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Palestine |
On achève bien les enfants
La population juive d'Israël en baisse
Gaza sous le choc des bombes assourdissantes : un appel au secours du Docteur Eyad El Sarraj
Ces derniers jours, Gaza a été réveillée de ses rêves de libération par d'horribles explosions qui ont fait trembler le ciel, ébranlé nos bâtiments, brisé nos fenêtres, et répandu la panique de tous côtés. Nous sommes bombardés nuit et jour depuis vendredi 23 septembre. En général entre 2 H et 4 H du matin, entre 6 H 30 et 8 H du matin, lorsqu'il est l'heure d'aller à l'école, puis durant l'après-midi ou le début de soirée. On entend les explosions de toute la Bande de Gaza avec la même intensité. Ces explosions vont de pair avec la routine des assassinats et destructrions auxquelles s'adonnent régulièrement les forces armées israéliennes. Ce nouveau cycle de terreur a débuté avec l'assassinat de 4 personnes de Tulkarem, en Cisjordanie. Le même jour le Jihad Islamique a répondu en lançant des roquettes sur le village israélien de Sdérot. Et le même jour, 19 personnes ont été tuées durant une parade militaire du Hamas. La cause apparente en aurait été le maniement d'explosifs, mais le Hamas en a attribué la responsabilité à Israël et s'est joint au Jihad Islamique, envoyant à son tour des roquettes sur Sdérot où 5 personnes ont été blessées. Le Hamas est rapidement revenu sur sa décision de poursuivre les hostilités et a déclaré qu'il mettait un terme à toutes les opérations militaires à partir de la Bande de Gaza, suivi en cela par le Jihad Islamique qui s'est engagé à respecter la trêve. Mais les bombardement israéliens continuent. La nuit dernière, je fus, comme tous les Gazaouites, réveillé deux fois de suite par le terrible bruit : à 3 H 30 et à 7 H 15 du matin, sans pouvoir vraiment me rendormir entre les deux. Cinq nouvelles explosions ont été dirigées contre nous dans les 4 dernières heures ce jeudi. L'une a secoué mon bureau tandis que j'écrivais. Gaza vit dans la panique. Les enfants sont perturbés, ils pleurent, ils ont peur, beaucoup font pipi au lit. Des enfants sont tellement effrayés qu'ils refusent de quitter la maison pour se rendre à l'école. Beaucoup souffrent d'étourdissements, d'insomnies et ont perdu l'appêtit. Des femmes enceintes ressentent des douleurs et doivent être hospitalisées pour un accouchement prématuré. Beaucoup de gens se plaignent de maux d'oreilles. Tous sont sous le choc. La nouvelle méthode d'explosion de bombes assourdissantes dans notre ciel est de toute évidence un nouveau procédé que les Israéliens n'ont pas expérimenté avant l'évacuation des colons, de crainte de nuire à ces derniers et à leurs enfants. Israël a apparemment décidé d'inculquer la peur et le sentiment d'impuissance à la population de Gaza, afin de la tétaniser. Ceci est un crime de guerre et un acte raciste. Il faut le stopper.
Nous avons accordé une chance à la communauté internationale
par Ali Samoudi, Jénine, 29 septembre 2005
Des centaines d'arrestations en Cisjordanie Les forces de l'occupation israéliennes ont arrêté au cours des quatre jours passés plus de 500 Palestiniens en Cisjordanie, prétendant qu'ils appartiennent aux mouvements du Hamas et du Jihad Islamique. Simultanément aux bombardements de Gaza, elles ont mené des raids nocturnes tout au long de la nuit dans plusieurs villes et villages palestiniens, saccageant les maisons et les propriétés palestiniennes. Ces raids furent menés avec la participation de centaines de soldats de l'occupation. Des sources palestiniennes affirment que les campagnes ont visé des militants du Hamas et du Jihad, mais aussi des vieillards, des malades, des prêcheurs, des employés d'associations humanitaires et civiles. Les arrestations se poursuivent malgré l'annonce par les organisations palestiniennes qu'elles respectent encore la trêve. C'est ce qui dévoile les dangereuses et graves intentions israéliennes. Les arrestations ont eu lieu dans les régions de Jénine et de ses camps, de Nablus, de Tulkarm, de Ramallah, Bethlehem, al-Khalil et Qalqylia.
