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Palestine
 

Le plus grand camp de prisonniers du monde. Il semble qu'Israël veuille fermer Gaza à double tour et jeter la clé


par Paul McCann *, The Independent, 16 août 2005. Original : http://comment.independent.co.uk/commentators/article306129.ece.
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier


[L'auteur a été porte-parole de l'UNRWA à Gaza de 2001 à 2005]

 

C'est un village bédouin - des cahutes en parpaings brise-vent édifiées sur des dunes de sable - au nord de la bande de Gaza, surveillé depuis longtemps par les miradors de l'armée israélienne, dressés tout autour de la colonie juive de Nisanit. La plupart des nuits, durant l'Intifada, les soldats juchés sur ces miradors tiraient, au-dessous d'eux, dans les venelles de ce village, forçant tous les habitants à se calfeutrer chez eux. A l'occasion, des enfants, désorientés et paniqués par les rafales, s'étaient jetés dans la ligne de mire, au lieu de se réfugier dans l'intérieur des ruelles. Les colonies israéliennes de la bande de Gaza étaient ainsi entourées de plus d'un de ces miradors tirant au petit bonheur la chance. Ils ont tué des centaines de Palestiniens, tant activistes que parfaitement innocents, et ils sont bien naturellement exécrés par la population locale. Leur démontage, la semaine dernière, en même temps que celui des colonies elles-mêmes, sera à juste titre un moment de fête. Mais ce n'est pas parce que les signes les plus visibles et les plus oppressifs de l'occupation israélienne ne seront plus là qu'il faudra s'illusionner à penser que Gaza aurait cessé d'être le plus grand camp de prisonnier du monde. La semaine passée, le gouvernement israélien a décidé de maintenir jusqu'à nouvel ordre des troupes sur la frontière entre la bande de Gaza et l' Egypte- tout au long de ce que l'on dénomme le « corridor Philadelphie ». C' est depuis un mirador situé sur cette frontière que le militant pacifiste Tom Hurndall a été visé (mortellement), en 2003. La même réunion du cabinet israélien a décidé également qu'Israël doit continuer à contrôler qui entre à Gaza et en sort, via l'Egypte, et a proposé d'ouvrir un nouveau poste frontière à Kerem Shalom, point où les Israël, la bande de Gaza et l'Egypte se rencontrent. Cette réunion ministérielle décidément fort bien remplie a aussi décidé d'accorder à la bande de Gaza trois miles d'eaux territoriales - au-delà desquelles Israël continuera à contrôler la mer. Il avait déjà été décidé précédemment qu'Israël continuerait à contrôler l' espace aérien de la bande de Gaza.
Voici quelques mois, le Comité international de la Croix Rouge, gardien du droit humanitaire international, a envoyé au gouvernement israélien un document de doctrine confidentiel établissant clairement que le retrait des troupes et des colons israéliens de la bande de Gaza ne mettrait pas de facto un terme à l'occupation. Ce document affirmait : « Israël continuera à exercer un contrôle significatif sur la bande de Gaza, ce qui lui permettra d'exercer des éléments clés d'autorité. Ainsi. il semble, à ce stade, que la bande de Gaza devra continuer à être considérée sous occupation, en matière de droit humanitaire international. »
Il s'agit là d'un avis entériné par le très respecté Harvard Programme on Humanitarian Policy and Conflict Research [Programme de l'université Harvard sur la politique humanitaire et la recherche en polémologie]. Dans un document légal préparé à l'intention de la communauté des donateurs, le directeur de ce programme écrivait : « Le redéploiement partiel de la présence militaire israélienne à l'intérieur et autour de ce territoire ne saurait en aucun cas constituer le facteur déterminant, du point de vue du droit international, permettant de décider si oui ou non l'occupation a bien pris fin. La fin de l'occupation réside fondamentalement dans le terme mis au contrôle militaire de la Puissance occupante sur les affaires gouvernementales de la population soumise à occupation, contrôle qui limite le droit de cette population à son autodétermination. »
La raison pour laquelle il s'agit là d'un point fondamental est mise en évidence par la résolution de désengagement adoptée par le gouvernement israélien au cours de l'été 2004. Elle stipule : « La menée à bien du plan de désengagement aura pour effet de repousser toute réclamation quant à la responsabilité d'Israël vis-à-vis des Palestiniens dans la bande de Gaza ». Mais si Israël reste bien la puissance occupante, il a, de par la loi, une responsabilité très spécifique en matière de bien-être de la population de Gaza. Si l'occupation est considérée avoir pris fin, alors Israël pourra se laver les mains du sort de tous ces habitants de la bande de Gaza, au nombre d'un million trois cent mille.
Pour l'instant, Israël parle d'améliorer les conditions au tristement célèbre point de passage entre la bande de Gaza et Israël : Erez, où des milliers de travailleurs palestiniens surexploités sont couramment humiliés et entassés dans des cabanes, des heures durant, avant de pouvoir aller vendre leurs bras en Israël. Mais à plus long terme, il semble qu'Israël veuille fermer Gaza à double tour et jeter la clé dans la cuvette des toilettes. Shaul Mofaz, ministre israélien de la Défense [sic] et Ehud Olmert, vice-Premier ministre, se sont fait remarquer tous deux, cet été, en disant qu'aucun ouvrier palestinien ne sera autorisé à se rendre en Israël à partir de 2008. Les termes de la loi de désengagement stipulent qu'il n'y aura plus de travailleurs [palestiniens, en Israël] « à long terme ». [Nuance !]
Au sommet du G8, la communauté internationale a promis d'investir 1,7 milliards de Livres à Gaza. Mais, sans accès au monde extérieur, ces fonds ne pourront que faiblement améliorer les standards de vie ou créer des emplois pérennes. Pour que Gaza puisse ressentir les bienfaits du désengagement [israélien], il faudrait que les pêcheurs gazaouis puissent pêcher, les commerçants voyager et importer et - c'est crucial, après trente-huit années d'intégration forcée de la bande de Gaza à l'économie israélienne - les travailleurs de la bande de Gaza auront toujours besoin de travailler sur les chantiers de construction, à Tel-Aviv ou à Ashkelon. A défaut, les miradors de Gaza n'auront fait que reculer de quelques centaines de mètres. Et ils ne tarderont pas, n'en doutons pas un seul instant, à tirer des hauteurs, à nouveau, sur les Palestiniens, tant activistes que simples civils innocents.

 

Gaza: les Palestiniens veulent garder le statut "d'occupé" après le retrait

 

Les Palestiniens veulent conserver le statut juridique "d'occupé" pour Gaza après le retrait israélien, tandis que l'Etat hébreu envisage de demander au Conseil de sécurité le vote d'une résolution proclamant la fin de "l'occupation" de ce territoire après son évacuation par les colons.
"La communauté internationale doit préserver le statut juridique actuel des territoires palestiniens après le retrait unilatéral israélien", a déclaré lundi à la presse Nasser Al-Qidwa, ministre palestinien des Affaires étrangères, avant de s'envoler pour Moscou, où il doit défendre cette position auprès des autorités russes.
La Russie fait partie avec les Etats-Unis, l'Onu et l'Union européenne du quartette international qui a mis au point la Feuille de route, plan de paix pour un règlement au Proche-Orient lancé en 2003 et resté jusque-là lettre morte.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom a déclaré vendredi à un journal koweïtien que son pays envisageait de demander au Conseil de sécurité de l'Onu une résolution proclamant la fin de l'occupation de la bande de Gaza après 38 ans de présence israélienne. Outre l'ONU, Israël est considéré comme "l'occupant" de Gaza par la Cour suprême israélienne, ainsi que par la Cour internationale de justice de La Haye (CIJ), qui avait statué sur le mur de séparation érigé par l'Etat hébreu en Cisjordanie.
Les accords d'autonomie israélo-palestiniens d'Oslo de 1993 prévoient qu'Israël gardera son statut "d'occupant" des territoires palestiniens jusqu'à la conclusion d'un traité de paix entre les deux belligérants. "Gaza restera sous la responsabilité de l'occupant (Israël), qui continuera à peser sur notre vie, à travers le contrôle des passages (frontaliers) et des espaces aérien et maritime", a déclaré Mohammad Dahlane, ministre chargé du suivi du dossier du retrait, lundi dans une conférence de presse. Raji Al-Sourani, président du Centre palestinien des droits de l'Homme, a affirmé à l'AFP que "le retrait israélien devrait marquer la fin de l'occupation militaire, la levée de la mainmise sur la terre et la fin du contrôle de la population, mais ce ne sera pas le cas. Israël va préserver son pouvoir d'intervention à Gaza et le contrôle de ses frontières terrestres, aériennes et maritimes".
L'avocat palestinien Younès Al-Jarou qui préside l'association "Conscience" de défense des droits de l'Homme, estime pour sa part que "la proclamation de la fin de l'occupation israélienne de Gaza signifie qu'Israël va se défaire de ses obligations, qui imposent à l'occupant de protéger les populations occupées et de subvenir à leurs besoins essentiels en matière de santé, d'éducation et d'alimentation". "Dans les conditions actuelles (du retrait israélien), ce serait un précédent grave pour la question palestinienne et dans le droit international", déclare-t-il à l'AFP.
"Gaza sera totalement coupée d'Israël, et nous ne le regrettons pas, mais elle sera aussi coupée de la Cisjordanie et de Jérusalem sur les plans politique, humain et économique et c'est là que réside le problème", souligne-t-il.
Selon lui, Israël ne permettra pas la mise en service du port de Gaza, ni de son aéroport. "Les Palestiniens de Gaza ne pourront prendre l'avion qu'au Caire à plus de 450 km et ne pourront importer ou exporter qu'à travers les ports égyptien de Damiette et Port Saïd" à plus de 300 km.
"Dire que Gaza est libéré, est une mystification sans précédent du conflit israélo-palestinien. Elle permet à Ariel Sharon, 38 ans après la défaite de 1967 et 12 ans après les accords d'Oslo de transformer un désengagement militaire en fin de l'occupation", s'emporte M. Sourani.
"Le désengagement israélien va étouffer Gaza, dont les habitants ne pourront pas utiliser le port d'Ashdod ni l'aéroport de Tel Aviv et ne seront pas plus autorisés à se rendre en Israël pour travailler", souligne l'avocat palestinien.
"Gaza va vivre dans un état d'enfermement, alors que 66% de sa population active est au chômage et que 81% de ses habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté", poursuit-il. Source : AFP, 22 août 2005

