Palestine |
Hommage à Basil Abu Eid, notre ami palestinien
La Pierre et l'Olivier, Paris, 19 août 2005
Par contre, nous partagions notre combat anti-impérialiste et surtout anti-colonialiste. C'était un militant infatigable et un très bon traducteur d'arabe et d'anglais. Je pense que nous venons de perdre un pilier du combat antisioniste. Basil participait aux réunions du " Collectif pour la décolonisation de toute la Palestine " créé lors de la dernière Intifada, lorsque les associations et organisations de solidarité françaises avec la Palestine avaient lâchement baissé les bras après s'être fait traiter mensongèrement d'antisémites par les sionistes et associés. Sa femme Caly et lui étaient présents dans toutes les manifs et rassemblements pro-palestiniens avec leurs drapeaux aux couleurs de la Palestine bien visibles. Basil a aussi été, avec beaucoup d'entre nous, à l'origine du rapprochement en France entre les Arabos-musulmans et les nationalistes laïcs. Il disait toujours : " Je me bats pour la décolonisation de la terre arabe et il faut donc avant tout unifier les luttes afin de libérer la Palestine et nous déciderons par la suite de l'organisation politique d'un régime ". Basil et Caly ont également assisté au procès d'Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, lui apportant le soutien du FPLP. Basil a été à l'origine de la création du " Comité de soutien aux combattants pour la Palestine libre et arabe " qui a continué à soutenir Carlos pendant toutes ces dernières huit années d'isolement au fond de sa prison. Ils ont également assisté au procès du philosophe-écrivain Roger Garaudy, avec leurs keffiehs bien visibles afin de défendre la liberté d'expression..... C'est d'ailleurs ce jour-là que je les ai rencontrés pour la première fois. Ils ont également été présents durant la campagne pour la levée de l'embargo imposé à l'Irak et dans les mouvements anti-guerre. Basil et Caly avaient quitté la France il y a trois ans afin d'emménager en Syrie, à côtés de ceux qu'ils défendaient inlassablement : les réfugiés palestiniens. Né dans une famille de la grande bourgeoisie palestinienne, il a choisi de vivre dans un camp de réfugiés palestiniens en Syrie, car vivre parmi son peuple était pour lui une source de joie et de réconfort. Et il estimait que là était sa place et non dans les palaces dorés des capitales européennes. Originaire du village de Sheih-Monès, (région de Yaffa) il croyait que sans le retour des réfugiés, de tous les réfugiés, y compris ceux de 48, il n'y aurait jamais de paix possible. Comme des millions de réfugiés, expulsés de leur terre par les forces d'occupation sioniste, il n'avait qu'un rêve: retourner dans son village. Basil et Caly ont créé une association de soutien aux
femmes et aux enfants palestiniens et s'occupent des fournitures scolaires
permettant de scolariser les enfants. Il est sûr que le décès
de Basil est un drame pour ces enfants. Mais nous sommes persuadés
que Caly continuera son combat. Bon voyage, Basil et toutes nos condoléances
à son épouse, à sa famille et à ses camarades
de lutte. |
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