quibla.net

   
 
Palestine
 

Lettre ouverte à la Fédération des juifs européens pour une paix juste


par Walid Atallah, membre de l'Association des Palestiniens en France, 1er novembre 2005


Chers amis,
Si je me rejouis en lisant votre déclaration finale pour le boycott des produits israéliens..., je voudrais apporter quelques remarques quant à votre analyse sur la situation.
Première remarque : Vous dites : "Depuis 38 ans, des confiscations massives de terres et d'eau, des barrages routiers, des exécutions extrajudiciaires, des clôtures, des couvre-feux et des punitions collectives ont eu lieu dans les territoires palestiniens occupés en violation du droit international..."
Il est évident que vous ignorez une grande et importante partie de l'histoire du peuple palestinien qui a vécu le partage, l'occupation et l'expulsion de sa terre depuis la création de l'Etat d'Israël en 1947/1948. Vous rappelez la violation du droit internationale, qui n'a pas commencé en 1967, mais bien le 29 novembre 1947, quand l'ONU décide - alors que ce n'est pas son rôle (paragraphe 2b de sa charte) - de donner une terre qui n'est pas la sienne à d'autres ?!!
Le peuple palestinien a alors entammé une nouvelle résistance avec la création de l'Organisation de Libération de la Palestine créée en 1964. Fallait-il que les Palestiniens soient assez géniaux de crééer leur organisation de libération en 1964, soit 4 ans avant l'occupation de la Palestine en 1968 ??!! Il y a une évidente négation de cette histoire qui pour nous palestinien est une injustice de plus.
Il est évident que si à l'époque les grandes puissances décident de partager la Palestine ce n'est pas pour la redonner à ses habitants originels, les Palestiniens! La création de l'Etat d'Israël est le pur fruit de la volonté coloniale occidentale qui s'est servie de la persécutions des juifs pour arriver à ses fins.
A partir de là, il est évident que ni les grandes puissances dominant les instances internationales ni les gouvernats de l'Etat d'Israël ne vont nous faire de cadeaux en permettant même un semblant d'Etat, car la continuité du projet colonial de l'Etat d'Israël est là pour casser toute volonté de souveraineté et d'application des droits du peuple palestinien dont le plus important celui du retour sur sa terre originelle aujourd'hui occupée par l'Etat d'Israël.
2ème remarque : Vous rappelez à juste titre : "Nous ne sommes pas prêts à garder le silence à propos de la prétention d'Israël, la puissance occupante, à parler au nom des Juifs du monde entier, à agir au nom de nos ancêtres, dont beaucoup ont été victimes du génocide nazi, et à le faire pour le bien de toutes les victimes de l'antisémitisme et du racisme. Nous sommes déterminés à adopter une position ferme contre l'occupation israélienne des territoires palestiniens, c.à.d. contre le courant de haine et d'hostilité qui pourrait aboutir à une catastrophe - pour les Palestiniens et les Israéliens."
Vous remettez en cause l'occupation de l'une des parties de la Palestine occupée en 1967.
Mais toutes les condamnations que vous avez émis précédamment peuvent être appliquées à la partie de la Palestine occupée en 1947/1948 où les Palestiniens sont des citoyens de troisième zone, subbissant aussi les destructions de maisons, les confiscations de terres, la colonisation, et où près de 120 villages palestiniens ne sont pas reconnus avec aucune subventions municipales,.... La colonisation de la Palestine ne s'est jamais arretée depuis 1947/1948.
Alors si vous condamnez l'occupation et la colonisation de la partie de la Palestine en 1967, il faut le faire aussi pour la partie de 1947/1948.Ou y aurait-il une occupation meilleure qu'une autre ???!!!
Je devine certains me dire que tout ça c'est le passé et qu'il ne faut pas en parler. Au contraire le fait d'en parler, c'est d'abord reconnaître ce que subit actuellement le peuple palestinien qui ne se trouvent pas seulement dans les territoires de 1967, mais aussi dans la Palestine de 1948, et en exil.
De plus, le fait colonial qui perdure à travers l'Etat d'Israël et ses institutions provoque en réponse une résistance qui n'ira qu'en s'amplifiant dans les années à venir, ne pas en tenir compte relève d'une irresponsabilité politique flagrante et ce qui m'inquiète à la lecture de votre déclaration, je cite : "En effet nous entreprenons cette action dans la conviction que la fin de l'occupation sert à long terme les intérêts du peuple israélien."
Ceci me confirme que vous êtes partiaux et dans l'incapacité d'aller jusqu'au bout de votre analyse (j'aimerais en comprendre les raisons), c'est qu'en comdamnant l'occupation, vous ne comdamner pas l'instrument de cette colonisation qu'est l'Etat d'Israël, qui est bien le premier ennemi des Israëliens. Si aujourd'hui comme hier des Palestiniens veulent continuer à porter les armes c'est bien parce qu'il y des dirigeants israéliens qui sont des criminels de guerre comme Sharon qui appliquent des plans gouvernemantaux qui ne méritent que d'être jugé.
Elle est où la justice de l'Etat d'Israël que vous défendez quand après les massacres de Sabra et Chatila la commission d'enquête israélienne déclare que Sharon est responsable mais qui ne le juge pas ???
C'est vrai que l'on ne peut être juge et partie à la fois et Sharon comme d'autres criminels finira certainement ses jours dans son lit et non en prison. Pourquoi certains criminels sont-ils jugés et d'autres pas. Pourquoi ne lancez-vous pas un appel pour juger Sharon et d'autres représentants de l'Etat d'Israël coresponsables de crimes de guerres ???
Ces remarques et critiques sont un message pour vous dire que tant que vous serez dans la négation de l'histoire et des droits historiques du peuple palestinien sur sa terre, vous faites fausse route et nous perdons tous du temps pour le règlement du conflit.
La première chose que vous devez faire c'est la reconnaissance de cette histoire, des droits du peuple palestinien et surtout et avant tout la remise en cause du régime colonial et d'Aparteid et colonial qu'est l'Etat d'Israël, qui est l'obstacle à tout règlement politique!
De là, ensemble nous agirons pour que les Palestiniens et les Isräéliens qui le désirent puissent vivre sur le même pied d'égalité et de traitement dans un seul Etat pour tous ses citoyens.
Dans l'attente de vous lire, fraternellement.


