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Palestine, miroir du monde

 

Le carnet des initiatives, rencontres, associations, appels : solidarités et débats
Devant l’ampleur prise par les activités publiques sur la Palestine, nous ouvrons cette nouvelle rubrique à tous. Pour alimenter ce carnet, écrire à redactionquibla@yahoo.fr au minimum 72 heures avant la date de l'événement. Indiquer dans l’ordre : l’intitulé, la date, le lieu, les participants, les organisateurs, l’exposé des motifs et les coordonnées des organisateurs. Les informations seront publiées en temps utile.

 

Caravane pour la Palestine : Autorisation d’entrer en Israël refusée


par Alfredo et Vincenzo Tradardi, Amman, 21 juillet 2005. Traduit de l’italien par Marcel Charbonnier

Enfin, la Caravane pour les droits est arrivée à destination : il lui restait à franchir la frontière et à arriver dans les territoires occupés, à rencontrer les Palestiniens, attendant de l’accueillir depuis la veille, à la frontière, avec des pacifistes israéliens et internationaux.

La Caravane a parcouru cinq mille kilomètres, traversant la France, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Serbie, la Bulgarie, la Turquie, la Syrie et la Jordanie.

En Turquie, ainsi qu’en Syrie, elle a été accueillie par de grandes réjouissances collectives de la communauté palestinienne de divers camps de réfugiés, qui l’ont invitée dans les familles, chez elles.

Partout, les populations locales et même les autorités ont accueilli et suivi la Caravane avec sympathie et attentions. Les forces de police se sont mises spontanément à notre disposition pour nous faire escorte et faciliter notre transit, en particulier en Turquie, en Syrie et en Jordanie.

La Caravane s’est étoffée, au cours de son long périple, dépassant les nombreuses difficultés logistiques et paperassières, apportant aux communautés rencontrées son message de fraternité et de paix.

Le 19 juillet, au matin, la Caravane, après avoir fait halte à Madaba, à environ quarante kilomètres d’Amman, était repartie seulement à treize heures vers la frontière entre Jordanie et Palestine, après avoir consacré quelques heures à un mini-stage avec l’organisation ISM [International Solidarity Movement] et à la constitution d’un groupe de contact en vue d’éventuelles tractatives, si nécessaire. A 15 h 30, elle était arrivée à la frontière jordanienne. De longues opérations de vérification des passeport, pour environ cent vingt participants. Le poste de frontière israélien fermant à 17 h, les deux polices nous avaient suggéré de ne pas insister à vouloir passer durant cette journe, et la police jordanienne nous offrit l’hospitalité dans un complexe situé à proximité de la frontière.

Le 20 juillet, à 9 heures, la Caravane quitte le complexe, et laisse à 9 h 30 le dernier portail frontalier jordanien. Nous sommes arrêtés sur le pont Allenby, le groupe de contact va faire des tractations avec les Israéliens. Ils disent que les voitures pourront passer, deux par deux, après quoi ils feront passer les membres de la Caravane tous ensemble. On tombe dans le piège des mensonges à l’israélienne: diverses propositions contradictoires se succèdent et se superposent…

Certains caravaniers affirment qu’il faut absolument passer tous ensemble, afin d’imposer le droit international…

Mustafa Barghouti nous appelle au téléphone pour nous dire que les personnes sont plus importantes que les bagnoles ; il nous suggère de chercher à passer coûte que coûte, en laissant au besoin les voitures au parking gardienné mis à notre disposition par la police jordanienne.

A la fin, les Israéliens font savoir que les personnes ne pourront passer qu’à bord d’un autobus mis à leur disposition, avec pas plus de deux ou trois voitures qui pourront être éventuellement contrôlées.

Les quarante-cinq personnes à bord du bus participant à la Caravane sont déjà côté israélien. Quand le bus réussit à arriver, avec environ quarante personnes, les opérations de contrôle commencent, et on doit remettre les passeports pour obtenir un visa d’entrée en Israël.

Le chef du poste frontière laisse entendre que nous pourrons tous passer. Pendant ce temps, certains d’entre nous subissent un interrogatoire, et d’autres sont fouillés corporellement, tandis que leurs bagages sont contrôlés avec un zèle extrêmement scrupuleux.

Sur ces entrefaites, des voitures et des caravanes restent coincées sur le pont, parce que, d’un côté comme de l’autre, les barrières ont été rabaissées. Echange de coups de fil avec les Palestiniens et les militants internationaux, qui nous attendent.

Dans un burlingue, ils photocopient nos passeports. Naît une phase d’optimisme intempestif : “on passera !”

Aux interrogatoires, la question la plus insistante est celle de savoir si la Caravane ira ou non rejoindre les manifestations contre le mur [de Sharon]?

Nous répondons que non, mais bien entendu, on ne nous croit pas.

Vers 18 h 30, la situation change du tout au tout: un responsable vient vers nous et nous informe que l’entrée nous est refusée et que nous disposons de cinq minutes pour dégager: nous devons monter dans un bus qui d’ailleurs est en train d’arriver, sinon ils utiliseront la force.

Spontanément, se forme un sit-in ; une dizaine de policiers des frontières se mettent à prendre des photos du groupe ; deux caravaniers qui, à leur tour, s’étaient mis à prendre des photos se font ceinturer et leurs appareils leurs sont violemment arrachés des mains. Ils nous ont concédé, dans leur immense bonté, plus des cinq minutes annoncées, puis des soldats, de plus en plus nombreux, ont commencé à rappliquer. Ils se sont mis en deux ou trois rangs, puis ils nous ont violemment chargés, nous poussant hors du hall, et nous forçant à monter dans le bus avec brutalité.


Il fait nuit noire; nous rentrons dans le complexe où nous avions déjà passé la nuit précédente; une demie-heure après, les voitures qui étaient restées coincées sur le pont Allenby nous rejoignent. La police jordanienne nous traite avec beaucoup de gentillesse ; des amis palestiniens arrivent à leur tour, qui nous apportent de quoi boire et manger.

Les caravaniers sont crevés et hyper-déçus, un sentiment d’impuissance, face à la brutalité israélienne, envahit tout le monde.

Les plus jeunes – un garçon de sept-huit ans et une fillette d’une dizaine d’années se remettent à jouer.

Ce sont au moins cent personnes qui ont parcouru cinq mille kilomètres : cela fait 500 000 kilomètres, au total.

Il y a un saut qualitatif, par rapport aux expériences précédentes.

Ces 500 000 kilomètres doivent trouver un débouché politique.

Il y aura dix, cent, mille Caravanes !

Nous ne pouvons accepter que le soi-disant monde “démocratique et progressiste”, incapable de distinguer entre les opprimés et les oppresseurs, entre les colonisateurs et les colonisés, entre les voleurs de futur et les privés de futur, continuent ainsi à jouer avec le problème palestinien.

La résistance du peuple palestinien est une leçon humaine, culturelle et politique, pour tout le monde.

Nous continuerons à nous tenir aux côtés du mouvement de libération de la Palestine, sans ambiguïté et sans compromis.

Libérez la Palestine !
Contact et informations : a.tradardi@flashnet.it, carovana@lacaverna.it
, www.lacaverna.it/palestina/carovana, Tél. 00 39 347 2745166, Fax 00 39 0125 644819

 

 

 

TOUS À JÉRUSALEM EN JUILLET 2005 ! THIS YEAR IN JERUSALEM !

MANIFESTIVE POUR LA PALESTINE ET POUR LE DROIT INTERNATIONAL

 

Le samedi 2 avril 2005 à 10H Sur l'Esplanade des Droits de l'Homme au Palais du Trocadéro Métro TROCADERO Appel à tous les citoyens de bonne volonté, de toutes les citoyennetés, à tous les braves gens qui sont pour le respect et l'application du droit international, à tous ceux qui se sentent solidaires du peuple palestinien, à ceux qui n'acceptent pas une occupation illégale et inhumaine, à ceux qui n'oublient pas que les réfugiés, exilés dans des camps depuis plus d'un demi-siècle, n'ont toujours pas obtenu la reconnaissance de leur droit inaliénable à rentrer chez eux.

Mais aussi, appel à tous ceux qui veulent lutter dans la joie, protester sur un air de fête, mettre de l'enthousiasme dans ce combat de tous les jours que nous avons à mener si nous voulons construire ces autres mondes possibles.

Appel à tous les êtres humains, de toutes les nationalités, artistes, employés, SDF, militants, hommes au foyer, électeurs, collègues, responsables, irresponsables, clowns de salons, saltimbanques.
A tous ceux qui veulent venir participer à cette MANIFESTIVE du samedi 2 avril à 10 H : Il faut arrêter de tout accepter tristement et sans rien dire. Laissons-nous envahir par la force et la joie que donnent les actions de solidarité et le sentiment de tous appartenir à cette seule et immense communauté humaine. Nous allons nous retrouver sur l'Esplanade des Droits de l'Homme et porter les espoirs d'un peuple privé de droits mais qui n'abdique pas. A cette occasion, vous pourrez faire plus ample connaissance avec la Caravane et ceux qui la composent.
N'oubliez pas non plus vos instruments de musique et de percussion, sifflets, trompettes, hautbois, musettes. vos banderoles, drapeaux et apprenez donc aussi quelques chansons.
Cette manifestive permet aussi d'organiser le comité d'accueil de toutes les roulottes qui viennent à Paris pour l'assemblée générale de la Caravane pour la Palestine. Pour plus d'information, vous pouvez nous contacter par mail : paris.cp@free.fr ou par téléphone : 06.15.93.07.06 La Roulotte de Paris pour la Caravane pour la Palestine
Site de la caravane : http://caravane.palestine.free.fr

 

Pour s'y rendre : En métro ou RER
Depuis la gare de Lyon : Métro gare de Lyon / prendre la ligne 1 jusqu'à Franklin Roosevelt / prendre la ligne 9 jusqu'à Trocadero.
Depuis la gare d'Austerlitz : suivre le bd de l'hôpital pendant 50m / prendre le métro à gare d'Austerlitz : prendre le RER C jusqu'à Boulainvilliers : marcher jusqu'à la Muette / prendre la ligne 9 jusqu'à Trocadero.
Depuis la gare de l'Est : Métro gare de l'Est / prendre la ligne 7 jusqu'à Chaussée d'Antin-La Fayette / prendre la ligne 9 jusqu'à Trocadero.
Depuis la gare du Nord : Métro gare du Nord / prendre la ligne 4 jusqu'à Strasbourg St Denis / prendre la ligne 9 jusqu'à Trocadero.
Depuis la gare St Lazare : Métro St Lazare / prendre la ligne 3 jusqu'à Havre Caumartin / prendre la ligne 9 jusqu'à Trocadero.

