Sources et ressources
L'Europe est le partenaire commercial
le plus important d'Israël
A la sixième conférence annuelle « Go
4 Europe » tenue à Herzliya le 6 février
dernier, et qui réunit des investisseurs européens
et israéliens, Ehud Olmert a prononcé un discours
et présenté un bilan des relations économiques
entre Israël et l'Europe. Voici quelques extraits de
son discours :
« L'Europe est le partenaire commercial le plus important
d'Israël. Nos échanges commerciaux avoisinent
les 30 milliards de dollars par an. (..) L'Etat d'Israël
achète plus dans les pays européens que dans
n'importe quel autre pays du Moyen-Orient. Bien sûr,
ces relations sont construites, avant toute chose, sur l'Accord
d'Association qui connecte Israël à l'Union Européenne
(..) qui sont entrés en vigueur en 1996. » Ehud
Olmert note également qu'il existe des accords entre
Israël et des sociétés européennes,
citant comme exemple l'accord signé il y a un an entre
Alcatel, une des sociétés les plus importantes
au monde dans le domaine des télécommunications,
et Israël. « Nous coopérons aussi aujourd'hui
avec Siemens » a ajouté le Premier ministre par
intérim.
« Lors des années précédentes,
de plus en plus de pays européens ont exprimé
leur intérêt à investir en Israël
et à participer à des projets d'infrastructure,
telle la société française Alstom »
qui conduira le grand projet israélien de tramway à
Jérusalem.
« L'année dernière, nous avons atteint
un record sans précédent de plus de 6.25 milliards
de dollars en investissement réel dans l'industrie
et l'économie israéliennes, venant du monde
entier. Une part significative venait d'Europe. La somme totale
d'investissements, incluant l'investissement financier dans
l'économie israélienne, a atteint l'année
dernière 12.5 milliards de dollars ».
Ehud Olmert a aussi rappelé qu'Israël est partenaire
du 6ème programme-cadre européen de recherche
et développement (PCRD).
« Les 4 prochaines années, nous investirons plus
de 190 millions d'euros dans le cadre de notre participation
au 6ème PCRD » a déclaré Ehud Olmert,
ajoutant qu'il y aura un partenariat euro-israélien
dans de grands projets scientifiques, comme il en existe déjà,
dans l'intérêt mutuel de chaque partie. L'Etat
d'Israël est le seul Etat non européen, avec la
Chine, à participer au programme européen de
navigation par satellite, Galileo, dans lequel Israël
investit des dizaines de millions d'euros.
Pourquoi un boycott
économique d'Israel est-il justifié ?
par Norman G. Finkelstein, Aftenposten, Oslo,
14 janvier 2006.
Traduit de l'anglais par MG pour ISM à partir de l'original
anglais, paru sur http://www.normanfinkelstein.com/
La récente proposition d'un boycott des produits israéliens
par la Norvège a provoqué un débat passionné.
A mon avis, une étude rationelle de cette question
poserait deux questions :
1) les violations israéliennes des droits de l'homme
justifient-elles un boycott économique ?
et 2) un tel boycott peut-il apporter une contribution signicative
pour mettre fin à ces violations ?
J'arguerais du fait que la réponse à ces deux
questions devrait être affirmative. Bien qu'il ait fait
l'objet de nombreux rapports d'organisations des droits de
l'homme, le véritable rapport sur le respect des droits
de l'homme par Israel dans les Territoires Palestiniens Occupés
n'est généralement pas bien connu à l'étranger.
C'est principalement dû à l'industrie formidable
des relations publiques des défenseurs d'Israel ainsi
qu'à l'efficacité de leur stratégie d'intimidation,
comme en collant l'étiquette d'Anti-Sémite à
toute critique de la politique israélienne.Cependant,
c'est un fait incontestable qu'Israel a commis un large éventail
de violations des droits de l'homme, dont beaucoup s'élevant
au niveau de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Elles comprennent :• Meurtres illégaux :
Considérant que les attaques-suicides palestiniennes
visant des civils israéliens ont attiré énormément
l'attention des médias, le registre quantitativement
bien pire d'assassinats de non-combattants par Israel est
bien moins connu.
Selon les chiffres les plus récents du Centre israélien
de l'Information pour les Droits de l'Homme dans les Territoires
Occupés (B'Tselem), 3.386 Palestiniens ont été
tués depuis septembre 2000, dont 1.008 ont été
reconnus comme étant des combattants, en comparaison
aux 992 Israéliens tués, dont 309 étaient
des combattants.
Cela signifie qu'ont été tués trois fois
plus de Palestiniens que d'Israéliens et jusqu'à
trois fois plus de civils palestiniens que de civils israéliens.
Les défenseurs d'Israel maintiennent qu'il y a une
différence entre viser des civils et les tuer par inadvertance.
B'Tselem conteste cela : "Quand autant de civils ont
été tués et blessés, le manque
d'intention ne fait aucune différence. Israel reste
responsable."
En outre, Amnesty International rapporte que "beaucoup"
de Palestiniens n'ont pas été tués accidentellement
mais "visés délibérément",
tandis que le journaliste du New York Times récompensé
par un Award, Chris Hedges indique que les soldats israéliens
"attirent les enfants comme des souris dans un piège
et les assassinent pour le sport."
• Torture
“Depuis 1967,” rapporte Amnesty, “les services
de sécurité israéliens ont habituellement
torturé des suspects politiques palestiniens dans les
Territoires Occupés.”
B’Tselem a constaté que 85% des Palestiniens
interrogés par les services de sécurité
israéliens ont été soumis à “des
méthodes de torture”, tandis qu'il y a déjà
une décénnie Human Rights Watch estimait que
le nombre de “Palestiniens torturés ou gravement
maltraités” représentait “des dizaines
de milliers - un nombre qui devient particulièrement
significatif quand on se souvient que l'univers des Palestiniens
mâles adultes et adolescents en Cisjordanie et à
Gaza est inférieur à trois quarts d'un million
(750.000).”
En 1987, Israel est devenu "le seul pays au monde à
avoir réellement légalisé la torture"
(Amnesty).
Bien que la Cour Suprême israélienne ait semblé
interdire la torture dans une décision en 1999, le
Comité public Contre la Torture en Israel a rapporté
en 2003 que les forces de sécurité israéliennes
continuaient à appliquer la torture d'une manière
"méthodique et habituelle".
Une étude de B'Tselem de 2001 a documenté que
les Forces de Sécurité israélienne appliquaient
souvent une "torture grave" sur les mineurs palestiniens.
• Démolitions de maisons
"Israel a mis en application une politique de démolition
massive de maisons palestiniennes dans les Territoires Occupés",
rapporte B'Tselem, et depuis septembre 2000, "il a détruit
environ 4.170 maisons palestiniennes."
Jusqu'à récemment, Israel recourait habituellement
aux démolitions de maisons comme forme de punition
collective.
Selon Middle East Watch, indépendamment d'Israel, le
seul l'autre pays au monde qui a utilisé une punition
aussi draconienne était l'Irak sous Saddam Hussein.
De plus, Israel a démoli des milliers de maisons "illégales"
que les Palestiniens ont construit en raison du refus d'Israel
de leur fournir des permis de construire.
Le motif derrière la destruction de ces maisons, selon
Amnesty, est de maximiser le secteur disponible pour les colons
juifs : "Des Palestiniens sont pris pour cible sans autre
raison qu'ils sont Palestiniens."
En conclusion, Israel a détruit des centaines de maisons
sur des prétextes de sécurité, pourtant
un rapport de Human Rights Watch sur Gaza a constaté
que "la composition de la destruction... suggère
fortement que les forces israéliennes ont démoli
des maisons en bloc, sans se soucier si elles constituaient
une menace spécifique."
Amnesty a constaté lui aussi que "la destruction
considérable par Israel des maisons et des propriétés
dans l'ensemble de la Cisjordanie et à Gaza... n'est
pas justifiée par une nécessité militaire,"
et que "certains de ces actes de destruction équivalent
à des infractions graves de la Quatrième Convention
de Genève et sont des crimes de guerre."
Indépendamment de l'importance de ses violations des
droits de l'homme, le caractère exceptionnel de la
politique israélienne mérite une remarque. "Israel
a créé dans les territoires occupés un
régime de séparation basé sur la discrimination,
en appliquant deux systèmes de loi séparés
dans la même région et en basant les droits des
individus sur leur nationalité."
B'Tselem conclut : "Ce régime est le seul du genre
au monde, et est réminiscent des régimes regrettables
du passé, tel que le régime d'Apartheid en Afrique
du Sud."
Si le choix de l'Afrique du Sud pour un boycott économique
international était défendable, il semblerait
également défendable de choisir l'occupation
israélienne, qui ressemble uniquement au régime
d'Apartheid.
Bien qu'un boycott économique puisse être justifié
pour des raisons morales, la question demeure : est-ce que
la diplomatie pourrait être utilisée plus efficacement.
Pourtant, la documentation écrite à cet égard,
n'est pas encourageante.
Les termes de base pour résoudre le conflit Israelo-Palestinien
sont incorporés dans la résolution 242 des Nations
Unies et les résolutions suivantes des Nations Unies
qui demandent un retrait total des Israéliens de la
Cisjordanie et de la Bande de Gaza et la création d'un
Etat palestinien dans ces secteurs en échange de la
reconnaissance du droit à Israel de vivre en paix et
en sécurité avec ses voisins.
Tous les ans, la majorité écrasante des Etats
membres des Nations Unies votent en faveur de ce règlement
pour deux Etats, et tous les ans, Israel et les Etats-Unis
(et quelques uns les îles du Pacifique Sud) s'y opposent.
De même, en mars 2002 les vingt-deux Etats membres de
la Ligue Arabe ont proposé cet accord de Deux-Etats
ainsi que "des relations normales avec Israel."
Israel a ignoré la proposition.
