13/09/06 - Le Vatican critique
les sionistes chrétiens
par Matthew Tostevin, (avec la collaboration
de Tom Heneghan, à Paris, et de Mike Conlon, à
Chicago), The Washington Post, 31 août 2006
Source : http://www.uruknet.info/?p=26305
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft
: elle est libre de reproduction, à condition d'en
respecter l'intégrité et d'en mentionner sources
et auteurs.
Jérusalem (Reuters) - L’envoyé du Vatican
en Terre sainte et les archevêques de trois autres églises
ont lancé une attaque conjointe (suffisamment rare
pour devoir être signalée) contre le mouvement
sioniste chrétien, en l’accusant notamment de
« promouvoir l’exclusivisme raciste et la guerre
perpétuelle. »
Les sionistes chrétiens représentent une part
croissante du lobby pro-israélien USA, le principal
allié de l’Etat juif. Ils sont persuadés
que le retour [sic] des juifs en Terre sainte et la création
de l’État d’Israël seraient des preuves
des promesses faites par Dieu aux patriarches de la Bible.
Les Églises du Moyen-Orient apparaissent souvent comme
plutôt proches des Palestiniens, dont la minorité
chrétienne constitue une part substantielle de leur
clergé dans cette région du monde.
La « Déclaration de Jérusalem sur le
sionisme chrétien » a été signée
par le patriarche latin catholique Michel Sabbah (un Palestinien)
et par des évêques des Eglises épiscopalienne,
luthérienne évangélique et syrienne orthodoxe
de Jérusalem.
La plupart des sionistes chrétiens sont des protestants
évangéliques, et cette déclaration est
le signe d’une conflictualité croissante entre
ces obédiences opposées.
« L’agenda sioniste chrétien campe une
vision du monde dans laquelle l’Évangile est
identifié à l’idéologie impériale,
au colonialisme et au militarisme », affirme la déclaration,
qui accuse les sionistes chrétiens de porter atteinte
aux fragiles espoirs de paix au Moyen-Orient.
« Nous rejetons les enseignements du sionisme chrétien,
qui facilitent et soutiennent cette politique, en mettant
en avant l’exclusivisme racial et la guerre perpétuelle
», ajoute cette déclaration.
Les trois principales organisations sionistes chrétiennes
de Jérusalem ont répliqué, dans un communiqué,
qu’elles étaient inquiètes du «
ton alarmiste » de la déclaration, qu’elles
ont jugé très éloignée de la «
Vérité ».
Les sionistes chrétiens insistent sur les racines
juives du christianisme. Certains parmi eux soutiennent le
mouvement de colonisation de la Cisjordanie, berceau de la
civilisation juive [resic], que les Palestiniens revendiquent
pour y établir une partie de leur État indépendant.
Alarmisme
« Nous prions pour la paix. Mais nous notons, à
notre grand regret, que le gouvernement palestinien actuel
est entièrement voué à la destruction
d’Israël », ont déclaré les
sionistes chrétiens dans leur communiqué, faisant
allusion au Hamas, une formation islamiste actuellement au
gouvernement.
La perspective de pourparlers de paix, au Moyen-Orient, n’a
jamais été aussi improbable que depuis la victoire
du Hamas aux élections législatives du mois
de janvier de cette année. Cette formation est [en
effet] formellement vouée à la destruction d’Israël.
« Le problème, dans cette région du monde,
n’est pas aussi simple que la Déclaration de
Jérusalem veut bien le suggérer », poursuit
le communiqué des sionistes chrétiens.
Certains sionistes chrétiens sont persuadés
que le retour [sic série bis] des juifs en Terre sainte
entraînera la fin du monde et la seconde levée
de Jésus Christ. Certains pensent aussi que les juifs
eux-mêmes devront soit se convertir au christianisme,
soit crever.
Les organisations sionistes chrétiennes de Jérusalem
ont indiqué n’avoir aucune « aspiration
à l’Armageddon », et ne pas fonder leur
position théologique sur une « prophétie
de fin des temps. » Elles ont appelé au dialogue
avec les religieux [signataires de la Déclaration de
Jérusalem], en passant outre cette déclaration
qui les condamne.
Le sionisme chrétien est particulièrement puissant
aux USA, où le soutien à Israël, dans ses
conflits [permanents, NDT] (avec les Palestiniens, ou lors
de sa dernière guerre, contre les guérilleros
du Hezbollah, au Liban) est bien plus appuyé qu’en
Europe ou dans les autres parties du monde [« non civilisé
», ndt].
James Rudin, premier conseiller en matières de relations
inter-religieuses auprès du Comité juif américain
[AJC – American Jewish Committee] sis à New York,
a déclaré qu’il y a « des millions
et des millions de chrétiens américains »
qui soutiennent Israël, mais qui ne se considèrent
pas eux-mêmes comme sionistes. [Des milliers de chrétiens
américains, dénommés Jourdain, faisant
du sionisme sans s’en rendre compte, en quelque sorte…
NDT].
Il a ajouté que [ces « chrétiens »]
représentent un noyau de soutien à Israël
beaucoup plus important encore que celui des personnes fondant
sur la Bible leur soutien à Israël. [Eh bien,
tant mieux : Israël risque d’en avoir bien besoin
!… NDT]
12/09/06 - Accord sur un gouvernement
palestinien d'union nationale
Le président palestinien Mahmoud Abbas et le mouvement
islamiste Hamas sont convenus lundi de former un gouvernement
d'union nationale qui pourrait mettre fin à des mois
de crise politico-financière et ouvrir la voie à
une reprise des aides occidentales indispensables.
M. Abbas doit dissoudre le gouvernement dans les prochaines
48 heures et
charger l'actuel Premier ministre issu du Hamas, Ismaïl
Haniyeh, 43 ans, de
former en principe cette semaine un cabinet d'union nationale,
au sein
duquel cohabiteront le Hamas, vainqueur des dernières
législatives, et le
Fatah, le parti de M. Abbas.
"Nous annonçons à notre peuple cette bonne
nouvelle: nous avons achevé la
définition du programme politique du gouvernement d'union
nationale, fondé
sur le +document d'entente nationale+", signé
en juin par les groupes
palestiniens, a indiqué M. Abbas après une nouvelle
rencontre à Gaza avec M.
Haniyeh.
"Dans les tout prochains jours, nous commencerons à
former ce nouveau
gouvernement et nous appelons notre peuple à soutenir
nos efforts", a-t-il
ajouté.
M. Haniyeh a confirmé être parvenu à
un compromis avec M. Abbas après des
semaines de tractations, soulignant qu'il était le
résultat d'une "volonté
honnête de renforcer l'unité nationale et de
protéger les droits"
palestiniens.
Le "document d'entente nationale" prévoit
de "concentrer" les attaques
anti-israéliennes dans les territoires de Cisjordanie
et de Gaza occupés
depuis 1967 et la création d'un Etat sur ces terres,
ce qui constitue une
reconnaissance implicite du droit d'Israël à l'existence.
Mais le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a affirmé
que l'acceptation
de ce document par son mouvement ne constituait pas une reconnaissance
de
l'Etat juif.
M. Abbas a appelé dans la foulée les fonctionnaires
à cesser leur grève
observée depuis neuf jours pour réclamer les
salaires impayés depuis
février, le gouvernement Hamas installé en mars
étant en état de cessation
de paiement en raison de la suspension des aides internationales
et du refus
des banques de lui transférer des fonds.
Cependant les principaux syndicats du secteur public ont
rejeté cet appel.
Selon Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence,
M. Abbas "publiera
un décret présidentiel dans les 48 heures à
venir pour dissoudre le
gouvernement actuel et nommer un nouveau Premier ministre".
Le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad, s'est refusé
à fixer une date
mais a indiqué qu'un gouvernement serait formé
"le plus vite possible".
