Palestine

20/06/06 - L'Autorité [anti-] palestinienne

par Joseph Massad, Al-Ahram Weekly online n°799, 15 juin 2006.

Original : http://weekly.ahram.org.eg/2006/799/op11.htm

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

[« La véritable fracture, au sein de la société palestinienne, est celle qui sépare ceux qui se battent pour conserver leurs privilèges de classe hérités d'Oslo, et leurs opposants, qui défendent les fondamentaux de la cause palestinienne », écrit Joseph Massad.]

 

L'auteur est professeur assistant de politique et d'histoire intellectuelle arabes contemporaines à l'Université Columbia. Récemment, la maison d'édition Routledge a publié un de ses ouvrages : « The Persistence of the Palestinian Question » (La permanence de la question palestinienne.

 

Parmi les principales mesures prises par les architectes israéliens et palestiniens des accords d'Oslo afin de garantir la survie structurelle de ce qu'il est convenu d'appeler le « processus de paix », on relèvera la création de structures, d'institutions et de classes qui leur sont directement liées et qui sont en mesure de survivre y compris à l' effondrement des accords eux-mêmes, tout en préservant le « processus » généré par lesdits accords. Cette garantie a été consacrée par la loi et soutenue par un financement international « justifié » par la nécessité d' assurer la continuation du « processus d'Oslo », aussi longtemps qu'il continuera à servir les intérêts d'Israël et des USA, ainsi que ceux de l'élite palestinienne corrompue qui l'a avalisé.

Les cinq principales classes créées par les architectes d'Oslo afin d' assurer la pérennité du « processus » sont les suivantes :

- Une classe politique, divisée entre des gens élus pour servir le processus d'Oslo - qu'il s'agisse du Conseil législatif palestinien ou de l'exécutif (pour l'essentiel, le président de l'Autorité palestinienne) -, et ceux qui ont été désignés afin de servir ceux qui sont élus, soit dans les ministères, soit dans le cabinet présidentiel.

- Une classe de flics, comptant des dizaines de milliers de membres, dont la fonction est de défendre le processus d'Oslo contre tous les Palestiniens désireux de le saper. Cette classe se partage entre plusieurs services de sécurité et de renseignement en concurrence entre eux et qui, tous, veulent démontrer qu'ils sont plus aptes les uns que les autres à neutraliser toute menace contre le processus d'Oslo. Sous l'autorité d'Arafat, des membres de cette classe ont inauguré leur entrée en fonction en fusillant quatorze Palestiniens qu'ils considéraient ennemis du « processus », à Gaza, en 1994. Cet exploit leur valut le respect initial des Usaméricains et des Israéliens, qui insistèrent auprès de la classe de flicage, en lui demandant d'utiliser plus de répression qu'elle ne le faisait, afin d'être plus efficace. - Une classe bureaucratique, attachée à la classe politique et à la classe-flic, qui constitue un corps administratif de dizaines de milliers d' agents qui exécutent les ordres des élus et des nommés au service du « processus ».

- Une classe d'ONG [organisations non-gouvernementales] : autre classe bureaucratique et technocratique, dont les finances dépendent totalement de leur efficacité à servir le processus d'Oslo et à en assurer le plein succès grâce à leur planification et à leurs prestations de services. - Une classe d'affairistes, composée d'hommes d'affaires palestiniens expatriés ainsi que d'hommes d'affaires encore sur place, dont, en particulier, des membres des classes politique, policière et bureaucratique - dont les revenus sont tirés de leur investissement dans le processus d'Oslo et de marchés lucratifs que, seule, l'Autorité palestinienne peut rendre possible.

Alors que la classe ONG ne reçoit pas d'argent de l'Autorité palestinienne, étant donné qu'elle bénéficie de largesses de gouvernements étrangers et d' organisations non-gouvernementales étrangères, structurellement liées au processus d'Oslo, les classes politique, policière et bureaucratique reçoivent tous leurs financements - légitimes et illégitimes - directement de l'Autorité palestinienne. En liant la vie matérielle de dizaines de milliers de Palestiniens aux processus d'Oslo, ses architectes leur ont donné un contrôle crucial sur sa pérennité, même, en particulier, au cas où ce processus s'avérait dans l'incapacité de produire le moindre résultat politique. Pour l'élite palestinienne qui a pris en charge l'Autorité, la principale tâche, depuis le début, a consisté à s'assurer que le processus d 'Oslo continue bien (sans égard à la question de savoir s'il produit de quelconques résultats, ou non) et que ladite élite reste bien aux manettes de toutes les institutions en garantissant la survie. Ce que l'élite n'a pas prévu, c'est qu'elle pouvait éventuellement perdre le contrôle au profit du Hamas - opposant notoire au processus d'Oslo - qui, conformément à l' attente, avait boycotté les élections de 1994 concoctées et contrôlées par le Fatah. Les élections de 2006, qu'encore une fois le Fatah était certain de remporter, ont représenté un tremblement de terre qui pourrait bien détruire toutes ces garanties structurelles et, avec elles, le « processus » qu'elles étaient ontologiquement chargées de protéger.

Si, sous l'OLP [Organisation de Libération de la Palestine], la « cause » (nationale palestinienne) était en principe ce à quoi les Palestiniens étaient le plus attachés, sous l'Autorité palestinienne, c'était au « processus » que les Palestiniens étaient priés de se dévouer. C'est dans ce contexte que les incitations financières à rejoindre une des classes que nous avons indiquées étaient censées garantir que les Palestiniens allaient demeurer fidèles au processus. La récente panique manifestée par les classes politique, policière et bureaucratique de l'Autorité palestinienne est directement liée à leur perception qu'à moins qu'elles ne renversent la victoire du Hamas, leur pérennité même de classes bénéficiaires sera remise en cause. De fait, même des intellectuels et des technocrates appartenant à la classe des ONG expliquent d'ores et déjà que la victoire du Hamas n'a pas été aussi importante qu'on avait pu le penser dans un premier temps, pour peu que l'on recourre à une analyse méticuleuse circonscription par circonscription, etc., tout en prodiguant leurs avis et leurs conseils aux trois classes de l'Autorité palestinienne sur la manière de saper le pouvoir du Hamas. La classe affairiste palestinienne s'est, quant à elle, réunie à Londres, essentiellement aux fins d'exhorter le Hamas à soutenir [lui aussi], le « processus ».

Ainsi, dès la victoire électorale du Hamas, des membres de la classe politique ont commencé à rencontrer (ouvertement, mais aussi secrètement) des responsables usaméricains et israéliens pour étudier les moyens de le saper. Ces plans allaient rapidement impliquer des pays arabes voisins tout aussi serviles que l'Autorité palestinienne elle-même vis-à-vis des intérêts israéliens et usaméricains. La classe politique de l'Autorité palestinienne ne se préoccupait plus de savoir si son jeu commençait à être connu par l' opinion publique : d'où l'arrestation spectaculaire d'un responsable du Hamas au motif qu'il introduisait des dons étrangers à Gaza - une infraction pour laquelle il n'aurait jamais été arrêté, s'il avaitrespecté la traditionnelle corruption du Fatah et des responsables de l'Autorité palestinienne qui, bien loin d'introduire des fonds à Gaza, volent régulièrement l'argent public palestinien et l'en exfiltrent ! La classe policière est accourue dare-dare afin de réaffirmer son pouvoir, démontrant qu'elle n'est rien d'autre qu'un ensemble de gangs de malfrats entièrement voués à la répression des Palestiniens, au service du processus. La bureaucratie refusa de coopérer avec des responsables du Hamas, et elle se mit à les menacer et à leur interdire l'accès à leurs propres bureaux ministériels ! La dernière attaque contre les bureaux du Premier ministre et le bâtiment du Conseil législatif palestinien, à Ramallah, qui ont été incendiés, indiquent clairement que ces trois classes créées par l'Autorité palestinienne feront absolument tout et n'importe quoi pour assurer la continuation du flot de leurs prébendes découlant d'Oslo.

Le fait souvent évoqué que des dizaines de milliers de fonctionnaires de l' Autorité palestinien ne percevaient plus leur salaire aurait sans doute ému davantage la population palestinienne si elle avait été elle-même régulièrement payée. La majorité des Palestiniens percevant des revenus minuscules - quand ils en perçoivent - depuis le début de la deuxième Intifada, la situation des fonctionnaires de l'Autorité palestinienne fut perçue, à juste titre, comme nullement unique, ni en quoi que ce soit plus tragique que celle des autres Palestiniens. En réalité, c'est même le fait que les classes bénéficiaires d'Oslo se retrouve à la même enseigne que le reste de la population palestinienne - qui représente, de fait, les classes lésées par Oslo - qui semble mettre hors d'elles les classes de l'Autorité palestinienne. Par conséquent, ces classes sont déterminées à éviter de perdre leurs privilèges de classe, à n'importe quel prix.

