![]() le quotidien online francophone et multilingue pour les Musulmans libres et actifs et leurs alliés ! Actualisé chaque jour avec des documents de référence sur tous les dossiers chauds ! 25 chaoual 1427 - 17 novembre 2006 - Couriel : redactionquibla@yahoo.fr |
Palestine
Contribution décisive à l’histoire mondiale de l’infamie : les sionistes sont en train d’inventer le nanogénocide
Gaza : les eurodéputés revendiquent le droit de critiquer Israël
Son homologue du Parti socialiste européen (PSE) Martin Schulz a également réclamé que les responsables de l'opération de Beit Hanoun soient "rendus responsables de leurs actes", estimant que cela "ne peut être considéré comme une erreur technique". "Notre solidarité face à Israël doit être indéfectible. Mais Israël est un Etat de droit démocratique qui doit se laisser remettre en question", a-t-il précisé. Alors qu'il ne faut "rien attendre" d'organisations terroristes, "nous devons être plus exigeants de la part d'un Etat de droit démocratique comme Israël", a-t-il ajouté. Depuis l'enlèvement d'un soldat israélien le 25 juin par des groupes armés palestiniens, l'armée israélienne a mené plusieurs opérations dans la bande de Gaza, d'où elle s'était retirée en 2005, pour retrouver son soldat et faire cesser les tirs de roquettes. Plus de 300 Palestiniens ont péri dans c es opérations.
Une Israélienne a été tuée mercredi par des tirs de roquettes depuis
la bande de Gaza, entraînant des menaces d'Israël d'élargir les opérations
dans ce territoire palestinien et de faire payer "un lourd tribut"
aux responsables de l'attaque. Source :
AFP, 15 novembre 2006
Mythes israéliens – De la tromperie érigée en mode de vie
Nazareth – Dans un pays fondé sur un mythe
fondateur – selon lequel la population indigène palestinienne serait
partie de son plein gré et n’aurait nullement été la victime d’une épuration
ethnique – et dans un pays, aussi, qui entend trouver sa légitimité
en recourant à une foultitude d’autres bobards, consistant par exemple
à affirmer que l’occupation de Il en va ainsi dans ce « calme relatif »
qui fait suite au pilonnage du Liban, un mois durant, par Israël – un
calme dans lequel des Israéliens ne meurent peut-être plus, mais où
des Libanais continuent hélas très certainement à le faire, tandis que
les explosions des sous-munitions des armes à fragmentation de fabrication
états-unienne continuent à « accueillir » les réfugiés qui
retournent chez eux dans le Sud dévasté, et que les habitants de la
bande de Gaza continuent à périr par dizaines semaine après semaine
sous les frappes incessantes et aveugles de l’aviation israélienne,
tandis que les autres meurent d’inanition à petit feu dans leur prison
à ciel ouvert. Beaucoup des bobards de guerre d’Israël
ont d’ores et déjà été profondément ancrés dans les consciences occidentales
par les médias : + c’est le Hezbollah qui aurait « provoqué »
la guerre en capturant deux militaires israéliens, et non pas Israël
qui pourtant maintenait une attitude
hostile et provocatrice depuis six ans, en envoyant quotidiennement
ses avions de guerre et ses drones espions dans l’espace aérien libanais ; + c’est le Hezbollah qui aurait perpétré
une agression en tirant des roquettes sur Israël, même si ces roquettes
n’ont commencé à être tirées QU’APRES les bombardements massifs par
Israël de régions exclusivement civiles au Liban et afin d’y REPLIQUER ; + c’est le Hezbollah, qui, contrairement
à Israël, aurait utilisé la population locale comme boucliers humains,
même si l’espionnage aérien généralisé et continuel du Sud Liban par
les avions et les drones israéliens n’a pas été en mesure d’en apporter
le moindre commencement de preuve ; + c’est le Hezbollah qui aurait pris pour
cibles des civils, et non Israël, en dépit du bilan des morts qui indique
exactement le contraire; + de plus, ce Hezbollah, armé par l’Iran,
serait totalement illégitime, même si ces armes ont été utilisées pour
défendre le Liban contre une agression israélienne préparée de longue
date, alors qu’Israël aurait un droit absolu et incontestable de recevoir
son arsenal des USA, quand bien même ces armements ont été utilisés
