Attentat à Haidera, opération
meutrière sioniste à Jénine et bombardements
sur Gaza
Le Jihad islamique a revendiqué dans un coup de téléphone
à l'AFP l'attentat perpétré mercredi 26 octobre
dans le marché de Hadera, dans le nord d'Israël, en représailles
à la mort d'un de ses chefs.
"C'est une première réponse à l'assassinat
par Israël de Louay Saadi", le chef de la branche armée
du Jihad islamique en Cisjordanie, a indiqué un interlocuteur
anonyme.
Saadi, 32 ans, a été tué dimanche soir par
des soldats israéliens, lors d'une opération à
Tulkarem, en Cisjordanie. Le Jihad islamique avait promis de venger
sa mort.
Dans un communiqué, Mahmoud Abbas a condamné l'attentat
qui "va à l'encontre de nos intérêts, et
va intensifier la violence dans la région". Il a aussi
condamné les attaques à la roquette effectuées
pr le hamas à partir de Gaza sur Sdérot. Jeudi, les
sionistes ont engagé une contre-offensive à Jénine,
arrêtant le père du martyr de Hadera et ont procédé
à des bombardements sur Gaza, tuant 6 Palestiniens.
Assez de voitures palestiniennes !
par Gidéon Levy, Ha'aretz.com, 23 octobre 2005. Traduction
: MG pour http://www.ismfrance.org/ Nous devons mettre fin à
ce luxe immédiatement. Les Palestiniens devraient être
interdits de circuler en voiture sur toutes les routes de la Cisjordanie
et pas seulement sur les routes interurbaines comme cela a été
décidé après l'attaque en voiture au carrefour
de Gush Etzion la semaine dernière. Toute autre solution, plus
`humaine' n'empêchera pas les attaques terroristes. De toute
façon, la plupart des Palestiniens se sont habitués
à vivre sans voiture, sans se déplacer, sans liberté.
Par conséquent arrêtons de jouer avec des mots pompeux
et des solutions partielles : Plus de voitures palestiniennes sur
les routes de notre pays, y compris à l'intérieur de
leurs territoires occupés. Vers la fin de la semaine, les gens
ici ont été un peu effrayés par la critique américaine
au sujet de la fermeture des routes principales de Cisjordanie aux
voitures privées.
Une source à Jérusalem s'est dépêchée
de dire à Haaretz : "Il n'y a aucun nouveau projet pour
séparer le trafic sur les routes de Cisjordanie." Et le
ministre de la défense a promis depuis Londres que c'était
seulement une mesure provisoire. Ainsi, il a donc été
encore une fois prouvé que notre dernière barrière
morale ne se trouve pas à Jérusalem, mais plutôt
à Washington. La pensée que des gens comme George W.
Bush et Condoleezza Rice soient les gardiens de notre moralité
devrait nous faire trembler, mais c'est un fait. Néanmoins,
la source au gouvernement a admis qu'il y a un plan d'urgence pour
une séparation du trafic qui serait seulement mis en application
si l'Autorité Palestinienne s'effondrait.
Il est difficile de comprendre quel est le lien entre l'effondrement
de l'Autorité Palestinienne et l'effondrement total de ce que
reste de nos valeurs humaines, comme exprimé par l'imposition
des punitions collectives rigoureuses. En attendant, les Forces de
Défense israéliennes ont déjà mis en application
"des parties du plan en tant que réponse immédiate
au terrorisme" a expliqué la source. Cependant, l'interdiction
de circuler aux voitures privées sur les routes interurbaines
fait partie d'un régime de séparation basée sur
l'ethnie qui est en pratique depuis un certain temps et qui est exprimée
le plus fortement sur les routes. Depuis presque cinq ans, la liberté
de circulation a été refusée à 2,5 millions
d'habitants de Cisjordanie. Israel relache de temps en temps les rênes,
comme ça a été le cas lors des derniers mois,
et les resserre parfois, comme cela se produit maintenant. Mais les
différences sont minuscules: La réalité est que
les habitants de Cisjordanie sont emprisonnés.
Les décisions de resserrer de temps en temps son étreinte,
qui ont pour seul but de faire plaisir aux colons, ne font pas beaucoup
de différence. Il n'y a que peu d'Israéliens qui peuvent
sonder les implications des décisions arbitraires de l'establishment
de la défense. Combien de jours pourrions-nous vivre sans véhicules
privés?
Qui parmi nous a une idée de ce que quelqu'un éprouve
quand il ou elle doit passer par le checkpoint de Hawara les jours
où il est apparemment ouvert, et l'affluence dans la file d'attente
sans fin au checkpoint de Qalandiyah? Ou combien de temps est-ce que
un dialysé doit passer sur les routes pour aller de Tulkarem
à un hôpital de Jérusalem-Est? Chaque déplacement
en Cisjordanie est devenu un perpétuel cauchemar d'humiliation
et d'anxiété physique. Par conséquent, ces choses
doivent être portées à la connaissance des Américains
concernés: l'apartheid sur les routes existe depuis un certain
temps ici, avec ou sans le plan d'urgence.