Et, de fait, la victoire électorale du Hamas est en train d'aider à unifier le Fatah, qui était en proie aux divisions et aux tiraillements internes avant les élections, à tel point qu'encore en janvier dernier, il se disait, entre éléments du Fath, que si Mahmûd 'Abbâs ajournait les élections, ils l' assassineraient. 'Abbâs, qui, contrairement à 'Arafât, n'a pas de soutien au niveau de la base du Fatah, a les mains plus libres que le dirigeant disparu pour marchander avec les Usaméricains et les Israéliens la garantie de la poursuite du « processus ». Le Fatah est en train de se rallier à 'Abbâs, exactement de la même manière que 'Abbâs se rallie à lui. De fait, 'Abbâs a récemment fait la paix avec ce qu'on considère comme la gauche de l'OLP - qu 'à l'instar d'Arafât, avant lui, il a continué à démanteler - en se rabibochant avec Farûq al-Qaddûmiyy et Suhâ 'Arafât, après des mois de bouderie. Toutefois, on ne voit pas encore clairement si l'Autorité palestinienne va recommencer à payer Suhâ et sa fille au moyen de chèques de plusieurs millions de dollars. Même le turbulent Muhammad Dahlân, qui voudrait tout le gâteau pour lui, est en train de voler au secours de 'Abbâs.

'Abbâs, qui est en train de consolider et de centraliser l'autorité dans ses propres mains pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, a même créé récemment une garde prétorienne chargée d'assurer sa sécurité en tant que gardien suprême (peut-être devrait-on parler de parrain ?) du « processus ». Israël s'est précipité pour autoriser l'entrée d'armes dans les territoires occupés afin d'équiper cette nouvelle force répressive. Comme cela ressort clairement des déclarations de 'Abbâs, l'unique fois où il élève la voix contre les Israéliens, c'est quand Ariel Sharon, puis Ehud Olmert, menacent de mettre un terme au « processus » par une action unilatérale. Sinon, 'Abbâs s'est toujours montré tout à fait réceptif à toute proposition israélo-usaméricaine.

De son côté, le Hamâs joue un rôle qui n'est pas sans évoquer Salvador Allende. Comme Allende, le Hamas continue à insister à jouer le jeu démocratique, tandis que ses gangsters et ses malfrats d'opposants ne reculent devant absolument rien dans leurs agissements conspirateurs et traîtres. Il est vrai que l'attaque contre le bureau du Premier ministre Haniyyéh n'a pas eu la magnitude du bombardement du palais de la Moneda, le 11 septembre 1973. Mais les malfrats ont démontré qu'ils sont prêts à aller aussi loin que Pinochet, au service des intérêts du Fatah et d'Israël. En dépit de tout ça, le Hamâs semble avoir fait montre d'une retenue pour moins curieuse. Il aurait pu, par exemple, arrêter la totalité des dirigeants du Fatah (et beaucoup de ses cadres moyens), ainsi que les responsables de l' Autorité palestinienne, pour corruption et haute trahison - délits pour lesquels il dispose de quantité de preuves, ce qui lui aurait permis de les juger au cours d'un procès public et équitable. Il aurait pu mobiliser la population contre ces personnages corrompus au moyen de manifestations, et à travers les médias. Le fait qu'il n'en ait rien fait atteste de sa volonté de préserver un semblant de paix et de ne pas répondre aux provocations annonciatrices d'une guerre civile que l'élite défaite de l'Autorité palestinienne veut provoquer, car elle constituerait un moyen envisageable de ré-instaurer le « processus ».

Tandis que l'Autorité palestinienne et ses classes commensales sont en train de livrer bataille afin de conserver en vie le « processus », les Israéliens ont donné toutes les indications que le « processus » était terminé, à leurs yeux, depuis bien longtemps. Pour eux, le processus d'Oslo était une étape nécessaire, mais historiquement limitée, servant à coopter le leadership palestinien, à renforcer la mainmise israélienne sur les territoires palestiniens volés et à normaliser le statut diplomatique d'Israël dans le monde arabe et dans le monde entier. Les Israéliens ayant obtenu tous ces objectifs, le processus ne leur sert plus à rien. Actuellement, leurs bombardements continuels et leurs assassinats de civils palestiniens ainsi que d'hommes politiques pro- et anti-« processus », en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ne montrent nul signe de rémission. Le processus d'Oslo, qui n'a apporté que calamité après calamité au peuple palestinien, n'a qu' une seule motivation à se poursuivre : la survie des classes de l'Autorité palestinienne qui en sont les uniques bénéficiaires.

 

Ne vous y trompez pas : c'est autour de cela que tourne la bataille actuelle en Cisjordanie et à Gaza. Ce qui est en jeu, c'est le sort de neuf millions de Palestiniens.

 

 

20/06/06 - Bilan de la semaine du 6 au 12 juin 2006 : 24 morts, 84 blessés et 83 interpellations


par IPC , 18 juin 2006. Source : <http://www.ipc.gov.ps/>

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft

Dans un récent rapport sur les agressions israéliennes à l'encontre du peuple palestinien, le Centre national palestinien d'information a recensé 24 morts, 84 blessés et 83 interpellations au cours des 35 agressions militaires israéliennes ayant donné lieu à 815 violations des droits des Palestiniens, dans la semaine du 06/06/06 au 12/06/06.
Sur les 24 Palestiniens tués au cours de ces agressions israéliennes, 6 ont été victimes d'attentats ciblés.
Le rapport indique que les forces d'occupation israéliennes ont utilisé au cours de leurs agressions tous les moyens militaires à leur disposition, causant de très graves préjudices au peuple palestinien. Ces agressions ont consisté notamment en des tirs et des lancements d'obus sur les zones habitées, des invasions répétées des villes et villages palestiniens, l'installation de barrages militaires aux carrefours et sur les routes conduisant aux villes et villages, les fermetures et les interdictions d'accès aux localités, la confiscation des terres et autres.
Le rapport recense avec précision l'ensemble des agressions et des atteintes israéliennes à l'encontre du peuple palestinien au cours de la semaine du 06/06/06 au 12/06/06 :
Les forces d'occupation israéliennes ont ainsi exécuté 147 descentes au cours des 53 invasions des villes et villages palestiniens, établi 116 barrages militaires routiers provisoires au cours des 44 opérations d'établissement de barrages.
Il y a eu 377 fermetures et interdictions d'accès aux villes et villages.
Cette semaine, les colons ont agressé 6 de nos concitoyens.
Le rapport indique d'autre part que d'autres agressions, telles que les fouilles de maison, l'arrestation des citoyens au niveau des barrages militaires routiers, la poursuite de la construction du mur de l'apartheid, l'interdiction de passage au niveau des accès internationaux ont continué de plus belle et qu'il y a eu au cours de la semaine écoulée, 9 cas de nivellement de terres des citoyens.
Ainsi, le nombre de violations israéliennes à l'encontre du peuple palestinien au cours de la période allant du 08/02/2005, date de la tenue du sommet de Charm El Cheikh, au 12/06/2006, s'établit de la manière suivante :
41 247 violations dont 4112 tirs de feu ayant entraîné 331 morts et 2077 blessés palestiniens.
Les forces d'occupation israéliennes ont établi au cours de cette période 6693 barrages provisoires, interpellé 7000 citoyens palestiniens.
La superficie totale des terres confisquées par les forces d'occupation, se monte à 37 977 Dunums, en plus des nivellements de terres et l'arrachage d'arbres dont le nombre est de 263. Les colons ont agressé au cours de cette période 709 fois nos concitoyens.

 

17/06/06 - Un grand stock d'armes est maintenant amassé à la Muqata

Des sources bien informées du mouvement du Fatah ont affirmé jeudi quun grand chargement darmes était entré à Ramallah ces derniers jours et qu'elles étaient maintenant amassées dans les quartiers généraux du chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Ces sources ont indiqué à un correspondant du Centre Palestinien d'Information que le chargement, négocié avec un vendeur d'armes israélien, incluait des lance-roquettes, des mitraillettes et des munitions.

Elles craignent que les armes aient été intentionnellement autorisées en Cisjordanie pour alimenter les conflits dans l'arène palestinienne et pour lancer une guerre civile.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré quelques jours auparavant qu'il approuvait l'aide aux gardes présidentiels d'Abbas en armes et en munitions pour « affronter le Hamas ».

Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas, a appelé Abbas à clarifier l'affaire, mais aucune déclaration de la part du chef de l'Autorité palestinienne n'a été prononcée sur la question jusquà maintenant. Source : CPI (Palestine/Israël) sur voltairenet.org

 

17/06/06 - L'Union européenne prête à verser 100 millions en contournant le Hamas : comment va-t-elle s'y prendre ?

Les 25 ont approuvé un paquet d'aides d'environ 100 millions d'euros pour les Palestiniens, à verser via un fonds conçu pour contourner le gouvernement dirigé par le Hamas, d'ici début juillet, a indiqué vendredi une porte-parole communautaire.

Selon la porte-parole de la commissaire aux Relations extérieures Bénita Ferrero-Waldner, les 25 ont approuvé un paquet composé de trois parties, dont les deux premières, des fournitures de base pour la santé et l'approvisionnement en énergie, devraient pouvoir être débloquées d'ici début juillet.

Une troisième partie, qui prévoit un "filet de protection sociale" incluant des paiements directs à des Palestiniens sur "la base du besoin", risque de "prendre plus de temps", a indiqué la porte-parole, Emma Udwin.

