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Palestine |
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![]() Dan halutz |
![]() Moshe Yaalon |
Après les militaires, c'est désormais au tour de dirigeants
civils israéliens d'être exposés à des plaintes
pour crimes de guerre. En l'occurrence, des résidents palestiniens
de Jérusalem, dont les habitations ont été démolies
sur ordre de la municipalité et du gouvernement, ont confié
à des avocats britanniques le soin de déposer des plaintes,
la destruction de maisons par une puissance occupante étant précisément
considérée comme un crime de guerre par la IVème
Convention de Genève.
Lire la suite : http://www.paixjusteauprocheorient.com/article.php3?id_article=1791
Surmontant le chantage permanent à l’Union Sacrée,
qui voudrait qu’on « lave son linge sale en famille »,
les militants du mouvement anti-guerre israélien Yush Gvul («
Basta ! ») ont décidé de porter sur la scène
internationale la lutte pour traduire en justice les responsables de
l’armée israélienne auteurs de crimes de guerre.
Yush Gvul a ainsi décidé de se joindre à au moins
deux plaintes déposées, en Grande-Bretagne, par le Centre
Palestinien des Droits de l’Homme, visant l’ancien chef-d’état
major de l’armée, le général Moshe Ya’alon,
ainsi que son successeur, le général Dan Halutz.
Yush Gvul a aussi apporté aux avocats londoniens à qui
le dossier a été confié une série de documents
incriminant le général Doron Almog, ancien commandant
du secteur de Gaza, contre lequel un mandat d’arrêt a déjà
été délivré par la justice britannique (voir
dépêche sur ce même site).
Dans des déclarations reproduites par le quotidien israélien
Haaretz, Yusg Gvul estime que Halutz ne devrait pas être surpris
outre-mesure par l’initiative. Cela fait en effet plus de deux
ans que Yush Gvul s’est adressé à la justice israélienne,
exigeant qu’une enquête soit ouverte concernant les agissements
de ce militaire qui, en sa qualité de chef de l’aviation,
s’était publiquement félicité d’avoir
ordonné le largage d’une bombe d’une tonne sur un
quartier résidentiel de Gaza, tuant une dizaine d’enfants
et blessant plus de 100 habitants de la ville.
« La Haute Cour de Justice israélienne est le dernier échelon
où la loi puisse s’appliquer, avant de passer les frontières
de notre pays », avaient prévenu les avocats de Yush Gvul,
M° Avigdor Feldman et Michael Sfard, en s’adressant à
la justice de leur pays.
Israël, on le sait, pratique une culture de l’impunité
quand il est question des infractions commises par des membres de ses
forces armées. C’est notamment pour cela qu’Israël
-à l’instar des Etats-Unis- a refusé de ratifier
le traité de Rome créant la Cour Internationale de Justice
(basée à La Haye, aux Pays-Bas).
Cependant, plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, disposent d’une
législation donnant à leurs tribunaux une compétence
d’universalité pour ce qui concerne les crimes contre l’humanité,
les crimes de guerre et les actes génocidaires (en Grande-Bretagne,
cette loi est le Geneva Conventions Act de 1957, qui transcrit dans
la loi nationale les Conventions de Genève, notamment sa IVème
Convention de 1949 définissant les infractions à ne pas
commettre par une armée d’occupation).
La loi britannique autorise ainsi à poursuivre des étrangers
soupçonnés d’avoir commis de tels crimes, dès
lors que la justice du pays d’origine de l’intéressé
se refuse à instruire.
Et c’est exactement ce qui s’est passé dans le cas
Halutz, commente Yush Gvul. La plainte, déposée il y a
deux ans, n’a commencé à être examinée,
de manière complètement procédurale et dilatoire,
que la semaine dernière.
« Nous avons perdu confiance en la Haute Cour, et plus particulièrement
dans sa capacité à traiter d’affaires impliquant
l’armée en tant que puissance occupante », déclare
le porte-parole de l’association, Yishai Menuhim.
« Nous approchons des juridictions à l’étranger
après avoir épuisé toutes les voies de recours
dans notre propre pays. Nous ne demandions au demeurant pas l’inculpation
de Halutz, mais seulement l’ouverture d’une enquête,
qui aurait permis d’évaluer ses responsabilités
», ajoute-t-il.
PRESSIONS GOUVERNEMENTALES ISRAELIENNES SUR LONDRES
Pour le Haaretz, l’affaire est sérieuse : « Halutz
aurait tout intérêt à ne pas envisager de déplacement
en Grande-Bretagne pour le moment », écrit le journal.
« Car si Halutz, ou Ya’alon d’ailleurs avaient envie
d’aller à Londres, il est fort probable que des magistrats
britanniques émettraient des mandats d’arrêt à
leur encontre ».
Un juriste israélien, interrogé par le Haaretz, confirme.
« Les officiers israéliens qui se rendent dans un des pays
ayant adopté des lois conférant une compétence
universelle de juridiction à leurs tribunaux risquent quasiment
à coup sûr l’ouverture d’une enquête
et une incrimination », déclare Irit Kahan, ancien directeur
des affaires internationales près le Procurer de l’Etat.
Pour cet homme de l’establishment, le lobbying en direction du
gouvernement britannique est donc à l’ordre du jour. «
Nous courons le risque d’une crise, voire d’une rupture
diplomatique. Le gouvernement britannique n’a pas forcément
le pouvoir de dire aux tribunaux comment ils doivent juger, mais il
peut faire passer des lois empêchant le fonctionnement de la compétence
universelle », ajoute-t-il.
source : www.paixjusteauprocheorient.com
Des officiers supérieurs israéliens se retrouvent sous
la menace de poursuites internationales pour des "crimes de guerre"
alors qu'ils n'ont jamais eu à devoir rendre des comptes à
des tribunaux en Israël .
