Lettre ouverte à la Fédération
des juifs européens pour une paix juste
par Walid Atallah, membre de l'Association des Palestiniens en France,
1er novembre 2005
Chers amis,
Si je me rejouis en lisant votre déclaration finale pour le
boycott des produits israéliens..., je voudrais apporter quelques
remarques quant à votre analyse sur la situation.
Première remarque : Vous dites : "Depuis 38 ans, des confiscations
massives de terres et d'eau, des barrages routiers, des exécutions
extrajudiciaires, des clôtures, des couvre-feux et des punitions
collectives ont eu lieu dans les territoires palestiniens occupés
en violation du droit international..."
Il est évident que vous ignorez une grande et importante partie
de l'histoire du peuple palestinien qui a vécu le partage,
l'occupation et l'expulsion de sa terre depuis la création
de l'Etat d'Israël en 1947/1948. Vous rappelez la violation du
droit internationale, qui n'a pas commencé en 1967, mais bien
le 29 novembre 1947, quand l'ONU décide - alors que ce n'est
pas son rôle (paragraphe 2b de sa charte) - de donner une terre
qui n'est pas la sienne à d'autres ?!!
Le peuple palestinien a alors entammé une nouvelle résistance
avec la création de l'Organisation de Libération de
la Palestine créée en 1964. Fallait-il que les Palestiniens
soient assez géniaux de crééer leur organisation
de libération en 1964, soit 4 ans avant l'occupation de la
Palestine en 1968 ??!! Il y a une évidente négation
de cette histoire qui pour nous palestinien est une injustice de plus.
Il est évident que si à l'époque les grandes
puissances décident de partager la Palestine ce n'est pas pour
la redonner à ses habitants originels, les Palestiniens! La
création de l'Etat d'Israël est le pur fruit de la volonté
coloniale occidentale qui s'est servie de la persécutions des
juifs pour arriver à ses fins.
A partir de là, il est évident que ni les grandes puissances
dominant les instances internationales ni les gouvernats de l'Etat
d'Israël ne vont nous faire de cadeaux en permettant même
un semblant d'Etat, car la continuité du projet colonial de
l'Etat d'Israël est là pour casser toute volonté
de souveraineté et d'application des droits du peuple palestinien
dont le plus important celui du retour sur sa terre originelle aujourd'hui
occupée par l'Etat d'Israël.
2ème remarque : Vous rappelez à juste titre : "Nous
ne sommes pas prêts à garder le silence à propos
de la prétention d'Israël, la puissance occupante, à
parler au nom des Juifs du monde entier, à agir au nom de nos
ancêtres, dont beaucoup ont été victimes du génocide
nazi, et à le faire pour le bien de toutes les victimes de
l'antisémitisme et du racisme. Nous sommes déterminés
à adopter une position ferme contre l'occupation israélienne
des territoires palestiniens, c.à.d. contre le courant de haine
et d'hostilité qui pourrait aboutir à une catastrophe
- pour les Palestiniens et les Israéliens."
Vous remettez en cause l'occupation de l'une des parties de la Palestine
occupée en 1967.
Mais toutes les condamnations que vous avez émis précédamment
peuvent être appliquées à la partie de la Palestine
occupée en 1947/1948 où les Palestiniens sont des citoyens
de troisième zone, subbissant aussi les destructions de maisons,
les confiscations de terres, la colonisation, et où près
de 120 villages palestiniens ne sont pas reconnus avec aucune subventions
municipales,.... La colonisation de la Palestine ne s'est jamais arretée
depuis 1947/1948.
Alors si vous condamnez l'occupation et la colonisation de la partie
de la Palestine en 1967, il faut le faire aussi pour la partie de
1947/1948.Ou y aurait-il une occupation meilleure qu'une autre ???!!!
Je devine certains me dire que tout ça c'est le passé
et qu'il ne faut pas en parler. Au contraire le fait d'en parler,
c'est d'abord reconnaître ce que subit actuellement le peuple
palestinien qui ne se trouvent pas seulement dans les territoires
de 1967, mais aussi dans la Palestine de 1948, et en exil.
De plus, le fait colonial qui perdure à travers l'Etat d'Israël
et ses institutions provoque en réponse une résistance
qui n'ira qu'en s'amplifiant dans les années à venir,
ne pas en tenir compte relève d'une irresponsabilité
politique flagrante et ce qui m'inquiète à la lecture
de votre déclaration, je cite : "En effet nous entreprenons
cette action dans la conviction que la fin de l'occupation sert à
long terme les intérêts du peuple israélien."
Ceci me confirme que vous êtes partiaux et dans l'incapacité
d'aller jusqu'au bout de votre analyse (j'aimerais en comprendre les
raisons), c'est qu'en comdamnant l'occupation, vous ne comdamner pas
l'instrument de cette colonisation qu'est l'Etat d'Israël, qui
est bien le premier ennemi des Israëliens. Si aujourd'hui comme
hier des Palestiniens veulent continuer à porter les armes
c'est bien parce qu'il y des dirigeants israéliens qui sont
des criminels de guerre comme Sharon qui appliquent des plans gouvernemantaux
qui ne méritent que d'être jugé.
Elle est où la justice de l'Etat d'Israël que vous défendez
quand après les massacres de Sabra et Chatila la commission
d'enquête israélienne déclare que Sharon est responsable
mais qui ne le juge pas ???