La question du paiement de certains employés palestiniens via ce fonds -- alors que 160.000 fonctionnaires palestiniens n'ont pas été payés depuis mars -- pose problème pour les Américains, hostiles au versement de tout salaire aux fonctionnaires palestiniens par la communauté internationale.

"Il y a encore du travail à faire pour définir exactement comment les bénéficiaires seront sélectionnés et comment cela marcherait", a expliqué Mme Udwin.

Au total, la Commission propose "quelque chose de l'ordre de 100 millions d'euros", a-t-elle ajouté, sans préciser sur quelle période de temps ce montant global pourrait être alloué.

Elle a répété que l'UE était "très proche d'un accord" avec ses partenaires au sein du Quartette sur le Proche-Orient (UE, USA, Russie, Onu) sur ce fonds alternatif, en gestation depuis l'arrivée au pouvoir du mouvement radical palestinien Hamas.

"Nous espérons arriver à l'accord final dans les prochains jours", a déclaré Mme Udwin.

Après l'arrivée au pouvoir du Hamas, considéré comme terroriste par l'UE et les États-Unis, une grosse partie de l'aide internationale a été gelée, aggravant la crise financière que connaissaient déjà les Palestiniens.

L'UE, qui était le principal bailleur de fonds des Palestiniens avec une aide totale de quelque 500 millions d'euros par an, a ainsi gelé ses transferts de fonds début avril, à l'exception de l'aide purement humanitaire.

Au vu de la détérioration de la situation dans les territoires palestiniens, la Commission européenne a ensuite été chargée par le Quartette de mettre sur pied un fonds alternatif permettant d'acheminer directement une partie de cette aide vers la population palestinienne, sans passer par le gouvernement palestinien.

La présidence de l'Autorité palestinienne a salué vendredi la décision de l'Union européenne alors que le Hamas, dont le gouvernement sera contourné, a exprimé des réserves.

"Nous saluons la décision européenne. Toute aide au peuple palestinien est la bienvenue", a déclaré à l'AFP le négociateur en chef Saëb Erakat, un proche collaborateur de Mahmoud Abbas.

"Nous les appelons à revoir leur boycott du gouvernement (issu du Hamas) et à reprendre le versement des aides selon les modalités qui étaient en vigueur", a ajouté M. Erakat. "La position européenne est louable mais nous avons besoin de beaucoup plus d'aide". Le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a exprimé des réserves.

"Nous saluons toute aide offerte à notre peuple mais elle ne doit pas être assortie à des conditions et doit transiter par les canaux du gouvernement", a-t-il dit à l'AFP.

Le porte-parole du groupe parlementaire du Hamas, Salah Al-Bardawil, a de son côté affirmé que la décision de l'Union européenne était "un pas dans la bonne direction". "Nous la voyons comme un pas dans la bonne direction bien que nous sachions que l'argent contournerait le gouvernement", a-t-il dit.

"L'UE ferait mieux de traiter directement avec le gouvernement démocratiquement élu pour montrer son respect de la démocratie", selon lui. Source : AFP, 16 juin 2006

 

17/06/06 - Ilan Halevy : « Nous sommes dans une mécanique funeste »

Propos recueillis dans les territoires occupés par Muriel Rozelier, L'Humanité Dimanche [HD], 15-21 juin 2006 NDLR Quibla : Ilan Halevy est un Français juif qui, après avoir son aliya en Israël, a choisi de devenir palestinien. Il représente le Fatah à lInternationale socialiste. Ses déclarations sont représentatives du discours que le Fatah est en train de servir à la gauche européenne pour la dissuader dexprimer une quelconque solidarité avec le Hamas. parmi les affirmations les plus énormes de Halevy : « les électeurs palestiniens n'ont pas voté pour le programme maximal du Hamas.» Halevy est un digne représentant de ceux que Ismaïl Haniyeh appelle les bonnets dâne, dont la principale caractéristique est le tattawul (= culot, équivalent arabe du mot hébreu chutzpah).

Affrontements entre le Hamas et le Fatah ; bombardements incessants des Israéliens : Ilan Halevy, membre de la commission des affaires étrangères du Fatah, est très inquiet.

HD : Le référendum du 26 juillet prochain vous semble-t-il en mesure d'aider à sortir de la crise qui oppose l'exécutif palestinien à sa majorité parlementaire, dominée par le Hamas ?

Ilan Halevy : L'une des raisons qui ont empêché la constitution d'un gouvernement d'union nationale après les élections législatives palestiniennes de janvier dernier repose sur le refus du Hamas de se positionner dans une logique d'Etat ; or, s'il veut gouverner, le Hamas doit reconnaître les engagements de ses prédécesseurs et la validité des accords signés par eux avec la communauté internationale ou avec Israël. Ce serait une erreur de mettre ce débat sur le compte des pressions internationales. Il s'agit avant tout de clarifier la carte politique palestinienne. Les Palestiniens ont marqué leur confiance vis-à-vis du Hamas, mais ils veulent aussi que celui-ci négocie. Les discussions en cours sur le plan des prisonniers - ou l'éventuel référendum si ces négociations échouaient - fixeront les limites du mandat du gouvernement : les électeurs palestiniens n'ont pas voté pour le programme maximal du Hamas. Ils ont avant tout exprimé un ras-le-bol généralisé par rapport à l'échec du processus de paix. En 1994, au moment des accords d'Oslo, nous leur avions promis un État dans cinq ans, mais douze ans après l'occupation israélienne a redoublé dans les territoires.

HD : La rue palestinienne craint de plus en plus que le conflit entre le Fatah et le Hamas ne dégénère en une guerre civile. Ne pensez-vous pas que ce référendum aggrave les tensions ?

Ilan Halevy : Au niveau des directions des deux mouvements, il n'y a aucune volonté d'aggraver la situation. Notre opinion publique désapprouve tout ce qui pourrait nuire à l'unité nationale. Elle refuse la violence interne. Mais l'occupation, qui redouble dans les territoires, la détérioration de la situation dans les villes, et la semi-gangstérisation de certains liée à la montée du chômage ou à l'embargo économique international, engagent une mécanique funeste qui peut nous entraîner vers une situation très dangereuse.

HD : Quels impacts pourraient [sic] avoir le plan des prisonniers alors qu' Israël maintient son refus de négocier ?

Ilan Halevy : Israël n'a pas attendu la victoire du Hamas pour refuser de reconnaître un partenaire côté palestinien. C'est certes pour lui une aubaine incroyable. Mais l'unilatéralisme israélien date de bien avant, du temps des négociations de Camp David (en 2000), qu'Ehoud Barak a fait échouer. Nous n'avons choisi ni Ariel Sharon ni Ehoud Olmert. Pourtant nous sommes prêts à faire avec. Pas le gouvernement israélien, qui continue à autoriser les attentats ciblés ou les incursions dans les villes palestiniennes. Au-delà, ce qui est réellement intéressant à noter, c'est que nous vivons une expérience démocratique sans précédent au Moyen-Orient. Ce débat, pour difficile qu'il soit, est exemplaire, alors que l'occupation israélienne n'a fait qu'empirer.

 

17/06/06 - Seulement pour les Arabes : la « loi » et l'« ordre » à la mode israélienne

par Jonathan Cook, CounterPunch, 14 juin 2006 Traduit en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

Lauteur, écrivain et journaliste, vit à Nazareth. Il est l'auteur de l'ouvrage (à paraître) : Blood and Religion : The Unmasking of the Jewish and Democratic State [« Sang et religion : la vérité sur l'État juif et démocratique »], qui sera publié par les éditions Pluto Press en Angleterre, et par les presses de l'Université du Michigan [University of Michigan Press], aux USA. Son site est à l'adresse suivante : http://www.jkcook.net ].

Imaginez le scénario suivant : un Palestinien armé monte dans un autobus, en Israël, et il le détourne vers la ville de Netanya. Peu avant le terminus, il s'approche du chauffeur, pointe le canon de sa mitraillette vers sa tête et le crible de balles. Après quoi il se retourne, et il vide le reste de son chargeur - un sur les quatorze chargeurs placés dans son sac à dos - sur les passagers, derrière le chauffeur, et sur deux jeunes femmes assises de l 'autre côté de l'allée centrale.

Sous les yeux horrifiés de passants, notre tireur recharge ensuite son arme, et il sulfate le bus, blessant vingt personnes. Il s'approche d'une femme qui s'est pelotonnée derrière un siège, essayant désespérément de se protéger ; il abaisse son canon vers sa tête et appuie sur la gâchette. Mais le chargeur est vide. Tandis qu'il tente de charger un troisième chapelet de balles, la femme empoigne le canon brûlant de la mitraillette, tandis que les autres passagers se ruent sur lui.

Instantanément, instinctivement, les témoins se ruent dans le bus et, en proie à un mélange de passions - colère, indignation et peur d'une nouvelle attaque - ils battent l'homme armé, à mort.

Tandis que la nouvelle commence à se répandre, la télévision israélienne préfère poursuivre sa couverture d'un match de foot local, plutôt que d' informer sur la tuerie. Plus tard, alors que les chaînes israéliennes couvrent effectivement les morts, elles commencent par exhiber la photographie du tireur, accompagnée de la didascalie : « Que Dieu bénisse son âme ! » - exactement comme elles en usent quand elles font état de victimes d'un attentat terroriste.