Pour calmer leurs inquiétudes, la ministre de la justice Tzipi Livni, a assuré mardi que l'Etat "assurera la défense de toute personne poursuivie pour des actes commis" en son nom, notamment dans la répression de l'Intifada.
Elle s'est engagée publiquement à faire tout son possible pour "empêcher des poursuites judiciaires à l'étranger en convaincant les gouvernement de changer leur législation à ce sujet ".
Dimanche, sous la menace d'une interpellation, l'ancien commandant de la région sud d'Israël, le général de réserve Doron Almog a préféré ne pas descendre d'avion à l'aéroport international de Heathrow, près de Londres. Il se trouvait dans un avion d'El Al, la compagnie aérienne israélienne, au cours du vol vers Londres, lorsqu'il a été averti par le ministère des AE qu'une plainte avait été déposée contre lui pour "crimes de guerre" à l'encontre de Palestiniens.
Il lui est notamment reproché son implication éventuelle dans le bombardement qui avait tué quinze personnes le 22 juillet 2002 à Gaza. Un F16 avait largué une bombe d'un tonne tuant, outre Salah Chéhadé, chef de la branche armée du mouvement islamiste Hamas, sa femme et huit enfants. Pour éviter d'être arrêté, le général est resté dans l'appareil et est reparti pour Israël.
Un mandat avait été délivré par un juge britannique à la demande d'un cabinet juridique de Londres, spécialisé dans la Défense des droits de l'Homme, saisi par le Centre Palestinien des droits de l'Homme, basé à Gaza. Cet organisme a demandé mardi aux autorités britanniques l'ouverture d'une enquête sur les "circonstances qui ont permis au général Almog d'échapper à des poursuites" judiciaires.
"Nous représentons des centaines de victimes palestiniennes et nous n'avons pas l'intention de nous en tenir au seul général Almog, dans des recours à des instances internationales, vu que la justice israélienne n'a pas tenu compte de nos appels", a déclaré à l'AFP le directeur du Centre, Raji Sourani.
Une organisation pacifiste israélienne, "Il y a une limite" ("Yesh Gvoul") a appuyé cette démarche mettant en cause l'actuel chef d'état-major Dan Haloutz, commandant de l'armée de l'air en 2002, et son prédécesseur, l'ex-chef d'état-major Moshé Yaalon.
"Comme tous nos appels à la justice israélienne pour poursuivre les deux généraux se sont avérés vains-- les tribunaux usant de manoeuvres dilatoires-- nous soutenons des recours à l'étranger", a déclaré un responsable, Yoav Hess.
La Cour suprême d'Israël s'était borné à enregistrer en 2004 les explications du général Dan Haloutz, sur le fait qu'il avait déclaré que le bilan du bombardement "ne l'empêchait pas de dormir". Une autre organisation, le Comité contre la torture, réclame en vain à la justice israélienne depuis quatre ans de mettre hors la loi la pratique de "liquidations ciblés" d'activistes palestiniens et de les considérer comme "crimes de guerre".
"Des recours à l'étranger sont certes déplorables, mais la justice israélienne doit s'en prendre à elle-même, si des requérants s'adressent ailleurs, dans la mesure où elle a refusé de trancher", a estimé le chroniqueur juridique de la radio publique israélienne Moshé Negbi. Un spécialiste du droit international, Moshé Hirst a estimé toutefois "improbable que la justice britannique ou d'un autre pays aille jusqu'à incarcérer des responsables israéliens" pour ces faits. Amnesty International a dénoncé à plusieurs reprises des opérations militaires lancées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, avant son retrait, rappelant que la "destruction injustifiée" des maisons de civils palestiniens constituait un "crime de guerre". Source : AFP, 13 septembre 2005
Le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom a qualifié mercredi de "scandaleuse" la possibilité de voir des officiers israéliens traduits en justice en Grande-Bretagne pour "crimes de guerre". "Une situation dans laquelle des officiers de hauts rangs israéliens ne peuvent pas pénétrer en Grande-Bretagne ou dans d'autres pays européens est scandaleuse", a affirmé M. Shalom à la radio publique.
M. Shalom a précisé que cette question sera évoquée lors d'une rencontre jeudi avec les Premiers ministres israéliens Ariel Sharon et britannique Tony Blair en marge de l'assemblée générale des Nations Unies à New York, ainsi que lors d'un entretien qu'il doit également avoir avec son homologue britannique Jack Straw.
"Il ne fait aucun doute que cette affaire sera évoquée car elle est importante, nous devons y mettre fin alors qu'elle n'en est qu'à ses débuts avant que les choses prennent une toute autre envergure aussi bien en Grande-Bretagne et peut-être même dans toute l'Europe", a ajouté M. Shalom. M. Shalom a également souligné que les procédures ouvertes contre des officiers israéliens pouvaient créer un précédent susceptible d'être utilisé contre la Grande-Bretage.