 

Chercher des noms pour rebaptiser une terre libérée


par Beatriz LECUMBERRI, AFP, 22 août 2005
Neve Dekalim deviendra "Arafat City", Morag s'appellera la "Terre de la Victoire" et Atsmona prendra le nom d'un "martyr". Remplis d'espoir et d'illusion, les Palestiniens se réapproprient les terres que les Israéliens occupaient depuis 38 ans en les renommant.
"D'une certaine manière, notre président est toujours avec nous et donner son nom à une terre récupérée de Gaza est le minimum que nous puissions faire en son honneur", explique Tahani Abdelrahman, un habitant de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte. Plus réaliste, le gouverneur de Rafah, Majeed Agha, pense plutôt que ce sont les pays qui les aideront financièrement qui mériteront de donner leur nom. "Si le roi Abdallah de Jordanie nous aide à reconstruire une ville, c'est normal qu'elle prenne son nom", explique t-il. A Rafah, les habitants ont déjà fait leur choix : la colonie de Morag deviendra "Cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyan", nom du président des Emirats arabes unis qui entend donner 100 millions de dollars pour reconstruire une ville de 30.000 Palestiniens sur les décombres de l'implantation. Samedi, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a annoncé que 3.000 maisons seraient construites là où se situait Morag, dans le sud de la bande de Gaza. Il a également annoncé qu'un complexe portuaire serait construit à la place de Netzarim, une colonie religieuse dont l'évacuation doit s'achever lundi. "Parce que nous sommes une démocratie, nous devrons également donner la parole aux citoyens et organiser des référendums pour choisir les noms. Si ça ne dépendait que de moi, j'appellerais Morag la Ville de l'Espoir", confie Agha qui est impatient de pouvoir enfin fouler une terre dont son peuple a été privé pendant les 38 ans d'occupation israélienne. Certains plus radicaux envisagent d'autres solutions. Amine, sur une place du centre de Gaza, voit déjà des colonies comme Netzarim ou Kfar Darom s'appeler "Cheikh Yassine", du nom du leader spirituel du Hamas assassiné par l'armée israélienne en mars 2004. "Ce n'est pas un cadeau qu'ils nous font. Nous ne faisons que récupérer notre terre et c'est le message que doivent donner nos dirigeants aux Israéliens", poursuit-il. A part les nouveaux noms de villes, les Palestiniens ont des projets plus immédiats, notamment bâtir des hôtels sur la plage, reconstruire l'aéroport de Gaza, établir des centres médicaux.

Supershow à Gaza, la plus grande prison du monde


« Un Anglais s'en va sans dire au revoir, un Juif dit au revoir mais ne s'en va pas, dit une blague juive (...) Le désengagement de Gaza, ce n'est rien. C'est un non-événement, même s'il est présenté comme une grande nouvelle. Celui-ci n'est pas le premier et sûrement pas le dernier. Dans l'histoire de la Palestine, on compte les retraits de Gaza par douzaines...»
Israel Shamir, août 2005

Durant les dernières semaines, plus de 1 000 journalistes étrangers se sont rués en Palestine occupée pour couvrir le "super-événement" de l'été : l'évacuation des 7 300 colons juifs de Gaza et des 475 colons de Samarie. Matin, midi et soir, l'ensemble des télévisions nous ont abreuvés de reportages "émouvants" sur les pauvres colons chassés de "leurs" maisons. Pendant ce temps, la construction du Mur d'apartheid continue de plus belle, de nouveaux colons s'installent en Cisjordanie - où ils sont plus de 240 000 et où 6 400 nouveaux logements ont été construits ces dernières semaines - et au Néguev, et l'étau sioniste se resserre autour de Jérusalem-Est, dont 55 000 Palestiniens vont se retrouver exclus.
Quant aux "pauvres colons", ils continueront à être ce qu'ils ont toujours été : des colons d'État, organisés, financés, protégés par l'État sioniste, et parfaitement intégrés dans l'économie capitaliste mondialisée. Les produits de leurs serres (fleurs, fruits et légumes) - fruit du travail de 4 000 ouvriers palestiniens et de 500 ouvriers thaïlandais - étaient acheminés chaque jour par avion à Paris et vendus au Marché d'intérêt national de Rungis. On saura leur donner les moyens de reconstruire leurs serres dans le Néguev ou en Cisjordanie.
Et si les colons partent, les soldats resteront, prêts à envahir de nouveau Gaza sous le moindre prétexte.
Le 30 Juillet, l'armée israélienne annonçait la construction d'une triple «clôture» autour de Gaza avec barbelés électrifiés, capteurs, caméras de surveillance, miradors et mitrailleuses commandées à distance.Le dispositif, d'un coût évalué à 220 millions de $, pourrait être achevé en moins d'un an. Ce qui achèvera de transformer Gaza en une prison géante.
Le but du supershow organisé de main de maître par Sharon et son équipe était multiple : 1°- Donner des gages à la Maison blanche; 2°- Transformer Gaza en super-prison hermétiquement close pour 1 400 000 Palestiniens; 3°- Garantir la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est; 4°- Créer les conditions d'une guerre civile à Gaza entre Hamas et Fatah; 5°- Éventuellement, amener l'Égypte de Moubarak à reprendre le contrôle de Gaza, perdu en 1967.
Nous publions plusieurs documents qui éclairent la stratégie sioniste en oeuvre sous le label de "plan de désengagement".

 

Un glossaire sioniste du désengagement, de A à Z


L'ambassade d'Israël en France diffuse le document, ci-dessous, qui est une adaptation du glossaire en anglais rédigé par le site sioniste anglais BICOM (http://www.bicom.org.uk). À lire pour connaître l'argumentaire sioniste.

Introduction

Etablir la paix est un objectif fondamental de la tradition juive et une politique déclarée de l'Etat d'Israël. Israël recherche depuis longtemps la paix avec ses voisins arabes, particulièrement avec les Palestiniens. Le grand défi de la paix est d'être un processus qui, heureusement, ne s'arrête pas simplement avec la fin des hostilités entre les anciens ennemis, mais commence avec une nouvelle relation de coexistence. Le but ultime d'Israël est d'établir de bonnes relations de voisinage avec un Etat palestinien.
Dans le contexte de plus de quatre années de terrorisme et d'effusion de sang, Israël a initié le Plan de désengagement de la bande de gaza et du nord de la Samarie, à la fois pour améliorer sa sécurité et pour redynamiser le processus de paix avec les Palestiniens.

A
Administration du désengagement
Autorité Palestinienne

B
Bande de Gaza
Bande de Gaza - Barrière de sécurité
Budget du Plan de désengagement

C
Cisjordanie ­ Implantations
Commission Nationale d'Organisation du désengagement
Conférence d'Herzliya
Confiance - Construction de relations de confiance
Conseil régional de la côte de Gaza
Conseil de Yesha
Contestataires du Likoud
Coordination avec les Palestiniens
Corridor Philadelphie

D

Désobéissance (sarvanim)


E
Egypte
Erez - Point de passage (également « Zone industrielle d'Erez »)
Evacuation par les forces de sécurité

F
Feuille de route

G
Goush Katif
Gouvernement d'Union nationale

H
Habitants juifs de Gaza
Hamas

I
Infrastructures et logements à Gaza après le désengagement

J
Jihad Islamique
Justice : constitutionnalité du Plan

L
Loi sur les compensations de l'évacuation

N
Nitzan
Nitzanim (Projet de)

O
Opposition au Plan de désengagement
Orange

P
Plan de désengagement
Point de passage de Karni

R
Référendum
Roquettes Qassam

S
Sderot
Sharon (Ariel)
Sommet de Sharm el-Sheikh
Sondages d'opinion
Soutien diplomatique international
Soutien économique international

T
Tunnels de contrebande

V
Vote du Cabinet
Vote de la Knesset

 

Les 25 implantations qui seront évacuées

Bande de Gaza : 21 implantations - Atzmona (Bnei Atzmon) - Bedolah - Douguit - Eleï Sinaï - Gadid - Gan Or - Ganei Tal - Katif - Kerem Atzmona - Kfar Darom - Kfar Yam - Morag - Netzarim
- Netzer Hazani - Neveh Dekalim - Nisanit - Pe'at Sadeh - Rafiah Yam - Shalev - Shirat Hayam - Tel Katifa

Nord de la Samarie ­ 4 implantations : Ganim - Homesh - Kadim - Sa Nour



DESENGAGEMENT ­ GLOSSAIRE de A à Z


Administration du désengagement

L'administration du désengagement a pour charge de mettre en ¦uvre le Plan de désengagement, traitant principalement des compensations accordées aux résidents évacués. Elle est dirigée par Yonathan Bassi, membre du camp national religieux

Autorité Palestinienne

L'Autorité Palestinienne, et en particulier son Président Mahmoud Abbas, ont insisté sur leur volonté d'assurer une mise en oeuvre en douceur du Plan de désengagement. Mahmoud Abbas a donc mis sur pied, en Juin, une force de sécurité de 5000 membres dont la mission est d'empêcher tout pillage ou prise de pouvoir dans les implantations de Gaza, une fois celles-ci évacuées. La crainte prévaut néanmoins que les forces palestiniennes aient à se battre contre des éléments terroristes des organisations palestiniennes radicales, considérées comme les "autorités de la rue" dans certaines régions, et que l'Autorité Palestinienne et ses forces ne soient pas assez solides pour y faire face.