Bien que le Premier ministre s'emploie à dénoncer le tireur en le qualifiant de terroriste à qui veut l'entendre (en l'occurrence, le monde entier), à l' intérieur d'Israël, les médias et la police se concentrent, au contraire, sur le « gang de lyncheurs » qui a tué cet homme. La police lance une enquête secrète, laquelle, au bout de dix mois, conduit à l'arrestation de sept hommes accusés d'avoir assassiné le tireur, d'autres arrestations étant annoncées, à la clé. Un porte-parole de la police qualifie le comportement de ces hommes vis-à-vis du tireur fou d' « assassinat de sang froid ».

Inimaginable ? Ridicule ? Eh bien, ce sont là pourtant exactement les événements qui se sont produits en Israël, l'année dernière - sauf que cela ne s'est pas passé en réalité dans la ville juive de Netanya, mais dans la ville arabe de Shaf'amr, en Galilée ; que le tireur fou n'était pas palestinien, mais un soldat israélien utilisant son arme régulière, un fusil mitrailleur M-16 ; et que les victimes n'étaient pas des juifs israéliens, mais des Arabes israéliens.

Vous voyez, maintenant, comment tout cela semble banal ?

L'assassinat de quatre Palestiniens citoyens israéliens par un soldat âgé de dix-neuf ans, Eden Natan Zada, le 4 août dernier, peu après le retrait unilatéral de Gaza, a été gentiment oublié par le monde entier. Après l' enterrement des victimes arabes, la seule question dont les Israéliens se préoccupaient, c'était de savoir qui avait tué Zada.

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« Hier, ils semblaient avoir la réponse : sept hommes de Shafa'amr ont été arrêtés par la police israélienne ; ils devront répondre devant la justice de l'assassinat « de sang froid » de Zada ».

Personne n'était le moins du monde intéressé par le mépris officiel envers les membres des familles endeuillées des tués de Shafa'amr, auxquels on dénia les larges compensations financières versées aux victimes israéliennes du terrorisme palestinien. Un comité ministériel décréta que, du fait que Zada était en train d'effectuer son service militaire, sa tuerie ne pouvait être assimilée à un incident terroriste ! Apparemment, seuls les Arabes peuvent être des terroristes. Jusqu'à ce jour, l'État israélien n'a pas donné un seul kopek aux familles.

Il n'y eut aucune enquête pour tenter de savoir pour quelle raison Zada, bien connu pour ses opinions extrémistes, avait été autorisé à s'éloigner des semaines durant de son unité sans jamais essayer de le pister. Ni comment il pouvait se faire que ses menaces répétées qu'il allait faire quelque chose de « terrible » pour arrêter le désengagement [unilatéral israélien de la bande de Gaza, ndt] aient été ignorées par les autorités. Personne n'a demandé pour quelle raison, quelques jours avant sa crise de folie, la police avait envoyé paître Zada, qui était venu au commissariat pour se débarrasser de son arme.

Plus dérangeant encore : personne n'a examiné pour quelle raison Zada, qui appartenait de manière notoire à un mouvement raciste interdit - le Kach, qui exige l'expulsion, voire même l'extermination, des Arabes de la Terre sainte - avait été autorisé à faire son service militaire. Comment avait-on pu le laisser, lui et les milliers de partisans du Kach, propager en toute quiétude leurs idées obscènes ? Pourquoi ces activistes du Kach, des Israéliens pour la plupart très jeunes, étaient-ils autorisés à manifester publiquement contre le désengagement de Gaza, agressant les policiers et les soldats, alors que ce groupe extrémiste était supposé clandestin ?

Et pourquoi les autorités n'ont-elles pas arrêté et interrogé les amis de Zada, appartenant au Kach, dans la colonie de Tapuah, en Cisjordanie, où il vivait, après l'attentat ? Pourquoi leur éventuelle complicité dans la planification de son geste criminel n'a-t-elle jamais été prise en considération, ni la part qu'ils ont pu y prendre en le poussant à commettre son forfait ?

En fait, les autorités israéliennes voulaient que Zada soit excusé, car considéré comme un tireur isolé et fou - comme Baruch Goldstein, avant lui, ce médecin militaire qui avait ouvert le feu en 1994, dans la ville palestinienne d'Hébron, tuant vingt-neuf fidèles musulmans en train de prier à l'intérieur du Tombeau des Patriarches [Mosquée d'Ibrahim] et en blessant cent vingt-cinq autres.

Bien qu'Yitzhak Rabin, Premier ministre au moment des faits, ait dénoncé Goldstein en le qualifiant de « mauvaise graine », un mausolée et un parc ont été construits afin de l'honorer, tout près de là, dans la colonie de Kiryat Arba, où il est vénéré à l'instar d'un « saint » et d'un « homme juste et droit ».

Loin d'être isolé, son mausolée attire régulièrement des milliers de juifs israéliens, qui s'aventurent en pèlerinage dans la profondeur du territoire palestinien pour venir l'honorer.

Au lieu de mettre à jour et d'éradiquer cette tendance croissante du fondamentalisme juif, après l'attaque terroriste de Shafa'amr, Israël clama que la priorité était de retrouver et de châtier ceux qui avaient tué Zada. C'était une question de respect de la loi et de l'ordre, dit Dan Ronen, commandant de la police pour le Nord d'Israël. Il déclara aux médias israéliens : « Dans un pays de droit et d'ordre, en dépit des sensibilités, les gens ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent. J'espère que la communauté arabe fera preuve de maturité et de responsabilité. »

Voilà qui est perçu comme un deux poids - deux mesures scandaleux par les citoyens de Shafa'amr, et aussi par les citoyens palestiniens d'Israël, qui sont plus d'un million. Faire appliquer la loi, voilà qui n'a jamais été considéré une priorité dès lors que les agresseurs sont juifs et les victimes arabes, et même quand la tuerie se produit à l'intérieur du territoire israélien.

Les citoyens arabes n'ont pas oublié le massacre de quarante-neuf hommes, femmes et enfants par une unité de l'armée qui avait imposé un couvre-feu immédiat au village palestinien de Kfar Qassem, en 1956, exécutant les villageois - des Arabes, évidemment - à un checkpoint, l'un après l'autre, tandis qu'ils rentraient chez eux, innocemment, après leur journée de labeur dans les champs.

Durant leur procès, le quotidien Ha'aretz écrivit que ces soldats avaient perçu une augmentation de 50 % de leur solde et qu'il était évident que ces hommes n'étaient « nullement traités en criminels, mais au contraire, en héros ». Jugé coupable d' « erreur administrative », leur commandant fut condamné à verser le shekel symbolique.

De même, personne ne dut rendre des comptes, après que six citoyens arabes non-armés eurent été abattus par les services de sécurité, dans la ville de Sakhnin, en Galilée, en 1976, tandis qu'ils manifestaient contre une énième vague de ces confiscations de terre privant les populations arabes rurales de leurs terrains cultivables. Le Premier ministre d'alors, Rabin - encore lui -, refusa même de diligenter une enquête.

Vingt-cinq ans après, une enquête fut menée sur l'assassinat, par la police, de treize Arabes non-armés en Galilée, en octobre 2000, qui manifestaient pour dénoncer la tuerie de Palestiniens à l'intérieur du Noble Sanctuaire de Jérusalem [l'Esplanade des Mosquées, ndt] - cette tuerie qui déclencha l' Intifada. Six années ont passé, toutefois, et aucun policier n'a été accusé de ces morts intervenues, pourtant, en Israël même. Les commandants qui avaient illégalement autorisé l'utilisation d'une unité de sniper anti-terrorisme contre des manifestants « armés » seulement de pierres n'ont pas été sanctionnés. Même pas eux !

Les citoyens arabes d'Israël ne connaissent que trop, également, l'épisode du « Bus 300 », remontant à 1984 : deux Palestiniens armés, originaires des territoires occupés, avaient été arrêtés après qu'ils eurent détourné un autobus en Israël. Emmenés par les services de sécurité du Shin Bet menottes aux poignets, tout ce qu'on sut, par la suite, c'est que ces deux hommes étaient morts.

Personne n'a été accusé de les avoir exécutés, bien que tout le monde sût, à l'époque, qui avait tué les deux hommes. Plus tard, un haut responsable du Shin Bet, Ehud Yatom, reconnut leur avoir brisé le crâne à coups de pierre. En 1968, afin de parer à tout risque de mise en examen, le président d' Israël en fonction à l'époque, Chaïm Herzog, accorda une amnistie à tous les agents du Shin Bet impliqués.

Même s'il a été reconnu lors du procès que Zada a été en réalité battu à mort après que la foule ait appris qu'il avait été maîtrisé, cette histoire - à savoir celle du déni de justice répété de l'État à l'égard des victimes arabes de sa violence - doit être néanmoins être prise en compte. En effet, personne n'aurait pu raisonnablement s'attendre à ce que les témoins restent calmes, sachant que Zada, à l'instar d'autres émissaires juifs de l'État avant lui, soit ne serait pas sanctionné, soit serait condamné à quelques années d'emprisonnement seulement et à faire amende honorable, simplement parce que ses victimes étaient des Arabes, et non des juifs.