de manière offensive, la plupart du temps contre les populations civiles
libanaise et palestinienne… Ce sont des bobards de cet acabit qui ont
été répandus, après les combats. Ainsi, par exemple, il semble aujourd’hui
chose admise que les attaques du Hezbollah par roquettes contre Israël
auraient fait d’un million d’Israéliens des réfugiés. Le commentateur le plus respecté du quotidien
israélien Haaretz, Yoel Marcus, a dit exactement cela, voici quelques
jours, dans une tribune publiée par le quotidien britannique Guardian,
quand il a fait la remarque que « ce sont environ un million de
réfugiés israéliens » qui ont été contraints de partir du Nord
d’Israël. Ce Marcus semble décidément se faire une
représentation extraordinairement élastique de la signification du mot
« environ »… En réalité, il est totalement impossible
qu’un million d’Israéliens aient ainsi été transformés en réfugiés,
comme le démontrera un rapide calcul. Il y a environ 1,2 millions d’Israéliens
qui vivent dans le Nord d’Israël, et cette population se répartit environ
par moitiés entre citoyens juifs et citoyens arabes. Pratiquement aucun
Arabe israélien n’a quitté le Nord durant toute la durée des bombardements
par roquettes du Hezbollah, soit en raison d’une crainte résiduelle
bien compréhensible que l’Etat n’en profite pour leur confisquer leur
maison, comme cela est arrivé aux Palestiniens qui avaient fui, ou qui
avaient été terrorisés pour qu’ils s’enfuient, durant la guerre de 1948,
soit tout simplement parce qu’ils n’avaient strictement aucun autre
endroit où aller. La plupart d’entre eux ont supposé – probablement
à très juste titre – que la population juive du centre d’Israël n’était
pas particulièrement encline à les recevoir à bras ouverts, en tant
que réfugiés… On fait aussi souvent état, dans les médias,
du « fait » que 300 000 Israéliens auraient dû rester dans
des abris. De tels abris n’ont été construits que dans le Nord d’Israël,
et ils n’en existe aucun dans les régions exclusivement arabes. Par
conséquent, les gens qui ont utilisé ces abris sont nécessairement des
citoyens juifs du Nord d’Israël. Ceci signifie que si 300 000 juifs
sur les 600 000 qui vivent dans le Nord d’Israël étaient dans les abris,
alors il a dû y avoir tout au plus 300 000 réfugiés [en supposant que
tous les autres Israéliens qui ne sont pas descendus dans les abris
soient partis…] Pourquoi Marcus tient-il donc tellement
à donner à accroire qu’un million d’Israéliens auraient été chassés
de chez eux ? C’est tout simple : cela permet à
Israël de représenter la menace du Hezbollah sous une lumière plus terrifiante,
et cela rend plus convaincante l’assertion selon laquelle les Israéliens
auraient souffert autant que les Libanais, dont un million, pour le
coup, ont véritablement dû partir pour tenter de se réfugier ailleurs. Cela présente par ailleurs l’avantage de
recouvrir d’un vernis avantageux la réalité peu reluisante, qui est
que plus des 300 000 « réfugiés » [au grand maximum] israéliens
étaient chez des parents ou des amis à une centaine de kilomètres plus
au Sud, dans des chambres d’hôtes et à l’abri de tout danger. Ils n’étaient
pas, comme les Libanais, en train de fuir pour tenter de sauver leur
peau – leurs convois étant pris pour cibles par les avions de guerre
israéliens – et, à la différence des Libanais, ils ne devaient pas vivre
dehors, sans abri, sans nourriture et sans eau potable, et toujours
à la merci des bombardements et des tirs de missiles... Dans les faubourgs de Kiryat Shmona, ville
très proche de la frontière libanaise, la quasi totalité des « réfugiés »
israéliens sont revenus dans leurs maisons intactes, alors que des dizaines
de milliers de réfugiés libanais ont trouvé leurs maisons transformées
en tas de ruines, avec, au milieu des gravois, des bombes à fragmentation
qui continuent jusqu’à aujourd’hui, et encore pour longtemps, à menacer
de les tuer et de les mutiler. Mais, là encore, ce n’est pas ce que le
gouvernement israélien veut nous faire croire… C’est la raison pour
laquelle il a publié un rapport, cette semaine, affirmant que 12 000
bâtiments auraient été endommagés par les tirs de roquettes du Hezbollah.
