Palestine

13/06/06 - La nécessité de renverser l'épuration ethnique : Du droit au retour des réfugiés palestiniens

par Salman Abu Sitta, Amin.org, 5 juin 2006. Original : http://www.amin.org/eng/uncat/2006/june/june5-0.html Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

L'auteur, écrivain palestinien, est spécialiste de la question des réfugiés.

Au printemps 1948, des mukhtars (sortes de maires) de colonies juives en Palestine allèrent trouver les mukhtars arabes palestiniens des villages alentour, qui maintenaient de bonnes relations de voisinage avec eux, et leur confièrent à l'oreille : « Nous sommes vos bons amis et vos voisins, et nous devons vous donner un conseil sincère. Ces salauds de soldats du Palmach, qui viennent juste de débarquer d'Europe, sont sans pitié. Ils ont l'intention de « nettoyer » les villages arabes. Rassemblez vos familles et partez. Sauvez-vous, avant qu'il ne soit trop tard. » Il ne s'agissait pas d 'un conseil « sincère ». Cette « campagne murmurante » avait été ordonnée par le commandant du Palmach, Yigal Allon (Paicovich), et elle eut pour résultat la dépopulation d'au minimum douze villages.

Il existe plusieurs sortes de soldats israéliens. Tous ne portent pas des armes. Un régiment de création récente a pour mission ce qu'on appelle la « hasbara », c'est-à-dire les relations publiques. Elle consiste à blanchir la brutale politique israélienne d'occupation et son racisme. Ironiquement, le terme 'hasbara' est phonétiquement proche du terme 'za'bara', qui signifie « faire beaucoup de bruit, sans objet ».

Gershon Baskin [Le droit au retour en Palestine, AMIN, 25 mai 2006] donne à ses amis palestiniens un avis « sincère », l'avis d'un « authentique ami du peuple palestinien » : « renoncez à votre droit au retour ». Ces villageois de Safad, qui avaient écouté leurs amicaux voisins juifs en 1948, ainsi que leurs descendants, devraient aujourd'hui écouter leurs nouveaux amis israéliens, qui leur demandent de renoncer à leur droit humain le plus fondamental : celui d'avoir une maison, de la conserver et de pouvoir y retourner.

Pourquoi cette campagne devrait-elle avoir pour origine un quelconque groupe humain ? Or, elle provient de juifs européens, lesquels, selon Arnold Toynbee, devraient avoir été les premiers à tirer des leçons de l'Histoire ?

Baskin décline ses raisons (et aussi celles d'Israël) de dénier aux Palestiniens leur droit au retour. Aucune de ces « raisons » ne résiste à un examen quelque peu approfondi. Chacune est une arme standard de l'arsenal désormais discrédité de mythes et de désinformation.

Baskin commence par la résolution 180 de l'Onu (Projet de Partage de la Palestine), qui a été adopté « à une quasi unanimité par le peuple juif » - c'est-à-dire par les immigrants juifs en Palestine d'origine européenne. Mais cela n'a pas été le cas, en ce qui concerne les Palestiniens. Pourquoi l'auraient-ils adoptée avec enthousiasme ?

Baskin se garde d'indiquer que ce plan alloue 55,5 % de la Palestine aux immigrants juifs européens, qui n'en possédaient, en dépit même de la collusion du Mandat britannique, que 5,5 %. Il ne mentionne pas que 457 villages et bourgs palestiniens se retrouvèrent soudain placés, en application du plan, sous la souveraineté desdits immigrants, dont beaucoup venaient de débarquer sur les côtes palestiniennes nuitamment, depuis des navires de contrebandiers. Il ne mentionne pas non plus que 48 % des habitants de ce qui allait devenir l' « Etat juif » étaient des Arabes palestiniens. Par ailleurs, il ne mentionne pas que Ben Gourion, dans son plan tactique visant à accepter le Plan de Partage en attendant mieux, s'est employé immédiatement à nettoyer ethniquement la plaine côtière des « citoyens » palestiniens de son nouvel Etat.

Ben Gourion a vidé de leur population 250 villages ; il a expulsé la moitié du total des réfugiés avant même la déclaration d'indépendance de l'Etat d' Israël, le 15 mai 1948 et avant que les armées régulières arabes ne viennent s'opposer à cette épuration ethnique.

Baskin ne s'étend pas sur la plus importante, la plus longue épuration ethnique continuée de l'histoire moderne, au cours de laquelle 774 villes et villages palestiniens sont tombés sous contrôle sioniste, dont 675 furent totalement vidés de leur population et dont 99 demeurèrent 16 années durant sous régime militaire d'occupation, auquel succèdera un statut de deuxième catégorie. Le nombre des réfugiés originaires de ces villages atteint aujourd'hui 6 400 000 personnes (entre enregistrées à l'Onu, et non-enregistrées) - et non pas « seulement » 5 millions, contrairement à ce que Baskin affirme. En réalité, 75 % des Palestiniens sont des réfugiés ou des personnes déplacées ; c'est un peuple entier qui a été victime d'Israël. Ses terres représentent 93 % de la superficie du territoire israélien. Leurs biens meubles et immeubles ont été confisqués par Israël, au cours du plus grand vol jamais commis depuis la Seconde guerre mondiale. Ce fut le résultat de la Nakba [défaite palestinienne, ndt] de 1948. Mais cette Nakba se poursuit encore aujourd'hui dans les territoires palestiniens occupés en 1967. Ceux qui n' ont pas connu la Nakba de 1948 peuvent voir des documents d'époque à la télévision. Mais sous une forme altérée, avec ce qu'il faut savoir décrypter d'habile « hasbara ».

J'imagine qu'il est élémentaire de dire que l'épuration ethnique est un crime de guerre. Les Statuts de Rome de 1998 et la Sixième Charte de Nuremberg le disent sans ambiguïté. Il est implicite que ceux qui approuvent une épuration ethnique ou incitent à en perpétrer une par leurs propos ou par leurs actes commettent, eux aussi, un crime de guerre. Dénier le Droit au Retour [des réfugiés palestiniens] revient à perpétuer une épuration ethnique. Par conséquent, cela revient à y participer.

Ainsi, encore une fois, pourquoi les Israéliens dénient-ils le Droit au Retour des réfugiés palestiniens, en dépit du fait que l'Onu l'a confirmé à plus de cent reprises et que l'admission d'Israël à l'Onu était conditionné par son respect dudit droit au retour ?

La réponse semble être le « réalisme » : il serait impossible de défaire ce qui a été fait, voici cinquante-huit ans. Cela reviendrait à dire : vous serez puni si vous avez l'intention de tuer quelqu'un, mais il vous sera pardonné si vous l'avez effectivement tué.

Le réalisme a plusieurs visages, que Baskin n'a pas mentionnés. Il y a la réalité de la Nakba de 1958. Chaque jour, une page de ce livre tragique est écrite par le sang palestinien et la brutalité israélienne. Il y a une réalité à laquelle les réfugiés n'ont jamais renoncé, et à laquelle ils ne renonceront jamais : leur droit à rentrer chez eux. Il y aussi cette réalité : 97 % d'entre eux vivent à moins de cent kilomètres de leur maison, 50 % vivent à moins de 40 kilomètres, et beaucoup la voient, même, depuis leur lieu de relégation. La réalité, c'est qu'en dépit des guerres, des bombardements, de l'occupation et de la politique israélienne brutale, ils ne se sont jamais rendu, et qu'ils n'ont jamais renoncé. Aucune des trois générations de réfugiés.

La propagande sioniste a empli les esprits, en Occident, de ses mensonges. Mais l'épais brouillard de la « hasbara » commence à se lever, lentement. De plus en plus nombreuses, des organisations de défense des droits de l'homme, des universités et des églises appellent au boycott d'Israël et au désinvestissement dans ce pays.

Et pourtant, d'aucuns, à l'instar de Baskin, continuent à jouer le jeu rebattu : « les villages ont été détruits », « ils n'ont pas d'endroit où retourner », etc. Ces arguments rassis sont une insulte à l'intelligence de l'homme ordinaire, alors ne parlons pas de celle des experts. Elles en disent long sur leur auteur.

Et même si c'était vrai ? Si un voleur détruit une maison ou y ajoute un nouvel étage, a-t-il une quelconque légitimité à le faire ? Dans ce cas, sur quelles bases les juifs européens ont-ils recouvré leurs appartements et leurs biens, jusqu'à la dernière croûte, sur leurs concitoyens, après plus d 'un demi-siècle ?

Dans le registre des droits de l'homme, et même en droit international, rien n'est supérieur à la sacralité de la propriété privée et au droit de retourner chez soi.

Mais ces allégations israéliennes à propos de l'impossibilité pratique du retour sont manifestement fausses. Il y a de la place. La plupart des terres palestiniennes confisquées (93 % du territoire israélien) sont utilisées par l'armée israélienne et par les kibboutz en cessation de paiement, qui ne représentent que 1,5 % des juifs israéliens. 80 % des juifs israéliens vivent sur 14 % du territoire israélien. Les juifs ruraux, dans la moitié méridionale du pays, sont moins nombreux que les habitants d'un seul camp de réfugiés palestiniens.

Non seulement les villages détruits peuvent être reconstruits (90 % de leurs sites sont encore vides aujourd'hui), mais ils auront de quoi s'étendre de six fois, en raison de leur accroissement démographique. Amman, Beyrouth, Koweït City se sont agrandies de dix à trente fois, et les Palestiniens ont largement contribué à leur développement. Israël lui-même a multiplié sa population par 8, principalement au moyen de l'immigration. Pourquoi y aurait-il une difficulté quelconque à construire 6 000 maisons dans un village, que ses 1 000 maisons d'origine soient encore debout, ou non ?

