06/07/06 - 2 années déjà
après l'avis de la Cour international de justice sur l’illégalité
du Mur
Il y a deux ans, le 9 juillet 2004, la Cour Internationale de Justice
de La Haye - la plus haute juridiction internationale – a condamné
le Mur qu’Israël est en train de construire : L’avis
de la CIJ affirme que le Mur est contraire au droit international
et qu’Israël est dans l’obligation de le démanteler
partout où il se trouve à l’intérieur des
Territoires palestiniens (94% du trajet selon Amnesty International)
et de dédommager les Palestiniens lésés (destruction
de leurs maisons, de leurs champs et de centaines de milliers d’oliviers).
Par ailleurs, l’avis affirme l’obligation de tous les
Etats de ne pas reconnaître cette situation illégale
et d’adopter des mesures efficaces afin d’amener Israël
à respecter le droit international. Le 20 juillet 2004 l’Assemblée
générale de l’ONU a ratifié cet avis à
travers la résolution ES-10/15.
Que s’est-il passé depuis ? Israël n’a pas
seulement poursuivi la construction du Mur, mais a redoublé
d’efforts pour coloniser la Cisjordanie et Jérusalem-Est.
Au total, ce mur qui coûte 1.800.000 euros par kilomètre
devrait atteindre 670 kilomètres et permettre à Israël
de contrôler 60% de la Cisjordanie. Il rendra encore plus difficile,
voire impossible, l’accès des malades aux hôpitaux,
des élèves, étudiants et professeurs à
leurs écoles, des agriculteurs à leurs champs.
Autour de Jérusalem, en particulier, le Mur vise à parachever
la judaïsation de la Ville Sainte, remettant en cause son statut
de ville ouverte pour les trois religions. Il est destiné à
réduire le nombre de Palestiniens, qu’ils soient chrétiens
ou musulmans, à accroître la population juive et à
saper ainsi les revendications des Palestiniens qui veulent faire
de Jérusalem-Est la capitale d’un Etat palestinien indépendant.
Cette politique de colonisation et d’annexion menée par
Israël a été condamnée par de nombreuses
résolutions des Nations unies.
En poursuivant sa politique du « fait accompli », Israël
compromet gravement la possibilité d’un accord final
avec les Palestiniens : le Mur, en renforçant la colonisation,
en isolant totalement Jérusalem-Est et en scindant la Cisjordanie
en deux, rend impossible la création d’un Etat palestinien
viable et indépendant.
Dans leur rapport de novembre 2005, les diplomates européens
en poste à Jérusalem et à Ramallah ont clairement
dénoncé cette politique. Mais les ministres des Affaires
étrangères - qui par ailleurs ne se privent pas de faire
pression sur le gouvernement légitime palestinien en le privant
de moyens financiers qui font cruellement défaut à toute
une population – ont refusé, avec des arguments peu convaincants,
la publication de ce rapport. Israël continue à profiter
d’une relation privilégiée avec l’UE.
Le dernier rapport d’Amnesty International (pp. 147-150) établit
les mêmes constats qu’en 2005 et 2004 : les attaques de
l’armée israélienne (190 Palestiniens tués,
dont 50 enfants), les attaques de groupes armés palestiniens
et les Israéliens tués (41 civils, dont 6 enfants),
les attaques par les colons israéliens dans les Territoires
Palestiniens occupés, les détentions administratives
arbitraires de Palestiniens par les autorités israéliennes
(y compris le recours aux mauvais traitements et à la torture)
et l’impunité dont jouissent souvent les soldats, la
police et les colons israéliens.
Pour toutes ces raisons, les associations signataires appellent le
Gouvernement luxembourgeois ainsi que l’Union européenne
à prendre enfin les mesures appropriées en vue d’amener
Israël à respecter ses obligations qui découlent
du droit international, de la 4e Convention de Genève, des
résolutions des Nations unies et de l’avis de la Cour
Internationale de Justice sur le Mur.
Luxembourg, le 8 juillet 2006
Organisations signataires :
ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
Amnesty International-Luxembourg
ASTM (Association Solidarité Tiers Monde)
ATTAC-Luxembourg
Caritas-Luxembourg
Cercle des ONG
CLAE (Centre Liaison Information et Aide pour Associations d’Etrangers)
Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient
FNCTTFEL-Landesverband
Frères des Hommes-Luxembourg
Friedensinitiative
Greenpeace-Luxembourg
Handicap International-Luxembourg
Iwerliewen fir Bedreete Volleker
Justice et Paix
Sesopi
Union des Juifs Français pour la Paix-Moselle
27/06/06 - Assaut contre le mur
par Zaki Boulos, 28 mars 2006. Original : http://www.axisoflogic.com/artman/publish/article_21566.shtml.