La plupart des routes de Cisjordanie sont désolées,
sans personne ou sans voiture. Les jours de Shabbat et aux heures
où les colons n'y circulent pas, elles deviennent des routes-fantômes.
Circulez sur la route allant du chekpoint de J`bara près de
Taibeh à TulKarem et Naplouse, et vous ne comprendrez pas où
les centaines de milliers d'habitants vivant dans la région
ont disparu. Se sont-ils évaporés ? Ont-ils décidé
de rester pour toujours sous leurs vignes et leur figuiers?
Quand vous circulez sur la route 443 allant de Modi`in à
Jérusalem, qui est devenue une autoroute jusqu'à la
capitale, demandez-vous, où sont les dizaines de milliers d'habitants
des villages disséminés le long de la route. Pour votre
information, leur route est bloquée. La route est seulement
pour les Juifs. Si vous regardez bien, vous remarquerez, sur les côtés
de la route, les voies de circulation assignées aux Palestiniens
: des sentiers à travers les terrasses qui serpentent les collines,
des chemins de chèvre sur lesquelles brinquebalent les voitures,
y compris celles qui transportent les malades, les femmes prêtes
à accoucher, les élèves, et les citoyens ordinaires
qui décident de remettre leur vie entre leurs mains afin de
voyager pendant deux à trois heures pour atteindre le village
voisin.
Pendant ces jours de Ramadan, Israël - un partisan acharné
de la liberté de culte - permet aux Musulmans de faire le pélerinage
jusqu'à la Mosquée Al Aqsa. Et certains de ces pélerins
se déplacent péniblement à travers les collines
pour faire ce pélerinage, comme le suggère littéralement
le mot hébreu pour pélerin (oleh regel). Les bus partant
maintenant quotidiennement de Jénine, par exemple, avec des
croyants âgés de plus de 45 ans, comme stipulé
par Israel, partent à 5h du matin et reviennent vers 20h le
soir, avec le menu complet des humiliations et en attendant tout le
long du chemin. Tout cela n'a rien à voir avec la sécurité.
Un terroriste souhaitant entrer en Israel trouvera un moyen pour le
faire, comme le prouve le grand nombre de Palestiniens qui parviennent
à le faire sanspermis.
Le fait que le voyage d'Hebron à Bethléem prenne des
heures n'empêche pas le terrorisme; il l'encourage. Et si l'objectif
est de "répondre et punir" chaque attaque, pourquoi
les habitants de Tapuah n'ont-ils pas été interdits
de voyager après que le terroriste Eden Natan-Zada soit allé
à Shfaram pour tuer ses habitants ?
La vérité devrait être dite, non seulement à
Washington, mais tout d'abord ici: Il y a un système d'apartheid
sur les routes de Cisjordanie qui n'a aucun lien avec la guerre contre
le terrorisme, et la décision de retirer ceci ou cela du "plan
d'éventualité" est dénuée de sens.
Depuis des centaines d'années, les Palestiniens ont vécu
dans ce pays sans voiture, et il n'y a aucune raison pour qu'ils ne
puissent pas revenir à cette époque, en particulier
quand les Routes pour Juifs Seulement ont été goudronnées
sur leurs terres. Mais contrairement à autrefois, le voyage
à dos d'âne ou à pied est également très
difficile aujourd'hui.
Le Quai d'Orsay défend la participation
française à la construction du tramway de Jérusalem
La participation des compagnies françaises Alstom et Connex
à un projet de tramway desservant deux quartiers de colonisation
dans la région de Jérusalem "n'a aucune conséquence
sur le statut de Jérusalem-est", a déclaré
mercredi le ministère des Affaires étrangères.
"La participation d'entreprises françaises à la
construction du tramway de Jérusalem s'inscrit dans le cadre
d'un marché international qui obéit à une logique
commerciale", a dit à la presse le porte-parole du ministère,
Jean-Baptiste Mattéi.
"Leur participation à cette construction n'emporte à
nos yeux aucune conséquence sur le statut de Jérusalem-est",
a-t-il précisé, en ajoutant que la position française
"reste inchangée sur la colonisation en Cisjordanie et
autour de Jérusalem-est, qui est contraire au droit international".
La participation des compagnies françaises au projet de tramway
avait été abordée le 17 octobre entre le président
français Jacques Chirac et le président de l'Autorité
palestinienne Mahmoud Abbas, en visite à Paris. La France s'était
alors engagée "à regarder le problème soulevé".