Déclaration finale de la Fédération des juifs européens pour une paix juste


SESSION PLENIERE ANNUELLE 2005 des juifs européens pour une paix juste - european jews for a just peace (JEPJ/EJJP), 29 octobre 2005
Refusez de soutenir l'occupation israélienne ! Pour la défense du droit international et des droits de l'homme : boycott, désinvestissement et sanctions contre l'occupation.
Depuis 38 ans, des confiscations massives de terres et d'eau, des barrages routiers, des exécutions extrajudiciaires, des clôtures, des couvre-feux et des punitions collectives ont eu lieu dans les territoires palestiniens occupés en violation du droit international. L'oppression, la ségrégation et l'humiliation, les destructions de maisons, la construction du mur d'annexion en Cisjordanie et les barrières ceinturant Gaza sont le quotidien du peuple palestinien occupé. Malheureusement le gouvernement israélien utilise son « désengagement » de Gaza comme couverture pour consolider l'occupation de la Cisjordanie et l'annexion de larges secteurs du territoire palestinien.
Pendant toutes ces années d'occupation, le gouvernement israélien, s'est considéré en droit de violer le droit international, la charte des Nations Unies, la déclaration universelle des droits de l'homme, la quatrième convention de Genève et même les décisions de la cour internationale de justice, avec l'accord tacite d'une grande partie de la communauté internationale.
Les Nations Unies et la communauté internationale dans son ensemble n'ont pas réussi à imposer des sanctions efficaces contre les violations israéliennes du Droit international. Pour cette raison une action citoyenne est nécessaire dans toute l'Europe, afin d'empêcher les gouvernements d'appliquer deux poids deux mesures et de continuer à composer avec Israël.
La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ rappelle que :
Le respect des principes de la charte des Nations Unies exige l'établissement d'une paix juste et durable entre Israël et le futur Etat palestinien.
Tous les états membres des Nations Unies par leur acceptation de la charte des Nations Unies se sont engagés à agir conformément à l'article 2 de la charte.
La crédibilité d'un système international de justice, son autorité et sa signification pour la communauté internationale exigent qu'Israël soit forcé de cesser l'occupation.
Israël, Etat puissant qui occupe le territoire d'un autre peuple, est membre à part entière de la communauté internationale et, à ce titre, doit répondre de sa politique et de ses actes selon les normes acceptées internationalement par toutes les autres nations. Toute autre approche de l'Etat d'Israël, le considérant sans justification comme un cas différent de tous les autres pays, est discriminatoire. Pour toutes ces raisons nous considérons l'occupation du territoire palestinien par Israël comme un enjeu international.
Nous avons tous intérêt à y mettre fin.
Nous ne sommes pas prêts à accepter l'aveuglement des soi-disant superpuissances, l'indolence des Nations Unies, l'apathie du « Quartet », et enfin, l'indifférence des états du Moyen-Orient et de la Méditerranée.
Nous ne sommes pas prêts à garder le silence à propos de la prétention d'Israël, la puissance occupante, à parler au nom des Juifs du monde entier, à agir au nom de nos ancêtres, dont beaucoup ont été victimes du génocide nazi, et à le faire pour le bien de toutes les victimes de l'antisémitisme et du racisme.
Nous ne sommes pas prêts à assister passivement à une politique qui à déjà engendré trop de victimes, de destructions insupportables et de souffrances constantes.
Nous considérant comme citoyens européens et, de ce fait, convaincus que les droits de l'homme sont la base politique de la société civile européenne, nous sommes co-responsables de la paix et de la justice avec nos organisations sours et amies en Israël, en Palestine et dans tous les pays de la communauté internationale.
Nous sommes déterminés à adopter une position ferme contre l'occupation israélienne des territoires palestiniens, c.à.d. contre le courant de haine et d'hostilité qui pourrait aboutir à une catastrophe - pour les Palestiniens et les Israéliens.
Nous sommes convaincus que les dirigeants et les décideurs israéliens, ainsi que la majorité de la société civile israélienne, ont le pouvoir de modifier cette situation intolérable, mais sont réticents et/ou opposés à le faire. Pour cette raison, il s'avère impossible que cesse l'occupation sans pressions extérieures. Une pression internationale non-violente mais efficace, en renfort d'un combat commun israélien et palestinien contre l'occupation est un moyen déterminant pour sortir de cette impasse.
La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ retient :
L'« appel au boycott, au désinvestissement et à des sanctions contre Israël jusqu'à ce qu'il respecte le droit international et les droits de l'homme » lancé par des représentants de la société civile palestinienne en mai 2005.
Le « programme de lutte » approuvé par le 5e Forum social mondial de Porto Alegre en janvier 2005 appelant les mouvements sociaux à « se mobiliser pour des désinvestissements et des boycotts » dans le but explicite de « faire pression sur Israël pour l'application des résolutions internationales et le respect des décisions de la Cour internationale de justice pour l'arrêt immédiat de la construction et la destruction du mur illégal de l'apartheid et la fin de l'occupation »
La résolution finale de la Conférence internationale des Nations Unies de la société civile pour la paix au Proche-Orient publiée à Paris en juillet 2005, annonçant pour 2006 l'inauguration d'« une campagne générale de boycott, de désinvestissements et de sanctions pour faisant pression sur Israël pour mettre fin à l'occupation, se conformer au droit international et à toutes les résolutions des Nations Unies qui le concernent ».
La pétition, dont le lancement fut approuvé lors de la réunion du Comité europées de coordination des ONG pour la Palestine (ECCP) à Bruxelles en mai 2005, qui appelle tous les citoyens des pays membres de l'UE « à recommander vivement à notre Ministre des affaires étrangères, au Conseil de l'Union européenne et aux Nations Unies de prendre des mesures politiques et économiques, y compris des sanctions, destinées à empêcher Israël de continuer la construction du mur et de l'obliger à respecter l'avis consultatif de la Cour internationale de justice ».
De nombreuses organisations juives et israéliennes approuvent l'idée d'un boycott sélectif et de sanctions contre Israël, ce sont notamment : Ta'ayush, Les Anarchistes Contre le Mur, Bat Shalom, ICAHD (Comité israélien contre la démolition des maisons), JVP (La Voix juive pour la paix, Etats Unis), Pas en mon nom (USA), Matzpen (Israël/International), New Profile (association féministe et antimilitariste en Israël), Les Juifs contre l'occupation (Section de New York), Femmes juives pour la justice en Israël et Palestine (USA) ; Gush Shalom (Israël) ; Juifs pour la justice globale (USA), Visions de paix et de justice (USA), et la pétition du ministre du gouvernement Ronnie Kasrils et du parlementaire Max Ozinsky, qui a réuni plus de 500 signatures de Juifs sud-africains ; Voix Juives contre l'occupation (USA).
La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ déclare :
Que la mise en ouvre de campagnes de boycott et de désinvestissement contre l'occupation israélienne n'est pas de nature antisémite. En effet nous entreprenons cette action dans la conviction que la fin de l'occupation sert à long terme les intérêts du peuple israélien.
Que la situation dans les différents pays de l'UE variant d'un état à l'autre, les groupes nationaux des JEPJ doivent décider de la forme locale la plus adéquate des actions à entreprendre dans le cadre d'actions non-violentes contre l'occupation.
Qu'un boycott sélectif pourrait encourager les Israéliens à agir pour le respect des droits des Palestiniens.
La fédération des Juifs européens pour une paix juste et nombre de ses organisations affiliées soutiendront et mèneront en concertation une campagne d'actions contre l'occupation à tous les niveaux : local, régional, national, européen et international.

