14/07/06 - Les champs a Gaza n'ont
jamais existé
par Victor Dedaj, juillet 2006.
Source : http://vdedaj.club.fr/spip/index.php
"C'est un cliché de journaliste que de souligner
le caractère futile de lancer des pierres contre des
tanks. Faux. Il est certain qu'il s'agit là d'un acte
symbolique, mais pas futile. Il faut beaucoup de courage pour
affronter une monstre d'acier de 60 tonnes avec des pierres
; l'impuissance du lanceur de pierres à arrêter
le tank ne fait que souligner l'impuissance du tank à
faire ce qu'il est censé faire : terroriser la population."
Gabriel Ash
"Why I won't vote for Kerry"
http://www.yellowtimes.org/article.php?sid=16
(site fermé depuis)
* * * *
"(...) qui par l'eau et qui par le feu, qui par l'épée,
qui par la bête, qui par la famine, qui par la soif,
qui par l'épée, qui par la tempête, qui
par la plaie, qui par strangulation, et qui par lapidation.
Qui se reposera et qui errera, qui vivra en harmonie, qui
sera dévasté, qui connaîtra la sérénité
et qui souffrira, qui sera pauvre et qui sera riche (...)
"
(Prière du U'Netaneh Tokef, traduction avec les moyens
du bord à partir d'une version anglaise)
* * * *
Sionistes : ça faisait longtemps que j'avais envie
de vous dire deux ou trois choses. Ca me démangeait
depuis un certain temps déjà, mais allez savoir
pourquoi... le temps, ou la fainéantise, ou peut-être
les deux. Mais si c'est pas maintenant, alors quand ?
Sionistes : ça fait longtemps que vous me gonflez avec
votre histoire de "terre promise". Que de contorsions
sémantiques pour qualifier un vol en bonne et due forme.
Sionistes : ça fait longtemps que vous me gonflez avec
votre histoire de "peuple élu". Que de beaux
oripeaux pour camoufler votre racisme.
Sionistes : partout où je vous ai croisés, vous
étiez de mauvais côté de la barrière.
Aux côtés de l'Afrique du Sud de l'Apartheid,
aux côtés de armées assassines du Guatemala...
Je n'ai aucune souvenir de vous avoir vu du côté
des exclus, des faibles. Pas une seule fois.
Sionistes : vos gesticulations outrées ne changeront
rien au caractère assassin de cet état d'Israël.
Et épargnez-moi les discours sur la "démocratie
israélienne". Qu'est-ce que ça peut bien
faire qu'Israël soit une démocratie (ou non),
sinon que cela rend une majorité de ses habitants coupable
? Et de même que je ne juge pas un homme sur la façon
qu'il se traite lui-même, mais sur la façon qu'il
traite les autres, je ne vais pas applaudir à la "démocratie"
israélienne sans considération pour ses actes.
Alors, Sionistes : je n'en ai rien à faire de vos opérations
de relations publiques, de vos images d'une société
"moderne" et d'une jeunesse "libre" qui
se trémousse en bikini sur les plages de Tel Aviv
(par opposition, bien sûr, aux matrones voilées
de Gaza qui hurlent leur désespoir).
Sioniste : vous n'aimez pas que l'on vous rappelle qu'une
Assemblée Générale des Nations Unies
a déclaré que votre idéologie était
une forme de racisme.
Sionistes : vous crevez d'envie de me voir prononcer le mot
"juif" et
vous donner ainsi l'occasion de grimper aux rideaux. Peine
perdue car, contrairement à vous, je ne suis pas raciste.
Sionistes : la religion dont vous vous revendiquez est aussi
débile qu'une autre.
Sionistes : je me souviens d'avoir vu interviewer deux de
vos fameux "colons" fraîchement débarqués
de Bordeaux. Un couple de médiocres qui avaient enfin
trouvé quelqu'un à exploiter. Ici ils n'étaient
manifestement rien, allez donc savoir pour qui ils se prenaient
là-bas. Vos colons sont des caricatures de beaufs
accomplis.
