Palestine
Contre-révolution en Palestine : une république bananière à
Ramallah, mais pour combien de temps ?
Par Fausto Giudice, 20 juin 2007
Un nouveau régime est
né ces jours-ci à Ramallah, en Cisjordanie. Il "règne" provisoirement sur
environ 15% du territoire de la Palestine historique. Que
faut-il en penser ?
Il faut, pour analyser les événements récents de Palestine, faire appel
à de nombreuses autres situations historiques.
En effet, la contre-révolution menée par Mahmoud Abbas s’inspire à la
fois des exemples algérien, turc et centre-américain.
Ce n’est après tout pas étonnant, pûisque
Mahmoud Abbas n’est que le proconsul choisi par les maîtres de l’Empire
pour appliquer leurs directives sur une portion de territoire palestinien.
Pour décrire le régime Abbas, il faut faire le cocktail suivant :
- prendre un cinquième de généraux algériens et de chefs de la Sécurité militaire
algérienne, ceux qui firent un coup d’État en janvier 1992 pour annuler
la victoire électorale du FIS ;
- prendre un cinquième de contre-révolutionnaires nicaraguayens, les
fameux Contras qui tentèrent de renverser le régime sandiniste dans
les années 80 ;
- prendre un cinquième d’escadrons de la mort salvadoriens et honduriens
;
- prendre un cinquième de généraux turcs « laïcs » ;
- ajouter, last but not least, un cinquième de Judenrat
de Varsovie en 1942.
Mélanger le tout et servir frais.
Résultat : une république bananière au cœur de la Palestine. Des républiques montées
par la société United Fruit en Amérique centrale, le « nouveau régime
» de Ramallah a toutes les caractéristiques : il mêle en effet des gangsters,
des tortionnaires, des aventuriers et des technocrates, dont le plus
beau fleuron est le sinistre Salam Fayyad,
employé modèle de la
Banque mondiale formé dans une université…texane !
Ils ont préparé leur coup depuis presque deux ans, avant même les élections
palestiniennes de janvier 2006. « Ils », ce sont les hommes d’Abbas
et leurs parrains et sponsors : la
CIA, le Mossad, le Shin Bet,
les services secrets égyptiens et jordaniens, sous la houlette des néocons
sionistes de Washington (Maison blanche et Pentagone) et avec la bénédiction
des crétins de Bruxelles, Barroso et Solana en tête (tous deux anciens gauchistes, rappelons-le).
La presse arabe et les sites web anglophones sont pleins d’informations
sur ce complot depuis des mois. Abbas et sa bande ont reçu des dizaines
de millions de dollars et des milliers d’armes pour liquider purement
et simplement la résistance, incarnée principalement par le Hamas. Ils
ont transformé une bonne partie des combattants du Fatah en vulgaires
mercenaires. Tout le monde a pu le voir à Gaza, où ces « combattants
» se sont enfuis la queue basse devant les combattants du Hamas, à commencer
par leur chef, Mohamed Dahlan, qui, jamais,
ne deviendra « roi de Gaza ».
La Palestine
est donc aujourd’hui divisée en trois : le territoire occupé par les
sionistes en 1947, la
Cisjordanie sous le contrôle précaire de la bande à
Abbas/Dahlan et Gaza, aux mains du Hamas.
Sans oublier « l’autre Palestine », la « quatrième », celle des camps
de réfugiés des pays voisins et la diaspora mondiale.
Cette situation a été fomentée par Washington, Tel Aviv et Bruxelles,
avec l’appui du Caire et d’Amman. C’est une stricte application de la
devise « Diviser pour régner » dans ses aspects les plus criminels.
Elle est appelée à connaître un échec retentissant. Comme en Irak, comme
au Liban, comme en Iran, comme en Afghanistan, comme au Soudan.
Il se trouve ça et là, dans notre vieille Europe – celle par laquelle
le malheur arriva en Palestine - des gens qui se prétendent de bonne
foi pour parler de « putsch du Hamas à Gaza » et pour s’inquiéter du
sort des « militants » du Fatah. Je diviserai ces gens-là en deux catégories
: une minorité de « démocrates laïcs » cyniques, viscéralement anti-musulmans
et fondamentalement pro-israéliens et une majorité de gens sincères,
mal informés et manipulés.
À chacun de prendre ses responsabilités. Mais quoiqu’il en soit, je
suis sûr d’une chose : le climat de la
Palestine ne permet pas la culture des bananes, tout
au plus le recyclage de peaux de bananes d'importation.