Actions proposées
1. Nous sommes convaincus que différents types de mesures interconnectées visant spécifiquement les mécanismes de l'occupation, et le dispositif militaire-scientifique-technologique-économique qui y est associé, constituent une réponse appropriée. Nous coopérerons avec d'autres organisations de terrain et inclurons dans nos activités des actions contre la vente d'armes et de pièces vers et venant d'Israël, la vente et l'entretien d'équipements servant à l'occupation, l'entraînement de personnel militaire et les tests d'armes israéliennes dans toute l'UE ainsi que l'entraînement et la formation de policiers et de militaires des pays de l'UE par Israël.
2. Retrait des investissements dans des sociétés qui sont des soutiens de l'occupation et qui sont engagées dans la construction du mur, des colonies ou dans la destruction des maisons et des terres palestiniennes. Coopération avec des groupes locaux, palestiniens et israéliens et avec ceux qui font campagne pour le désinvestissement, afin d'identifier les cibles appropriées.
3. Faire campagne auprès des importateurs, des grossistes et des détaillants pour que ne soient pas étiquetés « israéliens » des produits fabriqués ou comportant des pièces fabriquées en dehors des frontières de 1967, mais qu'ils soient bien marqués comme « produits des colonies venant des territoires palestiniens occupés ».
4. Soutenir le boycott de ces produits par les consommateurs en publiant sur le site Internet de JEPJ une liste établie conjointement avec Gush Shalom, des organisations palestiniennes et des groupes de solidarité locaux. Là où détaillants et grossistes refusent de fournir l'information sur l'origine de ces marchandises, celles-ci seront incluses dans la liste, avec la mention qu'elles viennent probablement des implantations.
5. Etablir des liens avec d'autres groupes pour l'élaboration et la mise à jour d'informations et pour militer en faveur du désinvestissement et des boycotts de consommateurs. Ceci pourrait aider à endiguer l'éparpillement des campagnes de solidarité politique avec le peuple palestinien.
Il est temps de transformer nos critiques et notre opposition aux gouvernements israéliens et aux politiques qu'ils conduisent, en actions concrètes, non-violentes. Même si elles sont essentiellement symboliques dans un premier temps, de telles actions sont destinées à dynamiser une pression citoyenne sur nos propres gouvernements. L'objectif initial est d'abroger les privilèges de commerce et de coopération scientifique accordés à Israël dans le cadre du traité d'association UE/Israël jusqu'à ce qu'Israël se plie aux obligations de respect des droits de l'homme inscrites dans ce traité.

