Palestine

14/07/06 - Les champs a Gaza n'ont jamais existé


par Victor Dedaj, juillet 2006.

Source : http://vdedaj.club.fr/spip/index.php

"C'est un cliché de journaliste que de souligner le caractère futile de lancer des pierres contre des tanks. Faux. Il est certain qu'il s'agit là d'un acte symbolique, mais pas futile. Il faut beaucoup de courage pour affronter une monstre d'acier de 60 tonnes avec des pierres ; l'impuissance du lanceur de pierres à arrêter le tank ne fait que souligner l'impuissance du tank à faire ce qu'il est censé faire : terroriser la population."
Gabriel Ash
"Why I won't vote for Kerry"
http://www.yellowtimes.org/article.php?sid=16
(site fermé depuis)


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"(...) qui par l'eau et qui par le feu, qui par l'épée, qui par la bête, qui par la famine, qui par la soif, qui par l'épée, qui par la tempête, qui par la plaie, qui par strangulation, et qui par lapidation. Qui se reposera et qui errera, qui vivra en harmonie, qui sera dévasté, qui connaîtra la sérénité et qui souffrira, qui sera pauvre et qui sera riche (...) "
(Prière du U'Netaneh Tokef, traduction avec les moyens du bord à partir d'une version anglaise)


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Sionistes : ça faisait longtemps que j'avais envie de vous dire deux ou trois choses. Ca me démangeait depuis un certain temps déjà, mais allez savoir pourquoi... le temps, ou la fainéantise, ou peut-être les deux. Mais si c'est pas maintenant, alors quand ?
Sionistes : ça fait longtemps que vous me gonflez avec votre histoire de "terre promise". Que de contorsions sémantiques pour qualifier un vol en bonne et due forme.
Sionistes : ça fait longtemps que vous me gonflez avec votre histoire de "peuple élu". Que de beaux oripeaux pour camoufler votre racisme.
Sionistes : partout où je vous ai croisés, vous étiez de mauvais côté de la barrière. Aux côtés de l'Afrique du Sud de l'Apartheid, aux côtés de armées assassines du Guatemala... Je n'ai aucune souvenir de vous avoir vu du côté des exclus, des faibles. Pas une seule fois.
Sionistes : vos gesticulations outrées ne changeront rien au caractère assassin de cet état d'Israël. Et épargnez-moi les discours sur la "démocratie israélienne". Qu'est-ce que ça peut bien faire qu'Israël soit une démocratie (ou non), sinon que cela rend une majorité de ses habitants coupable ? Et de même que je ne juge pas un homme sur la façon qu'il se traite lui-même, mais sur la façon qu'il traite les autres, je ne vais pas applaudir à la "démocratie" israélienne sans considération pour ses actes.
Alors, Sionistes : je n'en ai rien à faire de vos opérations de relations publiques, de vos images d'une société "moderne" et d'une jeunesse "libre" qui se trémousse en bikini sur les plages de Tel Aviv
(par opposition, bien sûr, aux matrones voilées de Gaza qui hurlent leur désespoir).
Sioniste : vous n'aimez pas que l'on vous rappelle qu'une Assemblée Générale des Nations Unies a déclaré que votre idéologie était une forme de racisme.
Sionistes : vous crevez d'envie de me voir prononcer le mot "juif" et
vous donner ainsi l'occasion de grimper aux rideaux. Peine perdue car, contrairement à vous, je ne suis pas raciste.
Sionistes : la religion dont vous vous revendiquez est aussi débile qu'une autre.
Sionistes : je me souviens d'avoir vu interviewer deux de vos fameux "colons" fraîchement débarqués de Bordeaux. Un couple de médiocres qui avaient enfin trouvé quelqu'un à exploiter. Ici ils n'étaient manifestement rien, allez donc savoir pour qui ils se prenaient là-bas. Vos colons sont des caricatures de beaufs
accomplis.
Sionistes : vous avez pompeusement donné un petit nom familier à votre armée d'assassins.
Sionistes : vous avez l'arme atomique en violation de toutes les conventions internationales.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains, vous avez violé par la même occasion toutes les autres conventions et lois internationales.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains, vous ne respectez aucune loi, aucun accord, aucune signature. Mais vous les invoquez tous lorsque cela vous arrange.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains, vous avez sciemment joué la carte des extrémismes pour mieux brouiller votre propre image.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains, vous couinez votre outrage à chaque acte de résistance qui vous est opposé.
