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31 janvier 200
 
Palestine
 
 

Contre le Mur de l'apartheid

06/07/06 - 2 années déjà après l'avis de la Cour international de justice sur l’illégalité du Mur


Il y a deux ans, le 9 juillet 2004, la Cour Internationale de Justice de La Haye - la plus haute juridiction internationale – a condamné le Mur qu’Israël est en train de construire : L’avis de la CIJ affirme que le Mur est contraire au droit international et qu’Israël est dans l’obligation de le démanteler partout où il se trouve à l’intérieur des Territoires palestiniens (94% du trajet selon Amnesty International) et de dédommager les Palestiniens lésés (destruction de leurs maisons, de leurs champs et de centaines de milliers d’oliviers). Par ailleurs, l’avis affirme l’obligation de tous les Etats de ne pas reconnaître cette situation illégale et d’adopter des mesures efficaces afin d’amener Israël à respecter le droit international. Le 20 juillet 2004 l’Assemblée générale de l’ONU a ratifié cet avis à travers la résolution ES-10/15.

Que s’est-il passé depuis ? Israël n’a pas seulement poursuivi la construction du Mur, mais a redoublé d’efforts pour coloniser la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Au total, ce mur qui coûte 1.800.000 euros par kilomètre devrait atteindre 670 kilomètres et permettre à Israël de contrôler 60% de la Cisjordanie. Il rendra encore plus difficile, voire impossible, l’accès des malades aux hôpitaux, des élèves, étudiants et professeurs à leurs écoles, des agriculteurs à leurs champs.
Autour de Jérusalem, en particulier, le Mur vise à parachever la judaïsation de la Ville Sainte, remettant en cause son statut de ville ouverte pour les trois religions. Il est destiné à réduire le nombre de Palestiniens, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, à accroître la population juive et à saper ainsi les revendications des Palestiniens qui veulent faire de Jérusalem-Est la capitale d’un Etat palestinien indépendant. Cette politique de colonisation et d’annexion menée par Israël a été condamnée par de nombreuses résolutions des Nations unies.
En poursuivant sa politique du « fait accompli », Israël compromet gravement la possibilité d’un accord final avec les Palestiniens : le Mur, en renforçant la colonisation, en isolant totalement Jérusalem-Est et en scindant la Cisjordanie en deux, rend impossible la création d’un Etat palestinien viable et indépendant.
Dans leur rapport de novembre 2005, les diplomates européens en poste à Jérusalem et à Ramallah ont clairement dénoncé cette politique. Mais les ministres des Affaires étrangères - qui par ailleurs ne se privent pas de faire pression sur le gouvernement légitime palestinien en le privant de moyens financiers qui font cruellement défaut à toute une population – ont refusé, avec des arguments peu convaincants, la publication de ce rapport. Israël continue à profiter d’une relation privilégiée avec l’UE.
Le dernier rapport d’Amnesty International (pp. 147-150) établit les mêmes constats qu’en 2005 et 2004 : les attaques de l’armée israélienne (190 Palestiniens tués, dont 50 enfants), les attaques de groupes armés palestiniens et les Israéliens tués (41 civils, dont 6 enfants), les attaques par les colons israéliens dans les Territoires Palestiniens occupés, les détentions administratives arbitraires de Palestiniens par les autorités israéliennes (y compris le recours aux mauvais traitements et à la torture) et l’impunité dont jouissent souvent les soldats, la police et les colons israéliens.
Pour toutes ces raisons, les associations signataires appellent le Gouvernement luxembourgeois ainsi que l’Union européenne à prendre enfin les mesures appropriées en vue d’amener Israël à respecter ses obligations qui découlent du droit international, de la 4e Convention de Genève, des résolutions des Nations unies et de l’avis de la Cour Internationale de Justice sur le Mur.
Luxembourg, le 8 juillet 2006
Organisations signataires :
ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
Amnesty International-Luxembourg
ASTM (Association Solidarité Tiers Monde)
ATTAC-Luxembourg
Caritas-Luxembourg
Cercle des ONG
CLAE (Centre Liaison Information et Aide pour Associations d’Etrangers)
Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient
FNCTTFEL-Landesverband
Frères des Hommes-Luxembourg
Friedensinitiative
Greenpeace-Luxembourg
Handicap International-Luxembourg
Iwerliewen fir Bedreete Volleker
Justice et Paix
Sesopi
Union des Juifs Français pour la Paix-Moselle

 

 

27/06/06 - Assaut contre le mur


par Zaki Boulos, 28 mars 2006. Original : http://www.axisoflogic.com/artman/publish/article_21566.shtml.