Cela semble un chiffre étrangement élevé, dès lors que l’armée israélienne
elle-même affirme que « pas plus » de 4 000 roquettes ont
été tirées sur le territoire israélien et qu’un nombre non négligeable
desdites roquettes auraient atterri en pleine nature… Le même rapport
n’affirme-t-il pas d’ailleurs, quelques pages plus loin, que plus de
400 incendies de broussailles ont été déclenchés par ces roquettes… ? Alors comment – et surtout, pourquoi –
le gouvernement israélien parvient-il au chiffre de 12 000 immeubles
« endommagés » ? Cela voudrait dire que chaque roquette
ayant atteint une structure aurait endommagé au minimum trois autres
bâtiments ! Quiconque a vu les destructions provoquées
par une roquette Katyusha [arme principale utilisée par le Hezbollah]
sait bien que cela ne provoque guère plus qu’un trou dans la surface
touchée. La dispersion de shrapnels, toutefois, cause des dommages mineurs
aux structures environnantes (et des dégâts bien plus considérables,
hélas, aux êtres humains), comme des trous dans les enduits des murs
ou des fenêtres brisées. Autrement dit, la plupart de ces fameuses
12 000 « structures » – et, comme par hasard, personne ne
sait au juste ce que les officiels israéliens incluent dans la catégorie
« structures » (appartement individuel, garage, cabane de
jardin, niche de Médor ?) – ont subi des dégâts mineurs, qui ont
pu être réparés en une après-midi… Alors, pourquoi ce besoin de faire la promotion
de ce nombre gonflé ? Tout simplement, parce que le Hezbollah fait
état de la destruction de 15 000 immeubles, au Liban : là, en l’occurrence,
il s’agit d’immeubles rendus irrécupérables par les bombes et les missiles
israéliens. Comme il est de tradition dans la société
arabe, beaucoup de ces immeubles de plusieurs étages abritaient plusieurs
familles, ce qui signifie qu’un nombre d’appartements familiaux probablement
bien plus important que les 15 000 immeubles détruits cités ont disparu.
Certaines sources libanaises estiment que
plus de 100 000 domiciles ont ainsi été totalement détruits. Mais l’objectif
d’Israël est de donner à voir que son peuple aurait souffert autant
que le peuple libanais. De manière frappante, l’estimation des dommages
économiques infligés au Liban par l’agression israélienne s’établit
à 5 milliards de dollars… Or, là encore, Israël affirme que ce chiffre
correspond à sa propre estimation de ses propres pertes économiques...
A croire qu’à chaque fois qu’une de ces
bombes fournies par les USA a été larguée, elle ait fait autant de mal
au budget militaire israélien qu’à l’endroit et aux gens sur lesquels
elle est tombée ! L’important étant sans doute que quand, un jour,
l’estimation des réparations de guerre sera réglée (s’il en est jamais
question, un jour…), alors n’en doutons pas : Israël affirmera
que ses propres pertes annulent celles du Liban !… Beaucoup de manips israéliennes sont également
utilisées sur le plan intérieur afin de déterminer qui bénéficiera –
et qui sera exclu – des largesses du gouvernement et de ses plans de
« reconstruction » du Nord. En ce qui concerne le sens dans
lequel souffle le vent, il n’y a pas de surprise… Ainsi, des ministres ont affirmé, après
la guerre, que des dirigeants municipaux arabes – et non juifs – avaient
abandonné leurs administrés afin de se mettre à l’abri des tirs de roquettes.
Ainsi, après une tournée dans le Nord, le ministre de l’Intérieur, Ronnie Bar-On,
a prétendu que l’incapacité de certaines villes et de certains villages
de faire face à la situation découlait du fait que les dirigeants locaux
« avaient pris la poudre d’escampette et, ce, au plus haut niveau… »
Interrogé quant au nom des maires et conseillers municipaux qui se seraient
enfuis, Bar-On n’a rien trouvé à dire d’autre que ceci : «
Tout ce que je peux vous dire, au sujet des gens auxquels j’ai fait
allusion, c’est que je n’ai pas aperçu de synagogue dans leur ville… » Pourquoi ces assertions, alors que tout
indique que les populations arabes du Nord sont restées sur place avec
beaucoup de sang-froid durant toute la durée du conflit, tandis qu’au
contraire, comme nous l’avons vu, nombre de citoyens juifs se sont enfuis ?