Vous prenez prétexte du "terrorisme" pour mener tranquillement votre entreprise d'extermination.
Sionistes : vous avez volé leurs biens, vous avez volé leurs terres. Vous avez volé leur eau. Vous avez méthodiquement assassiné par centaines leur enfants, leurs femmes, leurs vieillards. Vous les avez affamés, détruits, volés encore, écrasés, persécutés. Vous leur avez refusé l'éducation, la santé. Vous avez empêché de pères de porter leurs enfants se faire soigner. Vous tirez sur des ambulances. Vous construisez vos routes de merde sur des oliveraies plus que centenaires.
Sionistes : vous les avez enfermés derrière des barbelés, derrière un mur. Vous avez appliqué un blocus. Vous les avez enfermés dans de gigantesques ghettos. Vous avez crée des camps d'extermination de basse intensité qui n'osent dire leur nom.
Sionistes : pendant encore combien de temps allez vous nous accabler avec votre sensiblerie sélective, vos références sempiternelles à la Shoah ? On n'a jamais rendu hommage à des victimes en adoptant les méthodes de leurs bourreaux.
Sionistes : vous avez du vous balancer une fois de trop et trop près d'un certain mur. Jusqu'à votre nom sonne désormais comme une insulte à l'intelligence et à la dignité humaine.
Sionistes : lorsque les digues des dernières réticences céderont, et que les protestations prendront l'ampleur et la forme que vos actes méritent, vous ne manquerez pas, et c'est à parier, de hurler à l'antisémitisme. Vous auriez tort de vous gêner car c'est, après tout, ce que vous faites de mieux - juste derrière la fabrication clandestine de bombes atomiques et le tir au canon sur des populations sans défense. Nous, nous assisterons goguenards à cette dernière cartouche tirée en l'air. Et se joindront à nous des camarades juifs ou pas, élus ou pas, autrement plus humains que vous ne l'avez jamais été.
Sionistes : jusqu'où irez vous pour faire aboutir votre fébrilité messianique ? Combien de bulldozers faudra-t-il encore faire passer pour donner un semblant de vérité à vos mensonges ? Ferez-vous des piles de leurs vêtements et de leurs chaussures ? Vos jolies soldates de Tsahal se fabriqueront-elles des bijoux avec leurs dents en or ? Répandrez-vous du sel sur leurs terres pour effacer toute trace ? Planterez vous un drapeau sur une cette "terra incognita" et
"inhabitée" que vous revendiquerez au nom de la couronne de David, assortissant le tout de slogans débiles tels que "un terre sans peuple pour un peuple sans terre" ? Et sur qui tiriez vous donc ces 50 dernières années ? Sur des boites de conserve ?
Sionistes : dites-nous comment vous espérez conclure votre délire. Pour peu que vous en ayez la moindre idée.
Sentirez-vous le poids de vos actes envahir vos cellules grises ou vous réfugierez-vous dans l'autosuggestion collective ? Que raconterez-vous d'un air faussement naïf aux générations futures ?
Que vous ne faisiez qu'obéir aux ordres ? Ou bien prononcerez-vous au contraire ces paroles fatidiques : "les champs à Gaza n'ont jamais
existé" ?


14/07/06 - Joseph Algazy : "L'Etat d'Israël veut dominer ses voisins"


Propos recueilli par Gaspard NORRITO, Ouest-France, 12 juillet 2006
Joseph Algazy , militant israélien, participe au Forum mondial des Droits de l'Homme, à Nantes.
Le siège de Gaza entre dans sa troisième semaine. L'intellectuel israélien Joseph Algazy parle de terrorisme d'Etat.

Comment analyses-vous l'action du gouvernement d'Ehoud Olmert à Gaza ?
L'"establishment" de mon pays veut continuer à dominer ses voisins arabes et palestiniens. Il est dans une position très dure. Libérer le soldat israélien, ce gouvernement s'en fiche. S'il s'en souciait, il négocierait. 56 % viennent de dire par sondage qu'ils veulent des pourparlers pour des échanges de prisonniers.

On peut négocier avec le Hamas ?
Je suis très critique avec les attentats de ce mouvement. Mais il a gagné les élections, je n'y peux rien. Il faut prendre en considération la nouvelle donne. Car enfin, souvenez-vous: qui était Bégin ? Un terroriste. Et Shamir ? Le leader d'un groupe terroriste.