 

En voiture : pour se repérer, le Trocadero se trouve juste en face de la Tour Eiffel, de l'autre coté de la Seine.
Par A6 (Lyon, Marseille) : Direction Porte d'Italie / prendre Place d'Italie / prendre Austerlitz jusqu'aux quais de Seine / au feu tournez à gauche passer devant le Jardin des Plantes/ suivre les quais jusqu'à la Tour Eiffel / à droite prendre le pont d'Iena / prendre à gauche l'av des Nations Unies / continuer sur le Bd Delessert / tourner à droite rue Benjamin Franklin / monter jusqu'à l'av Paul Doumer / prendre à droite jusqu'à la place du Trocadero.
Par A4E50 (Strasbourg) : Sortir vers Rouen, Lyon, Porte de Bercy, Quai d'Ivry, Périphérique Sud / prendre bd périphérique / sortir Porte de Passy / direction Place de la Porte de Passy / continuer sur avenue Ingres / prendre à droite Chaussée de la Muette / prendre à gauche l'avenue Paul Doumer jusqu'à la Place du Trocadero.

 

Hébergement et nourriture :
Pour organiser votre venue à Paris le 2 et 3 avril 2005, il nous faut absolument savoir combien nous serons et qui a besoin de quoi. Nous commençons l'AG l'après-midi à 14 h. Tout le programme précis vous sera envoyé par la suite.


Remplir le formulaire suivant :
Nom :
Tel et mail si possible :
Provenance : (Pays et Ville)
Quand arrives-tu à Paris ? : (Jour et heure)
Besoin d'être hébergé le samedi soir sur Paris : (OUI ou NON)
Prendra les repas / samedi midi : (OUI ou NON)
samedi soir : (OUI ou NON) dimanche midi : (OUI ou NON)
Repas végétarien : (OUI ou NON)

Merci de me répondre rapidement à paris.cp@free.fr

 

Adhérer :
Sur place à Paris le 2 avril
adhésion 10 euros
ou écrire à Caravane pour la Palestine 96a rue Philippe de Lassalle 69004 Lyon

caravane.palestine@free.fr

 

Propalestinien donc antisioniste
par Pierre-Yves Salingue, 30 janvier 2005
L'auteur est un militant de l'association Nanterre-Palestine

 

Un mouvement vivant mais en désarroi
Petites manifestations regroupant souvent les mêmes têtes connues et contrastant avec le constat d'un écho populaire plus favorable à l'égard des Palestiniens ; sentiment d'impuissance et de honte devant la mobilisation dérisoire lors de la grève de la faim des prisonniers palestiniens et à nouveau lors de l'assassinat par l'armée israélienne de 110 habitants du camp de réfugiés de Jabalya - deux fois plus qu'au camp de Jénine en 2002 ! - exaspération croissante à l'égard du double jeu des institutions et des gouvernements européens qui poursuivent et renforcent leur collaboration avec Israël tout en affichant un discours de compassion à l'égard de la population palestinienne ; malaise perceptible de beaucoup de militants face aux développements de la situation interne de l'Autorité palestinienne après la mort d'Arafat ; incompréhension des enjeux, malaise à l'égard des procédures de choix des candidats et perplexité à l'annonce des résultats lors des récentes élections ; paralysie face à l'offensive politique et diplomatique du gouvernement israélien dont chacun pressent que le " plan de retrait unilatéral de Gaza " n'est qu'un nouveau leurre mais sans qu'aucune alternative mobilisatrice ne soit proposée par quiconque.
Il existe bien des motifs de s'interroger sur les raisons de cette situation quelque peu paradoxale.
Car le mouvement de solidarité avec les Palestiniens est par ailleurs bien vivant, riche des initiatives de milliers de personnes organisées en collectifs, comités et associations plus ou moins reliés à des structures nationales, agissant dans des dizaines de villes, multipliant les réunions publiques, les pétitions, les rassemblements, proposant l'envoi de délégations, apportant un soutien financier à des actions humanitaires, culturelles, éducatives etc.
Mais depuis presque deux ans la machine semble tourner dans le vide ; beaucoup d'anciens ne renoncent pas, de nouveaux se joignent à l'action à chaque initiative, des comités surgissent Šmais le mouvement en voit aussi beaucoup s'éloigner et ne se développe plus.
Les dernières mobilisations ont été en deçà des espoirs nourris par les organisateurs et ont laissé un goût amer à bien des participants. Les succès initiaux ont fait place à des querelles dont les raisons restent obscures ou douteuses pour la plupart des militants qui agissent localement et suivent de loin ce que beaucoup perçoivent comme des règlements de compte.
Il faut donc s'interroger sur les racines de cette situation.
Pourquoi cette quasi-paralysie face à des évènements de grande importance comme la grève de la faim menée par 4000 prisonniers palestiniens pendant 3 semaines en août 2004 ?
Pourquoi cette impotence à protester massivement tout au long des années 2003 et 2004 quand se succédaient les assassinats de dizaines de militants politiques de la résistance palestinienne à Gaza, Jénine, Naplouse etc. ?
Pourquoi cette incapacité à prolonger et organiser l'activité de solidarité avec les centaines (parfois les milliers) d'hommes et de femmes qui ont rejoint les cortèges Palestine lors des manifestations contre la guerre en Irak ?
Quelles leçons tirer de notre incapacité à freiner un tant soit peu l'offensive coloniale israélienne en Cisjordanie malgré les succès remportés sur le terrain diplomatique et notamment la condamnation du mur par la Cour Internationale de Justice de La Haye ?
Comment évaluer la pertinence de la stratégie visant à faire pression sur la Communauté européenne en arguant d'un vote d'avril 2002 qui ne fut jamais suivi d'effet et qui a depuis été remis en cause par ce même Parlement qui a voté une résolution contredisant la précédente ?
Traiter sérieusement de toutes ces questions, et d'autres encore que se posent les militants qui constatent l'absence d'effets positifs pour les Palestiniens d'une action qui s'est développée depuis 4 ans et dont l'ampleur et la diversité ne sont pas négligeables, serait parfaitement légitime. Se confronter à ces questions réelles, avec la volonté de rendre l'action plus efficace, permettrait de revivifier un mouvement qui ressent de plus en plus le décalage qui s'est créé entre les exigences de justice pour les Palestiniens et l'aggravation de la situation d'occupation coloniale et de répression militaire.
Ce décalage est tel que beaucoup s'interrogent aujourd'hui : les Palestiniens obtiendront-ils un État, les réfugiés pourront-ils vraiment " revenir ", les prisonniers seront-ils libérés et, au-delà de ces revendications, est-il envisageable de connaître un jour une issue positive à ce conflit sans fin ? Ce qui est à l'ordre du jour c'est de réévaluer la nature, les bases politiques et les objectifs de cette solidarité au regard des changements intervenus sur le terrain et compte tenu du bilan qu'on doit tirer de l'action antérieurement menée.
Plus de dix ans après Oslo et quatre ans après le début de la deuxième Intifada un débat est nécessaire et légitime quant aux fondements et aux objectifs politiques de l'action de solidarité : organiser la réflexion, confronter l'analyse à la réalité et discuter de la pertinence des mots d'ordre devraient être une préoccupation majeure de ceux qui se sont portés à la tête du mouvement et qui lui ont fixé son cadre. Or ce n'est pas du tout à cela qu'on assiste, loin s'en faut.

 

Un mouvement « gangrené par l'antisémitisme » ?
Tout en se refusant à mener le débat sur le fond, divers responsables ont identifié le coupable des difficultés rencontrées : le danger qui guette le mouvement de solidarité, c'est l'antisémitisme !
Le 21 octobre 2004 Politis publie une tribune libre de Robert Kissous, ancien de la CAPJPO et présentement membre de la direction de l'AFPS. Par-delà le règlement de compte avec son ancienne organisation l'article vise plus particulièrement Europalestine accusé de dérive, de vouloir " affaiblir la crédibilité politique du mouvement de solidarité " et de manquer de vigilance dans ses rapports avec des " personnages douteux " antisémites et négationnistes.
Trois semaines plus tard c'est à Michel Warschawski en personne qu'incombait la tâche de donner la mesure et le sens exact de l'attaque. Pour lui, ce qui est en cause c'est " l'instrumentalisation de la solidarité avec les Palestiniens ". Des " petits groupes racistes et négationnistes menacent de parasiter le mouvement de solidarité " écrit-il dans Politis et il en appelle à la mobilisation " jusqu'à l' éradication totale des abcès antisémites qui, si on les ignore, risquent, à terme, de gangrener le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. "
Dès lors l'affaire est entendue. Ce qui n'était encore que " propos dangereux " pour l'UJFP (" vigilance SVP ", communiqué du 14 mars 2004) devient la ligne de démarcation au sein du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien : chacun va désormais devoir décliner des garanties de non-antisémitisme s'il veut se mêler de la cause palestinienne et le tri sera fait par des professeurs experts en morale et éthique entre " les vrais " et " les faux " amis du peuple palestinien.
Et si l'exigence vaut pour tout le monde, elle vaut encore plus pour certains.
Car de Ravenel qui dénonce " certaines personnes issues de l'immigration maghrébine dont le discours assimile Israël et nazisme "(1) à Warschawski qui parle de " certains jeunes Français des banlieues et cité populaires victimes de manipulations de groupes néo-nazis ou de prédicateurs intégristes " (2 ) en passant par Naha Chahal qui condamne ceux qui " jouent sur les frustrations d'une partie des Français d'origine arabe qui se sentent solidaires des Palestiniens et des Irakiens " (3) tous s'accordent pour dénoncer le danger du " ressort communautariste " qui, selon eux, guide la solidarité des Arabes de France avec les Palestiniens.
Cette offensive récente éclaire utilement la violente polémique menée contre Europalestine lors des élections européennes.


