Les victimes de Shfaram ne seront pas considérées
comme des victimes du terrorisme
Les familles des 4 Palestiniens assassinés par le soldat isarélien
Eden Natan Zada le 4 août dernier à Shfaram recevront des
indemnités mais ne pourront pas bénéficier de la
loi sur les victimes du terrorisme. C’est ce qu’a décidé
un comité interministériel présidé par un
haut responsable du ministère de la défense. En effet,
cette loi stipule que le ou les auteurs d’un attentat doivent
faire partie des “forces ennemies”, ce qui n’était
évidemment pas le cas du terroriste juif. Il en ira donc de même
pour les victimes de Shfaram que pour celles de Shiloh le 17 août,
où un Israélien juif a abattu 4 palestiniens, où
que pour les 13 Israéliens arabes tués en 2000 par les
forces armées israéliennes. Les familles des victimes
de Shfaram recevront donc une somme versée en une seule fois
et basée sur les indemnités mensuelles versées
aux parents de victimes du terrorisme “reconnu”, qui vont
de 2 100 shekels [=377 €] à 7 200 shekels [= 1 300 $] par
mois.
Source : Haaretz, 30 août 2005
Le patron des services secrets égyptiens
à Gaza
Le tout-puissant patron des services secrets égyptiens, Omar
Suleiman, a rencontré lundi le président palestinien Mahmoud
Abbas pour aborder un des points encore en suspens de l'après-retrait
de Gaza: la libre circulation des Palestiniens et la question des frontières
et de leur franchissement.
Il a vu également les chefs des factions palestiniennes qui lui
ont confirmé que le cessez-le-feu avec Israël restait à
l'ordre du jour.
"Le calme est toujours en vigueur. Nous nous y sommes engagés",
a déclaré le premier ministre Ahmed Qoreï au sortir
de la rencontre avec l'hôte égyptien. "Toutes les
factions se sont engagées". Les chefs des principales d'entre
elles - Hamas, Jihad islamique et Brigades des martyrs d'Al-Aqsa - participaient
à cette réunion avec Omar Suleiman.
Toutefois le chef pour Gaza du Jihad islamique, qui a revendiqué
l'attentat-suicide de dimanche en Israël, s'est réservé
le droit de répliquer à ce qu'il a qualifié de
violations de la trêve. "Ce calme se doit d'être réciproque",
a souligné Nafez Azzam. "Israël ces dernières
semaines, a commis des massacres brutaux contre notre peuple et les
Palestiniens ont le droit de répondre."
Omar Suleiman, un des plus importants conseillers de Hosni Moubarak,
arrive à Gaza au lendemain d'un attentat-suicide à Beersheva,
dans le sud d'Israël, le premier depuis le désengagement
israélien de la Bande de Gaza. C'est sa première visite
à Gaza depuis qu'Abbas est président.
Alors que l'armée israélienne compte avoir bouclé
dans les semaines à venir son départ du territoire, nombre
de questions liées au retrait restent en suspens, surtout concernant
la liberté de mouvement des Palestiniens.
Ceux-ci cherchent l'aide de l'Egypte pour obtenir la levée du
blocus maritime au large des côtes de la Bande de Gaza, des conditions
de circulation aisées de part et d'autre de la frontière
et l'ouverture également de l'espace aérien, les Palestiniens
comptant rebâtir au plus vite leur aéroport, alors que
les Israéliens n'ont pas donné leur feu vert à
sa remise en service.
Ceux-ci veulent être sûrs qu'aucune arme n'entrera sur le
territoire contrôlé par les Palestiniens.
En vertu d'un accord avec le gouvernement israélien, l'Egypte
va déployer 750 hommes en remplacement des soldats israéliens
le long du "couloir de Philadelphie" longeant la frontière.
La Knesset doit donner son feu vert cette semaine à ce déploiement.
Mardi, Omar Suleiman se rendra en Israël pour voir le Premier ministre
Ariel Sharon et son gouvernement. Le ministre de l'Intérieur
Ophir Pines-Paz, doutant que l'Egyptien puisse se mettre d'accord avec
les Palestiniens dès cette visite, estimait qu'aboutir à
un accord sur le contrôle des postes-frontières Gaza/Egypte
et sur la circulation entre Gaza et la Cisjordanie pourrait prendre
plusieurs mois.
Source : AP, 29 août 2005
La libération
de Gaza renouvelle la crédibilité de la résistance
et la pertinence de ses choix
par Muta' Safadi, Al-Quds Al Arabiyy, 22 août 2005. Traduit
de l'arabe par Marcel Charbonnier
Haranguant les colons de la bande de Gaza, Sharon leur
avait déclaré : « Vous savez depuis le début
que la colonisation ne serait que temporaire ».
Alors, pourquoi les autres colonies ne seraient-elles
pas temporaires, elles aussi ? Et pourquoi ne faudrait-il pas les démanteler,
le moment venu ?
Mieux : l'opinion publique israélienne (et autre)
ne se souvient pas encore, pour le moment, qu'Israël lui-même
n'est pas autre chose qu'une grande colonie. Mais cela viendra : cette
giga-colonie ne connaîtra, elle aussi, qu 'une existence temporaire,
aussi longtemps tiendrait-elle. Mais la volonté internationale
se joue de la géographie des pays et des peuples, elle qui a
créé Israël, au moment même où le colonialisme
occidental s'effaçait dans la plupart des pays arabes. Le succédané
de ce colonialisme, dans notre région [de Palestine], fut l'invention
du colonialisme de peuplement, qui ne se contente plus d'armées
étrangères razziant les terres d'autrui, mais invente
de toutes pièces des pays intrus, des pays de peuples qui n'ont
jamais connu d'existence géographique ni a fortiori internationale,
ni dans leur histoire réelle ni même dans leur imagination
légendaire, à l'instar du sionisme inventant l'illusion
d'un foyer national sur le modèle de la terre promise de la religion
juive.
L'événement qu'a représenté
le démantèlement de la colonisation juive de peuplement
de la bande de Gaza, en tant que première manifestation concrète
de ce que signifie l'_expression « présence temporaire
» du peuple pique-assiette, ne manquera pas de replacer au centre
de la controverse réelle la question de la légitimité
ou de la non-légitimité existentielle, ni de poser à
la conscience mondiale, très soucieuse des fondements des droits
de l'homme, la question de la signification - originelle, mais occultée
- de la cause palestinienne, dans ses principes mêmes, sans doute
pour la première fois après que cette cause eut été
enfouie sous des tonnes de définitions frelatées par le
mensonge collectif allié à la déviance politico-juridique
prévalant au plan international - il n'est pas jusqu'aux Arabes
palestiniens qui n'aient oublié (ou fait semblant d'oublier.)
les fondements de cette cause, leurs porte-plume et leurs porte-parole
s' adonnant à des tsunamis d'éloquence creuse et à
l'usage de langues de bois des essences les plus variées.
Sharon - le plus grand symbole du sionisme en marche
des temps modernes - donne lui-même la preuve matérielle
la plus claire de la faiblesse de l' idéologie de la razzia et
de la colonisation de peuplement. Il ne s'agit en l'occurrence que de
pseudo idées, que l'on mobilise afin de faire passer l' artificiel
pour authentique, le temporaire pour définitif et l'envahisseur
pour le nationaliste enraciné. Mais c'est l'envahisseur qui,
à la fin des fins, se voit contraint de reconnaître qu'il
est incapable de conserver indéfiniment son butin.