Avant ces opérations militaires, les groupes extrémistes palestiniens, dans un accord avec Mahmoud Abbas, reconnaissaient implicitement l'existence de l'état d'Israël. Non ?
Bien sûr, un jour avant. On est en train d'enterrer politiquement Abou Mazen (Mahmoud Abbas). Ces opérations renforcent le Hamas. On parle d'un soldat enlevé. Mais on falsifie les choses. Il y a eu bataille. Le soldat a été fait prisonnier. Je le répète: je condamne le terrorisme de ces groupes. Mais je dois constater que mon pays use d'une politique de terrorisme d'Etat.

Ces actions militaires, de part et d'autre, augurent mal du retrait israélien de Cisjordanie. Croyez-vous aux chances d'un tel retrait unilatéral ?
Vous parlez de retrait. Mais s'est-on retiré de Gaza ? Nous encerclons tout. Les Palestiniens ne peuvent aller voir leurs frères en Cisjordanie, nous les tenons à la gorge. Nous disons: nous faisons une muraille pour que chacun vive chez soi. Mais cela va nous mener où ? À un ghetto. Est-ce cela qui va garantir la vie d'Israël à long terme ?

Vous croyez qu'Ehoud Olmert appliquera, en Cisjordanie, les méthodes éprouvées à Gaza ?
Sans aucun doute. Ce sera peut-être pire. Le retrait unilatéral est voué à l'échec. Les Palestiniens ne vont pas se taire. Si le Hamas échoue, on aura le Jihad islamique. Nous poussons ce peuple dans des situations invivables, à la désespérance.

 

12/07/06 - Qui a commencé ?


par Gideon Levy, Haaretz, 9 juillet 2006. Traduit de l'hébreu par Michel Ghys

« Nous sommes sortis de Gaza et ils tirent des roquettes Qassam » - rien n'exprime plus précisément l'opinion générale à propos de l'actuel cycle de confrontation.

« Ils ont commencé» : telle sera la réponse lancée à qui essaierait néanmoins de soutenir que par exemple, quelques heures avant le premier Qassam tombé, sans faire de dégâts, sur une école à Ashkelon, Israël avait semé la destruction dans l'Université Islamique de Gaza. Israël plonge Gaza dans l'obscurité, lui impose un siège, bombarde, liquide et emprisonne, tue et blesse des civils, dont des enfants et des bébés en nombres terrifiants, mais : « ils ont commencé ».

Et puis aussi, ils « violent les règles » fixées par Israël : à nous, il est permis de bombarder comme cela nous chante, mais il leur est interdit de lancer un Qassam. Quand eux tirent un Qassam sur Ashkelon, on est tout de suite « / un degré plus haut / », alors que quand nous bombardons une université ou une école, c'est dans l'ordre des choses. Pourquoi ? Parce que ce sont eux qui ont commencé. Et que dès lors, la justice est toute de notre côté, pense la majorité. Comme dans une dispute au jardin d'enfants, « qui a commencé ? » est devenu la carte morale gagnante d'Israël pour tout crime commis.

Mais alors, qui a vraiment « commencé» ? Sommes-nous réellement « / sortis de Gaza / » ? Israël n'est sorti de Gaza que partiellement et de manière retorse. Le plan de désengagement, qui s'était qualifié sentencieusement - « partage du pays », « fin de l'occupation » - a effectivement conduit au démantèlement des colonies et au départ de l'armée israélienne de la Bande de Gaza, mais il n'a quasiment rien changé aux conditions de vie de ses habitants. Gaza est encore une prison et ses habitants toujours condamnés à vivre dans la pauvreté et l'oppression.

Israël les enferme de tous côtés - mer, air et terre ferme - à l'exception de la soupape de sécurité limitée du passage de Rafah. Ils ne peuvent rendre visite à des proches vivant en Cisjordanie ni chercher du travail en Israël dont l'économie de Gaza a été totalement dépendante pendant environ 40 ans. Faire passer des marchandises est parfois permis, parfois interdit.

Gaza n'a aucune chance, dans de telles conditions, d'échapper à la pauvreté. Personne n'y investira, personne ne pourra développer Gaza. Nul ne peut s'y sentir libre. Israël est sorti de la cage, a jeté les clés et abandonné les habitants à l'amertume de leur sort. Maintenant, moins d'un an après le désengagement, Israël fait, dans la violence et la force, le chemin du retour.

