Le
carnet des initiatives, rencontres, associations, appels : solidarités
et débats
Devant l’ampleur prise par les activités publiques sur
la Palestine, nous ouvrons cette nouvelle rubrique à tous. Pour
alimenter ce carnet, écrire à redactionquibla@yahoo.fr
au minimum 72 heures avant la date de l'événement. Indiquer
dans l’ordre : l’intitulé, la date, le lieu, les
participants, les organisateurs, l’exposé des motifs et
les coordonnées des organisateurs. Les informations seront publiées
en temps utile.
Caravane pour la Palestine : Autorisation d’entrer
en Israël refusée
par Alfredo et Vincenzo Tradardi, Amman, 21 juillet 2005. Traduit de
l’italien par Marcel Charbonnier
Enfin, la Caravane pour les droits est arrivée à destination
: il lui restait à franchir la frontière et à arriver
dans les territoires occupés, à rencontrer les Palestiniens,
attendant de l’accueillir depuis la veille, à la frontière,
avec des pacifistes israéliens et internationaux.
La Caravane a parcouru cinq mille kilomètres, traversant la
France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, la Slovénie,
la Croatie, la Serbie, la Bulgarie, la Turquie, la Syrie et la Jordanie.
En Turquie, ainsi qu’en Syrie, elle a été accueillie
par de grandes réjouissances collectives de la communauté
palestinienne de divers camps de réfugiés, qui l’ont
invitée dans les familles, chez elles.
Partout, les populations locales et même les autorités
ont accueilli et suivi la Caravane avec sympathie et attentions. Les
forces de police se sont mises spontanément à notre disposition
pour nous faire escorte et faciliter notre transit, en particulier en
Turquie, en Syrie et en Jordanie.
La Caravane s’est étoffée, au cours de son long
périple, dépassant les nombreuses difficultés logistiques
et paperassières, apportant aux communautés rencontrées
son message de fraternité et de paix.
Le 19 juillet, au matin, la Caravane, après avoir fait halte
à Madaba, à environ quarante kilomètres d’Amman,
était repartie seulement à treize heures vers la frontière
entre Jordanie et Palestine, après avoir consacré quelques
heures à un mini-stage avec l’organisation ISM [International
Solidarity Movement] et à la constitution d’un groupe de
contact en vue d’éventuelles tractatives, si nécessaire.
A 15 h 30, elle était arrivée à la frontière
jordanienne. De longues opérations de vérification des
passeport, pour environ cent vingt participants. Le poste de frontière
israélien fermant à 17 h, les deux polices nous avaient
suggéré de ne pas insister à vouloir passer durant
cette journe, et la police jordanienne nous offrit l’hospitalité
dans un complexe situé à proximité de la frontière.
Le 20 juillet, à 9 heures, la Caravane quitte le complexe, et
laisse à 9 h 30 le dernier portail frontalier jordanien. Nous
sommes arrêtés sur le pont Allenby, le groupe de contact
va faire des tractations avec les Israéliens. Ils disent que
les voitures pourront passer, deux par deux, après quoi ils feront
passer les membres de la Caravane tous ensemble. On tombe dans le piège
des mensonges à l’israélienne: diverses propositions
contradictoires se succèdent et se superposent…
Certains caravaniers affirment qu’il faut absolument passer tous
ensemble, afin d’imposer le droit international…
Mustafa Barghouti nous appelle au téléphone pour nous
dire que les personnes sont plus importantes que les bagnoles ; il nous
suggère de chercher à passer coûte que coûte,
en laissant au besoin les voitures au parking gardienné mis à
notre disposition par la police jordanienne.
A la fin, les Israéliens font savoir que les personnes ne pourront
passer qu’à bord d’un autobus mis à leur disposition,
avec pas plus de deux ou trois voitures qui pourront être éventuellement
contrôlées.
Les quarante-cinq personnes à bord du bus participant à
la Caravane sont déjà côté israélien.
Quand le bus réussit à arriver, avec environ quarante
personnes, les opérations de contrôle commencent, et on
doit remettre les passeports pour obtenir un visa d’entrée
en Israël.
Le chef du poste frontière laisse entendre que nous pourrons
tous passer. Pendant ce temps, certains d’entre nous subissent
un interrogatoire, et d’autres sont fouillés corporellement,
tandis que leurs bagages sont contrôlés avec un zèle
extrêmement scrupuleux.
Sur ces entrefaites, des voitures et des caravanes restent coincées
sur le pont, parce que, d’un côté comme de l’autre,
les barrières ont été rabaissées. Echange
de coups de fil avec les Palestiniens et les militants internationaux,
qui nous attendent.
Dans un burlingue, ils photocopient nos passeports. Naît une
phase d’optimisme intempestif : “on passera !”
Aux interrogatoires, la question la plus insistante est celle de savoir
si la Caravane ira ou non rejoindre les manifestations contre le mur
[de Sharon]?
Nous répondons que non, mais bien entendu, on ne nous croit
pas.
Vers 18 h 30, la situation change du tout au tout: un responsable vient
vers nous et nous informe que l’entrée nous est refusée
et que nous disposons de cinq minutes pour dégager: nous devons
monter dans un bus qui d’ailleurs est en train d’arriver,
sinon ils utiliseront la force.
Spontanément, se forme un sit-in ; une dizaine de policiers
des frontières se mettent à prendre des photos du groupe
; deux caravaniers qui, à leur tour, s’étaient mis
à prendre des photos se font ceinturer et leurs appareils leurs
sont violemment arrachés des mains. Ils nous ont concédé,
dans leur immense bonté, plus des cinq minutes annoncées,
puis des soldats, de plus en plus nombreux, ont commencé à
rappliquer. Ils se sont mis en deux ou trois rangs, puis ils nous ont
violemment chargés, nous poussant hors du hall, et nous forçant
à monter dans le bus avec brutalité.
Il fait nuit noire; nous rentrons dans le complexe où nous avions
déjà passé la nuit précédente; une
demie-heure après, les voitures qui étaient restées
coincées sur le pont Allenby nous rejoignent. La police jordanienne
nous traite avec beaucoup de gentillesse ; des amis palestiniens arrivent
à leur tour, qui nous apportent de quoi boire et manger.
Les caravaniers sont crevés et hyper-déçus, un
sentiment d’impuissance, face à la brutalité israélienne,
envahit tout le monde.
Les plus jeunes – un garçon de sept-huit ans et une fillette
d’une dizaine d’années se remettent à jouer.
Ce sont au moins cent personnes qui ont parcouru cinq mille kilomètres
: cela fait 500 000 kilomètres, au total.
Il y a un saut qualitatif, par rapport aux expériences précédentes.
Ces 500 000 kilomètres doivent trouver un débouché
politique.
Il y aura dix, cent, mille Caravanes !
Nous ne pouvons accepter que le soi-disant monde “démocratique
et progressiste”, incapable de distinguer entre les opprimés
et les oppresseurs, entre les colonisateurs et les colonisés,
entre les voleurs de futur et les privés de futur, continuent
ainsi à jouer avec le problème palestinien.
La résistance du peuple palestinien est une leçon humaine,
culturelle et politique, pour tout le monde.
Nous continuerons à nous tenir aux côtés du mouvement
de libération de la Palestine, sans ambiguïté et
sans compromis.
Libérez la Palestine !
Contact et informations : a.tradardi@flashnet.it, carovana@lacaverna.it
, www.lacaverna.it/palestina/carovana, Tél. 00 39 347 2745166,
Fax 00 39 0125 644819
TOUS
À JÉRUSALEM EN JUILLET 2005 ! THIS YEAR IN JERUSALEM !
MANIFESTIVE POUR LA PALESTINE ET POUR LE DROIT INTERNATIONAL
Le samedi
2 avril 2005 à 10H Sur l'Esplanade des Droits de l'Homme au Palais
du Trocadéro Métro TROCADERO Appel à tous les citoyens
de bonne volonté, de toutes les citoyennetés, à
tous les braves gens qui sont pour le respect et l'application du droit
international, à tous ceux qui se sentent solidaires du peuple
palestinien, à ceux qui n'acceptent pas une occupation illégale
et inhumaine, à ceux qui n'oublient pas que les réfugiés,
exilés dans des camps depuis plus d'un demi-siècle, n'ont
toujours pas obtenu la reconnaissance de leur droit inaliénable
à rentrer chez eux.
Mais aussi,
appel à tous ceux qui veulent lutter dans la joie, protester
sur un air de fête, mettre de l'enthousiasme dans ce combat de
tous les jours que nous avons à mener si nous voulons construire
ces autres mondes possibles.
Appel à
tous les êtres humains, de toutes les nationalités, artistes,
employés, SDF, militants, hommes au foyer, électeurs,
collègues, responsables, irresponsables, clowns de salons, saltimbanques.
A tous ceux qui veulent venir participer à cette MANIFESTIVE
du samedi 2 avril à 10 H : Il faut arrêter de tout accepter
tristement et sans rien dire. Laissons-nous envahir par la force et
la joie que donnent les actions de solidarité et le sentiment
de tous appartenir à cette seule et immense communauté
humaine. Nous allons nous retrouver sur l'Esplanade des Droits de l'Homme
et porter les espoirs d'un peuple privé de droits mais qui n'abdique
pas. A cette occasion, vous pourrez faire plus ample connaissance avec
la Caravane et ceux qui la composent.
N'oubliez pas non plus vos instruments de musique et de percussion,
sifflets, trompettes, hautbois, musettes. vos banderoles, drapeaux et
apprenez donc aussi quelques chansons.
Cette manifestive permet aussi d'organiser le comité d'accueil
de toutes les roulottes qui viennent à Paris pour l'assemblée
générale de la Caravane pour la Palestine. Pour plus d'information,
vous pouvez nous contacter par mail : paris.cp@free.fr ou par téléphone
: 06.15.93.07.06 La Roulotte de Paris pour la Caravane pour la Palestine
Site de la caravane : http://caravane.palestine.free.fr
Pour s'y
rendre : En métro ou RER
Depuis la gare de Lyon : Métro gare de Lyon / prendre la ligne
1 jusqu'à Franklin Roosevelt / prendre la ligne 9 jusqu'à
Trocadero.
Depuis la gare d'Austerlitz : suivre le bd de l'hôpital pendant
50m / prendre le métro à gare d'Austerlitz : prendre le
RER C jusqu'à Boulainvilliers : marcher jusqu'à la Muette
/ prendre la ligne 9 jusqu'à Trocadero.
