Faire-part de naissance du Comité
d’Action Israélien en faveur des prisonniers et détenus
palestiniens
Traduit de l'hébreu par Michel Ghys
Le Comité est une organisation israélienne, fermement
convaincue qu’il ne peut exister de paix entre Israël
et la Palestine aussi longtemps que des milliers de Palestiniens,
dénommés « prisonniers de sécurité
» (ceux qui, dans leur résistance à l'occupation,
ont utilisé diverses formes de violence contre la sécurité
des citoyens israéliens ) et des centaines de personnes sous
détention administrative continuent à être enfermés
dans les prisons israéliennes.
Les membres du Comité estiment que les prisonniers palestiniens
peuvent et doivent jouer un rôle significatif dans l’avancement
du processus de paix, ainsi que dans la diffusion du message affirmant
que la paix au Moyen - Orient est possible [ mais cela se fera seulement
si la société israélienne prête attention
à leurs épreuves et met fin à la discrimination
institutionnelle systématique à leur encontre ] discrimination
qui existe tout d’abord au niveau juridique, mais aussi au
niveau des conditions de leur détention et des possibilités
d’obtenir une libération conditionnelle.
Les membres du Comité sont en contact étroit avec
un nombre significatif de prisonniers palestiniens purgeant des
peines de longue durée, emprisonnés même avant
la signature des Accords d’Oslo, et qui croient fortement
en une solution pacifique au conflit israélo-palestinien.
Les membres du Comité se sont donné les buts suivants
:
- Agir pour modifier la norme existante, dont la routine amène
les commissions de libération à refuser la libération
conditionnelle des « prisonniers de sécurité
» de longue détention, après qu’ils aient
purgé les deux tiers de leur peine ;
- Agir pour commuer les peines des prisonniers de longue durée,
particulièrement pour ceux dont le gouvernement d’Israël
refuse même de discuter les cas avec l’Autorité
Palestinienne ( par exemple les prisonniers qui détiennent
la citoyenneté israélienne) ;
- Susciter un débat public au sein de la société
israélienne quant au problème des prisonniers palestiniens,
amener une prise de conscience publique de leur cause ;
- Aboutir à un changement dans les conditions d’incarcération
de ceux qui sont classés comme « prisonniers de sécurité
», afin de les rendre équivalentes à celles
des autres prisonniers.
Pour accomplir ces buts, le Comité est déjà
fonctionnel, et va poursuivre ses actions dans les domaines public
et juridique. Durant sa première année d’activité,
le Comité vise à représenter plusieurs «
prisonniers de sécurité » palestiniens qui ont
déjà passé plus de15 ans en prison. Le Comité
va demander, en leur nom, que leurs peines soient commuées,
et les représentera lors des audiences de mise en liberté
conditionnelle. De surcroît, le Comité compte lancer
une campagne d’information publique, qui inclura des articles
dans les journaux et la tenue d’au moins une conférence
universitaire sur ce sujet.
Pour mener à bien ses activités, le Comité
a besoin de soutien financier. La majeure partie de cette action
est accomplie par des bénévoles, cependant les coûts
occasionnés par la représentation juridique nécessitent
des fonds. Les activités juridiques du Comité sont
cordonnées par Me Michael Sfard de Tel Aviv.
Merci de nous aider à accomplir les buts que nous nous sommes
fixés. Merci de diffuser cet appel aussi largement que possible,
d’écrire des lettres et des articles concernant le
problème des prisonniers palestiniens, merci, également,
de nous aider à couvrir les frais de nos activités.
Les dons peuvent être virés à la
First International Bank (031), compte 246980, Zamarot Branch (064),
swift code FIRBILIT.
Les chèques ( à l’ordre d’Anat Matar )
peuvent être envoyés par courrier à :
Anat Matar, 33 Bernstein-Cohen St., 47213 Ramat Hasharon, Israel.
Pour de plus amples détails :
Tamar Berger – 972-54-5331484 ; tberger@netvision.net.il
Sanaa Salame – 972-54-4805040 ; foadsult@zahav.net.il
Anat Matar – 972-52-8560001 ; matar@post.tau.ac.il
Les prisonniers dans les prisons de l'occupation,
un dossier ouvert
par Muhsin al-Ifrangi, www.amin.org
Des colons sont partis, mais les prisons sont restées. Tout
comme la terre a été libérée, il faut
libérer l'homme. Ce sont les mots d'ordre lancés par
le département de l'information du ministère palestinien
aux affaires des prisonniers et libérés, avant de
présenter un long rapport sur la situation des prisonniers
. Les prisonniers palestiniens et leurs familles attendent avec
impatience, les résultats du retrait israélien de
la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie, espérant que
cela ferait remuer leur cause, que les Palestiniens considèrent
comme étant la plus importante pour eux, mais craignant cependant
que la joie occasionnée par le retrait ne fasse oublier à
tous et notamment aux responsables l'amertume de la vie des prisonniers
dans les prisons israéliennes. Vont-ils pouvoir enfin être
libres ?
Un prisonnier dans chaque foyer
Selon les informations du département de l'information,
le pourcentage du nombre de prisonniers, par rapport à la
totalité de la population palestinienne, est de 25%, ce qui
signifie qu'il y a en moyenne un prisonnier pour chaque foyer. Les
Palestiniens ayant subi la détention, depuis le début
de l'occupation de 1967 jusqu'à présent s'élèvent
à 650.000 personnes, et depuis l'Intifada al-Aqsa, en septembre
2000, le nombre d'arrestations est de 38.000. Jusqu'à présent,
il y a environ 8600 prisonniers, palestiniens et arabes, détenus
dans 28 prisons et centres de détention et d'interrogatoire.
Parmi ces prisons et centres de détention, le plus important
est celui du Naqab, qui rassemble le plus grand nombre de prisonniers,
avec 2150, dont 1000 en détention administrative, ensuite
les prisons de Shatta-Gilboa où se trouvent enfermés
1140 prisonniers. Viennent ensuite la prison de Beer Saba' avec
930 prisonniers et Meggido avec 897 prisonniers. Les martyrs du
mouvement national des prisonniers sont au nombre de 183, décédés
du fait de la torture, de la négligence médicale ou
de l'éxécution après leur arrestation. Parmi
les prisonniers, 116 femmes prisonnières sont encore détenues
sur les 305 arrêtées depuis l'Intifada al-Aqsa, 61
d'entre elles ont été arrêtées en 2004,
et 7 mineures. 306 enfants sont toujours détenus. Plus de
prisonniers sont malades ou blessés.