Versión española . www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=es&reference=459

 

Zaki Boulos est un militant palestinien, membre de Tlaxcala (www.tlaxcala.es), le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Traduit de langlais en espagnol par Manuel Talens et de lespagnol en français par Paz Gómez Moreno et révisé par Fausto Giudice, tous membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique . Cette traduction est en copyleft.

 

Quarriverait-il si je prononçais un mot, disons assaut, décidant ensuite de monter un peu plus haut dans léchelle littéraire pour injecter la notion de mur mental ?
Supposons que je serais plutôt militant, que je disposerais darmes et que, en plus, je serais enclin à me servir de ces armes afin de défendre mon identité contre un régime colonialiste oppresseur. Au lieu de blesser une personne, je pourrais détruire un bloc de ciment sans la moindre difficulté; un bloc par jour.

Du point de vue du Droit cela est entièrement légal.
Nul tribunal au monde ne se prononcerait en faveur de la légitimité du mur. Le mur qui divise parallèlement la Cisjordanie et les rêves de millions de Palestiniens est illégal, cest pourquoi il est pleinement licite aux Palestiniens dexercer leurs droits.
Chaque Palestinien a le droit dabattre le mur. Il est entièrement légal de le faire. À vrai dire, le fait de sy opposer est un délit.
Si je devais proposer quelques mots, comme par exemple, pointez vos armes, je pourrais même dire, prenant du recul, visez le mur au lieu de diriger vos armes contre les personnes qui se trouvent de lautre côté de cette aberration ; et tout cela sans que nul ne puisse maccuser de causer des dommages, car en fait jaurais même sauvé quelques vies.
Et je ne ferais alors rien dillégal puisque jai le droit de défendre mon identité et que mon devoir passe par le respect de la loi, et non du mur.
Je le répète : La destruction du mur est complètement légale, étant donné que celui-ci est illégal.
La façon dont chacun dentre nous décide de le faire fait partie de nos droits. Exerçons-les !
Tout compte fait, lexplosif découvert par Alfred Nobel navait pas pour but lextermination des personnes. Si nous voulons rendre hommage à Nobel, faisons justice et utilisons sa dynamite pour une cause noble.

 

Le voyage de tous les dangers


par Youssef Echaïeb à Ramallah, Islamonline.net, 24 avril 2006. Original : http://islamonline.net/Arabic/news/2006-04/24/article06.shtml/

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft

Quant un ouvrier palestinien se met en tête descalader le mur de lapartheid israélien pour aller travailler et chercher à manger pour ses enfants, il y a des chances quil connaisse le sort de Kheder Khelil !
Le Kheder Khelil en question a fini dans un bloc de soins intensifs, dans un état piteux, sans parole, le corps entièrement recouvert de plâtre, entouré de partout déquipement médicaux bien pauvres.
Kheder est un habitant de Beit Lahm (Bethléem) dans le sud de la Cisjordanie et cest son cousin Mohamed Youssef qui raconte son histoire à Islamonline.net : lhistoire dun ouvrier palestinien, au chômage depuis plus dun mois, qui décide au petit matin du lundi 17 avril 2006, daller à Al Qods occupée (Jérusalem) pour chercher du travail, espérant ainsi revenir chez lui avec de la nourriture pour calmer la faim de ses 7 enfants.
Kheder réussit miraculeusement à escalader le mur de lapartheid et se retrouve de lautre côté, à Abou Dis... Mais à peine descendu de son perchoir, il est intercepté par une patrouille de garde- frontières israéliens. Quatre de ces soldats soccupent de lui, le rouent de coups avec les crosses de leurs fusils et des matraques et, pour bien finir leur travail, le remontent sur le mur et le jetèrent par-dessus. Le pauvre est retombé de l'autre côté, tel un sac, dune hauteur de 7 mètres.
Sa famille a appris la nouvelle de sa mésaventure par des habitants de Abou Dis qui lavaient ramené jusquau check-point du « container », au nord de Beit Lahm. Une voiture de secours palestinienne s'est chargée de le conduire à lhôpital public de Beit Jala, où il est toujours hospitalisé.