C'est vrai que l'on ne peut être juge et partie à la
fois et Sharon comme d'autres criminels finira certainement ses jours
dans son lit et non en prison. Pourquoi certains criminels sont-ils
jugés et d'autres pas. Pourquoi ne lancez-vous pas un appel
pour juger Sharon et d'autres représentants de l'Etat d'Israël
coresponsables de crimes de guerres ???
Ces remarques et critiques sont un message pour vous dire que tant
que vous serez dans la négation de l'histoire et des droits
historiques du peuple palestinien sur sa terre, vous faites fausse
route et nous perdons tous du temps pour le règlement du conflit.
La première chose que vous devez faire c'est la reconnaissance
de cette histoire, des droits du peuple palestinien et surtout et
avant tout la remise en cause du régime colonial et d'Aparteid
et colonial qu'est l'Etat d'Israël, qui est l'obstacle à
tout règlement politique!
De là, ensemble nous agirons pour que les Palestiniens et les
Isräéliens qui le désirent puissent vivre sur le
même pied d'égalité et de traitement dans un seul
Etat pour tous ses citoyens.
Dans l'attente de vous lire, fraternellement.
Déclaration finale de la Fédération
des juifs européens pour une paix juste
SESSION PLENIERE ANNUELLE 2005 des juifs européens pour une
paix juste - european jews for a just peace (JEPJ/EJJP), 29 octobre
2005
Refusez de soutenir l'occupation israélienne ! Pour la défense
du droit international et des droits de l'homme : boycott, désinvestissement
et sanctions contre l'occupation.
Depuis 38 ans, des confiscations massives de terres et d'eau, des
barrages routiers, des exécutions extrajudiciaires, des clôtures,
des couvre-feux et des punitions collectives ont eu lieu dans les
territoires palestiniens occupés en violation du droit international.
L'oppression, la ségrégation et l'humiliation, les destructions
de maisons, la construction du mur d'annexion en Cisjordanie et les
barrières ceinturant Gaza sont le quotidien du peuple palestinien
occupé. Malheureusement le gouvernement israélien utilise
son « désengagement » de Gaza comme couverture
pour consolider l'occupation de la Cisjordanie et l'annexion de larges
secteurs du territoire palestinien.
Pendant toutes ces années d'occupation, le gouvernement israélien,
s'est considéré en droit de violer le droit international,
la charte des Nations Unies, la déclaration universelle des
droits de l'homme, la quatrième convention de Genève
et même les décisions de la cour internationale de justice,
avec l'accord tacite d'une grande partie de la communauté internationale.
Les Nations Unies et la communauté internationale dans son
ensemble n'ont pas réussi à imposer des sanctions efficaces
contre les violations israéliennes du Droit international.
Pour cette raison une action citoyenne est nécessaire dans
toute l'Europe, afin d'empêcher les gouvernements d'appliquer
deux poids deux mesures et de continuer à composer avec Israël.
La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ rappelle
que :
Le respect des principes de la charte des Nations Unies exige l'établissement
d'une paix juste et durable entre Israël et le futur Etat palestinien.
Tous les états membres des Nations Unies par leur acceptation
de la charte des Nations Unies se sont engagés à agir
conformément à l'article 2 de la charte.
La crédibilité d'un système international de
justice, son autorité et sa signification pour la communauté
internationale exigent qu'Israël soit forcé de cesser
l'occupation.
Israël, Etat puissant qui occupe le territoire d'un autre peuple,
est membre à part entière de la communauté internationale
et, à ce titre, doit répondre de sa politique et de
ses actes selon les normes acceptées internationalement par
toutes les autres nations. Toute autre approche de l'Etat d'Israël,
le considérant sans justification comme un cas différent
de tous les autres pays, est discriminatoire. Pour toutes ces raisons
nous considérons l'occupation du territoire palestinien par
Israël comme un enjeu international.
Nous avons tous intérêt à y mettre fin.
Nous ne sommes pas prêts à accepter l'aveuglement des
soi-disant superpuissances, l'indolence des Nations Unies, l'apathie
du « Quartet », et enfin, l'indifférence des états
du Moyen-Orient et de la Méditerranée.
Nous ne sommes pas prêts à garder le silence à
propos de la prétention d'Israël, la puissance occupante,
à parler au nom des Juifs du monde entier, à agir au
nom de nos ancêtres, dont beaucoup ont été victimes
du génocide nazi, et à le faire pour le bien de toutes
les victimes de l'antisémitisme et du racisme.
Nous ne sommes pas prêts à assister passivement à
une politique qui à déjà engendré trop
de victimes, de destructions insupportables et de souffrances constantes.
Nous considérant comme citoyens européens et, de ce
fait, convaincus que les droits de l'homme sont la base politique
de la société civile européenne, nous sommes
co-responsables de la paix et de la justice avec nos organisations
sours et amies en Israël, en Palestine et dans tous les pays
de la communauté internationale.
Nous sommes déterminés à adopter une position
ferme contre l'occupation israélienne des territoires palestiniens,
c.à.d. contre le courant de haine et d'hostilité qui
pourrait aboutir à une catastrophe - pour les Palestiniens
et les Israéliens.
