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Palestine |
Le plus grand camp de prisonniers du monde. Il semble qu'Israël veuille fermer Gaza à double tour et jeter la clé
C'est un village bédouin - des cahutes en parpaings
brise-vent édifiées sur des dunes de sable - au nord de
la bande de Gaza, surveillé depuis longtemps par les miradors
de l'armée israélienne, dressés tout autour de
la colonie juive de Nisanit. La plupart des nuits, durant l'Intifada,
les soldats juchés sur ces miradors tiraient, au-dessous d'eux,
dans les venelles de ce village, forçant tous les habitants à
se calfeutrer chez eux. A l'occasion, des enfants, désorientés
et paniqués par les rafales, s'étaient jetés dans
la ligne de mire, au lieu de se réfugier dans l'intérieur
des ruelles. Les colonies israéliennes de la bande de Gaza étaient
ainsi entourées de plus d'un de ces miradors tirant au petit
bonheur la chance. Ils ont tué des centaines de Palestiniens,
tant activistes que parfaitement innocents, et ils sont bien naturellement
exécrés par la population locale. Leur démontage,
la semaine dernière, en même temps que celui des colonies
elles-mêmes, sera à juste titre un moment de fête.
Mais ce n'est pas parce que les signes les plus visibles et les plus
oppressifs de l'occupation israélienne ne seront plus là
qu'il faudra s'illusionner à penser que Gaza aurait cessé
d'être le plus grand camp de prisonnier du monde. La semaine passée,
le gouvernement israélien a décidé de maintenir
jusqu'à nouvel ordre des troupes sur la frontière entre
la bande de Gaza et l' Egypte- tout au long de ce que l'on dénomme
le « corridor Philadelphie ». C' est depuis un mirador situé
sur cette frontière que le militant pacifiste Tom Hurndall a
été visé (mortellement), en 2003. La même
réunion du cabinet israélien a décidé également
qu'Israël doit continuer à contrôler qui entre à
Gaza et en sort, via l'Egypte, et a proposé d'ouvrir un nouveau
poste frontière à Kerem Shalom, point où les Israël,
la bande de Gaza et l'Egypte se rencontrent. Cette réunion ministérielle
décidément fort bien remplie a aussi décidé
d'accorder à la bande de Gaza trois miles d'eaux territoriales
- au-delà desquelles Israël continuera à contrôler
la mer. Il avait déjà été décidé
précédemment qu'Israël continuerait à contrôler
l' espace aérien de la bande de Gaza.
Gaza: les Palestiniens veulent garder le statut "d'occupé" après le retrait
Les Palestiniens veulent conserver le statut juridique
"d'occupé" pour Gaza après le retrait israélien,
tandis que l'Etat hébreu envisage de demander au Conseil de sécurité
le vote d'une résolution proclamant la fin de "l'occupation"
de ce territoire après son évacuation par les colons.
Chercher des noms pour rebaptiser une terre libérée
Supershow à Gaza, la plus grande prison du monde
Durant les dernières semaines, plus de 1 000
journalistes étrangers se sont rués en Palestine occupée
pour couvrir le "super-événement" de l'été
: l'évacuation des 7 300 colons juifs de Gaza et des 475 colons
de Samarie. Matin, midi et soir, l'ensemble des télévisions
nous ont abreuvés de reportages "émouvants"
sur les pauvres colons chassés de "leurs" maisons.
Pendant ce temps, la construction du Mur d'apartheid continue de plus
belle, de nouveaux colons s'installent en Cisjordanie - où ils
sont plus de 240 000 et où 6 400 nouveaux logements ont été
construits ces dernières semaines - et au Néguev, et l'étau
sioniste se resserre autour de Jérusalem-Est, dont 55 000 Palestiniens
vont se retrouver exclus.
Un glossaire sioniste du désengagement, de A à Z
Introduction Etablir la paix est un objectif fondamental de la tradition
juive et une politique déclarée de l'Etat d'Israël.
