Palestine

13/09/06 - Le Vatican critique les sionistes chrétiens


par Matthew Tostevin, (avec la collaboration de Tom Heneghan, à Paris, et de Mike Conlon, à Chicago), The Washington Post, 31 août 2006
Source : http://www.uruknet.info/?p=26305


Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en mentionner sources et auteurs.

Jérusalem (Reuters) - L’envoyé du Vatican en Terre sainte et les archevêques de trois autres églises ont lancé une attaque conjointe (suffisamment rare pour devoir être signalée) contre le mouvement sioniste chrétien, en l’accusant notamment de « promouvoir l’exclusivisme raciste et la guerre perpétuelle. »

Les sionistes chrétiens représentent une part croissante du lobby pro-israélien USA, le principal allié de l’Etat juif. Ils sont persuadés que le retour [sic] des juifs en Terre sainte et la création de l’État d’Israël seraient des preuves des promesses faites par Dieu aux patriarches de la Bible.

Les Églises du Moyen-Orient apparaissent souvent comme plutôt proches des Palestiniens, dont la minorité chrétienne constitue une part substantielle de leur clergé dans cette région du monde.

La « Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien » a été signée par le patriarche latin catholique Michel Sabbah (un Palestinien) et par des évêques des Eglises épiscopalienne, luthérienne évangélique et syrienne orthodoxe de Jérusalem.

La plupart des sionistes chrétiens sont des protestants évangéliques, et cette déclaration est le signe d’une conflictualité croissante entre ces obédiences opposées.

« L’agenda sioniste chrétien campe une vision du monde dans laquelle l’Évangile est identifié à l’idéologie impériale, au colonialisme et au militarisme », affirme la déclaration, qui accuse les sionistes chrétiens de porter atteinte aux fragiles espoirs de paix au Moyen-Orient.

« Nous rejetons les enseignements du sionisme chrétien, qui facilitent et soutiennent cette politique, en mettant en avant l’exclusivisme racial et la guerre perpétuelle », ajoute cette déclaration.

Les trois principales organisations sionistes chrétiennes de Jérusalem ont répliqué, dans un communiqué, qu’elles étaient inquiètes du « ton alarmiste » de la déclaration, qu’elles ont jugé très éloignée de la « Vérité ».

Les sionistes chrétiens insistent sur les racines juives du christianisme. Certains parmi eux soutiennent le mouvement de colonisation de la Cisjordanie, berceau de la civilisation juive [resic], que les Palestiniens revendiquent pour y établir une partie de leur État indépendant.


Alarmisme

« Nous prions pour la paix. Mais nous notons, à notre grand regret, que le gouvernement palestinien actuel est entièrement voué à la destruction d’Israël », ont déclaré les sionistes chrétiens dans leur communiqué, faisant allusion au Hamas, une formation islamiste actuellement au gouvernement.

La perspective de pourparlers de paix, au Moyen-Orient, n’a jamais été aussi improbable que depuis la victoire du Hamas aux élections législatives du mois de janvier de cette année. Cette formation est [en effet] formellement vouée à la destruction d’Israël.

« Le problème, dans cette région du monde, n’est pas aussi simple que la Déclaration de Jérusalem veut bien le suggérer », poursuit le communiqué des sionistes chrétiens.

Certains sionistes chrétiens sont persuadés que le retour [sic série bis] des juifs en Terre sainte entraînera la fin du monde et la seconde levée de Jésus Christ. Certains pensent aussi que les juifs eux-mêmes devront soit se convertir au christianisme, soit crever.

Les organisations sionistes chrétiennes de Jérusalem ont indiqué n’avoir aucune « aspiration à l’Armageddon », et ne pas fonder leur position théologique sur une « prophétie de fin des temps. » Elles ont appelé au dialogue avec les religieux [signataires de la Déclaration de Jérusalem], en passant outre cette déclaration qui les condamne.

Le sionisme chrétien est particulièrement puissant aux USA, où le soutien à Israël, dans ses conflits [permanents, NDT] (avec les Palestiniens, ou lors de sa dernière guerre, contre les guérilleros du Hezbollah, au Liban) est bien plus appuyé qu’en Europe ou dans les autres parties du monde [« non civilisé », ndt].

James Rudin, premier conseiller en matières de relations inter-religieuses auprès du Comité juif américain [AJC – American Jewish Committee] sis à New York, a déclaré qu’il y a « des millions et des millions de chrétiens américains » qui soutiennent Israël, mais qui ne se considèrent pas eux-mêmes comme sionistes. [Des milliers de chrétiens américains, dénommés Jourdain, faisant du sionisme sans s’en rendre compte, en quelque sorte… NDT].

Il a ajouté que [ces « chrétiens »] représentent un noyau de soutien à Israël beaucoup plus important encore que celui des personnes fondant sur la Bible leur soutien à Israël. [Eh bien, tant mieux : Israël risque d’en avoir bien besoin !… NDT]

12/09/06 - Accord sur un gouvernement palestinien d'union nationale


Le président palestinien Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas sont convenus lundi de former un gouvernement d'union nationale qui pourrait mettre fin à des mois de crise politico-financière et ouvrir la voie à une reprise des aides occidentales indispensables.

M. Abbas doit dissoudre le gouvernement dans les prochaines 48 heures et
charger l'actuel Premier ministre issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh, 43 ans, de
former en principe cette semaine un cabinet d'union nationale, au sein
duquel cohabiteront le Hamas, vainqueur des dernières législatives, et le
Fatah, le parti de M. Abbas.

"Nous annonçons à notre peuple cette bonne nouvelle: nous avons achevé la
définition du programme politique du gouvernement d'union nationale, fondé
sur le +document d'entente nationale+", signé en juin par les groupes
palestiniens, a indiqué M. Abbas après une nouvelle rencontre à Gaza avec M.
Haniyeh.

"Dans les tout prochains jours, nous commencerons à former ce nouveau
gouvernement et nous appelons notre peuple à soutenir nos efforts", a-t-il
ajouté.

M. Haniyeh a confirmé être parvenu à un compromis avec M. Abbas après des
semaines de tractations, soulignant qu'il était le résultat d'une "volonté
honnête de renforcer l'unité nationale et de protéger les droits"
palestiniens.

Le "document d'entente nationale" prévoit de "concentrer" les attaques
anti-israéliennes dans les territoires de Cisjordanie et de Gaza occupés
depuis 1967 et la création d'un Etat sur ces terres, ce qui constitue une
reconnaissance implicite du droit d'Israël à l'existence.

Mais le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a affirmé que l'acceptation
de ce document par son mouvement ne constituait pas une reconnaissance de
l'Etat juif.

M. Abbas a appelé dans la foulée les fonctionnaires à cesser leur grève
observée depuis neuf jours pour réclamer les salaires impayés depuis
février, le gouvernement Hamas installé en mars étant en état de cessation
de paiement en raison de la suspension des aides internationales et du refus
des banques de lui transférer des fonds.

Cependant les principaux syndicats du secteur public ont rejeté cet appel.

Selon Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence, M. Abbas "publiera
un décret présidentiel dans les 48 heures à venir pour dissoudre le
gouvernement actuel et nommer un nouveau Premier ministre".

Le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad, s'est refusé à fixer une date
mais a indiqué qu'un gouvernement serait formé "le plus vite possible".

Selon un haut responsable de l'Autorité palestinienne, M. Haniyeh sera
reconduit dans ses fonctions.