Le Président Abbas a déclaré que l'Autorité Palestinienne autorisera des « célébrations pacifiques et organisées » dans les implantations une fois évacuées. Il a déclaré d'autre part qu'il a l'intention d'éviter le chaos provoqué par des groupes radicaux plus puissants qui considèrent le désengagement d'Israël comme une victoire.

Israël se demande avec inquiétude si l'Autorité Palestinienne fera suffisamment d'efforts pour démanteler les organisations terroristes palestiniennes et leurs infrastructures, en particulier au cours de la période précédant le désengagement. Insistant sur le fait que le désengagement ne se déroulera pas sous le feu, Israël continue de réclamer que l'Autorité Palestinienne assume sa responsabilité et prenne des mesures énergiques contre le terrorisme.

Bande de Gaza

La bande de Gaza a une superficie de 395 km… et est limitée par Israël, l'Egypte et la Méditerranée. Environ 1.300.000 Palestiniens vivent à Gaza. Des négociations directes en vue de définir le statut permanent de la bande de Gaza ont été entamées en septembre 1999 mais ont été reportées à cause du début de la seconde intifada.

Les implantations israéliennes construites dans la bande de Gaza l'ont été sur des dunes de sable qui n'étaient pas utilisées par la population palestinienne. Plus de 8500 Israéliens vivent à Gaza dans 21 implantations qui seront évacuées conformément aux termes du Plan : « l'Etat d'Israël évacuera la bande de Gaza, y compris tous les villages et villes existants », après quoi « il n'y aura plus de présence permanente des forces de sécurité israéliennes dans les zones du territoire de la bande de Gaza qui auront été évacuées. » Ariel Sharon a délivré, à la mi-juillet 2005, un décret interdisant officiellement l'entrée à Gaza aux Israéliens qui n'y résidaient pas, afin d'éviter des protestations massives de la part des militants anti-désengagement.

Une fois le désengagement achevé, Israël se redéploiera à l'extérieur de Gaza. En plus du contrôle du périmètre terrestre, Israël contrôlera l'espace aérien de Gaza et patrouillera le long de la côte. La bande de Gaza devra rester démilitarisée et ne devra pas posséder d'armes non autorisées, conformément aux accords israélo-palestiniens existants (accords d'Oslo). Israël se réservera le droit d'entrer de nouveau dans Gaza si cela s'avère nécessaire pour se défendre.

Bande de Gaza - Barrière de sécurité

A l'origine, vers le milieu des années 1990, une barrière de sécurité avait été construite le long du périmètre de la bande de Gaza. Elle a été en grande partie détruite par des terroristes palestiniens au début de la seconde intifada. Puis elle a été reconstruite en 2001 et le renforcement de sa sécurité a permis à l'armée israélienne de prévenir presque toutes les infiltrations le long de cette barrière.

L'armée israélienne avait, à l'origine, rangé dans un tiroir les plans de construction d'une barrière de sécurité supplémentaire à Gaza lorsque son coût total (incluant les compensations pour les terres exploitées) fut estimé à 200 millions de shekels (environ 3,6 millions d'euros). Toutefois, fin juillet, des hauts gradés de l'armée israélienne ont révélé qu'Israël avait commencé à construire deux nouvelles barrières parallèles à la barrière frontalière existante et se préparait à ajouter des murs de béton dans les endroits où les villes israéliennes étaient particulièrement vulnérables aux tirs palestiniens. L'une des deux barrières sera fabriquée en métal tandis que l'autre sera équipée de technologie sophistiquée comme des détecteurs et des caméras de surveillance. Les barrières sont censées être terminées en Octobre 2005 et toute l'infrastructure d'accompagnement pour la mi-2006.

Budget du Plan de désengagement

Le coût économique du Plan de désengagement est considérable. Le montant global des compensations, approuvé par la Knesset, pour l'évacuation des résidents qui sont volontaires pour être réinstallés ailleurs s'élève à 3,8 milliards de shekels, ce qui équivaut à environ à 680 millions d'euros (cf. Loi de compensation de l'évacuation). Des estimations plus récentes suggèrent toutefois que ce montant pourrait s'élever à 4,8 milliards de shekel (804 millions d'euros). En outre, tandis que 2 milliards de shekel (360 millions d'euros) ont été alloués pour couvrir le coût des effectifs de défense - armée israélienne et police - le Ministère de la Défense a déclaré que le coût réel dépassera de loin cet objectif et pourrait atteindre 2,5 milliards de shekel (450 millions d'euros). En se fondant sur ces chiffres, on estime actuellement le budget du Plan de désengagement à environ 7,6 milliards de shekel (approximativement 1,4 milliard d'euros), somme considérable qui correspond à 1 % du produit national brut d'Israël.

Cisjordanie - Implantations

Israël projette de se désengager de 777 km… carrés au nord de la Cisjordanie et le démantèlement de quatre localités juives de cette région est prévu dans le cadre du Plan de désengagement : Ganim, Kadim, Homesh et Sa Nour. Israël retirera toutes ses installations militaires permanentes dans cette région et se redéploiera à l'extérieur de la zone évacuée. Selon le Plan de désengagement, ce mouvement procurera aux Palestiniens une contiguïté territoriale dans les parties nord de la Cisjordanie, il leur sera plus facile d'y vivre une vie normale et cela facilitera l'activité économique et commerciale.

Selon l'Administration du désengagement, 30 familles de Homesh seront transférées ensemble au kibboutz Yad Hannah qui deviendra un village coopératif.

Commission Nationale d'Organisation du désengagement

Dirigée par Giora Eiland, chef du Conseil National de Sécurité d'Israël (CNS), la Commission Nationale d'Organisation est responsable de la mise en ¦uvre du Plan de désengagement et, en particulier, de tous les aspects de l'exécution du Plan dans les domaines civils et de sécurité. Les Directeurs généraux de tous les ministères impliqués font partie de cette commission.


Conférence d'Herzliya

Le 18 décembre 2003, Ariel Sharon est intervenu lors de la 4ème Conférence annuelle du Centre Pluridisciplinaire d'Herzliya et a clairement exprimé sa conception de la progression vers la paix avec les Palestiniens. C'était la première fois qu'Israël annonçait officiellement qu'il était prêt à prendre des mesures unilatérales si les Palestiniens ne remplissaient pas leurs engagements à mettre en application la Feuille de route.

Confiance - Construction de relations de confiance

A la suite du sommet de Sharm el-Sheikh, (cf. Sommet de Sharm el-Sheikh), Israël a adopté une série de mesures destinées à faciliter la vie quotidienne de la population palestinienne. Ces mesures ont été mises en ¦uvre parallèlement aux préparatifs d'Israël en vue de l'application du Plan de désengagement. Elles ont été adoptées dans le cadre d'une politique visant à utiliser la fenêtre d'opportunités ouverte après l'instauration du nouveau Gouvernement palestinien, en Janvier 2005, et elles renouvellent la coopération entre l'Autorité Palestinienne et Israël.

Ces mesures portaient principalement sur les points suivants : le transfert de villes à la responsabilité de l'Autorité Palestinienne, la libération de 900 prisonniers palestiniens, l'ouverture de points de passage entre Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza, l'augmentation du nombre de permis de travail en Israël pour les Palestiniens, l'allègement des restrictions à l'entrée de Palestiniens en Israël, la suppression des bouclages et la facilitation des mouvements entre la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Conseil régional de la côte de Gaza

Le Conseil régional de la côte de Gaza est l'organisme représentatif municipal qui réunit les 21 implantations israéliennes de Gaza. Celles-ci comprennent la région du Goush Katif, Netzarim, Kfar Darom et les localités du nord de Gaza : Nissanit, Dougit et Elei Sinai. Ce Conseil est actuellement dirigé par Itzik Elia.

Conseil de Yesha

Le Conseil des communautés juives de Judée, de Samarie et du district de Gaza (« Yesha » est composé des initiales, en hébreu, de Judée, Samarie et Gaza) a été fondé vers la fin des années 1970. Le Conseil a pour président Bentzi Lieberman et représente toutes les villes, bourgades et villages juifs de Cisjordanie et de Gaza. Le Conseil de Yesha est au premier rang de l'opposition au Plan de désengagement.

Contestataires du Likoud

Les contestataires du Likoud sont les députés membres du Likoud qui s'opposent activement au Plan de désengagement et tentent de le saper. Le député Uzi Landau, qui a été exclu du Cabinet en Octobre 2004, est généralement considéré comme le leader du groupe. Le nombre exact de contestataires du Likoud a fluctué, allant de 10 à 18 membres de la Knesset appartenant au Likoud à un moment donné. Les contestataires ont effectué diverses tentatives pour contrecarrer le Plan de désengagement, parmi lesquelles la plus importante fut une campagne appelant à un référendum national sur le Plan. Toutefois, le projet de loi qu'ils ont tenté de présenter fut mis en échec par un vote en séance plénière de la Knesset, en Mars 2005.

Coordination avec les Palestiniens

Bien que le Plan de désengagement ait été, à l'origine, une démarche unilatérale, l'évolution politique, les circonstances (en particulier la mort d'Arafat en Novembre 2004 et l'élection de Mahmoud Abbas comme nouveau Président de l'Autorité Palestinienne) ont modifié la conception du Plan en une action coordonnée avec l'Autorité Palestinienne. Des officiels israéliens et palestiniens se sont rencontrés en de nombreuses occasions pour discuter de la coordination du Plan de désengagement. Cette coordination a pour but de garantir un retrait en douceur et d'éviterdes attaques terroristes contre les forces israéliennes et les civils au cours du processus. Lors d'une réunion mémorable de Juillet 2005, le Ministre de la Défense, Shaoul Mofaz et le Ministre palestinien de l'Intérieur, le Général Nasser Youssef, sont convenus de tenir des réunions de coordination régulières entre commandants sur le terrain. Ils sont également parvenus à un accord selon lequel l'Autorité Palestinienne déploiera ses troupes (armées) pour faire tampon entre la région palestinienne densément peuplée de Khan Younès et les implantations du Goush Katif au moment du désengagement. En outre, les troupes de l'Autorité Palestinienne seront déployées afin d'empêcher le pillage dans les implantations évacuées.

