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Palestine
 

Les victimes de Shfaram ne seront pas considérées comme des victimes du terrorisme


Les familles des 4 Palestiniens assassinés par le soldat isarélien Eden Natan Zada le 4 août dernier à Shfaram recevront des indemnités mais ne pourront pas bénéficier de la loi sur les victimes du terrorisme. C’est ce qu’a décidé un comité interministériel présidé par un haut responsable du ministère de la défense. En effet, cette loi stipule que le ou les auteurs d’un attentat doivent faire partie des “forces ennemies”, ce qui n’était évidemment pas le cas du terroriste juif. Il en ira donc de même pour les victimes de Shfaram que pour celles de Shiloh le 17 août, où un Israélien juif a abattu 4 palestiniens, où que pour les 13 Israéliens arabes tués en 2000 par les forces armées israéliennes. Les familles des victimes de Shfaram recevront donc une somme versée en une seule fois et basée sur les indemnités mensuelles versées aux parents de victimes du terrorisme “reconnu”, qui vont de 2 100 shekels [=377 €] à 7 200 shekels [= 1 300 $] par mois.
Source : Haaretz, 30 août 2005

 

Le patron des services secrets égyptiens à Gaza


Le tout-puissant patron des services secrets égyptiens, Omar Suleiman, a rencontré lundi le président palestinien Mahmoud Abbas pour aborder un des points encore en suspens de l'après-retrait de Gaza: la libre circulation des Palestiniens et la question des frontières et de leur franchissement.
Il a vu également les chefs des factions palestiniennes qui lui ont confirmé que le cessez-le-feu avec Israël restait à l'ordre du jour.
"Le calme est toujours en vigueur. Nous nous y sommes engagés", a déclaré le premier ministre Ahmed Qoreï au sortir de la rencontre avec l'hôte égyptien. "Toutes les factions se sont engagées". Les chefs des principales d'entre elles - Hamas, Jihad islamique et Brigades des martyrs d'Al-Aqsa - participaient à cette réunion avec Omar Suleiman.
Toutefois le chef pour Gaza du Jihad islamique, qui a revendiqué l'attentat-suicide de dimanche en Israël, s'est réservé le droit de répliquer à ce qu'il a qualifié de violations de la trêve. "Ce calme se doit d'être réciproque", a souligné Nafez Azzam. "Israël ces dernières semaines, a commis des massacres brutaux contre notre peuple et les Palestiniens ont le droit de répondre."
Omar Suleiman, un des plus importants conseillers de Hosni Moubarak, arrive à Gaza au lendemain d'un attentat-suicide à Beersheva, dans le sud d'Israël, le premier depuis le désengagement israélien de la Bande de Gaza. C'est sa première visite à Gaza depuis qu'Abbas est président.
Alors que l'armée israélienne compte avoir bouclé dans les semaines à venir son départ du territoire, nombre de questions liées au retrait restent en suspens, surtout concernant la liberté de mouvement des Palestiniens.
Ceux-ci cherchent l'aide de l'Egypte pour obtenir la levée du blocus maritime au large des côtes de la Bande de Gaza, des conditions de circulation aisées de part et d'autre de la frontière et l'ouverture également de l'espace aérien, les Palestiniens comptant rebâtir au plus vite leur aéroport, alors que les Israéliens n'ont pas donné leur feu vert à sa remise en service.
Ceux-ci veulent être sûrs qu'aucune arme n'entrera sur le territoire contrôlé par les Palestiniens.
En vertu d'un accord avec le gouvernement israélien, l'Egypte va déployer 750 hommes en remplacement des soldats israéliens le long du "couloir de Philadelphie" longeant la frontière. La Knesset doit donner son feu vert cette semaine à ce déploiement.
Mardi, Omar Suleiman se rendra en Israël pour voir le Premier ministre Ariel Sharon et son gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Ophir Pines-Paz, doutant que l'Egyptien puisse se mettre d'accord avec les Palestiniens dès cette visite, estimait qu'aboutir à un accord sur le contrôle des postes-frontières Gaza/Egypte et sur la circulation entre Gaza et la Cisjordanie pourrait prendre plusieurs mois.
Source : AP, 29 août 2005

La libération de Gaza renouvelle la crédibilité de la résistance et la pertinence de ses choix


par Muta' Safadi, Al-Quds Al Arabiyy, 22 août 2005. Traduit de l'arabe par Marcel Charbonnier

Haranguant les colons de la bande de Gaza, Sharon leur avait déclaré : « Vous savez depuis le début que la colonisation ne serait que temporaire ».

Alors, pourquoi les autres colonies ne seraient-elles pas temporaires, elles aussi ? Et pourquoi ne faudrait-il pas les démanteler, le moment venu ?

Mieux : l'opinion publique israélienne (et autre) ne se souvient pas encore, pour le moment, qu'Israël lui-même n'est pas autre chose qu'une grande colonie. Mais cela viendra : cette giga-colonie ne connaîtra, elle aussi, qu 'une existence temporaire, aussi longtemps tiendrait-elle. Mais la volonté internationale se joue de la géographie des pays et des peuples, elle qui a créé Israël, au moment même où le colonialisme occidental s'effaçait dans la plupart des pays arabes. Le succédané de ce colonialisme, dans notre région [de Palestine], fut l'invention du colonialisme de peuplement, qui ne se contente plus d'armées étrangères razziant les terres d'autrui, mais invente de toutes pièces des pays intrus, des pays de peuples qui n'ont jamais connu d'existence géographique ni a fortiori internationale, ni dans leur histoire réelle ni même dans leur imagination légendaire, à l'instar du sionisme inventant l'illusion d'un foyer national sur le modèle de la terre promise de la religion juive.

L'événement qu'a représenté le démantèlement de la colonisation juive de peuplement de la bande de Gaza, en tant que première manifestation concrète de ce que signifie l'_expression « présence temporaire » du peuple pique-assiette, ne manquera pas de replacer au centre de la controverse réelle la question de la légitimité ou de la non-légitimité existentielle, ni de poser à la conscience mondiale, très soucieuse des fondements des droits de l'homme, la question de la signification - originelle, mais occultée - de la cause palestinienne, dans ses principes mêmes, sans doute pour la première fois après que cette cause eut été enfouie sous des tonnes de définitions frelatées par le mensonge collectif allié à la déviance politico-juridique prévalant au plan international - il n'est pas jusqu'aux Arabes palestiniens qui n'aient oublié (ou fait semblant d'oublier.) les fondements de cette cause, leurs porte-plume et leurs porte-parole s' adonnant à des tsunamis d'éloquence creuse et à l'usage de langues de bois des essences les plus variées.

Sharon - le plus grand symbole du sionisme en marche des temps modernes - donne lui-même la preuve matérielle la plus claire de la faiblesse de l' idéologie de la razzia et de la colonisation de peuplement. Il ne s'agit en l'occurrence que de pseudo idées, que l'on mobilise afin de faire passer l' artificiel pour authentique, le temporaire pour définitif et l'envahisseur pour le nationaliste enraciné. Mais c'est l'envahisseur qui, à la fin des fins, se voit contraint de reconnaître qu'il est incapable de conserver indéfiniment son butin.