Selon un haut responsable de l'Autorité palestinienne,
M. Haniyeh sera
reconduit dans ses fonctions.
M. Hamad a affirmé que le Hamas entendait conserver
le poste de Premier
ministre et que le futur cabinet comprendrait des "indépendants,
des membres
du secteur privé et des professionnels".
Ce cabinet "peut mettre fin au siège international",
a-t-il assuré.
Les Etats-Unis, l'Europe, la Russie et l'Onu demandent au
Hamas de
reconnaître le droit d'Israël à l'existence
et de renoncer à la violence,
pour reprendre leur coopération avec le gouvernement
palestinien. Le Hamas
est considéré comme un mouvement terroriste
par les Etats-Unis, l'UE et
Israël.
Dans sa première réaction, Israël a affirmé
qu'un cabinet d'union nationale
palestinien "pourrait susciter un nouvel élan
très positif au dialogue",
tout en insistant sur le fait qu'il devait également
répondre aux exigences
internationales et faire libérer un soldat israélien
enlevé en juin par des
groupes palestiniens.
Pour le Haut représentant de l'UE pour la politique
extérieure Javier
Solana, l'accord interpalestinien "pourrait avoir une
influence très
positive pour redonner de l'énergie au processus de
paix".
Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy
a dit espérer qu'un
gouvernement d'union nationale permettrait aux Européens
"d'avoir des
contacts" avec lui.
Et le Premier ministre britannique Tony Blair a salué
l'accord, son
porte-parole parlant "d'une annonce d'une extrême
importance".
Source : AFP, 11 septembre 2006
Min irhabi ? Qui est terroriste ?
Écoutez
Tamer Nafar, 27 ans, Shell Nafar, 23 ans et Mahmoud Jreri,
24 ans, ont créé en 1999 le groupe Dam, le premier
groupe palestinien de hip hop. Dam signifie « sang »
en arabe et en hébreu et il est aussi l’acronyme
pour « De arabian MCs ». C’est par la chanson
« Min irhabi ? » qu’ils sont devenus mondialement
célèbres en 2001 : mis en ligne sur le site
ArabRap, le titre a été téléchargé
un million de fois en 1 mois. En France, la chanson a été
distribuée gratuitement avec le magazine Rolling Stone
et a été intégrée dans une compilation
avec Manu Chao, Zebda, Nor Désir et autres groupes
français.
Les membres de Dam sont nés et vivent à Lod,
en Palestine occupée en 1948, à 20 km d’Al
Qods. Ils donc citoyens israéliens et toute leur expression
artistique est le fruit de cette tension. Si vous n’avez
pas encore entendu cette chanson, cliquez sur http://kelpolitique.blogspot.com/2006/09/qui-est-le-terroriste.html.
Site web du groupe : http://www.dampalestine.com/
Voici la traduction des paroles de la chanson :
"Qui est terroriste ? Suis-je, moi, un terroriste ?
Comment je peux être un terroriste sur ma propre terre
?
Qui est terroriste ? C'est toi le terroriste !
Tu as pris tout ce que je possédais
Quand cesseras-tu d'être un terroriste ?
Tu me frappes sur une joue
Et tu t'attends à ce que je tende l'autre
Alors tu pourras me frapper à nouveau ?
Dis-moi comment tu veux
À genoux ? Ligoté ? [...]
Tu veux que nous souffrions en silence
Pour que tu puisses vivre en paix ?"
Traduction : Sami Zakaria
11/09/06 - La libération
totale de la Palestine et le retour de tous les réfugiés
sont un droit inaliénable et imprescriptible
Par Georges Adda, Tunis, avril/août
2006
Versión española : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=42082
NDLR Quibla : Georges Adda, qui est
né en Tunisie, où il vit toujours, est un jeune
homme qui approche le siècle dâge. Ce juif antisioniste
connut les camps et les prisons coloniaux français
comme militant du Parti communiste tunsien, que Bourguiba
récompensa bien mal pour son soutien à la lutte
dindépendance en linterdisant en 1964, après
la découverte d'un "complot" en décembre
1963. Le PCT ne retrouva une existence légale qu'en
1981. Georges Adda nous a fait parvenir ce document que nous
lui laissons le soin de présenter lui-même.
Plus d’un mois après la criminelle et barbare
agression sioniste contre les peuples libanais et palestinien,
ce texte, ayant gardé toute son actualité, mérite,
je crois, d’être diffusé. C’est ce
que je fais aujourd’hui pour réaffirmer une fois
de plus que la véritable paix, la tranquillité,
la sécurité, la liberté, l’égalité
et la justice ne prendront leur place naturelle et légitime
dans ce Moyen-Orient agressé, spolié, dominé
et occupé par des étrangers, que lorsque la
Palestine, de la frontière libano-palestinienne à
Eilat sur la Mer Rouge, de Haïfa à Jérusalem,
de Tel-Aviv à Jéricho et de Naplouse à
Gaza, sera complètement libérée, que
lorsque tous les Palestiniens et tous ceux réfugiés
dans de nombreux pays du monde, reprendront complètement
et totalement possession de tous leurs anciens logements,
cimetières, terres, biens divers et administrations
publiques. Je ne peux m’empêcher, pour terminer
ces quelques lignes d’exprimer une fois de plus ma profonde
conviction que, dans un ou dix ou cinquante ans, la Palestine
sera complètement libérée et complètement
débarrassée de ceux qui lui ont fait tellement
de mal.
Et si cette conviction s’avérait être une
utopie, je préfère mourir avec tout en rêvant.
G.A. / Tunis - août 2006
Comme vous le savez, je viens de loin, d’un
petit pays qui a connu tour à tour les occupations,
les destructions, les brassages de civilisations, les conversions
volontaires ou imposées et les résurrections.
Les Berbères, mes ancêtres, ont connu les Phéniciens,
les Romains, les Vandales, les Arabes, les Normands, les Turcs
et les Français qui ont successivement occupé
mon pays et dominé mon peuple, devenus réellement
indépendants et souverains il y a seulement un demi-siècle,
il y a cinquante ans.
Certains de ces Berbères, mes ancêtres, ont quitté
le paganisme pour se convertir à la religion de Moïse
et leurs enfants ont su résister aux harcèlements
des nouveaux chrétiens puis à ceux des soldats
d’Okba Ibn Nafaa. En gardant leurs traditions, coutumes,
cuisine, musique, ils ont adopté la langue arabe qui
est devenue la langue de tous.
Ainsi la Tunisie est mon pays et le peuple tunisien est mon
peuple, mais mes convictions philosophiques ne sont pas celles
de ma mère et de mon père. Toutes les femmes
et tous les hommes de tous les pays qui sont écrasés
par les injustices politiques et sociales développées
par leurs gouvernants ou par les occupants étrangers
sont mes sœurs et frères et sont assurés
de mon entière solidarité.
Pour la libération de mon pays j’ai connu à
plusieurs reprises les prisons, les camps de concentration
et la déportation des colonialistes français.
Et aujourd’hui je viens ici apporter, sans aucune condition
préalable, mon complet soutien à l’héroïque,
vaillant et martyr peuple palestinien.
C’est avec un tel état d’esprit que je
participe à cette manifestation et que je soumets à
votre attention quelques modestes réflexions et suggestions
que je vous fais parvenir par cet écrit, mes amis médecins
s’étant opposés, vu mon âge et mon
état de santé, à un voyage Tunis-Beyrouth.
Je vous salue et souhaite plein succès à votre
rencontre.