Il y a, à cela, deux raisons : Tout d’abord, le gouvernement est embarrassé
des informations selon lesquelles près de la moitié des citoyens israéliens
tués par les roquettes étaient des Arabes, ainsi que par la suggestion
que la cause de cet état de fait est la négligence ne datant pas d’hier
du gouvernement à protéger les communautés arabes en construisant des
abris publics, en équipant les localités de sirènes d’alarme et en faisant
diffuser des consignes de sécurité en arabe par la sécurité civile.
Alors, n’est-ce pas, il vaut mieux accuser les élus arabes… Ensuite, le gouvernement amasse des sommes
énormes en faveur de l’effort de reconstruction envoyées par des associations
juives en Europe et en Amérique, et il cherche une excuse lui permettant
de ne pas financer la reconstruction dans les localités arabes. Un autre
homme politique éminent, Effi Eitam, chef du Parti National
Religieux, a accusé les autorités arabes de « faire semblant d’être
lésées ». Les Arabes du Nord d’Israël seront vraisemblablement
privés de goûter à la galette de De même, le ministre de l’Environnement,
Gideon
Ezra, a déclaré que les communes arabes du Nord ne doivent
pas recevoir d’argent pour réhabiliter leur système éducatif ségrégué
et manifestement étique, au motif que durant la guerre « les habitants
de ces localités se sont comportés comme d’habitude, comme si rien ne
s’était passé » - à croire que si les citoyens arabes sont pénalisés,
c’est parce qu’ils n’ont pas pris la fuite ! Son raisonnement semble
populaire, tant dans l’opinion publique qu’au sein du gouvernement,
étant donné que les citoyens arabes sont généralement opposés aux guerres
d’Israël. Une tromperie afférente, promue par le
gouvernement, consiste à faire croire qu’il se serait engagé à accorder
des dédommagements aux travailleurs et aux entreprises du Nord qui ont
souffert d’un manque à gagner durant La plus grande partie des fonds, qui atteignent
des millions de dollars, est rendue accessible aux seuls citoyens juifs,
bien que les Arabes constituent la moitié de la population du Nord d’Israël.
Quel contraste avec la politique non-discriminatoire du Hezbollah, consistant
à défrayer tous les Libanais sinistrés ou atteints dans leur chair par
la guerre, qu’ils appartiennent à sa propre communauté, chiite, ou qu’ils
soient chrétiens, druzes ou musulmans sunnites !… (Je mentionne en passant que, d’après Haaretz,
dans un procès intenté par un ingénieur arabe du village de Fassouta,
lequel, contrairement à ses collègues juifs, se voit dénier toute compensation
pour ses pertes de revenus durant la guerre, il a été consigné qu’il
n’avait pas été en mesure de quitter son domicile parce que l’armée
israélienne avait installé des batteries d’artillerie juste en bordure
de son village. Voilà qui règle son sort à l’argument israélien, que
le représentant des Nations unies, Jan Egeland, a fait sien, selon lequel
seul le Hezbollah aurait utilisé des civils en guise de boucliers humains !) Les bobards israéliens d’après-guerre concernent
aussi, bien entendu, les Palestiniens vivant sous occupation. Yuval Diskin,
chef de la police secrète Shin Bet, affirme qu’inspirés par les succès
du Hezbollah, des Palestiniens de la bande de Gaza seraient en train
de faire de Rafah « le jardin d’Eden des trafiquants d’armes ».