Malgré tout, Sharon veut suggérer que cette focalisation sur une région colonisée parmi d'autres ne vise qu'à renforcer les îlots de colonisation restants en Cisjordanie et autour de Jérusalem. Autrement dit, sa décision [de « se désengager de Gaza »] n'annonce en rien la bonne (ni la mauvaise) nouvelle du début de la fin de l'ère de la colonisation de peuplement et de sa culture, mais elle est bien une confirmation, insistante, de son désir de protéger les fondements du projet sioniste, qui collent à la lettre à la géographie de la terre promise et comportent donc, nécessairement, tant la Cisjordanie que Jérusalem. Mais les causes réelles de la quasi impossibilité (pratique et pour des raisons sécuritaires) de la poursuite de la colonisation de peuplement dans la bande de Gaza restent les mêmes en ce qui concerne les colonies de Cisjordanie et de Jérusalem, qui conserveront la fragilité propre à tout ce qui est improvisé et temporaire. En effet, le peuple palestinien, qui refuse l'occupation et qui y résiste, s'est juré tout au long des décennies successives de faire en sorte que jamais l' envahisseur ne jouisse indéfiniment de son viol de ses terres. C'est ici par conséquent qu'appert l'importance fondamentale de ce que signifie le couple des contraires « légitimité / non-légitimité ». Le problème, en effet, a toujours excédé toutes les formulations juridiques en cours pour finir par atteindre les profondeurs des significations humaines de concepts tels l' arbitraire, la persécution, l'aliénation et la tyrannie, et ce qui peut leur correspondre dans des concepts antagonistes, comme la justice, le droit, l' égalité et la liberté, en fait de capacité à apporter la démonstration de leur maîtrise exclusive de la culture de la vérité et de son patrimoine. Lorsque le tyran rouleur de mécaniques est contraint à concéder une partie de ses exactions afin de renforcer sa capacité à conserver et à alimenter ses autres exactions dont il estime que ce sont bien elles qui incarnent sa légitimité historique, il ne fait qu'apporter la pire eau matérielle et imparable au moulin de son illégitimité à réaliser pour lui-même l'entièreté de son projet mythique de colonisation de peuplement jusqu'au bout, du point de vue de sa valeur humaine et morale, c'est-à-dire à l'illégitimité existentielle de ce qui est censé incarner le fondement de la loi, et même de toute loi inventée par les différentes civilisations humaines.

Ce type de débat, hélas désormais très improbable dans la littérature du discours relatif au conflit arabo-israélien, et pas seulement dans les attendus de la conscience palestinienne résistante elle-même, est ce qui nous incite à revenir, aujourd'hui, au cour de l'intérêt critique pour l' évacuation des colonies de la bande de Gaza. Si Sharon, pionnier et démiurge de la vague colonisatrice de l'après-guerre de 1967, attend de ce premier pas qu'il a esquissé qu'il rende quelque considération perdue à sa frêle personne, notamment aux yeux de la communauté internationale, et qu'il lui permette de se présenter à elle en homme de paix, alors que la tunique du tueur lui colle à la peau, en particulier dans la presse européenne, il parvient, par ailleurs, à rassurer les dirigeants sionistes tant en-dehors d 'Israël qu'en Israël même qu'il ne fait que renouveler la légitimité de l' entité originelle d'Israël - celle d'un état s'efforçant de s'entendre avec ses « ennemis » et, que par conséquent, à l'avenir, toute résistance palestinienne (et il est évident qu'elle ne pourra que reprendre son combat quand les sionistes refuseront de poursuivre le démantèlement des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem et temporiseront leur retrait militaire des villes palestiniennes occupées, autant qu'ils le pourront), pourra, pensent Sharon et ses émules, a fortiori être accusée de terrorisme et coupée de toute sympathie de ces larges couches de la société civile internationale qui ont apporté la démonstration de l'efficacité de leurs pressions morales sur leurs gouvernements respectifs, en particulier en Europe, où elles ont exigé une plus grande intervention de l'Union européenne et la fin des massacres sionistes.

Ce qui signifie que, si Israël accepte de perdre sans doute un peu, c'est afin de gagner beaucoup. Il peut « sacrifier » Gaza en vue de remporter la plus grande partie de la Cisjordanie et de parachever la judaïsation de Jérusalem. Ce genre de marchandage, Sharon est capable de le risquer, comme s'il avait entièrement confiance à l'avance quant à la fin de la partie. C' est pourquoi il a semblé assumer toutes les formes prises par l'offensive, la ridiculisation et les humiliations reçues de la part de la société des colons et, derrière eux, des partis religieux extrémistes. Mais les Palestiniens submergés par la joie, la joie de remporter - enfin - leur première victoire, comprennent bien, dans leurs diverses composantes et factions, que le véritable, le grand combat, est pour demain et que la libération de Gaza n'a été que les prolégomènes d'un combat plus large, et ils ont plus que jamais besoin de mobiliser leurs capacités très variées, en commençant par renforcer leur unité nationale et de combat. En effet, la division, sous ses différentes formes, représente le piège le plus dangereux qui les attende au tournant depuis le jour même où les sionistes se sont retirés de la bande de Gaza. Le premier danger de ce piège, c'est la querelle de précellence quant à la question de savoir qui gouvernera Gaza ; la libération donnera-t-elle lieu à un combat [fratricide] entre le « Fath » et le « Hamas » ou bien à la rencontre des sages autour d'une table vraiment ronde, où tous les partenaires sont véritablement égaux parce qu'ils partagent les mêmes valeurs nationales et une adhésion commune aux valeurs nationales et la même adhésion aux objectifs de la libération, ainsi qu'à l' efficacité pratique dans les différents secteurs de la vie quotidienne de leur peuple héroïque.

Si Sharon parvient à tromper son peuple en lui faisant croire qu'il acquiert plus de force en se débarrassant du fardeau de l'occupation stérile de Gaza, les Palestiniens ont d'autant plus le droit de déduire de leur victoire éclatante les plus hautes capacités humaines à faire fructifier ce « petit retrait » afin d'obtenir le « grand retrait », le retrait complet de tout leur territoire national. Si Sharon prétend retirer d'une défaite une force de défense accrue pour défendre son occupation aveugle, comment la victoire palestinienne, arabe et humaine, pourrait-elle ne pas représenter une source abondante permettant d'enraciner la crédibilité de la résistance et du défi, ainsi que la légitimité supérieure de la résistance, en ceci qu'elle représente l'unique voie conduisant à cette victoire légitime, avec toutes ses dimensions nationales et universelles ? En effet, la légitimité appartient aujourd'hui à la lutte palestinienne dans ses aspects et ses significations les plus évidents. Personne ne peut remettre en doute cette légitimité éclatante, comme ceux qui, par exemple, parlent de la vanité de la résistance et de son incapacité à produire autre chose que la destruction et des catastrophes accrues pour la population. Il n'est pas de sacrifice palestinien sincère qui ait été vain. Voici que l'occupation s'autodétruit. Voici que la colonisation de peuplement laisse voir qu'elle n'est qu'une tentative de faire gober avec plus ou moins de succès sa puissance d' agression et d'oppression : en réalité, il ne s'agit ni plus ni moins que d' une occupation militaire, affublée d'oripeaux civils. Le colon n'est qu'un militaire déguisé en civil, qui a acquis une nouvelle qualité : il est devenu un soldat usurpateur et un voleur patenté. Le voleur, à la fin, a été contraint à laisser son butin, non qu'il eût reconnu sa faute, non pas avec l'intention sincère de la réparer, comme aime à s'en vanter Sharon, mais poussé par cette sorte d'effronterie renversée, mâtinée de mensonge tant envers soi-même qu'envers autrui que représente cette nécessité de jouer la défaite ouverte retentissante, devant le monde entier, et qui ne parviendra pas à diffuser une propagande faussement victorieuse à base de valeurs de pardon, d'entraide, de désir de réconciliation avec l'ennemi, comme les trompettes sionistes le répètent ad nauseam en Europe. Sharon ne parviendra pas à dissimuler la défaite du tyran, pour reprendre la définition que donne de lui la conscience des gens.

Au total, le nouveau combat n'en est qu'à ses prémisses. Les données en seront peut-être complètement différentes, après le retrait, saucissonné, de la bande de Gaza, de ce qu'elles étaient avant ce retrait.

Ce qui importe, c'est que, tant au niveau du sens que de la réalité, le combat des justes ne sera jamais vain.


Une délégation européenne exhorte l'Union européenne et les pays membres de l'UE à demander des comptes à Israël


Communiqué de presse, 28 août 2005. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

Jérusalem - Entre les 22 et 28 août, une délégation européenne composée d' anciens ministres de Hollande, d'Irlande et d'Allemagne, ainsi qu'un ancien ambassadeur de France ont effectué une visite d'étude en Israël et en Palestine (lire : dans les territoires palestiniens occupés). Cette délégation comportait également cinq représentants de la société civile européenne. Elle était conduite par le professeur Andreas van Agt, Premier ministre néerlandais de 1977 à 1982.