Un voyage de tous les dangers
Le voyage de louvrier palestinien pour aller à son travail derrière la ligne verte (Palestine occupée en 1948) est entouré de dangers incalculables. Il lui faut passer les check-points, les barrages routiers, les fils barbelés, les chiens policiers, éviter les balles perdues des soldats israéliens et après, si tout va bien, parvenir à son travail. Et encore, tout au long du travail, il lui faut réfléchir au chemin du retour et comment éviter ses mille et mille embûches.
Des Palestiniens vivant au voisinage du mur, quils appellent mur détranglement (Jidarou Al Khank], racontent combien sont nombreuses, multiples et quotidiennes, les agressions et les persécutions contre les travailleurs cherchant à traverser les barrages pour assurer la nourriture des leurs.
Louvrier Chawki Graïsa, 48 ans, originaire de Beit Sahour, voisine de Beit Lahm, nous raconte sa dernière mésaventure : « Nous étions en route pour notre travail à Al Qods occupée, quand nous avons été interceptés par des soldats de loccupation qui nous ramenèrent à un camp militaire dans la région de Atrout où nous fûmes gardés pendant des heures. Après cette longue attente, nous avons été interrogés brièvement puis ils nous ont bandé les yeux et nous ont jetés dans un bus. Celui-ci a fait le tour de tous les postes de police et des camps de Al Qods occupée pour ramasser les travailleurs arrêtés. Il y en avait à chaque escale, si bien que notre nombre s'est élevé à 17. Le bus nous a conduit au tribunal de Salem, près de Naplouse. Cest là quon nous a informés que nous étions en détention et on nous a dit den informer nos familles au téléphone. On nous a conduit directement devant le tribunal qui nous a condamnés chacun à 2 mois de prison ferme et à une amende 2000 Shekels [=450 dollars ou 357 Euro], pour entrée illégale en Israël. » Cest la charge qui menace des centaines, voire des milliers de travailleurs palestiniens sans autorisation, qui se risquent, en connaissance de cause, à traverser la ligne verte pour chercher du travail.
Cest lautorité civile doccupation qui délivre ces autorisations. Mais elle ne le fait pratiquement pas pour des motifs fallacieux de sécurité. Elle les utilise plutôt pour faire pression sur les travailleurs et les faire chanter dans le but dobtenir leur collaboration.
A propos des prisons où sont conduits ces travailleurs, lun deux, qui a tenu à garder lanonymat, raconte : « la vie en prison est une humiliation permanente. Les travailleurs sont des gens simples et tous évitent de protester contre les comportements des soldats, de crainte que leur peine soit prolongée. Il y a des vieux de 60 ans et plus, parmi ces prisonniers ».
Graïsa raconte que « le reçu de lacquittement de lamende est aussi matière à humiliation pour les travailleurs. Les autorités doccupation se jouent des nerfs des travailleurs prisonniers à ce niveau. En effet, nombre de familles des travailleurs se trouvent contraintes de sacquitter de lamende et denvoyer aux autorités le reçu par la poste. Il arrive souvent que le jour de sa sortie prévue de prison, un travailleur se voie dire que le reçu dacquittement de lamende nest pas encore parvenu aux autorités de la prison ».


Lhumiliation permanente :

Hassen Al Barghouthi, président du « Centre de démocratie et des droits des travailleurs » à Ramallah, note les diverses formes de mépris et dhumiliation, subis par les travailleurs allant en Israël, dans les Cheik points. Il souligne que déjà avant lencerclement économique actuel, ces travailleurs subissaient toutes formes dhumiliation et étaient privés de toute dignité. Il était devenu normal quils subissent la torture physique de la part des soldats israéliens, ce dont certains étaient morts. En plus de nombreux ont été tués par les tirs des soldats de loccupation.». Al Bargouthi ajoute que : « la dépendance de léconomie palestinienne de léconomie israélienne est le résultat dune politique savamment programmée. Tout au long des trente années doccupation, Israël a découragé les investissements dans les territoires palestiniens ce qui a conduit à cette situation de dépendance totale, économique et sociale, de lEtat occupant.