Depuis la gare de l'Est : Métro gare de l'Est / prendre la ligne
7 jusqu'à Chaussée d'Antin-La Fayette / prendre la ligne
9 jusqu'à Trocadero.
Depuis la gare du Nord : Métro gare du Nord / prendre la ligne
4 jusqu'à Strasbourg St Denis / prendre la ligne 9 jusqu'à
Trocadero.
Depuis la gare St Lazare : Métro St Lazare / prendre la ligne
3 jusqu'à Havre Caumartin / prendre la ligne 9 jusqu'à
Trocadero.
En voiture
: pour se repérer, le Trocadero se trouve juste en face de la
Tour Eiffel, de l'autre coté de la Seine.
Par A6 (Lyon, Marseille) : Direction Porte d'Italie / prendre Place
d'Italie / prendre Austerlitz jusqu'aux quais de Seine / au feu tournez
à gauche passer devant le Jardin des Plantes/ suivre les quais
jusqu'à la Tour Eiffel / à droite prendre le pont d'Iena
/ prendre à gauche l'av des Nations Unies / continuer sur le
Bd Delessert / tourner à droite rue Benjamin Franklin / monter
jusqu'à l'av Paul Doumer / prendre à droite jusqu'à
la place du Trocadero.
Par A4E50 (Strasbourg) : Sortir vers Rouen, Lyon, Porte de Bercy, Quai
d'Ivry, Périphérique Sud / prendre bd périphérique
/ sortir Porte de Passy / direction Place de la Porte de Passy / continuer
sur avenue Ingres / prendre à droite Chaussée de la Muette
/ prendre à gauche l'avenue Paul Doumer jusqu'à la Place
du Trocadero.
Hébergement
et nourriture :
Pour organiser votre venue à Paris le 2 et 3 avril 2005, il nous
faut absolument savoir combien nous serons et qui a besoin de quoi.
Nous commençons l'AG l'après-midi à 14 h. Tout
le programme précis vous sera envoyé par la suite.
Remplir le formulaire suivant :
Nom :
Tel et mail si possible :
Provenance : (Pays et Ville)
Quand arrives-tu à Paris ? : (Jour et heure)
Besoin d'être hébergé le samedi soir sur Paris :
(OUI ou NON)
Prendra les repas / samedi midi : (OUI ou NON)
samedi soir : (OUI ou NON) dimanche midi : (OUI ou NON)
Repas végétarien : (OUI ou NON)
Merci de
me répondre rapidement à paris.cp@free.fr
Adhérer
:
Sur place à Paris le 2 avril
adhésion 10 euros
ou écrire à Caravane pour la Palestine 96a rue Philippe
de Lassalle 69004 Lyon
caravane.palestine@free.fr
Propalestinien
donc antisioniste
par Pierre-Yves Salingue, 30 janvier 2005
L'auteur est un militant de l'association Nanterre-Palestine
Un
mouvement vivant mais en désarroi
Petites manifestations regroupant souvent les mêmes têtes
connues et contrastant avec le constat d'un écho populaire plus
favorable à l'égard des Palestiniens ; sentiment d'impuissance
et de honte devant la mobilisation dérisoire lors de la grève
de la faim des prisonniers palestiniens et à nouveau lors de
l'assassinat par l'armée israélienne de 110 habitants
du camp de réfugiés de Jabalya - deux fois plus qu'au
camp de Jénine en 2002 ! - exaspération croissante à
l'égard du double jeu des institutions et des gouvernements européens
qui poursuivent et renforcent leur collaboration avec Israël tout
en affichant un discours de compassion à l'égard de la
population palestinienne ; malaise perceptible de beaucoup de militants
face aux développements de la situation interne de l'Autorité
palestinienne après la mort d'Arafat ; incompréhension
des enjeux, malaise à l'égard des procédures de
choix des candidats et perplexité à l'annonce des résultats
lors des récentes élections ; paralysie face à
l'offensive politique et diplomatique du gouvernement israélien
dont chacun pressent que le " plan de retrait unilatéral
de Gaza " n'est qu'un nouveau leurre mais sans qu'aucune alternative
mobilisatrice ne soit proposée par quiconque.
Il existe bien des motifs de s'interroger sur les raisons de cette situation
quelque peu paradoxale.
Car le mouvement de solidarité avec les Palestiniens est par
ailleurs bien vivant, riche des initiatives de milliers de personnes
organisées en collectifs, comités et associations plus
ou moins reliés à des structures nationales, agissant
dans des dizaines de villes, multipliant les réunions publiques,
les pétitions, les rassemblements, proposant l'envoi de délégations,
apportant un soutien financier à des actions humanitaires, culturelles,
éducatives etc.
Mais depuis presque deux ans la machine semble tourner dans le vide
; beaucoup d'anciens ne renoncent pas, de nouveaux se joignent à
l'action à chaque initiative, des comités surgissent Šmais
le mouvement en voit aussi beaucoup s'éloigner et ne se développe
plus.
Les dernières mobilisations ont été en deçà
des espoirs nourris par les organisateurs et ont laissé un goût
amer à bien des participants. Les succès initiaux ont
fait place à des querelles dont les raisons restent obscures
ou douteuses pour la plupart des militants qui agissent localement et
suivent de loin ce que beaucoup perçoivent comme des règlements
de compte.
Il faut donc s'interroger sur les racines de cette situation.
Pourquoi cette quasi-paralysie face à des évènements
de grande importance comme la grève de la faim menée par
4000 prisonniers palestiniens pendant 3 semaines en août 2004
?
Pourquoi cette impotence à protester massivement tout au long
des années 2003 et 2004 quand se succédaient les assassinats
de dizaines de militants politiques de la résistance palestinienne
à Gaza, Jénine, Naplouse etc. ?
Pourquoi cette incapacité à prolonger et organiser l'activité
de solidarité avec les centaines (parfois les milliers) d'hommes
et de femmes qui ont rejoint les cortèges Palestine lors des
manifestations contre la guerre en Irak ?
Quelles leçons tirer de notre incapacité à freiner
un tant soit peu l'offensive coloniale israélienne en Cisjordanie
malgré les succès remportés sur le terrain diplomatique
et notamment la condamnation du mur par la Cour Internationale de Justice
de La Haye ?
Comment évaluer la pertinence de la stratégie visant à
faire pression sur la Communauté européenne en arguant
d'un vote d'avril 2002 qui ne fut jamais suivi d'effet et qui a depuis
été remis en cause par ce même Parlement qui a voté
une résolution contredisant la précédente ?
Traiter sérieusement de toutes ces questions, et d'autres encore
que se posent les militants qui constatent l'absence d'effets positifs
pour les Palestiniens d'une action qui s'est développée
depuis 4 ans et dont l'ampleur et la diversité ne sont pas négligeables,
serait parfaitement légitime. Se confronter à ces questions
réelles, avec la volonté de rendre l'action plus efficace,
permettrait de revivifier un mouvement qui ressent de plus en plus le
décalage qui s'est créé entre les exigences de
justice pour les Palestiniens et l'aggravation de la situation d'occupation
coloniale et de répression militaire.
Ce décalage est tel que beaucoup s'interrogent aujourd'hui :
les Palestiniens obtiendront-ils un État, les réfugiés
pourront-ils vraiment " revenir ", les prisonniers seront-ils
libérés et, au-delà de ces revendications, est-il
envisageable de connaître un jour une issue positive à
ce conflit sans fin ? Ce qui est à l'ordre du jour c'est de réévaluer
la nature, les bases politiques et les objectifs de cette solidarité
au regard des changements intervenus sur le terrain et compte tenu du
bilan qu'on doit tirer de l'action antérieurement menée.
Plus de dix ans après Oslo et quatre ans après le début
de la deuxième Intifada un débat est nécessaire
et légitime quant aux fondements et aux objectifs politiques
de l'action de solidarité : organiser la réflexion, confronter
l'analyse à la réalité et discuter de la pertinence
des mots d'ordre devraient être une préoccupation majeure
de ceux qui se sont portés à la tête du mouvement
et qui lui ont fixé son cadre. Or ce n'est pas du tout à
cela qu'on assiste, loin s'en faut.
Un
mouvement « gangrené par l'antisémitisme »
?
Tout en se refusant à mener le débat sur le fond, divers
responsables ont identifié le coupable des difficultés
rencontrées : le danger qui guette le mouvement de solidarité,
c'est l'antisémitisme !
Le 21 octobre 2004 Politis publie une tribune libre de Robert Kissous,
ancien de la CAPJPO et présentement membre de la direction de
l'AFPS. Par-delà le règlement de compte avec son ancienne
organisation l'article vise plus particulièrement Europalestine
accusé de dérive, de vouloir " affaiblir la crédibilité
politique du mouvement de solidarité " et de manquer de
vigilance dans ses rapports avec des " personnages douteux "
antisémites et négationnistes.
Trois semaines plus tard c'est à Michel Warschawski en personne
qu'incombait la tâche de donner la mesure et le sens exact de
l'attaque. Pour lui, ce qui est en cause c'est " l'instrumentalisation
de la solidarité avec les Palestiniens ". Des " petits
groupes racistes et négationnistes menacent de parasiter le mouvement
de solidarité " écrit-il dans Politis et il en appelle
à la mobilisation " jusqu'à l' éradication
totale des abcès antisémites qui, si on les ignore, risquent,
à terme, de gangrener le mouvement de solidarité avec
le peuple palestinien. "
Dès lors l'affaire est entendue. Ce qui n'était encore
que " propos dangereux " pour l'UJFP (" vigilance SVP
", communiqué du 14 mars 2004) devient la ligne de démarcation
au sein du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien
: chacun va désormais devoir décliner des garanties de
non-antisémitisme s'il veut se mêler de la cause palestinienne
et le tri sera fait par des professeurs experts en morale et éthique
entre " les vrais " et " les faux " amis du peuple
palestinien.
Et si l'exigence vaut pour tout le monde, elle vaut encore plus pour
certains.
Car de Ravenel qui dénonce " certaines personnes issues
de l'immigration maghrébine dont le discours assimile Israël
et nazisme "(1) à Warschawski qui parle de " certains
jeunes Français des banlieues et cité populaires victimes
de manipulations de groupes néo-nazis ou de prédicateurs
intégristes " (2 ) en passant par Naha Chahal qui condamne
ceux qui " jouent sur les frustrations d'une partie des Français
d'origine arabe qui se sentent solidaires des Palestiniens et des Irakiens
" (3) tous s'accordent pour dénoncer le danger du "
ressort communautariste " qui, selon eux, guide la solidarité
des Arabes de France avec les Palestiniens.
