régulières depuis quatre ans de part et d'autre de l'Atlantique.

Deux projets de coopération seront présentés, dans la foulée de celui réalisé en Argentine et au Brésil où des prêtres et des rabbins co-dirigent des centres alimentaires, a-t-on appris auprès du cardinal Jean-Marie Lustiger, ancien archevêque de Paris. Il s'agit d'une part d'un soutien à Cumvivium, ONG constituée fin 2003 par la Fédération internationale des pharmaciens catholiques, des fabricants de médicaments génériques et des représentants du Vatican. Cumvivium, présidée par le professeur belge Alain Lejeune qui sera présent dimanche, a créé au Gabon une usine inaugurée en janvier pour produire des médicaments anti-Sida.

"Il ne s'agit pas seulement de droits de l'Homme, c'est l'obéissance aux commandements de Dieu", souligne Mgr Lustiger. D'autre part, les participants apporteront leur soutien aux recherches des fosses communes des victimes juives des Einsatzgruppen en 1941-43 en Ukraine, menées par le père Patrick Desbois, secrétaire du Comité des relations avec le judaïsme à la Conférence des évêques de France. Selon le père Desbois, il faudra encore deux ans au moins pour terminer l'exploration et le nombre de fosses devrait s'établir à plus de 1.200, bien plus que les estimations initiales.

Outre le rabbin Singer, seront présents dimanche le président du Congrès juif européen Pierre Besnainou, le grand rabbin de France Joseph Sitruk et le rabbin de Cologne (Allemagne) Netanel Teitelbaum, qui avait accueilli en août le pape Benoît XVI, ainsi que l'ambassadeur d'Israël auprès du Saint-Siège Oded Ben-Hur [avec son char, bien sûr !].

Le cardinal Georges-Marie Cottier, théologien de la Maison pontificale, représentera le Saint-Siège. Outre Mgr Lustiger, le président de la Conférence des évêques de France, l'archevêque de Bordeaux Mgr Jean-Pierre Ricard, sera présent, ainsi que l'archevêque de Paris Mgr André Vingt-Trois et l'archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin. Source : AFP, 30 novembre 2005

 

Une "tache indélébile dans l'histoire de l'humanité"


Benoît XVI a qualifié l'entreprise d'extermination des Juifs par l'Allemagne hitlérienne de "projet de mort infamant qui restera comme une tache indélébile dans l'histoire de l'humanité".
Le pape allemand, qui a vécu sous le nazisme, a fait ces commentaires, les plus virulents sur ce thème qu'il ait formulés depuis son élection en avril, à l'occasion de son audience générale hebdomadaire où il a rappelé des épisodes de l'Ancien Testament concernant la destruction de Jérusalem et l'exode des Hébreux.
Source : Reuters, 30 novembre 2005

 

Olivier Pétré-Grenouilleau devant la justice


Olivier Pétré-Grenouilleau, professeur à l'université de Lorient, est assigné aujourd'hui devant le tribunal de grande instance de Paris. Le collectif des Antillais Guyanais-Réunionnais lui reproche une interview au Journal du Dimanche du 12 juin. Ses propos nieraient «le caractère de crime contre l'humanité qui a été reconnu à la traite négrière par la loi du 23 mai 2001» (loi Taubira). Pétré Grenouilleau nie en effet le caractère génocidaire de l'esclavage, au motif que le but des Occidentaux était de préserver la main-d'oeuvre servile, non de la tuer. Mais la réduction en esclavage demeure un crime contre l'humanité, défini par le tribunal de Nuremberg. Ce procès provoque un émoi chez les historiens, pour qui Pétré-Grenouilleau est un chercheur sérieux. Le procès dira si, au fond, ce n'est pas son dernier livre, plusieurs fois primé par les historiens, les Traites négrières, essai d'histoire globale (Gallimard) qui est en cause. Dans cet ouvrage, l'historien a tenté d'éclairer les différentes formes d'esclavage en Afrique : africaine, arabe et occidentale.
Source : Libération, 30 novembre 2005

 

1,71% des juifs de l'Île-de-France participent aux élections pour le Consistoire israélite

Les opposants au président du Consistoire de Paris Moïse Cohen ont pris l'avantage dimanche à l'occasion des élections qui ont renouvelé la moitié du conseil d'administration de cette institution du judaïsme d'Ile-de-France. Quelque 6.000 personnes, sur environ 34.000 électeurs potentiels, ont voté pour désigner treize nouveaux membres au conseil d'administration (CA) du Consistoire de Paris, renouvelable par moitié tous les quatre ans. Le CA désignera en janvier son président.

La liste Union consistoriale, soutenue par M. Cohen, n'a eu aucun élu. Celle de Joël Mergui, candidat malheureux à deux reprises contre M. Cohen et qui dispose déjà d'alliés au CA, en a eu 8.

Une liste menée par André Benayoun, président de la communauté juive de Créteil et de l'Union des conseils de communautés juives, a eu trois élus, dont l'ancien commissaire de police Sammy Ghozlan. Une quatrième liste a eu deux élus, dont Gil Taïeb.