Sionistes : vous avez pompeusement donné un petit nom
familier à votre armée d'assassins.
Sionistes : vous avez l'arme atomique en violation de toutes
les conventions internationales.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains,
vous avez violé par la même occasion toutes les
autres conventions et lois internationales.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains,
vous ne respectez aucune loi, aucun accord, aucune signature.
Mais vous les invoquez tous lorsque cela vous arrange.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains,
vous avez sciemment joué la carte des extrémismes
pour mieux brouiller votre propre image.
Sionistes : à l'instar de vos amis néocons américains,
vous couinez votre outrage à chaque acte de résistance
qui vous est opposé.
Vous prenez prétexte du "terrorisme" pour
mener tranquillement votre entreprise d'extermination.
Sionistes : vous avez volé leurs biens, vous avez volé
leurs terres. Vous avez volé leur eau. Vous avez méthodiquement
assassiné par centaines leur enfants, leurs femmes,
leurs vieillards. Vous les avez affamés, détruits,
volés encore, écrasés, persécutés.
Vous leur avez refusé l'éducation, la santé.
Vous avez empêché de pères de porter leurs
enfants se faire soigner. Vous tirez sur des ambulances. Vous
construisez vos routes de merde sur des oliveraies plus que
centenaires.
Sionistes : vous les avez enfermés derrière
des barbelés, derrière un mur. Vous avez appliqué
un blocus. Vous les avez enfermés dans de gigantesques
ghettos. Vous avez crée des camps d'extermination de
basse intensité qui n'osent dire leur nom.
Sionistes : pendant encore combien de temps allez vous nous
accabler avec votre sensiblerie sélective, vos références
sempiternelles à la Shoah ? On n'a jamais rendu hommage
à des victimes en adoptant les méthodes de leurs
bourreaux.
Sionistes : vous avez du vous balancer une fois de trop et
trop près d'un certain mur. Jusqu'à votre nom
sonne désormais comme une insulte à l'intelligence
et à la dignité humaine.
Sionistes : lorsque les digues des dernières réticences
céderont, et que les protestations prendront l'ampleur
et la forme que vos actes méritent, vous ne manquerez
pas, et c'est à parier, de hurler à l'antisémitisme.
Vous auriez tort de vous gêner car c'est, après
tout, ce que vous faites de mieux - juste derrière
la fabrication clandestine de bombes atomiques et le tir au
canon sur des populations sans défense. Nous, nous
assisterons goguenards à cette dernière cartouche
tirée en l'air. Et se joindront à nous des camarades
juifs ou pas, élus ou pas, autrement plus humains que
vous ne l'avez jamais été.
Sionistes : jusqu'où irez vous pour faire aboutir votre
fébrilité messianique ? Combien de bulldozers
faudra-t-il encore faire passer pour donner un semblant de
vérité à vos mensonges ? Ferez-vous des
piles de leurs vêtements et de leurs chaussures ? Vos
jolies soldates de Tsahal se fabriqueront-elles des bijoux
avec leurs dents en or ? Répandrez-vous du sel sur
leurs terres pour effacer toute trace ? Planterez vous un
drapeau sur une cette "terra incognita" et
"inhabitée" que vous revendiquerez au nom
de la couronne de David, assortissant le tout de slogans débiles
tels que "un terre sans peuple pour un peuple sans terre"
? Et sur qui tiriez vous donc ces 50 dernières années
? Sur des boites de conserve ?
Sionistes : dites-nous comment vous espérez conclure
votre délire. Pour peu que vous en ayez la moindre
idée.
Sentirez-vous le poids de vos actes envahir vos cellules grises
ou vous réfugierez-vous dans l'autosuggestion collective
? Que raconterez-vous d'un air faussement naïf aux générations
futures ?
Que vous ne faisiez qu'obéir aux ordres ? Ou bien prononcerez-vous
au contraire ces paroles fatidiques : "les champs à
Gaza n'ont jamais
existé" ?