Les vraies raisons de l'attaque contre Europalestine

Antérieurement à l'apparition d'Europalestine, la Capjpo ne dérangeait certains qu'en raison de la concurrence ainsi ouverte par une nouvelle association dans le champ de la solidarité avec le Peuple palestinien. La Capjpo, particulièrement active et militante, bousculait un mouvement de solidarité traditionnel incarné par l'AFPS, pas très jeune, plutôt élitiste dans son recrutement et convaincue de son incontestable légitimité fondée notamment sur ses relations privilégiées avec quelques ONG palestiniennes et un statut d'interlocuteur plus ou moins officiel de l'Autorité palestinienne.
Certes, l'Association France Palestine ayant tardé à prendre des initiatives nouvelles dans les mois suivant le déclenchement de la deuxième Intifada, une nouvelle structure avait vu le jour, portée par des " non-spécialistes " de la question palestinienne. Ceux-ci prirent l'initiative de délégations qui devaient devenir les " missions civiles de protection du Peuple palestinien ". Mais un accord de partage fut rapidement trouvé par les responsables des deux associations : à l'une l'organisation des missions en Palestine, à l'autre l'organisation permanente des militants qui veulent agir ici en France. Depuis les "
campagnes civiles " continuent d'organiser des missions et sont par ailleurs devenues une référence utile à la promotion de certain(e)s au sein du mouvement altermondialiste et des rencontres du FSE.
La Capjpo était un projet d'une autre nature, visant à organiser réellement des militants pour agir sur le terrain en France, organisant des campagnes d'agitation, des réunions publiques et notamment en 2003 un " concert pour la Paix " qui devait rassembler 15 000 personnes.
La critique à l'encontre de la Capjpo relevait alors principalement de la défense d'un pré-carré ( " la solidarité avec les Palestiniens, c'est nous ") et, subsidiairement, de son " manque de volonté unitaire ". Mais les bases politiques du discours et des initiatives n'étaient guère différentes entre les organisations en concurrence : la Paix par la reprise de négociations, la fin de l'occupation de 67, un État pour les Palestiniens et, en tout état de cause, aucune remise en cause de la légitimité de l'Etat d'Israël.
En choisissant de présenter une liste concurrente et non d'interpeller les candidats des organisations politiques traditionnelles, la Capjpo marquait une rupture avec la stratégie de pression du mouvement de solidarité sur les institutions européennes et sur les forces politiques françaises. Les réactions à l'annonce de la liste Europalestine ne se firent pas attendre et on chercherait en vain dans les déclarations alors produites une quelconque critique du contenu politique des revendications avancées dans la profession de foi ou une quelconque allusion à " une dérive antisémite ". Les prises de position défavorables se concentrèrent alors sur le risque pour certains parlementaires " amis du Peuple palestinien " de ne pas être réélu, chaque voix comptant et la liste Europalestine étant susceptible de prendre des voix à ces apôtres de la Paix au sein de l'institution européenne sortante. Et quand Leila Shahid elle-même monta au créneau pour demander à Europalestine de retirer sa liste, c'est ce risque qui fut mentionné dans son communiqué et non pas le reproche d'une ligne politique spécifique qui serait développée par les militants de la Capjpo.
Mais la " vraie crise " viendra de la dynamique de la campagne attestée par les résultats électoraux de la liste. Les scores atteints dans certaines communes de banlieue ne laissent aucun doute : dans ces endroits la question de la Palestine a polarisé une partie non négligeable des votes de familles immigrées spontanément favorables à la cause des Palestiniens. D'ailleurs, précédant le vote, des affiches et des autocollants avaient fleuri dans ces quartiers, témoignant d'une implication dans la campagne d'individus bien au-delà des capacités militantes de la seule Capjpo.
Dès lors c'est le branle-bas de combat. Un sociologue donne la caution académique à l'ouverture de la chasse en parlant de " dérive identitaire " et de " polarisation communautaire " et, d'insinuations en calomnies, on en arrive aujourd'hui au développement orchestré des attaques qui ne visent plus seulement Europalestine.
Il faut s'interroger sur les raisons profondes de cette réaction.
Contrairement aux affirmations alarmistes la liste Europalestine ne porte aucune responsabilité dans la non élection de certains des candidats ­Verts, Communistes et LCR-LO ­ la démonstration en sera faite et refaite par des militants blessés par la mauvaise foi des accusateurs.
Mais ce sera en vain car, avec les résultats, le problème s'est déplacé : le danger n'est plus du côté des candidats mais du côté des électeurs !
Ceux qui prétendent au monopole de la représentation politique ne pardonnent pas aux dirigeants de la Capjpo d'avoir, consciemment ou pas, pris un " risque " : que ces forces jeunes et populaires issues de l'immigration maghrébine, spontanément propalestiniennes et sans nuances contre l'état d'Israël qui assassine leurs frères en Palestine, déjà bien visibles lors des manifestations contre la guerre en Irak, cherchent et trouvent un cadre d'organisation politique permanent.
Déjà lors des manifestations contre la guerre ce public avait suscité remarques et mises en garde des gardiens du discours " propalestinien politiquement correct ", c'est à dire muet sur le sionisme et respectueux à l'égard d'un état dont le gouvernement peut être critiqué mais dont le drapeau ne doit pas être brûlé.
Dès lors tout discours un peu radical, voire toute action un peu " spectaculaire " est jugé susceptible de servir de réceptacle à la volonté d'en découdre de populations d'autant plus disposées à s'exprimer en dehors des règles fixées qu'elles se sentent exclues des lieux de décision et également frustrées par l'engagement bien timide des responsables politiques qui prétendent incarner " la revendication du droit des Palestiniens ".
Là-aussi c'est l'argument du « danger d'antisémitisme » qui va servir
d'alibi à la destruction de la dynamique engagée.
Bernard Ravenel déclare au Monde (01/12/04) " il faut éviter que des jeunes soient tentés de lire dans le conflit israélo-palestinien des explications à leur propre frustration sociale.»
Quant à Michel Warschawski, il vante l'action qu'il mène avec Dominique Vidal et Leila Shahid, " parcourant la France d'en bas et dialoguant avec des jeunes des quartiers dits sensibles avec pour but d'empêcher l'instrumentalisation de leur solidarité généreuse avec les Palestiniens pour des causes qui font du tort à la Palestine et à leurs propres intérêts ".
Les populations discriminées et humiliées par l'arrogance coloniale au sein des forteresses dépositaires de " la civilisation " et des " droits de l'Homme ", en France comme en Israël, voilà le danger sinon l'ennemi ! Passe encore qu'on doive leur permettre de temps en temps d'exprimer leur frustration et leur colère, mais les voir s'organiser pour peser dans les mobilisations populaires et dans les élections, là c'est la grosse artillerie de l'antisémitisme et du " choc des civilisations " qui est la cause commune d'une étrange coalition contre les nouveaux barbares.


Antisémitisme/Antisionisme/De quoi, de qui parle-t-on ?

