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Protocoles des Fous de Sion

Dieudonné : « Tous les combats pour la justice me passionnent »


Entretien réalisé par Silvia Cattori le 13 septembre 2005. Source : http://www.lesogres.org/
« La vérité finira par se savoir » disait Dieudonné lors d’un premier entretien (1). Mais pour que cette vérité finisse par émerger, Dieudonné n’en a pas moins dû énormément trimer et souffrir. Connu hier comme un des comiques les plus aimés de France, Dieudonné allait de succès en succès. Il aurait pu en rester là. Sensible à l’injustice, Dieudonné a toujours été de tous les combats sans rencontrer de problèmes ; jusqu’au jour où il a dit le mot de trop : « Israël ». C’était le 3 décembre 2003. Dès lors, toute la famille pro-israélienne qui s’active autour du CRIF, de la LICRA, de l’UEJF, entre autres, s’est déchainée contre lui. En butte depuis bientôt deux ans à des calomnies et poursuites judiciaires, il est temps de demander à ces organisations communautaires - qui sont là pour jeter de l’huile sur le feu et créer un état de guerre partout où des voix critiques se lèvent – de cesser de le harceler. Si Dieudonné a pu tenir bon jusqu’ici, parviendra-t-il à résister encore longtemps aux attaques continuelles de ces intervenants, qui, en France, paralysent tout débat politique avec le chantage de « l’antisémitisme et du négationnisme » et veulent sa mort artistique ? S.C.

S. Cattori : On vous a interdit de médias, on vous a interdit de spectacle, on a dénaturé vos propos, on vous a agressé physiquement, on vous a attaqué en justice ; et quand les tribunaux vous ont lavé de l’accusation « d’antisémitisme » les médias n’en ont pas pipé mot. Que ressentez-vous là devant ?
Dieudonné : On s’habitue à tout. L’essentiel pour moi est de pouvoir continuer de jouer mes spectacles.

S. Cattori : Tout personnage médiatique victime d’une accusation « d’antisémitisme », a généralement de la peine à revenir à une vie normale. Or vous, vous êtes toujours là. Ils n’ont pas réussi à vous faire disparaître !?
Dieudonné : Je pense qu’ils ont fait une erreur avec moi. Les tribunaux l’ont dit, je n’ai jamais incité à la haine ni à la violence. Tout mon travail aurait pu passer inaperçu s’il n’y avait pas eu cette réaction démesurée de la part de ces mouvements ultra communautaires comme le CRIF, la LICRA, etc, qui m’ont violemment agressé. Ils se sont excités sur un leurre. Mon image médiatique n’était que le simple résultat de mon travail d’humoriste. Je n’étais pas un personnage politique au départ, je ne représentais aucun danger. Finalement, par leurs réactions disproportionnées ils ont mis en lumière tout ce qui était caché : tout l’arsenal médiatique quasi militaire dont ils disposent. Ils m’ont jeté dans une guerre. Les médias de ce pays n’avaient pas à faire écho avec cette violence et cette ampleur à un simple sketch d’humoriste. Je pensais sincèrement qu’il existait une intelligence. Je me suis trouvé en présence d’une bestialité féroce.

S. Cattori : Etes-vous fâché contre tous ces médias qui se sont fait l’écho de tant de calomnies et de mensonges ?
Dieudonné : Les médias sont allés trop loin. Je n’ai fait que caricaturer un colon juif. Cela dit, nombre de médias sont des entreprises privées. On ne peut pas leur reprocher de boycotter Dieudonné dans la mesure où celui-ci ne correspond pas à la ligne éditoriale du responsable de l’entreprise. C’est une histoire de gros sous. Pour moi, les médias libres c’est Internet. Ce qui est regrettable est que, dans le service public, on en arrive à ce que le présentateur Marc Olivier Fogiel, (2) qui m’a vilipendé au lendemain d’un sketch, ait des comportements qui le conduisent à être condamné pour injure raciale par la justice.

S. Cattori : L’idée de laisser cette lutte à d’autres et de redevenir un des comiques le plus aimés de toute la France ne vous effleure-t-elle pas ?
Dieudonné : De cette confrontation directe avec le sionisme – suite à mon sketch sur un colon juif israélien - j’ai tiré le spectacle « Mes excuses ». Aujourd’hui je suis passé à un autre sujet : la laïcité. C’est d’elle que je parle dans « 1905 ». De la séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui consiste à laisser dans la sphère privée des organisations comme le CRIF, l’église catholique, les mouvements musulmans.