Source :
http://azls.blogspot.com
Guerre des Six Jours : quarante années plus tard
Par
Marta Tawil, La Jornada,
2 juillet 2007
Traduit
par Gérard Jugant, révisé par Fausto Giudice,
Tlaxcala
Quand
la Guerre
des Six Jours s'est terminée, le 10 juin 1967, Israël contrôlait toute
la Palestine jusqu'aux rives
du fleuve Jourdain, les Hauteurs du Golan jusqu'à la ville de Kuneitra (Syrie) et la totalité de la péninsule du Sinaï (Egypte) jusqu'au canal de Suez. Depuis, le Sinaï est l'unique
territoire qui a été rendu à son propriétaire (par les accords de Camp
David de septembre 1978). Pour ce qui concerne les autres territoires,
rien n'a changé en 40 ans: les terres conquises sont toujours sous occupation;
Jérusalem-Est a été annexée en juillet 1980, le Golan en décembre 1981.
Les
conséquences politiques et sociales de la guerre de 1967 ne tardèrent
pas à se révéler. Étant donné la centralité du conflit et le traumatisme
de la défaite, les gouvernements des pays arabes du front purent se
maintenir au pouvoir, justifier leurs dépenses militaires, développer
leurs services secrets tentaculaires, asphyxier le débat du passé, sacrifier
les intérêts du développement à long terme. Ce fut le coup de grâce
porté au nationalisme arabe et le coup de fouet donné à l'islamisme
radical. En Israël, la jeune génération de sionistes religieux perçurent
la victoire et la possession des villes de Hébron et de Jérusalem comme
un événement miraculeux et divin; cette perception idéologico-théologique
fut représentée, à partir du milieu des années 70, par le mouvement
Gush Emunim,
qui se rendit célèbre par l'impulsion qu'il donna à la colonisation
de Gaza et de la
Cisjordanie, et pour lequel toute concession territoriale
était considérée comme une régression insupportable.
Cette
vision absolutiste et fanatique motiva Baruch Golstein
à tuer 29 musulmans à l'intérieur d'une mosquée (le Caveau des Patriarches
à Hébron, NdR) en février 1994 et Ygal
Amir à assassiner le Premier ministre Yitzhak Rabin en novembre 1995.
Et si la symbiose entre l'armée et la société israélienne a commencé
à se fracturer avec la guerre de 1973, mais surtout durant les années
80, ce qui n’a en revanche pas disparu e s’est au contraire généralisé,
c’est un mode d'attachement à la sécurité dans lequel la guerre est
considérée comme une réponse normale aux problèmes politiques. En 1979
et en 1994, l'Égypte et la Jordanie, respectivement,
signèrent avec Israël un traité de paix; en 2002 l'Arabie Saoudite l'offrit
au nom des autres pays lors du sommet arabe de Beyrouth; Damas a fait
diverses propositions de reprendre les négociations depuis qu'il a perdu
l'appui soviétique; l'Irak est détruit; les Palestiniens n'ont pas de
police effective, sans parler d'une armée.
Aujourd'hui
les forces militaires conventionnelles d'Israël sont supérieures à celles
de ses voisins, et il est l'unique pays de la région qui a des armes
nucléaires. Si la dimension psychologique et historique de l'attachement
d'Israël à la sécurité est réelle, son instrumentalisation pour justifier
toute stratégie expansionniste l'est tout autant.
La
colonisation des territoires occupés en 1967 n'a pas cessé, pas plus
que la confiscation des terres et ce sont plus de 3 millions de Palestiniens
qui vivent comme des prisonniers en Cisjordanie et à Gaza. L'ANP est
isolée, l'économie palestinienne est étranglée par le siège militaire,
et il y a discrimination dans l'accès aux ressources naturelles comme
l'eau.
En
40 années la situation des réfugiés palestiniens ne s'est pas améliorée.
Les civils dans les camps de Nahr El Bared
(au nord du Liban, près de Tripoli) et de Aïn
El Heloué (au sud, près de Sidon) se trouvent
entre la répression de l'armée libanaise et le fanatisme islamique du
Fatah Al Islam et de Jund As Sham.
Les réfugiés risquent de payer pour la politique de renforcement de
l'armée nationale libanaise lancée par le gouvernement de Fouad Siniora,
sous la pression usaméricaine et avec le renfort français, destinée
à redimensionner le rôle du Hezbollah.
Après
40 ans, le Liban est d'une grande importance stratégique pour les Syriens,
comme pour tout autre pays ou alliance de pays ou acteurs qui cherchent
à déstabiliser la
Syrie. En 1956, la
CIA entraîna des centaines d'hommes dans les montagnes
du Liban afin de réaliser le coup d'État contre le régime de Damas.
