20/06/06 - L'Autorité [anti-]
palestinienne
par Joseph Massad, Al-Ahram Weekly online n°799,
15 juin 2006.
Original : http://weekly.ahram.org.eg/2006/799/op11.htm
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier,
membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la
diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction
est en Copyleft.
[« La véritable
fracture, au sein de la société palestinienne,
est celle qui sépare ceux qui se battent pour conserver
leurs privilèges de classe hérités d'Oslo,
et leurs opposants, qui défendent les fondamentaux
de la cause palestinienne », écrit Joseph Massad.]
L'auteur est professeur assistant de politique
et d'histoire intellectuelle arabes contemporaines à
l'Université Columbia. Récemment, la maison
d'édition Routledge a publié un de ses ouvrages
: « The Persistence of the Palestinian Question »
(La permanence de la question palestinienne.
Parmi les principales mesures prises par
les architectes israéliens et palestiniens des accords
d'Oslo afin de garantir la survie structurelle de ce qu'il
est convenu d'appeler le « processus de paix »,
on relèvera la création de structures, d'institutions
et de classes qui leur sont directement liées et qui
sont en mesure de survivre y compris à l' effondrement
des accords eux-mêmes, tout en préservant le
« processus » généré par
lesdits accords. Cette garantie a été consacrée
par la loi et soutenue par un financement international «
justifié » par la nécessité d'
assurer la continuation du « processus d'Oslo »,
aussi longtemps qu'il continuera à servir les intérêts
d'Israël et des USA, ainsi que ceux de l'élite
palestinienne corrompue qui l'a avalisé.
Les cinq principales classes créées
par les architectes d'Oslo afin d' assurer la pérennité
du « processus » sont les suivantes :
- Une classe politique, divisée entre
des gens élus pour servir le processus d'Oslo - qu'il
s'agisse du Conseil législatif palestinien ou de l'exécutif
(pour l'essentiel, le président de l'Autorité
palestinienne) -, et ceux qui ont été désignés
afin de servir ceux qui sont élus, soit dans les ministères,
soit dans le cabinet présidentiel.
- Une classe de flics, comptant des dizaines
de milliers de membres, dont la fonction est de défendre
le processus d'Oslo contre tous les Palestiniens désireux
de le saper. Cette classe se partage entre plusieurs services
de sécurité et de renseignement en concurrence
entre eux et qui, tous, veulent démontrer qu'ils sont
plus aptes les uns que les autres à neutraliser toute
menace contre le processus d'Oslo. Sous l'autorité
d'Arafat, des membres de cette classe ont inauguré
leur entrée en fonction en fusillant quatorze Palestiniens
qu'ils considéraient ennemis du « processus »,
à Gaza, en 1994. Cet exploit leur valut le respect
initial des Usaméricains et des Israéliens,
qui insistèrent auprès de la classe de flicage,
en lui demandant d'utiliser plus de répression qu'elle
ne le faisait, afin d'être plus efficace. - Une classe
bureaucratique, attachée à la classe politique
et à la classe-flic, qui constitue un corps administratif
de dizaines de milliers d' agents qui exécutent les
ordres des élus et des nommés au service du
« processus ».
- Une classe d'ONG [organisations non-gouvernementales]
: autre classe bureaucratique et technocratique, dont les
finances dépendent totalement de leur efficacité
à servir le processus d'Oslo et à en assurer
le plein succès grâce à leur planification
et à leurs prestations de services. - Une classe d'affairistes,
composée d'hommes d'affaires palestiniens expatriés
ainsi que d'hommes d'affaires encore sur place, dont, en particulier,
des membres des classes politique, policière et bureaucratique
- dont les revenus sont tirés de leur investissement
dans le processus d'Oslo et de marchés lucratifs que,
seule, l'Autorité palestinienne peut rendre possible.
Alors que la classe ONG ne reçoit
pas d'argent de l'Autorité palestinienne, étant
donné qu'elle bénéficie de largesses
de gouvernements étrangers et d' organisations non-gouvernementales
étrangères, structurellement liées au
processus d'Oslo, les classes politique, policière
et bureaucratique reçoivent tous leurs financements
- légitimes et illégitimes - directement de
l'Autorité palestinienne. En liant la vie matérielle
de dizaines de milliers de Palestiniens aux processus d'Oslo,
ses architectes leur ont donné un contrôle crucial
sur sa pérennité, même, en particulier,
au cas où ce processus s'avérait dans l'incapacité
de produire le moindre résultat politique. Pour l'élite
palestinienne qui a pris en charge l'Autorité, la principale
tâche, depuis le début, a consisté à
s'assurer que le processus d 'Oslo continue bien (sans égard
à la question de savoir s'il produit de quelconques
résultats, ou non) et que ladite élite reste
bien aux manettes de toutes les institutions en garantissant
la survie. Ce que l'élite n'a pas prévu, c'est
qu'elle pouvait éventuellement perdre le contrôle
au profit du Hamas - opposant notoire au processus d'Oslo
- qui, conformément à l' attente, avait boycotté
les élections de 1994 concoctées et contrôlées
par le Fatah. Les élections de 2006, qu'encore une
fois le Fatah était certain de remporter, ont représenté
un tremblement de terre qui pourrait bien détruire
toutes ces garanties structurelles et, avec elles, le «
processus » qu'elles étaient ontologiquement
chargées de protéger.
Si, sous l'OLP [Organisation de Libération
de la Palestine], la « cause » (nationale palestinienne)
était en principe ce à quoi les Palestiniens
étaient le plus attachés, sous l'Autorité
palestinienne, c'était au « processus »
que les Palestiniens étaient priés de se dévouer.
C'est dans ce contexte que les incitations financières
à rejoindre une des classes que nous avons indiquées
étaient censées garantir que les Palestiniens
allaient demeurer fidèles au processus. La récente
panique manifestée par les classes politique, policière
et bureaucratique de l'Autorité palestinienne est directement
liée à leur perception qu'à moins qu'elles
ne renversent la victoire du Hamas, leur pérennité
même de classes bénéficiaires sera remise
en cause. De fait, même des intellectuels et des technocrates
appartenant à la classe des ONG expliquent d'ores et
déjà que la victoire du Hamas n'a pas été
aussi importante qu'on avait pu le penser dans un premier
temps, pour peu que l'on recourre à une analyse méticuleuse
circonscription par circonscription, etc., tout en prodiguant
leurs avis et leurs conseils aux trois classes de l'Autorité
palestinienne sur la manière de saper le pouvoir du
Hamas. La classe affairiste palestinienne s'est, quant à
elle, réunie à Londres, essentiellement aux
fins d'exhorter le Hamas à soutenir [lui aussi], le
« processus ».
Ainsi, dès la victoire électorale
du Hamas, des membres de la classe politique ont commencé
à rencontrer (ouvertement, mais aussi secrètement)
des responsables usaméricains et israéliens
pour étudier les moyens de le saper. Ces plans allaient
rapidement impliquer des pays arabes voisins tout aussi serviles
que l'Autorité palestinienne elle-même vis-à-vis
des intérêts israéliens et usaméricains.
La classe politique de l'Autorité palestinienne ne
se préoccupait plus de savoir si son jeu commençait
à être connu par l' opinion publique : d'où
l'arrestation spectaculaire d'un responsable du Hamas au motif
qu'il introduisait des dons étrangers à Gaza
- une infraction pour laquelle il n'aurait jamais été
arrêté, s'il avaitrespecté la traditionnelle
corruption du Fatah et des responsables de l'Autorité
palestinienne qui, bien loin d'introduire des fonds à
Gaza, volent régulièrement l'argent public palestinien
et l'en exfiltrent ! La classe policière est accourue
dare-dare afin de réaffirmer son pouvoir, démontrant
qu'elle n'est rien d'autre qu'un ensemble de gangs de malfrats
entièrement voués à la répression
des Palestiniens, au service du processus. La bureaucratie
refusa de coopérer avec des responsables du Hamas,
et elle se mit à les menacer et à leur interdire
l'accès à leurs propres bureaux ministériels
! La dernière attaque contre les bureaux du Premier
ministre et le bâtiment du Conseil législatif
palestinien, à Ramallah, qui ont été
incendiés, indiquent clairement que ces trois classes
créées par l'Autorité palestinienne feront
absolument tout et n'importe quoi pour assurer la continuation
du flot de leurs prébendes découlant d'Oslo.
Le fait souvent évoqué que
des dizaines de milliers de fonctionnaires de l' Autorité
palestinien ne percevaient plus leur salaire aurait sans doute
ému davantage la population palestinienne si elle avait
été elle-même régulièrement
payée. La majorité des Palestiniens percevant
des revenus minuscules - quand ils en perçoivent -
depuis le début de la deuxième Intifada, la
situation des fonctionnaires de l'Autorité palestinienne
fut perçue, à juste titre, comme nullement unique,
ni en quoi que ce soit plus tragique que celle des autres
Palestiniens. En réalité, c'est même le
fait que les classes bénéficiaires d'Oslo se
retrouve à la même enseigne que le reste de la
population palestinienne - qui représente, de fait,
les classes lésées par Oslo - qui semble mettre
hors d'elles les classes de l'Autorité palestinienne.
Par conséquent, ces classes sont déterminées
à éviter de perdre leurs privilèges de
classe, à n'importe quel prix.
Et, de fait, la victoire électorale
du Hamas est en train d'aider à unifier le Fatah, qui
était en proie aux divisions et aux tiraillements internes
avant les élections, à tel point qu'encore en
janvier dernier, il se disait, entre éléments
du Fath, que si Mahmûd 'Abbâs ajournait les élections,
ils l' assassineraient. 'Abbâs, qui, contrairement à
'Arafât, n'a pas de soutien au niveau de la base du
Fatah, a les mains plus libres que le dirigeant disparu pour
marchander avec les Usaméricains et les Israéliens
la garantie de la poursuite du « processus ».