M. Hamad a affirmé que le Hamas entendait conserver le poste de Premier
ministre et que le futur cabinet comprendrait des "indépendants, des membres
du secteur privé et des professionnels".

Ce cabinet "peut mettre fin au siège international", a-t-il assuré.

Les Etats-Unis, l'Europe, la Russie et l'Onu demandent au Hamas de
reconnaître le droit d'Israël à l'existence et de renoncer à la violence,
pour reprendre leur coopération avec le gouvernement palestinien. Le Hamas
est considéré comme un mouvement terroriste par les Etats-Unis, l'UE et
Israël.

Dans sa première réaction, Israël a affirmé qu'un cabinet d'union nationale
palestinien "pourrait susciter un nouvel élan très positif au dialogue",
tout en insistant sur le fait qu'il devait également répondre aux exigences
internationales et faire libérer un soldat israélien enlevé en juin par des
groupes palestiniens.

Pour le Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure Javier
Solana, l'accord interpalestinien "pourrait avoir une influence très
positive pour redonner de l'énergie au processus de paix".

Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy a dit espérer qu'un
gouvernement d'union nationale permettrait aux Européens "d'avoir des
contacts" avec lui.

Et le Premier ministre britannique Tony Blair a salué l'accord, son
porte-parole parlant "d'une annonce d'une extrême importance".

Source : AFP, 11 septembre 2006


Min irhabi ? Qui est terroriste ?

Écoutez
Tamer Nafar, 27 ans, Shell Nafar, 23 ans et Mahmoud Jreri, 24 ans, ont créé en 1999 le groupe Dam, le premier groupe palestinien de hip hop. Dam signifie « sang » en arabe et en hébreu et il est aussi l’acronyme pour « De arabian MCs ». C’est par la chanson « Min irhabi ? » qu’ils sont devenus mondialement célèbres en 2001 : mis en ligne sur le site ArabRap, le titre a été téléchargé un million de fois en 1 mois. En France, la chanson a été distribuée gratuitement avec le magazine Rolling Stone et a été intégrée dans une compilation avec Manu Chao, Zebda, Nor Désir et autres groupes français.
Les membres de Dam sont nés et vivent à Lod, en Palestine occupée en 1948, à 20 km d’Al Qods. Ils donc citoyens israéliens et toute leur expression artistique est le fruit de cette tension. Si vous n’avez pas encore entendu cette chanson, cliquez sur http://kelpolitique.blogspot.com/2006/09/qui-est-le-terroriste.html.
Site web du groupe : http://www.dampalestine.com/


Voici la traduction des paroles de la chanson :
"Qui est terroriste ? Suis-je, moi, un terroriste ?
Comment je peux être un terroriste sur ma propre terre ?
Qui est terroriste ? C'est toi le terroriste !
Tu as pris tout ce que je possédais
Quand cesseras-tu d'être un terroriste ?
Tu me frappes sur une joue
Et tu t'attends à ce que je tende l'autre
Alors tu pourras me frapper à nouveau ?
Dis-moi comment tu veux
À genoux ? Ligoté ? [...]
Tu veux que nous souffrions en silence
Pour que tu puisses vivre en paix ?"
Traduction : Sami Zakaria

11/09/06 - La libération totale de la Palestine et le retour de tous les réfugiés sont un droit inaliénable et imprescriptible


Par Georges Adda, Tunis, avril/août 2006

Versión española : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=42082


NDLR Quibla : Georges Adda, qui est né en Tunisie, où il vit toujours, est un jeune homme qui approche le siècle dâge. Ce juif antisioniste connut les camps et les prisons coloniaux français comme militant du Parti communiste tunsien, que Bourguiba récompensa bien mal pour son soutien à la lutte dindépendance en linterdisant en 1964, après la découverte d'un "complot" en décembre 1963. Le PCT ne retrouva une existence légale qu'en 1981. Georges Adda nous a fait parvenir ce document que nous lui laissons le soin de présenter lui-même.


Plus d’un mois après la criminelle et barbare agression sioniste contre les peuples libanais et palestinien, ce texte, ayant gardé toute son actualité, mérite, je crois, d’être diffusé. C’est ce que je fais aujourd’hui pour réaffirmer une fois de plus que la véritable paix, la tranquillité, la sécurité, la liberté, l’égalité et la justice ne prendront leur place naturelle et légitime dans ce Moyen-Orient agressé, spolié, dominé et occupé par des étrangers, que lorsque la Palestine, de la frontière libano-palestinienne à Eilat sur la Mer Rouge, de Haïfa à Jérusalem, de Tel-Aviv à Jéricho et de Naplouse à Gaza, sera complètement libérée, que lorsque tous les Palestiniens et tous ceux réfugiés dans de nombreux pays du monde, reprendront complètement et totalement possession de tous leurs anciens logements, cimetières, terres, biens divers et administrations publiques. Je ne peux m’empêcher, pour terminer ces quelques lignes d’exprimer une fois de plus ma profonde conviction que, dans un ou dix ou cinquante ans, la Palestine sera complètement libérée et complètement débarrassée de ceux qui lui ont fait tellement de mal.
Et si cette conviction s’avérait être une utopie, je préfère mourir avec tout en rêvant.
G.A. / Tunis - août 2006