Le ministre palestinien des Affaires étrangères Nasser
Al-Qidwa s'était dit auparavant "profondément préoccupé"
par la participation de ces firmes, le tramway devant desservir Pisgat
Zeev et French Hill, deux quartiers de colonisation dans la partie
arabe occupée et annexée de la ville. La Campagne civile
internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP),
a dénoncé dans un communiqué publié à
Paris, la "caution officielle française" à
ce projet, estimant "qu'il ne peut plus s'agir d'un contrat strictement
privé mais d'un message politique".
Alstom et Connex font partie d'un consortium retenu par les autorités
israéliennes en 2002 pour le projet du tramway, la première
devant fournir les rames alors que Connex participera à l'exploitation
du tramway, qui doit entrer en service à l'automne 2008. Le
coût du projet est estimé à quelque 400 millions
d'Euro. Source : AFP, 26 octobre 2005
Le commandant du Jihad islamique en Cisjordanie
assassiné à Tulkarem
Deux Palestiniens ont été tués par l'armée
israélienne dans la ville de Tulkarem en Cisjordanie peu avant
l'aube lundi, dont Luay Saadi, chef de l'aile militaire du Jihad islamique
en Cisjordanie. Fugitif, il était accusé d'être
responsable de la mort de 12 Israéliens dans une série
d'attentats ces derniers mois.
Dans la foulée de cette opération nocturne, la journée
de lundi a été marquée par un regain de violences
entre Israéliens et Palestiniens. Le Jihad islamique a menacé
de mener des actions de représailles et a tiré deux
roquettes artisanales sur le sol israélien depuis la Bande
de gaza, sans faire de victimes.
A son tour, Israël a riposté à ces tirs de roquettes
en procédant à des tirs d'artillerie tandis que des
hélicoptères lançaient des missiles sur des terrains
vagues dans le nord de la Bande de Gaza. Ces tirs n'ont pas fait de
victimes.
Dans la journée, réagissant à la mort des deux
militants, le chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas
a affirmé que ces meurtres menaçaient la sécurité
régionale, et le Jihad islamique a appelé à la
vengeance.
"Nos représailles pour ce crime seront sans précédent",
a déclaré un porte-parole du Jihad islamique à
Gaza.
Les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa ont identifié le deuxième
homme tué comme un de leurs membres, Majeb al Askar.
Un porte-parole de Tsahal a expliqué pour sa part qu'un soldat
israélien avait été légèrement
blessé quand des Palestiniens armés ont ouvert le feu
sur les troupes israéliennes depuis une voiture en mouvement.
Lors de la fusillade qui a suivi, un militant palestinien a été
tué. Le deuxième Palestinien armé a été
abattu alors qu'il s'apprêtait à tirer sur des soldats
israéliens depuis une ruelle.
Six Palestiniens recherchés ont également été
interpellés au cours de l'opération qui a contraint
des dizaines de Palestiniens à quitter leur domicile et à
subir des fouilles, selon les habitants.
L'armée israélienne a effectué des opérations
d'arrestation de nuit dans plusieurs villages de Cisjordanie et un
porte-parole de Tsahal a précisé que 19 Palestiniens
avaient été interpellés au cours de ces opérations
nocturnes.
Source : AP, 25 octobre 2005
Le tourisme vers Israël a augmenté
de 27% depuis le début de l'année
Selon des données rendues publiques mardi par le Ministère
du Tourisme et le Bureau Central de Statistiques, le tourisme vers
Israël a marqué une hausse de 27 pour cent durant les
neuf premiers mois de l'année 2005. 159.000 personnes ont visité
Israël en septembre, ramenant leur nombre total depuis janvier
à 1,425 million. « Notre but de 2 millions de visiteurs
cette année est à portée de mains » a déclaré
le Ministre du Tourisme Avraham Hirchson.
Le tourisme est un moteur économique important pour Israël,
mais le nombre de visiteurs avait chuté de 75 pour cent suite
au déclenchement des violences palestiniennes fin 2000. Avec
l'accalmie actuelle, le rétablissement du tourisme a donné
un nouvel élan à l'économie, constituant un des
facteurs qui lui permettront d'atteindre le taux de croissance prévu
de 5,1 pour cent.
Source : ambassade d'Israël à Paris
Danser avec les loups
par Khaled Duzdar. Traduction : Gérard Eizenberg pour http://www.lapaixmaintenant.org/article1163
L'auteur est le co-directeur palestinien de l' IPCRI (Israel/Palestine
Center for Research and Information) à Jérusalem. URL
: http://www.ipcri.org/index1.html
Il y a quelques mois, je m'inquiétais de l'anarchie et du chaos
qui régnaient en Palestine dans un article intitulé
"C'est maintenant ou jamais". Je disais que si l'Autorité
palestinienne ne mettait pas immédiatement en ¦uvre
une action sérieuse, la situation se détériorerait
au point d'atteindre un chaos absolu.
