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Protocoles des Fous de Sion

Étude


Les pets-de-nonne du marmiton Smolar ou l'art d'oublier la sixième "famille extrémiste"
par François Costes, février 2005

Le 22 janvier 2005, le quotidien Le Monde (France) publiait un article intitulé "Radiographie des groupuscules d'extrême droite en France", qui n'est, en réalité, qu'une présentation d'un récent rapport de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG).
Dans son introduction, l'auteur de l'article, Piotr Smolar, souligne notamment :
(a) l'existence de "cinq grandes familles" regroupant "entre 2.500 et 3.500 militants ou sympathisants" : "les skinheads, les identitaires, les ultranationalistes, les néonazis et les hooligans" ;
(b) "la poussée inquiétante des actes racistes et antisémites qui ont secoué la France en 2004" ;
(c) un dénominateur commun unissant toutes ces tendances : "la notion de "pire ennemi" que représentent aujourd'hui, pour elles, l'islam et le monde arabe".
Mais cette radiographie est bien floue et nécessite une mise au point, car :
(a) une sixième famille manque sur le cliché : celle des groupuscules de l'extrême droite juive française, qui se sont pourtant distingués ces dernières années par leurs multiples attaques raciales et politiques, tant physiques que verbales ;
(b) certains des actes "antisémites" dont les médias français ont le plus parlé en 2003 et en 2004 ont été soit présentés ou interprétés à tort comme de tels actes, soit commis par des juifs français et quelquefois par pur calcul politique ;
(c) au nom du combat contre les Arabes et contre l'islam, un rapprochement s'est opéré entre les extrêmes droites françaises juive et non-juive ;
(d) ces groupuscules juifs extrémistes semblent bénéficier de protections en haut lieu.

PRESENCE D'UNE EXTREME DROITE JUIVE EN FRANCE
Au moins deux groupuscules juifs d'extrême droite ont pignon sur rue dans notre pays : le Betar (avec une branche estudiantine, le Tagar) et la Ligue de défense juive (LDJ). Ils compteraient des centaines de militants ou sympathisants, - un chiffre non négligeable en regard des estimations fournies par la DCRG pour les cinq autres "familles".
Ces groupuscules ont des liens avec d'autres antennes ou organisations sionistes françaises considérées comme plus respectables (ex. : Likoud de France, CRIF, LICRA, UEJF), - qui, à ma connaissance, s'abstiennent de critiquer publiquement et fréquemment les actions de leurs extrémistes ou d'exiger des pouvoirs publics la dissolution de leurs bandes de nervis.
Grâce à l'Internet, il est très facile de se renseigner sur la nature et sur le passé de ces groupuscules.
Ils possèdent même leurs propres sites sur le Web.
Je me contenterai donc de citer ici quatre extraits de documents qui suffiront à démontrer leur extrémisme.
Les deux premiers concernent le Betar :

< Betar 1 >
En septembre 1926, le président de l'Organisation sioniste mondiale [WZO], Chaim Weizman a rendu visite à Mussolini, qui offrit aux sionistes son aide pour l'édification de leur économie en Palestine. Un autre dirigeant de la WZO a rencontré le Duce fasciste un an après, déclarant : « Les vrais juifs n'ont jamais combattu contre vous. » Au début des années 1930, le chef sioniste « révisionniste » Jabotinsky recherchait le patronage de Mussolini. Son mouvement de jeunesse aux chemises brunes, le Betar, paradait à l'imitation des chemises noires fascistes italiennes, et en 1934 Mussolini leur donna son feu vert pour la formation d'un escadron à l'académie fasciste de Civitavecchia. En 1935, Jabotinsky écrivait : « La variété italienne de l'idéologie fasciste est, elle au moins, une idéologie d'égalité raciale. » La même année, Mussolni, s'adressant au futur grand rabbin de Rome, rendit un hommage appuyé à « votre fasciste (à vous, les juifs), Jabotinsky ». En 1936, le Duce passa personnellement en revue les chemises brunes du Betar [01].