Corridor Philadelphie

Appelé également route Philadelphie, ce corridor est situé sur la frontière entre Gaza et l'Egypte. Il fait 10 kilomètres de long et est utilisé par l'armée israélienne pour patrouiller le long de la frontière, avant tout à cause des infiltrations et de la contrebande d'armes. Les accords d'Oslo (1994) spécifiaient que l'armée israélienne continuerait à contrôler cette étroite bande de terre entre la région sous contrôle palestinien et l'Egypte. Conformément au texte révisé du Plan de désengagement, Israël va maintenir une présence militaire le long du corridor Philadelphie pour éviter la contrebande d'armes à travers la frontière. Cette situation sera réajustée lorsque la situation sécuritaire et la coopération avec l'Egypte permettront d'adopter des dispositions de sécurité renforcées.

De hauts dirigeants israéliens et égyptiens se sont engagés dans des négociations en vue d'un accord sur le déploiement d'officiers de police égyptiens du côté ouest du corridor afin d'aider à empêcher le passage clandestin d'armes vers Gaza. Dès le départ, il est toutefois apparu que l'un des principaux obstacles pour parvenir à un tel accord était que les termes du traité de paix de 1979 entre Israël et l'Egypte spécifiaient que la péninsule égyptienne du Sinaï devrait rester une zone démilitarisée. Il y a eu, en conséquence, beaucoup de discussions à la Knesset et dans l'armée sur la manière de gérer cette situation.

Tandis qu'Israël et l'Egypte ont conclu un accord de principe selon lequel l'Egypte déploiera 750 garde-frontières face au corridor Philadelphie, la finalisation de cet accord continue de progresser. Des dirigeants israéliens, y compris le Premier ministre Sharon, auraient décidé en Juillet que, si un accord est conclu avec l'Egypte, l'armée israélienne prévoirait de se retirer début Octobre du corridor Philadelphie.

Désobéissance (sarvanim)
Dans le contexte du désengagement, le terme hébreu « sarvanim » est utilisé pour désigner les commandants, les soldats et les réservistes israéliens qui refusent d'obéir aux ordres d'évacuation des implantations. Le premier cas de refus d'obéissance aux ordres dans le processus de désengagement a été le fait du caporal Avi Beiber, qui a refusé de participer à l'opération de démolition d'un bâtiment de l'armée à Shirat Hayam, dans le Goush Katif, en Juin 2005. Il a par la suite été condamné à 28 jours de prison militaire.

Désobéir à des ordres spécifiques est considéré comme un anathème parmi les dirigeants israéliens et dans la société israélienne. Le chef du personnel de l'armée, Dan Haloutz, a exprimé très franchement son opinion selon laquelle, bien que le désengagement soit un sujet extrêmement sensible pour tous les Israéliens, l'armée ne tolérera pas des soldats et des commandants qui refusent d'obéir aux ordres. Dan Haloutz a approuvé plusieurs démarches pour renforcer les mesures disciplinaires contre les soldats qui refusent d'obéir aux ordres. Parmi les nouvelles initiatives, un soldat convaincu de refuser un ordre n'aura plus la permission de servir comme soldat de combat et les sarvanim devront s'attendre à être condamné à une peine d'emprisonnement. En outre, les sarvanim venant de certaines Yeshivot (écoles d'études talmudiques) qui combinent le service militaire et l'étude perdront le privilège de l'alternance service militaire / études et, au lieu de 14 mois de service dans l'armée, ils devront servir au cours des trois années complètes du service militaire obligatoire normal en Israël.

Bien que quelques rabbins éminents opposés au désengagement aient enjoint les soldats de refuser d'obéir aux ordres, d'autres rabbins non moins éminents et personnages importants en Israël, également opposés au désengagement, ont fortement encouragé les soldats à obéir aux ordres malgré leurs convictions personnelles.

Egypte

La participation et la coopération de l'Egypte sont considérées comme vitales pour la réussite du Plan de désengagement. Tandis que divers aspects de la participation égyptienne sont encore à l'étude, comme le déploiement de gardes de part et d'autre de la frontière égyptienne, le Plan de désengagement expose quelques détails sur l'implication de l'Egypte. Par exemple, il est prévu que des experts égyptiens et d'autres nationalités contribuent à dispenser une formation dans le domaine de la sécurité, une assistance et des conseils aux forces de sécurité palestiniennes. En outre, Israël et l'Egypte examineront la possibilité d'implanter une zone industrielle commune sur la frontière entre l'Egypte, Gaza et Israël.

Les arrangements existants pour le passage international entre l'Egypte et la bande de Gaza resteront en vigueur après le désengagement. Il est prévu pour le moment qu'Israël maintiendra sa présence militaire le long d'une zone située entre l'Egypte et Gaza connue sous le nom de corridor Philadelphie » (cf. Corridor Philadelphie) ; toutefois, une possible évacuation militaire du corridor a constitué, durant plusieurs mois, un thème de discussion important chez les officiers supérieurs israéliens. Tout accord futur sur ce point dépendra également d'un éventuel accord avec l'Egypte.

Le sommet de Sharm el-Sheikh, en Février 2005, a également montré les efforts manifestes de l'Egypte pour devenir un partenaire à part entière dans les efforts de paix israélo-palestiniens. L'Egypte a exprimé sa volonté d'assumer certaines responsabilités d'ordre sécuritaire au-delà du retrait israélien de Gaza.

Erez - Point de passage (également « Zone industrielle d'Erez)

Depuis le début de la seconde intifada, en l'an 2000, des attentats au point de passage d'Erez, au nord de la bande de Gaza, ont fait 12 morts et de nombreux blessés israéliens. Ce point de passage a été fermé en Août 2004 à la suite d'un incident lors duquel un travailleur palestinien a été découvert avec des explosifs. En Novembre 2004, un nombre limité de commerçants et d'ouvriers ont reçu l'autorisation d'entrer de nouveau en Israël et dans la zone industrielle. Après avoir été fermée de nouveau après l'attaque terroriste au point de passage de Karni, en Janvier 2005, où 6 Israéliens ont été tués, le point de passage d'Erez a été rouvert en Février 2005 en signe de bonne volonté pour permettre aux ouvriers palestiniens d'entrer en Israël et dans la zone industrielle. Lors du dernier incident, en Juin 2005, une femme palestinienne dotée d'une autorisation pour suivre en Israël un traitement médical a été appréhendée au terminal d'Erez ; elle portait une ceinture d'explosifs qu'elle tenta en vain de faire exploser. Les attentats au point de passage n'étaient pas le fait du hasard : Erez était devenu une cible symbolisant la coopération et la collaboration entre Israéliens et Palestiniens. Par une ironie du sort, ce sont les Palestiniens qui ont subi les conséquences économiques les plus importantes des attaques d'Erez.

Selon les termes du Plan de désengagement, « le territoire de la zone industrielle d'Erez sera transférée à la responsabilité d'une partie palestinienne ou internationale agréée ». Selon un arrangement séparé, le point de passage d'Erez sera déplacé vers un lieu situé à l'intérieur d'Israël. La marine israélienne est actuellement en train de réaménager sa station d'observation et de radars au passage afin d'améliorer la surveillance de la frontière.

Evacuation par les forces de sécurité

L'évacuation des civils des implantations selon le Plan de désengagement sera menée par environ 40.000 soldats et 4000 policiers israéliens. Les forces de sécurité se sont préparées au désengagement pendant plusieurs mois, essayant d'envisager tous les scénarios possibles et de finaliser les plans opérationnels pour l'évacuation. Des psychologues aideront les commandants à préparer les forces et à fournir des réponses aux problèmes qui pourraient survenir au cours de l'opération.

Les implantations seront évacuées une à une et au cours de la journée (sauf le samedi). Un officier du rang de commandant ou d'un grade plus élevé tentera de convaincre les familles de quitter de leur plein gré, mais si elles refusent, il appellera l'équipe d'évacuation ­ une équipe d'officiers de police aidés par des soldats. Des soldates et des officiers se chargeront des femmes. Des autobus emmèneront les résidents vers des points de rassemblement à l'extérieur de la bande de Gaza et des ambulances stationneront autour des implantations en cas d'urgence. Les biens des résidents évacués seront chargés sur des camions du Ministère de la Défense et seront transférés. La région sera protégée par du personnel de police supplémentaire et par des soldats pour empêcher que les militants anti-désengagement ne pénètrent dans les implantations. Ils monteront également la garde en cas d'attaques terroristes palestiniennes.

Le Ministère de la Justice a déclaré que l'Etat endosserait l'entière responsabilité de toutes les actions entreprises par les forces de sécurité au cours de l'évacuation et d'autres confrontations avec les résidents et leurs supporters, couvrant ainsi les soldats et la police en cas d'actions en justice intentées par des résidents.

Feuille de route

La proposition de paix selon la Feuille de route, rendue publique en Avril 2003, envisage un Etat israélien et un Etat palestinien vivant « en paix côte à côte » et la cessation du terrorisme. Elle a été formulée par le Quartet (Union Européenne, ONU, Etats-Unis et Russie) et pose des jalons destinés à conduire Israéliens et Palestiniens vers le but ultime d'un règlement global et permanent du conflit israélo-palestinien (cf. « Texte de la Feuille de Route »).

Le Plan de désengagement ne remplace pas ni ne contredit la Feuille de route. Ariel Sharon a déclaré qu'Israël est toujours attaché avec conviction à la Feuille de route, qui demeure le seul plan politique visant à une solution pacifique avec les Palestiniens. Il a déclaré que si le Plan de désengagement est réalisé avec succès et coordonné avec les Palestiniens, il serait alors possible de revenir à la Feuille de route, aussi longtemps que les Palestiniens mettront fin aux actes terroristes et aux violences et accompliront les réformes nécessaires.

