|
|
|||||||
Palestine |
|
La multinationale d’origine US Intel, qui fabrique
les puces Pentium équipant tous les ordinateurs de type PC, possède
une usine à “Kiryat Gat”, appelée Fab 18,
à l’emplacement des villages d’Al Fallouja et d’Iraq
Al Manshiya, où environ la moitié des puces sont fabriquées.
Ces villages, situés à 32 km au nord-est de Gaza, étaient
restés une enclave contrôlé par des soldats égyptiens
commandés par un certain Gamal Abdel Nasser jusqu’en 1949,
un an après la création de l’État d’Israël.
Les soldats égyptiens n’avaient quitté cette enclave
qu’après la signature avec les Israéliens d’un
accord supervisé par l’ONU, au terme duquel les sionistes
s’engageaient à ne pas toucher à un seul cheveu
des 3 500 habitants palestiniens de la zone. Tu parles, Charles ! Quelques
semaines après le départ des Égyptiens, les sionistes
arrivaient et chargeaient à bord de bus et de camions l’ensemble
des habitants. Les descendants de ces déportés vivant
en Amérique du nord sont actuellement environ 15 000. L’année
dernière, ils ont, par une vigoureuse campaigne d’emails
adressés à Intel, bloqué le projet de doubler les
capacités et les effectifs de l’usine par un investissement
d’un milliard de $. Cette campagne avait sans doute aussi dissuadé
Coca-Cola de réaliser son projet de construire une usine dans
la même zone industrielle [l’autre facteur du renoncement
de Coca-Cola à ce projet était sans doute un calcul selon
lequel la soutraitance de mises en bouteille en Cisjordanie serait pllus
rentable, en termes de coûts de production et de marché
: les Palestiniens de Cisjordanie sont des grands consommateurs de boissons
gazeuses et de caféine, à cause du stress provoqué
par l’occupation]. Or, voilà que ça recommence :
Intel vient d’annoncer qu’elle veut investir 4 milliards
de $ et embaucher 2 000 travailleurs supplémentaires à
Kiryat Gat.
Un site ouèbe qui gagne à être connu
La grenouille et le scorpion
Trouver ce que les Palestiniens et les Israéliens détestent mutuellement chez les autres : rien de plus facile. Aussi, j'ai pensé utile d'identifier ces choses, qui pourraient nous aider à nous rapprocher, puisque ce sont des choses que nous avons en partage. L'idée m'est venue lors d'une conférence d'un Réseau de Militantisme Spirituel à laquelle j'a participé, la semaine dernière, à San Francisco, où j'étais invité pour distraire quelque 1 350 militants avec mon spectacle one-man-show palestino-juif. Déjà, l'humour : c'est quelque chose que les Palestiniens et les juifs ont en commun, c'est une évidence. La conférence était organisée par la revue (juive américaine) Tikkun et son fondateur, le pacifiste légendaire et auteur de " Guérir Israël, guérir la Palestine ", le rabbin Michael Lerner. Beaucoup de gens sont venus me voir, à la fin du spectacle, pour me dire qu'ils en avaient assez d'entendre ressasser les choses qui opposent nos deux peuples entre eux. Ils veulent entendre au contraire ce qui pourraient nous rapprocher. Nous partageons déjà tellement de choses que nous pouvons certainement partager la Terre sainte.
Les uns, comme les autres, nous mangeons beaucoup. Une étude récente a montré que 39 % des Israéliens sont obèses. Dans le monde arabe, ils mesurent le phénomène en comptant les Arabes sveltes. J'ai ma théorie, à ce sujet : plus vous êtes conservateur que vous soyez Palestinien, ou juif plus vous voulez que vos épouses et vos enfants soient gras. Plus vous êtes libéral, plus vous vous rapprochez du canon occidental de l'anorexie. Aussi nos mères nous forcent-elles à bouffer comme des canards, afin de produire une version humaine du foie gras.
Nous autres, les juifs aussi bien que les Arabes, nous apportons de la nourriture dans les avions. Et nous mangeons durant le vol. Pas avant, ni après. Le problème, pour nous, ce n'est pas de nous assurer d'avoir de la nourriture cachère, halal ou simplement hygiénique. Non : tout simplement, nous voulons manger quelque chose qui soit bon, la nourriture servie par les compagnies aériennes ressemblant plutôt à du carton avec un peu de sel dessus. Alors : rien ne vaut les fruits, les dattes, le corned beef ou les falafel ! Le hic, c'est que la cuisine moyen-orientale est très parfumée. Je me souviens de ma maman, ôtant le cellophane sur une assiette de feuilles de vigne farcies, lors d'un de nos voyages en avion : tout le monde a sauté au bas de son siège, l'air atterré un peu à la manière dont beaucoup des passagers des avions que je prends réagissent quand ils me voient monter à bord avec mon keffyéh ! Le plus souvent, dès que j'entre dans l'avion, la première chose que les agents de la sécurité me demandent, c'est : " Avez-vous des armes de destruction massive sur vous ? " Ce à quoi je réponds : " L'arme de destruction massive, c'est moi ! Je viens d'engloutir un plein saladier de taboulé ! " Eh oui : pour ce coup-là, ce ne sont pas des feuilles de vigne farcies qui feront monter les autres passagers sur leur siègeŠ Les uns comme les autres, nous sommes très affectifs. Très. Nous nous aimons et nous nous détestons et, cela, en même temps. Et généralement, nous sommes enclins à dire les choses plus gentiment à de parfaits étrangers qu'aux membres de notre propre famille.
Des mères hyper-protectrices
Nous adorons donner des conseils, mais nous ne les suivons jamais nous-mêmes. Nous adorons rendre tous les autres responsables de nos problèmes : ça n'est jamais nous. Nous avons, les uns et les autres, des petites phrases vachardes les uns pour les autres, faites pour blesser, comme celle-ci, favorite des juifs : " Les Palestiniens ne manquent jamais une occasion de rater l'occasion ". Et celle-ci, favorite des Palestiniens : " Les juifs ne manquent jamais une occasion de forcer les Palestiniens à manquer une occasion ". Enfin, nous aimons tous les paraboles, comme celle, vous savez, de la grenouille et du scorpion, au bord d'un lac ? Le scorpion demande à la grenouille de lui faire traverser le lac sur son dos (le lac, ici, symbolise la paix). La grenouille lui dit : " Avec plaisir. Mais : attention ne me pique pas, sinon, on coulera tous les deux ! " Arrivés au milieu du lac, le scorpion pique la grenouille. Avant qu'ils ne se noient tous les deux, la grenouille, choquée, demande au scorpion pourquoi il a fait ça ? Le scorpion, plein d'imagination, lui répond : " Parce que nous sommes au Moyen-Orient, andouille ! " Le seul problème, dans cette petites histoire, bien entendu, c'est que les juifs pensent que la grenouille est arabe et que les Arabes pensent que la grenouille est juive !
|
| |
![]() |
|
|