< Betar 2 >
Le massacre [de soixante juifs, à Hébron] fit suite à une manifestation organisée devant le Mur des Lamentations, à Jérusalem, afin de contrer « l'arrogance arabe » - « une provocation magistrale, même aux yeux de l'opinion publique juive » (Flapan, Zionism and the Palestinians, p. 96). [Š] Cette provocation avait été orchestrée par le Betar, mouvement des jeunesses de l'organisation révisionniste de Jabotinsky, précurseur du Herut de Begin, élément central de la coalition Likoud. Le nom même de ce mouvement ­ Betar ­ reflète le cynisme de ce mouvement fascisant, qui présentait, aux dires mêmes de Flapan, « Hitler comme le sauver de l'Allemagne, Mussolini comme le génie politique du siècle » et qui agissait, quasi continûment, en conséquence. [02]

Les deux derniers documents se rapportent à la Ligue de défense juive :

< LDJ 1 >
Des militants extrémistes d'autres confessions sont aussi impliqués dans la violence terroriste et ne sont pas à négliger. Des groupes religieux chrétiens, comme les Nations aryennes, sont actifs en Amérique du Nord et s'associent de plus en plus étroitement au mouvement des milices. La Ligue de défense juive a elle aussi des représentants en Amérique du Nord, mais c'est en Israël et dans les Territoires occupés que son mélange de nationalisme et de ferveur religieuse se traduitpar des actes de terrorisme juif. [03]

< LDJ 2 >
Lois proposées par le rabbin Meir Kahane, membre de la Knesset à partir de 1984, fondateur de la Jewish Defense League (JDL) , fondateur du parti Kach , assassiné à New York en 1990

Statut des non-juifs
1 - Les non-juifs n'auront aucuns des droits nationaux, ni aucune part aux décisions politiques dans l'Etat d'Israël. Les non-juifs ne peuvent être nommés à aucun poste d'autorité, et ils ne pourront voter ni aux élections législatives à la Knesset, ni dans aucun corps législatif étatique ou public.
2 - Ils obéiront aux obligations de payer l'impôt et à l'esclavage. S'ils n'acceptent pas de payer l'impôt ou l'esclavage, ils seront expulsés par la force.
Restrictions de résidence
Un non-juif ne peut habiter à l'intérieur des frontières municipales de la ville de Jérusalem.
Interdiction des mariages mixtes
Les juifs et les juives, citoyens et résidents de l'Etat (d'Israël) ne peuvent épouser des non-juifs, ni en Israël, ni à l'étranger. (Š) De tels mariages mixtes ne seront pas reconnus, en aucun domaine, comme étant des mariages.
Relations extraconjugales
1 - Les juifs et les juives, citoyen(ne)s de l'Etat d'Israël, ne sont pas autorisés à avoir des rapports sexuels partiels ou complets d'aucune sorte avec des non-juifs, même en-dehors des liens du mariage. Le transgresseur de cette interdiction sera puni de deux années d'emprisonnement.
2 - Un non-juif ayant des relations sexuelles avec une prostituée juive ou avec un mâle juif seront punis de cinq années d'emprisonnement ; une prostituée juive ou un juif mâle ayant des relations avec un mâle non-juif sera condamné à cinq années d'emprisonnement.
Séparation des étudiants
Toutes les institutions éducatives, en Eretz Israel, seront séparées, entre juifs et non-juifs.
Prévention des rencontres entre jeunes
Les camps d'été mixtes, les centres communautaires et toutes les institutions mixtes seront supprimés. Les programmes de visites d'élèves juifs et arabes dans des villages ou des villégiatures seront supprimés. Les voyages et les visites à l'étranger, au cours desquels des élèves juifs sont reçus dans des maisons non-juives, ainsi que des visites similaires de non-juifs en Israël, seront supprimés.
Séparation des plages
Des plages séparées, sans disparités quant à leur qualité, seront créées à l'intention des juifs et des non-juifs. Un membre d'un des peuples trouvé sur la plage réservée aux membres de l'autre peuple sera puni d'un emprisonnement d'une durée d'un an et demi. [04].