Israël a montré à d'innombrables reprises qu'il applique la loi et fait régner l'ordre de manière sélective, en fonction de l'ethnie de l'assassin et de l'ethnie de sa (ou de ses) victime(s).

Le commandant Ronen fit observer, lors d'une conférence de presse, après les arrestations à Shafa'amr : « Depuis octobre 2000, nous avons énormément amélioré nos relations avec la communauté arabe [d'Israël] ». Si cela est exact - nous en doutons fort - les autorités, là encore, ont fait le maximum afin de détruire le peu qui restait de cette confiance.

 

 

16/06/06 - Mahmoud Zahhar rapporte 20 millions de $ dans des valises...


Sources : www.arabs48.com et www.palestine-info.info.org, 14 juin 2006. Traduit de larabe par le CIREPAL


Les responsables palestiniens ont affirmé que le ministre palestinien des affaires étrangères, Mahmoud Zahhar, a apporté avec lui ce mercredi 14 juin, dans des valises, la somme de 20 millions de dollars [= 15,92 millions ], lors de son entrée à la bande de Gaza, en passant par la frontière égyptienne. Zahar, qui revenait d'une tournée pour collecter l'argent pour le gouvernement palestinien, est le troisième responsable palestinien au moins de Hamas à avoir franchi la frontière pour financer les caisses de l'Etat palestinien.
Les responsables égyptiens avaient averti les responsables palestiniens à la frontière que Mahmoud Zahhar avait douze valises contenant 20 millions de dollars, mais les responsables palestiniens ont laissé passer, disant qu'il n'y a pas de loi fixant le montant maximum pouvant entrer au pays.
Un responsable de Hamas avait fait entrer il y a quelques jours, le samedi dernier, 4,5 millions d'euros, en passant par le passage de Rafah.
Le mois dernier, c'était le porte-parole de Hamas, Sami Abu Zuhri, qui avait essayé de passer avec 804.000 dollars, somme qui avait été confisquée avant d'être remise au gouvernement.
Les responsables du gouvernement palestinien sont contraints de porter ces sommes et de les faire entrer par ces moyens, puisque le blocus économique imposé par l'occupant israélien et les USA est suivi par l'Europe et quelques États arabes.
Quant à Mushir al-Masri, député, il a confirmé la nouvelle sans cependant préciser le montant de la somme. Il a ajouté que tous les responsables palestiniens devraient agir de la même manière, essayer de briser le blocus imposé.

...et Youssef Rizka en rapporte 2


Le ministre palestinien de l'Information, Youssef Rizka, est rentré jeudi 15 juin à Gaza avec une valise contenant deux millions de dollars (1,6 million deuros) en liquide. La veille, son collègue des Affaires étrangères Mahmoud Zahar avait fait entrer 20 millions de dollars (16 millions deuros) dans le territoire par le même procédé.

L'arrivée de ces fonds confirme l'ouverture par le Hamas d'un nouveau front dans sa lutte contre les sanctions internationales. A la recherche de fonds pour le gouvernement privé d'aide par les Etats-Unis et l'Union européenne, le Hamas se tourne vers les pays arabes et musulmans pour trouver l'argent nécessaire à son fonctionnement.

M. Rizka venait deffectuer une tournée au Qatar, en Arabie saoudite et en Egypte. Il a déclaré l'argent aux autorités frontalières puis remis ces fonds au ministère palestinien des Finances.

La pratique a cependant suscité la désapprobation des observateurs européens postés à la frontière de la Bande de Gaza. On ignorait de fait combien de temps le Hamas pourrait ainsi faire entrer d'importantes sommes d'argent destinées notamment à payer les fonctionnaires palestiniens.

"C'est notre argent", s'est défendu le porte-parole du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad. "C'est la seule façon pour nous de transférer des fonds", a-t-il ajouté, assurant que le Hamas avait ainsi "la possibilité de contourner le blocus".
Source : AFP, 15 juin 2006

16/06/06 - Quand Amnesty accuse Israël


par Michele Giorgio, il manifesto, 13 juin 2006. Original :
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/13-Giugno-2006/art39.html
Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio

Regardons ce qui se passe avant d'assurer bénéfices et privilèges. C'est le sens de l'appel qu'Amnesty International lance à l'occasion du Conseil d'association Ue-Israël, au programme d'aujourdhui (13 juin). Dans un dossier présenté à la présidence autrichienne de l'Union Européenne, Amnesty dénonce l'usage disproportionné de la force de la part d'Israël contre les civils palestiniens. Une accusation qui sest trouvée de nouveau confirmée vendredi dernier quand un tir de missile depuis une vedette israélienne, est tombé, hors cible, sur la plage de Sudanya (Gaza), tuant huit Palestiniens, dont sept membres d'une même famille. Amnesty écrit que plus de 100 Palestiniens, parmi lesquels une trentaine d'enfants et adolescents, ont été tués depuis le début de l'année par les forces israéliennes. Les « assassinats ciblés » contre des militants de l'Intifada, par des missiles tirés depuis des avions ou hélicoptères, non seulement sont illégaux mais ont fait de nombreuses victimes. Le centre israélien pour les droits de l'homme Betselem indique que depuis le mois doctobre 2000 jusqu'en mars de cette année, 329 palestiniens ont été assassinés par des opérations « ciblées », dont 213 appartenaient à des groupes armés : les autres étaient des civils. « Israël doit affronter de graves questions de sécurité mais il ne peut pas réagir aux dépens de personnes innocentes. Tout ceci ne fait que perpétuer le cycle de la violence dont Israël finit par être à son tour la victime », a déclaré Dick Oosting, directeur du Bureau dAmnesty International auprès de l'Union Européenne.

Le dossier d'Amnesty souligne la perpétuation de la détention administrative une condamnation (renouvelable) sans procès à six mois de prison sur la base d2informations fournies par les services de sécurité bien qu'il s'agisse d'une méthode illégale qui viole les droits de l'homme. A l'heure actuelle, plus de 600 Palestiniens sont détenus sans accusation dans des camps militaires, dans des conditions extrêmement dures. Pendant la première Intifada (1987-1993) la communauté internationale avait critiqué de façon récurrente cette pratique (des milliers de Palestiniens purgèrent cette peine pendant la « révolte des pierres ») alors que pendant cette seconde révolte, elle est restée silencieuse, acceptant les raisons de Tel Aviv qui a toujours parlé durgence contre des attentats. Le dossier dAmnesty indique en outre le développement et lexpansion continus des colonies dans les Territoires Occupés, toujours en violation flagrante du droit international. Le gouvernement israélien, explique lorganisation, vient juste de confirmer la prochaine construction de 3500 nouvelles habitations dans la zone de Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967, et annexée postérieurement au territoire de lÉtat juif.

En tant que puissance doccupation, Israël a de plus lobligation légale de satisfaire les besoins de base de la population sous occupation militaire. Cette responsabilité est encore plus grande aujourdhui, au vu de laggravation préoccupante de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens. Au contraire, souligne Amnesty, la construction du mur de séparation en Cisjordanie et la fermeture du poste de transit de Karni, unique passage commercial de Gaza, aggravent la pauvreté dans la région. Lécrivain Erri de Luca, il y a quelques semaines, a minoré la gravité de limpact sur la situation humanitaire de la fermeture de Karni, exercée par larmée israélienne pour de présumées raisons de sécurité. De Luca a parlé de fermeture occasionnelle alors que dans les quatre premiers mois de lannée 2006, Israël a fermé Karin pendant plus de 60 jours, causant des pertes de plusieurs millions de dollars pour les Palestiniens.
Enfin, Amnesty est très préoccupé par la loi sur la citoyenneté promulguée en 2003 et confirmée par la sentence votée par les juges de la Cour Suprême le mois dernier, sur la base de « considérations de sécurité » -qui interdit les regroupements familiaux en cas de mariages entre Palestiniens dIsraël appelés arabes israéliens - et Palestiniens des Territoires occupés. Cette loi, qui fait directement référence à lidentité ethnique de lindividu, concerne (et nuit à) des milliers de couples, obligés de vivre séparément, ou de ne se retrouver quen Cisjordanie ou à Gaza. Amnesty affirme que la loi sur la citoyenneté viole linterdiction de discrimination contenue dans le droit international ainsi que dans plusieurs traités quIsraël a ratifié, et quil est donc obligé de respecter, parmi lesquels : la Convention Internationale pour lélimination de toutes les formes de discrimination raciale, le Pacte International sur les droits civiques et politiques, le Pacte International sur les droits économiques, sociaux et culturels, et la Convention sur les droits de lenfant.

Il y a quelques semaines seulement, la police a fait irruption chez un citoyen arabe (dIsraël, ndt) Mohammad Al-Heen, à Qalansua. Toute la famille, enfants compris, a été arrêtée et emmenée au QG de la police. La mère a été immédiatement expulsée au poste de contrôle de Qalqiliya et séparée de ses enfants et de son mari qui a ensuite été obligé de signer une déclaration dans laquelle il sengage à ne pas faire rentrer sa femme en Israël.