Des violations illimitées des droits des prisonniers
Les autorités de l'occupation israéliennes ainsi
que leurs instructeurs ont pratiqué les formes de torture
et d'humiliation les plus barbares à l'encontre des prisonniers
palestiniens, violant ainsi de façon flagrante toutes les
valeurs, les lois et les traités internationaux qui appellent
au respect des droits de l'homme, pourtant signés par Israël,
mais dont la signature ne l'a pas dissuadé de poursuivre
à arrêter, à emrpsionner, à priver les
prisonniers de tout, à exercer sur eux des pressions psychologiques
et corporelles afin de briser leur volonté et de les humilier,
de briser la volonté de leurs parents et de leur peuple.
Pour se venger des prisonniers, les salles des tribunaux israéliens
ont assisté à l'énonciation de condamnations,
par dizaines, de la prison à perpétuité, comme
pour le prisonnier Abdallah Barghouty qui a été condamné
à 68 perpétuités, tout comme les tribunaux
ont condamné illégalement des dirigeants palestiniens
jouissant d'une immunité parlementaire, comme les deux députés
Marwan Barghouty et Hussam Khadr. Les autorités poursuivent
la torture des prisonniers par des moyens jugés illégaux
par la communauté internationale, mais qu'Israël a légalisés
en moyens officiels afin d'avoir l'aval politique et juridique des
instances de cet Etat : la cour suprême de l'Etat d'Israël
a autorisé le Shabak en 1996 le droit d'utiliser divers moyens
de torture envers les prisonniers palestiniens. Les statistiques
du ministère palestinien affirment que 99% des prisonniers
ont subi au moins une des formes de tortures, le nombre de prisonniers
martyrs tombés sous la torture s'élevant à
70 prisonniers. Parmi les formes de torture utilisées par
les appareils sécuritaires et de renseignements, corporelles
et psychologiques, l'enfermement dans une cellule de 1,5 m sur 1
mètre, les yeux bandés, les pieds et les mains attachées,
sans matelas ni couverture. Dès les premiers jours, le prisonnier
subit des interrogatoires de longue durée, répétés,
il lui est interdit de dormir, de se rendre aux toilettes, il subit
le shabeh, les insultes, il est attaché dans des positions
douloureuses, comme le fait d'avoir les pieds attachés et
tirés vers l'arrière, sous une chaise, pendant que
le prisonnier est poussé vers l'arrière. Il est assourdi
par une musique puissante, et s'il est malade, sa maladie et sa
blessure sont utilisés pour exercer des pressions sur lui,
il est également menacé de mort, d'arrestation des
membres de sa famille, il est fortement secoué, il lui est
interdit de voir son avocat et sa famille, son visage et sa tête
sont reco uverts d'un sac sale, duquel émane une odeur nauséabonde,
il est brûlé par les bouts de cigarettes, il reçoit
des jets d'eau froide et chaude en alternance, ses yeux sont éblouis
par une lumière puissance. Parmi les autres moyens de torture,
le shabeh est subi par 82% des prisonniers, il y a aussi la mise
en frigo qu'ont subi 90% des prisonniers. Le rapport mentionne également
la politique de la négligence médicale que les autorités
carcérales fait subir aux prisonniers malades, dans toutes
les prisons. Plus de 1000 prisonniers souffrent de maladies diverses,
certains sont atteints de cancer, de maladies de reins, de diabète,
de maladies de coeur, de paralysie, de pertes de la vue. La négligence
médicale a conduit dans certains cas au décès
des prisonniers, le dernier martyr étant Jawad Abdel Abu
Mghayseb, 18 ans, de Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, qui est
décédé le 28 juillet 2005 dans la prison désertique
du Naqab. Dans beaucoup de cas, le prisonnier malade subit un chantage
à cause de sa situation, pour le faire avouer en contrepartie
de son incarcération dans des prisons où il serait
bien traité. Plusieurs prisonniers ont dû accepter
ce chantage dans la douleur. Ils ont été obligés
de faire des aveux aux instructeurs en contrepartie des soins qui
leur sont dûs. Parmi les moyens les plus utilisés pour
faire souffrir les prisonniers et leurs familles, la détention
administrative qui peut être renouvelée sans cesse,
à la dernière minute, alors que le prisonnier se préparait
déjà à sortir. Le prisonnier n'est jamais jugé
ni condamné. Le nombre des prisonniers administratifs s'élève
à environ 1000, prisonniers, soit 11?7% de l'ensemble des
prisonniers, et ils se répartissent dans les prisons du Naqab
et de Meggido, la plupart soit 90% se trouvent actuellement dans
la prison du Naqab.
Des prisonnières et des enfants derrière les barreaux
Pour les prisonnières, le rapport indique que plus de 400
femmes ont été arrêtées au cours des
cinq dernières années, et 116 prisonnières
sont toujours détenues, regroupées dans la prison
de Hasharon. 113 viennent de la Cisjordanie et d'al-Quds, et trois
de la bande de Gaza. 42 prisonnières ont été
condamnées, 69 sont arrêtées et 5 sont détenues
administratives. Les conditions de détention des prisonnières
sont très pénibles : elles subissent des pressions
de toutes sortes, des provocations quotidiennes, elles sont privées
de tout, même de l'enseignement, car l'administration pénitentiaire
n'accorde pas le droit aux prisonnières de poursuivre leurs
études. D'autre part, elles subissent les fouilles à
nu, de façon humiliante, ce qui est en contradiction avec
toutes les conventions internationales qui exigent que les prisonniers
et prisonnières soient traités dignement. Parmi ces
prisonnières, 16 sont mères de famille, leurs enfants
sont environ 60 enfants, privés de la chaleur de leurs mères.