Après cinq jours passés en Israël et Palestine et des rencontre avec de nombreux représentants de la société civile des deux côtés, ainsi qu'avec plusieurs parlementaires, la Délégation exhorte l'Union européenne, les représentants officiels et les institutions des pays membres concernés par Israël et la Palestine, en particulier leurs propres gouvernements de ses membres, à agir d'une manière déterminée et à tenir Israël redevable de ses violations perpétuelles du droit international.

Cette visite est intervenue peu de temps après le désengagement israélien de la bande de Gaza. Elle a entamé son voyage à ce moment crucial, afin d'être témoin et d'estimer de première main ces faits qui continuent à menacer la perspective d'une paix juste et qui ne sont pas pris en considération de manière suffisamment sérieuse par la communauté internationale.

Le désengagement israélien de Gaza a soulevé certains espoirs, chez beaucoup de gens, de voir la paix désormais à portée de main. A la lumière des faits dont elle a été témoin sur le terrain, la Délégation regrette d'avoir à signaler que cet espoir est infondé.

La Délégation voit dans l'occupation ainsi que dans d'autres politiques du gouvernement israélien qui sont illégales et qui cause beaucoup de souffrances aux Palestiniens, la cause première du blocage actuel et du manque de progrès vers l'obtention d'une paix négociée, juste et durable, en conformité avec le droit humanitaire international et la législation des droits de l'homme international applicables pour la résolution de ce conflit.

La Délégation est parvenue à la conclusion qu'à la lumière de l'entêtement israélien à mener ces politiques, et de leur impact hautement destructeur pour la situation sur le terrain, une fin du conflit israélo-palestinien dépend d'une intervention internationale plus déterminée, afin d'exiger des comptes d'Israël et de lui imposer le respect du droit international.

La Délégation déplore le fait que la communauté internationale n'a pas, à ce jour, mis un terme à ces politiques détestables des gouvernements israéliens successifs, entretenant du même fait une situation de non-droit et d' impunité en Palestine.

La Délégation exhorte de manière pressante l'Union européenne et ses pays membres à prendre des mesures immédiates afin de tenir Israël comptable de ses violations continues du droit international, contribuant ainsi à la réunion des conditions préalables à une paix juste et durable en Israël et en Palestine.

L'appel de la Délégation (voir ci-après) est signé par les membres soussignés :

Prof. Andreas van Agt, Chef de la Délégation (Premier ministre néerlandais, 1977-1982) Mr. Michael D. Higgins (Ministre de la Culture d'Irlande, 1993-1997, et membre actuel de la Commission Parlementaire irlandaise des Affaires étrangères) Dr. Norbert Blüm (Ministre (allemand) du Travail et des Affaires sociales, 1982-1998) Mr. Lucien Champenois (Ministre plénipotentiaire à la retraite, France) Dr. Rupert Neudeck (Président de l'association des Casques Verts, Allemagne) Dr. Hajo G. Meyer (Membre du bureau de l'association Une Autre Voix Juive et du Forum pour la Justice et la Paix - Hollande) Ms. Chris Tilanus (Hollande) Mr. Ben Smoes (Président du « Forum International pour la Justice et la Paix », Hollande) Mr. Jan van der Kolk (Ancien membre du Conseil des Bonnes volontés, Board of Trustees, organisation ocuménique pour la coopération et le développement, Hollande)

Pour plus d'information et des rencontres avec les membres de la Délégation hollandaise, contacter Martin Siepermann au numéro +31-6-18396867 On trouve une connexion téléphonique par internet avec la Délégation sur le site http://www.euromission.blogspot.com

Annexe Déclaration d'une Délégation européenne en Israël et en Palestine

Du 22 au 28 août 2005, une Délégation européenne composée d'anciens ministres de Hollande, d'Irlande et d'Allemagne et d'un diplomate de haut rang français ont effectué un voyage d'étude en Israël et en Palestine (c' est-à-dire dans les territoires palestiniens occupés). La Délégation comportait également cinq représentants de la société civile européenne. Elle était conduite par le professeur Andreas van Agt, Premier ministre néerlandais de 1977 à 1982.

Cette visite est intervenue peu après le désengagement israélien de la bande de Gaza. La Délégation a entamé son voyage en ce moment critique, afin de constater et d'évaluer de première mains des faits qui continuent à menacer la prospective d'une paix juste, faits qui ne sont pas pris en compte de la manière décisive dont ils devraient l'être par la communauté internationale.

La Délégation est allée en Israël et en Palestine afin de collecter ces faits. Ses membres souhaitent porter ces faits à l'attention des médias internationaux ainsi que des représentants et aux exécutifs politiques des pays dont ils sont originaires.

 

Les faits, tels que la Délégation les a observés :

Dans la région de Jérusalem, la Délégation a été témoin de l'expansion des colonies, qui continue actuellement. Elle a visité une colonie à l'est de Jérusalem, appelée Ma'ale Adumim. Cette colonie, abritant 30 000 colons, et s'enfonçant de quatorze kilomètres à l'intérieur du territoire palestinien occupé, fait partie d'une chaîne de colonies, qui a pour effet de couper Jérusalem Est occupé du reste de la Cisjordanie.

La Délégation a vu également le Mur, à l'intérieur et autour de Jérusalem Est, par exemple, à Abu Dis, ainsi que dans la région de Bethléem. Dans ces régions, ainsi que dans d'autres régions de Cisjordanie, le Mur gêne la vie quotidienne de centaines de milliers de Palestiniens, en coupant des quartiers palestiniens, en isolant des Palestiniens de leurs services de première nécessité et en constituant une annexion de facto de vastes étendues de terres.

Tant que toutes les colonies, les plus de 400 000 colons et le Mur, en Cisjordanie, n'auront pas été dégagés, l'établissement d'un Etat palestinien indépendant, souverain et viable (économiquement) demeurera impossible.

A Hébron, la Délégation a constaté l'emprisonnement de fait de 150 000 Palestiniens à l'intérieur de leur propre cité, et leur subordination totale aux intérêts de quelques centaines de colons israéliens, installés illégalement au centre-ville.

Durant un court moment, la Délégation a ressenti l'humiliation à laquelle les habitants de la Vieille ville d'Hébron doivent s'attendre à tout moment, chaque jour. Dans une rue, protégée par un filet tendu entre les maisons, plusieurs objets, dont des ordures, se trouvaient en suspension. Dans un endroit dépourvu de filet, une bouteille en verre a été jetée sur des Palestiniens et des membres de la Délégation d'une manière visant délibérément à provoquer des blessures graves.

La Délégation a été témoin, à plusieurs égards, des traits plus généraux des difficultés que l'encerclement par Israël de l'économie locale cause aux Palestiniens dans leur vie quotidienne. Ainsi, par exemple, ce sont près de 2 500 entreprises palestiniennes qui ont dû cesser leurs activités par ordre de l'armée israélienne.

Quelques jours seulement après le déménagement des colons, la Délégation a visité la bande de Gaza. En entrant sur ce territoire, au point de passage d 'Erez, la Délégation a fait l'expérience des procédures oppressives, de l' infrastructure déshumanisante et de l'humiliation que rencontrent les Palestiniens à chacun de leur passage, dans un sens ou dans l'autre.

La Délégation en a conclu que l'occupation de la bande de Gaza est loin d' être terminée, étant donné qu'Israël continue à exercer un contrôle sur les aspects vitaux de la vie des Gaziotes. Toutes les frontières extérieures, y compris l'espace aérien et l'espace maritime, demeurent sous le contrôle d' Israël, si bien que les Gaziotes continuent à être coupés du monde. L'armée israélienne doit rester dans certaines parties de la bande de Gaza, pour des périodes non rendues publiques.

La Délégation a constaté une partie des destructions extrêmement étendues que trente-huit années d'occupation militaire ont infligées aux vies et aux biens de plus d'un million de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza. Près des deux tiers de la population de cette région sont sans emploi et vivent en dessous du niveau de pauvreté. Ces conditions représentent un véritable défi, et elles représentent une menace continuelle pour leur dignité d'hommes.