Nous sommes convaincus que les dirigeants et les décideurs
israéliens, ainsi que la majorité de la société
civile israélienne, ont le pouvoir de modifier cette situation
intolérable, mais sont réticents et/ou opposés
à le faire. Pour cette raison, il s'avère impossible
que cesse l'occupation sans pressions extérieures. Une pression
internationale non-violente mais efficace, en renfort d'un combat
commun israélien et palestinien contre l'occupation est un
moyen déterminant pour sortir de cette impasse.
La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ retient
:
L'« appel au boycott, au désinvestissement et à
des sanctions contre Israël jusqu'à ce qu'il respecte
le droit international et les droits de l'homme » lancé
par des représentants de la société civile palestinienne
en mai 2005.
Le « programme de lutte » approuvé par le 5e Forum
social mondial de Porto Alegre en janvier 2005 appelant les mouvements
sociaux à « se mobiliser pour des désinvestissements
et des boycotts » dans le but explicite de « faire pression
sur Israël pour l'application des résolutions internationales
et le respect des décisions de la Cour internationale de justice
pour l'arrêt immédiat de la construction et la destruction
du mur illégal de l'apartheid et la fin de l'occupation »
La résolution finale de la Conférence internationale
des Nations Unies de la société civile pour la paix
au Proche-Orient publiée à Paris en juillet 2005, annonçant
pour 2006 l'inauguration d'« une campagne générale
de boycott, de désinvestissements et de sanctions pour faisant
pression sur Israël pour mettre fin à l'occupation, se
conformer au droit international et à toutes les résolutions
des Nations Unies qui le concernent ».
La pétition, dont le lancement fut approuvé lors de
la réunion du Comité europées de coordination
des ONG pour la Palestine (ECCP) à Bruxelles en mai 2005, qui
appelle tous les citoyens des pays membres de l'UE « à
recommander vivement à notre Ministre des affaires étrangères,
au Conseil de l'Union européenne et aux Nations Unies de prendre
des mesures politiques et économiques, y compris des sanctions,
destinées à empêcher Israël de continuer
la construction du mur et de l'obliger à respecter l'avis consultatif
de la Cour internationale de justice ».
De nombreuses organisations juives et israéliennes approuvent
l'idée d'un boycott sélectif et de sanctions contre
Israël, ce sont notamment : Ta'ayush, Les Anarchistes Contre
le Mur, Bat Shalom, ICAHD (Comité israélien contre la
démolition des maisons), JVP (La Voix juive pour la paix, Etats
Unis), Pas en mon nom (USA), Matzpen (Israël/International),
New Profile (association féministe et antimilitariste en Israël),
Les Juifs contre l'occupation (Section de New York), Femmes juives
pour la justice en Israël et Palestine (USA) ; Gush Shalom (Israël)
; Juifs pour la justice globale (USA), Visions de paix et de justice
(USA), et la pétition du ministre du gouvernement Ronnie Kasrils
et du parlementaire Max Ozinsky, qui a réuni plus de 500 signatures
de Juifs sud-africains ; Voix Juives contre l'occupation (USA).
La session plénière annuelle de 2005 des JEPJ déclare
:
Que la mise en ouvre de campagnes de boycott et de désinvestissement
contre l'occupation israélienne n'est pas de nature antisémite.
En effet nous entreprenons cette action dans la conviction que la
fin de l'occupation sert à long terme les intérêts
du peuple israélien.
Que la situation dans les différents pays de l'UE variant d'un
état à l'autre, les groupes nationaux des JEPJ doivent
décider de la forme locale la plus adéquate des actions
à entreprendre dans le cadre d'actions non-violentes contre
l'occupation.
Qu'un boycott sélectif pourrait encourager les Israéliens
à agir pour le respect des droits des Palestiniens.
La fédération des Juifs européens pour une paix
juste et nombre de ses organisations affiliées soutiendront
et mèneront en concertation une campagne d'actions contre l'occupation
à tous les niveaux : local, régional, national, européen
et international.
Actions proposées
1. Nous sommes convaincus que différents types de mesures interconnectées
visant spécifiquement les mécanismes de l'occupation,
et le dispositif militaire-scientifique-technologique-économique
qui y est associé, constituent une réponse appropriée.
Nous coopérerons avec d'autres organisations de terrain et
inclurons dans nos activités des actions contre la vente d'armes
et de pièces vers et venant d'Israël, la vente et l'entretien
d'équipements servant à l'occupation, l'entraînement
de personnel militaire et les tests d'armes israéliennes dans
toute l'UE ainsi que l'entraînement et la formation de policiers
et de militaires des pays de l'UE par Israël.
2. Retrait des investissements dans des sociétés qui
sont des soutiens de l'occupation et qui sont engagées dans
la construction du mur, des colonies ou dans la destruction des maisons
et des terres palestiniennes. Coopération avec des groupes
locaux, palestiniens et israéliens et avec ceux qui font campagne
pour le désinvestissement, afin d'identifier les cibles appropriées.
3. Faire campagne auprès des importateurs, des grossistes et
des détaillants pour que ne soient pas étiquetés
« israéliens » des produits fabriqués ou
comportant des pièces fabriquées en dehors des frontières
de 1967, mais qu'ils soient bien marqués comme « produits
des colonies venant des territoires palestiniens occupés ».
4. Soutenir le boycott de ces produits par les consommateurs en publiant
sur le site Internet de JEPJ une liste établie conjointement
avec Gush Shalom, des organisations palestiniennes et des groupes
de solidarité locaux. Là où détaillants
et grossistes refusent de fournir l'information sur l'origine de ces
marchandises, celles-ci seront incluses dans la liste, avec la mention
qu'elles viennent probablement des implantations.