ACTIONS DE L'EXTREME DROITE JUIVE FRANCAISE
Ces dernières années, le Betar, la LDJ et les autres factions de l'extrême droite juive française ont commis de multiples actes de violence verbale ou physique sur le territoire français
Là encore, grâce à l'Internet, il est facile de compiler les faits et gestes de ces extrémistes. Je n'en citerai donc que quelques exemples pour rafraîchir la mémoire du marmiton Smolar, car ces violences ont parfois été signalées par le journal pour lequel il travaille.

Exemples de violences verbales
< Violences verbales 1 >
Amisraelhai.org publie des textes racistes et appelle à des violences contre des personnalités dont les noms "identifiés comme juifs" sont signalés par une étoile de David. (...) La même liste est reprise et commentée par un autre site, celui du Comité pour une information authentiquement juive (CPIAJ), recommandé par amisraelhai.com. (...)
Le site de amisraelhai.org ne se contente pas de dresser des listes de "juifs". Il témoigne d'une proximité idéologique avec les mouvements français d'extrême droite, et fait profession d'un racisme biologique obsessionnel. (...)
Le Monde a pu entrer en contact avec Alexandre Attali, l'un des responsables français du site. (...) Le site amisraelhai.org et celui du CPIAJ ne sont pas des phénomènes marginaux. Ils sont ainsi recommandés par le site desinfos.com - proche de la droite israélienne -, lui-même recommandé par... le site du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Le site du CRIF de Marseille (crif-marseilleprovence.com) proposait encore, en février, un lien vers amisraelhai.org, présenté comme un "site de lutte contre la propagande anti-israélienne". Le portail col.fr, qui se définit comme "la voix de la communauté juive de France", établit lui aussi un lien vers ce même site : "Nous proposons beaucoup de liens à titre de réciprocité, qui ne nous engagent pas", justifie le responsable de col.fr, Simon Midal, qui va toutefois "retirer ce lien, car de telles dérives sont trop graves". Pour sa part, le CRIF considère dans un communiqué que "le texte publié par le site amisraelhai est intolérable et inacceptable. Cette violence ne peut en aucun cas favoriser le débat légitime". Au sujet des liens Internet, Haim Musicant, secrétaire du CRIF, estime que "le fait de renvoyer à un site ne veut pas dire que l'on approuve son contenu au jour le jour. Nous faisons confiance à l'internaute pour être vigilant." (...) "On nous affirme que ces gens-là sont des marginaux, s'emporte Me Pierre Mairat, avocat du MRAP. Mais c'est faux ! Ce sont les mêmes qui sont au pouvoir en Israël, ce sont les mêmes qui ont assassiné Itzhak Rabin... " [05]

< Violences verbales 2 >
Un retour à la page de garde permet d'entrer dans le site en cliquant sur son nom : Cpiaj (Comité pour une information authentiquement juive). S'ouvre alors un univers de haine avec un vocabulaire codé. Le mot "déchet" y est ainsi abondamment utilisé sans qu'une définition en soit jamais donnée, mais la lecture des textes permet de voir qu'il désigne les Palestiniens, les islamistes et, par extension, les musulmans. Tous ceux qui critiquent la politique israélienne sont qualifiés d'"antijuifs", voire de "nazis". Le Cpiaj déclare sa "haine féroce contre ces pourritures d'antijuifs qui sévissent dans les médias, ailleurs et surtout au Quai d'Orsay. Avec tout de même une mention spéciale pour les étrons de chiens de l'AFP-PO (l'Agence France-Presse au Proche-Orient). C'est eux les véritables continuateurs des nazis". (...) Le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, y est appelé "le macaque à keffieh", Louis Michel, le premier ministre belge, est qualifié de "roquet pédophile", etc. [06]