Israël recherche depuis longtemps la paix avec ses voisins arabes,
particulièrement avec les Palestiniens. Le grand défi
de la paix est d'être un processus qui, heureusement, ne s'arrête
pas simplement avec la fin des hostilités entre les anciens ennemis,
mais commence avec une nouvelle relation de coexistence. Le but ultime
d'Israël est d'établir de bonnes relations de voisinage
avec un Etat palestinien. A
B Désobéissance (sarvanim)
I
J
T
Les 25 implantations qui seront évacuées
Bande de Gaza : 21 implantations -
Atzmona (Bnei Atzmon) - Bedolah - Douguit - Eleï Sinaï - Gadid
- Gan Or - Ganei Tal - Katif - Kerem Atzmona - Kfar Darom - Kfar Yam
- Morag - Netzarim
Nord de la Samarie 4 implantations : Ganim - Homesh - Kadim - Sa Nour Administration du désengagement L'administration du désengagement a pour charge
de mettre en ¦uvre le Plan de désengagement, traitant
principalement des compensations accordées aux résidents
évacués. Elle est dirigée par Yonathan Bassi, membre
du camp national religieux Autorité Palestinienne L'Autorité Palestinienne, et en particulier
son Président Mahmoud Abbas, ont insisté sur leur volonté
d'assurer une mise en oeuvre en douceur du Plan de désengagement.
Mahmoud Abbas a donc mis sur pied, en Juin, une force de sécurité
de 5000 membres dont la mission est d'empêcher tout pillage ou
prise de pouvoir dans les implantations de Gaza, une fois celles-ci
évacuées. La crainte prévaut néanmoins que
les forces palestiniennes aient à se battre contre des éléments
terroristes des organisations palestiniennes radicales, considérées
comme les "autorités de la rue" dans certaines régions,
et que l'Autorité Palestinienne et ses forces ne soient pas assez
solides pour y faire face. Bande de Gaza La bande de Gaza a une superficie de 395 km…
et est limitée par Israël, l'Egypte et la Méditerranée.
Environ 1.300.000 Palestiniens vivent à Gaza. Des négociations
directes en vue de définir le statut permanent de la bande de
Gaza ont été entamées en septembre 1999 mais ont
été reportées à cause du début de
la seconde intifada. Bande de Gaza - Barrière de sécurité A l'origine, vers le milieu des années 1990,
une barrière de sécurité avait été
construite le long du périmètre de la bande de Gaza. Elle
a été en grande partie détruite par des terroristes
palestiniens au début de la seconde intifada. Puis elle a été
reconstruite en 2001 et le renforcement de sa sécurité
a permis à l'armée israélienne de prévenir
presque toutes les infiltrations le long de cette barrière. Budget du Plan de désengagement Le coût économique du Plan de désengagement
est considérable. Le montant global des compensations, approuvé
par la Knesset, pour l'évacuation des résidents qui sont
volontaires pour être réinstallés ailleurs s'élève
à 3,8 milliards de shekels, ce qui équivaut à environ
à 680 millions d'euros (cf. Loi de compensation de l'évacuation).
Des estimations plus récentes suggèrent toutefois que
ce montant pourrait s'élever à 4,8 milliards de shekel
(804 millions d'euros). En outre, tandis que 2 milliards de shekel (360
millions d'euros) ont été alloués pour couvrir
le coût des effectifs de défense - armée israélienne
et police - le Ministère de la Défense a déclaré
que le coût réel dépassera de loin cet objectif
et pourrait atteindre 2,5 milliards de shekel (450 millions d'euros).
En se fondant sur ces chiffres, on estime actuellement le budget du
Plan de désengagement à environ 7,6 milliards de shekel
(approximativement 1,4 milliard d'euros), somme considérable
qui correspond à 1 % du produit national brut d'Israël. Cisjordanie - Implantations Israël projette de se désengager de 777
km… carrés au nord de la Cisjordanie et le démantèlement
de quatre localités juives de cette région est prévu
dans le cadre du Plan de désengagement : Ganim, Kadim, Homesh
et Sa Nour. Israël retirera toutes ses installations militaires
permanentes dans cette région et se redéploiera à
l'extérieur de la zone évacuée. Selon le Plan de
désengagement, ce mouvement procurera aux Palestiniens une contiguïté
territoriale dans les parties nord de la Cisjordanie, il leur sera plus
facile d'y vivre une vie normale et cela facilitera l'activité
économique et commerciale. Commission Nationale d'Organisation du désengagement Dirigée par Giora Eiland, chef du Conseil National de Sécurité d'Israël (CNS), la Commission Nationale d'Organisation est responsable de la mise en ¦uvre du Plan de désengagement et, en particulier, de tous les aspects de l'exécution du Plan dans les domaines civils et de sécurité. Les Directeurs généraux de tous les ministères impliqués font partie de cette commission. Le 18 décembre 2003, Ariel Sharon est intervenu