5. Etablir des liens avec d'autres groupes pour l'élaboration
et la mise à jour d'informations et pour militer en faveur
du désinvestissement et des boycotts de consommateurs. Ceci
pourrait aider à endiguer l'éparpillement des campagnes
de solidarité politique avec le peuple palestinien.
Il est temps de transformer nos critiques et notre opposition aux
gouvernements israéliens et aux politiques qu'ils conduisent,
en actions concrètes, non-violentes. Même si elles sont
essentiellement symboliques dans un premier temps, de telles actions
sont destinées à dynamiser une pression citoyenne sur
nos propres gouvernements. L'objectif initial est d'abroger les privilèges
de commerce et de coopération scientifique accordés
à Israël dans le cadre du traité d'association
UE/Israël jusqu'à ce qu'Israël se plie aux obligations
de respect des droits de l'homme inscrites dans ce traité.
Irena Sarahna sera déportée en Ukraine
Citoyenne russe mariée à un Palestinien, Irena Sarahna
sera déportée en Ukraine. Ainsi en a décidé
la cour martiale de Tel Aviv, qui a rejeté l'appel interjeté
par la défense de la jeune femme, âgée de 27 ans,
contre la décision d'expulsion prise le 22 août dernier.
Immigrée de l'ex-URSS, Irena avait été forcée
de se prostituer avant de rencontrer Ibrahim Sarahna, un habitant
du camp de réfugiés de Dheishe, près de Bethléem,
de se convertir à l'Islam et de l'épouser. Le couple
avait été arrêté en 2002, après
un attentat contre un club d'échecs de Rishon Letzion qui avait
fait deux morts. Irina, qui a une petite fille, a été
condamnée pour complicité à 3 ans de prison,
qu'elle a purgé, suivis d'une expulsion à vie. Ibrahim
restera en prison pour de longues années.
Israël tue deux responsables des Brigades
des martyrs d'Al Aqsa et du Hamas
L'aviation israélienne a tué mardi d'un tir de missiles
deux membres importants des Brigades des martyrs d'Al Aqsa et du Hamas,
déclenchant des promesses de vengeance de la part des deux
groupes palestiniens qui pourraient mettre fin à une trêve
informelle de neuf mois.
Cette frappe est survenue à la veille de l'Aïd El Fitr,
importante fête marquant la fin du mois de Ramadan, ce qui pourrait
inciter les militants à la retenue de crainte que l'opinion
publique palestinienne ne leur reproche de provoquer des représailles
israéliennes en pleines célébrations.
La voiture d'Hassan Madhoun (Brigades) et de Faouzi Abou Kara (Hamas)
a été pulvérisée près du camp de
réfugiés de Jebaliya, sur une route empruntée
quelques minutes auparavant par le président palestinien Mahmoud
Abbas se rendant à Gaza, selon ses gardes du corps.
Hassan Madhoun était impliqué dans des tirs de roquettes
sur l'État hébreu et assurait la coordination avec les
autres groupes militants, dont le Hamas et le Jihad islamique, selon
des responsables israéliens. Il aurait également participé
à l'élaboration de trois attentats qui ont tué
20 Israéliens depuis 2004, d'après l'armée, qui
l'a désigné comme la principale cible de l'attaque.
Quant à Faouzi Abou Kara, c'était un expert de la fabrication
de roquettes, ont précisé des responsables du Hamas.
A la nuit tombée, une roquette tirée depuis la Bande
de Gaza est tombée près d'un village israélien,
selon des témoins, et un obus israélien a été
tiré contre un champ du nord du territoire, d'après
des Palestiniens contredits par l'armée.
Dans un entretien à l'agence Associated Press, Yossi Beilin,
à la tête du parti pacifiste d'opposition Yahad, a accusé
le Premier ministre israélien Ariel Sharon d'enclencher un
nouvel enchaînement de violences afin de s'assurer que «le
retrait de la Bande de Gaza soit le dernier geste politique»
du genre.
Source : AP, 1er novembre 2005
Dernier instant d'espoir - Aucun gouvernement
israélien soutenu par les USA n'a jamais offert l'égalité
des droits aux Palestiniens
par Ilan Pappe, CounterPunch, 27 octobre 2005. Original : http://www.counterpunch.org/pappe10272005.html.
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla
Ce mois marque le cinquième anniversaire de l'insurrection
palestinienne et pourrait fort bien être le dernier instant
possible pour obtenir une paix en Israël et en Palestine. La
paix n'est pas seulement importante pour les gens qui vivent là-bas.
Elle apportera(it) des dividendes pour le monde entier, et en particulier
aux Etats-Unis.
Ceci, parce que la prolongation du conflit en Palestine déstabiliserait
le monde arabe et permettrait à ses dirigeants de continuer
à ignorer des problèmes aussi aigus que la pauvreté
et l'absence de démocratie. Une question palestinienne non
résolue, cela signifie aussi que l'ère du colonialisme
n'est pas derrière nous et que la résolution de problèmes
telles la pauvreté ou l'absence de liberté ne saurait
être qualifié de luxe. Aussi longtemps que les réfugiés
palestiniens, qui ont été chassés de chez eux
par les nouveaux arrivants juifs, en 1948, ne pourront pas retourner
chez eux, et aussi longtemps que l'occupation militaire des territoires
conquis par Israël en 1967 persistera, aucune solution durable
ne sera possible. Aucune proposition de paix, jusqu'à ce jour,
n'a apporté de solution équitable, ni aux réfugiés
palestiniens, ni aux Palestiniens qui continuent à vivre sous
une occupation militaire brutale.