Goush Katif

Le Goush Katif (goush = bloc), le plus grand bloc d'implantations de Gaza, est composé de 15 implantations distinctes habitées par environ 1700 familles. Les premières implantations du Goush Katif ont été créées au début des années 1970, à la suite de la guerre des Six-Jours, Israël ayant pris le contrôle de la bande de Gaza alors annexée par l'Egypte. Situées à l'extrémité sud de la bande de Gaza, les implantations du Goush Katif ont été la cible de nombreuses attaques terroristes.

La plupart des résidents du Goush Katif travaillent dans l'agriculture et ce « bloc » est l'une des régions agricoles d'Israël les plus rentables. Les fermiers de Goush Katif exportent des tomates et des oeillets vers l'Europe et produisent et exportent également des cultures spécifiques de légumes, dépourvus d'insectes, pour le marché casher. De nombreux fermiers ont semé en vue de la récolte de cet automne 2005 pour protester contre le Plan de désengagement.

Le Goush Katif devra être évacué au stade C du Plan de désengagement. Jusque récemment, la plupart des résidents du Goush Katif ont été réticents à reconnaître l'Autorité du désengagement ou à mener des négociations avec elle. Toutefois, la date du désengagement approchant, le rythme des négociations s'est accéléré. En Mai 2005, plus de la moitié des familles du Goush Katif ont déclaré qu'elles consentaient à quitter Gaza à condition que les membres de leur communauté soient réinstallés tous ensemble. Des négociations se poursuivent concernant des arrangements pour réinstaller les communautés du Goush Katif dans la région de Nitzanim, entre Ashkelon et Ashdod.

Gouvernement d'Union nationale

La séance plénière de la Knesset a approuvé l'actuel Gouvernement d'Union nationale en Janvier 2005. Il est composé des partis suivants : le Likoud, les Travaillistes et Judaïsme Unifié de la Torah. Des négociations en vue de former un nouveau Gouvernement d'Union nationale ont commencé lorsque le Premier ministre Sharon a exclu son principal partenaire de la coalition, le parti Shinouï, centriste et laïque, en Décembre 2004, après que ses ministres eurent voté contre le projet de budget de l'Etat.

L'un des principaux objectifs de la création de l'actuel Gouvernement d'Union nationale était d'assurer une majorité en faveur du Plan de désengagement ainsi que d'autres décisions politiques importantes. Il est intéressant de noter que des membres de la Knesset appartenant au parti de gauche Yahad, bien qu'ils ne soient pas membres de la coalition, ont voté en faveur du Gouvernement d'Union nationale pour permettre au Plan de désengagement d'être mené à bien. En outre, fin Mars 2005, les députés du Shinouï ont donné leur soutien au Budget de l'Etat, ce qui a permis au budget ­ qui établissait le financement du désengagement ­ de passer.

La coalition Likoud-Travaillistes-Judaïsme Unifié de la Torah a vu le retour du parti Travailliste au Gouvernement pour la première fois depuis que la fin du Gouvernement d'Union nationale Likoud-Travaillistes, fin 2002. Selon les termes de l'accord de coalition, le président du parti Travailliste, Shimon Pérès, a été nommé vice-Premier ministre.

Habitants juifs de Gaza

Il y a environ 8500 habitants juifs dans la bande de Gaza. Ils viennent d'horizons très divers, comme l'ont montré leurs motivations à choisir de vivre à Gaza. Certains considèrent leur présence à Gaza comme la réalisation de leur attachement idéologique au « Grand Israël ». D'autres voient en Gaza un atout stratégique pour Israël. D'autres encore ont été motivés par la possibilité d'acquérir un logement à un coût plus abordable ; certains ont évoqué les beaux paysages et leur amour de la mer comme ayant motivé leur désir initial de s'y installer. Nombre d'entre eux tiennent pour fondamental dans leur vie le caractère très uni des communautés de Gaza ; et c'est pour cela que plusieurs d'entre ces communautés ont demandé à l'Administration du désengagement de réinstaller ensemble toutes les familles d'une même communauté.

Hamas

De nombreux observateurs ont précisé que le Hamas projette de tenter de détourner le capital politique du Plan de désengagement. Le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, et d'autres officiels palestiniens, ont lancé de sévères avertissements en direction du Hamas pour qu'il ne tente aucune activité, avant ou durant le désengagement, qui pourrait compromettre le rythme de son exécution. Cependant, les événements sur le terrain prouvent que le Hamas demeure fidèle à sa pratique du terrorisme ­ au cours du mois de Juillet 2005, après une brève période de calme, le Hamas a intensifié ses tirs de roquettes Qassam et ses attaques au mortier contre les localités juives de Gaza. De surcroît, à peu près au même moment, les forces de sécurité de l'Autorité Palestinienne se sont accrochées à Gaza avec des terroristes du Hamas, entraînant la mort de deux Palestiniens et en blessant 30 autres. Des rapports indiquent que le Hamas est en train de recruter de nouveaux membres pour former une milice à Gaza après le retrait d'Israël, après avoir déjà préparé quelque 20.000 nouveaux uniformes pour ses agents et ses supporters. L'objectif de cette milice, outre la poursuite des violences à l'encontre d'Israël, serait de dissuader l'Autorité Palestinienne de désarmer le Hamas.

Israël craint que le Hamas ne procède à une escalade des violences pour pouvoir ensuite prétendre que c'est sa pratique du terrorisme qui a conduit Israël à décider de se retirer- ce qui pourrait conduire le Hamas à en tirer un bénéfice politique.

Des discussions entre le Hamas et l'Autorité Palestinienne se sont enflammées au cours de la période avant le désengagement. Le Hamas a refusé la proposition du président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, de se joindre à un gouvernement d'union nationale. Un responsable du Hamas de la bande de Gaza, Mahmoud al-Zahar, a menacé récemment de poursuivre ses attaques contre Israël depuis Gaza, de même que d'affronter directement l'Autorité Palestinienne, même après le désengagement, « afin de libérer la Cisjordanie et Jérusalem ».

Infrastructures et logements à Gaza après le désengagement

De hauts fonctionnaires israéliens et palestiniens sont convenus que les maisons évacuées par les résidents dans la bande de Gaza devront être détruites après le désengagement. Les dirigeants de l'Autorité Palestinienne ont confirmé que les logements, construits pour abriter des familles individuelles, n'étaient pas adaptés aux besoins de leur population. Les responsables israéliens, quant à eux, ont exprimé leur inquiétude concernant l'impact vraisemblable d'images montrant des terroristes palestiniens et leurs supporters entrer triomphalement dans les implantations au moment où l'armée israélienne se retirerait. Israël a exprimé l'espoir que les régions où étaient situées les implantations seront utilisées par l'Autorité Palestinienne pour abriter des réfugiés palestiniens, ce qui valoriserait le statut du président de l'Autorité, Mahmoud Abbas. Selon des rapports datant de fin Juillet 2005, un porte-parole de l'Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID) a par ailleurs déclaré que le Gouvernement américain avait donné son accord de principe pour octroyer 8 à 10 millions de dollars pour l'achat des serres appartenant à des résidents juifs de Gaza et pour les donner aux Palestiniens afin de dynamiser leur économie.

De même, Israël pourrait transférer d'autres infrastructures ­ équipements industriels, commerciaux et agricoles ­ à une tierce partie, internationale, qui les mettrait à la disposition de la population palestinienne non impliquée dans le terrorisme. Les infrastructures liées à l'eau, l'électricité, les égouts et les télécommunications demeureront en place. Israël continuera également à fournir aux Palestiniens l'électricité, l'eau, le gaz et l'essence, conformément aux arrangements actuels. D'autres arrangements existants, tels ceux relatifs à l'eau et au champ électromagnétique resteront en vigueur. Toutefois, Israël a l'intention de déplacer les « structures sensibles », telles que les synagogues et les tombes, de crainte qu'elles ne soient profanées après l'évacuation.


Jihad Islamique

Bien qu'il ne constitue qu'une petite organisation d'une importance politique relativement marginale dans la vie palestinienne, le Jihad islamique palestinien est très puissant comme organisation paramilitaire et terroriste. La promesse de ses dirigeants, au début de l'année, de participer à une « période de calme » (tahdi'a), n'a pas pesé bien lourd sur l'actualité, comme l'ont montré les attentats terroristes qu'il a causés ensuite. Depuis le sommet de Sharm el-Sheikh, en Février 2005, le Jihad islamique a fomenté des actes terroristes qui ont coûté la vie à 14 Israéliens et en ont blessé des centaines d'autres.

Justice : constitutionnalité du Plan

Le 9 juin 2005, la Cour Suprême israélienne a rejeté douze demandes d'opposants au Plan de désengagement, stipulant que ce Plan est légal et ne viole pas les droits de l'homme des résidents, y compris le droit à la propriété, à la liberté professionnelle et à la dignité humaine de ceux qui sont évacués conformément au Plan.

Loi sur les compensations de l'évacuation

Selon le Plan de désengagement, les résidents évacués seront dédommagés de la perte de leur logement, de leurs terres et de leurs commerces. En outre, les travailleurs qui auront perdu leur emploi suite au désengagement auront droit à des allocations de chômage sur une durée pouvant atteindre six mois. Pour les agriculteurs, des prêts seront consentis pour couvrir les pertes de la saison agricole pour ceux qui ont décidé de transplanter leur activité ailleurs. Des aides financières seront accordées aux autorités locales qui ont absorbé des résidents de la bande de Gaza et du nord de la Samarie, au prorata du nombre de familles installée. L'Administration du désengagement prévoit de réduire les indemnités des résidents qui partiront après la date butoir du 17 août 2005 et de ne pas prendre en charge le coût de leur déménagement.


A l'origine, la Loi sur les compensations permettait à toute personne de plus de 21 ans, qui avait vécu cinq ans minimum dans une implantation devant être évacuée, de faire la demande de compensation, mais la Cour Suprême a décrété que les résidents de moins de 21 ans y auraient également droit.