Ce que nous pouvons et devons faire, c'est dire que nous n'acceptons pas et n'accepterons pas l'expression publique d'antisémitisme dans nos mobilisations et que nous condamnons par avance tout acte ou propos raciste à l'égard d'une personne au motif de ses convictions religieuses ou de ses références culturelles.
Ceci ne pose aucun problème au sein du mouvement de solidarité et ceux /celles qui le fréquentent au quotidien et pas seulement sur les estrades ou dans les studios des médias, savent parfaitement que l'engagement est d'autant plus facile à tenir que de tels propos sont très minoritaires, marginaux voire inexistants au sein du mouvement réel.
Mais la vraie difficulté n'est pas là : elle est dans la confusion délibérément entretenue entre antisémitisme et antisionisme, et elle est notamment dans la volonté de plus en plus omniprésente au sein même de la direction autoproclamée du mouvement d'interdire toute expression d'une remise en cause de l'État sioniste d'Israël.
Car c'est bien évidemment de cela dont il s'agit, par exemple :
- Dans l'affirmation constamment répétée du " droit de l'état d'Israël à des frontières sûres et reconnues "
- Dans le refus de mentionner le mot APARTHEID dans le matériel de la campagne « mur » du Collectif national et de la plate forme des ONG,
- Dans l'expression de B Ravenel au journal le Monde du 02/12 : " le mouvement de solidarité que je représente n'a jamais mis en cause le caractère indiscutable de l'existence de l'Etat d'Israël, ni entretenu d'ambiguïté sur l'antisémitisme "
- Dans le texte de l'appel " une autre voix juive " qui écrit dans un même paragraphe " notre solidarité avec le peuple palestinien ne nous entraînera jamais à la moindre collusion avec ceux dont la sollicitude pour la Palestine n'a comme ressort que la haine des Juifs. Nous condamnons les forces palestiniennes opposées à l'existence de l'Etat d'Israël "
Affirmer que l'État d'Israël est non seulement le résultat d'une entreprise coloniale mais qu'il est aujourd'hui un État raciste d'apartheid heurte de front cette volonté de protéger l'Etat d'Israël.
Ecrire qu'il faut " abolir le régime colonial et d'apartheid " vous met d'emblée dans le camp des antisémites qui " veulent jeter les Juifs à la mer ".
On nous explique qu'il ne faut pas être dupe des man¦uvres de ceux qui tentent d'utiliser les excès de Sharon contre l'existence même d'Israël et que les « antisionistes radicaux » sont dangereux car la critique d'Israël, contrairement à l'antisémitisme vulgaire, paraît politiquement acceptable.
Or, comme l'écrit Georges Bensoussan ( Revue d'Histoire de la Shoah 166, mai-août 1999) « la rhétorique antisioniste et anti-Israël tente de masquer le vieux discours antijuif. » Et il rajoute " du peuple à l'État le rejet a changé d'objet mais pas de nature. Il reste par essence génocidaire ".
Dès lors la messe est dite : ceux qui pensent que les droits des Palestiniens sont en contradiction avec le seul État d'Israël réellement existant, un État qui se définit lui-même comme " l'Etat juif », qui impose l'apartheid aux Palestiniens et poursuit sans relâche l'entreprise de nettoyage ethnique commencée en 1948 dans le but de devenir " ethniquement pur ", ceux-là donc ne sont pas fréquentables.
S'ils ne sont pas à coup sûr antisémites du moins ont-ils partie liée avec eux ou font-ils preuve de " complaisance " à leur égard. Si certains consentent encore à dire du bout des lèvres que « tout antisioniste n'est pas nécessairement antisémite » il n'en demeure pas moins que « l'antisionisme facilite l'expression de l'antisémitisme »
Ainsi Antoine Spire peut-il écrire : « de l'antisionisme au v¦u de disparition de l'état hébreu, il n'y a qu'un fil, et de la disparition de l'état hébreu à la haine de ceux qui militent pour le droit à l'existence de l'état d'Israël, il n'y a qu'un pas »(4)
Etre antisioniste devient dès lors particulièrement suspect, notamment au sein du mouvement de solidarité : le slogan " sionistes, racistes, c'est vous les terroristes " est banni des mots d'ordre officiels, brûler le drapeau israélien devient un crime et vous rend complice des nazis. La pression est telle que, dans les débats, rares sont ceux qui osent poser la question de la signification politique d'un " état juif " ou celle du lien de causalité entre l'existence d'un tel état, sa politique terroriste, raciste et coloniale et un possible regain d'expressions antijuives.
Même ceux qui dénoncent les accusations d'antisémitisme de gauche (cf. Pascal Boniface, Politis 828) se croient obligés de donner des garanties en affirmant le lien entre combat contre l'antisémitisme et reconnaissance du " droit d'Israël d'exister dans des frontières sûres et reconnues " avec en prime la condamnation des « attentats suicide. »
Les " post-sionistes " ne sont pas en reste. Présents dans le mouvement de solidarité ils revendiquent le droit de critiquer la politique israélienne, c'est à dire la politique de Sharon, mais ils s'empressent d'ajouter qu'ils font cela pour le plus grand bien d'Israël, préoccupés qu'ils sont par son avenir !
Ceux-ci sont le reflet en France des sionistes un peu honteux, tels Burg et Beilin qui jouent le rôle de défenseurs des valeurs morales du sionisme et de la mission libératrice de l'état d'Israël. " L'occupation nous tue ", clament-ils, plus préoccupés par " l'affaiblissement des valeurs morales de Tsahal " que par la destruction des vies et de la société palestiniennes par l'armée coloniale.
" On ne peut plus défendre la politique israélienne " reprennent en écho quelques intellectuels et responsables politiques et associatifs français moralement torturés par la médiatisation des exactions de l'armée israélienne et qui ne sont même plus certains que Shimon Peres suffira à faire admettre que « Israël a le droit de se défendre. »
D'autres, tels les membres de l'UJFP, affirment leur volonté de lutter pour favoriser au sein des juifs français " une rupture du soutien aveugle à la politique israélienne " : autrement dit un soutien à Israël quand même, mais réfléchi et en connaissance de cause !
Les sionistes « durs » ont bien entendu compris les enjeux de la situation.
Par leurs choix constants depuis des dizaines d'années tous les gouvernements israéliens ont lié leur sort à celui de l'impérialisme et notamment aujourd'hui à la guerre totale menée aux peuples par les gouvernements des USA.
L'élimination du nationalisme palestinien et la défaite des Palestiniens dans leur combat pour leurs droits nationaux sont inscrites dans ce qui est la vraie " feuille de route " de l'Impérialisme. Dans cette guerre il n'y a pas de place pour les états d Œâme et tous les coups sont permis.
Et c'est ainsi que, bien que multipliant les gages de soutien " au droit d'Israël d'exister ", bien qu'en rajoutant à chaque fois sur les condamnations du « terrorisme palestinien », bien que s'opposant avec la plus grande vigueur à toute politique visant à effectivement condamner et isoler Israël comme un état colonisateur raciste d'apartheid à l'égard de la population palestinienneŠnos sionistes « mous » se retrouvent au banc d'infamie des accusés d'antisémitisme, partageant à leur grande honte l'accusation avec des antisionistes dont ils veulent à tout prix se différencier.
C'est la raison de leur offensive actuelle contre l'antisionisme, laquelle vient compléter une position de retrait à l'égard de la résistance palestinienne.
Car la distanciation avec tout acte de résistance suspect de s'en prendre à la légitimité de l'état d'Israël est devenue le sauf-conduit indispensable à toute expression d'une solidarité prudente avec les Palestiniens : tant que ceux ci mendient ou votent ( à l'intérieur des frontières de 67, bien sûr), ceux ci attirent la sympathie qu'il sied de manifester aux victimes, mais gare aux autres qui prétendent poursuivre leur action de résistance quand refleurissent « les espoirs de paix »
Des parlementaires européens aux responsables des associations, chacun y va de sa condamnation du " terrorisme ", certains prenant la précaution de préciser que le dit terrorisme est « l'aboutissement de la guerre à outrance menée par Sharon » (tract LCR, 15/11/2004). Mais c'est quand même du " terrorisme ", pas de la résistance n'est-ce pas ? Et quand les manifestants de la Paix israéliens commencent leur rassemblement " pour le retrait de Gaza " par une minute de silence à la mémoire de six soldats israéliens tués dans leur char détruit à Gaza, de « vrais amis » de la Palestine voient dans le rassemblement " une lueur d'espoir pour la paix " et ne trouvent rien à redire à l'hommage rendu à ceux qui détruisent et assassinent chaque jour à Rafah.
Bref, il faut surtout éviter de nommer et de se confronter à ce qui est pourtant la clé de l'énigme de cette paix rigoureusement impossible à atteindre dans les conditions créées par " le partage " décidé par l'ONU en 1947 : le sionisme, ce nationalisme réactionnaire importé en Palestine par des colons conquérants et spoliateurs, imposé aux peuples arabes du Moyen-orient par la force des armes, implanté et maintenu avec l Œappui de l'Impérialisme, ne peut qu'apporter et entretenir la guerre.
Jamais un tel Etat ne permettra aux Palestiniens d'exercer leurs droits à l'autodétermination, jamais il n'acceptera d'être lié par un accord de paix avec le peuple palestinien car son essence c'est la liquidation de ce peuple en tant qu'entité nationale sur la terre de Palestine.

 

Pourquoi cette offensive et pourquoi maintenant?
" Au vu des faits sur place, il est évident que la création d'un État palestinien sera impossibleŠLe seul avenir envisagé pour le peuple palestinien est celui d'un pays de ghettos et de bantoustans, et une terre sous domination et humiliation permanente d'Israël " (5)
Cette réalité des " faits sur place ", observables par quiconque se rend en Palestine et prend le temps de les constater, est jusqu'à ce jour farouchement occultée par la direction d'un mouvement qui s'accroche désespérément à la fiction de " l'État palestinien indépendant ".
Or cette hypothèse a vécu, éliminée par la logique conquérante du sionisme et par la volonté impérialiste de détruire tout nationalisme indépendant au Moyen Orient.