Trois Palestiniens tombent au cours d'affrontements armés dans la région à Jénine et Burqin dont le dirigeant des Brigades des martyrs d'al-Aqsa à Jénine. Ce matin à l'aube, trois martyrs, des résistants palestiniens, sont tombés, sous les balles des forces de l'occupation israélienne, lorsque celles-ci ont pénétré dans la ville et le camp de Jénine et dans le bourg de Burqin avoisinant. Ils sont tombés suite aux violents affrontements avec ces forces qui poursuivent leurs agressions bien que les organisations palestiniennes aient affirmé la poursuite de la trêve. Les martyrs sont Samer Saadi, 30 ans, dirigeant des Brigades des martyrs d'al-Aqsa de la ville de Jénine, touché par deux balles dans la tête et la poitrine. Samer Yahya Saber Shalabi, 24 ans et Nidal Muhammad Ibrahim Khallouf, 32 ans, que les autorités de l'occupation présentent comme étant des militants de la branche armée du Jihad, les Brigades d'al-Quds, qui ont reçu plusieurs balles dans tout le corps. Les Brigades d'al-Quds a annoncé le martyre de Khallouf et Shalabi, les présentant comme faisant partie de leurs meilleurs combattants , et les Brigades du martyr Abu Ali Mustafa, la branche militaire du FPLP, ont annoncé le martyre de Khallouf comme étant un des dirigeants de leur formation.
Les détails de l'opération D'importantes forces de l'armée d'occupation sont entrées dans la ville et le camp de Jénine, ainsi que dans le bourg de Burqin, accompagnées de plusieurs véhicules militaires, au milieu de coups de feu en rafales. Les forces de l'occupation ont tiré des coups de feu de façon anarchique, lors de ce nouveau raid, et des affrontements se sont déroulés dans plusieurs endroits de la ville. Saadi est tombé, touché par deux balles, à la tête et à la poitrine, alors qu'il se battait contre les forces israéliennes. Saadi était l'un des combattants recherchés par les appareils de la sécurité israélienne. Il avait été la cible de plusieurs tentatives d'assassinat et d'arrestation par les forces de l'occupation, mais il parvenait toujours à s'enfuir. Les résistants et la population sont parvenus, avec l'aide de l'équipe de secours appartenant au Croissant Rouge Palestinien, à transporter la dépouille du martyr Saadi à l'hôpital public où les médecins ont annoncé sa mort.
L'opération de Burqin A Burqin, les citoyens ont raconté que d'importantes forces de l'armée israélienne ont encerclé les deux martyrs, Khallouf et Shalabi, à l'intérieur des champs d'oliviers à l'entrée sud du bourg. Les citoyens qui habitaient près de là ont raconté que le martyr Khallouf a découvert la présence des soldats de l'occupation qui l'encerclaient. Il a tiré sur eux plusieurs coups de feu, et les affrontements armés ont duré près de deux heures, jusqu'à ce que tombent les deux martyrs. Les habitants affirment que les soldats de l'occupation ont lancé plusieurs fusées, au cours de l'affrontement, et il est probable que le martyr Khallouf ait été touché par l'une d'elle, des parties de sa tête ayant été arrachées. Suite à cet affrontement armé, les témoins poursuivent qu'ils ont aperçu trois ambulances militaires israéliennes appartenant à l'"étoile rouge de david" venir sur les lieux. Les dépouilles des deux martyrs ont été emmenés vers une autre entrée du bourg, où les soldats de l'occupation se sont mis à leur arracher leurs vêtements, avant de quitter les lieux, après s'être assurés qu'ils étaient bien morts. Après l'assassinat des martyrs, les forces de l'occupation sont revenues à l'intérieur de la ville, en tirant de tous les côtés, procédant à des fouilles dans plusieurs maisons, avant d'arrêter Bassam Umar Atiq, Muhammad Hatem Khallouf, mais en les libérant vers 8 heures du matin.