Mais, bien entendu, Baskin élude la véritable raison. Israël veut perpétuer sa politique raciste d'apartheid sous la rubrique de l' « Etat juif », et de la menace de la « bombe démographique palestinienne ».

Que signifie « Etat juif » ? Il n'y a aucune signification légale à un Etat juif, ni dans le Plan de Partage, qui protégeait sa population pour moitié arabe, et qui fut « acceptée à une très large majorité » par les immigrants juifs, ni dans le droit international, qui ne reconnaît pas les Etats racistes ethnico-religieux.

Parler d'une « menace démographique palestinienne » relève du racisme à l' état pur. Que diraient les juifs britanniques si la Municipalité de Londres décidait que les juifs du quartier Golders Green représentaient une menace démographique et qu'ils devaient être purifiés ethniquement dès lors que leur effectif dépasserait celui fixé par le Parti National Britannique, notoirement raciste ?

Et puis voici que Baskin nous parle de la « générosité » israélienne qui se manifesterait par le fait qu'Israël permettrait à un « nombre limité » de Palestiniens de recouvrer leurs propriétés volées dans le cadre d'un projet de regroupement familial. Ce nombre limité se réduirait à sa plus simple expression, en particulier après l'adoption par Israël d'une nouvelle loi supprimant cette possibilité de regroupent familial.

Mais Israël est « généreux ». A Taba, n'a-t-il pas offert quatre choix différents aux réfugiés : ils n'avaient plus qu'à choisir leur pays d'exil favori, quelque part dans le monde. Mais surtout pas chez eux !

Dès lors qu'il est question de compensations, Israël est encore plus généreux. Il veut s'arroger 18,6 millions de dounoms de terres palestiniennes, un nombre énorme de bâtiments, de commerces, d'entreprises, de fermes, de bien meubles, au moins 1 200 millions de mètres cubes d'eau et d'autres ressources naturelles, des propriétés publiques et historiques, des aéroports, des camps militaires, des voies de chemin de fer, des routes, des mines - tout ça devant être payé par un « fonds international » bénéficiant d'une très modique contribution d'Israël. En retour, Israël serait le propriétaire légal de tous ces biens volés. Aucune mention d'un quelconque dédommagement pour ses crimes de guerre ni ses crimes contre l'humanité. Bien entendu, nulle mention, non plus, du fait que les Palestiniens sont fondés en droit à retourner chez eux ET à percevoir des dédommagements pour leurs souffrances et leurs biens perdus.

Baskin résume à merveille la position israélienne : « Quiconque comprend un minimum ce que sont Israël et les Israéliens doit prendre conscience du fait qu'il n'y aura aucun retour [de réfugiés palestiniens] en Israël même ». Autrement dit, plus simplement : Israël veut poursuivre son épuration ethnique, il veut poursuivre sa politique raciste d'apartheid et, en réalité, il ne veut pas vivre en paix « avec » les Palestiniens, mais « à leur place » !

Les Palestiniens, et avec eux, la majorité des citoyens du monde entier, sont déterminés à rechercher la justice, à éradiquer le racisme et l' apartheid. Tout comme l'a fait, en son temps, l'Afrique du Sud. Ils n'ont nulle intention de disparaître dans la nature.

La véritable « amitié » de Baskin devrait plutôt aller vers les Israéliens, pour les aider à se sortir de leur amnésie collective sur ce qu'ils ont fait et continuent à faire aux Palestiniens et leur expliquer que leur salut réside dans l'élimination du racisme, totalement et définitivement. Ils doivent changer de comportement, renverser l'épuration ethnique et offrir des réparations.

Car il est évident que l'histoire des juifs restera en fin de compte marquée de manière indélébile, et plus durablement que par tous les autres événements historiques, aussi dramatiques aient-ils été, par ce qu'ils ont fait en Palestine.

 

13/06/06 - À Ramallah, cirque parlementaire autour du référendum dAbou Mazen

Le référendum convoqué par Mahmoud Abbas a donné lieu lundi à une bataille parlementaire entre les députés de son parti Fatah, et ceux du Hamas, qui contestent le droit du président palestinien à organiser une telle consultation.

Dominé par le Hamas, le Conseil législatif (CLP, Parlement) a tenu une réunion d'urgence consacrée à la "légalité" du référendum et le débat a tourné à l'affrontentement entre élus des deux partis.

Le Hamas conteste le droit de M. Abbas d'organiser un référendum, affirmant [sic ! Pourquoi affirmant ? Cest vrai ou cest pas vrai ?] que la Loi fondamentale, la Constitution de l'Autorité palestinienne, ne prévoit pas la tenue d'une telle consultation.

Le référendum portera sur un document reconnaissant implicitement Israël, ce que le Hamas continue de rejeter en dépit des pressions internationales.

Le président du CLP, Aziz Duwaik, un cadre du Hamas, a donné le ton en ouvrant la séance, retransmise par vidéo-conférence entre Ramallah et Gaza, où sont basés les principaux élus du Hamas.

M. Duwaik a annoncé avoir envoyé une lettre au président de la Commission électorale centrale, Hanna Nasser, demandant des "clarifications" à propos de la légalité de la tenue d'un référendum.

Il a affirmé [encore ! Pourquoi ne pas écrire : déclaré ?] que le référendum avait été convoqué par M. Abbas "sans base légale" et que sa tenue nécessitait un amendement de la loi électorale.

"Une loi ne peut être amendée par un décret présidentiel", a-t-il ajouté.

Aucun amendement ne peut passer au Parlement si le Hamas, qui contrôle 74 des 132 sièges du CLP, s'y oppose.

Les propos de M. Duwaik ont été accueillis par des véhémentes protestations de députés du Fatah, qui ont contesté le droit du président de la Chambre de prendre une telle initiative.

"Les prérogatives du président Abbas ont été définies dans la Loi fondamentale et cette loi ne lui a pas donné le pouvoir d'appeler à un référendum", a renchéri Anwar Zboun, un élu du Hamas.

"Le CLP n'a pas le droit de débattre d'une décision et d'un décret présidentiel. Cela constitue une violation de la loi fondamentale", a rétorqué un député du Fatah Abdallah Abdallah.

Le député Saëb Erakat, également négociateur palestinien en chef, a pour sa part affirmé que le groupe parlementaire du Fatah contesterait devant la Cour constitutionnelle un éventuel vote du CLP rejetant le référendum.

Le vice-président du CLP, Hassan Khreisheh, a toutefois affirmé à l'AFP qu'aucun vote ne devrait sanctionner la séance.

Le document qui sera soumis à référendum a été élaboré par des cadres de différents groupes palestiniens, y compris le Fatah et le Hamas, détenus par Israël. Il prévoit la fin des attentats en Israël et l'établissement du futur Etat palestinien sur les territoires occupés depuis 1967, ce qui constitue une reconnaissance implicite de l'Etat juif et ce qui est rejeté par le Hamas.

Le Hamas, qui a parlé d'un "coup d'Etat" après l'annonce du référendum, et le Jihad islamique, ont annoncé dimanche que leurs cadres qui avaient signé le document, respectivement Abdelkhaleq Al-Natché et Bassam Al-Saadi, avaient décidé de s'en dissocier après la décision de M. Abbas de convoquer le scrutin.

Alors que la réunion du Parlement était en cours, quelque 400 Palestiniens ont bruyamment manifesté devant les locaux du CLP à Ramallah (Cisjordanie) en soutien au référendum. Ils ont frappé aux portes de la salle avant d'être repoussés par les gardes.

Dans la bande de Gaza, un activiste du Hamas a été tué lundi dans un accrochage avec des membres de la Sécurité préventive, un service fidèle au mouvement Fatah, ont indiqué des sources médicales et des témoins.

Hammad Abou Jazara, 20 ans, activiste de la branche armée du Hamas, a été tué à Rafah (sud) dans un accrochage survenu après les obsèques d'un autre membres du groupe, qui a succombé dans la nuit après avoir été blessé lors d'un affrontement avec la Sécurité préventive la semaine dernière. Source : AFP, 12 juin 2006

 

13/06/06 - Abdul Aziz Duwaik, Président du Parlement palestinien : « Nous considérons l'occupation comme un esclavage»


Source : Al Ahram Hebdo, Le Caire, 19 avril 2006

Au milieu des tensions entre Palestiniens, attisées par Israël, alors que la diabolisation du gouvernement élu du Hamas sintensifie justifiant ainsi son isolement, il nous a paru intéressant de publier dans nos colonnes linterview donné à Eric Silverman par le Président du Parlement palestinien et membre du Hamas, Abdul Aziz Duwaik

Q : Quelle est la stratégie à court et à long terme du Hamas pour parvenir à la création dun Etat Palestinien ?
Abdul Aziz Duwaik : Le Hamas est un mouvement islamiste authentique, modéré, ayant un programme global socio-économique sur le plan de la vie des Palestiniens qui doit aussi faire face à loccupation et y résister, non seulement par des moyens militaires mais par tous les moyens. Léchec de ce mouvement se traduira par plus de radicalisme dans la région qui, à son tour, pavera la voie à une autre flambée de violence?.. Depuis mars 2005, le Hamas a déclaré une trêve ou un cessez le feu avec Israël, avec lAutorité Palestinienne et sous le contrôle de notre Président Mahmoud Abbas. .. Cependant dautres factions palestiniennes ont conduit des opérations, le plus souvent en réaction aux atrocités israéliennes et à lassassinat de leurs dirigeants, la destruction de maisons et la confiscation de terres.