Cette offensive récente éclaire utilement la violente
polémique menée contre Europalestine lors des élections
européennes.
Les vraies raisons de l'attaque contre Europalestine
Antérieurement
à l'apparition d'Europalestine, la Capjpo ne dérangeait
certains qu'en raison de la concurrence ainsi ouverte par une nouvelle
association dans le champ de la solidarité avec le Peuple palestinien.
La Capjpo, particulièrement active et militante, bousculait un
mouvement de solidarité traditionnel incarné par l'AFPS,
pas très jeune, plutôt élitiste dans son recrutement
et convaincue de son incontestable légitimité fondée
notamment sur ses relations privilégiées avec quelques
ONG palestiniennes et un statut d'interlocuteur plus ou moins officiel
de l'Autorité palestinienne.
Certes, l'Association France Palestine ayant tardé à prendre
des initiatives nouvelles dans les mois suivant le déclenchement
de la deuxième Intifada, une nouvelle structure avait vu le jour,
portée par des " non-spécialistes " de la question
palestinienne. Ceux-ci prirent l'initiative de délégations
qui devaient devenir les " missions civiles de protection du Peuple
palestinien ". Mais un accord de partage fut rapidement trouvé
par les responsables des deux associations : à l'une l'organisation
des missions en Palestine, à l'autre l'organisation permanente
des militants qui veulent agir ici en France. Depuis les "
campagnes civiles " continuent d'organiser des missions et sont
par ailleurs devenues une référence utile à la
promotion de certain(e)s au sein du mouvement altermondialiste et des
rencontres du FSE.
La Capjpo était un projet d'une autre nature, visant à
organiser réellement des militants pour agir sur le terrain en
France, organisant des campagnes d'agitation, des réunions publiques
et notamment en 2003 un " concert pour la Paix " qui devait
rassembler 15 000 personnes.
La critique à l'encontre de la Capjpo relevait alors principalement
de la défense d'un pré-carré ( " la solidarité
avec les Palestiniens, c'est nous ") et, subsidiairement, de son
" manque de volonté unitaire ". Mais les bases politiques
du discours et des initiatives n'étaient guère différentes
entre les organisations en concurrence : la Paix par la reprise de négociations,
la fin de l'occupation de 67, un État pour les Palestiniens et,
en tout état de cause, aucune remise en cause de la légitimité
de l'Etat d'Israël.
En choisissant de présenter une liste concurrente et non d'interpeller
les candidats des organisations politiques traditionnelles, la Capjpo
marquait une rupture avec la stratégie de pression du mouvement
de solidarité sur les institutions européennes et sur
les forces politiques françaises. Les réactions à
l'annonce de la liste Europalestine ne se firent pas attendre et on
chercherait en vain dans les déclarations alors produites une
quelconque critique du contenu politique des revendications avancées
dans la profession de foi ou une quelconque allusion à "
une dérive antisémite ". Les prises de position défavorables
se concentrèrent alors sur le risque pour certains parlementaires
" amis du Peuple palestinien " de ne pas être réélu,
chaque voix comptant et la liste Europalestine étant susceptible
de prendre des voix à ces apôtres de la Paix au sein de
l'institution européenne sortante. Et quand Leila Shahid elle-même
monta au créneau pour demander à Europalestine de retirer
sa liste, c'est ce risque qui fut mentionné dans son communiqué
et non pas le reproche d'une ligne politique spécifique qui serait
développée par les militants de la Capjpo.
Mais la " vraie crise " viendra de la dynamique de la campagne
attestée par les résultats électoraux de la liste.
Les scores atteints dans certaines communes de banlieue ne laissent
aucun doute : dans ces endroits la question de la Palestine a polarisé
une partie non négligeable des votes de familles immigrées
spontanément favorables à la cause des Palestiniens. D'ailleurs,
précédant le vote, des affiches et des autocollants avaient
fleuri dans ces quartiers, témoignant d'une implication dans
la campagne d'individus bien au-delà des capacités militantes
de la seule Capjpo.
Dès lors c'est le branle-bas de combat. Un sociologue donne la
caution académique à l'ouverture de la chasse en parlant
de " dérive identitaire " et de " polarisation
communautaire " et, d'insinuations en calomnies, on en arrive aujourd'hui
au développement orchestré des attaques qui ne visent
plus seulement Europalestine.
Il faut s'interroger sur les raisons profondes de cette réaction.
Contrairement aux affirmations alarmistes la liste Europalestine ne
porte aucune responsabilité dans la non élection de certains
des candidats Verts, Communistes et LCR-LO la démonstration
en sera faite et refaite par des militants blessés par la mauvaise
foi des accusateurs.
Mais ce sera en vain car, avec les résultats, le problème
s'est déplacé : le danger n'est plus du côté
des candidats mais du côté des électeurs !
Ceux qui prétendent au monopole de la représentation politique
ne pardonnent pas aux dirigeants de la Capjpo d'avoir, consciemment
ou pas, pris un " risque " : que ces forces jeunes et populaires
issues de l'immigration maghrébine, spontanément propalestiniennes
et sans nuances contre l'état d'Israël qui assassine leurs
frères en Palestine, déjà bien visibles lors des
manifestations contre la guerre en Irak, cherchent et trouvent un cadre
d'organisation politique permanent.
Déjà lors des manifestations contre la guerre ce public
avait suscité remarques et mises en garde des gardiens du discours
" propalestinien politiquement correct ", c'est à dire
muet sur le sionisme et respectueux à l'égard d'un état
dont le gouvernement peut être critiqué mais dont le drapeau
ne doit pas être brûlé.
Dès lors tout discours un peu radical, voire toute action un
peu " spectaculaire " est jugé susceptible de servir
de réceptacle à la volonté d'en découdre
de populations d'autant plus disposées à s'exprimer en
dehors des règles fixées qu'elles se sentent exclues des
lieux de décision et également frustrées par l'engagement
bien timide des responsables politiques qui prétendent incarner
" la revendication du droit des Palestiniens ".
Là-aussi c'est l'argument du « danger d'antisémitisme
» qui va servir
d'alibi à la destruction de la dynamique engagée.
Bernard Ravenel déclare au Monde (01/12/04) " il faut éviter
que des jeunes soient tentés de lire dans le conflit israélo-palestinien
des explications à leur propre frustration sociale.»
Quant à Michel Warschawski, il vante l'action qu'il mène
avec Dominique Vidal et Leila Shahid, " parcourant la France d'en
bas et dialoguant avec des jeunes des quartiers dits sensibles avec
pour but d'empêcher l'instrumentalisation de leur solidarité
généreuse avec les Palestiniens pour des causes qui font
du tort à la Palestine et à leurs propres intérêts
".
Les populations discriminées et humiliées par l'arrogance
coloniale au sein des forteresses dépositaires de " la civilisation
" et des " droits de l'Homme ", en France comme en Israël,
voilà le danger sinon l'ennemi ! Passe encore qu'on doive leur
permettre de temps en temps d'exprimer leur frustration et leur colère,
mais les voir s'organiser pour peser dans les mobilisations populaires
et dans les élections, là c'est la grosse artillerie de
l'antisémitisme et du " choc des civilisations " qui
est la cause commune d'une étrange coalition contre les nouveaux
barbares.
Antisémitisme/Antisionisme/De quoi, de qui parle-t-on
?
Ce que nous
pouvons et devons faire, c'est dire que nous n'acceptons pas et n'accepterons
pas l'expression publique d'antisémitisme dans nos mobilisations
et que nous condamnons par avance tout acte ou propos raciste à
l'égard d'une personne au motif de ses convictions religieuses
ou de ses références culturelles.
Ceci ne pose aucun problème au sein du mouvement de solidarité
et ceux /celles qui le fréquentent au quotidien et pas seulement
sur les estrades ou dans les studios des médias, savent parfaitement
que l'engagement est d'autant plus facile à tenir que de tels
propos sont très minoritaires, marginaux voire inexistants au
sein du mouvement réel.
Mais la vraie difficulté n'est pas là : elle est dans
la confusion délibérément entretenue entre antisémitisme
et antisionisme, et elle est notamment dans la volonté de plus
en plus omniprésente au sein même de la direction autoproclamée
du mouvement d'interdire toute expression d'une remise en cause de l'État
sioniste d'Israël.
Car c'est bien évidemment de cela dont il s'agit, par exemple
:
- Dans l'affirmation constamment répétée du "
droit de l'état d'Israël à des frontières
sûres et reconnues "
- Dans le refus de mentionner le mot APARTHEID dans le matériel
de la campagne « mur » du Collectif national et de la plate
forme des ONG,
- Dans l'expression de B Ravenel au journal le Monde du 02/12 : "
le mouvement de solidarité que je représente n'a jamais
mis en cause le caractère indiscutable de l'existence de l'Etat
d'Israël, ni entretenu d'ambiguïté sur l'antisémitisme
"
- Dans le texte de l'appel " une autre voix juive " qui écrit
dans un même paragraphe " notre solidarité avec le
peuple palestinien ne nous entraînera jamais à la moindre
collusion avec ceux dont la sollicitude pour la Palestine n'a comme
ressort que la haine des Juifs. Nous condamnons les forces palestiniennes
opposées à l'existence de l'Etat d'Israël "
Affirmer que l'État d'Israël est non seulement le résultat
d'une entreprise coloniale mais qu'il est aujourd'hui un État
raciste d'apartheid heurte de front cette volonté de protéger
l'Etat d'Israël.
Ecrire qu'il faut " abolir le régime colonial et d'apartheid
" vous met d'emblée dans le camp des antisémites
qui " veulent jeter les Juifs à la mer ".
On nous explique qu'il ne faut pas être dupe des man¦uvres
de ceux qui tentent d'utiliser les excès de Sharon contre l'existence
même d'Israël et que les « antisionistes radicaux »
sont dangereux car la critique d'Israël, contrairement à
l'antisémitisme vulgaire, paraît politiquement acceptable.
Or, comme l'écrit Georges Bensoussan ( Revue d'Histoire de la
Shoah 166, mai-août 1999) « la rhétorique antisioniste
et anti-Israël tente de masquer le vieux discours antijuif. »
Et il rajoute " du peuple à l'État le rejet a changé
d'objet mais pas de nature. Il reste par essence génocidaire
".