"Il ne faut pas oublier que les Britanniques ont eux aussi des soldats en Irak et que se passera-t-il si un autre pays décide que tel ou tel officier ou soldat britannique a commis des crimes de guerre en Irak, eux aussi seront-ils arrêtés? Il faut que toute cette affaire cesse immédiatement", a souligné le ministre. Source : AFP, 14 septembre 2005
Des militants du mouvement islamiste Hamas ont ouvert mercredi 14 sepetmbre à l'explosif une brèche dans une barrière érigée à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte pour empêcher les infiltrations, ont indiqué des témoins. La brèche a permis à des dizaines de Palestiniens de s'infiltrer vers la partie égyptienne de Rafah, sous le regard impuissant d'un garde-frontière égyptien. Les forces de l'ordre palestiniennes ont placé des blocs de ciment à la frontière, dans le secteur de Rafah, pour former une barrière destinée à empêcher les Palestiniens de pénétrer en territoire égyptien. Leur objectif est de "mettre fin au chaos" qui règne depuis le départ de l'armée israélienne lundi de ce territoire. Un chef local du Hamas, "Abou Attiyeh", a averti les forces de sécurité palestiniennes déployées côté palestinien de la frontière de ne pas colmater la brèche. "Si vous fermez ce trou, nous ouvrirons dix autres", a-t-il dit. La frontière a été officiellement fermée mardi à minuit 21H00 GMT, mais des Palestiniens continuaient de la franchir mercredi en divers endroits, défiant une poignée de garde-frontières égyptiens armés uniquement de matraques, ont constaté des journalistes de l'AFP. A l'intérieur de la ville, les forces de sécurité ont colmaté les brèches laissées ouvertes par l'armée israélienne dans la barrière frontalière en ciment, ce qui n'empêchait pas des Palestiniens de continuer de la franchir à travers des ouvertures plus petites creusées dans le mur. Un responsable sécuritaire égyptien à la frontière a pour sa part affirmé que celle-ci était effectivement fermée et que seules les personnes regagnant leurs maisons d'un côté et de l'autre de la frontière après l'avoir franchie illégalement étaient autorisées à passer. Depuis le retrait de l'armée israélienne lundi, des milliers de personnes ont franchi la ligne de démarcation entre le territoire palestinien et l'Egypte dans les deux sense, dans une confusion totale. La clôture de sécurité faite de fils de fer barbelés était trouée en plusieurs endroits et il suffisait d'enjamber un petit muret pour aller d'un côté à l'autre de Rafah, ville frontalière divisée en deux parties, l'une palestinienne et l'autre égyptienne. Source : AFP, 14 septembre 2005
par Gideon Levy, Ha'aretz, 11 septembre 2005. Traduit de l'anglais par
PF
Tant que les pogroms des colons continuent à Hébron, Israël
ne pourra pas être considéré comme une démocratie
ou un État de droit. Un État est jugé en fonction
de ce qui se passe dans son arrière-cour, et dans le cas de la
"Ville des Patriarches", cette cour est particulièrement
sombre. Ce dont il est question n'est pas un sujet lié à
l'existence ou à la non-existence d'une colonie en particulier,
mais du caractère du régime en Israël. Cet abcès
doit être retiré immédiatement, sans conditions
préalables, avant que la tumeur ne s'étende.
Ce qui se passe à Hébron n'est comparable à rien d'autre dans les territoires occupés. C'est à Hébron que sont perpétrées les plus graves pogroms de l'entreprise de colonisation. Alors que les colons pleurent leur "déracinement" du Goush Katif et que les chevaliers à la larme facile prêchent la réconciliation et l'empathie pour leur souffrance, l'expulsion de Palestiniens de Hébron se poursuit à un rythme alarmant. Il ne peut y avoir avec eux aucune réconciliation, eux qui sont les rejetons de l'entreprise de colonisation, et qui traitent ainsi leurs voisins. Quiconque en appelle à la compassion pour les colons évacués de Gaza mais reste silencieux quand il s'agit des actions des colons de Hébron manifeste une curieuse conception de la morale.
Pourtant, ce n'est pas le comportement brutal des colons qui devrait déclencher une tempête, mais bien celui d'un État qui ne fait rien pour les arrêter et qui leur prête même assistance. On parle aujourd'hui d'anarchie à Gaza? Mais, à Hébron, l'anarchie règne sous les yeux (qui regardent ailleurs) d'un État qui possède pourtant des moyens très sophistiqués de faire respecter la loi. On souligne aujourd'hui la tragédie qu'il y a à expulser des gens de leurs maisons du Goush Katif? Mais les expulsions à Hébron sont incomparablement plus cruelles. Le nombre d'expulsés est bien plus important, et ils n'ont plus rien. Personne ne se soucie de leur souffrance à eux.
Il est un peu difficile de croire que la situation à Hébron soit cachée des yeux de la plupart des Israéliens, et qu'elle ne bouleverse pas Israël. Depuis 5 ans, environ 25.000 habitants ont été transférés de leurs maisons, à moins d'une heure de voiture de Jérusalem. Le harcèlement quotidien continue, sous les auspices de Tsahal et de la police, et ignoré des médias. Ce harcèlement a pour but d'expulser les habitants qui y demeurent encore d'une zone qui comptait, jusque récemment, 35.000 Palestiniens et 500 Juifs.
Qui n'a pas visité la ville ces dernières années n'en croirait pas ses yeux. Dans le territoire contrôlé par Israël ("H2", ou territoire israélien, d'après l'accord sur Hébron), on découvrira une ville fantôme. Des centaines de maisons abandonnées, comme après une guerre, des dizaines de magasins dévastés, brûlés ou détruits, leurs portes scellées par les colons, et, partout, un silence de mort. D'après des chiffres officieux, il n'y a plus dans cet endroit que 10.000 habitants. Les autres ont fui leurs maisons et leurs biens, incapables de supporter plus longtemps le harcèlement des colons et de leurs enfants. Voilà le grand désengagement de ces dernières années. Voilà la véritable expulsion. Tous les jours, les colons tourmentent leurs voisins. Pour un enfant palestinien, aller à pied à l'école est devenu un voyage dans le harcèlement et dans la peur. Pour une femme palestinienne, aller faire ses courses à l'extérieur est devenu un voyage dans l'humiliation. Les enfants des colons donnent des coups de pied aux femmes qui portent des paniers, les colons excitent leurs chiens sur les vieux, on jette des détritus et des excréments dans les cours des Palestiniens, on bloque l'entrée de leurs maisons avec de vieux métaux, on jette des pierres aux passants : tout cela est de la routine. Des centaines de soldats et de policiers assistent à ces pogroms sans rien faire. A l'occasion, ils échangent des plaisanteries avec les colons, mais se mettent rarement en travers de leur chemin. Si un habitant tente de porter plainte à la police, sa plainte sera rejetée sous des prétextes les plus divers. Même quand il y a une chasse à l'homme, avec des centaines de colons (comme cela a été le cas quand, il y a 4 mois, des centaines de colons ont pénétré dans la maison du Dr Tayser Zahadi à Tel Roumeida et détruit tout ce qui leur tombait sous la main), les forces de sécurité sont restées à l'écart sans intervenir. Cette émeute a été enregistrée sur une cassette vidéo, mais personne n'a pensé à la diffuser sur la télévision israélienne. Dans le quartier de Tel Roumeida, où ne demeurent que 10% des habitants palestiniens d'origine (50 familles sur 500), cette situation prend des proportions monstrueuses. Les habitants marchent en rasant les murs et chuchotent. Les enfants rentrent chez eux en courant, on se déplace de maison en maison par des échelles. Une vie de ghetto, et tout cela à cause d'une poignée d'émeutiers qui vivent au-dessus d'eux, en haut du quartier.