Q : De quelle manière le Hamas mettra-t-il en vigueur la loi islamique (la Charia) ?
AAD : Nous avons commencé à appliquer la Charia à notre manière et nous continuerons. 80% des femmes portent le voile selon les principes de lIslam mais nous ne forçons personne. Lalcoolisme est interdit en Islam et même lOccident maintenant dit que laddiction à lalcool est néfaste. ? Cela se fera pacifiquement afin dapprofondir léthique au sein du peuple et son adhésion à des principes fondamentaux selon un schéma démocratique. Nous nallons pas couper la main des voleurs, même sils le méritent ; nous nallons pas forcer les femmes à se couvrir, elles le font volontairement. ?. En tant quislam modéré, même le Saint Coran nous demande dêtre modéré dans nos vies?.

Q : Quand vous utilisez le terme « Islam modéré », y a-t-il une école de pensée ou un modèle particulier que vous suivez ?
AAD : Si vous prenez un cercle je vois le Hamas au centre? Pourquoi ? Parce que cest un mode de vie total qui ne sétend à aucun extrême, ni à droite, ni à gauche. Je le crois et je rejette lextrémisme, mais nous nabandonnerons pas les principes de lIslam pour plaire à certains. Nous mettrons en pratique lIslam par nos exemples, en prêchant, en montrant la grandeur des principes de notre religion. Cest ce que nous faisons pour les musulmans et les non musulmans.

Q : Quels sont les inconvénients de refuser de négocier avec Israël, et en retour, quels en sont les bénéfices ?
AAD : Depuis la Conférence de Madrid, négocier avec Israël a affaibli notre position. Notre peuple a dressé un parallèle entre négociations et concessions. Jusquà présent, Israël na rien consenti au peuple palestinien.

Les Israéliens sont arrivés ici pour jeter en prison le Président du Parlement palestinien. Ils peuvent bombarder ce bâtiment et personne ne les arrêtera. Les Israéliens nont jamais fait la preuve devant les Palestiniens quils avaient lintention de négocier sincèrement.
Si vous jetez un coup dil à la carte depuis la Conférence de Madrid, il y 14 ans maintenant, la politique israélienne na été quune politique unilatérale : gagner du temps, confisquer des terres, multiplier les colonies israéliennes tout en construisant le Mur de séparation et en « judaïsant » Jérusalem. Israël a imposé des frontières de facto sur le terrain. Aussi dès que nous nous présentons pour négocier, nous navons rien de plus à négocier avec Israël.
En 1922, Zeev Robintsky, déclara après la Déclaration Balfour, quIsraël était un Etat juif et quil devait avoir le contrôle des affaires civiles des Palestiniens.
Jappelle Israël à prendre des mesures pour montrer aux Palestiniens quil respecte les droits nationaux des Palestiniens, quil respecte le droit international et quil mettra fin à son occupation abominable. ? Je qualifie les Palestiniens de chercheurs de liberté et nous savons que nous devons nous libérer de lesclavage de loccupation?..

Q : Existe-t-il une manière de reconnaître Israël et son droit à exister et affirmer quil na pas respecté les engagements passés ?
AAD : Quel Israël voulez-vous que nous reconnaissions ? Je suis prêt. Quel Israël, dites-moi et dans quelles frontières ? Pourquoi ne demandez-vous pas à Israël de nous reconnaître ? Nous sommes les victimes. Nous sommes le peuple dont la terre a été prise de force et Israël ne sembarrasse même pas à appliquer les accords internationaux, pas même la décision de la Cour Internationale de Justice (qui déclare la « barrière de séparation » illégale) prise il y a deux ans. Israël ne sest pas donné la peine de la lire encore moins de lappliquer.
Qui doit reconnaître lautre ? Je pense que cest à Israël de nous reconnaître.

Q : Comment le Hamas va-t-il gérer le budget de lAutorité Palestinienne après que les Etats-Unis, le Japon et lUnion européenne ont décidé de geler les fonds de laide ?
AAD : LOccident en général, et les Etats-Unis et lUnion européenne en particulier, voulaient promouvoir la démocratie dans la région et nous avons accepté?.. Notre peuple qui est le peuple le plus éduqué dans cette région du monde, a choisi ses représentants. Au grand étonnement du monde, les Etats-Unis et lEurope nont pas accepté les résultats finaux. Ils voulaient la démocratie, mais une démocratie orientée pas des élections libres. Notre peuple a lu la carte politique, a vu les pratiques du Hamas, de lAutorité Palestinienne et a voté?. En punissant le peuple pour son choix démocratique, je pense que lOccident attise la haine envers les valeurs occidentales.

Q : Pourquoi ladministration Bush a-t-elle coupé les liens avec un gouvernement dirigé par le Hamas ?
AAD : ?Franchement à mon avis, Bush est le pire président des Etats-Unis. ?. Je suis prêt à lui expliquer notre position ainsi quau Congrès. La violence est un terme qui nest pas dans notre dictionnaire et qui ny entrera pas. Pourquoi ? Parce que nous sommes les victimes de la violence. A sa question « reconnaissez Israël » je répondrais « Pourquoi Israël ne nous reconnaît-il pas ? ». Nous lavons reconnu pendant les 15 dernières années, que nous a-t-il donné ? Les résultats des élections du 25 janvier prouvent que nous ne sommes pas convaincus par ce « processus de paix ». Nous voulons changer les règles du jeu de sorte que nos droits nationaux soient reconnus, que notre bien-être soit reconnu et que nos droits de lhomme les plus fondamentaux soient reconnus?. Pourquoi nous demandez-vous de reconnaître le droit international tandis quIsraël ne remplit aucune de ses obligations nées de centaines de résolutions de lONU ? Israël a même tourné le dos à la Convention de Genève (NDLR : légalisation de la torture en Israël). .. Nous considérons loccupation comme un esclavage.

Q : Avez-vous fait connaître votre position à Washington ?
AAD : Ils ne nous ont pas donné la chance. Je suis le Président du Parlement et le peuple, non seulement en Palestine mais dans toute le Moyen-Orient, mécoute. ? De nombreux Israéliens ont dit pendant tant dannées « Ils vont nous jeter à la mer ». Quelle mer ? Nous navons même pas accès à la mer. Nous navons même pas la possibilité dimporter nos médicaments. Nous navons même pas accès à la Grande Mosquée de Jérusalem. De quoi parlent-ils ?
Nous respectons la vie humaine. En même temps, nous voudrions que les autres respectent nos droits les plus fondamentaux et pas seulement notre vie. Là est le problème.
Source : AFI-Flash n°59, 11 juin 2006

 

12/06/06 - Au-delà de la chutzpah* : massacre dinnocents à Gaza Beach

par la rédaction de quibla.net, 12 juin 2006


Le vendredi 9 juin, laviation sioniste sest livrée - en toute impunité, comme dhabitude - à un crime de guerre caractérisé : le massacre de dix êtres humains qui pique-niquaient sur un bout de plage bondée de Gaza. Ali et Raïssa Ghaliya et leurs trois enfants de 1, 3 et 10 ans, ainsi que deux femmes ont été tués, 50 autres Palestiniens ont été blessés.
Le commandement militaire israélien a exprimé des regrets pour avoir frappé des victimes innocentes, le président Bush a refusé de condamner le crime, et lONU sest tue.
Le Hamas a réagi dans les heures qui ont suivi en annonçant quil mettait fin à la trêve décrétée il y a seize mois et ses combattants se sont livrés à des lancers de roquettes artisanales dans la nuit de vendredi à samedi.
Erreur de tir de 600 mètres, comme lont prétendu les Israéliens ? Difficile à croire. Plutôt une provocation ciblée pour entraîner le Hamas dans la guerre ouverte et avoir ainsi un bon prétexte pour liquider la résistance palestinienne avec lassentiment de la communauté internationale. Le référendum annoncé par Abou Mazen pour le 28 juillet risque de se noyer dans un flot de sang.
La solidarité réelle avec les Palestiniens devient un impératif catégorique. Il faut oser descendre dans la rue des villes du monde pour dire : Assez ! Linterdiction dune manifestation pour la survie des Palestiniens le 4 juin à Paris a créé un précédent dangereux, dautant plus quaucune organisation politique ou de solidarité na élevé la moindre protestation contre cette interdiction, suivie de linterpellation de 60 personnes. Mesdames et Messieurs les bien-pensants de la cause palestinienne, ne venez pas pleurer quand ils interdiront aussi vos manifestations. Encore faut-il bien sûr que vous ayez lintention den organiser, ce qui nes pas sûr.
* chutzpah = culot, arrogance, en hébreu moderne.