 

Irena Sarahna sera déportée en Ukraine


Citoyenne russe mariée à un Palestinien, Irena Sarahna sera déportée en Ukraine. Ainsi en a décidé la cour martiale de Tel Aviv, qui a rejeté l'appel interjeté par la défense de la jeune femme, âgée de 27 ans, contre la décision d'expulsion prise le 22 août dernier. Immigrée de l'ex-URSS, Irena avait été forcée de se prostituer avant de rencontrer Ibrahim Sarahna, un habitant du camp de réfugiés de Dheishe, près de Bethléem, de se convertir à l'Islam et de l'épouser. Le couple avait été arrêté en 2002, après un attentat contre un club d'échecs de Rishon Letzion qui avait fait deux morts. Irina, qui a une petite fille, a été condamnée pour complicité à 3 ans de prison, qu'elle a purgé, suivis d'une expulsion à vie. Ibrahim restera en prison pour de longues années.

 

Israël tue deux responsables des Brigades des martyrs d'Al Aqsa et du Hamas


L'aviation israélienne a tué mardi d'un tir de missiles deux membres importants des Brigades des martyrs d'Al Aqsa et du Hamas, déclenchant des promesses de vengeance de la part des deux groupes palestiniens qui pourraient mettre fin à une trêve informelle de neuf mois.
Cette frappe est survenue à la veille de l'Aïd El Fitr, importante fête marquant la fin du mois de Ramadan, ce qui pourrait inciter les militants à la retenue de crainte que l'opinion publique palestinienne ne leur reproche de provoquer des représailles israéliennes en pleines célébrations.
La voiture d'Hassan Madhoun (Brigades) et de Faouzi Abou Kara (Hamas) a été pulvérisée près du camp de réfugiés de Jebaliya, sur une route empruntée quelques minutes auparavant par le président palestinien Mahmoud Abbas se rendant à Gaza, selon ses gardes du corps.
Hassan Madhoun était impliqué dans des tirs de roquettes sur l'État hébreu et assurait la coordination avec les autres groupes militants, dont le Hamas et le Jihad islamique, selon des responsables israéliens. Il aurait également participé à l'élaboration de trois attentats qui ont tué 20 Israéliens depuis 2004, d'après l'armée, qui l'a désigné comme la principale cible de l'attaque.
Quant à Faouzi Abou Kara, c'était un expert de la fabrication de roquettes, ont précisé des responsables du Hamas.
A la nuit tombée, une roquette tirée depuis la Bande de Gaza est tombée près d'un village israélien, selon des témoins, et un obus israélien a été tiré contre un champ du nord du territoire, d'après des Palestiniens contredits par l'armée.
Dans un entretien à l'agence Associated Press, Yossi Beilin, à la tête du parti pacifiste d'opposition Yahad, a accusé le Premier ministre israélien Ariel Sharon d'enclencher un nouvel enchaînement de violences afin de s'assurer que «le retrait de la Bande de Gaza soit le dernier geste politique» du genre.
Source : AP, 1er novembre 2005

 

Dernier instant d'espoir - Aucun gouvernement israélien soutenu par les USA n'a jamais offert l'égalité des droits aux Palestiniens

 

par Ilan Pappe, CounterPunch, 27 octobre 2005. Original : http://www.counterpunch.org/pappe10272005.html. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla

Ce mois marque le cinquième anniversaire de l'insurrection palestinienne et pourrait fort bien être le dernier instant possible pour obtenir une paix en Israël et en Palestine. La paix n'est pas seulement importante pour les gens qui vivent là-bas. Elle apportera(it) des dividendes pour le monde entier, et en particulier aux Etats-Unis.

Ceci, parce que la prolongation du conflit en Palestine déstabiliserait le monde arabe et permettrait à ses dirigeants de continuer à ignorer des problèmes aussi aigus que la pauvreté et l'absence de démocratie. Une question palestinienne non résolue, cela signifie aussi que l'ère du colonialisme n'est pas derrière nous et que la résolution de problèmes telles la pauvreté ou l'absence de liberté ne saurait être qualifié de luxe. Aussi longtemps que les réfugiés palestiniens, qui ont été chassés de chez eux par les nouveaux arrivants juifs, en 1948, ne pourront pas retourner chez eux, et aussi longtemps que l'occupation militaire des territoires conquis par Israël en 1967 persistera, aucune solution durable ne sera possible. Aucune proposition de paix, jusqu'à ce jour, n'a apporté de solution équitable, ni aux réfugiés palestiniens, ni aux Palestiniens qui continuent à vivre sous une occupation militaire brutale.