Apparemment, Israël serait au courant de 15 000 fusils, 4 millions de
balles, 38 roquettes, de 10 à 15 roquettes Katyusha et des dizaines
de missiles anti-tanks auraient été introduits clandestinement dans
la bande de Gaza via le point de passage de Rafah, seulement au cours
de l’année écoulée. Israël voudrait faire croire qu’il passe pratiquement
de tout, à travers la très courte frontière avec l’Égypte qu’il contrôle
d’ailleurs toujours, sauf peut-être (tout de même) les tanks et les
avions de guerre… D’ici quelques années, affirme Diskin, Israël sera
confronté à Gaza à la même situation qu’au Sud Liban. Il ne nous reste
plus qu’à le prendre au mot… Mais il y a un problème. En effet, depuis
novembre 2005, disent des associations de défense des droits de l’homme,
le point frontière de Rafah a été presque tout le temps fermé. Toutes
ces armes ont dû être passées en contrebande fissa, durant les deux
ou trois jours où ce point de passage était ouvert ! Un doute supplémentaire est apporté aux
déclarations de Diskin par un article publié cette semaine par Haaretz,
qui indique que la fermeture perpétuelle du point de passage de Rafah
perdure depuis qu’un soldat israélien a été capturé par des combattants
palestiniens, voici deux mois de cela [il s’agit du brave soldat Ryan
(oups : Gilad) Shalit, ndt]. La raison de la fermeture de ce passage,
recommandée par le Shin Bet, est également citée dans l’article de Haaretz
– et cela n’a strictement rien à voir avec une quelconque contrebande
d’armes. Le blocus a été imposé afin de mettre la pression sur les Palestiniens
pour les contraindre à relâcher Shalit ; ce qui constitue une forme
de punition collective tombant sous le coup du droit international. La comparaison établie par Diskin entre
les événements à Gaza et le Sud Liban est à tout le moins capilotractée
(tirée par les cheveux, NDR). Comment les combattants de la résistance
palestinienne, dans la bande de Gaza, pourraient-ils construire des
centaines de bunkers souterrains dans le terrain plat et sablonneux
de ce territoire, à l’insu d’Israël dont les avions et les tanks passent
en toute liberté la région au peigne fin, tandis que le renseignement
militaire israélien fait jouer à plein son réseau d’indicateurs ?
Nous attendons, pleins de curiosité, que Diskin nous l’explique. Mais
les conclusions de Diskin n’en serviront sans doute pas moins à justifier
les agressions continuelles d’Israël contre la population civile de
la bande de Gaza. Et n’en doutons pas, sera même invoqué l’argument
qu’elles se « justifient » d’autant mieux qu’elles éviteront
d’être pris par surprise comme ce fut le cas au Liban ! Le pire bobard de tous, toutefois, a trait
aux raisons invoquées par le Premier ministre Ehud Olmert, voici quelques
jours, pour rejeter la création d’une commission d’enquête indépendante,
présidée par un juge, qui aurait eu toute latitude pour enquêter sur
tous les aspects de Beaucoup d’Israéliens sont mécontents au
sujet de ce qu’un commentateur a qualifié de « commission de non-enquête »
d’Olmert. Des enquêtes séparées, voilà qui signifie que les compétences
de chacune de ces commissions seront très étroites, qu’elles devront
s’en ternir à des questions et à des défaillances techniques, et qu’elles
seront incapables d’avoir une vision plus large des choses.
Les membres de la commission chargée d’enquêter
sur Olmert ont été sélectionnés par… Olmert ! Tous les juges approchés
afin de les solliciter pour présider la commission ont décliné la proposition,
comme l’a fait le plus éminent constitutionnaliste du pays, Amnon Rubinstein,
apparemment conscient du fait que prêter la main à un blanchiment ternirait
définitivement sa réputation. Cette commission, aux dernières nouvelles,
sera présidée par un ancien chef du Mossad, l’agence d’espionnage international
d’Israël. Des observateurs ont d’ores et déjà prédit que l’espace ouvert
aux critiques de Nahum Admoni [âgé de soixante-dix-sept ans] sera extrêmement
étroit, étant donné qu’il s’est fait lui-même remonter les bretelles
par la commission d’enquête Kahan, chargée d’enquêter en 1982 sur le
massacre de civils palestiniens perpétré dans les camps de réfugiés
de Sabra et Chatila,
au Liban. Admoni avait failli, ne « donnant pas un avertissement
non équivoque au sujet des dangers inhérents à l’entrée des Phalangistes
[libanais] dans ces camps », pénétration qui se traduisit par le