Le budget global de l'évacuation est évalué à environ 2 milliards de dollars, soit environ 3,5% du budget de l'Etat d'Israël pour 2005. Ce coût comprend la relocalisation des familles, estimée à environ 1 milliard de dollars, la démolition et le transport des décombres des quelque 3000 maisons et bâtiments publics, estimé à 25 millions de dollars. L'armée dépensera près de 500 millions de dollars pour retirer ses bases et son équipement de la bande de Gaza.

Nitzan

La ville de Nitzan est située près de la réserve naturelle des dunes de Nitzanim, entre les villes israéliennes d'Ashdod et d'Ashkelon. Environ 90 familles résident dans ce village peuplé de juifs pieux. Pour accueillir l'afflux des personnes évacuées de Gaza selon le Plan de désengagement, environ 450 maisons permanentes devront être construites dans le cadre de l'expansion de la ville ­ environ cinq fois le nombre de maisons qui existent déjà à Nitzan. De plus, quelque 400 unités de logements temporaires seront construites sur le site.

A la suite d'une pétition émanant d'habitants de Nitzan adressée à la Cour Suprême, un accord a été conclu en Juillet 2005 entre le village de Nitzan et le Gouvernement pour préserver l'identité religieuse de la ville. Il a également été décidé que seules les personnes évacuées dans le cadre du désengagement se verraient offrir un logement permanent dans la ville plutôt que d'élargir l'offre à tout public. Le Gouvernement a déclaré qu'il supprimerait les logements temporaires de Nitzan dans les quatre ans et qu'il prendrait des mesures pour que le site redevienne une zone agricole.

Nitzanim (Projet de)

L'idée de réinstaller des familles évacuées selon le Plan de désengagement dans la région de Nitzanim, entre Ashkelon et Ashdod, a pris un tournant positif en Avril 2005, lorsque le Premier ministre Ariel Sharon a rencontré des représentants des résidents pour en débattre. En Mai 2005, le Conseil israélien du Planning national et de la Construction a donné l'ordre de préparer des plans détaillés de réinstallation des résidents évacués vers la région de Nitzanim, idée qui a été accueillie favorablement par Ariel Sharon. En Juin, le Cabinet israélien a approuvé un projet de réinstallation des résidents évacués du Goush Katif vers cette région.

Des groupes préoccupés par les problèmes d'environnement ont protesté contre ces projets à Nitzanim parce que cette région possède une réserve naturelle composée de dunes de sable exceptionnelles et un écosystème fragile.

Opposition au Plan de désengagement

Les militants anti-désengagement ont bruyamment condamné le Plan de désengagement depuis que celui-ci est devenu une initiative concrète. Leurs méthodes d'opposition sont allées de tentatives politiques de contrecarrer le Plan (cf. Contestataires du Likoud) jusqu'à tout un éventail de protestations En Juin 2004, plus de 100.000 Israéliens ont participé à une « chaîne humaine » s'étendant de Gaza à Jérusalem - premier acte de protestation de grande envergure planifié par le mouvement des résidents et faisant partie d'une campagne orchestrée de désobéissance civile non-violente. Lors de manifestations ultérieures, la couleur orange (cf. Orange) a été utilisée sur les vêtements et les rubans attachés aux véhicules, la circulation a été bloquée aux heures de pointe sur les principales routes israéliennes, de fausses bombes ont été placées dans des lieux peuplés, les militants ont campé en face de la Knesset et occupé l'Hôtel Maoz Hayam dans le Goush Katif (les occupants ont été évacués par la police israélienne en Juin 2005).

Le 13 juillet 2005, 32 jours avant la date du retrait, la bande de Gaza a été déclarée zone militaire fermée et l'entrée aux Israéliens non-résidents interdite par les forces de Tsahal. Le 20 Juillet, La Knesset a rejeté 3 propositions de loi visant à retarder l'évacuation des localités juives de la bande de Gaza et du Nord de la Samarie prévue pour le 17 août 2005. Cette tentative parlementaire constituait la dernière tentative politique d'empêcher la mise en ¦uvre du Plan de désengagement. Enfin, début Août 2005, les opposants au désengagement ont organisé une nouvelle marche à partir de Sdérot afin d'essayer de rejoindre le point de passage de Kissufim et de là, le Goush katif. Malgré un important déploiement de la police israélienne et de Tsahal, un petit nombre a réussi à entrer dans le Goush Katif.

Pendant le déroulement du désengagement, on s'attend en particulier à une opposition de la part des « implantations idéologiques » (les communautés dont les habitants considèrent avoir accompli leur mission idéologique ou religieuse en s'installant sur ces terres ­ et ne sont pas animés par des motivations à caractère stratégique ou de défense).

Orange

Orange est la couleur représentative du camp anti-désengagement. Il reprend la couleur de la bannière de Goush Katif. Les Israéliens anti-désengagement et ceux qui souhaitent exprimer leur solidarité avec les protestataires ont accroché des rubans orange à leurs voitures, ont distribué des affiches orange dans tout le pays et des drapeaux israéliens teints en orange. En outre, pour tenter de gagner des supporters, les manifestants ont organisé des petites fêtes « orange » et d'autres événements sociaux. Certains ont porté des vêtements orange, y compris des T-shirts et des bracelets très en vogue en ce moment. Même les mariées anti-désengagement ont été vues portant des rubans orange attachés à leur robe de mariée et à leur bouquet.

Il est intéressant de noter que le succès de la campagne orange a eu une fâcheuse incidence sur la vente de vêtements de cette couleur, habituellement très portés pendant l'été en Israël. De nombreux commerçants concernés, et qui n'ont rien à voir avec la campagne contre le désengagement, ont déploré que les vêtements orangés soient restés en grand nombre sur les étagères. On raconte même que le Premier ministre Sharon a cessé de porter l'une de ses cravates préférées qui porte des traces de cette couleur.

Plan de désengagement

C'est le Plan du Premier ministre Ariel Sharon de se retirer de la bande de Gaza, du nord de la Cisjordanie et de supprimer toute présence permanente israélienne dans ces zones. Après plus de trois ans d'intifada orchestrée par Yasser Arafat, Israël est parvenu à la conclusion qu'il n'a pas de partenaire crédible du côté palestinien et doit par conséquent agir de manière unilatérale. Le Plan de désengagement est destiné à sortir de l'impasse de la situation actuelle et à améliorer la situation sécuritaire. Il incite à diminuer les frictions avec la population palestinienne. Ce Plan ne vise pas à remplacer des négociations mais peut au contraire apporter une importante contribution pour renouveler les pourparlers de paix, comme l'envisage la Feuille de route (cf. Feuille de route). La mort d'Arafat en Novembre 2004 et l'élection de Mahmoud Abbas à la tête de l'Autorité Palestinienne ont modifié la conception du Plan qui est passé de l'action unilatérale de départ à une action coordonnée avec l'Autorité Palestinienne (cf. Coordination avec les Palestiniens).

La première évocation d'un Plan de désengagement a eu lieu le 18 novembre 2003 dans un discours d'Ariel Sharon à la Conférenced'Herzliya. Presque immédiatement après ce discours, toute la discussion politique sur le conflit israélo-palestinien s'est recentrée sur le Plan de désengagement. Le Plan a été approuvé le 6 juin 2004 par le Cabinet israélien et le 25 octobre 2004 par la Knesset. La mise en application du Plan a débuté le 15 août 2005.

Point de passage de Karni

Il a été construit en 1993 pour permettre aux commerçants palestiniens d'importer et d'exporter des marchandises de et vers Gaza. Situé près de la ville de Gaza, ce point de passage a été le siège de divers attentats terroristes et, parfois, les terroristes ont réussi à entrer en Israël via ce passage. En 1996, un terroriste du Jihad islamique est entré en Israël par le point de passage de Karni et a, par la suite, perpétré un attentat à Tel-Aviv, tuant 13 Israéliens et faisant 125 blessés. Plus récemment, en Mars 2004, les terroristes qui ont commis le double attentat-suicide au port d'Ashdod sont passés clandestinement par le point de passage de Karni. Dix personnes ont été tuées dans cet attentat. Lors de la dernière attaque en date, en Janvier 2005, 6 Israéliens ont été tués et 5 autres blessés dans un bombardement et des tirs de terroristes palestiniens. En même temps que le Plan de désengagement, Israël et l'Autorité Palestinienne sont convenus d'une série de mesures pour améliorer la vie quotidienne des Palestiniens, en facilitant, entre autres choses, leur entrée en Israël à partir de Gaza et par l'augmentation du nombre d'heures de fonctionnement du point de passage de Karni.

Référendum

Le 2 mai 2004, 193.000 membres du Likoud ont voté à 60% contre le Plan de désengagement. Un mois plus tôt, lorsque Ariel Sharon a annoncé qu'il soumettrait à un référendum les membres de son parti, la plupart pensait que le Premier ministre serait soutenu par la majorité des membres. Mais les votes des membres du Likoud ont révélé que ces derniers n'avaient pas soutenu le Plan pour la principale raison qu'ils ne pensaient que cela améliorerait la sécurité et que ce serait au contraire une récompense au terrorisme. Malgré les résultats du référendum, non contraignants, Sharon a résolument poursuivi le Plan de désengagement.

La question d'un référendum national sur le Plan de désengagement a été présentée à la Knesset en Mars 2005, après que les « contestataires » du Likoud (cf. Contestataires du Likoud) aient présenté un projet autorisant un référendum sur le Plan. Toutefois, le projet n'a pas été adopté, 72 députés votant contre (39 pour, 3 abstentions et 6 absents). Bien que le vote ait supprimé un obstacle très important sur la voie du désengagement, il a néanmoins confirmé la force des « contestataires » du Likoud au sein même du parti, du fait que seuls 13 sur 40 membres du puissant bloc de la Knesset ont voté contre le référendum, y compris le Premier ministre Sharon lui-même. Il est intéressant de noter que la faction du Shinouï à la Knesset, bien qu'elle soit officiellement membre de l'opposition, a voté contre le projet de référendum.