Ils ont fini par réussir. La violence des colons a fait ses preuves, et Hébron se "judaïse", ou plus exactement, elle se vide de ses habitants. 500 colons violents ont montré qu'ils avaient le pouvoir d'expulser des dizaines de milliers de leurs voisins, avec l'aide de l'État. Personne, au Conseil représentatif des colons (Yesha) ne s'est élevé contre ce phénomène, ce qui fait du Yesha un complice du crime. Yitzhak Rabin a commis une terrible erreur en n'ayant pas le courage de démanteler la colonie après le massacre au Caveau des Patriarches [en 1994, par Baruch Goldstein], et cette erreur continue à produire ses fruits pourris. Depuis cette date, chaque jour qui passe alors que cette colonie de sauvages à Hébron continue à exister est un jour de honte pour l'État d'Israël.
par Martine Monville, 9 septembre 2005. courriel : martine.monville@wanadoo.fr
Vendredi 9 Septembre 2005, l'armée israélienne a attaqué sauvagement à coups de feu,de bombes assourdissantes et de gaz toxique les manifestants de Bil'in, au nord de la province de Ramallah, qui avaient décidé d'aller à Jhayr, région dévastée par le MUR. Six des 40 blessés ont du être transportés vers des hopitaux, dont un bébé de 7 mois et un enfant de 3 ans. L' armée a lancé des projectiles sur les journalistes et une bombe sur l' équipe de télévision égyptienne. Enfin, elle a arrêté 50 internationaux qui participaient à la manifestation. Le tout dans le but évident de faire peur à ceux qui veulent soutenir les Palestiniens face à ce MUR et informer le Monde de sa progression continue. Il est inadmissible que le gouvernement d'Israël transforme son armée en robots qui écrasent, détruisent et tuent, sans états d'âme, tout ce qui concerne les Palestiniens.
Il est inadmissible qu'Israël défie le tribunal de La Haye et les multiples motions de l'ONU alors que l' on menaçait la Syrie qui prenait du retard dans l' application d' une seule motion. La France n'a pas le droit de laisser faire de tels actes de barbarie si elle ne veut pas renouveller Vichy. Les gronderies inefficaces ne sont plus de mise. Nous, citoyens qui entendons rester des êtres humains, exigeons la rupture des relations économiques, sportives et culturelles avec Israël tant qu' il n' aura pas détruit ce MUR et donné la possibilité aux Palestiniens de vivre décemment dans une véritable patrie.
Ici, placer le lien pour : Lire aussi : Et que fait Israël des mosquées ? par Meron Benvenisti , Haaretz, 8 septembre 2005.
Un général de l'armée israélienne, recherché
pour crimes de guerre dans la bande de Gaza, a échappé
de justesse à l'arrestation, dimanche, alors qu'il s'apprêtait
à arriver en Grande-Bretagne.
Prévenu, grâce à des complicités dont on
ignore l'origine, de la délivrance d'un mandat d'arrêt
à l'encontre du général de réserve Doron
Almog, ancien commandant de la région sud de l'armée israélienne,
l'équipage de l'avion d'El Al dans lequel il voyageait a fait
demi-tour, et est reparti vers Israël, a indiqué le quotidien
Haaretz.
L'action judiciaire contre le militaire israélien a été
initiée par le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme
(PCHR), en coordination avec un cabinet d'avocats britanniques, pour
le compte de victimes palestiniennes des troupes placées sous
le commandement de Doron Almog.
Le PCHR précise dans un communiqué précise que
le mandat d'arrêt a été délivré par
le juge londonien Timothy Workman, qui le soupçonne d'avoir commis
des actes en violation flagrante de la IVème Convention de Genève
de 1949 (violation qui constitue un crime, aux termes d'une loi de transcription
adoptée par la Grande-Bretagne en 1957, le Geneva Conventions
Act).
La décision britannique intervient après l'échec
des tentatives, de la part des victimes, d'obtenir justice à
travers le système judiciaire israélien, ajoute le PCHR.
C'est parce que le système israélien se révèle
incapable de combattre l'impunité que le PCHR, en collaboration
avec le cabinet d'avocats britanniques Hickman & Rose (solicitors)
a déposé plainte contre Doron Almog et d'autres responsables
israéliens, en vertu de l'universalité des juridictions
pour ce qui concerne les crimes de guerre.
Les victimes expriment leurs profonds regrets après avoir appris
qu'Almog avait échappé à l'arrestation, qui avait
été confiée par le juge Timothy Workman à
la section Anti-Terrorisme et Crimes de Guerre de la Metropolitan Police
londonienne.
Doron Almog doit notamment répondre des actes suivants :
- la destruction indiscriminée de 59 maisons à Rafah (sud
de la bande de Gaza), le 10 janvier 2002
- le meurtre de Noha Shukri al Makadma, une jeune femme entrée
dans son neuvième mois de grossesse, le 3 mars 2003
- le meurtre de Mohammad Abed al Rahman al Madhoun, tué le 30
décembre 2001
- le massacre du 22 juillet 2002, lorsqu'une bombe de 1.000 kilos fut
lancée par avion sur un quartier résidentiel de Gaza,
tuant 15 habitants (dont une majorité d'enfants) et en blessant
150 autres.
