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Protocoles des Fous de Sion

"UTILISEZ-NOUS"
LE PJM SE RALLIE À L'APPEL DES REFUZNIKS

Le PJM a répondu à l'invitation de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique et du Centre régional du Libre-Examen de Bruxelles à rencontrer, le 18 avril 2005 à l’ULB, trois représentants d’“UNE AUTRE VOIX ISRAÉLIENNE”.
Le premier intervenant, Elik Elhanan, refuznik, petit-fils du général Matti Peled, dont la sœur a été tuée dans un attentat-suicide et s'exprimant en français, assène les vérités suivantes dont l'évidence n'est plus à nier: "L'armée israélienne n'assure plus la sécurité d'Israël, mais son insécurité". "L'occupation engendre la mort et la haine". "L'occupation, c'est l'oppression au quotidien". "Nous avons perdu la confiance, nous ne voulons plus mourir pour satisfaire les intérêts exclusivement stratégico-idéologiques de nos dirigeants". "En tant que partisan de la paix je me trouve obligé de refuser ce discours où l'on me désigne et m'impose qui je dois haïr". "Ma soeur a été tuée parce qu'il y a l'occupation. Ma mission désormais est de me battre pour la réconciliation et la coexistence. Il s'agit en réalité d'une guerre entre les partisans de la paix et ceux de la guerre. Moi, je crois que nous assistons à un crime contre l'humanité".
Le deuxième intervenant, Yonatan Shapira, pilote de chasse de l'armée de Tsahal, et s'exprimant, lui, en anglais, avoue: "Durant toutes mes missions, je n'ai pu que constater les souffrances qui sont occasionnées à mon peuple et aux autres. Il m'était pénible d'accepter que ces souffrances étaient dues à mes propres actions". "Nous perpétuons des crimes de guerre. Nous sommes d'accord pour défendre notre pays, mais pas de devenir des terroristes". "Aujourd'hui ma mission la plus importante est d'arrêter cette occupation".
Le troisième intervenant, Oren Medicks, présenté comme un vétéran de la lutte contre l’occupation et contre le mur de séparation, déclare en français après une brève introduction notificative en hébreu: "Le retrait de 8.000 colons de Gaza imposé par Sharon n'est qu'un leurre puisqu'au même moment il construit en Cisjordanie, sur des terres usurpées, des habitations qui accueilleront 26.000 colons. Gaza et la Cisjordanie, selon le processus Sharon, deviendront les plus grandes prisons à ciel ouvert du monde puisqu'on sait qu'Israël contrôlera toutes les frontières terrestres, maritimes et aériennes". "Sharon est extrêmement dangereux. Sa politique, depuis toujours, consiste essentiellement à gagner du terrain". "Tous les partis de gauche ou de droite soutiennent la politique de Sharon. Notre devoir est de soutenir toute pression internationale visant à faire cesser l'occupation, de la rendre improductive". "C'est une lutte du droit contre ceux qui ne savent s'exprimer que par le biais de la force, de la violence pour tenter de parvenir à leurs fins". Et c'est alors, après avoir interrogé sur un ton mi-railleur mi-amer Andréas Ratke, un membre du cabinet de Marc Otte, représentant permanent de l’UE pour le Processus de Paix au Moyen-Orient, sur les limites à ne pas franchir ("Mais où sont vos lignes rouges?"), qu'il lance cette stupéfiante supplication:
"UTILISEZ-NOUS!".
Le diplomate, visiblement incapable de prendre la mesure des propos qui viennent d'être tenus, se contente alors de rappeler que "le rôle de l'Union européenne est d'assurer un cadre légal conformément aux dispositions internationales", ne craignant nullement de contredire les intervenants en affirmant que "le sentiment d'insécurité contribue à justifier le maintien du régime qui a toujours prévalu en Israël".
Le temps d'expulser de la salle archicomble une personne qui n'avait cessé de contester "les mensonges" proférés, la parole est donnée au public:
Thierry Delforge de radio Air Libre interroge M. Ratke, puis conclut: "Pourquoi l'UE n'a-t-elle pas réagi lorsqu'au début de la seconde intifada, le gouvernement Sharon a donné l'ordre de détruire les infrastructures, ports et aéroports financés par les Européens?". "Je suis ravi de voir la France s'apprêter à voter contre le traité de constitution européenne!".