 

160606 - La version sioniste du massacre de Gaza Beach : Un document de propagande digne de Goebbels


Nous reproduisons tel quel un communiqué diffusé par lambassade dIsraël à Paris le 13 juin 2006. il se passe de tout commentaire.
Titre : Israël non responsable de lexplosion sur la plage de Gaza
Résultats de la commission denquête, 13 juin 2006
Le Ministre de la Défense Amir Peretz, le Chef dEtat-Major Dan Halutz et le Général Meir Kalifi, responsable de la commission denquête, ont tenu une conférence de presse à Tel-Aviv le mardi 13 juin pour présenter les résultats de ladite commission.

Amir Peretz a déclaré quil y avait suffisamment de preuves pour attester que lexplosion sur la plage de Gaza nétait pas due aux forces israéliennes, contrairement à ce qui a été décrit.

Dan Halutz a confirmé ce fait, ajoutant que tous les tirs israéliens du 13 juin dernier, provenant de la mer, de lair ou de la terre avaient été examinés en détail. Il ressort de lenquête que :

- Un éclat dobus retiré du corps dune des victimes hospitalisée en Israël (hôpital Ichilov de Tel-Aviv) a été examinée au laboratoire du Technion (Haïfa) : il ne sagit pas dun obus utilisé par Tsahal.

- Le trou laissé sur la plage, selon les photographies, ne semble pas avoir été dû à une explosion par le haut (cas dun obus), mais à une explosion venant den dessous (cas dune mine).

- Israël a recueilli une masse considérable de données indiquant que durant les dernières semaines, depuis que des commandos israéliens se son infiltrés dans la bande de Gaza (pour la première fois depuis le retrait israélien en Août 2005) afin de neutraliser les cellules responsables des tirs de roquettes, le Hamas a méthodiquement miné la plage nord de la bande de Gaza pour empêcher les Israéliens dy revenir.

Selon le journal Haaretz, des Palestiniens ont été témoins que des militants du Hamas se sont précipités sur la plage après lexplosion et ont ramassé les débris dus à lexplosion.

Enfin, comme lavait déjà attesté le commandant de Tsahal pour la région Sud, Yoav Galant, le dimanche 11 juin, sur les 6 tirs terrestres le jour de lincident, 5 ont atteint leur cible (des sites de lancement de roquettes Qassam), à 250 mètres de la plage. Le 6ème, dont limpact na pas été trouvé, a de toute façon été tiré à 16h51, alors que lexplosion sur la plage a eu lieu, daprès les témoins palestiniens, entre 16h57 et 17h10 (pour plus de détails, lire la version en anglais <http://www.mfa.gov.il/MFA/Government/Communiques/2006/Summary+of+IDF+investigation+of+incident+on+the+Gaza+beach+9+June+2006.htm> )

Les conclusions de lenquête menée après le drame survenu sur la plage de Gaza le 9 juin démontrant quIsraël nest pas impliqué, la manipulation cynique des images dune malheureuse enfant pleurant la mort de sa famille na eu dautre objectif que de jeter une fois encore lopprobre sur Israël.

Israël défend ses citoyens

En vertu du droit international, Israël a non seulement le droit, mais également lobligation de défendre ses citoyens.

Nous déplorons toute perte de vies humaines lors des opérations militaires destinées à protéger notre population contre la menace terroriste à laquelle elle continue dêtre malheureusement exposée. Les civils palestiniens ne constituent certainement pas une cible et les pertes civiles palestiniennes résultent du fait que les terroristes opèrent en toute conscience à partir de zones à forte densité de population.

Israël note, malgré lévacuation de la bande de Gaza lannée dernière, une escalade inquiétante de la terreur contre son territoire, qui se traduit non seulement par une augmentation des tentatives dattentats-suicides, mais aussi par des tirs incessants de roquettes Qassam <http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=96470&MissionID=31> et récemment de type Katiousha à portée plus longue et plus précise. Ces tirs se font de plus en plus intenses, ces dernières semaines, tenant la population des villes et kibboutz dans le Néguev en otage.

En dépit de ces menaces et de la nette détérioration de sa situation sécuritaire, Israël a répété vouloir privilégier une solution négociée sur la base de la Feuille de route, qui fixe clairement larrêt de la terreur comme premier pas à son application.

Israël est prêt à négocier avec tout partenaire palestinien qui renonce au terrorisme, qui reconnaît son existence et sengage à respecter les accords conclus. A cet effet, il est important de rappeler que le gouvernement Hamas, fidèle à sa Charte <http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=82644&MissionID=31> , refuse de reconnaître Israël, dentamer un dialogue politique, de renoncer à la terreur et de respecter ces accords. Par conséquent, le Hamas rejette une solution de deux Etats, préconisée par la communauté internationale et dont le principe est accepté par Israël.

Dautre part, Israël voit avec inquiétude la détérioration des conditions humanitaires de la population palestinienne. Israël a proposé une aide importante par le biais dorganisations internationales en vue daméliorer ces conditions, mais le Hamas, apparemment peu soucieux des conditions de vie de sa propre population, rejette tout mécanisme de contrôle sur laffectation de cette aide.

Tant que la population civile israélienne restera la cible des terroristes, Israël ne pourra que défendre ses citoyens. Israël ne vise jamais volontairement des civils palestiniens, mais les lanceurs de roquettes choisissant de tirer à partir de zones peuplées, les drames tels que celui du 13 juin <http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=96477&MissionID=31> sont inévitables. Israël regrette les morts civiles suite à la frappe contre le camion du Jihad islamique qui sapprêtait à viser Ashkelon.

Retrouvez plus d'information sur le site de l'Ambassade d'Israël en France <http://paris.mfa.gov.il/> :

visionnez des vidéos, des cartes, consultez le catalogue de publications <http://paris.mfa.gov.il/mfm/web/main/Document.asp?SubjectID=58870&amp;MissionID=31&amp;LanguageID=170&amp;StatusID=3&amp;DocumentID=-1> et commandez en ligne, accédez à Rachel <http://rachel.israel.de/> , une présentation ludique et animée dIsraël pour les enfants, consultez les anciennes Newsletters <http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?SubjectID=33465&amp;MissionID=31&amp;LanguageID=170&amp;StatusID=0&amp;DocumentID=-1> , consultez les documents de référence et l'actualité.

Site de l'Ambassade dIsraël en France : http://paris.mfa.gov.il <http://paris.mfa.gov.il/> Lettre d'information éditée par l'Ambassade d'Israël en France
Dina Sorek, Ministre-conseiller à l'information près l'Ambassade d'Israël à Paris

 

16/06/06 - Amir Peretz-Frankenstein : Doctor Dove & Mr Hawk ou la "colombe" au bec de "faucon"


Le ministre israélien de la Défense Amir Peretz, une "colombe" favorable au dialogue avec les Palestiniens, est à l'origine d'une des campagnes les plus meurtrières menée contre les lanceurs de roquettes palestiniens, qui se solde par nombre de victimes civiles.

Depuis plusieurs jours, l'armée israélienne multiplie ses raids dans la
bande de Gaza et s'en prend directement à ceux qui, selon elle, ont
l'intention de tirer des roquettes artisanales contre le sud d'Israël.

Mardi, onze Palestiniens, dont neufs civils, ont ainsi été tués dans la
bande de Gaza. Vendredi, huit civils sont morts lors d'une explosion sur une
plage de Gaza dont l'armée israélienne pourrait être à l'origine.

"C'est un mystère qui occupe toute la classe politique israélienne
aujourd'hui: où est passée la colombe Peretz ?", confie à l'AFP le
politologue Daniel Bensimon.

"C'est comme s'il avait changé de peau. Il porte le même nom, mais ce n'est
plus le même homme. En un rien de temps, il s'est métamorphosé en faucon
acharné et semble avoir mis ses idées au placard", explique-t-il.

Peretz, 54 ans, un ancien syndicaliste, est en effet connu comme l'homme du
dialogue avec les Palestiniens au sein du gouvernement d'Ehud Olmert.

Il est d'ailleurs le seul dirigeant israélien à avoir rencontré le président
palestinien Mahmoud Abbas alors qu'Ehud Olmert a pratiquement coupé tous les
ponts avec ce dernier depuis la victoire du Hamas aux législatives de
janvier.

Peretz, qui est l'un des rares ministres de la Défense israélien sans aucun
fait d'armes à son actif et sans passé sécuritaire, aurait été, selon un
membre de son entourage, littéralement "pris en main" par les généraux de
l'état-major.

Le ministre de la Défense serait donc victime, selon ce proche, d'une
conception, qui a parfois cours dans certaines armées : "si la force ne
marche pas, frappons encore plus fort".

"Les militaires l'abreuvent de données tous les matins et lui montrent que
des roquettes sont en passe d'être tirées contre le territoire israélien. Il
n'a pas d'autre choix que de donner l'ordre de les stopper", explique à
l'AFP ce proche sous couvert de l'anonymat.

Mais, insiste-t-il, "le ministre fait de son mieux pour freiner certaines de
ces opérations lorsqu'il considère qu'elles vont entrainer des victimes
parmi les civils".

"Avec Mofaz (Shaoul Mofaz, le prédécesseur de M. Peretz à la Défense), cela
aurait été bien pire", assure-t-il.

Akiva Eldar, éditorialiste au Haaretz, estime lui aussi que Peretz est en
pleine mutation, mais, selon lui, par manque de choix.