Malgré tout, Sharon veut suggérer que
cette focalisation sur une région colonisée parmi d'autres
ne vise qu'à renforcer les îlots de colonisation restants
en Cisjordanie et autour de Jérusalem. Autrement dit, sa décision
[de « se désengager de Gaza »] n'annonce en rien
la bonne (ni la mauvaise) nouvelle du début de la fin de l'ère
de la colonisation de peuplement et de sa culture, mais elle est bien
une confirmation, insistante, de son désir de protéger
les fondements du projet sioniste, qui collent à la lettre à
la géographie de la terre promise et comportent donc, nécessairement,
tant la Cisjordanie que Jérusalem. Mais les causes réelles
de la quasi impossibilité (pratique et pour des raisons sécuritaires)
de la poursuite de la colonisation de peuplement dans la bande de Gaza
restent les mêmes en ce qui concerne les colonies de Cisjordanie
et de Jérusalem, qui conserveront la fragilité propre
à tout ce qui est improvisé et temporaire. En effet, le
peuple palestinien, qui refuse l'occupation et qui y résiste,
s'est juré tout au long des décennies successives de faire
en sorte que jamais l' envahisseur ne jouisse indéfiniment de
son viol de ses terres. C'est ici par conséquent qu'appert l'importance
fondamentale de ce que signifie le couple des contraires « légitimité
/ non-légitimité ». Le problème, en effet,
a toujours excédé toutes les formulations juridiques en
cours pour finir par atteindre les profondeurs des significations humaines
de concepts tels l' arbitraire, la persécution, l'aliénation
et la tyrannie, et ce qui peut leur correspondre dans des concepts antagonistes,
comme la justice, le droit, l' égalité et la liberté,
en fait de capacité à apporter la démonstration
de leur maîtrise exclusive de la culture de la vérité
et de son patrimoine. Lorsque le tyran rouleur de mécaniques
est contraint à concéder une partie de ses exactions afin
de renforcer sa capacité à conserver et à alimenter
ses autres exactions dont il estime que ce sont bien elles qui incarnent
sa légitimité historique, il ne fait qu'apporter la pire
eau matérielle et imparable au moulin de son illégitimité
à réaliser pour lui-même l'entièreté
de son projet mythique de colonisation de peuplement jusqu'au bout,
du point de vue de sa valeur humaine et morale, c'est-à-dire
à l'illégitimité existentielle de ce qui est censé
incarner le fondement de la loi, et même de toute loi inventée
par les différentes civilisations humaines.
Ce type de débat, hélas désormais
très improbable dans la littérature du discours relatif
au conflit arabo-israélien, et pas seulement dans les attendus
de la conscience palestinienne résistante elle-même, est
ce qui nous incite à revenir, aujourd'hui, au cour de l'intérêt
critique pour l' évacuation des colonies de la bande de Gaza.
Si Sharon, pionnier et démiurge de la vague colonisatrice de
l'après-guerre de 1967, attend de ce premier pas qu'il a esquissé
qu'il rende quelque considération perdue à sa frêle
personne, notamment aux yeux de la communauté internationale,
et qu'il lui permette de se présenter à elle en homme
de paix, alors que la tunique du tueur lui colle à la peau, en
particulier dans la presse européenne, il parvient, par ailleurs,
à rassurer les dirigeants sionistes tant en-dehors d 'Israël
qu'en Israël même qu'il ne fait que renouveler la légitimité
de l' entité originelle d'Israël - celle d'un état
s'efforçant de s'entendre avec ses « ennemis » et,
que par conséquent, à l'avenir, toute résistance
palestinienne (et il est évident qu'elle ne pourra que reprendre
son combat quand les sionistes refuseront de poursuivre le démantèlement
des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem et temporiseront
leur retrait militaire des villes palestiniennes occupées, autant
qu'ils le pourront), pourra, pensent Sharon et ses émules, a
fortiori être accusée de terrorisme et coupée de
toute sympathie de ces larges couches de la société civile
internationale qui ont apporté la démonstration de l'efficacité
de leurs pressions morales sur leurs gouvernements respectifs, en particulier
en Europe, où elles ont exigé une plus grande intervention
de l'Union européenne et la fin des massacres sionistes.
Ce qui signifie que, si Israël accepte de perdre
sans doute un peu, c'est afin de gagner beaucoup. Il peut « sacrifier
» Gaza en vue de remporter la plus grande partie de la Cisjordanie
et de parachever la judaïsation de Jérusalem. Ce genre de
marchandage, Sharon est capable de le risquer, comme s'il avait entièrement
confiance à l'avance quant à la fin de la partie. C' est
pourquoi il a semblé assumer toutes les formes prises par l'offensive,
la ridiculisation et les humiliations reçues de la part de la
société des colons et, derrière eux, des partis
religieux extrémistes. Mais les Palestiniens submergés
par la joie, la joie de remporter - enfin - leur première victoire,
comprennent bien, dans leurs diverses composantes et factions, que le
véritable, le grand combat, est pour demain et que la libération
de Gaza n'a été que les prolégomènes d'un
combat plus large, et ils ont plus que jamais besoin de mobiliser leurs
capacités très variées, en commençant par
renforcer leur unité nationale et de combat. En effet, la division,
sous ses différentes formes, représente le piège
le plus dangereux qui les attende au tournant depuis le jour même
où les sionistes se sont retirés de la bande de Gaza.
Le premier danger de ce piège, c'est la querelle de précellence
quant à la question de savoir qui gouvernera Gaza ; la libération
donnera-t-elle lieu à un combat [fratricide] entre le «
Fath » et le « Hamas » ou bien à la rencontre
des sages autour d'une table vraiment ronde, où tous les partenaires
sont véritablement égaux parce qu'ils partagent les mêmes
valeurs nationales et une adhésion commune aux valeurs nationales
et la même adhésion aux objectifs de la libération,
ainsi qu'à l' efficacité pratique dans les différents
secteurs de la vie quotidienne de leur peuple héroïque.
Si Sharon parvient à tromper son peuple en lui
faisant croire qu'il acquiert plus de force en se débarrassant
du fardeau de l'occupation stérile de Gaza, les Palestiniens
ont d'autant plus le droit de déduire de leur victoire éclatante
les plus hautes capacités humaines à faire fructifier
ce « petit retrait » afin d'obtenir le « grand retrait
», le retrait complet de tout leur territoire national. Si Sharon
prétend retirer d'une défaite une force de défense
accrue pour défendre son occupation aveugle, comment la victoire
palestinienne, arabe et humaine, pourrait-elle ne pas représenter
une source abondante permettant d'enraciner la crédibilité
de la résistance et du défi, ainsi que la légitimité
supérieure de la résistance, en ceci qu'elle représente
l'unique voie conduisant à cette victoire légitime, avec
toutes ses dimensions nationales et universelles ? En effet, la légitimité
appartient aujourd'hui à la lutte palestinienne dans ses aspects
et ses significations les plus évidents. Personne ne peut remettre
en doute cette légitimité éclatante, comme ceux
qui, par exemple, parlent de la vanité de la résistance
et de son incapacité à produire autre chose que la destruction
et des catastrophes accrues pour la population. Il n'est pas de sacrifice
palestinien sincère qui ait été vain. Voici que
l'occupation s'autodétruit. Voici que la colonisation de peuplement
laisse voir qu'elle n'est qu'une tentative de faire gober avec plus
ou moins de succès sa puissance d' agression et d'oppression
: en réalité, il ne s'agit ni plus ni moins que d' une
occupation militaire, affublée d'oripeaux civils. Le colon n'est
qu'un militaire déguisé en civil, qui a acquis une nouvelle
qualité : il est devenu un soldat usurpateur et un voleur patenté.
Le voleur, à la fin, a été contraint à laisser
son butin, non qu'il eût reconnu sa faute, non pas avec l'intention
sincère de la réparer, comme aime à s'en vanter
Sharon, mais poussé par cette sorte d'effronterie renversée,
mâtinée de mensonge tant envers soi-même qu'envers
autrui que représente cette nécessité de jouer
la défaite ouverte retentissante, devant le monde entier, et
qui ne parviendra pas à diffuser une propagande faussement victorieuse
à base de valeurs de pardon, d'entraide, de désir de réconciliation
avec l'ennemi, comme les trompettes sionistes le répètent
ad nauseam en Europe. Sharon ne parviendra pas à dissimuler la
défaite du tyran, pour reprendre la définition que donne
de lui la conscience des gens.
Au total, le nouveau combat n'en est qu'à ses
prémisses. Les données en seront peut-être complètement
différentes, après le retrait, saucissonné, de
la bande de Gaza, de ce qu'elles étaient avant ce retrait.
Ce qui importe, c'est que, tant au niveau du sens que
de la réalité, le combat des justes ne sera jamais vain.
Une délégation
européenne exhorte l'Union européenne et les pays membres
de l'UE à demander des comptes à Israël
Communiqué de presse, 28 août 2005. Traduit de
l'anglais par Marcel Charbonnier
Jérusalem - Entre les 22 et 28 août, une
délégation européenne composée d' anciens
ministres de Hollande, d'Irlande et d'Allemagne, ainsi qu'un ancien
ambassadeur de France ont effectué une visite d'étude
en Israël et en Palestine (lire : dans les territoires palestiniens
occupés). Cette délégation comportait également
cinq représentants de la société civile européenne.