Les autorités de l'occupation refusent de faire libérer
Manal Ghanem et son fils Nour, né en prison, qui a actuellement
22 mois, et qui devrait, selon la loi israélienne, être
retiré à sa mère dans deux mois. Manal est
malade de talassamie, et son état de santé se détériore
de jour en jour. Concernant les enfants, les autorités de
l'occupation ont arrêté plus de 3500 enfants, et 306
enfants sont toujours en prison, ils représentent 3,7% de
l'ensemble des prisonniers. Les conditions de détention sont
iunhumaines. 142 enfants ont été condamnés,
159 sont arrêtés en attente de jugement, 5 enfants
sont en détention administrative, sans aucune charge contre
eux. Il faut rappeler que des centaines de prisonniers ont été
arrêtés alors qu'ils étaient enfants, et qu'ils
sont passés au stade adulte, pendant leur détention.
Les autorités de l'occupation privent les enfants détenus
des droits les plus élémentaires accordés par
les conventions internationales et les divers traités comme
le droit à ne pas subir les arrestations arbitraires, le
droit à connaître les motifs de l'arrestation, les
droits à la défense par un avoat, le droit de la famille
à savoir la raison et le lieu de détention, le droit
à se présenter devant un juge, le droit de repousser
l'accusation, le droit d'être en contact avec le monde extérieur,
le droit à un traitement humain qui préserve la dignité
de l'enfant détenu.
L'isolement
Les autorités de l'occupation pratiquent également
la politique de l'isolement envers des prisonniers qu'elles enferment
dans des cellules individuelles ou des sections réservées
entièrement à l'isolement. Le soleil n'entre jamais
dans ces cellules qui sont sans fenêtres, où l'humidité
est très élevée. Ces cellules sont tellement
insalubres que les rats et autres bêtes sont fréquents.
Dans ces cellules, certains prisonniers sont absolument interdits
de visite, comme le prisonnier Hasan Salameh de Gaza, condamné
à 1175 ans de prison, et le prisonnier Ahmad Yousef al-Moghrabi
du camp de Dhayshe, 31 ans, condamné à 18 perpétuités.
Il n'a reçu aucune visite familiale depuis son arrestation.
Des milliers de prisonniers sont privés des visites familiales
pour des prétextes sécuritaires. Certains prisonniers
n'ont pas vu leurs parents depuis 5 ou 8 ans, même les parents
proches, comme les père, mère, épouse, fils.
Les autorités de l'occupation utilisent l'interdiction de
visites comme une punition contre les prisonniers. Les prisonniers
souffrent de la politique des fouilles à nu, lors de la sortie
ou du retour des tribunaux, et les autorités de l'occupation
insistent à poursuivre leurs pratiques humiliantes. Les prisonniers
sont privés de leurs droits à poursuivre leurs études
dans les universités palestiniennes, seule l'université
hébraïque est autorisée, mais même pour
cette dernière, beaucoup de prisonniers se trouvent devant
de multiples obstacles dont l'interdiction de faire entrer des livres
en prison. Toutes ces violations indiquées dans le rapport
se déroulent au milieu d'un silence international. Comment
est-il possible de susciter la question des prisonniers, de la rappeler
dans la situation d'allégresse qui a suivi le retrait des
colons de Gaza ? Il s'agit d'une responsabilité collective,
répartie, dont l'Autorité doit supporter une partie
non négligeable.
Le
combat des prisonniers palestiniens : Israël lanterne rouge des
"nations civilisées"
La situation dans les
prisons israéliennes met Israël à l'un des derniers
rangs des "nations civilisées", a constaté la Commission
pour la loi et la justice de la Knesset, lors d'une session tenue
lundi 29 août. Les représentants de l'administration
pénitentiaire auditionnés par la Commission ont déclaré
que 680 détenus, sur les 12 410 "clients" des prisons israéliennes,
doivent dormir par terre dans des couloirs de prisons, à cause
du surpeuplement. Les prévisions pour les temps à venir
sont que 2 600 détenus n'auront pas de couchette en 2007. La
Commission a refusé de permettre la détention de 100
prisonniers supplémentaires pour l'année prochaine et
a simplement autorisé le maintien du nombre actuel de détenus
pour les 3 mois qui viennent.
Source : Haaretz, 29 août 2005
"La Palestine Derrière
les Barreaux": un site internet qui perpétue la mémoire
des prisonniers "otages" dans les prisons israéliennes
par Abdel Wahab Hani (awhani@yahoo.fr),
Paris-Orly, 21 août 2005
Au moment où la nouvelle "diplomatie"
tunisienne, du nouveau Vizir Abdallah, salue, avec force enthousiasme,
le retrait israélien de Gaza, nos frères palestiniens
comptent leurs martyrs tombés dans les prisons de la "Democratie"
israélienne. Un site internet (http://www.palestinebehindbars.org/,
"La Palestine Derrière les Barreaux") est dédié
aux symboles de cette longue marche vers la liberté du peuple
palestinien. Il est animé par le talentueux journaliste Abdel
Naser Ouni Ferwana, ancien détenu, fils d'ancien détenu.
Abdel Naser est aussi francophone, ce qui est rare en terre d'orient
excepté le Liban.
La destruction de l'Etre et la mémoire des "otages"
morts sous la torture:
Pour rendre hommage à la résistance
légendaire du peuple palestinien au moment du "désengagement"
tactic d'Ariel Sharon, nous proposons la visite de ce portail réalisé
avec beaucoup de sérieux et une grande foi en la cause. Deux
textes, le premier, en arabe, signé de Monqidh Abu Atwan, analyse
l'entreprise de destruction de l'Etre dans les prisons israléliennes,
avec une bonne introduction historique sur l'institution carcérale,
bien emprunté au philosophe français Michel Foucault.
Le second, en français: "Les martyrs du mouvement national
des prisonniers", est une étude statistique et rétrospective
sur les 181 prisonniers palestiniens morts sous la torture ou suite
aux mauvais traitements, dégradants et inhumains, dans les
prisons israléliennes. On peut lire ce passage très
juste, dige et émouvant: "Ils étaient isolés,
mais pas isolés de leur peuple, ils étaient une partie
essentielle du peuple. C'est pourquoi ils furent la cible de l'occupation.
Ils furent les victimes de divers crimes de l'occupation. Ils furent
les victimes de méthodes barbares et inhumaines, méthodes
condamnées par les traités, conventions et lois internationales."