Grâce à l'aide de l'UNRWA, la Délégation a visité le camp de réfugiés de Jabalia, dans la bande de Gaza, où 106 000 personnes vivent sur 1,3 kilomètres carrés. Là, la misère est indescriptible, entre autres choses en raison du manque d'eau et d'accès à l'éducation et aux soins médicaux. La délégation a conclu que le bien-être de ces réfugiés, ainsi que celui des autres réfugiés de la bande de Gaza, au nombre de 900 000 au total, est très menacé, à la suite du désengagement israélien.

Dans beaucoup d'endroits, en Cisjordanie, la Délégation a rencontré des obstacles physiques, tels les checkpoints et les barrages routiers mis en place par l'armée israélienne, qui enfreignent illégalement la liberté de déplacement des Palestiniens et portent gravement atteinte à leurs revenus et à leur économie.

La Délégation a par ailleurs pu converser avec des acteurs clés sur le terrain, des deux côtés. Des réunions ont été tenues avec des représentants des sociétés civiles tant israélienne que palestinienne, ainsi qu'avec des parlementaires. Des réunions à haut niveau ont été sollicités auprès des deux côtés, tant israélien que palestinien. La partie palestinienne a répondu favorablement à nos demandes, en organisant une rencontre avec le Premier ministre, M. Ahmed Qurei.

Toutes ces rencontres ont renforcé la grave préoccupation des membres de la Délégation, pour qui les menaces actuelles pesant sur les perspectives de paix ne sauraient être sous-estimées.

Conclusion:

- Le désengagement israélien de la bande de Gaza a soulevé des espoirs, chez beaucoup de personnes, que la paix serait désormais à portée de main. A la lumière des faits ci-dessus et d'autres, qu'elle a constatés sur le terrain, la Délégation est au regret d'avoir à indiquer que ces espoirs ne sont pas fondés. Le déménagement des colons de Gaza ne constitue en rien un véritable retrait au sens véritable de ce terme.

- La Délégation reconnaît le besoin de démocratisation et de renforcer l' état de droit du côté palestinien ainsi que le respect des droits de l'homme par l'Autorité palestinienne. Elle reconnaît et réaffirme le droit d'Israël à l'existence ainsi que son droit à la sécurité. Elle condamne toute action prenant des civils pour cibles. La Délégation condamne fermement les attentats suicides perpétrés par des actants palestiniens non-gouvernementaux. Cette opinion a été partagée par toutes les personnes qu'il a été donné à notre Délégation de rencontrer.

- Elle s'oppose fermement à l'entêtement du gouvernement israélien à mener des politiques, en particulier en matière de colonisation, qui sont illégales et causent d'immenses souffrances aux Palestiniens et, ce, quotidiennement. La Délégation est d'avis que la continuation de l' occupation et ces politiques (israéliennes) sont la cause première du blocage actuel et du manque de progrès vers une paix négociée, juste et durable, conforme au droit humanitaire international et à la législation des droits de l'homme.

- A ce jour, la communauté internationale n'a pas réussi à mettre un terme à ces politiques du gouvernement israélien, qui entretiennent une situation de non-droit et d'impunité en Palestine. Ce fait a conduit la Délégation à se concentrer sur un appel à passer à l'action, dans les domaines où elle ressent un besoin particulier de changement.

- La Délégation parvient à la conclusion qu'à la lumière de la persistance israélienne dans les politiques susmentionnées, et de l'impact de ces politiques sur la situation sur le terrain, une fin du conflit israélo-palestinien est conditionnée en tout premier lieu à une intervention internationale plus déterminée ayant pour finalité d'établir les responsabilités d'Israël et d'imposer dans les faits que cet Etat obéisse au droit international.

- Une intervention éventuelle devrait être planifiée en conformité avec les règles et les principes pertinents du droit international, tel, notamment, qu'édictés par la décision prise en juillet 2004 par la Cour Internationale de Justice, au sujet du Mur. Afin de faire avancer la justice et la paix, une telle intervention, entre autre de l'Union européenne, doit continuer jusqu'à ce qu'Israël se conforme totalement au droit international.

 

Notre appel

 

Préambule

(a) La Délégation conclut que le « dialogue constructif » entre l'Union européenne et Israël n'a apporté aucun résultat tangible en matière d' imposition d'une fin à certaines politiques des gouvernements israéliens successifs, politiques qui ont causé et continuent à causer beaucoup de souffrances et à faire obstacle à la paix.

(b) Elle regrette que son propre gouvernement, ainsi que les autres gouvernements européens, ainsi que les institutions européennes, aient choisi de ne pas exercer de telles pressions effectives sur Israël, alors qu 'elles l'inciteraient à se conformer au droit international.

(c) Elle déplore le fait que le Plan d'Action récemment signé par l'Union européenne et Israël n'incluent pas d'ateliers non négociables, effectifs et opérationnels, d'évaluation des standards en matière de droits de l'homme auxquels Israël devrait se conformer avant de bénéficier de donations accrues ;

(d) En particulier, la Délégation regrette le fait que le Mur illégal d' Israël, ainsi que les violations des droits de l'homme qu'il entraîne, ne sont pas mentionnés dans le Plan d'Action et qu'un groupe de travail spécial sur la question des droits de l'homme n'ait pas été créé.

(e) La Délégation prennent bonne note de l'appel de cent six organisations représentant les réfugiés palestiniens, les Palestiniens vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ainsi que les Palestiniens citoyens israéliens, à recourir au boycott, au désinvestissement et aux sanctions envers Israël, jusqu'à ce qu'il applique le droit international.

(f) Elle salue les actions d'acteurs de la société civile, telle l' initiative de désinvestissement l'Eglise presbytérienne américaine et d' autres églises, visant à s'assurer qu'elles ne contribuent en aucune manière au soutien de l'occupation de la terre de Palestine occupée.

De là, la Délégation décide de publier l'appel ci-après.

La Délégation exhorte l'Union européenne et les responsables et les institutions des Etats membres de l'UE ayant affaire à Israël et la Palestine, en particulier avec les gouvernements des deux côtés, à :

1) Continuer à confirmer l'applicabilité et l'exigence d'imposition des règles et principes ad hoc du droit international, en tant que guides pour tout effort vers la paix en Israël et en Palestine, en particulier, au sein du Quartert ;

2) Convoquer une conférence de paix internationale, en soutien à la feuille de route, qui pourrait se réunir très rapidement, en conformité au droit international en vigueur ;

3) Rappeler à Israël, à la suite du déménagement de ses colons, ses responsabilités qui n'ont pas cessé en tant que puissance occupante de la bande de Gaza (en conformité avec la quatrième Convention de Genève) ; et exercer des pressions sur Israël afin de redonner la liberté de mouvement aux marchandises et aux personnes palestiniennes, dans la bande de Gaza, ainsi que pour y entrer et en sortir, notamment par air et par mer, ainsi qu 'obtenir un corridor de liaison, gratuit et librement accessible, entre la bande de Gaza et la Cisjordanie ;

4) Demander à Israël de remplir leurs obligations telles qu'énoncées par le délibéré rendu par la Cour Internationale de Justice sur le Mur et contraindre Israël à arrêter immédiatement la construction de ce Mur en territoire occupé, ainsi qu'à démolir les parties qui ont déjà été érigées ; enfin demander de manière urgente au Conseil de Sécurité de l'Onu de prendre des mesures immédiates, fondées sur la résolution de l'assemblée générale de l'Onu ES-10/15 visant à imposer cette mise en conformité ;

5) Suspendre toute forme de coopération militaire avec Israël qui pourrait contribuer à l'élimination de Palestiniens ou à la faciliter, et appliquer sans délai le Code de bonne conduite de l'Union européenne en matière de ventes d'armes au transit d'équipement militaire à destination d'Israël via les ports et aéroports des pays membres, ainsi que l'exportation de ce type d'équipements vers Israël ;