Que pouvait-on espérer ? Qu'Israël se retire unilatéralement, en ignorant ouvertement et outrageusement l'existence et les besoins des Palestiniens, et que ceux-ci portent en silence toute l'amertume de leur sort et ne poursuivent pas le combat pour leur liberté, leur honneur et un moyen de subsistance ? Nous avions promis un accès sécurisé vers la Cisjordanie et nous n'avons pas tenu notre promesse. Nous avions promis de libérer des prisonniers et nous n'avons pas tenu notre promesse. Nous avons appuyé la tenue d'élections démocratiques pour ensuite boycotter les dirigeants légalement élus, confisquer l'argent qui revient à l'Autorité Palestinienne et déclarer la guerre à celle-ci.

Nous aurions pu nous retirer de Gaza dans le cadre de négociations et d'une coordination, et tout en renforçant la direction palestinienne existante, mais nous avons refusé et nous voilà maintenant, à nouveau, à nous plaindre de « l'absence de dirigeants ». Nous avons fait tout ce qui était possible pour écraser la société et la direction palestiniennes, nous avons veillé le mieux possible à ce que le désengagement n'annonce pas l'ouverture d'un nouveau chapitre dans nos relations avec le peuple voisin, et maintenant nous sommes surpris de la violence et de la haine que nous avons nous-mêmes semées.

Que se passerait-il si les Palestiniens ne lançaient pas de roquettes Qassam ? Israël lèverait-il alors le boycott économique imposé à Gaza ? Ouvrirait sa frontière au travail palestinien ? Libérerait des prisonniers ? Rencontrerait la direction élue et mènerait des négociations avec elle ? Encouragerait les investissements à Gaza ? Balivernes.

Si les habitants de Gaza restaient tranquilles, comme Israël l'attend d'eux, la question disparaîtrait de l'ordre du jour, chez nous et dans le monde. Israël continuerait la 'convergence' destinée exclusivement à servir ses objectifs tout en ignorant les besoins des Palestiniens. Personne ne prêterait attention au sort des habitants de Gaza s'ils ne recouraient pas à la violence. C'est une vérité terriblement amère, mais les 20 premières années de l'occupation ont passé pour nous dans le calme, et nous n'avons pas bougé le petit doigt pour mettre un terme à cette occupation. Au lieu de ça, profitant du calme, nous avons élaboré l'énorme et criminelle entreprise des colonies.

Et nous poussons maintenant, une fois encore, les Palestiniens à recourir à la pauvre arme dont ils disposent et à laquelle nous répondons en mettant en ouvre presque tout le formidable arsenal en notre possession, tout en continuant à clamer : ce sont eux qui ont commencé.

C'est nous qui avons commencé. Nous qui avons commencé avec l'occupation. C'est à nous qu'incombe d'y mettre un terme, un terme à la fois véritable et absolu. Pour la violence, c'est nous aussi qui avons commencé : il n'y a pas pire violence que la violence d'une occupation s'imposant par la force à tout un peuple et la question de savoir qui a tiré le premier est par conséquent une dérobade destinée à distordre le tableau. Après Oslo également, il s'en est trouvé pour déclarer « nous sommes sortis des Territoires», dans un mélange comparable d'aveuglement et de mensonge.

Gaza se trouve dans une détresse terrible où règnent la mort, la peur, les difficultés de subsistance, loin des yeux des Israéliens et de leur cour. Chez nous, on ne montre que les Qassam. Chez nous, on ne voit que les Qassam. La Cisjordanie continue de vivre sous la botte de l'occupation, l'entreprise des colonies est florissante et toute main tendue en direction d'un règlement, y compris la main d'Ismaïl Haniyeh, est immédiatement repoussée.

Si après cela, quelqu'un avait encore une quelconque hésitation, tomberait alors immédiatement la formule décisive : ce sont eux qui ont commencé. Ce sont eux qui ont commencé et la justice est avec nous. Alors que ce n'est pas eux qui ont commencé et que la justice n'est pas avec nous.

 

11/07/06 - Aux masses de notre peuple résistant


par le Comité de Défense des droits des réfugiés palestiniens, 8 juillet 2006 .

Traduit de l'arabe par le Centre d'Information sur la Résistance en Palestine

En ces moments historiques de la vie de notre peuple palestinien héroïque, la menace israélienne contre notre peuple, notre Autorité et nos institutions , la présidence, le gouvernement et le conseil législatif s'élargit et touche toutes les capacités de notre peuple.