La perception d'Israël comme une relique agressive du passé
colonial est largement répandue dans le monde musulman. Ceci
a des conséquences terribles pour les Etats-Unis. Israël
n'aurait pas pu éradiquer près d'un million de Palestiniens
en 1948, ni en occuper plus de deux millions durant ces trente-huit
années écoulées, sans le soutien américain.
De fait, les contribuables américains règlent la note.
Elle s'élève à 3 milliards de dollars, chaque
année. Ce soutien financier, combiné à un soutien
diplomatique irrémissible, a permis à Israël de
perpétuer l'occupation militaire d'un autre peuple la plus
longue des temps modernes. Voici quelles sont les horreurs infligées
aux Palestiniens, horreurs dont sont témoins les peuples des
mondes arabe et musulman : démolitions de maisons généralisées,
confiscation de propriétés privées pour la construction
de colonies réservées aux juifs et de routes réservées
aux juifs, expulsion des Palestiniens, chrétiens comme musulmans.
Et leur colère ne se limite pas toujours à des protestations
contre Israël, l'occupant éradicateur. Parfois, ils défient
aussi - aux moyens d'une terreur condamnable - les Etats-Unis, en
qui ils voient la superpuissance qui se tient derrière l'oppresseur.
Les Etats-Unis n'ont nul besoin d'être embringués dans
une relation tendue avec un cinquième de la population mondiale.
Et pourtant, nous vivons un moment d'opportunité. Cela n'a
rien à voir avec le retrait unilatéral de Gaza, qui
s'est révélé n'être pas autre chose qu'un
tentative israélienne interne de substituer une occupation
indirecte à l' occupation directe. Non, l'opportunité
est purement américaine, elle rappelle la lutte pour les droits
civiques menée par, et pour les Afro-Américains.
En dépit du fait qu'ils sont expulsés et occupés,
quiconque a visité la Palestine et a des amis palestiniens
vous dirait que, tout comme les autres êtres humains, les Palestiniens
désirent simplement être traités en égaux.
Ils aspirent à une vie normale, près des juifs, et avec
eux, sur le minuscule territoire de la Palestine et d'Israël.
Si on offrait aux Palestiniens musulmans et chrétiens, en Israël,
l'égalité avec les juifs dont jouissent aujourd'hui
tous les Américains, ils l'accepteraient, à bras ouverts.
Aucun gouvernement israélien, dans toute l'histoire, soutenu
par les Etats-Unis, n'a jamais offert des droits égaux aux
Palestiniens, ni en Israël, ni dans les territoires occupés.
Israël a toujours exigé une majorité juive et l'exclusivité
sur le territoire partagé (avec les Palestiniens), tout en
« offrant », dans le cadre des dernières propositions
de paix, un Etat palestinien impossible, sur des éclats de
la Palestine historique représentant, au total, 8 % de sa superficie.
Les Israéliens les plus généreux se contentent
d' « offrir » quelques pour cents de plus. Des confettis
de territoire palestinien, qui évoquent les bantoustans d'
Afrique du Sud - comme les accords calamiteux d'Oslo l'ont démontré
- sont une recette assurée pour plus de sang versé.
Cela ne fera qu'entraîner les Etats-Unis encore plus profondément
dans un conflit sans fin - un conflit qu 'il serait pourtant possible
de résoudre, dès aujourd'hui, en adoptant ces valeurs
mêmes que les Américains tiennent en si haute estime
: l'égalité des droits et la justice pour tous.
Pas trop de Noirs, SVP...
Quoiqu’en dise Israel Shamir sur le fait que les Israéliens
seraient “aveugles aux couleurs” et donc ne se soucieraient
pas de la couleur de peau [voir le compte-rendu de sa conférence
à Paris dans La Bibliothèque], il semble bien que les
dirigeants sionistes commencent à trouver qu’il y a un
peu trop de Noirs dans l’État juif. Les Falashmuras,
ces Éthiopiens prétendus juifs - la vulgate veut qu’ils
aient été “convertis de force” au christianisme
au XIXème siècle - sont aujourd'hui 100 000 en Israël.
La plupart d’entre eux sont arrivés par les ponts aériens
organisés au plus fort de la famine en Éthiopie en 1984,
puis suite à la chute du régime Mengistu en 1991. Mais
les Falashmuras ne sont pas contents et plusieurs milliers d’entre
eux l’ont fait savoir en manifestant dimanche devant la résidence
du premier ministre à Jérusalem. La source de leur mécontentement
? Ils affirment que leurs parents restés en Éthiopie
tardent à venir les rejoindre dans la Terre promise et ils
imputent les lenteurs au fait qu’ils sont “des Africains
pauvres et pas des riches Américains”. Le gouvernement
israélien avait décidé en février dernier
de doubler le nombre d’immigrants éthiopiens afin d’en
importer 20 000 d’ici 2007, mais depuis plusieurs mois, le nombre
des nouveaux arrivants a brutalement baissé. Le ministère
de l’absorption des immigrants impute les blocages aux élections
éthiopiennes. En attendant, de nombreux Éthiopiens,
qui avaient vendu leurs maigres biens et s’étaient rendus
à Addis Abeba dans l’imminence d’un départ,
restent bloqués dans la capitale éthiopienne dans l’attente
d’un hypothétique avion. C’est d’autant plus
incompréhensible que les dirigeants sionistes éprouvent
un besoin urgent de désamorcer la “bombe démographique”
palestinienne en voulant importer 1 million de nouveaux immigrants
d’ici 2013. Mais peut-être qu’après tout,
ils préfèrent importer des bons Blancs, même évangéliques,
plutôt que des Noirs ?