Aujourd'hui, l'anarchie qui règne dans les territoires palestiniens
est proche de ce qu'on pourrait qualifier de "modèle somalien".
Les milices privées et les factions politiques agissent comme
bon leur semble :
les villes sont divisées entre seigneurs de la guerre féodaux
et vandales en l'absence de loi et d'ordre ; les forces de sécurité
palestiniennes ne contrôlent pas grand-chose, et dans un certain
nombre de cas, elles sont elles-mêmes impliquées dans
des incidents d'usage illégal de la force, ce qui ne fait qu'ajouter
au sentiment de chaos ambiant.
Le pire, dans cette situation, c'est lorsque les forces palestiniennes
de sécurité commettent des actes qui violent la loi
et qui sont en contradiction avec leur responsabilité et leur
mission. Un sommet a été atteint quand des membres des
forces de sécurité se sont introduits en pleine session
du parlement palestinien à Gaza, pour protester contre l'absence
de sécurité et contre le chaos !
Ils se sont alors conduits comme des gangsters. Il n'existe aucune
raison logique à ce genre de comportement de la part des forces
de sécurité. Elles sont censées empêcher
les actes de révolte armée et protéger le Parlement.
Ajoutant l'insulte à l'outrage, la plupart de ces "manifestants"
n'étaient même pas en uniforme, indiquant par là
que, en service, il se peut qu'ils apportent de la sécurité,
mais que, hors service, ils s'occupent à violer la loi qu'ils
sont censés protéger.
De plus, il y a quelques jours, des membres de l'un des services de
sécurité se sont introduits chez des civils, tirant
et blessant plusieurs civils, menaçant femmes et enfants, tout
cela à cause d'une dispute dérisoire autour d'une place
de parking !
L'anarchie en Palestine a atteint aujourd'hui un point culminant.
A Gaza, les groupes armés adoptent aujourd'hui le modèle
irakien, celui du désordre absolu et du kidnapping. Ils ne
font pas la différence entre les cibles ; même les étrangers
qui travaillent dans l'assistance à la communauté palestinienne
en sont victimes.
Le but du jeu est d'exercer un chantage sur l'Autorité palestinienne,
pour que celle-ci accède à leurs exigences. Les auteurs
de ces crimes ne sont jamais arrêtés, et n'ont jamais
payé pour leurs crimes. Ils circulent et agissent en toute
liberté, confiants en ce qu'ils peuvent obtenir ce qu'ils veulent
par leurs actes criminels.
On ne peut en aucun cas se réclamer de la "résistance
armée" quand ces armes sont utilisées contre son
propre peuple. Aujourd'hui, les territoires sont contrôlés
par une myriade de milices armées, qui prolifèrent et
croissent chaque jour.
Elles défient l'Autorité palestinienne et mettent en
danger, non seulement l'unité palestinienne, mais le peuple
palestinien lui-même. L'anarchie et les actes de violence s'étendent
à toutes les villes palestiniennes.
Ces seigneurs de la guerre ne peuvent en aucun cas se prétendre
groupes de résistance, ni justifier leur violence contre l'Autorité.
Intimider le public ne peut être justifié. Ces gens-là
ne résistent pas à l'occupation. Leurs actes sont dommageables
et dangereux. Ils constituent une menace directe contre les intérêts
nationaux palestiniens et la sécurité nationale.
Le Fatah est la première des sources pour la prolifération
de ces seigneurs de la guerre. Ces bandes, qui utilisent le nom du
Fatah, se sont transformées en bandits de grand chemin et en
seigneurs de la guerre. Ils ont fait des villes palestiniennes des
champs de bataille entre gangs. L'Autorité palestinienne doit
démanteler et désarmer ces groupes armés soi-disant
affiliés au Fatah.
L'Autorité palestinienne doit faire respecter la loi en bannissant
tous ceux qui commettent des crimes contre le peuple palestinien,
et tous ceux qui défient quotidiennement l'AP. Ces seigneurs
de la guerre pensent qu'ils sont eux-mêmes l'AP, ou qu'ils agissent
au nom de l'AP. Mais la vérité, c'est qu'ils causent
du tort à la cause palestinienne légitime par leurs
exactions.
Ils ne défendent pas le peuple palestinien en tuant, ou en
saccageant sur le dos des Palestiniens : intimidations, enlèvements,
racket, extorsions de fonds. Ils agissent illégalement et s'instituent
juges et bourreaux. Il est clair que les heurts incessants entre le
Hamas et les forces de l'AP déstabilisent l'AP et concourent
à la création d'une entité au-dessus de l'Autorité
palestinienne.