*
Je crois qu’il faut d’abord nous entendre sur
la signification de certains mots et de certaines formules
qui reviennent souvent et auxquels chaque utilisateur donne
une ou des définitions à sa convenance. Il s’agit
de « communauté internationale », de «
légalité internationale », de «
droit international », etc. Ainsi en novembre 1947,
la résolution onusienne par laquelle les Palestiniens
ont été spoliés et dépouillés,
au sens littéral des mots, de leur pays devient entre
les mains des deux superpuissances et des sionistes «
légalité internationale » et « droit
international ». Alors qu’en réalité
la Palestine et l’ensemble des Palestiniens ont été
victimes, je dis bien victimes, de la « communauté
internationale ». Pour les étrangers, venus de
multiples pays, du Nord, de l’Ouest et de l’Est
lointains, cette résolution serait la réparation
de la destruction du Temple, de la prétendue diaspora
des enfants de Canaan, des pogromes quotidiens de Russie et
de Pologne, de l’effrayant et indiscutable génocide
de 20ème siècle dont les victimes et les bourreaux
étaient et resteront exclusivement des Européens.
Mais pour les Palestiniens cette résolution a été
l’acte infâme d’une soi-disant « communauté
internationale » dominée par les Etats-Unis d’Amérique
qui ont été édifiés, après
l’extermination des multiples peuplades qui vivaient
paisiblement sur cet immense continent de l’Ouest par
des étrangers venus de l’Est très lointain.
Ne croyez surtout pas que je suis pour la destruction de l’ONU.
Non, l’ONU doit continuer d’exister, de se développer
et de changer en mieux. Elle ne doit pas laisser libres de
leurs mouvements ceux qui agressent des pays comme le Chili
d’Allende, qui déclarent des guerres comme celle
d’Irak sans être approuvés ni suivis par
la grande majorité des États qui constituent
l’ONU, qui asphyxient des peuples comme le peuple cubain
victime d’un blocus, qui bombardent et tuent au napalm
comme au Vietnam et qui en 1947 spolient le peuple palestinien.
Certains proposent d’amender la charte de l’ONU.
Opérer ainsi ne réduit en rien l’hégémonie
et la détermination des gouvernants de Washington.
La charte de l’ONU est comme toutes les constitutions
d’État. On peut avec une même constitution
faire le meilleur et le pire. Car l’application de toute
constitution est œuvre politico-humaine. Si on veut,
dans le domaine des relations internationales, diminuer et
empêcher les actions négatives et nocives il
faut que les peuples aient à l’ONU des représentants
imbus des valeurs de justice, d’équité,
de démocratie et de respect réciproque. Pour
cela il faut que les pays, petits et moyens, ne soient plus
écrasés par des autocrates et des dictateurs
qui doivent leur existence à la protection américaine.
A la « légalité internationale »
et au « droit international » des impérialistes
il faut opposer les valeurs universelles si bien définies
par l’ONU elle-même dans sa charte et ses déclarations,
valeurs qui doivent bénéficier à tous
les peuples et à tous les pays, sans aucune distinction
ni discrimination. Il nous appartient d’expliquer ce
qui s’est passé en 1947, les réelles motivations
des gouvernants occidentaux et leurs objectifs inavouables,
ainsi que de dénoncer la violation et la non-application
des dizaines de résolutions du Conseil de Sécurité
par l’État sioniste. Motivations et objectifs
inavoués qu’a dénoncés avec force,
en connaisseur averti, le chef de l’insurrection du
ghetto de Varsovie (1943), Marek Edelman, en déclarant
solennellement :
« Si Israël a été créé,
c’est grâce à un accord entre la Grande-Bretagne,
les USA et l’URSS. Pas pour expier les six millions
de Juifs assassinés en Europe, mais pour se partager
des comptoirs au Moyen-Orient. »
*
Les politologues, et des plus renommés, soutiennent
au début de ce troisième millénaire que
l’une des armes les plus efficaces et les plus décisives
est la propagande ou comme on dit maintenant la communication,
c’est-à-dire le travail de convaincre, l’utilisation
d’une langue nouvelle avec des démonstrations
et des slogans originaux, irréfutables et porteurs.
Or dans ce domaine je pense que les responsables palestiniens
et arabes semblent avoir un déficit de parole appropriée
et productive, capable de convaincre et de conquérir
les opinions publiques européenne et américaine
si déterminantes dans la situation présente.
Les peuples d’Asie, d’Afrique subsaharienne et
d’Amérique Latine ne sont pas contre nous, ils
nous sont plutôt favorables.
Il nous faut donc déterminer quelques points forts
de notre propagande, de notre communication qu’il faudra
développer avec clarté, savoir-faire et calme,
sans outrance ou verbiage inutile. Permettez-moi de soumettre
à votre attention quelques exemples qui me semblent
fondamentaux.
Les sionistes sont venus en Palestine en prétendant
être les descendants, en ligne directe, du peuple de
Canaan. Or ceux qui se réclament de Moïse sont
en réalité issus d’anciens peuples et
de régions diverses bien déterminées
très éloignées de Jérusalem et
du Jourdain.
Une multitude d’historiens et de chercheurs éminents
ont mené des investigations et élaborer des
thèses sur ce sujet. Il faut faire connaître
et diffuser leurs œuvres, il faut utiliser leurs arguments.
Ainsi Léon Poliakov qui fut directeur honoraire au
CNRS français, a, dans sa principale œuvre «
Histoire de l’antisémitisme » (Paris, Calmann-Lévy,
1961), écrit des pages qui peuvent avoir d’importants
retentissements et faire réfléchir beaucoup
de femmes et d’hommes. Dès le début il
règle le compte de la soi-disant « diaspora »
:
« …lorsque les Juifs commencèrent à
se disperser en nombre à travers le monde – et
cette dispersion contrairement à une légende,
à la vie terriblement dure, de sorte qu’il faut
toujours le rappeler, est bien antérieure à
la guerre de Judée et à la destruction du Temple
– c’est en Afrique du Nord qu’ils trouvèrent
l’accueil le plus favorable » (page 11)
Traitant de la judaïsation du Maghreb berbère,
Léon Poliakov écrit par ailleurs :
« …les Juifs d’Afrique du Nord ont eu leurs
heures de gloire. Et leur histoire, si peu connue, si dissemblable
de ce que fut l’histoire juive partout ailleurs, vaut
la peine d’être évoquée. Elle remonte
très haut, au temps protohistoriques où les
Phéniciens colonisaient “l’Ifrikya”
et fondaient la cité de Carthage » (page 10)
« Il est infiniment probable que, dès les temps
les plus reculés, des Juifs sont venus s’installer
en Afrique du Nord dans le sillage des Phéniciens aménageant
le terrain pour la diffusion du judaïsme » (page
11)
« De même d’ailleurs, que le judaïsme
se développait dans ces régions par prosélytisme
tout autant, sinon plus, que par immigration » (page
11)
« …pour l’essentiel, les Juifs de Tunisie,
d’Algérie ou du Maroc sont d’origine entièrement
autochtone et descendent d’antiques tribus berbères
aux noms sonores : Djeraoua, Fendeloua, Mediouna, Botr, Branès
» (page13)
Ces affirmations catégoriques de Léon Poliakov
démolissent toutes les théories et toutes les
prétentions sionistes qui reposent sur la soi-disant
« diaspora » et sur le retour sur la terre des
prétendus ancêtres cananéens. De son côté
le sociologue et historien Paul Sebag confirme, dans son «
Histoire des Juifs de Tunisie » (L’Harmattan,
Paris,1991), les thèses de Léon Poliakov. Je
vous donne ci-après un extrait de son ouvrage.
« Dans l’Afrique romaine, comme dans les autres
provinces de l’Empire romain, il y eut très tôt
d’autres Juifs que des Juifs de souche, dont les ancêtres
étaient venus de Judée à des dates diverses.
Des hommes et des femmes de toutes races et de toutes conditions
se sont convertis au judaïsme, qui fit preuve aux premiers
siècles de l’ère chrétienne d’une
grande force de pénétration ». (page24)
« Ainsi purent être gagnés au judaïsme
des éléments de toutes origines, mais surtout
des indigènes puniques ou berbères ».