Non seulement Israel a obstinément rejeté cet
accord pour deux Etats, mais la politique qu'il poursuit actuellement
fera avorter toute possibilité d'un Etat palestinien
viable.
Tandis que l'attention du monde était rivée
sur le redéploiement d'Israel de Gaza, Sara Roy de
l'Université de Harvard observait que "le plan
de désengagement de Gaza est, au fond, un instrument
pour l'annexion continue par Israel de la terre de Cisjordanie
et l'intégration physique de cette terre à Israel."
En particulier, Israel a construit un mur profondément
à l'intérieur de la Cisjordanie qui annexera
les ressources en eau et la terre la plus productive ainsi
que Jérusalem-Est, le centre de la vie palestinienne.
Il divisera également la Cisjordanie en deux.
Bien qu'Israel ait au début affirmé qu'il construisait
le mur pour combattre le terrorisme, le consensus parmi les
organisations des droits de l'homme est que c'est réellement
une saisie de terre pour annexer les colonies Juives illégales
à Israel.
Récemment, le Ministre de la Justice d'Israel a franchement
reconnu que le mur servira "de future frontière
de l'Etat d'Israel."
La politique actuelle du gouvernement israélien mènera
à un bain de sang sans fin ou au démembrement
de la Palestine.
"Il est pratiquement impossible de concevoir un Etat
palestinien sans sa capitale à Jérusalem,"
concluait récemment le respecté Crisis Group,
et en conséquence la politique israélienne en
Cisjordanie "est en guerre avec aucune solution pour
deux-Etats viables et n'apportera pas la sécurité
à Israel; en fait, elle la sapera, en affaiblissant
les pragmatiques palestiniens... et en semant les graines
d'une radicalisation croissante."
Rappelant la Charte des Nations Unies qu'il est inadmissible
d'acquérir un territoire par la guerre, la Cour Internationale
de Justice a déclaré dans un avis consultatif
de 2004 que les colonies israéliennes dans les Territoires
Palestiniens Occupés et le Mur construit pour les annexer
à Israel étaient illégaux en vertu du
droit international.
Elle a invité Israel à cesser la construction
du mur, à démanteler les parties déjà
achevées et à réparer les dommages aux
Palestiniens. De façon cruciale, elle a également
souligné les responsabilités légales
de la communauté internationale:
Tous les Etats sont dans l’obligation de ne pas reconnaître
la situation illicite découlant de la construction
du mur dans les Territoires Palestiniens Occupés, y
compris à l'intérieur et à l'extérieur
de Jérusalem-Est.
Ils ont également l'obligation de ne pas prêter
aide ou assistance au maintien de la situation créée
par cette construction.
C'est également à tous les Etats, dans le respect
de la Charte des Nations Unies et du droit international,
de mettre fin à tout obstacle, résultant de
la construction du mur, empêchant les Palestiniens d'exercer
leur droit à l'autodétermination.
Une résolution de l'Assemblée Générale
des Nations Unies soutenant l'avis de la Cour Internationale
a été votée de façon écrasante.
Cependant, le gouvernement israélien a ignoré
l'avis de la cour, en continuant rapidement la construction,
alors que la Cour Suprême israélienne jugeait
le Mur légal.
En raison de la stratégie obstructioniste des Etats-Unis,
les Nations Unies n'ont pas pu affronter efficacement les
pratiques illégales d'Israel.
En effet, bien qu'il soit vrai que les Nations Unies maintienne
Israel à un double niveau, c'est exactement l'inverse
de l'une des allégations des défenseurs d'Israel
: Israel occupe non pas un niveau plus élevé
mais plus bas que les autres Etats membres.
Une étude de Marc Weller de l'Université de
Cambridge comparant Israel et les Territoires Palestiniens
Occupés aux situations comparables en Bosnie Herzégovine,
au Kosovo, au Timor Oriental, au Kowéit et à
l'Irak occupés, et au Rwanda, a constaté qu'Israel
a joui "d'une immunité virtuelle" des mesures
de mises en vigueur telles qu'un embargo sur les armes et
des sanctions économique adoptés par les Nations
Unies contre des Etats membres condamnés pour des violations
identiques du droit international.
Dû en partie à une campagne agressive accusant
l'Europe de "nouvel anti-Sémitisme", l'Union
Européenne a également échoué
dans son obligation légale à imposer le droit
international dans les Territoires Palestiniens Occupés.
Bien que l'affirmation du "nouvel anti-Semitisme"
n'ait en fait aucune base (toutes les preuves soulignent une
baisse de l'anti-Semitisme en Europe), l'Union Européenne
a réagi en apaisant Israel.
Elle a même supprimé la publication de l'un de
ses propres rapports, parce que les auteurs -- comme le Crisis
Group et beaucoup d'autres – ont conclu qu'en raison
de la politique israélienne "les perspectives
d'une solution à deux-Etats avec Jérusalem-Est
comme capitale de la Palestine reculent."
Le fardeau moral pour éviter la catastrophe imminente
doit maintenant être soutenu par des Etats différents
qui sont prêts à respecter leurs engagements
en vertu du droit international et par des hommes et des femmes
de conscience.
Dans une initiative courageuse, Human Rights Watch basée
aux Etats-Unis, a récemment invité le gouvernement
américain à réduire de manière
significative son aide financière à Israel jusqu'à
ce que Israel mette fin à sa politique illégale
en Cisjordanie.
Un boycott économique semblerait être une entreprise
également judicieuse. Une stratégie non-violente
dont le but est d'arriver à un règlement juste
et durable du conflit entre Israel-la Palestine ne peut pas
légitimement s'appeler de l'anti-sémitisme.
En effet, les véritables ennemis des Juifs sont ceux
qui rabaissent la mémoire de la souffrance des Juifs
en comparant l'opposition de principe à la politique
illégale et immorale d'Israel avec de l'anti-Sémitisme.
Pétition : Campagne anti-apartheid
contre Israël
Cible : info@un.org
Il n'a fallu que 9 ans pour faire tomber l'Afrique du sud
avec une grande campagne internationale «anti-apartheid»
(cf. historique de l'Afrique du Sud ci-dessous).
La solution à deux Etats en Israël-Palestine ne
marchera JAMAIS, pour plusieurs raisons , en prenant l'exemple
de l'Afrique du Sud :
- l'Afrique du Sud est un grand territoire de 1.219.090 km2
qui aurait pu, éventuellement, être «coupé»
en deux : un Etat «Blanc» et un Etat «Noir».
Cependant, les Blancs d'Afrique du sud se sont aperçus,
avec beaucoup de pragmatisme et de réalisme que cette
solution était, à long terme, vouée à
l'échec.
- la «Palestine historique» est un tout petit
territoire de 26.323 km2, soit 46 fois moins que l'Afrique
du sud, mais aussi beaucoup moins vaste que la région
PACA (Provence Alpes Côte d'Azur) qui fait 31.397 km2.
Comment imaginer deux Etats sur un tel territoire ?
Par ailleurs, alors que les résolutions des Nations
unies sont applicables par TOUS les pays, La résolution
194 de l'Assemblée générale des Nations
unies du 11 décembre 1948, prévoit clairement
dans son alinéa 11 :
«qu'il y a lieu de permettre aux réfugiés
qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus
tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins,
et que des indemnités doivent être payées
à titre de compensation pour les biens de ceux qui
décident de ne pas rentrer dans leurs foyers et pour
tout bien perdu ou endommagé lorsque, en vertu des
principes du droit international ou en équité,
cette perte ou ce dommage doit être réparé
par les Gouvernements ou autorités responsables ;
Donne pour instructions à la Commission de conciliation
de faciliter le rapatriement, la réinstallation et
le relèvement économique et social des réfugiés,
ainsi que le paiement des indemnités, et de se tenir
en liaison étroite avec le Directeur de l'Aide des
Nations unies aux réfugiés de Palestine, et,
par l'intermédiaire de celui-ci, avec les organes et
institutions appropriés de l'Organisation des Nations
unies»
Or, cette résolution n'a jamais été appliquée
!
La mort d'Arafat doit être prise comme une formidable
opportunité :
- pour le peuple palestinien, de soutenir massivement Marwan
Al-Barghuti, le «Nelson Mandela palestinien» et
«le père de l'Intifada palestinienne» ;
- pour les Européens de soutenir la solution à
UN SEUL ETAT DEMOCRATIQUE et LAIC pour TOUS.
Vous devez, TOUTES et TOUS signer cette grande campagne internationale
«ANTI APARTHEID» pour démanteler pacifiquement
l'«Etat raciste et triplement antisémite»
d'Israël, comme le réclame de nombreux mouvements
juifs orthodoxes, dont celui de Neturei Karta («Les
gardiens de la Cité»).
L'apartheid fut la politique de séparation raciale
pratiquée dans la République de l'Afrique du
Sud comprenant une discrimination politique, légale
et économique contre les Noirs. Il est impossible de
parler de la fin de l'apartheid en Afrique sans retracer son
histoire complète pour finalement comprendre son évolution
jusqu'à nos jours.
En 1912, les Africains créent le Congrès National
Africain (ANC), dont le but est de combattre la domination
blanche sur l'Afrique. Les fondateurs de l'ANC étaient
des gens éduqués, qui ne désiraient pas
abolir le pouvoir des Blancs, mais seulement la suppression
de la discrimination raciale et surtout pas utiliser la force.
Plus tard, en 1942, l'ANC est repris par Nelson Mandela et
Olivier Tambo.
En 1943, l'ANC publie son premier programme politique qui
propose l'extension du droit de vote à tous les Africains
noirs ou blancs.
Après 1948, plusieurs lois sont adoptées, renforçant
l'apartheid en Afrique, après la loi sur la propriété
foncière de 1913, qui limitait a 7% ou 8% du territoire
africain, celui aux Noirs pour leurs récoltes, des
lois telles l'interdiction aux Noirs d'aller à certains
endroits, la séparation des Blancs et des Noirs dans
presque tous les milieux et l'interdiction que les deux races
puissent avoir des relations sexuelles.