"Il y a eu de la part de la communauté un appel fort, une volonté de renouveau, nous avons la responsabilité de l'entendre", a déclaré à l'AFP Joël Mergui, vice-président du Consistoire central et président des Conseils de communautés juives (CCJ) des Hauts-de-Seine et de la communauté de Montrouge.

M. Cohen a de son côté "regretté que la campagne ait été atone et que les vrais débats de fond n'aient pas été traités, à savoir le problème de la cacherout (nourriture conforme aux préceptes religieux) nationale, celui du Beth Din (tribunal rabbinique) national, l'absence de grandes voix religieuses et le dialogue inter-religieux". Un projet de cacherout nationale du Consistoire central irrite le Consistoire de Paris, principal opérateur et qui en tire près de la moitié de ses recettes. Parmi les Consistoires créés par Napoléon voilà près de deux siècles, celui de Paris est de loin le plus gros avec un millier de salariés.

"La question de fond est l'avenir du Consistoire de Paris", explique le rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire Actualité juive, Mme Claude Meyer. "Le nouveau président, quel qu'il soit, devra résoudre la question de la place à donner à la cacherout nationale et des liens entre le Consistoire de Paris et le Consistoire central".

"Le vieux modèle du Consistoire est en train d'imploser", estime le politologue Jean-Yves Camus, soulignant le faible nombre de votants par rapport aux quelque 350.000 juifs de la région parisienne. "La majorité de la communauté est aujourd'hui en dehors de l'institution et de la religion", dit-il, notant que le lien se fait plutôt autour d'Israël. Il relève également un déséquilibre entre beaux quartiers et banlieues: "le XVIe arrondissement a le plus d'électeurs, mais pas de synagogue consistoriale".

Reste que ces élections marquent, selon lui, "une relève générationnelle et la suite de la marginalisation sans fin du vieil establishment ashkénaze et des +israélites+ français".

Une évolution symbolisée par le changement attendu à la présidence du Fonds social juif unifié (FSJU), pierre d'angle du monde associatif juif en France, où Pierre Besnainou pourrait remplacer au printemps David de Rothschild. Source : AFP, 28 novembre 2005

 

Arcadi Gaydamak, le patron du Bétar Jérusalem, finira-t-il en prison ou à la Knesset ?

Arcadi Gaydamak, le milliardaire juif russe qui a récemment racheté le club de football Betar Jérusalem, a été arrêté lundi pour être entendu dans une affaire de blanchiment d'argent, a-t-on appris de source policière. Il était interrogé par la brigade des fraudes dans le cadre de l'enquête sur le principal établissement bancaire d'Israël, la Banque Hapoalim, impliquée dans une affaire de blanchiment portant sur plusieurs centaines de millions de dollars.

Selon la radio publique, il a été interpellé pendnt la nuit, au moment où il s'apprêtait à prendre un avion pour Moscou. La police a par ailleurs effectué lundi matin une perquisition à son domicile, à Césarée, au nord de Tel Aviv, confisquant des documents. Il est soupçonné du blanchiment d'un montant d'une cinquantaine de millions de dollars, selon cette source.

L'ambassadeur d'Israël à Londres Zvi Hefetz avait été interrogé il y a deux semaines par la police israélienne pour la même affaire. Le scandale a été révélé en mars à la suite d'une enquête menée depuis plus d'un an par la police, en coopération avec la Banque centrale d'Israël. Pas moins de 180 comptes sur lesquels plus de 376 millions de dollars d'origine inconnue ont transité, ont été gelés, selon la police. Un autre magnat russo-israélien Vladimir Goussinski est également soupçonné d'implication dans ce scandale. M. Gaydamak est depuis décembre 2000 sous le coup d'un mandat d'arrêt international des juges parisiens enquêtant sur un trafic d'armes vers l'Angola.

Il a annoncé dimanche son intention de créer un parti russophone qui doit se présenter aux élections du 28 mars en Israël. Source : AFP, 28 novembre 2005

[illustration jointe] C'est nouveau et ça vient de sortir : ça s'appelle le "Cristal rouge" Le Croissant-Rouge palestinien (CRP) et le Magen David Adom (MDA), la société de secours israélienne, ont signé lundi à Genève un accord de coopération qui va faciliter l'entrée du MDA dans le mouvement de la Croix-Rouge. L'accord a été signé par les présidents du CRP Younis al-Khatib et du MDA, Noam Yifrach, en présence du président du Comité international de la Croix-Rouge Jakob Kellenberger et de la ministre suisse des affaires étrangères Micheline Calmy-Rey.

Il équivaut à une reconnaissance mutuelle entre les deux sociétés de secours, qui coopérent déjà sur le terrain de manière informelle. Par cet accord, qui porte sur des "arrangements opérationnels", le MDA reconnait que le CRP est seul habilité à opérer dans les territoires occupés. Le MDA pourra cependant être autorisé à secourir des blessés dans des zones où les ambulances palestiniennes ne peuvent pas accéder. Les véhicules de secours palestiniens pourront pénétrer en Israël et une voie rapide leur sera réservée aux points de passage.

Le MDA pourra travailler dans les territoires palestiniens sous la protection du "cristal rouge", un nouvel emblème qui s'ajoutera à la croix rouge et au croissant rouge. Il se présente comme un carré rouge sur fond blanc reposant sur un de ses pointes. Source : AFP, 28 novembre 2005