S. Cattori : Ne jouer pratiquement que dans votre théâtre (3) est-ce assez ?
Dieudonné : C’est vraiment un plaisir de jouer dans une petite salle de 200 places. C’est le boulot que j’aime : être le soir sur scène et jouer mon spectacle. Au-delà, on quitte une dimension humaine, on va vers quelque chose qui me dépasse. C’est l’industrie des médias, ce n’est pas mon métier. Pouvoir m’exprimer dans mon théâtre me donne une liberté, me permet un style de création différent. Mais il m’arrive aussi de jouer devant des milliers de spectateurs : je vais jouer le 22 décembre au Zénith mon dernier spectacle « 1905 ».

S. Cattori : Pensez-vous que les choses vont repartir ?
Dieudonné : Je pense que je vais rester encore pendant un certains temps cette sorte de diable que l’on a fabriqué.

S. Cattori : A votre sortie victorieuse du tribunal, le 7 septembre 2005, vous aviez affirmé votre désir de tourner la page. Mais est-ce que vos détracteurs vont la tourner ?
Dieudonné : J’ai dit en effet vouloir passer à autre chose ! Leur réponse a été une lettre recommandée ce matin : la Licra et autres organisations sectaires n’ont pas accepté la décision du tribunal et se pourvoient en cassation.

S. Cattori : Que veulent-ils obtenir en s’acharnant sur vous de la sorte ?
Dieudonné : Je pense qu’au travers des lynchages qu’ils organisent, ils veulent montrer à tous les noirs, que ceux-ci doivent rester à leur place, et que, s’ils se hasardent à marcher sur des chemins interdits, ils seront brimés. Malcom x, Martin Luther King, Lumumba, Jean-Marie Tjibaou, n’ont-ils pas démontré que, quand la libre pensée est exprimée par un homme à la peau noire, il devient un homme à abattre ?

S. Cattori : Comptez-vous poursuivre en justice ceux qui vous ont porté préjudice ?
Dieudonné : Oui, il va y avoir toute une série de procès. Je vais notamment m’attaquer à ceux qui se sont répandus en calomnies qui m’ont porté gravement atteinte ; comme le site de Proche-Orient Info qui a divulgué des fausses informations, ou Bernard-Henri Lévy qui m’a traité de « fils de Le Pen » et a qualifié mon public « d’antisémite ».

S. Cattori : Est-ce pour ne pas devoir payer des dommages que Proche-Orient info a fermé son site ?
Dieudonné : Ce n’est pas exclu.

S. Cattori : Alors, contre qui les juges pourront-ils statuer ?
Dieudonné : Contre la journaliste Elisabeth Schemla.

S. Cattori : Quand vous avez dit « pornographie mémorielle » les réactions ont été d’une extrême violence ! Mais même là, vous avez su garder votre sang-froid !?
Dieudonné : Oui c’était très violent. Mais vous savez que je n’ai jamais placé ces deux mots dans le contexte que les animateurs du site Proche-Orient info lui ont attribué. C’était une manipulation de leur part. Ils devront répondre de cela devant le tribunal. Entre temps, ils ont fermé leur site.

S. Cattori : Tous ces procès ne sont-ils pas épuisants ?
Dieudonné : Oui, d’autant que je me déplace ; je suis présent lors de chaque audience.

S. Cattori : N’êtes-vous pas ruiné par ces procédures ?
Dieudonné : Si, mais comme je n’ai pas un grand niveau de vie, c’est supportable.

S. Cattori : Ces polémiques n’ont-elles pas pesé également sur votre vie de famille ?
Dieudonné : Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu de répercussions négatives. En particulier à la suite de l’agression que j’ai subie de la part de quatre soldats israéliens, en Martinique, en mars 2005. Cela a été dur. Mais j’ai cette chance de savoir transformer l’adversité en création. Je crois pouvoir d’ores et déjà dire que c’est une expérience qu’il vaut la peine de vivre !

S. Cattori : A ce point ?
Dieudonné : Oui. J’ai fait là une expérience humainement passionnante ! Ce n’est pas courant pour un comique de se trouver dans une pareille situation et de pouvoir la dédramatiser, transcender par le rire tant de gravité, en puisant dans son propre vécu !

S. Cattori : Vous avez un tempérament combatif !
Dieudonné : Tous les combats pour la justice me passionnent.

S. Cattori : Vous sentez-vous concerné pas la négrophobie ambiante ?
Dieudonné : C’est inquiétant. On a pu voir les conséquences dramatiques de ce racisme lors du cyclone Katrina, en Louisiane, où rien n’avait été prévu pour protéger ces quartiers habités par des noirs. On a pu le voir également chez nous, lors des incendies d’immeubles insalubres où des dizaines de noirs ont perdu la vie.