Comme vous le savez, je viens de loin, d’un petit pays qui a connu tour à tour les occupations, les destructions, les brassages de civilisations, les conversions volontaires ou imposées et les résurrections. Les Berbères, mes ancêtres, ont connu les Phéniciens, les Romains, les Vandales, les Arabes, les Normands, les Turcs et les Français qui ont successivement occupé mon pays et dominé mon peuple, devenus réellement indépendants et souverains il y a seulement un demi-siècle, il y a cinquante ans.
Certains de ces Berbères, mes ancêtres, ont quitté le paganisme pour se convertir à la religion de Moïse et leurs enfants ont su résister aux harcèlements des nouveaux chrétiens puis à ceux des soldats d’Okba Ibn Nafaa. En gardant leurs traditions, coutumes, cuisine, musique, ils ont adopté la langue arabe qui est devenue la langue de tous.
Ainsi la Tunisie est mon pays et le peuple tunisien est mon peuple, mais mes convictions philosophiques ne sont pas celles de ma mère et de mon père. Toutes les femmes et tous les hommes de tous les pays qui sont écrasés par les injustices politiques et sociales développées par leurs gouvernants ou par les occupants étrangers sont mes sœurs et frères et sont assurés de mon entière solidarité.
Pour la libération de mon pays j’ai connu à plusieurs reprises les prisons, les camps de concentration et la déportation des colonialistes français. Et aujourd’hui je viens ici apporter, sans aucune condition préalable, mon complet soutien à l’héroïque, vaillant et martyr peuple palestinien.
C’est avec un tel état d’esprit que je participe à cette manifestation et que je soumets à votre attention quelques modestes réflexions et suggestions que je vous fais parvenir par cet écrit, mes amis médecins s’étant opposés, vu mon âge et mon état de santé, à un voyage Tunis-Beyrouth.
Je vous salue et souhaite plein succès à votre rencontre.
*
Je crois qu’il faut d’abord nous entendre sur la signification de certains mots et de certaines formules qui reviennent souvent et auxquels chaque utilisateur donne une ou des définitions à sa convenance. Il s’agit de « communauté internationale », de « légalité internationale », de « droit international », etc. Ainsi en novembre 1947, la résolution onusienne par laquelle les Palestiniens ont été spoliés et dépouillés, au sens littéral des mots, de leur pays devient entre les mains des deux superpuissances et des sionistes « légalité internationale » et « droit international ». Alors qu’en réalité la Palestine et l’ensemble des Palestiniens ont été victimes, je dis bien victimes, de la « communauté internationale ». Pour les étrangers, venus de multiples pays, du Nord, de l’Ouest et de l’Est lointains, cette résolution serait la réparation de la destruction du Temple, de la prétendue diaspora des enfants de Canaan, des pogromes quotidiens de Russie et de Pologne, de l’effrayant et indiscutable génocide de 20ème siècle dont les victimes et les bourreaux étaient et resteront exclusivement des Européens. Mais pour les Palestiniens cette résolution a été l’acte infâme d’une soi-disant « communauté internationale » dominée par les Etats-Unis d’Amérique qui ont été édifiés, après l’extermination des multiples peuplades qui vivaient paisiblement sur cet immense continent de l’Ouest par des étrangers venus de l’Est très lointain.
Ne croyez surtout pas que je suis pour la destruction de l’ONU. Non, l’ONU doit continuer d’exister, de se développer et de changer en mieux. Elle ne doit pas laisser libres de leurs mouvements ceux qui agressent des pays comme le Chili d’Allende, qui déclarent des guerres comme celle d’Irak sans être approuvés ni suivis par la grande majorité des États qui constituent l’ONU, qui asphyxient des peuples comme le peuple cubain victime d’un blocus, qui bombardent et tuent au napalm comme au Vietnam et qui en 1947 spolient le peuple palestinien.
Certains proposent d’amender la charte de l’ONU. Opérer ainsi ne réduit en rien l’hégémonie et la détermination des gouvernants de Washington. La charte de l’ONU est comme toutes les constitutions d’État. On peut avec une même constitution faire le meilleur et le pire. Car l’application de toute constitution est œuvre politico-humaine. Si on veut, dans le domaine des relations internationales, diminuer et empêcher les actions négatives et nocives il faut que les peuples aient à l’ONU des représentants imbus des valeurs de justice, d’équité, de démocratie et de respect réciproque. Pour cela il faut que les pays, petits et moyens, ne soient plus écrasés par des autocrates et des dictateurs qui doivent leur existence à la protection américaine.
A la « légalité internationale » et au « droit international » des impérialistes il faut opposer les valeurs universelles si bien définies par l’ONU elle-même dans sa charte et ses déclarations, valeurs qui doivent bénéficier à tous les peuples et à tous les pays, sans aucune distinction ni discrimination. Il nous appartient d’expliquer ce qui s’est passé en 1947, les réelles motivations des gouvernants occidentaux et leurs objectifs inavouables, ainsi que de dénoncer la violation et la non-application des dizaines de résolutions du Conseil de Sécurité par l’État sioniste. Motivations et objectifs inavoués qu’a dénoncés avec force, en connaisseur averti, le chef de l’insurrection du ghetto de Varsovie (1943), Marek Edelman, en déclarant solennellement :
« Si Israël a été créé, c’est grâce à un accord entre la Grande-Bretagne, les USA et l’URSS. Pas pour expier les six millions de Juifs assassinés en Europe, mais pour se partager des comptoirs au Moyen-Orient. »
*
Les politologues, et des plus renommés, soutiennent au début de ce troisième millénaire que l’une des armes les plus efficaces et les plus décisives est la propagande ou comme on dit maintenant la communication, c’est-à-dire le travail de convaincre, l’utilisation d’une langue nouvelle avec des démonstrations et des slogans originaux, irréfutables et porteurs. Or dans ce domaine je pense que les responsables palestiniens et arabes semblent avoir un déficit de parole appropriée et productive, capable de convaincre et de conquérir les opinions publiques européenne et américaine si déterminantes dans la situation présente. Les peuples d’Asie, d’Afrique subsaharienne et d’Amérique Latine ne sont pas contre nous, ils nous sont plutôt favorables.
Il nous faut donc déterminer quelques points forts de notre propagande, de notre communication qu’il faudra développer avec clarté, savoir-faire et calme, sans outrance ou verbiage inutile. Permettez-moi de soumettre à votre attention quelques exemples qui me semblent fondamentaux.
Les sionistes sont venus en Palestine en prétendant être les descendants, en ligne directe, du peuple de Canaan. Or ceux qui se réclament de Moïse sont en réalité issus d’anciens peuples et de régions diverses bien déterminées très éloignées de Jérusalem et du Jourdain.
Une multitude d’historiens et de chercheurs éminents ont mené des investigations et élaborer des thèses sur ce sujet. Il faut faire connaître et diffuser leurs œuvres, il faut utiliser leurs arguments.
Ainsi Léon Poliakov qui fut directeur honoraire au CNRS français, a, dans sa principale œuvre « Histoire de l’antisémitisme » (Paris, Calmann-Lévy, 1961), écrit des pages qui peuvent avoir d’importants retentissements et faire réfléchir beaucoup de femmes et d’hommes. Dès le début il règle le compte de la soi-disant « diaspora » :
« …lorsque les Juifs commencèrent à se disperser en nombre à travers le monde – et cette dispersion contrairement à une légende, à la vie terriblement dure, de sorte qu’il faut toujours le rappeler, est bien antérieure à la guerre de Judée et à la destruction du Temple – c’est en Afrique du Nord qu’ils trouvèrent l’accueil le plus favorable » (page 11)
Traitant de la judaïsation du Maghreb berbère, Léon Poliakov écrit par ailleurs :