Le plan secret des seigneurs de la guerre est de créer une
entité parallèle, dans l'ombre de l'AP, et ils agissent
comme s'ils étaient la seule autorité à Gaza.
Ils adoptent la posture de conquérants face à l'occupation
israélienne à Gaza. Ils font avaler à l'opinion
l'idée que leur résistance a forcé Israël
à se retirer de Gaza.
Ils n'ont aucun regret quand des missiles qu'ils ont tirés
sur Israël causent des morts de civils innocents au sein de la
population même qu'ils prétendent défendre. Il
n'y a aucune situation de réciprocité entre l'Autorité
palestinienne et le Hamas.
Il ne s'agit pas d'un affrontement entre deux mouvements armés,
mais d'un affrontement entre l'Autorité et des individus opposants
qui agissent en-dehors du cadre de la loi.
De plus, comme nous le savons aujourd'hui sans l'ombre d'un doute,
les accusations du Hamas qui blâmait l'AP et le ministre de
l'Intérieur pour les explosions pendant leur parade militaire
à Jabalya étaient fausses : le responsable était
le Hamas lui-même.
Il ne suffit pas de dénoncer les luttes internes. Il doit être
mis fin au phénomène des milices et des civils armés,
en particulier à Gaza.
Il n'y a plus aucune raison pour que les milices portent des armes,
car les forces d'occupation ont quitté Gaza. Quel besoin de
milices armées et de parades militaires ? La perte d'espoir
et le sentiment d'insécurité de l'opinion sont pires
qu'au temps de l'occupation.
Les civils palestiniens ne se sentent plus en sécurité,
ils ont perdu confiance en l'AP et ses forces de sécurité,
dont ils perçoivent les officiers comme les leaders de la corruption.
Pour l'opinion, ces soi-disant officiers ne sont intéressés
que par leurs propres intérêts étroits.
Un nouveau gouvernement est-il la solution ? Un "gouvernement
provisoire" ? Qui pourrait diriger un pareil gouvernement, et
à quoi servirait-il si les élections sont dans trois
mois ? Existe-il un quelconque ministre de l'Intérieur capable
d'apporter un changement à trois mois des élections
?
Il semble que le président palestinien "danse avec les
loups" en tentant de négocier et de jouer les médiateurs
entre eux. En finir avec l'anarchie alors que, la nuit, les loups
s'en prennent au troupeau ? Le président Abbas doit reconsidérer
cette tactique.
Si les loups menacent et attaquent son troupeau, il doit trouver un
moyen de le protéger des loups désobéissants,
et non d'apaiser lesdits loups. Au bout du compte, il doit combattre
deux qui s'opposent à un état de droit. Il doit agir
pour mettre fin immédiatement à l'anarchie. Le respect
de la loi n'est pas négociable.
Sinon, la désintégration et le chaos feront de cette
période au gouvernement une autre expérience où
les Palestiniens auront échoué à gouverner. Et
de cela, le peuple palestinien continuera à souffrir.
Le plan des pacifistes israéliens de Shalom Arshav ("La
paix maintenant") après le désengagement de Gaza
Réouverture des canaux de dialogue - démantèlement
des avant-postes - poursuite de l'évacuation des colonies
Palestine-solidarité
Le contexte
La mise en oeuvre du pan de désengagement, l'évacuation
des colonies et le retrait de Tsahal de Gaza et du nord de la Cisjordanie
ouvrent une fenêtre d'opportunité pour que reprenne le
processus de paix et pour créer une situation nouvelle, pour
les peuples israélien et palestinien. Le plan de désengagement
a prouvé, avant tout, que la société israélienne
est prête à accepter le démantèlement de
colonies. Les tentatives de la droite israélienne de faire
échouer ce processus, qui établit un précédent,
n'ont pas fonctionné, et la démocratie israélienne
a gagné.
L'achèvement du plan de désengagement ouvre pour Israël
et pour les Palestiniens un nouvel horizon diplomatique et une fenêtre
d'opportunité pour reprendre les négociations et le
processus de paix en vue de mettre fin à l'occupation et de
parvenir à la paix.
Pour poursuivre la dynamique positive que connaît la région,
les deux parties doivent prendre un certain nombre de mesures, politiques
et sécuritaires, tout en rouvrant les canaux du dialogue et
en s'efforçant de parvenir à un règlement définitif
sur le principe de deux Etats pour deux peuples, sur la base des frontières
de 1967.
Le plan de Shalom Arshav se fonde sur trois principes :
- reprise des négociations politiques, coordination au niveau
de la sécurité, ouverture de canaux de dialogue entre
Israël et les Palestiniens
- évacuation des avant-postes et gel de la construction dans
les colonies
- poursuite du processus de démantèlement des colonies
par étapes, en coordination avec l'Autorité palestinienne
et dans le cadre de négociations pour un accord définitif.