En 1957, le Liban fut encore le terrain pour une opération similaire
inspirée par Washington. Dans la décennie 80, depuis le Liban après
l'invasion israélienne, Saddam Hussein et d'autres acteurs instrumentalisèrent
la confrérie islamiste des Frères Musulmans contre le régime Asad.
Quarante
années plus tard, le Liban demeure le front crucial de toute négociation
syro-israélienne. Récemment, les ministres israéliens de la Défense et des Transports
ont confirmé l'existence de contacts directs avec Damas. D'après un
quotidien israélien, le Premier ministre Ehud Olmert a indiqué être
prêt à évacuer le Golan en échange de la paix avec la Syrie. Mais devant la
généreuse aide militaire que le gouvernement de Fouad Siniora
reçoit de Washington afin de renforcer la lutte de l'armée libanaise
contre les groupes « terroristes » de la scène interne libanaise
(et non contre les attaques externes israéliennes), devant la toujours
plus probable installation d'une base usaméricaine dans le Pays du Cèdre,
devant la « guerre contre le terrorisme » en tête de l'agenda
international (sur lequel s'alignent certains fonctionnaires arabes
et l'ANP elle-même), et compte tenu de l'absence d'un médiateur effectif,
on ne voit pas très bien d'où viendraient les incitations pour générer
la confiance mutuelle et en finir avec l'occupation.
Source
: www.jornada.unam.mx/2007/07/02/index.php?section=opinion&article=020a2pol
Les deux pantins en chef d’Abbas
Le « gouvernement d’urgence » constitué illégalement par
Mahmoud Abbas le 18 juin à Ramallah est dirigé par Salam Fayyad,
à la fois Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et ministre
du Trésor. Le ministre de l’Intérieur et des affaires civiles est Abderreazak Al Yahya. Nous présentons
ces deux pantins, dont la biographie en dit long.
Dr. Salam Khaled Abdallah Fayyad
• Origines : Né en 1952 dans le village Deïr Arrazoun près de Tulkarem. al-Azun near
• Appartenance politique : représentant du groupe “Troisième
Voie” au Conseil législatif palestinien, dont il présidait la Commission au budget.
• Statut : marié, père de trois enfants
• Formation : Bachelor of Arts
en ingénierie de l’Université américaine de Beyrouth, Master de comptabilité
et doctorat en économie de l’Université du Texas.
• Carrière :.
1987: Banque mondiale
à Washington .
1995-2001: représentant du Fonds
monétaire international à Jérusalem.
Président duConseil
d’administration de la
Arab Bank en Cisjordanie
2002-2005 : ministre des Finances dans les gouvernements Abou Mazen et Abou Alaa puis dans le
gouvernement constitué en mars 2007 par Abbas. .
En décembre 2006, il est nommé chef du department
financier de l’OLP. Sa mission est d’accroître le contrôle d’Abbas sur
les aides financiers perçues par l’Autorité palestinienne.
Abderrazak Aqab
Mohamed Al Yahya
• Origines : Né en 1929 à Tantoura
(près de Haïfa ).
• Statut : marié, père de
trois enfants
• Appartenance politique : Fatah.
• Carrière :
1948 : rejoint l’armée de secours puis l’armée syrienne
1965 : rejoint l’Armée de libération de la Palestine
1968-1972 : commandant de l’OLP avec le rang de général-major.
Représentant du Comité exécutif de l’OLP en Jordanie.
Chef du department
politique de l’OLP.
1993-1995 : participations aux négociations precedent
et suivant les accords d’Oslo.
2002 : nommé par Arafat ministre de l’Intérieur, il estd
émis peu après par celui-ci pour avoir échoué à unifier les forces de
sécurité.
Zahhar : « Nous avons trouvé des informations secrètes
« choquantes » dans les QG de la sécurité palestinienne à Gaza »
par
Maan News Agency, 25 juin 2007
Khan Younis (bande de Gaza) - Ma'an
- Le dirigeant du Hamas dans
la bande de Gaza Mahmoud Zahhar a déclaré
hier avoir découvert
des informations ultrasecrètes dans des bâtiments appartenant aux
services palestiniens de sécurité dans la bande de Gaza.
Le Hamas a occupé tous les bâtiments appartenant à ces services
de sécurité au cours de sa prise de contrôle sur l'ensemble de la
bande de Gaza, voici une semaine.