"Les citoyens veulent des actes. Ils en ont assez de voir que le sud du pays
est bombardé quotidiennement par des dizaines de roquettes. Si Peretz n'agit
pas, il va passer pour un faible et cela en est fini de sa carrière
politique", explique Eldar.

Ironie du sort : c'est la ville où habite depuis son enfance M. Peretz,
Sderot, qui est la cible constante des tirs des lanceurs de roquettes.

Du coup, note Akiva Eldar, "les habitants de Sdérot considèrent que depuis
que l'enfant du pays est ministre de la Défense, leurs tracas ont redoublé.
Peretz est en quelque sorte devenu la cause des roquettes, puisque les
groupes armées palestiniens vont mettre un point d'honneur à viser sa maison
à Sdérot".

La question, selon Daniel Bensimon, est de savoir si cette métamorphose, est
provisoire ou non.

"S'il parvient à sortir indemne des griffes de l'état-major, il est capable
de retomber sur ses pieds et même de commencer à prôner publiquement des
négociations avec le Hamas", se risque Bensimon.
Source : AFP, 14 juin 2006

 

16/06/06 - Un cheikh émirati veut adopter la petite Houda, rescapée du massacre de sa famille à Gaza Beach


Le monde entier a vu les images émouvantes de Mahmoud Abbas accueillant la petite Houda Ghalya dans son bureau présidentiel et annonçant que désormais, elle était sa fille adoptive. Le malheureux président potiche palestinien ne sait plus quoi inventer pour maintenir un semblant de popularité. mais heureusment pour lui, le cheikh Hamdane Ben Zayed Al Nahyane, membre de la famille de lÉmir dAbou Dhabi, a demandé mercredi à adopter Houda.
Cheikh Hamdane, vice-Premier ministre des Emirats arabes unis, a "exprimé le souhait d'adopter" la fillette dans un entretien téléphonique avec Mahmoud Abbas, selon l'agence officielle Wam.
Le responsable émirati lui a proposé de faire venir "Houda Ghalya aux
Emirats pour qu'elle vive au sein de sa famille", et M. Abbas l'a remercié
pour "cette généreuse initiative humanitaire", a ajouté l'agence.
Houda Ghalya est l'unique survivante de sa famille tuée sur la plage
d'Al-Soudania, au nord de Gaza. Son père Ali, sa mère Raïssa et ses trois
frères et soeurs âgés d'un an et demi, trois ans et dix ans ont trouvé la
mort lorsquune vedette de guerre israélienne a lancé un missile sur la plage.
Source : AFP, 14 juin 2006

 

16/06/06 - Ehud Olmert : «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour renforcer le statut de Mahmoud Abbas », « Je veux que le gouvernement du Hamas s'effondre sans violence » [sic!]


Question : Vous vous dites prêt à rencontrer Mahmoud Abbas. De quoi souhaitez-vous discuter avec lui, lui qui voudrait débattre du statut final d'un État palestinien ?
Ehud Olmert : Les fantasmes sont le privilège des grands hommes. Mahmoud Abbas a le privilège de rêver. Mais, si l'on examine de façon réaliste la situation dans laquelle il se trouve, je rêve pour lui qu'il parviendra à s'imposer face au Hamas. Je rêve pour lui qu'il aura le pouvoir de forcer le Hamas à adopter et à appliquer les principes édictés par le Quartette. S'il accomplit tout cela, alors nous pourrons commencer à parler de la stratégie à long terme.

Question : Il a adopté une attitude plus dure vis-à-vis du Hamas, en convoquant un référendum entérinant la solution de deux États. Devient-il un partenaire à vos yeux ?
Olmert : Je le félicite pour ce début de nouvelle approche. Mais c'est une affaire interne à l'Autorité palestinienne. Dans le contexte de sa compétition avec son opposition, cela a peut-être un sens. Mais il convoque un référendum pour un projet qui ne constitue même pas le début d'un commencement pour des négociations entre nous et les Palestiniens. La lettre des prisonniers ne parle pas de désarmer les organisations terroristes. Elle leur offre au contraire un statut officiel. A aucun moment elle n'évoque la paix avec Israël, ni son droit d'exister. Pour nous, comme pour la communauté internationale, il existe trois principes : désarmer les organisations terroristes, reconnaître le droit d'Israël d'exister en tant qu'État juif au Proche-Orient et accepter tous les accords liant, depuis 1993, l'Autorité palestinienne à Israël.

Question : Ce référendum risque d'entraîner l'organisation de nouvelles élections côté palestinien, quel espoir pouvez-vous offrir aux électeurs modérés ?
Olmert : Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour renforcer le statut de Mahmoud Abbas, afin qu'il puisse remplir les critères permettant d'entamer un processus de paix. Je ferai tout ce que je peux pour subvenir aux besoins humanitaires des Palestiniens. Nous sommes prêts à participer aux initiatives pour transférer de l'argent à des fins humanitaires à l'Autorité palestinienne, y compris à travers le mécanisme envisagé par l'Union européenne, à condition que de l'argent ne soit pas versé pour les salaires de l'administration et qu'il n'y ait pas de soutien direct ou indirect à des agences gouvernementales.

Question : Les Palestiniens cherchent un horizon politique...
Olmert : C'est une perspective politique : je suis prêt à aider Mahmoud Abbas, parce que je veux qu'il soit la force dominante au sein de l'Autorité palestinienne.

Question : Redoutez-vous que la tension dans les territoires ne conduise à une guerre civile et à un effondrement de l'Autorité palestinienne ?
Olmert : Nous ne sommes pas loin de la guerre civile. Ils se tirent déjà dessus. L'Autorité palestinienne est aujourd'hui dominée par une organisation terroriste, une bande de tueurs qui ont du sang sur les mains. Je crois que Mahmoud Abbas est l'instrument légitime des Palestiniens, pour essayer de changer les choses. Je crains aussi pour sa vie. C'est pourquoi nous avons autorisé la vente d'armes à sa garde présidentielle, pour le protéger. Évidemment, nous redoutons une confrontation violente au sein de l'Autorité palestinienne. La voulons-nous ? Non. Je veux que le gouvernement du Hamas s'effondre sans violence. Mais je veux aussi que ce gouvernement terroriste s'effondre, pour que des gens civilisés puissent prendre le contrôle et reconstruire l'Autorité, des gens avec lesquels nous pourrons parler.
Source : Le Figaro, 13 juin 2006

 

16/06/06 - Quelles seraient les conditions requises pour que le référendum mazénien soit dans l'intérêt du peuple palestinien et de sa cause ?

par 'Usâmah 'Abû 'Arshîd, Al-Quds al-Arabiyy, 14 juin 2006

Traduit de l'arabe par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

 

Lauteur, écrivain et analyste politique, réside à Washington.

 

L'enthousiasme du président de l'Autorité nationale palestinienne Mahmûd 'Abbâs pour le document des prisonniers est peu fondé. En effet, ce document ne soutient pas dans sa totalité la position mazénienne, et notamment pas en ce qui concerne le chapitre consacré à la lutte armée, à laquelle 'Abbâs est foncièrement opposé où que ce soit, alors que le document préconise non pas d'y renoncer totalement, mais de la circonscrire aux territoires palestiniens occupés en 1967.

 

De même, 'Abbâs ne passe pas pour respecter la volonté populaire ; la meilleure preuve en la matière étant le fait qu'il est le père idéologique des accords d'Oslo, lesquels ont été signés nuitamment, dans le dos du peuple palestinien, et même à l'insu de l'OLP - cette OLP dont Abû Mâzen semble soudain se rappeler qu'elle existe uniquement parce qu'il en a besoin pour affaiblir le gouvernement Hamâs récemment (et démocratiquement) élu.

 

En face, l'opposition du Hamâs à ce que ce document soit soumis au référendum populaire n'est pas non plus entièrement convaincante.

 

Certes, les objections du Hamâs ne sont pas dépourvues d'une certaine logique, notamment en ce qui concerne A) les deux chapitres relatifs à la reconnaissance de l'OLP - sous sa forme actuelle - comme unique représentant légitime du peuple palestinien [sous sa forme actuelle, soit avant sa réforme, telle que prévue par les accords signés au Caire en mars 2005, en tenant compte de la nouvelle configuration des forces sur le terrain.] et B) le fait de prendre les décisions de la légalité internationale comme fondement de la solution politique [cette légalité internationale qu'Israël ne reconnaît même pas.] Mais le rejet du référendum [par le Hamâs] en tant que processus, par principe, voilà qui est difficile à digérer. En particulier, parce qu'au cas où ce référendum aurait lieu, il pourrait éventuellement permettre au Hamâs de sortir de l'impasse bien réelle où il se trouve actuellement, du fait du blocus tant interne qu'extérieur imposé à son gouvernement et à la population qui le soutient, sans que ce gouvernement soit nécessairement contraint à faire des concessions essentielles en matière idéologique.