Le Fatah est en train de se rallier à 'Abbâs,
exactement de la même manière que 'Abbâs
se rallie à lui. De fait, 'Abbâs a récemment
fait la paix avec ce qu'on considère comme la gauche
de l'OLP - qu 'à l'instar d'Arafât, avant lui,
il a continué à démanteler - en se rabibochant
avec Farûq al-Qaddûmiyy et Suhâ 'Arafât,
après des mois de bouderie. Toutefois, on ne voit pas
encore clairement si l'Autorité palestinienne va recommencer
à payer Suhâ et sa fille au moyen de chèques
de plusieurs millions de dollars. Même le turbulent
Muhammad Dahlân, qui voudrait tout le gâteau pour
lui, est en train de voler au secours de 'Abbâs.
'Abbâs, qui est en train de consolider
et de centraliser l'autorité dans ses propres mains
pour la première fois depuis son arrivée au
pouvoir, a même créé récemment
une garde prétorienne chargée d'assurer sa sécurité
en tant que gardien suprême (peut-être devrait-on
parler de parrain ?) du « processus ». Israël
s'est précipité pour autoriser l'entrée
d'armes dans les territoires occupés afin d'équiper
cette nouvelle force répressive. Comme cela ressort
clairement des déclarations de 'Abbâs, l'unique
fois où il élève la voix contre les Israéliens,
c'est quand Ariel Sharon, puis Ehud Olmert, menacent de mettre
un terme au « processus » par une action unilatérale.
Sinon, 'Abbâs s'est toujours montré tout à
fait réceptif à toute proposition israélo-usaméricaine.
De son côté, le Hamâs
joue un rôle qui n'est pas sans évoquer Salvador
Allende. Comme Allende, le Hamas continue à insister
à jouer le jeu démocratique, tandis que ses
gangsters et ses malfrats d'opposants ne reculent devant absolument
rien dans leurs agissements conspirateurs et traîtres.
Il est vrai que l'attaque contre le bureau du Premier ministre
Haniyyéh n'a pas eu la magnitude du bombardement du
palais de la Moneda, le 11 septembre 1973. Mais les malfrats
ont démontré qu'ils sont prêts à
aller aussi loin que Pinochet, au service des intérêts
du Fatah et d'Israël. En dépit de tout ça,
le Hamâs semble avoir fait montre d'une retenue pour
moins curieuse. Il aurait pu, par exemple, arrêter la
totalité des dirigeants du Fatah (et beaucoup de ses
cadres moyens), ainsi que les responsables de l' Autorité
palestinienne, pour corruption et haute trahison - délits
pour lesquels il dispose de quantité de preuves, ce
qui lui aurait permis de les juger au cours d'un procès
public et équitable. Il aurait pu mobiliser la population
contre ces personnages corrompus au moyen de manifestations,
et à travers les médias. Le fait qu'il n'en
ait rien fait atteste de sa volonté de préserver
un semblant de paix et de ne pas répondre aux provocations
annonciatrices d'une guerre civile que l'élite défaite
de l'Autorité palestinienne veut provoquer, car elle
constituerait un moyen envisageable de ré-instaurer
le « processus ».
Tandis que l'Autorité palestinienne
et ses classes commensales sont en train de livrer bataille
afin de conserver en vie le « processus », les
Israéliens ont donné toutes les indications
que le « processus » était terminé,
à leurs yeux, depuis bien longtemps. Pour eux, le processus
d'Oslo était une étape nécessaire, mais
historiquement limitée, servant à coopter le
leadership palestinien, à renforcer la mainmise israélienne
sur les territoires palestiniens volés et à
normaliser le statut diplomatique d'Israël dans le monde
arabe et dans le monde entier. Les Israéliens ayant
obtenu tous ces objectifs, le processus ne leur sert plus
à rien. Actuellement, leurs bombardements continuels
et leurs assassinats de civils palestiniens ainsi que d'hommes
politiques pro- et anti-« processus », en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza, ne montrent nul signe de rémission.
Le processus d'Oslo, qui n'a apporté que calamité
après calamité au peuple palestinien, n'a qu'
une seule motivation à se poursuivre : la survie des
classes de l'Autorité palestinienne qui en sont les
uniques bénéficiaires.
Ne vous y trompez pas : c'est autour de cela
que tourne la bataille actuelle en Cisjordanie et à
Gaza. Ce qui est en jeu, c'est le sort de neuf millions de
Palestiniens.
20/06/06 - Bilan de la semaine du
6 au 12 juin 2006 : 24 morts, 84 blessés et 83 interpellations
par IPC , 18 juin 2006. Source : <http://www.ipc.gov.ps/>
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft
Dans un récent rapport sur les agressions israéliennes
à l'encontre du peuple palestinien, le Centre national
palestinien d'information a recensé 24 morts, 84 blessés
et 83 interpellations au cours des 35 agressions militaires
israéliennes ayant donné lieu à 815 violations
des droits des Palestiniens, dans la semaine du 06/06/06 au
12/06/06.
Sur les 24 Palestiniens tués au cours de ces agressions
israéliennes, 6 ont été victimes d'attentats
ciblés.
Le rapport indique que les forces d'occupation israéliennes
ont utilisé au cours de leurs agressions tous les moyens
militaires à leur disposition, causant de très
graves préjudices au peuple palestinien. Ces agressions
ont consisté notamment en des tirs et des lancements
d'obus sur les zones habitées, des invasions répétées
des villes et villages palestiniens, l'installation de barrages
militaires aux carrefours et sur les routes conduisant aux
villes et villages, les fermetures et les interdictions d'accès
aux localités, la confiscation des terres et autres.
Le rapport recense avec précision l'ensemble des agressions
et des atteintes israéliennes à l'encontre du
peuple palestinien au cours de la semaine du 06/06/06 au 12/06/06
:
Les forces d'occupation israéliennes ont ainsi exécuté
147 descentes au cours des 53 invasions des villes et villages
palestiniens, établi 116 barrages militaires routiers
provisoires au cours des 44 opérations d'établissement
de barrages.
Il y a eu 377 fermetures et interdictions d'accès aux
villes et villages.
Cette semaine, les colons ont agressé 6 de nos concitoyens.
Le rapport indique d'autre part que d'autres agressions, telles
que les fouilles de maison, l'arrestation des citoyens au
niveau des barrages militaires routiers, la poursuite de la
construction du mur de l'apartheid, l'interdiction de passage
au niveau des accès internationaux ont continué
de plus belle et qu'il y a eu au cours de la semaine écoulée,
9 cas de nivellement de terres des citoyens.
Ainsi, le nombre de violations israéliennes à
l'encontre du peuple palestinien au cours de la période
allant du 08/02/2005, date de la tenue du sommet de Charm
El Cheikh, au 12/06/2006, s'établit de la manière
suivante :
41 247 violations dont 4112 tirs de feu ayant entraîné
331 morts et 2077 blessés palestiniens.
Les forces d'occupation israéliennes ont établi
au cours de cette période 6693 barrages provisoires,
interpellé 7000 citoyens palestiniens.
La superficie totale des terres confisquées par les
forces d'occupation, se monte à 37 977 Dunums, en plus
des nivellements de terres et l'arrachage d'arbres dont le
nombre est de 263. Les colons ont agressé au cours
de cette période 709 fois nos concitoyens.
17/06/06 - Un grand
stock d'armes est maintenant amassé à la Muqata
Des sources bien informées du mouvement
du Fatah ont affirmé jeudi quun grand chargement darmes
était entré à Ramallah ces derniers jours
et qu'elles étaient maintenant amassées dans
les quartiers généraux du chef de l'Autorité
palestinienne Mahmoud Abbas.
Ces sources ont indiqué à un
correspondant du Centre Palestinien d'Information que le chargement,
négocié avec un vendeur d'armes israélien,
incluait des lance-roquettes, des mitraillettes et des munitions.
Elles craignent que les armes aient été
intentionnellement autorisées en Cisjordanie pour alimenter
les conflits dans l'arène palestinienne et pour lancer
une guerre civile.
Le Premier ministre israélien Ehud
Olmert a déclaré quelques jours auparavant qu'il
approuvait l'aide aux gardes présidentiels d'Abbas
en armes et en munitions pour « affronter le Hamas ».
Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas, a
appelé Abbas à clarifier l'affaire, mais aucune
déclaration de la part du chef de l'Autorité
palestinienne n'a été prononcée sur la
question jusquà maintenant. Source : CPI (Palestine/Israël)
sur voltairenet.org
17/06/06 - L'Union
européenne prête à verser 100 millions
en contournant le Hamas : comment va-t-elle s'y prendre ?
Les 25 ont approuvé un paquet d'aides
d'environ 100 millions d'euros pour les Palestiniens, à
verser via un fonds conçu pour contourner le gouvernement
dirigé par le Hamas, d'ici début juillet, a
indiqué vendredi une porte-parole communautaire.
Selon la porte-parole de la commissaire aux
Relations extérieures Bénita Ferrero-Waldner,
les 25 ont approuvé un paquet composé de trois
parties, dont les deux premières, des fournitures de
base pour la santé et l'approvisionnement en énergie,
devraient pouvoir être débloquées d'ici
début juillet.
Une troisième partie, qui prévoit
un "filet de protection sociale" incluant des paiements
directs à des Palestiniens sur "la base du besoin",
risque de "prendre plus de temps", a indiqué
la porte-parole, Emma Udwin.