En juin 1952, l'ANC lance une impressionnante campagne de
désobéissance civile qui rassemble Noirs et
Indiens : 8000 personnes sont arrêtées.
Début 1953, fin de la campagne de violation des lois
de l'apartheid.
En 1955, élaboration d'une charte des droits et des
liberté qui déclare que l'Afrique du Sud appartient
à tout ceux qui y vivent, Noirs et Blancs.
En 1960, le gouvernement décrète l'état
d'urgence. Les sociétés étrangères
protestent en retirant leurs capitaux, et le conseil de sécurité
de l'ONU condamne le gouvernement.
Le 31 mai 1961, l'Union sud-africaine devint officiellement
la République sud-africaine.
Nelson Mandela est arrêté en août 1963
et condamné, à la prison à vie, en 1964.
En juin 1964, le Conseil de sécurité de l'ONU
condamnait l'apartheid et ordonnait l'étude de sanctions
contre la République.
En novembre 1977, le Conseil de sécurité de
l'ONU interdit les ventes d'armes à l'Afrique du Sud.
Le Premier ministre Vorster démissionne en 1978. Son
successeur, Pieter Willem Botha, tout en poursuivant la politique
d'exclusion territoriale des Noirs, mène sans grand
succès une politique d'ouverture en direction des métis
et des Indiens pour contrebalancer l'importance des Noirs.
Une nouvelle Constitution, entrée en vigueur en 1984,
permet à ceux-ci d'être représentés
au Parlement et instaure un régime présidentiel.
Pieter Botha devient président de la République.
L'entrée, sous conditions, des métis et des
Indiens dans la vie politique sud-africaine est ressentie
comme une ultime injustice par les Noirs et ravive l'opposition
anti-apartheid. Le Front démocratique uni, fédérant
près de 700 organisations anti-apartheid, lance en
septembre 1984 une campagne de manifestations nationales contre
le gouvernement, symboliquement placée sous l'égide
de l'archevêque anglican Desmond Tutu, auquel est décerné
le prix Nobel de la paix cette même année.
En septembre 1984, le Front démocratique uni, fédérant
près de 700 organisations anti-apartheid, lance une
campagne de manifestations nationales contre le gouvernement,
symboliquement placée sous l'égide de l'archevêque
anglican Desmond Tutu, auquel est décerné le
prix Nobel de la paix cette même année.
L'écho rencontré à l'étranger
par la campagne anti-apartheid se conjugue avec la transformation
de la situation géopolitique, et l'opposition des milieux
d'affaires à l'apartheid.
Dès août 1985, Botha évoque en effet la
naissance d'une société «post-apartheid»
et supprime un certain nombre d'éléments du
système de ségrégation (passeport intérieur,
interdiction des mariages mixtes).
Dès juillet 1985, la France - toujours à la
pointe pour la défense des Droits de l'Homme - demande
au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer des
sanctions économiques à l'Afrique du Sud et
suspend ses investissements dans le pays.
En octobre 1986, le Congrès des Etats-Unis vote pour
l'application des sanctions économiques.
En 1989, les mouvements anti-apartheid lancent une campagne
bien orchestrée contre l'apartheid et contre l'état
d'urgence. Des prisonniers politiques entament une grève
de la faim et plusieurs d'entre eux sont libérés.
Dans la même année, Frederik Willem de Klerk
est élu à la tête du parlement contrôlé
par les Blancs. Il lance l'Afrique du Sud dans une politique
de réconciliation nationale. Il bénéficie
du soutien mesuré du Parti national, qui estime que
l'apartheid est devenu un obstacle au développement
économique du pays, confronté à la baisse
du cours des métaux précieux.
En février 1990, les organisations anti-apartheid sont
légalisées. L'ANC renonce, par la voix de Nelson
Mandela, à la lutte armée. Nelson Mandela est
libéré, celui qui a passé 27 ans en prison,
que l'on nomme le plus vieux prisonnier politique au monde.
Cela constitue déjà un grand pas vers la fin
de l'apartheid. Le 27 avril, l'Afrique du Sud vote pour la
première fois à des élections libres.
Le parti de Mandela devra diriger le pays durant 5 ans avec
le parti de De Klerk. En octobre ce dernier effectue sa première
visite aux Etats-Unis en tant que président, et le
président Bush (le père de l'actuel président
des Etats-Unis), prône la levée des sanctions
retenues contre l'Afrique du Sud. Le Comité olympique
lève le boycott qu'il effectuait contre l'Afrique du
Sud.
Les négociations, ouvertes aux représentants
de toutes les communautés, sont difficiles et interrompues
à plusieurs reprises.
Un accord est finalement trouvé le 13 novembre 1993,
prévoyant l'instauration d'une Afrique du Sud multiraciale,
unie et démocratique.
Le prix Nobel de la paix de 1993 est décerné
à deux frères ennemis : Nelson Mandela et Frederik
W. De Klerk. Le prix leur est attribué en reconnaissance
de leurs efforts, avec l'espoir que l'égalité
et la démocratie atteignent leur but dans l'avenir
le plus proche possible.
Après la victoire de l'ANC et l'élection à
la présidence de Mandela en mai 1994, l'Afrique du
Sud est réintégrée au sein du Commonwealth
en juin. Une démocratie consensuelle, cogérée
de fait par l'ANC et le Parti national, se met en place.
L'accession au pouvoir de la majorité noire s'accompagne
d'une campagne visant à intégrer des adversaires
d'hier, en faisant notamment la lumière sur les crimes
commis dans les deux camps durant l'apartheid à travers
les auditions d'une Commission vérité et réconciliation
(TRC) mise place en 1995.
Les élections parlementaires du 2 juin 1999 confirment
la domination de l'ANC dans la vie politique sud-africaine
(66,3 p. 100 des suffrages grâce à un taux de
participation de 90 p. 100).
L'ANC obtient ainsi une majorité de 266 sièges
sur 400 au Parlement qui élit, le 14 juin, le nouveau
président de la République sud-africaine, Thabo
Mbeki.
Pour signer la pétition : http://www.mercure5s5i.com/lenouveaumonde/petitions/affiche_petition.php?id=16
Appel au boycott, au retrait des investissements
et aux sanctions contre Israël lancé par la société
civile palestinienne le 9 juillet 2005
« La société civile palestinienne
appelle au boycott, au retrait des investissements et aux
sanctions contre Israël jusqu'à ce que cet État
applique le Droit international et les Principes universels
des Droits de l'homme. »
Un an après l'avis consultatif historique de la Cour
Internationale de Justice (CIJ) qui a jugé illégal
le mur qu'Israël construit sur le territoire palestinien
occupé, Israël continue sa construction de ce
mur colonial au mépris total de la décision
de la Cour.
Après trente-huit ans d'occupation par Israël
de la Cisjordanie palestinienne (y compris Jérusalem-Est),
de la bande de Gaza et des hauteurs du Golan syrien, Israël
continue à accroître les colonies juives.
Il a unilatéralement annexé Jérusalem-Est
occupé et les hauteurs du Golan, et annexe maintenant
de facto de grandes parties de la Cisjordanie à l'aide
du mur. Israël prépare également, dans
l'ombre, son redéploiement prévu de la bande
de Gaza pour établir et accroître des colonies
en Cisjordanie.
Cinquante-sept ans après que l'État d'Israël
a été établi principalement sur la terre
ethniquement nettoyée de ses propriétaires palestiniens,
une majorité de Palestiniens sont des réfugiés,
dont la plupart apatrides.
D'ailleurs, le système de discrimination raciale contre
ses propres citoyens arabo-palestiniens derrière lequel
il s'est retranché demeure intact.
À la lumière des violations persistantes du
droit international par Israël, et étant donné
que, depuis 1948, les centaines de résolutions de l'ONU
ont condamné les politiques coloniales et discriminatoires
d'Israël en tant qu'illégales et ont appelé
à des remèdes immédiats, proportionnés
et efficaces, et, étant donné que toutes les
formes d'intervention internationale et de tentatives de paix
n'ont pas jusqu'ici convaincu ou forcé Israël
à se conformer à la loi humanitaire, à
respecter les Droits de l'Homme fondamentaux et à mettre
fin à son occupation et à son oppression du
peuple de la Palestine, et, en raison du fait que les peuples
de conscience parmi la communauté internationale ont
historiquement endossé la responsabilité morale
de combattre l'injustice, comme l'a illustré la lutte
pour abolir l'Apartheid en Afrique du Sud par diverses formes
de boycott, de retraits d'investissement et de sanctions ;
inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l'Apartheid,
et dans l'esprit de la solidarité internationale, de
la cohérence morale et de la résistance à
l'injustice et à l'oppression, nous, représentants
de la Société Civile Palestinienne, invitons
les organisations des sociétés civiles internationales
et les gens de conscience du monde entier à imposer
de lavastesrges boycotts et à mettre en application
des initiatives de retrait d'investissement contre Israël
tels que ceux appliqués à l'Afrique du Sud à
l'époque de l'Apartheid.
Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos
États respectifs afin qu'ils appliquent des embargos
et des sanctions contre Israël.
Nous invitons également les Israéliens de conscience
à soutenir cet appel, dans l'intérêt de
la justice et d'une paix véritable.
Ces mesures punitives non-violentes devraient être maintenues
jusqu'à ce qu'Israël honore son obligation de
reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens
à l'autodétermination et respecte entièrement
les préceptes du droit international en :
- 1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation
de toutes les terres arabes et en démantelant le Mur
- 2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens
d'Israël à une égalité absolue ;
et,
- 3. Respectant, protégeant et favorisant le droit
des réfugiés palestiniens à revenir dans
leurs maisons et propriétés comme stipulé
dans la résolution 194 de l'ONU
Approuvé par :
Les partis politiques, les syndicats, les associations, les
coalitions et les organisations palestiniens ci-dessous représentant
les trois parties intégrales du peuple de la Palestine
: réfugiés palestiniens, Palestiniens sous occupation
et citoyens palestiniens d'Israël.