(page 25)
« Lors de la conquête arabe de l’Afrique
du Nord, une partie des berbères professaient le judaïsme.
Dans sa grande « Histoire des Berbères »,
Ibn Khaldoun nous donne les noms des tribus berbères
judaïsées et précise les régions
où elles étaient établies, de l’Est
à l’Ouest du Maghreb, citant entre autre les
Nefoussa au sud de l’Ifriqiya et les Jarâwa dans
les montagnes de l’Aurès ». (page35)
Le politologue italien né en Tunisie, Loris Gallico
propose d’attribuer aux Berbères judaïsés
le titre de « Quatorzième Tribu » comme
les Khazars ont été dénommés «
treizième tribu » par Arthur Koestler. Ce dernier,
écrivain anglo-magyar qui a vécu et travaillé
en Palestine avant la décision prise en 1947 par l’ONU,
a écrit en 1976 « La treizième tribu »
(Calmann-Lévy, Paris 1976) où est relatée
l’histoire de ses ancêtres khazars. Voyons ensemble
quelques lignes de cet important ouvrage :
« Le pays des kahzars, peuple d’ethnie turque,
occupait une position stratégique entre la Caspienne
et la Mer Noire sur les grandes voies de passage où
se confrontaient les grandes puissances orientales de l’époque.
» (page 14)
« Quelques années plus tard, sans doute vers
l’an 740, le Roi, sa cour et la classe militaire dirigeante
se convertirent au judaïsme, qui devint la religion officielle
des Khazars. » (page 15)
« En tout cas, si les sources diffèrent sur quelques
points de détail, les grands faits sont indiscutables.
Ce qu’on peut discuter en revanche, c’est le sort
des Khazars juifs après la destruction de leur royaume
au XIIème ou au XIIIème siècle. A ce
sujet les sources sont très maigres. Elles mentionnent
cependant plusieurs établissements Khazars à
la fin du Moyen-âge en Crimée, en Ukraine, en
Hongrie, en Pologne et en Lituanie. De renseignements fragmentaires
ressort un tableau d’ensemble ; celui d’une migration
de tribus et de groupes Khazars dans les contrées d’Europe
orientale – Russie et Pologne surtout – où
précisément on allait trouver à l’aube
des temps modernes les plus fortes concentrations de Juifs.
D’où l’hypothèse formulée
par plusieurs historiens, selon laquelle une bonne partie
sinon la majorité des Juifs d’Europe orientale
– et par conséquent, des Juifs du monde entier
– seraient d’origine Khazare, et non sémitique.
» (page 16)
« Cela voudrait dire que les ancêtres de ces juifs
ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de
la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase, où l’on
a vu le berceau de la race aryenne, génétiquement
ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouïgours,
aux Magyars, plutôt qu’à la semence d’Abraham,
d’Isaac ou de Jacob. S’il en était bien
ainsi, le mot « antisémitisme » n’aurait
aucun sens il témoignerait d’un malentendu également
partagé par les bourreaux et par les victimes. A mesure
qu’elle émerge lentement du passé, l’aventure
de l’Empire Khazar commence à ressembler à
une farce, la plus cruelle que l’Histoire ait perpétrée
» (page18)
Loris Gallico dont je viens de parler a publié une
longue étude intitulée « Un popolo introvabile
» (« Un peuple introuvable ») dans la revue
« Prospettive Settanta » (Naples 1984 n°2/3),
qui a été reprise dans un recueil d’articles
et d’études sous le titre « L’altro
mediterraneo tra politica e storia » (« L’autre
méditerranée entre politique et histoire »,
Vecchio Faggio-Chieti, 1989). Je soumets à votre attention
cet extrait qui concerne l’origine des Juifs d’Europe
centrale et orientale.
« Sur la base des travaux de H.F. Von Kutschera, P.E.
Kahle, M. Mieses, A.N. Poliak, D.M. Dunlop et Arthur Koestler,
il n’est plus possible de contester le fait que la majeure
partie des Juifs de l’Europe centro-orientale ait comme
origine la dispersion et le mélange des Khazars avec
d’autres populations, dans les bourgs (shtetl) en contact
avec le monde agricole, selon les usages modifiés des
centres khazars…dans ces nouvelles zones les dialectes
khazars furent peu à peu abandonnés et la variété
yiddish se forma sur la base du prestige de la culture allemande,
laïque ou religieuse. » (page 257)
Le chancelier autrichien Bruno Kreisky a donné le coup
de grâce à l’idéologie sioniste
en déclarant avec force en 1981 :
« …cette blague du peuple juif est un des grands
mensonges de la vie…Parler de peuple juif n’a
pas de sens…Sans Hitler, Israël comme pays n’aurait
jamais existé… » (Nouvel Observateur, Paris)
Je ne peux terminer avec cet aspect fondamental de notre lutte
contre le sionisme spoliateur, sans mentionner l’éminent
historien français Marc Ferro qui dans son livre «
Les tabous de l’Histoire » (Nil, Paris, 2002),
a consacré tout un chapitre sous le titre « Les
Juifs sont-ils des sémites ? » pour mettre en
pièce toute l’ « architecture » sioniste
et balayer toutes les contrevérités de «
peuple juif », de « nation juive », de «
race juive ».
Il est possible de constituer une énorme anthologie
d’ouvrages (essais, études, thèses, histoires)
de chercheurs, d’historiens et de politologues qui,
comme ceux que je viens de citer, ont invalidé les
théories des sionistes, par exemple Alfred M. Lilienthal
(Washington), Norton Mezvinsky (Connecticut) et Maxime Rodinson
(Paris). Voyez les courageuses positions prises par des centaines
de personnalités comme les académiciens Giogio
Forti (Milan), Margherita Haag (Trieste), Jean-Pierre Kahane
(Paris) ou des intellectuels comme le compositeur islandais
Elias Davidsson, l’historienne de l’Art, la suissesse
Erica Deuber-Pauli, la professeure de médecine tunisienne
Aïcha Hafsia, le philosophe et professeur émérite
des Universités françaises Georges Labica, le
professeur de physique français Jean-Marc Lévy-Leblond,
l’avocat anglais Richard Marre, la musicologue colombienne
Inès Muriel, le physicien français Jacques Pommier.
Tous ces académiciens et personnalités, avec
des dizaines et dizaines d’autres ont signé la
déclaration que j’ai proposée et fait
circuler en 1997 et qui avait pour titre « Aujourd’hui
les non-sionistes parlent ». J’en extrais quelques
lignes :
« Femmes et hommes de nationalités, de religions
et d’opinions différentes, nous nous proposons,
à l’occasion du centième anniversaire
du Congrès Sioniste de Bâle, de proclamer solennellement
qu’il n’y a pas de « peuple juif »,
de « nation juive » ou de « race juive ».
»
« …Il n’y a pas les « Juifs »,
mais des Français, des Polonais, des Russes, des Marocains,
des Yéménites, des Ethiopiens, des citoyens
des U.S.A. des Japonais de religion hébraïque
ou d’origine cultuelle hébraïque. Certains
comme les Polonais, les Baltes, les Russes ou les Hongrois
sont les descendants des Caucaso-Khazars judaïsés.
D’autres comme les Marocains ou les Tunisiens sont les
descendants de Berbères judaïsés ou comme
les Yéménites sont les descendants d’Arabes
judaïsés. »
Si nous cherchons un peu, nous trouverons un très grand
nombre de femmes et d’hommes, qui eux aussi dénoncent
et condamnent le sionisme ou qui n’ont rien à
voir avec lui. On les trouvera dans tous les pays, ils sont
de toutes les confessions religieuses et de toutes les convictions
politiques et philosophiques, car la lutte antisioniste ne
doit pas être et n’est pas une affaire judéo-juive,
ni judéo-palestinienne ou judéo-arabe. La lutte
contre le sionisme doit se développer dans chaque peuple
et à l’intérieur de chaque peuple.
