Bil'in, 9 septembre 2005
par Greta Berlin. Courriel : tecspk@yahoo.com. Traduit de l'anglais
par Marcel Charbonnier pour Quibla
Quand on me demande ce que j'ai fait pendant mes vacances d'été,
que puis-je répondre aux gens ? Comment pourrais-je traduire
les bruits, les odeurs, le spectacle d'une occupation en train de s'efforcer
de réduire les Palestiniens en une poussière semblable
à celle de leurs chemins ? Alors j'ai pensé que je vous
enverrais quelques « instantanés » de ce petit village,
de sa population courageuse et déterminée, cette population
qui est restée, avec créativité, debout. Debout
devant des soldats lourdement armés qui les auraient enfoncés
dans le sol, n'eût été leur détermination,
secondée par des militants internationaux et des pacifistes israéliens.
Nous sommes plusieurs à fuir pour échapper
à ce gaz lacrymogène tellement oppressant ququi nous a
fait tousser et étouffer toute la journée. Des larmes
nous coulant sur les joues, nous nous précipitons par la porte
d'une petite maison, tandis que des poules et des canards continuent
à picorer, sur le seuil, imperturbables. Sur le sol, devant la
porte de métal, une femme est là, assise : elle nous tend
une moitié d'oignon, à chacun d'entre nous. En fait, elle
est assise sur un énorme sac d'oignons, qu'elle coupe en deux
d' une main experte. Elle savait que nous en avions besoin. Alors, sans
dire un mot, tandis que nous défilons devant elle, elle nous
donne, à chacun, une moitié d'oignon.
Une petite fille, qui se cache derrière sa
mère, s'avance pour venir toucher mon bracelet de perles palestinien,
tandis que sa grand-mère me tire à l' abri, chez elle.
Des balles enrobées de caoutchouc volaient au-dessus de nos têtes
et des grenades incapacitantes explosaient devant nous, et ces gens
voulaient me protéger. Ils m'ont donné de l'eau, m'ont
dit de boire, et m' ont fait signe de m'asseoir. J'enlève le
bracelet et je le tends à la petite fille. Immédiatement,
elle enlève un petit bracelet en argent qu'elle portait à
son poignet, et elle me le donne. Je l'ai toujours, tandis que je tape
ce message sur mon ordinateur.
Une octogénaire crie après les soldats
israéliens, juste sous le nez de leurs sentinelles, qui seront
bien incapables de les mettre hors d'atteinte de sa colère. Ils
font un signe de dédain, et ils partent. Alors, elle prend la
moitié de pêche qu'elle était en train de manger,
et elle la lance sur l' un d'entre eux. Trois rappliquent pour l'arrêter,
mais nous sommes plusieurs à crier : « Allez-vous en !
Elle ne vous fera pas de mal, si vous partez ! Vous êtes sur sa
terre ! Vous êtes en train de voler sa terre ! » Juste comme
les soldats s'en vont, elle balance une bouteille pleine d'eau sur un
des soldats, qui se retrouve tout mouillé. Il n'ose pas se retourner.
Une femme de soixante-quinze ans reste près de moi. Elle est
très british, très bien habillée, elle a même
un joli bibi sur la tête. Son fils avait eu un poste en Jordanie,
il y a bien longtemps, et elle avait commencé à s' intéresser
à la justice pour les Palestiniens. Nous nous sommes tenus la
main pour faire barrage aux soldats et les empêcher de venir tabasser
ou arrêter les Palestiniens. Ils me l'arrachent, et ils la font
marcher devant eux, jusqu'à un énorme panier à
salade. Elle proteste tout au long du trajet, dans la rue : «
Vous ne pouvez pas arrêter une femme de soixante-quinze ans !
Vous ne pouvez pas ! » Ils la laissent partir, en disant qu'il
n'y a qu'une seule chose qui les intéresse : arrêter des
jeunes, et des Israéliens.