14/07/06 - Joseph Algazy : "L'Etat
d'Israël veut dominer ses voisins"
Propos recueilli par Gaspard NORRITO, Ouest-France,
12 juillet 2006
Joseph Algazy , militant israélien, participe au Forum
mondial des Droits de l'Homme, à Nantes.
Le siège de Gaza entre dans sa troisième semaine.
L'intellectuel israélien Joseph Algazy parle de terrorisme
d'Etat.
Comment analyses-vous l'action du gouvernement d'Ehoud Olmert
à Gaza ?
L'"establishment" de mon pays veut continuer à
dominer ses voisins arabes et palestiniens. Il est dans une
position très dure. Libérer le soldat israélien,
ce gouvernement s'en fiche. S'il s'en souciait, il négocierait.
56 % viennent de dire par sondage qu'ils veulent des pourparlers
pour des échanges de prisonniers.
On peut négocier avec le Hamas ?
Je suis très critique avec les attentats de ce mouvement.
Mais il a gagné les élections, je n'y peux rien.
Il faut prendre en considération la nouvelle donne.
Car enfin, souvenez-vous: qui était Bégin ?
Un terroriste. Et Shamir ? Le leader d'un groupe terroriste.
Avant ces opérations militaires, les groupes extrémistes
palestiniens, dans un accord avec Mahmoud Abbas, reconnaissaient
implicitement l'existence de l'état d'Israël.
Non ?
Bien sûr, un jour avant. On est en train d'enterrer
politiquement Abou Mazen (Mahmoud Abbas). Ces opérations
renforcent le Hamas. On parle d'un soldat enlevé. Mais
on falsifie les choses. Il y a eu bataille. Le soldat a été
fait prisonnier. Je le répète: je condamne le
terrorisme de ces groupes. Mais je dois constater que mon
pays use d'une politique de terrorisme d'Etat.
Ces actions militaires, de part et d'autre, augurent mal
du retrait israélien de Cisjordanie. Croyez-vous aux
chances d'un tel retrait unilatéral ?
Vous parlez de retrait. Mais s'est-on retiré de Gaza
? Nous encerclons tout. Les Palestiniens ne peuvent aller
voir leurs frères en Cisjordanie, nous les tenons à
la gorge. Nous disons: nous faisons une muraille pour que
chacun vive chez soi. Mais cela va nous mener où ?
À un ghetto. Est-ce cela qui va garantir la vie d'Israël
à long terme ?
Vous croyez qu'Ehoud Olmert appliquera, en Cisjordanie, les
méthodes éprouvées à Gaza ?
Sans aucun doute. Ce sera peut-être pire. Le retrait
unilatéral est voué à l'échec.
Les Palestiniens ne vont pas se taire. Si le Hamas échoue,
on aura le Jihad islamique. Nous poussons ce peuple dans des
situations invivables, à la désespérance.
12/07/06 - Qui a commencé ?
par Gideon Levy, Haaretz, 9 juillet 2006.
Traduit de l'hébreu par Michel Ghys
« Nous sommes sortis de Gaza et ils tirent des roquettes
Qassam » - rien n'exprime plus précisément
l'opinion générale à propos de l'actuel
cycle de confrontation.
« Ils ont commencé» : telle sera la réponse
lancée à qui essaierait néanmoins de
soutenir que par exemple, quelques heures avant le premier
Qassam tombé, sans faire de dégâts, sur
une école à Ashkelon, Israël avait semé
la destruction dans l'Université Islamique de Gaza.
Israël plonge Gaza dans l'obscurité, lui impose
un siège, bombarde, liquide et emprisonne, tue et blesse
des civils, dont des enfants et des bébés en
nombres terrifiants, mais : « ils ont commencé
».