Syndicats, Associations, Campagnes
1. Conseil des Forces Nationales et Islamiques en Palestine
(institution coordonnant les principaux partis politiques
dans les Territoires Occupés
Palestiniens)
2. Palestinian Independent Commission for Citizen's Rights
(PICCR)
3. Union of Arab Community Based Associations (ITTIJAH), Haifa
4. Forum des ONG palestiniennes au Liban
5. Palestinian General Federation of Trade Unions (PGFTU)
6. General Union of Palestinian Women (GUPW)
7. General Union of Palestinian Teachers (GUPT)
8. Federation of Unions of Palestinian Universities' Professors
and Employees
9. Consortium of Professional Associations
10. Union of Palestinian Medical Relief Committees (UPMRC)
11. Health Work Committees - Cisjordanie
12. Union of Agricultural Work Committees (UAWC)
13. Union of Palestinian Agricultural Relief Committees (PARC)
14. Union of Health Work Committees - Gaza (UHWC)
15. Union of Palestinian Farmers
16. Occupied Palestine and Syrian Golan Heights Advocacy Initiative
(OPGAI)
17. General Union of Disabled Palestinians
18. Palestinian Federation of Women's Action Committees (PFWAC)
19. Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott
of Israel (PACBI)
20. Palestinian Grassroots Anti-Apartheid Wall Campaign
21. Union of Teachers of Private Schools
22. Union of Women's Work Committees, Tulkarem (UWWC)
23. Dentists' Association - Jerusalem Center
24. Palestinian Engineers Association
25. Lawyers' Association
26. Network for the Eradication of Illiteracy and Adult Education,
Ramallah
27. Coordinating Committee of Rehabilitation Centers - Cisjordanie
28. Coalition of Lebanese Civil Society Organizations (150
organisations)
29. Solidarity for Palestinian Human Rights (SPHR), Network
of Student-based Canadian University Associations
Associations des Droits aux Réfugiés/Organisations
1 - Al-Ard Committees for the Defense of the Right of Return,
Syrie
2 - Al-Awda Charitable Society, Beit Jala
3 - Al Awda - Palestine Right-to-Return Coalition, U.S.A
4 - Al-Awda Toronto
5 - Aidun Group - Liban
6 - Aidun Group - Syrie
7 - Alrowwad Cultural and Theatre Training Center, Camp de
réfugiés d'Aida
8 - Association for the Defense of the Rights of the Internally
Displaced (ADRID), Nazareth
9 - BADIL Resource Center for Palestinian Residency and Refugee
Rights, Bethlehem
10 - Committee for Definite Return, Syrie
11 - Committee for the Defense of Palestinian Refugee Rights,
Naplouse
12 - Consortium of the Displaced Inhabitants of Destroyed
Palestinian Villages and Towns
13 - Filastinuna - Commission for the Defense of the Right
of Return, Syrie
14 - Handala Center, Camp de réfugiés d'Azza
(Beit Jibreen), Bethlehem
15 - High Committee for the Defense of the Right of Return,
Jordanie
16 - (y compris l'approbation personnelle de 71 parlementaires,
les partis politiques et les syndicats en Jordanie)
17 - High National Committee for the Defense of the Right
of Return , Ramallah
18 - International Right of Return Congress (RORC)
19 - Jermana Youth Forum for the Defense of the Right of Return,
Syrie
20 - Laji Center, Aida camp, Bethlehem
21 - Local Committee for Rehabilitation, Camp de réfugiés
de Qalandia, Jerusalem
22 - Local Committee for Rehabilitation of the Disabled, Camp
de réfugiés de Deheishe, Bethlehem
23 - Palestinian National Committee for the Defense of the
Right of Return, Syrie
24 - Palestinian Return Association, Syrie
25 - Palestinian Return Forum, Syrie
26 - Palestine Right-of-Return Coalition (Palestine, Pays
d'accueil Arabes, Europe, Amerique du Nord)
27 - Palestine Right-of-Return Confederation-Europe (Austria,
Denmark, France, Germany, Italy, Netherlands, Norway, Poland,
Sweden)
28 - Palestinian Youth Forum for the Right of Return, Syrie
29 - Comités Populaires de l'OLP - Camps de réfugiés
de Cisjordanie
30 - Comités Populaires de l'OLP - Camps de réfugiés
de la Bande de Gaza
31 - Comité Populaire - Camp de réfugiés
d'al-'Azza (Beit Jibreen), Bethlehem
32 - Comité Populaire - Camp de réfugiés
de Deheishe, Bethlehem
33 - Shaml - Palestinian Diaspora and Refugee Center, Ramallah
34 - Union of Women's Activity Centers - Camps de réfugiés
de Cisjordanie
35 - Union of Youth Activity Centers - Camps de réfugiés
de Palestine, Cisjordanie et Gaza
36 - Women's Activity Center - Camp de réfugiés
de Deheishe, Bethlehem
37 - Yafa Cultural Center, Camp de réfugiés
de Balata, Naplouse
Organisations
1 - Abna' al-Balad Society, Naplouse
2 - Addameer Center for Human Rights, Gaza
3 - Addameer Prisoners' Support and Human Rights Association,
Ramallah
4 - Alanqa' Cultural Association, Hebron
5 - Al-Awda Palestinian Folklore Society, Hebron
6 - Al-Doha Children's Cultural Center, Bethlehem
7 - Al-Huda Islamic Center, Bethlehem
8 - Al-Jeel al-Jadid Society, Haifa
9 - Al-Karameh Cultural Society, Um al-Fahm
10 - Al-Maghazi Cultural Center, Gaza
11 - Al-Marsad Al-Arabi, occupied Syrian Golan Heights
12 - Al-Mezan Center for Human Rights, Gaza
13 - Al-Nahda Cultural Forum, Hebron
14 - Al-Taghrid Society for Culture and Arts, Gaza
15 - Alternative Tourism Group, Beit Sahour (ATG)
16 - Al-Wafa' Charitable Society, Gaza
17 - Applied Research Institute Jerusalem (ARIJ)
18 - Arab Association for Human Rights, Nazareth (HRA)
19 - Arab Center for Agricultural Development (ACAD)
20 - Arab Center for Agricultural Development-Gaza
21 - Arab Education Institute (AEI) - Pax Christie Bethlehem
22 - Arab Orthodox Charitable Society - Beit Sahour
23 - Arab Orthodox Charity - Beit Jala
24 - Arab Orthodox Club - Beit Jala
25 - Arab Orthodox Club - Beit Sahour
26 - Arab Students' Collective, Université de Toronto
27 - Arab Thought Forum, Jerusalem (AFT)
28 - Association for Cultural Exchange Hebron - France
29 - Association Najdeh, Liban
30 - Authority for Environmental Quality, Jénine
31 - Bader Society for Development and Reconstruction, Gaza
32 - Canadian Palestine Foundation of Quebec, Montreal
33 - Center for the Defense of Freedoms, Ramallah
34 - Center for Science and Culture, Gaza
35 - Chamber of Commerce and Industry, Ramallah- Al-Bireh
District
36 - Child Development and Entertainment Center, Tulkarem
37 - Committee for Popular Participation, Tulkarem
38 - Defense for Children International-Palestine Section,
Ramallah (DCI/PS)
39 - El-Funoun Palestinian Popular Dance Troupe
40 - Ensan Center for Democracy and Human Rights, Bethlehem
41 - Environmental Education Center, Bethlehem
42 - FARAH - Palestinian Center for Children, Syrie
43 - Ghassan Kanafani Society for Development, Gaza
44 - Ghassan Kanafani Forum, Syrie
45 - Gaza Community Mental Health Program, Gaza (GCMHP)
46 - Golan for Development, Hauteus du Golan Syriens Occupés
47 - Halhoul Cultural Forum, Hebron
48 - Himayeh Society for Human Rights, Um al-Fahm
49 - Holy Land Trust - Bethlehem
50 - Home of Saint Nicholas for Old Ages - Beit Jala
51 - Human Rights Protection Center, Liban
52 - In'ash al-Usrah Society, Ramallah
53 - International Center of Bethlehem (Dar An-Nadweh)
54 - Islah Charitable Society-Bethlehem
55 - Jafra Youth Center, Syrie
56 - Jander Center, al-Azza (Beit Jibreen) refugee camp, Bethlehem
57 - Jerusalem Center for Women, Jerusalem (JCW)
58 - Jerusalem Legal Aid and Human Rights Center (JLAC)
59 - Khalil Al Sakakini Cultural Center, Ramallah
60 - Land Research Center, Jerusalem (LRC)
61 - Liberated Prisoners' Society, Palestine
62 - Local Committee for Social Development, Naplouse
63 - Local Committee for the Rehabilitation of the Disabled,
Naplouse
64 - MA'AN TV Network, Bethlehem
65 - Medical Aid for Palestine, Canada
66 - MIFTAH-Palestinian Initiative for the Promotion of Global
Dialogue and Democracy, Ramallah
67 - Muwatin-The Palestinian Institute for the Study of Democracy
68 - National Forum of Martyr's Families, Palestine
69 - Near East Council of Churches Committee for Refugee Work
- Gaza Area
70 - Network of Christian Organizations - Bethlehem (NCOB)
71 - Palestinian Council for Justice and Peace, Jerusalem
72 - Palestinian Counseling Center, Jerusalem (PCC)
73 - Palestinian Democratic Youth Union, Liban
74 - Palestinian Farmers' Society, Gaza
75 - Palestinian Hydrology Group for Water and Environment
Resources Development-Gaza
76 - Palestinian Prisoners' Society-Cisjordanie
77 - Palestinian Society for Consumer Protection, Gaza
78 - Palestinian University Students' Forum for Peace and
Democracy, Hebron
79 - Palestinian Women's Struggle Committees
80 - Palestinian Working Women Society for Development (PWWSD)
81 - Popular Art Centre, Al-Bireh
82 - Prisoner's Friends Association - Ansar Al-Sajeen, Majd
al-Krum
83 - Public Aid Association, Gaza
84 - Ramallah Center for Human Rights Studies
85 - Saint Afram Association - Bethlehem
86 - Saint Vincent De Paul - Beit Jala
87 - Senior Citizen Society - Beit Jala
88 - Social Development Center, Naplouse
89 - Society for Self-Development, Hebron
90 - Society for Social Work, Tulkarem
91 - Society for Voluntary Work and Culture, Um al-Fahm
92 - Society of Friends of Prisoners and Detainees, Um al-Fahm
93 - Sumoud-Political Prisoners Solidarity Group, Toronto
94 - Tamer Institute for Community Education, Ramallah
95 - TCC - Teacher's Creativity Center, Ramallah
96 - Wi'am Center, Bethlehem
97 - Women's Affairs Technical Committee, Ramallah and Gaza
(WATC)
98 - Women's Studies Center, Jerusalem (WSC)
99 - Women's Center for Legal Aid and Counseling, Jerusalem
(WCLAC)
100 - Yafa for Education and Culture, Naplouse
101 - Yazour Charitable Society, Naplouse
102 - YMCA- Jerusalem-Est
103 - Youth Cooperation Forum, Hebron
104 - YWCA-Palestine
105 - Zakat Committee-al-Khader, Bethlehen
106 - Zakat Committee-Deheishe camp, Bethlehem
Société civile palestinienne
Source : http://www.badil.org/Boycott-Statement.htm
Versione
italiana
Un anno dopo il 9 luglio 2004
La società civile Palestinese chiede il boicottaggio,
il disinvestimento e le sanzioni
Appello, Joint Advocacy Initiative, 9 luglio 2005
Un anno dopo lo storico parere consultivo della Corte Internazionale
di Giustizia (ICJ) che ha giudicato illegale il Muro costruito
da Israele nei territori Palestinesi occupati, Israele continua
la costruzione del Muro coloniale in totale disprezzo della
decisione della Corte.