Le dernier en date est le martyr du ghazzaoui (de Gaza) Jawad Adel
Abu Mghayseb, tombé tout récemment, le 28 juillet 2005,
au Centre de détention Ansar 3 au Naqab, des suite de négligences
médicales. Feu Jawad est originaire de Deir el-Balah dans la
bande de Gaza. Il restera un des symboles de la présence coloniale
isralélienne à Gaza. Certains révoquent le terme
"colonial" en parlant de l'occupation israélienne,
en allant même jusqu'à refuser l'usage du qualficatif
"occupation". Ils parlent tout juste de "colonies de
peuplement". Comme si cette terre existe sur lune planète
inhabitée, telle Mars, qu'elle n'a pas d'histoire et que personne
n'y habite! Aujourd'hui les "colons" des "colonies"
d'occupation quittent Gaza, en pratiquant une politique de la terre
brulée.
Mais Jawad et ses camarades resteront dans la mémoire collelctive
du peuple palestinien et de nous autres arabes et musulmans. Parce
que cette terre a quelque chose de particulier, d'affectif, de symbolique
et de sacré pour nous. Encore un grand merci à Abdel
Nour et ses camarades qui travaillent dans des conditions très
difficiles poursauvegarder la mémoire des morts afin de rendre
la dignité aux vivants.
Un exemple à suivre:
Ce portail est aussi un travail réussi sur
la mémoire, celle des victimes et de leurs familles. Il donne,
à ce titre, un exemple encourageant pour tous les victimes
de la torture et de la répression politique et à leurs
familles, afin de travailler sur cette mémoire et de combattre
le repli et l'oubli. Combien avons nous de martyrs tombés dans
les prisnons tunisiennes? Que sont-ils devenus leurs enfants, épouses,
parents et proches? Qui a perpétué leurs mémoire.
Voila un sujet vers lequel des fonds, récemment "libérés",
de l'Institut Arabe des Droits de l'Homme peuvent être alloués.
En Tunisie, plusieurs études ont été réalisées
sur la codition carcérale, soit par l'AISPP, la LTDH, le CNLT,
l'ALTT, le CIDT-Tunisie, le CRLHT ou Vérité Action,
l'Observatoire International des Prisons... Des travaux académiques
ont aussi été reconnus par les instances universitaires,
les travaux forts instructifs et intéressants de Si Abdelhamid
Larguèche sur l'histoire des marginaux, y compris dans les
prisons, ainsi que la thèse de socilogie de Sami Nasr sur la
sociologie de la prison. Le journaliste Hédi Yahmed a réalisé
une enquête encore mémorable sur les prisons tunisiennes.
Elle a été traduite dans plusieurs langues...
Ce matériau permettra certainement aux victimes et à
leurs proches de reprendre le flambeau et de s'organiser, et pour
réunir cette mémoire, et pour exiger la libération
des prisonniers politiques et leur permettre une pleine réhabilitation
socio-professionnelle et une pleine réintégration de
la vie en société. Celle-ci doit répondre à
leurs besoins spécifiques et les prendre en charge.
La mémoire des Palestiniens en Tunisie:
Nos frères palestiniens ont partagé
avec nous une partie de cette mémoire, avec leur séjour
en Tunisie, à Hammam-Chatt où la Tunisie avait accueilli
le Quartier général de feu Yasser Arafat, le siège
de l'Information Unifié de l'OLP, Radio Palestine et le Croissant
Rouge palestinien. A Ezzahra où le stratège Mounir Chafiq
dirigeait les bureaux du Centre palestinien des Recherches et des
Etudes", centre d'études stratégiques par excellence.
A Oued Zarga où les combattants de l'OLP ont trouvé
le repos du Combatant, à Mutuelleville, à La Marsa,
à Sidi Bousaïd, à Solimane, à Bordj Cédria,
à Hammam-Lif où les différents cadres de l'OLP
ont trouvé réfuge avant que le bunker de Carthage (Palais
présidentiel transformé par le Général
Ben Ali en bunker de gouvernement sousterrain) ne refuse de renouveler
leurs cartes de résident (de Dix ans) délivrées
sous les ordres express du pouvoir régalien de feu Habib Bourguiba.
Nos frères palestiniens ont apporté beaucoup à
l'activité culturelle en Tunisie, à Hammam-Lif surtout,
mais aussi à notre perception nous autres tunisiens de la cause
palestinienne. La cohabition au quotidien avec des victimes et des
proches de victimes rendait encore plus parlante la souffrance et
la résistance légendaire du peuple palestinien. Les
tunisiennes et les tunisiens n'oubliront jamais le 1er octobre 1985
où l'armée israléelienne a entrepris, de transgresser,
par le crime, la souverainté d'un Etat souverain et d'abattre
ses hôtes sur son sol. Ils n'oubliront jamais les Abou Jihad
, Abou Iyad et les autres matyrs tombés sur le sol de Ifriqiya
ou ailleurs avec la participation hélas des enfants ratés
de la Tunisie. Comme des citoyens qui re spectent dans un Etat qui
se respecte, ils demanderont des comptes aux responsables des défaillances
et aux collabos...
L'amnésie de la nouvelle "diplomatie" du nouveau
Vizir:
Que le Vizir Abdallah ne se rappelle pas, c'est son
problème d'amnésique et point celui des tunisiens restés
fidèles et loyaux à leurs hôtes, leurs invités,
leurs frères d'hier, d'aujourd'hui et de toujours.
Que la nouvelle "diplomatie", du nouveau Vizir, semble vouloir
oublier les fondements et les principes de la Diplomatie tunisienne,
forgées parfois dans la douleur, cela ne changera en rien l'attachement
de la Tunisie toute entière à la cause palestinienne,
au rétablissement du peuple palestinien dans ses droits nationaux
inaliénables. En premier lieu desquels son droit à établir
un Etat Indépendant, certes, mais surtout Souverain, Viable,
Maître de ses richessses et de son destin, avec des frontières
reconnues, établies selon la légalité internationale,
et surtout avec sa capitale Al Quds Al-Charif. Point, Monsieur le
Vizir...
Merci encore à Abdel Naser pour ce beau cadeau de Gaza, la
palestinienne.