Zahhar a fait une déclaration publique dans
la mosquée Al-Içlâh, à
l'est de la ville de Gaza, hier, lundi. Il a notamment dit : « A la
suite
de nos investigations, nous avons découvert des documents et des
fichiers appartenant aux services de sécurité palestiniens ; nous
publierons toutes ces informations, et nous avertissons la population
qu'elle sera choquée par ce que nous avons trouvé. »
Il a également affirmé avoir découvert le QG de l'agence
palestinienne du renseignement, déguisée sous le nom de code du
« Navire » ['The Ship'], dans lequel, a-t-il
assuré, se trouvaient « une
cinquantaine de voitures piégées, prêtes à l'emploi ». Il a ajouté :
« Nous avons désamorcé ces voitures piégées, épargnant ainsi à
Gaza un véritable bain de sang. »
Il a par ailleurs affirmé que le Hamas aurait découvert des passages
souterrains secrets, des fosses communes, ainsi que plusieurs
arsenaux.
« Il y a des documents qui révèlent la corruption financière du Fatah.
Ces documents montrent de quelle manière l'argent été partagé et
remis ; ils révèlent aussi leur corruption morale, ainsi de photos
prises de la fille d'un ministre dans des poses lascives, destinées
à
des opérations de chantage », a dit Zahhar,
qui a ajouté : « Ce sont
là des choses que l'on peine à comprendre, et que personne ne peut
imaginer avant de les avoir vues ».
De plus, Zahhar a affirmé quel le Fatah protégeait
des dealers de
drogues et des trafiquants d'armes.
Il a insisté sur le fait que le Hamas n'avait pas décidé d'occuper par
principe le complexe présidentiel « Al-Muntada
», mais que ses
hommes avaient été contraints à y pénétrer afin de sauver des
« résidents innocents ». Zahhar a affirmé
qu'avant que le Hamas soit
parvenu à prendre le contrôle d'Al-Muntada,
« ce bâtiment servait de
vaste prison où étaient perpétrés des tortures et des massacres ; il
[je me permets d'insister sur le fait que « muntada
», qui signifie
« lieu de rendez-vous », en arabe, est un nom masculin, bien que
tous les journaleux de la presse sioniste le collent au féminin (au
motif, sans doute, qu'il se termine par « a ». L'arabe, c'est simple
:
c'est de l'italien de l'est. On dit bien, pourtant, LE Sahara ?) !!!
ndt]
était fortifié et même blindé ».
« Des hommes intègres du Fatah ont demandé au Hamas de venir
prendre le contrôle des bâtiments de la sécurité appartenant au
Fatah », a expliqué Zahhar.
« Le récent conflit, à Gaza, n'opposait pas le Hamas et le Fatah ; en
effet, le Hamas ne nourrit aucun grief contre le Fatah. Au premier
chef, et en définitive, le principal bénéficiaire de cette situation
est le
FATAH, qui a sacrifié des vies, comme d'autres protagonistes, et dont
la manière dont ces affrontements se sont déroulés ne pourra avoir
d'autre effet que celui de rehausser le statuts statut de
l'authentique mouvement Fatah aux yeux de la population
palestinienne », a conclu Zahhar.
Source :
http://www.maannews.net/en/index.php?opr=ShowDetails&Do=Prin
t&ID=23313
Gaza divise le Hamas
Par
Michele Giorgio, il manifesto,
22 juin 2007
A
Gaza, le Hamas prépare des « tribunaux militaires » mais pas pour
juger ses adversaires du Fatah et les officiers des services de
sécurité « arrêtés » la semaine dernière -ils ont presque tous été
« graciés » ces jours derniers - mais pour juger les membres des
milices islamiques, la
Tansifieh (Force exécutive) et les Brigades
« Ezzedin al Qassan
» qui se sont entachés de violences graves,
abus et autres crimes, sur des agents des forces de sécurité et leur
entourage. « Ce ne seront pas des procès ouverts au public, et pas
trop sévères non plus, mais dans tous les cas ils auront lieu, pour
qu'il soit clair que la direction du Hamas veut être juste et n'accepte
pas tout ce qui est arrivé pendant les combats de la semaine
dernière, même si dans les casernes et dans les prisons (de l'ANP
fidèle à Abu Mazen), on a souvent torturé
et assassiné des militants
islamistes », nous explique un journaliste local soutenant le Hamas.
Mais peut-être ces procès représentent-ils aussi un moyen d'évacuer
le désappointement du premier Ministre « démissionné » Ismaïl
Haniyeh et d'autres leaders politiques à cause
de la décision de l'aile
militaire de faire place nette du Fatah et pas seulement du courant
dirigé par Mohammed Dahlan.