La perception d'Israël comme une relique agressive du passé colonial est largement répandue dans le monde musulman. Ceci a des conséquences terribles pour les Etats-Unis. Israël n'aurait pas pu éradiquer près d'un million de Palestiniens en 1948, ni en occuper plus de deux millions durant ces trente-huit années écoulées, sans le soutien américain. De fait, les contribuables américains règlent la note. Elle s'élève à 3 milliards de dollars, chaque année. Ce soutien financier, combiné à un soutien diplomatique irrémissible, a permis à Israël de perpétuer l'occupation militaire d'un autre peuple la plus longue des temps modernes. Voici quelles sont les horreurs infligées aux Palestiniens, horreurs dont sont témoins les peuples des mondes arabe et musulman : démolitions de maisons généralisées, confiscation de propriétés privées pour la construction de colonies réservées aux juifs et de routes réservées aux juifs, expulsion des Palestiniens, chrétiens comme musulmans. Et leur colère ne se limite pas toujours à des protestations contre Israël, l'occupant éradicateur. Parfois, ils défient aussi - aux moyens d'une terreur condamnable - les Etats-Unis, en qui ils voient la superpuissance qui se tient derrière l'oppresseur. Les Etats-Unis n'ont nul besoin d'être embringués dans une relation tendue avec un cinquième de la population mondiale.

Et pourtant, nous vivons un moment d'opportunité. Cela n'a rien à voir avec le retrait unilatéral de Gaza, qui s'est révélé n'être pas autre chose qu'un tentative israélienne interne de substituer une occupation indirecte à l' occupation directe. Non, l'opportunité est purement américaine, elle rappelle la lutte pour les droits civiques menée par, et pour les Afro-Américains.

En dépit du fait qu'ils sont expulsés et occupés, quiconque a visité la Palestine et a des amis palestiniens vous dirait que, tout comme les autres êtres humains, les Palestiniens désirent simplement être traités en égaux. Ils aspirent à une vie normale, près des juifs, et avec eux, sur le minuscule territoire de la Palestine et d'Israël. Si on offrait aux Palestiniens musulmans et chrétiens, en Israël, l'égalité avec les juifs dont jouissent aujourd'hui tous les Américains, ils l'accepteraient, à bras ouverts.

Aucun gouvernement israélien, dans toute l'histoire, soutenu par les Etats-Unis, n'a jamais offert des droits égaux aux Palestiniens, ni en Israël, ni dans les territoires occupés. Israël a toujours exigé une majorité juive et l'exclusivité sur le territoire partagé (avec les Palestiniens), tout en « offrant », dans le cadre des dernières propositions de paix, un Etat palestinien impossible, sur des éclats de la Palestine historique représentant, au total, 8 % de sa superficie. Les Israéliens les plus généreux se contentent d' « offrir » quelques pour cents de plus. Des confettis de territoire palestinien, qui évoquent les bantoustans d' Afrique du Sud - comme les accords calamiteux d'Oslo l'ont démontré - sont une recette assurée pour plus de sang versé. Cela ne fera qu'entraîner les Etats-Unis encore plus profondément dans un conflit sans fin - un conflit qu 'il serait pourtant possible de résoudre, dès aujourd'hui, en adoptant ces valeurs mêmes que les Américains tiennent en si haute estime : l'égalité des droits et la justice pour tous.

 

 

Pas trop de Noirs, SVP...


Quoiqu’en dise Israel Shamir sur le fait que les Israéliens seraient “aveugles aux couleurs” et donc ne se soucieraient pas de la couleur de peau [voir le compte-rendu de sa conférence à Paris dans La Bibliothèque], il semble bien que les dirigeants sionistes commencent à trouver qu’il y a un peu trop de Noirs dans l’État juif. Les Falashmuras, ces Éthiopiens prétendus juifs - la vulgate veut qu’ils aient été “convertis de force” au christianisme au XIXème siècle - sont aujourd'hui 100 000 en Israël. La plupart d’entre eux sont arrivés par les ponts aériens organisés au plus fort de la famine en Éthiopie en 1984, puis suite à la chute du régime Mengistu en 1991. Mais les Falashmuras ne sont pas contents et plusieurs milliers d’entre eux l’ont fait savoir en manifestant dimanche devant la résidence du premier ministre à Jérusalem. La source de leur mécontentement ? Ils affirment que leurs parents restés en Éthiopie tardent à venir les rejoindre dans la Terre promise et ils imputent les lenteurs au fait qu’ils sont “des Africains pauvres et pas des riches Américains”. Le gouvernement israélien avait décidé en février dernier de doubler le nombre d’immigrants éthiopiens afin d’en importer 20 000 d’ici 2007, mais depuis plusieurs mois, le nombre des nouveaux arrivants a brutalement baissé. Le ministère de l’absorption des immigrants impute les blocages aux élections éthiopiennes. En attendant, de nombreux Éthiopiens, qui avaient vendu leurs maigres biens et s’étaient rendus à Addis Abeba dans l’imminence d’un départ, restent bloqués dans la capitale éthiopienne dans l’attente d’un hypothétique avion. C’est d’autant plus incompréhensible que les dirigeants sionistes éprouvent un besoin urgent de désamorcer la “bombe démographique” palestinienne en voulant importer 1 million de nouveaux immigrants d’ici 2013. Mais peut-être qu’après tout, ils préfèrent importer des bons Blancs, même évangéliques, plutôt que des Noirs ?
Source : Reuters, 30 octobre 2005