Et puis aussi, ils « violent les règles »
fixées par Israël : à nous, il est permis
de bombarder comme cela nous chante, mais il leur est interdit
de lancer un Qassam. Quand eux tirent un Qassam sur Ashkelon,
on est tout de suite « / un degré plus haut /
», alors que quand nous bombardons une université
ou une école, c'est dans l'ordre des choses. Pourquoi
? Parce que ce sont eux qui ont commencé. Et que dès
lors, la justice est toute de notre côté, pense
la majorité. Comme dans une dispute au jardin d'enfants,
« qui a commencé ? » est devenu la carte
morale gagnante d'Israël pour tout crime commis.
Mais alors, qui a vraiment « commencé»
? Sommes-nous réellement « / sortis de Gaza /
» ? Israël n'est sorti de Gaza que partiellement
et de manière retorse. Le plan de désengagement,
qui s'était qualifié sentencieusement - «
partage du pays », « fin de l'occupation »
- a effectivement conduit au démantèlement des
colonies et au départ de l'armée israélienne
de la Bande de Gaza, mais il n'a quasiment rien changé
aux conditions de vie de ses habitants. Gaza est encore une
prison et ses habitants toujours condamnés à
vivre dans la pauvreté et l'oppression.
Israël les enferme de tous côtés - mer,
air et terre ferme - à l'exception de la soupape de
sécurité limitée du passage de Rafah.
Ils ne peuvent rendre visite à des proches vivant en
Cisjordanie ni chercher du travail en Israël dont l'économie
de Gaza a été totalement dépendante pendant
environ 40 ans. Faire passer des marchandises est parfois
permis, parfois interdit.
Gaza n'a aucune chance, dans de telles conditions, d'échapper
à la pauvreté. Personne n'y investira, personne
ne pourra développer Gaza. Nul ne peut s'y sentir libre.
Israël est sorti de la cage, a jeté les clés
et abandonné les habitants à l'amertume de leur
sort. Maintenant, moins d'un an après le désengagement,
Israël fait, dans la violence et la force, le chemin
du retour.
Que pouvait-on espérer ? Qu'Israël se retire
unilatéralement, en ignorant ouvertement et outrageusement
l'existence et les besoins des Palestiniens, et que ceux-ci
portent en silence toute l'amertume de leur sort et ne poursuivent
pas le combat pour leur liberté, leur honneur et un
moyen de subsistance ? Nous avions promis un accès
sécurisé vers la Cisjordanie et nous n'avons
pas tenu notre promesse. Nous avions promis de libérer
des prisonniers et nous n'avons pas tenu notre promesse. Nous
avons appuyé la tenue d'élections démocratiques
pour ensuite boycotter les dirigeants légalement élus,
confisquer l'argent qui revient à l'Autorité
Palestinienne et déclarer la guerre à celle-ci.
Nous aurions pu nous retirer de Gaza dans le cadre de négociations
et d'une coordination, et tout en renforçant la direction
palestinienne existante, mais nous avons refusé et
nous voilà maintenant, à nouveau, à nous
plaindre de « l'absence de dirigeants ». Nous
avons fait tout ce qui était possible pour écraser
la société et la direction palestiniennes, nous
avons veillé le mieux possible à ce que le désengagement
n'annonce pas l'ouverture d'un nouveau chapitre dans nos relations
avec le peuple voisin, et maintenant nous sommes surpris de
la violence et de la haine que nous avons nous-mêmes
semées.
Que se passerait-il si les Palestiniens ne lançaient
pas de roquettes Qassam ? Israël lèverait-il alors
le boycott économique imposé à Gaza ?
Ouvrirait sa frontière au travail palestinien ? Libérerait
des prisonniers ? Rencontrerait la direction élue et
mènerait des négociations avec elle ? Encouragerait
les investissements à Gaza ? Balivernes.
Si les habitants de Gaza restaient tranquilles, comme Israël
l'attend d'eux, la question disparaîtrait de l'ordre
du jour, chez nous et dans le monde. Israël continuerait
la 'convergence' destinée exclusivement à servir
ses objectifs tout en ignorant les besoins des Palestiniens.