lors de la 4ème Conférence annuelle du Centre Pluridisciplinaire
d'Herzliya et a clairement exprimé sa conception de la progression
vers la paix avec les Palestiniens. C'était la première
fois qu'Israël annonçait officiellement qu'il était
prêt à prendre des mesures unilatérales si les Palestiniens
ne remplissaient pas leurs engagements à mettre en application
la Feuille de route. Confiance - Construction de relations de confiance A la suite du sommet de Sharm el-Sheikh, (cf. Sommet
de Sharm el-Sheikh), Israël a adopté une série de
mesures destinées à faciliter la vie quotidienne de la
population palestinienne. Ces mesures ont été mises en
¦uvre parallèlement aux préparatifs d'Israël
en vue de l'application du Plan de désengagement. Elles ont été
adoptées dans le cadre d'une politique visant à utiliser
la fenêtre d'opportunités ouverte après l'instauration
du nouveau Gouvernement palestinien, en Janvier 2005, et elles renouvellent
la coopération entre l'Autorité Palestinienne et Israël. Conseil régional de la côte de Gaza Le Conseil régional de la côte de Gaza
est l'organisme représentatif municipal qui réunit les
21 implantations israéliennes de Gaza. Celles-ci comprennent
la région du Goush Katif, Netzarim, Kfar Darom et les localités
du nord de Gaza : Nissanit, Dougit et Elei Sinai. Ce Conseil est actuellement
dirigé par Itzik Elia. Conseil de Yesha Le Conseil des communautés juives de Judée,
de Samarie et du district de Gaza (« Yesha » est composé
des initiales, en hébreu, de Judée, Samarie et Gaza) a
été fondé vers la fin des années 1970. Le
Conseil a pour président Bentzi Lieberman et représente
toutes les villes, bourgades et villages juifs de Cisjordanie et de
Gaza. Le Conseil de Yesha est au premier rang de l'opposition au Plan
de désengagement. Contestataires du Likoud Les contestataires du Likoud sont les députés
membres du Likoud qui s'opposent activement au Plan de désengagement
et tentent de le saper. Le député Uzi Landau, qui a été
exclu du Cabinet en Octobre 2004, est généralement considéré
comme le leader du groupe. Le nombre exact de contestataires du Likoud
a fluctué, allant de 10 à 18 membres de la Knesset appartenant
au Likoud à un moment donné. Les contestataires ont effectué
diverses tentatives pour contrecarrer le Plan de désengagement,
parmi lesquelles la plus importante fut une campagne appelant à
un référendum national sur le Plan. Toutefois, le projet
de loi qu'ils ont tenté de présenter fut mis en échec
par un vote en séance plénière de la Knesset, en
Mars 2005. Coordination avec les Palestiniens Bien que le Plan de désengagement ait été,
à l'origine, une démarche unilatérale, l'évolution
politique, les circonstances (en particulier la mort d'Arafat en Novembre
2004 et l'élection de Mahmoud Abbas comme nouveau Président
de l'Autorité Palestinienne) ont modifié la conception
du Plan en une action coordonnée avec l'Autorité Palestinienne.
Des officiels israéliens et palestiniens se sont rencontrés
en de nombreuses occasions pour discuter de la coordination du Plan
de désengagement. Cette coordination a pour but de garantir un
retrait en douceur et d'éviterdes attaques terroristes contre
les forces israéliennes et les civils au cours du processus.
Lors d'une réunion mémorable de Juillet 2005, le Ministre
de la Défense, Shaoul Mofaz et le Ministre palestinien de l'Intérieur,
le Général Nasser Youssef, sont convenus de tenir des
réunions de coordination régulières entre commandants
sur le terrain. Ils sont également parvenus à un accord
selon lequel l'Autorité Palestinienne déploiera ses troupes
(armées) pour faire tampon entre la région palestinienne
densément peuplée de Khan Younès et les implantations
du Goush Katif au moment du désengagement. En outre, les troupes
de l'Autorité Palestinienne seront déployées afin
d'empêcher le pillage dans les implantations évacuées. Corridor Philadelphie Appelé également route Philadelphie,
ce corridor est situé sur la frontière entre Gaza et l'Egypte.
Il fait 10 kilomètres de long et est utilisé par l'armée
israélienne pour patrouiller le long de la frontière,
avant tout à cause des infiltrations et de la contrebande d'armes.
Les accords d'Oslo (1994) spécifiaient que l'armée israélienne
continuerait à contrôler cette étroite bande de
terre entre la région sous contrôle palestinien et l'Egypte.