Une bombe à retardement

Des observateurs palestiniens et israéliens saccordent à dénoncer « la marche éprouvante du travailleur palestinien allant à son travail en Israël » et qui est devenue plus difficile depuis la construction du « mur étrangleur ». Ce dernier a découpé des terres de Cisjordanie voisines dAl Qods et les a pratiquement annexées à Israël. Tous estiment que la situation qui en est née risque de devenir à chaque instant une bombe à retardement.

Lauteur israélien Simon Klein écrit dans un article, diffusé cette semaine par un site israélien, que « les travailleurs palestiniens salignent dans des queux très longues pour entre en Israël à la recherche de travail. Leur journée commençait à 3 heures du matin. Les barrages routiers et les cheik point, source de multiples humiliations et de retards incroyables, ont joué beaucoup dans la montée de leur haine dIsraël, surtout que de nombreux entrepreneurs israéliens ont profité de cette situation pour leur payer des salaires de misère ».

A lapproche de la fête du Premier mai, lUnion générale des travailleurs palestiniens a publié un rapport indiquant que lannée 2005 na pas été bonne pour les travailleurs. Ce rapport mentionne quune vingtaine de travailleurs ont été tués, des centaines ont été blessés et que près de 500 dentre eux, ont été incarcérés, sous le motif de ne pas disposer dune autorisation pour entrer en Israël.


Noyé à cause du Mur


par ISM, 2 avril 2006
Le corps d'un noyé retrouvé accroché au fil barbelé de la barrière illégale près de Bil'in. À 7h ce matin, une inondation provoquée par la barrière d'Annexion a emporté deux frères près du village de Bil'in.
La vallée entre Bil'in et Safa (à l'ouest de Ramallah) a été inondée près de la construction de la barrière illégale qui a empêché l'eau de s'évacuer, créant un plan d'eau, dont le niveau, selon les villageois, dépasse les oliviers.
À 14h10, Eyad Tahar a été retrouvé mort, noyé dans une inondation près de la barrière d'Annexion. Son corps a été retrouvé coincé dans le fil barbelé de la barrière d'Annexion.
Eyad et Raad Taha de Beit Annan se rendaient à leur travail à Ramallah quand ils ont été emportés par les eaux de l'inondation. Le frère d'Eyad, Raad, a été retrouvé sans connaissance peu de temps après et est actuellement à l'hôpital de Biddu.
L'armée israélienne a refusé de laisser les équipes de secours organisées par les villageois utiliser leur équipement pour essayer de vider le secteur inondé. L'armée dit que le secteur fait partie de la construction de mur, donc les villageois ne sont pas autorisés à y pénétrer.
Le Dr. Khaled Ayash, de l'hôpital Carmel à Biddu, qui a examiné le corps a déclaré que la cause de la mort d'Eyad était la noyade.
Pour plus d'informations, appelez :
Bureau de l'ISM : 022 971 824 ou 057 572 0754 "
Source : http://www.ism-france.org/news/article.php ?id=4553&type=temoignage

 

L'école d'Anata envahie par le Mur


Le village d'Anata, près de Jérusalem est complètement destructuré par la construction du Mur qui le traverse. Les habitants ont perdu l'accès à 30 000 de leurs 34 000 dunums de terres agricoles. Et le Mur traverse depuis le 15 août la cour de l'école secondaire, occupant 800 m2 de cette cour. La présence du Mur est le prétexte constant d'attaques de soldats israéliens contre l'école. La dernière en date a eu lieu le 2 janvier : les soldats sont arrivés après le début des cours et ont commencé à attaquer physiquement les élèves et les enseignants. Ceux-ci ont réussi à emp^cher l'arrestation d'un enseignant. Puis les soldats se sont retirés et ont attendu a fin des cours. Quand ceux-ci ont quitté l'école, les soldats leur ont lancé des lcrymogènes et des grenades assourdissantes. Ils ont tabassé l'élève Mohamed Abed al Wahab al Khatib, 15 ans, lui brisant une jambe.
Source : http://stopthewall.org/latestnews/1076.shtml


la cour de l'école secondaire d'Anata avant la construction du Mur. Admirez le magnifique panorama !

Fin du panorama ! 800 m2 de la cour de l'école ont été détruits par la construction du Mur le 15 août 2005