 

12/06/06 - Huda Ali, l'enfant témoin

par I'tiraf al-Rimawi, à Ramallah, www.amin.org, 10 juin 2006
Traduit de larabe par le Centre d'Information sur la Résistance en Palestine
Elle criait, seuls les grains de sable l'entendaient. Son père s'est
éloigné pour un voyage dont il ne reviendra pas, le visage scrutant le ciel. Il pourrait entendre Huda crier et appeler, mais en réalité, il ne pourra pas répondre... Sa mère aussi, elle a été emportée par l'absence éternelle, par la mort causée par les obus et les balles de l'ennemi... Une famille assassinée par le même ennemi... et Huda continue à gémir, à crier, à appeler... Personne ne l'entend sinon la Palesitne et la mer prisonnière et triste...
En Palestine, tout est prévisible et possible, il n'y pas de différence entre la ruelle, le quartier ou la plage, cette plage qu'ils nous ont volée, ne nous laissant pas nous y baigner, même ce qui en reste à Gaza. Si elle n'est pas volée comme les plages de Haïfa, Yafa, Akka, tout le long de la côte désolante, ils la transformeront en témoin de leurs massacres et leurs crimes... La différence tient probablement à l'ampleur de la tuerie ou la souffrance qui sera le lot du Palestinien, là-bas..
Un jour de congé et de repos, comme l'a envisagé cette famille
accablée, la famille de Huda Ali, qui fut anéantie ce vendredi 9 juin
2006, avec les simples et modestes possibilités, l'intention était de jouer, de s'amuser, de chasser un peu de cette routine et cet
épuisement qui accompagnent les Palestiniens prisonniers là-bas,
dans la bande de Gaza, une famille qui emmène ses enfants pour se divertir. Et que se passe-t-il ?
En Palestine, et ce n'est pas parce que la Palestine est ainsi, mais
parce que c'est l'occupation qui non seulement contredit tout aspect humain, mais plonge dans le crime et vole à l'être humain ses instants...
Sur la plage là-bas, dans la ville de Gaza, à cette date, l'ennemi
sioniste n'a pas supporté de voir une famille palestinienne se
divertir, des enfants qui sortent de l'ordinaire et brisent les limites de la prison, rien que dans leur imaginaire, en regardant la mer
immense... Est-ce que l'occupant a eu peur d'eux parce qu'ils se
représentaient toute la mer de la Palestine, il a alors décidé de les
assassiner ? Nous n'écartons pas l'idée qu'ils soient accusés de cela ou d'autre chose, ou même qu'ils ne soient accusés de rien du tout...
L'assassinat est une habitude qui lui colle à la peau...
La mer de Gaza, le sable de la plage et quelques jeux simples pour les enfants, des provisions modestes pour une famille modeste, une image qui s'est transformée en funérailles et tombeaux.. Les instants de joie se sont transformés en larmes, et l'eau de la mer dans laquelle les enfants jouaient et nageaient fut transformée en sang, mort, accablement et amertume...
Tout comme ils ont volé la mer, ils ont volé son peuple aussi... Ils ont assassiné la joie enfantine, non seulement aujourd'hui...
Depuis quand ne sont-ils pas ainsi ?... Qu'est-il arrivé au peuple
palestinien en 1948 ? Qu'ont-ils fait à Deir Yassine, Qibya, Sabra et Chatila, le massacre d'Al Aqsa et celui d'al Haram Al Ibrahimi (le Tombeau dAbraham), celui de Uyun Qara et d'autres nombreux encore ?
N'ont-ils pas brisé les mains des militants, ne les ont-ils pas assassinés dans les prisons et les caves d interrogatoires ? Que font-ils dautre que les meurtres, portés par leurs avions, leurs bulldozers, leurs mentalités, leur protecteur américain, le mutisme arabe et international lors de ces événements affligeants et inhumains, plutôt fascistes et nazis ?
En Palesine, les enfants, les vieillards, les jeunes, la pierre, la plante, le ciel, l'air, paient le prix... Parce qu'ils sont les véritables maîtres du pays. Parce qu'ils refusent l'occupation et les colonies, et cherchent à vivre en sécurité et en paix, dans la dignité et la liberté... Cela ne peut être accepté par le colon qui plonge dans l'assassinat et le massacre... Mais le Palestinien ne changera que par la réalisation du rêve...
Huda et sa famille sont témoins, comme l'enfant Fares Awda, comme Hijjo et al-Durra avant eux... et les autres, ceux qui n'ont pas vu la vie parce qu'ils auraient du naître sur les barrages de l'occupation, leur témoignage est encore plus puissant... et les autres qui sont en prison, dans les hôpitaux, ceux qui ont perdu la capacité de mouvement, ce mouvement que les mêmes balles ont tué dans la même enfance palestinienne.

 

12/06/06 - Il est temps pour Abbas de démissionner

par Mike Whitney, PalestineChronicle.com, 25 mai 2006
Original : http://www.palestinechronicle.com/story-05250603013.htm


Traduit de langlais par Claude Zurbach pour http://www.protection-palestine.org/article.php3?id_article=2754

Plus que jamais, la Palestine a besoin dune direction forte. Abbas doit soit démissionner soit être déposé avant que le bain de sang ne se généralise.

Lauteur est diplômé de littérature anglaise du St. Michael College (1975). Depuis lors, il dirige sa propre entreprise de paysagisme à Snohomish, dans lEtat de Washington, depuis vingt-trois ans. Il a deux enfants, étudiants tous les deux à lUniversité de lEtat de Washington-Ouest, à Bellingham. Actuellement, il dirige le Programme des Démocrates du Comté de Snohomish, mais il avoue que son intérêt pour la politique na commencé quaprès laccession de George Deubeuliou Bush à la présidence des USA. Comme beaucoup dAméricains ordinaires, il a compris, dès le début, quelles étaient les aspirations planétaires de la Cabale qui occupe actuellement le numéro 1 600 sur Pennsylvania Avenue, et la menace quelle représente pour le monde entier. Il sagit dune menace aussi réelle et aussi étendue quaucune autre menace depuis la montée du fascisme, en Allemagne, dans les années 1930. (Extrait dune autobiographie de lauteur). Courriel : Email : fergiewhitney@msn.com


Mahmoud Abbas a peu de résultats à présenter depuis quil est devenu président palestinien il y a 2 ans. Il na obtenu aucun accord ni même forcé Israël à commencer à négocier les termes dun accord final. Il y a juste une semaine, le premier ministre israélien Ehud Olmert a repoussé les avances dAbbas en disant que des discussions étaient sans intérêt car Abbas était « sans pouvoir » ni en situation de sexprimer au nom de son peuple.

Si cest vraiment le cas, pourquoi Sharon était-il si soucieux daider Abbas à gagner les élections en lui permettant de faire la navette entre les territoires [palestiniens] ?

En vérité, Abbas est exactement le président que voulaient les israéliens, cest-à-dire un bureaucrate faible et inefficace qui prend ses ordres à Tel Aviv et ne représente aucune menace pour les ambitions territoriales israéliennes.

Dans cette atmosphére extrêmement pesante dassassinats ciblés, de bombardements routiniers et détranglement économique, le probléme de léchec dAbbas est devenu plus sérieux. Israël fait tous les efforts possibles pour saboter le nouveau gouvernement du Hamas et Abbas lui prête la main avec ardeur. Aujourdhui, le succés dIsraël est mis en évidence par labsence dordre à Gaza où les affrontements entre équipes rivales chargées de la sécurité deviennent courantes.

Abbas a condamné la récente escalade des violences en disant : « La guerre civile est la ligne rouge que personne ne franchira ». Mais cette rhétorique sans consistance na pas produit son effet. En fait, ses critiques permanentes à légard du Hamas ont eu pour effet de déstabiliser le nouveau gouvernement et daugmenter la probabilité dune plus grande tension.

Il y a deux semaines, Abbas a lancé une violente attaque verbale contre lautorité du Hamas en poussant ainsi à la confrontation. Il a lancé : « La constitution me donne une autorité claire et définitive pour démettre le gouvernement. »

« Démettre le gouvernement » ? Et pour quels intérêts ; ceux des Palestiniens ou ceux dIsraël ?

Abbas marche sur une corde raide ; il essaie de maintenir le calme tout en encourageant les attaques israéliennes contre le Hamas. Il doit choisir de quel côté il se trouve réellement.

Abbas sait parfaitement que le premier ministre israélien Olmert a déjà décidé de définir de façon unilatérale les frontiéres permanentes israéliennes en violant les résolutions des Nations Unies et la loi internationale. Il sait aussi que les nouvelles frontiéres inclueront de larges portions de la vallée du Jourdain, des blocs de colonies de la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Néanmoins, Abbas ignore ces violations flagrantes et passe lessentiel de son temps à réprimander le Hamas pour sa « non-reconnaissance dIsraël » et autres folies.

Pourquoi ?

Est-ce que Abbas croit réellement que le pouvoir israélien serait tellement sensible à la question de savoir si le Hamas le reconnait ou non ?

Et de même pour le Hamas : comment pourrait-il ne pas « reconnaître » Israël ? Israël est identifiable à chaque checkpoint et barrage, à chaque démolition de maison et à chaque détention, ainsi quà chaque meurtre et à chaque acte de brutalité.

Quelle partie de ce mélange dinhumanités le Hamas naurait-il pas reconnu ?

Le travail dAbbas est de demander quIsraël se retire immédiatement des territoires occupés, comme de défendre le gouvernement palestinien sorti des urnes. Il devrait cesser de vouloir calmer Israël et abandonner cette idée irresponsable de contrecarrer le Hamas à chaque occasion. Sil est vraiment persuadé que son temps serait mieux utilisé en défendant les droits israéliens plutôt que les droits du peuple Palestinien, il devrait alors concourir pour un travail à la Knesset. Il ny a pas de place pour lui comme président de lAutorité Palestinienne.

Abbas devrait suivre des cours de perfectionnement sur lart dêtre dirigeant. Arafat a enduré deux années de misére dans sa Muqtada ravagée, coupé du reste du monde et encerclé par les tanks israéliens, alors quil aurait pu prendre le soleil sur la Riviera. Il ne la pas fait pour le bien de son peuple et pour la cause de la justice.

Quen est-il dAbbas ? Qua-t-il eu à endurer pour la libération de la Palestine ?

En 2 ans il na jamais obtenu le moindre siége à une table de négociation mais il touche toujours son chéque chaque semaine pour service-rendu.

Cette semaine Israël a multiplié ses raids aériens et ses assassinats tout en aggravant son blocus sur la nourriture et les médicaments vers la Cisjordanie et la Bande de Gaza.