Elle était conduite par le professeur Andreas van Agt, Premier
ministre néerlandais de 1977 à 1982.
Après cinq jours passés en Israël
et Palestine et des rencontre avec de nombreux représentants
de la société civile des deux côtés, ainsi
qu'avec plusieurs parlementaires, la Délégation exhorte
l'Union européenne, les représentants officiels et les
institutions des pays membres concernés par Israël et la
Palestine, en particulier leurs propres gouvernements de ses membres,
à agir d'une manière déterminée et à
tenir Israël redevable de ses violations perpétuelles du
droit international.
Cette visite est intervenue peu de temps après
le désengagement israélien de la bande de Gaza. Elle a
entamé son voyage à ce moment crucial, afin d'être
témoin et d'estimer de première main ces faits qui continuent
à menacer la perspective d'une paix juste et qui ne sont pas
pris en considération de manière suffisamment sérieuse
par la communauté internationale.
Le désengagement israélien de Gaza a
soulevé certains espoirs, chez beaucoup de gens, de voir la paix
désormais à portée de main. A la lumière
des faits dont elle a été témoin sur le terrain,
la Délégation regrette d'avoir à signaler que cet
espoir est infondé.
La Délégation voit dans l'occupation
ainsi que dans d'autres politiques du gouvernement israélien
qui sont illégales et qui cause beaucoup de souffrances aux Palestiniens,
la cause première du blocage actuel et du manque de progrès
vers l'obtention d'une paix négociée, juste et durable,
en conformité avec le droit humanitaire international et la législation
des droits de l'homme international applicables pour la résolution
de ce conflit.
La Délégation est parvenue à la
conclusion qu'à la lumière de l'entêtement israélien
à mener ces politiques, et de leur impact hautement destructeur
pour la situation sur le terrain, une fin du conflit israélo-palestinien
dépend d'une intervention internationale plus déterminée,
afin d'exiger des comptes d'Israël et de lui imposer le respect
du droit international.
La Délégation déplore le fait
que la communauté internationale n'a pas, à ce jour, mis
un terme à ces politiques détestables des gouvernements
israéliens successifs, entretenant du même fait une situation
de non-droit et d' impunité en Palestine.
La Délégation exhorte de manière
pressante l'Union européenne et ses pays membres à prendre
des mesures immédiates afin de tenir Israël comptable de
ses violations continues du droit international, contribuant ainsi à
la réunion des conditions préalables à une paix
juste et durable en Israël et en Palestine.
L'appel de la Délégation (voir ci-après)
est signé par les membres soussignés :
Prof. Andreas van Agt, Chef de la Délégation
(Premier ministre néerlandais, 1977-1982) Mr. Michael D. Higgins
(Ministre de la Culture d'Irlande, 1993-1997, et membre actuel de la
Commission Parlementaire irlandaise des Affaires étrangères)
Dr. Norbert Blüm (Ministre (allemand) du Travail et des Affaires
sociales, 1982-1998) Mr. Lucien Champenois (Ministre plénipotentiaire
à la retraite, France) Dr. Rupert Neudeck (Président de
l'association des Casques Verts, Allemagne) Dr. Hajo G. Meyer (Membre
du bureau de l'association Une Autre Voix Juive et du Forum pour la
Justice et la Paix - Hollande) Ms. Chris Tilanus (Hollande) Mr. Ben
Smoes (Président du « Forum International pour la Justice
et la Paix », Hollande) Mr. Jan van der Kolk (Ancien membre du
Conseil des Bonnes volontés, Board of Trustees, organisation
ocuménique pour la coopération et le développement,
Hollande)
Pour plus d'information et des rencontres avec les
membres de la Délégation hollandaise, contacter Martin
Siepermann au numéro +31-6-18396867 On trouve une connexion téléphonique
par internet avec la Délégation sur le site http://www.euromission.blogspot.com
Annexe Déclaration d'une Délégation
européenne en Israël et en Palestine
Du 22 au 28 août 2005, une Délégation
européenne composée d'anciens ministres de Hollande, d'Irlande
et d'Allemagne et d'un diplomate de haut rang français ont effectué
un voyage d'étude en Israël et en Palestine (c' est-à-dire
dans les territoires palestiniens occupés). La Délégation
comportait également cinq représentants de la société
civile européenne. Elle était conduite par le professeur
Andreas van Agt, Premier ministre néerlandais de 1977 à
1982.
Cette visite est intervenue peu après le désengagement
israélien de la bande de Gaza. La Délégation a
entamé son voyage en ce moment critique, afin de constater et
d'évaluer de première mains des faits qui continuent à
menacer la prospective d'une paix juste, faits qui ne sont pas pris
en compte de la manière décisive dont ils devraient l'être
par la communauté internationale.
La Délégation est allée en Israël
et en Palestine afin de collecter ces faits. Ses membres souhaitent
porter ces faits à l'attention des médias internationaux
ainsi que des représentants et aux exécutifs politiques
des pays dont ils sont originaires.
Les faits, tels que la Délégation
les a observés :
Dans la région de Jérusalem, la Délégation
a été témoin de l'expansion des colonies, qui continue
actuellement. Elle a visité une colonie à l'est de Jérusalem,
appelée Ma'ale Adumim. Cette colonie, abritant 30 000 colons,
et s'enfonçant de quatorze kilomètres à l'intérieur
du territoire palestinien occupé, fait partie d'une chaîne
de colonies, qui a pour effet de couper Jérusalem Est occupé
du reste de la Cisjordanie.
La Délégation a vu également le
Mur, à l'intérieur et autour de Jérusalem Est,
par exemple, à Abu Dis, ainsi que dans la région de Bethléem.
Dans ces régions, ainsi que dans d'autres régions de Cisjordanie,
le Mur gêne la vie quotidienne de centaines de milliers de Palestiniens,
en coupant des quartiers palestiniens, en isolant des Palestiniens de
leurs services de première nécessité et en constituant
une annexion de facto de vastes étendues de terres.
Tant que toutes les colonies, les plus de 400 000 colons
et le Mur, en Cisjordanie, n'auront pas été dégagés,
l'établissement d'un Etat palestinien indépendant, souverain
et viable (économiquement) demeurera impossible.
A Hébron, la Délégation a constaté
l'emprisonnement de fait de 150 000 Palestiniens à l'intérieur
de leur propre cité, et leur subordination totale aux intérêts
de quelques centaines de colons israéliens, installés
illégalement au centre-ville.
Durant un court moment, la Délégation
a ressenti l'humiliation à laquelle les habitants de la Vieille
ville d'Hébron doivent s'attendre à tout moment, chaque
jour. Dans une rue, protégée par un filet tendu entre
les maisons, plusieurs objets, dont des ordures, se trouvaient en suspension.
Dans un endroit dépourvu de filet, une bouteille en verre a été
jetée sur des Palestiniens et des membres de la Délégation
d'une manière visant délibérément à
provoquer des blessures graves.
La Délégation a été témoin,
à plusieurs égards, des traits plus généraux
des difficultés que l'encerclement par Israël de l'économie
locale cause aux Palestiniens dans leur vie quotidienne. Ainsi, par
exemple, ce sont près de 2 500 entreprises palestiniennes qui
ont dû cesser leurs activités par ordre de l'armée
israélienne.
Quelques jours seulement après le déménagement
des colons, la Délégation a visité la bande de
Gaza. En entrant sur ce territoire, au point de passage d 'Erez, la
Délégation a fait l'expérience des procédures
oppressives, de l' infrastructure déshumanisante et de l'humiliation
que rencontrent les Palestiniens à chacun de leur passage, dans
un sens ou dans l'autre.
La Délégation en a conclu que l'occupation
de la bande de Gaza est loin d' être terminée, étant
donné qu'Israël continue à exercer un contrôle
sur les aspects vitaux de la vie des Gaziotes. Toutes les frontières
extérieures, y compris l'espace aérien et l'espace maritime,
demeurent sous le contrôle d' Israël, si bien que les Gaziotes
continuent à être coupés du monde. L'armée
israélienne doit rester dans certaines parties de la bande de
Gaza, pour des périodes non rendues publiques.
La Délégation a constaté une partie
des destructions extrêmement étendues que trente-huit années
d'occupation militaire ont infligées aux vies et aux biens de
plus d'un million de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza. Près
des deux tiers de la population de cette région sont sans emploi
et vivent en dessous du niveau de pauvreté. Ces conditions représentent
un véritable défi, et elles représentent une menace
continuelle pour leur dignité d'hommes.