Versión española . www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=es&reference=459
Zaki Boulos est un militant palestinien, membre de Tlaxcala
(www.tlaxcala.es), le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique. Traduit de langlais en espagnol par Manuel Talens et
de lespagnol en français par Paz Gómez Moreno et révisé
par Fausto Giudice, tous membres de Tlaxcala, le réseau de
traducteurs pour la diversité linguistique . Cette traduction
est en copyleft.
Quarriverait-il si je prononçais un mot, disons assaut, décidant
ensuite de monter un peu plus haut dans léchelle littéraire
pour injecter la notion de mur mental ?
Supposons que je serais plutôt militant, que je disposerais
darmes et que, en plus, je serais enclin à me servir de ces
armes afin de défendre mon identité contre un régime
colonialiste oppresseur. Au lieu de blesser une personne, je pourrais
détruire un bloc de ciment sans la moindre difficulté;
un bloc par jour.
Du point de vue du Droit cela est entièrement légal.
Nul tribunal au monde ne se prononcerait en faveur de la légitimité
du mur. Le mur qui divise parallèlement la Cisjordanie et les
rêves de millions de Palestiniens est illégal, cest pourquoi
il est pleinement licite aux Palestiniens dexercer leurs droits.
Chaque Palestinien a le droit dabattre le mur. Il est entièrement
légal de le faire. À vrai dire, le fait de sy opposer
est un délit.
Si je devais proposer quelques mots, comme par exemple, pointez vos
armes, je pourrais même dire, prenant du recul, visez le mur
au lieu de diriger vos armes contre les personnes qui se trouvent
de lautre côté de cette aberration ; et tout cela sans
que nul ne puisse maccuser de causer des dommages, car en fait jaurais
même sauvé quelques vies.
Et je ne ferais alors rien dillégal puisque jai le droit de
défendre mon identité et que mon devoir passe par le
respect de la loi, et non du mur.
Je le répète : La destruction du mur est complètement
légale, étant donné que celui-ci est illégal.
La façon dont chacun dentre nous décide de le faire
fait partie de nos droits. Exerçons-les !
Tout compte fait, lexplosif découvert par Alfred Nobel navait
pas pour but lextermination des personnes. Si nous voulons rendre
hommage à Nobel, faisons justice et utilisons sa dynamite pour
une cause noble.
Le voyage de tous les dangers
par
Youssef Echaïeb à Ramallah, Islamonline.net,
24 avril 2006. Original : http://islamonline.net/Arabic/news/2006-04/24/article06.shtml/
Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala,
le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique
(www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft
Quant un ouvrier palestinien se met en tête descalader le mur
de lapartheid israélien pour aller travailler et chercher à
manger pour ses enfants, il y a des chances quil connaisse le sort
de Kheder Khelil !
Le Kheder Khelil en question a fini dans un bloc de soins intensifs,
dans un état piteux, sans parole, le corps entièrement
recouvert de plâtre, entouré de partout déquipement
médicaux bien pauvres.
Kheder est un habitant de Beit Lahm (Bethléem) dans le sud
de la Cisjordanie et cest son cousin Mohamed Youssef qui raconte son
histoire à Islamonline.net : lhistoire dun ouvrier palestinien,
au chômage depuis plus dun mois, qui décide au petit
matin du lundi 17 avril 2006, daller à Al Qods occupée
(Jérusalem) pour chercher du travail, espérant ainsi
revenir chez lui avec de la nourriture pour calmer la faim de ses
7 enfants.
Kheder réussit miraculeusement à escalader le mur de
lapartheid et se retrouve de lautre côté, à Abou
Dis... Mais à peine descendu de son perchoir, il est intercepté
par une patrouille de garde- frontières israéliens.
Quatre de ces soldats soccupent de lui, le rouent de coups avec les
crosses de leurs fusils et des matraques et, pour bien finir leur
travail, le remontent sur le mur et le jetèrent par-dessus.
Le pauvre est retombé de l'autre côté, tel un
sac, dune hauteur de 7 mètres.