Tandis que les soldats se retirent (car ils se retirent
bel et bien), ils se mettent à nous balancer toutes les munitions
qu'il leur reste. Une grosse bombonne de gaz lacrymogène me vole
au-dessus de la tête, me manquant de peu, et vient atteindre un
Palestinien à la jambe. Il lui donne un coup de pied, pour que
le gaz lacrymogène ne nous explose pas à la figure, après
quoi il se dirige, à cloche-pied, vers l'ambulance de la Croix-Rouge
palestinienne, pour recevoir des soins.
Les voisins de palier nous disent qu'ils peuvent garder
dix personnes pour passer la nuit chez eux, avant la manif. Le lendemain
matin, après que les militaires israéliens ont transformé
le village en « zone militaire fermée » et après
avoir beuglé dans leurs haut-parleurs que tous les Israéliens
et tous les internationaux devaient partir, ces voisins nous cachent
dans une de leurs pièces. Ce n'est qu'une fois la manif terminée
que nous découvrirons que ces gens sont eux-mêmes illégalement
dans le village: si nous avions été découverts,
toute la famille aurait été envoyée en prison,
même si ce sont des Palestiniens, et même si ils ont le
droit de vivre à Bil'in, sauf pour la bureaucratie.
Le matin de la manif, nous sommes tous coincés
par un couvre-feu. Nous montons sur les terrasses, et nous commençons
à taper sur les tuyaux et les chauffe-eau solaires qui équipent
le moindre toit, en Palestine. Nous avons créé notre propre
orchestre, et le bruit se réverbère dans tout le village,
tandis que tout le monde vient nous rejoindre. A l'autre bout de la
terrasse, il y a une grand-mère, avec un bébé dans
une main, et un tuyau dans l'autre. Elle tape sur son chauffe-eau de
tout son cour, en le frappant de toutes ses forces, et elle nous sourit
en nous voyant suspendre deux énormes drapeaux palestiniens au
bord du toit.
La générosité qui règne
ici coupe le souffle. On nous a nourris jusqu'à ce que nous soyons
sur le point d'éclater, et notre prétention a été
rabattue par la détermination d'un peuple qui refuse de s'en
aller sans rien dire. Nous sommes sales, nous sommes crevés,
mais tous ceux qui ont participé, depuis Uri Avnery, le militant
israélien, qui a fêté ses quatre-vingt deux ans
hier, jusqu'au plus jeune gamin qui nous a distribué des oignons,
ont contribué à ce que cela a marché.
Fiente de poule
par Greta Berlin, 12 septembre 2005.
Courriel : tecspk@yahoo.com.
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier pour Quibla.
Hier soir (ma dernière soirée à
Bil'in), M. nous a tous invités à dîner chez lui
et à aller voir un film. Trois d'entre nous, d'ISM, partagions
une petite pièce avec sept Palestiniens et un Israélien,
Shai, le directeur : nous regardions une mauvaise copie d'un document
filmé sur la résistance de Bil'in et l'ingéniosité
de M.
Voyez-vous, M. est la force créative qui préside
aux manifestations non-violentes hebdomadaires. Son ami, qui est aussi
son cousin, Abdulla, est la force motrice : il est encore une fois en
taule, parce qu'il est sorti de chez lui, vendredi dernier, pour parler
à des journalistes égyptiens. Un tribunal israélien
l'avait déjà condamné, voici deux mois, parce qu'il
s' était installé, assis dans une conduite métallique,
devant la « blessure » du bâtiment, avec plusieurs
internationaux et Israéliens. Tout le monde a été
relâché, sauf Abdullah, qui a dû signer un document
comme quoi il ne participerait plus jamais à des manifestations
non-violentes. Oui, je sais. c'est totalement illogique, mais c'est
comme ça. La politique des Israéliens envers la population
qu'ils occupent n'a jamais eu aucun sens.
Aussi, ce film fut un brillant tour de force, montrant
comment les habitants de Bil'in, se débattant contre l'horreur
d'avoir leurs terres confisquées et éviscérées
au couteau à poisson, ont décidé que des manifestations
non-violentes étaient le seul moyen à leur disposition
pour se faire entendre.