Grâce à l'aide de l'UNRWA, la Délégation
a visité le camp de réfugiés de Jabalia, dans la
bande de Gaza, où 106 000 personnes vivent sur 1,3 kilomètres
carrés. Là, la misère est indescriptible, entre
autres choses en raison du manque d'eau et d'accès à l'éducation
et aux soins médicaux. La délégation a conclu que
le bien-être de ces réfugiés, ainsi que celui des
autres réfugiés de la bande de Gaza, au nombre de 900
000 au total, est très menacé, à la suite du désengagement
israélien.
Dans beaucoup d'endroits, en Cisjordanie, la Délégation
a rencontré des obstacles physiques, tels les checkpoints et
les barrages routiers mis en place par l'armée israélienne,
qui enfreignent illégalement la liberté de déplacement
des Palestiniens et portent gravement atteinte à leurs revenus
et à leur économie.
La Délégation a par ailleurs pu converser
avec des acteurs clés sur le terrain, des deux côtés.
Des réunions ont été tenues avec des représentants
des sociétés civiles tant israélienne que palestinienne,
ainsi qu'avec des parlementaires. Des réunions à haut
niveau ont été sollicités auprès des deux
côtés, tant israélien que palestinien. La partie
palestinienne a répondu favorablement à nos demandes,
en organisant une rencontre avec le Premier ministre, M. Ahmed Qurei.
Toutes ces rencontres ont renforcé la grave
préoccupation des membres de la Délégation, pour
qui les menaces actuelles pesant sur les perspectives de paix ne sauraient
être sous-estimées.
Conclusion:
- Le désengagement israélien de la bande
de Gaza a soulevé des espoirs, chez beaucoup de personnes, que
la paix serait désormais à portée de main. A la
lumière des faits ci-dessus et d'autres, qu'elle a constatés
sur le terrain, la Délégation est au regret d'avoir à
indiquer que ces espoirs ne sont pas fondés. Le déménagement
des colons de Gaza ne constitue en rien un véritable retrait
au sens véritable de ce terme.
- La Délégation reconnaît le besoin
de démocratisation et de renforcer l' état de droit du
côté palestinien ainsi que le respect des droits de l'homme
par l'Autorité palestinienne. Elle reconnaît et réaffirme
le droit d'Israël à l'existence ainsi que son droit à
la sécurité. Elle condamne toute action prenant des civils
pour cibles. La Délégation condamne fermement les attentats
suicides perpétrés par des actants palestiniens non-gouvernementaux.
Cette opinion a été partagée par toutes les personnes
qu'il a été donné à notre Délégation
de rencontrer.
- Elle s'oppose fermement à l'entêtement
du gouvernement israélien à mener des politiques, en particulier
en matière de colonisation, qui sont illégales et causent
d'immenses souffrances aux Palestiniens et, ce, quotidiennement. La
Délégation est d'avis que la continuation de l' occupation
et ces politiques (israéliennes) sont la cause première
du blocage actuel et du manque de progrès vers une paix négociée,
juste et durable, conforme au droit humanitaire international et à
la législation des droits de l'homme.
- A ce jour, la communauté internationale n'a
pas réussi à mettre un terme à ces politiques du
gouvernement israélien, qui entretiennent une situation de non-droit
et d'impunité en Palestine. Ce fait a conduit la Délégation
à se concentrer sur un appel à passer à l'action,
dans les domaines où elle ressent un besoin particulier de changement.
- La Délégation parvient à la
conclusion qu'à la lumière de la persistance israélienne
dans les politiques susmentionnées, et de l'impact de ces politiques
sur la situation sur le terrain, une fin du conflit israélo-palestinien
est conditionnée en tout premier lieu à une intervention
internationale plus déterminée ayant pour finalité
d'établir les responsabilités d'Israël et d'imposer
dans les faits que cet Etat obéisse au droit international.
- Une intervention éventuelle devrait être
planifiée en conformité avec les règles et les
principes pertinents du droit international, tel, notamment, qu'édictés
par la décision prise en juillet 2004 par la Cour Internationale
de Justice, au sujet du Mur. Afin de faire avancer la justice et la
paix, une telle intervention, entre autre de l'Union européenne,
doit continuer jusqu'à ce qu'Israël se conforme totalement
au droit international.
Notre appel
Préambule
(a) La Délégation conclut que le «
dialogue constructif » entre l'Union européenne et Israël
n'a apporté aucun résultat tangible en matière
d' imposition d'une fin à certaines politiques des gouvernements
israéliens successifs, politiques qui ont causé et continuent
à causer beaucoup de souffrances et à faire obstacle à
la paix.
(b) Elle regrette que son propre gouvernement, ainsi
que les autres gouvernements européens, ainsi que les institutions
européennes, aient choisi de ne pas exercer de telles pressions
effectives sur Israël, alors qu 'elles l'inciteraient à
se conformer au droit international.
(c) Elle déplore le fait que le Plan d'Action
récemment signé par l'Union européenne et Israël
n'incluent pas d'ateliers non négociables, effectifs et opérationnels,
d'évaluation des standards en matière de droits de l'homme
auxquels Israël devrait se conformer avant de bénéficier
de donations accrues ;
(d) En particulier, la Délégation regrette
le fait que le Mur illégal d' Israël, ainsi que les violations
des droits de l'homme qu'il entraîne, ne sont pas mentionnés
dans le Plan d'Action et qu'un groupe de travail spécial sur
la question des droits de l'homme n'ait pas été créé.
(e) La Délégation prennent bonne note
de l'appel de cent six organisations représentant les réfugiés
palestiniens, les Palestiniens vivant en Cisjordanie et dans la bande
de Gaza, ainsi que les Palestiniens citoyens israéliens, à
recourir au boycott, au désinvestissement et aux sanctions envers
Israël, jusqu'à ce qu'il applique le droit international.
(f) Elle salue les actions d'acteurs de la société
civile, telle l' initiative de désinvestissement l'Eglise presbytérienne
américaine et d' autres églises, visant à s'assurer
qu'elles ne contribuent en aucune manière au soutien de l'occupation
de la terre de Palestine occupée.
De là, la Délégation décide
de publier l'appel ci-après.
La Délégation exhorte l'Union européenne
et les responsables et les institutions des Etats membres de l'UE ayant
affaire à Israël et la Palestine, en particulier avec les
gouvernements des deux côtés, à :
1) Continuer à confirmer l'applicabilité
et l'exigence d'imposition des règles et principes ad hoc du
droit international, en tant que guides pour tout effort vers la paix
en Israël et en Palestine, en particulier, au sein du Quartert
;
2) Convoquer une conférence de paix internationale,
en soutien à la feuille de route, qui pourrait se réunir
très rapidement, en conformité au droit international
en vigueur ;
3) Rappeler à Israël, à la suite
du déménagement de ses colons, ses responsabilités
qui n'ont pas cessé en tant que puissance occupante de la bande
de Gaza (en conformité avec la quatrième Convention de
Genève) ; et exercer des pressions sur Israël afin de redonner
la liberté de mouvement aux marchandises et aux personnes palestiniennes,
dans la bande de Gaza, ainsi que pour y entrer et en sortir, notamment
par air et par mer, ainsi qu 'obtenir un corridor de liaison, gratuit
et librement accessible, entre la bande de Gaza et la Cisjordanie ;
4) Demander à Israël de remplir leurs obligations
telles qu'énoncées par le délibéré
rendu par la Cour Internationale de Justice sur le Mur et contraindre
Israël à arrêter immédiatement la construction
de ce Mur en territoire occupé, ainsi qu'à démolir
les parties qui ont déjà été érigées
; enfin demander de manière urgente au Conseil de Sécurité
de l'Onu de prendre des mesures immédiates, fondées sur
la résolution de l'assemblée générale de
l'Onu ES-10/15 visant à imposer cette mise en conformité
;
5) Suspendre toute forme de coopération militaire
avec Israël qui pourrait contribuer à l'élimination
de Palestiniens ou à la faciliter, et appliquer sans délai
le Code de bonne conduite de l'Union européenne en matière
de ventes d'armes au transit d'équipement militaire à
destination d'Israël via les ports et aéroports des pays
membres, ainsi que l'exportation de ce type d'équipements vers
Israël ;
6) Contraindre Israël à mettre un terme
à son activité de colonisation en Cisjordanie, y compris
Jérusalem Est, et à exclure les entreprises installées
dans des colonies de toute transaction commerciale avec des pays membres
de l'Union européenne ;
7) Soutenir activement l'état de droit et la
démocratisation du côté palestinien et promouvoir
le respect des droits de l'homme par l'Autorité palestinienne
;
8) Contribuer à la création d'un groupe
de travail spécial et à un mécanisme de monitoring
du comportement d'Israël en matière de respect des droits
de l 'Homme ;
9) Contribuer au développement, à la
détermination et à la mise en ouvre de tests concrets,
dont Israël devra atteindre les critères avant de pouvoir
bénéficier de subventions, et s'abstenir d'accorder des
privilèges à Israël tant qu'il ne satisfera pas à
ces critères de référence ainsi qu'à ses
obligations légales internationales ;
10) Indiquer leur claire intention d'activer les clauses
relatives aux droits de l'Homme dans l'Accord d'Agrément entre
l'Union européenne et Israël et suspendre cet Agrément,
si Israël ne satisfait pas aux critères requis ainsi qu'à
ses obligations, en temps opportun ;
La Délégation exhorte l'Union européenne
et les pays membres à prendre ces mesures, ainsi que les mesures
afférentes, sans délai, dans l'intérêt de
la justice et de la paix en Israël et en Palestine.