La question du paiement de certains employés
palestiniens via ce fonds -- alors que 160.000 fonctionnaires
palestiniens n'ont pas été payés depuis
mars -- pose problème pour les Américains, hostiles
au versement de tout salaire aux fonctionnaires palestiniens
par la communauté internationale.
"Il y a encore du travail à faire
pour définir exactement comment les bénéficiaires
seront sélectionnés et comment cela marcherait",
a expliqué Mme Udwin.
Au total, la Commission propose "quelque
chose de l'ordre de 100 millions d'euros", a-t-elle ajouté,
sans préciser sur quelle période de temps ce
montant global pourrait être alloué.
Elle a répété que l'UE
était "très proche d'un accord" avec
ses partenaires au sein du Quartette sur le Proche-Orient
(UE, USA, Russie, Onu) sur ce fonds alternatif, en gestation
depuis l'arrivée au pouvoir du mouvement radical palestinien
Hamas.
"Nous espérons arriver à
l'accord final dans les prochains jours", a déclaré
Mme Udwin.
Après l'arrivée au pouvoir
du Hamas, considéré comme terroriste par l'UE
et les États-Unis, une grosse partie de l'aide internationale
a été gelée, aggravant la crise financière
que connaissaient déjà les Palestiniens.
L'UE, qui était le principal bailleur
de fonds des Palestiniens avec une aide totale de quelque
500 millions d'euros par an, a ainsi gelé ses transferts
de fonds début avril, à l'exception de l'aide
purement humanitaire.
Au vu de la détérioration de
la situation dans les territoires palestiniens, la Commission
européenne a ensuite été chargée
par le Quartette de mettre sur pied un fonds alternatif permettant
d'acheminer directement une partie de cette aide vers la population
palestinienne, sans passer par le gouvernement palestinien.
La présidence de l'Autorité
palestinienne a salué vendredi la décision de
l'Union européenne alors que le Hamas, dont le gouvernement
sera contourné, a exprimé des réserves.
"Nous saluons la décision européenne.
Toute aide au peuple palestinien est la bienvenue", a
déclaré à l'AFP le négociateur
en chef Saëb Erakat, un proche collaborateur de Mahmoud
Abbas.
"Nous les appelons à revoir leur
boycott du gouvernement (issu du Hamas) et à reprendre
le versement des aides selon les modalités qui étaient
en vigueur", a ajouté M. Erakat. "La position
européenne est louable mais nous avons besoin de beaucoup
plus d'aide". Le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri,
a exprimé des réserves.
"Nous saluons toute aide offerte à
notre peuple mais elle ne doit pas être assortie à
des conditions et doit transiter par les canaux du gouvernement",
a-t-il dit à l'AFP.
Le porte-parole du groupe parlementaire du
Hamas, Salah Al-Bardawil, a de son côté affirmé
que la décision de l'Union européenne était
"un pas dans la bonne direction". "Nous la
voyons comme un pas dans la bonne direction bien que nous
sachions que l'argent contournerait le gouvernement",
a-t-il dit.
"L'UE ferait mieux de traiter directement
avec le gouvernement démocratiquement élu pour
montrer son respect de la démocratie", selon lui.
Source : AFP, 16 juin 2006
17/06/06 - Ilan Halevy
: « Nous sommes dans une mécanique funeste »
Propos recueillis dans les territoires occupés
par Muriel Rozelier, L'Humanité Dimanche [HD], 15-21
juin 2006 NDLR Quibla : Ilan Halevy est un Français
juif qui, après avoir son aliya en Israël, a choisi
de devenir palestinien. Il représente le Fatah à
lInternationale socialiste. Ses déclarations sont représentatives
du discours que le Fatah est en train de servir à la
gauche européenne pour la dissuader dexprimer une quelconque
solidarité avec le Hamas. parmi les affirmations les
plus énormes de Halevy : « les électeurs
palestiniens n'ont pas voté pour le programme maximal
du Hamas.» Halevy est un digne représentant de
ceux que Ismaïl Haniyeh appelle les bonnets dâne,
dont la principale caractéristique est le tattawul
(= culot, équivalent arabe du mot hébreu chutzpah).
Affrontements entre le Hamas et le Fatah
; bombardements incessants des Israéliens : Ilan Halevy,
membre de la commission des affaires étrangères
du Fatah, est très inquiet.
HD : Le référendum du 26 juillet
prochain vous semble-t-il en mesure d'aider à sortir
de la crise qui oppose l'exécutif palestinien à
sa majorité parlementaire, dominée par le Hamas
?
Ilan Halevy : L'une des raisons qui ont empêché
la constitution d'un gouvernement d'union nationale après
les élections législatives palestiniennes de
janvier dernier repose sur le refus du Hamas de se positionner
dans une logique d'Etat ; or, s'il veut gouverner, le Hamas
doit reconnaître les engagements de ses prédécesseurs
et la validité des accords signés par eux avec
la communauté internationale ou avec Israël. Ce
serait une erreur de mettre ce débat sur le compte
des pressions internationales. Il s'agit avant tout de clarifier
la carte politique palestinienne. Les Palestiniens ont marqué
leur confiance vis-à-vis du Hamas, mais ils veulent
aussi que celui-ci négocie. Les discussions en cours
sur le plan des prisonniers - ou l'éventuel référendum
si ces négociations échouaient - fixeront les
limites du mandat du gouvernement : les électeurs palestiniens
n'ont pas voté pour le programme maximal du Hamas.
Ils ont avant tout exprimé un ras-le-bol généralisé
par rapport à l'échec du processus de paix.
En 1994, au moment des accords d'Oslo, nous leur avions promis
un État dans cinq ans, mais douze ans après
l'occupation israélienne a redoublé dans les
territoires.
HD : La rue palestinienne craint de plus
en plus que le conflit entre le Fatah et le Hamas ne dégénère
en une guerre civile. Ne pensez-vous pas que ce référendum
aggrave les tensions ?
Ilan Halevy : Au niveau des directions des
deux mouvements, il n'y a aucune volonté d'aggraver
la situation. Notre opinion publique désapprouve tout
ce qui pourrait nuire à l'unité nationale. Elle
refuse la violence interne. Mais l'occupation, qui redouble
dans les territoires, la détérioration de la
situation dans les villes, et la semi-gangstérisation
de certains liée à la montée du chômage
ou à l'embargo économique international, engagent
une mécanique funeste qui peut nous entraîner
vers une situation très dangereuse.
HD : Quels impacts pourraient [sic] avoir
le plan des prisonniers alors qu' Israël maintient son
refus de négocier ?
Ilan Halevy : Israël n'a pas attendu
la victoire du Hamas pour refuser de reconnaître un
partenaire côté palestinien. C'est certes pour
lui une aubaine incroyable. Mais l'unilatéralisme israélien
date de bien avant, du temps des négociations de Camp
David (en 2000), qu'Ehoud Barak a fait échouer. Nous
n'avons choisi ni Ariel Sharon ni Ehoud Olmert. Pourtant nous
sommes prêts à faire avec. Pas le gouvernement
israélien, qui continue à autoriser les attentats
ciblés ou les incursions dans les villes palestiniennes.
Au-delà, ce qui est réellement intéressant
à noter, c'est que nous vivons une expérience
démocratique sans précédent au Moyen-Orient.
Ce débat, pour difficile qu'il soit, est exemplaire,
alors que l'occupation israélienne n'a fait qu'empirer.
17/06/06 - Seulement
pour les Arabes : la « loi » et l'« ordre
» à la mode israélienne
par Jonathan Cook, CounterPunch, 14 juin
2006 Traduit en français par Marcel Charbonnier, membre
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Lauteur, écrivain
et journaliste, vit à Nazareth. Il est l'auteur de
l'ouvrage (à paraître) : Blood and Religion :
The Unmasking of the Jewish and Democratic State [«
Sang et religion : la vérité sur l'État
juif et démocratique »], qui sera publié
par les éditions Pluto Press en Angleterre, et par
les presses de l'Université du Michigan [University
of Michigan Press], aux USA. Son site est à l'adresse
suivante : http://www.jkcook.net ].
Imaginez le scénario suivant : un
Palestinien armé monte dans un autobus, en Israël,
et il le détourne vers la ville de Netanya. Peu avant
le terminus, il s'approche du chauffeur, pointe le canon de
sa mitraillette vers sa tête et le crible de balles.
Après quoi il se retourne, et il vide le reste de son
chargeur - un sur les quatorze chargeurs placés dans
son sac à dos - sur les passagers, derrière
le chauffeur, et sur deux jeunes femmes assises de l 'autre
côté de l'allée centrale.
Sous les yeux horrifiés de passants,
notre tireur recharge ensuite son arme, et il sulfate le bus,
blessant vingt personnes. Il s'approche d'une femme qui s'est
pelotonnée derrière un siège, essayant
désespérément de se protéger ;
il abaisse son canon vers sa tête et appuie sur la gâchette.
Mais le chargeur est vide. Tandis qu'il tente de charger un
troisième chapelet de balles, la femme empoigne le
canon brûlant de la mitraillette, tandis que les autres
passagers se ruent sur lui.
Instantanément, instinctivement, les
témoins se ruent dans le bus et, en proie à
un mélange de passions - colère, indignation
et peur d'une nouvelle attaque - ils battent l'homme armé,
à mort.
Tandis que la nouvelle commence à
se répandre, la télévision israélienne
préfère poursuivre sa couverture d'un match
de foot local, plutôt que d' informer sur la tuerie.