Les martyrs du mouvement national des prisonniers
par Abdel Naser Ferwana , directeur du département des statistiques
du ministère palestinien aux Affaires des prisonniers et libérés
, ancien prisonnier, aferwana@gawab.com
A partir des informations obtenues au cours des ces dernières
années et des rapports officiels du ministère palestinien
aux affaires des prisonniers et libérés, et malgré
les légères différences d'estimation entre les
uns et les autres, nous considérons que les martyrs du mouvement
national de prisonniers se compte par dizaines, alors que des milliers
de prisonniers sont en sursis. Les chiffres risquent à tout
moment d'augmenter si nous ne prenons pas des mesures fermes pour
mettre fin à l'indifférence générale concernant
cette question.
La mort est ordinaire et elle prend plusieurs formes, la plus sacrée
est le martyre. Les martyrs ont pour nous une importance particulière.
Ils sont nos couronnes et illuminent notre avenir. Ils furent les
plus généreux, ils ont défendu la voie, ont lutté
dans la voie de la foi, de la patrie et de la liberté. Ils
ont arrosé la terre de notre patrie par leur sang, ont écrit
les pages illustres de notre histoire, qui ne peut jamais s'oublier.
Notre histoire palestinienne est jalonnée de milliers de martyrs.
Dans notre marche en avant, leurs visages sont toujours là,
les yeux souriants, à chaque martyr ses histoires et ses récits,
mais les histoires et les récits des martyrs du mouvement des
prisonniers restent particulières : ils étaient des
prisonniers, ils manquaient de tout, ils étaient dépourvus
des moyens de résistance, ils ne possédaient que l'arme
de la détermination, de la volonté et de l'espoir en
la liberté et la victoire.
Ils étaient isolés, mais pas isolés de leur peuple,
ils étaient une partie essentielle du peuple. C'est pourquoi
ils furent la cible de l'occupation. Ils furent les victimes de divers
crimes de l'occupation. Ils furent les victimes de méthodes
barbares et inhumaines, méthodes condamnées par les
traités, conventions et lois internationales.
Au cours de cette longue marche vers la liberté, 181 prisonniers
sont tombés, de différentes manières, selon les
sources du ministère palestinien aux affaires des prisonniers
et libérés. Et j'espère que le dernier soit le
martyr Jawad Adel Abu Mghayseb, qui a porté le n°181, de
Deir el Balah, au centre de la bande de Gaza, décédé
le 28 juillet dernier, dans le camp de détention militaire
Ansar 3, situé dans le Naqab, du fait de la négligence
médicale.
Mais ce n'est pas tout. Il y a des centaines de prisonniers décédés
après leur libération, du fait de ces pratiques barbares,
du fait des séquelles de la prison. Citons parmi eux Fayez
al-Badawi, Walid Ghoul, Abdel Wahab Masri, Talal Tahan, Saleh Dardouna,
Ahmad Khadra, Shayboub, Mahmoud Abu Madhkour. Le dernier martyr dans
ce cas est le martyr arabe syrien, le prisonnier libéré
Hayel Hussayn Abu Zayd, décédé à l'hôpital
Rambam à Haïfa, le 7 juillet 2005.
Par ailleurs, des centaines de prisonniers souffrent de maladies chroniques,
de blessures diverses, en attendant une mort certaine tant que la
politique de la négligence médicale suivie par les directions
des prisons israéliennes n'est pas changée. Tout comme
il y a des milliers de prisonniers libérés qui continuent
à souffrir des maladies dues à la prison, à la
torture et autres mauvais traitements.
Nous sommes face à une foule de victimes, certains sont décédés
en prison ou après leur libération, d'autres attendent...
Les prisonniers, cobayes des industries pharmaceutiques
israéliennes
De par notre expérience, de par les enquêtes et les recherches,
nous savons que plusieurs prisonniers libérés ont été
atteints de maladies soit chroniques, soit difficiles, même
plusieurs années après leur libération. Une étude
statistique montre que l'expérience de la prison et de la torture
ne sont pas étrangers à ces maladies. Ce qui renforce
cette assertion, c'est le fait qu'un membre de la Knesset israélien,
président d'un comité scientifique, Dalia Ezek, a fait
état il y a quelques années de l'existence de 1000 expériences
de médicaments dangereux, en phase d'essai, faites sur les
prisonniers palestiniens et arabes en Israël. Le ministère
israélien de la santé s'est habitué à
donner des milliers d'autorisations tous les ans, à des formes
pharmaceutiques, pour mener des expériences sur les prisonniers
palestiniens, comme l'a découvert Ami Levtat, présidente
du département des médicaments dans le ministère
israélien de la santé, devant la Knesset, ajoutant que
tous les ans, 15% d'autorisations supplémentaires sont données
par le ministère pour mener les expériences de ces médicaments
sur les prisonniers arabes et palestiniens.
Il est évident que de telles pratiques sont une violation flagrante
de l'article 13 de la convention de Genève relative aux prisonniers.
Ce qui signifie qu'en réalité, les martyrs du mouvement
national des prisonniers ne s'élèvent pas à 181
seulement, mais ceux-là font partie d'une longue liste qui
risque de s'allonger si nous n'agissons pas rapidement.
Concernant les 181 martyrs du mouvement des prisonniers, décédés
entre 1967 jusqu'à ce jour, nous pouvons relever trois causes
principales : la torture, la négligence médicale et
l'exécution de sang froid du détenu lors de son arrestation.
Certains prisonniers ont été également éxécutés
par les gardiens et milices des prisons.
La torture
70 prisonniers sont décédés
du fait des tortures. Le premier martyr est Yousef Jabali, décédé
au début de l'année 1968 dans la prison de Naplouse.
Nous avons également les martyrs Younes Abu Sbitan, Awn al-Ar'ir,
Muhammad al-Khawaja, Ibrahim Ra'i, Khadr Tarazi, Mustafa Akawi, Atiya
Za'anin, Khaled Sheikh Ali, Abdel Samad Hurayzat,....
Israël est le seul Etat dans le monde à avoir légalité
la torture dans ses prisons qui est devenue la méthode essentielle
de son comportement avec les prisonniers. Les recommandations de la
commission Landau en 1987, approuvées par la Knesset, ont mis
les bases de la légalité de la torture en protégeant
les services de renseignements qui en sont les principaux responsables.