Jérusalem, le 28 août 2005
Les signataires
Anciens ministres et ambassadeurs
Prof. Andreas van Agt, chef de la Délégation
Premier ministre néerlandais, 1977-1982
Mr. Michael D. Higgins
Ministre irlandais de la Culture, 1993-1997, membre de la Commission
parlementaire irlandaise des Affaires Etrangères
Dr. Norbert Blüm
Ministre allemand du Travail et des Affaires sociales, 1982-1998
Mr. Lucien Champenois
Ministre plénipotentiaire, France
Représentants de la société civile au sens large
:
Dr. Rupert Neudeck
Président des Casques Verts (Allemagne)
Dr. Hajo G. Meyer
Membre du conseil d'Une Autre Voix Juive, et membre du bureau du Forum
International pour la Justice et pour la Paix, Hollande
Mme Chris Tilanus
(Hollande)
Mr. Ben Smoes
Président du Forum International pour la Justice et pour la Paix
(Hollande)
Mr. Jan van der Kolk
Ancien membre du bureau des Bonnes volontés de l'Organisation
ocuménique
pour la coopération et le développement (Hollande)
À
l'ombre du retrait de Gaza, la colonisation bat son plein en Cisjordanie
Le retrait de Gaza à peine achevé, la violence et la colonisation
ont repris en Cisjordanie. Jeudi 25 août, les autorités
israéliennes ont annoncé leur intention de bâtir
le quartier général de la police à côté
de la colonie de Maalé Adoumim, la plus grande de Cisjordanie.
L'objectif officiel est de relier Maalé Adoumim aux quartiers
des colons de Jérusalem-Est ; mais selon des responsables de
l'État hébreu, cet élargissement va surtout permettre
de créer une base arrière stratégique pour le flanc
oriental de Jérusalem, afin de prévenir les « infiltrations
de terroristes ».
Israël a donc annoncé son intention de bâtir le quartier
général de la police pour la Cisjordanie près de
la colonie de Maalé Adoumim. L'objectif officiel est de relier
Maalé Adoumim aux quartiers de colonisation israéliens
de Jérusalem-Est, occupée et annexée depuis 1967,
dont cette implantation urbaine est distante d'une dizaine de kilomètres.
Selon les responsables israéliens, l'agrandissement de Maalé
Adoumim va permettre de créer un arrière stratégique
pour le flanc oriental de Jérusalem afin de prévenir les
« infiltrations de terroristes, ce qui n'empêchera pas les
Palestiniens de bénéficier d'une continuité territoriale
pour leur futur État grâce à la construction d'une
route reliant Bethléem à Ramallah qui contournera Maalé
Adoumim », assure l'un d'eux. Pour réaliser ce projet,
les autorités israéliennes ont ordonné la confiscation
de 120 hectares de terres palestiniennes afin d'ériger une barrière
autour de Maalé Adoumim. Le Premier ministre palestinien Ahmed
Qoreï a réagi à l'annonce de la construction du QG
policier en qualifiant le plan d'Israël de « très
dangereux ». Le chef négociateur palestinien Saëb
Erakat a également dénoncé le projet israélien.
Même si les autorités israéliennes affirment qu'il
ne s'agit pas de la construction de logements, « je pense que
chacun comprend que Maalé Adoumim fera partie d'Israël dans
le cadre du statut final », a affirmé à ce propos
le porte-parole du ministère des Affaires étrangères,
Mark Regev.
Source : l'Orient-Le Jour, 26 août 2005
«
Je continue à être prisonnier dans la prison qu'est Israël
» : interview de Mordechaï Vanunu
par Kristoffer Larsson, imemc.org, 25 août 2005. original : http://www.imemc.org/index.php?option=com_content&task=view&id=13517&Itemid=1
. Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
[Tandis que l'Iran est soumis
à un ensemble de pressions visant à le faire suspendre
son programme d'armement nucléaire, la détention par Israël
de ce type d'armes ne retient pratiquement l'attention de personne.
Au risque de sa liberté, Mordechai Vanunu a ressenti l'impérieuse
obligation de révéler qu'Israël possédait
des bombes nucléaires, voici une vingtaine d'années. Cela
lui a valu d'être enlevé, en Italie, par des agents du
Mossad, emmené en Israël et condamné à dix-huit
années d'emprisonnement, au motif d'espionnage et de trahison.
Tommy Lapid, ancien ministre israélien de la Justice, chef du
parti centriste laïc Shinui, voulait qu'il soit pendu haut et court.
Le 21 avril 2004, il a été
élargi après plus de 6 500 jours en prison. Mais
il n'est toujours pas libre. Depuis son élargissement, il a été
ré-arrêté à deux reprises par l'armée
israélienne et, plus grave, il ne peut quitter ce qu'il considère
être « la prison appelée Israël ».
Le correspondant d'IMEMC, Kristoffer
Larrson, a interviewé Vanunu à propos de ses hauts faits
et de ses espoirs pour l'avenir.]
Kristoffer Larson [KL] : Avant toute chose : merci beaucoup de nous
consacrer du temps et de nous accorder cette interview !
Mordechai Vanunu [MV] hoche la tête timidement.
KL : Commençons par le début. Vous êtes
né au Maroc en 1954. Pourquoi votre famille a-t-elle émigré
en Israël ?
MV : Ma famille a émigré en Israël,
comme la plupart des juifs marocains, en 1963.
KL : Le judaïsme a-t-il tenu une grande place,
dans votre vie ?
MV : Oh, bien sûr : je suis né dans une
famille juive très pratiquante, et j'ai été envoyé
à l'école juive. Mais, très jeune, j'ai commencé
à rejeter et à critiquer le judaïsme.
KL : Pouvez-vous nous dire quelques mots au sujet de
votre enfance ?
MV : A cette époque, j'ai vécu à
Beer Sheva, une ville très pauvre, dans un pauvre quartier de
juifs venus du Maroc. Notre vie était très modeste, nous
n'avions pas grand-chose à faire. Je jouais au foot, avec les
enfants du voisinage.
KL : Vous aviez des frères ou des s¦urs
?
MV : Je suis d'une famille nombreuses : nous sommes
onze frères et s¦urs, je suis le second. J'aidais mon
père et ma mère à élever tous ces enfants.
J'étais très bon élève, en ces années-là.
A dix-huit ans, au lycée, j'étais pensionnaire.
KL : Quelles études avez-vous faites ensuite,
à l'université ?
MV : J'ai effectué trois années dans
l'armée. Mon job consistait à entraîner les nouvelles
recrues. Ce n'était pas une activité militaire : je ne
faisais qu'entraîner les soldats. C'était près [de
la colonie de] Gush Etzyon, à Bethléem. Après,
je suis entré à l'université. J'ai fini ma licence,
et j'ai étudié la physique, durant un an. Après
ça, j'ai arrêté mes études, et j'ai travaillé
au centre nucléaire de Dimona, pendant neuf ans. Durant cette
période, j'ai étudié parallèlement la philosophie
et la géographie, à l'université.