Bien que la procédure ait été initiée par
les représentants des victimes depuis plusieurs mois, le mandat
d'arrêt n'a été délivré par le magistrat
que lorsqu'il a appris de manière certaine l'arrivée sur
le sol britannique de l'intéressé. Soit le 10 septembre,
à la veille d'une visite d'Almog à Birmingham prévue
le 11 septembre.
Agé de 54 ans, le général Almog a assuré
le commandement sud de l'armée israélienne du 8 décembre
2000 au 7 juillet 2003, période pendant laquelle les forces sous
son autorité ont commis un nombre incalculable de violations
des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés,
commente le PCHR.
Nous ne pouvons que saluer la détermination des victimes palestiniennes,
ainsi que du PCHR et des avocats britanniques qui les assistent, à
obtenir justice. Le fait, pour les criminels qui commandent l'armée
israélienne, de pousser l'impunité jusqu'à se promener
comme si de rien n'était aux quatre coins du monde, assistant
un jour à une foire militaire, ou le lendemain à des galas
de collecte de fonds pour leur sale besogne, est un scandale qui doit
cesser. En France aussi, nous nous y employons.
Pour plus de renseignements :
Au PCHR : M° Raji Sourani, Directeur, tel 00 972 (0)599 412919 ;
email : pchr@pchrgaza.org, Site : http://www.pchrgaza.org
En Grande-Bretagne :
Me Daniel Machover, tel 00 44 (0)7773 341096
Me Kate Maynard, tel 00 44 (0)7899 982977
Site du cabinet Kick & Rose Solicitors : http://www.hickmanandrose.co.uk
Source : http://www.europalestine.com )
par Meron Benvenisti , Haaretz, 8 septembre 2005. Original hébreu
: www.haaretz.co.il/hasite/pages/ShArtPE.jhtml?itemNo=622607. Version
anglaise : www.haaretz.com/hasen/spages/622332.html. Traduit de l'hébreu
par Michel Ghys
Il n’est pas question de mettre en doute la sincérité
des motivations de ceux qui s’opposent à la décision
prise par le gouvernement de démolir les synagogues du Goush
Katif. Au nombre de ceux qui ont élevé la voix contre
cette décision, on trouve à la fois ceux qui ont appuyé
le désengagement et ont même proposé de remettre
intégralement aux Palestiniens les maisons du Goush Katif, et
face à eux, ceux qui étaient farouchement opposés
au désengagement et qui voient dans le maintien en place des
synagogue une ouverture pour le retour de Juifs à Gaza. A côté
de motifs relevant de la loi rabbinique et interdisant la destruction
de « sanctuaires miniatures », on entend aussi l’argument
que la démolition des synagogues apporterait une légitimité
aux antisémites qui méditent la destruction des synagogues
devenues inactives dans des centres juifs anéantis.
Mais à côté de la volonté de conserver les
synagogues, émerge clairement une considération utilitaire
et conjecturale : si la chose est tranchée, mieux vaut que ce
soient les Palestiniens qui les démolissent, et pas les Israéliens,
« car alors le monde entier découvrira leur infamie ».
Cette position qui fait porter sur les Palestiniens la responsabilité
du sort des édifices saints s’accompagne de l’énumération
détaillée et documentée de leur attitude scandaleuse
à l’égard de tout ce qui touche à la conservation
de ce qui est lieu saint pour les Juifs – depuis la profanation
du cimetière juif du Mont des Oliviers pendant la période
jordanienne jusqu’à l’incendie du Tombeau de Joseph
au début de l’Intifada. Et pour ne pas être accusés
d’hypocrisie – car enfin, s’il est effectivement sûr
que les Palestiniens détruiront les synagogues, quel sens y a-t-il
à leur demander d’en prendre la responsabilité ?
– les opposants à la démolition rapportent aussi,
à contrecoeur, des « précédents plus encourageants
».
Toute cette question est débattue, comme d’habitude, entre
Israéliens eux-mêmes et sans considération pour
les Palestiniens à qui on veut faire porter la responsabilité
et la faute. La cour suprême ne se contente pas du refus catégorique
des Palestiniens de prendre la responsabilité de veiller sur
les synagogues et elle a, avant-hier, donné instruction au chef
du gouvernement d’envisager de leur demander « officiellement
de veiller sur lessynagogues ». Mais là ne s’arrête
pas l’unitaléralisme : l’histoire de la lutte pour
les lieux saints n’est pas seulement celle de la guerre des Fils,
juifs, de la Lumière contre les Fils, palestiniens, des Ténèbres,
mais celle d’une guerre où les deux camps ont perpétré
des actes barbares à l’encontre de ce qui est sacré
pour l’autre.
Les Palestiniens sont en droit de se demander si le principe qui interdit
de toucher à des lieux saints ne s’applique qu’aux
synagogues ou si des fois il ne s’appliquerait pas aussi aux mosquées
et aux églises qui ont été abandonnées.
L’exigence que les Palestiniens – ou une instance internationale
– prennent la responsabilité des synagogues, ne concerne-t-elle
pas aussi le gouvernement israélien à l’égard
des mosquées abandonnées qui sont sur son territoire ?
Celui qui s’empresse d’exposer la vilenie des Palestiniens
est-il prêt à étaler aussi le comportement scandaleux
d’Israël à l’égard des lieux saints musulmans
?