Le cameraman israélien a suivi l'évolution
des manifs à Bil'in pendant six mois, depuis la première,
où les habitants avaient défilé en direction du
mur, en brandissant des centaines de drapeaux palestiniens, qu'ils avaient
déposé gentiment sur le sol, après quoi ils avaient
prié. Les soldats israéliens, avec leur petit cerveau
reptilien et leurs gros riflards avaient osé leur tirer dessus.
Depuis lors, c'est une bataille non-violence contre
violence, Israël geignant qu 'il ne fait que répliquer à
des gamins qui lancent des pierres, comme si tirer des balles réelles,
des grenades lacrymogènes et incapacitantes ou encore des balles
remplies de sel était la riposte appropriée. Cet homme
a inventé un thème créatif, semaine après
semaine. Ainsi, une semaine, les malfrats israéliens de faction
ont décidé qu'ils allaient essayer une nouvelle machine
« sonore » : un énorme camion blanc, ressemblant
à un camion réfrigéré normal. Ils l'ont
parqué face aux manifestants qui transportaient des pierres tombales,
et faisaient un « die-in », et ils l'ont mis en marche.
Le bruit était assourdissant, et beaucoup de Palestiniens se
tordaient de douleur, se bouchant les oreilles et se tenant la tête
entre les mains.
La semaine suivante, les Palestiniens se sont mis
du coton dans les oreilles, ils ont photocopié à des dizaines
d'exemplaires une reproduction d 'un célèbre tableau [d'Edward
Munch], « Le Cri », et ils sont retournés manifester.
Le « camion sonore » n'eut plus aucun effet, et les villageois
remportèrent une modeste victoire, puisqu'on ne l'a plus jamais
revu dans les parages. Et puis on a appris que cette monstruosité
de camion épouvantail venait des Etats-Unis ; les Américains
voulaient vérifier que c'était efficace contre les mouvements
de foule, et ils avaient demandé aux Israéliens de tester
ce truc avec des Palestiniens. ça fait un peu penser à
ces expérimentations médicales, pendant la Seconde guerre
mondiale.
Dans le documentaire, on voyait M. devenir de plus
en plus mince : semaine après semaine, il devait faire un trou
supplémentaire à sa ceinture. Mais semaine après
semaine aussi, son génie créatif rendait les militaires
israéliens complètement dingues. : un énorme serpent
brûlant la Palestine attaché à une voiture. un mur
en lames de rasoir. Des vêtements rembourrés ressemblant
à des Palestiniens tués y étant accrochés.
Un long tuyau, roulé par les manifestants jusqu'au site, après
quoi les manifestants se sont assis et s'y sont menottés, si
bien que l'armée a dû scier les menottes pour les libérer.
Une maison en carton, construite devant les soldats, puis démolie.
Un bulldozer avec la tronche de Sharon à la place de la cabine.
A chaque fois, les militaires répondaient à la manifestation
avec une violence accrue. M. sait que sans les militants pacifistes
israéliens et internationaux, il serait mort depuis bien longtemps,
tout comme les cinq Palestiniens assassinés à Budrus,
village aujourd'hui moralement anéanti. Le film se termine avec
M. allant dans une ferme, juste à la sortie de la localité,
et remplissant des ballons avec de la fiente de poules. Nous l' avons
vu remplir avec soin chaque ballon avec cette matière répugnante,
les mains protégées par des grands gants à vaisselle
roses, une pince à linge sur le nez. Après quoi, ce père
de trois jeunes enfants a transporté avec mille précautions
son seau plein de ballons farcis vers le site, une nuit, les travaux
de la « plaie de la Palestine » ayant cessé pour
cette journée-là, et il a balancé ses ballons dans
les cabines des Caterpillars. La dernière scène montra
un M. hilare, de gros gants roses à ses mains amaigries. Les
Israéliens n'ont jamais su qui les avait visés, et il
leur a fallu deux jours pour nettoyer leurs engins.