Des manifestations de colère Plus tard dans la journée, les masses de Jénine et des villages avoisinants ont participé au cortège funèbre des martyrs Saadi, Khallouf et Shalabi, qui s'est déroulé depuis l'hôpital public de Jénine, parcourant les principales rues de la ville. Plusieurs combattants des Brigades des martyrs d'al-Aqsa et des Brigades d'al-Quds, ainsi que des Brigades du martyr Abu Ali Mustafa, ont devancé la manifestation. A la fin de la manifestation des masses en colère ayant participé au cortège, le secrétaire du mouvement Fateh dans la ville, Amer Saadi, a promis de poursuivre la résistance contre l'occupation, lui faisant porter l'entière responsabilité des dernières opérations. En réponse à l'opération de Jénine, al-Zubaydi annonce la fin de la trêve et le Jihad islamique étudie la question Zakaria al-Zubaydi, dirigeant des Brigades des martyrs d'al-Aqsa a déclaré que les Brigades ne se sentent plus tenues par la trêve qu'elles avaient respectée avec les autres organisations nationales et islamiques palestiniennes, depuis quelques mois. Dans une déclaration à la presse, il a déclaré : "Nous avions décidé de proclamer la trêve afin de donner la possibilité à la communauté internationale de jouer son rôle pour mettre fin aux crimes monstrueux commis par Israël contre notre peuple. Mais nous constatons que notre respect de la trêve a signifié le feu vert à Israël à commettre encore plus de crimes, et c'est ce que nous n'autorisons pas". Il a poursuivi : "Notre patience fut longue, nous avons accordé plusieurs chances à la communauté internationale, afin qu'Israël cesse son agression contre notre peuple. Mais au regard de l'accentuation des crimes et des assassinats et la poursuite de nos combattants, les raids sur les camps et les villages, nous annonçons au monde entier que nous ne sommes plus tenus par la trêve". Quant au Sheikh Abdel Halim Izzidine, dirigeant dans le mouvement du Jihad Islamique, il a déclaré : "l'assassinat des combattants des Brigades d'al-Quds et des martyrs d'al-Aqsa n'est qu'un épisode parmi les épisodes du terrorisme israélien. Notre peuple ne pliera pas, et nous affirmons que notre mouvement est en train d'étudier et d'évaluer son attitude envers la trêve au regard de l'intensification de la terreur israélienne". Il a ajouté : "Il s'agit d'une preuve claire que l'occupant ne fait aucune différence, ni en actes, ni en paroles, vis-à-vis des diverses composantes de la résistance palestinienne. Il vise toutes les organisations palestiniennes, et c'est contre cela que le mouvement du Jihad islamique a mis en garde, tout le temps, affirmant qu'en prenant pour cible le Jihad islamique, l'occupant viserait toutes les organisations, et c'est ce qui s'est passé aujourd'hui." Israël prépare une offensive militaire totale contre les Palestiniens à Gaza
La manoeuvre est illimitée dans le temps et nous la renforcerons si cela est nécessaire, a signalé le général Israël Siw, cité par le quotidien. Nous avons pris la liberté d'utiliser toutes les armes, jusqu'à l'artillerie, a souligné Siw. Hier soir le cabinet de Sécurité a approuvé une intervention militaire dans la Bande de Gaza, et a décidé de recommencer des assassinats sélectifs d'activistes de la résistance, ce pourquoi les localités palestiniennes pourraient complètement être détruites et qu'un nombre indéterminé de personnes pourraient périr. Ce dimanche, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a ordonné de continuer les attaques contre d'hypothètiques militants palestiniens. "J'ai donné des ordres pour qu'il n'y ait aucune restriction en ce qui concerne les moyens à utiliser", a précisé Sharon, selon la radio militaire israélienne. Cette fois il ne s'agit pas de tout faire d'un seul coup, mais d'une action continue, a souligné le Chef du Gouvernement sioniste. En Cisjordanie, les soldats israéliens ont arrêté