Après l'échec du pari de l'occupant israélien sur une guerre civile interne et après avoir ressenti le danger que pouvait représenter l'accord politique sur la base du document de l'entente nationale, le gouvernement israélien et ses institutions sécuritaires ont mis en scène le second scénario, qui est d'attaquer tout ce qui est vivant sur la terre palestinienne, pour réaliser plusieurs objectifs, les plus importants étant : imposer le plan unilatéral d'Olmert, détruire l'expérience démocratique palestinienne, détruire l'Autorité, créer des bantoustans d'apartheid, spolier la grande grande surface de terre pour enfermer les Palestiniens sur la plus petite surperficie possible, par le biais d'actes illégaux, comme le mur de l'apartheid, la mise en place de ceintures et zones de sécurité, la spoliation de la vallée du Jourdain et la confiscation de l'eau, ainsi que l'anéantissement du rêve de l'établissement d'Etat indépendant et souverain.

Le plus dangereux et le plus grave consiste à créer une situation de nouvel exil, dont les signes sont de plus en plus visibles, voulant contraindre par la force le Palestinien à se déplacer du lieu de sa demeure vers l'extérieur de la Palesitne, tout cela au vu et au su du monde entier.

Face à cette situation, le Comité de défense des droits des réfugiés palestiniens affirme :

1 - le refus de toutes les mesures unilatérales israéliennes qui visent à anéantir l'établissement d'un Etat indépendant sur la terre palestinienne.

2 - l'appel à toutes les institutions internationales leur demandant d'assumer leur rôle, en empêchant une nouvelle expulsion des Palestiniens, en empêchant la poursuite du blocus et l'isolement imposés sur notre peuple, et la libération de tous les prisonniers palestiniens.

3 - L'appel à toutes les forces et institutions palestiniennes leur demandant d'assumer leur rôle en résistant aux mesures israéliennes, en dénonçant et archivant les pratiques de l'occupation et en développant la coordination et l'action commune entre nos institutions, en rejetant l'esprit de la compétition, les divergences et les qurelles, qui n'ont aucunement leur place dans ces conditions où l'ensemble palestinien est visé.

4 - L'appel à l'ensemble des frères dans les mondes arabe et musulman, ainsi qu'à tous les êtres humains libres dans le monde de manifester, d'organiser les rassemblements en solidarité avec notre peuple qui subit une guerre d'extermination.

5 - Nous appelons notre peuple à ne pas abandonner leurs maisons, quelles que soient les menaces et les pressions, nous l'appelons à résister aux tentatives d'expulsion qui risquent d'accentuer l'ampleur de la tragédie palestinienne.

6 - Nous réclamons de ne pas remettre le soldat prisonnier sans la libération des prisonniers palestiniens, comme l'ont défini les organisations de la résistance, nous les appelons à ne pas reculer de cette position stratégique car le prix payé jusqu'à présent est déjà trop lourd, en martyrs et en destructions des infrastructures. Nous retournerons certainement Comité de défense des droits des réfugiés palestiniens

 

10/07/06 - Expérimentation médicale à grande échelle à l'Hôpital Meir

par Ran Reznick, Ha'aretz, 5 juillet 2006.

Original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/734971.html

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et de citer son auteur et sa source.

[Le Professeur Mordechai Ravid et cinq autres médecins et internes de l' Hôpital Meir, à Kfar Sava (Israël) ont mené une expérience médicale sur soixante femmes, arabes, pour la majorité d'entre elles.]

L'expérimentation s'est déroulée sans avoir obtenu l'accord requis du Comité Helsinki pour les expérimentations humaines de l'hôpital en question, et sans le consentement écrit des patients.

Les expérimentations ont été effectuées de 2001 à 2003 sur des patientes diabétiques âgées de 45 à 70 ans.

Cet hôpital avait désigné un comité de pilotage interne en 2005, lequel a constaté que certains des médecins impliqués avaient fourni des informations partielles ou volontairement trompeuses à la hiérarchie supérieure de l' établissement médical.

Les organismes concernés par cette affaire sont notamment le Comité Helsinki de l'Hôpital Meir, l'école de médecine de l'Université de Tel Aviv (dont dépend l'hôpital) et une revue médicale britannique, Diabetic Medicine, qui a publié un article rendant compte de cette expérimentation sans savoir qu' elle était illégale.

