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Gaza se meurt


Par Jacques Gervet, Toulouse, 17 octobre 2006


Durant un été où les médias du monde entier se sont branchés sur la situation au Liban, les avatars de la FINUL ou les prétendues menaces de l’Iran, ils ont organisé un black-out total sur la tragédie autrement plus grave qu’ont vécu les 1 300 000 habitants de la Bande de Gaza.
Mais comment cela a--’il pu se produire? L’armée israélienne, disent les mêmes médias, n’a-t-elle pas évacué unilatéralement la Bande de Gaza, sous les applaudissements des grandes puissances, et des gouvernements du monde entier, ou à peu près ?
Mais quel observateur honnête peut croire encore à une telle fiction? Chaque jour des incursions israéliennes ont lieu, par terre, par mer ou par des bombardements aériens : plus de 250 raids aériens ont été menés sur Gaza depuis le mois de juin, alors que le situation au Liban retient toutes les attentions, plus de 300 personnes ont été tuées, plus de 1200 ont été blessées, dont plusieurs dizaines ont eu des bras ou des jambes arrachées. Comme le reconnaît le journal israélien Ha’aretz ,c’est chaque semaine, chaque jour, que l’armée israélienne se déchaîne en détruisant, en bombardant et pilonnant aveuglément habitations, cultures et services publics : hôpitaux, stations électriques, usines…Il n’est pas de jour sans que les tanks israéliens ne se livrent à leur besogne de mort
Comme si la violence militaire ne suffisait pas, Israël organise la famine de la population : ni les personnes ni les marchandises n’ont le droit de sortir, mettant fin aux seules ressources financières de Gaza. Les barques de pêcheurs mêmes sont empêchées de sortir en mer .
Il s’agit d’une famine organisée par l’armée d’occupation. Comme si cela ne suffisait pas, le retrait des subventions européennes au gouvernement palestinien ne fait qu’aggraver la famine, et la Banque mondiale vient de publier un rapport soulignant que les deux tiers de la population doivent subsister avec moins de deux Euro par jour.
Il est clair aujourd’hui que cette situation dramatique est sciemment organisée par le gouvernement israélien qui veut « punir » les Palestiniens de n’avoir pas accepté de se soumettre complètement, voire de fuir la région en abandonnant les terres et les maisons à la colonisation israélienne. Un tel châtiment collectif, à l’échelle d’une population entière, relève clairement du crime de guerre, voire du crime contre l’humanité, puisque c’est en raison de leur appartenance au monde arabe que les habitants de Gaza sont expulsés, voire exterminés.
Il est d’autant plus paradoxal que nos gouvernements refusent de condamner effectivement de tels crimes. Il faut le répéter sans cesse : « nos gouvernements sont complices de crimes de guerre », et seule une forte mobilisation populaire peut les pousser à une solidarité plus effective avec les Palestiniens. Il ne suffit plus aujourd’hui de réclamer la paix et l’acceptation mutuelle si on ne désigne pas simultanément qui est l’agresseur et quelles sanctions on propose de lui imposer. Que chaque citoyen prenne conscience qu’aujourd’hui tout soutien à l’État d’Israël est complicité de crime de guerre. Aucune paix juste n’a de chances d’être établie tant que sont refusées toutes les sanctions qui pourraient contraindre l’État d’Israël à renoncer à sa politique criminelle.

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