Exemples de violences physiques

< Violences physiques 1 >
"Un noyau de 400 à 500 personnes appartenant à des mouvements extrémistes pro-israéliens, organisés en commandos très mobiles -...- n'ont cessé de provoquer pendant plusieurs heures", a déclaré, lundi 9 avril, le préfet de police de Paris, Jean-Paul Proust, qui a affirmé que "tout serait mis en oeuvre" pour retrouver les agresseurs d'un commissaire de police en uniforme, frappé d'un coup de couteau et dont les jours ne sont pas en danger. Reporters sans frontières a demandé au procureur de la République de Paris l'ouverture d'une enquête, à la suite des violences dont plusieurs journalistes couvrant la manifestation ont été victimes. Selon l'association, un cameraman de la télévision espagnole Antena 3 a été passé à tabac "par des membres du service d'ordre de la manifestation qui portaient des brassards". Par ailleurs, dix journalistes et techniciens de lachaîne France 2 ont été pris à partie, dont un cameraman d'origine guadeloupéenne, qui a subi des injures racistes. Un photographe travaillant pour un site Internet a été frappé à coups de pied.
Les mouvements extrémistes juifs du Betar et de la Ligue de défense juive (LDJ) sont particulièrement mis en cause. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a demandé, lundi 8 avril, la dissolution de la Ligue de défense juive, accusant cette organisation d'avoir mené une "véritable chasse au faciès" et des ratonnades dans les rues de Paris". Plusieurs témoignages rapportent, en effet, que des jeunes vêtus du T-shirt jaune de la LDJ ont poursuivi et frappé des personnes d'origine maghrébine en marge de la manifestation, sur la place de la Bastille et dans les rues voisines. Les manifestants d'un rassemblement organisé par le mouvement pacifiste Shalom Archav ("La Paix maintenant") ont également été pris à partie. [07]

< Violences physiques 2 >
Ils sont une grosse centaine sous les rafales de pluie et la lumière des lampadaires, près du palais des Sports de Paris. Il est 20 heures. Derrière les barrières métalliques et les véhicules de police, les premiers supporteurs de l'armée israélienne arrivent lentement pour assister au meeting donné en son honneur. Quelques-uns passent devant la petite foule. Indifférents, deux jeunes en kippa, un couple âgé qui grimace en remontant la banderole blanche frappée des mots: "Vive la lutte du peuple palestinien." Sous les parapluies, quelques keffiehs, deux drapeaux palestiniens. "Vive la lutte du peuple palestinien", reprend la foule. "La lutte armée", corrige un homme. Les slogans sont les mêmes que lors des petites manifestations de la semaine passée. "Gloire aux petits enfants qui avec les pierres chassent les colons", "Respect du droit international", "Armée sioniste, armée criminelle". "Cette réunion est une
honte pour la France, dit une dame, jamais cette armée étrangère ne devrait s'exprimer à Paris." Il est 20 h 07 lorsqu'une trentaine de jeunes juifs remontent la rue rapidement. Deux drapeaux israéliens en tête. Ils scandent: "Arafat assassin." La police fait barrage. "Pas d'Arabe, pas d'attentat !" Un jeune juif porte la main à son entrejambe : "Enlève ton foulard que je te nique salopard." "Les Arabes, on vous nique", reprend le groupe. Slogan contre slogan. Et de la violence. Le photographe de Libération, Meyer, a été frappé au visage et emmené à l'hôpital. "Je faisais mes photos, des jeunes du Betar hurlaient : 'Pas de photos.' Ils ont percé le cordon de policiers pour me cogner. Je ne sais pas si c'est parce que je portais un keffieh au cou." Un témoin raconte qu'en frappant le photographe les hommes criaient: "On vous aura tous !" Vers 20 h 30, les policiers baissent la visière des casques. Le meeting, strictement sur invitation, est interdit à la presse. Et les manifestants sont repartis. [08]