207 civils sous le soupçon d'appartenir à des groupes
armés opposés à l'occupation. La brutale terreur militaire d’Israël est le reflet de l’insécurité sioniste
Des centaines de Palestiniens ont été
arbitrairement arrêtés par l’armée israélienne
en Palestine occupée, tandis que de nombreux autres étaient
assassinés et blessés par une vague d’attaques par
missiles tirés contre des quartiers densément peuplés
de Gaza, ces derniers jours. Et, les démolitions de maisons, d’écoles et d’autres institutions continuant, parallèlement aux attaques des mitrailleuses des hélicoptères Apache et des bombardiers F 16, les Palestiniens savent que leur lutte de libération doit se poursuivre… Mais ; il y avait bien une mosquée, ici, dans le temps ?…
Quelques heures après que j’eus demandé pour la première fois de l’information sur le sort de mosquées abandonnées (en Israël), Hilmi, membre d’une association à but non lucratif affiliée à la section nord du Mouvement Islamique, lequel recense les mosquées abandonnées, m’a faxé plus de sept pages manuscrites, comportant deux listes. L’une, comportant 34 noms, énumère des mosquées qui servent aujourd’hui à des fins variées : la plupart ont été transformées en synagogues, ou en musées, et quelques-unes sont devenues des appartements privés ou des entrepôts. Deux, au minimum, sont devenues des cafés, et une sert d’étable à vaches… La seconde liste, de 39 noms, catalogue des mosquées abandonnées, devenus inaccessibles. « C’est une liste partielle », a précisé Hilmi. Il a également indiqué ne pas avoir pris en compte les mosquées et les lieux de prière musulmans détruits depuis 1948. Combien de ces lieux de culte ont-ils été détruits ? Douze cents, écrit Hilmi. Bien entendu, il exagère ce nombre, mais il y en a eu très certainement plusieurs centaines, compte tenu du fait que près de 600 villages ont été abandonnés (par les Palestiniens) en 1948, leur population ayant été expulsée, ou incitée à partir. Ma tentative pour obtenir des données officielle a été vaine. Le ministère des Affaires religieuses a été démantelé et ses prérogatives transférées au cabinet du Premier ministre. Mais des sources, au cabinet du Premier ministre, m’ont expliqué que la responsabilité des lieux saints avait été transférée au ministère de l’Intérieur. Au ministère de l’Intérieur, on m’a expliqué que cette responsabilité, en réalité, avait été transférée au ministère du Tourisme, mais que cela valait le coup de poser la question malgré tout au cabinet du Premier ministre. A l’heure où nous mettons sous presse, le cabinet du Premier ministre ne m’a pas rappelé. D’après des pétitions, à l’initiative, l’an dernier, de l’association Adalah [= justice, ar.], centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël, il semble qu’il n’existe pas de liste, en Israël, des lieux saints musulmans. Une liste officielle d’endroits considérés saints par les juifs, en revanche, est tenue à jour depuis les années 1970, au ministère des Affaires religieuses. Un bref circuit en voiture m’a montré que la liste de Hilmi est effectivement incomplète : deux mosquées, qu’il avait listées, dans le centre d’Israël, ont été converties en synagogues. Nous nous sommes rendus sur deux autres sites, tous deux au nord de Tel Aviv, grâce à l’organisation Zochrot [= souvenir, héb.], un groupe originellement juif, qui promeut la reconnaissance de la nakbah palestinienne dans la société israélienne. L’un de ces deux sites avait servi de maison des jeunes, puis, après la fermeture de celle-ci, d’étable ; l’autre, servant de synagogue, n’apparaît pas sur la liste de Hilmi.