Sa famille a appris la nouvelle de sa mésaventure par des habitants
de Abou Dis qui lavaient ramené jusquau check-point du «
container », au nord de Beit Lahm. Une voiture de secours palestinienne
s'est chargée de le conduire à lhôpital public
de Beit Jala, où il est toujours hospitalisé.
Un voyage de tous les dangers
Le voyage de louvrier palestinien pour aller à son travail
derrière la ligne verte (Palestine occupée en 1948)
est entouré de dangers incalculables. Il lui faut passer les
check-points, les barrages routiers, les fils barbelés, les
chiens policiers, éviter les balles perdues des soldats israéliens
et après, si tout va bien, parvenir à son travail. Et
encore, tout au long du travail, il lui faut réfléchir
au chemin du retour et comment éviter ses mille et mille embûches.
Des Palestiniens vivant au voisinage du mur, quils appellent mur détranglement
(Jidarou Al Khank], racontent combien sont nombreuses, multiples et
quotidiennes, les agressions et les persécutions contre les
travailleurs cherchant à traverser les barrages pour assurer
la nourriture des leurs.
Louvrier Chawki Graïsa, 48 ans, originaire de Beit Sahour, voisine
de Beit Lahm, nous raconte sa dernière mésaventure :
« Nous étions en route pour notre travail à Al
Qods occupée, quand nous avons été interceptés
par des soldats de loccupation qui nous ramenèrent à
un camp militaire dans la région de Atrout où nous fûmes
gardés pendant des heures. Après cette longue attente,
nous avons été interrogés brièvement puis
ils nous ont bandé les yeux et nous ont jetés dans un
bus. Celui-ci a fait le tour de tous les postes de police et des camps
de Al Qods occupée pour ramasser les travailleurs arrêtés.
Il y en avait à chaque escale, si bien que notre nombre s'est
élevé à 17. Le bus nous a conduit au tribunal
de Salem, près de Naplouse. Cest là quon nous a informés
que nous étions en détention et on nous a dit den informer
nos familles au téléphone. On nous a conduit directement
devant le tribunal qui nous a condamnés chacun à 2 mois
de prison ferme et à une amende 2000 Shekels [=450 dollars
ou 357 Euro], pour entrée illégale en Israël. »
Cest la charge qui menace des centaines, voire des milliers de travailleurs
palestiniens sans autorisation, qui se risquent, en connaissance de
cause, à traverser la ligne verte pour chercher du travail.
Cest lautorité civile doccupation qui délivre ces autorisations.
Mais elle ne le fait pratiquement pas pour des motifs fallacieux de
sécurité. Elle les utilise plutôt pour faire pression
sur les travailleurs et les faire chanter dans le but dobtenir leur
collaboration.
A propos des prisons où sont conduits ces travailleurs, lun
deux, qui a tenu à garder lanonymat, raconte : « la vie
en prison est une humiliation permanente. Les travailleurs sont des
gens simples et tous évitent de protester contre les comportements
des soldats, de crainte que leur peine soit prolongée. Il y
a des vieux de 60 ans et plus, parmi ces prisonniers ».
Graïsa raconte que « le reçu de lacquittement de
lamende est aussi matière à humiliation pour les travailleurs.
Les autorités doccupation se jouent des nerfs des travailleurs
prisonniers à ce niveau. En effet, nombre de familles des travailleurs
se trouvent contraintes de sacquitter de lamende et denvoyer aux autorités
le reçu par la poste. Il arrive souvent que le jour de sa sortie
prévue de prison, un travailleur se voie dire que le reçu
dacquittement de lamende nest pas encore parvenu aux autorités
de la prison ».
Lhumiliation permanente :
Hassen Al Barghouthi, président du « Centre de démocratie
et des droits des travailleurs » à Ramallah, note les
diverses formes de mépris et dhumiliation, subis par les travailleurs
allant en Israël, dans les Cheik points. Il souligne que déjà
avant lencerclement économique actuel, ces travailleurs subissaient
toutes formes dhumiliation et étaient privés de toute
dignité. Il était devenu normal quils subissent la torture
physique de la part des soldats israéliens, ce dont certains
étaient morts. En plus de nombreux ont été tués
par les tirs des soldats de loccupation.». Al Bargouthi ajoute
que : « la dépendance de léconomie palestinienne
de léconomie israélienne est le résultat dune
politique savamment programmée. Tout au long des trente années
doccupation, Israël a découragé les investissements
dans les territoires palestiniens ce qui a conduit à cette
situation de dépendance totale, économique et sociale,
de lEtat occupant.
