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Palestine
 

Le désengagement de Gaza : Encore des violations des droits de l’homme en perspective
par Ilan Pappe *


in Adalah’s Newsletter, volume 16, août 2005 (31.08.2005)
http://www.adalah.org/newsletter/eng/aug05/ar1.pdf
Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

Le gouffre entre le discours général du gouvernement Sharon sur son Plan de Désengagement de Gaza [PDG, dans la suite de ce texte] et les réalités locales sur le terrain est absolument stupéfiant. Tandis que le retrait israélien est présenté par les fora publics internationaux comme une décision historique offrant une exceptionnelle opportunité de paix dans la région, les observateurs locaux – en particulier en Palestine – préviennent que ce plan ne fera sans doute avancer en rien le processus de paix ; de fait, il est conçu par les Israélien comme une tentative délibérée de faire obstruction à toute nouvelle avancée en direction d’une solution acceptable.

Ce déséquilibre entre la représentation et la réalité représentée rend difficile toute évaluation et toute discussion de la signification du PDG du point de vue des droits de l’homme. Nous allons tenter, dans ce papier, de peser les suites positives potentielles du retrait israélien, en les comparant aux répercussions négatives possibles pour les droits de l’homme, tant en Israël qu’en Palestine (qui sont à craindre).

Il existe un consensus, chez les lettrés et les pontes israéliens et palestiniens bien pensants, sur le fait que le PDG n’est rien d’autre qu’un redéploiement des forces israéliennes, et qu’il n’est pas conçu pour modifier le statu quo, ni mettre fin à l’occupation. Ce papier est fondé sur la même prémisse. Théoriquement, en elle-même, cette prise de conscience n’obère pas une amélioration possible des conditions d’existence et des droits des personnes vivant dans les territoires palestiniens occupés [TPO] en 1967. Ainsi, par exemple, le déménagement des colonies provocatrices de la Bande de Gaza, ainsi que d’une petite zone au nord de la Cisjordanie pourrait améliorer la qualité de vie de nombre de Palestiniens. Directement (par leur violence quotidienne et leur brutalité) et indirectement (en suscitant des incursions armées lourdes et oppressives dans les TPO, soit pour les protéger, soit pour effectuer des représailles en leur nom), les colons violaient en effet les droits des Palestiniens de manière directe. Le retrait, par conséquent, pourrait faire disparaître cet aspect déplorable de la vie de certains Palestiniens, vivant dans les zones dont l’évacuation est prévue.

De plus, sans égard pour ses motivations réelles, l’initiative pourrait faire progresser le droit des Palestiniens à l’autodétermination. C’est là une position défendue par les forces islamiques dans les TPO, qui voient dans le retrait israélien une défaite de l’armée occupante, et cette position, de fait, n’est pas dépourvue d’une certaine pertinence.

Toutefois, pour que ces deux aspects positifs se matérialisent en une réalité nouvelle, le retrait doit signifier un détachement israélien authentique des existences des Palestiniens dans la bande de Gaza et dans le nord de la Cisjordanie. Malheureusement, il existe peu d’indices suggérant que tel sera bien, dans les faits, le résultat du retrait. La première menace réside en l’insistance israélienne sur le fait qu’il n’y aura pas à l’avenir de nouvelles concessions territoriales. Si cette position n’est pas toujours ouvertement proclamée, elle a été clairement signifiée par Dov Weissglas, principal conseiller d’Ariel Sharon, dans une interview accordée à Ha’aretz le 8 octobre 2004, où il déclarait : « Le désengagement est en fait du formol. Il fournit la quantité de formol nécessaire pour qu’il n’y ait plus de processus politique avec les Palestiniens ». D’autres hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre en personne, ont déclaré que le désengagement était un véritable traumatisme national, laissant entendre par là qu’aucun gouvernement israélien ne serait jamais prêt à effectuer le même pas. De plus, les Israéliens ont minimisé, autant que possible, toute coopération avec l’Autorité palestinienne dans ce retrait, de manière à éviter de créer l’impression, sur le plan intérieur israélien, que le retrait s’inscrirait dans le cadre d’un dialogue de paix, et non pas d’un redéploiement de forces, comme il l’entend.

Ces déclarations collent bien avec la stratégie globale du gouvernement Sharon – qui bénéficie d’un large soutien dans l’électorat israélien juif. Le but, c’est de créer un Grand Israël, qui inclut près de la moitié de la Cisjordanie, mais exclut la bande de Gaza et certaines zones purement palestiniennes de la Cisjordanie (ces zones interstitielles entre des colonies israéliennes sont dépourvues de continuité territoriale). Ces enclaves palestiniennes en Cisjordanie, ainsi que la bande de Gaza, peuvent devenir des régions autonomes, qui pourrait même, ultérieurement, être appelée « Etat palestinien »…

Ainsi, on le voit, le contexte large à la lumière duquel l’impact du PDG sur les droits de l’homme doit être examiné, c’est la pensée stratégique israélienne globale. Cette vision israélienne du futur affectera les droits de l’homme dans les TPO, et à l’intérieur d’Israël, de bien des manières. Toutefois, avant qu’il soit possible de présenter cette influence ici, il faut prendre en considération la réaction probable des Palestiniens à une telle stratégie. A quoi doit-on s’attendre de la part de la direction palestinienne, des différents groupes palestiniens et de l’opinion publique palestinienne en général, une fois qu’il transpirera que le retrait de Gaza marque la fin, et non pas une étape, du processus de paix ? A tout le moins, on peut s’attendre à un niveau de résistance similaire à celui que tentent de maintenir les différentes forces palestiniennes dans leur combat désespéré contre le statu quo (bien qu’on puisse envisager également des scénarios bien pires). Faisons la supposition, pour faire avancer le schmilblick, que la frustration, dans les régions palestiniennes, ne se traduira pas par des actes outrepassant les patterns connus d’attaques contre l’armée et les colons, tant dans la bande de Gaza qu’en Cisjordanie. Ceci signifierait que la seconde Intifada se poursuivrait vraisemblablement, à bas bruit, en dépit du discours de paix accompagnant le retrait. Si nous ajoutons ce comportement probable des Palestiniens à la stratégie israélienne globale, nous obtenons un tableau plus complet, qui pourrait nous permettre d’analyser plus précisément l’impact possible du désengagement sur les droits de l’homme dans les TPO.