A - Reprise des négociations, coordination, ouverture de canaux
de dialogue entre Israël et les Palestiniens
Les négociations avec les Palestiniens doivent se dérouler
à travers trois canaux différents :
1. Le canal politique : reprise des négociations diplomatiques
sur la base des phases de la Feuille de route appliquées simultanément
appliquées par les deux parties en vue de la création
d'un Etat palestinien et d'un accord définitif sur la base
des frontières de 1967.
2. Le canal sécuritaire : reprise de la coopération
au niveau sécuritaire, assistance mutuelle au cessez-le-feu,
cessation des attentats terroristes et des violences, unification
et renforcement de l'appareil palestinien de sécurité,
combat contre le terrorisme, libération des prisonniers
palestiniens, démantèlement des check points.
3. Le canal administratif : accords provisoires sur le contrôle
par l'Autorité palestinienne des zones évacuées
par Israël et sur le contrôle des frontières et
des passages frontaliers, coordination économique et ouverture
de passages entre Gaza et la Cisjordanie.
B - Évacuation des avant-postes et gel de la construction
dans les colonies
Les colons, et pour des raisons différentes, la plupart des
Israéliens, les Palestiniens et la communauté internationale
considèrent l'entreprise de colonisation comme une mesure israélienne
unilatérale qui entrave toute chance de parvenir à un
accord de paix et qui provoque une escalade des frictions quotidiennes
et de l'hostilité entre Israël et l'Autorité palestinienne.
En conséquence, l'arrêt de l'expansion des colonies et
le démantèlement des avant-postes sont d'une extrême
importance sur le plan politique et pourraient modifier le visage
de la région tout entière.
a) démantèlement des avant-postes : le gouvernement
d'Israël doit donner l'ordre à Tsahal et à la police
de démanteler immédiatement les 105 avant-postes en
Cisjordanie, construits en dépit de la politique israélienne
officielle opposée à la création de nouvelles
colonies en Cisjordanie. Les avant-postes ne représentent pas
seulement un problème sur le plan politique, mais aussi sur
le plan juridique. Ne pas les démanteler enverrait aux colons
un signal qui leur confirmerait qu'au-delà de la ligne Verte,
il n'est nul besoin de respecter la loi.
b) gel de la construction dans les colonies : le gouvernement d'Israël
doit geler toute construction au-delà de la ligne Verte. Toute
construction supplémentaire en Cisjordanie et à Jérusalem
Est complique la situation actuelle, augmente les frictions et la
haine entre les deux peuples et
constitue un élément clé de la violence et de
la méfiance entre Israël et les Palestiniens. L'accord
définitif doit être obtenu par un processus politique
et non par la création de faits accomplis sur le terrain.
C - Poursuite du processus de démantèlement des colonies
par étapes
Shalom Arshav considère depuis toujours que les colonies constituent
l'obstacle principal à la paix entre Israël et les Palestiniens.
L'évacuation de la plupart, sinon de toutes les colonies, est
une nécessité, sans laquelle ni un véritable
accord avec les Palestiniens ni la création d'un Etat palestinien
aux côtés de l'Etat d'Israël ne sont possibles.
Le prix de l'existence des colonies en général et des
colonies isolées au c¦ur de zones palestiniennes [densément
peuplées] en particulier est depuis longtemps insupportable
aussi bien pour la population palestinienne que pour la société
israélienne.
Le plan de désengagement a prouvé qu'Israël est
capable d'évacuer des colonies et de remettre sous contrôle
palestinien des zones dont il est certain qu'elles ne resteront pas
sous contrôle israélien dans le cadre de tout accord
définitif, quel qu'il soit.
Tout en menant des négociations en vue de parvenir à
un règlement définitif, le gouvernement d'Israël
doit poursuivre par étapes le processus d'évacuation
des colonies, mesure de renforcement de la confiance envers la direction
palestinienne, ce qui améliorera la situation sur le terrain,
renforcera les modérés des deux côtés et
améliorera la sécurité d'Israël et sa situation
économique. Ces évacuations doivent être effectuées
en coordination avec le côté palestinien, et non unilatéralement
comme cela a été fait précédemment.
La poursuite des évacuations est avant tout de l'intérêt
d'Israël et peut améliorer sa sécurité,
son économie et sa situation diplomatique, au présent
et à l'avenir.
Pour les évacuations, Shalom Arshav a établi les critères
suivants : proximité de centres de population palestinienne,
distance par rapport à la ligne Verte, taille de la colonie
et possibilité d'y accéder de façon sécurisée,
désir de partir des habitants de la colonie, exclusion des
colonies qui pourraient probablement être attribuées
à Israël dans le cadre d'un accord futur d'échanges
de territoires.
Phase n° 1 (immédiate : évacuation de 26 colonies
isolées entourées de localités palestiniennes.
