« La trêve est morte »
Les organisations armées palestiniennes ont prévenu
que la période d'accalmie observée depuis mars dans
les attaques anti-israéliennes prendrait fin comme prévu
samedi à minuit.
Cette "accalmie", période sans précédent
depuis le début de la deuxième intifada en septembre
2000, a été obtenue par Mahmoud Abbas après la
conclusion d'une trêve en février entre le président
palestinien et le Premier ministre israélien Ariel Sharon.
"Nous, au sein du Djihad islamique et des factions de la résistance,
sommes libérés de notre engagement envers cette accalmie",
a déclaré à Reuters Khader Habib, un dirigeant
du mouvement extrémiste palestinien.
Les organisations radicales estiment que cette accalmie ne leur a
finalement pas apporté les résultats escomptés,
puisque Israël a poursuivi ses raids contre les activistes sans
libérer tous les prisonniers palestiniens. Les autorités
israéliennes affirment que leurs opérations militaires
visent à empêcher des attentats.
L'Etat juif fait porter à Abbas la responsabilité du
respect de cette accalmie, car la trêve a été
conclue avec le président palestinien et non avec les groupes
armés.
FAIBLES CONSÉQUENCES SUR LE TERRAIN?
"L'Autorité palestinienne doit revenir à la raison",
a prévenu un responsable israélien.
La fin officielle de la période d'accalmie ne devrait toutefois
pas entraîner de changements radicaux sur le terrain.
Le Djihad islamique a déjà commis des attentats depuis
le mois de mars, présentés à chaque fois comme
des représailles à des initiatives israéliennes.
Pour sa part, le Hamas, voué comme le Djihad à la destruction
d'Israël, n'a pas annoncé de manière explicite
une reprise de ses attaques anti-israéliennes, même s'il
affirme ne plus se sentir lié à la trêve.
Le Mouvement de la résistance islamique joue pour la première
fois la carte institutionnelle en participant aux élections
législatives du 25 janvier. Il semble promis à de bons
scores et toute flambée de violences dans les territoires palestiniens
mettrait en péril le processus électoral.
"Le Hamas et (sa branche armée) Kassam réagiront
de manière appropriée à toute agression sioniste
et préserveront de cette manière le processus électoral
et le sang des Palestiniens", a déclaré un porte-parole
du mouvement.
De leur côté, les Brigades des martyrs d'Al Aksa, émanation
du Fatah d'Abbas, ont été parmi les plus actives dans
les tirs de roquettes contre Israël.
"La trêve est morte. En poursuivant ses assassinats et
son occupation, Israël l'a tuée bien avant son expiration
officielle", a jugé Abou Koussaï, un porte-parole
des Brigades. "L'équation, c'est bombardement contre bombardement,
civils contre civils."
Source : Reuters, 31 décembre 2005
« Un nouveau Noël sous occupation
pour les Chrétiens de Terre sainte »

L’entrée de la basilique de la Nativité
à Bethléem |
Message de Noël 2005 de Mgr Michel Sabbah,
patriarche latin de Jérusalem/Al Qods
Frères et Sœurs,
Heureuse et sainte fête de Noël.
1. Notre message est celui des anges le jour de Noël: “Soyez
sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie: aujourd’hui
vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur »
(Lc 2 :10-11). Soyez sans crainte, malgré toutes les difficultés
que nous vivons et qui peuvent inspirer la peur et l’insécurité.
Jésus nous dit aussi : « Que votre cœur ne se trouble
ni ne s’effraie » (Jn14.27). Avec la foi, avec la lumière
et la sagesse, nous pouvons fonder notre sécurité, et
contribuer à la tranquillité générale
dont a besoin notre société.
Le deuxième message de Noël est la joie. L’ange
dit : « Je vous annonce une grande joie : un Sauveur vous est
né qui est le Christ Seigneur ». Que la joie, qui provient
de la grâce de Dieu, comble vos cœurs, car vous en avez
besoin dans les souffrances que vous endurez. A tous nos fidèles,
à tous ceux qui ont peur, ceux qui comptent parmi les membres
de la famille un prisonnier ou quelqu’un sous les tortures,
à ceux qui ont connu la mort, à tous ceux qui sont enclins
à remplir leurs cœurs de haine, nous disons : Purifiez
vos cœurs, et que la joie de Noël renouvelle en vous toute
votre vie.