Trois Israéliens très hauts placés – le Premier ministre, le ministre de la Défense et Eival Giladi, directeur de la Coordination stratégique des états-majors auprès du cabinet du Premier ministre – ont d’ores et déjà expliqué quelle seraient les représailles israéliennes contre une réaction palestinienne de ce type. Giladi a déclaré aux médias tant électroniques qu’imprimés qu’Israël répliquerait d’une manière implacable, afin d’empêcher toute attaque terroriste et tous tirs d’activistes pendant la réalisation du retrait, et que si des opérations ponctuelles s’avéraient insuffisantes, Israël pourrait recourir à des armes qui causeraient des dommages collatéraux, y compris des hélicoptères et des avions de combat, avec un danger accru pour les populations voisines des combats. » [Ha’aretz, 22.06.2005] Un mois plus tard, Tawfiq Abu Husan, porte-parole du ministère palestinien de l’Intérieur, notifiait aux Israéliens que son ministère ne serait pas en mesure de garantir un retrait pacifique (www.walla.co.il, 30.07.2005). Même en l’absence de cette déclaration, il était évident que des tirs se produiraient pendant et après le retrait.

Giladi, qui est fort souvent tapi dans l’ombre, a fait plusieurs apparitions supplémentaires afin de répéter le même message, étendant la menace à la période faisant suite à l’évacuation. On aurait dit qu’il préparait l’opinion locale à des destructions massives infligées par Israël à Gaza, durant et après l’opération de désengagement. L’armée israélienne a besoin d’une telle démonstration de force, susceptible d’entraîner des violations massives des droits de l’homme, précisément parce que les formations islamistes présentent le retrait comme une défaite pour Israël. Le même sentiment de défaite, en été 2000, au Liban, conduisit le chef d’état major général de l’armée de l’époque, Shaul Mofaz à exiger une démonstration de force brutale contre les Palestiniens dès l’éclatement de la seconde Intifada. Dans ses fonctions actuelles de ministre de la Défense, Mofaz nourrit le même type d’idées.

Cette continuité est bien décrite dans un ouvrage récemment publié, Boomerang, écrit par les journalistes Ofer Shelah et Raviv Druker. Le premier a servi comme officier dans le bataillon de Mofaz, pendant son service militaire, et il a un bon rapport personnel avec le ministre. D’après le livre, afin de « réhabiliter » le « manque de respect des Arabes » vis-à-vis de l’armée, Mofaz s’était opposé, déjà en 2000 et en 2001, à toute tentative sérieuse des Palestiniens et des Israéliens modérés pour mettre un terme à l’escalade militaire de la seconde Intifada.

Le livre montre que le PDG a été concocté par Ariel Sharon après que celui-ci eut appris que l’avocat général de l’Etat, à l’époque, Edna Arbel, était sur le point de le mettre en examen pour corruption. L’armée a adopté le plan, bien que la plupart des collègues de Mofaz n’en voulussent point. La position de l’armée est tout à fait étonnante. Tous les officiers supérieurs ont dit ouvertement, ainsi qu’au cours de débats internes à l’armée, qu’un retrait unilatéral serait un désastre. Toutefois, en définitive, tous, comme un seul homme, ont fini par l’adopter. Pourquoi l’armée israélienne a-t-elle avalisé un plan dont elle pensait qu’il était désastreux ? De fait, les chefs militaires continuent à arguer qu’après le retrait, il est vraisemblable que subsisteront plus d’une origine de tirs depuis la bande de Gaza, dirigés contre des villes israéliennes situées à l’intérieur des frontières israéliennes de 1967. Ainsi, après le retrait, l’armée devra montrer que la capacité de dissuasion qu’à leur point de vue Israël aura perdue en se retirant unilatéralement peut être restaurée. Dans le cas des TPO, ceci ne signifie qu’une seule chose : la violation systématique des droits de l’homme par un emploi excessif de mitrailleuses héliportées, d’avions F-16 et d’autres armes qui infligeront moult « dommages collatéraux ».

La forte probabilité que le désengagement ne mettra pas fin à l’occupation, mais au contraire la pérennisera, est en elle-même une mauvaise nouvelle pour l’avenir des droits humains et civiques des Palestiniens. La possibilité d’actions brutales d’Israël conduisant à des tueries massives dans la bande de Gaza est elle aussi profondément dérangeante, à dire le moins. De plus, l’insistance israélienne à déconnecter la bande de Gaza de tout contact territorial vers l’est, le nord et le sud, et à poursuivre son blocus maritime, depuis l’ouest, soulève de véritables inquiétudes en ce qui concerne le niveau de vie et la situation sociale de ses quelque un million et demi d’habitants.

Il est fort vraisemblable, dès lors, que les Palestiniens seraient amenés à payer le « trauma national » (israélien) afin que tant la « nation » que l’armée puissent se sentir réconfortés une fois la crise passée. Toutefois, beaucoup plus important encore est le possible sentiment de succès qui ne manquera pas de s’emparer du cercle des décideurs politiques israéliens, au cas où le retrait serait mené à bien relativement sans anicroche. Cela serait considéré comme une victoire pour l’ « unilatéralisme », désormais le mantra du centre politique bien pensant, en Israël.