6) Contraindre Israël à mettre un terme à son activité de colonisation en Cisjordanie, y compris Jérusalem Est, et à exclure les entreprises installées dans des colonies de toute transaction commerciale avec des pays membres de l'Union européenne ;

7) Soutenir activement l'état de droit et la démocratisation du côté palestinien et promouvoir le respect des droits de l'homme par l'Autorité palestinienne ;

8) Contribuer à la création d'un groupe de travail spécial et à un mécanisme de monitoring du comportement d'Israël en matière de respect des droits de l 'Homme ;

9) Contribuer au développement, à la détermination et à la mise en ouvre de tests concrets, dont Israël devra atteindre les critères avant de pouvoir bénéficier de subventions, et s'abstenir d'accorder des privilèges à Israël tant qu'il ne satisfera pas à ces critères de référence ainsi qu'à ses obligations légales internationales ;

10) Indiquer leur claire intention d'activer les clauses relatives aux droits de l'Homme dans l'Accord d'Agrément entre l'Union européenne et Israël et suspendre cet Agrément, si Israël ne satisfait pas aux critères requis ainsi qu'à ses obligations, en temps opportun ;

La Délégation exhorte l'Union européenne et les pays membres à prendre ces mesures, ainsi que les mesures afférentes, sans délai, dans l'intérêt de la justice et de la paix en Israël et en Palestine.

Jérusalem, le 28 août 2005

 

Les signataires

Anciens ministres et ambassadeurs

Prof. Andreas van Agt, chef de la Délégation
Premier ministre néerlandais, 1977-1982
Mr. Michael D. Higgins
Ministre irlandais de la Culture, 1993-1997, membre de la Commission
parlementaire irlandaise des Affaires Etrangères
Dr. Norbert Blüm
Ministre allemand du Travail et des Affaires sociales, 1982-1998
Mr. Lucien Champenois
Ministre plénipotentiaire, France


Représentants de la société civile au sens large :

Dr. Rupert Neudeck
Président des Casques Verts (Allemagne)
Dr. Hajo G. Meyer
Membre du conseil d'Une Autre Voix Juive, et membre du bureau du Forum
International pour la Justice et pour la Paix, Hollande
Mme Chris Tilanus
(Hollande)
Mr. Ben Smoes
Président du Forum International pour la Justice et pour la Paix (Hollande)
Mr. Jan van der Kolk
Ancien membre du bureau des Bonnes volontés de l'Organisation ocuménique
pour la coopération et le développement (Hollande)

 

 

À l'ombre du retrait de Gaza, la colonisation bat son plein en Cisjordanie


Le retrait de Gaza à peine achevé, la violence et la colonisation ont repris en Cisjordanie. Jeudi 25 août, les autorités israéliennes ont annoncé leur intention de bâtir le quartier général de la police à côté de la colonie de Maalé Adoumim, la plus grande de Cisjordanie. L'objectif officiel est de relier Maalé Adoumim aux quartiers des colons de Jérusalem-Est ; mais selon des responsables de l'État hébreu, cet élargissement va surtout permettre de créer une base arrière stratégique pour le flanc oriental de Jérusalem, afin de prévenir les « infiltrations de terroristes ».
Israël a donc annoncé son intention de bâtir le quartier général de la police pour la Cisjordanie près de la colonie de Maalé Adoumim. L'objectif officiel est de relier Maalé Adoumim aux quartiers de colonisation israéliens de Jérusalem-Est, occupée et annexée depuis 1967, dont cette implantation urbaine est distante d'une dizaine de kilomètres. Selon les responsables israéliens, l'agrandissement de Maalé Adoumim va permettre de créer un arrière stratégique pour le flanc oriental de Jérusalem afin de prévenir les « infiltrations de terroristes, ce qui n'empêchera pas les Palestiniens de bénéficier d'une continuité territoriale pour leur futur État grâce à la construction d'une route reliant Bethléem à Ramallah qui contournera Maalé Adoumim », assure l'un d'eux. Pour réaliser ce projet, les autorités israéliennes ont ordonné la confiscation de 120 hectares de terres palestiniennes afin d'ériger une barrière autour de Maalé Adoumim. Le Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a réagi à l'annonce de la construction du QG policier en qualifiant le plan d'Israël de « très dangereux ». Le chef négociateur palestinien Saëb Erakat a également dénoncé le projet israélien. Même si les autorités israéliennes affirment qu'il ne s'agit pas de la construction de logements, « je pense que chacun comprend que Maalé Adoumim fera partie d'Israël dans le cadre du statut final », a affirmé à ce propos le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mark Regev.
Source : l'Orient-Le Jour, 26 août 2005

 

 

« Je continue à être prisonnier dans la prison qu'est Israël » : interview de Mordechaï Vanunu


par Kristoffer Larsson, imemc.org, 25 août 2005. original : http://www.imemc.org/index.php?option=com_content&task=view&id=13517&Itemid=1 . Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

 

[Tandis que l'Iran est soumis à un ensemble de pressions visant à le faire suspendre son programme d'armement nucléaire, la détention par Israël de ce type d'armes ne retient pratiquement l'attention de personne. Au risque de sa liberté, Mordechai Vanunu a ressenti l'impérieuse obligation de révéler qu'Israël possédait des bombes nucléaires, voici une vingtaine d'années. Cela lui a valu d'être enlevé, en Italie, par des agents du Mossad, emmené en Israël et condamné à dix-huit années d'emprisonnement, au motif d'espionnage et de trahison. Tommy Lapid, ancien ministre israélien de la Justice, chef du parti centriste laïc Shinui, voulait qu'il soit pendu haut et court.

Le 21 avril 2004, il a été élargi ­ après plus de 6 500 jours en prison. Mais il n'est toujours pas libre. Depuis son élargissement, il a été ré-arrêté à deux reprises par l'armée israélienne et, plus grave, il ne peut quitter ce qu'il considère être « la prison appelée Israël ».

Le correspondant d'IMEMC, Kristoffer Larrson, a interviewé Vanunu à propos de ses hauts faits et de ses espoirs pour l'avenir.]


Kristoffer Larson [KL] : Avant toute chose : merci beaucoup de nous consacrer du temps et de nous accorder cette interview !

Mordechai Vanunu [MV] hoche la tête timidement.

KL : Commençons par le début. Vous êtes né au Maroc en 1954. Pourquoi votre famille a-t-elle émigré en Israël ?

MV : Ma famille a émigré en Israël, comme la plupart des juifs marocains, en 1963.

KL : Le judaïsme a-t-il tenu une grande place, dans votre vie ?

MV : Oh, bien sûr : je suis né dans une famille juive très pratiquante, et j'ai été envoyé à l'école juive. Mais, très jeune, j'ai commencé à rejeter et à critiquer le judaïsme.

KL : Pouvez-vous nous dire quelques mots au sujet de votre enfance ?

MV : A cette époque, j'ai vécu à Beer Sheva, une ville très pauvre, dans un pauvre quartier de juifs venus du Maroc. Notre vie était très modeste, nous n'avions pas grand-chose à faire. Je jouais au foot, avec les enfants du voisinage.

KL : Vous aviez des frères ou des s¦urs ?

MV : Je suis d'une famille nombreuses : nous sommes onze frères et s¦urs, je suis le second. J'aidais mon père et ma mère à élever tous ces enfants. J'étais très bon élève, en ces années-là. A dix-huit ans, au lycée, j'étais pensionnaire.

KL : Quelles études avez-vous faites ensuite, à l'université ?

MV : J'ai effectué trois années dans l'armée. Mon job consistait à entraîner les nouvelles recrues. Ce n'était pas une activité militaire : je ne faisais qu'entraîner les soldats. C'était près [de la colonie de] Gush Etzyon, à Bethléem. Après, je suis entré à l'université. J'ai fini ma licence, et j'ai étudié la physique, durant un an. Après ça, j'ai arrêté mes études, et j'ai travaillé au centre nucléaire de Dimona, pendant neuf ans. Durant cette période, j'ai étudié parallèlement la philosophie et la géographie, à l'université.

KL : Quelles étaient vos fonctions, dans le centre de recherches de Dimona ?