La police israélienne l'arrêterait, si
elle connaissait le responsable, et Shai, le directeur du tournage,
est préoccupé : il préférerait couper cette
scène. « Inshallah, laisse-la. Ils m'ont déjà
fait des menaces de mort, et ils m'ont dit qu'ils savaient où
j'habite et qui sont les membres de ma famille. Inshallah : c'est pas
une belle fin ? »
Ainsi, donc, cette scène finale restera, et
ainsi, nous allons nous faire un mauvais sang d'encre, chaque vendredi,
en nous demandant si cet homme brillant survivra et verra son village
reconstruit. Vendredi dernier, déferlant sur le village et le
transformant arbitrairement en « zone militaire fermée
», l'armée a tenté d'en chasser les militants pacifistes
israéliens et internationaux qui restent sur place afin de témoigner,
empêchant ainsi l'armée d'assassiner des résistants
non-violents. Je ne veux pas que ce film soit son épitaphe.
Colons et bergers, ou : Quand
de jeunes sionazis se déchaînent par Greta Berlin,
5 septembre2005. Courriel : tecspk@yahoo.com
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier
Au lendemain de notre journée passée
dans la localité de Bil'in, deux d' entre nous ont pris un bus
pour Hébron, une ville où habitent 130 000 Palestiniens,
600 colons fanatiques et 10 000 hommes de l'armée et de la police
israéliennes, uniquement pour « garder » les colons.
Dès notre arrivée, un samedi, à midi - le samedi
étant le jour où la plupart des colons deviennent enragés
contre un peu tout le monde - on nous a demandé de nous rendre
immédiatement au sommet de la colline qui sépare les colons
des Palestiniens.
Une demi-heure après, à peine, plusieurs
colons, entre dix et dix-sept ans, se sont pointés : ils descendirent
la route en se pavanant, en se dirigeant droit vers des petits enfants
palestiniens qui étaient en train de jouer, sous nos yeux. Les
enfants sont partis, immédiatement, et nous avons mis en marche
nos caméras tandis que les colons avançaient vers nous.
Les plus âgés encouragèrent les plus jeunes à
ramasser des pierres et à nous les jeter (nous = deux femmes
assises à une terrasse.). Les pierres commencèrent à
voler, m'atteignant à une main et à la hanche. Deux soldats
qui étaient en faction, observant la scène, finirent par
se décider à appeler la police. J'ai gueulé après
les colons malfrats, et j'ai commencé à escalader la colline
derrière eux. Mais un soldat m'a barré le chemin, en me
disant : « Je suis désolé, mais ils deviennent complètement
digues, quand ils aperçoivent une caméra. Il faut que
vous la cachiez ! » « Planquer ma caméra? Mais, jamais
de la vie ! Vous pensez que je vais laisser ces maudits malfrats lancer
des pierres à deux femmes assises, comme ça, tranquillement
? » « Je sais, je sais. Mais nous ne pouvons rien faire.
Ils ont moins de douze ans, alors. » « Alors, coffrez leurs
parents ! Punissez-les collectivement, comme vous le faites avec les
Palestiniens ! Collez une amende à ces connards cinglés
! »
Vous voyez le genre de conversation. Bien sûr,
j'ai châtié mon langage. Parce que j'étais furieuse,
et j'ai la langue sacrément bien pendue, quand je suis poussée
à bout.
Nous avions pas mal filmé, et on aurait pu
voir très clairement lequel des mecs m'avait atteinte. Les soldats
suggérèrent d'amener le film au commissariat de police
le lendemain et que, pour peu que nous partions, ils les arrêteraient
immédiatement. Eh bien, ces sales gamins ont déclenché
une véritable émeute, lançant des pierres sur les
policiers et les militaires, balançant des tuyaux métalliques
depuis les étages supérieurs de leurs immeubles de colons
sur des maisons situées au-dessous, hurlant des obscénités,
jetant des ordures et éblouissant les militaires à l'aide
de miroirs. Des petites colones commencèrent à descendre
et à venir jeter des pierres. C'était tellement écoeurant
que je suis finalement partie et je suis allée faire soigner
mes éraflures et mes bleus. L'émeute s'est poursuivie
des heures durant, jusque dans la nuit, durant laquelle ils ont balancé
des gros gadins sur les maisons des Palestiniens.