Quelle est la réaction dAbbas à toutes ces agressions ?

Et bien, il accepte de participer à une pose-photo à loccasion « dun face-à-face » avec les politiciens israéliens Shimon Pérés et Tzipi Livni de façon à ce quOlmert puisse raconter à Washington quil travaille pour la paix.

Comment peut-on regarder ces photos où Abbas fait risette à la ministre israélienne Tzipi Livni et ne pas se sentir humilié par la façon dont il sest déshonoré et dont il a déshonoré son peuple ?

Abbas at-il demandé à Livni sil elle avait du plaisir à affamer les Palestiniens jusquà la mort où cela aurait-il été trop impoli ?

Depuis des années Israël se plaint de ne pas avoir « de partenaire pour la paix ». Il est aujourdhui évident quils cherchaient quelquun comme Abbas qui ramperait en silence pendant que les contours dun état israélien encore plus étendu seraient gravés dans la pierre.

Mahmoud Abbas a été une catastrophe pour le peuple palestinien. Il a échoué pour imposer un accord, maintenir la paix intérieure, ou tout simplement atténuer les souffrances quotidiennes de son peuple face à loccupation israélienne. Alors que le pays se rapproche dun désastre humanitaire ou dune possible guerre civile, il est douteux quAbbas puisse montrer la voie permettant déviter une plus grande tragédie.

La Palestine demande une direction forte, maintenant plus que jamais. Abbas devrait démissionner ou être déposé avant le prochain bain de sang.

 

06/06/06 - Ils sont fous


Un soldat israélien a ouvert le feu mardi dans une mosquée d'un village palestinien en Cisjordanie, avant de se suicider sans faire d'autre victime, ont indiqué des témoins palestiniens.
Le soldat a pénétré dans la mosquée du village d'Aqaba, au sud-est de Jénine dans le nord de la Cisjordanie, et ouvert le feu à l'intérieur du lieu de culte et vers les maisons voisines avant de se suicider par balle, ont affirmé les témoins sans faire état d'autres victimes.
La mosquée était vide au moment de l'incident après lequel l'armée
israélienne a imposé un couvre-feu dans le village, a affirmé à l'AFP Sami Sadeq, le chef du conseil municipal local.
Source : AFP, 6 juin 2006


06/06/06 - Non au boycott du Hamas - Le déni de légitimité dont le mouvement palestinien est l'objet freine la marche vers la paix


par Esther BENBASSA et François BURGAT, Libération, 5 juin 2006
Esther Benbassa est directrice d'études à l'Ecole pratique des hautes études et François Burgat directeur de recherche au CNRS.
Où passe la frontière entre l'islam et le terrorisme, le musulman fréquentable et l'agent de Ben Laden, le bon «citoyen» et le vilain «communautariste», le Palestinien résistant à une impitoyable occupation militaire et le «suppôt des intégristes»? A la lecture des discours dominants en Europe et en France, il devient de plus en plus difficile de le dire: pour rester un interlocuteur acceptable, il semble qu'un musulman ne doive plus être seulement «laïque», mais aussi abdiquer, le verre de vin à la main, les marqueurs de son appartenance religieuse et/ou culturelle. A défaut, les peurs qu'il suscite sont capables de déstabiliser certains éléments de l'intelligentsia française, d'ébranler leurs sacro-saints principes (République, citoyenneté, laïcité, etc.) ou de les conduire à en user de manière peu rigoureuse et biaisée.

La longue liste des raisons d'ordre humanitaire en faveur de la reprise du soutien à l'économie agonisante de la Palestine occupée a déjà été dressée. Faut-il encore en réaffirmer le bien-fondé et secouer l'hypocrisie et l'immobilisme de la France et de l'Europe ? Mais la seule démarche «humanitaire» demeure parfaitement insuffisante et, à terme, contre-productive. Elle exige des contorsions diplomatiques et juridiques intolérables : contourner le résultat de l'un des rares scrutins en pays arabe (qui s'est pourtant déroulé sous étroite surveillance internationale) à ne pas être contesté.

Le Hamas «refuse de reconnaître Israël». Mais près de dix ans après celle de l'OLP, où en sommes-nous de la reconnaissance réciproque d'un Etat palestinien par Israël, dont les frontières fluctuent au gré de ses majorités électorales et des annexions en Cisjordanie ? Le Hamas refuse d'abandonner la violence, nous assène-t-on quotidiennement en guise d'analyse. Celui-ci a pourtant, depuis dix-huit mois, déclaré une trêve explicite et s'y est tenu. Que dire en revanche du recours systématique aux assassinats «ciblés» (exécutions extrajudiciaires), des maisons détruites par centaines, de la canonnade incessante de la grande prison «bouclée» de Gaza ? Le Hamas, enfin, «ne veut pas reconnaître les traités de paix» ? Mais qu'en est-il d'Israël qui, de la Feuille de route au plan saoudien de 2002 (approuvé par l'Autorité palestinienne, l'Union européenne, les Etats-Unis et l'ONU), ne les respecte pas depuis des années ? Tout cela ne signifie certes pas qu'il ne faille pas inciter le Hamas (dont le développement aurait autrefois été encouragé par Israël pour, déjà, diviser le camp palestinien) à quitter définitivement les habits du terrorisme pour ceux de la négociation et à reconnaître Israël. Mais il y a sans doute pour cela d'autres voies que le pur et simple déni de sa légitimité.

Comment parvient-on avec une telle inconscience à justifier le boycottage des urnes et, par là même, à escamoter (entre autres) le droit international ? Comment un tel unilatéralisme de l'action occidentale parvient-il à triompher aussi facilement ? A bien y regarder, si le déni de justice que nous faisons à «leurs» urnes et à «nos» principes démocratiques ne suscite pas davantage de protestations, c'est qu'il mobilise une nouvelle fois la magie des peurs instinctives de l'autre qui «parle musulman», et serait donc théocrate. En Israël non plus, il n'y a pas de séparation absolue entre l'Etat et la religion. Cela suffirait-il à le déclarer non démocratique ? Sa fondation aussi fut précédée par des actes terroristes juifs contre l'occupant britannique. Cela a-t-il disqualifié à tout jamais les Israéliens pour créer un Etat moderne ? Et que dire du poids de ces partis orthodoxes et ultraorthodoxes (pas spécialement féministes ni tolérants envers les lesbiennes-gays-bisexuels-transexuels) sans lesquels toute coalition parlementaire est souvent impossible ?

Lorsqu'il s'agit des musulmans, principes éthiques et politiques n'opèrent pas de la même manière. «Peut-il être des nôtres, celui qui refuse de boire son verre comme les autres?» A cette question, de Philippe de Villiers à Charlie Hebdo, en passant par des pans entiers de la droite et de la gauche parlementaire, un vaste «front national» répond énergiquement non. En fait, le Hamas ne menacerait donc pas seulement l'existence de l'Etat le plus puissant de la région, soutenu par la première puissance mondiale. Il mettrait aussi en péril la «modernité», la rationalité des «Lumières» et, argument suprême sans cesse réitéré, les droits des femmes et ceux de toutes les minorités ! Là résident les motifs non avoués des mesures prises contre le nouveau gouvernement palestinien. Tout cela sans se demander pourquoi les Palestiniens ont voté pour le Hamas. Et sans mesurer les risques d'une guerre civile qui plongerait le pays dans la détresse et l'impasse.

Notre intérêt passionné pour la «libération des femmes musulmanes», menacées par les «intégristes», en vient insensiblement, dans le cas de la Palestine, à prendre le pas sur la défense de leur humanité la plus élémentaire. Elles ne méritent en effet notre sollicitude humaniste qu'à cause de la nature de la menace identifiée : la violence machiste de ces hommes barbus qu'elles ont pourtant massivement élus, et non celle des bulldozers ou des balles de l'armée qui perpétue son occupation. Ces femmes et leurs proches sont-ils asphyxiés économiquement et financièrement, expropriés de leurs habitations ou éliminés par les balles de l'armée d'occupation ? Peu importe : conservons intact notre émoi pour «lutter contre l'intégrisme» du Hamas. Quitte à cautionner l'humiliation et la misère qui résultent de la suspension de l'aide internationale et de la confiscation des taxes douanières par Israël, et qui ne sont clairement pas de nature à faire reculer l'intégrisme ni le terrorisme mais, au contraire, à les nourrir.

Les projecteurs de quelques-uns de nos «journalistes d'investigation» et les «Lumières» de nos grands philosophes médiatiques se garderont bien d'éclaircir ce côté-là des ténèbres de notre temps. Depuis que, dans l'Algérie en guerre, l'épouse du général français Jacques Massu expliquait aux Algériennes que la France se devait de rester chez elles pour les «dévoiler» et donc les libérer, cette «tribalisation de l'universel» que constitue le détournement et l'instrumentalisation du combat des femmes au service de logiques de domination se poursuit avec la même ardeur et, malheureusement, la même efficacité.

A coups de canon, sans pain et, surtout, sans respect, on ne «modernise» personne. Nos idées «éclairées» ont besoin de pragmatisme, plus que de ces fantômes qu'on agite pour justifier des politiques dont l'Occident a été si friand au XXe siècle - et qu'il continue d'affectionner au XXIe -, susceptibles de mener à l'impasse de la confrontation sans fin.