*
Après avoir cherché une terre qu’on dit
« promise » entre l’Ouganda et l’Argentine,
Théodor Herzl a jeté son dévolu sur la
Palestine, l’ancienne Canaan des Rois David et Salomon.
Et pour convaincre les grandes puissances occidentales, il
lance le 14 février 1897, à la veille du 20ème
siècle, son livre « L’Etat des Juifs ».
Son outrecuidance l’amène à déclarer
:
« Pour l’Europe nous constituerons là-bas
(en Palestine évidemment) un morceau du rempart contre
l’Asie, nous serons la sentinelle avancée de
la civilisation contre la barbarie ».
Ainsi apparaît dès le départ sa palestinophobie
et son arabophobie que les sionistes ont cultivées,
développées et amplifiées.
Mais en réalité la barbarie se trouvait bien
loin des bords du Jourdain. Elle se trouvait dans la Russie
de Pouchkine et de Tolstoï, dans la Pologne de Chopin
où les pogromes étaient quotidiens ; au milieu
du siècle dernier, on la trouve au cœur de l’Europe
dans l’Allemagne de Gœthe et de Beethoven avec
les terribles camps de la mort, les chambres à gaz
et les fours crématoires où ont été
exterminés pendant douze années 1933-1945, par
des gouvernants européens (je dis bien européens),
plus de cinq millions de Polonais, de Russes, d’Allemands,
de Français, de Hongrois, etc., eux aussi tous Européens
(je dis biens tous Européens) de religions hébraïque
et chrétiennes de toutes obédiences.
Nous devons interdire aux sionistes l’utilisation illicite
de l’extermination et, disons le mot, du génocide
de millions d’hommes, de femmes et d’enfants de
religions hébraïque et chrétiennes, ce
génocide restant, sans aucun doute, une affaire authentiquement
euro-européenne.
Nous devons dire aux étrangers qui sont venus, il y
a un peu plus d’un demi-siècle, occuper la Palestine,
une terre qui ne leur appartient pas, ainsi qu’aux opinions
publiques européenne et américaine que les auteurs
de tous ces crimes sont les gouvernants européens,
Hitler, Mussolini, Pétain, etc. Il faut rappeler que
les survivants de cette apocalypse et leurs descendants ont
des droits inaliénables et imprescriptibles. Ils ont
d’abord le droit au retour en Europe natale. Ils ont
droit au rétablissement et au dédommagement
sur leurs terres natales et dans leurs maisons natales. Ils
ont le droit de reprendre possession des cimetières
où sont enterrés leurs grands-parents, leurs
mères, leurs pères. Voilà les réparations
minimums que méritent les victimes du racisme et de
la xénophobie. C’est d’ailleurs ce que
font actuellement beaucoup d’Allemands qui quittent
la Palestine occupée pour se réinstaller à
Berlin ou à Francfort.
Il faut aussi rappeler sans relâche qu’on n’a
jamais vu un Palestinien ou un Arabe pousser un homme de religion
hébraïque ou d’origine cultuelle hébraïque
dans un four crématoire ou une chambre à gaz.
Comme il faut toujours rappeler qu’en 1941, en pleine
tourmente, un Roi arabe, celui du Maroc, Mohamed V, dont le
pays était occupé par l’armée colonialiste
française, a, avec courage, refusé d’obtempérer
à l’ordre du gouvernement français d’appliquer
dans son pays les lois discriminatoires antijuives en criant
au Général Charles Noguès : « Ne
touchez pas à mes Juifs ».
Il nous faut, sans aucune gêne ni interdit, parler du
génocide qui a bouleversé l’Europe dont
aucun pays ni aucun peuple n’a été épargné.
Le jour où nous enlèverons ce génocide
des mains des sionistes – qui en font un monopole et
un fonds de commerce – pour le faire entrer dans le
patrimoine de l’Humanité toute entière,
le peuple palestinien remportera une très grande victoire.
*
Nombreux sont ceux qui commentent, qui dissertent, qui analysent,
qui parlent de négociations, de processus, d’armistices,
d’accords et de paix des braves.
C’est vrai que tous les conflits et toutes les guerres
– même les plus meurtriers – se sont terminés
par la paix. Mais il est vrai aussi qu’il y a plusieurs
sortes de paix. Il y a les paix avec annexions partielles
et pertes de territoires ou d’autres avec concessions
de zones ou avec une souveraineté tronquée et/ou
limitée. En fait dans toutes ces éventualités
et d’innombrables autres il s’agira de paix bâtarde,
de paix vide de sens, de paix non durable ni viable, car tout
peuple ne peut vivre que libre, complètement et pleinement
libre sans aucune restriction ni amputation.
C’est le cas du peuple palestinien présentement
qui a raison de ne pas accepter conditions et limitations
à sa libération qu’il veut complète,
totale et définitive.
La paix des braves n’a été possible que
lorsque la France a été, jusqu’au dernier
centimètre carré, libérée de l’occupation
germano-nazie en 1945.
La paix des braves n’a été possible que
lorsque l’Algérie a été complètement
et totalement libérée en 1962 après 132
ans d’occupation et de domination colonialistes françaises.
La paix des braves n’a été possible en
Tunisie que lorsque la France a reconnu en 1956 l’indépendance
de la Tunisie après une dure présence de 75
ans.
La paix des braves ne s’est imposée en Afrique
du Sud que lorsque le pouvoir blanc a cédé la
place à une « structure » politique originale
symbolisée par un gouvernement présidé
par l’illustre homme d’État africain Nelson
Mandela qui avait passé 25 ans dans les prisons de
l’apartheid.
Ainsi en Palestine la vraie paix ne sera possible qu’après
le rétablissement du peuple palestinien dans tous ses
droits et le retour de tous les réfugiés.
58 ans de domination étrangère, 58 ans de mort,
de prison, de faim, de privations, c’est dur, c’est
très dur. Mais un fait est certain : les Palestiniens,
tous les Palestiniens ne sont pas atteints de pessimisme,
ne sont pas essoufflés, n’ont pas perdu espoir.
Ça c’est l’amour de la patrie, c’est
la fidélité aux anciens et le devoir vis-à-vis
des descendants, c’est l’héroïsme
au quotidien. Ils ne le font pas par obéissance ou
par dévotion pour un chef ou un zaïm.
Les Palestiniens ont une arme formidable d’une performance
inégalable : le regard du dominé, du spolié.
Je crois que, sur la terre palestinienne, les sionistes ne
craignent plus beaucoup les engins explosifs ou les tirs de
roquettes. Par contre ils craignent de plus en plus les regards
qui les entourent de toutes parts, qui les poursuivent, qui
les encerclent, les étouffent et les asphyxient. Ces
regards les font continuellement trembler. Ils dorment entourés
des regards des opprimés qui n’aspirent avec
raison qu’à la libération de leur pays.
Le temps passant les Palestiniens restent comme de juste,
préoccupés de savoir quand arrivera le jour
tant attendu de cette libération. Je crois avec une
profonde conviction que cette libération arrivera parce
que rien de durable ne peut se construire sur l’injustice,
et l’occupation de la Palestine par des étrangers
est l’injustice des injustices.
Vous savez qu’en 1657 des Hollandais ont institué
en Afrique du Sud un pouvoir blanc ségrégationniste
et esclavagiste placé sous la direction de Van Riebaeck.
Cette occupation et cette domination ont duré plus
de 330 ans, presque trois siècles et demie. Et maintenant
ce pays est libéré. Il est libre et son peuple
vit en pleine démocratie.
Voyons maintenant un autre pays, européen celui-ci.