 

 

Un citoyen israélien obtient le statut de réfugié en France


Pour la première fois, un citoyen israélien vient de se voir reconnaître, par la justice française, le statut de réfugié, en raison des persécutions subies dans son pays, a-t-on appris de source judiciaire. Une décision qui fait naturellement un peu « tache », pour un pays se targuant en permanence d’être « la seule démocratie du Moyen-Orient ».

Aux termes des traités internationaux, doit être considéré comme réfugié toute personne qui, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ».

Eh bien, la Commission des recours des réfugiés a estimé, dans un jugement rendu en mai dernier, que le citoyen israélien P.R. (l’identité réelle de l’intéressé a été modifiée par nos soins, NDLR), entrait incontestablement dans cette catégorie.

Les mésaventures de P.R., Russe de confession juive ayant émigré en Israël en 1999, illustrent, comme on va le voir, des pratiques sadiques, racistes et xénophobes rencontrées à tous les échelons de la société et de l’administration israélienne.

P.R. est arrivé en Israël en juin 1999 grâce à la « Loi du Retour », en compagnie de sa femme et de sa fille qui sont pour leur part de confession chrétienne, et c’est là que les ennuis ont commencé.

« Parce qu’elle portait une croix, sa fille a fait l’objet en octobre 1999 d’humiliations de la part de ses camarades de classe ; parce qu’il refusait de convertir sa fille au judaïsme, il a dû déménager avec toute sa famille en janvier 2000 à Hadera ; le 23 octobre 2001, sa fille a été victime d’un attentat terroristes dont elle garde de lourdes séquelles ; en raison de son handicap, elle a été l’objet de la part de ses camarades de classes ; à la suite du refus de sa fille de retourner à l’école en septembre 2002, il a demandé en vain de l’aide auprès des services de l’éducation ; alors qu’il a obtenu en juillet 2002 son passeport ainsi que sa femme, sa fille n’a pu en recevoir un, en raison de sa confession chrétienne, sous prétexte qu’elle n’était pas citoyenne », écrit le rapporteur auprès de la Commission.

« En août 2002, il a déposé plainte en vain auprès du Contrôleur d’Etat à Jérusalem, puis auprès du bureau administratif du ministère des Affaires étrangères ; ses plaintes n’ont pas abouti, car sa fille n’est pas citoyenne israélienne ; en septembre 2002, il a été informé que sa fille n’avait plus le statut de ’résident permanent’ en Israël, mais celui de ’résident provisoire’ ; après que sa fille a refusé de se rendre à l’école en octobre 2002 en raison de l’attitude de ses camarades de classe, il s’est adressé à un député municipal qui a promis de l’aider ; à la suite de la publication de plusieurs articles de journaux sur sa situation, sa fille a reçu en novembre 2002 une carte d’invalide qui ne couvrait que partiellement son handicap ; par la suite, l’inspecteur du service de l’éducation lui a confirmé que sa fille n’était effectivement pas citoyenne israélienne et que sa femme et lui-même étaient passibles de la privation de leurs droits parentaux si leur fille ne retournait pas à l’école ; il a appris également que si sa fille se convertissait au judaïsme, ses problèmes seraient résolus ; grâce au soutien du député et d’une association, sa fille a pu retourner à l’école en décembre 2002 ; une pétition a alors été lancée à son encontre en décembre 2002 par l’inspecteur du service de l’éducation afin que sa femme et lui-même soient privés de leurs droits parentaux », poursuit l’auteur du rapport.

« Le 23 février 2003, il a été convoqué avec son épouse au commissariat de police et interrogé sur sa situation familiale ; le 15 mars 2003, ils ont adressé une plainte au ministère de l’Intérieur ; en avril 2003, ils ont porté plainte contre l’inspecteur du service de l’éducation, l’accusant de la dégradation de la santé de leur fille ; après avoir reçu des menaces téléphoniques et des tracts antichrétiens les enjoignant de retirer leur plainte, ils ont porté plainte en vain auprès des autorités policières ; en raison du harcèlement subi par sa fille, le principal leur a proposé de la convertir au judaïsme, ce qu’ils ont refusé ; en juin 2003, la carte d’invalidité de sa fille a été retirée, alors que sa santé se dégradait ; le 29 juin 2003, sa femme a été agressée par l’inspecteur du service de l’éducation et menacée, s’ils ne retiraient pas leur plainte ; le 23 juillet 2003, leurs passeports ont été confisqués, par deux inspecteurs de police ; le 25 juillet 2003, sa femme a appris qu’un tribunal allait statuer sur la privation de leurs droits parentaux et l’envoi de leur fille dans un internat ; craignant pour sa sécurité, il a fui le pays avec sa femme et sa fille ; il redoute d’y être persécuté en cas de retour », conclut l’auteur du rapport.