Source : Reuters, 30 octobre 2005
Un citoyen israélien obtient le statut
de réfugié en France
Pour la première fois, un citoyen israélien vient de
se voir reconnaître, par la justice française, le statut
de réfugié, en raison des persécutions subies
dans son pays, a-t-on appris de source judiciaire. Une décision
qui fait naturellement un peu « tache », pour un pays
se targuant en permanence d’être « la seule démocratie
du Moyen-Orient ».
Aux termes des traités internationaux, doit être considéré
comme réfugié toute personne qui, « craignant
avec raison d’être persécutée du fait de
sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance
à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se
trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut,
ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection
de ce pays ».
Eh bien, la Commission des recours des réfugiés a estimé,
dans un jugement rendu en mai dernier, que le citoyen israélien
P.R. (l’identité réelle de l’intéressé
a été modifiée par nos soins, NDLR), entrait
incontestablement dans cette catégorie.
Les mésaventures de P.R., Russe de confession juive ayant
émigré en Israël en 1999, illustrent, comme on
va le voir, des pratiques sadiques, racistes et xénophobes
rencontrées à tous les échelons de la société
et de l’administration israélienne.
P.R. est arrivé en Israël en juin 1999 grâce à
la « Loi du Retour », en compagnie de sa femme et de sa
fille qui sont pour leur part de confession chrétienne, et
c’est là que les ennuis ont commencé.
« Parce qu’elle portait une croix, sa fille a fait l’objet
en octobre 1999 d’humiliations de la part de ses camarades de
classe ; parce qu’il refusait de convertir sa fille au judaïsme,
il a dû déménager avec toute sa famille en janvier
2000 à Hadera ; le 23 octobre 2001, sa fille a été
victime d’un attentat terroristes dont elle garde de lourdes
séquelles ; en raison de son handicap, elle a été
l’objet de la part de ses camarades de classes ; à la
suite du refus de sa fille de retourner à l’école
en septembre 2002, il a demandé en vain de l’aide auprès
des services de l’éducation ; alors qu’il a obtenu
en juillet 2002 son passeport ainsi que sa femme, sa fille n’a
pu en recevoir un, en raison de sa confession chrétienne, sous
prétexte qu’elle n’était pas citoyenne »,
écrit le rapporteur auprès de la Commission.
« En août 2002, il a déposé plainte en
vain auprès du Contrôleur d’Etat à Jérusalem,
puis auprès du bureau administratif du ministère des
Affaires étrangères ; ses plaintes n’ont pas abouti,
car sa fille n’est pas citoyenne israélienne ; en septembre
2002, il a été informé que sa fille n’avait
plus le statut de ’résident permanent’ en Israël,
mais celui de ’résident provisoire’ ; après
que sa fille a refusé de se rendre à l’école
en octobre 2002 en raison de l’attitude de ses camarades de
classe, il s’est adressé à un député
municipal qui a promis de l’aider ; à la suite de la
publication de plusieurs articles de journaux sur sa situation, sa
fille a reçu en novembre 2002 une carte d’invalide qui
ne couvrait que partiellement son handicap ; par la suite, l’inspecteur
du service de l’éducation lui a confirmé que sa
fille n’était effectivement pas citoyenne israélienne
et que sa femme et lui-même étaient passibles de la privation
de leurs droits parentaux si leur fille ne retournait pas à
l’école ; il a appris également que si sa fille
se convertissait au judaïsme, ses problèmes seraient résolus
; grâce au soutien du député et d’une association,
sa fille a pu retourner à l’école en décembre
2002 ; une pétition a alors été lancée
à son encontre en décembre 2002 par l’inspecteur
du service de l’éducation afin que sa femme et lui-même
soient privés de leurs droits parentaux », poursuit l’auteur
du rapport.
« Le 23 février 2003, il a été convoqué
avec son épouse au commissariat de police et interrogé
sur sa situation familiale ; le 15 mars 2003, ils ont adressé
une plainte au ministère de l’Intérieur ; en avril
2003, ils ont porté plainte contre l’inspecteur du service
de l’éducation, l’accusant de la dégradation
de la santé de leur fille ; après avoir reçu
des menaces téléphoniques et des tracts antichrétiens
les enjoignant de retirer leur plainte, ils ont porté plainte
en vain auprès des autorités policières ; en
raison du harcèlement subi par sa fille, le principal leur
a proposé de la convertir au judaïsme, ce qu’ils
ont refusé ; en juin 2003, la carte d’invalidité
de sa fille a été retirée, alors que sa santé
se dégradait ; le 29 juin 2003, sa femme a été
agressée par l’inspecteur du service de l’éducation
et menacée, s’ils ne retiraient pas leur plainte ; le
23 juillet 2003, leurs passeports ont été confisqués,
par deux inspecteurs de police ; le 25 juillet 2003, sa femme a appris
qu’un tribunal allait statuer sur la privation de leurs droits
parentaux et l’envoi de leur fille dans un internat ; craignant
pour sa sécurité, il a fui le pays avec sa femme et
sa fille ; il redoute d’y être persécuté
en cas de retour », conclut l’auteur du rapport.