Dopo 38 anni di occupazione della Cisgiordania Palestinese
(compresa Gerusalemme Est), della Striscia di Gaza e delle
alture siriane del Golan, Israele continua a espandere le
colonie ebraiche.
Israele si è annessa unilateralmente Gerusalemme-Est
occupata e le alture del Golan e sta ora di fatto annettendosi
per mezzo del Muro parti importanti della West Bank. Israele
si sta anche preparando ¬ all’ombra del suo previsto
ritiro dalla Striscia di Gaza ¬ a costruire a espandere
le colonie nella West Bank.
Cinquanta anni dopo che lo Stato di Israele è stato
costituito sulla terra ripulita etnicamente dei suoi proprietari
palestinesi, una maggioranza di palestinesi sono profughi,
molti dei quali senza una nazione. Inoltre, il rafforzato
sistema israeliano di discriminazione razziale contro I suoi
cittadini Arabo-Palestinesi rimane intatto.
Alla luce delle sistematiche violazioni del diritto internazionale
da parte di Israele, e
Dato che, dal 1948, centinaia di risoluzioni dell’ONU
hanno condannato le politiche coloniali e discriminatorie
di Israele come illegali e sollecitato immediati, adeguati
e effettivi rimedi, e
Dato che tutte le forme di intervento internazionale e di
peace-making hanno fino ad ora fallito nel convincere o forzare
Israele a rispettare le leggi umanitarie, i diritti umani
fondamentali e porre termine alla occupazione e all’oppressione
del popolo palestinese, e
In considerazione del fatto che persone di coscienza nella
comunità internazionale si sono storicamente presi
la responsabilità morale di combattere l’ingiustizia,
come esemplificato dalla lotta per l’abolizione dell’apartheid
in Sud-Africa attraverso diverse forme di boicottagio, disinvestimento
e sanzioni;
Inspirati dalla lotta dei Sudafricani contro l’apartheid
e nello spirito di solidarietà internazionale, coerenza
morale e resistenza all’ingiustizia e all’oppressione,
Noi, rappresentanti della società civile palestinese,
chiediamo ale organizzazioni internazionali della società
civile e agli uomini di buona volontà di tutto il mondo
di imporre ampi boicottaggi e realizzare iniziative di disinvestimento
contro Israele simili a quelle applicate al Sud Africa nel
periodo dell’apartheid- Noi facciamo appello a voi perchè
facciate pressione sui vostri rispettivi stati per imporre
embargo e sanzioni contro Israele.
Noi invitiamo anche gli israeliani di buona volontà
a sostenere questa richiestal, per nell’interesse della
giustizia e di una pace effettiva.
Queste misure punitive non-violente dovrebbero essere mantenute
fino al momento in cui Israele fa fronte ai suoi obblighi
di riconoscere il diritto inalienabile del popolo Palestinese
all’autodeterminazione e rispetta completamente le indicazioni
del diritto internazionale:
1. Ponendo termine alla occupazione e alla colonizzazione
di tutte le terre arabe e smantellando il Muro
2. Riconoscendo I diritti fondamentali dei cittadini Arabo-Palestinesi
di Israele alla piena uguaglianza
3. Rispettando, proteggendo e promovendo I diritti dei profughi
palestinesi al ritorno nelle loro case e nelle loro proprietà
come stabilito nella risoluzione 194 dell’ONU
Approvato da:
I partiti politici, I sindacati, le associazioni, le coalizioni
e le organizzazioni seguenti che rappresentano le tre parti
integrali del popolo di Palestina: i profughi palestinesi,
i palestinesi sotto occupazione e i palestinesi cittadini
di Israele.
Per la lista dei firmatari, vedera qui sopra, nella versione
francese
Interview de Nihad Biqâ'î
sur l'appel au boycott d'Israël lancé par la société
civile palestinienne
Propos recueillis par Jamâlât Abû
Yûsuf, Bethléem, août 2005. Traduit de
l'arabe par Marcel Charbonnier
Nihâd Biqâ'î est le coordonnateur de l'unité
des recherches, des informations et du contentieux juridique
de l'organisation Badîl, Centre Palestinien des sources
du droit de la citoyenneté et des réfugiés.
Pouvez-vous nous présenter le contexte sous-jacent
à l'appel au boycott d'Israël, lancé récemment,
qui a été entériné par un certain
nombre d'organisations, d'associations et d'institutions palestiniennes
?
Cet appel comporte trois exigences fondamentales : le boycott
d'Israël, le désinvestissement d'Israël et
l'imposition de sanctions à Israël. Cet appel
intervient après la longue impuissance de la société
internationale à exercer une pression sur Israël
afin de le contraindre à mettre en application les
principes du droit international. Durant ces dernières
années, la société civile, dans beaucoup
de pays de par le monde, a connu des campagnes de boycott
d'Israël et d'imposition de sanctions à ce pays,
ainsi que de retraits d'investissements effectués en
Israël. C'est ce qui a conduit à percevoir la
nécessité de faire passer ces initiatives, qui
prenaient le plus souvent un caractère individuel (car
les mécanismes collectifs étaient encore inexistants)
à un stade supérieur. Il s'imposait d'entendre
la voix de la société civile palestinienne à
ce sujet, et de développer des stratégies adaptées
qui soient à même, à leur tour, d'une
part de répondre aux initiatives internationales [à
cet effet] et qui soient au niveau du combat national des
Palestinien en vue de la réalisation de ses droits
légitimes, d'autre part.
Quelles mesures ont-elles été
prises, après la publication de cet appel ?
Afin de réaliser des choses concrètes, nous
avons besoin de beaucoup d'effort. L'appel comporte à
ce stade 171 signatures, recouvrant des fédérations,
des réseaux, des syndicats, des ONG. Au plan des mesures
concrètes ultérieures, nous allons nous concentrer,
au cours de ce mois, ou des deux mois à venir, sur
la collecte de nouvelles signatures à l'appel, afin
que le plus grand nombre possible d'institutions civiles palestiniennes
le signent. Nous avons suscité une réunion,
au début du mois d'août dernier, afin de définir
des stratégies de travail ultérieures, en vue
de la poursuite de l'action et j'indique à ce propos
qu'il est indispensable d'instituer une instance de coordination
qui soit à même de mener la campagne de boycott,
de désinvestissement et d'imposition de sanctions à
Israël tant au plan palestinien qu'au plan international.
De même, une telle instance de coordination aura à
étudier plus avant les spécifications du boycott,
le rôle des différents partenaires concernés
et les réponses convaincantes à apporter aux
questions qui ne manqueront pas d'être soulevées.
Partant, il nous faut nous adresser aussi bien à la
rue palestinienne qu'aux populations du monde. Nous sommes
conscients du rôle très important que peut jouer
la société civile palestinienne sur le plan
international en ce qui concerne cette question, d'autant
plus que cette action ne pourra qu'ajouter beaucoup de légitimité
à la lutte internationaliste pour la Palestine, et
afin que la société civile palestinienne ne
reste pas cantonnée à l'écart de l'action
et de l'influence internationales, mais qu'elle devienne,
au contraire, un vecteur essentiel d'un vaste mouvement international
appelant au boycott, au désinvestissement et aux sanctions
imposés à Israël, à l'instar de
l'expérience sud-africaine à l'époque
de la lutte internationale contre l'apartheid.
Voilà pour l'action au niveau international..
Que se passe-t-il, au niveau national, en Palestine ? Quelles
mesures concrètes seront-elles prises, en Palestine
?