Une bombe à retardement
Des observateurs palestiniens et israéliens saccordent à
dénoncer « la marche éprouvante du travailleur
palestinien allant à son travail en Israël » et
qui est devenue plus difficile depuis la construction du « mur
étrangleur ». Ce dernier a découpé des
terres de Cisjordanie voisines dAl Qods et les a pratiquement annexées
à Israël. Tous estiment que la situation qui en est née
risque de devenir à chaque instant une bombe à retardement.
Lauteur israélien Simon Klein écrit dans un article,
diffusé cette semaine par un site israélien, que «
les travailleurs palestiniens salignent dans des queux très
longues pour entre en Israël à la recherche de travail.
Leur journée commençait à 3 heures du matin.
Les barrages routiers et les cheik point, source de multiples humiliations
et de retards incroyables, ont joué beaucoup dans la montée
de leur haine dIsraël, surtout que de nombreux entrepreneurs
israéliens ont profité de cette situation pour leur
payer des salaires de misère ».
A lapproche de la fête du Premier mai, lUnion générale
des travailleurs palestiniens a publié un rapport indiquant
que lannée 2005 na pas été bonne pour les travailleurs.
Ce rapport mentionne quune vingtaine de travailleurs ont été
tués, des centaines ont été blessés et
que près de 500 dentre eux, ont été incarcérés,
sous le motif de ne pas disposer dune autorisation pour entrer en
Israël.
Noyé à cause du Mur
par ISM, 2 avril 2006
Le corps d'un noyé retrouvé accroché au fil barbelé
de la barrière illégale près de Bil'in. À
7h ce matin, une inondation provoquée par la barrière
d'Annexion a emporté deux frères près du village
de Bil'in.
La vallée entre Bil'in et Safa (à l'ouest de Ramallah)
a été inondée près de la construction
de la barrière illégale qui a empêché l'eau
de s'évacuer, créant un plan d'eau, dont le niveau,
selon les villageois, dépasse les oliviers.
À 14h10, Eyad Tahar a été retrouvé mort,
noyé dans une inondation près de la barrière
d'Annexion. Son corps a été retrouvé coincé
dans le fil barbelé de la barrière d'Annexion.
Eyad et Raad Taha de Beit Annan se rendaient à leur travail
à Ramallah quand ils ont été emportés
par les eaux de l'inondation. Le frère d'Eyad, Raad, a été
retrouvé sans connaissance peu de temps après et est
actuellement à l'hôpital de Biddu.
L'armée israélienne a refusé de laisser les équipes
de secours organisées par les villageois utiliser leur équipement
pour essayer de vider le secteur inondé. L'armée dit
que le secteur fait partie de la construction de mur, donc les villageois
ne sont pas autorisés à y pénétrer.
Le Dr. Khaled Ayash, de l'hôpital Carmel à Biddu, qui
a examiné le corps a déclaré que la cause de
la mort d'Eyad était la noyade.
Pour plus d'informations, appelez :
Bureau de l'ISM : 022 971 824 ou 057 572 0754 "
Source : http://www.ism-france.org/news/article.php
?id=4553&type=temoignage
L'école d'Anata envahie par le Mur
Le village d'Anata, près de Jérusalem est complètement
destructuré par la construction du Mur qui le traverse. Les
habitants ont perdu l'accès à 30 000 de leurs 34 000
dunums de terres agricoles. Et le Mur traverse depuis le 15 août
la cour de l'école secondaire, occupant 800 m2 de cette cour.
La présence du Mur est le prétexte constant d'attaques
de soldats israéliens contre l'école. La dernière
en date a eu lieu le 2 janvier : les soldats sont arrivés après
le début des cours et ont commencé à attaquer
physiquement les élèves et les enseignants. Ceux-ci
ont réussi à emp^cher l'arrestation d'un enseignant.
Puis les soldats se sont retirés et ont attendu a fin des cours.
Quand ceux-ci ont quitté l'école, les soldats leur ont
lancé des lcrymogènes et des grenades assourdissantes.
Ils ont tabassé l'élève Mohamed Abed al Wahab
al Khatib, 15 ans, lui brisant une jambe.
Source : http://stopthewall.org/latestnews/1076.shtml
la cour de l'école secondaire
d'Anata avant la construction du Mur. Admirez le magnifique
panorama ! |

Fin du panorama ! 800 m2 de la cour de l'école
ont été détruits par la construction du Mur
le 15 août 2005 |