Dès lors la messe est dite : ceux qui pensent que les droits
des Palestiniens sont en contradiction avec le seul État d'Israël
réellement existant, un État qui se définit lui-même
comme " l'Etat juif », qui impose l'apartheid aux Palestiniens
et poursuit sans relâche l'entreprise de nettoyage ethnique commencée
en 1948 dans le but de devenir " ethniquement pur ", ceux-là
donc ne sont pas fréquentables.
S'ils ne sont pas à coup sûr antisémites du moins
ont-ils partie liée avec eux ou font-ils preuve de " complaisance
" à leur égard. Si certains consentent encore à
dire du bout des lèvres que « tout antisioniste n'est pas
nécessairement antisémite » il n'en demeure pas
moins que « l'antisionisme facilite l'expression de l'antisémitisme
»
Ainsi Antoine Spire peut-il écrire : « de l'antisionisme
au v¦u de disparition de l'état hébreu, il n'y
a qu'un fil, et de la disparition de l'état hébreu à
la haine de ceux qui militent pour le droit à l'existence de
l'état d'Israël, il n'y a qu'un pas »(4)
Etre antisioniste devient dès lors particulièrement suspect,
notamment au sein du mouvement de solidarité : le slogan "
sionistes, racistes, c'est vous les terroristes " est banni des
mots d'ordre officiels, brûler le drapeau israélien devient
un crime et vous rend complice des nazis. La pression est telle que,
dans les débats, rares sont ceux qui osent poser la question
de la signification politique d'un " état juif " ou
celle du lien de causalité entre l'existence d'un tel état,
sa politique terroriste, raciste et coloniale et un possible regain
d'expressions antijuives.
Même ceux qui dénoncent les accusations d'antisémitisme
de gauche (cf. Pascal Boniface, Politis 828) se croient obligés
de donner des garanties en affirmant le lien entre combat contre l'antisémitisme
et reconnaissance du " droit d'Israël d'exister dans des frontières
sûres et reconnues " avec en prime la condamnation des «
attentats suicide. »
Les " post-sionistes " ne sont pas en reste. Présents
dans le mouvement de solidarité ils revendiquent le droit de
critiquer la politique israélienne, c'est à dire la politique
de Sharon, mais ils s'empressent d'ajouter qu'ils font cela pour le
plus grand bien d'Israël, préoccupés qu'ils sont
par son avenir !
Ceux-ci sont le reflet en France des sionistes un peu honteux, tels
Burg et Beilin qui jouent le rôle de défenseurs des valeurs
morales du sionisme et de la mission libératrice de l'état
d'Israël. " L'occupation nous tue ", clament-ils, plus
préoccupés par " l'affaiblissement des valeurs morales
de Tsahal " que par la destruction des vies et de la société
palestiniennes par l'armée coloniale.
" On ne peut plus défendre la politique israélienne
" reprennent en écho quelques intellectuels et responsables
politiques et associatifs français moralement torturés
par la médiatisation des exactions de l'armée israélienne
et qui ne sont même plus certains que Shimon Peres suffira à
faire admettre que « Israël a le droit de se défendre.
»
D'autres, tels les membres de l'UJFP, affirment leur volonté
de lutter pour favoriser au sein des juifs français " une
rupture du soutien aveugle à la politique israélienne
" : autrement dit un soutien à Israël quand même,
mais réfléchi et en connaissance de cause !
Les sionistes « durs » ont bien entendu compris les enjeux
de la situation.
Par leurs choix constants depuis des dizaines d'années tous les
gouvernements israéliens ont lié leur sort à celui
de l'impérialisme et notamment aujourd'hui à la guerre
totale menée aux peuples par les gouvernements des USA.
L'élimination du nationalisme palestinien et la défaite
des Palestiniens dans leur combat pour leurs droits nationaux sont inscrites
dans ce qui est la vraie " feuille de route " de l'Impérialisme.
Dans cette guerre il n'y a pas de place pour les états d Œâme
et tous les coups sont permis.
Et c'est ainsi que, bien que multipliant les gages de soutien "
au droit d'Israël d'exister ", bien qu'en rajoutant à
chaque fois sur les condamnations du « terrorisme palestinien
», bien que s'opposant avec la plus grande vigueur à toute
politique visant à effectivement condamner et isoler Israël
comme un état colonisateur raciste d'apartheid à l'égard
de la population palestinienneŠnos sionistes « mous »
se retrouvent au banc d'infamie des accusés d'antisémitisme,
partageant à leur grande honte l'accusation avec des antisionistes
dont ils veulent à tout prix se différencier.
C'est la raison de leur offensive actuelle contre l'antisionisme, laquelle
vient compléter une position de retrait à l'égard
de la résistance palestinienne.
Car la distanciation avec tout acte de résistance suspect de
s'en prendre à la légitimité de l'état d'Israël
est devenue le sauf-conduit indispensable à toute expression
d'une solidarité prudente avec les Palestiniens : tant que ceux
ci mendient ou votent ( à l'intérieur des frontières
de 67, bien sûr), ceux ci attirent la sympathie qu'il sied de
manifester aux victimes, mais gare aux autres qui prétendent
poursuivre leur action de résistance quand refleurissent «
les espoirs de paix »
Des parlementaires européens aux responsables des associations,
chacun y va de sa condamnation du " terrorisme ", certains
prenant la précaution de préciser que le dit terrorisme
est « l'aboutissement de la guerre à outrance menée
par Sharon » (tract LCR, 15/11/2004). Mais c'est quand même
du " terrorisme ", pas de la résistance n'est-ce pas
? Et quand les manifestants de la Paix israéliens commencent
leur rassemblement " pour le retrait de Gaza " par une minute
de silence à la mémoire de six soldats israéliens
tués dans leur char détruit à Gaza, de «
vrais amis » de la Palestine voient dans le rassemblement "
une lueur d'espoir pour la paix " et ne trouvent rien à
redire à l'hommage rendu à ceux qui détruisent
et assassinent chaque jour à Rafah.
Bref, il faut surtout éviter de nommer et de se confronter à
ce qui est pourtant la clé de l'énigme de cette paix rigoureusement
impossible à atteindre dans les conditions créées
par " le partage " décidé par l'ONU en 1947
: le sionisme, ce nationalisme réactionnaire importé en
Palestine par des colons conquérants et spoliateurs, imposé
aux peuples arabes du Moyen-orient par la force des armes, implanté
et maintenu avec l Œappui de l'Impérialisme, ne peut qu'apporter
et entretenir la guerre.
Jamais un tel Etat ne permettra aux Palestiniens d'exercer leurs droits
à l'autodétermination, jamais il n'acceptera d'être
lié par un accord de paix avec le peuple palestinien car son
essence c'est la liquidation de ce peuple en tant qu'entité nationale
sur la terre de Palestine.
Pourquoi
cette offensive et pourquoi maintenant?
" Au vu des faits sur place, il est évident que la création
d'un État palestinien sera impossibleŠLe seul avenir envisagé
pour le peuple palestinien est celui d'un pays de ghettos et de bantoustans,
et une terre sous domination et humiliation permanente d'Israël
" (5)
Cette réalité des " faits sur place ", observables
par quiconque se rend en Palestine et prend le temps de les constater,
est jusqu'à ce jour farouchement occultée par la direction
d'un mouvement qui s'accroche désespérément à
la fiction de " l'État palestinien indépendant ".
Or cette hypothèse a vécu, éliminée par
la logique conquérante du sionisme et par la volonté impérialiste
de détruire tout nationalisme indépendant au Moyen Orient.
Mais ce
qui a rendu totalement obsolètes les discours illusoires sur
" les deux états vivant en paix côte à côte
" ce ne sont pas « les excès de Sharon. » L'anéantissement
de l'hypothèse de l'état palestinien indépendant
aux côtés d'Israël est le résultat de l'accumulation
de dizaines d'années de politique coloniale menée par
TOUS les gouvernements israéliens.
Certes, les conséquences du refus de prendre en compte les racines
réelles de la question palestinienne se sont particulièrement
révélées depuis la décision d'Israël
de s'impliquer totalement dans la stratégie de guerre des USA
après le 11 septembre 2001.
La direction sioniste a profité de l'engagement par Bush de la
guerre totale contre les peuples pour conforter ses propres intérêts
d'état sioniste visant à consolider ses conquêtes
territoriales.
Mais ce que Sharon a pu faire depuis son arrivée au pouvoir et
après le 11 septembre 2001 a été préparé
et permis par tout ce qui a été mis en ¦uvre durant
" la paix d'Oslo " : construction des colonies, des routes
" de contournement ", isolement et enfermement de la population
palestinienne de Cisjordanie et de Gaza dans des secteurs dits d'Autonomie
palestinienne etc.
Tout entier acquis au " processus de paix " et sans la moindre
attention à ceux qui le mettaient en garde contre les illusions,
le mouvement de solidarité est aujourd'hui confronté au
désastre issu du choix calamiteux de la direction de l'OLP lors
de sa signature des « accords d'Oslo » en septembre 1993.
Le refus obstiné de se confronter à la question de la
nature et de la fonction politique d'Israël, celles d'un état
colonial raciste, chien de garde des intérêts de l'Impérialisme
au Moyen-Orient, a finalement abouti à une subordination aux
prétendus plans de paix des puissances impérialistes aujourd'hui
sous hégémonie américaine.
Refusant d'aller à la racine des choses, refusant d'admettre
la convergence du projet sioniste d'occupation de toute la Palestine
avec le projet de l'impérialisme de détruire toute volonté
d'autodétermination des peuples arabes du Moyen Orient et notamment
de détruire les bases du nationalisme palestinien, réduisant
le problème à un manque de respect des " règles
du Droit " et des engagements pris dans une perspective de règlement
antérieurement baptisée " la Terre contre la Paix
", le mouvement de solidarité s'est cantonné à
la recherche d' " une paix juste entre israéliens et palestiniens"
qui consistait à proclamer le droit des Palestiniens à
un état, tentant de se construire aux côtés de la
puissance colonisatrice sioniste, dans les limites des " frontières
de 67 "
Ce qui était un compromis ( avec probablement l'illusion qu'il
soit provisoire pour certains) de la majorité de la direction
de l'OLP est devenu l'horizon exclusif et indépassable du mouvement
de solidarité qui s'est construit non pas comme un mouvement
de soutien à la lutte de libération nationale du peuple
palestinien mais comme un mouvement d'appoint à la réalisation
de l'État palestinien sur 20% de la Palestine, centrant son action
sur la fin de l'occupation des territoires conquis en 1967 où
vit un tiers du Peuple palestinien.