Nous avons organisé un atelier de travail à
l'union des jeunesses chrétiennes, à Beït
Sahur, en juin dernier, auquel ont participé des organisations
civiles fédérées dans l'Initiative de
Défense de la Palestine et du Golan Occupés,
dont fait partie le centre Badil. Cet atelier de travail a
précédé l'appel au boycott, et avec la
participation d'experts d'Afrique du Sud et d'Europe, il a
étudié cette question sous ses différents
aspects. Avant cela, la fédération mentionnée
avait réussi à faire inscrire la question du
boycott à l'ordre du jour du forum social mondial de
Porto Alegre, au Brésil, en janvier dernier. Le succès
remporté par la fédération lors du forum
a résulté d'une série de rencontres préparatoires,
en Palestine et à l'étranger, après qu'il
soit devenu une habitude d'inviter les organisations palestiniennes
à ces forums d'une manière individuelle, ce
qui avait pour effet que leur influence se limitait au cadre
du forum, automatiquement, en raison du très grand
nombre de participants et du très grand nombre, également,
de points à l'ordre du jour de ces forums mondiaux.
Au cours du dernier forum social, la fédération
a réussi à imposer l'agenda palestinien en ce
qui concerne le boycott, le retrait des investissement et
l'imposition des sanctions et ce succès a été
couronné par l'adoption de toutes ces revendications
dans les déclarations finales des mouvements sociaux
et du forum de lutte contre la guerre, les deux principaux
rassemblements au forum social. D'une manière générale,
la fédération a porté l'appel au boycott
au cours des derniers mois écoulés, en Palestine
et elle a contribué à mettre au point l'appel
du 9 août, marquant le premier anniversaire de la décision
de la Cour Internationale de Justice de La Haye sur l'illégalité
de la construction du mur raciste de séparation. Il
a ensuite été décidé de lancer
une campagne préliminaire à la publication de
cet appel par la fédération, campagne préliminaire
confiée à la campagne palestinienne pour le
boycott universitaire et culturel d'Israël (basée
à Ramallah), ainsi qu'à 'Ittijâh, l'Union
des Associations arabes, sise à Haïfa.
Quelles sont les actions futures prévues,
toujours au niveau palestinien ?
Dans les prochains mois, ont définira l'instance coordonnatrice
qui sera chargée du suivi de tout ce qui a trait à
la campagne de boycott, de désinvestissement et d'imposition
de sanctions. En effet, sans instance de coordination, l'action
serait dispersée et anarchique. Cette instance de coordination
sera constituée d'un choix d'institutions choisies
parmi les 171 organisations signataires de l'appel, chargées
du suivi de la campagne. Dans un deuxième temps, on
cherchera à élargir le nombre des signataires
: nous n'avons nullement l'intention de nous en tenir à
171 ! Nous ambitionnons de faire de cette décision
de boycott, de désinvestissement et d'imposition de
sanctions à Israël le mot d'ordre de la rue palestinienne
: il n'y a aucune ambiguïté à cet égard
et l'ensemble de la société civile palestinienne
appelle la société internationale à ce
boycott, à ce désinvestissement et à
ces sanctions. Par la suite, sont envisagées la tenue
d'un congrès populaire, éventuellement à
Bethléem, ainsi que la réalisation d'études
et d'analyses de données en vue du développement
de stratégies et de mesures ponctuelles concernant
le boycott, le désinvestissement et l'imposition de
sanctions. Le thème de cette campagne fait encore l'objet
de larges consultations ; notre projet futur devra être
plus précis, plus ciblé.
La société civile palestinienne
notamment sous l'aspect de l'indépendance - n'est
pas sans présenter quelque ambiguïté. De
plus, on entend des rumeurs sur le retrait de telle ou telle
signature, soit directement, soit sous influence, et l'on
sait que les grandes organisations, les « Empires »,
ont leurs conditions et l'on sait aussi qu'il faut en passer
par leur diktat. Ceci a-t-il affecté la campagne que
vous nous décrivez, et, si oui, de quelle manière
?
Il faut avant toute chose reconnaître que la réalité
des ONG palestinienne n'est pas immunisée contre les
humeurs des différentes instances donatrices. Le rôle
de l'US-Aid, notamment, est clair, à ce propos. Je
fais ici allusion à l'US-Aid en tant qu'exemple limite,
cette organisation imposant précisément ses
stratégies à travers les ONG palestiniennes.
Mais, en dehors de l'US-Aid, il y a beaucoup de financeurs,
en particulier des gouvernements de pays riches, qui ont leur
agenda propre, particulier, et qui visent, à travers
leurs financements, à faire passer ces agendas politiques.
Concernant les désinvestissements, aucun désinvestissement
ne s'est produit après la signature de l'appel, mais
ce qui s'est produit, en revanche, c'est le fait qu'une institution
palestinienne a beaucoup hésité avant de décider
si elle allait, ou non, signer l'appel. D'un côté,
il y avait une forte poussée populaire appelant au
boycott, et d'un autre côté, il y avait les «
donateurs » : cette institution palestinienne s'est
retrouvée en mauvaise posture, prise en sandwich. Elle
signa l'appel, dans un premier temps, mais elle a demandé
à être retirée des signataires, avant
la publication de l'appel : il était très clair
que le problème auquel cette institution était
confrontée était ni plus ni moins qu'un problème
avec son financeur, et donc le problème de ses propres
finances.. Beaucoup de grandes institutions représentatives
ont signé l'appel : différents syndicats et
associations féminines, des centres culturels et la
plupart des fondations palestiniennes, dans les différentes
localités et dans la diaspora. En pratique, la plupart
des secteurs du peuple palestinien ont été concernés
par cet appel et cela a, en soi, créé un élan
populaire et une pression sur beaucoup d'organisations, afin
de leur demander de signer. D'une manière générale,
la seule exception notable est le cas particulier que nous
avons mentionné. A ce jour, il est évident que
la position de la société civile palestinienne
est très clairement en faveur du boycott, et c'est
une décision irrévocable, après la publication
de l'appel signé par les 171 organisations, auxquelles
de nombreuses autres sont venues se joindre. Au cours des
prochains mois, le problème du financement sera réglé
définitivement. Cet appel aura été une
tentative réussie de démontrer que les donateurs
ne sauraient nous imposer leur agenda, ni à nous, ni
au cours choisi par la lutte du peuple palestinien et il aura
apporté également la preuve que nous ne saurions
demeurer les otages d'un quelconque financement conditionnel.
Est-il possible de se libérer totalement
des conditions imposées par les donateurs ? Chacun
sait qu'ils disposent de nombreuses armes et de multiples
instruments qui leur permettent d'exercer une pression sur
les organisations et, au final, de les plier à leurs
conditions : on sait, notamment, ce qui s'est passé
avec l'institution culturelle Al-'Anqâ' [Le Phénix]
de la ville d'Hébron, qui n'a pas pu ouvrir un compte
à la Banque Arabe parce que son nom avait été
couché sur une liste d'institutions « indésirables
». On sait que la Banque Arabe est celle qui encaisse
les versements extérieurs « le plus facilement
et au moindre coût » (comme le dit son slogan
commercial), contrairement aux banques situées en territoire
« palestinien ». Alors, quel était donc
le problème ? L'institution Al-'Anqâ' n'avait
pas signé un document diffusé par l'US-Aid,
document dans lequel les institutions demandeuses d'aide devaient
s'engager à condamner le terrorisme... Ne pensez-vous
pas que ces instruments et ces moyens de contrôle risquent
d'influencer le sérieux des positions prises par ces
organisations, en particulier en ce qui concerne leur signature
de l'appel en question ou des prises de position et initiatives
similaires ?
Les difficultés auxquelles les ONG palestiniennes sont
confrontées, du fait du comportement des donateurs,
sont grandes,et on ne saurait les sous-estimer. On peut peut-être
même prédire quelle sera l'ampleur des défis
que nous aurons à relever à l'avenir, en particulier
si nous décidons d'adopter une stratégie palestinienne
claire et nette, que nous aurons tracée nous-mêmes,
telle la définition d'une stratégie future de
lutte à partir de notre situation particulière,
en tant que Palestiniens. Je ne saurais sous-estimer l'importance
du financement et des financeurs, en particulier en ce qui
concerne les grands financeurs, tels les gouvernements, qui
généralement n'offrent d'aide que conditionnelle.
L'expérience a montré comment le financeur a
pu, par le passé, influencer sur les politiques de
toutes nos institutions, et comment il a exercé une
influence sur l'action desdites institutions. Malgré
cela, l'appel est devenu une réalité convaincante,
sur le terrain : il s'agit d'une exigence de la société
civile palestinienne, prise dans sa globalité.
Il y a beaucoup d'institutions que l'on appelle
« les Empires » en raison de l'importance de leur
budget, qui ont signé l'appel au boycott. Lorsqu'on
découvre ces signatures, on ne peut manquer d'avoir
un peu peur ; on craint pour la pérennité de
cet appel et de cette campagne.. On doute de son sérieux,
aussi, car on peine à imaginer les responsables de
ces Empires renonçant à toutes leurs prébendes
et à tous leurs privilèges, obtenus en monopolisant
de très importantes sources de financement. Ces gens-là
n'ont pas pu renoncer à ces privilèges du jour
au lendemain, donc ils n'ont pas pu signer un communiqué
appelant à une prise de position radicale, dont on
pourrait presque dire qu'il comporte une orientation terroriste,
vu du point de vue d'un financeur ? Tout naturellement, cela
suscite des craintes : qu'en pensez-vous ?
Ce communiqué est une initiative courageuse, sans précédent
au niveau des ONG (palestiniennes). Je pense j'en suis
même persuadé que tous les signataires
de l'appel sont conscients du fait que cet appel aura des
suites qui ne seront pas nécessairement bénéfiques
pour eux, et il est possible que leur signature interfère
négativement sur leur financement ou crée d'autres
effets négatifs pour eux, à l'instigation des
instances donatrices, mais les organisations signataires de
l'appel assumeront elles-mêmes leurs responsabilités
face aux éventuelles conséquences négatives
de leur signature. Il convient d'indiquer à ce propos
que les signatures apposée sur cet appel expriment
l'adhésion d'un très grand nombre d'organisations
du peuple palestinien (petites et de grandes), ce qui suffit
en soi à donner une grande force tant à l'appel
qu'aux organisations qui y souscrivent, appelant au boycott
d'Israël, au désinvestissement d'Israël et
à l'imposition de sanctions à Israël.