KL : Quelles étaient vos fonctions, dans le
centre de recherches de Dimona ?
MV : J'ai fait tout simplement acte de candidature
parce qu'ils avaient publié une publicité dans un journal
: on demandait des jeunes, pour travailler au centre nucléaire
de Dimona. Alors j'ai suivi les indications du journal, et je suis allé
à un bureau de recrutement à Beer Sheva. Ils m'ont donné
rendez-vous, m'ont fait remplir des formulaires. Et voilàŠ
KL : Que saviez-vous sur Dimona, à l'époque
?
MV : Je savais qu'ils étaient sans doute engagés
dans un programme d'armement nucléaire, mais rien de plus. Ils
écrivaient de temps à autre, dans les journaux, qu'ils
avaient « peut-être » l'arme atomique, mais c'était
toutŠ
KL : Certains de vos collègues savaient-ils
qu'Israël disposait d'armes nucléaires ?
MV : Vous voulez dire : ceux qui travaillaient au centre
de Dimona ?
KL : Oui.
MV: Au poste où je travaillais, dans ce bâtiment-là,
ils le savaient, bien entendu. Parce qu'ils produisaient le matériau
indispensable aux armes nucléaires : le plutonium. Aussi quiconque
avait le minimum d'information à ce sujet savait bien que le
plutonium ne sert qu'à fabriquer la bombe atomique. Et aussi,
cet endroit est extrêmement secret, ce qui signifie qu'il doit
bien être impliqué dans la production de quelque arme particulière.
Ainsi, les gens qui travaillent là savent pertinemment qu'ils
produisent des armes atomiques, même s'ils ne les voient pas.
Mais qu'ils produisent des armes, oui, cela : ils le savent.
KL : En quoi votre travail consistait-il ?
MV : Les premières années, mon travail
consistait à produire du plutonium, à séparer le
plutonium de matériaux radioactifs, dont l'uranium, et de transférer
l'uranium à la station électronucléaire adjacente.
Aussi, mon travail, jour après jour, consistait à produire
du plutonium, et nous savions très précisément
quelle quantité était produite.
KL: A partir de quand avez-vous commencé à
vous poser des questions sur la politique du gouvernement israélien
en la matière ?
MV : Je pense que dès le début, j'étais
enclin à critiquer, à me poser des questions. Je voulais
savoir ce qu'ils étaient en train de fabriquer là. Et
je savais que c'était du plutonium que nous étions en
train de produire, aussi je savais combien d'armes nucléaires
ils pouvaient détenir. Et en même temps, ils mentaient
au peuple israélien et au monde au sujet des armes nucléaires
qu'ils possédaient. Aussi, sans doute me suis-je mis à
critiquer ce système dès que j'ai pris conscience du nombre
d'armes nucléaires qu'ils étaient en train de produire,
et aussi que je participais à ce mensonge, à cette duperie.
KL: Quand avez-vous commencé à envisager
de révéler cela au monde entier ?
MV : Plus tard, j'ai commencé à être
engagé politiquement, à l'université : je soutenais
les Palestiniens. J'ai aussi commencé à critiquer Israël
quand ils ont envahi le Liban, en 1982. J'avais même sans doute,
à la réflexion, commencé à prendre mes distances
quand Israël a bombardé le réacteur atomique irakien,
en 1981. Je travaillais dans ce centre nucléaire, et j'ai assisté
à ça : d'un côté ils bombardaient un centre
nucléaire [civil, ndt] en Irak, et en même temps, ici,
ils trompaient le mondeŠ Alors j'ai décidé qu'un
jour je partirais et que je révèlerais tout, peut-être
trois ou quatre ans avant de quitter effectivement Dimona. Mais je n'avais
pas de plan précis : je pensais, simplement, qu'un jour je partirais.
Et que je parlerais.
KL : Pensez-vous qu'un (ou des) collègue(s),
à Dimona, pouvai(en)t avoir la même idée, de tout
révéler ?
MV : Non. La plupart sont des juifs sionistes pur sucre
et ils croient en ce que dit le gouvernement israélien. Il y
a peut-être des gens qui ne sont pas d'accord, mais ils ne disent
rien. Alors faire quelque chose : non, ils n'y sont absolument pas préparésŠ
KL : C'est à cause de ça, que vous avez
quitté Israël ?
MV : Après ma démission, j'ai décidé
d'aller aux Etats-Unis. Mais je suis allé, en réalité,
en Extrême-Orient : en Thaïlande et au Népal. J'ai
voyagé dans les montagnes de l'Himalaya : je marchais, je faisais
du trekking. Et puis je suis allé à Bangkok, à
Singapour, en Australie. C'est d'ailleurs à Sidney que j'ai reçu
le baptême.
KL : Qu'est-ce qui vous a amené à vous
convertir au christianisme ?
MV : Comme je vous l'ai dit, à l'âge de
seize ans, j'ai commencé à porter un regard critique sur
le judaïsme, et j'ai décidé de quitter cette foi
juive. Ainsi, entre seize et trente ans, j'ai grandi, j'ai critiqué,
je me suis posé des questions, j'ai rejeté ce qu'on m'avait
inculqué, jusqu'à me retrouver, enfin, libre. J'ai pris
la décision de ne jamais revenir en Israël. Je voulais entamer
une nouvelle existence. Alors, j'ai décidé, aussi, de
me faire baptiser.
KL : Comment vos proches et vos amis ont-ils réagi
à votre baptême ?
MV : Personne n'en a rien su, à l'époque
; je n'en ai parlé à personne. Je savais qu'ils n'aimeraient
pas ça du tout. Je n'en ai informé qu'un de mes frères.
Mais quand on m'a kidnappé, à Rome, pour m'amener ici,
ils ont découvert que j'avais été baptisé,
et cela ne leur a pas plus. Ils ont essayé de me ramener dans
le giron du judaïsme.
KL : Qu'est-ce qui vous a amené à raconter
ce qui vous est arrivé au Sunday Times de Londres ?
MV : C'est le fait, comme je vous l'ai dit, qu'Israël
mentait et trompait son monde. Et aussi, le fait que, de par mon travail,
je savais qu'Israël produisait plus de quarante kilos de plutonium,
chaque année. Cela suffit à produire dix bombes atomiques
annuellement. J'ai décidé que c'en était trop ;
Israël avait énormément d'armes, et il pouvait les
utiliser dans la première guerre venue, contre certains pays
arabes. Je voulais empêcher le recours à l'arme atomique.
KL : Et les gens du Sunday Times vous ont cru ?
MV : Je leur ai apporté des photos. J'avais
pris secrètement des photos dans le centre ; je leur ai donné
toute l'information sur la manière dont les Israéliens
produisaient du plutonium. Un savant atomiste m'a interrogé,
et il a admis ce que je lui ai relaté. Mais ils voulaient sans
cesse procéder à de nouvelles vérifications.
KL : Pour ces vérifications, combien de temps
leur a-t-il fallu ?
MV : Environ un mois. Mais avant que mon témoignage
soit publié, Israël me kidnappa, à Rome. Ils ont
publié mon interview quelques jours seulement après mon
kidnapping.
KL : Comment avez-vous rencontré ŒCindy',
l'espionne du Mossad ?
MV : Je l'ai rencontré à Londres, dans
une rue. C'était nuit, je marchais. Je lui ai demandé
: « Comment allez-vous » ? Et ce fut l'engrenage : nous
avons commencé à nous rencontrer et à nous parler.
KL : Et vous avez décidé d'aller ensemble
à Rome ?Š
MV : Nous avons pris un avion pour Rome. Et c'est dès
que j'ai mis les pieds à Rome qu'ils s'en sont pris à
moi.
KL : Avez-vous été surpris par l'absence
totale de réaction, dans le monde, à votre kidnapping
par le Mossad ?
MV : Oui. J'étais extrêmement déçu
que le monde n'ait absolument rien fait, depuis Rome jusqu'à
Washington, de Londres à StockholmŠ Personne ne s'est préoccupé
de moi, personne n'a pris la parole pour me défendre. Et c'est
encore le cas aujourd'hui. Aucun gouvernement ne parle de moi, ni de
ma cause. Tous se tiennent à carreau.
KL : Pourquoi, à votre avis, ont-ils tellement
peur de critiquer Israël ?
MV : Je pense qu'ils ont un problème, avec Israël.