massacre de plus de mille civils palestiniens. Le Mossad entretenait
des relations empressées avec les Phalanges « chrétiennes »
libanaises, qu’il s’efforçait d’installer au pouvoir, afin de disposer
d’un régime de pantins [dont Israël aurait tiré les ficelles]. Toutefois, Kahan ne prit aucune mesure
contre Admoni, car – comme, aujourd’hui, Olmert – celui-ci venait tout
juste de prendre ses fonctions. Il sera bien difficile, pour Admoni,
de traiter Olmert plus durement que Kahan ne l’a traité lui-même, voici
une vingtaine d’années… Pour quelle raison Olmert peut-il bien
vouloir une commission discréditée de la sorte, plutôt qu’une véritable
commission d’enquête, d’autant que, comme il le clame, l’argument en
défaveur de cette dernière serait qu’il lui faudrait des années avant
de livrer ses conclusions ? D’ici là, il pourrait être garé des
voitures, et il n’aurait peut-être jamais à affronter les retombées…
La raison officielle, selon Olmert soi-même, serait qu’un tel délai
aurait pour effet de paralyser l’armée. Toutefois, la plupart des commissions
d’enquête, en Israël, ont publié des rapports provisoires, faisant des
recommandations en vue de certaines réformes, au bout de seulement quelques
mois. Après quoi, elles ont pris le temps nécessaire pour produire leur
rapport définitif… D’autres facteurs sont en jeu, qui ont
trait tant au passé qu’à l’avenir. Il en est un d’évident : une
commission dotée de réels pouvoirs d’investigation enquêterait certainement
sur les six années de préparation de la guerre, débutant dès le retrait
de l’armée israélienne du Sud Liban… Il y a aussi un réel danger que ses investigations
n’eussent jeté une lumière crue sur les mobiles des survols continuels
du territoire libanais par les avions de guerre israéliens ; sur
son refus de remettre les cartes indiquant la localisation des mines
qu’Israël a plantées au Sud Liban durant ses vingt années d’occupation ;
sur son refus de libérer les derniers prisonniers libanais détenus dans
ses prisons, qui ne peut que perpétuer un état d’hostilité ; et
enfin, sur son refus de négocier avec le Liban et avec Mais la création d’une véritable commission
d’enquête représenterait un danger encore plus grave : elle risquerait
d’exhumer la preuve que la guerre contre le Liban était préparée et
planifiée depuis longtemps, qu’elle n’avait strictement rien à voir
avec la capture de deux soldats israéliens à la frontière, qu’elle était
planifiée en coordination avec les USA et que son but ultime était une
attaque contre l’Iran. Olmert, ainsi que les dirigeants politiques
et militaires d’Israël, n’ont nul besoin d’une nouvelle Commission Kahan
– ni d’autres emmerdes comparables à ses constatations concernant l’implication
d’Israël dans les massacres de Sabra et Shatila. Israël a besoin d’avoir les mains libres
pour frapper sans être critiqué quand la nouvelle phase de la guerre
contre le terrorisme prendra forme. Olmert l’a reconnu carrément, dans
sa remarque codée selon laquelle une commission d’enquête risquerait
de [« nous »] distraire de l’objectif fondamental : « nous
concentrer sur l’avenir et sur la menace iranienne ». Un indice de ce vers quoi Israël pourrait
s’orienter désormais a fait surface, cette semaine, quand le ministre
plénipotentiaire d’Olmert, qui a toute sa confiance, a « révélé »
que l’Iran serait en train d’essayer de transférer son savoir-faire
nucléaire à des organisations terroristes. Pérès n’a pas cité le Hezbollah,
mais l’établissement du lien et d’un nouveau casus belli n’est sans
doute qu’une question de temps…
Jonathan Cook, écrivain et journaliste britannique, vit à Nazareth, en Israël,
où il a fondé la Nazareth Press Agency. Il est l’auteur de l’ouvrage à paraître [en anglais] : Blood and Religion :
The Unmasking of the Jewish and Democratic State [Sang et religion :
Bas les masques sur l’Etat « juif et démocratique »] aux éditions
Pluto Press, et qui sera diffusé également aux USA par University of
Michigan Press. Traduit
de l'anglais par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice, membres
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette
traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est
libre de toute reproduction, à condition de respecter son intégrité
et de mentionner auteurs et sources. |
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