Plus tard, alors que les chaînes israéliennes
couvrent effectivement les morts, elles commencent par exhiber
la photographie du tireur, accompagnée de la didascalie
: « Que Dieu bénisse son âme ! »
- exactement comme elles en usent quand elles font état
de victimes d'un attentat terroriste.
Bien que le Premier ministre s'emploie à
dénoncer le tireur en le qualifiant de terroriste à
qui veut l'entendre (en l'occurrence, le monde entier), à
l' intérieur d'Israël, les médias et la
police se concentrent, au contraire, sur le « gang de
lyncheurs » qui a tué cet homme. La police lance
une enquête secrète, laquelle, au bout de dix
mois, conduit à l'arrestation de sept hommes accusés
d'avoir assassiné le tireur, d'autres arrestations
étant annoncées, à la clé. Un
porte-parole de la police qualifie le comportement de ces
hommes vis-à-vis du tireur fou d' « assassinat
de sang froid ».
Inimaginable ? Ridicule ? Eh bien, ce sont
là pourtant exactement les événements
qui se sont produits en Israël, l'année dernière
- sauf que cela ne s'est pas passé en réalité
dans la ville juive de Netanya, mais dans la ville arabe de
Shaf'amr, en Galilée ; que le tireur fou n'était
pas palestinien, mais un soldat israélien utilisant
son arme régulière, un fusil mitrailleur M-16
; et que les victimes n'étaient pas des juifs israéliens,
mais des Arabes israéliens.
Vous voyez, maintenant, comment tout cela
semble banal ?
L'assassinat de quatre Palestiniens citoyens
israéliens par un soldat âgé de dix-neuf
ans, Eden Natan Zada, le 4 août dernier, peu après
le retrait unilatéral de Gaza, a été
gentiment oublié par le monde entier. Après
l' enterrement des victimes arabes, la seule question dont
les Israéliens se préoccupaient, c'était
de savoir qui avait tué Zada.
http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/0745325556/counterpunchmaga
« Hier, ils semblaient avoir la réponse
: sept hommes de Shafa'amr ont été arrêtés
par la police israélienne ; ils devront répondre
devant la justice de l'assassinat « de sang froid »
de Zada ».
Personne n'était le moins du monde
intéressé par le mépris officiel envers
les membres des familles endeuillées des tués
de Shafa'amr, auxquels on dénia les larges compensations
financières versées aux victimes israéliennes
du terrorisme palestinien. Un comité ministériel
décréta que, du fait que Zada était en
train d'effectuer son service militaire, sa tuerie ne pouvait
être assimilée à un incident terroriste
! Apparemment, seuls les Arabes peuvent être des terroristes.
Jusqu'à ce jour, l'État israélien n'a
pas donné un seul kopek aux familles.
Il n'y eut aucune enquête pour tenter
de savoir pour quelle raison Zada, bien connu pour ses opinions
extrémistes, avait été autorisé
à s'éloigner des semaines durant de son unité
sans jamais essayer de le pister. Ni comment il pouvait se
faire que ses menaces répétées qu'il
allait faire quelque chose de « terrible » pour
arrêter le désengagement [unilatéral israélien
de la bande de Gaza, ndt] aient été ignorées
par les autorités. Personne n'a demandé pour
quelle raison, quelques jours avant sa crise de folie, la
police avait envoyé paître Zada, qui était
venu au commissariat pour se débarrasser de son arme.
Plus dérangeant encore : personne
n'a examiné pour quelle raison Zada, qui appartenait
de manière notoire à un mouvement raciste interdit
- le Kach, qui exige l'expulsion, voire même l'extermination,
des Arabes de la Terre sainte - avait été autorisé
à faire son service militaire. Comment avait-on pu
le laisser, lui et les milliers de partisans du Kach, propager
en toute quiétude leurs idées obscènes
? Pourquoi ces activistes du Kach, des Israéliens pour
la plupart très jeunes, étaient-ils autorisés
à manifester publiquement contre le désengagement
de Gaza, agressant les policiers et les soldats, alors que
ce groupe extrémiste était supposé clandestin
?
Et pourquoi les autorités n'ont-elles
pas arrêté et interrogé les amis de Zada,
appartenant au Kach, dans la colonie de Tapuah, en Cisjordanie,
où il vivait, après l'attentat ? Pourquoi leur
éventuelle complicité dans la planification
de son geste criminel n'a-t-elle jamais été
prise en considération, ni la part qu'ils ont pu y
prendre en le poussant à commettre son forfait ?
En fait, les autorités israéliennes
voulaient que Zada soit excusé, car considéré
comme un tireur isolé et fou - comme Baruch Goldstein,
avant lui, ce médecin militaire qui avait ouvert le
feu en 1994, dans la ville palestinienne d'Hébron,
tuant vingt-neuf fidèles musulmans en train de prier
à l'intérieur du Tombeau des Patriarches [Mosquée
d'Ibrahim] et en blessant cent vingt-cinq autres.
Bien qu'Yitzhak Rabin, Premier ministre au
moment des faits, ait dénoncé Goldstein en le
qualifiant de « mauvaise graine », un mausolée
et un parc ont été construits afin de l'honorer,
tout près de là, dans la colonie de Kiryat Arba,
où il est vénéré à l'instar
d'un « saint » et d'un « homme juste et
droit ».
Loin d'être isolé, son mausolée
attire régulièrement des milliers de juifs israéliens,
qui s'aventurent en pèlerinage dans la profondeur du
territoire palestinien pour venir l'honorer.
Au lieu de mettre à jour et d'éradiquer
cette tendance croissante du fondamentalisme juif, après
l'attaque terroriste de Shafa'amr, Israël clama que la
priorité était de retrouver et de châtier
ceux qui avaient tué Zada. C'était une question
de respect de la loi et de l'ordre, dit Dan Ronen, commandant
de la police pour le Nord d'Israël. Il déclara
aux médias israéliens : « Dans un pays
de droit et d'ordre, en dépit des sensibilités,
les gens ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent. J'espère
que la communauté arabe fera preuve de maturité
et de responsabilité. »
Voilà qui est perçu comme un
deux poids - deux mesures scandaleux par les citoyens de Shafa'amr,
et aussi par les citoyens palestiniens d'Israël, qui
sont plus d'un million. Faire appliquer la loi, voilà
qui n'a jamais été considéré une
priorité dès lors que les agresseurs sont juifs
et les victimes arabes, et même quand la tuerie se produit
à l'intérieur du territoire israélien.
Les citoyens arabes n'ont pas oublié
le massacre de quarante-neuf hommes, femmes et enfants par
une unité de l'armée qui avait imposé
un couvre-feu immédiat au village palestinien de Kfar
Qassem, en 1956, exécutant les villageois - des Arabes,
évidemment - à un checkpoint, l'un après
l'autre, tandis qu'ils rentraient chez eux, innocemment, après
leur journée de labeur dans les champs.
Durant leur procès, le quotidien Ha'aretz
écrivit que ces soldats avaient perçu une augmentation
de 50 % de leur solde et qu'il était évident
que ces hommes n'étaient « nullement traités
en criminels, mais au contraire, en héros ».
Jugé coupable d' « erreur administrative »,
leur commandant fut condamné à verser le shekel
symbolique.
De même, personne ne dut rendre des
comptes, après que six citoyens arabes non-armés
eurent été abattus par les services de sécurité,
dans la ville de Sakhnin, en Galilée, en 1976, tandis
qu'ils manifestaient contre une énième vague
de ces confiscations de terre privant les populations arabes
rurales de leurs terrains cultivables. Le Premier ministre
d'alors, Rabin - encore lui -, refusa même de diligenter
une enquête.
Vingt-cinq ans après, une enquête
fut menée sur l'assassinat, par la police, de treize
Arabes non-armés en Galilée, en octobre 2000,
qui manifestaient pour dénoncer la tuerie de Palestiniens
à l'intérieur du Noble Sanctuaire de Jérusalem
[l'Esplanade des Mosquées, ndt] - cette tuerie qui
déclencha l' Intifada. Six années ont passé,
toutefois, et aucun policier n'a été accusé
de ces morts intervenues, pourtant, en Israël même.
Les commandants qui avaient illégalement autorisé
l'utilisation d'une unité de sniper anti-terrorisme
contre des manifestants « armés » seulement
de pierres n'ont pas été sanctionnés.
Même pas eux !
Les citoyens arabes d'Israël ne connaissent
que trop, également, l'épisode du « Bus
300 », remontant à 1984 : deux Palestiniens armés,
originaires des territoires occupés, avaient été
arrêtés après qu'ils eurent détourné
un autobus en Israël. Emmenés par les services
de sécurité du Shin Bet menottes aux poignets,
tout ce qu'on sut, par la suite, c'est que ces deux hommes
étaient morts.
Personne n'a été accusé
de les avoir exécutés, bien que tout le monde
sût, à l'époque, qui avait tué
les deux hommes. Plus tard, un haut responsable du Shin Bet,
Ehud Yatom, reconnut leur avoir brisé le crâne
à coups de pierre. En 1968, afin de parer à
tout risque de mise en examen, le président d' Israël
en fonction à l'époque, Chaïm Herzog, accorda
une amnistie à tous les agents du Shin Bet impliqués.
Même s'il a été reconnu
lors du procès que Zada a été en réalité
battu à mort après que la foule ait appris qu'il
avait été maîtrisé, cette histoire
- à savoir celle du déni de justice répété
de l'État à l'égard des victimes arabes
de sa violence - doit être néanmoins être
prise en compte. En effet, personne n'aurait pu raisonnablement
s'attendre à ce que les témoins restent calmes,
sachant que Zada, à l'instar d'autres émissaires
juifs de l'État avant lui, soit ne serait pas sanctionné,
soit serait condamné à quelques années
d'emprisonnement seulement et à faire amende honorable,
simplement parce que ses victimes étaient des Arabes,
et non des juifs.