 

05/06/06 - Les fonctionnaires palestiniens commencent à craquer


Ne recevant plus leurs salaires depuis le mois de mars, les fobnctionnaires palestiniens commencent à montrer des signes sérieux de lassitude et de colère. Il est évident que le Fatah encourage cette grogne pour mettre encore plus en difficulté le gouvernement hamas.
2 000 fonctionnaires, dont 400 policiers armés, ont ainsi manifesté samedi 3 juin à Naplouse pour réclamer le versement de leurs salaires, impayés depuis trois mois.
Certains ont tiré des coups de feu en l'air et scandé des slogans contre le Hamas. D'autres arboraient des portraits du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et de son prédecesseur Yasser Arafat.
Le ministre des Finances Omar Abdel Razak a assuré samedi que le gouvernement verserait un mois de salaire lundi à 40 000 fonctionnaires. Il a contredit le Premier ministre Ismail Haniyeh, qui avait annoncé ce versement pour le week-end, ajoutant que 125 000 fonctionnaires recevraient des avances sur salaires. Selon M. Abdel Razak, ces avances seront réglées ultérieurement, le gouvernement ne disposant pas actuellement des fonds nécessaires.
Source : agences de presse, 3 juin 2006


05/06/06 - Le Fatah déploie une nouvelle milice en Cisjordanie


Le Fatah de Mahmoud Abbas a déployé samedi 3 juin une nouvelle milice dans les rues de Jénine, en Cisjordanie, en réponse à la mise en place d'une unité semblable par le Hamas le mois dernier.
Selon le Fatah, la nouvelle milice compte dans ses rangs quelque 2500 hommes, contre 3 000 pour celle du Hamas, essentiellement active dans la Bande de Gaza. Le Hamas qui dirige le gouvernement palestinien n'a pas réagi dans l'immédiat à ce déploiement.
Plus de 2 000 membres du détachement du Fatah se sont rassemblés samedi 3 juin au matin dans le centre de Jénine, vêtus de T-shirts noirs portant au dos l'inscription "Unité spéciale de protection" et devant une photo de Yasser Arafat. Environ 60 s'entre eux portaient des fusils d'assaut, plusieurs dizaines d'autres étant armés de pistolets.
Ata Abou Rmeileh, responsable du Fatah à Jénine, a affirmé que cette unité avait pour consigne d'appuyer les forces de sécurité officielles.
"Vous êtes ici pour protéger votre peuple et les institutions de l'Autorité palestinienne", a-t-il lancé par haut-parleurs aux recrues de cette milice. "Nous sommes loyaux à l'égard de notre peuple, contrairement à ceux qui se vendent aux capitales arabes et aux non-arabes", a-t-il ajouté en référence au Hamas, ce qui ne manque pas de culot ("chutzpah, en hébreu...)
Source : AP, 3 juin 2006

 

05/06/06 - Ismaïl Haniyeh constate que le référendum proposé par Mahmoud Abbas serait illégal


Le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a jugé illégale dimanche l'idée d'un référendum sur un plan reconnaissant implicitement l'Etat d'Israël, avancée par le président Mahmoud Abbas.
"Le droit local n'autorise pas l'organisation de référendum sur la loi palestinienne", a fait valoir M. Haniyeh devant la presse.
Il a cependant ajouté qu'il poursuivrait le dialogue avec le président l'Autorité palestinienne sur ce projet de plan destiné à sortir les territoires palestiniens de leur isolement international.
La prise de position du chef dui gouvernement Hamas montre que le mouvement islamiste ne compte pas céder à l'ultimatum lancé par Mahmoud Abbas. Le président de l'Autorité palestinienne a donné au Hamas jusqu'à mardi pour accepter son plan basé sur le concept de deux Etats, faute de quoi il pourrait organiser une consultation nationale des Palestiniens.
Source : AP, 4 juin 2006

02/06/06 - Il faut reconnaître le gouvernement palestinien Hamas

par Tanya Reinhart, Yediot Aharonot, 31 mai 2006 Traduit de l'hébreu en anglais par Mark Marshall, et retraduit de l'anglais en français par Marcel Charbonnier, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.

Il faut reconnaître le gouvernement Hamas. Non seulement parce que la reconnaissance du Hamas serait bonne pour Israël, comme l'a illustré récemment l'ancien chef du Mossad Ephraim Halevy [1], mais parce que ce serait une initiative appropriée, conformément à tous les critères de la justice et du droit international. En dépit de l'opposition d'Israël, les Etats-Unis et l'Europe ont décidé de permettre au peuple palestinien d'organiser des élections démocratiques. D' après le rapport de Jimmy Carter publié dans « The Herald Tribune », ces élections ont été « honnêtes, équitables, fortement disputées, mais sans violence, et les résultats ont été acceptés tant par les perdants que par les gagnants. Parmi les soixante-deux scrutins qui ont été supervisés par. le Centre Carter, ces élections palestiniennes se rangent parmi les plus représentatives de la volonté populaire. » [2] Dans un monde juste et bien organisé, il serait impensable qu'un gouvernement élu de si belle manière soit disqualifié simplement parce que le choix opéré par l'électorat en question n'a pas l'heur d'agréer à Israël ! Mais dans un monde où les Etats-Unis gouvernent tout, où la force incarne le droit et où le droit peut définir la démocratie à sa guise, il en va tout autrement. Il a été ainsi annoncé que le résultat des élections palestiniennes ne serait pas reconnu, tant que les trois « mantras » n' auraient pas été respectés : le Hamas doit renoncer à la terreur, il doit honorer les accords signés par ses prédécesseurs et il doit reconnaître l' Etat d'Israël. En attendant, le peuple palestinien serait puni et réduit à la famine par un boycott économique, dans l'espoir que cela entraîne l' effondrement du gouvernement élu. En janvier 2005, le Hamas a annoncé sa résolution de substituer le combat politique à la lutte armée, et il a concédé une trêve unilatérale [le 'calme ', la 'hudna']. Au cours des dix-sept mois qui suivirent, le Hamas n'a pas perpétré le moindre attentat. D'après des sources des services de sécurité, depuis les élections, le Hamas n'a même pas participé au lancement de la moindre roquette Qassam depuis Gaza, dont les lancements sont, pour la plupart, dus à l'initiative du Fatah [3]. Qu'attend-on exactement du Hamas, quand on exige de lui qu'il « renonce au terrorisme » ? En ce qui concerne les accords antérieurs, le Premier ministre Hamas, Ismaïl Haniyyéh, a expliqué qu'aux termes des accords d'Oslo (signés en 1993), après une période intérimaire de cinq ans, un Etat palestinien aurait dû être créé. Mais Israël a violé toutes les clauses de ces accords, sans aucune exception, et qu'il a continué à coloniser et à déposséder les Palestiniens de leurs terres. Dorénavant, a-t-il dit, son gouvernement n' honorera que les seuls accords qui apporteraient quelque chose au peuple palestinien. Depuis Oslo, nous, les Israéliens, nous nous sommes habitués à l'idée que les négociations avec l'Autorité palestinienne ne tourneraient jamais qu' autour de la seule question de savoir ce qui est bon pour Israël : dans quelle mesure les Palestiniens sont-ils prêts à reconnaître son existence en tant qu'Etat juif et à prendre soin de sa sécurité. Soudain, Israël est confronté à un gouvernement palestinien élu qui refuse de continuer à jouer à ce petit jeu. Haniyyéh dit au gouvernement d'Israël : « Dorénavant, vous représenterez les positions d'Israël, dans les négociations, et nous, nous représenterons la position des Palestiniens ». Lors du congrès du Conseil National Palestinien, à Alger, en 1988, le peuple palestinien a pris l' initiative de reconnaître la partition du pays et de se contenter d'un Etat à l'intérieur des frontières de 1967. Israël n'a absolument rien fait depuis lors afin d'apporter la preuve qu'il est prêt à accepter un compromis tel celui-là. Les Palestiniens ne reconnaîtront le droit à l'existence d'Israël que si, et seulement si, Israël apportera la preuve qu'il est prêt à reconnaître le droit à l'existence du peuple palestinien.

Mais il s'agit là, précisément, de ce que les gouvernements et l'armée d' Israël n'ont jamais accepté. Jusqu'à présent, aucun dirigeant palestinien n' a été considéré comme un partenaire de paix acceptable, mais une direction qui proclame représenter uniquement le peuple palestinien est, à leurs yeux, un véritable ennemi, qui doit être détruit.

Olmert a peut-être réussi à convaincre une majorité, au Congrès des Etats-Unis, à voter en faveur d'un boycott du gouvernement Hamas. Mais, dans la société israélienne elle-même, il ne dispose d'aucune majorité. D'après un sondage réalisé par le Truman Institute, en mars de cette année, 62 % des Israéliens sont favorables à des négociations avec le Hamas [4]. Mais, depuis pas mal de temps, la majorité, en Israël n'a pas son mot à dire. Pour l'instant, la seule chose qui reste à espérer, c'est que l'Europe reprendra ses esprits et aussi qu'elle influencera les Etats-Unis afin de les amener à accepter le choix démocratique du peuple palestinien.