MV : J'ai fait tout simplement acte de candidature parce qu'ils avaient publié une publicité dans un journal : on demandait des jeunes, pour travailler au centre nucléaire de Dimona. Alors j'ai suivi les indications du journal, et je suis allé à un bureau de recrutement à Beer Sheva. Ils m'ont donné rendez-vous, m'ont fait remplir des formulaires. Et voilàŠ

KL : Que saviez-vous sur Dimona, à l'époque ?

MV : Je savais qu'ils étaient sans doute engagés dans un programme d'armement nucléaire, mais rien de plus. Ils écrivaient de temps à autre, dans les journaux, qu'ils avaient « peut-être » l'arme atomique, mais c'était toutŠ

KL : Certains de vos collègues savaient-ils qu'Israël disposait d'armes nucléaires ?

MV : Vous voulez dire : ceux qui travaillaient au centre de Dimona ?

KL : Oui.

MV: Au poste où je travaillais, dans ce bâtiment-là, ils le savaient, bien entendu. Parce qu'ils produisaient le matériau indispensable aux armes nucléaires : le plutonium. Aussi quiconque avait le minimum d'information à ce sujet savait bien que le plutonium ne sert qu'à fabriquer la bombe atomique. Et aussi, cet endroit est extrêmement secret, ce qui signifie qu'il doit bien être impliqué dans la production de quelque arme particulière. Ainsi, les gens qui travaillent là savent pertinemment qu'ils produisent des armes atomiques, même s'ils ne les voient pas. Mais qu'ils produisent des armes, oui, cela : ils le savent.

KL : En quoi votre travail consistait-il ?

MV : Les premières années, mon travail consistait à produire du plutonium, à séparer le plutonium de matériaux radioactifs, dont l'uranium, et de transférer l'uranium à la station électronucléaire adjacente. Aussi, mon travail, jour après jour, consistait à produire du plutonium, et nous savions très précisément quelle quantité était produite.

KL: A partir de quand avez-vous commencé à vous poser des questions sur la politique du gouvernement israélien en la matière ?

MV : Je pense que dès le début, j'étais enclin à critiquer, à me poser des questions. Je voulais savoir ce qu'ils étaient en train de fabriquer là. Et je savais que c'était du plutonium que nous étions en train de produire, aussi je savais combien d'armes nucléaires ils pouvaient détenir. Et en même temps, ils mentaient au peuple israélien et au monde au sujet des armes nucléaires qu'ils possédaient. Aussi, sans doute me suis-je mis à critiquer ce système dès que j'ai pris conscience du nombre d'armes nucléaires qu'ils étaient en train de produire, et aussi que je participais à ce mensonge, à cette duperie.

KL: Quand avez-vous commencé à envisager de révéler cela au monde entier ?

MV : Plus tard, j'ai commencé à être engagé politiquement, à l'université : je soutenais les Palestiniens. J'ai aussi commencé à critiquer Israël quand ils ont envahi le Liban, en 1982. J'avais même sans doute, à la réflexion, commencé à prendre mes distances quand Israël a bombardé le réacteur atomique irakien, en 1981. Je travaillais dans ce centre nucléaire, et j'ai assisté à ça : d'un côté ils bombardaient un centre nucléaire [civil, ndt] en Irak, et en même temps, ici, ils trompaient le mondeŠ Alors j'ai décidé qu'un jour je partirais et que je révèlerais tout, peut-être trois ou quatre ans avant de quitter effectivement Dimona. Mais je n'avais pas de plan précis : je pensais, simplement, qu'un jour je partirais. Et que je parlerais.

KL : Pensez-vous qu'un (ou des) collègue(s), à Dimona, pouvai(en)t avoir la même idée, de tout révéler ?

MV : Non. La plupart sont des juifs sionistes pur sucre et ils croient en ce que dit le gouvernement israélien. Il y a peut-être des gens qui ne sont pas d'accord, mais ils ne disent rien. Alors faire quelque chose : non, ils n'y sont absolument pas préparésŠ

KL : C'est à cause de ça, que vous avez quitté Israël ?

MV : Après ma démission, j'ai décidé d'aller aux Etats-Unis. Mais je suis allé, en réalité, en Extrême-Orient : en Thaïlande et au Népal. J'ai voyagé dans les montagnes de l'Himalaya : je marchais, je faisais du trekking. Et puis je suis allé à Bangkok, à Singapour, en Australie. C'est d'ailleurs à Sidney que j'ai reçu le baptême.

KL : Qu'est-ce qui vous a amené à vous convertir au christianisme ?

MV : Comme je vous l'ai dit, à l'âge de seize ans, j'ai commencé à porter un regard critique sur le judaïsme, et j'ai décidé de quitter cette foi juive. Ainsi, entre seize et trente ans, j'ai grandi, j'ai critiqué, je me suis posé des questions, j'ai rejeté ce qu'on m'avait inculqué, jusqu'à me retrouver, enfin, libre. J'ai pris la décision de ne jamais revenir en Israël. Je voulais entamer une nouvelle existence. Alors, j'ai décidé, aussi, de me faire baptiser.

KL : Comment vos proches et vos amis ont-ils réagi à votre baptême ?

MV : Personne n'en a rien su, à l'époque ; je n'en ai parlé à personne. Je savais qu'ils n'aimeraient pas ça du tout. Je n'en ai informé qu'un de mes frères. Mais quand on m'a kidnappé, à Rome, pour m'amener ici, ils ont découvert que j'avais été baptisé, et cela ne leur a pas plus. Ils ont essayé de me ramener dans le giron du judaïsme.

KL : Qu'est-ce qui vous a amené à raconter ce qui vous est arrivé au Sunday Times de Londres ?

MV : C'est le fait, comme je vous l'ai dit, qu'Israël mentait et trompait son monde. Et aussi, le fait que, de par mon travail, je savais qu'Israël produisait plus de quarante kilos de plutonium, chaque année. Cela suffit à produire dix bombes atomiques annuellement. J'ai décidé que c'en était trop ; Israël avait énormément d'armes, et il pouvait les utiliser dans la première guerre venue, contre certains pays arabes. Je voulais empêcher le recours à l'arme atomique.

KL : Et les gens du Sunday Times vous ont cru ?

MV : Je leur ai apporté des photos. J'avais pris secrètement des photos dans le centre ; je leur ai donné toute l'information sur la manière dont les Israéliens produisaient du plutonium. Un savant atomiste m'a interrogé, et il a admis ce que je lui ai relaté. Mais ils voulaient sans cesse procéder à de nouvelles vérifications.

KL : Pour ces vérifications, combien de temps leur a-t-il fallu ?

MV : Environ un mois. Mais avant que mon témoignage soit publié, Israël me kidnappa, à Rome. Ils ont publié mon interview quelques jours seulement après mon kidnapping.

KL : Comment avez-vous rencontré ŒCindy', l'espionne du Mossad ?

MV : Je l'ai rencontré à Londres, dans une rue. C'était nuit, je marchais. Je lui ai demandé : « Comment allez-vous » ? Et ce fut l'engrenage : nous avons commencé à nous rencontrer et à nous parler.

KL : Et vous avez décidé d'aller ensemble à Rome ?Š

MV : Nous avons pris un avion pour Rome. Et c'est dès que j'ai mis les pieds à Rome qu'ils s'en sont pris à moi.

KL : Avez-vous été surpris par l'absence totale de réaction, dans le monde, à votre kidnapping par le Mossad ?

MV : Oui. J'étais extrêmement déçu que le monde n'ait absolument rien fait, depuis Rome jusqu'à Washington, de Londres à StockholmŠ Personne ne s'est préoccupé de moi, personne n'a pris la parole pour me défendre. Et c'est encore le cas aujourd'hui. Aucun gouvernement ne parle de moi, ni de ma cause. Tous se tiennent à carreau.

KL : Pourquoi, à votre avis, ont-ils tellement peur de critiquer Israël ?