Israël a montré à d'innombrables
reprises qu'il applique la loi et fait régner l'ordre
de manière sélective, en fonction de l'ethnie
de l'assassin et de l'ethnie de sa (ou de ses) victime(s).
Le commandant Ronen fit observer, lors d'une
conférence de presse, après les arrestations
à Shafa'amr : « Depuis octobre 2000, nous avons
énormément amélioré nos relations
avec la communauté arabe [d'Israël] ». Si
cela est exact - nous en doutons fort - les autorités,
là encore, ont fait le maximum afin de détruire
le peu qui restait de cette confiance.
16/06/06 - Mahmoud Zahhar rapporte
20 millions de $ dans des valises...
Sources : www.arabs48.com et www.palestine-info.info.org,
14 juin 2006. Traduit de larabe par le CIREPAL
Les responsables palestiniens ont affirmé que le ministre
palestinien des affaires étrangères, Mahmoud
Zahhar, a apporté avec lui ce mercredi 14 juin, dans
des valises, la somme de 20 millions de dollars [= 15,92 millions
], lors de son entrée à la bande de Gaza, en
passant par la frontière égyptienne. Zahar,
qui revenait d'une tournée pour collecter l'argent
pour le gouvernement palestinien, est le troisième
responsable palestinien au moins de Hamas à avoir franchi
la frontière pour financer les caisses de l'Etat palestinien.
Les responsables égyptiens avaient averti les responsables
palestiniens à la frontière que Mahmoud Zahhar
avait douze valises contenant 20 millions de dollars, mais
les responsables palestiniens ont laissé passer, disant
qu'il n'y a pas de loi fixant le montant maximum pouvant entrer
au pays.
Un responsable de Hamas avait fait entrer il y a quelques
jours, le samedi dernier, 4,5 millions d'euros, en passant
par le passage de Rafah.
Le mois dernier, c'était le porte-parole de Hamas,
Sami Abu Zuhri, qui avait essayé de passer avec 804.000
dollars, somme qui avait été confisquée
avant d'être remise au gouvernement.
Les responsables du gouvernement palestinien sont contraints
de porter ces sommes et de les faire entrer par ces moyens,
puisque le blocus économique imposé par l'occupant
israélien et les USA est suivi par l'Europe et quelques
États arabes.
Quant à Mushir al-Masri, député, il a
confirmé la nouvelle sans cependant préciser
le montant de la somme. Il a ajouté que tous les responsables
palestiniens devraient agir de la même manière,
essayer de briser le blocus imposé.
...et Youssef Rizka en rapporte 2
Le ministre palestinien de l'Information, Youssef Rizka, est
rentré jeudi 15 juin à Gaza avec une valise
contenant deux millions de dollars (1,6 million deuros) en
liquide. La veille, son collègue des Affaires étrangères
Mahmoud Zahar avait fait entrer 20 millions de dollars (16
millions deuros) dans le territoire par le même procédé.
L'arrivée de ces fonds confirme l'ouverture par le
Hamas d'un nouveau front dans sa lutte contre les sanctions
internationales. A la recherche de fonds pour le gouvernement
privé d'aide par les Etats-Unis et l'Union européenne,
le Hamas se tourne vers les pays arabes et musulmans pour
trouver l'argent nécessaire à son fonctionnement.
M. Rizka venait deffectuer une tournée au Qatar, en
Arabie saoudite et en Egypte. Il a déclaré l'argent
aux autorités frontalières puis remis ces fonds
au ministère palestinien des Finances.
La pratique a cependant suscité la désapprobation
des observateurs européens postés à la
frontière de la Bande de Gaza. On ignorait de fait
combien de temps le Hamas pourrait ainsi faire entrer d'importantes
sommes d'argent destinées notamment à payer
les fonctionnaires palestiniens.
"C'est notre argent", s'est défendu le porte-parole
du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad. "C'est la seule
façon pour nous de transférer des fonds",
a-t-il ajouté, assurant que le Hamas avait ainsi "la
possibilité de contourner le blocus".
Source : AFP, 15 juin 2006
16/06/06 - Quand Amnesty accuse Israël
par Michele Giorgio, il manifesto, 13 juin 2006. Original
:
http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/13-Giugno-2006/art39.html
Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio
Regardons ce qui se passe avant d'assurer bénéfices
et privilèges. C'est le sens de l'appel qu'Amnesty
International lance à l'occasion du Conseil d'association
Ue-Israël, au programme d'aujourdhui (13 juin). Dans
un dossier présenté à la présidence
autrichienne de l'Union Européenne, Amnesty dénonce
l'usage disproportionné de la force de la part d'Israël
contre les civils palestiniens. Une accusation qui sest trouvée
de nouveau confirmée vendredi dernier quand un tir
de missile depuis une vedette israélienne, est tombé,
hors cible, sur la plage de Sudanya (Gaza), tuant huit Palestiniens,
dont sept membres d'une même famille. Amnesty écrit
que plus de 100 Palestiniens, parmi lesquels une trentaine
d'enfants et adolescents, ont été tués
depuis le début de l'année par les forces israéliennes.
Les « assassinats ciblés » contre des militants
de l'Intifada, par des missiles tirés depuis des avions
ou hélicoptères, non seulement sont illégaux
mais ont fait de nombreuses victimes. Le centre israélien
pour les droits de l'homme Betselem indique que depuis le
mois doctobre 2000 jusqu'en mars de cette année, 329
palestiniens ont été assassinés par des
opérations « ciblées », dont 213
appartenaient à des groupes armés : les autres
étaient des civils. « Israël doit affronter
de graves questions de sécurité mais il ne peut
pas réagir aux dépens de personnes innocentes.
Tout ceci ne fait que perpétuer le cycle de la violence
dont Israël finit par être à son tour la
victime », a déclaré Dick Oosting, directeur
du Bureau dAmnesty International auprès de l'Union
Européenne.
Le dossier d'Amnesty souligne la perpétuation de la
détention administrative une condamnation (renouvelable)
sans procès à six mois de prison sur la base
d2informations fournies par les services de sécurité
bien qu'il s'agisse d'une méthode illégale qui
viole les droits de l'homme. A l'heure actuelle, plus de 600
Palestiniens sont détenus sans accusation dans des
camps militaires, dans des conditions extrêmement dures.
Pendant la première Intifada (1987-1993) la communauté
internationale avait critiqué de façon récurrente
cette pratique (des milliers de Palestiniens purgèrent
cette peine pendant la « révolte des pierres
») alors que pendant cette seconde révolte, elle
est restée silencieuse, acceptant les raisons de Tel
Aviv qui a toujours parlé durgence contre des attentats.
Le dossier dAmnesty indique en outre le développement
et lexpansion continus des colonies dans les Territoires Occupés,
toujours en violation flagrante du droit international. Le
gouvernement israélien, explique lorganisation, vient
juste de confirmer la prochaine construction de 3500 nouvelles
habitations dans la zone de Jérusalem-Est, occupée
par Israël depuis 1967, et annexée postérieurement
au territoire de lÉtat juif.
En tant que puissance doccupation, Israël a de plus
lobligation légale de satisfaire les besoins de base
de la population sous occupation militaire. Cette responsabilité
est encore plus grande aujourdhui, au vu de laggravation préoccupante
de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens.
Au contraire, souligne Amnesty, la construction du mur de
séparation en Cisjordanie et la fermeture du poste
de transit de Karni, unique passage commercial de Gaza, aggravent
la pauvreté dans la région. Lécrivain
Erri de Luca, il y a quelques semaines, a minoré la
gravité de limpact sur la situation humanitaire de
la fermeture de Karni, exercée par larmée israélienne
pour de présumées raisons de sécurité.
De Luca a parlé de fermeture occasionnelle alors que
dans les quatre premiers mois de lannée 2006, Israël
a fermé Karin pendant plus de 60 jours, causant des
pertes de plusieurs millions de dollars pour les Palestiniens.
Enfin, Amnesty est très préoccupé par
la loi sur la citoyenneté promulguée en 2003
et confirmée par la sentence votée par les juges
de la Cour Suprême le mois dernier, sur la base de «
considérations de sécurité » -qui
interdit les regroupements familiaux en cas de mariages entre
Palestiniens dIsraël appelés arabes israéliens
- et Palestiniens des Territoires occupés. Cette loi,
qui fait directement référence à lidentité
ethnique de lindividu, concerne (et nuit à) des milliers
de couples, obligés de vivre séparément,
ou de ne se retrouver quen Cisjordanie ou à Gaza. Amnesty
affirme que la loi sur la citoyenneté viole linterdiction
de discrimination contenue dans le droit international ainsi
que dans plusieurs traités quIsraël a ratifié,
et quil est donc obligé de respecter, parmi lesquels
: la Convention Internationale pour lélimination de
toutes les formes de discrimination raciale, le Pacte International
sur les droits civiques et politiques, le Pacte International
sur les droits économiques, sociaux et culturels, et
la Convention sur les droits de lenfant.
Il y a quelques semaines seulement, la police a fait irruption
chez un citoyen arabe (dIsraël, ndt) Mohammad Al-Heen,
à Qalansua. Toute la famille, enfants compris, a été
arrêtée et emmenée au QG de la police.
La mère a été immédiatement expulsée
au poste de contrôle de Qalqiliya et séparée
de ses enfants et de son mari qui a ensuite été
obligé de signer une déclaration dans laquelle
il sengage à ne pas faire rentrer sa femme en Israël.