S. Cattori : Faut-il s’attendre à des affrontements ?
Dieudonné : Je pense que l’affrontement a déjà commencé. Il a été provoqué, dès avril 2004, par les déclarations négrophobes d’Alain Finkielkraut, notre théoricien de « l’islamophobie » qui parle de race blanche, de « peuple élu » ; il stigmatise la population noire, qualifie les Antillais d’assistés qui filent un mauvais « coton » idéologique.

S. Cattori : Pensez-vous que votre couleur de peau a également sa part dans la violence des accusations qui vous visent et non pas seulement votre critique d’Israël ?
Dieudonné : Je crois que tout est parti du dossier de la traite négrière, de mon idée de réaliser un film sur le Code Noir. Dès que l’on ouvre ce dossier, c’est là que les problèmes commencent, car on touche à la responsabilité de chacun. Suite au débat que j’ai soulevé, le journaliste du Nouvel Observateur Askolovitch, a fait un dossier où il nie la participation de trafiquants juifs dans ce commerce. Or les instances juives n’ont pas l’intention de laisser ternir leur réputation de « peuple élu » en reconnaissant la vérité historique ; ils préfèrent réécrire l’histoire. Des livres, comme celui de l’historien Olivier Pétré-Grenouilleau, minimisent la traite négrière. Les articles de journalistes comme Askolovitch la nient. Or aujourd’hui, avec Internet, il n’est plus possible d’étouffer la vérité.

S. Cattori : Mais, quand Bernard-Henri Lévy a appelé à boycotter vos spectacles n’était-ce pas votre critique de l’Etat d’Israël qui le motivait ?
Dieudonné : Pourquoi devrait-il m’interdire de travailler parce que je soutiens la cause des Palestiniens ? Moi je n’ai pas empêché BHL, Bernard Kouchner, et toute cette équipe de soi-disant « sauveurs » qui tire en grande partie sa popularité du malheur des gens, d’aller par exemple se faire prendre en photo au milieu des Somaliens ?! Je leur laisse cette liberté-là de faire carrière et business sur la souffrance des Algériens, des Africains, des Afghans. Je ne vois pas pourquoi, moi, je ne pourrais pas parler de la souffrance des Palestiniens et me sentir humainement proche de leur combat. Les Palestiniens se battent pour la justice et la liberté. Je les trouve courageux : c’est mon droit de me sentir plus proche des familles des résistants que des familles des soldats de l’armée israélienne qui détruisent leurs maisons et leurs vies.

S. Cattori : Comment avez-vous ressenti le fait que toute la classe politique de gauche comme de droite a participé à votre lynchage médiatique ?
Dieudonné : Les Français ont dit NON à toute cette classe politique là. Et c’est rassurant ! Un NON qui n’était pas un refus de l’Europe. Mais clairement un NON à l’adresse de Jacques Chirac, de François Hollande, etc. Tous ces personnages qui, dans les partis et les associations, m’ont accusé d’antisémitisme, montrent qu’il n’y a plus aucune moralité ni aucune éthique de leur part.

S. Cattori : N’êtes-vous pas fatigué de vous battre contre tant d’adversité ?
Dieudonné : Je suis arrivé à un moment de mon parcours où il faut savoir se déterminer par rapport à une éthique. La liberté de chaque individu est d’évoluer dans un univers de vérité. On ne peut pas vivre dans le mensonge. Ce serait une vie étouffante. La mort est préférable à une vie de rampants. L’histoire du peuple dont je suis issu - même si je ne suis pas communautaire et je rêve d’universalité et d’humanisme - a été travestie. Je veux simplement offrir à mes semblables un message de justice et leur dire : « soyons conscients de nos droits ».

S. Cattori : Des millions d’admirateurs ne savent plus ce que vous êtes devenu. Ne craignez-vous pas de vous couper d’eux ?
Dieudonné : C’est vrai, une grande partie des gens ne savent pas ce qui s’est passé. Mais je fais mon boulot. Ce qui a changé est que je ne suis plus dans « l’industrie » du spectacle. Je pense être plus en contact avec la réalité que ceux qui sont à l’intérieur du système et qui, finalement, sont paralysés par les intérêts croisés des uns et des autres. C’est une histoire, un parcours qui me convient ; le résultat d’une volonté artistique. Je vis de ce travail, encore aujourd’hui, tout à fait convenablement. Je nourris mes enfants. Je suis libre de tout intermédiaire, dans une relation directe avec le public. Je n’ai plus d’intermédiaires parce que je joue dans mon théâtre. Que puis-je demander de plus ? De passer chez Drucker ou Ardisson ? En général, l’industrie médiatique nuit à la créativité artistique. Moins on est en contact avec le milieu du show business, et mieux on peut accomplir son travail d’acteur et d’interprète. Mon style est celui de la libre pensée. De n’avoir pas d’intermédiaires entre moi et le public, me permet une création qui n’est influencée que par mon propre regard.