La Commission n’a donc pu que constater que l’ensemble de ces faits, « qui ont pour origine de fortes pressions religieuses exercées par diverses autorités sur sa fille », ont porté « une atteinte grave à ses droits civiques fondamentaux et l’ont placé dans une situation d’insécurité permanente », l’empêchant, « sans que les autorités publiques y remédient malgré ses demandes répétées, de mener une vie normale dans le pays dont il avait acquis la nationalité ».

En conséquence, la Commission, qui statue « Au nom du peuple français », décide que P.R. est bien fondé à se considérer comme réfugié au sens de la Convention de Genève, et lui reconnaît explicitement cette qualité.
Source : www.oulala.net, 24 octobre 2005

 

 

"Visiteurs retardataires"

 

par Amira Hass, Ha'aretz, , 27 octobre 2005. traduit de l'hébreu par Michel Ghys

 

Chaque année, à la fin du mois d'octobre, le Ministère palestinien de l'Intérieur à Gaza lance une opération d'émission de la première carte d'identité de ceux qui ont atteint l'âge de 16 ans. Cette année, le Ministère de l'Intérieur sera assisté par les écoles : chaque élève apportera en classe quatre photos de passeport, une photocopie de la carte d'identité des parents et de son extrait d'acte de naissance. L'école transmettra les documents au Ministère de l'Intérieur. Comme chaque année, les employés du Ministère de l'Intérieur introduiront dans l'ordinateur toutes les données en vue de l'émission des cartes d'identité et comme chaque année, depuis la création de l'Autorité Palestinienne, un employé du Ministère palestinien de l'Intérieur communiquera au représentant du service d'enregistrement de la population du Ministère israélien de l'Intérieur - lequel représentant se trouve en poste dans les bureaux de l'Administration de Coordination et de Liaison - toutes les données enregistrées et la photo de chacun.

On prévoit ainsi que de huit à dix mille jeunes gens seront contrôlés, en dépit du désengagement, par des employés israéliens. Indépendamment du départ de l'armée israélienne de la Bande de Gaza, le Ministère palestinien de l'Intérieur est tenu, cette année encore, d'attendre la permission du représentant du Ministère israélien de l'Intérieur pour pouvoir émettre les premières cartes d'identité aux jeunes Palestiniens. Depuis 1967, tous les habitants palestiniens sont enregistrés au Ministère israélien de l'Intérieur. Cela n'a pas changé au moment de la création de l'Autorité Palestinienne. Bien au contraire, pour chaque habitant palestinien des observations sont notées, qui relèvent de la sécurité et qui n'apparaissent pas à l'écran des ordinateurs du Ministère palestinien de l'Intérieur mais seulement sur des écrans d'ordinateurs israéliens : à l'administration civile et dans les bureaux des Renseignements Généraux [Shabak]. Ce noud gordien n'a pas changé avec la mise en ouvre du « désengagement ».

Le registre palestinien de population dans la Bande de Gaza n'a pas été « désengagé » de l'ordinateur israélien. De sources palestiniennes, on indique que la question de la « séparation » d'avec les ordinateurs israéliens n'a absolument pas été soulevée lors des discussions sur le désengagement qui se sont tenues entre représentants israéliens et Autorité Palestinienne, si bien que les Palestiniens ont compris que la même situation serait maintenue. Les représentants de l'Administration israélienne de Coordination et de Liaison ont même fait savoir au représentant du Ministère de l'Intérieur que, du fait du déménagement de leurs bureaux hors des frontières de la Bande de Gaza, la mise à jour des registres - notamment pour ce qui est des naissances et des décès - serait gelée pour une période de dix jours. Dès que le travail reprendra côté israélien - et cela aussi dépend de la détente sur le plan de la sécurité - un employé du Ministère palestinien de l'Intérieur sortira avec des caisses remplies de rapports sur les dernières naissances, les décès, les mariages, pour les remettre à l'Administration de Coordination et de Liaison, en ses nouveaux bureaux et permettre ainsi la mise à jour de l'ordinateur israélien.

S'agissant de l'émission de cartes d'identité ou de l'enregistrement d'une naissance ou d'un décès, cette mise à jour apparaît comme purement technique. Mais la dépendance à l'égard d'Israël est absolue quand il s'agit d'ajouter des habitants au registre : le Ministère palestinien de l'Intérieur n'a, par exemple, pas autorité pour accorder la « citoyenneté » à des Palestiniens nés à l'étranger et qui souhaiteraient concrétiser leur « droit au retour » à l'intérieur de la Cisjordanie ou de la Bande de Gaza. Il en est de même pour les dizaines de milliers de Palestiniens nés dans les Territoires occupés mais qui ont perdu leur droit de résidence à cause d'une politique israélienne délibérée de déni de droit de résidence à toute personne qui n'est pas revenue au pays pendant une période de plus de trois ans.