Cet appel aura peut-être un écho
et un effet sur le plan international. Mais quel sera son
impact sur le plan national, c'est-à-dire : en Palestine
et dans la diaspora palestinienne ? Par exemple ; que feront
les organisations travaillant dans le secteur agricole, en
particulier les grandes institutions, pour affronter l'étouffement
des fermes et de l'agriculture palestiniennes, résultant
de l'inondation du marché local par des productions
non palestiniennes, à chaque saison de production ?
Nous avons désormais l'exemple des fruits d'été
: organisera-t-on une campagne nationale pour soutenir l'exploitant
palestinien, au moyen du boycott des fruits et légumes
[israéliens] imposés au marché local,
alors qu'ils abondent localement, cela, à seule fin
de détruire l'agriculture et les exploitations agricoles
palestiniennes ?
L'appel exprime des exigences populaires palestiniennes collectives,
et il exprime ces exigences vis-à-vis de qui ? De la
société internationale. Bien que nous espérions
que cette question sera la première des priorités
des différentes organisations parties prenantes, la
décision leur appartient, en définitive. Inutile
de dire que le travail en vue du boycott d'Israël diffèrera
d'une organisation à l'autre, et c'est là quelque
chose de naturel. Il est évident, par exemple, qu'une
organisation juridique telle que la campagne palestinienne
de boycott de la culture et des universités israéliennes
apportera à la campagne une contribution plus importante
qu'une organisation plus spécialisée dans une
cause ou une population déterminée, comme les
femmes, l'agriculture ou encore la santé. Mais, à
travers cet appel, nous avons voulu que l'objet du boycott
concerne tout le monde, qu'il englobe l'agriculture, les femmes,
les ouvriers, les avocats et les ingénieurs, tout le
monde.. Quoi qu'il en soit, je souhaite réitérer
qu'à travers cet appel, il est possible de constituer
un vaste rassemblement collectif, grâce aux ONG, afin
de faire face aux politiques des donateurs et à leurs
conditions et de proposer des alternatives économiques
sur le terrain. Parallèlement à cela, cet appel
est une sorte de message, fort et clair, qui exprime ce qu'est
la position collective réelle du peuple palestinien
: peut-être ce fameux donateur comprendra-t-il alors
enfin que cet appel incarne la réalité du terrain,
de la réalité, et peut-être s'y mesurera-t-il
en tant que donnée de fait, l'affrontement avec lui
devenant dès lors un affrontement collectif. Les signatures
de plus de 171 institutions apposée à cet appel
auront nécessairement plus de poids qu'un appel signé
par une dizaine d'institutions seulement..
Pourquoi les organisations ou les partis
politiques n'ont-ils pas signé cet appel de leur propre
nom ?
Ceux qui en ont pris l'initiative ont préféré
que cet appel ne puisse être utilisé par une
quelconque organisation politique et qu'il ne puisse prendre
une couleur politique déterminée, car, sait-on
jamais, une organisation aurait pu dire que cet appel était
de sa propre initiative, ou faire entrer le sujet dans une
sorte de surenchère politique. En réalité,
notre lecture et notre compréhension de la carte politique
palestinienne nous ont incités à éviter
de nous enferrer dans cette problématique et nous avons
été d'avis de limiter le communiqué aux
organisations et aux syndicats, en excluant les partis politiques.
Malgré cela, la première signature qu'ait reçu
l'appel est celle des forces nationales et islamiques : il
s'agit d'une instance coordinatrice regroupant tous les partis,
les factions et les organisations politiques actives en Palestine
et, par conséquent, dans la pratique, les partis politiques
sont parties prenantes à l'appel. Nous comprenons l'importance
du rôle des partis politiques dans le mouvement social
interne et nous sommes conscients du fait que la traduction
concrète de l'appel exige une coordination avec les
organisations et les factions politiques.
D'après vous, cet appel exprime-t-il
bien les revendications générales du peuple
palestinien, où qu'il se trouve ?
L'appel a recueilli des signatures en provenance des divers
lieux de dispersion de la diaspora palestinienne, de la Cisjordanie
et de la bande de Gaza, des Palestiniens de l'intérieur
d'Israël (= de 1948), et il y a aussi des signatures
de Palestiniens de Syrie, du Liban, de Jordanie, du Golan,
ainsi que d'Europe et des Amériques. Il y a aussi des
organisations qui sont en réalité des fédérations
comportant plusieurs organisations dispersées dans
plusieurs pays, comme l'Union américaine pour le Droit
au retour, qui fédère des dizaines d'organisations
défendant le droit au retour des réfugiés
palestiniens. Ce communiqué s'avère exprimer
les revendications palestiniennes, et il ne connaît
aucune limitation ni aucune exclusion géographique.
Qu'en est-il de la relation entre la société
civile palestinienne et la société civile mondiale,
ou encore le mouvement altermondialiste, en particulier à
l'occasion des congrès et des forums propres à
cette mouvance ? Vous avez fait allusion au fait qu'une fédération
est née lors du forum social de Porto Alegre. Or, en
raison de l'expérience que je puis avoir de ce type
de rassemblement, tout particulièrement en ce qui concerne
la Palestine, j'ai pu observer constamment que certaines personnes
parlent de la Palestine et monopolisent la position palestinienne,
alors que ces personnes n'ont aucun rôle significatif
en Palestine ni dans le domaine de la Palestine. Je pense
notamment au rôle d'une personne telle Nahla Shahhal,
par exemple.. Par conséquent : quelle est la relation
avec ce mouvement, ou avec les mouvements de solidarité
avec le peuple palestinien, au plan mondial ?
Je le redis : nous accueillons tout rôle et toute instance
se solidarisant avec le peuple palestinien et avec son juste
combat. Néanmoins, il convient que cela n'outrepasse
pas la question de la solidarité et que cela n'aille
pas jusqu'à une certaine tutelle condescendante. Au
forum de Porto Alegre, nous avons essayé de faire entendre
notre voix : nous avons insisté sur le fait que nous
sommes plus que quiconque à même de comprendre
quels sont nos problèmes. Nous avons notre projet propre
et, en tant que Palestiniens, nous sommes les plus légitimes
à exprimer notre cause et à l'expliquer en fonction
d'une logique consciente, rationnelle et réfléchie
et nous pouvons déterminer notre propre stratégie
sans la tutelle et sans le prêchi-prêcha de quelconques
gouvernements, de quelconques financeurs, voire même
de quelconques associations de solidarité..
Quelle sorte de relation entretenez-vous
avec les mouvements pacifistes israéliens ? Je soulève
cette question, car on assiste à beaucoup d'actions
que l'on pourrait qualifier d'actions de normalisation avec
l'occupant, ou d'actions qui s'en rapprochent fort. Or, en
l'absence d'un discours palestinien combattant, sur l'arène
mondiale, la position palestinienne a perdu ses conditions,
voire même ses fondamentaux en ce qui concerne la détermination
des relations avec l'occupant. Comment peut-on faire le distinguo
entre ce qui relève de la normalisation avec l'occupant
« colonialiste » et ce qui ressortit à
l'action de solidarité ?
Tout d'abord, il faut affirmer que la société
civile palestinienne se doit d'être ouverte à
toute solidarité, sans égard pour les ethnies,
les races, les identités et autres appartenances. Mais
ceci signifie au premier chef que ce sont les Palestiniens
qui définissent leur projet et leurs stratégies.
De plus, l'axe de la solidarité devra être fondé
sur la reconnaissance de la totalité des droits des
Palestiniens. En ce qui concerne la normalisation, ou les
contacts avec des mouvements israéliens, comme vous
l'avez mentionné, tout partenaire israélien
voulant construire une relation avec la partie palestinienne
peut être accueilli, et cette relation peut être
consolidée. Mais à la condition expresse que
ce partenaire reconnaisse totalement l'ensemble des droits
nationaux légitimes et à satisfaire du peuple
palestinien. Mais on ne saurait accepter, ni a fortiori consolider,
une telle relation (qui, dans ce cas, relèverait à
juste titre de la qualification de « normalisation »)
dès lors qu'elle serait fondée sur les chicaneries
et le marchandage au sujet des droits nationaux du peuple
palestinien, sur la base de la recherche d'un règlement
fondé sur l'obtention de « solutions moyennes
» en matière de droits ( !). Je souhaite indiquer
ici que l'exemple du Dr. Sari Nusseïbéh, qui a
pris une initiative personnelle, alors qu'il était
responsable du dossier de Jérusalem à l'OLP,
et qu'il est actuellement président de l'Université
de Jérusalem son initiative a été
connue, par la suite, sous l'intitulé d' « initiative
Nusseïbéh Ayalon » (Ayalon étant
le nom d'un général israélien avec lequel
Nusseïbéh est tombé d'accord sur la formulation
de cette initiative qui repose sur un bradage du droit au
retour des réfugiés palestiniens, en «échange
» de ce que d'aucuns ont osé appeler un «
Etat », et qui n'est en réalité qu'un
groupe de cantons disjoints et cernés de toutes parts),
et qui est l'esprit du pacte de Genève qui l'a suivie,
dont les épigones sont Yasser Abed Rabbo et Yossi Beilin.
Ces initiatives ont fait un flop au niveau du peuple palestinien
et elles ont été combattues par toutes les diasporas
palestiniennes. Il n'en reste que la prétention de
leurs initiateurs palestiniens qu'elles représentaient
des tentatives pour créer un choc dans une société
israélienne en glissement continu vers la droite. Cela,
sans prendre aucunement en compte le prix exorbitant que le
peuple palestinien devait acquitter pour la création
de ce « choc », quand bien même ce prix
eût-il englobé la renonciation aux droits les
plus fondamentaux pour lesquels le peuple palestinien se bat
sans discontinuer depuis des décennies.. Quant à
l'idée de créer un « choc positif »,
sur laquelle ils s'appuient, il ne s'agit en réalité
que de la création d'un choc en retour, c'est-à-dire
d'un choc dans la société palestinienne, car
ces initiatives ont créé beaucoup de controverses.