S. Cattori : Malgré le fait que vous avez été interdit de médias, vous avez obtenu la reconnaissance et le soutien d’une large partie de la population. Ne craignez-vous pas, cependant, que le mouvement d‘opinion en votre faveur ne fasse demain l’objet d’une instrumentalisation?
Dieudonné : Je sais très bien ce à quoi vous vous référez : la supercherie et les mensonges sur lesquels les partis se fondent pour instrumentaliser les causes qu’ils prétendent défendre ! Ce fut une de mes premières découvertes et une grande déception. Ces instrumentalisations ont commencé dans les années quatre-vingt quand le parti socialiste a créé l’association SOS-racisme dans le but de récupérer les « beurs ». L’ex-trotskiste Julien Dray qui en a été le fondateur, Harlem Désir l’animateur, se sont servis de la souffrance des immigrés pour faire carrière mais ils n’ont bien sûr pas combattu le racisme anti-arabe. SOS racisme, comme les associations antiracistes qui ont été créées depuis lors, ont été détournées de leur but et se sont transformées en officines racistes. Elles ont fait la chasse à de faux « antisémites ». Tout cela a créé un très mauvais climat. C’est pourquoi je porte, aujourd’hui, un regard extrêmement critique sur ces partis et groupuscules de gauche qui instrumentalisent les causes à des fins de mainmise politique. Je suis un homme de gauche ; mais de cette gauche qui a un jour envisagé la loi de séparation des églises et de l’Etat ; de cette gauche des lumières qui avait une réflexion universaliste moderne. Or, quand on voit la gauche, en France, apporter son soutien inconditionnel à l’Etat d’Israël, aller en Israël faire l’éloge du mur de Sharon, on ne peut que la renier. Je suis lucide. Je connais toutes ces pratiques. Je pense qu’il leur sera difficile d’instrumentaliser l’opinion des gens qui me soutiennent et qui se reconnaissent dans l’association « Les OGRES » (Ouverture Géographique Religieuse Ethnique Sociale) ; association née suite au lynchage médiatique qui a commencé en décembre 2003.

S. Cattori : Finalement, par leur acharnement communautariste, ceux qui ont cherché à vous réduire au silence ne vous ont-ils pas rendu communautariste malgré vous ?
Dieudonné : Je suis un homme noir, je ne me ferais ni défriser ni blanchir la peau. Il se trouve que les noirs sont ceux qui sont le plus exposés au racisme et aux humiliations. Le fait d’être métis, d’être noir, me donne une responsabilité par rapport à cette injustice. Il ne s’agit pas d’un combat communautaire. Tous les combats pour la justice me touchent. Les OGRES sont basés sur l’ouverture entre gens de toutes origines et croyances. C’est l’antithèse de ce que les groupes sectaires ont toujours cherché à propager. Nous voulons croire en ce projet égalitaire. Or, qu’avons-nous découvert au travers de cette confrontation ? Le discours de haine, arrogant, cynique, de ce communautarisme religieux du CRIF, va à l’inverse du rêve républicain qui est le mien. Je ne suis qu’un humoriste dont la vocation est de dédramatiser. Il faudrait que ceux qui me font des procès n’y voient rien d’autre que cela. C’était inouï de voir Sarkozy me placer, lui aussi, au centre du débat, alors que je n’avais fait qu’un simple sketch. Ce fait même prouve bien que l’humour est la seule façon qui reste pour aborder l’irrationnel. Je suis un comique et au milieu de ce chaos la seule chose que je veux est de faire rire les gens.

S. Cattori : Ils ont voulu vous faire taire et vous êtes toujours là, fort de vos vérités qu’ils ne veulent pas entendre !
Dieudonné : J’ai mûri, là, au travers. Je pense que tout ce temps était nécessaire, c’était un temps d’apprentissage. Là, je serai bientôt prêt.

S. Cattori : Pensez-vous vous présenter comme candidat à la candidature présidentielle, en 2007 ?
Dieudonné : Je pense que cela pourrait être un moment étonnant. Mais là, c’est un autre métier.