« …les Juifs d’Afrique du Nord ont eu leurs heures de gloire. Et leur histoire, si peu connue, si dissemblable de ce que fut l’histoire juive partout ailleurs, vaut la peine d’être évoquée. Elle remonte très haut, au temps protohistoriques où les Phéniciens colonisaient “l’Ifrikya” et fondaient la cité de Carthage » (page 10)
« Il est infiniment probable que, dès les temps les plus reculés, des Juifs sont venus s’installer en Afrique du Nord dans le sillage des Phéniciens aménageant le terrain pour la diffusion du judaïsme » (page 11)
« De même d’ailleurs, que le judaïsme se développait dans ces régions par prosélytisme tout autant, sinon plus, que par immigration » (page 11)
« …pour l’essentiel, les Juifs de Tunisie, d’Algérie ou du Maroc sont d’origine entièrement autochtone et descendent d’antiques tribus berbères aux noms sonores : Djeraoua, Fendeloua, Mediouna, Botr, Branès » (page13)
Ces affirmations catégoriques de Léon Poliakov démolissent toutes les théories et toutes les prétentions sionistes qui reposent sur la soi-disant « diaspora » et sur le retour sur la terre des prétendus ancêtres cananéens. De son côté le sociologue et historien Paul Sebag confirme, dans son « Histoire des Juifs de Tunisie » (L’Harmattan, Paris,1991), les thèses de Léon Poliakov. Je vous donne ci-après un extrait de son ouvrage.
« Dans l’Afrique romaine, comme dans les autres provinces de l’Empire romain, il y eut très tôt d’autres Juifs que des Juifs de souche, dont les ancêtres étaient venus de Judée à des dates diverses. Des hommes et des femmes de toutes races et de toutes conditions se sont convertis au judaïsme, qui fit preuve aux premiers siècles de l’ère chrétienne d’une grande force de pénétration ». (page24)
« Ainsi purent être gagnés au judaïsme des éléments de toutes origines, mais surtout des indigènes puniques ou berbères ». (page 25)
« Lors de la conquête arabe de l’Afrique du Nord, une partie des berbères professaient le judaïsme. Dans sa grande « Histoire des Berbères », Ibn Khaldoun nous donne les noms des tribus berbères judaïsées et précise les régions où elles étaient établies, de l’Est à l’Ouest du Maghreb, citant entre autre les Nefoussa au sud de l’Ifriqiya et les Jarâwa dans les montagnes de l’Aurès ». (page35)
Le politologue italien né en Tunisie, Loris Gallico propose d’attribuer aux Berbères judaïsés le titre de « Quatorzième Tribu » comme les Khazars ont été dénommés « treizième tribu » par Arthur Koestler. Ce dernier, écrivain anglo-magyar qui a vécu et travaillé en Palestine avant la décision prise en 1947 par l’ONU, a écrit en 1976 « La treizième tribu » (Calmann-Lévy, Paris 1976) où est relatée l’histoire de ses ancêtres khazars. Voyons ensemble quelques lignes de cet important ouvrage :
« Le pays des kahzars, peuple d’ethnie turque, occupait une position stratégique entre la Caspienne et la Mer Noire sur les grandes voies de passage où se confrontaient les grandes puissances orientales de l’époque. » (page 14)
« Quelques années plus tard, sans doute vers l’an 740, le Roi, sa cour et la classe militaire dirigeante se convertirent au judaïsme, qui devint la religion officielle des Khazars. » (page 15)
« En tout cas, si les sources diffèrent sur quelques points de détail, les grands faits sont indiscutables. Ce qu’on peut discuter en revanche, c’est le sort des Khazars juifs après la destruction de leur royaume au XIIème ou au XIIIème siècle. A ce sujet les sources sont très maigres. Elles mentionnent cependant plusieurs établissements Khazars à la fin du Moyen-âge en Crimée, en Ukraine, en Hongrie, en Pologne et en Lituanie. De renseignements fragmentaires ressort un tableau d’ensemble ; celui d’une migration de tribus et de groupes Khazars dans les contrées d’Europe orientale – Russie et Pologne surtout – où précisément on allait trouver à l’aube des temps modernes les plus fortes concentrations de Juifs. D’où l’hypothèse formulée par plusieurs historiens, selon laquelle une bonne partie sinon la majorité des Juifs d’Europe orientale – et par conséquent, des Juifs du monde entier – seraient d’origine Khazare, et non sémitique. » (page 16)
« Cela voudrait dire que les ancêtres de ces juifs ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase, où l’on a vu le berceau de la race aryenne, génétiquement ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouïgours, aux Magyars, plutôt qu’à la semence d’Abraham, d’Isaac ou de Jacob. S’il en était bien ainsi, le mot « antisémitisme » n’aurait aucun sens il témoignerait d’un malentendu également partagé par les bourreaux et par les victimes. A mesure qu’elle émerge lentement du passé, l’aventure de l’Empire Khazar commence à ressembler à une farce, la plus cruelle que l’Histoire ait perpétrée » (page18)
Loris Gallico dont je viens de parler a publié une longue étude intitulée « Un popolo introvabile » (« Un peuple introuvable ») dans la revue « Prospettive Settanta » (Naples 1984 n°2/3), qui a été reprise dans un recueil d’articles et d’études sous le titre « L’altro mediterraneo tra politica e storia » (« L’autre méditerranée entre politique et histoire », Vecchio Faggio-Chieti, 1989). Je soumets à votre attention cet extrait qui concerne l’origine des Juifs d’Europe centrale et orientale.
« Sur la base des travaux de H.F. Von Kutschera, P.E. Kahle, M. Mieses, A.N. Poliak, D.M. Dunlop et Arthur Koestler, il n’est plus possible de contester le fait que la majeure partie des Juifs de l’Europe centro-orientale ait comme origine la dispersion et le mélange des Khazars avec d’autres populations, dans les bourgs (shtetl) en contact avec le monde agricole, selon les usages modifiés des centres khazars…dans ces nouvelles zones les dialectes khazars furent peu à peu abandonnés et la variété yiddish se forma sur la base du prestige de la culture allemande, laïque ou religieuse. » (page 257)
Le chancelier autrichien Bruno Kreisky a donné le coup de grâce à l’idéologie sioniste en déclarant avec force en 1981 :
« …cette blague du peuple juif est un des grands mensonges de la vie…Parler de peuple juif n’a pas de sens…Sans Hitler, Israël comme pays n’aurait jamais existé… » (Nouvel Observateur, Paris)
Je ne peux terminer avec cet aspect fondamental de notre lutte contre le sionisme spoliateur, sans mentionner l’éminent historien français Marc Ferro qui dans son livre « Les tabous de l’Histoire » (Nil, Paris, 2002), a consacré tout un chapitre sous le titre « Les Juifs sont-ils des sémites ? » pour mettre en pièce toute l’ « architecture » sioniste et balayer toutes les contrevérités de « peuple juif », de « nation juive », de « race juive ».
Il est possible de constituer une énorme anthologie d’ouvrages (essais, études, thèses, histoires) de chercheurs, d’historiens et de politologues qui, comme ceux que je viens de citer, ont invalidé les théories des sionistes, par exemple Alfred M. Lilienthal (Washington), Norton Mezvinsky (Connecticut) et Maxime Rodinson (Paris). Voyez les courageuses positions prises par des centaines de personnalités comme les académiciens Giogio Forti (Milan), Margherita Haag (Trieste), Jean-Pierre Kahane (Paris) ou des intellectuels comme le compositeur islandais Elias Davidsson, l’historienne de l’Art, la suissesse Erica Deuber-Pauli, la professeure de médecine tunisienne Aïcha Hafsia, le philosophe et professeur émérite des Universités françaises Georges Labica, le professeur de physique français Jean-Marc Lévy-Leblond, l’avocat anglais Richard Marre, la musicologue colombienne Inès Muriel, le physicien français Jacques Pommier.
Tous ces académiciens et personnalités, avec des dizaines et dizaines d’autres ont signé la déclaration que j’ai proposée et fait circuler en 1997 et qui avait pour titre « Aujourd’hui les non-sionistes parlent ». J’en extrais quelques lignes :