Un Palestinien nous a appelés et invité
à entrer chez lui. Les colons étaient venus la semaine
d'avant, et ils avaient fendu en deux tous ses pieds de vigne, des vignes
de plus d'un siècle, avec des ceps gros comme ma cuisse (qui
me faisait mal, pendant ce temps). Ayant appelé l'armée
à l' aide, les soldats israéliens étaient venus,
et ils lui avaient dit : « Rentre chez toi, sinon on te descend
! ». Il n'avait pas le choix, et toutes ses vignes avaient été
partagées en deux. Il nous en a montré une : « Vous
voyez, il y a déjà un rejet qui pousse, à celle-là.
Ils reviendront, un jour ou l'autre, c'est certain. » Mon Dieu,
que pouvions-nous répondre à ce brave homme ?
J'ai passé tout hier, et une partie de la matinée
d'aujourd'hui au commissariat, à faire une déposition
et à leur confier la bande vidéo de l' agression. Un policier
m'a dit : « Je compatis vraiment, mais nous ne pouvons rien faire.
Ils ont moins de douze ans. » Je lui ai rétorqué
: « Cela ne vous a pas empêché de punir des familles
palestiniennes dont un enfant avait jeté des pierres. et vous
avez six cents enfants palestiniens de 13-14 ans dans vos prisons, alors.
» Après une heure d'échanges de plus en plus hostiles,
il a fini par admettre que la dernière fois qu'il avait tenté
d'arrêter ces nervis, ils avaient éventré les quatre
pneus de sa bagnole. D'autres policiers ont dit qu'ils avaient aussi
cassé son pare-brise. » J'ai dit : « Bienvenue en
Allemagne ! », et je suis partie.
Rien ne se passera. Rien ne sera fait. Ces nervis
vont grandir et devenir la pire espèce de zionazis, et la police
elle-même le reconnaît. Six cents de leurs semblables ont
fait de la vie des Palestiniens en enfer ; ils ont fait fermer les magasins,
ils ont lancé des excréments et des pierres sur les terrasses
des maisons, ils ont coupé les arbres, ils ont décapité
les vignes à la tronçonneuse.
Aujourd'hui, je suis allée à Qawawiss,
un petit village d'une cinquantaine de bergers. Nous étions allés
passer la journée avec eux, pour les protéger de colons
qui les ont battus et qui ont empoisonné leurs moutons. La nuit
passée, huit colons ont tabassé un homme qui avait déjà
été salement amoché, l'an dernier, et qui avait
dû aller en Irak se faire opérer. Il a refusé de
porter plainte, tant il a peur des colons, persuadé qu'il est
qu'en dépit de la présence de trois internationaux, de
deux observateurs de l'ONU et d'un militant israélien de l'association
Ta'âyush [Coexistence, ndt], ils reviendront et le tueront.
Je suis crevée. J'ai trop chaud, je suis couverte
de poussière. J'ai enfin pu prendre une douche, la première
depuis trois jours. J'ai des coups de soleil, et je me demande ce que
je suis venue faire dans ce coin et si notre présence fait une
quelconque p.tain de différence ? ! Israël est en train
de perpétrer un génocide silencieux contre un peuple ignoré
et méprisé. Les Palestiniens nous regardent avec de grands
yeux, et ils nous demandent pourquoi notre gouvernement ne voit pas
ce qui est en train de se passer ? Que dois-je leur dire ? Que la police
et l'armée refusent de voir ce qui est en train de se passer
? Le policier que j'ai vu, aujourd'hui, un juif irakien, m'a avoué
qu'il savait parfaitement qu'il n'était qu'un citoyen de deuxième
catégorie, dans une société profondément
raciste. « Mais, au moins, heureusement pour moi, je suis juif.
» a-t-il précisé. Que Dieu nous vienne en aide,
à nous tous !
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