< Violences physiques 3 >
Plusieurs incidents récents ont remis en lumière le Betar, mouvement de jeunesse voué à la lutte pour la défense d'Israël, et proche de la droite nationaliste israélienne. Spécialisée dans les actions coups de poing, l'organisation déclarée en France depuis 1929 a pour objet "le développement physique et intellectuel de la jeunesse juive". Les
tensions liées à la situation au Proche-Orient sont à l'origine des dernières opérations du Betar, ou de groupes qui lui sont proches, recensés par les services de renseignement policiers. Le 11 février, à Levallois (Hauts-de-Seine), une demi-douzaine de jeunes ont pris à partie, en marge du conseil municipal, des proches de l'ancien maire (RPR), Olivier de Chazeaux. Trois plaintes ont été déposées pour "violence en réunion". Le 19 février, une échauffourée
a opposé une vingtaine de personnes à l'occasion d'une conférence organisée à l'université de Paris-IV sur le thème "Palestiniens, Israéliens, quelle paix ? Quelles perspectives ?". Un étudiant coiffé d'un keffieh a été frappé au dos à coups de barre de fer. Il s'est vu délivrer une incapacité temporaire de travail (ITT) de 21 jours. Le 22 mars, une dizaine de militants qualifiés par les policiers de "proches du Betar" ont pénétré de force dans le local de la librairie Envie de lire à Ivry (Val-de-Marne), qui abrite la section parisienne de l'Association des Palestiniens de France. Les agresseurs ont immobilisé les employés puis renversé les rayonnages et répandu de la peinture, avant de prendre la fuite. Le 1er avril, des inscriptions ont été taguées à Strasbourg (Bas-Rhin) sur la vitrine d'un commerçant présenté comme un sympathisant de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), la principale association musulmane. "La terre d'Israël au peuple d'Israël", signé "Betar", était-il notamment écrit. Enfin, le 2 avril, un nouvel incident violent a opposé à l'aéroport d'Orly des membres du Betar à des militants pro-palestiniens venus accueillir
José Bové, expulsé de Ramallah par les autorités israéliennes. Proche du Likoud de France, le Betar s'est doté en 1985 d'une filiale destinée aux étudiants, le Tagar. Les deux associations partagent le même siège à Paris. Elles recrutent principalement en région parisienne et dans quelques grandes villes, et organisent des cours d'éducation sioniste et des activités s'apparentant au scoutisme ou aux camps de vacances. Le Tagar se consacre également à la
promotion de l'alya, l'emigration vers Israël. Tous leurs membres sont censés suivre un entraînement à l'autodéfense et ont pour vocation d'assurer la sécurité de la communauté. Selon des sources policières, une autre association considérée comme radicale est apparue en octobre 2000. La Ligue de défense juive (LDJ), filiale française de la Jewish Defense League créée par le rabbin Meir Kahane en 1968. Militant d'extrême droite et chef du mouvement Kach, auteur de déclarations racistes, le rabbin Kahane a été assassiné en novembre 1990 dans un hôtel de New York. La LDJ se présente cependant comme "respectueuse de l'ordre républicain", tout en ajoutant qu'elle "n'hésitera pas à agir et à se défendre en cas d'attaque". [09]


Exemples de condamnations par la justice française
De temps à autre, un de ces militants juifs extrémistes est poursuivi et condamné par la justice, comme le montrent les exemples suivants datant de 2004 :