S. Cattori : Vous l’avez déjà fait, non ?
Dieudonné : Oui, en d’autres temps !

Notes
(1) http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=1515
(2) Suite à la plainte portée par Dieudonné à la suite d'un SMS diffusé à l'antenne dans l'émission « On ne peut pas plaire à tout le monde <http://www.newstele.com/modules.php?op=modload&amp;name=News&amp;file=index&amp;catid=5> », Marc-Olivier Fogiel a été condamné par le tribunal correctionnel de Montpellier à 5.000 € d'amende ; Marc Tessier, à l'époque président de France Télévision, à 4.000 € ; Laurent Bon, alors rédacteur en chef de cette émission, à 2.000 € ; Alexandre Gamelin, assistant de production, à 1.000 €.
(3) Théâtre de La Main d’Or, 15 Passage de la Main d’Or, Paris

 

 

Fogiel s'excuse, Dieudonné demande sa démission

Accompagné de 150 manifestants, l'humoriste a demandé le départ de l'animateur de "On ne peut pas plaire à tout le monde", dimanche soir devant le studio de l'émission. En cause, un SMS réagissant à un sketch contesté de Dieudonné, diffusé par ONPP en 2003. L'animateur s'est à nouveau excusé.

Alors que Marc-Olivier Fogiel animait en direct son émission "On ne peut pas plaire à tout le monde" dimanche soir 16 octobre, l'humoriste Dieudonné a mobilisé 150 manifestants devant l'entrée de studio 101, à Saint-Denis, afin de réclamer la démission de l'animateur.

Vers 20H50, Marc-Olivier Fogiel a débuté son émission en expliquant: "A la suite de la diffusion (ndlr : en décembre 2003) d'un SMS qui réagissait à un sketch contesté de Dieudonné, j'ai été condamné avec France 3, en tant que responsable de l'émission, pour complicité d'injure publique à l'égard d'un individu en raison de sa race".

L'animateur a ensuite "reformulé" les excuses qu'il avait déjà présentées en 2003: "Ce SMS - qui n'as pas été fabriqué mais qui était le condensé de SMS que nous avions reçus - a choqué certains d'entre vous, a-t-il dit. Nous en sommes désolés, meurtris, et nous continuerons à lutter dans cette émission contre toutes les formes de discriminations, notamment celles que subit la communauté noire aujourd'hui".

 

"Injure supplémentaire"

"On ne peut pas plaire à tout le monde" avait diffusé un SMS présenté comme émanant d'un téléspectateur mais qu'un collaborateur de l'émission a ensuite reconnu devant la justice avoir lui-même rédigé. Le message était ainsi rédigé: "Dieudo, ça te ferait rire si on faisait des sketches sur les odeurs des blacks? Té tellement bête que ça me choque même plus". La chaîne et l'animateur ont été condamnés en première instance pour cette diffusion. Ils ont fait appel. Dieudonné a estimé que les dernières excuses de l'animateur constituaient "une injure supplémentaire". "Il fait appel et il continue à dire que son SMS n'était pas fabriqué", a déclaré Dieudonné, ajoutant: "Marc-Olivier Fogiel, nous demandons ta démission!". Parmi les manifestants, figuraient le judoka Djamel Bourras et le rappeur Stomy Bugsy. Source : nouvelobs.com, 16 octobre 2005

 

 

Fogiel dehors !

On Ne Peut Pas Plaire à tout le monde, Studio 101, Dimanche 16 octobre à partir de 19h

Dieudonné et Stomy Bugsy ont appelé Noirs, Blancs, Arabes, Asiatiques et Métis à dire ensemble pacifiquement et hors du plateau... FOGIEL DEHORS ! ce qui signifie aujourd'hui le refus des hiérarchies dans l'antiracisme.
Dimanche soir, toutes les caméras de France seront tournées davantage vers le parking de Fogiel, et vers vous, que vers le plateau condamné pour racisme, et vers les invités.
Clémentine Célarié sera même peut-être des deux côtés, puisqu'elle a réaffirmé son soutien à Dieudo, tout en ne s'associant pas à la pétition pour virer Fogiel, lequel devrait justement la recevoir en plateau. Réussira t-elle à recoller des morceaux ? Au moins entre les supporters ?
Stomy Bugsy a appelé tout le monde, en particulier mercredi le dynamique auditoire de Fun Radio, a nous rejoindre pour ce grand rassemblement pacifique pour un antiracisme égalitaire.
Dieudonné a eu accès à plusieurs grands médias, à la triste exception des grands journaux, et a lancé à une très large échelle cet appel.
Sont toujours attendues les personnalités suivantes :
Hugues Aufray, Bouba, Stomy Bugsy, Clémentine Célarié, Dieudonné, Disis la Peste, Princess Erika, Franco, Mokobe, Daniel Prévost, Sonia Rolland, Claudy Siar, Joe Star, Joby Valente,...
On peut prédire que le rassemblement massif, multicolore et pacifique qui se produira dimanche contraindra Fogiel à la démission, ou France-Télévisions à son licenciement.
Studios de la Plaine Saint-Denis - 50 Avenue du Président Wilson - Métro : Porte de la Chapelle
Si l'accès aux studios par la Porte de la Chapelle est bloquée, contourner les studios et rejoindre l'autre accès Porte d'Aubervilliers.
Accès Porte d'Aubervilliers : Passer par la rue Proudhon (1ère à droite quand vous avez la porte de la Chapelle dans le dos). L'accès des studios se trouve Avenue Victor Hugo/ rue de la Haie Coq.
Le public "maison" entre à partir de 19h00.