 

[1] : Interview in Yediot Aharonot, supplément du dimanche, 26 mai 2006. Voir également : Associated Press, 27 mai 2006 : Un ancien dirigeant du Mossad en appelle à des négociations avec le Hamas, sur le long terme ['Former Mossad chief calls for long-term deal with Hamas'].
[2] : Jimmy Carter, 'Punishing the innocent is a crime' [Punir des innocents est criminel], International Herald Tribune, 7 mai 2006.
[3] : Amos Harel, 'IDF and Qassams / Zero tolerance', [Forces de défense d' Israël et Qassams : tolérance zéro ! », in Ha'arezt, 7 avril 2006 ; Amos Harel et Arnon Regular, 'IDF: Hamas about to rein in Qassams' [L'armée israélienne est sur le point de faire reculer les tirs de Qassams], in Ha' aretz, 10 avril 2006.
[4] : Sondage effectué du 16 au 21 mars 2006, conjointement par l'Institut Harry S. Truman pour la Promotion de la Paix, de l'Université hébraïque de Jérusalem, et par le Centre Palestinien de Recherches et Enquêtes politiques, de Ramallah, http://truman.huji.ac.il/upload/PressRelease-15-240306English.doc

Site web de lauteur : http://www.tau.ac.il/~reinhart

02/06/06 - Le Jihad islamique dit soutenir l'initiative des prisonniers

La branche armée du mouvement radical Jihad islamique, les Brigades Al-Qods, a affirmé jeudi qu'elle soutenait une initiative de sortie de la crise élaborée par des cadres palestiniens emprisonnés en Israël. Le "document d'entente nationale" a été rédigée par des chefs détenus en Israël des principaux mouvements palestiniens, dont le Jihad, et prévoit notamment la fin des attentats en Israël et la création d'un Etat palestinien dans les territoires occupés en 1967, ce qui constitue une reconnaissance de facto du droit d'Israël à l'existence. "Nous avons examiné le document d'entente qui n'appelle aucune réserve de notre part à part celles exprimées par notre direction dans les prisons", ont affirmé les Brigades Al-Qods dans un communiqué lu par leur chef en Cisjordanie, Hossam Jaradat, lors d'une conférence de presse à Jénine. Les chefs emprisonnés du Jihad tout en souscrivant au document avaient exprimé des réserves sur les articles du document portant sur les négociations avec Israël. "Nous soutenons la position de nos dirigeants emprisonnés et obéissons à leurs ordres", a ajouté Hossam Jaradat. "Si les assassinats, les arrestations et les incursions (menés par Israël) ne se poursuivaient pas, nous aurions proclamé un cessez-le-feu d'un mois pour permettre à nos dirigeants emprisonnés de mettre en oeuvre le document d'entente sur le terrain comme phase de transition", dans le conflit israélo-palestinien, a-t-il poursuivi. Le président palestinien Mahmoud Abbas veut soumettre le document élaboré par les prisonniers à référendum si le gouvernement palestinien issu du mouvement radical Hamas, ne modère pas ses positions pour permettre aux Palestiniens de sortir de la crise politico-financière à laquelle ils sont confrontés. Le gouvernement Hamas, qui refuse de reconnaître Israël et de renoncer à la "violence" est en effet boycotté par l'Occident et privé d'aides financières, ce qui laisse l'Autorité palestinienne au bord de la banqueroute. Source : AFP, 29 mai 2006

 

 

01/01/06 - 3 députés et 1 ministre du Hamas défient la menace d'Israël de les expulser d’Al Qods


Trois députés et un ministre palestiniens issus du Hamas ont affiché mardi leur détermination à résister à un ultimatum d'Israël les sommant de démissionner de leurs postes sous peine d'être expulsés d’Al Qods (Jérusalem) où ils résident.
Israël a convoqué lundi ces officiels du Hamas au commissariat de police central à Jérusalem où ils se sont vu remettre un ordre du ministre de l'Intérieur Roni Bar-On les sommant de renoncer à leurs fonctions sous 30 jours faute de quoi leurs cartes de résident à Jérusalem leur seront retirées.
Cette mesure vise le ministre pour les Affaires d’Al Qods Khaled Abou Arafeh et les députés Mohammad Abou Teir, Ahmad Attoun et Mohammad Totah, qui habitent tous à Jérusalem-est occupée et annexée par Israël en 1967. Ils sont membres du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël.
L'État hébreu interdit toute activité politique palestinienne à Jérusalem-est.
"Nous ne démissionnerons jamais", a affirmé M. Totah à l'AFP. "C'est une décision illégale. Ils ne peuvent pas nous retirer nos cartes d'identité simplement parce que nous sommes des membres du Conseil législatif palestinien".
Il s'est élevé contre le non-respect par Israël des résultats des élections législatives palestiniennes, après que ce pays eu donné son feu vert à leur tenue dans la partie arabe de la ville.
"Personne ne s'était opposé lorsque nous avons participé aux élections. La police israélienne a même protégé les bureaux de vote", a fait valoir M. Totah.
"Nous avons été élus lors d'un scrutin libre et équitable et la volonté du peuple doit être respectée", a-t-il ajouté.
M. Abou Arafeh a dénoncé l'ultimatum israélien comme "un nouveau crime commis par l'occupant qui fait fi de toutes les résolution internationales et les accords qu'il a lui même signés".
"Nous rejetons catégoriquement les menaces de nous retirer la résidence et de nous éloigner de notre terre, nos familles et nos maisons", a-t-il ajouté.
Le porte-parole du gouvernement palestinien, Ghazi Hamad, a accusé le gouvernement israélien de "renforcer le siège et la pression sur les Palestiniens, particulièrement ceux de Jérusalem, en les privant de tous leurs droits".
"Nous refusons ce chantage israélien et réaffirmons avec force les droits des habitants d’Al Qods à vivre sur leur terre quelle que soit leur appartenance politique", a-t-il ajouté.
M. Bar-On, du parti centriste Kadima du Premier ministre Ehud Olmert, a annoncé personnellement l'ultimatum adressé aux quatre responsables du Hamas.
"Je leur ai dit, démissionnez ou bien vous ne serez plus (autorisés à vivre) parmi nous. Ils ont 30 jours pour prendre une décision", a déclaré M. Bar-On à la télévision israélienne.
En avril, le gouvernement israélien avait déjà annoncé la possibilité du retrait des cartes de résident de Jérusalem des quatre officiels du Hamas, qui ont été victimes à plusieurs reprises de tracasseries de la police israélienne.
Israël considère en effet l'Autorité palestinienne comme une "entité terroriste hostile" depuis la mise en place du gouvernement issu du Hamas en mars, après la victoire de ce mouvement islamiste aux législatives de janvier.
En dépit des pressions internationales, le Hamas refuse de reconnaître le droit d'Israël à l'existence, les accords israélo-palestiniens passés et continue de prôner la poursuite de la lutte armée.
Quelque 200.000 Palestiniens habitent à Jérusalem-est. Ils sont titulaires de cartes d'identité israéliennes leur autorisant à vivre dans la ville et à se déplacer en Israël.
Source : AFP, 30 mai 2006


01/01/06 - Hamas : « Israël et les États-Unis veulent pousser les Palestiniens à s’entretuer »


par Silvia Cattori, 30 mai 2006
Alors que le conflit intra-palestinien menace de virer à la guerre civile, le Hamas affirme dans un entretien au Réseau Voltaire refuser tout ce qui peut diviser le peuple palestinien. Il
expose ses exigences face à l’OLP en général et au Fatah en particulier et souligne qu’elles sont fondées sur le mandat populaire qui lui a été démocratiquement confié par les
urnes. Usamah Hamdan, le représentant du Hamas au Liban, répond aux questions de Silvia Cattori. À lire à http://www.voltairenet.org/article139569.html

 

01/01/06 - Le jour où Israël aura cessé d'exister

par Bradley Burston, Haaretz (Israël), 31 mai 2006

Original : http://www.haaretz.com/hasen/spages/721464.html

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

 

C'est ici que les désirs pris pour des réalités ont été inventés. Pendant des millénaires, la Terre sainte a suscité des prophéties, inspiré des fantasmes hautement spirituels, alimenté la machinerie même à produire les illusions - en s'arrangeant même, en de rares occasions, pour les faire devenir réalité.

Aussi le rigide mental barbu du ministère iranien des affaires étrangères n' aurait dû surprendre personne. On a demandé à ce ministre, Manouchehr Mottaki, qui participait cette semaine au sommet des pays non-alignés, de réagir à un appel lancé par Israël à imposer des sanctions économiques à l' Iran. « De quel pays parlez-vous ? » demanda Mottaki en fronçant les sourcils. « Je ne connais aucun pays sous ce nom. »

Nous y voilà ! Nous y sommes ! Enfin ! Après toutes ces années, après tous ces combats, les guerres arabo-israéliennes, les innombrables résolutions du conseil de sécurité de l'Onu, les montagnes d'aides étrangères, trois victoires au concours de chansons pop de l'Eurovision, des décennies de peine, de joie de vivre, de tabagie nerveuse, de conduite automobile nerveuse, de déni nerveux d'avoir jamais été nerveux, nous y voici ; enfin ! Il aura fallu que le ministre iranien des affaires étrangères pour qu'on s' en préoccupe. Et maintenant, c'est à nous de faire le reste - d'imaginer à quoi ressemblerait :

UN MONDE SANS [débarrassé d', ndt] ISRAËL. En hors-d'oeuvre, bien entendu, cela soulagerait le Hamas d'une bonne part de son fardeau écrasant. Il n'y aurait plus ce tracas de reconnaître l' existence de l'État juif. Puisqu'il n'y aurait plus d'Etat juif. Il ne serait plus nécessaire, non plus, de renoncer aux attaques violentes contre Israël, ni de s'engager à respecter des accords conclu avec un pays qui, depuis la semaine dernière, n'existerait plus. Mais ce n'est là qu'un début. Les Boîtes à Idées Illusoires - dans les deux versions, juive et arabe - vibrent à fond les manettes à cette perspective. Certainement que les colons et les candidats colons en Cisjordanie croiraient rêver éveillés.