< Condamnations 1 >
Huit mois de prison avec sursis ont été requis, jeudi au Tribunal de Paris, à l'encontre du voyou franco-israélien Anthony Attal, meneur de la bande appelée Ligue de Défense Juive, formellement reconnu comme co-auteur de l'agression contre des militants de l'Association Générale des Etudiants de Nanterre (AGEN) le 30 décembre dernier à Paris. Mais le plus scandaleux de l'audience qui s'est tenue de 14 heures à 17 heures 15 jeudi devant la Xème Chambre correctionnelle du Tribunal de Paris ne se trouve même pas dans la clémence du réquisitoire prononcé
contre un homme coupable de violences en réunion, avec préméditation, perpétrées dans un lieu lui-même symbolique (l'agression avait eu lieu à l'intérieur du Tribunal administratif de Paris !). Non, et les dizaines de personnes qui ont assisté à l'audience peuvent en témoigner : l'événement le plus révoltant de cette séance a été le comportement de la juge chargée de mener les débats, et qui a traité, trois heures durant, les quatre étudiants victimes (l'un d'entre eux, d'origine palestinienne, s'est vu délivrer 45 jours d'incapacité pour une grave blessure à l'oeil droit, et il reste impossible d'évaluer aujourd'hui l'importance des séquelles de l'agression à coups de matraque et de coup poing américain qu'il a subie), comme si c'étaient eux les accusés. Les faits avérés, malgré la négligence impardonnable -et reconnue comme telle par les magistrats eux-mêmes- de l'instruction judiciaire, sont cependant d'une grande clarté dans cette affaire. Le 30 décembre 2003, à 15 heures, des militants de l'AGEN, un syndicat étudiant qui s'occupe de la défense des intérêts matériels et moraux des étudiants mais prend également position
sur des causes humaines plus générales, comme la défense des droits du peuple palestinien, se rendent au tribunal administratif de Paris, pour un contentieux, assez ordinaire, avec la direction de l'Université, sur une affaire d'attribution de locaux syndicaux. Ils y sont accueillis par une vingtaine de nervis, de l'extrême droite juive, qui les tabassent aux cris de "Sales pédés, on va vous apprendre à protéger les bougnoules", ou, dans le cas des étudiants d'origine arabe (2 sur les 4 victimes), plus simplement, "Sales bougnoules". Les victimes identifient rapidement,
parmi leurs agresseurs, le sieur Anthony Attal, un voyou de 27 ans, sans éducation, sans profession, mais non sans formation à la violence : il se pavane sur des sites internet extrémistes, fusil automatique en main, pendant son service militaire en Israël.
Ici en France, Anthony Attal est de toutes les provocations et agressions. En septembre 2003, il se paie ainsi le luxe d'assister son ami Alexandre Attali, animateur d'un site qui avait appelé à attaquer physiquement les "Juifs traîtres", coupables de ne pas approuver la politique de Sharon, tels Rony Brauman, Olivia Zémor, Michael Warschawski, etc. Devant la 17ème chambre correctionnelle du tribunal, qui jugeait son ami Attali, Anthony Attal réitère ses menaces, au point de provoquer une interruption de séance. Mais les gendarmes du Palais le laissent filer. Plus fort encore (mais pourquoi pas ? Car aucune action des pouvoirs publics n'a jusqu'à présent contrarié la sensation d'impunité d'un pareil individu), Attal se paie le luxe, mardi 22 juin, d'animer une manifestation de l'extrême-droite juive, devant le Palais de Justice, pour protester, tenez-vous bien, contre la partialité des tribunaux ! Jeudi, Attal s'est dégonflé, tout comme son avocat William Goldnadel, et il ne s'est pas présenté devant la Xème Chambre du tribunal correctionnel. Mais miracle ! Il y disposait d'un allié de poids, en la