La Commission n’a donc pu que constater que l’ensemble
de ces faits, « qui ont pour origine de fortes pressions religieuses
exercées par diverses autorités sur sa fille »,
ont porté « une atteinte grave à ses droits civiques
fondamentaux et l’ont placé dans une situation d’insécurité
permanente », l’empêchant, « sans que les
autorités publiques y remédient malgré ses demandes
répétées, de mener une vie normale dans le pays
dont il avait acquis la nationalité ».
En conséquence, la Commission, qui statue « Au nom du
peuple français », décide que P.R. est bien fondé
à se considérer comme réfugié au sens
de la Convention de Genève, et lui reconnaît explicitement
cette qualité.
Source : www.oulala.net, 24 octobre 2005
"Visiteurs retardataires"
par Amira Hass, Ha'aretz, , 27 octobre 2005. traduit de
l'hébreu par Michel Ghys
Chaque année, à la fin du mois d'octobre, le Ministère
palestinien de l'Intérieur à Gaza lance une opération
d'émission de la première carte d'identité de
ceux qui ont atteint l'âge de 16 ans. Cette année, le
Ministère de l'Intérieur sera assisté par les
écoles : chaque élève apportera en classe quatre
photos de passeport, une photocopie de la carte d'identité
des parents et de son extrait d'acte de naissance. L'école
transmettra les documents au Ministère de l'Intérieur.
Comme chaque année, les employés du Ministère
de l'Intérieur introduiront dans l'ordinateur toutes les données
en vue de l'émission des cartes d'identité et comme
chaque année, depuis la création de l'Autorité
Palestinienne, un employé du Ministère palestinien de
l'Intérieur communiquera au représentant du service
d'enregistrement de la population du Ministère israélien
de l'Intérieur - lequel représentant se trouve en poste
dans les bureaux de l'Administration de Coordination et de Liaison
- toutes les données enregistrées et la photo de chacun.
On prévoit ainsi que de huit à dix mille jeunes gens
seront contrôlés, en dépit du désengagement,
par des employés israéliens. Indépendamment du
départ de l'armée israélienne de la Bande de
Gaza, le Ministère palestinien de l'Intérieur est tenu,
cette année encore, d'attendre la permission du représentant
du Ministère israélien de l'Intérieur pour pouvoir
émettre les premières cartes d'identité aux jeunes
Palestiniens. Depuis 1967, tous les habitants palestiniens sont enregistrés
au Ministère israélien de l'Intérieur. Cela n'a
pas changé au moment de la création de l'Autorité
Palestinienne. Bien au contraire, pour chaque habitant palestinien
des observations sont notées, qui relèvent de la sécurité
et qui n'apparaissent pas à l'écran des ordinateurs
du Ministère palestinien de l'Intérieur mais seulement
sur des écrans d'ordinateurs israéliens : à l'administration
civile et dans les bureaux des Renseignements Généraux
[Shabak]. Ce noud gordien n'a pas changé avec la mise en ouvre
du « désengagement ».
Le registre palestinien de population dans la Bande de Gaza n'a
pas été « désengagé » de l'ordinateur
israélien. De sources palestiniennes, on indique que la question
de la « séparation » d'avec les ordinateurs israéliens
n'a absolument pas été soulevée lors des discussions
sur le désengagement qui se sont tenues entre représentants
israéliens et Autorité Palestinienne, si bien que les
Palestiniens ont compris que la même situation serait maintenue.
Les représentants de l'Administration israélienne de
Coordination et de Liaison ont même fait savoir au représentant
du Ministère de l'Intérieur que, du fait du déménagement
de leurs bureaux hors des frontières de la Bande de Gaza, la
mise à jour des registres - notamment pour ce qui est des naissances
et des décès - serait gelée pour une période
de dix jours. Dès que le travail reprendra côté
israélien - et cela aussi dépend de la détente
sur le plan de la sécurité - un employé du Ministère
palestinien de l'Intérieur sortira avec des caisses remplies
de rapports sur les dernières naissances, les décès,
les mariages, pour les remettre à l'Administration de Coordination
et de Liaison, en ses nouveaux bureaux et permettre ainsi la mise
à jour de l'ordinateur israélien.
S'agissant de l'émission de cartes d'identité ou de
l'enregistrement d'une naissance ou d'un décès, cette
mise à jour apparaît comme purement technique. Mais la
dépendance à l'égard d'Israël est absolue
quand il s'agit d'ajouter des habitants au registre : le Ministère
palestinien de l'Intérieur n'a, par exemple, pas autorité
pour accorder la « citoyenneté » à des Palestiniens
nés à l'étranger et qui souhaiteraient concrétiser
leur « droit au retour » à l'intérieur de
la Cisjordanie ou de la Bande de Gaza. Il en est de même pour
les dizaines de milliers de Palestiniens nés dans les Territoires
occupés mais qui ont perdu leur droit de résidence à
cause d'une politique israélienne délibérée
de déni de droit de résidence à toute personne
qui n'est pas revenue au pays pendant une période de plus de
trois ans.