Conformément au texte révisé du Plan de désengagement,
Israël va maintenir une présence militaire le long du corridor
Philadelphie pour éviter la contrebande d'armes à travers
la frontière. Cette situation sera réajustée lorsque
la situation sécuritaire et la coopération avec l'Egypte
permettront d'adopter des dispositions de sécurité renforcées. Egypte La participation et la coopération de l'Egypte
sont considérées comme vitales pour la réussite
du Plan de désengagement. Tandis que divers aspects de la participation
égyptienne sont encore à l'étude, comme le déploiement
de gardes de part et d'autre de la frontière égyptienne,
le Plan de désengagement expose quelques détails sur l'implication
de l'Egypte. Par exemple, il est prévu que des experts égyptiens
et d'autres nationalités contribuent à dispenser une formation
dans le domaine de la sécurité, une assistance et des
conseils aux forces de sécurité palestiniennes. En outre,
Israël et l'Egypte examineront la possibilité d'implanter
une zone industrielle commune sur la frontière entre l'Egypte,
Gaza et Israël. Erez - Point de passage (également « Zone industrielle d'Erez) Depuis le début de la seconde intifada, en l'an
2000, des attentats au point de passage d'Erez, au nord de la bande
de Gaza, ont fait 12 morts et de nombreux blessés israéliens.
Ce point de passage a été fermé en Août 2004
à la suite d'un incident lors duquel un travailleur palestinien
a été découvert avec des explosifs. En Novembre
2004, un nombre limité de commerçants et d'ouvriers ont
reçu l'autorisation d'entrer de nouveau en Israël et dans
la zone industrielle. Après avoir été fermée
de nouveau après l'attaque terroriste au point de passage de
Karni, en Janvier 2005, où 6 Israéliens ont été
tués, le point de passage d'Erez a été rouvert
en Février 2005 en signe de bonne volonté pour permettre
aux ouvriers palestiniens d'entrer en Israël et dans la zone industrielle.
Lors du dernier incident, en Juin 2005, une femme palestinienne dotée
d'une autorisation pour suivre en Israël un traitement médical
a été appréhendée au terminal d'Erez ; elle
portait une ceinture d'explosifs qu'elle tenta en vain de faire exploser.
Les attentats au point de passage n'étaient pas le fait du hasard
: Erez était devenu une cible symbolisant la coopération
et la collaboration entre Israéliens et Palestiniens. Par une
ironie du sort, ce sont les Palestiniens qui ont subi les conséquences
économiques les plus importantes des attaques d'Erez. Evacuation par les forces de sécurité L'évacuation des civils des implantations selon
le Plan de désengagement sera menée par environ 40.000
soldats et 4000 policiers israéliens. Les forces de sécurité
se sont préparées au désengagement pendant plusieurs
mois, essayant d'envisager tous les scénarios possibles et de
finaliser les plans opérationnels pour l'évacuation. Des
psychologues aideront les commandants à préparer les forces
et à fournir des réponses aux problèmes qui pourraient
survenir au cours de l'opération. Feuille de route La proposition de paix selon la Feuille de route, rendue
publique en Avril 2003, envisage un Etat israélien et un Etat
palestinien vivant « en paix côte à côte »
et la cessation du terrorisme. Elle a été formulée
par le Quartet (Union Européenne, ONU, Etats-Unis et Russie)
et pose des jalons destinés à conduire Israéliens
et Palestiniens vers le but ultime d'un règlement global et permanent
du conflit israélo-palestinien (cf. « Texte de la Feuille
de Route »). Goush Katif Le Goush Katif (goush = bloc), le plus grand bloc d'implantations
de Gaza, est composé de 15 implantations distinctes habitées
par environ 1700 familles. Les premières implantations du Goush
Katif ont été créées au début des
années 1970, à la suite de la guerre des Six-Jours, Israël
ayant pris le contrôle de la bande de Gaza alors annexée
par l'Egypte. Situées à l'extrémité sud
de la bande de Gaza, les implantations du Goush Katif ont été
la cible de nombreuses attaques terroristes. Gouvernement d'Union nationale La séance plénière de la Knesset
a approuvé l'actuel Gouvernement d'Union nationale en Janvier
2005. Il est composé des partis suivants : le Likoud, les Travaillistes
et Judaïsme Unifié de la Torah. Des négociations
en vue de former un nouveau Gouvernement d'Union nationale ont commencé
lorsque le Premier ministre Sharon a exclu son principal partenaire
de la coalition, le parti Shinouï, centriste et laïque, en
Décembre 2004, après que ses ministres eurent voté
contre le projet de budget de l'Etat. Habitants juifs de Gaza Il y a environ 8500 habitants juifs dans la bande de
Gaza. Ils viennent d'horizons très divers, comme l'ont montré
leurs motivations à choisir de vivre à Gaza. Certains
considèrent leur présence à Gaza comme la réalisation
de leur attachement idéologique au « Grand Israël
». D'autres voient en Gaza un atout stratégique pour Israël.