L'article rédigé par Ravid et ses collègues indiquait que l'expérimentation avait été approuvée par le Comité Helsinki, mais l'article a reçu le feu vert pour être publié en 2003. L'autorisation du Comité Helsinki a été accordée en réalité seulement trois mois après et auprès, également, que les expérimentations aient été faites sur les patientes.

Le mois dernier, la revue a publié une annonce indiquant que sa prochaine livraison comporterait une clarification inhabituelle, par laquelle elle ferait part de ses regrets d'avoir publié cet article en mai 2004.

Cet avertissement indiquait que la revue souhaitait que ses lecteurs soient conscients des préoccupations entourant la manière dont l'étude a été effectuée et qu'ils traitent par conséquent ses résultats avec la prudence nécessaire. Cette décision a été prise par la revue après que le Dr. Ehud Davidson, directeur de l'Hôpital Meir, ait informé son rédacteur en chef, en décembre 2005, des constats effectués par la revue interne de son hôpital.

L'objet de l'expérimentation en question était de comparer entre eux deux traitements reconnus indiqués contre la protéinurie chez des patients atteints de diabète. Pour les besoins de l'étude, les patients avaient été divisés au hasard en deux groupes, et l'étude avait abouti à la conclusion qu'un des deux médicaments était préférable à l'autre, et que la combinaison des deux traitements aboutissait aux meilleurs résultats.

La demande d'une autorisation Helsinki avait été déposée par le Dr. Ina Slavachevsky en novembre 2003, indiquant que l'étude constituait une partie de la thèse en vue du doctorat de médecine d'un étudiant, Amit Moran. Cette demande indiquait que l'expérimentation était déjà en cours de planification, sans informer le comité, comme requis, que les médecins demandaient, en réalité, une approbation rétroactive pour une expérimentation qu'ils avaient déjà effectuée sur quelque soixante patientes, deux ans auparavant.

Les médecins directeurs de l'étude (Ravid, Slavachevsky et Rita Rahmani) ont déclaré au comité de rédaction de la revue qu' « aussi loin que remontent leurs souvenirs », une demande d'autorisation antérieure avait été soumise à comité Helsinki en 2001, mais qu' « en raison d'erreurs administratives dans la gestion interne du comité, le formulaire avait été « perdu » et que c'est pour cette raison que l'autorisation ne leur avait pas été signifiée en temps utile. »

Mais la commission d'enquête n'a rien trouvé qui corrobore cette affirmation, et il a également repoussé l'argumentation des médecins selon laquelle l'expérimentation ne requérait pas le consentement écrit des patients. Ses membres ont déclaré que seul, le Comité Helsinki est habilité juridiquement à exempter des médecins de leur obligation d'obtenir le consentement des patients qu'ils veulent soumettre à une expérimentation.

De plus, cette commission n'a pas pu vérifier les constations de l'étude, tous les documents ayant disparu des archives de M. Ravid.

L'hôpital n'a transmis les résultats de l'enquête qu'à la direction de la compagnie Clalit Health Services, mais pas au Ministère de la Santé, comme il en avait été requis. La direction de Clalit a transmis les résultats au ministère, gardant « dans la famille » l'aspect embarrassant et délictueux de l'affaire.

Un haut responsable du ministère de la Santé nous a déclaré que Meir (l' hôpital) et Clalit étaient dans l'obligation légale et morale de transmettre les constats de l'enquête au ministère sans délai.

M. Ravid répond qu'il s'est agi d'un « cafouillage administratif et technique », et non d'une « défaillance morale ». Qualifiant la question de « coïncidence malheureuse », M. Ravid nous a déclaré qu'il n'y avait eu « ni malice, ni intention de tromper qui que ce soit. » Il a ajouté que cette affaire n'est qu' « une tempête dans une tasse de thé », et il a insisté sur le fait qu'il n'y a eu en cette occurrence « ni recherche bidonnée, ni déclarations falsifiée ».

M. Ravid a pris sa retraite, en juillet 2004, de son poste de chef du Département D de Médecine Interne de l'Hôpital Meir, et il dirige depuis lors le Centre Médical Maaynei Hyehua de Bnei-Brak. Il a indiqué que l' expérimentation avait été autorisée et qu'il n'a rien à voir avec la disparition des documents cruciaux après son départ de l'Hôpital Meir.

Quant au Dr. Rahmani, il s'est refusé à tout commentaire.

 

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