Mais ce qui a rendu totalement obsolètes les discours illusoires sur " les deux états vivant en paix côte à côte " ce ne sont pas « les excès de Sharon. » L'anéantissement de l'hypothèse de l'état palestinien indépendant aux côtés d'Israël est le résultat de l'accumulation de dizaines d'années de politique coloniale menée par TOUS les gouvernements israéliens.
Certes, les conséquences du refus de prendre en compte les racines réelles de la question palestinienne se sont particulièrement révélées depuis la décision d'Israël de s'impliquer totalement dans la stratégie de guerre des USA après le 11 septembre 2001.
La direction sioniste a profité de l'engagement par Bush de la guerre totale contre les peuples pour conforter ses propres intérêts d'état sioniste visant à consolider ses conquêtes territoriales.
Mais ce que Sharon a pu faire depuis son arrivée au pouvoir et après le 11 septembre 2001 a été préparé et permis par tout ce qui a été mis en ¦uvre durant " la paix d'Oslo " : construction des colonies, des routes " de contournement ", isolement et enfermement de la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza dans des secteurs dits d'Autonomie palestinienne etc.
Tout entier acquis au " processus de paix " et sans la moindre attention à ceux qui le mettaient en garde contre les illusions, le mouvement de solidarité est aujourd'hui confronté au désastre issu du choix calamiteux de la direction de l'OLP lors de sa signature des « accords d'Oslo » en septembre 1993.
Le refus obstiné de se confronter à la question de la nature et de la fonction politique d'Israël, celles d'un état colonial raciste, chien de garde des intérêts de l'Impérialisme au Moyen-Orient, a finalement abouti à une subordination aux prétendus plans de paix des puissances impérialistes aujourd'hui sous hégémonie américaine.
Refusant d'aller à la racine des choses, refusant d'admettre la convergence du projet sioniste d'occupation de toute la Palestine avec le projet de l'impérialisme de détruire toute volonté d'autodétermination des peuples arabes du Moyen Orient et notamment de détruire les bases du nationalisme palestinien, réduisant le problème à un manque de respect des " règles du Droit " et des engagements pris dans une perspective de règlement
antérieurement baptisée " la Terre contre la Paix ", le mouvement de solidarité s'est cantonné à la recherche d' " une paix juste entre israéliens et palestiniens" qui consistait à proclamer le droit des Palestiniens à un état, tentant de se construire aux côtés de la puissance colonisatrice sioniste, dans les limites des " frontières de 67 "
Ce qui était un compromis ( avec probablement l'illusion qu'il soit provisoire pour certains) de la majorité de la direction de l'OLP est devenu l'horizon exclusif et indépassable du mouvement de solidarité qui s'est construit non pas comme un mouvement de soutien à la lutte de libération nationale du peuple palestinien mais comme un mouvement d'appoint à la réalisation de l'État palestinien sur 20% de la Palestine, centrant son action sur la fin de l'occupation des territoires conquis en 1967 où vit un tiers du Peuple palestinien.
Ce ralliement à la revendication des " deux États pour deux peuples " s'est accompagné d'une quasi-disparition des autres revendications nationales palestiniennes.
Il en est ainsi de la question du droit au retour des réfugiés, qui sont aujourd'hui 5 millions, soit plus de la moitié des Palestiniens, qui est une revendication centrale pour l'immense majorité les Palestiniens et que la direction de l'OLP n'a jamais officiellement abandonnée, quelles que soient les ambiguïtés de certains dirigeants palestiniens et les compromissions d'autres.
Cette exigence ne fait pas partie des bases constitutives de beaucoup des organisations et associations qui se réclament pourtant de la « solidarité avec les Palestiniens. »
Parmi celles qui l'ont retenue dans leurs bases politiques beaucoup lui font une place assez confidentielle et en tout état de cause n'en font jamais une exigence pour des actions communes.
Or, depuis qu'il a pris son essor en Palestine le sionisme met en ¦uvre la politique de nettoyage ethnique des Palestiniens la plus appropriée aux rapports de forces régionaux et aux circonstances internationales.
Si les sionistes ont expulsé par la force des centaines de milliers de Palestiniens d'abord en 1948 puis en 1967 ce n'est évidemment pas pour les voir revenir " légalement ", au terme d'une négociation et en application d'un droit international dont il n'a que faire.
Accepter le droit au retour c'est remettre en cause la conception ethnique qui fonde l'État d'Israël comme un " État juif ". Ceci signifie que si le droit au retour ne fait pas partie des bases constitutives du Collectif national et s'il n'est pas défendu par de nombreuses associations et organisations qui s'affirment « solidaires des Palestiniens », c'est tout simplement parce que la mise en ¦uvre de cette revendication est contradictoire avec les fondements sionistes de l'État d'Israël et pas seulement avec la " politique de Sharon " ou avec " les excès de Tsahal "
La perspective de l'État palestinien indépendant permettait d'atténuer sinon de masquer totalement cette formidable injustice: du moins les réfugiés pourraient-ils avoir leur État et un passeport !
Autres Palestiniens à qui on demande aussi d'être « réalistes » quand on n'oublie pas tout simplement leur existence, les Palestiniens vivant en Israël, les Palestiniens de 1948 comme ils se nomment eux-mêmes. Ils sont 1 million vivant en Israël aujourd'hui comme des citoyens de deuxième zone, victimes d'une ségrégation systématique qui prépare la mise en ¦uvre d'un régime d'apartheid total au sein même de l'État sioniste.
On l'a compris, en l'absence de la perspective d'un État palestinien indépendant, ne pas revendiquer l'application concrète du droit au retour et ne pas soutenir la lutte des Palestiniens de 48 victimes du nettoyage ethnique et de l'apartheid dans le Naqab et en Galilée par exemple, c'est se retrouver dans une posture de défense du droit d'Israël à existerŠcomme un « État juif », avec le moins possible de Palestiniens, aujourd'hui sur 80% et dans quelques mois sur 90% du territoire de la Palestine historique, sans droits nationaux réels pour les Palestiniens quel que soit le côté du mur où ils habitent, c'est défendre le droit d'Israël à exister comme un État raciste d'apartheid. Position évidemment difficile à assumer pour un " mouvement de solidarité avec la Palestine " !

 

Quand on prend conscience d'être engagé dans une impasse politique, on a le choix entre deux attitudes:
- procéder à un bilan et notamment confronter la théorie (les bases du projet politique) avec la réalité des faits.
- ou s'obstiner dans l'erreur et chercher des coupables et des boucs émissaires.

C'est manifestement la deuxième voie qu'ont choisi certains des responsables politiques et associatifs du mouvement « pour une paix juste et durable etc. » D'une part ils ont décidé de s'inscrire, plus ou moins explicitement suivant les cas, dans une logique de soutien aux prétendus plans de paix tels la " Feuille de route ", le " texte de Genève " la reprise du " plan Clinton " etc.
Il en est même qui jugent positif le prétendu plan de retrait de Gaza ! En agissant ainsi ils prêtent la main à tous ceux qui veulent continuer d'alimenter la fiction d'un État indépendant palestinien. Peu leur importe que le soi-disant " État indépendant palestinien " possède les attributs d'un État, soit économiquement viable, ait la maîtrise de ses ressources naturelles etc. Ils sont prêts à accepter un État au rabais, parce qu'avec les représentants d'un État, même fantôme, Israël et les instances internationales discuteront des " frontières " (strictement le long la ligne verte? Ou avec quelques " échanges de territoire " ? Où passera le mur ? etc.) alors qu'avec des dirigeants d'un mouvement de libération, on ne peut éviter de parler de revendications nationales et de droit à la résistance !
Dans la logique de leur soutien aux accords d'Oslo ils s'apprêtent ainsi à alimenter le rideau de fumée qui doit masquer la réalité d'une politique qui vise à " piéger les Palestiniens comme des rats "
D'autre part ils doivent déconsidérer ceux qui proposent au mouvement un autre cadre d'explication, fondé sur une compréhension de la nature du projet sioniste et sur la fonction attribuée à Israël dans le projet impérialiste de remodelage et de contrôle de « nouveau grand Moyen-Orient. »
Rendre suspects d'antisémitisme ceux qui parlent de sionisme, d'État raciste d'apartheid et de droits nationaux pour tout le peuple palestinien, tel est le moyen choisi par les exécuteurs testamentaires du projet failli qui a mené les Palestiniens au désastre actuel et ouvre la voie à une nouvelle catastrophe.

 

Soutenir la lutte de libération du Peuple palestinien

Aujourd'hui la première responsabilité d'un mouvement de soutien est de prendre la mesure des enjeux de la situation à laquelle est confronté le peuple palestinien. Le vrai enjeu est celui de la destruction de la cause nationale palestinienne par l'imposition au peuple palestinien dispersé du renoncement à ses droits, dont le premier est celui de l'autodétermination.
Ceci passe par la destruction de la résistance palestinienne qui, avec la résistance du peuple irakien, est un obstacle majeur à la réalisation du plan impérialiste de futur " grand Moyen-Orient "
L'État sioniste d'Israël, avec son projet colonial d'occupation et d'annexion de la Palestine, est la pierre angulaire du dispositif impérialiste de contrôle de la région et de mise en tutelle des peuples arabes qui l'habitent.
Pour les dirigeants impérialistes et ceux de l'État sioniste il convient de masquer autant que faire se peut les objectifs réels et les conséquences concrètes de cette politique sur les populations concernées.
Plans de paix, conférences internationales et discours sur la « démocratie » alimentent une agitation médiatique orchestrée qui vise à concentrer l'attention de l'opinion publique sur des évènements et des faits secondaires. Elections " démocratiques " en Irak et en Palestine, " réformes, « lutte contre la corruption », " reconstruction " etc. sont autant de mirages destinés à masquer la vérité d'une nouvelle entreprise de colonisation et d'asservissement des peuples arabes de la région.
C'est pour ces raisons que toute " solidarité " fondée sur l'objectif d'imposer une négociation destinée à parvenir à une " paix juste " fondée sur " un partage équitable des terres et des ressources " est une impasse, tragique et sanglante pour les peuples qui sont censés en être bénéficiaires.
S'agissant de la question palestinienne il existe une réalité incontournable même pour les plus sincères des partisans de la paix entre les deux peuples : c'est l'État israélien réellement existant. Celui-ci résulte du choix fait par les dirigeants sionistes de lier le sort de leur projet politique à l'impérialisme dominant.
Ce choix, ( remarquable pour un prétendu « mouvement de libération nationale » du peuple juif !), a marqué à jamais la nature et la fonction de cet État imposé aux peuples arabes et fondé sur la négation du peuple palestinien et de ses droits.
C'est aussi pour cela que croire que " quelques hommes courageux et de bonne volonté de part et d'autre " peuvent mettre un terme au " conflit " est une illusion dont les peuples ont déjà payé le prix fort et dont la répétition, après des expériences désastreuses telle celle des accords d'Oslo, contraint à s'interroger sur la réalité des intentions et des intérêts de ceux qui la défendent à nouveau.
Le mouvement de soutien que le peuple palestinien appelle de ses v¦ux(5) est un mouvement qui l'appuie dans sa lutte de libération et pour la conquête de ses droits nationaux, pas un mouvement d'appui à des prétendues " solutions justes et durables " qui posent comme condition incontournable le respect d'un État colonial d'apartheid qui est la négation même des droits des Palestiniens.
Dans ces conditions, " élargir et renforcer la solidarité " ce n'est pas inviter plus d'hommes et de femmes à adhérer à des mirages et à répandre à leur tour des illusions.
Il ne s'agit donc pas d'être " plus radical " pour le plaisir comme l'accusation est portée par les prétendus réalistes qui considèrent qu'Israël est un " fait accompli " et que le Peuple palestinien, remercié au passage pour ses " sacrifices généreux ", devra se contenter de la portion congrue : une petite Palestine en forme de confettis, pas de retour pour les réfugiés etc.
Il s'agit d'abord et tout simplement d'être honnête avec celles et ceux qui découvrent ou réalisent l'ampleur de l'injustice et entrent sincèrement en sympathie naturelle avec les Palestiniens. Ces hommes et ces femmes ont le droit de savoir quelles sont les racines de l'injustice et quels sont les vrais motifs et enjeux de l'affrontement dès lors qu'ils veulent s'impliquer et contribuer à la recherche d'une issue qui respecte tous les droits de tout le peuple palestinien.
Il s'agit ensuite d'être très réalistes - beaucoup plus réalistes que ceux qui prétendent l'être en proposant des " solutions modérées et équilibrées " - en pensant que les peuples du monde, dont nous faisons partie, n'ont d'autre avenir possible que dans la résistance à tous les plans d'oppression, de soumission et d'asservissement.
C'est aussi la responsabilité des mouvements de soutien, en liaison avec les initiatives du mouvement antiguerre, d'aider les peuples irakien et palestinien qui sont aujourd'hui les maillons les plus exposés de cette cause universelle à ne pas rompre, à tenir, à reprendre des forces et contribuer ainsi à la défaite des plans de l'Impérialisme.
Elargir et renforcer le soutien c'est donc développer un puissant mouvement populaire solidaire des droits, des revendications et des actions de résistance choisies par les peuples occupés et opprimés.
S'agissant du soutien au peuple palestinien il faut un soutien sans faille à sa lutte de libération nationale et donc en premier lieu à son droit à l'autodétermination, exigence dont le droit au retour des réfugiés est inséparable.
Pour desserrer le n¦ud coulant d'une occupation qui asphyxie les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, il faut développer une puissante campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions à l'encontre de l'État d'Israël.
Il faut isoler l'État israélien d'apartheid, il faut isoler l'État colonial qui emprisonne.
Nul doute que ce sera difficile, plus difficile qu'avec l'Afrique du sud du fait de l'existence des verrous idéologiques posés par les dirigeants sionistes qui ont su faire d'une des pires actes d'atrocité de l'Histoire humaine, l'extermination des juifs d'Europe, une arme absolue qui prétend délégitimer tout combat contre l'État raciste israélien.
Soutenir la lutte des Palestiniens c'est aussi les aider à reconstituer leurs forces, aider les hommes et les femmes à reprendre confiance dans l'action collective, dans l'expression de leurs exigences démocratiques et de leurs droits sociaux, dans la réalisation de leurs projets économiques, éducatifs, culturels, politiques et associatifs avec un souci scrupuleux de leur indépendance de décision.
C'est là un point décisif d'action d'un mouvement de soutien à l'heure où reviennent en force en Palestine les donateurs privés et les financeurs publics (USAID, Communauté européenne etc.) qui conditionnent leur aide aux ONG palestiniennes à l'engagement d'actions qui s'inscrivent dans la normalisation imposée et s'éloignent de tout esprit de résistance.
C'est ainsi que, loin de se substituer à eux et de prétendre décider à leur place, nous les aiderons à reconquérir et reconstruire les outils de réflexion, de débat collectif et d'action dont ils/elles ont besoin et que nous ne devons pas confondre avec les prétendues « opportunités démocratiques », octroyées aux Palestiniens par les chars israéliens et réservés à une élite politique et sociale qui accapare les médias mais est coupée de la population et ne représente pas ses intérêts. C'est là une condition pour que les Palestiniens et les Palestiniennes puissent vraiment choisir les objectifs, la stratégie et les moyens de leur résistance à l'oppression coloniale et de leur libération.
Plutôt que leur reprocher certains moyens utilisés dans leur résistance, la tâche d'un mouvement de soutien est de les aider à réunir les conditions du « choix des armes » et de leur permettre d'agir conformément à ce choix.
Pour faire tout cela et pour toutes ces raisons c'est d'un mouvement de soutien consciemment et délibérément antisioniste dont les Palestiniens ont besoin.