Sur environ 140 mosquées des villages abandonnées à
la suite de la guerre de 1948, une centaine ont été entièrement
démolies. Celles qui restent, une quarantaine donc, se trouvent
dans un état avancé d’abandon et de dégradation
ou bien sont utilisées par les habitants juifs à des usages
auxquelles elles n’étaient pas destinées. Dans un
moshav des monts Carmel, se trouve une mosquée dont la splendeur
a laissé des traces encore visibles ; elle est à l’abandon,
ses murs s’effritent et elle est clôturée de fils
de fer barbelé. Les demandes adressées par des réfugiés
« présents-absents » pour pouvoir s’en occuper,
ont été rejetées par les autorités. Une
grande mosquée au cœur d’un moshav des montagnes de
Judée sert d’entrepôt et de garage pour des engins
agricoles. Comme elles, il y en a encore une vingtaine, menaçant
ruine. En 1997, lorsque des habitants d’un moshav de Galilée
occidentale ont eu envie de « s’élargir »,
ils ont attaqué au bulldozer, au milieu de la nuit, les vestiges
de la mosquée du village abandonné et l’ont entièrement
démolie. Non loin de là, les autorités refusent
d’autoriser la prière dans la vieille mosquée d’un
autre village abandonné, sous prétexte que ce serait «
un arrangement politique, quasiment une colonie et constituerait un
précédent pour un accord donné au retour des réfugiés
».
Plusieurs mosquées servent d’habitation et d’autres
sont employées à des usages commerciaux et culturels.
Une mosquée d’un village abandonné, à l’entrée
de la vallée Iron, sert de menuiserie pour un kibboutz de la
Shomer Hatzaïr ; une mosquée dans une localité d’artistes
du Carmel sert en partie de bar et de restaurant ; d’autres mosquées
servent de musées et de galeries. La grande synagogue d’une
bourgade proche de Rehovot est établie dans la mosquée
du village abandonné, dont le minaret a été détruit
et dont l’emblème en demi croissant au sommet de sa coupole
a été remplacé par une menora. Et nous n’avons
encore rien dit des tombeaux de cheiks, transformés en tombeaux
de saints juifs, comme le « Tombeau de Dan » qui a pris
la place de Cheikh Gharib, un saint homme local, ou le Tombeau de Sit
Sakina à Tibériade devenu miraculeusement le Tombeau de
Rachel, l’épouse de Rabbi Akiva. Moins de 40 cimetières
musulmans subsistent sur les 150 et plus qu’il y avait dans les
villages abandonnés, et ceux-là même sont à
l’état d’abandon et en danger permanent de destruction
de tombes, d’intrusions et d’expropriations.
Le gouvernement israélien sait pourquoi il n’est pas porté
exiger des Palestiniens la préservation des synagogues. Qu’arriverait-il
si les Palestiniens posaient en contrepartie l’obligation pour
le gouvernement israélien de prendre soin des mosquées
qui sedégradent sur son propre territoire ? Et toutes ces âmes
généreuses dont le cœur s’afflige à
la perspective de la démolition des synagogues, élèveront-elles
la voix pour sauver les mosquées de Ijzim, Lajjoun et Ghabbasiyah
? Qu’au moins elles reconnaissent que les émotions soulevées
par la destruction de synagogues abandonnées sont aussi le lot
de centaines de milliers de musulmans israéliens au spectacle
de l’anéantissement de leurs biens sacrés. Peut-être,
lorsque tous reconnaîtront que la douleur de la destruction est
universelle, les guerres des lieux saints prendront-elles fin.
par Conal Urquhart, The Guardian, 6 septembre 2005. Original
: http://www.commondreams.org/headlines05/0906-02.htm.
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
D'une distance de 70 mètres, et par le viseur d'une mitraillette,
Assaf pouvait distinguer que le Palestinien avait une vingtaine ou une
trentaine d 'années, qu'il n'était pas armé et
qu'il ne tentait pas de fuir devant un tank israélien. Mais ces
détails n'avaient pas beaucoup d'importance, étant donné
que les ordres qu'avait reçus Assaf tenaient en six mots : «
Tire (1) sur (2) tout (3) ce (4) qui (5) bouge (6) ! »
Le soldat Assaf, de l'armée israélienne, a donc appuyé sur la gâchette, tirant des dizaines de balles. Le corps [du Palestinien], fit de son côté ce qu'on attendait de lui qu'il fît : il tomba donc à terre. « Il s'est mis à courir, et j'ai commencé à tirer, oh. l'affaire de quelques secondes. Eh ouais ; il est tombé... Mais j'étais devenu comme une machine : « Je tire - je ME tire - et puis voilà. » Nous n'en avons plus jamais reparlé. »
On était en été 2002, et Assaf et son unité blindée avaient reçu l'ordre de pénétrer dans la ville de Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, à la suite de tirs d'obus de mortiers contre des colonies juives voisines. Assaf a déclaré au Guardian avoir reçu les ordres suivants : « Tous ceux que vous voyez dans la rue, vous les descendez ! », commentant : « C'est ce que nous nous apprêtions à faire, tout simplement. »
Ce n'était pas la première fois qu'Assaf avait tué un innocent, à Gaza, pour respecter les ordres reçus, mais après sa démobilisation, il a commencé à s' interroger sur ce à quoi il avait contribué.
« La raison pour laquelle je vous raconte tout ça, c'est que je veux que l' armée réfléchisse à ce qu'elle nous demande de faire, à savoir, descendre des gens désarmés. Je ne pense pas que ça soit légal. »
Assaf n'est pas seul dans son cas. Ces derniers mos, des dizaines de soldats, dont le fils d'un général, tous démobilisés depuis peu, ont franchi le pas et se sont mis à partager leurs histoires : comment on leur a donné l 'ordre, au cours des briefings, de tirer expressément afin de tuer des personnes non-armées, avec la garantie d'une immunité totale. »
Ces soldats ont été mis en contact avec nous [The Guardian] par l' intermédiaire de l'association Breaking the Silence [Briser le silence], un groupe de pression d'anciens militaires qui veulent que les Israéliens regardent en face la réalité de leurs actions militaires. Ce groupe a insisté sur le respect de l'anonymat de ses témoignages, afin de protéger les soldats de toutes poursuites judiciaires et de toutes représailles.