Personne ne prêterait attention au sort des habitants
de Gaza s'ils ne recouraient pas à la violence. C'est
une vérité terriblement amère, mais les
20 premières années de l'occupation ont passé
pour nous dans le calme, et nous n'avons pas bougé
le petit doigt pour mettre un terme à cette occupation.
Au lieu de ça, profitant du calme, nous avons élaboré
l'énorme et criminelle entreprise des colonies.
Et nous poussons maintenant, une fois encore, les Palestiniens
à recourir à la pauvre arme dont ils disposent
et à laquelle nous répondons en mettant en ouvre
presque tout le formidable arsenal en notre possession, tout
en continuant à clamer : ce sont eux qui ont commencé.
C'est nous qui avons commencé. Nous qui avons commencé
avec l'occupation. C'est à nous qu'incombe d'y mettre
un terme, un terme à la fois véritable et absolu.
Pour la violence, c'est nous aussi qui avons commencé
: il n'y a pas pire violence que la violence d'une occupation
s'imposant par la force à tout un peuple et la question
de savoir qui a tiré le premier est par conséquent
une dérobade destinée à distordre le
tableau. Après Oslo également, il s'en est trouvé
pour déclarer « nous sommes sortis des Territoires»,
dans un mélange comparable d'aveuglement et de mensonge.
Gaza se trouve dans une détresse terrible où
règnent la mort, la peur, les difficultés de
subsistance, loin des yeux des Israéliens et de leur
cour. Chez nous, on ne montre que les Qassam. Chez nous, on
ne voit que les Qassam. La Cisjordanie continue de vivre sous
la botte de l'occupation, l'entreprise des colonies est florissante
et toute main tendue en direction d'un règlement, y
compris la main d'Ismaïl Haniyeh, est immédiatement
repoussée.
Si après cela, quelqu'un avait encore une quelconque
hésitation, tomberait alors immédiatement la
formule décisive : ce sont eux qui ont commencé.
Ce sont eux qui ont commencé et la justice est avec
nous. Alors que ce n'est pas eux qui ont commencé et
que la justice n'est pas avec nous.
11/07/06 - Aux masses de notre peuple
résistant
par le Comité de Défense des droits
des réfugiés palestiniens, 8 juillet
2006 .
Traduit de l'arabe par le Centre d'Information
sur la Résistance en Palestine
En ces moments historiques de la vie de notre peuple palestinien
héroïque, la menace israélienne contre
notre peuple, notre Autorité et nos institutions ,
la présidence, le gouvernement et le conseil législatif
s'élargit et touche toutes les capacités de
notre peuple.
Après l'échec du pari de l'occupant israélien
sur une guerre civile interne et après avoir ressenti
le danger que pouvait représenter l'accord politique
sur la base du document de l'entente nationale, le gouvernement
israélien et ses institutions sécuritaires ont
mis en scène le second scénario, qui est d'attaquer
tout ce qui est vivant sur la terre palestinienne, pour réaliser
plusieurs objectifs, les plus importants étant : imposer
le plan unilatéral d'Olmert, détruire l'expérience
démocratique palestinienne, détruire l'Autorité,
créer des bantoustans d'apartheid, spolier la grande
grande surface de terre pour enfermer les Palestiniens sur
la plus petite surperficie possible, par le biais d'actes
illégaux, comme le mur de l'apartheid, la mise en place
de ceintures et zones de sécurité, la spoliation
de la vallée du Jourdain et la confiscation de l'eau,
ainsi que l'anéantissement du rêve de l'établissement
d'Etat indépendant et souverain.
Le plus dangereux et le plus grave consiste à créer
une situation de nouvel exil, dont les signes sont de plus
en plus visibles, voulant contraindre par la force le Palestinien
à se déplacer du lieu de sa demeure vers l'extérieur
de la Palesitne, tout cela au vu et au su du monde entier.