Chris Den Hond, auteur du reportage "GÉNÉRATION INTIFADA", questionne à son tour: "Ne faut-il pas suspendre toute relation politique, économique, académique, sportive, et cela jusqu'à ce que l'État d'Israël se conforme au droit international?".
Un représentant du PJM prend alors la parole: "Comprenez-vous que de plus en plus de citoyens belges conditionnent la reconnaissance de l'État d'Israël à sa conformation aux résolutions émanant du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et des conventions de Genève, et donc, à défaut, qu'ils soutiennent sous toutes ses formes la légitimité de la résistance palestinienne?". "Que pensez-vous de certains intellectuels juifs qui préconisent, malgré la réalité de ce qui vient d'être dit, que la Région de Bruxelles rétablisse les accords de coopération suspendus il y a un peu plus de 2 ans?".
RÉPONSES
"Les Européens doivent choisir de quel côté ils se positionnent" (Elik Elhanan).
"Si le gouvernement israélien refuse de se conformer au droit, il faut changer les relations à tous les niveaux" (Oren Medicks).
"Sharon doit être jugé par un tribunal international pour crimes de guerre. Va-t-il l'être? Je ne le crois pas. Lorsqu'on voit que Bush commet des crimes tout aussi horribles en Irak..." (Yonatan Shapira).
Les trois intervenants confirment au représentant du PJM, cosignataire de cet article, la légitimité de la résistance populaire palestinienne, et Oren Medicks d'ajouter: "Soit Israël s'allie au droit international, et dans ce cas il faut le considérer comme tout autre État, soit il ne s'y conforme pas, et la légalité de sa reconnaissance peut être contestée. En ce qui concerne l'accord d'association dont vous nous entretenez, si je suis bien informé, la condition cadre est justement le respect des dispositions internationales et des droits humains".
*
Il est incontestable pour le PJM que la résistance palestinienne qui se perpétue depuis plus de 50 ans avec dignité et héroïsme fait progressivement fléchir une partie de plus en plus importante de la population israélienne qui en vient à douter des fondements mêmes de l'idéal sioniste qui l'a de manière criminelle manipulée jusqu'ici. Il souhaiterait que l'attitude courageuse, empreinte de lucidité et d'humanité, de ces refuzniks, qui est encore minoritaire dans les médias de l'entité sioniste (mais beaucoup moins dans la conscience populaire), soit pareillement soutenue dans un pareil élan de générosité et de clairvoyance par le peuple belge, et singulièrement, à tous les degrés, par ses gouvernements dont il exige qu'ils rompent toute relation diplomatique, militaire, économique, scientifique et académique avec elle.
N'est-il pas, par ailleurs, piquant de constater que si ces vérités avaient été martelées (ou même susurrées) par les imams des mosquées, ceux-ci auraient immédiatement été taxés d'extrémistes et d'antisémites par nos mollasses dirigeants qui, pour préserver (mais pourquoi? à quel titre?) de "bonnes relations" avec l'État colonialiste, n'hésitent pas à combattre (car c'est bien la combattre que de ne pas la reconnaître, que de ne pas l'appuyer) l'héroïque résistance de tout un peuple? Des vérités totalement absentes de la bouche de nos représentants, et plus encore de celles qui se vantent (avant les élections) d'être "communautaires"... Seuls deux d'entre eux, qui auraient pu, pourtant, y libérer leurs frustrations, étaient présents à ce débat où ils restèrent muets (mais n'est-ce pas de règle?) comme des carpes.
Les courageux refuzniks nous ont suppliés de les "utiliser". Le PJM répond à leur appel. Soutenir un pays "qui donne des ordres et des directives qui n'ont rien à voir avec sa sécurité", qui ne vise qu'à poursuivre son contrôle absolu sur un peuple persécuté, spolié, déporté, c'est "détruire toutes les valeurs" avec lesquelles il prétend "avoir grandi".
C'est, finalement, plus sûrement encore, détruire ce pays dont "la légalité de sa reconnaissance", par là-même, "peut être [doit être] contestée".
21.04.05
RACHID ZEGZAOUI
JEAN-FRANÇOIS BASTIN ABDULLAH ABU ABDULAZIZ
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