D'autres encore ont été motivés par la possibilité
d'acquérir un logement à un coût plus abordable
; certains ont évoqué les beaux paysages et leur amour
de la mer comme ayant motivé leur désir initial de s'y
installer. Nombre d'entre eux tiennent pour fondamental dans leur vie
le caractère très uni des communautés de Gaza ;
et c'est pour cela que plusieurs d'entre ces communautés ont
demandé à l'Administration du désengagement de
réinstaller ensemble toutes les familles d'une même communauté. Hamas De nombreux observateurs ont précisé
que le Hamas projette de tenter de détourner le capital politique
du Plan de désengagement. Le Président de l'Autorité
Palestinienne, Mahmoud Abbas, et d'autres officiels palestiniens, ont
lancé de sévères avertissements en direction du
Hamas pour qu'il ne tente aucune activité, avant ou durant le
désengagement, qui pourrait compromettre le rythme de son exécution.
Cependant, les événements sur le terrain prouvent que
le Hamas demeure fidèle à sa pratique du terrorisme
au cours du mois de Juillet 2005, après une brève période
de calme, le Hamas a intensifié ses tirs de roquettes Qassam
et ses attaques au mortier contre les localités juives de Gaza.
De surcroît, à peu près au même moment, les
forces de sécurité de l'Autorité Palestinienne
se sont accrochées à Gaza avec des terroristes du Hamas,
entraînant la mort de deux Palestiniens et en blessant 30 autres.
Des rapports indiquent que le Hamas est en train de recruter de nouveaux
membres pour former une milice à Gaza après le retrait
d'Israël, après avoir déjà préparé
quelque 20.000 nouveaux uniformes pour ses agents et ses supporters.
L'objectif de cette milice, outre la poursuite des violences à
l'encontre d'Israël, serait de dissuader l'Autorité Palestinienne
de désarmer le Hamas. Infrastructures et logements à Gaza après le désengagement De hauts fonctionnaires israéliens et palestiniens
sont convenus que les maisons évacuées par les résidents
dans la bande de Gaza devront être détruites après
le désengagement. Les dirigeants de l'Autorité Palestinienne
ont confirmé que les logements, construits pour abriter des familles
individuelles, n'étaient pas adaptés aux besoins de leur
population. Les responsables israéliens, quant à eux,
ont exprimé leur inquiétude concernant l'impact vraisemblable
d'images montrant des terroristes palestiniens et leurs supporters entrer
triomphalement dans les implantations au moment où l'armée
israélienne se retirerait. Israël a exprimé l'espoir
que les régions où étaient situées les implantations
seront utilisées par l'Autorité Palestinienne pour abriter
des réfugiés palestiniens, ce qui valoriserait le statut
du président de l'Autorité, Mahmoud Abbas. Selon des rapports
datant de fin Juillet 2005, un porte-parole de l'Agence des Etats-Unis
pour le Développement International (USAID) a par ailleurs déclaré
que le Gouvernement américain avait donné son accord de
principe pour octroyer 8 à 10 millions de dollars pour l'achat
des serres appartenant à des résidents juifs de Gaza et
pour les donner aux Palestiniens afin de dynamiser leur économie. Bien qu'il ne constitue qu'une petite organisation
d'une importance politique relativement marginale dans la vie palestinienne,
le Jihad islamique palestinien est très puissant comme organisation
paramilitaire et terroriste. La promesse de ses dirigeants, au début
de l'année, de participer à une « période
de calme » (tahdi'a), n'a pas pesé bien lourd sur l'actualité,
comme l'ont montré les attentats terroristes qu'il a causés
ensuite. Depuis le sommet de Sharm el-Sheikh, en Février 2005,
le Jihad islamique a fomenté des actes terroristes qui ont coûté
la vie à 14 Israéliens et en ont blessé des centaines
d'autres. Justice : constitutionnalité du Plan Le 9 juin 2005, la Cour Suprême israélienne
a rejeté douze demandes d'opposants au Plan de désengagement,
stipulant que ce Plan est légal et ne viole pas les droits de
l'homme des résidents, y compris le droit à la propriété,
à la liberté professionnelle et à la dignité
humaine de ceux qui sont évacués conformément au
Plan. Loi sur les compensations de l'évacuation Selon le Plan de désengagement, les résidents
évacués seront dédommagés de la perte de
leur logement, de leurs terres et de leurs commerces. En outre, les
travailleurs qui auront perdu leur emploi suite au désengagement
auront droit à des allocations de chômage sur une durée
pouvant atteindre six mois. Pour les agriculteurs, des prêts seront
consentis pour couvrir les pertes de la saison agricole pour ceux qui
ont décidé de transplanter leur activité ailleurs.