160606 - La version sioniste du massacre
de Gaza Beach : Un document de propagande digne de Goebbels
Nous reproduisons tel quel un communiqué diffusé
par lambassade dIsraël à Paris le 13 juin 2006.
il se passe de tout commentaire.
Titre : Israël non responsable de lexplosion sur la plage
de Gaza
Résultats de la commission denquête, 13 juin
2006
Le Ministre de la Défense Amir Peretz, le Chef dEtat-Major
Dan Halutz et le Général Meir Kalifi, responsable
de la commission denquête, ont tenu une conférence
de presse à Tel-Aviv le mardi 13 juin pour présenter
les résultats de ladite commission.
Amir Peretz a déclaré quil y avait suffisamment
de preuves pour attester que lexplosion sur la plage de Gaza
nétait pas due aux forces israéliennes, contrairement
à ce qui a été décrit.
Dan Halutz a confirmé ce fait, ajoutant que tous les
tirs israéliens du 13 juin dernier, provenant de la
mer, de lair ou de la terre avaient été examinés
en détail. Il ressort de lenquête que :
- Un éclat dobus retiré du corps dune des victimes
hospitalisée en Israël (hôpital Ichilov
de Tel-Aviv) a été examinée au laboratoire
du Technion (Haïfa) : il ne sagit pas dun obus utilisé
par Tsahal.
- Le trou laissé sur la plage, selon les photographies,
ne semble pas avoir été dû à une
explosion par le haut (cas dun obus), mais à une explosion
venant den dessous (cas dune mine).
- Israël a recueilli une masse considérable de
données indiquant que durant les dernières semaines,
depuis que des commandos israéliens se son infiltrés
dans la bande de Gaza (pour la première fois depuis
le retrait israélien en Août 2005) afin de neutraliser
les cellules responsables des tirs de roquettes, le Hamas
a méthodiquement miné la plage nord de la bande
de Gaza pour empêcher les Israéliens dy revenir.
Selon le journal Haaretz, des Palestiniens ont été
témoins que des militants du Hamas se sont précipités
sur la plage après lexplosion et ont ramassé
les débris dus à lexplosion.
Enfin, comme lavait déjà attesté le
commandant de Tsahal pour la région Sud, Yoav Galant,
le dimanche 11 juin, sur les 6 tirs terrestres le jour de
lincident, 5 ont atteint leur cible (des sites de lancement
de roquettes Qassam), à 250 mètres de la plage.
Le 6ème, dont limpact na pas été trouvé,
a de toute façon été tiré à
16h51, alors que lexplosion sur la plage a eu lieu, daprès
les témoins palestiniens, entre 16h57 et 17h10 (pour
plus de détails, lire la version en anglais <http://www.mfa.gov.il/MFA/Government/Communiques/2006/Summary+of+IDF+investigation+of+incident+on+the+Gaza+beach+9+June+2006.htm>
)
Les conclusions de lenquête menée après
le drame survenu sur la plage de Gaza le 9 juin démontrant
quIsraël nest pas impliqué, la manipulation cynique
des images dune malheureuse enfant pleurant la mort de sa
famille na eu dautre objectif que de jeter une fois encore
lopprobre sur Israël.
Israël défend ses citoyens
En vertu du droit international, Israël a non seulement
le droit, mais également lobligation de défendre
ses citoyens.
Nous déplorons toute perte de vies humaines lors des
opérations militaires destinées à protéger
notre population contre la menace terroriste à laquelle
elle continue dêtre malheureusement exposée.
Les civils palestiniens ne constituent certainement pas une
cible et les pertes civiles palestiniennes résultent
du fait que les terroristes opèrent en toute conscience
à partir de zones à forte densité de
population.
Israël note, malgré lévacuation de la
bande de Gaza lannée dernière, une escalade
inquiétante de la terreur contre son territoire, qui
se traduit non seulement par une augmentation des tentatives
dattentats-suicides, mais aussi par des tirs incessants de
roquettes Qassam <http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=96470&MissionID=31>
et récemment de type Katiousha à portée
plus longue et plus précise. Ces tirs se font de plus
en plus intenses, ces dernières semaines, tenant la
population des villes et kibboutz dans le Néguev en
otage.
En dépit de ces menaces et de la nette détérioration
de sa situation sécuritaire, Israël a répété
vouloir privilégier une solution négociée
sur la base de la Feuille de route, qui fixe clairement larrêt
de la terreur comme premier pas à son application.
Israël est prêt à négocier avec
tout partenaire palestinien qui renonce au terrorisme, qui
reconnaît son existence et sengage à respecter
les accords conclus. A cet effet, il est important de rappeler
que le gouvernement Hamas, fidèle à sa Charte
<http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=82644&MissionID=31>
, refuse de reconnaître Israël, dentamer un dialogue
politique, de renoncer à la terreur et de respecter
ces accords. Par conséquent, le Hamas rejette une solution
de deux Etats, préconisée par la communauté
internationale et dont le principe est accepté par
Israël.
Dautre part, Israël voit avec inquiétude la détérioration
des conditions humanitaires de la population palestinienne.
Israël a proposé une aide importante par le biais
dorganisations internationales en vue daméliorer ces
conditions, mais le Hamas, apparemment peu soucieux des conditions
de vie de sa propre population, rejette tout mécanisme
de contrôle sur laffectation de cette aide.
Tant que la population civile israélienne restera
la cible des terroristes, Israël ne pourra que défendre
ses citoyens. Israël ne vise jamais volontairement des
civils palestiniens, mais les lanceurs de roquettes choisissant
de tirer à partir de zones peuplées, les drames
tels que celui du 13 juin <http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?DocumentID=96477&MissionID=31>
sont inévitables. Israël regrette les morts civiles
suite à la frappe contre le camion du Jihad islamique
qui sapprêtait à viser Ashkelon.
Retrouvez plus d'information sur le site de l'Ambassade d'Israël
en France <http://paris.mfa.gov.il/> :
visionnez des vidéos, des cartes, consultez le catalogue
de publications <http://paris.mfa.gov.il/mfm/web/main/Document.asp?SubjectID=58870&MissionID=31&LanguageID=170&StatusID=3&DocumentID=-1>
et commandez en ligne, accédez à Rachel <http://rachel.israel.de/>
, une présentation ludique et animée dIsraël
pour les enfants, consultez les anciennes Newsletters <http://paris1.mfa.gov.il/mfm/web/main/document.asp?SubjectID=33465&MissionID=31&LanguageID=170&StatusID=0&DocumentID=-1>
, consultez les documents de référence et l'actualité.
Site de l'Ambassade dIsraël en France : http://paris.mfa.gov.il
<http://paris.mfa.gov.il/> Lettre d'information éditée
par l'Ambassade d'Israël en France
Dina Sorek, Ministre-conseiller à l'information près
l'Ambassade d'Israël à Paris
16/06/06 - Amir Peretz-Frankenstein
: Doctor Dove & Mr Hawk ou la "colombe" au bec
de "faucon"
Le ministre israélien de la Défense Amir Peretz,
une "colombe" favorable au dialogue avec les Palestiniens,
est à l'origine d'une des campagnes les plus meurtrières
menée contre les lanceurs de roquettes palestiniens,
qui se solde par nombre de victimes civiles.
Depuis plusieurs jours, l'armée israélienne
multiplie ses raids dans la
bande de Gaza et s'en prend directement à ceux qui,
selon elle, ont
l'intention de tirer des roquettes artisanales contre le sud
d'Israël.
Mardi, onze Palestiniens, dont neufs civils, ont ainsi été
tués dans la
bande de Gaza. Vendredi, huit civils sont morts lors d'une
explosion sur une
plage de Gaza dont l'armée israélienne pourrait
être à l'origine.
"C'est un mystère qui occupe toute la classe
politique israélienne
aujourd'hui: où est passée la colombe Peretz
?", confie à l'AFP le
politologue Daniel Bensimon.
"C'est comme s'il avait changé de peau. Il porte
le même nom, mais ce n'est
plus le même homme. En un rien de temps, il s'est métamorphosé
en faucon
acharné et semble avoir mis ses idées au placard",
explique-t-il.
Peretz, 54 ans, un ancien syndicaliste, est en effet connu
comme l'homme du
dialogue avec les Palestiniens au sein du gouvernement d'Ehud
Olmert.
Il est d'ailleurs le seul dirigeant israélien à
avoir rencontré le président
palestinien Mahmoud Abbas alors qu'Ehud Olmert a pratiquement
coupé tous les
ponts avec ce dernier depuis la victoire du Hamas aux législatives
de
janvier.
Peretz, qui est l'un des rares ministres de la Défense
israélien sans aucun
fait d'armes à son actif et sans passé sécuritaire,
aurait été, selon un
membre de son entourage, littéralement "pris en
main" par les généraux de
l'état-major.
Le ministre de la Défense serait donc victime, selon
ce proche, d'une
conception, qui a parfois cours dans certaines armées
: "si la force ne
marche pas, frappons encore plus fort".
"Les militaires l'abreuvent de données tous les
matins et lui montrent que
des roquettes sont en passe d'être tirées contre
le territoire israélien. Il
n'a pas d'autre choix que de donner l'ordre de les stopper",
explique à
l'AFP ce proche sous couvert de l'anonymat.
Mais, insiste-t-il, "le ministre fait de son mieux pour
freiner certaines de
ces opérations lorsqu'il considère qu'elles
vont entrainer des victimes
parmi les civils".
"Avec Mofaz (Shaoul Mofaz, le prédécesseur
de M. Peretz à la Défense), cela
aurait été bien pire", assure-t-il.