Cet « unilatéralisme » signifie que les Palestiniens, où qu’ils se trouvent – en Israël, dans les camps de réfugiés, dans la diaspora ou dans les PTO – n’ont aucun mot à dire concernant l’avenir d’Israël et de la… Palestine !…

De là découlent que des lois puissent être adoptées afin d’empêcher des conjoints palestiniens des deux côtés de la ligne verte de vivre ensemble en Israël, sans aucun égard pour les souhaits des Palestiniens eux-mêmes [en juillet 2005, 59 députés à la Knesset ont adopté cette loi, en y apportant des amendements mineurs, seuls 13 députés votant contre, alors qu’en réalité, ce sont plus de cent (sur 120) députés qui favorables à cette législation raciste). S’ajoute à cela le fait que les dispositions sécuritaires israéliennes (mur, et autres mesures défensives) peuvent être décidées sans aucun égard pour ce que la Cour suprême israélienne appelle euphémisme « le confort des Palestiniens ». Dès maintenant, le fait que ces moyens ont causé des déplacements de populations, la perte de leurs moyens de subsistance et leur emprisonnement entre de hautes murailles et des miradors de surveillance est bien documenté.

Après le retrait, qui est présenté au plan domestique, en Israël, comme un trauma national qui ne devrait jamais plus se renouveler, et au monde en général comme le plan de paix le plus courageux jamais encore proposé aux Palestiniens, l’ « unilatéralisme » est en passe (dangereuse) de devenir sacro-saint. En termes de droits de l’homme, ceci signifie que, dans la période consécutive au retrait, les instances israéliennes chargées des Palestiniens placés sous leur contrôle poursuivront les mêmes politiques brutales décrites ci-dessus, avec encore moins de considération pour l’opinion publique ou les droits des Palestiniens. A l’encontre de l’humeur et du discours ambiants sur des « concessions significatives » - ainsi qu’à l’encontre de « l’offre de paix la plus généreuse » de l’été 2000 – les autorités israéliennes n’auront aucun scrupule à déterminer, avec une force brutale, qui les Palestiniens peuvent épouser, où ils peuvent vivre et travailler, quand ils pourront sortir (des territoires) ou encore pour combien de temps encore ils devront rester emprisonnés chez eux avant que les couvre-feu et les bouclages soient levés. Pire : l’armée pourra poursuivre sa politique consistant à tirer et à massacré sans aucune inhibition.

En Israël même, le retrait soulève des questions sérieuses au sujet de l’état des droits civiques et humains. L’opposition au retrait a clamé que le gouvernement de Sharon était coupable de violations des droits humains et civils fondamentaux, tant dans la manière dont il a légiféré la décision de procéder au retrait que par celle dont il a étouffé la désobéissance civile à ce retrait. Jusqu’à un certain point, les principales allégations des colons et de leurs partisans ne sont pas dénuées de fondement.

Plusieurs de leurs droits fondamentaux de citoyens – telle la liberté d’expression et de manifestation – ont été violés. Leur éviction, en revanche, ne saurait être considérée comme constitutives d’une violation des droits de l’homme, dès lors qu’ils ont été expulsés d’une zone où ils s’étaient installés illégalement.

Toutefois, globalement, le traitement réservé par le gouvernement et ses instances au mouvement de protestation ne peut que mettre en relief un autre aspect des droits humains et civils en Israël : le gouffre qui sépare les citoyens juifs des citoyens arabes (d’Israël) engagés dans des protestations contre le gouvernement, dans la manière dont ils sont traités. Certaines des actions entreprises par les manifestants étaient identiques à celles déployées au cours de manifestations de protestation de citoyens palestiniens d’Israël, dans tout le pays, en octobre 2000 : manifestations non-autorisées, blocage de routes et d’autoroutes, jets de pierres sur les forces de sécurité, etc. Bien que les colons et leurs groopies aient poursuivi ce genre d’activités plusieurs mois durant, la police a répondu quasi uniquement par des mesures non-violentes, qui n’ont provoqué pour ainsi dire aucune victime.

Les personnes interpellées ont été maintenues en détention pour des périodes relativement courtes. En octobre 2000, ce sont pas moins de treize citoyens palestiniens d’Israël, non armés, qui avaient été tués au cours d’affrontements avec les forces israéliennes de sécurité.

Des centaines d’autres avaient été blessés et arrêtés, et des dizaines avaient été poursuivis pénalement et condamnés à de longues peines de prison. La déclaration officielle la plus abracadabrante, dans ce contexte, fut celle de l’ex-Premier ministre Ehud Barak, parlant des manifestations actuelles, qui soutint les blocages d’autoroutes par les manifestants (anti-redéploiement). En octobre 2000, il avait donné l’ordre aux francs-tireurs de tirer à balles réelles sur les Palestiniens qui faisaient exactement la même chose, dans le Wadi ‘Ara…

La discrimination, sautant aux yeux, dans la manière dont sont traités ces deux cas est lourde de menaces pour l’avenir. Elle suggère que non seulement Israël va tout faire afin de ne pas se retirer d’un quelconque nouveau territoire occupé, et afin d’éviter de mener des négociations de paix sincères avec les Palestiniens, mais qu’il va, de surcroît, maintenir le régime actuel de ségrégation et de discrimination à l’intérieur d’Israël, permettant à des éléments d’extrême droite de perpétuer l’intransigeance israélienne et d’empêcher les groupes politiques non-sionistes et palestiniens en Israël de jouir de leurs droits fondamentaux à la libre expression et à la participation politique.

En résumé, le PDG représente un pas franchi dans la direction de la consolidation d’un régime israélien de discrimination à l’intérieur de l’Etat, ainsi que de politiques d’occupation, de colonisation et potentiellement de massacres massifs dans les TPO. La mauvaise interprétation, éminemment regrettable, que les médias internationaux se forment de cette initiative, permettra au gouvernement israélien de continuer à poursuivre ses plans. Comme par le passé, il demeure du devoir des sociétés civiles occidentales de dénoncer cette représentation distordue et d’exercer des pressions sur leurs gouvernements respectifs afin d’exiger un retrait total d’Israël de tous les territoires qu’il a occupé en 1967 et la substitution de forces internationales de maintien de la paix à l’armée israélienne d’occupation. Ces développement soulagerait ceux qui vivent sous occupation, et qui subissent depuis près de quarante ans les violations systématiques de leurs droits humains et civils.