La direction officielle palestinienne considère que
ces initiatives relèvent de la liberté d'_expression
et du pluralisme des opinions, alors que dans toutes les formes
de démocratie existant dans le monde, la liberté
personnelle d'un citoyen ne doit en aucun cas empiéter
sur la liberté des autres : comment pourrait-il en
être ainsi, dès lors que ces initiatives renoncent
aux droits individuels et collectifs de millions de Palestiniens
? Ne s'agit-il pas là d'un abus patent contre la démocratie
?
Donc : que faire ? Quel est le projet, grâce
auquel nous pouvons réaliser nos objectifs nationaux,
qui ont été définis en nous basant sur
ce que le peuple palestinien a connu, jusqu'ici, en raison
de la réalisation du projet colonialiste sionisto-impérialiste
en Palestine, depuis plus d'un demi-siècle ces
objectifs qui ont été définis ainsi :
retour inconditionnel et total des réfugiés,
totale autodétermination et totale libération
? L'OLP est-elle aujourd'hui à même de mener
à bien une telle tâche ?
Il est clair qu'il y a une grande ambiguïté en
ce qui concerne l'Organisation de Libération de la
Palestine [OLP]. En effet, Oslo nous a produit un rejeton
: l'Autorité Nationale Palestinienne [ANP]. A notre
très grand regret, cette Autorité s'est substituée
à l'OLP dans beaucoup de prérogatives, c'est
ce que je considère [personnellement] une énorme
erreur, dans laquelle la direction palestinienne est tombée,
ou dans laquelle elle s'est laissé entraîner.
L'OLP aurait dû demeurer le cadre représentatif
premier, exprimant les intérêts de l'ensemble
du peuple palestinien, l'ANP constituant l'instance gérant
les affaires courantes des régions palestiniennes confiées
à sa gestion sous l'empire des accords d'Oslo. Mais
ce qui s'est produit, c'est que le rôle de l'OLP a été
gelé, dans la période post-Oslo. D'une manière
générale, l'OLP a conquis sa représentativité
de représentante du peuple palestinien (la légitimité
de son existence en tant que peuple dont les droits nationaux
ont été confisqués), et il convient que
le peuple palestinien exploite cette légitimité
nouvellement acquise et qu'il n'entre pas dans de nouveaux
labyrinthes, tel la recherche, ou la création de toutes
pièces, de nouveaux cadres alternatifs. Pour moi, la
réactivation de l'OLP implique que cette organisation
se charge d'exercer une pression populaire sur la direction
palestinienne officielle. Il est évident que l'ANP,
aujourd'hui, ne peut pas exprimer les intérêts
de l'ensemble des enfants du peuple palestinien, en particulier
pas dans la diaspora palestinienne, pas dans les camps de
réfugiés, ni chez les Palestiniens restés
en Israël en 1948. La pression populaire palestinienne
sur la direction palestinienne n'a pas suffi, jusqu'à
ce jour, pour une reconstruction de l'OLP qui soit susceptible
d'amener le peuple palestinien, dans son ensemble, à
recouvrer ses droits.
Il semble impossible de faire changer la position officielle
de la direction palestinienne. Et il est peu probable qu'elle
soit sensible à la pression populaire (au demeurant
: dans quel sens ?).. et peu probable, par conséquent,
qu'elle réactive l'OLP. Qu'en pensez-vous ?
Il est tout à fait évident que les priorités
de la direction palestinienne, aujourd'hui, diffèrent
de celles du peuple palestinien, et aussi de son humeur, dès
lors que les priorités de la direction palestinienne
se déplacent sur l'orbite des missions imparties à
l'ANP, missions qui ont leur temps, et leur espace géographiques,
précis et limités, tandis que les priorités
de l'immense majorité du peuple palestinien s'éloignent
de ces priorités que, seule, l'OLP peut exprimer. L'OLP
appartient à l'ensemble des enfants du peuple palestinien
; ce mouvement est né, et il s'est développé,
grâce au sang de milliers de martyrs palestiniens. Il
n'est la propriété privée ni de Mahmud
Abbas ni de qui que ce soit. De plus, le jeu en vaut la chandelle.
Nous échouerons peut-être, mais nous ne pouvons
pas dire que la tentative est vouée à l'échec
avant même de l'entreprendre. De même, la société
palestinienne n'est pas encore parvenue au stade d'exiger
la réactivation de l'OLP de manière spectaculaire.
Existe-t-il un mouvement pacifiste en Israël
? Ce mouvement (s'il existe) peut-il faire quelque chose au
sujet du boycott, de l'imposition de sanctions et du désinvestissement
?
L'_expression « mouvement pacifiste israélien
» est une _expression fondamentalement israélienne,
qui a été internationalement adoptée,
puis, enfin, adoptée par les Palestiniens eux-mêmes.
Le concept d'un mouvement pacifiste israélien est cohérent
avec la nature sioniste colonialiste de la société
israélienne, en ceci que ce mouvement ne représente
aucunement l'alternative, ni le contraire, du tissu politique
sioniste. Ce que l'on appelle le mouvement pacifiste palestinien
appelle à la recherche d'un règlement pacifique
entre deux camps qu'il considère équilibrés
entre eux et sur un même plan. Alors que, sur le terrain,
dans la réalité, telle n'est pas la réalité
: l'un des deux camps, auquel ce mouvement pacifiste appartient,
est un occupant qui viole des droits, tandis que l'autre camp
ploie sous le joug de l'occupation et lutte en vue de sa libération.
Il en découle que l'équation établie
par le camp israélien de la paix est fondée
sur le fait que l'équation de la négociation
de paix se solde, en permanence, à l'avantage d'Israël,
et partant, quand on examine si cette négociation est
compatible avec l'ensemble des droits que l'on concède
aux Palestiniens au détriment d'autres droits, il semble
que ces droits ne sont pas compatibles avec les intérêts
d'Israël en tant qu'Etat juif. La compréhension
que nous, nous avons d'un mouvement pacifiste, est fondée,
au premier chef, sur le principe de sa reconnaissance inconditionnelle
de tous les droits du peuple palestinien, et de l'absolue
nécessité qu'il ne découle pas d'une
logique de bradage de certains droits contre certains autres,
à seule fin de garantir la judaïté d'Israël.
En effet, la majorité des organisations parties prenantes
à ce qu'il est convenu d'appeler le camp israélien
de la paix ne soutiennent pas, par exemple, le droit au retour
des réfugiés palestiniens, car ce retour contrarie
les considérations démographiques israéliennes,
relatives à sa pérennité en tant qu'Etat
juif. Il en découle que tout Palestinien, selon cette
logique, représenterait une source de menace
tout du moins sur le plan démographique pour
la pérennisation du projet sioniste en Palestine, et
non plus une personne jouissant de droits et d'aspirations
personnelles et collectives. Partant, le règlement
[du conflit] que ce camp recherche incessamment, est basé,
fondamentalement, sur le principe de la « séparation
raciale », c'est-à-dire sur le fait de donner
aux Palestiniens un territoire doté des fonctions apparentes
d'un Etat, mais qui contraint leur existence matérielle
et leurs horizons sociaux.
Quelles sont les relations entre les mouvements
pacifistes israéliens et le processus d'Oslo ?
Ce qu'il est convenu de dénommer « processus
d'Oslo » a sauvé le mouvement pacifiste israélien
d'une véritable impasse, en son temps, car ce mouvement
a toujours recherché un partenaire, dans une négociation
portant sur un projet fondé sur la séparation
[entre les deux peuples ; palestinien et israélien].
Mais ce qui s'est produit, par la suite, c'est que la direction
palestinienne est devenue l'otage de ce mouvement visant à
persévérer dans l'application de l'accord (d'Oslo),
voire même à y progresser. En même temps,
ce que l'on désigne comme la coalition palestinienne
de la paix devenait la copie conforme, le « partenaire
» de positions de compromis fondés sur la séparation
raciste prônée par le camp israélien de
la paix. Les mouvements pacifistes israéliens ont
malheureusement réussi à opérer
une percée dans la « rue palestinienne »,
via la coalition palestinienne de la paix, et à imposer
partiellement leur agenda politique sur les plans tant international
que palestinien. Dans ce contexte, je ne pense pas que la
coalition palestinienne de la paix ait un quelconque fondement
véritable, du type : « il existe un partenaire
». En vérité, je pense que l'ensemble
du projet national palestinien contemporain est un projet
de paix cohérent. De plus, le peuple palestinien, qui
lutte pour sa liberté et son retour chez lui, dans
ses maisons dont il a été chassé, que
toutes les composantes et tous les secteurs de ce peuple palestinien
tendent la main à la paix, comme ils l'ont toujours
fait, depuis le début du conflit. Quant à parler
d'un camp de la paix qui serait une résultante élitiste,
éloignée de la rue palestinienne, ce n'est ni
plus ni moins qu'une tentative de jeter de la poudre aux yeux.
Partant, je vois un besoin urgent d'éclaircir le rôle
de ces mouvements, sur les plans palestinien et international.
En particulier, dans le contexte que nous avons évoqué,
nous n'avons pas besoin de ces mouvements qui s'adressent
au monde en tant qu'exerçant une tutelle sur les intérêts
du peuple palestinien, les Palestiniens n'ayant plus qu'à
obéir à leur agenda politique (je parle ici
des mouvements pacifistes israéliens). De même,
ce qu'on appelle le camp palestinien de la paix doit dépasser
l'âge de la tutelle israélienne, et interagir
avec le mouvement pacifiste israélien sur la base du
partenariat et de l'égalité / réciprocit&eacut
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