Ils ne savent ni quoi faire, ni quoi dire. Parce qu'Israël détient
désormais ces armes atomiques, les Israéliens se sentent
tout-puissants : ils se moquent bien de ce que pourrait dire un gouvernement,
quel qu'il soit. Personne ne peut leur dire ce qu'ils ont à faire.
KL : Ce qui nous amène à vous poser une
autre question : Pensez-vous qu'Israël soit prêt à
utiliser ses armes nucléaires ?
MV : A mon avis, Israël était prêt
à les utiliser. Mais aujourd'hui, après mes révélations
et le fait que le monde entier soit au courant, je pense que le monde
ne les laissera pas utiliser leurs armes.
KL : Un ancien directeur du Mossad a révélé
qu'Israël avait envisagé de vous tuer, mais qu'ils ne l'ont
pas « parce que des juifs ne tuent pas d'autres juifs ».
Mais ils vous ont condamné à dix-huit ans de prison. Avez-vous
été surpris par cette condamnation ?
MV : Oui. Ils m'ont condamné pour espionnage
et trahison, mais je n'étais pas un espion. J'ai donné
des informations au Sunday Times ; ils auraient donc dû me condamner
pour avoir parlé aux médias. Mais le juge m'a condamné
pour espionnage, et il m'a infligé une sentence très dure
et très longue. Si Israël ne m'a pas éliminé,
ce n'est pas parce que « les juifs ne tueraient pas d'autres juifs
», mais bien parce qu'ils ne savaient pas quoi faire dans mon
cas. Moi, l'espion juif. Le Mossad tue beaucoup de juifs. Quand ils
le veulent, ils en tuent. Ils en tuent certains secrètement,
d'autres meurent de ce qu'ils appellent des « crise cardiaques
». C'est même eux, les agents du Mossad, qui étaient
derrière l'assassinat de Rabin. Alors, leur histoire de «
juifs qui ne tuent pas d'autres juifs », c'est vraiment du pipeau.
KL : Avez-vous le sentiment d'avoir eu un procès
équitable ?
MV : Bien sûr que non ! Cela se passait à
huis clos, personne n'était autorisé à assister
à mon procès. Il n'y avait que moi, et mon avocat. Et
le juge n'était pas autorisé à interroger le gouvernement,
qui aurait dû être contraint à venir expliquer au
tribunal pourquoi Israël détenait deux cents armes nucléaires,
pourquoi ils avaient entrepris de produire la bombe à hydrogène.
J'ai dit tout cela au tribunal, mais le tribunal n'était pas
autorisé à poser des questions. Nous avons demandé
à Shimon Peres de témoigner ; nous voulions lui demander
pour quelle raison il affirmait que le centre Dimona ne menait que des
recherches pacifiques, alors qu'il avait déjà produit
deux cents bombes atomiques. Si le juge n'est pas autorisé à
poser la moindre question, où est la justice ?
KL : Quelle a été votre réaction
lorsqu'on vous a annoncé que vous alliez devoir passer dix-huit
années en prison ?
MV : J'étais anéanti. J'étais
très en colère. J'étais navré. Je ne parvenais
pas à y croire : dix-huit ans ! C'est comme s'ils vous avaient
condamné pour avoir tué quelqu'un que vous n'aviez pas
tué. C'est comme s'ils avaient pris quelqu'un au hasard dans
la rue, et qu'ils l'aient condamné pour assassinat, alors qu'il
n'aurait tué personne. Personne ne le croit : que peut-il faire
? Leur juge décide que cette personne a assassiné, alors
qu'elle n'a tué personneŠ
KL : Vous avez, de plus, dû purger les deux tiers
de cette condamnation en isolement total. Qu'est-ce qui vous a permis
de tenir ?
MV : C'est ma conviction profonde dans la justesse
de mes actes. J'étais très fort. Extrêmement fort.
J'avais décidé d'être fort. Et je voulais vaincre
ceux qui m'avaient enlevé et condamné fallacieusement
et injustement. J'ai décidé que je voulais survivre, sortir,
et parler. Aussi, ce désir de m'en sortir m'a soutenu, en permanence,
et il continue à le faire.
KL : Vous est-il arrivé, durant tout ce temps,
de penser que peut-être cela ne valait pas le coup ?
MV : Non. Jamais. Je n'ai jamais douté de ce
que je faisais. Ce qui me rendait perplexe, c'est la raison de savoir
pourquoi je devais souffrir. Mais je n'ai jamais douté d'avoir
fait ce que je devais faire. Parce que j'avais l'information, je me
sentais dans l'obligation de la publier. Cela devait être fait
; quelqu'un devait s'en charger. Je pense que j'ai aussi constaté
que le monde avait changé. Le monde ignorait mon histoire, mais
le monde a, de fait, changé, depuis que je l'ai révélée.
La Guerre froide a pris fin, la course à l'arme nucléaire
est stoppée.
KL : Comment vos proches et vos amis ont-ils réagi
à la révélation qu'Israël détenait
l'arme nucléaire ?
MV : Les gens de ma famille n'aiment pas ça.
Ils ne veulent pas qu'on parle d'eux publiquement. Quand à mes
amis, je n'en sais rien : j'ai été mis en prison pendant
dix-huit ans, et je n'avais de contact avec absolument personne, si
bien que je ne sais pas. Mais la plupart m'ont sans doute considéré
comme un traître et un espion.
KL : Et l'opinion publique, en Israël ?
MV : L'opinion publique israélienne est soumise
à un lavage de cerveau psychologique par les médias israéliens.
On leur dit que je suis un ennemi d'Israël et un traître,
et ma conversion au christianisme est même utilisée, aussi,
pour « prouver » que je suis un traître. Parce que
la plupart des juifs ne peuvent admettre qu'un juif se convertisse à
une autre religion, quelle qu'elle soit.
KL : Comment avez-vous été reçu
par l'opinion mondiale, après ce que vous avez fait, mis à
part Israël ?
MV : J'ai reçu beaucoup de messages de sympathie
et de soutien de diverses personnes, des militants et des associations
pacifistes. Mais par de gouvernements. Je bénéficie de
beaucoup de soutiens et de sympathie, dans le monde entier.
KL : Désirez-vous ajouter quelque chose ?
MV : Je suis toujours en attente de ma liberté.
J'aimerais que le monde m'assure ma liberté totale, me permette
de quitter ce pays et de jouir de la liberté ; j'ai assez souffert.
J'ai passé dix-huit ans en prison, et aujourd'hui, je continue
à être prisonnier dans la prison qu'est Israël. Je
veux jouir de ma liberté, contribuer à la paix dans le
monde. Le monde doit être courageux et intervenir pour me soutenir
et critiquer Israël. J'espère qu'un pays ou un autre vont
se réveiller, en particulier en Scandinavie la Suède,
la Norvège, le Danemark : ce sont des pays très généreux,
qui soutiennent les être humains. Aussi, ils doivent exiger d'Israël
qu'il me donne ma liberté.
KL : Où iriez-vous, si vous en aviez la possibilité
?
MV : J'aimerais aller en Europe, ou aux Etats-Unis.
KL : Merci beaucoup.
MV salue, d'un signe de tête.
Lord Levy,
envoyé spécial de Blair à Gaza...
L'envoyé
spécial au Proche-Orient du Premier ministre britannique Tonny
Blair, Lord Levy, s'est entretenu mercredi à Gaza avec le président
de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas des problèmes
à résoudre après le retrait israélien de
la bande de Gaza.
"Je suis venu ici au nom de M. Blair pour avoir des entretiens
avec les dirigeants israéliens et palestiniens", a déclaré
Lord Lévy aux journalistes. "Nous avons abordé beaucoup
de sujets et sommes évidemment satisfaits du retrait (israélien
de la bande de Gaza) et de la façon dont les deux parties se
sont comportées pour qu'il soit un succès", a-t-il
ajouté. A un journaliste qui l'interrogeait sur les moyens d'éviter
que la bande de Gaza ne devienne à l'avenir une vaste prison
si elle ne peut s'ouvrir sur l'extérieur, Lord Lévy a
répondu: "Nous avons parlé de cela avec le président
(palestinien) et je ferai part de ses inquiétudes au Premier
ministre Blair, ainsi qu'aux Israéliens". L'envoyé
britannique a aussi indiqué que son pays était prêt
à envisager de fournir une assistance aux Palestiniens. Le ministre
palestinien des Affaires civiles Mohammad Dahlan, qui est chargé
du dossier du retrait israélien de la bande de Gaza, a de son
côté indiqué aux journalistes qu'aucun progrès
n'a été enregistré dans les discussions avec Israël
concernant le terminal de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte.