Il faut garantir aux Palestiniens une protection internationale, jusqu’à ce que tous leurs problèmes pendants – question des réfugiés, question de Jérusalem et structure politique des deux peuples – aient été résolus au moyen d’un dialogue pacifique.

[* Le Dr Ilan Pappe est maître de conférence à l’université de science politique de l’université de Haïfa, et président de l’Institut Emile Touma d’Etudes palestiniennes, à Haifa.]

 

La société civile palestinienne appelle au boycott, aux sanctions et aux retraits des investissements contre Israël


Palestine, juillet 2005
Un an après que l'avis consultatif historique de la Cour Internationale de Justice (CIJ) qui a jugé illégal le mur qu'Israël construit sur le territoire palestinien occupé, Israël continue sa construction du mur colonial au mépris total de la décision de la Cour.
Après trente-huit ans d'occupation par Israël de la Cisjordanie palestinienne (y compris Jérusalem-Est), de la Bande de Gaza et des Hauteurs du Golan syriens, Israël continue à accroître les colonies juives.
Il a unilatéralement annexé Jérusalem-Est Occupé et les Hauteurs du Golan et annexe maintenant de facto de grandes parties de la Cisjordanie à l'aide du mur. Israël prépare également, dans l'ombre, son redéploiement prévu de la bande de Gaza - pour établir et accroître les colonies en Cisjordanie.
Cinquante-sept ans après que l'Etat d'Israël a été établi principalement sur la terre éthniquement nettoyée de ses propriétaires palestiniens, une majorité de Palestiniens sont des réfugiés, dont la plupart sont apatrides.
D'ailleurs, le système de discrimination raciale contre ses propres citoyens Arabes-Palestiniens derrière lequel il s'est retranché demeure intact.
À la lumière des violations persistantes du droit international par Israël, et étant donné que, depuis 1948, les centaines de résolutions de l'ONU ont condamné les politiques coloniales et discriminatoires d'Israël en tant qu'illégales et ont appelé à des remèdes immédiats, proportionnés et efficaces, et
Étant donné que toutes les formes d'intervention internationale et de tentatives de paix n'ont pas jusqu'ici convaincu ou forcé Israël à se conformer à la loi humanitaire, à respecter les Droits de l'Homme fondamentaux et à mettre fin à son occupation et son oppression du peuple de la Palestine, et
En raison du fait que les peuples de conscience parmi la communauté internationale ont historiquement endossé la responsabilité morale de combattre l'injustice, comme illustré dans la lutte pour abolir l'Apartheid en Afrique du Sud par diverses formes de boycott, de retrait d'investissement et de sanctions;
Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l'Apartheid et dans l'esprit de la solidarité internationale, de la cohérence morale et de la résistance à l'injustice et à l'oppression,
Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d'investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l'Afrique du Sud à l'époque de l'Apartheid.
Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu'ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël.
Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l'intérêt de la justice et d'une véritable paix.
Ces mesures punitives non-violentes devraient être maintenues jusqu'à ce qu'Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :
• 1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de tous les terres Arabes et en démantelant le Mur
• 2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens Arabo-Palestiniens d'Israël à une égalité absolue; et
• 3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l'ONU

 

Approuvé par :

Les partis politiques, les syndicats, les associations, les coalitions et les organisations palestiniens ci-dessous représentent les trois parties intégrales du peuple de la Palestine : Réfugiés palestiniens, Palestiniens sous occupation et Citoyens palestiniens d'Israël.

Syndicats, Associations, Campagnes

1. Conseil des Forces Nationales et Islamiques en Palestine
(institution coordonnant les principaux partis politiques dans les Territoires Occupés Palestiniens)
2. Palestinian Independent Commission for Citizen's Rights (PICCR)
3. Union of Arab Community Based Associations (ITTIJAH), Haifa
4. Forum des ONG Palestiniennes au Liban
5. Palestinian General Federation of Trade Unions (PGFTU)
6. General Union of Palestinian Women (GUPW)
7. General Union of Palestinian Teachers (GUPT)
8. Federation of Unions of Palestinian Universities’ Professors and Employees
9. Consortium of Professional Associations
10. Union of Palestinian Medical Relief Committees (UPMRC)
11. Health Work Committees – Cisjordanie
12. Union of Agricultural Work Committees (UAWC)
13. Union of Palestinian Agricultural Relief Committees (PARC)
14. Union of Health Work Committees – Gaza (UHWC)
15. Union of Palestinian Farmers
16. Occupied Palestine and Syrian Golan Heights Advocacy Initiative (OPGAI)
17. General Union of Disabled Palestinians
18. Palestinian Federation of Women's Action Committees (PFWAC)
19. Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israël (PACBI)
20. Palestinian Grassroots Anti-Apartheid Wall Campaign
21. Union of Teachers of Private Schools
22. Union of Women's Work Committees, Tulkarem (UWWC)
23. Dentists' Association – Jerusalem Center
24. Palestinian Engineers Association
25. Lawyers' Association
26. Network for the Eradication of Illiteracy and Adult Education, Ramallah
27. Coordinating Committee of Rehabilitation Centers – Cisjordanie
28. Coalition of Lebanese Civil Society Organizations (150 organisations)
29. Solidarity for Palestinian Human Rights (SPHR), Network of Student-based Canadian University Associations