Notre message à tous nos fidèles et à tous nos
frères et sœurs dans cette Terre Sainte, à tout
palestinien et à tout israélien : Dieu vous a créé
non pour avoir peur l’un de l’autre ou pour vous entretuer,
mais pour vous aimer les uns les autres, pour construire et collaborer
ensemble.
2. A nos chefs politiques qui décident par leur politique de
la vie ou de la mort de plusieurs dans cette Terre Sainte, nous disons
: « Soyez des constructeurs de la vie, non de la mort. Apprenez
enfin que la démolition, la mort et la lutte n’ont porté
et ne porteront que démolition, mort et permanence de la lutte.
Il est temps de changer de voies et de prendre les bonnes décisions
pour arriver une fois pour toutes à la paix et à la
justice. Toute lenteur à résoudre, avec la permanence
des injustices sous ses différents aspects, le mur, les barrières,
les prisonniers, les assassinats, tout cela ne fait que nourrir la
violence. Lorsque les injustices cesseront, la violence cessera et
la sécurité règnera. Nous espérons pouvoir
commencer une nouvelle période dans laquelle toute violence
cessera des deux côtés, israélien et palestinien.
Et nous répétons : la sécurité pour les
Israéliens veut dire liberté et souveraineté
pour les Palestiniens. Deux réalités interdépendantes
et incontournables. Et les demi-mesures, demi liberté, ou demi-souveraineté,
ne nous mèneront nulle part, sinon à retomber dans un
cycle de violence et d’insécurité interminable.
La position palestinienne actuelle qui consiste à réclamer
tous les droits avec les voies de la non-violence dit que la paix
et la justice sont choses possibles. Du côté israélien
aussi, nous avons vu et entendu de nouveaux signes et de nouvelles
expressions. Nous espérons qu’ils indiquent une nouvelle
vision et une nouvelle décision. Les difficultés sont
nombreuses. Mais une volonté sincère réduit toute
difficulté et lui trouve la solution. Si par contre il n’y
a pas de volonté sincère chaque difficulté devient
un obstacle insurmontable. Notre Terre Sainte est assoiffée
de retrouver sa paix et sa sainteté. Procurez aux deux peuples
la vie, la sécurité et la dignité qu’ils
réclament. Le gouvernement est don et service, et non l’occasion
d’occuper des sièges ou de faire des bénéfices.
Il faut mettre fin aux souffrances multiples qui ont trop duré
dans cette terre. Nous espérons que nos chefs cette fois mettront
toutes leurs énergies pour accomplir ce qu’il fallait
accomplir depuis toujours : la paix et la justice pour deux peuples
capables de vivre côte à côte en paix et en bon
voisinage.
3. Frères et soeurs, vivant ici tout près de la grotte
de Bethléem, à vous et au monde entier, qui tourne ses
regards aujourd’hui vers Bethléem, ville du Prince de
la Paix, je vous souhaite un Noël de sainteté et de courage
pour écarter toute peur et toute violence et pour construire
la paix et la justice dont tous nous avons besoin.
Heureuse et sainte fête de Noël.
Source : patriarchate_press@hotmail.com
Ils voulaient aller à Bethléem,
ils sont en prison !
Tôt le matin du mardi 20 décembre, les autorités
israéliennes de l'aéroport de Tel Aviv ont arrêté
un groupe d'observateurs internationaux qui allaient assister à
une conférence de paix pour Noël à Betlhéem.
Après de longs interrogatoires, deux d'entre eux (2 Britanniques)
ont été autorisés à entrer dans le pays
et trois ont été refusés pour "raisons de
sécurité".
Les trois personnes(Afrique du Sud, Italie, Australie) ont l'intention
de s'opposer à cette décision devant les tribunaux israéliens.
Maintenant, ils vont passer Noël en prison au lieu de le passer
à Betlhéem.
Ce sont des pacifistes expérimentés qui allaient assister
à la conférence "Célébrer la Non-Violence"
qui doit se tenir dans la ville palestinienne en début de semaine
prochaine.
Ils avaient tous travaillé précédemment en tant
qu'observateurs internationaux dans les territoires palestiniens.
Le porte-parole, Charlotte Carson, a déclaré : "Nos
collègues ont été empêchés d'assister
à une conférence sur l'activisme non-violent parce qu'ils
sont des activistes non-violents. Il est clair qu'Israel a peur du
pouvoir de la non-violence."
Les détenus sont tous membres d'Access for Peace in the Middle
East, un groupe de pression qui a l'intention de contester la criminalisation
des pacifistes et l'isolement délibéré des Palestiniens
de la surveillance et de l'aide internationales.