 

 

Échange salle de la Dernière Cène contre ex-synagogue


Un curieux deal est en train d'être négocié entre le Vatican et le gouvernement israélien : l'Église catholique récupèrerait la salle de la Dernière Cène à Jérusalem, en échange de quoi l'église Santa Maria La Blanca de Tolède, en Espagne, redeviendrait la synagogue qu'elle était du XIIème jusqu'au XVème siècle. La salle de la dernière Cène, où Jésus est censé avoir pris son dernier repas avec les Apôtres avant d'être crucifié, se trouve dans un bâtiment qui a abrité un couvent franciscain puis une mosquée ottomane et qui est utliisé par des institutions israéliennes depuis la création de l'État juif. La salle a été construite au XIVème siècle par les Croisés. Les juifs pensent que la tombe du roi David se trouve sous le bâtiment. La salle de la dernière Cène est le quatrième lieu saint de la Chrétienté, après le Saint Sépulcre à Jérusalem, la Basilique de l'Annonciation à Nazareth et la Basilique de la Nativité à Bethléem.
Le deal fait partie d'un projet d'accord entre Israël et le Saint-Siège sur le statut des propriétés de l'Église catholique en Terre sainte, qui devrait être signé lors d'une visite du président israélien Moshé Katsav à Rome le mois prochain.
Source : The Times, 13 octobre 2005

 

Ouvrir des yeux juifs


par Judy Andreas, www.judyandreas.com, 30 septembre 2005. Courriel de l'auteur : JUDE10901@AOL.com. Traduit de l'anglais par Yves Lecrique pour Quibla
Ma position est délicate, et guère enviable. Je suis une fille de parents juifs qui a grandi au milieu d'un ensemble de croyances conventionnelles. Bien que l'on ne m'ait pas nourri au régime absurde du « peuple élu » dès le berceau, j'étais conditionnée par certains facteurs durant mon enfance. Mon éducation juive était au mieux indigente, peut-être parce que ma s¦ur et moi préférions « manifester au lit » plutôt que d'aller à l'école du dimanche. Et cependant, j'étais bien prévenue que « sous chaque pierre il y a un antisémite. » On me servait peur et paranoïa en accompagnement de la poitrine de boeuf hebdomadaire.
Ma mère me parla une fois d'une femme dans sa famille qui avait épousé un Italien. « A chaque dispute, il la traitait de youpine ». Je ne sais si l'histoire était vraie ou non. Je ne sais si pour ma mère ce n'était qu'un moyen de me passer la laisse et m'empêcher d'aller errer hors du clan. Après tout, elle avait été persécutée enfant et appelée « tueuse de Christ ». Je me doute qu'à un certain niveau, c'est l'amour maternel qui la motivait. Et cependant, je crois que c'est sa "peur" qui a joué un rôle plus significatif. Hélas pour maman, "la peur" n'était pas le professeur d'une école à laquelle je me rendais volontiers, et devenant plus âgée, le fruit défendu s'entourait d'une senteur plus aimable.
Comme nous grandissions ma s¦ur et moi, notre nature rebelle émergeait. Nous fîmes des expériences psychédéliques et nous sortions avec toutes sortes de gens. Je ne crois pas que c'était une vendetta personnelle à l'égard de mes parents. Je ne crois pas que c'était une affirmation du type « je vais vous montrer ». C'était, il me semble, la curiosité intellectuelle et un besoin de faire mes propres erreurs qui m'accompagnaient le long de mon trajet, et des erreurs il y en eut ­ même si je préfère les appeler "expériences instructives". Comme le chantait Frank Sinatra (ou Paul Anka) : "I did it my way" [je l'ai fait à ma manière - NDT]. La religion, les avertissements parentaux, les déclarations et les règlements gouvernementaux n'étaient pas acceptés aveuglément. Il fallait qu'ils soient sensés à mes yeux, et ils l'étaient rarement. Je grimaçais quand une figure d'autorité me prétendait : « c'est ainsi parce que je dis que c'est ainsi. »
Ma mère était une sioniste qui, au fil des ans, utilisait sa voix de colorature soprano pour chanter lors des soirées de collecte de fonds. Elle prétendait être athée. Mon père avait été élevé dans une famille orthodoxe et avait choisi de devenir médecin après avoir été témoin de la mort insupportable de sa mère, d'un cancer de l'¦sophage, quand il n'était que petit garçon. Son désir de venir en aide le motivait en vérité. Papa était un docteur à l'ancienne qui acceptait les visites à domicile mais ne se fit jamais beaucoup d'argent. Ceux qui ont lu mes essais connaissent les détails de mon passé. Ne souhaitant pas vous faire pleurer d'ennui, je résisterai à l'impérieuse envie de vous décrire mon éducation plus en détail.
Bien qu'ayant été sevrée à l'habituel régime juif de paranoïa, - à étendre mon cercle d'amis à toutes les couleurs et tous systèmes de croyances. C'était l'époque des sixties, les années soixante, et comme j'étais une hippie de Greenwich Village, race et religion n'entraient jamais en ligne de compte dans mes relations et amitiés. Comme Martin Luther King le disait, « c'était le contenu du caractère des gens » qui m'attirait.
Ces années là, je n'étais pas un animal politique, même si j'écoutais attentivement lorsque mes parents ou ma grande s¦ur discutaient politique. Quand JFK, RFK, MLK [les deux frères Kennedy, Martin Luther King - NDT] et Malcolm X furent assassinés, j'essayais de garder silencieuse cette "petit voix permanente" à l'intérieur de moi. Je commençai une incursion dans le monde de la spiritualité et me cramponnai à mon innocence. Cependant, comme une branche trop chétive, c'était destiné à se rompre. Et oui, ça a rompu.