- Cisjordanie Nord : Hermesh, Mevo Dotan, Elon More, Yitzhar, Itamar,
Brakha.
- Cisjordanie centrale : Kfar Tapouakh, Talmon, Dolev, Halamish, Nahaliel,
Ateret.
- Monts de Hebron : colonie juive à l'intérieur de Hebron,
Telem, Adora, Negohot, Asfar, Ma'ale Amos, Nokdim, Tekoa, Kfar Eldad.
- Monts Sud de Hebron : Otniel, Haggai, Pnei Hever, Carmel, Ma'on.
La réalisation de cette phase 1 permettra à Tsahal de
se retirer d'importants portions de Cisjordanie et de donner aux Palestiniens
une continuité territoriale sur la plupart des zones de la
Cisjordanie Nord, sur la plus grande partie de la région des
Monts de Hebron (à part Kiryat Arba), et sur les Monts Sud
de Hebron.
Phase n° 2 (2007-2009) : démantèlement de 17 colonies
situées au coeur de la Cisjordanie : Shavei Shomron, Kedoumim,
Eli, Shiloh, Ma'ale Levona, Beit El, Ofra, Psagot, Kokhav Ya'akov,
Geva Binyamin (Adam), Enav, Avnei Hefetz, Ma'ale Mikhmash, Almon (Anatot),
Keidar, Karmei Tzour, Migdalim.
Phase n° 3 : évacuation de colonies dans le cadre de la
signature d'un accord définitif.
Dans le cadre de négociations en vue d'un règlement
définitif, le sort de toutes les colonies qui n'auront pas
été évacuées au cours de la période
intérimaire sera fixé, avec pour objectif d'évacuer
le plus petit nombre possible de colons et de donner en échange
aux Palestiniens des territoires dans le cadre d'un échange
de territoires. La ligne Verte (frontières de 1967) servira
de base pour déterminer les frontières entre les Etats
d'Israël et de Palestine. Les deux parties tiendront compte de
la réalité sur le terrain et fixeront les frontières
en conséquence. Les modifications ne seront effectuées
que par consentement mutuel.
Conclusion
Aujourd'hui plus que jamais, le gouvernement d'Israël a la capacité
et la responsabilité de poursuivre un processus qui fixera
les frontières du pays tout en veillant à ses intérêts
en matière de sécurité et en s'efforçant
constamment de parvenir à la paix dans la région. Le
gouvernement doit poursuivre le processus des retraits des territoires
à travers un dialogue constant avec le gouvernement de Mahmoud
Abbas et en s'efforçant de parvenir à un règlement
définitif sur la base de deux Etats pour deux peuples.
Les deux parties doivent combattre résolument les éléments
terroristes et s'assurer que le processus politique soit accompagné
par la sécurité, le calme, la reprise économique
et la restauration de la confiance entre les parties.
Source : Shalom Arshav, http://www.peacenow.org.il/site/en/peace.asp?pi=69&docid=1508
Les personnes en séjour illégal
en Cisjordanie
par Amira Hass, Haaretz, 12 octobre 2005. Original : www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=634491.
Traduit de l'hébreu par Michel Ghys
Imaginons une situation où il serait interdit aux habitants
de Haïfa de circuler à Tel Aviv sans un permis (qu'il
serait difficile d'obtenir) de la police d'Israël. Imaginons
que le Ministère de l'Intérieur n'autorise pas sans
sa permission de changer de lieu de résidence à l'intérieur
d'Israël et que l'autorisation de changement d'adresse soit accordée
à quelques uns, sans critères ni transparence.
Imaginons une situation où dix étudiants de Rosh Pinah
s'inscriraient à l'Université de Beer Sheva pour des
études de physiothérapie. Allez étudier à
Tsefat, leur diraient les autorités, oubliant que nulle part
on n'y enseigne la physiothérapie. Ou supposons encore qu'un
beau jour, le Ministère de l'Intérieur bloque le processus
de changement d'adresse d'une région à l'autre. Les
autorités consentiraient à ce qu'une jeune femme du
kibboutz Hazorea fasse le voyage de Jérusalem pour épouser
l'élu de son c¦ur qui est jérusalémite,
avec lequel elle vivrait dans la ville, mais les autorités
refuseraient le changement d'adresse. Irait-elle aux funérailles
de son père qu'elle ne serait pas autorisée à
revenir à Jérusalem où elle serait considérée
comme étant « en séjour illégal ».
Difficile à imaginer ? C'est une réalité quotidienne,
étouffante, mais qui n'étouffe pas des Israéliens.