Des aides financières seront accordées aux autorités
locales qui ont absorbé des résidents de la bande de Gaza
et du nord de la Samarie, au prorata du nombre de familles installée.
L'Administration du désengagement prévoit de réduire
les indemnités des résidents qui partiront après
la date butoir du 17 août 2005 et de ne pas prendre en charge
le coût de leur déménagement. Nitzan La ville de Nitzan est située près de
la réserve naturelle des dunes de Nitzanim, entre les villes
israéliennes d'Ashdod et d'Ashkelon. Environ 90 familles résident
dans ce village peuplé de juifs pieux. Pour accueillir l'afflux
des personnes évacuées de Gaza selon le Plan de désengagement,
environ 450 maisons permanentes devront être construites dans
le cadre de l'expansion de la ville environ cinq fois le nombre
de maisons qui existent déjà à Nitzan. De plus,
quelque 400 unités de logements temporaires seront construites
sur le site. Nitzanim (Projet de) L'idée de réinstaller des familles évacuées
selon le Plan de désengagement dans la région de Nitzanim,
entre Ashkelon et Ashdod, a pris un tournant positif en Avril 2005,
lorsque le Premier ministre Ariel Sharon a rencontré des représentants
des résidents pour en débattre. En Mai 2005, le Conseil
israélien du Planning national et de la Construction a donné
l'ordre de préparer des plans détaillés de réinstallation
des résidents évacués vers la région de
Nitzanim, idée qui a été accueillie favorablement
par Ariel Sharon. En Juin, le Cabinet israélien a approuvé
un projet de réinstallation des résidents évacués
du Goush Katif vers cette région. Opposition au Plan de désengagement Les militants anti-désengagement ont bruyamment
condamné le Plan de désengagement depuis que celui-ci
est devenu une initiative concrète. Leurs méthodes d'opposition
sont allées de tentatives politiques de contrecarrer le Plan
(cf. Contestataires du Likoud) jusqu'à tout un éventail
de protestations En Juin 2004, plus de 100.000 Israéliens ont
participé à une « chaîne humaine » s'étendant
de Gaza à Jérusalem - premier acte de protestation de
grande envergure planifié par le mouvement des résidents
et faisant partie d'une campagne orchestrée de désobéissance
civile non-violente. Lors de manifestations ultérieures, la couleur
orange (cf. Orange) a été utilisée sur les vêtements
et les rubans attachés aux véhicules, la circulation a
été bloquée aux heures de pointe sur les principales
routes israéliennes, de fausses bombes ont été
placées dans des lieux peuplés, les militants ont campé
en face de la Knesset et occupé l'Hôtel Maoz Hayam dans
le Goush Katif (les occupants ont été évacués
par la police israélienne en Juin 2005). Orange Orange est la couleur représentative du camp
anti-désengagement. Il reprend la couleur de la bannière
de Goush Katif. Les Israéliens anti-désengagement et ceux
qui souhaitent exprimer leur solidarité avec les protestataires
ont accroché des rubans orange à leurs voitures, ont distribué
des affiches orange dans tout le pays et des drapeaux israéliens
teints en orange. En outre, pour tenter de gagner des supporters, les
manifestants ont organisé des petites fêtes « orange
» et d'autres événements sociaux. Certains ont porté
des vêtements orange, y compris des T-shirts et des bracelets
très en vogue en ce moment. Même les mariées anti-désengagement
ont été vues portant des rubans orange attachés
à leur robe de mariée et à leur bouquet. Plan de désengagement C'est le Plan du Premier ministre Ariel Sharon de se
retirer de la bande de Gaza, du nord de la Cisjordanie et de supprimer
toute présence permanente israélienne dans ces zones.
Après plus de trois ans d'intifada orchestrée par Yasser
Arafat, Israël est parvenu à la conclusion qu'il n'a pas
de partenaire crédible du côté palestinien et doit
par conséquent agir de manière unilatérale. Le
Plan de désengagement est destiné à sortir de l'impasse
de la situation actuelle et à améliorer la situation sécuritaire.