Je me suis retrouvée dans un monde qui marche sur la tête avec des horreurs comme Waco, les livraisons de drogue de Mena Arkansas, et l'attentat de l'Oklahoma Building m'a tiré de ma torpeur. Bien que me concentrant sur la spiritualité, je ne pouvais plus taire ma voie intérieure. Quelque chose était mortellement mauvais sur la Planète Terre. Je sus que toute ma méditation et mes actes de bonté ne pouvaient suffire. En tant qu'habitante d'une réalité à trois dimensions, il me fallait trouver un équilibre entre les cimes et la vallée.
Et, après bien des années, je lutte encore avidement pour cet équilibre. Toujours, peut-être..
Le 11 septembre 2001, mon petit monde a été désaxé d'un coup. Je me suis rapidement retrouvée parmi un groupe de "911 truth seekers", ces quêteurs de vérité intransigeants, qui ne pouvaient pas accepter la fiction officielle du gouvernement avec ses pirates de l'air arabes armés de cutters emmenant les avions contre le World Trade Center. Un nouveau chapitre de ma vie commençait. Je voulais partager mes convictions avec des amis.
Je me souviens de la première fois où j'ai parlé de David Icke à une chrétienne pratiquante avec laquelle j'avais enseigné.
« Mais c'est un nazi » me prévenait-elle en m'envoyant un site web de désinformation.
« As-tu déjà lu ses écrits, ou regardé ses discours ? » demandai-je.
« NON. »
Affaire classée. Je comprenais que ma nouvelle découverte aurait du mal à se faire accepter.
Ensuite ce fut ma rééducation au sujet du pays d'Israël. A mon grand désarroi, j'apprenais que ce n'était pas plus "la seule démocratie au Moyen Orient" que Lee Harvey Oswald n'était "le seul tireur" assassinant John F. Kennedy. J'étais choquée de voir le mythe du "Peuple sans terre pour une terre sans peuple" fracassé devant mes yeux. Je fus horrifiée d'apprendre qu'Israël était un État raciste, un régime d'apartheid. Mon c¦ur se brisait à la lecture des massacres et de l'élimination systématique du peuple palestinien, et à celle de cette fiction biaisée que les livres d'histoire avaient placée contre nos yeux et entre nos oreilles. J'ai vu la légende sur l'épisode d'Israël s'emparant d'un arpent de désert étrillé par un groupe de nomades sauvages pour le transformer en une fertile oasis productive, et comment, exploser en face de moi. Une fois de plus les livres d'histoire se révélaient des fictions distordues aux proportions dévastatrices.
J'ai lu le livre de Ralph Schoenman "L'histoire cachée du sionisme" (The Hidden History of Zionism) et écouté Ralph et son épouse Mya Shone dans leur émission de radio "Taking Aim" [prise de cap].
Les Israéliens avaient fait main basse sur les vergers d'agrumes, les oliviers, les carrières et les maisons de la population palestinienne. Ils avaient brutalisé les gens de ces environs. Ils avaient éradiqués les fermiers, les artisans, et les citadins, et y avaient substitué des colonnes de travailleurs d'immigrants colons. L'histoire de la Palestine est celle d'une souffrance et d'un assujettissement indicibles, de déportation armée, de massacre et d'expulsion.
Par Ralph Schoenman, j'ai appris que le rabbin Fishman avait présenté une carte à la commission d'enquête de l'ONU sur la Palestine, se basant sur les carnets de Théodore Herzl. Celle-ci déclarait qu'Eretz Israël s'étendait de la rivière d'Égypte à l'Euphrate, incluant toute la Palestine, toute la Transjordanie , l'Égypte jusqu'au Nil y compris Le Caire, 2/3 de la Syrie, 40% de l'Irak, les marches méridionales de la Turquie, jusqu'à et y compris le Koweït.