Entre 1772 et 1945, presque deux siècles, la Pologne
a été partagée cinq fois entre ses voisins,
en 1772, 1773, 1795, 1815 et 1939. ses frontières n’ont
jamais été fixes ni stables et son étendue
a été souvent modifiée. Mais cette Pologne
a eu cinq résurrections avec à chaque fois des
superficies et des frontières différentes. Ainsi
la Pologne n’a jamais été effacée
de la carte de l’Europe et les Polonais existent toujours
sur leur sol national retrouvé.
Cette totale libération de la Palestine pourra s’imposer
dans les prochaines années, comme dans cinquante ou
cent ans. Mais elle se réalisera incontestablement.
Le peuple palestinien, par son unité, sa détermination,
son courage et son endurance, saura lui aussi imposer aux
étrangers spoliateurs venus de très loin, la
vraie et complète paix des braves. Il saura trouver
alors les formules inédites et spécifiques pour
construire une Palestine nouvelle faite de démocratie,
de progrès, d’équité, de justice
sociale, de modernité, de transparence et d’éthique
politique. Il saura faire de sa Palestine complètement
reconquise un exemple – et pourquoi pas un modèle
– pour tous les peuples de la région toujours
soumis à des dirigeants et des gouvernants qui ne se
maintiennent que par l’écrasement de la démocratie,
l’étouffement des libertés, les tortures,
les prisons, le parentélisme, les élections
truquées, la corruption, la délation, le pouvoir
exorbitant de la police et, ne l’oublions pas, par le
soutien et la protection des grandes puissances et surtout
des Etats Unis.
*
Lorsque l’on traite de l’occupation sioniste de
la Palestine on est tout naturellement obligé de parler
des origines des adeptes de la religion hébraïque.
Les Maghrébins qui ont opté pour ce culte sont
des Berbères judaïsés. Tandis que dans
les siècles qui ont précédé l’Islam,
les habitants de Médine, de Sanaa et d’Aden qui
pratiquaient la religion de Moïse étaient des
Arabes judaïsés. Mais la majorité des Européens
qui pratiquaient la religion hébraïque était
originaire du Royaume caucasien des Khazars. On trouve aussi
la religion des Rois David et Salomon chez les Japonais, les
Indonésiens, les Falachas et les Peuls d’Afrique
et chez d’autres peuples. Il faut consulter le volumineux
livre de plus de 500 pages de Maurice Fishberg « Les
Juifs » (1911), vous y trouverez plus de 150 photos
de Juifs de plusieurs pays et de plusieurs types.
Tout ce « monde » est, pour les sionistes et leurs
amis, le « peuple juif », un peuple « pur
et dur » d’appellation « contrôlée
et garantie », que l’Italien Loris Gallico a surnommé,
avec juste raison, « introuvable » qui n’a
rien à voir avec la définition donnée
par l’historien et ambassadeur sioniste Elie Barnavi
qui a prétendu faire des Berbères, Arabes, Khazars,
Africains, Japonais et Indonésiens un « vieux
peuple » qui :
« décide de se muer en nation moderne…et
de rentrer chez lui, bouclant ainsi un cycle historique dont
les origines se perdent dans la nuit des temps. » (Le
Monde 10/9/93)
Il y a de quoi réduire en poussière l’
« autolégitimité » des sionistes.
Il y a de quoi convaincre l’opinion publique euro-américaine
que personne n’a le droit de parler d’un «
peuple juif » imaginaire, légendaire et mythique.
Les travaux et les conclusions des chercheurs démentent
cette énorme falsification.
Mais il y a plus. De nombreux citoyens de différents
pays de religion hébraïque ou d’origine
cultuelle hébraïque ont dirigé leur pays.
Les sionistes prétendent-ils que ces hommes d’État
étaient et restent d’abord et avant tout des
Juifs, c’est-à-dire que s’ils étaient
encore vivants ils auraient fait allégeance à
l’État hébreu installé par la force
et l’injustice sur la terre palestinienne. Citons quelques-uns
:
La Grande Bretagne a eu pendant huit ans, entre 1867 et 1880,
Benjamin Disraëli comme Premier ministre.
Luigi Luzzati a été deux fois chef du gouvernement
italien avant l’entrée de son pays dans la guerre
1914-1918.
La France a eu comme Premiers ministres Léon Blum en
1936 et en 1946 et Pierre Mendès-France en 1954.
Après la deuxième guerre mondiale, Bruno Kreisky
a été, pendant de longues années, chancelier
d’Autriche.
Après la défaite des fascistes italiens, Maurizio
Valensi a été maire de Naples, la grande métropole
italienne.
Avec ces exemples comment peut-on prétendre à
l’existence d’un « peuple juif » ?
Tous ces hommes étaient comme de juste, attachés
à leur pays respectif. Ils étaient seulement
anglais, italiens, français, autrichien.
*
Je crois utile de soumettre à votre attention l’affirmation
d’un des théoriciens du sionisme, Ruffin, qui
écrivait en 1920 que :
« Le déclin de l’antisémitisme aurait
pour conséquence le déclin du sionisme, l’antisémitisme
est le meilleur agitateur en faveur du sionisme » («
Les Juifs du temps présent »)
Ainsi les sionistes ont eu toujours besoin du racisme pour
développer leur action.
Tandis qu’un intellectuel français qui a toujours
défendu les causes justes, Philippe Daumas, maître
de conférences à l’Université de
Montpellier III, m’écrivait en juillet 1997,
une lettre dont je vous donne ci-après un extrait dont
la pertinence est certaine :
« L’idéologie sioniste est basée
sur trois postulats :
1. Tous les Juifs du monde constituent un «peuple»
au sens politique du terme,
2. Ce «peuple» a toujours et partout été
persécuté,
3. Ce «peuple» a donc besoin d’un Etat.
Or, pour moi, ces trois assertions sont fausses :
1. Les Juifs ne constituent pas un «peuple» au
sens politique du terme. Au contraire, ils appartiennent aux
différents peuples au milieu desquels ils vivent. Les
Juifs français appartiennent au même titre que
moi au peuple français.
2. les Juifs ont connu au cours de l’histoire des persécutions
épouvantables qui ont culminé avec la tentative
de génocide des nazis. Mais il est faux de dire qu’ils
ont été toujours et partout persécutés.
Je n’en prendrais qu’un seul exemple : quand les
papes résidaient en Avignon, ils ont pris les Juifs
du Comtat Venaissin sous leur protection et ils n’ont
pas été persécutés.
3. Je ne vois pas où est la logique qui consiste à
dire que parce qu’ils sont persécutés,
ils ont nécessairement besoin d’un État,
sauf à postuler que la seule réponse à
la persécution est la création d’un État
».
De telles positions peuvent, avec beaucoup d’autres,
servir d’arguments pour démolir l’action
sioniste et pour éclairer les diverses opinions publiques.
*
Pour terminer je veux assurer une fois de plus mes frères
palestiniens de tout mon soutien. Nous pouvons avoir des démarches,
des analyses, des appréciations et des positions qui
ne concordent pas avec celles des Palestiniens, mais nous
serons toujours à leurs côtés. De toute
façon pour moi, le dernier mot comme la décision
ultime appartiennent aux Palestiniens et à eux seuls,
oui je dis bien à eux seuls, qui n’ont pas besoin
de conseils, ni de conseillers. Nous, les non-Palestiniens
devons leur apporter exclusivement, et sans relâche,
notre encouragement, notre assistance, notre aide, notre appui
et notre solidarité qui sont et resteront entiers.
Nous, les non-Palestiniens, nous devons nous opposer de toutes
nos forces à toute normalisation de nos relations avec
l’Etat sioniste et empêcher que le drapeau de
cet Etat spoliateur flotte dans le ciel de nos capitales.