« Femmes et hommes de nationalités, de religions et d’opinions différentes, nous nous proposons, à l’occasion du centième anniversaire du Congrès Sioniste de Bâle, de proclamer solennellement qu’il n’y a pas de « peuple juif », de « nation juive » ou de « race juive ». »
« …Il n’y a pas les « Juifs », mais des Français, des Polonais, des Russes, des Marocains, des Yéménites, des Ethiopiens, des citoyens des U.S.A. des Japonais de religion hébraïque ou d’origine cultuelle hébraïque. Certains comme les Polonais, les Baltes, les Russes ou les Hongrois sont les descendants des Caucaso-Khazars judaïsés. D’autres comme les Marocains ou les Tunisiens sont les descendants de Berbères judaïsés ou comme les Yéménites sont les descendants d’Arabes judaïsés. »
Si nous cherchons un peu, nous trouverons un très grand nombre de femmes et d’hommes, qui eux aussi dénoncent et condamnent le sionisme ou qui n’ont rien à voir avec lui. On les trouvera dans tous les pays, ils sont de toutes les confessions religieuses et de toutes les convictions politiques et philosophiques, car la lutte antisioniste ne doit pas être et n’est pas une affaire judéo-juive, ni judéo-palestinienne ou judéo-arabe. La lutte contre le sionisme doit se développer dans chaque peuple et à l’intérieur de chaque peuple.
*
Après avoir cherché une terre qu’on dit « promise » entre l’Ouganda et l’Argentine, Théodor Herzl a jeté son dévolu sur la Palestine, l’ancienne Canaan des Rois David et Salomon. Et pour convaincre les grandes puissances occidentales, il lance le 14 février 1897, à la veille du 20ème siècle, son livre « L’Etat des Juifs ». Son outrecuidance l’amène à déclarer :
« Pour l’Europe nous constituerons là-bas (en Palestine évidemment) un morceau du rempart contre l’Asie, nous serons la sentinelle avancée de la civilisation contre la barbarie ».
Ainsi apparaît dès le départ sa palestinophobie et son arabophobie que les sionistes ont cultivées, développées et amplifiées.
Mais en réalité la barbarie se trouvait bien loin des bords du Jourdain. Elle se trouvait dans la Russie de Pouchkine et de Tolstoï, dans la Pologne de Chopin où les pogromes étaient quotidiens ; au milieu du siècle dernier, on la trouve au cœur de l’Europe dans l’Allemagne de Gœthe et de Beethoven avec les terribles camps de la mort, les chambres à gaz et les fours crématoires où ont été exterminés pendant douze années 1933-1945, par des gouvernants européens (je dis bien européens), plus de cinq millions de Polonais, de Russes, d’Allemands, de Français, de Hongrois, etc., eux aussi tous Européens (je dis biens tous Européens) de religions hébraïque et chrétiennes de toutes obédiences.
Nous devons interdire aux sionistes l’utilisation illicite de l’extermination et, disons le mot, du génocide de millions d’hommes, de femmes et d’enfants de religions hébraïque et chrétiennes, ce génocide restant, sans aucun doute, une affaire authentiquement euro-européenne.
Nous devons dire aux étrangers qui sont venus, il y a un peu plus d’un demi-siècle, occuper la Palestine, une terre qui ne leur appartient pas, ainsi qu’aux opinions publiques européenne et américaine que les auteurs de tous ces crimes sont les gouvernants européens, Hitler, Mussolini, Pétain, etc. Il faut rappeler que les survivants de cette apocalypse et leurs descendants ont des droits inaliénables et imprescriptibles. Ils ont d’abord le droit au retour en Europe natale. Ils ont droit au rétablissement et au dédommagement sur leurs terres natales et dans leurs maisons natales. Ils ont le droit de reprendre possession des cimetières où sont enterrés leurs grands-parents, leurs mères, leurs pères. Voilà les réparations minimums que méritent les victimes du racisme et de la xénophobie. C’est d’ailleurs ce que font actuellement beaucoup d’Allemands qui quittent la Palestine occupée pour se réinstaller à Berlin ou à Francfort.
Il faut aussi rappeler sans relâche qu’on n’a jamais vu un Palestinien ou un Arabe pousser un homme de religion hébraïque ou d’origine cultuelle hébraïque dans un four crématoire ou une chambre à gaz. Comme il faut toujours rappeler qu’en 1941, en pleine tourmente, un Roi arabe, celui du Maroc, Mohamed V, dont le pays était occupé par l’armée colonialiste française, a, avec courage, refusé d’obtempérer à l’ordre du gouvernement français d’appliquer dans son pays les lois discriminatoires antijuives en criant au Général Charles Noguès : « Ne touchez pas à mes Juifs ».
Il nous faut, sans aucune gêne ni interdit, parler du génocide qui a bouleversé l’Europe dont aucun pays ni aucun peuple n’a été épargné.
Le jour où nous enlèverons ce génocide des mains des sionistes – qui en font un monopole et un fonds de commerce – pour le faire entrer dans le patrimoine de l’Humanité toute entière, le peuple palestinien remportera une très grande victoire.
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Nombreux sont ceux qui commentent, qui dissertent, qui analysent, qui parlent de négociations, de processus, d’armistices, d’accords et de paix des braves.
C’est vrai que tous les conflits et toutes les guerres – même les plus meurtriers – se sont terminés par la paix. Mais il est vrai aussi qu’il y a plusieurs sortes de paix. Il y a les paix avec annexions partielles et pertes de territoires ou d’autres avec concessions de zones ou avec une souveraineté tronquée et/ou limitée. En fait dans toutes ces éventualités et d’innombrables autres il s’agira de paix bâtarde, de paix vide de sens, de paix non durable ni viable, car tout peuple ne peut vivre que libre, complètement et pleinement libre sans aucune restriction ni amputation.
C’est le cas du peuple palestinien présentement qui a raison de ne pas accepter conditions et limitations à sa libération qu’il veut complète, totale et définitive.
La paix des braves n’a été possible que lorsque la France a été, jusqu’au dernier centimètre carré, libérée de l’occupation germano-nazie en 1945.
La paix des braves n’a été possible que lorsque l’Algérie a été complètement et totalement libérée en 1962 après 132 ans d’occupation et de domination colonialistes françaises.
La paix des braves n’a été possible en Tunisie que lorsque la France a reconnu en 1956 l’indépendance de la Tunisie après une dure présence de 75 ans.
La paix des braves ne s’est imposée en Afrique du Sud que lorsque le pouvoir blanc a cédé la place à une « structure » politique originale symbolisée par un gouvernement présidé par l’illustre homme d’État africain Nelson Mandela qui avait passé 25 ans dans les prisons de l’apartheid.
Ainsi en Palestine la vraie paix ne sera possible qu’après le rétablissement du peuple palestinien dans tous ses droits et le retour de tous les réfugiés.
58 ans de domination étrangère, 58 ans de mort, de prison, de faim, de privations, c’est dur, c’est très dur. Mais un fait est certain : les Palestiniens, tous les Palestiniens ne sont pas atteints de pessimisme, ne sont pas essoufflés, n’ont pas perdu espoir. Ça c’est l’amour de la patrie, c’est la fidélité aux anciens et le devoir vis-à-vis des descendants, c’est l’héroïsme au quotidien. Ils ne le font pas par obéissance ou par dévotion pour un chef ou un zaïm.
Les Palestiniens ont une arme formidable d’une performance inégalable : le regard du dominé, du spolié. Je crois que, sur la terre palestinienne, les sionistes ne craignent plus beaucoup les engins explosifs ou les tirs de roquettes. Par contre ils craignent de plus en plus les regards qui les entourent de toutes parts, qui les poursuivent, qui les encerclent, les étouffent et les asphyxient. Ces regards les font continuellement trembler. Ils dorment entourés des regards des opprimés qui n’aspirent avec raison qu’à la libération de leur pays.
Le temps passant les Palestiniens restent comme de juste, préoccupés de savoir quand arrivera le jour tant attendu de cette libération. Je crois avec une profonde conviction que cette libération arrivera parce que rien de durable ne peut se construire sur l’injustice, et l’occupation de la Palestine par des étrangers est l’injustice des injustices.