Les sionistes furent gratifiés de 55% des terres les plus fertiles.
Tous les sionistes de premier plan parlaient d'éliminer les Palestiniens. Ce n'était nullement secret, bien qu'une troublante proportion des gens aujourd'hui semblent ne rien en savoir.
Le rapport Kermit énonçait : « Nous utiliserons la terreur, l'assassinat, l'intimidation, la confiscation des terres, et la coupure de tous les services sociaux pour débarrasser la Galilée de sa population arabe. »
Moïse Dayan révéla comment les livres de géographie furent modifiés. La mention de villes et de villages n'existe plus, effacés.
C'est à travers le livre « Hidden History of Zionism » [Histoire cachée du sionisme, par Ralph Schoenman, 1988] que j'ai pris connaissance de la collaboration nazis/sionistes et que j'ai su comment des Juifs ordinaires furent dupés par une cabale éhontée d'avidité et de puissance. Il est triste, ajouterais-je, que les Juifs lambda soient encore dupés ainsi.
J'ai essayé, avec des gants de velours verbaux, de discuter avec des amis de cette situation critique. Certains s'en désintéressent. Certains prennent peur. Certains pensent que j'ai perdu la tête. La plupart me font taire. (Mes compliments aux laveurs de cerveaux.)
De la sorte, je me trouve dans une position bien peu enviable. Je veux ouvrir les yeux de mes frères et s¦urs. Je veux aider mes enfants à apprendre les péchés d'Israël et le rôle important qu'il occupe dans l'Axe du Mal.. avec les USA et la Grande Bretagne. Je veux avertir mes bien-aimés des dangers de la conduite sioniste, son comportement, et de comment cela affecte notre monde. Je veux éveiller les personnes juive ordinaires aux crimes que leurs leaders ont perpétrés et continuent de perpétrer. Parce qu'en fin de compte, le Juif de base est tout aussi peu indispensable dans le grand plan sioniste que le reste de la foule l'est. Il n'y a pas de sécurité dans la formation de bande tribale. Seule la vérité nous rendra libres.
Et cependant, je n'ai toujours pas trouvé le bon vocabulaire. Devrais-je abandonner ? Pourrai-je faire une différence ou est-ce que j'essaie de retenir des rochers qui déboulent ?
L'autre soir je regardais une émission spéciale sur Bob Dylan. J'étais saisie par sa jeunesse et la profondeur de ses mots. Je me suis sentie submergée dans une mer de nostalgie. Ces temps-là étaient-ils aussi purs qu'ils y paraissaient ? Aurais-je romancé les espoirs et les rêves des années soixante ? Possible... Mais j'en doute. Bien sûr que nous étions des rêveurs, mais nous rêvions un monde merveilleux. Nous rêvions d'un monde sur lequel il semblait que nous aurions un grand impact. Nous croyions à nos rêves. Nous reste-t-il des vestiges de ce rêve alors que 300 000 personnes ont manifesté à Washington DC le 24 septembre 2005 [contre la guerre d'Irak et l'occupation israélienne de la Palestine, NDT] ?
Et cependant, tandis que j'observe un monde si périlleusement proche du précipice, un monde qui parait ne tenir que par cette petite branche chétive que je connais si bien, je ne peux que demander : « Au nom de Dieu, que nous arrive-t-il ? »