Roquettes Qassam

Les roquettes Qassam sont des armes grossièrement fabriquées qui ont été utilisées contre des cibles israéliennes depuis le début de la seconde intifada, fin Septembre 2000. On pense qu'il existe aujourd'hui trois types de roquettes Qassam qui ont une portée pouvant atteindre 12 kilomètres. Chacune fait environ deux mètres de long et est remplie d'explosifs.

Une fois lancées par des terroristes à l'intérieur de la bande de Gaza, les roquettes, non guidées, atterrissent rapidement. Outre des dégâts causés aux constructions, les roquettes ont également entraîné la mort et des blessures, tuant tout récemment une jeune fille de 22 ans résidant dans le mochav Netiv Hasa'ara, situé dans le Néguev à plusieurs kilomètres au nord de la bande de Gaza. Sderot, ville du Néguev, ainsi que les implantations de Gaza, ont constitué les principales cibles des attaques de roquettes Qassam (4 morts à Sderot, dont 3 enfants).

L'organisation terroriste Hamas a joué un rôle de premier plan dans la fabrication de ces roquettes faites maison. L'une des incertitudes actuelles porte sur la manière dont Israël va traiter la menace des roquettes, si cette menace se prolonge après la fin de la mise en ¦uvre du Plan de désengagement. Le Qassam 4 est supposé avoir une portée de 17 Km, ce qui menace une partie du territoire israélien encore plus importante. Quarante-six agglomérations israéliennes situées dans la partie Ouest du Néguev seront dans le champ de tirs des roquettes après le désengagement.

Sderot

Sderot, ville de développement, est située dans la partie ouest du désert du Néguev, près de la bande de Gaza. Elle compte environ 24.000 habitants, plus de la moitié étant originaires de l'ex-Union soviétique et beaucoup d'autres d'Ethiopie et d'Afrique du Nord. En raison de sa proximité de Gaza - à moins d'un kilomètre de la ville palestinienne de Beit Hanoun - Sderot a été le siège d'un déluge de tirs de roquettes Qassam. En Juin 2004, un homme et un jeune enfant de Sderot ont été tués par une roquette Qassam alors qu'ils se rendaient à pied à un centre commercial. Ce furent les premières victimes causées par des missiles improvisés. Deux enfants de la ville ont été tués par des tirs de roquettes Qassam en Septembre 2004.

Un système de détection à avertissement rapide, qui émet un signal lorsqu'il détecte une roquette Qassam, a été installé à Sderot, au kibboutz Nir Am et au Collège Sapir en Octobre 2004. Toutefois, il reste à déterminer avec précision la manière dont Israël va traiter la menace des roquettes Qassam si les tirs se poursuivent après la mise en application du Plan de désengagement.

Sharon (Ariel)

Ariel Sharon a été nommé Premier ministre en Mars 2001 et a été réélu pour un second mandat en Janvier 2003. Dans le passé, Sharon a été considéré comme le principal partisan de l'entreprise de colonisation. Cependant, depuis qu'il est devenu Premier ministre, Sharon a prononcé de nombreuses déclarations publiques en faveur de la création d'un Etat palestinien, reconnaissant la nécessité de démanteler des implantations. En Octobre 2001, Sharon a dit à des membres du Likoud qu'il serait d'accord pour un Etat palestinien indépendant si la sécurité d'Israël était garantie. Parlant à la troisième Conférence annuelle d'Herzliya en Décembre 2002, Sharon a évoqué la nécessité de faire des compromis en vue d'une paix véritable et a bien accueilli l'idée du président Bush d'un Etat palestinien vivant aux côtés d'Israël. En Avril 2003, Sharon a été interviewé par le quotidien israélien Haaretz et a exprimé sa volonté de faire des efforts pour parvenir à une paix avec les Palestiniens, incluant ledémantèlement éventuel des implantations.

Lors de la 4ème conférence annuelle d'Herzliya, en Décembre 2003 (cf. Conférence d'Herzliya), Sharon a esquissé sa nouvelle initiative politique de désengagement unilatéral. Au cours des mois suivants, le Plan a été plus détaillé et a gagné en dynamisme et en soutien. Malgré les difficultés qu'il a rencontrées, Sharon est déterminé à aller de l'avant et à appliquer le Plan de désengagement.

Sommet de Sharm el-Sheikh

Le Premier ministre Sharon, le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, le Président égyptien Hosni Moubarak, et le Roi Abdallah de Jordanie se sont réunis au sommet de Sharm el-Sheikh, au sud de la péninsule du Sinaï, le 8 février 2005. Lors de ce sommet, Ariel Sharon et Mahmoud Abbas ont déclaré un cessez-le-feu et se sont mis d'accord sur une série de mesures destinées à construire des relations de confiance comprenant la libération de centaines de prisonniers palestiniens.

Sharon informa les participants de ce sommet de sa détermination à mettre à exécution le Plan de désengagement. Il ajouta que bien que le Plan ait été initié par une décision unilatérale, si des changements surgissaient du côté palestinien, le désengagement pourrait devenir « le nouveau point de départ d'un processus coordonné couronné de succès. »

Sondages d'opinion

Tout au long du déroulement du Plan de désengagement, des sondages ont régulièrement montré qu'une majorité d'Israéliens étaient favorables au désengagement de la bande de Gaza et de quatre implantations du nord de la Cisjordanie. Les sondages ont révélé un soutien très élevé à un certain moment, plus de 70% d'Israéliens adultes (y compris des Arabes israéliens) déclarant qu'ils étaient favorables à un retrait unilatéral de la bande de Gaza.

Mais, début Juin 2005, le soutien du public est tombé à son niveau le plus bas, 48% seulement d'Israéliens étant favorables au Plan de désengagement et 33% étant contre. Cette baisse a été attribuée au malaise et à la confusion ressentis par le public devant les divergences entre le Gouvernement et le mouvement des résidents à propos du désengagement. Des analystes ont émis l'idée que face à l'accroissement des violences palestiniennes du mois de Juin, des doutes sur le résultat du désengagement, notamment sur la redynamisation immédiate du processus de paix, devaient être pris en compte dans la baisse du soutien au Plan de désengagement. Des sondages d'opinion menés début Juillet ont reflété une augmentation du soutien au Plan, de 54% à 62% d'Israéliens se prononçant en sa faveur.

Soutien diplomatique international

Le Plan de désengagement a tout d'abord suscité le scepticisme de la communauté internationale. Mais, comme le Plan a pris de la vitesse et que la crédibilité de Sharon a grandi, le climat international a également changé, quasiment tous les acteurs internationaux importants apportant un soutien public et considérant le Plan comme le moyen de revitaliser le processus de paix.

Le Président George W. Bush a approuvé le Plan, de même que les principaux dirigeants politiques américains. Le Premier ministre britannique, Tony Blair et le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Jack Straw, ont également exprimé leur soutien au Plan, le désignant comme une étape courageuse et importante en direction de la reprise de négociations de paix bilatérales. Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan a fait l'éloge du courage et de la détermination du Premier ministre Sharon à mettre en oeuvre le Plan de désengagement. L'Union Européenne, le Quartet (ONU, Etats-Unis, Union Européenne et Russie) et le G8 ont également réaffirmé leur soutien au Plan, qu'ils considèrent comme une occasion de revitaliser la Feuille de route. Un soutien s'est également manifesté dans le monde arabe, le roi Abdallah de Jordanie et Hosni Moubarak d'Egypte accueillant ce Plan comme une étape utile vers la paix au Moyen-Orient.

Soutien économique international

Un soutien économique international a été promis pour dynamiser l'économie palestinienne après le retrait d'Israël. En Mars 2005, lors de la rencontre de Londres sur le Soutien à l'Autorité Palestinienne, des représentants de la communauté internationale ont promis d'accorder une aide financière aux Palestiniens. Le Premier ministre britannique, Tony Blair, a noté lors de cette rencontre que l'Union Européenne fournira 330 millions de dollars supplémentaires, tandis que les Etats-Unis avaient déjà promis 350 millions de dollars. En Juillet 2005, à la rencontre au sommet du G8, des dirigeants ont décidé de doubler l'aide internationale à l'Autorité Palestinienne ­ atteignant un montant de 2 milliards de dollars par an (approximativement 600 dollars par personne).

A la mi-avril 2005, James Wolfensohn, ancien président de la Banque Mondiale, a été nommé Envoyé Spécial du Quartet pour le désengagement, chargé d'aider à superviser le Plan et à coordonner, par la suite, les efforts de revitalisation de Gaza. Wolfensohn a déjà visité la région à plusieurs reprises en s'efforçant de faire accroître le financement international afin de contribuer à améliorer la vie quotidienne des Palestiniens. Il a encouragé un certain nombre de projets spécifiques, parmi lesquels le lien ferroviaire proposé entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, projet auquel Ariel Sharon aurait donné son accord.

Tunnels de contrebande

De nombreux tunnels ont été construits sous la frontière entre l'Egypte et Gaza depuis 1982. Ces tunnels sont utilisés pour passer des armes, des marchandises, des stupéfiants et des terroristes depuis Gaza et vers Gaza. Comme les autres routes de contrebande ont diminué en raison du bouclage de la frontière entre Gaza et Israël et de l'amélioration de la sécurité le long de la route maritime, la construction de tunnels a augmenté.

Particulièrement depuis le début de la seconde intifada, les terroristes palestiniens sont parvenus à acquérir des armes en abondance à travers ces tunnels. Ils ont aussi modernisé leur arsenal par ce moyen. Les organisations terroristes palestiniennes ont fait pression sur de nombreux habitants de Rafah pour qu'ils accueillent et permettent la construction de ces tunnels à l'intérieur de leurs propriétés, même s'ils constituaient manifestement un danger pour leur sécurité. Les tunnels ont vraiment beaucoup profité à ceux qui en contrôlent l'accès. Tandis que l'armée israélienne a réussi à découvrir et a condamné un grand nombre de ces tunnels, l'Autorité Palestinienne devra assumer un surcroît de responsabilité pour les condamner et empêcher leur prolifération.