Associations des Droits aux Réfugiés/Organisations

1 - Al-Ard Committees for the Defense of the Right of Return, Syrie
2 - Al-Awda Charitable Society, Beit Jala
3 - Al Awda - Palestine Right-to-Return Coalition, U.S.A
4 - Al-Awda Toronto
5 - Aidun Group – Liban
6 - Aidun Group – Syrie
7 - Alrowwad Cultural and Theatre Training Center, Camp de réfugiés d'Aida
8 - Association for the Defense of the Rights of the Internally Displaced (ADRID), Nazareth
9 - BADIL Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights, Bethlehem
10 - Committee for Definite Return, Syrie
11 - Committee for the Defense of Palestinian Refugee Rights, Naplouse
12 - Consortium of the Displaced Inhabitants of Destroyed Palestinian Villages and Towns
13 - Filastinuna – Commission for the Defense of the Right of Return, Syrie
14 - Handala Center, Camp de réfugiés d'Azza (Beit Jibreen), Bethlehem
15 - High Committee for the Defense of the Right of Return, Jordanie
16 - (y compris l'approbation personnelle de 71 parlementaires, les partis politiques et les syndicats en Jordanie)
17 - High National Committee for the Defense of the Right of Return , Ramallah
18 - International Right of Return Congress (RORC)
19 - Jermana Youth Forum for the Defense of the Right of Return, Syrie
20 - Laji Center, Aida camp, Bethlehem
21 - Local Committee for Rehabilitation, Camp de réfugiés de Qalandia, Jerusalem
22 - Local Committee for Rehabilitation of the Disabled, Camp de réfugiés de Deheishe, Bethlehem
23 - Palestinian National Committee for the Defense of the Right of Return, Syrie
24 - Palestinian Return Association, Syrie
25 - Palestinian Return Forum, Syrie
26 - Palestine Right-of-Return Coalition (Palestine, Pays d'accueil Arabes, Europe, Amerique du Nord)
27 - Palestine Right-of-Return Confederation-Europe (Austria, Denmark, France, Germany, Italy, Netherlands, Norway, Poland, Sweden)
28 - Palestinian Youth Forum for the Right of Return, Syrie
29 - Comités Populaires de l'OLP - Camps de réfugiés de Cisjordanie
30 - Comités Populaires de l'OLP – Camps de réfugiés de la Bande de Gaza
31 - Comité Populaire – Camp de réfugiés d'al-'Azza (Beit Jibreen), Bethlehem
32 - Comité Populaire – Camp de réfugiés de Deheishe, Bethlehem
33 - Shaml - Palestinian Diaspora and Refugee Center, Ramallah
34 - Union of Women's Activity Centers – Camps de réfugiés de Cisjordanie
35 - Union of Youth Activity Centers – Camps de réfugiés de Palestine, Cisjordanie et Gaza
36 - Women's Activity Center – Camp de réfugiés de Deheishe, Bethlehem
37 - Yafa Cultural Center, Camp de réfugiés de Balata, Naplouse

 