Après le scandale suscité par les médias suite
au décès du prisonnier Abdul Samad Hurayzat, le 25 avril
1995, dans les dédales du centre d'interrogatoire d'al-Moskobiyya,
qui venait de subir la pratique des secousses, la cour suprême
de l'Etat d'Israël a émis plusieurs décisions en
1996 qui autorisent les instructeurs de la sécurité
israélienne à utiliser les pressions corporelles modérées,
si l'instructeur est certain que le prisonnier cache des informations
importantes pour la sécurité de l'Etat, ce que les services
de sécurité et juridiques de l'Etat ont nommées
"la bombe à retardement". L'instructeur a donc le
droit d'utiliser la pression corporelle renforcée et la méthode
de la secousse violente contre les détenus, lors des interrogatoires,
à condition que l'instructeur ait reçu l'autorisation
de son responsable hiérarchique, remontant jusqu"au directeur
de la Shabak, s'il a "besoin" d'utiliser des méthodes
de plus en plus poussées.
Mais en septembre 1999, la cour suprême de cet Etat a émis
une décision interdisant l'utilisation des moyens corporels
contre les détenus. Mais cette décision n'a pas été
traduite dans les faits, ni n'a supprimé l'utilisation de la
torture ni l'a limitée.
Bien que de nombreux traités et conventions internationales
aient interdit l'usage de la torture, comme la déclaration
universelle des droits de l'homme en 1948, le traité international
pour les droits civiques et politiques de l'année 1966, le
traité contre la torture du 26 juin 1987 représente
la date de son application effective.
Le gouvernement de l'occupation a utilisé, concernant la torture,
près de 80 formes de torture physique et morale, comme le Shabeh,
la secousse violente, les coups, la mise en frogi, les brûlures
de cigarettes, l'interdiction de sommeil, le harcèlement sexuel,
l'isolement. Ces formes n'ont pas été utilisées
contre uniquement des jeunes gens ou des hommes de la résistance,
mais contre les enfants, les vieillards et les femmes, et même
contre les proches, les amis et les voisins des prisonniers.
Ceux qui furent torturés n'ont pas tous survécu pour
nous parler de ce qu'ils ont subi, et ceux qui ont survécu
n'ont pas tous les capacités de nous en parler, mais beaucoup
de ceux qui ont survécu ont parlé, avec amertume, de
ce qu'ils ont subi. Ils gardent toujours les conséquences de
ces actes subis, bien qu'ils aient été libérés
depuis plusieurs années.
J'ai personnellement vécu plus d'une expérience d'interrogatoires,
mais la plus dure fut celle de la fin de l'année 1989, où
je suis resté dans les cellules des interrogatoires près
de 100 jours. J'ai subi les pires formes de torture : des jours et
des nuits plié dans un frigo, où je n'en sortais que
pour les interrogatoires. Je garde toujours en souvenir l'image de
cet instructeur, qui jouissait de nous torturer. Mais je garde en
moi surtout l'image du prisonnier martyr Khaled Sheikh Ali, qui est
décédé dans les cellules de la torture dans la
prison de Gaza, le 12 décembre 1989. J'étais à
ce moment dans "al-maslakh" (l'abattoir) ou ce que nous
avons appelé al-bass (le bus) qui est un long couloir ressemblant
à un bus, où les prisonniers étaient alignés,
sur deux côtés, debout ou assis sur des chaises, spéciales
pour la torture, les cellules de la torture sur les deux côtés,
à l'arrière. Les instructeurs se mettent tout à
coup à gesticuler, à crier, mettant une barrière
derrière nous afin que nous ne voyons pas ce qui se passe,
par les trous des sacs qui enfermaient nos têtes. Mais nous
avions compris, par leurs dicussions en hébreu, que quelque
chose est arrivé à l'un des prisonniers. Quelques jours
plus tôt, le 3 décembre, j'étais dans une cellule
minuscule, sale, où les raysons du soleil n'arrivaient jamais.
Elle portait le numéro 14. D'un coup, nous avons entendu une
voix, un cri, en arabe, venant d'un traître qui travaille dans
les cellules. Il venait d'ouvrir la cellule n°12, et avait trouvé
le martyr Jamal Abu Sharkh étendu après les séances
de torture. Ils l'avaient torturé sauvagement et ensuite, exécuté,
pour se venger, car il avait écrasé plusieurs soldats
israéliens dans la rue an-Nasr, à Gaza, tuant et blessant
plusieurs d'entre eux.
C'est un sentiment de vengeance qui s'élève en moi lorsque
je me remémore ces faits, avec la douleur et l'amertume. Vengeance
non seulement envers les instructeurs mais envers ceux qui leur ont
donné les ordres et le droit de le faire, leur assurant toute
la protection nécessaire. Mais je ressens également
de la honte, car en tant que prisonniers libérés, en
tant que juristes et acteurs dans des institutions humanitaires, nous
n'avons pas réussi à mettre fin à cette torture,
comme nous n'avons pas encore réussi à poursuivre ces
criminels ni à soutenir leurs victimes.
Le quotidien Haaretz a dévoilé il y a peu de temps dans
un rapport que les instructeurs israéliens se réjouissaient
en torturant les prisonniers. Pour eux, tout Palestinien était
un ennemi. La cause de ces pratiques inhumaines envers les prisonniers
est leur certitude, au soldat et à l'instructeur, qu'ils ne
seraient pas sanctionnés pour leurs actes, mais au contraire,
qu'ils seraient soutenus par leurs collègues et responsables.
Aucun responsable israélien n'a jamais été traduit
devant une quelconque instance pour être jugé ou questionné
à propos des crimes de guerre qu'il a commis dans les cellules
des interrogatoires et dans les prisons, car la loi israélienne
lui a assuré la protection et interdit de les traduire en justice.
Le rapport indique aussi que la vie du prisonnier palestinien ne vaut
plus rien pour l'institution militaire et sécuritaire israélienne,
jusqu'au point où des soldats ont déclaré que
les actes et pratiques de d'humiliation et de déshumanisation,
de répression sauvage qu'ils menaient envers les prisonniers
ne représentaient pour eux qu'un des moyens de passer le temps
et de se réjouir.
Les pratiques envers les prisonniers menacent leurs vies tous les
jours. Les diverses statistiques indiquent qu'il est rare qu'un prisonnier
ne soit pas soumis à une au moins des formes de torture, la
plupart sont traités de façon inhumaine et dégradante.