Notes :
(1) Le Monde 02/12/04
(2) Politis 11/11/04
3) Politis 02/12/04
4) Hommes et Libertés, revue de la LDH, n° 127
5) Piégés comme des rats

 

Un étrange bilan
Texte adopté par le bureau de l'association Nanterre Palestine le 24 janvier 2005
L'Association France Palestine Solidarité et l'Union Juive Française pour la Paix ont diffusé un texte intitulé : " protestation contre la venue en France des gardes frontières israéliens : notre bilan ".
Nous n'avons pas l'intention d'entrer dans une polémique stérile avec des organisations qui ont appelé au rassemblement, quoique fort tardivement, très discrètement et APRES que d'autres associations, dont Justice en Palestine et Nanterre Palestine, aient pris l'initiative de l'organiser.
Le texte diffusé suscite toutefois de notre part les observations suivantes.
1/ La plus grande partie du texte est consacrée à critiquer et calomnier des organisations et des individus qui se sont mobilisés contre le gala des sionistes ! Pas un mot sur les absents et notamment les organisations qui participent au " Collectif national " et qui ont refusé d'assumer les responsabilités auxquelles elles prétendent dans la conduite de l'action de solidarité avec les Palestiniens. Ce qui inquiète d'abord l'AFPS et l'UJFP ce n'est pas la faillite de ceux qui prétendent monopoliser l'_expression de la solidarité, c'est " la radicalisation de certains éléments " qui participent aux actions ! Pourquoi l'AFPS et l'UJFP ne nous disent-ils pas un mot des raisons invoquées par ceux qu'ils côtoient au sein du collectif et qui ont déserté la mobilisation ce jour-là ?
Après avoir récupéré puis délibérément saboté la mobilisation de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim, après avoir divisé le mouvement en déclarant indésirables certaines composantes coupables de ne pas être " dans la ligne du collectif national " certains éradicateurs semblent désormais beaucoup plus mobilisés par la volonté de trier celles et ceux qui ont le droit de participer aux mobilisations que par celle d'en élargir les rangs.
2/ Le texte fait l'impasse sur la tonalité générale du rassemblement : dynamique, reprenant constamment les mots d'ordre dénonçant la colonisation sioniste de la Palestine, le caractère raciste de l'état sioniste d'apartheid, la complicité des autorités politiques françaises dans l'autorisation de ce gala etc.
Le gala sioniste de soutien au MAGAV exigeait cette clarté. Car, contrairement à ce qui est écrit dans le texte de l'AFPS et de l'UJFP, cette force paramilitaire ne sévit pas seulement dans " les territoires occupés " : elle réprime et parfois élimine tous les Palestiniens qui s'opposent à l'occupation coloniale et à l'apartheid, tant dans les " territoires occupés " en 1967 que dans les villages arabes d'Israël. Ces mercenaires de l'état colonial protègent les intérêts sionistes contre tout le Peuple palestinien et l'occasion était propice à expliquer que seule l'abolition du régime colonial et d'apartheid mettra fin à un conflit historique qui ne prend pas racine en 1967 mais dans l'occupation coloniale de toute la Palestine et notamment lors de la NAKBAH en 1948.
Il est probable que cette détermination antisioniste a déplu à certains qui auraient préféré en rester à des propos anti-racistes vagues et de bon aloi. La majorité des manifestants en a décidé autrement et nous pensons qu'il s'agit là d'une évolution très positive.
3/ Des divergences d'appréciation et d'analyse existent dans le mouvement de solidarité.
Ces divergences ne doivent pas empêcher l'action commune dès lors que nulle organisation ne s'arroge le droit de dicter autoritairement aux autres composantes ce qui est " dans la ligne " et ce qui serait prohibé dans les initiatives communes.
Nous acceptons d'être jugés par les militants de la solidarité sur nos propos, nos écrits et nos initiatives.
Nous récusons les amalgames ignobles et les insinuations mensongères des petits procureurs qui se prétendent investis d'une supériorité morale leur permettant de décerner des brevets à celles et ceux qu'ils jugent " bons pour la solidarité ".
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui veulent soutenir les Palestiniens dans la conquête de leurs droits nationaux à amplifier l'action pour isoler l'état raciste d'apartheid et à ne pas céder aux man¦uvres de culpabilisation et d'intimidation

 

Après la manifestation du Bataclan : réunion de bilan et perspectives
Après la mobilisation contre le gala de soutien à l'armée israélienne au Bataclan et au vu de la situation en Palestine et à Gaza-Rafah en particulier, nous appellons à une réunion élargie JEUDI 20 JANVIER 2005 A 19H30 , au LOCAL DU MIB, 45 rue d'Aubervilliers 75018 Paris , Rez de chaussée, métro Stalingrad.
Mouvement Justice pour la Palestine


Témoignage sur le rassemblement du 12 janvier 2005 devant le Bataclan

par Ginette Hess Skandrani, Paris, 13 janvier 2005
j’ai participé à la manifstation devant la salle “Le bataclan” à Paris, le 12 janvier, où les sionistes avaient organisé une soirée de solidarité et de récolte de fonds destinés au MAGAV. (Association “écologiste” de colonisation des terres volées aux Bédouins palestiniens dans le Néguev).
Une petite centaine de personnes assez disparates se sont rassemblées à partir de 18 heures trente, sous une imposante présence policière, après avoir donné plusieurs rendez-vous dispersés. Les camions des CRS avaient bouclé tout le quartier. Plusieurs associations avaient appelé à ce rassemblement avec des mots d'ordre très différents : Mouvement Justice Palestine, l’AGEN, Nanterre Palestine et Agir contre le Guerre d’un côté, et de l’autre l'AFPS (Association France-Palestine Solidarité), l’UJFP (Union juive française pour la paix) et les Femmes en noir).
Dès mon arrivée, Richard Wagman, président de l'UJFP, complètement excité, la figure aussi rouge que ses
cheveux, accompagné de trois autres personnes et de deux "femmes en noir" s'est avancé vers moi me demandant de quitter ce rassemblement et me traitant de révisionniste.
Je lui ai juste demandé d’où il tenait ces affirmations idiotes et surtout qui il était pour se permettre de me virer. " Si ma présence le dérangeait, il pouvait tout aussi bien quitter ce lieu… car je ne partirai pas de plein gré ".
Au moment où ils ont commencé à m'encercler, la " Ligue de défense Juive " a attaqué quelques personnes et , très courageux, … ils se sont tous sauvés.
Je n’ai pas bougé, m’appuyant contre une colonne afin de protéger mes arrières, car je connais déjà suffisamment leurs pratiques et je sais qu’ils attaquent rarement de face.
Ces excités de l’UJFP et autres sionistes, s'en sont pris à tous ceux qui me défendaient et osaient leur tenir tête. (plusieurs jeunes avec des keffiehs, ainsi que d’ anciens militant/es de la cause palestinienne).
J’ai été surprise par les slogans antisionistes lancés par les présents et surtout par le soutien à la résistance palestinienne, plusieurs fois affirmé. Je m’aperçois surtout que la relève est tout à fait assurée.
Mais, je me suis demandé, et d’autres avec moi, s'il n'y avait pas connivence entre l'UJFP et la Ligue de défense Juive ? Entre sionistes, ils doivent certainement se serrer les coudes. Et, cela expliquerait beaucoup de choses et surtout leur animosité contre tous ceux qui défendent "Un seul Etat démocratique en Palestine/Israël", le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens et le devoir de résistance.