Bien que les soldats soient peu nombreux à élever la voix, leurs témoignages reflètent une culture généralisée de l'impunité, estime Sarit Michaeli, de l 'association israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem.
« Durant la première intifada, il y avait des règlements écrits concernant les opérations militaires. Depuis la deuxième intifada, ce n'est plus le cas, et les règles, s'il en existe, sont tenues secrètes. Cela laisse un très large espace à l'interprétation, tant aux officiers qu'aux simples soldats », a-t-elle indiqué.
D'après B'Tselem, ce sont quelque 3 269 Palestiniens qui ont été tués par les forces israéliennes de sécurité, en un peu moins de cinq ans. Parmi ces tués, on estime qu'environ 1 700 étaient des civils, parmi lesquels 654 mineurs.
D'après l'armée, elle aurait effectué, durant la même période, 131 enquêtes pour mauvaise utilisation des armes par des soldats, qui ont abouti à 18 mises en examen et 7 condamnations. Les témoignages recueillis par nos soins [The Guardian] et l'association Briser le silence ont entraîné l'ouverture de 17 instructions supplémentaires pour des cas d'activité criminelle présumée.
Le nombre des morts, le témoignage des soldats et le petit nombre d' inculpations semblent contredire les objectifs proclamés de l'armée israélienne : « Les soldats n'utiliseront pas leurs armes ni la force afin de toucher des êtres humains qui ne sont ni des combattants ni des prisonniers de guerre [sympa, pour les prisonniers de guerre., ndt] ; ils feront tout ce qui est en leur pouvoir afin d'éviter de porter atteinte à leur vie, à leur intégrité physique, à leur dignité et à leurs biens », proclame le site ouèbe de l'armée israélienne [« Forces Israéliennes de Défense » (on se pince. ndt) « Tsahal »].
La doctrine de « Tsahal » situe l'état de droit manifestement au-dessus des convenances militaires : « Les soldats de « Tsahal » veilleront méticuleusement à ne donner d'ordres que légaux et se dispenseront d'obéir à d'éventuels ordres manifestement illégaux. »
En dépit de ses alarmes au sujet de la légalité, Assaf dit qu'il mettra en application les mêmes ordres, à nouveau, quand il retournera effectuer une période de réserviste dans l'armée.
Un autre soldat, Moshe, nous a dit [nous = The Guardian] que lui-même et ses camarades avaient été soumis à des pressions visant à les forcer à obéir à des ordres illégaux de « viser pour tuer ». Dans le cadre de leurs cours de formation pour l'accès au grade de sergent, ses camarades et lui se sont vu ordonner de monter des embuscades, à Jénine, en mai 2003. Il a indiqué qu'il y a eu « des pressions pour qu'il y ait des morts ».
Avant l'opération, les soldats ont été briefés ainsi : « Vous êtes à la recherche d'hommes armés. Mais vos cibles incluent aussi des enfants et des adolescents qui ont tendance à monter sur vos transports de troupes blindés [armoured personnel carriers - APC], tandis que vous vous frayez un chemin dans les ruelles. Il y a même eu des cas où des mitrailleuses ont été piquées, sur des APC. »
« On nous a dit expressément que nous devions simplement attendre qu'il y en ait un qui monte sur un de nos APC ; nous avions la consigne de tirer pour tuer », a raconté Moshe. « Après un jour ou deux, un gamin de douze ans a escaladé un des APC. Il y a eu des tas de conjectures, concernant l'âge qu' il pouvait bien avoir. D'abord, on a dit qu'il avait huit ans. Un peu plus tard, il en avait 12. Enfin, bref ; le gosse est monté sur un APC, et un de nos tireurs d'élite l'a dégommé. La compagnie d'à-côté avait eu elle aussi un incident avec un gamin, ou un ado, qui avait été tué. »
Les statistiques compilées par l'Observatoire palestinien des Droits de l' homme [Palestinian Human Rights Monitoring Group] montrent que le 14 mai, Diya Gawadréh, treize ans, a été tué par balle. Kamal Amjad Nawahda, treize ans, s'est fait tirer dessus par des soldats israéliens le 22 mai. Il est décédé le 27.
Moshe nous a dit qu'une fois retourné dans son unité de paras, plusieurs incidents se sont produits, dans lesquels des enfants et des adolescents [palestiniens] ont été tués par des tirs visant leurs jambes et leurs poitrine. La réaction, a-t-il expliqué, était la suivante : « Bon, O.K., des gamins se font tuer, soit. Pour un [simple] soldat, c'est cool : ça n'a aucune espèce d'importance. Et un officier, y va se prendre quoi, pour un truc comme ça ? Bof. j'sais pas, moi,. une amende de 100 ou 200 shekels [~ 20 - 40 euros]. , au grand maxi. ?»
Thème récurrent dans le témoignage des soldats : le désir de venger les victimes israéliennes et d'infliger une punition collective aux Palestiniens.
Mai 2004 fut un mauvais mois à passer, pour l'armée israélienne à Gaza. Quatre soldats ont été réduits en pièces après que leur APC bourré d' explosifs eut heurté une mine placée sur le bas-côté de la route, dans la ville de Gaza. L'armée récupérait à peine du choc encaissé que sept autres soldats étaient tués dans un incident similaire à Rafah, à l'autre extrémité (sud) de la bande de Gaza. En réplique, l'armée a lancé une opération « visant à sécuriser les parages, au long de la Route Philadelphie [frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte] et de s'assurer qu'elle serait débarrassée des terroristes », a indiqué le major général Dan Harel, le commandant local.
Des milliers de Palestiniens furent chassés de chez eux, et près de cinquante ont perdu la vie, dont entre le quart et la moitié étaient des civils. D'après Rafi, un officier de la Shaldag (une unité dépendant de l' armée de l'air), toute cette mission n'avait d'autre but que la revanche. « Les commandants avaient dit de tuer autant de Palestiniens que possible », a-t-il rapporté.