En outre, l'Autorité Palestinienne n'est pas libre de renouveler leurs cartes d'identité. Il y a des dizaines de milliers de couples dont un des membres est né dans la diaspora palestinienne et n'est pas un habitant des Territoires. Depuis 1967, ce sont les autorités israéliennes qui sont compétentes pour autoriser la « réunification familiale » de tels couples. Rien n'a changé après la création de l'Autorité Palestinienne. Et cela fait cinq ans que le traitement des dossiers de « réunification familiale », qui s'opérait par le biais de négociations entre Israël et les Palestiniens, est gelé.

En Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, vivent environ 54 000 Palestiniens détenteurs d'un passeport étranger, qui sont arrivés dans les Territoires comme touristes, avec un visa d'entrée israélien, dans l'espoir de se voir accorder la « citoyenneté » dans le cadre des accords d'Oslo et du processus politique. Ces gens-là, qui sont appelés « visiteurs retardataires », risquent l'expulsion s'ils arrivent à un barrage militaire israélien et cela, même s'ils ont des enfants ou un conjoint dans les Territoires. Ils ne peuvent pas non plus partir à l'étranger, même en cas d'urgence. Dès lors qu'ils seraient partis, Israël ne les autoriserait pas à revenir dans la mesure où ils auront été en séjour illégal une fois passée la date d'expiration de leur visa d'entrée. C'est dire que le contrôle israélien sur les registres du Ministère palestinien de l'Intérieur est lié au contrôle israélien sur les passages à la frontière et sur les déplacements à l'intérieur de la Cisjordanie. L'Autorité Palestinienne ne peut dès lors pas agir unilatéralement et donner à tous ces gens une carte d'identité : au premier soldat israélien qui, à un barrage ou un passage de frontière, la contrôlerait et découvrirait que ses données ne figurent pas dans l'ordinateur israélien, cette carte d'identité n'aurait même pas la valeur du papier sur laquelle elle est imprimée.

Les Palestiniens n'ont pas envisagé de demander une modification de la situation existante ni le « retrait » du registre de population de la Bande de Gaza hors du Ministère israélien de l'Intérieur. Pour eux, ce qui s'applique à la population de Cisjordanie s'applique à celle de la Bande de Gaza et ce sont deux morceaux d'une même « unité territoriale». C'est pour cette raison par exemple qu'avant-hier, dans son discours à Ramallah, Mahmoud Abbas a insisté sur son opposition à la demande de libération des prisonniers gazaouis dans le cadre du «désengagement ». Selon lui, il n'y a pas de différence entre les prisonniers de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et l'exigence de leur libération n'a pas de lien avec le départ de Gaza de l'armée israélienne. C'est pourquoi, du point de vue palestinien, le maintien du contrôle israélien sur le registre de population palestinien est la démonstration que l'occupation israélienne de la Bande de Gaza n'a pas pris fin. Le fait que les instances israéliennes ne se sont pas « portées volontaires » pour discuter de la possibilité de retirer le registre de la population gazaouite du Ministère israélien de l'Intérieur est en contradiction avec leur attente de voir le monde reconnaître que Gaza n'est plus une zone occupée.

 

 

Pressions israéliennes sur le nouveau patriarche grec orthodoxe en Palestine

 

le nouveau patriarche grec-orthodoxe, Théophile III, a accusé le gouvernement israélien d'exercer des pressions sur lui et refuse de le reconnaître. Israël demande tout simplement au patriarche de donner son accord à la pseudo-vente de terres appartenant au patriarcat et situées dans la ville d'al-Quds à des colons juifs. Le quotidien palestinien al-Quds ainsi que le journal israélien Haaretz rapportent ce jeudi que le patriarche Théophile et le patriarcat grec-orthodoxe ont porté plainte devant la cour suprême de l'Etat d'Israël contre les responsables israéliens, y compris le premier ministre Sharon, le ministre des affaires d'al-Quds, le ministre de l'intérieur, la ministre de la justice, et le ministre des affaires étrangères, demandant qu'ils cessent d'intervenir dans les affaires intérieures du patriarcat orthodoxe et de mettre fin aux chantages et pressions que l'Etat d'Israël essaie d'imposer sur le patiarche pour avaliser l'affaire de la soi-disant vente de la place Umar b. al-Khattan située à la porte d'al-Khalil, dans la vieille ville d'al-Quds.

Il faut rappeler que les institutions du patriarcat avaient isolé le patriarche Irinos 1er suite à la découverte au mois de mars dernier qu'il avait effectué une vente de terrains appartenant au patriarcat au profit de colons juifs. Irinos a été isolé et renvoyé, ayant été jugé responsable de cette affaire. Il avait cependant affirmé qu'il n'avait pas de lien avec cette affaire et que seul était responsable le compatable du patriarcat, qui s'était enfui plus tôt. L'Autorité palestinienne et la Jordanie ont reconnu l'isolement d'Irinos et son remplacement par le patriarche Théophile, mais Israël refuse toujours de le reconnaître tant qu'il n'a pas avalisé l'affaire de la vente.

Source : www.arabs48.com