personne de la juge qui menait les débats (dont nous donnerons l'identité dès que nous l'aurons), qui a passé son temps, non pas à critiquer les manquements de l'enquête (aucun des invraisemblables bobards donnés par Attal au cours de sa garde à vue n'a donné lieu à la moindre vérification ultérieure, en raison d'instructions émanant du cabinet du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, selon des informations que nous avons recueillies à très bonne source), mais à tenter de mettre les victimes en accusation. Cette juge a ainsi tenté, très ouvertement, de démontrer que les militants de l'AGEN, faute de s'être portés des coups à eux-mêmes, avaient monté de toutes pièces le guet-apens dont ils allaient être les victimes ! Vicieusement, la juge tenta également de reprocher à l'AGEN d'avoir procédé à sa propre enquête sur ces bandes de Sharoniens, qu'il s'agisse de la Ligue de Défense Juive, du Bétar, ou de leurs vitrines "respectables" (un responsable de l'Union des Etudiants Juifs de France [UEJF] à Nanterre, nommé Benjamin Cymerman, a par exemple été formellement identifié dans cette affaire, mais il n'a même pas été interrogé par la police). "Et pourquoi
ne l'auraient-ils pas fait, dès lors que ni la justice, ni la police n'ont fait leur travail ?", rétorqua à juste titre Me Dominique Cochain, l'avocate des victimes. De fait, Attal n'aurait jamais été cité à comparaître, sans l'opiniâtreté des victimes, qui ont apporté tous les éléments de preuves dont elles disposaient, contraignant police et justice à se bouger un minimum. Ceux qui ont assisté à la séance garderont longtemps en mémoire cet exercice écoeurant, où il ne fut jamais question de recherche de la vérité, mais de tentatives pour prendre en défaut les dires et l'honneur de quatre jeunes gens, interloqués d'avoir à rendre des comptes dans une enceinte où ils étaient venus demander justice.
A mi-parcours, un spectateur claqua la porte du tribunal au cri de " Mascarade !". Rendons-lui hommage, car son indignation résumait le sentiment général, y compris celui d'une partie de la magistrature présente dans la salle. Toujours est-il que nos quatre jeunes camarades, malgré les pressions indécentes de la juge, ne plièrent pas, et confirmèrent en tous points leurs déclarations antérieures : Attal faisait bien partie des agresseurs, il en était même le meneur. Et la plaidoirerie de leur avocate, Me Dominique Cochain, fut remarquable en tous points. Finalement, la procureure fut contrainte de rendre les armes, au grand dam de la juge qui salivait déjà à l'idée d'une opportune demande de non-lieu, et constata que les faits étaient manifestement avérés, et qu'on tenait au moins un des criminels, Anthony Attal en l'occurrence. Pour autant, bien qu'ayant constaté la "gravité certaine" des actes commis (violences en réunion, avec préméditation), passibles d'un maximum de 7 années de prison, elle se contenta de demander contre le récidiviste (Attal a déjà été condamné pour escroquerie d'une part, violences volontaires d'autre
part) une peine de 8 mois de prison avec sursis. Le jugement a été mis en délibéré, et sera rendu le 16 septembre prochain. Il convient de remarquer que dans cette affaire l'AGEN, malgré ses sollicitations, n'a bénéficié d'aucun soutien de la part des directions des "grandes" organisations droitsdel'hommistes et antiracistes (on parle ici de la LDH et du MRAP, et évidemment pas des succursales sharoniennes que sont la LICRA ou le CRIF). Enfin, ne cherchez pas de compte-rendu de ce procès dans vos médias habituels. A la notable et louable exception d'une
équipe de Canal +, la presse brillait par son absence jeudi au tribunal. [10]