Lui et ses hommes avaient reçu l'ordre de tirer sur quiconque avait l'air de toucher le sol, car il aurait pu s'agir de quelqu'un en train de déposer une mine sur la route, ou encore toute personne vue sur un toit ou une terrasse, car il aurait pu s'agir de quelqu'un en train d'observer les mouvements des troupes israéliennes dans un but militaire, sans égard pour le fait qu'il s' agisse de gens armés, ou non.
Asma Moghayyer, 16 ans, et son frère Ahmad, 13 ans, ont été abattus tandis qu'ils ramassaient du linge mis à sécher à un fil d'étendage, sur leur terrasse. L'armée israélienne a asséné mordicus que ces deux enfants avaient été « tués par une mine ». Toutefois, des journalistes qui s'étaient rendus à la morgue ont indiqué qu'ils n'avaient vu d'autre blessure, sur le corps de ces deux enfants, qu'un trou dans la tête de l'un et de l'autre, laissé par une balle.
« La vérité », a dit Rafi, « c'est qu'ils ont été abattus par un soldat israélien, obéissant à des ordres très clairs d'abattre quiconque aurait été aperçu sur une terrasse, quel qu'ait pu être son rôle dans le conflit ».
Rafi dit que l'impression générale qu'il a conservé de l'opération est une impression de « chaos » et de « recours arbitraire à la force ». « Gaza était considéré comme un défouloir pour tireurs d'élite. »
Eli, sergent d'intendance dans les paras, avait été envoyé pour une mission de rafle dans le camp de réfugiés Askar, à Naplouse, le 27 novembre 2002, en plein mois de Ramadan. Il a vu une autre escouade de soldats apercevant un homme, dans la rue, à l'aube. « Ils ont crié : « Wa''ef ! » [Arrête-toi !, en arabe]. L'homme prit la fuite ; ils se mirent à lui tirer dessus, on aurait dit qu'il chassaient un gibier. »
« Ils ont vu aussi qu'il portait quelque chose, et ils ont eu peur qu'il se soit agi d'une bombe. Ils l'ont dézingué et, pour être bien sûr qu'ils l' avaient « terminé », ils lui ont balancé une grenade, et puis ils lui ont encore tiré dans la tête. », a raconté Eli.
L'homme, âgé de vingt-quatre ans, s'appelait Jihâd Mohammad An-Nâtûr. Il portait un tambour, avec lequel il avait l'intention de réveiller les habitants du camp de réfugiés, avant le lever du soleil, afin qu'ils puissent déjeuner avant de devoir respecter le jeûne du Ramadan. C'est une tradition locale ; le tambourinaire qui se charge de ce rôle est appelé « musahharatî ». « Personne n'avait pris la peine de nous en avertir, et c'est à cause de ça que ce brave type est mort ! », a raconté Eli à l'association Briser le silence.
La vague d'attentats suicides qui commença à déferler en 2001 avait donné le sentiment à bien des soldats israéliens que leurs familles et leur pays étaient soumis à une attaque très grave, et cela contribua à créer une culture dans laquelle les crimes de l'armée ne posaient aucun problème.
Livrant son témoignage à l'association, Avi a raconté qu'un soldat de son unité avait pu s'en tirer sans être aucunement inquiété, après avoir assassiné un Palestinien innocent. Sergent dans les paras, Avi était en opération à Hébron, le 13 octobre 2000, quand il entendit un de ses hommes tirer de la position d'observation, juste au-dessus de lui. « [On a laissé faire.] On savait que ce type était fou, dans sa tête. » a-t-il dit.
Ce soldat a nié avoir tiré, mais il a été démenti par un film tourné par une unité du renseignement. « On voit un enregistrement video de quelqu'un qui tire en direction de la placette - dans la direction de quelqu'un tout juste en train de finir de sortir quelque chose de sa voiture. Un homme jeune, d' une vingtaine d'années. L'homme est atteint dans le dos. Le lendemain, on nous apprenait qu'il était mort. »
Cet homme, c'était Mançûr Tâhâ Ahmad, 21 ans, un marchand de café ambulant, qui laisse après lui son épouse et trois enfants. Avi dit : « On lave notre linge sale en famille, alors le commandant de la compagnie a décidé d' occulter cet événement. Il a subtilisé la cassette video, et le soldat a été condamné à 35 jours de corvée de ch.ottes. après quoi, il est revenu à la compagnie.
Tous les soldats, à l'exception d'Assaf, ont été choqué par ce qu'ils ont vécu, mais ils ne savent pas trop quoi faire. « La doxa concernant la pureté éthique de l'armée israélienne est tellement fondamentale, pour la société israélienne », a expliqué Rafi, « que les gens ne veulent pas entendre la réalité. »
Le colonel Liron Libman, procureur militaire général, a dit que ces témoignages, révélés par Briser le silence, avaient conduit à 17 ouvertures d'instructions, dont certaines étaient toujours en cours. L'examen des témoignages, a-t-il indiqué, a montré que certains étaient exagérés et que certains autres se fondaient sur des ouï-dire. Toutefois, les incidents décrits au quotidien The Guardian et à l'association Briser le silence par les soldats sont concordants avec des morts enregistrés par diverses associations de défense des droits de l'homme, ainsi que par les médias.
Le colonel Libman a indiqué que son service est indépendant de l'armée et qu 'un enquête criminelle pourrait être diligentée sur la base de témoignages des médias, d'organisations non-gouvernementales, de sources palestiniennes et de plaintes émanant des rangs de l'armée. « Toutefois, en raison de la nature de la situation, que nous qualifierions de conflit armé, sinon de guerre, il n'est pas envisageable d'enquêter sur la mort de tous les civils palestiniens [tués] », a-t-il conclu.
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