Face à cette situation, le Comité de défense
des droits des réfugiés palestiniens affirme
:
1 - le refus de toutes les mesures unilatérales israéliennes
qui visent à anéantir l'établissement
d'un Etat indépendant sur la terre palestinienne.
2 - l'appel à toutes les institutions internationales
leur demandant d'assumer leur rôle, en empêchant
une nouvelle expulsion des Palestiniens, en empêchant
la poursuite du blocus et l'isolement imposés sur notre
peuple, et la libération de tous les prisonniers palestiniens.
3 - L'appel à toutes les forces et institutions palestiniennes
leur demandant d'assumer leur rôle en résistant
aux mesures israéliennes, en dénonçant
et archivant les pratiques de l'occupation et en développant
la coordination et l'action commune entre nos institutions,
en rejetant l'esprit de la compétition, les divergences
et les qurelles, qui n'ont aucunement leur place dans ces
conditions où l'ensemble palestinien est visé.
4 - L'appel à l'ensemble des frères dans les
mondes arabe et musulman, ainsi qu'à tous les êtres
humains libres dans le monde de manifester, d'organiser les
rassemblements en solidarité avec notre peuple qui
subit une guerre d'extermination.
5 - Nous appelons notre peuple à ne pas abandonner
leurs maisons, quelles que soient les menaces et les pressions,
nous l'appelons à résister aux tentatives d'expulsion
qui risquent d'accentuer l'ampleur de la tragédie palestinienne.
6 - Nous réclamons de ne pas remettre le soldat prisonnier
sans la libération des prisonniers palestiniens, comme
l'ont défini les organisations de la résistance,
nous les appelons à ne pas reculer de cette position
stratégique car le prix payé jusqu'à
présent est déjà trop lourd, en martyrs
et en destructions des infrastructures. Nous retournerons
certainement Comité de défense des droits des
réfugiés palestiniens
10/07/06 - Expérimentation
médicale à grande échelle à l'Hôpital
Meir
par Ran Reznick, Ha'aretz,
5 juillet 2006.
Original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/734971.html
Traduit de l'anglais par Marcel
Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs
pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette
traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction,
à condition d'en respecter l'intégrité
et de citer son auteur et sa source.
[Le Professeur Mordechai
Ravid et cinq autres médecins et internes de l' Hôpital
Meir, à Kfar Sava (Israël) ont mené une
expérience médicale sur soixante femmes, arabes,
pour la majorité d'entre elles.]
L'expérimentation s'est déroulée
sans avoir obtenu l'accord requis du Comité Helsinki
pour les expérimentations humaines de l'hôpital
en question, et sans le consentement écrit des patients.
Les expérimentations ont été
effectuées de 2001 à 2003 sur des patientes
diabétiques âgées de 45 à 70 ans.
Cet hôpital avait désigné
un comité de pilotage interne en 2005, lequel a constaté
que certains des médecins impliqués avaient
fourni des informations partielles ou volontairement trompeuses
à la hiérarchie supérieure de l' établissement
médical.
Les organismes concernés par cette
affaire sont notamment le Comité Helsinki de l'Hôpital
Meir, l'école de médecine de l'Université
de Tel Aviv (dont dépend l'hôpital) et une revue
médicale britannique, Diabetic Medicine, qui a publié
un article rendant compte de cette expérimentation
sans savoir qu' elle était illégale.
L'article rédigé par Ravid
et ses collègues indiquait que l'expérimentation
avait été approuvée par le Comité
Helsinki, mais l'article a reçu le feu vert pour être
publié en 2003. L'autorisation du Comité Helsinki
a été accordée en réalité
seulement trois mois après et auprès, également,
que les expérimentations aient été faites
sur les patientes.
Le mois dernier, la revue a publié
une annonce indiquant que sa prochaine livraison comporterait
une clarification inhabituelle, par laquelle elle ferait part
de ses regrets d'avoir publié cet article en mai 2004.