Jusqu’à la guerre d’Indépendance [c’est ainsi que les sionistes désignent la guerre de 1948 ! ndt], Nes Tziona était une colonie mixte judéo-arabe. Une notice affichée sur le site ouèbe officiel de la municipalité de Nes Tziona, rédigée par Avner Kahanov, par ailleurs signataire de récits historiques figurant sur ce site, indique que la localité arabe était située à l’est de la route principale (aujourd’hui : la rue Weizmann), et que dans les années 1930 la population arabe était d’environ un millier d’habitants. Kahanov note que les Arabes s’étaient installés là en raison de la prospérité économique de la colonie et que c’est ce qui avait motivé la décision de construire une mosquée à cet endroit. La mosquée fut achevée et « consacrée » en 1934. A Nes Ziona, les gens comprennent l’importance de ces choses-là, qui commémorent l’existence de la communauté arabe », écrit Kahanov. « Une mosquée, avec son minaret et son muezzin, a tendance, par la nature des choses, à polariser les relations. » L’ex-synagogue sert aujourd’hui de synagogue affiliée au parti Shas. « Synagogue Geulat Israel, fondée en 5708 (1948) », indique une pancarte, à l’entrée. C’est un bâtiment élégant, spacieux, aux proportions généreuses. Sur un côté, il y a un jardin bien entretenu, au centre duquel trône une pièce d’artillerie peinte en rouge [quel goût ! ndt], ainsi qu’un monument aux habitants de Nes Tziona tombés au cours de la guerre d’Indépendance [on ne rit pas : voir plus haut, ndt] ; de l’autre côté se trouve la station centrale des lignes de bus de la ville. La synagogue est située en face d’un vieux centre commercial, aux boutiques quelconques. Avec sa façade de style oriental, elle ne diffère pas d’autres bâtiments édifiés dans le même style, dans les colonies de cette région ; on en voit même à Tel Aviv. Il est par conséquent difficile de repérer qu’il s’agissait originellement d’une mosquée. « Les gens qui ne connaissent pas ce coin depuis longtemps ne savent pas qu’il y avait ici un quartier arabe et une mosquée, qui menaçait fondamentalement l’existence de la colonie », écrit Kahanov, qui ajoute : « la mosquée a été convertie en synagogue ; là, (au moins, quand) les gens prient (, c’est) pour la paix ». Kahanov mentionne le minaret de la mosquée, qui n’existe plus. Un résident de longue date de Nes Tziona propose une explication d’une simplicité biblique à ce mystère : « Le 15 mai 1948 », raconte-t-il », « toute la colonie s’est rassemblée autour de la mosquée. Le lendemain matin, les Arabes avaient disparu du centre de la colonie. Quand nous nous sommes réveillés, ils étaient partis sans laisser de trace. Nous avons entouré la mosquée. Quelques Palmachniks sont montés au minaret, autour duquel ils ont attaché une corde… ils ont donné le signal « ho-hisse ! »… et le minaret est tombé ». Cet homme, bien connu à Nes-Tziona, ajoute même qu’il avait ressenti une grande honte devant ce spectacle. Mais il n’est pas disposé à élever la voix. Le sujet est encore trop sensible.
Tous les automobilistes habitués à parcourir l’ancienne route entre Tel Aviv et Jérusalem connaissent un bâtiment à plusieurs coupoles, proche de l’autoroute, à l’entrée d’Azur, face à la zone industrielle de Holon. Le bas de ce petit bâtiment se retrouve aujourd’hui dissimulé par un mur acoustique qui sépare les bâtiments du sud d’Azur et l’autoroute, mais c’est le seul qui dépasse : on ne peut le manquer. Le site ouèbe officiel de la municipalité d’Azur, ainsi que l’entrée « Yazur » (c’est le nom arabe de la localité) sur le site palestineremembered.com (un site ouèbe palestinien consacré à l’histoire de la Nakbah), convergent, en gros, sur l’histoire du bâtiment : c’est une ancienne église, transformée en mosquée aux environs du douzième siècle. Par ailleurs, le site ouèbe d’Azur écrit que l’église était précédée d’une synagogue. Les Palestiniens n’en parlent pas. Mais les deux sites ouèbes tombent d’accord pour indiquer qu’après 1948, le site a été transformé en synagogue. Le nom actuel de la synagogue est Shaarei Zion. Une pancarte, à l’entrée, invite les fidèles à assister à des prières de minuit, la veille du Rosh Hashanah [jour de l’An juif, héb., ndt]. Les murs du bâtiment ont été restaurés, mais un examen plus approfondi de la forêt de dômes révèle le style mameluk, similaire à beaucoup d’édifices de la Vieille Ville de Jérusalem. « Les sept dômes symbolisent la fertilité, par opposition aux neuf mois de la grossesse », précise le site d’Azur. Si on utilise le mot clé Yazur, le site n’affiche pas l’histoire de la mosquée, mais il mentionne l’ « attaque terroriste » juive contre un café local, en décembre 1947, au cours de laquelle sept Palestiniens furent tués. C’est pratiquement le reflet au miroir de la mémoire israélienne : sept vigiles ont été tués en 1948 à l’entrée du village, et c’est ce qui est à l’origine du nom du Moshav : Mishmar Hashiva [= (village collectif) les sept vigiles, héb., ndt] Le carrefour tire également son nom de cet incident. Les habitants de Yazur (au nombre d’environ 4 000) se sont enfui en-dehors des frontières d’Israël. Même à Jaffa, nous n’avons trouvé personne qui en sache un peu long sur le sort de Yazur. Le site palestinien mentionnait bien en revanche qu’Ahmad Jibril, un chef palestinien rejectionniste et chef du Front populaire de Libération de la Palestine, Commandement Général, y est né. Peut-être a-t-il prié à la mosquée-synagogue à coupoles ?