Ce ralliement à la revendication des " deux États
pour deux peuples " s'est accompagné d'une quasi-disparition
des autres revendications nationales palestiniennes.
Il en est ainsi de la question du droit au retour des réfugiés,
qui sont aujourd'hui 5 millions, soit plus de la moitié des Palestiniens,
qui est une revendication centrale pour l'immense majorité les
Palestiniens et que la direction de l'OLP n'a jamais officiellement
abandonnée, quelles que soient les ambiguïtés de
certains dirigeants palestiniens et les compromissions d'autres.
Cette exigence ne fait pas partie des bases constitutives de beaucoup
des organisations et associations qui se réclament pourtant de
la « solidarité avec les Palestiniens. »
Parmi celles qui l'ont retenue dans leurs bases politiques beaucoup
lui font une place assez confidentielle et en tout état de cause
n'en font jamais une exigence pour des actions communes.
Or, depuis qu'il a pris son essor en Palestine le sionisme met en ¦uvre
la politique de nettoyage ethnique des Palestiniens la plus appropriée
aux rapports de forces régionaux et aux circonstances internationales.
Si les sionistes ont expulsé par la force des centaines de milliers
de Palestiniens d'abord en 1948 puis en 1967 ce n'est évidemment
pas pour les voir revenir " légalement ", au terme
d'une négociation et en application d'un droit international
dont il n'a que faire.
Accepter le droit au retour c'est remettre en cause la conception ethnique
qui fonde l'État d'Israël comme un " État juif
". Ceci signifie que si le droit au retour ne fait pas partie des
bases constitutives du Collectif national et s'il n'est pas défendu
par de nombreuses associations et organisations qui s'affirment «
solidaires des Palestiniens », c'est tout simplement parce que
la mise en ¦uvre de cette revendication est contradictoire avec
les fondements sionistes de l'État d'Israël et pas seulement
avec la " politique de Sharon " ou avec " les excès
de Tsahal "
La perspective de l'État palestinien indépendant permettait
d'atténuer sinon de masquer totalement cette formidable injustice:
du moins les réfugiés pourraient-ils avoir leur État
et un passeport !
Autres Palestiniens à qui on demande aussi d'être «
réalistes » quand on n'oublie pas tout simplement leur
existence, les Palestiniens vivant en Israël, les Palestiniens
de 1948 comme ils se nomment eux-mêmes. Ils sont 1 million vivant
en Israël aujourd'hui comme des citoyens de deuxième zone,
victimes d'une ségrégation systématique qui prépare
la mise en ¦uvre d'un régime d'apartheid total au sein
même de l'État sioniste.
On l'a compris, en l'absence de la perspective d'un État palestinien
indépendant, ne pas revendiquer l'application concrète
du droit au retour et ne pas soutenir la lutte des Palestiniens de 48
victimes du nettoyage ethnique et de l'apartheid dans le Naqab et en
Galilée par exemple, c'est se retrouver dans une posture de défense
du droit d'Israël à existerŠcomme un « État
juif », avec le moins possible de Palestiniens, aujourd'hui sur
80% et dans quelques mois sur 90% du territoire de la Palestine historique,
sans droits nationaux réels pour les Palestiniens quel que soit
le côté du mur où ils habitent, c'est défendre
le droit d'Israël à exister comme un État raciste
d'apartheid. Position évidemment difficile à assumer pour
un " mouvement de solidarité avec la Palestine " !
Quand
on prend conscience d'être engagé dans une impasse politique,
on a le choix entre deux attitudes:
- procéder à un bilan et notamment confronter la théorie
(les bases du projet politique) avec la réalité des faits.
- ou s'obstiner dans l'erreur et chercher des coupables et des boucs
émissaires.
C'est manifestement
la deuxième voie qu'ont choisi certains des responsables politiques
et associatifs du mouvement « pour une paix juste et durable etc.
» D'une part ils ont décidé de s'inscrire, plus
ou moins explicitement suivant les cas, dans une logique de soutien
aux prétendus plans de paix tels la " Feuille de route ",
le " texte de Genève " la reprise du " plan Clinton
" etc.
Il en est même qui jugent positif le prétendu plan de retrait
de Gaza ! En agissant ainsi ils prêtent la main à tous
ceux qui veulent continuer d'alimenter la fiction d'un État indépendant
palestinien. Peu leur importe que le soi-disant " État indépendant
palestinien " possède les attributs d'un État, soit
économiquement viable, ait la maîtrise de ses ressources
naturelles etc. Ils sont prêts à accepter un État
au rabais, parce qu'avec les représentants d'un État,
même fantôme, Israël et les instances internationales
discuteront des " frontières " (strictement le long
la ligne verte? Ou avec quelques " échanges de territoire
" ? Où passera le mur ? etc.) alors qu'avec des dirigeants
d'un mouvement de libération, on ne peut éviter de parler
de revendications nationales et de droit à la résistance
!
Dans la logique de leur soutien aux accords d'Oslo ils s'apprêtent
ainsi à alimenter le rideau de fumée qui doit masquer
la réalité d'une politique qui vise à " piéger
les Palestiniens comme des rats "
D'autre part ils doivent déconsidérer ceux qui proposent
au mouvement un autre cadre d'explication, fondé sur une compréhension
de la nature du projet sioniste et sur la fonction attribuée
à Israël dans le projet impérialiste de remodelage
et de contrôle de « nouveau grand Moyen-Orient. »
Rendre suspects d'antisémitisme ceux qui parlent de sionisme,
d'État raciste d'apartheid et de droits nationaux pour tout le
peuple palestinien, tel est le moyen choisi par les exécuteurs
testamentaires du projet failli qui a mené les Palestiniens au
désastre actuel et ouvre la voie à une nouvelle catastrophe.
Soutenir
la lutte de libération du Peuple palestinien
Aujourd'hui
la première responsabilité d'un mouvement de soutien est
de prendre la mesure des enjeux de la situation à laquelle est
confronté le peuple palestinien. Le vrai enjeu est celui de la
destruction de la cause nationale palestinienne par l'imposition au
peuple palestinien dispersé du renoncement à ses droits,
dont le premier est celui de l'autodétermination.
Ceci passe par la destruction de la résistance palestinienne
qui, avec la résistance du peuple irakien, est un obstacle majeur
à la réalisation du plan impérialiste de futur
" grand Moyen-Orient "
L'État sioniste d'Israël, avec son projet colonial d'occupation
et d'annexion de la Palestine, est la pierre angulaire du dispositif
impérialiste de contrôle de la région et de mise
en tutelle des peuples arabes qui l'habitent.
Pour les dirigeants impérialistes et ceux de l'État sioniste
il convient de masquer autant que faire se peut les objectifs réels
et les conséquences concrètes de cette politique sur les
populations concernées.
Plans de paix, conférences internationales et discours sur la
« démocratie » alimentent une agitation médiatique
orchestrée qui vise à concentrer l'attention de l'opinion
publique sur des évènements et des faits secondaires.
Elections " démocratiques " en Irak et en Palestine,
" réformes, « lutte contre la corruption »,
" reconstruction " etc. sont autant de mirages destinés
à masquer la vérité d'une nouvelle entreprise de
colonisation et d'asservissement des peuples arabes de la région.
C'est pour ces raisons que toute " solidarité " fondée
sur l'objectif d'imposer une négociation destinée à
parvenir à une " paix juste " fondée sur "
un partage équitable des terres et des ressources " est
une impasse, tragique et sanglante pour les peuples qui sont censés
en être bénéficiaires.
S'agissant de la question palestinienne il existe une réalité
incontournable même pour les plus sincères des partisans
de la paix entre les deux peuples : c'est l'État israélien
réellement existant. Celui-ci résulte du choix fait par
les dirigeants sionistes de lier le sort de leur projet politique à
l'impérialisme dominant.
Ce choix, ( remarquable pour un prétendu « mouvement de
libération nationale » du peuple juif !), a marqué
à jamais la nature et la fonction de cet État imposé
aux peuples arabes et fondé sur la négation du peuple
palestinien et de ses droits.
C'est aussi pour cela que croire que " quelques hommes courageux
et de bonne volonté de part et d'autre " peuvent mettre
un terme au " conflit " est une illusion dont les peuples
ont déjà payé le prix fort et dont la répétition,
après des expériences désastreuses telle celle
des accords d'Oslo, contraint à s'interroger sur la réalité
des intentions et des intérêts de ceux qui la défendent
à nouveau.
Le mouvement de soutien que le peuple palestinien appelle de ses v¦ux(5)
est un mouvement qui l'appuie dans sa lutte de libération et
pour la conquête de ses droits nationaux, pas un mouvement d'appui
à des prétendues " solutions justes et durables "
qui posent comme condition incontournable le respect d'un État
colonial d'apartheid qui est la négation même des droits
des Palestiniens.
Dans ces conditions, " élargir et renforcer la solidarité
" ce n'est pas inviter plus d'hommes et de femmes à adhérer
à des mirages et à répandre à leur tour
des illusions.
Il ne s'agit donc pas d'être " plus radical " pour le
plaisir comme l'accusation est portée par les prétendus
réalistes qui considèrent qu'Israël est un "
fait accompli " et que le Peuple palestinien, remercié au
passage pour ses " sacrifices généreux ", devra
se contenter de la portion congrue : une petite Palestine en forme de
confettis, pas de retour pour les réfugiés etc.
Il s'agit d'abord et tout simplement d'être honnête avec
celles et ceux qui découvrent ou réalisent l'ampleur de
l'injustice et entrent sincèrement en sympathie naturelle avec
les Palestiniens. Ces hommes et ces femmes ont le droit de savoir quelles
sont les racines de l'injustice et quels sont les vrais motifs et enjeux
de l'affrontement dès lors qu'ils veulent s'impliquer et contribuer
à la recherche d'une issue qui respecte tous les droits de tout
le peuple palestinien.
Il s'agit ensuite d'être très réalistes - beaucoup
plus réalistes que ceux qui prétendent l'être en
proposant des " solutions modérées et équilibrées
" - en pensant que les peuples du monde, dont nous faisons partie,
n'ont d'autre avenir possible que dans la résistance à
tous les plans d'oppression, de soumission et d'asservissement.