Cet avertissement indiquait que la revue
souhaitait que ses lecteurs soient conscients des préoccupations
entourant la manière dont l'étude a été
effectuée et qu'ils traitent par conséquent
ses résultats avec la prudence nécessaire. Cette
décision a été prise par la revue après
que le Dr. Ehud Davidson, directeur de l'Hôpital Meir,
ait informé son rédacteur en chef, en décembre
2005, des constats effectués par la revue interne de
son hôpital.
L'objet de l'expérimentation en question
était de comparer entre eux deux traitements reconnus
indiqués contre la protéinurie chez des patients
atteints de diabète. Pour les besoins de l'étude,
les patients avaient été divisés au hasard
en deux groupes, et l'étude avait abouti à la
conclusion qu'un des deux médicaments était
préférable à l'autre, et que la combinaison
des deux traitements aboutissait aux meilleurs résultats.
La demande d'une autorisation Helsinki avait
été déposée par le Dr. Ina Slavachevsky
en novembre 2003, indiquant que l'étude constituait
une partie de la thèse en vue du doctorat de médecine
d'un étudiant, Amit Moran. Cette demande indiquait
que l'expérimentation était déjà
en cours de planification, sans informer le comité,
comme requis, que les médecins demandaient, en réalité,
une approbation rétroactive pour une expérimentation
qu'ils avaient déjà effectuée sur quelque
soixante patientes, deux ans auparavant.
Les médecins directeurs de l'étude
(Ravid, Slavachevsky et Rita Rahmani) ont déclaré
au comité de rédaction de la revue qu' «
aussi loin que remontent leurs souvenirs », une demande
d'autorisation antérieure avait été soumise
à comité Helsinki en 2001, mais qu' «
en raison d'erreurs administratives dans la gestion interne
du comité, le formulaire avait été «
perdu » et que c'est pour cette raison que l'autorisation
ne leur avait pas été signifiée en temps
utile. »
Mais la commission d'enquête n'a rien
trouvé qui corrobore cette affirmation, et il a également
repoussé l'argumentation des médecins selon
laquelle l'expérimentation ne requérait pas
le consentement écrit des patients. Ses membres ont
déclaré que seul, le Comité Helsinki
est habilité juridiquement à exempter des médecins
de leur obligation d'obtenir le consentement des patients
qu'ils veulent soumettre à une expérimentation.
De plus, cette commission n'a pas pu vérifier
les constations de l'étude, tous les documents ayant
disparu des archives de M. Ravid.
L'hôpital n'a transmis les résultats
de l'enquête qu'à la direction de la compagnie
Clalit Health Services, mais pas au Ministère de la
Santé, comme il en avait été requis.
La direction de Clalit a transmis les résultats au
ministère, gardant « dans la famille »
l'aspect embarrassant et délictueux de l'affaire.
Un haut responsable du ministère de
la Santé nous a déclaré que Meir (l'
hôpital) et Clalit étaient dans l'obligation
légale et morale de transmettre les constats de l'enquête
au ministère sans délai.
M. Ravid répond qu'il s'est agi d'un
« cafouillage administratif et technique », et
non d'une « défaillance morale ». Qualifiant
la question de « coïncidence malheureuse »,
M. Ravid nous a déclaré qu'il n'y avait eu «
ni malice, ni intention de tromper qui que ce soit. »
Il a ajouté que cette affaire n'est qu' « une
tempête dans une tasse de thé », et il
a insisté sur le fait qu'il n'y a eu en cette occurrence
« ni recherche bidonnée, ni déclarations
falsifiée ».
M. Ravid a pris sa retraite, en juillet 2004,
de son poste de chef du Département D de Médecine
Interne de l'Hôpital Meir, et il dirige depuis lors
le Centre Médical Maaynei Hyehua de Bnei-Brak. Il a
indiqué que l' expérimentation avait été
autorisée et qu'il n'a rien à voir avec la disparition
des documents cruciaux après son départ de l'Hôpital
Meir.
Quant au Dr. Rahmani, il s'est refusé
à tout commentaire.
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