 

Échos de la manifestation du 12 janvier contre le gala de soutien à la police des frontières organisé par MAGAV à Paris
Deux compte-rendus de cette manifestation. Le premier émane du Mouvement Justice pour la Palestine. le second est de Pierre-Yves Salingue, militant de l'association Nanterre Palestine


Mouvement Justice pour la Palestine :

Suite au rassemblement d'hier mercredi 12 janvier contre le gala du Bataclan en soutien à l'armée israélienne qui a réuni plus de 200 personnes, nul doute que nous pouvons et devons continuer à mobiliser contre ce genre d'initiatives et en construire d'autres. La mobilisation s'est organisée dans un laps de temps assez court mais sur une base politique claire de soutien à la résistance palestinienne et des ONG palestiniennes concernant le boycott total du régime colonial et d'Apartheid de l'Etat d'Israël. Malheureusement ni les restes d'un prétendu collectif national, ni la coordination Palestine Ile de France n'étaient présent hier soir. Quand aux organisations qui avaient appelé au même rassemblement, nous déplorons quelques comportements qui n'ont rien d'un soutien à la cause palestinienne. Malgré les avertissements que nous avions lancé concernant la Ligue de défense juive et le comportement des autorités françaises qui les protègent, les membres de la LDJ étaient encore présents hier soir sous l'oeil des forces de l'ordre. Ces dernières ont réagi après les provocations et l'attaque de la LDJ contre notre rassemblement. Suite à cette attaque, deux manifestants de notre bord ont été interpellés puis relachés, dont l'un a été hospitalisé (blessure légère) et 4 membres de la LDJ ont été hospitalisés et un de leurs membres de nationalité israélienne interpellé. À quand l'interdiction de cette milice paramilitaire ? Assez de la complicité des autorités françaises ! Une prochaine réunion sera programée afin de préparer d'autres initiatives. SANS JUSTICE, PAS DE PAIX Mouvement Justice pour la Palestine, justicepalestine@hotmail.com

 

Pierre-Yves Salingue
Rassemblement quantitativement modeste mais loin d'être ridicule ce soir devant le Bataclan où la crème du sionisme français faisait la fête en l'honneur du Magav, groupe paramilitaire israélien spécialisé dans la chasse et l'élimination des Palestiniens qui s'opposent à l'état colonial et à l'apartheid israéliens. Leur gala n'a pu se dérouler que sous une imposante présence policière. Nous étions un peu plus de 200, et certes ce n'est pas assez , mais finalement autant que lors des récentes mobilisations appelées par le "Collectif national pour une paix juste etc." Or cette fois ci ce collectif n'avait pas appellé à protester contre le gala des terroristes sionistes , il n'a même pas jugé utile d'avancer sa réunion prévue le 18 janvier (pas plus qu'il n'avait jugé nécessaire de modifier son calendrier lors de la grève de la faim de milliers de prisonniers palestiniens l'été dernier!) Justice en Palestine,Nanterre Palestine, Agir Contre le Guerre, rejoints par quelques autres ces derniers jours avaient donc pris l'initiative d'appeler à un rassemblement. Lundi l'AFPS, l'UJFP et la GUPS ont rendu public un appel à protester à la même heure et au même endroit ,mais sans se mélanger avec "les éléments douteux" , rejoints hier par les missions civiles... Le rassemblement a été dynamique , les mots d'ordre contre l'État sioniste d'apartheid , pour le retrait des troupes sionistes de Palestine et contre la complicité des autorité françaises ont été vigoureusement repris par des participants qui ont superbement ignoré et méprisé les prétentions de certains à faire le tri entre les "bons" amis du peuple palestinien et les "faux amis"... Les tentatives d'intimidation des petits procureurs qui se sentent investis d'une supériorité morale et prétendent décerner les brevets de non-antisémite/non-négationnisme ont tourné court et le rassemblement s'est globalement bien déroulé . Ce fût un excellent démenti à ceux qui veulent nous faire croire que rien n'est possible sans l'aval des "grandes organisations" du collectif et aussi à ceux qui nous promettaient des "catastrophes" laissant la part belle aux antisémites et aux provocateurs que "les organisateurs seraient incapable de contenir" ( entendu à la coordination Ile de France mardi soir...) Bref , une fois de plus les absents ont eu tort, de même que les ralliés de la dernière minute ( dont Christian Picquet (LCR), paradant comme si il avait une quelconque autorité dans un rassemblement pour lequel il n'a rien fait , ni en tant que secrétaire du Collectif national , ni en tant que dirigeant d'une organisation politique : je rappelle que le Collectif n'a pas appelé , pas plus que la LCR , organisation membre du Collectif national) Ils n'ont pas pu empêcher que s'expriment des militants qui en ont marre d'être tenus en laisse et qui veulent clairement affirmer leur soutien à la résistance palestinienne contre l'état colonial sioniste d'apartheid sans être à chaque fois soupçonnés "d'être antisémites"!!! Il faut maintenant poursuivre et développer l'action engagée à cette occasion. Les sionistes n'ont pas l'intention de désarmer et préparent déjà d'autres galas à Paris. Au delà de la mobilisation nécessaire contre ces initiatives qui visent à banaliser l'occupation coloniale et à imposer la présence de l'armée israélienne sur le territoire français comme quelque chose de "naturel" il nous faut notamment nous préparer à relayer l'appel des organisations populaires palestiniennes à isoler et boycotter l'État d'apartheid sur tous les plans, politique,économique,culturel,éducatif et universitaire etc. Il s'agit bien d'une campagne de mobilisation populaire et pas de quémander aux institutions européennes ou internationales! Bref , beaucoup de travail et bien des clarifications nécessaires dans les semaines à venir, pour une action plus efficace, débarassée de ses illusions qu'une "paix" serait " possible" sans qu'il soit besoin de combattre clairement l'idéologie sioniste et l'État raciste d'apartheid qu'elle a engendré.

 

Un appel d'une coopérative agricole d'Al Khalil (Hébron)
par Raed Abuyussef , Hébron, 12 janvier 2005 . Contact : abuyussefr@yahoo.fr

 

Depuis l'arrivée de l'Autorité palestinienne, la situation agricole devient de plus en plus mauvaise et pendant cette Intifada, cette situation est devenue catastrophique. Les agriculteurs les plus touchés sont les producteurs du raisin dans la région de Hébron. Il y a 10 ans, ces agriculteurs vendaient leur raisin en Israël directement, aux marchés locaux, et en Jordanie, mais après Oslo les choses sont devenu très compliquées. Pour vendre en Israël, il faut avoir une autorisation donnée par l'armée israélienne, elle ne peut être donnée qu'aux commerçants ou aux intermédiaires ; cette autorisation est devenue très rare pendant cette Intifada ; l'armée d'occupation et même si l'on a l'autorisation, fait le contrôle de sécurité et le contrôle sanitaire " et ce n'est pas le cas quand ce sont des marchandises venant d'Israël " et donc il faut attendre de 12h à 48h pour laisser passer les marchandises " le raisin de table s'abîme avant qu'il soit arrivé aux marchés israéliens " et aussi pour le marché local, c-à-d les villes palestiniennes du nord et la bande de Gaza : pendant cette Intifada et beaucoup d'entre vous savent comment il est difficile et des fois impossible d'aller d'une ville à l'autre, même à pied et pour transporter le raisin de Hébron à Naplouse, il faut entre 24h et 48 pour faire 120 km, selon l'envie d'un tel soldat qui contrôle sur un tel barrage. L'exportation n'existe pratiquement pas sauf quelques tonnes exportées en Jordanie pour faire du vin. L'année dernière, en 2004, on a eu l'année la plus mauvaise que jamais ; la situation économique générale est catastrophique, les Palestiniens n'ont plus les moyens que d'acheter les choses essentielles pour survivre " farine, riz, etc... " alors que les fruits et certains variétés de légumes deviennent de moins en moins demandés. Durant l'année 2004, on a eu une augmentation des surface cultivées en vignes sur la région " 15% ", les Palestiniens qui travaillaient en Israël ont perdu leur travail et ils sont aux chômage, la majorité sont devenus agriculteurs. Pendant cette Intifada, les promesses pour aider les agriculteurs sont énormes, l'Autorité veut améliorer les conditions de vie des agriculteurs " comment et quand ???!! on ne sait pas ". L'Autorité veut résoudre le problème du marché " l'exportation , la transformation de produits agricoles etc. !!!?? " . Les ONG palestiniennes ne jouent plus leur rôle de solidarité avec les agriculteurs palestiniens, leurs projets ne concernent plus l'agriculture, on parle de développement social, de créer des clubs jeunesse et féminins, appliquer les règles ISO, etc. La perte de l'année 2004 en raisin fut très grande et a augmenté de 20% en milieu de saison à 45% en fin de saison ; la région produit 22500 tonnes, 10000 tonnes jetées "65 % restés sur les vignes ,10% jetés aux marché local , 25% jetés aux villes palestinienne après les avoir transportées et c'est l'agriculteur qui paye les charges ". Un agriculteur de Hébron qui possédait 15 ha cultivés en variété de raisin que l'on vendange, à fin novembre, il avait vendangé 2 tonnes et il les avait transportés à Naplouse, il avait eu 200 shekels " 35euro " avant qu'il ait eu une crise cardiaque.

Que faire ?????