Il incite à diminuer les frictions avec la population palestinienne.
Ce Plan ne vise pas à remplacer des négociations mais
peut au contraire apporter une importante contribution pour renouveler
les pourparlers de paix, comme l'envisage la Feuille de route (cf. Feuille
de route). La mort d'Arafat en Novembre 2004 et l'élection de
Mahmoud Abbas à la tête de l'Autorité Palestinienne
ont modifié la conception du Plan qui est passé de l'action
unilatérale de départ à une action coordonnée
avec l'Autorité Palestinienne (cf. Coordination avec les Palestiniens). Point de passage de Karni Il a été construit en 1993 pour permettre
aux commerçants palestiniens d'importer et d'exporter des marchandises
de et vers Gaza. Situé près de la ville de Gaza, ce point
de passage a été le siège de divers attentats terroristes
et, parfois, les terroristes ont réussi à entrer en Israël
via ce passage. En 1996, un terroriste du Jihad islamique est entré
en Israël par le point de passage de Karni et a, par la suite,
perpétré un attentat à Tel-Aviv, tuant 13 Israéliens
et faisant 125 blessés. Plus récemment, en Mars 2004,
les terroristes qui ont commis le double attentat-suicide au port d'Ashdod
sont passés clandestinement par le point de passage de Karni.
Dix personnes ont été tuées dans cet attentat.
Lors de la dernière attaque en date, en Janvier 2005, 6 Israéliens
ont été tués et 5 autres blessés dans un
bombardement et des tirs de terroristes palestiniens. En même
temps que le Plan de désengagement, Israël et l'Autorité
Palestinienne sont convenus d'une série de mesures pour améliorer
la vie quotidienne des Palestiniens, en facilitant, entre autres choses,
leur entrée en Israël à partir de Gaza et par l'augmentation
du nombre d'heures de fonctionnement du point de passage de Karni. Référendum Le 2 mai 2004, 193.000 membres du Likoud ont voté
à 60% contre le Plan de désengagement. Un mois plus tôt,
lorsque Ariel Sharon a annoncé qu'il soumettrait à un
référendum les membres de son parti, la plupart pensait
que le Premier ministre serait soutenu par la majorité des membres.
Mais les votes des membres du Likoud ont révélé
que ces derniers n'avaient pas soutenu le Plan pour la principale raison
qu'ils ne pensaient que cela améliorerait la sécurité
et que ce serait au contraire une récompense au terrorisme. Malgré
les résultats du référendum, non contraignants,
Sharon a résolument poursuivi le Plan de désengagement. Roquettes Qassam Les roquettes Qassam sont des armes grossièrement
fabriquées qui ont été utilisées contre
des cibles israéliennes depuis le début de la seconde
intifada, fin Septembre 2000. On pense qu'il existe aujourd'hui trois
types de roquettes Qassam qui ont une portée pouvant atteindre
12 kilomètres. Chacune fait environ deux mètres de long
et est remplie d'explosifs. Sderot Sderot, ville de développement, est située
dans la partie ouest du désert du Néguev, près
de la bande de Gaza. Elle compte environ 24.000 habitants, plus de la
moitié étant originaires de l'ex-Union soviétique
et beaucoup d'autres d'Ethiopie et d'Afrique du Nord. En raison de sa
proximité de Gaza - à moins d'un kilomètre de la
ville palestinienne de Beit Hanoun - Sderot a été le siège
d'un déluge de tirs de roquettes Qassam. En Juin 2004, un homme
et un jeune enfant de Sderot ont été tués par une
roquette Qassam alors qu'ils se rendaient à pied à un
centre commercial. Ce furent les premières victimes causées
par des missiles improvisés. Deux enfants de la ville ont été
tués par des tirs de roquettes Qassam en Septembre 2004. Sharon (Ariel) Ariel Sharon a été nommé Premier
ministre en Mars 2001 et a été réélu pour
un second mandat en Janvier 2003. Dans le passé, Sharon a été
considéré comme le principal partisan de l'entreprise
de colonisation. Cependant, depuis qu'il est devenu Premier ministre,
Sharon a prononcé de nombreuses déclarations publiques
en faveur de la création d'un Etat palestinien, reconnaissant
la nécessité de démanteler des implantations. En
Octobre 2001, Sharon a dit à des membres du Likoud qu'il serait
d'accord pour un Etat palestinien indépendant si la sécurité
d'Israël était garantie. Parlant à la troisième
Conférence annuelle d'Herzliya en Décembre 2002, Sharon
a évoqué la nécessité de faire des compromis
en vue d'une paix véritable et a bien accueilli l'idée
du président Bush d'un Etat palestinien vivant aux côtés
d'Israël. En Avril 2003, Sharon a été interviewé
par le quotidien israélien Haaretz et a exprimé sa volonté
de faire des efforts pour parvenir à une paix avec les Palestiniens,
incluant ledémantèlement éventuel des implantations. Sommet de Sharm el-Sheikh Le Premier ministre Sharon, le Président de
l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, le Président
égyptien Hosni Moubarak, et le Roi Abdallah de Jordanie se sont
réunis au sommet de Sharm el-Sheikh, au sud de la péninsule
du Sinaï, le 8 février 2005. Lors de ce sommet, Ariel Sharon
et Mahmoud Abbas ont déclaré un cessez-le-feu et se sont
mis d'accord sur une série de mesures destinées à
construire des relations de confiance comprenant la libération
de centaines de prisonniers palestiniens. Sondages d'opinion Tout au long du déroulement du Plan de désengagement,
des sondages ont régulièrement montré qu'une majorité
d'Israéliens étaient favorables au désengagement
de la bande de Gaza et de quatre implantations du nord de la Cisjordanie.