En outre, l'Autorité Palestinienne n'est pas libre de renouveler
leurs cartes d'identité. Il y a des dizaines de milliers de
couples dont un des membres est né dans la diaspora palestinienne
et n'est pas un habitant des Territoires. Depuis 1967, ce sont les
autorités israéliennes qui sont compétentes pour
autoriser la « réunification familiale » de tels
couples. Rien n'a changé après la création de
l'Autorité Palestinienne. Et cela fait cinq ans que le traitement
des dossiers de « réunification familiale », qui
s'opérait par le biais de négociations entre Israël
et les Palestiniens, est gelé.
En Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, vivent environ 54 000 Palestiniens
détenteurs d'un passeport étranger, qui sont arrivés
dans les Territoires comme touristes, avec un visa d'entrée
israélien, dans l'espoir de se voir accorder la « citoyenneté
» dans le cadre des accords d'Oslo et du processus politique.
Ces gens-là, qui sont appelés « visiteurs retardataires
», risquent l'expulsion s'ils arrivent à un barrage militaire
israélien et cela, même s'ils ont des enfants ou un conjoint
dans les Territoires. Ils ne peuvent pas non plus partir à
l'étranger, même en cas d'urgence. Dès lors qu'ils
seraient partis, Israël ne les autoriserait pas à revenir
dans la mesure où ils auront été en séjour
illégal une fois passée la date d'expiration de leur
visa d'entrée. C'est dire que le contrôle israélien
sur les registres du Ministère palestinien de l'Intérieur
est lié au contrôle israélien sur les passages
à la frontière et sur les déplacements à
l'intérieur de la Cisjordanie. L'Autorité Palestinienne
ne peut dès lors pas agir unilatéralement et donner
à tous ces gens une carte d'identité : au premier soldat
israélien qui, à un barrage ou un passage de frontière,
la contrôlerait et découvrirait que ses données
ne figurent pas dans l'ordinateur israélien, cette carte d'identité
n'aurait même pas la valeur du papier sur laquelle elle est
imprimée.
Les Palestiniens n'ont pas envisagé de demander une modification
de la situation existante ni le « retrait » du registre
de population de la Bande de Gaza hors du Ministère israélien
de l'Intérieur. Pour eux, ce qui s'applique à la population
de Cisjordanie s'applique à celle de la Bande de Gaza et ce
sont deux morceaux d'une même « unité territoriale».
C'est pour cette raison par exemple qu'avant-hier, dans son discours
à Ramallah, Mahmoud Abbas a insisté sur son opposition
à la demande de libération des prisonniers gazaouis
dans le cadre du «désengagement ». Selon lui, il
n'y a pas de différence entre les prisonniers de Gaza, de Cisjordanie
et de Jérusalem-Est, et l'exigence de leur libération
n'a pas de lien avec le départ de Gaza de l'armée israélienne.
C'est pourquoi, du point de vue palestinien, le maintien du contrôle
israélien sur le registre de population palestinien est la
démonstration que l'occupation israélienne de la Bande
de Gaza n'a pas pris fin. Le fait que les instances israéliennes
ne se sont pas « portées volontaires » pour discuter
de la possibilité de retirer le registre de la population gazaouite
du Ministère israélien de l'Intérieur est en
contradiction avec leur attente de voir le monde reconnaître
que Gaza n'est plus une zone occupée.
Pressions israéliennes sur le nouveau
patriarche grec orthodoxe en Palestine
le nouveau patriarche grec-orthodoxe, Théophile III, a accusé
le gouvernement israélien d'exercer des pressions sur lui et
refuse de le reconnaître. Israël demande tout simplement
au patriarche de donner son accord à la pseudo-vente de terres
appartenant au patriarcat et situées dans la ville d'al-Quds
à des colons juifs. Le quotidien palestinien al-Quds ainsi
que le journal israélien Haaretz rapportent ce jeudi que le
patriarche Théophile et le patriarcat grec-orthodoxe ont porté
plainte devant la cour suprême de l'Etat d'Israël contre
les responsables israéliens, y compris le premier ministre
Sharon, le ministre des affaires d'al-Quds, le ministre de l'intérieur,
la ministre de la justice, et le ministre des affaires étrangères,
demandant qu'ils cessent d'intervenir dans les affaires intérieures
du patriarcat orthodoxe et de mettre fin aux chantages et pressions
que l'Etat d'Israël essaie d'imposer sur le patiarche pour avaliser
l'affaire de la soi-disant vente de la place Umar b. al-Khattan située
à la porte d'al-Khalil, dans la vieille ville d'al-Quds.
Il faut rappeler que les institutions du patriarcat avaient isolé
le patriarche Irinos 1er suite à la découverte au mois
de mars dernier qu'il avait effectué une vente de terrains
appartenant au patriarcat au profit de colons juifs. Irinos a été
isolé et renvoyé, ayant été jugé
responsable de cette affaire. Il avait cependant affirmé qu'il
n'avait pas de lien avec cette affaire et que seul était responsable
le compatable du patriarcat, qui s'était enfui plus tôt.
L'Autorité palestinienne et la Jordanie ont reconnu l'isolement
d'Irinos et son remplacement par le patriarche Théophile, mais
Israël refuse toujours de le reconnaître tant qu'il n'a
pas avalisé l'affaire de la vente.
Source : www.arabs48.com