Vous savez qu’en 1657 des Hollandais ont institué en Afrique du Sud un pouvoir blanc ségrégationniste et esclavagiste placé sous la direction de Van Riebaeck. Cette occupation et cette domination ont duré plus de 330 ans, presque trois siècles et demie. Et maintenant ce pays est libéré. Il est libre et son peuple vit en pleine démocratie.
Voyons maintenant un autre pays, européen celui-ci. Entre 1772 et 1945, presque deux siècles, la Pologne a été partagée cinq fois entre ses voisins, en 1772, 1773, 1795, 1815 et 1939. ses frontières n’ont jamais été fixes ni stables et son étendue a été souvent modifiée. Mais cette Pologne a eu cinq résurrections avec à chaque fois des superficies et des frontières différentes. Ainsi la Pologne n’a jamais été effacée de la carte de l’Europe et les Polonais existent toujours sur leur sol national retrouvé.
Cette totale libération de la Palestine pourra s’imposer dans les prochaines années, comme dans cinquante ou cent ans. Mais elle se réalisera incontestablement.
Le peuple palestinien, par son unité, sa détermination, son courage et son endurance, saura lui aussi imposer aux étrangers spoliateurs venus de très loin, la vraie et complète paix des braves. Il saura trouver alors les formules inédites et spécifiques pour construire une Palestine nouvelle faite de démocratie, de progrès, d’équité, de justice sociale, de modernité, de transparence et d’éthique politique. Il saura faire de sa Palestine complètement reconquise un exemple – et pourquoi pas un modèle – pour tous les peuples de la région toujours soumis à des dirigeants et des gouvernants qui ne se maintiennent que par l’écrasement de la démocratie, l’étouffement des libertés, les tortures, les prisons, le parentélisme, les élections truquées, la corruption, la délation, le pouvoir exorbitant de la police et, ne l’oublions pas, par le soutien et la protection des grandes puissances et surtout des Etats Unis.
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Lorsque l’on traite de l’occupation sioniste de la Palestine on est tout naturellement obligé de parler des origines des adeptes de la religion hébraïque. Les Maghrébins qui ont opté pour ce culte sont des Berbères judaïsés. Tandis que dans les siècles qui ont précédé l’Islam, les habitants de Médine, de Sanaa et d’Aden qui pratiquaient la religion de Moïse étaient des Arabes judaïsés. Mais la majorité des Européens qui pratiquaient la religion hébraïque était originaire du Royaume caucasien des Khazars. On trouve aussi la religion des Rois David et Salomon chez les Japonais, les Indonésiens, les Falachas et les Peuls d’Afrique et chez d’autres peuples. Il faut consulter le volumineux livre de plus de 500 pages de Maurice Fishberg « Les Juifs » (1911), vous y trouverez plus de 150 photos de Juifs de plusieurs pays et de plusieurs types.
Tout ce « monde » est, pour les sionistes et leurs amis, le « peuple juif », un peuple « pur et dur » d’appellation « contrôlée et garantie », que l’Italien Loris Gallico a surnommé, avec juste raison, « introuvable » qui n’a rien à voir avec la définition donnée par l’historien et ambassadeur sioniste Elie Barnavi qui a prétendu faire des Berbères, Arabes, Khazars, Africains, Japonais et Indonésiens un « vieux peuple » qui :
« décide de se muer en nation moderne…et de rentrer chez lui, bouclant ainsi un cycle historique dont les origines se perdent dans la nuit des temps. » (Le Monde 10/9/93)
Il y a de quoi réduire en poussière l’ « autolégitimité » des sionistes. Il y a de quoi convaincre l’opinion publique euro-américaine que personne n’a le droit de parler d’un « peuple juif » imaginaire, légendaire et mythique. Les travaux et les conclusions des chercheurs démentent cette énorme falsification.
Mais il y a plus. De nombreux citoyens de différents pays de religion hébraïque ou d’origine cultuelle hébraïque ont dirigé leur pays. Les sionistes prétendent-ils que ces hommes d’État étaient et restent d’abord et avant tout des Juifs, c’est-à-dire que s’ils étaient encore vivants ils auraient fait allégeance à l’État hébreu installé par la force et l’injustice sur la terre palestinienne. Citons quelques-uns :
La Grande Bretagne a eu pendant huit ans, entre 1867 et 1880, Benjamin Disraëli comme Premier ministre.
Luigi Luzzati a été deux fois chef du gouvernement italien avant l’entrée de son pays dans la guerre 1914-1918.
La France a eu comme Premiers ministres Léon Blum en 1936 et en 1946 et Pierre Mendès-France en 1954.
Après la deuxième guerre mondiale, Bruno Kreisky a été, pendant de longues années, chancelier d’Autriche.
Après la défaite des fascistes italiens, Maurizio Valensi a été maire de Naples, la grande métropole italienne.
Avec ces exemples comment peut-on prétendre à l’existence d’un « peuple juif » ? Tous ces hommes étaient comme de juste, attachés à leur pays respectif. Ils étaient seulement anglais, italiens, français, autrichien.
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Je crois utile de soumettre à votre attention l’affirmation d’un des théoriciens du sionisme, Ruffin, qui écrivait en 1920 que :
« Le déclin de l’antisémitisme aurait pour conséquence le déclin du sionisme, l’antisémitisme est le meilleur agitateur en faveur du sionisme » (« Les Juifs du temps présent »)
Ainsi les sionistes ont eu toujours besoin du racisme pour développer leur action.
Tandis qu’un intellectuel français qui a toujours défendu les causes justes, Philippe Daumas, maître de conférences à l’Université de Montpellier III, m’écrivait en juillet 1997, une lettre dont je vous donne ci-après un extrait dont la pertinence est certaine :
« L’idéologie sioniste est basée sur trois postulats :
1. Tous les Juifs du monde constituent un «peuple» au sens politique du terme,
2. Ce «peuple» a toujours et partout été persécuté,
3. Ce «peuple» a donc besoin d’un Etat.
Or, pour moi, ces trois assertions sont fausses :
1. Les Juifs ne constituent pas un «peuple» au sens politique du terme. Au contraire, ils appartiennent aux différents peuples au milieu desquels ils vivent. Les Juifs français appartiennent au même titre que moi au peuple français.
2. les Juifs ont connu au cours de l’histoire des persécutions épouvantables qui ont culminé avec la tentative de génocide des nazis. Mais il est faux de dire qu’ils ont été toujours et partout persécutés. Je n’en prendrais qu’un seul exemple : quand les papes résidaient en Avignon, ils ont pris les Juifs du Comtat Venaissin sous leur protection et ils n’ont pas été persécutés.
3. Je ne vois pas où est la logique qui consiste à dire que parce qu’ils sont persécutés, ils ont nécessairement besoin d’un État, sauf à postuler que la seule réponse à la persécution est la création d’un État ».
De telles positions peuvent, avec beaucoup d’autres, servir d’arguments pour démolir l’action sioniste et pour éclairer les diverses opinions publiques.
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Pour terminer je veux assurer une fois de plus mes frères palestiniens de tout mon soutien. Nous pouvons avoir des démarches, des analyses, des appréciations et des positions qui ne concordent pas avec celles des Palestiniens, mais nous serons toujours à leurs côtés. De toute façon pour moi, le dernier mot comme la décision ultime appartiennent aux Palestiniens et à eux seuls, oui je dis bien à eux seuls, qui n’ont pas besoin de conseils, ni de conseillers. Nous, les non-Palestiniens devons leur apporter exclusivement, et sans relâche, notre encouragement, notre assistance, notre aide, notre appui et notre solidarité qui sont et resteront entiers. Nous, les non-Palestiniens, nous devons nous opposer de toutes nos forces à toute normalisation de nos relations avec l’Etat sioniste et empêcher que le drapeau de cet Etat spoliateur flotte dans le ciel de nos capitales.