Le centre de Kfar Shalem, jadis une banlieue pauvre de Tel Aviv, et autrefois le village arabe de Salama, est aujourd’hui très vert : il y a un petit parc public, et juste à côté, un jardin, assez grand. Jusque dans les années 1980, disent les habitants du voisinage, il y avait là des maisons arabes serrées, anciennes, et des habitants juifs y vivaient. Certains étaient des réfugiés des combats de Manshiyya, une banlieue arabe située sur la séparation entre Tel Aviv et Jaffa. « On aurait dit une casbah », dit un jeune homme ayant grandi dans le quartier, non sans nostalgie. Les habitants se souviennent du grand bâtiment entouré d’un mur, situé aujourd’hui face au nouveau parc. C’est la mosquée du village originel, Salama. Ils se rappellent aussi que, jusqu’au milieu des années 1980, ce bâtiment servait de club de jeunes. « Nous y allions, après les cours. Nous y étudions et nous y jouions », se rappelle un jeune homme. La salle de prière avait été divisée en plusieurs pièces, et ils jouaient au foot dans la cour entourée de murs. Tout le monde savait que c’était une mosquée, dit le jeune homme, et cela nous semblait tout à fait naturel. Ce sentiment est renforcé, quelques minutes plus tard. Un vieil homme nous observe, tandis que nous marchons dans le jardin de la mosquée, prenant des photos. « Qui êtes-vous ? », veut-il savoir . « J’ai pensé que vous aviez été envoyé par le Sheikh Ra’ed Salah », dit-il. J’ai failli vous chasser à coups de pied au cul ! » Le club a fermé dans les années 1980. Durant quelques années, l’ancienne mosquée a servi d’étable. Les portes de fer, à l’entrée de la salle de prière, et le crottin de cheval séché, sur le sol, attestent de ce passé récent. Aujourd’hui, le bâtiment est désaffecté. Un ancien habitant de Salama, qui habite aujourd’hui à Lod, nettoie ce bâtiment, de temps à autre. Ali Yatim, un habitant de Jaffa dont les parents sont nés à Salama, dit que leurs tentatives pour reprendre possession de la mosquée ont échoué. Le jeune homme dit que la municipalité a un projet : convertir tout le quartier en un grand parc, détruire les bâtiments encore debout, en ne laissant que la mosquée au centre du parc. Une sorte de relique architecturale…
Les vieux Tel-aviviens connaissent le nom de Sumayil. Il y avait là, naguère, quelques dizaines de maisons, mais il n’en reste plus aujourd’hui que quelques-unes, au nord et au sud du building Shekem, sur l’avenir Ibn Gvirol. Le site ouèbe palestineremembered.com indique que le nom reconnu de ce site est Masudiya, mais personne, à Tel Aviv, ne semble le connaître. Michael Jacobson, étudiant en architecture, de Bezalel, a écrit un article sur ce site. Il a trouvé que Sumayil a été construit, au milieu du dix-neuvième siècle, par des migrants bédouins originaires du nord du Sinaï, que le village a été annexé à Tel Aviv dans les années 1930, et que les juifs ont commencé à louer des maisons, dans ce quartier, à des propriétaires palestiniens, avant 1948. Quand la guerre éclata, il y avait des résidents juifs assez nombreux. Jacobson en a même interviewés quelques-uns. Sumayil, dit Jacobson, était une sorte de bidonville. Il n’y avait pas vraiment de mosquée. Il n’y avait qu’une maison de prière : quatre murs et un toit, et ni minaret, ni dôme. Les juifs venus s’installer dans les maisons du village immédiatement après le départ des résidents palestiniens (d’après des récits de témoins, qu’il a pu recueillir, le commandant de la Haganah [armée des juifs de Palestine, avant l’indépendance d’Israël] avait juré aux habitants palestiniens qu’ils rentreraient chez eux sous quinzaine…) ont transformé cette maison de prière en synagogue. D’après Jacobson, cela fut un acte généreux, un acte de préservation. La substance du site a été préservée. Jacobson voudrait préserver ce qui subsiste du village, au bénéfice des résidents juifs qui y vivent, et non pas afin de ramener [chez eux] les habitants originels. Sami Abu-Shehada, un militant politique de Jaffa, n’est