C'est aussi la responsabilité des mouvements de soutien, en liaison
avec les initiatives du mouvement antiguerre, d'aider les peuples irakien
et palestinien qui sont aujourd'hui les maillons les plus exposés
de cette cause universelle à ne pas rompre, à tenir, à
reprendre des forces et contribuer ainsi à la défaite
des plans de l'Impérialisme.
Elargir et renforcer le soutien c'est donc développer un puissant
mouvement populaire solidaire des droits, des revendications et des
actions de résistance choisies par les peuples occupés
et opprimés.
S'agissant du soutien au peuple palestinien il faut un soutien sans
faille à sa lutte de libération nationale et donc en premier
lieu à son droit à l'autodétermination, exigence
dont le droit au retour des réfugiés est inséparable.
Pour desserrer le n¦ud coulant d'une occupation qui asphyxie
les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, il faut développer
une puissante campagne de boycott, de désinvestissement et de
sanctions à l'encontre de l'État d'Israël.
Il faut isoler l'État israélien d'apartheid, il faut isoler
l'État colonial qui emprisonne.
Nul doute que ce sera difficile, plus difficile qu'avec l'Afrique du
sud du fait de l'existence des verrous idéologiques posés
par les dirigeants sionistes qui ont su faire d'une des pires actes
d'atrocité de l'Histoire humaine, l'extermination des juifs d'Europe,
une arme absolue qui prétend délégitimer tout combat
contre l'État raciste israélien.
Soutenir la lutte des Palestiniens c'est aussi les aider à reconstituer
leurs forces, aider les hommes et les femmes à reprendre confiance
dans l'action collective, dans l'expression de leurs exigences démocratiques
et de leurs droits sociaux, dans la réalisation de leurs projets
économiques, éducatifs, culturels, politiques et associatifs
avec un souci scrupuleux de leur indépendance de décision.
C'est là un point décisif d'action d'un mouvement de soutien
à l'heure où reviennent en force en Palestine les donateurs
privés et les financeurs publics (USAID, Communauté européenne
etc.) qui conditionnent leur aide aux ONG palestiniennes à l'engagement
d'actions qui s'inscrivent dans la normalisation imposée et s'éloignent
de tout esprit de résistance.
C'est ainsi que, loin de se substituer à eux et de prétendre
décider à leur place, nous les aiderons à reconquérir
et reconstruire les outils de réflexion, de débat collectif
et d'action dont ils/elles ont besoin et que nous ne devons pas confondre
avec les prétendues « opportunités démocratiques
», octroyées aux Palestiniens par les chars israéliens
et réservés à une élite politique et sociale
qui accapare les médias mais est coupée de la population
et ne représente pas ses intérêts. C'est là
une condition pour que les Palestiniens et les Palestiniennes puissent
vraiment choisir les objectifs, la stratégie et les moyens de
leur résistance à l'oppression coloniale et de leur libération.
Plutôt que leur reprocher certains moyens utilisés dans
leur résistance, la tâche d'un mouvement de soutien est
de les aider à réunir les conditions du « choix
des armes » et de leur permettre d'agir conformément à
ce choix.
Pour faire tout cela et pour toutes ces raisons c'est d'un mouvement
de soutien consciemment et délibérément antisioniste
dont les Palestiniens ont besoin.
Notes :
(1) Le Monde 02/12/04
(2) Politis 11/11/04
3) Politis 02/12/04
4) Hommes et Libertés, revue de la LDH, n° 127
5) Piégés comme des rats
Un
étrange bilan
Texte adopté par le bureau de l'association Nanterre Palestine
le 24 janvier 2005
L'Association France Palestine Solidarité et l'Union Juive Française
pour la Paix ont diffusé un texte intitulé : " protestation
contre la venue en France des gardes frontières israéliens
: notre bilan ".
Nous n'avons pas l'intention d'entrer dans une polémique stérile
avec des organisations qui ont appelé au rassemblement, quoique
fort tardivement, très discrètement et APRES que d'autres
associations, dont Justice en Palestine et Nanterre Palestine, aient
pris l'initiative de l'organiser.
Le texte diffusé suscite toutefois de notre part les observations
suivantes.
1/ La plus grande partie du texte est consacrée à critiquer
et calomnier des organisations et des individus qui se sont mobilisés
contre le gala des sionistes ! Pas un mot sur les absents et notamment
les organisations qui participent au " Collectif national "
et qui ont refusé d'assumer les responsabilités auxquelles
elles prétendent dans la conduite de l'action de solidarité
avec les Palestiniens. Ce qui inquiète d'abord l'AFPS et l'UJFP
ce n'est pas la faillite de ceux qui prétendent monopoliser l'_expression
de la solidarité, c'est " la radicalisation de certains
éléments " qui participent aux actions ! Pourquoi
l'AFPS et l'UJFP ne nous disent-ils pas un mot des raisons invoquées
par ceux qu'ils côtoient au sein du collectif et qui ont déserté
la mobilisation ce jour-là ?
Après avoir récupéré puis délibérément
saboté la mobilisation de soutien aux prisonniers palestiniens
en grève de la faim, après avoir divisé le mouvement
en déclarant indésirables certaines composantes coupables
de ne pas être " dans la ligne du collectif national "
certains éradicateurs semblent désormais beaucoup plus
mobilisés par la volonté de trier celles et ceux qui ont
le droit de participer aux mobilisations que par celle d'en élargir
les rangs.
2/ Le texte fait l'impasse sur la tonalité générale
du rassemblement : dynamique, reprenant constamment les mots d'ordre
dénonçant la colonisation sioniste de la Palestine, le
caractère raciste de l'état sioniste d'apartheid, la complicité
des autorités politiques françaises dans l'autorisation
de ce gala etc.
Le gala sioniste de soutien au MAGAV exigeait cette clarté. Car,
contrairement à ce qui est écrit dans le texte de l'AFPS
et de l'UJFP, cette force paramilitaire ne sévit pas seulement
dans " les territoires occupés " : elle réprime
et parfois élimine tous les Palestiniens qui s'opposent à
l'occupation coloniale et à l'apartheid, tant dans les "
territoires occupés " en 1967 que dans les villages arabes
d'Israël. Ces mercenaires de l'état colonial protègent
les intérêts sionistes contre tout le Peuple palestinien
et l'occasion était propice à expliquer que seule l'abolition
du régime colonial et d'apartheid mettra fin à un conflit
historique qui ne prend pas racine en 1967 mais dans l'occupation coloniale
de toute la Palestine et notamment lors de la NAKBAH en 1948.
Il est probable que cette détermination antisioniste a déplu
à certains qui auraient préféré en rester
à des propos anti-racistes vagues et de bon aloi. La majorité
des manifestants en a décidé autrement et nous pensons
qu'il s'agit là d'une évolution très positive.
3/ Des divergences d'appréciation et d'analyse existent dans
le mouvement de solidarité.
Ces divergences ne doivent pas empêcher l'action commune dès
lors que nulle organisation ne s'arroge le droit de dicter autoritairement
aux autres composantes ce qui est " dans la ligne " et ce
qui serait prohibé dans les initiatives communes.
Nous acceptons d'être jugés par les militants de la solidarité
sur nos propos, nos écrits et nos initiatives.
Nous récusons les amalgames ignobles et les insinuations mensongères
des petits procureurs qui se prétendent investis d'une supériorité
morale leur permettant de décerner des brevets à celles
et ceux qu'ils jugent " bons pour la solidarité ".
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui veulent soutenir les Palestiniens
dans la conquête de leurs droits nationaux à amplifier
l'action pour isoler l'état raciste d'apartheid et à ne
pas céder aux man¦uvres de culpabilisation et d'intimidation
Après
la manifestation du Bataclan : réunion de bilan et perspectives
Après la mobilisation contre le gala de soutien à l'armée
israélienne au Bataclan et au vu de la situation en Palestine
et à Gaza-Rafah en particulier, nous appellons à une réunion
élargie JEUDI 20 JANVIER 2005 A 19H30 , au LOCAL DU MIB, 45 rue
d'Aubervilliers 75018 Paris , Rez de chaussée, métro Stalingrad.
Mouvement Justice pour la Palestine
Témoignage sur le rassemblement du 12 janvier 2005 devant le
Bataclan
par Ginette Hess Skandrani, Paris, 13 janvier 2005
j’ai participé à la manifstation devant la salle
“Le bataclan” à Paris, le 12 janvier, où les
sionistes avaient organisé une soirée de solidarité
et de récolte de fonds destinés au MAGAV. (Association
“écologiste” de colonisation des terres volées
aux Bédouins palestiniens dans le Néguev).
Une petite centaine de personnes assez disparates se sont rassemblées
à partir de 18 heures trente, sous une imposante présence
policière, après avoir donné plusieurs rendez-vous
dispersés. Les camions des CRS avaient bouclé tout le
quartier. Plusieurs associations avaient appelé à ce rassemblement
avec des mots d'ordre très différents : Mouvement Justice
Palestine, l’AGEN, Nanterre Palestine et Agir contre le Guerre
d’un côté, et de l’autre l'AFPS (Association
France-Palestine Solidarité), l’UJFP (Union juive française
pour la paix) et les Femmes en noir).
Dès mon arrivée, Richard Wagman, président de l'UJFP,
complètement excité, la figure aussi rouge que ses
cheveux, accompagné de trois autres personnes et de deux "femmes
en noir" s'est avancé vers moi me demandant de quitter ce
rassemblement et me traitant de révisionniste.
Je lui ai juste demandé d’où il tenait ces affirmations
idiotes et surtout qui il était pour se permettre de me virer.
" Si ma présence le dérangeait, il pouvait tout aussi
bien quitter ce lieu… car je ne partirai pas de plein gré
".
Au moment où ils ont commencé à m'encercler, la
" Ligue de défense Juive " a attaqué quelques
personnes et , très courageux, … ils se sont tous sauvés.
Je n’ai pas bougé, m’appuyant contre une colonne
afin de protéger mes arrières, car je connais déjà
suffisamment leurs pratiques et je sais qu’ils attaquent rarement
de face.
Ces excités de l’UJFP et autres sionistes, s'en sont pris
à tous ceux qui me défendaient et osaient leur tenir tête.
(plusieurs jeunes avec des keffiehs, ainsi que d’ anciens militant/es
de la cause palestinienne).