25/07/06 - 1 contre 9600
par Xavière Jardez, AFI-Flash n°61, 23 juillet
2006. Spécial Palestine-Liban. Source : gilmun@club-internet.fr
1 soldat israélien, prisonnier de guerre par nature
et non otage, contre 9600 prisonniers palestiniens dans les
goulags d'Israël, dont 95 femmes et 313 enfants, certains
ayant moins de 18 ans,- nombre d'entre eux n'ayant jamais
été jugés après avoir été
capturés chez eux- : tel était l'enjeu de l'échange
demandé par le Hamas, après l'attaque du point
de contrôle de Karem Salem dans le sud de la bande de
Gaza, qui a servi à Israël de prétexte
au déluge de feu et de sang et à l'enlèvement
incroyable de 64 parlementaires du Hamas.
Alors que le Hamas a, depuis 18 mois, respecté un
cessez-le-feu, et n'a causé que 18 morts sur la zone
nord d'Israël depuis 1999, l'Etat juif n'a cessé
ses violences, sa campagne de terreur contre les Palestiniens.
A quoi sert de citer des chiffres de Palestiniens tués
ou blessés ? Sont-ils 4760 tués, 50 000 blessés
? Plus ? Moins ? Dès que l'on a posé un bilan,
dix, vingt, trente viennent tristement s'ajouter dans les
quelques minutes qui suivent. Par ailleurs, sachant que l'armée
israélienne, selon le New York Times, arrête
de 10 à 30 personnes par nuit, on peut effectivement
évaluer le nombre de prisonniers. Et, si l'on ramène
ces emprisonnements au sein d'une petite population à
celle des Etats-Unis, on arrive à 63 000 000 de personnes
arrêtés depuis 1967 !!! (pas d'erreur dans les
zéros). Saddam Hussein n'aurait pas pu faire mieux.
Le Mur de l'apartheid
Mais, il y a plus. Pilonner ne suffit pas ; il faut affamer
et pour cela détruire, détruire. Maisons, plus
de 71 470, 645 bâtiments publics, 316 écoles.
Au cours de leurs « opérations » ou «
incursions » selon la terminologie de la presse occidentale,
et ce, avant la présente réoccupation de Gaza,
l'armée israélienne avait assiégé
villes et villages plus de 60 fois, et imposé un couvre-feu
sur plus de 10 villes (Jenine, Naplouse, Tulkarem, Qalqilyia),
personne ne pouvant ni y entrer ni en sortir. L'armée
israélienne peut d'ailleurs compter sur le soutien
sans faille des « colons », qui « déversent
leur haine sur les propriétaires légitimes de
ces terres dans une orgie de destruction, attaquant Hebron
ainsi que d'autres villages, y mettant le feu et bulldozant
32 commerces, 12 serres, empoisonnant six puits et déracinant
600 oliviers, qui s'ajoutent aux 1 355 290 déjà
détruits, (ce sur une surface de l'île de Rhodes)
». Plus de 76 867 dunums ont été, au cours
des cinq dernières années, « confisqués
» (volés par décret gouvernemental) ou
simplement saisis par les colons, pour la construction du
Mur de l'apartheid ou pour l'expansion des colonies en violation
de tous les accords qu'Israël a pu signer, ce qui n'a
rien d'étonnant. Six pour cent de la Palestine Historique
restent pour les Palestiniens alors qu'un demi million de
colonies sauvages s'est approprié la terre de 16 195
fermiers.
L'absence de liberté de circulation, d'accès
aux soins médicaux, à l'école et aux
ambulances, les obstacles dressés aux mouvements des
candidats aux dernières élections aux 750 points
de contrôle israéliens, aux heures interminables
d'attente, illustrent à merveille la nature démocratique
de l'Etat juif, faite d'arrogance impériale, de conscience
de sa supériorité raciale et son droit à
détruire ou à humilier des êtres plus
faibles. Amnesty International dans son dernier rapport confirmait
que « le blocus militaire et les restrictions imposées
à la circulation des Palestiniens a conduit à
un haut niveau de chômage (67%) et à la pauvreté
». Pire, entre 2000 et 2004 plus de 60 femmes palestiniennes
ont donné naissance à des points de contrôle
israéliens selon l'Organisation Mondiale de la Santé,
36 bébés sont morts, en conséquence.
Renforcer l'occupation
Quiconque s'est ainsi rendu en Palestine s'accorde pour dire
que l'occupation israélienne est la véritable
cause de la pauvreté actuelle de ce pays. Or, de 1993
à 2003, la Palestine occupée a reçu un
montant d'aide internationale de l'ordre de 6 milliards de
dollars. La moitié de ces fonds fut versée après
la première Intifada, consécutive à la
provocation d'Ariel Sharon en visite sur le Haram Al Sharif
(Promenade des Mosquées), à la fin de septembre
2000 et affectée non plus à des projets de développement
mais à des opérations d'urgence. Qu'on se rappelle
les destructions causées alors par les bombardements
israéliens lors de représailles massives. Dix
sept infrastructures, financées par le contribuable
européen, d'un montant total de 17,29 millions d'euros
furent réduites à néant dont l'aéroport
international de Gaza à Rafah, les camps de la police
civile de Gaza, l'Hôtel intercontinental de Bethléem,
le laboratoire médico-légal, le port de Gaza,
le bureau central de statistiques, le tout à l'égout
à al Bireh, les systèmes d'irrigation à
Jéricho, les infrastructures municipales à Qalqilya,
etc L'Europe n'eut pas le courage de réclamer à
son chouchou tyrannique, Israël, le remboursement des
dommages infligés aux équipements et laissa
filer pour ne pas avoir à remettre l'argent à
l'Autorité Palestinienne et à Arafat, grand
« terroriste » au même titre que les membres
du gouvernement élu du Hamas. Selon certains experts,
cette aide internationale ne fait que « que renforcer
l'occupation israélienne » et perpétuer
la pauvreté des Palestiniens.
Transfert des populations palestiniennes
Une rétrospective des méfaits d'Israël,
même imparfaite, s'avère nécessaire pour
démonter la propagande israélienne, et occidentale.
La capture du soldat Shalit n'a rien à voir avec l'invasion
et le carnage commis d'abord à Gaza, puis au Liban.
Elle n'est qu'un prétexte (les chars israéliens
entouraient Gaza avant la capture du soldat) à une
plus large opération de nettoyage ethnique et de confiscation
de terres, permettant à Israël de réaliser
ses ambitions territoriales. Nous en voulons pour preuve ce
que déclarait Ariel Sharon à l'AFP en 1998 comme
l'ont fait ceux qui l'ont précédé depuis
1948 : « Il est du devoir des dirigeants israéliens
d'expliquer à l'opinion publique..un certain nombre
de faits oubliés avec le temps. il n'existe pas de
sionisme, de colonisation, ou d'Etat juif sans l'éviction
des Arabes et l'expropriation de leurs terres ».
L'ampleur de l'offensive « Pluie d'été
» suggère que les plans ont été
mis sur pied depuis longtemps et que leurs objectifs visent
plus loin encore. En est-on au début du transfert des
populations palestiniennes ? La destruction délibérée
des centrales électriques, de la distribution d'eau,
des ponts, et autre infrastructure vitale, ainsi que l'interruption
des circuits d'alimentation, des ressources financières
(Israël retient 950 millions de dollars de taxes appartenant
à l'Autorité Palestinienne) et des médicaments
(certains disent que l'arme performante d'Israël s'appelle
Plavix, Poside ou Atropine) indiquent qu'Israël resserre
l'étau autour des Palestiniens pour les forcer à
partir comme en 1948 ou en 1967. Réduire les Palestiniens
de Gaza et de Cisjordanie à la misère est pour
Israël la méthode pour résoudre le problème
démographique auquel il est confronté. La croissance
de la population juive dans le monde avoisine le taux 0% et
37% de celle-ci vit actuellement en Israël. A moins que
certaines mesures n' y soient prises pour accroître
encore la natalité, les juifs qui constituent 78% du
total de la population israélienne ne dépasseront
pas les 73 à 76% en 2020, et les 65 à 69% en
2050 selon les chiffres de l'Agence Juive qui s'attend à
une diminution du nombre de juifs dans le monde pour atteindre
seulement 12 millions vers le milieu du XXIe siècle.