Organisations

1 - Abna' al-Balad Society, Naplouse
2 - Addameer Center for Human Rights, Gaza
3 - Addameer Prisoners' Support and Human Rights Association, Ramallah
4 - Alanqa' Cultural Association, Hebron
5 - Al-Awda Palestinian Folklore Society, Hebron
6 - Al-Doha Children’s Cultural Center, Bethlehem
7 - Al-Huda Islamic Center, Bethlehem
8 - Al-Jeel al-Jadid Society, Haifa
9 - Al-Karameh Cultural Society, Um al-Fahm
10 - Al-Maghazi Cultural Center, Gaza
11 - Al-Marsad Al-Arabi, occupied Syrian Golan Heights
12 - Al-Mezan Center for Human Rights, Gaza
13 - Al-Nahda Cultural Forum, Hebron
14 - Al-Taghrid Society for Culture and Arts, Gaza
15 - Alternative Tourism Group, Beit Sahour (ATG)
16 - Al-Wafa' Charitable Society, Gaza
17 - Applied Research Institute Jerusalem (ARIJ)
18 - Arab Association for Human Rights, Nazareth (HRA)
19 - Arab Center for Agricultural Development (ACAD)
20 - Arab Center for Agricultural Development-Gaza
21 - Arab Education Institute (AEI) – Pax Christie Bethlehem
22 - Arab Orthodox Charitable Society – Beit Sahour
23 - Arab Orthodox Charity – Beit Jala
24 - Arab Orthodox Club – Beit Jala
25 - Arab Orthodox Club – Beit Sahour
26 - Arab Students' Collective, Université de Toronto
27 - Arab Thought Forum, Jerusalem (AFT)
28 - Association for Cultural Exchange Hebron - France
29 - Association Najdeh, Liban
30 - Authority for Environmental Quality, Jénine
31 - Bader Society for Development and Reconstruction, Gaza
32 - Canadian Palestine Foundation of Quebec, Montreal
33 - Center for the Defense of Freedoms, Ramallah
34 - Center for Science and Culture, Gaza
35 - Chamber of Commerce and Industry, Ramallah- Al-Bireh District
36 - Child Development and Entertainment Center, Tulkarem
37 - Committee for Popular Participation, Tulkarem
38 - Defense for Children International-Palestine Section, Ramallah (DCI/PS)
39 - El-Funoun Palestinian Popular Dance Troupe
40 - Ensan Center for Democracy and Human Rights, Bethlehem
41 - Environmental Education Center, Bethlehem
42 - FARAH – Palestinian Center for Children, Syrie
43 - Ghassan Kanafani Society for Development, Gaza
44 - Ghassan Kanafani Forum, Syrie
45 - Gaza Community Mental Health Program, Gaza (GCMHP)
46 - Golan for Development, Hauteus du Golan Syriens Occupés
47 - Halhoul Cultural Forum, Hebron
48 - Himayeh Society for Human Rights, Um al-Fahm
49 - Holy Land Trust – Bethlehem
50 - Home of Saint Nicholas for Old Ages – Beit Jala
51 - Human Rights Protection Center, Liban
52 - In'ash al-Usrah Society, Ramallah
53 - International Center of Bethlehem (Dar An-Nadweh)
54 - Islah Charitable Society-Bethlehem
55 - Jafra Youth Center, Syrie
56 - Jander Center, al-Azza (Beit Jibreen) refugee camp, Bethlehem
57 - Jerusalem Center for Women, Jerusalem (JCW)
58 - Jerusalem Legal Aid and Human Rights Center (JLAC )
59 - Khalil Al Sakakini Cultural Center, Ramallah
60 - Land Research Center, Jerusalem (LRC)
61 - Liberated Prisoners' Society, Palestine
62 - Local Committee for Social Development, Naplouse
63 - Local Committee for the Rehabilitation of the Disabled, Naplouse
64 - MA'AN TV Network, Bethlehem
65 - Medical Aid for Palestine, Canada
66 - MIFTAH-Palestinian Initiative for the Promotion of Global Dialogue and Democracy, Ramallah
67 - Muwatin-The Palestinian Institute for the Study of Democracy
68 - National Forum of Martyr's Families, Palestine
69 - Near East Council of Churches Committee for Refugee Work – Gaza Area
70 - Network of Christian Organizations – Bethlehem (NCOB)
71 - Palestinian Council for Justice and Peace, Jerusalem
72 - Palestinian Counseling Center, Jerusalem (PCC)
73 - Palestinian Democratic Youth Union, Liban
74 - Palestinian Farmers' Society, Gaza
75 - Palestinian Hydrology Group for Water and Environment Resources Development-Gaza
76 - Palestinian Prisoners' Society-Cisjordanie
77 - Palestinian Society for Consumer Protection, Gaza
78 - Palestinian University Students' Forum for Peace and Democracy, Hebron
79 - Palestinian Women's Struggle Committees
80 - Palestinian Working Women Society for Development (PWWSD)
81 - Popular Art Centre, Al-Bireh
82 - Prisoner's Friends Association – Ansar Al-Sajeen, Majd al-Krum
83 - Public Aid Association, Gaza
84 - Ramallah Center for Human Rights Studies
85 - Saint Afram Association – Bethlehem
86 - Saint Vincent De Paul – Beit Jala
87 - Senior Citizen Society – Beit Jala
88 - Social Development Center, Naplouse
89 - Society for Self-Development, Hebron
90 - Society for Social Work, Tulkarem
91 - Society for Voluntary Work and Culture, Um al-Fahm
92 - Society of Friends of Prisoners and Detainees, Um al-Fahm
93 - Sumoud-Political Prisoners Solidarity Group, Toronto
94 - Tamer Institute for Community Education, Ramallah
95 - TCC – Teacher's Creativity Center, Ramallah
96 - Wi'am Center, Bethlehem
97 - Women's Affairs Technical Committee, Ramallah and Gaza (WATC)
98 - Women's Studies Center, Jerusalem (WSC)
99 - Women's Center for Legal Aid and Counseling, Jerusalem (WCLAC)
100 - Yafa for Education and Culture, Naplouse
101 - Yazour Charitable Society, Naplouse
102 - YMCA- Jerusalem-Est
103 - Youth Cooperation Forum, Hebron
104 - YWCA-Palestine
105 - Zakat Committee-al-Khader, Bethlehen
106 - Zakat Committee-Deheishe camp, Bethlehem
Source : http://www.badil.org/. Traduction : MG pour ISM

 

Le gouvernement israélien veut construire 3 000 nouveaux logements dans la colonie d'Ariel


Israël va construire prochainement 3.000 unités de logement dans la colonie d'Ariel, dans le nord de la Cisjordanie, une annonce lundi qui a suscité la colère des Palestiniens qui y voient une tentative de saboter la création d'un Etat palestinien. "La décision du gouvernement de construire à Ariel 3.000 unités de logement supplémentaires est l'_expression de notre volonté de renforcer la construction dans les blocs de colonisation", a déclaré le vice-ministre de la Défense Zéev Boïm au cours d'une tournée le long de la barrière érigée par Israël en Cisjordanie.

"Ceux qui pensent qu'après le retrait de la bande de Gaza, il y aura un retrait numéro deux ou numéro trois se trompent sur ce gouvernement", a poursuivi le vice-ministre de la Défense interrogé par la radio publique israélienne. Le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat a vivement réagi affirmant qu'il s'agissait d'une "déclaration désastreuse qui détruit la possibilité d'établir un Etat palestinien et celle d'une solution à deux Etats". "Ce sont 3.000 raisons supplémentaires de saboter le processus de paix", a-t-il ajouté.

Le maire d'Ariel, Ron Nachman, a estimé pour sa part que la population de la colonie doublerait "dans les prochaines années", passant de 30.000 habitants, selon lui, à 60.000, selon le site internet Ynet du quotidien Yediot Aharonot.

Yaariv Oppenheimer, qui dirige le mouvement anti-colonisation La Paix Maintenant, a condamné fermement l'annonce du ministère de la Défense. "Nous espérons qu'il ne s'agit que d'une annonce qui ne sera réalisera pas sur le terrain", a déclaré M. Oppenheimer à l'AFP en affirmant qu'elle ignorait la Feuille de route, un plan de paix international. Ce plan demande à Israël de démanteler "immédiatement" toutes les colonies sauvages établies depuis mars 2001 et de "bloquer toutes les activités d'implantation de colonies (y compris l'expansion naturelle des colonies)". En dépit des critiques internationales, notamment celles émanant de l'administration Bush, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a affirmé à plusieurs reprises que la colonisation allait se poursuivre en Cisjordanie après le retrait de la bande de Gaza.

Il a ainsi fait valoir qu'Israël garderait le contrôle de six blocs de colonies en Cisjordanie quels que soient les arrangements qui seront conclus avec les Palestiniens. Après l'évacuation des

8.000 colons de la bande de Gaza et de quatre implantations israéliennes dans le nord de la Cisjordanie, l'un de ces blocs, Maalé Adoumim, près de Jérusalem, est devenu l'enjeu d'une surenchère politique au sein de la droite au pouvoir.