99% des prisonniers ont été soumis aux coups, 93% ont
été soumis à la privation de sommeil, 92% ont
été mis en position de bout pendant de longues périodes,
88% ont été soumis au shabeh (positions pour briser
le dos du détenu), 68% ont subi la mise en frigo.
Israël : premier exportateur des outils de torture
Israël ne s'est pas contenté d'être
le seul Etat à légaliser la torture, mais il est le
premier Etat producteur et exportateur des outils de torture. Dans
un rapport d'un organisme international spécialisé dans
les droits de l'homme, intitulé "les marchands de la douleur",
il est mentionné que l'Etat d'Israël est l'Etat qui produit
le plus d'outils de torture, comme les menottes, les chaînes,
les sièges, des produits chimiques divers comme les gaz pour
les nerfs, les gaz lacrymogènes, les appareils de choc électriques.
Concernant les prisonniers décédés des suites
de la torture, une comparaison entre les martyrs de la première
Intifada et la seconde nous montre que pendant les sept années
de la première intifada, 23 prisonniers sont décédés
des suites de la torture, alors que pendant les cinq années
de l'Intifada al-Aqsa, deux prisonniers sont décédés
des suites de la torture.
La négligence médicale
40 prisonniers martyrs sont décédés
du fait de la négligence médicale dans les prisons israélienne,
le premier étant le martyr Abdel Qader Abul Fahem, qui est
décédé au cours des grèves du mouvement
national des prisonniers, au milieu de 1970, dans la prison de Ascalan.
D'autres prisonniers martyrs sont décédés des
suites de la négligence médicale, comme Hajj Ramadan
al-Banna, Umar Awadallah, Umran Abu Khalaf, Ishaq Maragha, Rasem Halawi,
Ali Jaafari, Anis Dawla, Salah Abbas, Salim Abu Sbeih, Umar Qasem,
Qandil Alwan, Hussayn Ubaydat, Yousef Ar'ir, Muhammad Dahamine, Walid
Amrou, Bashir Uways, Muhammad Abu Hadwan, Rasem Ghunaymat, Bashar
Bani Odeh, ...
C'est une politique délibérée et systématique
pratiquée dans les prisons israéliennes : elles sont
dépourvues de centres de soin appropriés, de médecins
spécialistes, et des médicaments nécessaires.
La pilule de l'acamol est ce qui devrait soulager tous les maux. Cette
pratique de la négligence médicale est en violation
avec les conventions de Genève relatives aux prisonniers..
L'association internationale de l'amitié avec les humains,
dont le siège est à Vienne, a écrit dans un rapport
publié au milieu de cette année que les "détenus
palestiniens dans les prisons israéliennes vivent des conditions
exceptionnelles concernant la santé, il est rare que des détenus
ou prisonniers vivent dans de telles conditons dans d'autres régions".
Le médecin dans la prison israélienne est le seul médecin
au monde qui puisse soulager tous les maux sur cette terre, avec une
seule pilule, qui s'appelle acamol, qui contient du paracétamol.
Il est vrai qu'il utilise parfois l'eau courante, un simple verre
d'eau soulagerait le prisonnier, selon lui. L'absence des médecins
spécialisés, des soins spécialisés, ou
les appareils médicaux spécifiques pour aider les prisonniers
dont les membres sont artificiels, ou ceux qui ont besoin de lunettes,
ou d'appareils respiratoires particuliers, l'absence de pièces
spécifiques pour isoler les prisonniers atteints de maux qui
se propagent, le transport des malades vers les hôpitaux dans
des camions non aérés, les pieds et les mains attachés,
tout cela concourt à accentuer la politique délibérée
de la négligence médicale.
A cela il faut ajouter la malnutrition, avec le manque de calcium,
la prolifération des insectes, des odeurs nauséabondes
des égoûts, la forte chaleur et le froid mordant surtout
dans les prisons situées dans le Naqab, ainsi que les pressions
psychologiques auxquels sont soumis les prisonniers, tous ces facteurs
favorisent les maladies, les crises cardiaques.
Le médecin de la prison se comporte avec le prisonnier comme
s'il se trouvait en face d'un ennemi. Le médecin pratique souvent
la torture du prisonniers et est un des éléments du
chantage exercé sur le prisonnier, qui consiste à lui
proposer un traitement en contrepartie de renseignements ou des renseignements.
Dès l'arrestation, lorsque le prisonnier est emmené
dans le centre de détention, il est vu par un médecin
qui devrait établir son état de santé, mais non
pour le soigner en cas de problèmes, mais surtout pour en informer
les services de renseignements qui déterminent ses points faibles
au niveau de sa santé : ce qui est utile pour savoir quelle
méthode de torture utiliser, quelles pressions exercer, les
zones corporelles utiles à frapper, etc...
Une comparaison entre les prisonniers martyrs au cours de la première
Intifada et l'Intifada al-Aqsa montre que au cours de la première
Intifada (7 ans), 11 prisonniers sont décédés
des suites de la négligence médicale, et 10 prisonniers
sont décédés au cours de l'Intifada al-Aqsa (5
ans).
Les exécutions après les arrestations
71 prisonniers ont été exécutés
après avoir été arrêtés. Qasim Ahmad
Al-Jaabari de la ville d'al-Khalil, qui fut exécuté
le 27 mai 1969 en le jetant d'un avion israélien après
son arrestation. Il y a aussi les martyrs Ahmad Abu Diy, Haris Abu
Haya, Ali Abu Sultan, Hasan Abu Rakba...
Il s'agit d'une ancienne politique pratiquée contre les prisonniers,
dès les premières années de l'occupation mais
elle s'est étendue au cours de l'Intifada al-Aqsa, avec 47
martyrs, alors qu'au cours des vingt années de l'occupation
de 1967 à 1987, 16 prisonniers ont été exécutés.
Les exécutions sont menées sous différentes formes,
soit juste après l'arrestation, le prisonnier est tué
par un coup de feu, tiré de près, ou il est emmené
à un lieu où il est exécuté, prétendant
qu'il a essayé de fuit. Les coups de feu peuvent être
tirés de loin en prétendant que le prisonnier essayait
de s'enfuir, alors qu'ils savent qu'il n'est pas armé et qu'il
est facile de le rattraper.