< Condamnations 2 >
Un membre du mouvement sioniste d'extrême droite Bétar, Joseph Ayache, a été condamné mardi à 4 mois de prison ferme par la 24ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris, pour agression à caractère raciste d'un militant d'origine palestinienne, a-t-on appris auprès de son avocat. Les faits remontent au 7 octobre 2003, lorsqu'avec la bénédiction du ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, diverses organisations juives, du CRIF de Roger Cukierman à la "Ligue de Défense Juive" en passant par le Bétar, avaient été autorisées à assiéger la Délégation générale de Palestine à Paris. On eut ce jour-là le spectacle honteux de quelques centaines d'excités, hurlant des slogans du type "Mort aux Arabes", ou "Pas d'Arabes, pas d'attentats", sous la protection de nombreux policiers. Convaincu de son impunité, une bande conduite par Ayache se dirigea vers notre ami Zouhair A., venu sur les lieux montrer notre détermination commune à défendre Leïla Shahid, alors qu'il donnait une interview à la chaîne d'informations itélévision. Sous l'oeil de la caméra, Zouhair fut violemment frappé d'un coup de casque, et projeté à terre. Après le dépôt de plainte, la justice finit par ordonner le visionnage de la cassette d'itélévision que la chaîne, avec une grande lâcheté, s'était bien gardée de diffuser à l'antenne (on imagine les choux gras qu'auraient fait les médias avec une situation inverse !) Des membres de la police judiciaire reconnaissent alors, au visionnage, le nommé Ayache, qui avait donné quelques instants avant l'attaque une interview à la même chaîne itélévision, où il proférait des injures racistes contre les Arabes. Ayache est en effet connu des services de police, pour une affaire antérieure de port d'arme. Mais lorsque la police se présente à son domicile, début 2004, ses parents indiquent que leur fils "est parti en Israël, pour un bout de temps". A l'audience de mardi, où il devait comparaître pour répondre de violences volontaires ayant entraîné une interdiction temporaire de travail inférieure à 8 jours, avec les deux circonstances aggravantes d'usage d'arme par destination (le casque) d'une part, et agression à raison de l'appartenance réelle ou supposée de la victime à un groupe racial ou ethnique donné d'autre part, Ayache n'était bien entendu pas présent.
Les faits étant limpides, l'audience a été relativement courte. Le parquet a requis 8 mois de prison ferme et, après délibéré dans la journée, le tribunal a finalement condamné Ayache à 4 mois de prison ferme. Il reste maintenant à savoir si la justice saura être conséquente, et lancera un avis de recherche à l'encontre de l'individu. L'Agence France Presse, l'un des principaux canaux de l'information en France, qui dispose de correspondants permanents au Palais de Justice de Paris, n'a jamais écrit une ligne sur cette affaire qui remonte pourtant à près de deux ans, alors qu'elle a fait la scandaleuse promotion, dans un passé récent, d'une série de fausses agressions antisémites (à commencer par l'affaire du RER D). A 19 heures mardi, l'AFP n'avait pas rendu compte du jugement. Nous avons fourni à l'AFP tous les détails pratiques lui permettant de faire son travail de manière indépendante (numéro de la chambre correctionnelle concernée, coordonnées de l'avocat de Zouhair, etc.). On verra bien si cette entreprise, financée par le contribuable, s'acquitte pour une fois de ses obligations. A suivre, aussi, la manière dont les médias répercuteront, ou occulteront l'affaire. Mais on ne demandera évidemment pas au CRIF, à la LICRA ou à SOS-Racisme de se démarquer de leur compère condamné. [11]


[à suivre]

Sources :

[01] The Internationalist (USA) Jan.-Feb. 2001

[02] Noam Chomsky "The Fateful Triangle" South End Press, 1999 (1983)

[03] Perspectives (Canada) Publication du Service canadien du renseignement de sécurité Rapport N° 2000/01
Tendances du terrorisme 18 décembre 1999

[04] Yair Kotler "Heil Kahane" Adama Books, 1986

[05] Le Monde (France), 22 août 2002

[06] Le Monde (France), 11 octobre 2001

[07] Le Monde (France), 09 avril 2002

[08] Libération (France) / Reuters, 19 mars 2002

[09] Le Monde (France), 06 avril 2002

[10] Communiqué CAPJPO (France), 24 juin 2004

[11] Communiqué CAPJPO (France), 31 août 2004