Mais pour éviter de trop courroucer Washington, Israël a cependant fait savoir vendredi qu'il prenait en considération l'opposition américaine au projet d'extension de Maalé Adoumim, en le gelant sans pour autant y renoncer.

Outre Maalé Adoumim et d'autres implantations urbaines de la périphérie de Jérusalem-est, les blocs de colonisation en Cisjordanie comprennent le Goush Etzion, au sud de Jérusalem, et le groupe des colonies d'Ariel s'enfonçant profondément dans le nord de la Cisjordanie.

Pratiquement tous les blocs de colonies sont établis du côté israélien de la barrière de séparation, bien qu'une barrière spécifique entoure Ariel. La population des quelque 160 colonies en Cisjordanie, non compris Jérusalem-est occupée et annexée en 1967, dépassait fin 2004 le chiffre de 242.000 habitants contre 228.000 fin 2003.

Les blocs de colonies couvrent une superficie variable: 3% au plus du territoire si l'on compte uniquement les zones habitées, bien plus si on compte les territoires placés sous le contrôle municipal qui leur a été alloué par le gouvernement.

Par ailleurs, Israël et les Palestiniens paraissaient proches d'un accord sur la circulation des biens et des personnes aux points de passage entre l'Egypte et la bande de Gaza, un des dossiers les plus délicats de l'après-retrait.


Source : AFP, 5 septembre 2005

 

« Les colonies divisaient la bande de Gaza en trois ou quatre prisons. Nous vivrons dorénavant dans une seule grande prison, plus confortable, mais une prison quand même»


1 300 000 personnes vivent à Gaza. Pourtant, dernièrement, nous n'entendons parler que des 8 000 colons juifs qui déménagent. Seule leur « souffrance » compte. Peu importe, pour la plupart des Israéliens, que les Palestiniens, qui constituent 99,5 % de la population de Gaza, aient souffert pendant 37 ans sous la brutale occupation israélienne.
Au cours des cinq dernières années, Israël a tué 1 719 Palestiniens à Gaza, dont le deux tiers étaient désarmés, y compris 96 femmes et 379 enfants. Israël a blessé 9 000 résidents de Gaza, détruit 2 704 maisons, partiellement détruit 2 187 autres logis et dévasté 60 000 acres de terres agricoles.
Toutefois, la plus grande partie des Israéliens ignorent la souffrance que leur pays a infligé à Gaza. Que l'occupation israélienne de Gaza continue après le départ des colons ne les dérange pas. Ils s'inquiètent seulement du départ des 8 000 colons de Gaza, pourtant largement dédommagés, dans le cadre du plan d'Ariel Sharon visant à conserver la plus grande partie de la Cisjordanie.
Pourquoi les Israéliens devraient-ils s'en faire pour les « souffrances » des colons ? Ces derniers ont vécu pendant 35 ans dans de superbes villas au milieu de parcs florissants. À 20 mètres d'eux à peine, les Palestiniens suffoquaient dans des camps de réfugiés. Pendant que les colons arrosaient leur gazon, des milliers de Palestiniens attendaient que les camions-citernes leur distribuent de l'eau. Les colons avaient de belles routes pavées, tandis qu'Israël emprisonnait les Palestiniens et détruisait leur infrastructure. Les colons avaient des serres subventionnées, tandis qu'Israël déracinait des arbres fruitiers et des oliviers de 60 ans.
Les routes des Palestiniens étaient bloquées, leurs maisons démolies, leurs enfants estropiés par des hélicoptères et des tanks. Tout cela au bénéfice des colons.
Pour le bien des Juifs qui composent 5 % de la population de Gaza, les 99,5 % restants ont vu leur vie totalement chambardée et détruite, sans que cela ne préoccupe la plupart des Israéliens.
Les Palestiniens se réjouissent du départ des colons. Mais, comme le disait l'un d'entre eux la semaine dernière : « Les colonies divisaient la bande de Gaza en trois ou quatre prisons. Nous vivrons dorénavant dans une seule grande prison, plus confortable, mais une prison quand même. » Car en réalité, la brutale occupation israélienne de Gaza continue. Et cette vérité, aussi incroyablement que cela puisse paraître, laisse la majorité des Israéliens indifférents.
Source : « QUE CESSE L'OCCUPATION ! » Bulletin de PAJU No 238, 2 sept. 2005, distribué par PAJU (Palestiniens et Juifs Unis) http://www.pajumontreal.org/. Adaptation de « The remaining 99.5 percent », par Amira Hass, dans le quotidien israélien Ha'aretz, 24 août 2005

 

Tous les avoirs bancaires de l’OLP aux USA sont gelés par un tribunal US


Condamnée à payer 116 millions de $ [= 92 millions d’€] de dommages et intérêts aux parents d’un couple isréalo-US victime d’une opération du Hamas en 1996, l’OLP a refusé de payer cette somme pour ne pas créer un précédent. Résultat : tous les avoirs bancaires de l’OLP et de l’Autorité palestinienne aux USA ont été gelés sur ordre du tribunal de Rhode Island. Résultats : les transferts de fonds à des représentantions palestiniennes dans 10 pays ont été bloquées, les salaires du personnel de l’ambassade palestinienne à Washington ne sont pas payés depuis 3 mois, la nomination d’un nouvel ambassadeur est bloquée car celui-ci n’aurait même pas la possibilité de disposer d’un compte bancaire, mais surtout, 1,3 milliard de $ [= 1 milliard d’€] du Fonds d’investissement palestinien pour le développement économique en Cisjordanie et à Gaza sont bloqués. Enfin, l’avocat des plaignants a engagé une procédure pour la vente de l’immeuble où siège la mission palestinienne auprès des Nations Unies. L’argument utilisé par l’avocat des plaignants a été double : d’une part, les membres du Hamas auteurs d el’opération ont été trouvés en possession d’uniformes délivrés par l’Autorité palestinienne, d’autre part, ni l’OLP ni l’Autorité palestinienne ne pouvant être considérés comme des États, ils ne peuvent bénéficier de l’immunité dont bénéficient généralement les États.
Et dire que, pendant ce temps, la famille de Rachel Corrie attend toujours la décision du tribunal de Haïfa chargé de juger sur leur demande de compensation pour l’assassinat de leur fille par l’armée israélienne en 2003. Les parents de Rachel ne demandent pourtant qu’une somme ridicule : 324 000 $ [=260 000 €] !
Source : http://www.cnionline.org/, 2 septembre 2005