25/07/06 - 1 contre 9600


par Xavière Jardez, AFI-Flash n°61, 23 juillet 2006. Spécial Palestine-Liban. Source : gilmun@club-internet.fr


1 soldat israélien, prisonnier de guerre par nature et non otage, contre 9600 prisonniers palestiniens dans les goulags d'Israël, dont 95 femmes et 313 enfants, certains ayant moins de 18 ans,- nombre d'entre eux n'ayant jamais été jugés après avoir été capturés chez eux- : tel était l'enjeu de l'échange demandé par le Hamas, après l'attaque du point de contrôle de Karem Salem dans le sud de la bande de Gaza, qui a servi à Israël de prétexte au déluge de feu et de sang et à l'enlèvement incroyable de 64 parlementaires du Hamas.

Alors que le Hamas a, depuis 18 mois, respecté un cessez-le-feu, et n'a causé que 18 morts sur la zone nord d'Israël depuis 1999, l'Etat juif n'a cessé ses violences, sa campagne de terreur contre les Palestiniens. A quoi sert de citer des chiffres de Palestiniens tués ou blessés ? Sont-ils 4760 tués, 50 000 blessés ? Plus ? Moins ? Dès que l'on a posé un bilan, dix, vingt, trente viennent tristement s'ajouter dans les quelques minutes qui suivent. Par ailleurs, sachant que l'armée israélienne, selon le New York Times, arrête de 10 à 30 personnes par nuit, on peut effectivement évaluer le nombre de prisonniers. Et, si l'on ramène ces emprisonnements au sein d'une petite population à celle des Etats-Unis, on arrive à 63 000 000 de personnes arrêtés depuis 1967 !!! (pas d'erreur dans les zéros). Saddam Hussein n'aurait pas pu faire mieux.

Le Mur de l'apartheid
Mais, il y a plus. Pilonner ne suffit pas ; il faut affamer et pour cela détruire, détruire. Maisons, plus de 71 470, 645 bâtiments publics, 316 écoles. Au cours de leurs « opérations » ou « incursions » selon la terminologie de la presse occidentale, et ce, avant la présente réoccupation de Gaza, l'armée israélienne avait assiégé villes et villages plus de 60 fois, et imposé un couvre-feu sur plus de 10 villes (Jenine, Naplouse, Tulkarem, Qalqilyia), personne ne pouvant ni y entrer ni en sortir. L'armée israélienne peut d'ailleurs compter sur le soutien sans faille des « colons », qui « déversent leur haine sur les propriétaires légitimes de ces terres dans une orgie de destruction, attaquant Hebron ainsi que d'autres villages, y mettant le feu et bulldozant 32 commerces, 12 serres, empoisonnant six puits et déracinant 600 oliviers, qui s'ajoutent aux 1 355 290 déjà détruits, (ce sur une surface de l'île de Rhodes) ». Plus de 76 867 dunums ont été, au cours des cinq dernières années, « confisqués » (volés par décret gouvernemental) ou simplement saisis par les colons, pour la construction du Mur de l'apartheid ou pour l'expansion des colonies en violation de tous les accords qu'Israël a pu signer, ce qui n'a rien d'étonnant. Six pour cent de la Palestine Historique restent pour les Palestiniens alors qu'un demi million de colonies sauvages s'est approprié la terre de 16 195 fermiers.

L'absence de liberté de circulation, d'accès aux soins médicaux, à l'école et aux ambulances, les obstacles dressés aux mouvements des candidats aux dernières élections aux 750 points de contrôle israéliens, aux heures interminables d'attente, illustrent à merveille la nature démocratique de l'Etat juif, faite d'arrogance impériale, de conscience de sa supériorité raciale et son droit à détruire ou à humilier des êtres plus faibles. Amnesty International dans son dernier rapport confirmait que « le blocus militaire et les restrictions imposées à la circulation des Palestiniens a conduit à un haut niveau de chômage (67%) et à la pauvreté ». Pire, entre 2000 et 2004 plus de 60 femmes palestiniennes ont donné naissance à des points de contrôle israéliens selon l'Organisation Mondiale de la Santé, 36 bébés sont morts, en conséquence.

Renforcer l'occupation
Quiconque s'est ainsi rendu en Palestine s'accorde pour dire que l'occupation israélienne est la véritable cause de la pauvreté actuelle de ce pays. Or, de 1993 à 2003, la Palestine occupée a reçu un montant d'aide internationale de l'ordre de 6 milliards de dollars. La moitié de ces fonds fut versée après la première Intifada, consécutive à la provocation d'Ariel Sharon en visite sur le Haram Al Sharif (Promenade des Mosquées), à la fin de septembre 2000 et affectée non plus à des projets de développement mais à des opérations d'urgence. Qu'on se rappelle les destructions causées alors par les bombardements israéliens lors de représailles massives. Dix sept infrastructures, financées par le contribuable européen, d'un montant total de 17,29 millions d'euros furent réduites à néant dont l'aéroport international de Gaza à Rafah, les camps de la police civile de Gaza, l'Hôtel intercontinental de Bethléem, le laboratoire médico-légal, le port de Gaza, le bureau central de statistiques, le tout à l'égout à al Bireh, les systèmes d'irrigation à Jéricho, les infrastructures municipales à Qalqilya, etc L'Europe n'eut pas le courage de réclamer à son chouchou tyrannique, Israël, le remboursement des dommages infligés aux équipements et laissa filer pour ne pas avoir à remettre l'argent à l'Autorité Palestinienne et à Arafat, grand « terroriste » au même titre que les membres du gouvernement élu du Hamas. Selon certains experts, cette aide internationale ne fait que « que renforcer l'occupation israélienne » et perpétuer la pauvreté des Palestiniens.

Transfert des populations palestiniennes
Une rétrospective des méfaits d'Israël, même imparfaite, s'avère nécessaire pour démonter la propagande israélienne, et occidentale. La capture du soldat Shalit n'a rien à voir avec l'invasion et le carnage commis d'abord à Gaza, puis au Liban. Elle n'est qu'un prétexte (les chars israéliens entouraient Gaza avant la capture du soldat) à une plus large opération de nettoyage ethnique et de confiscation de terres, permettant à Israël de réaliser ses ambitions territoriales. Nous en voulons pour preuve ce que déclarait Ariel Sharon à l'AFP en 1998 comme l'ont fait ceux qui l'ont précédé depuis 1948 : « Il est du devoir des dirigeants israéliens d'expliquer à l'opinion publique..un certain nombre de faits oubliés avec le temps. il n'existe pas de sionisme, de colonisation, ou d'Etat juif sans l'éviction des Arabes et l'expropriation de leurs terres ».

L'ampleur de l'offensive « Pluie d'été » suggère que les plans ont été mis sur pied depuis longtemps et que leurs objectifs visent plus loin encore. En est-on au début du transfert des populations palestiniennes ? La destruction délibérée des centrales électriques, de la distribution d'eau, des ponts, et autre infrastructure vitale, ainsi que l'interruption des circuits d'alimentation, des ressources financières (Israël retient 950 millions de dollars de taxes appartenant à l'Autorité Palestinienne) et des médicaments (certains disent que l'arme performante d'Israël s'appelle Plavix, Poside ou Atropine) indiquent qu'Israël resserre l'étau autour des Palestiniens pour les forcer à partir comme en 1948 ou en 1967. Réduire les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie à la misère est pour Israël la méthode pour résoudre le problème démographique auquel il est confronté. La croissance de la population juive dans le monde avoisine le taux 0% et 37% de celle-ci vit actuellement en Israël. A moins que certaines mesures n' y soient prises pour accroître encore la natalité, les juifs qui constituent 78% du total de la population israélienne ne dépasseront pas les 73 à 76% en 2020, et les 65 à 69% en 2050 selon les chiffres de l'Agence Juive qui s'attend à une diminution du nombre de juifs dans le monde pour atteindre seulement 12 millions vers le milieu du XXIe siècle.