Ainsi pilonné, affamé, privé d'avenir
politique par la mise au ban de ses élus, enfermé
et surveillé dans cette grande prison qu'est Gaza,
le peuple palestinien épouse la comparaison avec le
sort réservé aux juifs du ghetto de Varsovie.
Les Occidentaux, comme les Arabes suiveurs, l'ont abandonné
comme furent abandonnés par complaisance, par lâcheté,
par complicité, les républicains espagnols en
1936.
La légitimité du Hezbollah
Puis Israël se tourna vers le Liban comme en 1982, lors
de la capture d'un de ses soldats. Or, en 1982, en 1979, 1968,
lors des invasions sionistes, le Hezbollah n'existait pas
!! Alors L'énumération jour après jour,
des destructions au Liban par l'entité sioniste, sa
politique de la terre brûlée donne la chair de
poule et évoque le spectre de ces chefs mongols, Attila,
Houlagou, Tamerlan etc qui dévastèrent tout
sur leur passage. Israël est en fait le bras armé
de la France, de la Grande Bretagne, des Etats-Unis en premier
lieu. Il accomplit le travail que ces derniers, en raison
d'invisibles principes, ne peuvent se permettre : depuis la
résolution du Conseil de Sécurité 1559
de 2004 leur objectif est de démanteler le Hezbollah
pour le remplacer soit par une armée faible, soit par
des supplétifs israéliens déguisés
en Libanais, l'armée du sud-Liban entre autres.
Il faut donc, comme à Gaza, détruire et TUER
et pire qu'à Gaza, car l'adversaire a eu, lui, le temps
de se constituer une structure militaire, politique et sociale.
Il faut donc disperser cette base politique qui participe
de la légitimité du Hezbollah. Il faut faire
fuir la population, en majorité chiite, du sud-Liban,
en faire un no man's land. Et c'est pourquoi il n'y a pas
de crise humanitaire résultant d'une catastrophe mais
un plan bien précis de dévastation qui a reçu
le feu vert des Etats-Unis et des autres. Et ni la Syrie,
ni l'Iran ne sont les vrais fauteurs de troubles.
Pour apprécier ce qui se passe dans la région
, Irak, Palestine, Liban, les événements doivent
être pris dans une suite logique, non les uns après
les autres comme le martèlent nos cher médias,
pour comprendre qu'Israël poursuit deux buts aujourd'hui
: s'approprier les eaux du Litani car l'accord entre Israël
et la Turquie pour la fourniture par cette dernière
de 50 millions de m3 d'eau est en voie d'expiration et déstabiliser
le Liban en y déclenchant à nouveau une guerre
civile pour le réduire à des communautés
confessionnelles sur le modèle israélien, endogame
et ethnique, et y installer un protectorat israélo-américain
de type jordanien.
A quand la Syrie ? C'est la question que tous se posent et
à laquelle travaillent les Occidentaux qui ont déjà
réussi à faire partir la Syrie du Liban pour
laisser le champ libre à Israël.
S'il devait en être ainsi, les deux lignes bleues du
drapeau sioniste représentant le Nil et l'Euphrate
auraient pris vie.
Source:
Anne Gwynne, Living in Terror, Al Ahram, 2-8 février
2006
L'agression israélienne au Liban juillet 2006
Photos de guerre publiées par le quotidien libanais
As-Safir
http://www.assafir.com/iso/israeli-aggression/regions/
25/07/06 - Les Vrais Israël
par Mondher Sfar, Paris, 8 octobre 2000 (texte modifié
en juillet 2006). Courriel de l'auteur : mondher.sfar@club-internet.fr
Les Palestiniens vivent à nouveau les affres de la
guerre, d'une guerre coloniale avec ses crimes les plus horribles
et les plus révoltants. Ce qui vient de se produire
en Palestine n'est qu'un épisode de plus de la longue
série d'épreuves et de sang qui n'a cessé
d'arroser le sol de Palestine depuis des dizaines d'années
avant la création de l'État colonial d'Israël.
Israël n'a aucune autre justification que militaire et
de domination régionale. Les Sionistes ont vainement
cherché à justifier cette colonisation par le
statut particulier des juifs dans le monde et leur soi-disant
persécution dans le monde, ou même par leur nostalgie
des temps bibliques. Ce sont là des prétextes
fallacieux et trompeurs. Ces arguments ne sauraient prouver
la bonne foi de ces colonisateurs, car les Arabes n'ont jamais
refusé l'accueil des juifs quand ils ont été
persécutés, notamment en Europe au XV° siècle.
Mais entre venir s'installer en terre arabe de façon
pacifique, c'est une chose, et venir s'y installer par les
armes, en assassinant ses habitants, les déportant,
et en y substituant une entité étatique pour
mieux effacer le souvenir de ce peuple, c'en est une autre,
et cette chose s'appelle un crime contre l'humanité
punissable par des juridictions internationales appropriées.
Cessons de dénoncer la normalisation avec Israël
sans demander la fin de la colonisation de toute la terre
de la Palestine. Cessons de nous plaindre auprès de
l'Amérique, de l'Europe, comme si elles étaient
des parties neutres vis-à-vis d'Israël. Bien au
contraire, cessons de nous en prendre à cette entité
leurre qu'est Israël comme si elle avait une existence
indépendante et autonome. Désignons comme vrais
coupables les grandes puissances impérialistes qui
l'ont créé de toutes pièces en novembre
1947, qui l'arment, la financent et la soutiennent. Car toute
aide, tout armement fourni à Israël est un acte
d'hostilité contre les Palestiniens, contre les Arabes
qui en subissent les conséquences, et contre l'humanité
qui par son silence se rend complice du crime.
Occupons nous de ceux qui arment le bras du criminel, et moins
des exécutants. Ce sont eux les vrais Israël qui
nous assassinent, qui nous oppriment et qui nous terrorisent
sous couvert d'un leurre qu'ils ont installé en terre
de Palestine.
Demandons à nos politiciens Américains et Européens
des comptes sur les armes qu'ils ont déversées
et qu'ils continuent de déverser en terre de Palestine
en notre nom pour mieux asservir les Arabes, les Musulmans
et en fin de compte l'humanité entière. Tous
les crimes et toutes les agressions « israéliennes
» ne sont avant tout que le fait des impérialistes
qui agissent derrière les rideaux israéliens.
Ce sont ces impérialistes qui sont les véritables
criminels. Dénonçons-les en tant qu'agresseurs
contre l'humanité et en notre nom !
Démasquons-les ! Dénonçons ceux qui ont
voté la résolution des Nations Unies de 29 novembre
1947 sur le soit-disant partage' de la Palestine : les Etats-Unis
et l'Etat français en tête. Ce sont eux qui se
cachent derrière l'entité criminelle en Palestine.
Tout crime commis en Israël est un crime commis par les
Etats-Unis et la France et tous ceux qui soutiennent l'Etat-leurre.
Exigeons des représentants des grandes puissances qu'ils
cessent toute aide et tout financement aux agresseurs et persécuteurs
israéliens', et déclarons-les les VRAIS AGRESSEURS.
Dénonçons leurs liens avec les bourreaux, mercenaires
à leur solde.
Demandons le démantèlement des armes atomiques,
chimiques et bactériologiques que l'Occident a installées
sur la terre de Palestine pour terroriser l'humanité
entière. Organisons une résistance commune contre
ces Etats colonisateurs, jusqu'à l'évacuation
totale des troupes étrangères de la terre de
Palestine et la libération des peuples arabes d'une
oppression qui dure depuis 1948.
La libération de la Palestine et du monde arabe des
hordes barbares impérialistes est aussi la libération
de tous les peuples de la terre de leurs oppresseurs !
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