pas d’accord avec Jacobson. Pour lui, la mosquée aurait
dû être préservée. Qu’une mosquée
soit transformée en synagogue, ou en café, cela ne fait
pour lui aucune différence. Mais quoi que les Israéliens
aient fait des mosquées, dit Abu Shehada, cela ne saurait justifier
ce que les Palestiniens ont fait des synagogues du Gush Katif. Le Sheikh
Ahmad Abu Ajawa, résidant lui aussi à Jaffa, exprime les
mêmes sentiments. « Il faut voir ce qui a été
fait des mosquées, en Israël, depuis 1948, il faut se souvenir
que les synagogues du Gush Katif « étaient bâties
en territoire occupé ». Néanmoins, les incendier
est sacrilège » ! Sharon enverrait bien Netanyahu au Timor oriental : mais les Timorais voudraient-ils de lui ?
M. Sharon se référait selon le journal à M. Netanyahu, son ancien ministre des Finances qui brigue la direction de son parti et qui, une semaine avant le retrait de la bande de Gaza, avait démissionné du gouvernement en signe de protestation. Les 3.000 membres du comité central du Likoud doivent se réunir les 25 et 26 septembre pour se mettre d'accord sur la date des primaires qui donneront lieu à un duel Sharon-Netanyahu. Voilà qui pourrait donner des idées à de Villepin : pourquoi ne pas envoyer SarkoLéon à Timor pour y former les policeirs locaux à la technique du karcher ? Évidemment, là aussi, il faudrait savoir ce qu’en penseraient les courageux Timorais. Source : AFP, 15 septembre 2005
Les grands rabbins d’Israêl mettent la pression sur le pape
Les deux grands rabbins d'Israël, Shlomo Amar (sépharade) et Yona Metzger (ashkénaze), ont annoncé jeudi avoir demandé au pape Benoît XVI de condamner les destructions de synagogues dans les anciennes colonies juives de Gaza. "Nous sommes extrêmement blessés par les incendies qui ont eu lieu dans les synagogues. Le monde doit faire entendre sa voix et plus particulièrement le pape pour condamner tout acte de cette sorte, à l'égard de tout lieu saint (appartenant) à toute religion", a déclaré à la presse Shlomo Amar à l'issue d'une audience privée accordée par Benoît XVI aux deux grands rabbins à Castelgandolfo, la résidence d'été du pape. Plusieurs synagogues ont été incendiées et pillées par des Palestiniens à la suite du retrait d'Israël des anciennes colonies de la bande de Gaza. "Tant que la terreur frappait à l'intérieur d'Israël, personne ne disait rien dans le monde. Quand elle a commencé à toucher d'autres lieux, comme les Twin Towers (de New York) ou Londres, le monde entier a réalisé qu'il était menacé par ce phénomène", a ajouté Shlomo Amar. "Le raisonnement fonctionne pour tous les lieux saints. Aujourd'hui, c'est une synagogue (qui est détruite en Israël), demain ce sera une mosquée ou une église", a-t-il poursuivi. Les deux rabbins ont également demandé au pape que le 28 octobre - date de la déclaration Nostra Aetate de 1965 qui mit officiellement un terme à près de deux millénaires d'antijudaïsme chrétien - devienne un jour consacré à l'enseignement de ce texte et de l'importance de la lutte contre l'antisémitisme dans le monde catholique. Source : AFP, 15 septembre 2005 |
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