MV : Je pense qu'ils ont un problème, avec Israël. Ils ne savent ni quoi faire, ni quoi dire. Parce qu'Israël détient désormais ces armes atomiques, les Israéliens se sentent tout-puissants : ils se moquent bien de ce que pourrait dire un gouvernement, quel qu'il soit. Personne ne peut leur dire ce qu'ils ont à faire.

KL : Ce qui nous amène à vous poser une autre question : Pensez-vous qu'Israël soit prêt à utiliser ses armes nucléaires ?

MV : A mon avis, Israël était prêt à les utiliser. Mais aujourd'hui, après mes révélations et le fait que le monde entier soit au courant, je pense que le monde ne les laissera pas utiliser leurs armes.

KL : Un ancien directeur du Mossad a révélé qu'Israël avait envisagé de vous tuer, mais qu'ils ne l'ont pas « parce que des juifs ne tuent pas d'autres juifs ». Mais ils vous ont condamné à dix-huit ans de prison. Avez-vous été surpris par cette condamnation ?

MV : Oui. Ils m'ont condamné pour espionnage et trahison, mais je n'étais pas un espion. J'ai donné des informations au Sunday Times ; ils auraient donc dû me condamner pour avoir parlé aux médias. Mais le juge m'a condamné pour espionnage, et il m'a infligé une sentence très dure et très longue. Si Israël ne m'a pas éliminé, ce n'est pas parce que « les juifs ne tueraient pas d'autres juifs », mais bien parce qu'ils ne savaient pas quoi faire dans mon cas. Moi, l'espion juif. Le Mossad tue beaucoup de juifs. Quand ils le veulent, ils en tuent. Ils en tuent certains secrètement, d'autres meurent de ce qu'ils appellent des « crise cardiaques ». C'est même eux, les agents du Mossad, qui étaient derrière l'assassinat de Rabin. Alors, leur histoire de « juifs qui ne tuent pas d'autres juifs », c'est vraiment du pipeau.

KL : Avez-vous le sentiment d'avoir eu un procès équitable ?

MV : Bien sûr que non ! Cela se passait à huis clos, personne n'était autorisé à assister à mon procès. Il n'y avait que moi, et mon avocat. Et le juge n'était pas autorisé à interroger le gouvernement, qui aurait dû être contraint à venir expliquer au tribunal pourquoi Israël détenait deux cents armes nucléaires, pourquoi ils avaient entrepris de produire la bombe à hydrogène. J'ai dit tout cela au tribunal, mais le tribunal n'était pas autorisé à poser des questions. Nous avons demandé à Shimon Peres de témoigner ; nous voulions lui demander pour quelle raison il affirmait que le centre Dimona ne menait que des recherches pacifiques, alors qu'il avait déjà produit deux cents bombes atomiques. Si le juge n'est pas autorisé à poser la moindre question, où est la justice ?

KL : Quelle a été votre réaction lorsqu'on vous a annoncé que vous alliez devoir passer dix-huit années en prison ?

MV : J'étais anéanti. J'étais très en colère. J'étais navré. Je ne parvenais pas à y croire : dix-huit ans ! C'est comme s'ils vous avaient condamné pour avoir tué quelqu'un que vous n'aviez pas tué. C'est comme s'ils avaient pris quelqu'un au hasard dans la rue, et qu'ils l'aient condamné pour assassinat, alors qu'il n'aurait tué personne. Personne ne le croit : que peut-il faire ? Leur juge décide que cette personne a assassiné, alors qu'elle n'a tué personneŠ

KL : Vous avez, de plus, dû purger les deux tiers de cette condamnation en isolement total. Qu'est-ce qui vous a permis de tenir ?

MV : C'est ma conviction profonde dans la justesse de mes actes. J'étais très fort. Extrêmement fort. J'avais décidé d'être fort. Et je voulais vaincre ceux qui m'avaient enlevé et condamné fallacieusement et injustement. J'ai décidé que je voulais survivre, sortir, et parler. Aussi, ce désir de m'en sortir m'a soutenu, en permanence, et il continue à le faire.

KL : Vous est-il arrivé, durant tout ce temps, de penser que peut-être cela ne valait pas le coup ?

MV : Non. Jamais. Je n'ai jamais douté de ce que je faisais. Ce qui me rendait perplexe, c'est la raison de savoir pourquoi je devais souffrir. Mais je n'ai jamais douté d'avoir fait ce que je devais faire. Parce que j'avais l'information, je me sentais dans l'obligation de la publier. Cela devait être fait ; quelqu'un devait s'en charger. Je pense que j'ai aussi constaté que le monde avait changé. Le monde ignorait mon histoire, mais le monde a, de fait, changé, depuis que je l'ai révélée. La Guerre froide a pris fin, la course à l'arme nucléaire est stoppée.

KL : Comment vos proches et vos amis ont-ils réagi à la révélation qu'Israël détenait l'arme nucléaire ?

MV : Les gens de ma famille n'aiment pas ça. Ils ne veulent pas qu'on parle d'eux publiquement. Quand à mes amis, je n'en sais rien : j'ai été mis en prison pendant dix-huit ans, et je n'avais de contact avec absolument personne, si bien que je ne sais pas. Mais la plupart m'ont sans doute considéré comme un traître et un espion.

KL : Et l'opinion publique, en Israël ?

MV : L'opinion publique israélienne est soumise à un lavage de cerveau psychologique par les médias israéliens. On leur dit que je suis un ennemi d'Israël et un traître, et ma conversion au christianisme est même utilisée, aussi, pour « prouver » que je suis un traître. Parce que la plupart des juifs ne peuvent admettre qu'un juif se convertisse à une autre religion, quelle qu'elle soit.

KL : Comment avez-vous été reçu par l'opinion mondiale, après ce que vous avez fait, mis à part Israël ?

MV : J'ai reçu beaucoup de messages de sympathie et de soutien de diverses personnes, des militants et des associations pacifistes. Mais par de gouvernements. Je bénéficie de beaucoup de soutiens et de sympathie, dans le monde entier.

KL : Désirez-vous ajouter quelque chose ?

MV : Je suis toujours en attente de ma liberté. J'aimerais que le monde m'assure ma liberté totale, me permette de quitter ce pays et de jouir de la liberté ; j'ai assez souffert. J'ai passé dix-huit ans en prison, et aujourd'hui, je continue à être prisonnier dans la prison qu'est Israël. Je veux jouir de ma liberté, contribuer à la paix dans le monde. Le monde doit être courageux et intervenir pour me soutenir et critiquer Israël. J'espère qu'un pays ou un autre vont se réveiller, en particulier en Scandinavie ­ la Suède, la Norvège, le Danemark : ce sont des pays très généreux, qui soutiennent les être humains. Aussi, ils doivent exiger d'Israël qu'il me donne ma liberté.

KL : Où iriez-vous, si vous en aviez la possibilité ?

MV : J'aimerais aller en Europe, ou aux Etats-Unis.

KL : Merci beaucoup.

MV salue, d'un signe de tête.

Lord Levy, envoyé spécial de Blair à Gaza...