Pas d'Israël - donc pas de Ligne verte - donc pas de distinctions artificielles entre les colons de Shiloh et les colons de Sheinkin. Pas d' Israël - donc pas de police pour déloger les colons de chez eux - pas d' armée pour repousser les manifestants tenant les sommets des collines. Pas d'Israël - donc pas de gouvernement. Donc pas d'Olmert. Donc pas de convergence. Donc pas d'emmerdes. Les Palestiniens de Cisjordanie, eux aussi, devraient n'y voir que des avantages :

Pas d'Israël. Donc pas d'armée. Donc pas de Shin Bet. Donc pas d'occupation. Donc pas de checkpoints. Donc pas d'affrontements. Donc pas d'emmerdes. Da capo.

Nous n'insisterons pas. Mais quelle chance y a-t-il pour que l'absence d' Israël se traduise positivement dans l'existence de ces Palestiniens et de ces colons qui - pour des raisons diamétralement opposées - ont grandi en apprenant à haïr cet État avec un zèle aveugle ? Prenons les Palestiniens, qui s'escriment à éliminer l'État d'Israël depuis 58 ans, deux semaines et deux jours.

Maintenant que le ministre iranien Mottaki l'a fait pour eux, quels sortes de problèmes les Palestiniens peuvent-ils s'attendre à rencontrer dans la nouvelle Palestine Israel-free ? [sans Israël, ndt (comme « sans sucre ».)

A. Que faire des juifs ?

1. Il y en a 5 639 000, ce mois-ci.
2. Les juifs, en particulier ex-israéliens, ne sont pas particulièrement patients. Ils ont aussi une fâcheuse tendance à prospérer un maximum sous des gouvernements étrangers.
3. Il a été souvent dit à propos des Palestiniens que, s'ils n'avaient pas un État d'Israël à accuser de tous les maux, ils devraient en inventer un. Et en même temps, on peut raisonnablement supposer que si l'État d'Israël n' existait pas, les juifs en réinventeraient un, toutes affaires cessantes ? Peut-être au moyen - allez savoir - d'une intifada ?

B. Quid des Palestiniens ?

1. La population arabe totale dans la région entre la Méditerranée et le Jourdain est de 5 224 000 personnes.
2. Les Palestiniens ont une économie du genre Triangle des Bermudes.
3. Leurs alliés arabes, dont la richesse dépasse l'entendement humain, ont toujours été prolixes en expressions de leur soutien verbal, mais ils se sont gardé leur fric par-devers eux, dans une très large mesure.
4. L'immense majorité des résidents actuels en Cisjordanie et à Gaza connaissent une pauvreté endémique. Un rapport rendu public cette semaine par l'Onu montre que 40 % des Palestiniens des territoires gagnent moins de 2,10 dollars par jour. Le taux de chômage est estimé à 40.7 % de la main-d'oeuvre.

Et puisque nous y sommes, voyons un peu les juifs :

L'absence d'Israël aurait vraisemblablement des conséquences très importantes pour les juifs, dans le monde entier. A en juger au vingtième siècle, et aussi au dix-neuvième siècle qui l'a précédé, certaines (ou la totalité) des conséquences ci-après pourraient bien se produire :
1. Les lieux saints du judaïsme sont profanés ou détruits. Le Mur occidental, dans la vieille ville de Jérusalem, la Grotte de Machpelah à Hébron et les synagogues et les cimetières à l'étranger : tout devient un objectif potentiel ;
2. Les juifs, derechef, se sentent vulnérables, dans l'ensemble de l'aire de l'Israël d'avant 1967, dans l'ensemble de la Cisjordanie et dans les communautés de la Diaspora, où l'antisémitisme a surgi, ces dernières années ;
3. Une crise de foi ( !) et un profond sentiment de désespoir aiguillonne l' émergence de faux messies, et accélère les tendances à l'assimilation dans les communautés de la diaspora ;
4. Des rabbins influents et des dirigeants de la communauté juive savent que le judaïsme doit changer fondamentalement s'il veut relever le défi posé par l'absence d'un État d'Israël. Mais ils sont incapables de le faire, car il n 'y a aucun mécanisme [institutionnel] qui permettrait que cette adaptation fût unifiée.

Tout ceci n'est qu'un petit aperçu. Qui sait ? Les Iraniens ont peut-être pensé à cet aspect des choses beaucoup plus à fond que nous ? Quelque part, en ce moment même, dans une Boîte à Idées Illusoires souterraine, des sociologues iraniens sont peut-être en train de chercher ce qui pourrait arriver si Israël cessait d'exister ? Quoi qu'il en soit, ne vous faites pas de souci : leurs collègues du département de la grosse artillerie sont en train de rechercher activement des idées pour faire en sorte qu'il en soit bien ainsi.

 

 

L'héritage de Sharon, en action

par Tanya Reinhart, http://www.tau.ac.il/~reinhart. [Intervention à la Conférence de Biella (Italie) sur La dimension du mot partagé : quel avenir pour la Palestine / Israël ?, mai 2006]

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

 

Actuellement, le monde occidental semble toujours sous le charme de la geste d'Ariel Sharon, qui, nous dit le conte, aurait apporté un gigantesque changement à la politique israélienne - laquelle serait passée de l' expansion et de l'occupation à la modération et à des concessions ; une vision que son successeur, Ehud Olmert, serait censé reprendre à son compte. Depuis l'évacuation des colonies de la bande de Gaza, la narration occidentale consiste à dire qu'Israël aurait fait sa part, dans le sens de la fin de l'occupation, qu'il se serait déclaré prêt à prendre de nouvelles mesures à l'avenir et qu'il appartiendrait désormais aux Palestiniens de montrer qu'ils sont capables de vivre en paix avec leurs voisins, tellement bien intentionnés.

Comment Sharon, le dirigeant le plus brutal, le plus cynique, le plus raciste et le plus manipulateur qu'Israël ait jamais connu, a-t-il pu ainsi terminer sa carrière politique en héros de paix légendaire ? La réponse, à mon avis, c'est que Sharon n'a pas changé. Loin de là : le mythe érigé autour de sa personne reflète l'omnipotence actuelle des systèmes de propagande, qui, pour paraphraser une notion proposée par Noam Chomsky, a atteint la perfection dans l'art de « fabriquer la conscience » [manufacturing consciousness].

Le coup de baguette magique qui a métamorphosé Sharon aux yeux du monde, c' est l'évacuation des colonies de Gaza. J'y reviendrai, car pour moi, même cela, Sharon ne l'a pas fait de son propre mouvement, mais bien en raison de pressions sans précédent des Etats-Unis. Quoi qu'il en soit, Sharon a dit très clairement, dès le début, qu'évacuer les colonies de Gaza ne rendait pas la bande de Gaza libre ! Le plan de désengagement, publié dans les quotidiens israéliens le 16 avril 2004, spécifiait par avance qu' « Israël supervisera(it) et conservera(it) l'enveloppe extérieure en matière de territoires, maintiendra(it) son contrôle exclusif sur l'espace aérien de Gaza, et continuera(it) à mener des opérations militaires dans ses eaux territoriales [1]. »

Examinons brièvement les états de sévices du général Sharon : Durant ses quatre années au gouvernement, Sharon a bloqué toute chance de négocier avec les Palestiniens :

- En 2003 - époque de la Feuille de route - les Palestiniens ont accepté ce plan de paix et ils ont déclaré un cessez-le-feu. Mais, tandis que l' Occident fêtait une nouvelle ère de paix, l'armée israélienne, sous les ordres de Sharon, intensifiait sa politique d'assassinats ciblés, poursuivait le harcèlement quotidien des Palestiniens soumis à l'occupation et, enfin, déclarait une guerre à outrance au Hamas, tuant tous ses dirigeants militaires et politiques de premier plan.

- Après quoi, tandis qu'une fois encore le monde occidental retenait son souffle, durant un an et demi d'attente du retrait de Gaza annoncé, Sharon fit absolument tout son possible afin de trahir le président palestinien, Mahmoud Abbas, qui avait été élu en janvier 2005. Sharon déclara qu'il n' était pas un partenaire convenable (parce qu'il ne combattait pas le terrorisme) et il repoussa toutes ses offres de reprise des négociations. La réalité quotidienne des Palestiniens, dans les territoires occupés, n'a jamais été aussi sombre que sous Sharon :

- En Cisjordanie, Sharon a entrepris un projet massif d'épuration ethnique dans les zones frontalières d'Israël. Son projet de muraille vole les terres des villages palestiniens situés dans ces zones, emprisonne des villes entières et prive leurs habitants de leur gagne-pain. Si le projet se poursuit, beaucoup des quelque 400 000 Palestiniens affectés devront partir et aller gagner leur vie dans les faubourgs des villes situées au centre de la Cisjordanie, comme cela s'est déjà produit dans le cas de Qalqiliya, une ville du Nord de la Cisjordanie.

- Les colonies israéliennes ont été évacuées de la bande de Gaza, mais cette bande demeure une immense prison, totalement scellée et coupée du monde extérieur, au bord de la famine et terrorisée par l'armée israélienne qui la bombarde depuis la terre, la mer et l'air. La question qui préoccupait les élites politiques et militaires israéliennes depuis la conquête des territoires palestiniens, en 1967, était celle de savoir comment garder la superficie maximale avec le minimum de Palestiniens ? Le plan du travailliste Alon, qui trouva sa réalisation à Oslo, consistait à conserver environ 40 % de la Cisjordanie, mais à accorder l'autonomie aux Palestiniens sur les 60 % restants. Toutefois, Barak et Sharon ont détruit les arrangements d'Oslo. Le modèle qu'Israël a développé, sous Sharon, est un système complexe de prisons. Les Palestiniens se voient reléguer et enfermer dans des enclaves ségr&eac