 

Voilà pour le tableau général. Mais, dans le détail, d'autres éléments entrent en jeu. La première chose dont il faut tenir ici le plus grand compte, c'est le fait que la jalousie de 'Abbas et de son entourage est parfaitement déplacée et que l'invocation de la sainteté et de l'exemplarité symbolique des « prisonniers », dont ils se prévalent actuellement, est particulièrement discutable, d'autant plus que les accords d'Oslo - qui ont donné le jour à l'Autorité palestinienne - ont négligé la cause de la plupart desdits prisonniers, au profit de quelques centaines d'entre eux seulement, affidés au courant « osloïste » au sein du Fath, ce à quoi s' ajoute le fait que l'Autorité à direction fathaouie, durant la période préélectorale de 2006, était elle-même compromise, en particulier dans le dossier. des prisonniers.

 

Si ce que je dis n'est pas vrai, alors ayez l'amabilité de me dire qui a vendu la cellule de Sourif à l'occupant israélien, en 1996 ? Qui a vendu le commandant Fu'âd al-Shawbakiyy, conseiller de feu le président Yâsir Arafât ? Et qui a livré le secrétaire général du FPLP, Ahmad Sa'adât à l' incarcération sous supervision internationale à Jéricho, en attendant que l' Etat juif ne l'exfiltre pour l'incarcérer dans ses propres geôles, voici quelques mois de cela ?

 

De même, 'Abbâs est opposé à toute forme de résistance armée, que ce soit dans les territoires occupés en 1948 ou dans les territoires occupés en 1967, alors que le document des prisonniers préconise de circonscrire la résistance à la Cisjordanie et à la bande de Gaza. Autant dire que ce document adopte le contre-pied total de la position de Abbâs, en la matière. Par conséquent, son adoption par 'Abbâs ne doit rien à l'intime conviction de celui-ci.Il y a donc autre chose. Quelque chose de pas très net.

 

Mais quel est donc le but de 'Abbâs, en adoptant ce document ?

Il y a un objectif proclamé - et prétendu. Et puis il y a un objectif caché, et tu. Le but proclamé - et prétendu -, c'est la volonté de sauver le peuple palestinien, en lui permettant d'échapper au blocus étouffant dans lequel il est enserré depuis qu'il a élu le mouvement Hamâs, en lui remettant (théoriquement) le pouvoir. Cela, au prétexte que le Hamâs refuserait de se conformer aux exigences et aux deux légitimismes, tant arabe qu' international.

 

Quant à l'objectif caché. : il s'agit de rien moins que de la cassation de la victoire électorale du Hamâs, au moyen de la mobilisation des « ventres vides » contre ce mouvement. En pratique, 'Abbâs peut faire chuter le gouvernement Hamâs. Mais il est dans l'incapacité de dissoudre un Conseil législatif palestinien largement dominé par ce mouvement. Ceci signifie que la chute provoquée du gouvernement palestinien créerait immanquablement un vide de pouvoir dont les conséquences pourraient s'avérer catastrophiques, pouvant prendre la forme d'une guerre civile. Par conséquent, rien n'était plus intelligent, comme démarche, que de soumettre au peuple palestinien le document des prisonniers, signé par des symboles représentatifs des prisonniers des mouvements : Fath, Hamâs, Jihâd islamique, FPLP et FDLP.

 

En cela, 'Abbâs gagne sur les deux tableaux : si le peuple entérine ce document et que le Hamâs persiste à le rejeter, il pourra provoquer des élections présidentielles et législatives anticipées. Si, en revanche, le Hamâs entérine les résultats et l'esprit du référendum, en en devenant partie prenante et en se départant, de ce fait même, de son idéologie propre, la scission au sein du Hamâs n'est plus qu'une question de temps (au cas où elle ne se serait pas produite immédiatement.)

 

Bien entendu, le danger, dans ce cas, ce serait que 'Abbâs perde le référendum ; ce qui est peu probable, dès lors que les électeurs palestiniens seront affamés et sans un sou vaillant en poche. Mais si 'Abbâs perd vraiment le référendum, il devra démissionner de la présidence de l' Autorité palestinienne et il y aura de nouvelles élections présidentielles, que le Fath peut éventuellement perdre. Dès lors se profilent des risques de guerre civile encore plus importants, car le Fath n'accepterait pas que son rôle s'achève de la sorte, lui qui exerce une hégémonie totale sur les services de sécurité, et qui bénéficie d'un soutien américano-israélo-arabe auquel il doit absolument tout. Même au cas où 'Abbâs remporterait le référendum et convoquerait des élections présidentielles et législatives anticipées - encore une fois, répétons-le, parce qu'il ne détient pas le droit de dissoudre sans autre forme de procès le conseil législatif - il peut perdre à nouveau ces élections, d'autant que les sondages d'opinion indiquent que la popularité du Hamâs s'est accrue durant le blocus, tandis que celle du Fath s'effondrait. D'autres sondages, en revanche, indiquent le contraire, si bien que la photo est floue et nébuleuse. La défaite du Fath lors de nouvelles élections signifierait une guerre civile, que déclencheraient des activistes du Fath redoutant de perdre leurs prérogatives.

 

Du côté Hamas, maintenant : son problème semble plus complexe. En effet, un de ses symboles à l'intérieur du mouvement des prisonniers, le shaykh 'Abd-al-Khâliq An-Natchéh, a apposé son seing au document des prisonniers. Il est vrai que le mouvement des prisonniers, à l'intérieur du Hamas, a nié que ce document le représentât. Et son désaccord est fondé sur le fait que le document a eu pour origine une seule prison [israélienne], à savoir celle de Hadarim. Mais dans la pratique, le Hamâs ne s'en tire pas sans dommage, et il ne pourra pas facilement s'exonérer de la signature d'un de ses symboles, même si celui-ci s'évertue à expliciter sa position afin de réduire la gêne dans laquelle il a placé son mouvement.

 

C'est en pratique ce qu'An-Natchéh a fait, mais son communiqué rectificatif, publié conjointement au shaykh Bassâm as-Sa'diyy, le représentant du Jihâd islamique, n'est pas allé jusqu'à fustiger le document des prisonniers ni a fortiori à le renier : il s'est contenté de condamner l'utilisation qui en a été faite, à savoir le chantage, de la part du Fath, et de dénoncer le fait qu'il soit considéré comme un document intangible et un projet global au-dessus de toute critique. Le deuxième sujet de gêne, pour le Hamâs, dans la question du document des prisonniers, c'est que le Fath, non sans faire preuve d'une intelligence à laquelle nous rendons volontiers hommage, a eu recours à la mobilisation d'un argument que le Hamâs avait constamment utilisé à son encontre. En effet, le Hamâs appelait depuis très longtemps à ce que les accords d'Oslo et tous les autres accords, quelle qu'en soit la nature, soient soumis à référendum populaire. Ainsi, le Docteur Mûsâ 'Abû Marzûq avait fait allusion, dans son initiative de 1994, puis en tant que directeur du bureau politique de ce mouvement, à l'idée de procéder à un référendum populaire sur la nature de la solution [du conflit israélo-palestinien], sans préciser s'il s'agissait de la solution provisoire ou de la solution définitive. Et, il y a de cela quelques mois, le ministre palestinien des Affaires étrangères et leader du Hamâs, le Docteur Mahmûd az-Zahhâr, évoquait la possibilité que toute solution proposée soit soumise à référendum. Il est vrai que le Hamâs faisait allusion, dans certaines de ses déclarations, à un référendum populaire palestinien au cours duquel s'exprimeraient les Palestiniens, quel que soit leur lieu de résidence, c'est-à-dire pas seulement ceux vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mais le mouvement n'a pas fait preuve de clarté et de détermination dans l'explicitation du fait que ce que l'on visait, avec cette idée de référendum, c'était de contourner sa victoire électorale, ou encore de provoquer un « coup d'Etat à blanc » contre la volonté du peuple des territoires occupés en 1967. Le « on » étant bien entendu le Fath, qui a dû ravaler son amère défaite électorale, ayant été incapable de renverser le Hamâs en utilisant à cette fin la présidence [de l 'Autorité] palestinienne et même des pressions arabes, israéliennes et internationales, en particulier américaines. Ainsi, au lieu de se servir de cette question comme d'un point d'appui pour repousser les tentatives de 'Abbâs et du Fath pour le dépouiller de sa victoire électorale, le Hamâs a eu recours à de timides allusions, tout en se couvrant de ridicule par ses supplications à indécentes adressées à 'Abbâs afin qu'il accorde un délai supplémentaire au dialogue national, qu'il ne le conditionne pas par un délai à ne pas dépasser et qu'il renonce même carrément à sa menace de procéder à un référendum. Et cela - comble de paradoxe - alors même que le Hamâs insiste sur le fait que le Fath n'a pas le droit, juridiquement, de procéder à un quelconque référendum !

 

L'idée de référendum, en dépit du fait qu'il s'agit en l'occurrence du recours à un procédé de droit à des fins illégales, pourrait servir l' intérêt général pour peu qu'on l'utilise à bon escient et que l'on se mette d'accord sur son essence, ses modalités et ses finalités. De même, cette idée peut s'avérer catastrophique pour la cause palestinienne, si se perpétue la logique des décisions prises individuellement et sans concertation et des règlements de comptes politiques, qui président bel et bien à sa mise en oeuvre jusqu'à présent.

 

Nier que le peuple palestinien vive un état de siège inique et mortel après la victoire électorale du Hamâs reviendrait tout simplement à se cacher la tête dans le sable. De même, soutenir que l'enthousiasme