Ainsi pilonné, affamé, privé d'avenir politique par la mise au ban de ses élus, enfermé et surveillé dans cette grande prison qu'est Gaza, le peuple palestinien épouse la comparaison avec le sort réservé aux juifs du ghetto de Varsovie. Les Occidentaux, comme les Arabes suiveurs, l'ont abandonné comme furent abandonnés par complaisance, par lâcheté, par complicité, les républicains espagnols en 1936.

La légitimité du Hezbollah
Puis Israël se tourna vers le Liban comme en 1982, lors de la capture d'un de ses soldats. Or, en 1982, en 1979, 1968, lors des invasions sionistes, le Hezbollah n'existait pas !! Alors L'énumération jour après jour, des destructions au Liban par l'entité sioniste, sa politique de la terre brûlée donne la chair de poule et évoque le spectre de ces chefs mongols, Attila, Houlagou, Tamerlan etc qui dévastèrent tout sur leur passage. Israël est en fait le bras armé de la France, de la Grande Bretagne, des Etats-Unis en premier lieu. Il accomplit le travail que ces derniers, en raison d'invisibles principes, ne peuvent se permettre : depuis la résolution du Conseil de Sécurité 1559 de 2004 leur objectif est de démanteler le Hezbollah pour le remplacer soit par une armée faible, soit par des supplétifs israéliens déguisés en Libanais, l'armée du sud-Liban entre autres.

Il faut donc, comme à Gaza, détruire et TUER et pire qu'à Gaza, car l'adversaire a eu, lui, le temps de se constituer une structure militaire, politique et sociale. Il faut donc disperser cette base politique qui participe de la légitimité du Hezbollah. Il faut faire fuir la population, en majorité chiite, du sud-Liban, en faire un no man's land. Et c'est pourquoi il n'y a pas de crise humanitaire résultant d'une catastrophe mais un plan bien précis de dévastation qui a reçu le feu vert des Etats-Unis et des autres. Et ni la Syrie, ni l'Iran ne sont les vrais fauteurs de troubles.

Pour apprécier ce qui se passe dans la région , Irak, Palestine, Liban, les événements doivent être pris dans une suite logique, non les uns après les autres comme le martèlent nos cher médias, pour comprendre qu'Israël poursuit deux buts aujourd'hui : s'approprier les eaux du Litani car l'accord entre Israël et la Turquie pour la fourniture par cette dernière de 50 millions de m3 d'eau est en voie d'expiration et déstabiliser le Liban en y déclenchant à nouveau une guerre civile pour le réduire à des communautés confessionnelles sur le modèle israélien, endogame et ethnique, et y installer un protectorat israélo-américain de type jordanien.

A quand la Syrie ? C'est la question que tous se posent et à laquelle travaillent les Occidentaux qui ont déjà réussi à faire partir la Syrie du Liban pour laisser le champ libre à Israël.

S'il devait en être ainsi, les deux lignes bleues du drapeau sioniste représentant le Nil et l'Euphrate auraient pris vie.

Source:
Anne Gwynne, Living in Terror, Al Ahram, 2-8 février 2006


L'agression israélienne au Liban ­ juillet 2006
Photos de guerre publiées par le quotidien libanais As-Safir
http://www.assafir.com/iso/israeli-aggression/regions/


25/07/06 - Les Vrais Israël


par Mondher Sfar, Paris, 8 octobre 2000 (texte modifié en juillet 2006). Courriel de l'auteur : mondher.sfar@club-internet.fr


Les Palestiniens vivent à nouveau les affres de la guerre, d'une guerre coloniale avec ses crimes les plus horribles et les plus révoltants. Ce qui vient de se produire en Palestine n'est qu'un épisode de plus de la longue série d'épreuves et de sang qui n'a cessé d'arroser le sol de Palestine depuis des dizaines d'années avant la création de l'État colonial d'Israël.

Israël n'a aucune autre justification que militaire et de domination régionale. Les Sionistes ont vainement cherché à justifier cette colonisation par le statut particulier des juifs dans le monde et leur soi-disant persécution dans le monde, ou même par leur nostalgie des temps bibliques. Ce sont là des prétextes fallacieux et trompeurs. Ces arguments ne sauraient prouver la bonne foi de ces colonisateurs, car les Arabes n'ont jamais refusé l'accueil des juifs quand ils ont été persécutés, notamment en Europe au XV° siècle. Mais entre venir s'installer en terre arabe de façon pacifique, c'est une chose, et venir s'y installer par les armes, en assassinant ses habitants, les déportant, et en y substituant une entité étatique pour mieux effacer le souvenir de ce peuple, c'en est une autre, et cette chose s'appelle un crime contre l'humanité punissable par des juridictions internationales appropriées.

Cessons de dénoncer la normalisation avec Israël sans demander la fin de la colonisation de toute la terre de la Palestine. Cessons de nous plaindre auprès de l'Amérique, de l'Europe, comme si elles étaient des parties neutres vis-à-vis d'Israël. Bien au contraire, cessons de nous en prendre à cette entité leurre qu'est Israël comme si elle avait une existence indépendante et autonome. Désignons comme vrais coupables les grandes puissances impérialistes qui l'ont créé de toutes pièces en novembre 1947, qui l'arment, la financent et la soutiennent. Car toute aide, tout armement fourni à Israël est un acte d'hostilité contre les Palestiniens, contre les Arabes qui en subissent les conséquences, et contre l'humanité qui par son silence se rend complice du crime.

Occupons nous de ceux qui arment le bras du criminel, et moins des exécutants. Ce sont eux les vrais Israël qui nous assassinent, qui nous oppriment et qui nous terrorisent sous couvert d'un leurre qu'ils ont installé en terre de Palestine.

Demandons à nos politiciens Américains et Européens des comptes sur les armes qu'ils ont déversées et qu'ils continuent de déverser en terre de Palestine en notre nom pour mieux asservir les Arabes, les Musulmans et en fin de compte l'humanité entière. Tous les crimes et toutes les agressions « israéliennes » ne sont avant tout que le fait des impérialistes qui agissent derrière les rideaux israéliens. Ce sont ces impérialistes qui sont les véritables criminels. Dénonçons-les en tant qu'agresseurs contre l'humanité et en notre nom !

Démasquons-les ! Dénonçons ceux qui ont voté la résolution des Nations Unies de 29 novembre 1947 sur le soit-disant partage' de la Palestine : les Etats-Unis et l'Etat français en tête. Ce sont eux qui se cachent derrière l'entité criminelle en Palestine. Tout crime commis en Israël est un crime commis par les Etats-Unis et la France et tous ceux qui soutiennent l'Etat-leurre.

Exigeons des représentants des grandes puissances qu'ils cessent toute aide et tout financement aux agresseurs et persécuteurs israéliens', et déclarons-les les VRAIS AGRESSEURS. Dénonçons leurs liens avec les bourreaux, mercenaires à leur solde.

Demandons le démantèlement des armes atomiques, chimiques et bactériologiques que l'Occident a installées sur la terre de Palestine pour terroriser l'humanité entière. Organisons une résistance commune contre ces Etats colonisateurs, jusqu'à l'évacuation totale des troupes étrangères de la terre de Palestine et la libération des peuples arabes d'une oppression qui dure depuis 1948.

La libération de la Palestine et du monde arabe des hordes barbares impérialistes est aussi la libération de tous les peuples de la terre de leurs oppresseurs !

 

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