Le Hamas est un mouvement qui tend à éviter l'existence interne de
divergence organisée et répète que les décisions doivent être prises
au sommet de façon démocratique et respectées par la minorité
(c'est ce qu'on appelle dans nos organisations et partis à nous le
centralisme démocratique, pourquoi ne pas le dire de cette façon ? !
NDT). Et pourtant derrière cette apparence de collégialité absolue et
respect mutuel, il en va autrement. La signature des accords de La
Mecque et le lancement de la collaboration avec le
Fatah avait créé
un certain nombre de problèmes, de caractère idéologique et
politique, à l'intérieur du mouvement. Deux ministres du
gouvernement précédent, Mahmoud Zahar et Saïd
Siyam,
notoirement opposés à Abu Mazen, avaient encaissé
non sans rage
la décision, de Haniyeh et du leader en exil
Khaled Mashaal, de se
plier au veto que la présidence et le Fatah avaient posé contre leur
nomination. Mais surtout, les chefs de l'aile militaire, Mohammed Deif
et Ahmed Jabari, avaient soulevé le problème
de la réaction
« faible » de Haniyeh à la nomination à la
vice présidence du Conseil
de sécurité nationale, par Abu Mazen, de l'
« ennemi », Mohamed
Dahlan. Divergences bien cachées sous le voile
de l'unité apparente
du mouvement mais qui a affaibli le contrôle de Haniyeh
sur les
milices.
Le Hamas savait que Dahlan et ses alliés,
palestiniens et étrangers,
projetaient une lourde attaque militaire sur Gaza contre le
mouvement islamique, grâce aux armes et au soutien que les
Etats-Unis et, plus récemment, Israël étaient
prêts à fournir (ce
soutien en armes et argent avaient déjà été fournis, NDT). Les
sommets politiques et militaires avaient atteint cette conclusion :
éliminer la menace, même par la force. Le plan devait être déclanché
dans les semaines qui viennent mais l'enlèvement et l'assassinat de
l'imam Mohammed al-Rasati (semble-t-il par
les hommes de Dahlan),
a donné le coup d'envoi de l'opération. « Sur le terrain cependant les
choses sont allées au-delà des plans établis - rapporte un dirigeant
politique du Hamas qui veut garder l'anonymat- il fallait en finir avec
ces dirigeants du Fatah et avec les chefs des services de sécurité qui
nous menaçaient continuellement mais les commandants militaires
(du Hamas) ne s'en sont pas tenu aux ordres reçus et ont saisi
l'occasion de balayer jusqu'à la plus petite trace des instituions du
Fatah et des services de sécurité. Le résultat c'est qu'aux yeux des
Palestiniens et du monde entier nous n'avons pas éliminés des gens
corrompus mais imposé notre pouvoir absolu ».
Ceux qui ont franchi la ligne rouge sont en particulier les Brigades
Ezzedin al Qassam,
tandis que le commandant de la
Tanfisye, Abu
Obeidah al-Jarrah,
serait mieux arrivé à contrôler ses hommes.
Les leaders du Hamas faisaient la fête il y a une semaine,
maintenant par contre ils commencent à réfléchir sur les
conséquences de l'attaque contre le Fatah. Certains ne manquent
pas de souligner que la soif de victoire des commandants militaires
-
secondés d'ailleurs par les « dissidents » Zahar
et Siyam- a mis à
présent le Hamas dans une position politique et diplomatique
difficile, et que la conquête de Gaza a été, en fait, une victoire à
la
Pyrrhus. Ça n'a pas été agréable pour le Premier ministre
Haniyeh et
pour son conseiller politique Ahmed Yussef,
le « théoricien » du
tournant politique du Hamas, d'apprendre que l'Egypte
a l'intention
d'arrêter tous ses relations avec le Hamas, et que le siège de la
représentation diplomatique égyptienne de Gaza sera bientôt
transféré à Ramallah, où siège le gouvernement palestinien
d'urgence de Salam Fayad, nommé dimanche par
Abu Mazen.
Mais ce qui a encore plus assombri l'humeur de Haniyeh
c'est aussi
ce qu'a déclaré le Ministre des Affaires Etrangères
syrien, Walid
Moalem, dans une interview au journal arabe
al-Hayat, en affirmant
que Damas est « prête » à recommencer des négociations avec
Israël.
La reprise des négociations entre Tel Aviv et Damas pourrait aboutir
à une ligne syrienne de moindre soutien au Hamas et à la résistance
palestinienne.
Traduit par Marie-Ange Patrizio
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