Les sondages ont révélé un soutien très
élevé à un certain moment, plus de 70% d'Israéliens
adultes (y compris des Arabes israéliens) déclarant qu'ils
étaient favorables à un retrait unilatéral de la
bande de Gaza. Soutien diplomatique international Le Plan de désengagement a tout d'abord suscité
le scepticisme de la communauté internationale. Mais, comme le
Plan a pris de la vitesse et que la crédibilité de Sharon
a grandi, le climat international a également changé,
quasiment tous les acteurs internationaux importants apportant un soutien
public et considérant le Plan comme le moyen de revitaliser le
processus de paix. Soutien économique international Un soutien économique international a été
promis pour dynamiser l'économie palestinienne après le
retrait d'Israël. En Mars 2005, lors de la rencontre de Londres
sur le Soutien à l'Autorité Palestinienne, des représentants
de la communauté internationale ont promis d'accorder une aide
financière aux Palestiniens. Le Premier ministre britannique,
Tony Blair, a noté lors de cette rencontre que l'Union Européenne
fournira 330 millions de dollars supplémentaires, tandis que
les Etats-Unis avaient déjà promis 350 millions de dollars.
En Juillet 2005, à la rencontre au sommet du G8, des dirigeants
ont décidé de doubler l'aide internationale à l'Autorité
Palestinienne atteignant un montant de 2 milliards de dollars
par an (approximativement 600 dollars par personne). Tunnels de contrebande De nombreux tunnels ont été construits
sous la frontière entre l'Egypte et Gaza depuis 1982. Ces tunnels
sont utilisés pour passer des armes, des marchandises, des stupéfiants
et des terroristes depuis Gaza et vers Gaza. Comme les autres routes
de contrebande ont diminué en raison du bouclage de la frontière
entre Gaza et Israël et de l'amélioration de la sécurité
le long de la route maritime, la construction de tunnels a augmenté. Vote du Cabinet Le 6 juin 2004, le Cabinet israélien a voté
le Plan de désengagement, par 14 voix pour et 7 contre. Quelques
jours avant le vote, le Premier ministre Sharon a exclu de son Cabinet
les deux Ministres de l'Union nationale Benny Elon, Ministre du
Tourisme et Avigdor Lieberman, Ministre des Transports qui étaient
opposés au Plan et avaient annoncé qu'ils quitteraient
le Gouvernement si le Cabinet l'approuvait. Vote de la Knesset La Knesset (Parlement) a voté le Plan de désengagement
en Octobre 2004 par 67 voix pour, 45 contre, 7 absentions, et 1 absent. Les 25 implantations qui seront évacuées Le Plan de désengagement concerne quelque 1700
familles de résidents, soit environ 8000 personnes, qui doivent
quitter leur maison et leur travail qu'ils ont construits tout au long
de plusieurs décennies. A court terme, ce sont eux qui paient
le prix le plus fort pour la paix. Ils ont été encouragés
par les précédents gouvernements, de gauche comme de droite,
à s'installer sur ces terres désertiques et à en
faire des terres abritant maisons, jardins, cultures. Aujourd'hui, on
leur demande d'abandonner ce qu'ils ont réalisé. Bande de Gaza : 21 implantations |