 

L'envoyé spécial au Proche-Orient du Premier ministre britannique Tonny Blair, Lord Levy, s'est entretenu mercredi à Gaza avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas des problèmes à résoudre après le retrait israélien de la bande de Gaza.
"Je suis venu ici au nom de M. Blair pour avoir des entretiens avec les dirigeants israéliens et palestiniens", a déclaré Lord Lévy aux journalistes. "Nous avons abordé beaucoup de sujets et sommes évidemment satisfaits du retrait (israélien de la bande de Gaza) et de la façon dont les deux parties se sont comportées pour qu'il soit un succès", a-t-il ajouté. A un journaliste qui l'interrogeait sur les moyens d'éviter que la bande de Gaza ne devienne à l'avenir une vaste prison si elle ne peut s'ouvrir sur l'extérieur, Lord Lévy a répondu: "Nous avons parlé de cela avec le président (palestinien) et je ferai part de ses inquiétudes au Premier ministre Blair, ainsi qu'aux Israéliens". L'envoyé britannique a aussi indiqué que son pays était prêt à envisager de fournir une assistance aux Palestiniens. Le ministre palestinien des Affaires civiles Mohammad Dahlan, qui est chargé du dossier du retrait israélien de la bande de Gaza, a de son côté indiqué aux journalistes qu'aucun progrès n'a été enregistré dans les discussions avec Israël concernant le terminal de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte. Il a indiqué que cette question a été abordée durant la rencontre entre Lord Lévy et M. Abbas et émis l'espoir que des progrès seront réalisés la semaine prochaine à l'occasion d'une visite du chef des services de renseignements égyptiens, le général Omar Souleimane. Source : AFP, 24 août 2005

"Monsieur Tiroir-Caisse" : Lord Michael Levy, l'homme d'Israël au 10 Downing Street

 

"Monsieur Tiroir-Caisse" : Lord Michael Levy, l'homme d'Israël au 10 Downing Street

 

Homme d'affaires, il était le propriétaire groupe d'éditions musicales Magnet, vendu à Warner Bros en 1988. Le petit gars de Hackney devenu millionnaire a 60 ans. Partenaire de tennis de Tony Blair, auquel il a été présenté en 1994 par le diplomate israélien Gideon Meir, il s'est fait sa place auprès du premier ministre en collectant des millions de livres pour sa campagne électorale de 1997, ce qui lui a valu le surnom de "Mister Cashpoint" (Monsieur Tiroir-Caisse).Promu pair du Royaume en échange de ses bons et loyaux services, il a été nommé, hors de tout contrôle parlementaire, envoyé spécial du premier ministre en Palestine/Israël. Il possède une luxueuse villa à Herzliya Pituah, une banlieue chic de Tel Aviv (photo ci-contre).
Levy a été membre de la direction de l'Agence juive et président de l'Appel Juif Israël. Il a été collecteur de fonds pour Ehud Barak. Ses deux enfants vivent en Israël, où son fils Daniel a travaillé pour l'ancien ministre de la Justice Yossi Beilin, pour lequel il a collecté des fonds.
La Commission islamique pour les droits humains et d'autres organisations ont mené campagne contre la nomination de Michael Levy à son poste. Sans résultats.

 

Cinq martyrs à Tulkarem


L'armée israélienne a tué mercredi soir cinq militants palestiniens, dont un cadre du Jihad islamique, dans le camp de réfugiés de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, selon un porte-parole de l'armée. "Cinq activistes palestiniens, dont un haut responsable du Jihad, ont été tués mercredi soir dans le camp de Tulkarem lors d'une opération", a ajouté la porte-parole. La porte-parole a précisé que "les soldats étaient venus arrêter les activistes à la suite d'informations sur leur présence dans une maison, mais ces derniers ont ouvert le feu, ce qui a contraint les soldats à riposter". "Nos forces avaient d'abord intimé à ces activistes l'ordre de se rendre, mais ils ont voulu prendre la fuite et ont tiré à l'arme automatique. D'autres Palestiniens les ont aidés en lançant des engins explosifs et des bouteilles incendiaires", a-t-elle ajouté. "Tous ces hommes étaient armés et recherchés depuis l'attentat suicide à la bombe perpétré le 12 juillet à Netanya (au nord de Tel Aviv), qui a coûté la vie à quatre civils israéliens", a également indiqué la porte-parole. Selon une source sécuritaire palestinienne, une unité spéciale de l'armée est entrée dans le camp, tuant cinq Palestiniens. Ces décès portent à 4.822 le nombre de personnes tuées depuis le début de l'Intifada en septembre 2000, dont une grande majorité de Palestiniens. Source : AFP, 25 août 2005

 

Nouveau QG de la police israélienne en Cisjordanie

 

Israël a annoncé son intention de bâtir le quartier général de la police pour la Cisjordanie près de la colonie de Maalé Adoumim. "Le projet de construction du QG de la police et d'une route d'accès a obtenu toutes les autorisations nécessaires et va être bientôt lancé", a affirmé un porte-parole militaire de l'administration chargée des "affaires civiles" en Cisjordanie. Source : AFP, 25 août 2005

 

Crainte d'une "catastrophe sanitaire" à Gaza

 

Les Palestiniens de la bande de Gaza craignent une "catastrophe sanitaire" après le retrait d'Israël si leur territoire devait rester isolé de la Cisjordanie, de la Jordanie, de l'Egypte et d'Israël où sont habituellement admis les malades palestiniens. "Je crains une dégradation de la situation sanitaire après le retrait de Gaza du fait du verrouillage israélien. Israël refuse de reconnaître ses obligations de puissance occupante en couvrant les besoins sanitaires de la population et nous ne prévoyons pas le rétablissement de la liberté de circulation à court terme" entre Gaza et l'extérieur, déclare à l'AFP le Dr Majdi Achour, président des Comités de secours palestiniens (ONG). Plus de dix mille patients de Gaza sont transférés tous les ans vers Israël, l'Egypte, la Jordanie ou la Cisjordanie pour y recevoir des soins, précise Dr Achour. Certains souffrent de maladies chroniques, d'autres de cancer, tandis que l'état de santé d'autres nécessite un suivi médical régulier, précise-t-il.

L'ouverture du terminal de Rafah - toujours en discussion entre Israël, l'Egypte et les Palestiniens - ne résoudrait pas le problème, selon lui. "Sur le plan de la santé, nous sommes liés essentiellement avec la Cisjordanie où se trouvent deux grands hôpitaux, dont le seul Centre Hospitalier Universitaire (CHU), dont nous disposons", dit-il. Mona al-Farra, présidente du Croissant rouge palestinien de Gaza, affirme qu'il existe actuellement "des dizaines de patients dont l'état nécessite une radio, une chimiothérapie ou une intervention chirurgicale en cardiologie, neurologie, traumatologie ou ophtalmologie". Or, souligne-t-elle, "il n'existe aucun accord avec Israël permettant le transfert de ces patients hors de Gaza pour des soins et Israël refuse de surcroît de recevoir certains malades dont il estime qu'ils constituent un danger pour sa sécurité". Même si le terminal de Rafah était finalement ouvert, déplacer des malades jusqu'au Caire, à plus de 500 km, ne constitue pas moins un handicap pour les cas d'urgence, qui étaient admis auparavant à Ashkelon, Tel-Aviv ou Jérusalem, ajoute-t-elle. En outre, le système de santé égyptien est "compliqué".
L'évacuation des colonies israéliennes et la levée des obstacles qui entravaient la libre circulation dans l'enclave palestinienne vont faciliter les déplacements dans ce territoire. Mais, ajoutent les responsables de la santé palestiniens, Gaza reste très pauvre en services sanitaires et ses établissements ne sont pas habilités dans ce domaine. Selon un rapport de "Médecins pour les droits de l'Homme", la réhabilitation du secteur sanitaire de Gaza exigerait un investissement compris entre 1,2 à 2,5 milliards de dollars sur dix ans. Aid Yaghi, directeur des Comités de secours médicaux de Gaza, affirme que "la puissance occupante israélienne n'a rien entrepris dans le domaine sanitaire, ce qui explique que le nombre de lits dans les hôpitaux ait été réduit de moitié, soit 1,1 lit pour 1.000 habitants".
Le taux de mortalité infantile est encore très élevé à 24 pour mille et 40% des femmes et des enfants palestiniens souffrent de tension artérielle, selon un rapport du ministère palestinien de la Santé. Les 1,3 million d'habitants de Gaza ne disposent pas d'un seul appareil à résonance magnétique, ni d'un seul scanner. L'enclave a aussi besoin d'hôpitaux spécialisés et d'équipements médicaux, dit Dr Yaghi, qui attribue la "situation alarmante actuelle à l'abscence d'un plan de promotion sanitaire".
L'Autorité palestinienne a entamé dès son installation la construction d'établissements hospitaliers, mais l'Intifada a interrompu cet effort à partir de 2000, relève-t-il. Le nombre de médecins à Gaza a par ailleurs baissé de 13% et celui des infirmiers de 36% entre 1998 et 2004. Le territoire compte un médecin pour 4.000 habitants, contre 4,6 médecins pour 1.000 habitants en Israël, selon lui. Source : AFP, 25 août 2005