Six agriculteurs se sont réunis pour essayer de trouver un petit espoir car on parle d'un très grand danger qui menace des milliers de Palestiniens, qui menace leur existence. On ne peut pas demander aux Palestiniens de résister si leurs enfants ne trouvent pas de quoi manger ou d'avoir le minimum pour vivre en dignité. Dans un journal, j'ai lu qu'un Israélien de la paix , " très riche ", et qui s'intéressait beaucoup aux enfants palestiniens, avait financé une école de musique à Ramallah pour que les enfants apprennent la musique. J'ai eu l'occasion d'aller à Ramallah et d'aller voir cette école. Or moi aussi j'aime la musique. Mais la surprise était quand j'ai vu les clients de cette école : cette école est réservée aux familles riches ! c'est un exemple pour expliquer à tous les gens honnêtes de ce monde que les Palestiniens aiment beaucoup la musique, danser, sortir, rire et les enfants aiment beaucoup jouer et c'est très joli la solidarité aux peuple palestinien. Mais cela sera très joli et aussi très humain si les Palestiniens sentent cette solidarité.

Ces six agriculteurs ont trouvé que la meilleure façon pour résoudre le problème de raisin : c'était par la transformation de raisin, soit en jus soit en raisin sec, et pour faciliter notre travail on a fondé une coopérative et on a invité beaucoup d'agriculteurs à une réunion pour parler de notre idée. Tout le monde était très content parce qu'enfin il y avait de quoi faire. Aujourd'hui, dans notre coopérative, il y 65 adhérents ; on cherche des informations techniques concernant les machines et la stérilisation du jus et évidemment des financements, nos moyens ne sont pas assez grands pour réaliser un tel projet.

La capacité de cette usine est de 30 tonnes par jour, le nombre d'adhérents est 65 agriculteurs de la région de Hébron. Les marchés prévus : - marché local - l`Arabie saoudite, il y a des demandes de jus - la France comme un geste de solidarité

Autres informations : - le marché en Israël n'existe presque plus. En 1999, 60% de raisin étaient vendus en Israël alors qu'en 2004, c'était 20% " ces 20% sont pour faire soit du vin soit de jus de raisin ", - l'exportation vers la Jordanie se réduit : en 1999 elle était de 4%, en 2004 elle est de 0.1%, - le marché local n'est pas stable, étant lié aux problèmes politiques : en 1999, 15% sont vendus à Gaza et 15% dans les villes du nord , en 2004, 5% sont vendus à Gaza, 30% dans les villes au nord, 20% sur la région , - la surface cultivée en vigne a augmenté de 15% de plus sur la région " beaucoup de jeunes ont perdu leurs travail en Israël et ils cultivent la terre maintenant ".

Le projet : - un hangar de 600m2 : 60 000 Euro , - un magnéto : 3 500 Euro, - une camionnette : 20000 Euro, - les machine pour l'usine : on n'a pas d'informations concernant les prix des machines pour presser le raisin, pour la stérilisation, et pour le conditionnement. En souhaitant que cette idée trouve la place dans vos projets de solidarité, je vous envoie toutes les salutations de la part de tous les adhérents de la coopérative.

 

Non à l'armée israélienne à Paris !
Rassemblement le mercredi 12 janvier à partir de 18h30, métro Oberkampf, à proximité du Bataclan, 50 boulevard Voltaire, Paris Depuis octobre 2000 plus de 3500 Palestiniens sont morts, victimes de l’impitoyable répression policière et militaire des forces d’occupation israéliennes en Palestine. Le 12 janvier l’élite des assassins sera présente au Bataclan, pour une “ soirée de gala ” en l’honneur de ces “ soldats de la paix ” suivant les termes des organisateurs. Les invités d’honneur sont l’ambassadeur d’Israël, le Grand Rabbin de Paris, Arno Klarsfeld et Eric Raoult, vice-président de l’Assemblée Nationale. Quelques semaines à peine après l’armée israélienne célébrée au Gymnase le 29 novembre c’est maintenant le tour du MAGAV, la police des frontières israéliennes, une force paramilitaire agissant tant dans les villages arabes d’Israël que dans les territoires occupés depuis 1967, spécialisée dans l’enlèvement et la liquidation physique des Palestiniens qui s’opposent à l’occupation coloniale et à l’apartheid. Depuis quelques mois concerts et autres spectacles se succèdent, contribuant à légitimer et banaliser la guerre coloniale menée par un état surarmé et soutenu par les plus grandes puissances mondiales contre un peuple qui lutte pour recouvrer sa terre et ses droits confisqués depuis plus de 50 ans. Les dirigeants politiques français, malgré leurs discours hypocrites, participent activement à l’entreprise mensongère qui vise à rendre les Palestiniens coupables de l’absence de solution pacifique. Quand ce n’est pas Strauss Kahn c’est Sarkozy et le 12 janvier au Bataclan ce sera Eric Raoult, ancien ministre de Chirac, vice-président UMP de l’Assemblée nationale et secrétaire du groupe parlementaire d'amitié France-Israël. - Pas un sou, pas une salle pour les mercenaires de l’état colonial israélien. - Isolons, boycottons l’état d’apartheid. - MAGAV, terroristes et assassins, hors de France. - Abolition du régime colonial et d'apartheid - Soutien à la résistance palestinienne

Rassemblement le mercredi 12 janvier à partir de 18h30, métro Oberkampf, à proximité du Bataclan 50 boulevard Voltaire

A l'appel de : Mouvement Justice en Palestine, Nanterre Palestine, Agir Contre la Guerre (ACG), Rencontre Culturelle Arabe, SolidariP-Vitry

 

La caravane passe…Les chiens aboient
par Ginette Hess Skandrani, Paris, 7 janvier 2005
Tous ceux qui me traitent d’antisémite, de révisionniste, de négationniste, de suppôt des islamistes et m’accusent de laisser traîner mes textes sur des sites d’extrême droite… sont tous des sionistes. Je ne leur répondrai plus. Ceux qui se déguisent en " amis des Palestiniens ", comme l’UJFP [Union juive française pour la paix], Les Femmes en noir, la CAPJPO [Coordination des Appels pour une paix juste au Proche-Orient], Euro-Palestine et l’AFPS [Association france-Palestine Solidarité] et j’en oublie certainement… En défendant le principe de deux Etats dont l’un juif sur 78 % de la terre historique de Palestine en voulant bien concéder un petit mouchoir de poche aux Palestiniens musulmans et chrétiens, truffé de colonies de peuplement, de routes de contournement et défiguré par le mur de l’apartheid tout en laissant quelques millions de réfugiés derrière la porte… Défendent de fait un État ethnique, donc raciste. Défendre deux États c’est défendre le colonialisme, l’apartheid, l’exclusion, la spoliation des terres. Ce sont ceux-là qui sont racistes et certainement aussi antisémites, vu que les habitants de cette terre sont tous des sémites. Comme ils se sentent un peu mal dans leurs baskets, ils préfèrent insulter ceux qui sont restés fidèles à leurs principes anticolonialistes, plutôt que d’oser débattre de la légitimité de cet État raciste qui avec l’aide de son grand frère, l’oncle Sam, déstabilise tout le Moyen-Orient. L’Irak occupé à son tour, sous prétexte de chercher des armes de destruction massive qui se trouvent en réalité dans l’Etat sioniste, est inclus dans le même plan de déstabilisation de cette région arabo-musulmane riche en pétrole. La résolution 181, votée le 29 novembre 1947 par la toute jeune ONU prônant la partition de la Palestine en deux Etats, l’un juif sur 55 % de la terre, l’autre arabe sur les 45 % restants, doit être abolie, car elle est profondément injuste et injustifiée. Elle n’a d’ailleurs jamais été appliquée vu qu’il n’y a aucun État arabe de construit et que l’État juif s’est approprié la majorité des terres arabes. Cette résolution peut très facilement être annulée. Il suffira que quelques pays le demandent La population, déjà très composite avant 1947, dont les descendants s’entretuent encore aujourd’hui, a été manipulée par les sionistes venus d’Europe. Cette résolution soutenue et votée par les grandes puissances coloniales de l’époque a été la pire des choses qui pouvait arriver en " Terre sainte ". Si je me suis prononcée pour la décolonisation de toute la Palestine et pour la création d’un seul État démocratique en Palestine/Israël c’était justement pour permettre à tous ceux qui habitent sur cette terre de pouvoir y rester, tout en acceptant que ceux qui en ont été chassés puissent y retourner. C’était aussi pour permettre que la décolonisation se passe mieux qu’en Algérie ou dans certaines anciennes colonies françaises, où les colons étaient devenus indésirables.

 

Hommage à Yasser Arafat, l’homme Palestine avec projection de documentaires, jeudi 20 Janvier 18h30, à l’Auditorium de l’Institut du Monde Arabe (IMA), 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, Place Mohammed-V, 75236 Paris cedex 05, Métro Jussieu, Tél. 01 40 51 38 38 | Fax 01 43 54 76 45 , Serveur vocal 01 40 51 38 11
Avec notamment :
Roland Dumas, avocat, journaliste, écrivain. Ancien ministre des Affaires européennes (1981-1983), ministre des Relations extérieures (1984-1986), il fut également membre du Conseil constitutionnel. Mais c’est dans sa fonction de ministre des Affaires étrangères (1984-1986 et 1988-1993) qu’il a côtoyé Yasser Arafat dès 1989, lors de sa première visite officielle en France. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le Peuple rassemblé (Flammarion, 2001), L’Epreuve et les Preuves (Michel Lafon, 2003) ; il achève actuellement un ouvrage historique sur l’action diplomatique de la France sous la présidence de François Mitterrand (à paraître chez Fayard en 2005).
Amnon Kapeliouk, journaliste et arabisant israélien, spécialiste reconnu du Proche-Orient et du conflit israélo-palestinien. Collaborateur du Monde et du Monde diplomatique, il est également éditorialiste au grand quotidien israélien Yediot Aharonot. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Rabin, un assassinat politique (Editions le Monde, 1996) ; son dernier livre, Arafat l’irréductible (Fayard, 2004), est une somme biographique complète. Amnon Kapeliouk a été l’un des premiers journalistes isra&e