Il a indiqué que cette question a été abordée
durant la rencontre entre Lord Lévy et M. Abbas et émis
l'espoir que des progrès seront réalisés la semaine
prochaine à l'occasion d'une visite du chef des services de renseignements
égyptiens, le général Omar Souleimane. Source :
AFP, 24 août 2005
"Monsieur Tiroir-Caisse" : Lord Michael Levy,
l'homme d'Israël au 10 Downing Street
"Monsieur
Tiroir-Caisse" : Lord Michael Levy, l'homme d'Israël au 10
Downing Street
Homme
d'affaires, il était le propriétaire groupe d'éditions
musicales Magnet, vendu à Warner Bros en 1988. Le petit gars
de Hackney devenu millionnaire a 60 ans. Partenaire de tennis de Tony
Blair, auquel il a été présenté en 1994
par le diplomate israélien Gideon Meir, il s'est fait sa place
auprès du premier ministre en collectant des millions de livres
pour sa campagne électorale de 1997, ce qui lui a valu le surnom
de "Mister Cashpoint" (Monsieur Tiroir-Caisse).Promu pair
du Royaume en échange de ses bons et loyaux services, il a été
nommé, hors de tout contrôle parlementaire, envoyé
spécial du premier ministre en Palestine/Israël. Il possède
une luxueuse villa à Herzliya Pituah, une banlieue chic de Tel
Aviv (photo ci-contre).
Levy a été membre de la direction de l'Agence juive et
président de l'Appel Juif Israël. Il a été
collecteur de fonds pour Ehud Barak. Ses deux enfants vivent en Israël,
où son fils Daniel a travaillé pour l'ancien ministre
de la Justice Yossi Beilin, pour lequel il a collecté des fonds.
La Commission islamique pour les droits humains et d'autres organisations
ont mené campagne contre la nomination de Michael Levy à
son poste. Sans résultats.
Cinq martyrs
à Tulkarem
L'armée israélienne a tué mercredi soir cinq militants
palestiniens, dont un cadre du Jihad islamique, dans le camp de réfugiés
de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, selon un porte-parole de
l'armée. "Cinq activistes palestiniens, dont un haut responsable
du Jihad, ont été tués mercredi soir dans le camp
de Tulkarem lors d'une opération", a ajouté la porte-parole.
La porte-parole a précisé que "les soldats étaient
venus arrêter les activistes à la suite d'informations
sur leur présence dans une maison, mais ces derniers ont ouvert
le feu, ce qui a contraint les soldats à riposter". "Nos
forces avaient d'abord intimé à ces activistes l'ordre
de se rendre, mais ils ont voulu prendre la fuite et ont tiré
à l'arme automatique. D'autres Palestiniens les ont aidés
en lançant des engins explosifs et des bouteilles incendiaires",
a-t-elle ajouté. "Tous ces hommes étaient armés
et recherchés depuis l'attentat suicide à la bombe perpétré
le 12 juillet à Netanya (au nord de Tel Aviv), qui a coûté
la vie à quatre civils israéliens", a également
indiqué la porte-parole. Selon une source sécuritaire
palestinienne, une unité spéciale de l'armée est
entrée dans le camp, tuant cinq Palestiniens. Ces décès
portent à 4.822 le nombre de personnes tuées depuis le
début de l'Intifada en septembre 2000, dont une grande majorité
de Palestiniens. Source : AFP, 25 août 2005
Nouveau QG de la police israélienne
en Cisjordanie
Israël a annoncé son intention de bâtir
le quartier général de la police pour la Cisjordanie près
de la colonie de Maalé Adoumim. "Le projet de construction
du QG de la police et d'une route d'accès a obtenu toutes les
autorisations nécessaires et va être bientôt lancé",
a affirmé un porte-parole militaire de l'administration chargée
des "affaires civiles" en Cisjordanie. Source : AFP, 25 août
2005
Crainte d'une "catastrophe
sanitaire" à Gaza
Les Palestiniens de la bande de Gaza craignent une
"catastrophe sanitaire" après le retrait d'Israël
si leur territoire devait rester isolé de la Cisjordanie, de
la Jordanie, de l'Egypte et d'Israël où sont habituellement
admis les malades palestiniens. "Je crains une dégradation
de la situation sanitaire après le retrait de Gaza du fait du
verrouillage israélien. Israël refuse de reconnaître
ses obligations de puissance occupante en couvrant les besoins sanitaires
de la population et nous ne prévoyons pas le rétablissement
de la liberté de circulation à court terme" entre
Gaza et l'extérieur, déclare à l'AFP le Dr Majdi
Achour, président des Comités de secours palestiniens
(ONG). Plus de dix mille patients de Gaza sont transférés
tous les ans vers Israël, l'Egypte, la Jordanie ou la Cisjordanie
pour y recevoir des soins, précise Dr Achour. Certains souffrent
de maladies chroniques, d'autres de cancer, tandis que l'état
de santé d'autres nécessite un suivi médical régulier,
précise-t-il.
L'ouverture du terminal de Rafah - toujours en discussion
entre Israël, l'Egypte et les Palestiniens - ne résoudrait
pas le problème, selon lui. "Sur le plan de la santé,
nous sommes liés essentiellement avec la Cisjordanie où
se trouvent deux grands hôpitaux, dont le seul Centre Hospitalier
Universitaire (CHU), dont nous disposons", dit-il. Mona al-Farra,
présidente du Croissant rouge palestinien de Gaza, affirme qu'il
existe actuellement "des dizaines de patients dont l'état
nécessite une radio, une chimiothérapie ou une intervention
chirurgicale en cardiologie, neurologie, traumatologie ou ophtalmologie".
Or, souligne-t-elle, "il n'existe aucun accord avec Israël
permettant le transfert de ces patients hors de Gaza pour des soins
et Israël refuse de surcroît de recevoir certains malades
dont il estime qu'ils constituent un danger pour sa sécurité".
Même si le terminal de Rafah était finalement ouvert, déplacer
des malades jusqu'au Caire, à plus de 500 km, ne constitue pas
moins un handicap pour les cas d'urgence, qui étaient admis auparavant
à Ashkelon, Tel-Aviv ou Jérusalem, ajoute-t-elle. En outre,
le système de santé égyptien est "compliqué".
L'évacuation des colonies israéliennes et la levée
des obstacles qui entravaient la libre circulation dans l'enclave palestinienne
vont faciliter les déplacements dans ce territoire. Mais, ajoutent
les responsables de la santé palestiniens, Gaza reste très
pauvre en services sanitaires et ses établissements ne sont pas
habilités dans ce domaine. Selon un rapport de "Médecins
pour les droits de l'Homme", la réhabilitation du secteur
sanitaire de Gaza exigerait un investissement compris entre 1,2 à
2,5 milliards de dollars sur dix ans. Aid Yaghi, directeur des Comités
de secours médicaux de Gaza, affirme que "la puissance occupante
israélienne n'a rien entrepris dans le domaine sanitaire, ce
qui explique que le nombre de lits dans les hôpitaux ait été
réduit de moitié, soit 1,1 lit pour 1.000 habitants".
Le taux de mortalité infantile est encore très élevé
à 24 pour mille et 40% des femmes et des enfants palestiniens
souffrent de tension artérielle, selon un rapport du ministère
palestinien de la Santé. Les 1,3 million d'habitants de Gaza
ne disposent pas d'un seul appareil à résonance magnétique,
ni d'un seul scanner. L'enclave a aussi besoin d'hôpitaux spécialisés
et d'équipements médicaux, dit Dr Yaghi, qui attribue
la "situation alarmante actuelle à l'abscence d'un plan
de promotion sanitaire".
L'Autorité palestinienne a entamé dès son installation
la construction d'établissements hospitaliers, mais l'Intifada
a interrompu cet effort à partir de 2000, relève-t-il.
Le nombre de médecins à Gaza a par ailleurs baissé
de 13% et celui des infirmiers de 36% entre 1998 et 2004. Le territoire
compte un médecin pour 4.000 habitants, contre 4,6 médecins
pour 1.000 habitants en Israël, selon lui. Source : AFP, 25 août
2005 |