Akiva Eldar, éditorialiste au Haaretz, estime lui
aussi que Peretz est en
pleine mutation, mais, selon lui, par manque de choix.
"Les citoyens veulent des actes. Ils en ont assez de
voir que le sud du pays
est bombardé quotidiennement par des dizaines de roquettes.
Si Peretz n'agit
pas, il va passer pour un faible et cela en est fini de sa
carrière
politique", explique Eldar.
Ironie du sort : c'est la ville où habite depuis son
enfance M. Peretz,
Sderot, qui est la cible constante des tirs des lanceurs de
roquettes.
Du coup, note Akiva Eldar, "les habitants de Sdérot
considèrent que depuis
que l'enfant du pays est ministre de la Défense, leurs
tracas ont redoublé.
Peretz est en quelque sorte devenu la cause des roquettes,
puisque les
groupes armées palestiniens vont mettre un point d'honneur
à viser sa maison
à Sdérot".
La question, selon Daniel Bensimon, est de savoir si cette
métamorphose, est
provisoire ou non.
"S'il parvient à sortir indemne des griffes de
l'état-major, il est capable
de retomber sur ses pieds et même de commencer à
prôner publiquement des
négociations avec le Hamas", se risque Bensimon.
Source : AFP, 14 juin 2006
16/06/06 - Un cheikh émirati
veut adopter la petite Houda, rescapée du massacre
de sa famille à Gaza Beach
Le monde entier a vu les images émouvantes de Mahmoud
Abbas accueillant la petite Houda Ghalya dans son bureau présidentiel
et annonçant que désormais, elle était
sa fille adoptive. Le malheureux président potiche
palestinien ne sait plus quoi inventer pour maintenir un semblant
de popularité. mais heureusment pour lui, le cheikh
Hamdane Ben Zayed Al Nahyane, membre de la famille de lÉmir
dAbou Dhabi, a demandé mercredi à adopter Houda.
Cheikh Hamdane, vice-Premier ministre des Emirats arabes unis,
a "exprimé le souhait d'adopter" la fillette
dans un entretien téléphonique avec Mahmoud
Abbas, selon l'agence officielle Wam.
Le responsable émirati lui a proposé de faire
venir "Houda Ghalya aux
Emirats pour qu'elle vive au sein de sa famille", et
M. Abbas l'a remercié
pour "cette généreuse initiative humanitaire",
a ajouté l'agence.
Houda Ghalya est l'unique survivante de sa famille tuée
sur la plage
d'Al-Soudania, au nord de Gaza. Son père Ali, sa mère
Raïssa et ses trois
frères et soeurs âgés d'un an et demi,
trois ans et dix ans ont trouvé la
mort lorsquune vedette de guerre israélienne a lancé
un missile sur la plage.
Source : AFP, 14 juin 2006
16/06/06 - Ehud Olmert : «Je
ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour renforcer le statut
de Mahmoud Abbas », « Je veux que le gouvernement
du Hamas s'effondre sans violence » [sic!]
Question : Vous vous dites prêt à rencontrer
Mahmoud Abbas. De quoi souhaitez-vous discuter avec lui, lui
qui voudrait débattre du statut final d'un État
palestinien ?
Ehud Olmert : Les fantasmes sont le privilège des grands
hommes. Mahmoud Abbas a le privilège de rêver.
Mais, si l'on examine de façon réaliste la situation
dans laquelle il se trouve, je rêve pour lui qu'il parviendra
à s'imposer face au Hamas. Je rêve pour lui qu'il
aura le pouvoir de forcer le Hamas à adopter et à
appliquer les principes édictés par le Quartette.
S'il accomplit tout cela, alors nous pourrons commencer à
parler de la stratégie à long terme.
Question : Il a adopté une attitude plus dure vis-à-vis
du Hamas, en convoquant un référendum entérinant
la solution de deux États. Devient-il un partenaire
à vos yeux ?
Olmert : Je le félicite pour ce début de nouvelle
approche. Mais c'est une affaire interne à l'Autorité
palestinienne. Dans le contexte de sa compétition avec
son opposition, cela a peut-être un sens. Mais il convoque
un référendum pour un projet qui ne constitue
même pas le début d'un commencement pour des
négociations entre nous et les Palestiniens. La lettre
des prisonniers ne parle pas de désarmer les organisations
terroristes. Elle leur offre au contraire un statut officiel.
A aucun moment elle n'évoque la paix avec Israël,
ni son droit d'exister. Pour nous, comme pour la communauté
internationale, il existe trois principes : désarmer
les organisations terroristes, reconnaître le droit
d'Israël d'exister en tant qu'État juif au Proche-Orient
et accepter tous les accords liant, depuis 1993, l'Autorité
palestinienne à Israël.
Question : Ce référendum risque d'entraîner
l'organisation de nouvelles élections côté
palestinien, quel espoir pouvez-vous offrir aux électeurs
modérés ?
Olmert : Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour renforcer
le statut de Mahmoud Abbas, afin qu'il puisse remplir les
critères permettant d'entamer un processus de paix.
Je ferai tout ce que je peux pour subvenir aux besoins humanitaires
des Palestiniens. Nous sommes prêts à participer
aux initiatives pour transférer de l'argent à
des fins humanitaires à l'Autorité palestinienne,
y compris à travers le mécanisme envisagé
par l'Union européenne, à condition que de l'argent
ne soit pas versé pour les salaires de l'administration
et qu'il n'y ait pas de soutien direct ou indirect à
des agences gouvernementales.
Question : Les Palestiniens cherchent un horizon politique...
Olmert : C'est une perspective politique : je suis prêt
à aider Mahmoud Abbas, parce que je veux qu'il soit
la force dominante au sein de l'Autorité palestinienne.
Question : Redoutez-vous que la tension dans les territoires
ne conduise à une guerre civile et à un effondrement
de l'Autorité palestinienne ?
Olmert : Nous ne sommes pas loin de la guerre civile. Ils
se tirent déjà dessus. L'Autorité palestinienne
est aujourd'hui dominée par une organisation terroriste,
une bande de tueurs qui ont du sang sur les mains. Je crois
que Mahmoud Abbas est l'instrument légitime des Palestiniens,
pour essayer de changer les choses. Je crains aussi pour sa
vie. C'est pourquoi nous avons autorisé la vente d'armes
à sa garde présidentielle, pour le protéger.
Évidemment, nous redoutons une confrontation violente
au sein de l'Autorité palestinienne. La voulons-nous
? Non. Je veux que le gouvernement du Hamas s'effondre sans
violence. Mais je veux aussi que ce gouvernement terroriste
s'effondre, pour que des gens civilisés puissent prendre
le contrôle et reconstruire l'Autorité, des gens
avec lesquels nous pourrons parler.
Source : Le Figaro, 13 juin 2006
16/06/06 - Quelles seraient les conditions
requises pour que le référendum mazénien
soit dans l'intérêt du peuple palestinien et
de sa cause ?
par 'Usâmah 'Abû 'Arshîd, Al-Quds al-Arabiyy,
14 juin 2006
Traduit de l'arabe par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Lauteur, écrivain et analyste politique, réside
à Washington.
L'enthousiasme du président de l'Autorité nationale
palestinienne Mahmûd 'Abbâs pour le document des
prisonniers est peu fondé. En effet, ce document ne
soutient pas dans sa totalité la position mazénienne,
et notamment pas en ce qui concerne le chapitre consacré
à la lutte armée, à laquelle 'Abbâs
est foncièrement opposé où que ce soit,
alors que le document préconise non pas d'y renoncer
totalement, mais de la circonscrire aux territoires palestiniens
occupés en 1967.
De même, 'Abbâs ne passe pas pour respecter la
volonté populaire ; la meilleure preuve en la matière
étant le fait qu'il est le père idéologique
des accords d'Oslo, lesquels ont été signés
nuitamment, dans le dos du peuple palestinien, et même
à l'insu de l'OLP - cette OLP dont Abû Mâzen
semble soudain se rappeler qu'elle existe uniquement parce
qu'il en a besoin pour affaiblir le gouvernement Hamâs
récemment (et démocratiquement) élu.
En face, l'opposition du Hamâs à ce que ce document
soit soumis au référendum populaire n'est pas
non plus entièrement convaincante.
Certes, les objections du Hamâs ne sont pas dépourvues
d'une certaine logique, notamment en ce qui concerne A) les
deux chapitres relatifs à la reconnaissance de l'OLP
- sous sa forme actuelle - comme unique représentant
légitime du peuple palestinien [sous sa forme actuelle,
soit avant sa réforme, telle que prévue par
les accords signés au Caire en mars 2005, en tenant
compte de la nouvelle configuration des forces sur le terrain.]
et B) le fait de prendre les décisions de la légalité
internationale comme fondement de la solution politique [cette
légalité internationale qu'Israël ne reconnaît
même pas.] Mais le rejet du référendum
[par le Hamâs] en tant que processus, par principe,
voilà qui est difficile à digérer. En
particulier, parce qu'au cas où ce référendum
aurait lieu, il pourrait éventuellement permettre au
Hamâs de sortir de l'impasse bien réelle où
il se trouve actuellement, du fait du blocus tant interne
qu'extérieur imposé à son gouvernement
et à la population qui le soutient, sans que ce gouvernement
soit nécessairement contraint à faire des concessions
essentielles en matière idéologique.