Robin Horsell, un Sud-Africain basé au Royaume Uni qui a autrefois
fait campagne contre l'Apartheid a donné ses raisons pour une
action en Justice :
"Israel donne de fausses raisons pour l'expulsion ou le refus
d'entrée. Mais la véritable raison est notre soutien
aux Droits de l'Homme et à la justice. Nous espérons
que cette action en justice créera un précédent
qui permettra dans le futur un libre accès aux territoires
palestiniens pour les citoyens internationaux."
Cette campagne est soutenue par de nombreux pacifistes, y compris
Jews for Justice for Palestinians, Nonviolence international, George
Monbiot, Angie Zelter, Jeremy Hardy et Juifs Européens pour
une Paix Juste.
Notes :
Depuis 2000, les autorités Israéliennes ont refusé
l'entrée dans les Territoires Palestiniens Occupés à
des centaines de citoyens internationaux qui avaient l'intention de
travailler avec des organisations populaires telles que le Mouvement
International de Solidarité (ISM), Christian Peacemaker Teams,
l'International Women’s Peace Service, et à de nombreuses
autres ONG qui fournissent une aide humanitaire à la population
civile occupée.
Israel se décrit comme 'la seule démocratie au Moyen-Orient',
pourtant sa pratique d'obstruer le passage à des centaines
d'observateurs et pacifistes remet en question ses références
démocratiques.
Selon l'organisation palestinienne du Croissant Rouge (l'équivalent
de la Croix Rouge), au cours des cinq dernières années,
3754 hommes, femmes et enfants palestiniens sont morts des actions
militaires israéliennes. La grande majorité de ces victimes
étaient des civils.
Pour plus d'informations, contactez :
Charlotte: +44 (0) 7768 305897 : charlotte@ism-london.org
ou Roger +44 (0) 7785 792107 : info@ism-london.org
Source : www.palsolidarity.org. Traduction : MG pour ISM
Violentes confrontations et assassinats à
Naplouse: "La résistance répondra aux violations
israéliennes"
Ce matin, les forces armées israéliennes ont assassiné
trois Palestiniens de Naplouse: Bashar Hanani, commandant des Brigades
Abu Ali Mustapha dans la ville, qui était recherché
par les autorités israéliennes depuis trois ans, son
assistant Anas Al Sheikh et Ahmad Jayousi des Brigades de Al Aqsa.
Les assassinats se sont produits après que plus de quarante
patrouilles israéliennes soient entrées dans le quartier
ouest de Jneid accompagnées de bulldozers et de véhicules
blindés.
L'armée a encerclé le bâtiment de Okal après
qu'elle ait appris que les combattants s'étaient enfermés
à l'intérieur.
Un porte-parole de l'armée a dit que ses forces poursuivaient
six activistes mais que trois avaient pu s'échapper et que
trois autres étaient morts après une violente confrontation
armée dans le bâtiment.
Des témoins ont dit à PNN que les soldats avaient encerclé
Okal qui est inhabité et avaient appelé quiconque se
trouvant à l'intérieur à se rendre afin de ne
pas être tué. Un citoyen a ajouté à PNN
que les soldats avaient interdit aux ambulances de se rendre à
proximité du bâtiment.
L'incursion coïncidait avec la réquisition israélienne
de maisons afin d'en faire des lieux de surveillance. Des témoins
ont dit que les tireurs d'élite avaient pris position et tiraient
dans la ville.
Les forces israéliennes ont également démoli
une partie de l'entrée de Okal, et ont patrouillé dans
la ville. Elles ont pris en otage plusieurs étudiantes de l'université
dans le bâtiment de Shakaa', situé à proximité.
Le porte-parole de Tsahal n'a pas commenté cette opération
mais a affirmé que l'armée continuerait à poursuivre
les Palestiniens recherchés.
Plus tard, l'armée a renforcé le contrôle aux
checkpoints autour de Naplouse et a mis en détention plusieurs
résidents qui essayaient de quitter la ville.
Zuheir Shashtari, un dirigeant du Front de Libération de la
Palestine, a appelé l'Autorité palestinienne a ne plus
entrer en matière avec les Israéliens, à reconsidérer
la trêve et ne pas obéir aux demandes israéliennes.
Durant une interview avec PNN, Shashtari a affirmé que la résistance
répondrait sans doute fortement aux violations israéliennes.
Source : Palestine News Networks, 22 décembre 2005