Vote du Cabinet

Le 6 juin 2004, le Cabinet israélien a voté le Plan de désengagement, par 14 voix pour et 7 contre. Quelques jours avant le vote, le Premier ministre Sharon a exclu de son Cabinet les deux Ministres de l'Union nationale ­ Benny Elon, Ministre du Tourisme et Avigdor Lieberman, Ministre des Transports ­ qui étaient opposés au Plan et avaient annoncé qu'ils quitteraient le Gouvernement si le Cabinet l'approuvait.

Le Cabinet a approuvé le Plan de désengagement, mais sous réserve que le démantèlement de chaque implantation serait voté séparément. Le Ministre de la Justice, Tzipi Livni, a initié un compromis afin de convaincre les Ministres Benjamin Netanyahu, Limor Livnat et Silvan Shalom de soutenir le désengagement lors du vote du Cabinet. Conformément à ce compromis, le Plan de désengagement répartit les zones évacuées en quatre groupes ­ le nord de la bande de Gaza, des implantations isolées de Gaza (Netzarim, Kfar Darom et Morag), le Goush Katif, et les quatre implantations du nord de la Cisjordanie. Le « Compromis Livni » demande au cabinet de se réunir après chacune des étapes afin d'approuver l'étape suivante.

Plusieurs jours après le vote du Cabinet, deux Ministres du Parti National Religieux (PNR) ­ le leader du PNR et Ministre du Logement, Effi Eitam, ainsi que le vice-Ministre du Cabinet du Premier ministre, Yitzhak Levy ­ ont quitté le Gouvernement en raison de leur opposition au Plan de désengagement. Le Ministre du Travail et des Affaires sociales, Zevoulon Orlev, également du PNR, est resté dans la coalition jusqu'en Novembre 2004, lorsque son parti a quitté le Gouvernement pour protester contre le désengagement.

Vote de la Knesset

La Knesset (Parlement) a voté le Plan de désengagement en Octobre 2004 par 67 voix pour, 45 contre, 7 absentions, et 1 absent.

Le Ministre de l'Education, Limor Livnat, et le Ministre des Finances, Benjamin Netanyahou, ont tout d'abord menacé de s'abstenir, mais ont finalement voté en faveur du retrait, de même que les Ministres Silvan Shalom et Tzachi Hanegbi. Au total, 23 députés du Likoud ont voté en faveur du Plan, tandis que 17 ont voté contre. Un total de 21 députés travaillistes et un député du parti « Une Nation » (centre gauche) ont voté pour, tout comme 14 membres du Shinouï (centre laïc), 6 du Yahad (ancien Meretz, gauche), 2 membres du parti « Liste Arabe Unie » et un de l'Union Nationale (extrême-droite). Les onze députés du Shass (parti religieux sépharade) ont voté contre le Plan, sur l'ordre du chef spirituel de leur parti, le rabbin Ovadia Yossef, de même que 6 membres du Parti National Religieux et 5 membres de « Judaïsme Unifié de la Torah ». Trois députés membres du parti « Hadash » (parti arabe israélien) et 3 membres du parti « Balad » (extrême gauche arabe israélien) se sont abstenus, de même qu'un député de « Une nation » (centre gauche). Le Ministre Uzi Landau et le vice-Ministre de l'Industrie et du Commerce, Michaël Ratzon, ont tous deux voté contre le Plan et ont été exclus de la coalition gouvernementale aussitôt après le vote. Le Premier ministre Sharon avait averti, juste avant le vote, qu'il exclurait tout ministre qui voterait contre le Plan.

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Les 25 implantations qui seront évacuées

Le Plan de désengagement concerne quelque 1700 familles de résidents, soit environ 8000 personnes, qui doivent quitter leur maison et leur travail qu'ils ont construits tout au long de plusieurs décennies. A court terme, ce sont eux qui paient le prix le plus fort pour la paix. Ils ont été encouragés par les précédents gouvernements, de gauche comme de droite, à s'installer sur ces terres désertiques et à en faire des terres abritant maisons, jardins, cultures. Aujourd'hui, on leur demande d'abandonner ce qu'ils ont réalisé.
Cela signifie notamment que :
- 42 crèches, 36 jardins d'enfants, 7 écoles élémentaires et 3 lycées seront fermés
- 5000 écoliers devront trouver de nouvelles écoles
- 38 synagogues seront démontées
- 166 fermiers israéliens perdront leur travail ­ plus environ 5000 de leurs ouvriers palestiniens qui perdront leur emploi.
- 48 tombes du cimetière du Goush Katif, comprenant celles de 6 résidents assassinés par des terroristes, seront exhumées et transplantées en Israël.

Bande de Gaza : 21 implantations


Atzmona (Bnei Atzmon). Fondée en 1979, Atzmona abrite 75 familles, soit 574 personnes. Fondée à l'origine après l'évacuation de l'implantation de Yamit dans le Sinaï, elle fut réinstallée à Gaza. La plupart des habitants travaillent dans l'agriculture. C'est l'une des implantations du Goush Katif.

Bedolah. Bedolah abrite 35 familles, soit 217 personnes. C'est l'un des villages du Goush Katif. Il a été créé en 1986 par une seconde génération de résidents israéliens du sud de la bande de Gaza et avec des habitants de localités des régions du Lakhish et de la plaine de Sharon. Bedolah est un village religieux dont les habitants travaillent principalement dans l'agriculture.

Douguit. Douguit a été fondé en 1990. Situé dans la partie nord de la bande de Gaza, 20 familles y vivent, soit 76 personnes. C'est un village de pêcheurs, non religieux, dont les habitants travaillent dans des domaines très divers ­ services de sauvetage, pisciculture, agriculture marine et tourisme. C'est l'une des trois implantations du nord de la bande de Gaza.

Eleï Sinaï. Egalement l'une des trois implantations du nord de Gaza, Elei Sinaï a été fondé en 1993. Environ 95 familles, soit 450 personnes, y vivent. Elei Sinaï a été fondé par un groupe de résidents dont certains avaient été évacués de Yamit, dans le Sinaï, conformément au traité de paix de 1979 entre Israël et l'Egypte. La plupart de ses habitants exercent des professions libérales et sont laïques.

Gadid. Faisant partie du Goush Katif, Gadid a été fondé en 1982. Soixante familles, soit plus de 350 personnes, y vivent. C'est un village religieux, comprenant une population française importante et la plupart de ses habitants travaillent dans les serres (cultures sous serres).

Gan Or. 70 familles, soit 400 personnes environ, vivent à Gan Or, situé dans le Goush Katif. Cette implantation a été fondé en 1983 par des membres des Yeshivot Hesder (soldats religieux regroupés en unité) et du mouvement religieux Bné Akiva et a donc été établi sur les principes de la Torah : étude et travail (Torah veAvodah). Ses habitants exercent des professions libérales ou travaillent dans la culture sous serres.

Ganei Tal. Ganei Tal a été établi en 1979 et compte aujourd'hui une population d'environ 450 personnes, soit 80 familles. Des membres du mouvement Bné Akiva ont fondé ce village religieux dans le Goush Katif. Tous ses habitants servent dans l'armée israélienne dans le cadre du Nahal (qui combine le service militaire dans une unité de combat et le service civique dans un kibboutz ou un mochav nouvellement créé) et dansle cadre du Yeshivot Hesder (qui associe étude de la Torah et service militaire). La plupart des habitants vivent de l'agriculture, surtout la culture des légumes, des fleurs, des épices et des plantes potagères. D'autres exercent des professions libérales.

Katif. Katif a été fondé en 1985 comme l'une des implantations du Goush Katif. Soixante-cinq familles y vivent, soit environ 354 personnes. Le village a été fondé comme avant-poste de l'armée puis il est devenu village civil en 1997. La plupart des habitants de ce village religieux travaillent dans l'agriculture.

Kerem Atzmona. Fondé en 2001, c'est l'un des villages les plus récents du Goush Katif. Il compte une population de 15 familles, soit 60 personnes. Il est situé entre Morag et Atzmona, au sud de la bande de Gaza. Kerem Atzmona est un village religieux dont les habitants travaillent principalement dans les professions libérales et dans l'éducation.

Kfar Darom. Kfar Darom a été créé comme kibboutz en 1946. Pendant la guerre d'Indépendance d'Israël, ses habitants ont été évacués et le kibboutz a été pris par les Egyptiens. Kfar Darom s'est réinstallé en 1970 sur le site du kibboutz d'origine. C'est un village religieux qui compte 65 familles, soit plus de 360 personnes. Ses habitants travaillent dans la culture des légumes, en particulier celle de légumes dépourvus d'insectes qui sont vendus en Israël et exportés dans le monde entier. Quelques habitants travaillent également dans des professions libérales et dans l'éducation.

Kfar Yam. Kfar Yam a été fondé en 1983. Seules quatre familles y vivent. Situé à l'ouest de Neveh Dekalim, Kfar Yam est proche du village de Shirat Hayam et est considéré comme faisant partie d'un groupe isolé d'implantations du Goush Katif.

Morag. Morag a été fondé en 1972 et compte 37 familles, soit 200 personnes. Il a été fondé tout d'abord comme avant-poste du Nahal puis est devenu une implantation civile en 1983. C'est un village religieux dont les habitants travaillent principalement dans l'agriculture, la culture des tomates, des légumes dépourvus de vers et des épices cultivées sous serres. C'est l'un des villages du Goush Katif.

Netzarim. Fondé en 1972, Netzarim abrite 70 familles totalisant plus de 450 personnes. A l'origine, c'était un avant-poste de l'Hashomer Hatzaïr, mouvement de jeunesse sioniste socialiste. En 1984, il est devenu une base de transit pour les résidents de Katif. Netzarim est composé principalement d'Israéliens religieux et beaucoup sont employés dans l'agriculture, dans l'éducation et les professions libérales.

Netzer Hazani. Netzer Hazani a été fondé en 1972. 410 personnes y vivent, soit 70 familles. Netzer Hazani a été la première implantation du Goush Katif et a d'abord constitué un avant-poste de l'armée. Il est devenu un village civil en 1977. La plupart des habitants de ce