Voilà pour le tableau général. Mais,
dans le détail, d'autres éléments entrent
en jeu. La première chose dont il faut tenir ici le
plus grand compte, c'est le fait que la jalousie de 'Abbas
et de son entourage est parfaitement déplacée
et que l'invocation de la sainteté et de l'exemplarité
symbolique des « prisonniers », dont ils se prévalent
actuellement, est particulièrement discutable, d'autant
plus que les accords d'Oslo - qui ont donné le jour
à l'Autorité palestinienne - ont négligé
la cause de la plupart desdits prisonniers, au profit de quelques
centaines d'entre eux seulement, affidés au courant
« osloïste » au sein du Fath, ce à
quoi s' ajoute le fait que l'Autorité à direction
fathaouie, durant la période préélectorale
de 2006, était elle-même compromise, en particulier
dans le dossier. des prisonniers.
Si ce que je dis n'est pas vrai, alors ayez l'amabilité
de me dire qui a vendu la cellule de Sourif à l'occupant
israélien, en 1996 ? Qui a vendu le commandant Fu'âd
al-Shawbakiyy, conseiller de feu le président Yâsir
Arafât ? Et qui a livré le secrétaire
général du FPLP, Ahmad Sa'adât à
l' incarcération sous supervision internationale à
Jéricho, en attendant que l' Etat juif ne l'exfiltre
pour l'incarcérer dans ses propres geôles, voici
quelques mois de cela ?
De même, 'Abbâs est opposé à toute
forme de résistance armée, que ce soit dans
les territoires occupés en 1948 ou dans les territoires
occupés en 1967, alors que le document des prisonniers
préconise de circonscrire la résistance à
la Cisjordanie et à la bande de Gaza. Autant dire que
ce document adopte le contre-pied total de la position de
Abbâs, en la matière. Par conséquent,
son adoption par 'Abbâs ne doit rien à l'intime
conviction de celui-ci.Il y a donc autre chose. Quelque chose
de pas très net.
Mais quel est donc le but de 'Abbâs, en adoptant ce
document ?
Il y a un objectif proclamé - et prétendu.
Et puis il y a un objectif caché, et tu. Le but proclamé
- et prétendu -, c'est la volonté de sauver
le peuple palestinien, en lui permettant d'échapper
au blocus étouffant dans lequel il est enserré
depuis qu'il a élu le mouvement Hamâs, en lui
remettant (théoriquement) le pouvoir. Cela, au prétexte
que le Hamâs refuserait de se conformer aux exigences
et aux deux légitimismes, tant arabe qu' international.
Quant à l'objectif caché. : il s'agit de rien
moins que de la cassation de la victoire électorale
du Hamâs, au moyen de la mobilisation des « ventres
vides » contre ce mouvement. En pratique, 'Abbâs
peut faire chuter le gouvernement Hamâs. Mais il est
dans l'incapacité de dissoudre un Conseil législatif
palestinien largement dominé par ce mouvement. Ceci
signifie que la chute provoquée du gouvernement palestinien
créerait immanquablement un vide de pouvoir dont les
conséquences pourraient s'avérer catastrophiques,
pouvant prendre la forme d'une guerre civile. Par conséquent,
rien n'était plus intelligent, comme démarche,
que de soumettre au peuple palestinien le document des prisonniers,
signé par des symboles représentatifs des prisonniers
des mouvements : Fath, Hamâs, Jihâd islamique,
FPLP et FDLP.
En cela, 'Abbâs gagne sur les deux tableaux : si le
peuple entérine ce document et que le Hamâs persiste
à le rejeter, il pourra provoquer des élections
présidentielles et législatives anticipées.
Si, en revanche, le Hamâs entérine les résultats
et l'esprit du référendum, en en devenant partie
prenante et en se départant, de ce fait même,
de son idéologie propre, la scission au sein du Hamâs
n'est plus qu'une question de temps (au cas où elle
ne se serait pas produite immédiatement.)
Bien entendu, le danger, dans ce cas, ce serait que 'Abbâs
perde le référendum ; ce qui est peu probable,
dès lors que les électeurs palestiniens seront
affamés et sans un sou vaillant en poche. Mais si 'Abbâs
perd vraiment le référendum, il devra démissionner
de la présidence de l' Autorité palestinienne
et il y aura de nouvelles élections présidentielles,
que le Fath peut éventuellement perdre. Dès
lors se profilent des risques de guerre civile encore plus
importants, car le Fath n'accepterait pas que son rôle
s'achève de la sorte, lui qui exerce une hégémonie
totale sur les services de sécurité, et qui
bénéficie d'un soutien américano-israélo-arabe
auquel il doit absolument tout. Même au cas où
'Abbâs remporterait le référendum et convoquerait
des élections présidentielles et législatives
anticipées - encore une fois, répétons-le,
parce qu'il ne détient pas le droit de dissoudre sans
autre forme de procès le conseil législatif
- il peut perdre à nouveau ces élections, d'autant
que les sondages d'opinion indiquent que la popularité
du Hamâs s'est accrue durant le blocus, tandis que celle
du Fath s'effondrait. D'autres sondages, en revanche, indiquent
le contraire, si bien que la photo est floue et nébuleuse.
La défaite du Fath lors de nouvelles élections
signifierait une guerre civile, que déclencheraient
des activistes du Fath redoutant de perdre leurs prérogatives.
Du côté Hamas, maintenant : son problème
semble plus complexe. En effet, un de ses symboles à
l'intérieur du mouvement des prisonniers, le shaykh
'Abd-al-Khâliq An-Natchéh, a apposé son
seing au document des prisonniers. Il est vrai que le mouvement
des prisonniers, à l'intérieur du Hamas, a nié
que ce document le représentât. Et son désaccord
est fondé sur le fait que le document a eu pour origine
une seule prison [israélienne], à savoir celle
de Hadarim. Mais dans la pratique, le Hamâs ne s'en
tire pas sans dommage, et il ne pourra pas facilement s'exonérer
de la signature d'un de ses symboles, même si celui-ci
s'évertue à expliciter sa position afin de réduire
la gêne dans laquelle il a placé son mouvement.
C'est en pratique ce qu'An-Natchéh a fait, mais son
communiqué rectificatif, publié conjointement
au shaykh Bassâm as-Sa'diyy, le représentant
du Jihâd islamique, n'est pas allé jusqu'à
fustiger le document des prisonniers ni a fortiori à
le renier : il s'est contenté de condamner l'utilisation
qui en a été faite, à savoir le chantage,
de la part du Fath, et de dénoncer le fait qu'il soit
considéré comme un document intangible et un
projet global au-dessus de toute critique. Le deuxième
sujet de gêne, pour le Hamâs, dans la question
du document des prisonniers, c'est que le Fath, non sans faire
preuve d'une intelligence à laquelle nous rendons volontiers
hommage, a eu recours à la mobilisation d'un argument
que le Hamâs avait constamment utilisé à
son encontre. En effet, le Hamâs appelait depuis très
longtemps à ce que les accords d'Oslo et tous les autres
accords, quelle qu'en soit la nature, soient soumis à
référendum populaire. Ainsi, le Docteur Mûsâ
'Abû Marzûq avait fait allusion, dans son initiative
de 1994, puis en tant que directeur du bureau politique de
ce mouvement, à l'idée de procéder à
un référendum populaire sur la nature de la
solution [du conflit israélo-palestinien], sans préciser
s'il s'agissait de la solution provisoire ou de la solution
définitive. Et, il y a de cela quelques mois, le ministre
palestinien des Affaires étrangères et leader
du Hamâs, le Docteur Mahmûd az-Zahhâr, évoquait
la possibilité que toute solution proposée soit
soumise à référendum. Il est vrai que
le Hamâs faisait allusion, dans certaines de ses déclarations,
à un référendum populaire palestinien
au cours duquel s'exprimeraient les Palestiniens, quel que
soit leur lieu de résidence, c'est-à-dire pas
seulement ceux vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Mais le mouvement n'a pas fait preuve de clarté et
de détermination dans l'explicitation du fait que ce
que l'on visait, avec cette idée de référendum,
c'était de contourner sa victoire électorale,
ou encore de provoquer un « coup d'Etat à blanc
» contre la volonté du peuple des territoires
occupés en 1967. Le « on » étant
bien entendu le Fath, qui a dû ravaler son amère
défaite électorale, ayant été
incapable de renverser le Hamâs en utilisant à
cette fin la présidence [de l 'Autorité] palestinienne
et même des pressions arabes, israéliennes et
internationales, en particulier américaines. Ainsi,
au lieu de se servir de cette question comme d'un point d'appui
pour repousser les tentatives de 'Abbâs et du Fath pour
le dépouiller de sa victoire électorale, le
Hamâs a eu recours à de timides allusions, tout
en se couvrant de ridicule par ses supplications à
indécentes adressées à 'Abbâs afin
qu'il accorde un délai supplémentaire au dialogue
national, qu'il ne le conditionne pas par un délai
à ne pas dépasser et qu'il renonce même
carrément à sa menace de procéder à
un référendum. Et cela - comble de paradoxe
- alors même que le Hamâs insiste sur le fait
que le Fath n'a pas le droit, juridiquement, de procéder
à un quelconque référendum !
L'idée de référendum, en dépit
du fait qu'il s'agit en l'occurrence du recours à un
procédé de droit à des fins illégales,
pourrait servir l' intérêt général
pour peu qu'on l'utilise à bon escient et que l'on
se mette d'accord sur son essence, ses modalités et
ses finalités. De même, cette idée peut
s'avérer catastrophique pour la cause palestinienne,
si se perpétue la logique des décisions prises
individuellement et sans concertation et des règlements
de comptes politiques, qui président bel et bien à
sa mise en oeuvre jusqu'à présent.
Nier que le peuple palestinien vive un état de siège
inique et mortel après la victoire électorale
du Hamâs reviendrait tout simplement à se cacher
la tête dans le sable. De même, soutenir que l'enthousiasme
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