J’ai été surprise par les slogans antisionistes
lancés par les présents et surtout par le soutien à
la résistance palestinienne, plusieurs fois affirmé. Je
m’aperçois surtout que la relève est tout à
fait assurée.
Mais, je me suis demandé, et d’autres avec moi, s'il n'y
avait pas connivence entre l'UJFP et la Ligue de défense Juive
? Entre sionistes, ils doivent certainement se serrer les coudes. Et,
cela expliquerait beaucoup de choses et surtout leur animosité
contre tous ceux qui défendent "Un seul Etat démocratique
en Palestine/Israël", le droit au retour de tous les réfugiés
palestiniens et le devoir de résistance.
Échos
de la manifestation du 12 janvier contre le gala de soutien à
la police des frontières organisé par MAGAV à Paris
Deux compte-rendus de cette manifestation. Le premier émane du
Mouvement Justice pour la Palestine. le second est de Pierre-Yves Salingue,
militant de l'association Nanterre Palestine
Mouvement Justice pour la Palestine :
Suite au
rassemblement d'hier mercredi 12 janvier contre le gala du Bataclan
en soutien à l'armée israélienne qui a réuni
plus de 200 personnes, nul doute que nous pouvons et devons continuer
à mobiliser contre ce genre d'initiatives et en construire d'autres.
La mobilisation s'est organisée dans un laps de temps assez court
mais sur une base politique claire de soutien à la résistance
palestinienne et des ONG palestiniennes concernant le boycott total
du régime colonial et d'Apartheid de l'Etat d'Israël. Malheureusement
ni les restes d'un prétendu collectif national, ni la coordination
Palestine Ile de France n'étaient présent hier soir. Quand
aux organisations qui avaient appelé au même rassemblement,
nous déplorons quelques comportements qui n'ont rien d'un soutien
à la cause palestinienne. Malgré les avertissements que
nous avions lancé concernant la Ligue de défense juive
et le comportement des autorités françaises qui les protègent,
les membres de la LDJ étaient encore présents hier soir
sous l'oeil des forces de l'ordre. Ces dernières ont réagi
après les provocations et l'attaque de la LDJ contre notre rassemblement.
Suite à cette attaque, deux manifestants de notre bord ont été
interpellés puis relachés, dont l'un a été
hospitalisé (blessure légère) et 4 membres de la
LDJ ont été hospitalisés et un de leurs membres
de nationalité israélienne interpellé. À
quand l'interdiction de cette milice paramilitaire ? Assez de la complicité
des autorités françaises ! Une prochaine réunion
sera programée afin de préparer d'autres initiatives.
SANS JUSTICE, PAS DE PAIX Mouvement Justice pour la Palestine, justicepalestine@hotmail.com
Pierre-Yves
Salingue
Rassemblement quantitativement modeste mais loin d'être ridicule
ce soir devant le Bataclan où la crème du sionisme français
faisait la fête en l'honneur du Magav, groupe paramilitaire israélien
spécialisé dans la chasse et l'élimination des
Palestiniens qui s'opposent à l'état colonial et à
l'apartheid israéliens. Leur gala n'a pu se dérouler que
sous une imposante présence policière. Nous étions
un peu plus de 200, et certes ce n'est pas assez , mais finalement autant
que lors des récentes mobilisations appelées par le "Collectif
national pour une paix juste etc." Or cette fois ci ce collectif
n'avait pas appellé à protester contre le gala des terroristes
sionistes , il n'a même pas jugé utile d'avancer sa réunion
prévue le 18 janvier (pas plus qu'il n'avait jugé nécessaire
de modifier son calendrier lors de la grève de la faim de milliers
de prisonniers palestiniens l'été dernier!) Justice en
Palestine,Nanterre Palestine, Agir Contre le Guerre, rejoints par quelques
autres ces derniers jours avaient donc pris l'initiative d'appeler à
un rassemblement. Lundi l'AFPS, l'UJFP et la GUPS ont rendu public un
appel à protester à la même heure et au même
endroit ,mais sans se mélanger avec "les éléments
douteux" , rejoints hier par les missions civiles... Le rassemblement
a été dynamique , les mots d'ordre contre l'État
sioniste d'apartheid , pour le retrait des troupes sionistes de Palestine
et contre la complicité des autorité françaises
ont été vigoureusement repris par des participants qui
ont superbement ignoré et méprisé les prétentions
de certains à faire le tri entre les "bons" amis du
peuple palestinien et les "faux amis"... Les tentatives d'intimidation
des petits procureurs qui se sentent investis d'une supériorité
morale et prétendent décerner les brevets de non-antisémite/non-négationnisme
ont tourné court et le rassemblement s'est globalement bien déroulé
. Ce fût un excellent démenti à ceux qui veulent
nous faire croire que rien n'est possible sans l'aval des "grandes
organisations" du collectif et aussi à ceux qui nous promettaient
des "catastrophes" laissant la part belle aux antisémites
et aux provocateurs que "les organisateurs seraient incapable de
contenir" ( entendu à la coordination Ile de France mardi
soir...) Bref , une fois de plus les absents ont eu tort, de même
que les ralliés de la dernière minute ( dont Christian
Picquet (LCR), paradant comme si il avait une quelconque autorité
dans un rassemblement pour lequel il n'a rien fait , ni en tant que
secrétaire du Collectif national , ni en tant que dirigeant d'une
organisation politique : je rappelle que le Collectif n'a pas appelé
, pas plus que la LCR , organisation membre du Collectif national) Ils
n'ont pas pu empêcher que s'expriment des militants qui en ont
marre d'être tenus en laisse et qui veulent clairement affirmer
leur soutien à la résistance palestinienne contre l'état
colonial sioniste d'apartheid sans être à chaque fois soupçonnés
"d'être antisémites"!!! Il faut maintenant poursuivre
et développer l'action engagée à cette occasion.
Les sionistes n'ont pas l'intention de désarmer et préparent
déjà d'autres galas à Paris. Au delà de
la mobilisation nécessaire contre ces initiatives qui visent
à banaliser l'occupation coloniale et à imposer la présence
de l'armée israélienne sur le territoire français
comme quelque chose de "naturel" il nous faut notamment nous
préparer à relayer l'appel des organisations populaires
palestiniennes à isoler et boycotter l'État d'apartheid
sur tous les plans, politique,économique,culturel,éducatif
et universitaire etc. Il s'agit bien d'une campagne de mobilisation
populaire et pas de quémander aux institutions européennes
ou internationales! Bref , beaucoup de travail et bien des clarifications
nécessaires dans les semaines à venir, pour une action
plus efficace, débarassée de ses illusions qu'une "paix"
serait " possible" sans qu'il soit besoin de combattre clairement
l'idéologie sioniste et l'État raciste d'apartheid qu'elle
a engendré.
Un
appel d'une coopérative agricole d'Al Khalil (Hébron)
par Raed Abuyussef , Hébron, 12 janvier 2005 . Contact : abuyussefr@yahoo.fr
Depuis
l'arrivée de l'Autorité palestinienne, la situation agricole
devient de plus en plus mauvaise et pendant cette Intifada, cette situation
est devenue catastrophique. Les agriculteurs les plus touchés
sont les producteurs du raisin dans la région de Hébron.
Il y a 10 ans, ces agriculteurs vendaient leur raisin en Israël
directement, aux marchés locaux, et en Jordanie, mais après
Oslo les choses sont devenu très compliquées. Pour vendre
en Israël, il faut avoir une autorisation donnée par l'armée
israélienne, elle ne peut être donnée qu'aux commerçants
ou aux intermédiaires ; cette autorisation est devenue très
rare pendant cette Intifada ; l'armée d'occupation et même
si l'on a l'autorisation, fait le contrôle de sécurité
et le contrôle sanitaire " et ce n'est pas le cas quand ce
sont des marchandises venant d'Israël " et donc il faut attendre
de 12h à 48h pour laisser passer les marchandises " le raisin
de table s'abîme avant qu'il soit arrivé aux marchés
israéliens " et aussi pour le marché local, c-à-d
les villes palestiniennes du nord et la bande de Gaza : pendant cette
Intifada et beaucoup d'entre vous savent comment il est difficile et
des fois impossible d'aller d'une ville à l'autre, même
à pied et pour transporter le raisin de Hébron à
Naplouse, il faut entre 24h et 48 pour faire 120 km, selon l'envie d'un
tel soldat qui contrôle sur un tel barrage. L'exportation n'existe
pratiquement pas sauf quelques tonnes exportées en Jordanie pour
faire du vin. L'année dernière, en 2004, on a eu l'année
la plus mauvaise que jamais ; la situation économique générale
est catastrophique, les Palestiniens n'ont plus les moyens que d'acheter
les choses essentielles pour survivre " farine, riz, etc... "
alors que les fruits et certains variétés de légumes
deviennent de moins en moins demandés. Durant l'année
2004, on a eu une augmentation des surface cultivées en vignes
sur la région " 15% ", les Palestiniens qui travaillaient
en Israël ont perdu leur travail et ils sont aux chômage,
la majorité sont devenus agriculteurs. Pendant cette Intifada,
les promesses pour aider les agriculteurs sont énormes, l'Autorité
veut améliorer les conditions de vie des agriculteurs "
comment et quand ???!! on ne sait pas ". L'Autorité veut
résoudre le problème du marché " l'exportation
, la transformation de produits agricoles etc. !!!?? " . Les ONG
palestiniennes ne jouent plus leur rôle de solidarité avec
les agriculteurs palestiniens, leurs projets ne concernent plus l'agriculture,
on parle de développement social, de créer des clubs jeunesse
et féminins, appliquer les règles ISO, etc. La perte de
l'année 2004 en raisin fut très grande et a augmenté
de 20% en milieu de saison à 45% en fin de saison ; la région
produit 22500 tonnes, 10000 tonnes jetées "65 % restés
sur les vignes ,10% jetés aux marché local , 25% jetés
aux villes palestinienne après les avoir transportées
et c'est l'agriculteur qui paye les charges ". Un agriculteur de
Hébron qui possédait 15 ha cultivés en variété
de raisin que l'on vendange, à fin novembre, il avait vendangé
2 tonnes et il les avait transportés à Naplouse, il avait
eu 200 shekels " 35euro " avant qu'il ait eu une crise cardiaque.
Que faire
?????