Il y a aussi la méthode de laisser un blessé se vider
de son sang jusqu'à sa mort, en le frappant, le torturant et/ou
en refusant de lui apporter les soins.
Certains martyrs ont été exécutés par
les geôliers dans les prisons. Ils sont au nombre de 6. Ils
sont décédés lors des affrontements entre les
geôliers et les milices d'une part et les prisonniers de l'autre.
Le prétexte des coups de feu et des exécutions est que
le prisonnier s'est approché du soldat ou du geôlier
pour l'agresser, ou bien qu'il cherchait à s'enfuir. Dans tous
les cas, le prisonnier n'est pas armé, il ne représente
aucunement un danger pour la vie de ces gardiens ou soldats armés
jusqu'aux dents.
Parmi les prisonniers exécutés de cette maière,
Asaad Jabra Shawa de Gaza, Ali Ibrahim Samoudi d'al-Yamoun (Jénine)
qui furent exécutés dans la prison du Naqab, le 16 août
1988, Nidal Zuhdi Dib de Ramallah, exécuté le 8 février
1989 à Meggido, Abdallah Muhammad Abu Mahrouqa, de Deir Balah,
éxécuté le 2 septembre 1989 à Ansar II.
D'après les chiffres fournis par le ministère palestinien
aux affaires des prisonniers et libérés, les martyrs
parmi les prisonniers furent les plus nombreux au cours de l'Intifada
al-Aqsa, en comparaison avec les périodes 1967 - 1987 et celle
de la première Intifada. Ce qui prouve que l'Etat d'Israël
a adopté une politique systématique visant à
tuer et exécuter les prisonniers.
Les raisons d'une telle politique
Lorsque l'Etat d'Israël a occupé le reste
des régions palestiniennes, en 1967, sa présence s'est
étendu dans toutes les régions et les camps. Il axait
sa politique répressive sur les arrestations massives, de façon
à obtenir des informations sur la résistance et le lieu
de son action. Au cours des vingt années qui ont suivi l'occupation,
de 1967 à 1987, 400.000 Palestiniens ont été
arrêtés, ce qui représente 20.000 par an.
Au cours de cette période, les méthodes dures et mortelles
ont été utilisées dans les cellules des interrogatoires
envers ceux qui sont considérés comme étant les
responsables des actes de résistance ou comme étant
les dirigeants de la résistance. Malgré la torture,
les résistants refusaient d'avouer, ce qui explique le nombre
important de martyrs, décédés par suite des tortures,
au cours de cette période.
Au cours de la première Intifada, les arrestations se sont
encore étendues, 200.000 arrestations entre décembre
1987 et ma mi-1994, soit 30.000 par an.
Entre la mi-1994 et le début de l'Intifada al-Aqsa, au cours
de l'instauration de l'Autorité Palestinienne, les arrestations
furent moins importante, elles sont estimées cependant à
10.000, et le nombre de martyrs au cours de cette période chute
à 8 martyrs.
Au cours de l'Intifada al-Aqsa, la situation est entièrement
changée. Les forces de l'occupation ne domiment plus toutes
les villes et ne sont plus présentes dans toutes les régions,
malgré leur puissance militaire à laquelle il faut ajouter
leur immoralité. Les forces de l'occupation ont envahi des
villes et procédé à des campagnes d'arrestations
massives, touchant toutes les catégories de la population (jeunes,
enfants, vieillards). Entre le 28 septembre 2000 et juillet 2005,
40.000 Palestiniens ont été arrêtés, soit
8000 par an.
Mais les résistants actifs étaient toujours dans les
régions palestiniennes. Les forces de l'occupation, au lieu
de se retirer, ont au contraire intensifié leur politique d'assassinats.
C'est ce qui explique que pour les résistants faits prisonniers,
les forces de l'occupation les exécutaient par vengeance la
plupart du temps, à cause de leur rôle dans la résistance,
comme Abu Jandal et Ali al-Joulani.
Les autorités de l'occupation ont poursuivi leur politique
d'assassinats parce qu'elles n'ont pas été fermement
dénoncées par les gouvernements et les organismes internationaux
de défense des droits de l'homme, alors qu'il s'agit de crimes
de guerre. Aucune politique de dissuassion n'a été levée
en face des pratiques israéliennes qui sont pourtant de graves
violations des droits de l'homme, et notamment du droit à la
vie.
Il faut ajouter que parmi les 181 martyrs parmi les prisonniers, 7
martyrs sont originaires des pays arabes et d'ailleurs, comme Muhammad
Khurayzat, du Liban, qui a été exécuté
deux jours après son arrestation, Hasan Sawarka, d'Egypte,
décédé au cours de la torture à la prison
de Ascalan, Umar Shalabi, de Syrie, décédé sous
la torture dans la prison de Ascalan, Nasar Huwaytat, de Jordanie,
décédé à cause de la négligencemédicale
à l'hôpital de la prison de Ramleh, Naser Hayb, de Syrie,
décédé sous la torture dans la prison de Ramleh,
Salah Abbas, d'Irak, Mikhaël Baba Lazaro, de Grèce, décédé
en 1983 à l'hôpital de la prison de Ramleh.
Appel
En conclusion de cette étude, je m'adresse
à toutes les organisations et organismes des droits de l'homme,
à tous les hommes et femmes épris de paix et de démocratie
dans le monde, leur demandant de considérer la question des
prisonniers comme une question centrale pour le peuple palestinien.
Seule la libération de tous les prisonniers peut permettre
la réussite de tout accord pour une paix juste.
Il est nécessaire que des plaintes soient déposées
devant les tribunaux internationaux contre les responsables des actes
de tortures commis dans les prisons israéliennes.
L'Autorité palestinienne, les forces nationales et islamiques
ainsi que les institutions civiles doivent agir pour mettre en place
des structures d'aide aux victimes de la torture, pour les prisonniers
libérés, des structures pour les aider à la réinsertin
sociale, professionnelle et psychologique.
Afin de préserver la mémoire des martyrs du mouvement
national des prisonniers, il est important de travailler à
réunir toute la documentation nécessaire.
Et gloire à tous nos martyrs.