Il suffit de changer les noms de lieux : au lieu de Hazorea et Haïfa,
écrire Dir Al-Balah ou Gaza. Au lieu de Beer Sheva et Rosh
Pinah, Ramallah, Bethléem et Jéricho. Tous ces exemples
fictifs se sont produits dans la réalité pour des habitants
de Gaza et de Cisjordanie. Et tous ne sont que quelques gouttes dans
une mer d'interdits semblables. Ils découlent du contrôle
absolu exercé par Israël sur le registre de la population
palestinienne.
Le summum de ce pouvoir s'est manifesté dans la liberté
que se sont octroyées les autorités israéliennes
d'empêcher des habitants de Gaza de visiter, d'habiter, d'étudier
et de travailler en Cisjordanie. Ces cinq dernières années,
toute personne dont l'adresse inscrite sur la carte d'identité
est « Gaza » mais qui se trouve en Cisjordanie sans permis
valide de transit par Israël, est une personne « en séjour
illégal » qui doit être renvoyée à
Gaza. Il y a des milliers de personnes dans ce cas et certaines vivent
depuis dix ou vingt ans en Cisjordanie. Ces personnes vivent dans
la peur quotidienne d'être arrêtées à un
barrage par un soldat qui les renverrait au passage d'Erez.
Selon les accords d'Oslo, l'Autorité Palestinienne est seulement
tenue de communiquer au Ministère israélien de l'Intérieur
tout changement d'adresse d'une personne : de Naplouse à Ramallah,
de Gaza à Hébron ou Jéricho. Il n'est écrit
nulle part que l'Autorité Palestinienne doive attendre une
approbation israélienne pour un changement d'adresse. La logique
est claire : selon les accords, Gaza et la Cisjordanie constituent
une unité territoriale unique. Israël a pourtant violé
ce paragraphe avec un esprit méthodique s'agissant d'habitants
de Gaza. Israël s'est réservé le « droit
» d'approuver ou de refuser le changement d'adresse, sans établir
de critères transparents et sans motiver cette violation de
l'accord d'Oslo. C'est Israël qui a la main sur le clavier de
l'ordinateur, c'est donc lui qui décide : si l'employé
israélien n'introduit pas le changement d'adresse dans l'ordinateur,
le soldat et le policier des barrages ou des points de passage le
sauront immédiatement et arrêteront le contrevenant.
C'est ce qui est arrivé à H, natif de Gaza, qui a commencé
à étudier l'informatique à l'Université
de Bir Zeit en 1991. Il a trouvé du travail à Ramallah,
y a fondé une famille et a effectué son changement d'adresse
au Ministère palestinien de l'Intérieur. Dans le cadre
de son travail, il a cherché, en mars 2002, à se rendre
en Jordanie. Arrivé au Pont Allenby, il a été
arrêté et transféré à la prison
d'Ashkelon. Là, les enquêteurs lui ont dit que son adresse
était « Gaza », que c'était cela qui était
enregistré dans l'ordinateur israélien et qu'il était
dès lors en séjour illégal à Ramallah.
H a été expulsé vers Gaza. Les requêtes
introduites par le Centre pour la Protection de l'Individu auprès
de l'administration civile afin qu'on laisse un homme retrouver ses
enfants, son épouse et son travail à Ramallah ont été
infructueuses. En juin 2003, le Centre s'est adressé à
la Cour suprême. En février 2004, près d'un an
après l'expulsion, le cabinet du procureur général
afait savoir à la Cour suprême que « par indulgence,
il a été décidé d'autoriser le requérant
à entrer en Judée-Samarie et d'y demeurer ».
Cette immixtion dans ce qui est clairement du registre des décisions
individuelles des habitants de Gaza, comme le choix du lieu d'études
ou d'habitation, a commencé en 1991 quand Israël a modifié
sa politique et s'est mis à exiger des Palestiniens de se munir
d'une autorisation personnelle de déplacement entre les
Territoires et Israël, et également entre la Cisjordanie
et la Bande de Gaza. Cette immixtion n'a fait qu'empirer après
la création de l'Autorité Palestinienne, et en opposition
avec ce qui est stipulé dans les accords d'Oslo. Elle a atteint
un sommet au cours de ces cinq dernières années, jusqu'au
recours à l'expulsion. Dans de nombreux cas, une action en
justice amène l'Etat à faire marche arrière «
par indulgence », y compris lorsque le premier prétexte
invoqué avait été des « mobiles sécuritaires
» ce qui témoigne de l'arbitraire habituel et présent
d'emblée.
Le fait essentiel et historique demeure inchangé : Israël
a commencé à couper de la Cisjordanie la population
de la Bande de Gaza avant les accords d'Oslo, Israël a continué
à le faire pendant la période d'Oslo sans être
dérangé, sous le couvert de l'euphorie qui entourait
l'accord de paix, et Israël parachève maintenant la coupure
sous le couvert, cette fois, de l'admiration suscitée
par le plan de désengagement.