Six agriculteurs
se sont réunis pour essayer de trouver un petit espoir car on
parle d'un très grand danger qui menace des milliers de Palestiniens,
qui menace leur existence. On ne peut pas demander aux Palestiniens
de résister si leurs enfants ne trouvent pas de quoi manger ou
d'avoir le minimum pour vivre en dignité. Dans un journal, j'ai
lu qu'un Israélien de la paix , " très riche ",
et qui s'intéressait beaucoup aux enfants palestiniens, avait
financé une école de musique à Ramallah pour que
les enfants apprennent la musique. J'ai eu l'occasion d'aller à
Ramallah et d'aller voir cette école. Or moi aussi j'aime la
musique. Mais la surprise était quand j'ai vu les clients de
cette école : cette école est réservée aux
familles riches ! c'est un exemple pour expliquer à tous les
gens honnêtes de ce monde que les Palestiniens aiment beaucoup
la musique, danser, sortir, rire et les enfants aiment beaucoup jouer
et c'est très joli la solidarité aux peuple palestinien.
Mais cela sera très joli et aussi très humain si les Palestiniens
sentent cette solidarité.
Ces six
agriculteurs ont trouvé que la meilleure façon pour résoudre
le problème de raisin : c'était par la transformation
de raisin, soit en jus soit en raisin sec, et pour faciliter notre travail
on a fondé une coopérative et on a invité beaucoup
d'agriculteurs à une réunion pour parler de notre idée.
Tout le monde était très content parce qu'enfin il y avait
de quoi faire. Aujourd'hui, dans notre coopérative, il y 65 adhérents
; on cherche des informations techniques concernant les machines et
la stérilisation du jus et évidemment des financements,
nos moyens ne sont pas assez grands pour réaliser un tel projet.
La capacité
de cette usine est de 30 tonnes par jour, le nombre d'adhérents
est 65 agriculteurs de la région de Hébron. Les marchés
prévus : - marché local - l`Arabie saoudite, il y a des
demandes de jus - la France comme un geste de solidarité
Autres informations
: - le marché en Israël n'existe presque plus. En 1999,
60% de raisin étaient vendus en Israël alors qu'en 2004,
c'était 20% " ces 20% sont pour faire soit du vin soit de
jus de raisin ", - l'exportation vers la Jordanie se réduit
: en 1999 elle était de 4%, en 2004 elle est de 0.1%, - le marché
local n'est pas stable, étant lié aux problèmes
politiques : en 1999, 15% sont vendus à Gaza et 15% dans les
villes du nord , en 2004, 5% sont vendus à Gaza, 30% dans les
villes au nord, 20% sur la région , - la surface cultivée
en vigne a augmenté de 15% de plus sur la région "
beaucoup de jeunes ont perdu leurs travail en Israël et ils cultivent
la terre maintenant ".
Le projet
: - un hangar de 600m2 : 60 000 Euro , - un magnéto : 3 500 Euro,
- une camionnette : 20000 Euro, - les machine pour l'usine : on n'a
pas d'informations concernant les prix des machines pour presser le
raisin, pour la stérilisation, et pour le conditionnement. En
souhaitant que cette idée trouve la place dans vos projets de
solidarité, je vous envoie toutes les salutations de la part
de tous les adhérents de la coopérative.
Non
à l'armée israélienne à Paris !
Rassemblement le mercredi 12 janvier à partir de 18h30, métro
Oberkampf, à proximité du Bataclan, 50 boulevard Voltaire,
Paris Depuis octobre 2000 plus de 3500 Palestiniens sont morts, victimes
de l’impitoyable répression policière et militaire
des forces d’occupation israéliennes en Palestine. Le 12
janvier l’élite des assassins sera présente au Bataclan,
pour une “ soirée de gala ” en l’honneur de
ces “ soldats de la paix ” suivant les termes des organisateurs.
Les invités d’honneur sont l’ambassadeur d’Israël,
le Grand Rabbin de Paris, Arno Klarsfeld et Eric Raoult, vice-président
de l’Assemblée Nationale. Quelques semaines à peine
après l’armée israélienne célébrée
au Gymnase le 29 novembre c’est maintenant le tour du MAGAV, la
police des frontières israéliennes, une force paramilitaire
agissant tant dans les villages arabes d’Israël que dans
les territoires occupés depuis 1967, spécialisée
dans l’enlèvement et la liquidation physique des Palestiniens
qui s’opposent à l’occupation coloniale et à
l’apartheid. Depuis quelques mois concerts et autres spectacles
se succèdent, contribuant à légitimer et banaliser
la guerre coloniale menée par un état surarmé et
soutenu par les plus grandes puissances mondiales contre un peuple qui
lutte pour recouvrer sa terre et ses droits confisqués depuis
plus de 50 ans. Les dirigeants politiques français, malgré
leurs discours hypocrites, participent activement à l’entreprise
mensongère qui vise à rendre les Palestiniens coupables
de l’absence de solution pacifique. Quand ce n’est pas Strauss
Kahn c’est Sarkozy et le 12 janvier au Bataclan ce sera Eric Raoult,
ancien ministre de Chirac, vice-président UMP de l’Assemblée
nationale et secrétaire du groupe parlementaire d'amitié
France-Israël. - Pas un sou, pas une salle pour les mercenaires
de l’état colonial israélien. - Isolons, boycottons
l’état d’apartheid. - MAGAV, terroristes et assassins,
hors de France. - Abolition du régime colonial et d'apartheid
- Soutien à la résistance palestinienne
Rassemblement
le mercredi 12 janvier à partir de 18h30, métro Oberkampf,
à proximité du Bataclan 50 boulevard Voltaire
A
l'appel de : Mouvement Justice en Palestine, Nanterre Palestine, Agir
Contre la Guerre (ACG), Rencontre Culturelle Arabe, SolidariP-Vitry
La
caravane passe…Les chiens aboient
par Ginette Hess Skandrani, Paris, 7 janvier 2005
Tous ceux qui me traitent d’antisémite, de révisionniste,
de négationniste, de suppôt des islamistes et m’accusent
de laisser traîner mes textes sur des sites d’extrême
droite… sont tous des sionistes. Je ne leur répondrai plus.
Ceux qui se déguisent en " amis des Palestiniens ",
comme l’UJFP [Union juive française pour la paix], Les
Femmes en noir, la CAPJPO [Coordination des Appels pour une paix juste
au Proche-Orient], Euro-Palestine et l’AFPS [Association france-Palestine
Solidarité] et j’en oublie certainement… En défendant
le principe de deux Etats dont l’un juif sur 78 % de la terre
historique de Palestine en voulant bien concéder un petit mouchoir
de poche aux Palestiniens musulmans et chrétiens, truffé
de colonies de peuplement, de routes de contournement et défiguré
par le mur de l’apartheid tout en laissant quelques millions de
réfugiés derrière la porte… Défendent
de fait un État ethnique, donc raciste. Défendre deux
États c’est défendre le colonialisme, l’apartheid,
l’exclusion, la spoliation des terres. Ce sont ceux-là
qui sont racistes et certainement aussi antisémites, vu que les
habitants de cette terre sont tous des sémites. Comme ils se
sentent un peu mal dans leurs baskets, ils préfèrent insulter
ceux qui sont restés fidèles à leurs principes
anticolonialistes, plutôt que d’oser débattre de
la légitimité de cet État raciste qui avec l’aide
de son grand frère, l’oncle Sam, déstabilise tout
le Moyen-Orient. L’Irak occupé à son tour, sous
prétexte de chercher des armes de destruction massive qui se
trouvent en réalité dans l’Etat sioniste, est inclus
dans le même plan de déstabilisation de cette région
arabo-musulmane riche en pétrole. La résolution 181, votée
le 29 novembre 1947 par la toute jeune ONU prônant la partition
de la Palestine en deux Etats, l’un juif sur 55 % de la terre,
l’autre arabe sur les 45 % restants, doit être abolie, car
elle est profondément injuste et injustifiée. Elle n’a
d’ailleurs jamais été appliquée vu qu’il
n’y a aucun État arabe de construit et que l’État
juif s’est approprié la majorité des terres arabes.
Cette résolution peut très facilement être annulée.
Il suffira que quelques pays le demandent La population, déjà
très composite avant 1947, dont les descendants s’entretuent
encore aujourd’hui, a été manipulée par les
sionistes venus d’Europe. Cette résolution soutenue et
votée par les grandes puissances coloniales de l’époque
a été la pire des choses qui pouvait arriver en "
Terre sainte ". Si je me suis prononcée pour la décolonisation
de toute la Palestine et pour la création d’un seul État
démocratique en Palestine/Israël c’était justement
pour permettre à tous ceux qui habitent sur cette terre de pouvoir
y rester, tout en acceptant que ceux qui en ont été chassés
puissent y retourner. C’était aussi pour permettre que
la décolonisation se passe mieux qu’en Algérie ou
dans certaines anciennes colonies françaises, où les colons
étaient devenus indésirables.
Hommage
à Yasser Arafat, l’homme Palestine avec projection de documentaires,
jeudi 20 Janvier 18h30, à l’Auditorium de l’Institut
du Monde Arabe (IMA), 1, rue des Fossés-Saint-Bernard,
Place Mohammed-V, 75236 Paris cedex 05, Métro Jussieu, Tél.
01 40 51 38 38 | Fax 01 43 54 76 45 , Serveur vocal 01 40 51 38 11
Avec notamment :
Roland Dumas, avocat, journaliste, écrivain. Ancien ministre
des Affaires européennes (1981-1983), ministre des Relations
extérieures (1984-1986), il fut également membre du Conseil
constitutionnel. Mais c’est dans sa fonction de ministre des Affaires
étrangères (1984-1986 et 1988-1993) qu’il a côtoyé
Yasser Arafat dès 1989, lors de sa première visite officielle
en France. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le Peuple
rassemblé (Flammarion, 2001), L’Epreuve et les Preuves
(Michel Lafon, 2003) ; il achève actuellement un ouvrage historique
sur l’action diplomatique de la France sous la présidence
de François Mitterrand (à paraître chez Fayard en
2005).
Amnon Kapeliouk, journaliste et arabisant israélien, spécialiste
reconnu du Proche-Orient et du conflit israélo-palestinien. Collaborateur
du Monde et du Monde diplomatique, il est également éditorialiste
au grand quotidien israélien Yediot Aharonot. Il est l’auteur
de nombreux ouvrages dont Rabin, un assassinat politique (Editions le
Monde, 1996) ; son dernier livre, Arafat l’irréductible
(Fayard, 2004), est une somme biographique complète. Amnon Kapeliouk
a été l’un des premiers journalistes isra&e |