 

Un sauveur qui sent le soufre pour le Bétar Jérusalem


par Jean-Luc ALLOUCHE, Libération, 30 août 2005

Foot. Arcadi Gaydamak, le milliardaire russe aux multiples passeports, vient d'investir 11 millions d'euros pour présider le club.

Arcadi est arrivé, le Bétar Jérusalem est sauvé. Le milliardaire russe Arcadi Gaydamak vient de racheter 100 % des parts du Bétar Jérusalem, club mythique, aujourd'hui anémique. Meïr Panigel, ancien patron du club avec Meïr Lévy, confesse qu'il a essuyé une larme mais reconnaît : «Nous avons trouvé un homme qui nous ressemble. Modeste, tranquille et timide. Un vrai mec, quoi...»
«Vrai mec», sans doute. Arcadi Gaydamak (ou Aryé Bar-Lev, en version hébraïsée), 53 ans, l'homme d'affaires d'origine russe aux passeports israélien, français, canadien et angolais et aux entreprises ténébreuses, a quitté Paris il y a cinq ans. Non sans quelques démêlés avec la justice française dans «l'affaire Falcone» où l'on retrouve les noms de Pierre Falcone, Jean-Christophe Mitterrand ou Paul-Loup Sulitzer. Le juge Philippe Courroye aimerait beaucoup entendre M. Gaydamak : une vente d'armes illégales à l'Angola serait au menu de leur rencontre. Gaydamak, lui, jure qu'il a agi «en toute légalité» et même «mis fin à une guerre civile» dans ce pays.

Prétention. Arcadi Gaydamak est arrivé, jeune homme, en Israël dans les années 70, s'est installé au kibboutz Beït-Hachita, avant de travailler comme docker à Haïfa, puis de s'embarquer comme matelot sur un navire et de ne plus y revenir jusqu'à récemment, après une escale à Marseille. Aujourd'hui, sa fortune est évaluée à quelque trois milliards de dollars qu'il administre depuis sa villa de Césarée (mines de phosphates au Kazakhstan, ferme avicole en Russie, immobilier en Russie, placements bancaires...). «Modeste», il va l'être de moins en moins. D'aucuns moquent déjà sa soudaine prétention à «égaler Roman Abramovich de Chelsea», modèle des «oligarques» russes recyclés dans le sport.
Gaydamak vient donc de déposer une caution bancaire de près de 11 millions d'euros pour s'assurer le contrôle du Bétar. Pour faire bonne mesure, il vient d'offrir une contribution de 400 000 dollars au club arabe de Sakhnin, qui joue en première division et que le Bétar adore haïr. Et, n'étant pas à une contradiction près, il a aussi acquis le club de basket de l'Hapoël Jérusalem, club «rouge» et jadis «ouvrier» de Jérusalem, ennemi juré du Bétar. Gaydamak se contente d'arguer qu'il fait beaucoup pour «les oeuvres sociales, culturelles et sportives».

Populiste. L'arrivée de l'élégant et, jusqu'ici discret, capitaliste dans le club populiste, épidermique, aux supporters volontiers racistes («Mort aux Arabes» n'étant que le plus délicat de leurs slogans), va détonner. Le public du Bétar regroupe les vieux habitants de Jérusalem, les vendeurs de fruits et légumes du marché de Mahané Yéhouda, les chauffeurs de taxi, tout un petit peuple hâbleur, gueulard, «le coeur sur la main», le verbe haut, gestes à l'appui, aux côtés de personnages flamboyants tirant cigare, patrons de restaurants à la mode et entrepreneurs de BTP. Au-dessus de ce rassemblement digne du Vélodrome, règne Ehud Olmert, ci-devant vice-Premier ministre et ancien maire de Jérusalem. C'est lui qui a oeuvré au rapprochement. Avec une intention claire : candidat à de hautes destinées politiques au Likoud, le parti de droite majoritaire, il compte bien puiser dans les gradins du stade «Teddy» des voix favorables...
Avec Arcadi Gaydamak, le Bétar peut avoir les moyens de nouvelles ambitions. Ce dernier a promis d'assurer la paie (souvent en retard) des joueurs, de «maintenir l'encadrement en place» (qui commence donc à compter ses jours) et, surtout, d'emporter très vite le championnat. «Puis, une coupe du monde.» Rien de moins. Et lui-même, de gagner une place au soleil sur l'échiquier politique local ?

Un club marqué à l'extrême droite
Le Bétar Jérusalem est l'un des clubs les plus importants du pays, celui qui compte le plus de supporters. Le Bétar vient juste derrière le club de basket du Maccabi Tel Aviv. Il évolue au Teddy Kollek Memorial Stadium, rebaptisé Gehinnom (l'Enfer) pour l'atmosphère hostile de ses fans. Il a été fondé en 1936 par David Horn, un des responsables du Bétar, la jeunesse libérale nationaliste. Depuis, ses supporters sont apparentés à des mouvements proches de l'extrême droite. C'est en 1950 que le club entre en deuxième division. Trois ans plus tard, il gagne sa place parmi l'élite. Il a gardé cependant une réputation anti arabe revendiquée.